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2001-L'actualité des droits de l'homme dans le monde

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L'actualité des
droits de l'homme


2001
| Afghanistan | Algérie | Allemagne | Argentine | Arménie | Birmanie | Bosnie | Cambodge | Chili | Chine | Colombie | Congo | Côte d'Ivoire | Croatie | Égypte | Espagne | Etats Unis | Éthiopie | France | Grèce | Indonésie | Iran | Israël | Italie | Japon | Kenya | Macédoine | Pérou | Russie | Rwanda | Timor-Oriental | Tunisie | Turquie | Yougoslavie | Zimbabwe |
–––> ET AUSSI...

AFGHANISTAN

_25 août, Kaboul. Radio Shariat, radio officielle des talibans, annonce qu’un décret du mollah Mohamed Omar interdit Internet et ordonne à la police religieuse de punir les contrevenants conformément à la loi islamique

"Sur le territoire de l'Emirat islamique d'Afghanistan, aucune organisation gouvernementale ou non-gouvernementale, afghane ou internationale, ni aucun particulier ne peut utiliser Internet", indique le décret .

_6 août, Kaboul. 24 collaborateurs de l’organisation humanitaire Shelter Now International (SNI) - parmi lesquels deux Américains, quatre Allemands et deux Australiens -, arrêtés sous le prétexte de "propager le christianisme". Ils doivent comparaître devant un tribunal islamique et risquent l’emprisonnement ou l’expulsion.

En revanche, les seize employés afghans de l’organisation sont passibles de la peine de mort, applicable, selon la Charia [loi islamique], à tout musulman qui renonce à sa religion et à toute personne qui convertit un musulman.

ALGÉRIE

_30 juillet, Alger. La présidence de la République rend public le rapport de la Commission nationale d'enquête sur les émeutes qui ont ensanglanté la Kabylie, de fin avril à fin juin 2001.

La Commission, présidée par un professeur de droit, Mohand Issad, conclut à la responsabilité de la gendarmerie dans leur déclenchement et leur répression : "La réaction violente des populations a été provoquée par l'action non moins violente des gendarmes, laquelle, pendant plus de deux mois, a nourri et entretenu l'événement : tirs à balles réelles, saccages, pillages, provocations de toutes sortes, propos obscènes et passage à tabac. La commission n'a pas relevé de démenti", Elle relève que "la violence enregistrée contre les civils est celle d'une guerre, avec usage de munitions de guerre".#

Les émeutes avaient fait 60 morts et plus de 2.000 blessés, selon un bilan officiel.

ALLEMAGNE / Ex RDA

_22 août, Perleberg. Quatre jeunes Allemands de 16 à 22 ans condamnés à des peines allant jusqu'à 14 mois de prison pour avoir profané un cimetière juif en avril 2001. Les quatre jeunes avaient renversé et maculé des pierres tombales, peints des croix gammées et des slogans antisémites sur le mur du cimetière de Perleberg.

_13 août, Berlin. Berlin, capitale de l'Allemagne réunifiée, commémore la construction il y a 40 ans du Mur qui a divisé la ville pendant 28 ans. Au moins 254 personnes trouveront la mort en essayant de le franchir.

Symbole de la division de l'Europe et de la ”guerre froide” entre l’Occident et le bloc communiste, ce "mur de protection antifasciste" est ”tombé”, sous la pression des Berlinois de l’Est, le 9 novembre 1989.

Pour le chancelier Gerhard Schröder, le Mur a été ”l’expression de la violation des droits élémentaires de l’homme par un système non démocratique” et ”non le résultat de la guerre froide”. ”C’est pourquoi le 13 août nous rappelle notre responsabilité de nous engager à tout moment pour la démocratie et les droits de l’homme”.

_9 août, Berlin. Plus de cinq mille personnes ont fuit la République démocratique allemande (RDA) en franchissant le mur de Berlin entre sa construction le 13 août 1961 et sa chute le 9 novembre 1989, selon des statistiques publiées par l'association "Groupe de Travail du 13 août".

Selon les chiffres de l’association, 40.101 personnes ont franchi illégalement la frontière entre les deux Allemagne, dont 5.043 à Berlin, entre le 13 août 1961 et la fin de l'année 1988. En 1989, 32 encore ont franchi le mur de Berlin avant sa chute.

L’association a également comptabilisé les départs autorisés, les rachats par l'Ouest de prisonniers politiques et les fuites de réfugiés par des pays tiers: au total, toutes catégories confondues, 960.605 personnes ont quitté l'Allemagne de l'Est, de 1961 à 1989.#

ARGENTINE

_15 août, Buenos Aires. Alfredo Astiz, symbole de la répression pendant la dictature, libéré après que son extradition, demandée par les justices italienne et française, eut été rejetée par le gouvernement.

L'ex-officier, qui a bénéficié des lois d'amnistie dites du "Point final" (1986) et de "l'obéissance due" (1987) qui disculpèrent les officiers subalternes impliqués dans des atteintes au droits de l'homme, ne peut être jugé en Argentine.

_1er juillet, Buenos Aires. L’ancien capitaine de frégate Alfredo Astiz, l’un des tortionnaires de l’Ecole de mécanique de la marine pendant la dictature (1976-1983), se livre à la justice. Recherché notamment pour sa participation présumée à la disparition de trois ressortissants italiens, il a été condamné à la prison à perpétuité par contumace par la justice française en 1990 pour l’enlèvement et la disparition de deux religieuses fran4aises, Alice Domon et Léonie Duquet.

ARMÉNIE

_26 septembre, Erevan. Le pape Jean-paul II rend hommage aux victimes du massacre des Arméniens par les Turcs en 1915 en visitant le monument de Tsitsernakaberd qui leur est consacré à Erevan. Dans une prière, il a demandé à Dieu d’”essuyer chaque larme des yeux” du peuple arménien.

Le pape n’a pas explicitement prononcé le mot de ”génocide”, mais parlé de Metz Yeghern (”la grande catastrophe”). Le pape avait déjà reconnu le ”génocide”, à Rome en novembre 2000.

BIRMANIE

_19 juillet, Rangoun. Dans le cadre du dialogue engagé avec la dirigeante de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), Aung San Suu Kyi, la junte birmane libère onze membres de la LND, parmi lesquels le député et écrivain Aung Khin Sint et la journaliste Tharyawady Daw San San Nwe.

Ces libérations portent à 51 le nombre des prisonniers politiques relâchés depuis le début de l’année. Selon Amnesty International, il resterait 1.800 opposants dans les prisons. Les trois responsables de la Ligue, Aung San Suu Kyi, Aung Shwe et Tin Oo, sont, eux, toujours en résidence surveillée.

BOSNIE

_15 août, Banja Luka. Le colonel Dragan Jokic, officier serbe de Bosnie, recherché par le Tribunal pénal international (TPI) pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité à Srebrenica, s'est rendu volontairement dans une base de l'OTAN de Ramici, située près de la capitale de la Republika Srpska (RS, entité serbe de Bosnie).#

L'officier était l'un des responsables de la brigade de Zvornik, fer de lance du Corps de la Drina qui s'était emparé de l'enclave musulmane le 11 juillet 1995. Plus de 7.000 Musulmans avaient été tués par les forces serbes de Bosnie, commandées par le général Ratko Mladic.

CAMBODGE

_10 août, Phnom Penh. Le roi du Cambodge Norodom Sihanouk promulgue la loi instaurant la cour spéciale mixte pour juger les anciens chefs khmers rouges. Les autorités cambodgiennes et les Nations unies doivent maintenant fixer les modalités d'organisation du procès.

_7 août, Phnom Penh. Le Conseil constitutionnel approuve un projet de loi instaurant une cour spéciale mixte - cambodgienne mais à "caractère international" - pour juger les anciens chefs khmers rouges.

Ce texte constitue un nouveau pas vers le jugement d'anciens responsables Khmers Rouges pour les atrocités commises au Cambodge de 1975 à 1979.

CHILI

_21 août, Santiago. La Cour suprême accepte d’examiner la décision de la cour d’appel de Santiago qui avait suspendu, en juillet 2001, les poursuites contre Pinochet en raison de son état de santé mentale.

_9 juillet, Santiago. Le général Augusto Pinochet échappe ”temporairement”, pour raisons de santé, aux poursuites engagées par la justice chilienne contre l’ex-dictateur pour 75 enlèvements et exécutions commises après le coup d’Etat de 1973.

La 6e chambre de la Cour d’appel a justifié cette décision par la dégradation de la santé mentale de Pinochet qui, selon elle, ne lui permet pas d’assurer normalement sa défense. Les parties civiles et les organisations des droits de l’homme protestent.#

CHINE

_21 août, Inde. Selon le Centre Tibétain pour les droits de l'homme et la démocratie, association de défense du Tibet basée en Inde, plus de 250 prisonniers politiques tibétains sont actuellement détenus dans des prisons chinoises, soit le double du nombre admis par Pékin.
Le Tibet a été "libéré pacifiquement" par les troupes chinoises en 1950.

_19 août, Pékin. 45 adeptes du mouvement interdit Falungong condamnés à des peines allant jusqu'à 13 ans de prison par des tribunaux des districts de Pékin-est, Fangshan, Haidian et Miyun. Les plus lourdes peines ont été infligées à Zhang Hongwei et Yang Jiguang, condamnés à 13 et 12 ans de détention pour avoir "organisé illégalement" des réunions.

Fondé en 1992 par Li Hongzhi, un ancien soldat qui vit en exil à New York, le Falungong ou "gymnastique de la roue de la loi" combine foi bouddhique et exercices physiques et de méditation. Pékin a interdit ce mouvement en 1999.

CONGO

_15 août, Kampala. Selon la directrice du Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef), Carol Bellamy, les rebelles dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC, ex-Zaire) seraient à démobiliser les enfants-soldats.

Deux groupes rebelles sont actifs dans le pays: le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), soutenu par le Rwanda, et le Front de libération du Congo (FLC), soutenu par l'Ouganda.#

CÔTE d’IVOIRE

_28 août, New York. Human Rights Watch (HRW) accuse les principaux membres du gouvernement ivoirien d'avoir favorisé la montée de la violence xénophobe qui menace de déstabiliser le pays.

Dans un rapport intitulé "Le Nouveau Racisme: La manipulation politique de l'ethnicité en Côte d'Ivoire" l’organisation décrit les atrocités commises lors des élections présidentielles et législatives d'octobre et décembre 2000. HRW fait état de plus de 200 morts, mais également de tortures, de viols et de détentions arbitraires. ”Aujourd'hui, l'intolérance et la xénophobie imprègnent sensiblement la vie quotidienne, ce qui conduit à maintenir une atmosphère politique et sociale explosive”.

_3 août, Abidjan. Les huit gendarmes accusés d’être les auteurs du massacre de 57 personnes, fin octobre 2000, à Yopougon, dans la banlieue d’Abidjan, acquittés ”faute de preuves” par la Cour martiale. Une commission d’enquête internationale établie par Kofi Annan, en accord avec les autorités ivoiriennes, avait conclu à la culpabilité des gendarmes, dans un rapport publié le 20 juillet; elle s’était félicitée de l’inculpation des gendarmes, ”un premier pas courageux sur le chemin de la justice”.

”Ce jugement renforce le sentiment qu’en Côte d’Ivoire, les militaires bénéficient d’une totale impunité. Il est absolument inadmissible que des soldats pourtant à l’origine de la mort de 57 personnes ne soient pas condamnés à des peines de prison“, estiment la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) et Reporters sans frontières (RSF), dans un communiqué commun.

Le procureur militaire de Côte d’Ivoire a annoncé, le 8 août, le dépôt d’un pourvoi en cassation contre l’acquittement des gendarmes.

_20 juillet, New York. - La Commission internationale d'enquête sur la Côte d'Ivoire conclut à la responsabilité des forces de sécurité ivoiriennes, notamment les gendarmes, dans les graves violations des droits de l'homme commises lors des manifestations qui se sont déroulées dans le pays avant les élections législatives de décembre 2000, ainsi que dans la mort des civils à l'occasion des troubles qui ont suivi l'annonce de la victoire du général Guei aux élections présidentielles d'octobre 2000.

La Commission de 3 membres, établie à l'initiative de Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies, était dirigée par l'ambassadeur Colin Granderson.#

CROATIE

_16 juillet, Zagreb. Le premier ministre croate, Ivica Racan, fait valoir qu’un refus de collaborer avec le Tribunal de La Haye entraînerait un ”isolement” de la Croatie, qui replongerait dans ”l’obscurité des Balkans”. Mais il affirme qu’il n’y a pas eu de déportation de civils serbes par les forces croates lors de l’opération ”Tempête” d’août 1995 qui avait abouti à la reconquête de la Krajina. Plus de 100.000 personnes s’étaient enfuies lors de l’offensive de l’armée croate, qui s’était accompagnée de nombreuses exactions : destructions de villages, assassinats de civils serbe restés sur place.

ÉGYPTE

_15 août. Manifestations à Genève, New York et à San Francisco pour dénoncer le procès, au Caire, de 52 égyptiens soupçonnés d’homosexualité et emprisonnées depuis trois mois. Ce procès – que la presse égyptienne appelle "le procès des déviants sexuels" – est, pour ”Le Monde” [17 août], ”une manière de contrebalancer les arrestations régulières de présumés islamistes et de détourner l’attention de la crise économique”.

_30 juillet, Le Caire. La justice égyptienne juge irrecevable la demande d’annulation du mariage de la féministe Nawa El Saadawi, 70 ans, pour apostasie. En avril, un avocat islamiste avait intenté un procès à la psychiatre et écrivain, estimant qu’elle avait ”renié les préceptes de la religion et méprisé l’islam dans un entretien publié le 6 mars [2001] par l’hebdomadaire indépendant Al-Midane”. Dans cet entretien, elle disait douter que le voile soit une obligation de l’islam et remettait en question la validité de la règle selon laquelle, en matière d’héritage, la part de l’homme est le double de celle de la femme.

Nawa El Saadawi a déclaré à la sortie du tribunal que le verdict était ”une victoire pour la liberté de pensée et d’expression […] et un refus de se soumettre aux mentalités obscurantistes”.

ESPAGNE / Pays basque

_14 juillet. Un policier basque, Mikel Uribe, et un conseiller municipal navarrais, José Javier Mugica Astibia, assassinés par l’organisation séparatiste basque ETA le jour même de l’entrée en fonction du nouveau gouvernement autonome basque.

”Parler d’autonomie n’a pas de sens quand une bande [l’ETA] exerce sa dictature sur tous ceux qui ne pensent pas comme eux, les tuent et les empêchent de s’exprimer”, déclare Mariano Rajoy, ministre espagnol de l’intérieur.#

ÉTATS-UNIS

_11 septembre, New York. Trois avions des lignes commerciales, détournés et transformés en bombes volantes par des pirates de l’air, détruisent les deux tours du World Trade Center à New York et une partie du Pentagone à Washington. Le bilan est de près de sept mille victimes, morts ou disparus.

Les autorités américaines soupçonnent l’organisation du milliardaire américain Oussama Ben Laden d’être responsable de cette attaque terroriste sans précédent. Le président américain Bush affirme que ”la liberté se défendra” et que les Etats-Unis ”puniront les responsables”.

Pour Kofi Annan, le secrétaire général des Nations unies, ”il ne peut y avoir aucun doute que ces attaques sont des actes délibérés de terrorisme, soigneusement planifiés et coordonnés. […] Le terrorisme doit être combattu résolument, où qu’il se manifeste.”

”Dans de tels moments, a-t-il ajouté, il est essentiel de garder son sang froid. Nous ne savons pas encore qui peut être derrière ces actes, ni quels objectifs leurs auteurs espèrent atteindre. Ce que nous savons c’est qu’aucune cause juste ne peut être servie par la terreur.”

_22 août, Washington. Plus de cent cinquante personnalités politiques, religieuses et intellectuelles dénoncent, dans une lettre adressée à Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies, la politique antidrogue menée par les Etats-Unis qu'ils qualifient de racialement "discriminatoire".

Les signataires, parmi lesquels le prix Nobel d'économie Milton Friedman, le chanteur-acteur Harry Belafonte et l'écrivain féministe Gloria Steinhem, estiment que, "pays après pays, les minorités ethniques et raciales sont visées et persécutées au nom de la ”guerre contre la drogue".

ÉTHIOPIE

_4 août, Addis Abebba. 25 Ethiopiens, accusés de ”génocides et de crimes contre l’humanité” pour des faits commis pendant la période de la terreur rouge (1977-78) du régime communiste du colonel Mengistu, acquittés par la Haute cour fédérale. 18 autres personnes ont été condamnées à des peines de 5 à 25 ans de prison pour ”exécutions sommaires”.

Depuis octobre 1994, les tribunaux éthiopiens ont prononcé 1.181 verdicts sur les 6.180 dossiers comportant des accusations de crimes contre l’humanité.

FRANCE

_30 août, Paris. 40 ans après l’abandon par la France des musulmans qui avaient combattu à ses côtés en Algérie entre 1956 et 1962, neuf harkis déposent une plainte auprès du tribunal de Paris pour ”crimes contre l’humanité”.

_22 juillet, Paris. L’anniversaire de la rafle du Vel d’hiv des 16 et 17 juillet 1942, à Paris, commémoré près de l’ancien vélodrome d’hiver, par la secrétaire d’Etat au logement Marie-Noëlle Lienemann. ”Il nous faut convaincre les jeunes, tous les jeunes, de bannir l’antisémitisme et le racisme, mais aussi l’indifférence au sort de l’autre” afin qu’ils sachent être des ”justes”, déclare la représentante du gouvernement, faisant allusion à ceux qui ont aidé à sauver des juifs pendant l’occupation nazie.#

GRÈCE

_13 septembre, Strasbourg. La violence entre prisonniers, notamment entre étrangers, est devenue préoccupante dans les prisons grecques surchargées, selon deux rapports du Comité européen contre la torture (CPT) du Conseil de l'Europe.

Le Comité, qui relève une augmentation des actes de violence entre détenus, "souvent en rapport avec des conflits entre différents groupes de prisonniers étrangers", constate que "le problème ancien de la surpopulation dans les établissements pénitentiaires civils est devenu encore plus aigu": "Il y avait 7.720 prisonniers lors de la visite de 1999, pour une capacité officiellement de 4.700 places (comparés aux 5.452 prisonniers pour 4.332 places en 1997)". Les détenus étrangers constituaient 47% de la population carcérale grecque en 1999.

INDONÉSIE / Timor-Occidental

_16 août, Djakarta. La nouvelle présidente Megawati Sukarnoputri présente ses excuses aux habitants des provinces d’Atjeh [extrémité occidentale de l’archipel] et d’Irian Jaya [extrémité orientale] pour les violations des droits de l’homme qui y ont été commises pendant des décennies. Elle propose aux deux provinces séparatistes un ”statut spécial d’autonomie” qui ne peut se concevoir ”que dans le maintien de l’intégrité de la République d’Indonésie”.

Par ailleurs, l’organisation non gouvernementale Sira [Centre d’information pour le référendum à Atjeh] dénonce le massacre - qui aurait fait 31 morts -, le 9 août dans une plantation d’Atjeh, commis, selon elle, par un groupe de militaires indonésiens originaires de Java. Un rapport élaboré par une autre Ong corrobore cette thèse. Les deux Ong demandent l’ouverture d’une enquête internationale.

_23 juillet, Djakarta. Le chef de l’Etat, Abdurrahman Wahid, destitué par le Parlement. La vice-présidente, Megawati Sukarnoputri, 54 ans, fille aînée du premier président indonésien, Sukarno, qui lui succède, a, note ”Le Monde”, ”le soutien de la quasi-totalité de la classe politique”. La nouvelle présidente hérite d’un pays en proie à une grave crise politique, à l’économie chancelante, et dont l’unité est menacée par des mouvements séparatistes et des conflits locaux.

Abdurrahman Wahid, un musulman modéré à la tête de l’Indonésie depuis octobre 1999, a rassemblé contre lui l’élite politique et militaire du pays.

IRAN

_28 juillet, Téhéran. L’Organisation des moudjahidine islamiques (OMI), parti proche du président Khatami, dénonce les flagellations de jeunes, ”qui deviennent une pratique courante sur les places publiques à Téhéran”, estimant qu’elles portent ”atteinte à l’image du régime [islamique] au niveau international”.#

ISRAEL / Et territoires occupés

_26 septembre, Gaza. Le président de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat et le chef de la diplomatie israélienne Shimon Pérès concluent un accord visant à reprendre les négociations et à mettre fin aux violences qui ont fait plus de 800 morts et des dizaines de milliers de blessés dans les territoires palestiniens et en Israël depuis le déclenchement de l'Intifada, en septembre 2000.

Les deux parties vont ”exercer [des] efforts maximum en vue de faire respecter le cessez-le-feu décrété” il y a 9 jours et ”reprendre une pleine coopération en matière de sécurité” sur la base de l’accord négocié par le directeur de la CIA américaine en juin 2001.

Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies, ”espère que cette réunion marquera le début d’un dialogue durable entre Israël et les Palestiniens, que l’actuel cycle de violences prendra fin et que le processus de paix pourra être relancé”.

_10 août, Jérusalem-Est. La police israélienne investit et ferme la Maison d’Orient, siège officieux de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). ”La souveraineté et la loi israéliennes seront appliquées pour toujours sur la Maison de l’Orient”, déclare Uzi Landau, ministre israélien de la sécurité intérieure.

Pour Ahmed Qoreï, président du Parlement palestinien, ”la prise de contrôle de la Maison d’Orient traduit l’intention des Israéliens de conquérir la mosquée al-Aqsa”. Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies a demandé à Israël, le 13 août, de mettre un terme sans délai à cette occupation, qui est un acte "imprudent de nature à exacerber la tension et à accroître la violence".

_9 août, Jérusalem. 15 personnes (dont 6 enfants) tuées et près de 90 blessées, dont plusieurs grièvement, dans un attentat suicide perpétré par kamikaze palestinien dans une pizzeria du centre de Jérusalem-ouest. L'attentat, le plus meurtrier depuis une action similaire le 1er juin à Tel-Aviv, a été revendiqué par le mouvement islamiste Hamas.

Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a condamné l'attentat, appelant Israéliens et Palestiniens à la ”retenue” : "Il déplore les actes de terreur et est profondément choqué par les pertes terribles en vies humaines", a déclaré son porte-parole Fred Eckhard, ajoutant : ”Les actes violents de ces derniers jours démontrent qu'il n'y a pas d'autre alternative que le dialogue entre les parties pour mettre fin à la violence et retourner au processus politique”.

Yasser Arafat, a condamné l'attentat ”qui visait des civils innocents", proposant au gouvernement israélien ”un appel commun pour un cessez-le-feu global et immédiat” – proposition rejetée par Ariel Sharon, qui teint l’Autorité palestinienne pour responsable des attentats.

_6 août, Nations unies, New York. Kofi Annan condamne les ”actes de terreur”, tel celui commis le 5 août par un Palestinien à Tel-Aviv. ”Il est aussi profondément inquiet du fait que les Israéliens continuent d’utiliser leurs forces armées pour tuer délibérément des Palestiniens préalablement ciblés”, déclare son porte-parole, rappelant que le 5 juillet Kofi Annan avait ”déjà condamnée cette pratique qui constitue une violation des droits de l’homme et des principes généraux du droit”.#

_29 juillet, Jérusalem. Un groupuscule d'extrême-droite juif, les "Fidèles du Mont du Temple", procède à la pose symbolique de la première pierre du troisième Temple juif, déclenchant un mouvement de colère parmi les Palestiniens et le monde arabe qui y voient une menace contre les Lieux saints musulmans de Jérusalem.

Des incidents - qui ont fait 33 blessés, 15 policiers israéliens et 18 Palestiniens - opposent des centaines de Palestiniens et d’Arabes israéliens, appelés à sa mobiliser pour ”défendre l’Esplanade des mosquées”, et les policiers israéliens.

ITALIE

_26 septembre, Berlin. "On ne peut pas mettre sur le même plan toutes les civilisations. Il faut être conscients de notre suprématie, de la supériorité de la civilisation occidentale", déclare à Berlin le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi qui demande à l’Occident de continuer "à occidentaliser et à s'imposer aux peuples. Cela a déjà réussi avec le monde communiste et avec une partie du monde islamique".

Les propos du chef du gouvernement italien ont suscité de très vives réactions en Italie - et en Europe. Pour l’opposition italienne, qui condamne des "paroles absurdes et inacceptables", Berlusconi a commis une véritable faute politique au moment où les occidentaux tentent de rallier les pays musulmans à une guerre contre le terrorisme.

_31 juillet, Rome. Le gouvernement italien de Silvio Berlusconi accepte de mettre en place une commission d’enquête parlementaire sur les violences des forces de l’ordre lors du sommet des chefs d’Etat du G8 à Gênes. La commission a six semaines pour faire rapport.

JAPON

_15 septembre, Tokyo. Junichiro Koizumi présente ses excuses pour l'esclavage sexuel infligé à des Philippines et à d'autres femmes par l'armée japonaise pendant la seconde guerre mondiale. Le premier ministre japonais a remis aux autorités philippines une lettre à adresser aux "épouses de réconfort": "En tant que Premier ministre du Japon, je voudrais renouveler mes plus sincères excuses et remords à toutes les femmes qui ont dû subir des épreuves terribles et incommensurables et à qui des blessures physiques et psychologiques incurables ont été infligées".

Quelque 200.000 femmes, principalement coréennes, chinoises, philippines et indonésiennes, ont été transformées en esclaves sexuelles, désignées comme "femmes de réconfort", entre 1932 et 1945 par l'armée impériale.

_9 septembre, San Francisco. Cérémonies du 50e anniversaire du traité de paix signé par les Etats-Unis, le Japon et 46 autres pays dans cette ville : la ministre japonaise des affaires étrangères, Makiko Tanaka, reconnaît que son pays a été responsable de "souffrances et de dégâts immenses" durant la seconde guerre mondiale et présente des excuses, mais sans évoquer des réparations.

"Je réaffirme aujourd'hui nos sentiments de remords profond et nos sincères excuses", a-t-elle déclaré, se référant aux excuses exprimées officiellement en 1995 par le premier ministre de l'époque, Tomiichi Murayama.

_Le 15 août, à l’occasion de la commémoration du 56e anniversaire de la capitulation japonaise [15 août 1945], Junichiro Koizumi a exprimé ses ”profonds remords” pour les "dégâts et souffrances incommensurables [infligés] à de nombreux pays, surtout aux nations asiatiques, pendant la [seconde] guerre", a-t-il déclaré, en présence d'officiels dont l'Empereur Akihito et son épouse.

L'Empereur Akihito - fils d'Hirohito, l'empereur ayant signé la reddition japonaise et qui a continué de régner jusqu'à sa mort en 1989 - a lui aussi exprimé ses regrets pour les victimes de la guerre et espéré qu'une telle tragédie ne se reproduise plus.

_13 août, Tokyo. En se rendant au sanctuaire shintô de Yasukuni, consacré aux "âmes" des 2,5 millions de Japonais morts dans des guerres depuis 1853, y compris des criminels de guerre du second conflit mondial, le chef du gouvernement japonais, Junichiro Koizumi, ouvre un débat sur le passé militariste de l'Archipel. L'ambiguïté de son geste divise les Japonais et indigne les pays voisins, la Chine et la Corée en particulier.#

_6 août, Hiroshima. 50.000 personnes assistent, au Parc de la Paix, aux cérémonies du 56e anniversaire du bombardement d'Hiroshima. Le Premier ministre japonais, Junichiro Koizumi, prône l’élimination des armes nucléaires. "Nous allons continuer de pousser la communauté internationale à promouvoir une réduction des capacités militaires et la non-prolifération nucléaire".

221.893 personnes sont mortes après l'explosion de la première bombe atomique, dont quelque 140.000 immédiatement.

KENYA

_25 juillet, Nairobi. Des policiers d'une unité d'élite antigang exécutent sept hommes qu'ils soupçonnaient de vouloir braquer une banque, les criblant de balles après les avoir fait s'allonger face contre terre, rapportent des témoins cités par la presse kenyane. La police assure que les policiers n'ont fait que riposter lors d'un échange de tirs.

Selon Mikewa Ogada, l'un des responsables de la commission kenyane (indépendante) des droits de l'homme, les policiers ont tué en six ans, soit au cours d'échanges de coups de feu, soit lors d'exécutions sommaires, plus de 1.050 personnes. "Des suspects sont parfois retrouvés criblés de balles", souligne-t-il, évoquant l'"impunité" pour expliquer ces actes. "Ils tirent pour tuer".

MACÉDOINE

_27 septembre, Sipkovica (nord-ouest du pays). L’Armée de libération nationale (UCK) ”a été formellement démantelée”, ”tous ses anciens soldats sont redevenus des civils ordinaires de ce pays”, annonce Ali Ahmeti, le chef de la guerilla albanaise.

Les partisans de l’UCK ont rendu près de 4.000 armes aux soldats de l’OTAN chargés de rétablir la paix en Macédoine.

_13 août, Skopje. Macédoniens et Albanais ont signé lundi à Skopje un accord global de paix - accepté par la guérilla albanaise - destiné à mettre un terme à sept mois d'affrontements armés. L’accord, conçu sous l’égide de l’Union européenne (UE) et des Etats-Unis, octroie davantage de droits à la minorité albanaise (un quart de la population) en échange du maintien d'un Etat macédonien unitaire.

En outre, l'accord offre une amnistie aux rebelles qui n'ont pas commis des crimes susceptibles d'être jugés par le Tribunal pénal international de La Haye et qui déposeront volontairement les armes.

PÉROU

_27 août, Lima. Le congrès péruvien adopte une "accusation constitutionnelle" à l'encontre d’Alberto Fujimori pour "assassinats, homicides et enlèvements", rendant désormais possible son inculpation judiciaire pour crime contre l'humanité. L'ex-président péruvien, aujourd'hui réfugié au Japon, pays de ses parents dont il a la nationalité, est soupçonné d'être responsable de deux massacres perpétrés pendant la lutte contre la "guerre populaire prolongée" du Sentier lumineux (SL, maoïste), qui a fait 25.000 morts entre 1980 et 1992.

RUSSIE / Tchétchénie

_11 juillet, Moscou. Le général Vladimir Moltenski, commandant par intérim des forces# russes dans le Caucase du nord, reconnaît des ”crimes à grande échelle” lors d’opérations menées début juillet en Tchétchénie. ”Ceux qui ont mené les opérations de ratissage à Sernovodsk et à Assinovskaïa se sont conduits de façon grossière et anarchique, détruisant tout sur leur passage mais prétendant après coup ne rien savoir de ces destructions”. Source : agence Itartass citée par ”Le Monde”.

_12 juillet, Paris. Le quotidien ”Le Monde” consacre son éditorial à ”la guerre de M. Poutine” en Tchétchénie, une guerre ”abjecte” qui ”provoque mille fois plus de morts et de destructions que le conflit israélo-palestinien”.

RWANDA

_21 août, Washington. Des documents confidentiels déclassifiés, en août 2001, des archives de la Sécurité nationale américaine montrent que le gouvernement américain n’ignorait pas qu’un génocide était en préparation en avril 1994 au Rwanda. Selon ces documents, ils choisirent de ne pas intervenir et ne s’opposèrent pas au retrait des casques bleus des Nations unies du Rwanda.

TIMOR-ORIENTAL

_6 septembre, New York. Les Nations unies annoncent que le Fretilin (Front révolutionnaire pour l’indépendance du Timor-Oriental) a recueilli 57,3% des suffrages lors de l’élection populaire d’une Assemblée constituante, le 30 août.

Le Fretilin, qui a dirigé la lutte contre l’occupation indonésienne de 1975 à 1999, obtient 55 sièges sur 88. Il sera chargé de former un gouvernement placé sous la tutelle et la protection des Nations unies, laquelle administre l’ancien territoire portugais depuis fin 1999.

_30 août, Dili. Les Est-Timorais se rendent aux urnes pour élire une Assemblée constituante [placée sous l’égide des Nations unies], première étape sur la voie de la création d'un Etat, deux ans après un vote qui avait vu près de 80% de la population choisir de s'émanciper de la tutelle de l'Indonésie qui avait annexé cette ex-colonie portugaise en 1976.

_30 août, Dili. Les Est-Timorais se rendent aux urnes pour élire une Assemblée constituante, première étape sur la voie de la création d'un Etat, deux ans après un vote qui avait vu près de 80% de la population choisir de s'émanciper de la tutelle de l'Indonésie qui avait annexé cette ex-colonie portugaise en 1976.

TUNISIE

_2 septembre, Tunis. Reporters sans frontières (RSF) dénonce le passé de “tortionnaire“ du général Habib Ammar, nommé à la tête du comité d’organisation des Jeux méditerranéens qui se déroulent jusqu’au 15 septembre en Tunisie. Selon RSF, Habib Ammar a crée, au cours des années 80, “sous la supervision de M. Ben Ali, alors ministre de l’intérieur, la Brigade d’investigation et de recherches, un service tristement célèbre pour avoir torturé de nombreux opposants”.

_11 août, Tunis. Sihem Bensedrine, 47 ans, journaliste, emprisonnée le 26 juin après avoir été interpellée à l'aéroport de Tunis, venant de France, bénéficie d'une "libération provisoire".

La porte-parole du Conseil national pour les libertés en Tunisie (CNLT, non reconnu) et directrice du magazine en ligne Kalima avait été assignée par un juge pour "outrage à sa personne en tant que magistrat et atteinte au corps judiciaire".

_6 juillet, Tunis. Dans une lettre adressée au chef de l’Etat, Zine El Abidine Ben Ali, un juge, Mokhtar Yahyaoui, dénonce l’absence totale d’indépendance du pouvoir judiciaire en Tunisie. ”Harcèlement”, en proie à l’intimidation, écrit-il, les juges ”n’ont aucune chance” d’accomplir un travail équitable. ”Les juges tunisiens sont acculés à prononcer des jugements établis d’avance, qu’ils ne peuvent discuter, et qui ne reflètent en rien ce que dit la loi”.#

Ce magistrat, président de la 10e chambre civile au tribunal de première instance de Tunis, assure parler en son nom mais exprimer ce que pensent nombre de ses collègues. ”Mon initiative est personnelle mais je dis tout haut ce que beaucoup disent tout bas. Nous sommes à bout. Personnellement, je n’accepte plus ce système judiciaire : c’est une question de conscience”.

TURQUIE

_31 juillet, Strasbourg (F). La Cour européenne des droits de l'homme juge que la dissolution du parti islamiste Refah, en 1998, ne violait pas l'article 11 de la Convention européenne des droits de l'homme (liberté de réunion et d'association).

YOUGOSLAVIE / Kosovo

_9 août, Belgrade. Un charnier, contenant plus d’une centaine de corps - probablement des civils albanais du Kosovo -, découvert à l'emplacement d'une base de la police spéciale serbe, à Batajnika, à 15 km au nord-ouest de Belgrade.

Un premier charnier avait été mis à jour, en juin, dans la région - il contenait les restes de plus de 70 vieillards, de femmes et d'enfants, présumés originaires de la région de Prizren, dans le sud du Kosovo. Quelque 2.500 Albanais - et 1.300 Serbes - sont officiellement portés disparus depuis la fin du conflit serbo-albanais (1998-99).

_28 juillet, Belgrade. Des intellectuels de toutes les ex-républiques yougoslaves, à l'exception de la Slovénie, fondent un Comité de coopération qui se donne pour objectif de faire la lumière sur les événements qui sont à l’origine des exactions et des crimes de guerre commis pendant dix ans, de 1991 à 1999.

Le groupe comprend vingt cinq intellectuels de Belgrade (Serbie), Podgorica (Monténégro), Pristina (Kosovo), Dubrovnik, Osijek et Zagreb (Croatie), Sarajevo (Bosnie-Herzégovine) et Skopje (Macédoine), tous connus pour s'être élevés contre la guerre en ex-Yougoslavie.#

ZIMBABWE

_Août, Harare. Le président Robert Mugabe ”rallume le racisme anti-blanc” titre ”Le Temps” [Genève, 15 août] qui écrit que le nord du pays ”vient de vivre une semaine de pillages et de heurts après l’arrestation de 21 fermiers blancs accusés de ”violences publiques”.

”Le Monde” [15 août] note, pour sa part, que le président Mugabe, soucieux de se faire réélire [en avril 2002] à la tête d’un pays qu’il a ”largement contribué à déstabiliser”, ”a transformé la réforme agraire en une chasse aux fermiers blancs”, dont les propriétés sont prises d’assaut, pillées, voire incendiées ”par de pauvres hères encadrés par des ”vétérans” de la guerre d’indépendance, gros bras du régime ou simple voyou”.

Le journal relève que la réforme agraire [1% des 12, 5 millions d’habitants détient 70% des terres du pays] ”sert de prétexte pour inciter à la haine entre ”sans-terres” noirs et fermiers blancs”.

–––> ET AUSSI... <–––––––––––––––––––––––––

__AMNESTY INTERNATIONAL

_18 août, Dakar (Sénégal). Irene Zubaida Khan, 44 ans, ressortissante du Bangladesh, succède au Sénégalais Pierre Sané à la tête d'Amnesty. La nouvelle secrétaire générale , élue lors du Conseil international de l'organisation, réuni à Dakar, est la première femme, la première asiatique et la première musulmane à assurer la direction de cette organisation de défense des droits de l'homme.

Irene Zubaida Khan, qui a commencé sa carrière comme assistante juridique de la Commission internationale des juristes, basée à Genève, est la 7e secrétaire général depuis la création d’Amnesty, il y a 40 ans.

__ÉTHIQUE / Le clonage humain#

_8 août, Bruxelles. Le clonage humain est contraire à l'éthique européenne estime la Commission européenne. "La Commission européenne se prononce contre le clonage des êtres humains, pour la simple raison que cette technologie va à l'encontre des sentiments éthiques des citoyens européens", déclare Andrea Dahmen, porte-parole de la Commission. "De plus, cette technologie en est à un stade très prématuré et entraîne de graves risques, notamment de cancer ou de vieillissement précoce, pour les embryons qui pourraient en résulter".

_7 août, Nations unies, New York. La France et l’Allemagne demandent à Kofi Annan l’ouverture, dans le cadre des Nations unies, d’une négociation permettant l’adoption d’une ”convention internationale contre le clonage des êtres humains à des fins de reproduction”. ”Il s’agit en effet d’une question qui intéresse l’humanité toute entière. L’ONU est donc le forum adéquat.”

Pour la France, une telle convention devrait s'appuyer sur les principes énoncés par "la Déclaration universelle sur le génome humain et les droits de l'Homme" de l'Unesco, adoptée en décembre 1998 par l’Onu. Cette déclaration de principes, sans valeur juridique contraignante, stipule que "des pratiques qui sont contraires à la dignité humaine, telles le clonage à des fins de reproduction d'êtres humains, ne doivent pas être permises".

L’initiative franco-allemande intervient le jour même de l’annonce, à Washington, par le gynécologue italien Severino Antinori, du projet de clonage d’un être humain en utilisant la méthode utilisée pour la brebis Dolly.

__JEUX OLYMPIQUES

_13 juillet, Moscou. Le Comité olympique international (CIO) attribue à la ville de Pékin l’organisation des Jeux olympiques de 2008, écartant les candidatures de Paris, Toronto, Istanbul et Osaka. La question du respect des droits de l’homme en Chine n’a pas été évoquée lors de l’examen de la candidature de Pékin par le CIO.

Déplorant cette décision, Amnesty International (AI) demande au mouvement olympique de s’assurer que la Chine ”respecte, au cours de toutes les étapes de préparation des Jeux, les principes d’éthique inscrits dans la Charte olympique”.#

__MONDIALISATION

_11 août, Paris. Pour prévenir les violences lors du prochain sommet européen de Laeken, en Belgique, le député (Verts) européen Daniel Cohn-Bendit propose que des volontaires, baptisés ”têtes citoyennes”, s’interposent entre manifestants antimondialisation et forces de l’ordre. ”Il faut, déclare-t-il, au quotidien ”Le Monde”, créer une situation de démocratie où la stratégie de la violence n’ait aucune raison d’être”.

_20-22 juillet, Gênes (Italie). Un mort - un jeune homme de 23 ans, Carlo Giuliani -, plus de 300 blessés et un bilan politique modeste: les affrontements extrêmement violent qui se sont produits lors du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement G8 ont souligné, relève ”Le Monde”, ”combien est profond le fossé qui sépare les dirigeants des les plus riches du mouvement antimondialisation”. Ces manifestations, relève l’Agence France-Presse, ont tourné ”à la tragédie”.

Dans la déclaration finale du sommet, les pays du G8 conviennent de ”l’importance fondamentale d’un débat public ouvert sur les problèmes-clés auxquels nos sociétés sont confrontées” et s’engagent à ”rechercher une coopération renforcée et une solidarité avec les pays en développement, fondée sur une responsabilité mutuelle, pour combattre la pauvreté”.

__PEINE DE MORT

_5 juillet, Strasbourg. Le Parlement européen propose l’instauration d’une Journée européenne contre la peine de mort et réaffirme sa ferme condamnation de la peine de mort encore en vigueur dans 87 pays.

__PEUPLES AUTOCHTONES#

_28 juillet, Genève. Le Conseil économique et social des Nations unies (Ecosoc), réuni à Genève, décide de créer une Instance permanente sur les questions autochtones dont la première session annuelle se tiendra du 6 au 17 mai 2002, à New York.

Mary Robinson, haut commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, a déclaré que la création de ”l’Instance permanente”, constituait un progrès décisif, permettant ”sans nul doute de donner aux peuples autochtones une voix singulière au sein du système des Nations unies”.

__RACISME / Conférence de Durban

_8 septembre, Durban. La conférence mondiale des Nations unies sur le racisme s'est adopte une déclaration et d'un programme d'action qui invitent les Etats membres à prendre une série de mesures de lutte contre le racisme et la discrimination.

Sur le Proche-Orient, les délégations ont exprimé leur préoccupation devant le sort des populations palestiniennes sous occupation étrangère, tout en reconnaissant le droit d'Israël à la sécurité. Sur l'héritage du passé, les textes de la Conférence affirment en particulier que la pratique de l'esclavage constitue un crime contre l'humanité et "qu'"il aurait toujours en être ainsi".

_31 août, Durban. Ouvrant la 3e conférence mondiale des Nations unies contre le racisme, Kofi Annan déclare que ”le peuple juif a subi en Europe l’Holocauste, l’abomination absolue” et ajoute : ”Toutefois, nul ne peut demander aux Palestiniens d’accepter que les injustices dont ils sont victimes soient ignorées”.

Mary Robinson, haut commissaire aux droits de l’homme, appelle à la modération et exhorte les participants ”à ne pas jeter la pierre à un pays.

_28 août, Salzbourg (Autriche). "La Conférence contre le racisme devra regarder le passé en face mais, surtout, elle devra contribuer à définir de nouvelles orientations dans la lutte future contre le racisme", déclare Kofi Annan à l'occasion du "Dialogue de Salzbourg entre les civilisations".

"Le problème n'est pas seulement de diagnostiquer le mal. Il faut aussi le traiter", a-t-il précisé, ajoutant: "Nous voulons renforcer la lutte contre l'intolérance, en utilisant pour moyens le droit, l'éducation et le développement économique et social”.

_10 août, Genève. Les pays participant à la Conférence n’ont pu parvenir à un accord sur deux points essentiels: le Proche Orient et les réparations pour cause de colonialisme et d'esclavagisme.

Les pays occidentaux - Etats-Unis et les pays membres de l'Union européenne – refusent que, dans la Déclaration finale, le sionisme puisse sous une forme ou une autre être assimilé au racisme. L'Assemblée générale des Nations unies a annulé en 1991 une résolution, votée en 1975, assimilant le sionisme à une forme de racisme.

En ce qui concerne l'esclavage, les anciens pays colonisateurs acceptent de "regretter" ces pratiques d'un autre âge, mais refusent de s'en excuser, de même qu'ils refusent de les assimiler à la notion de crime contre l'humanité, ce qui pourrait ouvrir la voie à des compensations financières.

_30 juillet, Nations unies, Genève. La Conférence de Durban échouera si certains pays tentent d'y faire reconnaître le sionisme comme forme de racisme, déclare Mary Robinson. "Je pense qu'il n'est pas opportun de rouvrir cette question sous quelque forme que ce soit, et que toute personne qui cherche à le faire met en danger la conférence de Durban".

Les Etats-Unis ont menacé de boycotter la réunion si celle-ci devait servir de tribune contre Israël et demander des réparations pour l'esclavage, estimant que la conférence ne doit pas ”assimiler le sionisme à du racisme" ni "s'occuper de questions de réparations".

Les deux précédentes conférences sur le racisme organisées par les Nations unies en1978 et 1983, à Genève, avaient déjà été boycottées par les Etats-Unis en raison des questions liées au Proche Orient.#

_27 juillet, Genève. Toute tentative de vouloir raviver l'idée du racisme et du sionisme risque de compromettre le succès de la Conférence de Durban [31 août au 7 septembre 2001], et j'en ai parlé ouvertement au président de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat, déclare Mary Robinson, haut commissaire des Nations unies aux droits de l’homme.

__TERRORISME

_29 septembre, Castelgondolfo (Italie). Le pape Jean Paul II demande à Dieu "le don précieux de la paix pour l'humanité entière". "Nous ne pouvons pas ne pas nous souvenir des victimes de la grave attaque terroriste qui a bouleversé récemment l'Amérique et le monde. Je ne cesse de prier et d'invoquer pour les défunts la miséricorde du Seigneur, soutien et réconfort pour les survivants et le don précieux de la paix pour l'humanité entière".

_26 septembre, Berlin. Le ministre allemand des affaires étrangères, Joschka Fischer, met en garde ”certains gouvernements” qui ”tentent d’utiliser la lutte contre le terrorisme pour écraser leur opposition”. Il estime que les attentats du 11 septembre ne justifient en aucun cas les atteintes aux droits de l’homme, en particulier en Tchétchénie, en Algérie et en Afghanistan.

_24 septembre, Astana (Kazakhastan). Au dernier jour d'une visite dans l'ex-république soviétique du Kazakhstan, le pape Jean Paul II dénonce "le fanatisme et le terrorisme", et appelle à la paix et au dialogue entre chrétiens et musulmans après les attentats commis aux Etats-Unis.

"Je souhaite réaffirmer le respect de l'Eglise catholique pour l'islam, pour l'islam authentique, celui qui prie et qui sait être solidaire de ceux qui sont dans le besoin", a-t-il déclaré, ajoutant : "Tous les croyants doivent unir leurs efforts pour que Dieu ne devienne jamais otage des ambitions des hommes. La haine, le fanatisme et le terrorisme profanent le nom de Dieu et défigurent l'image authentique de l'Homme".

__TRIBUNAL PÉNAL POUR L’EX-YOUGOSLAVIE

_27 septembre, La Haye. Carla Del Ponte, procureur du Tribunal, met officiellement en accusation l'ex-président yougoslave Slobodan Milosevic, pour le rôle que celui-ci aurait joué dans les crimes commis pendant la guerre en Croatie (1991-1995).

Ce chef d'accusation vient s'ajouter aux inculpations de Milosevic pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre pour des faits commis au Kosovo, en 1998 et 1999.

_30 août, La Haye. Le procureur du Tribunal Carla Del Ponte signera le 1er octobre deux nouvelles inculpations, comprenant la charge de génocide, contre Slobodan Milosevic pour sa responsabilité dans les conflits de Bosnie (1992-1995) et de Croatie (1991-1995).

Ces deux nouvelles inculpations complèteront l'acte d'accusation, rendu public en mai 1999, relatif au rôle joué par l'ancien président yougoslave durant le conflit du Kosovo.

_16 août, La Haye. Vidoje Blagojevic, poursuivi pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité pour son rôle dans les massacres de Srebrenica, plaide non coupable lors sa première comparution devant le Tribunal.

_10 août, Banja Luka (entité serbe deBosnie). Le colonel serbe de Bosnie Vidosav Blagojevic, arrêté par des militaires de l’OTAN, est transféré à La Haye. Il ne figurait pas sur la liste publique des inculpés du TPIY, commandait une brigade de l'armée des Serbes de Bosnie pendant le conflit de 1992-95, dans la région de Bratunac et Srebrenica.

Blagojevic est inculpé de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre par le Tribunal pour son rôle dans les massacres de Srebrenica. Il est notamment accusé de "meurtres, extermination, persécutions pour des motifs politiques ou religieux, déportation et traitements inhumains" commis après la prise de Srebrenica par les forces serbes de Bosnie.

_2 août, La Haye. Le général serbe Radislav Krstic, 53 ans, responsable de la mort de 7.574 Musulmans, condamné à 46 ans de prison pour son rôle dans le génocide de Srebrenica, au cours de l’été1995. Il s'agit de la première condamnation pour génocide prononcée par la justice internationale en Europe, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.#

Le général Kristic commandait les troupes serbes – le Corps Drina, l'un des corps militaires qui composaient l'armée de la Republika Srpska – qui se livrèrent, en juillet 1995, au massacre de plus de 7.000 musulmans de Srebrenica et organisèrent la déportation du reste de la population.

Le général Krstic était un proche de Ratko Mladic et Radovan Karadzic, les anciens chefs militaires des Serbes de Bosnie, recherchés par la justice internationale, et toujours en fuite.

_2 août, Sarajevo. Deux généraux bosniaques musulmans à la retraite, Mehmed Alagic, 54 ans, et Enver Hadzihasanovic, 51 ans, ainsi que le général de brigade Amir Kubura, 37 ans, de l’armée, se rendent ”volontairement” aux autorités de Bosnie-Herzégovine, à la suite d’un mandat lancé par le TPIY à leur encontre. Les trois hommes, responsables du 3e corps de l’armée bosniaque, basé à Zenica, ont été transférés à La Haye. Accusés de crimes de guerre - meurtres, violences et traitements inhumains contre des Croates bosniaques en 1993 et 1994 -, ils sont les premiers officiers de l’armée bosniaque réclamés par le Tribunal. Les trois hommes ont décidé de plaider non coupables.

_31 juillet, La Haye. Le Serbe de Bosnie Stevan Todorovic, 43 ans, condamné à dix ans de prison pour sa participation au nettoyage ethnique de Bosanski Samac, dans le nord de la Bosnie, en 1992 et 1993 - il avait été nommé chef de la police de la ville par les Serbes de Bosnie, le 17 avril 1992. Il a été reconnu coupable de persécutions constituant un crime contre l’humanité.

Todorovic a reconnu avoir participé aux persécutions des populations non serbes, incluant notamment des ”meurtres, violences sexuelles et sévices corporels”, ainsi que ”la déportation et le transfert forcé”.#

_26 juillet, La Haye. Le procureur du Tribunal, Carla Del Ponte, demande aux autorités de Zagreb de procéder à l'arrestation de Ante Gotovina, général croate à la retraite, et de le faire transférer à La Haye pour y être jugé. Le militaire est inculpé de crimes contre l'humanité et de violations des lois en temps de guerre commis lors de l'offensive menée par l'armée croate dans la région de Krajina en août 1995.

_25 juillet, La Haye (Pays-Bas). Le général croate Rahim Ademi, 47 ans, inculpé de crimes contre l'humanité et crimes de guerre, se rend "volontairement" au Tribunal de La Haye (TPIY). Le général Ademi affirme se sentir "complètement innocent".

Premier Croate inculpé par le Tribunal pour des crimes commis lors du conflit serbo-croate de 1991-1995, Ademi est poursuivi pour son rôle lors de l'attaque de la poche de Medak, dans la région de Gospic, en 1993. Selon l'acte d'accusation, il a "individuellement ou de concert avec d'autres planifié, instauré ou commis des persécutions de civils serbes dans la poche de Medak pour des motifs politiques ou religieux".

__TRIBUNAL PÉNAL POUR LE RWANDA

_25 septembre, Bruxelles. Emmanuel Ndindabahizi, ancien ministre des finances du Rwanda, transféré par les autorités belges au centre pénitencier d'Arusha, en Tanzanie, siège du Tribunal. Arrêté le 12 juillet 2001 en Belgique à la demande du Tribunal, il est accusé de génocide, d'incitation au génocide et de crimes contre l'humanité pour son rôle présumé dans la campagne de violences systématiques menée en 1994 contre les habitants Tutsi de la préfecture de Kibuye.

_20 août, Lausanne. Accusé de crime de guerre au Rwanda, le prêtre Emmanuel Rukundo, arrêté le 12 juillet 2001 à Genève, à la demande du Tribunal pénal international pour le Rwanda, restera en prison. La Chambre d'accusation du Tribunal fédéral suisse a rejeté ses recours contre l'arrestation et la détention en vue d'extradition. C’est une autre instance, la Cour du Tribunal fédéral suisse, qui se prononcera sur son transfert au Tribunal.

_26 juillet, Bruxelles. Protais Zigiranyirazo, dit ”Monsieur Z” arrêté à la demande du Tribunal. Beau-frère de l’ancien président rwandais Juvénal Habyarimana, assassiné la veille du déclenchement des massacres, il est soupçonné d’avoir été un des dirigeants du ”Réseau zéro”, un groupe armé qui, au début des années 1990, avait commis de violences dont on estime qu’elles ont préparé les esprits aux massacres de 1994.

_12 juillet, Genève. Carla Del Ponte annonce l’arrestation, à Genève, Bruxelles et Leiden, de trois anciens hauts responsables rwandais, accusés de crimes contre l’humanité pour leur participation au génocide de 1994. L’Italie a refusé l’arrestation d’une quatrième personne, Athanase Seromba, invoquant un ”manque de base légale”.

Emmanuel Rukunko, arrêté à Genève, ancien aumônier des Forces armées rwandaises (FAR), s’oppose à son transfert à Arusha, siège du Tribunal. Emmanuel Ndindabahizi, arrêté à Bruxelles, est un ancien ministre des finances, et Simon Bikindi, arrêté à Leiden, chanteur et compositeur, est le fondateur de la radio Milles collines qui diffusait ses chansons appelant au massacre des Tutsis.

__VATICAN

12 août, Castelgandolfo (Italie). Jean-Paul II fustige les violences en Terre sainte en appelant à la "bonne volonté des responsables politiques et militaires" pour "faire taire les armes". "Nous voyons la vie et la dignité de la personne piétinée de manière violente".

"Nous continuons à être submergés d'images de désolation, de vies brisées, de corps mutilés, de familles lacérées" a ajouté le chef de l'Eglise catholique, relevant que "ce déchaînement de brutalité inouïe fait apparaître de façon encore plus forte combien il est illusoire de prétendre résoudre les problèmes de la justice et de la cohabitation entre les peuples par le recours à la violence".

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