droitshumains.org

2000-L'actualité des droits de l'homme dans le monde

puce Retour
L'actualité des
droits de l'homme


Conseil sécurité Onu

Kosovo
16.11.2000 novembre
Le rapport de
B. Kouchner

TPIY
21.11.2000
Le rapport de
C. del Ponte

| Afghanistan | Algérie | Allemagne | Autriche | Balkans | Birmanie | Chili | Chine | Colombie | Congo | Corée du Sud | Côte d'Ivoire | Espagne | Etats-Unis | Europe/Droits de l’homme | France | Francophonie | Indonésie | Iran | Israël | Japon | Kosovo | Koweit | Monde | Nations Unies | Russie/Tchétchénie | Sierra Leone | Serbie | Suisse | Syrie | Timor-Oriental | Tunisie | Turquie | Vatican | Vietnam | Yougoslavie |
–––> ET AUSSI...

CÔTE D'IVOIRE

27 octobre, Abidjan. Le nouveau chef de l'Etat, le socialiste Laurent Gbagbo, installe son "gouvernement d'ouverture", mais les affrontements entre ses partisans, chrétiens de l'Ouest et du Sud, et ceux de l'opposant Alassane Ouattara, originaires du Nord musulman, ont fait plus de 150 morts, selon l'opposition. "Les motivations des affrontements ne sont plus directement politiques, note "Le Monde" (29-30.10.2000): elles sont avant tout ethniques et religieuses".

Un charnier de 57 corps est découvert dans la zone industrielle de Yopougon, à Abidjan. La gendarmerie est mise en accusation par des témoins et rescapés de fusillades. Le gouvernement annonce la création d'une commission d'enquête internationale.

2 novembre, Paris. L'ancien Premier ministre ivoirien Alassane Ouattara (et président du Rassemblement des Républicains), écarté de la course à la présidentielle au nom de "l'ivoirité", appelle le président Laurent Gbagbo à tourner le dos à cette politique xénophobe, cause des affrontements intercommunautaires dans le pays.

"Les affrontements étaient inévitables après la campagne de démagogie développée par Konan Bédié (le président déchu), poursuivie par Gueï (le général putschiste) avec la complicité, je regrette de devoir le dire, de Gbagbo", déplore-t-il dans une déclaration à l'hebdomadaire français ”Le Point”. "Il faudrait qu'il (Laurent Gbagbo) aille à la télévision et déclare que la politique d'ivoirité à été une catastrophe [...] Il doit dire le contraire de ce qu'il a dit ces derniers mois. C'est la seule façon que le pays s'en sorte".top

22 décembre, Abidjan. La Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) et Reporters sans frontières (RSF) rendent public leur rapport sur le massacre intervenu, le 27 octobre, à Yopougon, - un charnier de 57 hommes tués par balles était découvert dans ce quartier populaire situé à la périphérie de la ville. Les deux organisations écartent ”la thèse d’un massacre programmé et planifié, qui aurait été décidé au plus haut niveau de l’Etat comme de la gendarmerie” et avancent l’idée d’une ”vengeance des gendarmes d’Abobo”, autre quartier d’Abidjan, ”à la suite de la mort de l’un des leurs”.

ESPAGNE / Pays basque

29 juillet. Juan Maria Jauregui, ancien gouverneur civil socialiste de la province basque de Guipuzcoa est tué de deux balles, dans un café de Tolosa (Pays basque), par l'organisation séparatiste basque armée, l'ETA. Il est la septième victime de l'ETA, depuis la rupture, le 9 décembre 1999, d'une trêve de 14 mois.

9 août. Des milliers de personnes défilent dans toutes les grandes villes d'Espagne pour protester contre la flambée de violence provoquée par l'ETA – 9 personnes tuées et 19 attentats revendiqués par l'organisation séparatiste qui s'attaque désormais indifféremment aux militaires, gardes civils, élus, journalistes et hommes d'affaires. "La situation est devenue insoutenable", écrit le quotidien ABC (proche du gouvernement), alors que le président du gouvernement espagnol, José Maria Aznar, dénonce la "campagne brutale, terrible et bestiale" de l'ETA.

Le 12, une dizaine de milliers de sympathisants indépendantistes participent à Bilbao à l'hommage rendu par le parti séparatiste basque Euskal Herritarrok (la branche politique de l'ETA) aux quatre militants d'ETA, tués le 7 août dans l'explosion d'une voiture chargée d'explosifs qu'ils conduisaient dans Bilbao. Trois dirigeants séparatistes radicaux poursuivis en justice pour "apologie du terrorisme" à la suite de propos tenus lors de cet hommage.

30 août. Manifestations dans les grandes villes espagnoles au lendemain de l’assassinat par l’ETA de Manuel Indiano, jeune élu du Parti Populaire (PP) de Zumarraga (entre St-Sébastien et Bilbao). Manuel Indiano et la douzième victime de l’ETA depuis la rupture de sa trêve.

9 octobre, Grenade. Luis Portero, procureur du tribunal de justice d'Andalousie assassiné par trois tueurs de l'organisation séparatiste basque ETA.

31 octobre, Madrid. 250'000 personnes participent à une marche ”pour la paix et contre l’ETA” pour protester contre l’attentat, commis le 30 octobre par l’ETA, qui a coûté la vie au juge militaire du Tribunal suprême de Madrid, Francisco Querol Lombardero, à son garde du corps et à son chauffeur, brûlés vifs dans leur voiture par l’explosion d’un véhicule piégé bourré de dynamite.top

Il s’agit de l’action la plus sanglante depuis la rupture de la trêve. L’offensive de l’ETA a fait 19 morts depuis décembre 1999.

23 novembre, Barcelone. Aux cris de : "La Catalogne pour la paix. Non à l’ETA", 900’000 personnes dans les rues de la capitale catalane pour condamner l’assassinat, le 21 novembre, par l’organisation séparatiste indépendante basque de l’ancien ministre socialiste – et universitaire catalan - Ernest Lluch, 63 ans.

La coalition indépendantiste basque Euskal Herritarrok (EH), bras politique de l’ETA, a estimé pour sa part ”une nouvelle foi, [faire] face à une douloureuse conséquence du conflit politique que les Etats espagnol et français imposent au peuple basque”. L’ETA a revendiqué la mort de 20 personnes depuis le début de l’année.

12 décembre, Madrid. Les deux plus grands partis politiques du pays, le parti populaire (PP, au pouvoir) et le Parti socialiste (PSOE, dans l’opposition), signent un pacte contre la violence et les actions terroristes de l’organisation séparatiste basque, ETA, qui, depuis la fin de la trêve, en décembre 1999, a assassiné 21 personnes.

”Nous voulons affirmer notre ferme intention de faire échouer la stratégie terroriste [...] et défendre le droit des Basques et de tous les espagnols à vivre en paix et en liberté”, dit le document qui réaffirme que ”toute divergence politique entre Basques peut et doit se situer” dans le cadre de la Constitution espagnole et que ”tout projet politique, même ceux qui veulent réviser ce cadre, doit respecter les règles du jeu” démocratique.

ETATS-UNIS

31 décembre, Washington. Les Etats-Unis, qui avaient été l’un des sept pays à s’opposer, en 1998, à la création de la Cour pénale internationale (CPI), signent in extremis le traité instituant la Cour.

”Nous agissons ainsi pour réaffirmer notre soutien […] au jugement des auteurs de génocides, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité”, a déclaré le président américain Bill Clinton. ”Les Etats-Unis ont une longue tradition de soutien au principe de responsabilité”, a-t-il ajouté, évoquant l’appui américain au tribunal de Nuremberg, qui a jugé après la Seconde guerre mondiale les responsables nazis, et aux tribunaux internationaux pour les crimes de guerre dans l’ex-Yougoslavie et au Rwanda.

En prenant cette décision, les Etats-Unis rejoignent les 138 pays [dont Israël et l’Iran] qui ont déjà signé le traité - 60 ratifications sont nécessaires pour que le traité entre en vigueur. 27 pays seulement ont, à ce jour, ratifié le Statut de la Cour. Selon l’Onu, le seuil des 60 ratifications sera atteint à la mi-2002, et la Cour alors installée à La Haye (Pays-Bas).top

EUROPE / Droits de l'homme

14 octobre, Biarritz (France). Les quinze pays de l’Union européenne adoptent une Charte des droits fondamentaux (avant de la proclamer officiellement en décembre au sommet de Nice). Le texte exprime pour la première fois la volonté de l’Union de se fonder des ”valeurs communes” reconnues par tous. Ces droits ont été répartis en six chapitre: Dignité, Libertés, Egalité, Solidarité, Citoyenneté et Justice.

26 octobre, Strasbourg(F). Le prix Sakharov du Parlement européen, décerné annuellement pour récompenser une action en faveur des droits de l'Homme, attribué au collectif espagnol opposé au terrorisme "Basta Ya" ("Ca suffit!"). L'association pacifiste milite pour la démocratie et la tolérance au Pays Basque.

Le prix Sakharov, du nom du physicien dissident russe et prix Nobel de la paix en 71, avait été décerné en 1999 au leader indépendantiste timorais Xanana Gusmao. Avant lui, Ibrahim Rugova, le chef de la Ligue démocratique du Kosovo avait été récompensé en 1998. L'ancien président sud-africain Nelson Mandela avait été distingué en 1988.

4 novembre, Rome. Les gouvernements de 25 pays membres du Conseil de l'Europe signent un nouveau protocole pour lutter contre toute forme de discrimination. Le texte, qui entrera en vigueur lorsque dix Etats l'auront ratifié, n'interdit plus seulement les discriminations sur les droits fondamentaux déjà garantis par la Convention, mais, de manière générale, toutes les discriminations.

Parmi les signataires figurent l'Italie, l'Allemagne, l'Autriche et la Russie, mais ni la France, ni le Royaume-Uni, ni l'Espagne n'en font partie.

Les ministres européens, qui ont aussi exprimé leurs inquiétudes face aux menaces visant les principes d'égalité et de non-discrimination telles que le racisme, la xénophobie, l'antisémitisme et l'intolérance, ont déploré les cas de discrimination répétée à l'égard des migrants, des réfugiés, des apatrides et demandeurs d'asile, notamment les Roms et Tsiganes.

7 décembre, Nice (F). Les 15 pays de l’Union européenne (UE) adoptent une ”Charte des droits fondamentaux” qui définit les différents droits, sociaux, politiques et économiques dont devraient bénéficier tous les citoyens de l’Union européenne. Le texte, qui n’a pas de valeur contraignante, pourrait devenir un jour le préambule d’une future Constitution européenne.top

16 décembre. Dans un texte rendu public par le Vatican, Jean-Paul II critique la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne et accuse les responsables européens de n’avoir pas été assez ”courageux” dans l’affirmation des droits de la personne et de la famille. Le pape se dit ”déçu par le fait que pas une seule allusion à Dieu, source suprême de la dignité de la personne et de ses droits fondamentaux, n’ait été insérée dans la Charte”. Il rappelle qu’on ”ne peut pas oublier que c’est justement la négation de Dieu qui est à l’origine, dans le siècle passé, de la tyrannie des idoles, exprimée dans la glorification d’une race, d’une classe, de l’Etat, de la nation, du parti”.

FRANCE

31 octobre. Douze intellectuels rendent public, dans le quotidien communiste ”L’Humanité”, un ”appel à la condamnation de la torture durant la guerre d’Algérie”, et demandent au président de la République et au premier ministre ”de condamner ces pratiques par une déclaration publique”.

14 novembre, Paris. Les structures chargées d’accueillir les étrangers non admis sur le territoire et ceux en instance de reconduite à la frontière sont indignes de la France, estime Louis Mermaz, député socialiste, ancien ministre, dans un avis parlementaire sur le budget 2001 de la police. Qualifiant d’”horreur de la République” les zone d’attente pour étrangers, il appelle le gouvernement à modifier sa politique en matière de droit d’asile, devenue, selon lui, une ”machine à fabriquer des clandestins”.

28 novembre, Paris. A l’occasion de son 15e anniversaire, l’organisation ”Reporters sans frontières publie un album de photographies consacré aux reporters de guerre. 35 professionnels de l’image, comme Sebastiao Salgado, Raymond Depardon ou James Nachtwey, ont offert leurs images ”pour dénoncer le scandale de l'épuration ethnique, pour dire le calvaire des minorités, pour dire comment sont abandonnés les enfants qui meurent au coin d'une route ou dans un camp”.top

16 juillet, Paris. Première journée nationale à la "mémoire des victimes de crimes racistes et antisémites de l'Etat français" pendant la dernière guerre et d'hommage aux "Justes" de France - jour anniversaire de la grande rafle des juifs parisiens, le 16 juillet 1942, parqués au vélodrome d'hiver avant d'être déportés vers les camps d'extermination. Jean-Luc Mélenchon, ministre, déclare au nom du gouvernement français : "Des fanatiques ont pensé et voulu ce crime, une masse de prudents zélés et d'indifférents actifs, réunis dans la même lâcheté, l'ont organisé et réalisé". Il a ajouté que "tous sont coupables et tous sont français, pour notre honte".

21 août. Le maire de Strasbourg, Catherine Trautmann, dépose plainte pour "dégradation volontaire par inscription à caractère raciste et antisémite", après la découverte de l'inscription en lettres noires "Le Roy, Sale juif", assortie d'une croix gammée, sur les murs du stade du Racing Club de Strasbourg. Le club de football, qui avait déjà saisi la justice à la suite d'insultes proférées contre l'entraîneur Claude Le Roy et les joueurs noirs de l'équipe, a lui aussi porté plainte "pour incitation à la haine raciale".

12 octobre. "Les actes antisémites se multiplient en France sur fond de crise au Proche-Orient", titre le quotidien "Libération". Plusieurs synagogues ont été la cible d'engins incendiaires et des bâtiments ont été couverts d'inscriptions antisémites.

Le 10 octobre, la synagogue de Trappes (Yvelines) a été en partie détruite par un incendie d'origine criminelle. De semblables attentats ont eu lieu contre des synagogues aux Ulis (Essonne), à Creil (Oise), à Lyon, à Villepinte et Clichy-sous-Bois (Seine St-Denis),dans la banlieue de Strasbourg ainsi qu'à Paris. A Paris, le 11 octobre, un commando du GUD, groupe d'extrême droite, a investi l'Université d'Assas, brûlé un drapeau israélien et laissé des tracts. "Sionistes, hors des facs. A Paris comme à Gaza, Intifada".

Le Président français Jacques Chirac a condamné les "manifestations d'intolérance" et d'antisémitisme dans le pays. "Elles sont [...] inacceptables dans notre démocratie. Elles mettent en cause de façon inadmissible les valeurs et les traditions de la République française".

14 octobre, Biarritz. Au sommet de l’Union européenne, Jacques Chirac dénonce ”des paroles, des comportements indignes et des actes inacceptables” commis contre la communauté juive et appelle ”au dialogue et à la tolérance”.

15 octobre. Trois synagogues de la banlieue parisienne à Bagnolet, à Noisy-le-Sec (Seine-St-Denis) et à Chevilly-Larue (Val-de-Marne) sont la cibles d’engins incendiaires. Le 16, une voiture-bélier défonce la façade de la synagogue des Minguettes, à Vénissieux (Rhône). A Strasbourg, une boulangerie dont la devanture portait l’inscription ”Juifs assassins”, ainsi qu’un slogan pro-Hezbollah, est incendiée.


| Afghanistan | Algérie | Allemagne | Autriche | Balkans | Birmanie | Chili | Chine | Colombie | Congo | Corée du Sud | Côte d'Ivoire | Espagne | Etats-Unis | Europe/Droits de l’homme | France | Francophonie | Indonésie | Iran | Israël | Japon | Kosovo | Koweit | Monde | Nations Unies | Russie/Tchétchénie | Sierra Leone | Serbie | Suisse | Syrie | Timor-Oriental | Tunisie | Turquie | Vatican | Vietnam | Yougoslavie |
top
–––> ET AUSSI...