60e Déclaration



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Connaissez vos droits


10 DECEMBRE 2008 | 60e ANNIVERSAIRE DE LA DECLARATION UNIVERSELLE
__La Déclaration universelle et ses valeurs principales s'appliquent à tous, en tout temps et en tout lieu, déclare Louise Arbour

Message de Louise Arbour, haut commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Genève, 10 décembre 2007.

En marquant conjointement, en ce jour, la Journée des droits de l'homme 2007 et le lancement de la campagne de sensibilisation d'une durée d'un an sur la Déclaration universelle des droits de l'homme, nous sommes en droit de célébrer les réalisations accomplies, depuis 1948, sur le chemin pour garantir les libertés fondamentales de chacun d'entre nous.

La Déclaration universelle et ses valeurs principales - dignité humaine intrinsèque, non-discrimination, égalité, équité et universalité - s'appliquent à tous, en tout temps et en tout lieu.

A travers le monde, des individus, des associations et organisations, et des gouvernements se sont battus pour matérialiser les promesses contenues dans la Déclaration universelle. Nombreux sont ceux qui ont payé de leur vie à la recherche de ces idéaux.

Cette journée est également pour faire état de nos manquements personnels et collectifs à dénoncer la violence, le racisme, la xénophobie, la torture, la répression des opinions divergentes et les injustices de toutes sortes.

De nos jours, constatant le faussé croissant entre les riches et les pauvres, les puissants et les faibles, ceux qui sont technologiquement avancés et les illettrés, les agresseurs et les victimes, la pertinence de la Déclaration et l'universalité des droits qui y sont énoncés nécessitent d'être clairement réaffirmés.

Tout au long de l'année, des efforts sans précédents doivent être faits pour assurer que chaque être humain vive avec des lois justes qui le protègent. En faisant progresser les droits de l'homme pour tous, nous avancerons vers l'accomplissement ultime du potentiel humain, une promesse au coeur de la Déclaration universelle.

 UNE DECLARATION DE LOUISE ARBOUR AU "TEMPS" - GENEVE 
"Il faut mettre fin au schisme"

Il est urgent de réconcilier deux conceptions rivales des droits de l’homme : les libertés civiles et les droits socio-économiques, assure Louise Arbour, dans un entretien au quotidien romand, Le Temps. Extraits.

"Nous ne devons pas avoir peur d'exprimer la centralité de la dignité humaine et de l'égalité dans les travaux des Nations unies. Mais, ce n'est, bien entendu, pas suffisant. Il est essentiel de mobiliser aussi les Etats. Si la Déclaration universelle faisait l'objet d'un projet de résolution devant le Conseil des droits de l'homme, je ne suis pas du tout convaincue qu'elle serait adoptée par consensus. Aujourd'hui, les Etats ne semblent pas faire preuve de la même volonté que celle qui les animait au lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour affirmer fortement l'universalité de nos droits et de nos libertés. C'est étonnant, car dans tous mes déplacements à travers le monde, à aucun endroit, je n'ai rencontré une personne prête à renoncer volontairement aux garanties et aux protections contenues dans la Déclaration universelle. Cela dit, c'est un fait. Le principe même d'universalité est clairement remis en cause dans certains milieux.

Les droits de l'homme seraient-ils une émanation purement occidentale ?

"La problématique des droits de l'homme relève d'un cadre juridique très développé comprenant neuf grands traités internationaux. Ce n'est pas de l'idéologie. Mais, rappelons que quelques années seulement après son adoption, la Déclaration universelle a fait l'objet d'un schisme juridique avec d'un côté le Pacte sur les droits civils et politiques et de l'autre le Pacte sur les droits économiques, sociaux et culturels. C'est un schisme de la Guerre froide. Les Etats-Unis ont ratifié le premier et non le second, la Chine a fait exactement l'inverse. Les pays occidentaux ont toujours eu une préférence très marquée pour les droits civils et politiques. Ils ont laissé les droits économiques et sociaux au marché, pensant que la prospérité allait contribuer d'elle-même à les développer. A tort. Même dans les pays les plus développés, les plus pauvres ont besoin d'une protection de leurs droits pour qu'ils puissent aussi accéder à la justice sociale. Il n'est pas étonnant qu'on associe souvent les droits de l'homme aux droits civils et politiques selon l'équation suivante : droits de l'homme, démocratie et changement de régime.

Cette équation ne plaît visiblement pas à tout le monde...

"Elle est très mal reçue par les pays en voie de développement qui manifestent - pour des raisons pas toujours très honnêtes - plus d'intérêt pour les droits économiques et sociaux que pour les grandes libertés civiles. Il reste qu'il est temps de réunifier les deux Pactes, que l'on proclame à nouveau avec force le concept d'indivisibilité et d'universalité de tous ces droits, contenu dans la Déclaration universelle". Le Temps, Genève, 10 décembre 2007.
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