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2002-L'actualité des droits de l'homme dans le monde:: ISRAEL ET TERRITOIRES PALESTINIENS 

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L'actualité des
droits de l'homme


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Carte Onu, 2002.



> DECEMBRE

_26 décembre, Gaza. Une série d’opérations de l’armée israélienne en Cisjordanie occupée, et une attaque avortée palestinienne dans la bande de Gaza contre une colonie, coûtent la vie à neuf palestiniens. Le ministre israélien de la défense, Shaul Mofaz, ordonne "d’accentuer la pression sur les organisations terroristes" palestiniennes.

_22 décembre, Ramallah. La direction palestinienne annonce le report des élections présidentielles et législatives prévues le 20. Celles-ci sont reportées jusqu'au retrait des troupes israéliennes des territoires palestiniens. Selon le ministre palestinien des collectivités locales Saëb Erakat, "les mesures de couvre-feu de l'armée israélienne sur les villes et les villages palestiniens de la quasi totalité de la Cisjordanie [rendent] impossible la tenue des élections".

_21 décembre, New York. Les Etats-Unis opposent leur veto à un projet de résolution présenté au Conseil de sécurité, qui aurait dénoncé certaines récentes actions d'Israël, dont le meurtre de plusieurs agents humanitaires des nations unies.

Douze pays ont voté en faveur du texte, la Bulgarie et le Cameroun s'abstenant. Soumis par la Syrie, le projet de résolution aurait en outre condamné la récente destruction "délibérée" par Israël d'un entrepôt du Programme alimentaire mondial (PAM) sur la rive occidentale, et invité les autorités israéliennes a respecter leurs obligations, en conformité avec les dispositions de la 4e Convention de Genève relative a la protection des civils en temps de guerre.

_15 décembre, Ramallah. Dans un entretien publié par le Sunday Times, Yasser Arafat critique Oussama Ben Laden qui n'a "jamais aidé" les palestiniens et agit "contre [leurs] intérets". "Je lui dit de cesser de se cacher derrière la cause palestinienne".

> NOVEMBRE

_29 novembre, Jérusalem, Le premier ministre Ariel Sharon, réélu à la tête de son parti le Likoud, promet de venger l'attentat au Kenya. Il est désormais bien placé pour se succéder comme premier ministre après les élections législatives anticipées du 28 janvier 2003, lors desquelles il affrontera le nouveau dirigeant travailliste Amram Mitzna. "Israël poursuivra ceux qui ont versé le sang de ses citoyens".#

_28 novembre, Beit Shean (nord de la Cisjordanie). Deux palestiniens attaquent, à la grenade et à l'arme automatique, un bureau de vote installé dans la ville, causant la mort de six israéliens. L'opération terroriste est revendiquée par les Brigades des martyrs d'Al-Aqsa.

_28 novembre, Mombasa (Kenya). Double attaque anti-israélienne perpétrée dans la ville côtière de Mombasa. Tandis qu'une voiture bourrée d'explosifs est lancée contre un hôtel, le Paradise, qui venait d'accueillir 140 touristes venus d'Israël, un avion charter israélien , avec 261 passagers à bord, échappe à deux tirs de missiles peu après avoir décollé de l'aéroport de Mombasa.

L'attentat qui a dévasté l'hôtel a tué 16 personnes: 9 Africains, trois Israéliens et trois kamikazes. Les deux attaques, qui n'ont pas été revendiquées, sont attribuées au réseau Al-Qaida de Ben Laden.

_25 novembre, Jérusalem. Le leader du Parti travailliste, Amram Mitzna, candidat au poste de premier ministre israélien, lance sa campagne sur la sécurité: "Nous devons combattre le terrorisme avec tous les moyens dont nous disposons. En refusant de lutter contre les terroristes, les dirigeants palestiniens actuels se rendent responsables de cette situation, Et je leur dis: "Faites quelque chose pour restaurer la confiance des Israéliens". Car l'intérêt d'Israël passe par la création d'un Etat palestinien".

Le programme du leader travailliste demande "l'évacuation immédiate et sans conditions des colonies de Gaza" et le "désengagement" d'Israël de Cisjordanie et de Jérusalem.

_23 novembre, Gaza. Un attentat-suicide palestinien perpétré en mer contre une vedette de l'armée israélienne, au large de la bande de Gaza fait quatre blessés israéliens, outre les deux kamikazes tués. L'attentat est revendiqué par le Jihad islamique.

_21 novembre, Jérusalem. Le nouveau chef du Parti travailliste israélien, Amram Mitzna, prône une reprise du dialogue avec les Palestiniens. "Nous devons combattre le terrorisme comme si nous n'avions personne à qui parler côté palestinien et chercher des partenaires à des discussions comme s'il n'y avait pas de terrorisme". Il reprenait à son compte une formule du premier ministre assassiné Itzhak Rabin, qui affirmait qu'il fallait "continuer le processus de paix comme s'il n'y avait pas de terrorisme et combattre le terrorisme comme s'il n'y avait pas de processus de paix".

_21 novembre, Jérusalem. En riposte à l'attentat-suicide de Jérusalem, l'armée israélienne réoccupe Bethléem - alors que des opérations sont toujours en cours à Naplouse et Hébron.
Les Etats-Unis réclament à Israël de la retenue dans ses opérations militaires afin d'éviter des victimes civiles palestiniennes.#

_21 novembre, Jérusalem. 11 personnes tuées, dont au moins un écolier, et 47 blessées par un kamikaze palestinien qui se fait exploser dans un autobus bondé à Jérusalem-ouest. Il s'agit de la 52e attaque contre des bus israéliens depuis le début de l'Intifada, fin septembre 2'000. Le ministre de la Sécurité intérieure, Uzi Landau, déclare que "la riposte d'Israël sera ferme". De son côté, le porte-parole du ministère des affaires étrangères indique que toute discussion sur le plan de paix élaboré par le quartette (Etats-Unis, Onu, Russie, Union européenne) est désormais exclue.

L'Autorité palestinienne de Yasser Arafat condamne "le meurtre d'innocents et l'opération menée à Jérusalem". Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies, lance une nouvelle fois un appel à toutes les parties pour qu'elles ne se laissent pas "aveugler par le fléau du terrorisme et poursuivent leurs efforts en vue de parvenir à la paix entre Israéliens et Palestiniens".

_17 novembre, Jérusalem. En représailles à l'attentat palestinien qui a coûté la vie à 12 soldats et colons israéliens, Ariel Sharon autorise la poursuite de la colonisation juive à Hébron. "Il faut exploiter la situation pour créer des faits accomplis sur le terrain qui permettront d'établir une continuité territoriale entre Kiryat Arba, le quartier d'habitation des colons de Hébron et le Caveau des patriarches", site vénéré par le judaïsme et l'islam, déclare le premier ministre israélien.
La colonie de Kiryat Arba (6'500 habitants) se trouve à deux kilomètres du quartier juif de Hébron, où vivent 600 colons, entourés de 120'000 Palestiniens.

_15 novembre, Hébron (Cisjordanie). 12 Israéliens dont 9 militaires tués - et 15 autres blessés - dans une embuscade tendue par des membres du Djihad islamique à un groupe de colons escorté par des soldats. Trois des terroristes ont été abattus dans la fusillade. Les colons, qui venaient de prier au caveau des Patriarches, un lieu saint à la fois juif et musulman, regagnaient à pied la colonie de Kiryat Arba qui jouxte la ville palestinienne.

Cette attaque est la plus sanglante depuis le début de l'Intifada. Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies, se dit "horrifié", et réitère son appel à tous les groupes palestiniens "pour qu'ils mettent un terme à ces actes de violence absurde", qui nuisent à la cause palestinienne.

_13 novembre, Jérusalem. Le premier ministre israélien, Ariel Sharon, reconnaît qu'un Etat palestinien constituait un "fait accompli" : "Tous les organes d'un Etat existent : il y a un président, un gouvernement, des ministres", souligne-t-il. Il se déclare opposé à l'expulsion du président de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat, préconisée par son rival, le chef de la diplomatie Benyamin Nétanyahou. "En fin de compte nous parviendrons à un accord et à la paix, car cela constituera la véritable réponse à la situation économique d'Israël".#

_10 novembre, kibboutz Metzer (nord d’Israël). Un Palestinien des Brigades d’Al-Aqsa (groupe qui se revendique du Fatah) pénètre à l’intérieur du village et tue cinq Israéliens, dont deux enfants de 4 et 5 ans.

_9 novembre, Jénine. Iyad Sawalha, 32 ans, l'un des responsables du Jihad islamique, tué par des soldats israéliens. Chef pour la région de Jénine des Brigades Al-Qods, branche armée du Jihad islamique, il était accusé d'avoir organisé une série d'attentats, qui ont coûté la vie à 31 personnes.

_5 novembre, Jérusalem. N’étant pas parvenu à former un nouveau gouvernement avec l’extrême-droite à la suite du retrait des ministres travaillistes, Ariel Sharon se résigne à dissoudre la Knesset (Parlement) et à organiser des élections générales anticipées, qui pourraient se tenir le 28 janvier 2003.

L’ancien premier ministre (1996 à 1999) Benyamin Nétanyahou, nouveau ministre des affaires étrangères d’un gouvernement de transition.

_2 novembre, Tel-Aviv. Quelque 100’000 personnes participent, place Rabin, à une manifestation commémorant l'assassinat du Premier ministre Yitzhak Rabin, il y a sept ans. Des messages enregistrés du roi Abdallah II de Jordanie, de l'ancien président américain Bill Clinton et du président égyptien Hosni Moubarak, sont diffusés sur un écran de télévision géant .

"Je suis honoré de vous parler d'un homme que mon père appelait mon frère", déclare le souverain jordanien. "Mes amis, si le Premier ministre Rabin était avec nous aujourd'hui, je crois qu'il aurait été consterné, choqué et même en colère en raison de la violence qui persiste dans notre région", ajoutant : "Mais je ne crois pas qu'il aurait été découragé car, comme il l'a reconnu il y longtemps, dans les deux camps, la majorité souhaite la paix [...]. Choisissons intelligemment, choisissons la paix".

_1er novembre, New York. Les kamikazes palestiniens et ceux qui les assistent sont des "criminels de guerre", accuse l'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW). "Les gens qui mènent des attentats-suicides ne sont pas des martyrs, ils sont des criminels de guerre, de même que ceux qui les assistent pour préparer ce genre d'attaquer". De fin septembre 2000 à fin août 2002, les kamikazes palestiniens ont tué, selon HRW, "415 Israéliens et autres civils et blessé 2'000 personnes".#

> OCTOBRE

_30 octobre, Jérusalem. Démission des ministres travaillistes, emmenés par le ministre de la défense, Benyamin Ben Eliezer, du gouvernement d'union nationale dirigé par Ariel Sharon. Les ministres s'opposaient au budget des colonies de peuplement israélienne en territoire palestinien, qu'Ariel Sharon refusait de réduire.

Cette démission "plonge Israël dans une crise politique", note Le Monde, qui écrit que le premier ministre israélien pourrait convoquer des élections générales anticipées.

-> Le Monde Israël et les colonies

_29 octobre, Hermesh (Cisjordanie). Un Palestinien s'infiltre dans la colonie israélienne de Hermesh et tue trois Israéliennes, dont deux fillettes, avant d'être abattu.

_29 octobre, Ramallah. Le Conseil législatif palestinien (CLP, Parlement) vote la confiance au nouveau cabinet présenté par Yasser Arafat. Le gouvernement précédent, formé en juin, avait été contraint de démissionner le 11 septembre pour éviter un vote de défiance du CLP.

Devant le Conseil, Yasser Arafat appelle à une "réconciliation" avec Israël et condamne les attentats contre des civils. Selon lui, les principaux objectifs de la nouvelle équipe gouvernementale seront l'établissement d'un Etat palestinien avec Jérusalem-Est pour capitale, la mise en route des réformes des institutions et la préservation de l'unité nationale.

_27 octobre, Ariel. Trois militaires israéliens tués dans un attentat-suicide commis à l'entrée de la colonie d'Ariel (nord de la Cisjordanie). 17 Israéliens ont été blessés, dont trois grièvement.

_25 octobre, Jénine. En riposte à l'attentat-suicide du 21 octobre, l'armée israélienne réoccupe la ville de Jénine. L'opération a pour but de démanteler un "vaste réseau terroriste projetant d'exécuter des attaques contre des citoyens et des soldats israéliens".

_21 octobre, Karkour. 14 personnes tuées et une cinquantaine blessées dans un attentat palestinien à la voiture piégée perpétré contre un bus, dans le nord d'Israël. L'attentat est revendiqué par la branche armée du mouvement palestinien Jihad islamique.

Yasser Arafat condamne l’attentat et rappelle qu'il est opposé "aux crimes contre des civils des deux côtés". Un conseiller du Premier ministre israélien Ariel Sharon affirme que le président de l'Autorité palestinienne en porte la responsabilité, "directement ou non".

_17 octobre, Rafah. Des blindés israéliens ouvrent le feu en pleine zone urbaine, dans le sud de la bande de Gaza, tuant huit personnes [dont une fillette de 4 ans et une femme de 70 ans] et en blessant une quarantaine d'autres. Le 16 octobre, 16 palestiniens, dont neuf enfants, avaient déjà été blessés par des tirs de chars.#

Kofi Annan appelle le gouvernement israélien "à mettre un terme à [ses] activités militaires dans des zones densément peuplées et à respecter ses obligations, en vertu du droit humanitaire international, selon lesquelles il doit prendre des mesures particulières pour protéger la population civile". Il réitère son appel à l'intention des deux parties pour qu'elles mettent un terme à tous les actes de violence et de provocation.

Depuis le début du mois d'octobre, plus de 50 Palestiniens ont été tués, y compris 15 enfants et 3 femmes, et près de 300 personnes ont été blessées, la majorité d'entre elles étant des civils, à la suite d'actions militaires israéliennes.

_7 octobre, Nations unies. Kofi Annan déplore l'attaque perpétrée par les forces militaires israéliennes contre des quartiers civils de la ville de Khan Younes, dans le sud de la bande de Gaza. L'incident a fait au moins 14 morts et plusieurs dizaines de blessés palestiniens.

De tels actes, qui n'ont aucune justification juridique ou morale, ne sont pas de nature à contribuer à promouvoir la sécurité d'Israël, affirme le secrétaire général des Nations unies. Au contraire, ils ne font que provoquer une nouvelle escalade de la violence, tout en intensifiant le sentiment de vulnérabilité et d'insécurité parmi les Israéliens et les Palestiniens.

_1er octobre, Ramallah. L'armée israélienne reprend position face à ce qui reste du QG de Yasser Arafat et poursuit ses raids en Cisjordanie, où elle a arrêté une quarantaine de Palestiniens.

> SEPTEMBRE

_29 septembre, Ramallah. L'armée israélienne lève le siège du QG de l'Autorité palestinienne. Tous les véhicules militaires israéliens déployés à l'intérieur du quartier général de Yasser Arafat évacuent les lieux.

_24 septembre, Washington. "Je pense que les actions entreprises par les Israéliens n'aident pas à l'établissement et au développement des institutions nécessaires à l'émergence d'un Etat palestinien", déclare le président Bush.

_24 septembre, Nations unies. Quatorze des quinze membres du Conseil de sécurité, les Etats-Unis s'étant abstenus, votent une résolution demandant qu'Israël lève le siège du QG du président de l'Autorité palestinienne Yasser Arafat à Ramallah.#

Dans sa résolution, le Conseil de Sécurité se dit "gravement préoccupé" par la situation à Ramallah et demande "la fin immédiate" de la "réoccupation du QG du président de l'Autorité palestinienne dans cette ville" de Cisjordanie. La résolution adoptée requiert d'Israël qu'il "arrête immédiatement les mesures prises dans la ville et autour de Ramallah, en particulier la destruction de l'infrastructure civile et sécuritaire palestinienne".

-> La Résolution des Nations unies                 -> Le discours de Kofi Annan

Israël décide néanmoins de poursuivre ses opérations militaires et de ne pas tenir compte de la résolution des Nations unies.

_22 septembre, Ramallah. L'armée israélienne interrompt les travaux de destruction qu'elle menait depuis trois jours dans le QG de l'Autorité palestinienne. Le siège de poursuit pour "amener" Yasser Arafat "à décider lui-même de partir".

A Washington, un porte-parole de la Maison Blanche estime que ce siège "ne contribue pas à réduire le terrorisme ou à promouvoir les réformes palestiniennes".

_19 septembre, Tel-Aviv. Un attentat-suicide palestinien dans un bus de Tel-Aviv fait six morts, outre le kamikaze, et 66 blessés. Il est revendiqué par la branche armée du mouvement islamiste Hamas, les Brigades Ezzedine al-Qassam.

En représailles, l’armée israélienne encercle le QG de l'Autorité palestinienne, à Ramallah, réimpose le couvre-feu dans les villes de Cisjordanie réoccupées depuis juin, et intervient dans la bande de Gaza.

_17 septembre, New York. Les membres du "Quartet" diplomatique sur le Moyen-Orient présentent un plan en trois étapes destiné à contribuer au règlement global du conflit israélo-palestinien d'ici trois ans.

-> Plus d’information

_ 12 septembre, Nations unies. "Au Proche-Orient, il ne peut y avoir de paix pour aucune partie sans liberté pour les deux parties. L'Amérique reste engagée en faveur d'une Palestine indépendante et démocratique, vivant au côté d'Israël en paix et en sécurité [...]. Mon pays continuera à encourager toutes les parties à tenir leurs responsabilités pendant que nous recherchons un règlement juste et intégral du conflit", déclare le président américain Bush devant l'Assemblée générale des Nations unies.#

_11 septembre, Ramallah. La démission du gouvernement palestinien, pour prévenir un vote de défiance du Conseil législatif, "constitue un grave revers pour Yasser Arafat", note Le Monde [13.09.2002].

_9 septembre, Jérusalem. Le ministre de l'intérieur, l'ultra-orthodoxe Eli Yishai, signe un décret retirant sa citoyenneté à Nahad Abou Kishak, un Arabe israélien de 24 ans, accusé d'activisme au sein de l'aile militaire du Mouvement de la résistance islamique (Hamas). C'est la première fois dans l'histoire du pays qu'un Israélien est déchu de sa nationalité.

Le jeune homme serait responsable de la préparation d'attentats-suicides ayant provoqué la mort de plusieurs Israéliens. Il aurait, selon l'accusation, utilisé sa carte d'identité israélienne pour circuler entre Israël et la Cisjordanie et fait entrer des explosifs en Israël.

_9 septembre, Ramallah. Yasser Arafat condamne devant le Conseil législatif palestinien (parlement) "toutes les formes de terrorisme", qu'elles soient le fait d'Etats, de groupes ou d'individus". Le chef de l'Autorité palestinienne se dit prêt à "participer à tout effort d'éradication du terrorisme international, dans le cadre des Nations unies et du droit international".

_6 septembre, Jérusalem. Pour Israël, les accords d'Oslo avec les Palestiniens et les propositions avancées à Camp David et à Taba "n'existent plus", déclare Ariel Sharon dans une interview publiée par le quotidien Maariv.

"Oslo n'existe plus, Camp David n'existe plus, ni Taba. Nous ne retournerons pas dans ces endroits. Depuis le début, l'objectif d'Arafat était de provoquer la fin d'Israël. Il y a eu des gens naïfs, ou des gens qui ont voulu se leurrer ou se sont trompés dans leurs évaluations". [...] "Le problème est plus fondamental que celui du terrorisme. Il procède du refus des Arabes et des Palestiniens de reconnaître au peuple juif le droit d'exister dans son Etat et sa patrie".

Selon le premier ministre israélien, "les Palestiniens étaient convaincus que nous étions incapables de tenir le coup. Mais le fait est là: nous n'avons pas été brisés, et s'ils en avaient les moyens, [les Palestiniens] neutraliseraient Arafat et l'empêcheraient d'exercer son influence sur leurs services de sécurité et sur leurs finances".

[Les accords d'Oslo, conclus en 1993, prévoyaient la reconnaissance mutuelle d'Israël et de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), la fin du recours à la violence, et l'instauration d'une autonomie palestinienne en Cisjordanie et dans la bande de Gaza pendant une période intérimaire de cinq ans, avant la création d'un Etat palestinien. Les rencontres de Camp David en juillet 2000, suivies de celles de Taba en décembre 2000 et janvier 2001, visaient à un règlement permanent en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Elles devaient notamment arrêter le tracé des frontières d'un futur Etat palestinien, résoudre le problème des réfugiés, le statut de Jérusalem et le partage de l'eau, mais ont échoué.]

_3 septembre. La Cour suprême d'Israël donne son feu vert à l'expulsion pour deux ans vers Gaza de deux Palestiniens de Cisjordanie accusés d'être complices d'auteurs d'attentats. Les juges refusent de confirmer, "faute de preuves", l'expulsion d'un troisième Palestinien.#

"C'est la première fois depuis neuf ans, écrit Le Monde [5.09.2002] que la Cour suprême accepte une demande d'expulsion, signe supplémentaire de la grave dégradation des relations israélo-palestiniennes après deux ans d'Intifada. C'est également la première fois que la Cour accepte l'expulsion de personnes proches des terroristes, une sanction jusqu'ici limitée à ceux qui perpétraient le crime. C'est aussi la première fois, que les juges refusent une des demandes d'expulsion présentées par l'armée." Les juges indiquent en effet que " l'on ne peut assigner à résidence un proche innocent qui ne représente pas un danger [...], même s'il est prouvé que cette [mesure] peut dissuader d'autres [personnes] de perpétrer des actes terroristes".

La Cour a fondé sa décision sur l'article 78 de la Convention de Genève qui stipule que "le pouvoir occupant" est en droit de prendre des mesures d'"assignation à résidence ou d'internement" contre ceux qui posent un danger pour la sécurité des habitants du territoire.

Les juges ont souhaité trouver un équilibre entre les droits de l'homme et les préoccupations sécuritaires. "Les droits de l'homme ne peuvent pas être préservés comme si le terrorisme n'existait pas, et les impératifs de sécurité ne peuvent pas être préservés comme si les droits de l'homme n'existaient pas".

_1er septembre, Hébron. Douze civils Palestiniens, dont des enfants, tués en Cisjordanie et à Gaza au cours de trois opérations menées fin août par l'armée israélienne. Le chef de l'Etat, Moshe Katsav, demande à l'armée d'ouvrir une enquête [ce qui a été annoncé le 2 septembre par le ministre de la défense].

Ces morts portent à 2.492 le nombre de tués depuis le début de l'Intifada, il y a 23 mois, dont 1.829 du côté palestinien et 602 du côté israélien.

> AOUT  

_31 août, Elseneur (Danemark). Le chef de la diplomatie danoise Per Stig Moeller présente, au nom de l'Union européenne (UE), un nouveau plan de paix qui préconise l'établissement d'un Etat palestinien doté de frontières provisoires en août 2003, avant la création, en juin 2005, d'un Etat palestinien indépendant. #

_31 août, Ramallah. Le chef politique du Mouvement de la résistance islamique (Hamas), Hassan Youssef, âgé d'une cinquantaine d'années, et deux de ses gardes du corps armés, arrêtés par des soldats israéliens alors qu'ils se cachaient dans une maison d'El Bireh, près de Ramallah en Cisjordanie. Plusieurs responsables du bras armé, les Brigades Ezzedine al-Qassam, ont été arrêtés ou tués ces derniers mois

_29 août, Jérusalem. "Regrets" d'Israël après la mort, la veille à Gaza, de quatre civils palestiniens "innocents", tués par des tirs d'obus de chars israéliens. Le mouvement Hamas annonce qu'il va venger ces morts.

_25 août, Jérusalem. Le ministre de la Défense Binyamin Ben Eliezer écarte un retrait prochain de la ville palestinienne de Hébron, en Cisjordanie. "L'armée ne peut se retirer d'une zone que si elle a reçu au préalable l'assurance que le calme y règnera et que les choses y seront prises en main", par l'Autorité palestinienne, ce qui "n'est toujours pas le cas à Hébron".

_22 août, Paris. Une délégation palestinienne présente les grandes lignes du plan de réformes économiques, financières, juridiques et sécuritaires, annoncé le 26 juin par l'Autorité palestinienne.

En moins de cent jours, note le quotidien Le Monde, les réformes engagées ont touché quatre domaines : financier, avec la centralisation de la gestion par une seule et même institution financière de la totalité des ressources de l'Autorité palestinienne, de manière à couper court à toute possibilité de détournement de fonds et de corruption; législatif, avec la promulgation d'une loi sur l'indépendance de la justice et d'une Loi fondamentale qui tient lieu de Constitution et dont le pivot est la séparation des pouvoirs; le troisième volet concerne les questions de sécurité, avec l'unification de tous les organes qui en sont chargés sous la direction du seul ministère de l'intérieur, et le contrôle de leurs finances par le pouvoir central; le quatrième chapitre, le plus important aux yeux des Palestiniens, porte sur l'organisation d'élections : présidentielle, législatives et municipales [Le Monde, 25-26.08.2002].

_21 août, Jérusalem. Dans un entretien publié par le quotidien Haaretz, le général Dan Haloutz, chef de l'armée de l'air, appelle à juger des pacifistes de son pays. Il demande que soient déférés en justice les militants du Gouch Shalom (Bloc pour la paix). "Nous sommes en démocratie, chacun est en droit d'exprimer son opinion, mais pas d'être un traître, considère-t-il. Il faut trouver l'article correspondant dans la loi et déférer devant un tribunal [cette] minorité négligeable [d'Israéliens], des gens qui ne sont pas même des marginaux, mais se situent hors marges de l'Etat d'Israël".#

_19 août, Bethléem. La police palestinienne reprend le contrôle de la ville après le départ des troupes israéliennes. "Le chapitre des militants armés dans la ville est terminé et la police est là, affirme Hanna Nasser, maire de Bethléem. "L'Intifada armée était une erreur, ajoute-t-il. Il faut poursuivre la lutte contre l'occupant, mais de manière pacifique en manifestant avec les Israéliens qui sont favorables à la paix. On doit changer de méthode."

_18 août, Jérusalem. Israéliens et Palestiniens approuvent un plan visant à alléger l'emprise de l'armée israélienne sur la bande de Gaza et la ville de Bethléem. Le plan prévoit un retrait graduel de zones réoccupées depuis le début de l'Intifada, il y a près de deux ans, où la sécurité palestinienne serait chargée de maintenir le calme et d'empêcher des attaques. Israël s'engage, pour sa part, à "tout faire pour améliorer la situation de la population palestinienne, et en particulier des civils, et dans le domaine humanitaire".

Les principaux groupes armés palestiniens, responsables d'attentats anti-israéliens, rejettent ce plan et appellent à poursuivre la lutte contre Israël.

_17 août, Paris. Le quotidien Le Monde relève que l'attentat qui, le 31 juillet, a fait neuf morts à l'université hébraïque du Mont Scorpus à Jérusalem a été publiquement critiqué par le président de l'université palestinienne de Bir Zeit, Hanna Nasser.

"S'adressant à ses compatriotes, parce que les choses en sont arrivées à un point où selon lui il n'est plus possible de se taire, Hanna Nasser estime que de tels actes sont totalement injustifiés et que les Palestiniens "ne doivent en aucun cas riposter aux attaques barbares de l'oppresseur israélien par des actes du même genre". Les Palestiniens, dit-il, ne doivent pas "perdre leur humanité".

-> La déclaration d’Hanna Nasser

_15 août, Washington. Les Etats-Unis ne peuvent pas se permettre "le luxe de ne rien faire" à propos de l'Irak, déclare Condoleeza Rice, conseillère du président Bush pour la sécurité nationale. Le président irakien Saddam Hussein est "un homme diabolique qui, laissé à lui-même, causera des ravages parmi sa population, ses voisins et, s'il arrive à se procurer des armes de destruction massive et les moyens de les utiliser, parmi l'ensemble d'entre nous".

"Cela justifie, d'un point de vue moral, un changement de régime", estime-t-elle, tout en soulignant que le président George W. Bush n'avait pas encore décidé "comment y parvenir".#

_14 août, Le Caire. Le Grand Mufti d'Egypte, cheikh Mohamed Ahmed Al-Tayeb, affirme que les attentats-suicides sont "le seul moyen de lutte dont disposent les Palestiniens actuellement" et qu'il ne peut donc les condamner. "Nous avons une armée très forte (l'armée israélienne) et un peuple (palestinien) très faible, et ce peuple n'a pas trouvé d'autre moyen de se défendre [...] donc on ne peut pas dire qu'il ne faut pas le faire", ajoute-t-il, dans un entretien avec l'Agence France-Presse

La position exposée par le mufti d'Egypte - un religieux modéré nommé par le président égyptien Hosni Moubarak - est en décalage avec celle du gouvernement égyptien qui condamne par principe la violence contre les civils.

_14 août, Tel-Aviv. Israël inculpe de meurtre Marwan Barghouthi, le responsable palestinien le plus important jamais traduit devant un tribunal civil israélien. Le chef du Fatah en Cisjordanie répond de "meurtres, complicité de meurtre, tentatives de meurtre, participation à une organisation terroriste, détention d'armes et d'explosifs", pour lesquels il encourt la prison à vie. Il est aussi accusé de diriger les Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, un groupe armé lié au Fatah de Yasser Arafat, responsable d'attentats sanglants anti-israéliens.

_13 août, Cisjordanie. L'armée israélienne détruit deux maisons d'auteurs d'attentats-suicides. Ces démolitions sont "un message aux kamikazes et à leurs commanditaires et comparses" dans un but "dissuasif", indique l'armée. Par ailleurs, un tribunal militaire ordonne l'expulsion de trois Palestiniens de Cisjordanie vers la bande de Gaza pour soutien à des proches, auteurs d'attentats.

_13 août, Jérusalem. Les organisations palestiniennes Hamas et Jihad islamique annoncent leur intention poursuivre leurs attaques. Mohammed al-Hindi, un des chefs du Jihad islamique, indique que son groupe "continuera de résister à l'occupation" [israélienne], même s'il parvient "à un accord" avec l'Autorité palestinienne.

Le 12 août, Zakaria al-Agha, chef du Fatah pour la bande de Gaza, avait annoncé que son mouvement, dirigé par le président Yasser Arafat, "limiterait ses opérations aux territoires occupés par Israël en 1967". Mais, les Brigades des martyrs d'Al Aqsa, groupe armé lié au Fatah, avaient ensuite précisé qu'elles cesseraient leurs opérations en territoire israélien si "Israël se retire des territoires palestiniens, libère les détenus et met un terme à l'assassinat des dirigeants palestiniens".

_8 août, Washington. Une délégation palestinienne dirigée par Saeb Erakat reçue à la Maison Blanche par la conseillère à la sécurité, Condoleezza Rice, qui réaffirme la volonté des Etats-Unis de vouloir la création d'un Etat palestinien en vue d'un futur règlement de paix.#

_8 août, Jérusalem. Avec l'accord d'Ariel Sharon, le ministre de l'intérieur, Elie Yishaï, se propose d'appliquer aux Arabes israéliens - qui constituent 19% de la population – une loi qui l'autorise à déchoir de sa nationalité toute personne qui porte atteinte à la sécurité de l'Etat. la décision de M. Yishaï, note Le Monde, provoque un vif débat au sein de la classe politique et intellectuelle en israël.

_4 août, Jérusalem. En moins de 24 heures, les Israéliens ont subi six attaques palestiniennes qui ont fait 12 morts et 85 blessés. L'attentat le plus grave, commis dans un bus qui assure la liaison entre Haïfa et Safed, une des quatre cités saintes du judaïsme, fait 9 morts et 52 blessés. Il est attribué à la branche militaire du Hamas.

_1er août, New York. Dans un rapport sur les événements qui ont endeuillé le camp palestinien de Jénine (en avril 200, lors de l'opération Mur de protection lancée par Israël en Cisjordanie), les Nations unies fournissent une synthèse des "informations disponibles" sur l'occupation du camp par l'armée israélienne.

Le rapport, qui énumère une série de violations du droit international attribuées à l'armée israélienne et dans une moindre mesure aux Palestiniens, évite soigneusement d'utiliser le terme de "massacre". Etabli sur la base d'informations collectées par des ONG, des Etats membres, la presse et le personnel des Nations unies, le document dresse un bilan de 52 morts palestiniens, dont une moitié de civils, et de 23 morts parmi les soldats israéliens.

-> Le rapport de Kofi Annan

> JUILLET   

_31 juillet, Jérusalem. Un attentat à l'explosif fait 7 morts (deux Israéliens, cinq américains et un Français) et 86 blessés sur le campus de mont Scopus de l'université hébraïque de Jérusalem. Cette riposte du Hamas à l'attaque israélienne du 22 juillet à Gaza se veut un "message clair" aux étrangers à quitter les lieux, note le quotidien Le Monde.

"Il s'agit à l'évidence d'assassins qui haïssent le concept même de paix et sont de ce fait amenés à porter leur haine au coeur de tout, y compris au sein de l'université, déclare le président américain Bush, qui promet de "continuer à œuvrer pour mettre en place les institutions nécessaire pour faciliter la création d'un Etat [palestinien] pouvant vivre en paix avec Israël".

_28 juillet, Hébron et Ramallah. Deux palestiniens, dont une adolescente, tués par des colons en colère à Hébron, et un troisième près de Ramallah par des soldats israéliens qui ont ouvert le feu sur des lanceurs de pierres.#

_26 juillet, Paris. Le Monde : "Vingt-deux mois après le début de l'Intifada, le processus de paix est moribond et les perspectives de création d'une nation indépendante sont en miettes. L'économie est en ruine et la population cherche à survivre alors que Tsahal occupe sept des huit villes de Cisjordanie". Le quotidien note que les "deux tiers des Palestiniens vivent au-dessous du niveau de pauvreté, fixé à 2,50 dollars par jour".

1'649 Palestiniens, dont 311 enfants de moins de 18 ans, ont été tués entre le 29 septembre 2000, date du début de l'Intifada, et fin mai 2002, indique le Centre palestinien pour les statistiques. Selon un bilan établi par l'armée israélienne, 577 Israéliens ont été tués au cours des 22 mois d'Intifada lors d'attaques ou d'attentats palestiniens : 399 civils, dont des colons et une trentaine d'étrangers, ainsi que 178 militaires.

_26 juillet, Hébron. Un couple de colons israéliens et leur petite fille, ainsi qu'un autre colon, tué et un quatrième grièvement blessé dans une embuscade tendue par des Palestiniens. Les Brigades des martyrs s'Al-Aqsa revendiquent l'attentat.

_25 juillet, Jérusalem. La Knesset, parlement israélien, vote deux lois d'exception relatives au conflit avec les palestiniens. La première, qui interprète largement la notion d'"activité en période de guerre", limite le droit des palestiniens à présenter une plainte pour des dommages causés par l'armée israélienne au cours de la première Intifada (19876-1993). La seconde exempte de l'armée les orthodoxes qui étudient dans les écoles talmudiques.

_23 juillet, Etats-Unis et Europe. Le secrétaire général des Nations unies Kofi Annan "déplore" le raid israélien mené dans la bande de Gaza, rappelant qu'"Israël a la responsabilité légale et morale de prendre toutes les mesures possibles afin d'éviter la perte de vies innocentes". Mary Robinson, la haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, rappelle que "le droit international dans le domaine des droits de l'homme et du droit humanitaire interdit formellement de prendre des civils pour cible, quelle que soit l'importance militaire de l'objectif visé".

Mary Robinson, qui a fermement condamné les attaques suicides contre des civils israéliens, exhorte Israël à ne "pas renoncer à ses normes et à ses valeurs fondamentales, même lorsque sa population civile est confrontée à de sérieuses menaces pour sa sécurité".

A Washington, le président Bush condamne une action à la "main lourde" et regrette "les pertes de vies innocentes". "Il s'agissait d'une attaque délibérée sur un site où se trouvaient des civils. Elle ne contribue pas à la paix", ajoute Ari Fleischer, porte-parole de la Maison Blanche.

Au nom de l'Union européenne (UE), le Danemark réaffirme que "l'UE et la communauté internationale dans son ensemble ont rejeté de manière constante les méthodes israéliennes de meurtres extrajudiciaires", observant "que ni ces actions, ni d'autres, causant des dommages sans discrimination aux civils, n'apporteront de sécurité au peuple israélien".#

-> Le Monde     La faute à Sharon

_22 juillet, Gaza. Quinze personnes, dont le chef de la branche armée (les Brigades Ezzedine al-Qassam) du mouvement islamiste Hamas, Salah Chéhadé, 50 ans, et huit enfants, tuées dans un raid mené par un chasseur-bombardier israélien. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Gideon Meïr affirme qu'Israël "regrette que des innocents aient été tués lors de cette opération".

Le Hamas menace de passer "aux actes" pour riposter à l'attaque, son fondateur et dirigeant spirituel cheikh Ahmed Yassine le qualifiant de "boucherie". Nabil Abou Roudeina, conseiller de Yasser Arafat, annonce l'intention de l'Autorité palestinienne de porter cette affaire devant la Cour pénale internationale. "Nous allons demander à la CPI un procès rapide pour crime contre l'humanité commis [...] par les forces d'occupation".

_19 juillet, Jérusalem. Israël envisage l'expulsion des familles des auteurs des attentats terroristes dans la bande de Gaza. La proposition d'Ariel Sharon, à laquelle s'est opposé Elyakim Rubinstein, conseiller juridique du gouvernement, provoque de très vives réactions dans la communauté internationale. Kofi Annan, le secrétaire général des Nations unies, estime que "l'autodéfense ne peut justifier des mesures qui s'apparentent à des punitions collectives". La Convention de Genève de 1949 interdit les transferts forcés de population civile et les peines collectives.

Pour Elyakim Rubinstein, le gouvernement israélien ne peut procéder à des expulsions que s'il existe des "preuves tangibles de l'implication directe" des personnes concernées dans un attentat.

_20 juillet, Jérusalem. Nouvelle rencontre entre Israéliens et Palestiniens. "La rencontre a porté sur les vrais problèmes, nous avons évité de part et d'autre la polémique et il y aura d'autres rencontres de ce genre dans la semaine", déclare le ministre israélien des Affaires étrangères Shimon Pérès. Il ajoute. "Nous avons réaffirmé que l'armée israélienne n'a pas l'intention de rester dans les secteurs (de Cisjordanie)".

_17 juillet, New York. "Nous nous sommes engagés à continuer nos efforts pour rendre réelle la vision de la coexistence dans la paix et la sécurité de deux Etats, Israël et une Palestine indépendante, viable et démocratique", déclare Kofi Annan à l'issue d'une réunion de avec les membres du "Quartet" diplomatique pour le Moyen-Orient.

Les participants aux discussions - le secrétaire d'Etat américain Colin Powell, le ministre russe des affaires étrangères Igor Ivanov, le responsable aux affaires extérieures de l'Union européenne (UE) Javier Solana - se prononcent en faveur d'un règlement global de la crise israélo-palestinienne, et précisé qu'un tel objectif pourrait être atteint en trois ans.

Kofi Annan, qui rappelle que les Nations unies entendent "continuer à travailler" avec Yasser Arafat "jusqu'à ce que les palestiniens en décident autrement", exhorte la partie israélienne à adopter des mesures concrètes pour faciliter l'émergence d'un Etat palestinien viable, y compris le retrait des forces israéliennes et la suspension des activités en matière de colonies de peuplement.

_17 juillet, Tel-Aviv. Deux kamikazes se font sauter dans une rue du centre ville, tuant trois passants (un Israélien et deux travailleurs immigrés) et en blessant plus de 32 autres, dont 4 grièvement. L'attentat est revendiqué par le Djihad islamique.

L'Autorité palestinienne condamne cet attentat, comme elle "condamne les opérations visant des civils, qu'ils soient palestiniens ou israéliens". Le président Bush dénonce une "violence terroriste dirigée contre les Israéliens", ajoutant que ces attaques "visent aussi nos efforts pour redonner l'espoir au peuple palestinien."#

_16 juillet, nord de la Cisjordanie. Sept Israéliens tués (dont un bébé et un adolescent), 19 autres blessés, dont huit grièvement, dans une embuscade palestinienne contre un bus de colons en Cisjordanie. Trois groupes armés palestiniens revendiquent la responsabilité de l'attentat.

_12 juillet, Jérusalem. Le procès de Marwan Barghouthi, le chef du Fatah pour la Cisjordanie, et celui de quatre autres "chefs terroristes" - arrêtés lors de l'opération "Rempart" de l'armée israélienne en Cisjordanie (29 mars-10 mai) - se tiendra devant un tribunal civil et non militaire annonce le ministère israélien de la Justice dans un communiqué.

_11 juillet, Gaza. Amnesty International condamne les attaques palestiniennes contre des civils en Israël et dans les territoires occupés. L'organisation de défense des droits de l'homme affirme que les "meurtres délibérés de civils israéliens par des groupes armés palestiniens relèvent des crimes contre l'humanité".

Au moins 350 civils, presque tous Israéliens, ont été tués dans plus de 128 attaques menées par des organisations palestiniennes ou par des Palestiniens agissant à titre individuel depuis le début de l'Intifada, en septembre 2000, indique le rapport remis au gouvernement israélien. "Quelle que soit la cause pour laquelle les gens se battent, il ne peut jamais y avoir de justification à des attaques directes contre des civils", rappelle Amnesty, qui exhorte "l'Autorité palestinienne à arrêter et à déférer en justice ceux qui ordonnent, préparent ou commettent des attaques contre les civils".

-> Le rapport d’Amnesty International

11 juillet, Jérusalem. Le nouveau chef d'état-major de l'armée israélienne, le général Moshé Yahalon, se dit opposé à ce qu'Israël expulse Yasser Arafat. "Ce serait une erreur d'expulser Arafat, car on renforcerait sa position internationale au lieu de l'affaiblir". Un tel acte, ajoute-t-il, lui "rendrait la légitimité internationale qu'il a perdue".

_9 juillet. La refonte des services de la Sécurité palestinienne par Yasser Arafat provoque des remous. "Exigée par Washington, la réforme de la police palestinienne suscite une fronde interne et marginalise le raïs", écrit Libération qui note que cette crise "accélère l'émergence d'une direction alternative". Mais, ajoute Le Monde, "si la réorganisation des services de sécurité semble avancer, le projet d'élections générales début 2003 paraît relever de l'utopie aussi longtemps que durera la réoccupation par Israël des zones autonomes palestiniennes".#

-> Libération     Eviction par étapes

_8 juillet, Jérusalem. Israël reprend ses contacts avec l'Autorité palestinienne suspendus depuis plus de deux mois. Le ministre palestinien des finances, Salam Fayad, a rencontré le chef de la diplomatie israélienne Shimon Pérès

_5 juillet, Jérusalem. Depuis le 19 juin, date du début de l'opération "Voie ferme", l'armée israélienne occupe sept des huit villes autonomes de Cisjordanie - occupation qui pourrait durer jusqu'aux élections générales de janvier 2003.

Près d'un million de Palestiniens sont soumis à un couvre-feu. Des organisations humanitaires lancent un cri d'alarme, qualifiant la situation d'explosive. Deux tiers de la population, note Le Monde, vivent désormais au-dessous du seuil de la pauvreté.

_4 juillet, Jérusalem. Lors d'un discours dans une synagogue de Tel-Aviv, le ministre israélien Effi Eitam [extrême droite, sans portefeuille], chef du Parti national religieux (5 députés), a appelé à tuer Yasser Arafat ainsi que le chef du Fatah en Cisjordanie, Marwan Barghouthi, actuellement détenu en Israël, rapporte le quotidien Maariv.#

Marwan Barghouthi, 43 ans, membre du Conseil législatif (Parlement) palestinien, a été arrêté le 15 avril à Ramallah par l'armée israélienne, qui l'accuse de diriger les Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, groupe armé proche du Fatah, le mouvement du président Arafat.

_3 juillet, Paris. La Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH) et Médecins du Monde (MDM) publient un rapport accusant Israël d'"infractions graves du droit international humanitaire et des droits de l'homme", lors de son opération militaire d'avril à Naplouse.

Les deux organisations affirment avoir constaté de nombreuses violations de la IVe Convention de Genève sur la protection des personnes civiles en temps de guerre, ratifiée par Israël: "entraves à l'accès aux soins; mauvais traitements infligés à des blessés; atteintes à la vie et à l'intégrité corporelle des personnes protégées; atteintes à la dignité des personnes".

> JUIN   

_30 juin, Washington. "Tant qu'il n'y aura pas un changement dans la direction (palestinienne), il n'y aura pas de progrès vers la paix", déclare Condoleeza Rice, conseillère du président George W. Bush pour la sécurité nationale, lors d'un entretien accordé à la chaîne de télévision NBC, ajoutant: "Nous ne pouvons avoir la paix avec la direction actuelle parce qu'elle n'a montré aucun désir de l'obtenir".

_29 juin, Hébron. L'armée israélienne détruit à l'explosif le QG de l'Autorité palestinienne à Hébron après un siège de près de cinq jours, provoquant la mort de 15 Palestiniens (selon Israël, des membres du Tanzim, un groupe armé lié au mouvement Fatah de Yasser Arafat )

Hébron est l'une des sept grandes villes palestiniennes réoccupées par l'armée depuis le 19 juin. Outre Hébron, Israël occupe les villes de Naplouse, Bethléem, Tulkarem, Kalkiliya, Jénine et Ramallah.

_25 juin, Bruxelles. Javier Solana, haut représentant pour la politique extérieure de l'Union européenne (UE) réaffirme qu'une conférence internationale sur le Proche-Orient est "plus que jamais nécessaire". L'UE, souligne-t-il, "partage le même objectif fondamental" que les Etats-Unis au Proche-Orient: "la perspective de deux Etats vivant côte à côte dans la paix et la sécurité", ajoutant: "Nous sommes d'accord sur deux conditions de base pour atteindre cet objectif: la fin du terrorisme et la fin de l'occupation".#

_21 juin, Séville. Les pays de l'Union européenne apportent leur soutien "aux réformes de l'Autorité palestinienne et [leur] disposition à aider les Palestiniens à organiser des élections libres et démocratiques qui leur donnent l'opportunité de choisir leurs dirigeants".

_24 juin, New York. Dans un communiqué de presse publié à la suite de la déclaration du président Bush, Kofi Annan invite une nouvelle fois dirigeants israéliens et palestiniens a "trouver le courage et la volonté politique pour parvenir dans les trois prochaines années a remplacer l'occupation israélienne de 1967 par un règlement négocié qui permettra a deux Etats de vivre cote a cote en paix et en sécurité".

_24 juin, Washington. George Bush dévoile un plan de paix pour le Proche-Orient fondé sur l'instauration d'un Etat palestinien provisoire sans Yasser Arafat à sa tête, et sur un règlement définitif de la question d'ici trois ans. "Lorsque le peuple palestinien disposera de nouveaux dirigeants, sera doté de nouvelles institutions et passera de nouveaux accords de sécurité avec ses voisins, les Etats-Unis apporteront leur soutien à la création d'un Etat palestinien", déclare le président américain.

-> Bush : la Palestine, sans Arafat
-> Le Monde    Bush et la Palestine          -> Libération    Hypothétique Etat

Bush : la Palestine, sans Arafat
Le Monde Bush et la Palestine    Libération Hypothétique Etat

Le ministre (travailliste) de la défense israélien Benyamin Ben Eliezer se félicite de la "vision historique" de George Bush. Saëb Erekat, l'un des principaux négociateurs palestiniens, rappelle aux Etats-Unis qu'ils n'ont pas le pouvoir de parachuter des dirigeants palestiniens.

_21 juin, Washington. Le président américain Bush justifie le droit d'Israël à riposter aux attentats "atroces" et "reconnais pleinement le droit d'Israël à l'autodéfense".

_21 juin, Jérusalem. Israël décide de réoccuper "aussi longtemps que nécessaire" les principales villes autonomes palestiniennes.

_20 juin. Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies, affirme devant le Conseil de sécurité que le Moyen-Orient restait une région "dangereusement instable" et, en l'absence d'un processus politique soutenu, en proie aux agissements des groupes hostiles à la paix.

_20 juin, Cisjordanie. L'armée israélienne réoccupe la zone autonome palestinienne de Ramallah, au nord de Jérusalem, ainsi qu'à Bethléem, où elle prend position près de la Basilique de la Nativité et dans le camp de réfugiés de Dheisheh.#

_19 juin, Jérusalem. Un palestinien fait exposer la bombe qu'il porte sur lui devant un arrêt de bus, au carrefour dit de French Hill, dans le nord de Jérusalem. L'attentat, revendiqué par les Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, cause la mort de 6 personnes et en blesse une trentaine d'autres. Raids de représailles d'hélicoptères de combat israéliens dans la bande de Gaza.

_19 juin, Jérusalem. Dans un texte publié dans le quotidien Al-Qods, un responsable de l’Organisation de la Palestine (OLP) à Jérusalem, Sari Nusseibeh, appelle tous "ceux qui montent des opérations contre des civils en Israël à revoir leur politique". Les attaques-suicides, explique-t-il, ne font qu'"aggraver la situation actuelle, augmenter la haine entre Palestiniens et Israéliens, et donner des excuses au gouvernement Sharon pour accentuer son agression militaire dans les villes et villages de Palestine". Il ajoute: "Depuis deux ans, le débat, au sein de la société palestinienne, est pris en otage par la militarisation de l'Intifada. Mais il y a des tas de gens qui n'attendent qu'une chose, c'est que quelqu'un se lève et dise : "Je ne suis pas d'accord".

_19 juin, Cisjordanie. L'armée israélienne lance une série d'opérations militaires en riposte à l'attentat de Jérusalem – et réoccupe la ville de Kalkilya, dans le nord de la Cisjordanie, ainsi que la ville de Jénine et son camp de réfugiés. La radio israélienne annonce que l'armée continuera ses opérations dans les secteurs autonomes palestiniens aussi longtemps que durera "la politique terroriste de l'Autorité palestinienne".

_18 juin, Jérusalem. 19 passagers d'un autobus israélien tués dans un attentat-suicide - l'un des plus sanglants contre des civils israéliens. Le porteur de bombe, un palestinien de la branche armée du mouvement islamiste Hamas, les Brigades Ezzedine al-Qassam, a fait exploser l'engin à l'intérieur de l'autobus, quelques minutes après y être monté à Jérusalem-ouest.
Plus de 50 passagers sont blessés dont six sont dans un état grave. Parmi eux, six enfants âgés de 10 à 12 ans, "des jeunes qui se rendaient à l'école". Le Premier ministre israélien Ariel Sharon, se rend sur les lieux, annonce une "riposte" militaire, et affirme qu'Israël entendait continuer à "se battre contre le terrorisme".

-> Libération, Paris      Terrorisme n’est pas résistance

_12 juin, Londres. Le président américain George Bush est favorable à la création d'un "Etat temporaire" pour les Palestiniens, étape transitoire vers l'établissement de l'Etat de Palestine, affirme le secrétaire d'Etat américain Colin Powell dans une interview publiée par le quotidien arabe Al-Hayat, édité à Londres.#

Selon Colin Powell, l'Etat temporaire nécessite "un pouvoir démocratique, une transparence sans corruption et des organismes de sécurité qui fonctionnent". Cette étape "nous aidera à développer la confiance nécessaire entre les deux parties pour pouvoir aller de l'avant", a-t-il ajouté.

Par ailleurs, le secrétaire d'Etat américain affirme que les Etats-Unis souhaitent continuer à "travailler avec les dirigeants palestiniens, le président Arafat et d'autres", ajoutant: "M. Arafat préside l'Autorité palestinienne et dirige le peuple palestinien. Nous considérons qu'il faut qu'il en soit ainsi jusqu'au moment où le peuple palestinien choisira le contraire".

_16 juin, Cisjordanie. Le ministre de la défense, Binyamin Ben Eliezer, donne le coup d'envoi à la construction d'une clôture de défense - électrifiée et équipée de détecteurs de mouvement - le long de la "ligne verte" avec la Cisjordanie, destinée à empêcher des auteurs d'attentats de s'infiltrer en Israël. La clôture, s'étendra sur quelque 350 km, y compris autour de Jérusalem, coupera les villes palestiniennes de Jénine, Tulkarem et Kalkiliya, du territoire israélien.

L'initiative, contestée du côté palestinien, suscite des remous au sein du gouvernement de coalition israélien. L'extrême droite y voit une manière de reconnaître des frontières.

_ 10 juin, Ramallah. L'armée israélienne lance une nouvelle incursion en Cisjordanie et encercle le quartier général de Yasser Arafat, à Ramallah. Cette incursion constitue, selon Israël, "la plus importante opération militaire dans les territoires autonomes palestiniens depuis plusieurs semaines".

_9 juin, Ramallah. Yasser Arafat forme un nouveau gouvernement resserré à 31 membres au lieu de 31 dans l’équipe précédente. Ce remaniement est marqué principalement par la création d’un ministère de l’intérieur sous l’autorité duquel sont placés les services de sécurité palestiniens.

_9 juin, Washington. Arrivé d'Ariel Sharon aux Etats-Unis pour sa sixième visite depuis son arrivée au pouvoir en mars 2001. Dans un article publié par le New York Times, le chef du gouvernement israélien, qui propose une conférence régionale de paix réunissant "les Etats du Proche-Orient qui refusent le terrorisme et aspirent à la stabilité régionale", s'élève contre un "calendrier contraignant" à propos de la création d'un Etat palestinien.

Selon lui, "Israël doit d'abord vaincre le terrorisme, car il ne peut pas négocier sous la pression de la violence". Il réaffirme que son pays "ne se retirera pas sur les lignes d'armistice vulnérables de juin 1967, ne divisera pas Jérusalem et ne renoncera pas aux frontières défendables que lui reconnaît la résolution 242 de l'ONU".

_8 juin, Washington. Au terme d' entretiens avec son homologue égyptien Hosni Moubarak, le président Bush juge "prématuré" un calendrier pour un Etat palestinien.#

_8 juin, Jérusalem. Quatre attentats palestiniens lancés en Cisjordanie et dans la bande de Gaza ont tuent trois Israéliens, dont un couple de colons, blessent quatre autres, et coûtent la vie à six de leurs auteurs. Israël rejete la responsabilité de ces attaques sur l'Autorité palestinienne.

_6 juin, Ramallah. L'armée israélienne occupe pendant six heures le quartier général de Yasser Arafat, qualifié de "centre nerveux de l'Autorité palestinienne, directement responsable du terrorisme qu'elle commandite". Plusieurs bâtiments situés dans l'enceinte du QG, dont la prison et le siège de la police, sont détruits.

_5 juin, Meggido (nord d'Israël). Une explosion, provoquée par une voiture piégée qui circulait près d'un autobus assurant la liaison entre Tel-Aviv et Tibériade, provoque la mort de 17 personnes (dont 13 soldats). On compte 37 blessés, dont un dans un état grave. La voiture, comme l'autobus, ont été totalement calcinés.

L'attentat, qui coïncide avec le 35e anniversaire du déclenchement de la guerre des Six Jours (1967), est revendiqué par le Jihad islamique - mais condamné par l'Autorité palestinienne.

Lee gouvernement israélien en impute la responsabilité à Yasser Arafat. Pour un porte-parole du gouvernement israélien, Avi Pazner, "cette atrocité prouve une fois de plus que l'Autorité palestinienne et Yasser Arafat font tout pour encourager les organisations terroristes à poursuivre leurs attentats".

Kofi Annan se dit "consterné" par cet attentat, qui "ne peut se justifier, quel qu'en soit l'objectif politique". Le secrétaire général des Nations unies exhorté les parties à poursuivre leurs efforts sur la voie de la paix. "Il ne faut pas permettre aux ennemis de la paix de dérailler le processus de paix".

Quelques heures après l'attentat, des chars israéliens entrent dans la ville de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie, ouvrant le feu à la mitrailleuse lourde.

_4 juin, Tel-Aviv. Visite en Israël du directeur de la CIA, George Tenet, qui rencontre le Yasser Arafat, à Ramallah. Selon un responsable palestinien, cité par l'Agence France-Presse, Georges Tenet a lancé un avertissement au président Arafat : "Si les attentats-suicides se poursuivent, les Etats-Unis n'interviendront plus et Ariel Sharon (le Premier ministre israélien) aura les mains libres".

Le directeur de la CIA multiplie les contacts avec les Israéliens et les Palestiniens pour tenter de remettre sur pied le dispositif de sécurité de l'Autorité palestinienne.#

_1er juin, Paris. ”Une effroyable routine semble avoir repris ses droits en Israël et dans les territoires palestiniens, écrit Le Monde, dans son édition du jour. Les attentats-suicides et les incursions militaires se répondent à nouveau, entraînant chaque jour son lot de victimes, comme si la parenthèse de l’opération ”Mur de protection” était définitivement refermée”.

Libération, de son côté, note que ”21 mois de terreur palestinienne en Israël et de bouclages ou de réoccupation israélienne dans les territoires”, ont provoqué la mort d’environ 1.850 Palestiniens, dont près de 200 enfants, et d’un peu plus de 500 Israéliens, dont 208 dans des attentats. Le nombre des blessés est de 20.000, côté palestinien, et de plus de 4.000, côté israélien.

> MAI   

_ 29 mai, Itamar. Trois élèves d'une école talmudique, âgés de 14 ans, tués par balles dans l'implantation juive d'Itamar, dans le nord de la Cisjordanie, par un Palestinien qui a été abattu. Attaque revendiquée par les Brigades des martyrs d'Al-Aqsa.

_27 mai, Tel-Aviv. Deux personnes, dont une fillette de 3 ans, tuées dans un attentat-suicide, l'intérieur d'un salon de thé, à Petah Tikva, à l'est de Tel-Aviv. 23 personnes sont hospitalisées, dont quatre dans un état grave. L'attentat est revendiqué par les Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, un groupe armé proche du Fatah.

_25 mai, Bethléem. L'armée israélienne lance une nouvelle vague d'opérations dans les territoires palestiniens. A Bethléem, l'armée dynamite la maison du chef local du Jihad islamique, Mohammad Chéhadé.

Dans le centre de la bande de Gaza, deux Palestiniennes, une femme de 45 ans et sa nièce de 12 ans, sont tuées par des tirs de chars israéliens. L'armée israélienne a "exprimé ses regrets à la suite de ce tragique incident".

Au cours de la semaine, quatre attentats commis par des Palestiniens, ont tué cinq civils israéliens. Le 22 mai, à Rishon le-Tzion, une petite ville au sud de Tel-Aviv, un attentat-suicide avait coûté la vie à deux personnes, en plus de son auteur palestinien, un adolescent de 16 ans. Un autre attentat avait été déjoué in extremis devant une discothèque de Tel-Aviv, coûtant la vie au kamikaze palestinien.

_19 mai, Tel-Aviv. Un kamikaze palestinien déguisé en soldat israélien se fait sauter sur un marché de Netanya, au nord de Tel-Aviv, tuant trois personnes et en blessant plus de quarante, dont six grièvement. Revendiqué par le Hamas et le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), l'attentat est condamné par Yasser Arafat.

_17 mai, Zurich. Dans une interview publiée par l'hebdomadaire juif Tachles, le président travailliste du Parlement israélien, Avraham Burg, souhaite le retrait d'Israël sur ses frontières de 1967 et le démantèlement de la plupart des colonies juives dans les territoires palestiniens.#

_17 mai, Jérusalem. Yasser Arafat estime que des élections générales ne pourront se tenir avant "la fin de l'occupation de nos terres" par l'armée israélienne."

_15 mai, Ramallah. Yasser Arafat admet avoir commis des "erreurs" et annonce, devant le Conseil législatif (Parlement) palestinien (CLP), qu'il va présenter un projet de "refonte totale de l'Autorité" palestinienne, de ses ministères, de ses administrations et de ses services de sécurité.

"Je suis déterminé à présenter une refonte totale [...] de l'Autorité, de ses administrations, de ses ministères et de ses services de sécurité pour que nous puissions commencer à rebâtir sur des bases plus solides qui nous permettraient de réaliser nos aspirations nationales d'indépendance et de liberté", ajoutant: "La paix demeure notre option stratégique et le restera. Je n'y renoncerai jamais […] C'est notre intérêt et celui des Israéliens".

_14 mai, Jérusalem. Ariel Sharon écarte toute négociation de paix avant des réformes de l'Autorité palestinienne, qualifiée de "régime dictatorial, corrompu et tyrannique", lors d'une intervention devant la Knesset (Parlement).

"J'ai déclaré lors de mon voyage aux Etats-Unis qu'Israël serait prêt à entrer dans des négociations politiques (avec les Palestiniens), à deux conditions: l'arrêt absolu du terrorisme, de la violence et de l'incitation à la violence et des réformes en profondeur, dans tous les domaines, au sein de l'Autorité palestinienne, qui se feront dans une totale transparence", indique le premier ministre israélien.

_13 mai, Jérusalem. Le comité central du Likoud - le parti (droite nationaliste) du premier ministre Ariel Sharon - se prononce en faveur d'une motion de l'ancien premier ministre Benjamin Netanyahu rejetant un Etat palestinien. Ariel Sharon a accepté l'idée d'un tel Etat lors d'une rencontre en février à la Maison blanche avec le président américain George Bush qui défend la vision de deux Etats vivant en paix côte à côte.

_12 mai, Genève. Ouvrant l'Assemblée mondiale de la santé, la directrice générale de l'OMS, Gro Harlem Brundtland, condamne les violences contre les civils palestiniens et israéliens. "Je condamne les attaques intentionnelles contre des civils innocents. Elles ne peuvent jamais être justifiées, quel que soit le contexte politique ou militaire", déclare-t-elle, ajoutant que "dans tout conflit, la neutralité du personnel de santé doit toujours être respectée par toutes les parties".

"Aucune restriction ne doit jamais être imposée aux mouvements du personnel médical, des patients, des médicaments, des ambulances et du matériel de santé. Les opérations militaires ne doivent jamais prendre pour cible l'infrastructure nécessaire à l'approvisionnement en eau et en électricité ou à l'évacuation des déchets".

_12 mai, Jérusalem. Israël juge "encourageant" le ton apaisant de la rencontre arabe tripartite de Charm el-Cheikh et commence à démobiliser ses réservistes à la suite du report d'une offensive à Gaza.

_12 mai, Tel-Aviv. Répondant à l'appel du mouvement pacifiste et d'une "coalition de la paix" regroupant des écrivains et diverses personnalités de gauche (comme Choukri Khatib, représentant la communauté des Arabes israéliens, ou l'écrivain israélien Amos Oz), plus de 60'000 personnes manifestent pour la paix sur la place Yitzhak-Rabin. "Retrait des territoires (palestiniens) pour le salut d'Israël", "L'occupation nous tue tous" ou "La Paix maintenant", sont quelques uns des slogans figurant sur les pancartes brandies lors de cette manifestation pacifiste, la plus importante rassemblée en Israël depuis le début de l'Intifada.

"C'est un message très important au gouvernement israélien, au monde arabe et à la communauté internationale : il y a un camp de la paix en Israël et il élève la voix", déclare Yossi Sarid, dirigeant du parti de gauche israélien Meretz, et chef de l'opposition parlementaire au gouvernement d'union nationale dirigé par Ariel Sharon. "Il faut nous libérer de l'occupation, il faut nous libérer de la colonisation".

_11 mai, Charm el-Cheikh (est de l'Egypte). Les présidents égyptien Hosni Moubarak et syrien Bachar Al-Assad, et le prince héritier saoudien Abdallah ben Abdel Aziz expriment leur souhait "sincère" d'une paix avec Israël et rejettent "la violence sous toutes ses formes". Ils "réaffirm[ent] la détermination sincère des Arabes à conclure la paix" avec Israël et appellent "tous les pays du monde épris de paix à exercer des pressions sur Israël pour qu'il se retire des territoires arabes occupés".#

Selon eux, "l'initiative de paix arabe adoptée par le sommet de Beyrouth (en mars) est la base de toute démarche arabe pour parvenir à la paix juste et globale". Cette initiative propose la paix à Israël en échange de son retrait des territoires arabes occupés en 1967.

_10 mai, Bethléem . L'armée israélienne lève le siège qu'elle imposait à 123 Palestiniens retranchés depuis 39 jours dans la basilique de la Nativité. 13 activistes jugés "dangereux" par Israël ont été expulsés vers Chypre. Le président américain Bush qualifie le règlement de cette crise de "développement positif" qui "devrait faire avancer les perspectives de reprise d'un processus politique vers la paix".

_8 mai, Jérusalem. Israël décide d'une riposte qui pourrait se traduire par des opérations militaires engagées non pas en Cisjordanie mais dans la bande de Gaza.#

_7 mai, Rishon le-Zion (sud de Tel-Aviv).15 personnes tuées, plus d'une cinquantaine blessées, certaines grièvement, à la suite de l'explosion d'une charge déposée par un kamikaze palestinien dans une salle de billard de la ville.

L'attentat est revendiqué auprès de l'Agence France Presse par un interlocuteur anonyme qui affirme s'exprimer au nom des Brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du Hamas. "Nous allons lancer de nouvelles attaques cette semaine et déclarer la guerre sainte contre tous les Israéliens, en riposte à ce que l'armée israélienne a perpétré [en avril] dans le camp de Jénine".

Le Premier ministre israélien Ariel Sharon, en visite officielle aux Etats-Unis, annonce une "riposte" et rentre d'urgence en Israël. "A tous ceux qui tentent d'exercer un chantage contre Israël pour qu'il fasse des concessions, grandes ou petites, avec l'arme du terrorisme et de la peur, […] je dis aujourd'hui, Israël ne cèdera pas au chantage.

Yasser Arafat condamne, dans une déclaration en arabe lue à la télévision palestinienne, "tout acte terroriste contre des civils palestiniens. Le président Bush juge cette déclaration comme "un signe extraordinairement positif".

Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, "réitère […] sa condamnation de toutes les attaques terroristes visant aveuglément les civils. Ces attaques sont moralement répugnantes et n'ont pour objectif que de faire reculer les perspectives d'un règlement pacifique."

> AVRIL   BUSH DEMANDE À ISRAËL DE RETIRER SES FORCES DES VILLES PALESTINIENNES

_24 avril, Genève. Dans un rapport présenté devant la Commission des droits de l'homme, Mary Robinson fait état de nombreuses victimes et de destructions massives dans les territoires palestiniens à la suite des récentes incursions de l'armée israélienne en Cisjordanie. Le rapport, qui reprend des informations publiées par des associations des droits de l'homme israéliennes, relève que la population civile s’est vue refuser, dans certaines situations, des soins médicaux ainsi qu’une aide humanitaire.

Citant des sources de l'Office des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), la haut commissaire indique qu'il y aurait actuellement de 4.000 à 5.000 sans-abri dans le camp de réfugiés de Djénine; elle fait état de conditions de détention difficiles des prisonniers palestiniens. Enfin, selon Mary Robinson, des militaires israéliens auraient utilisé des Palestiniens comme boucliers humains.#

_24 avril, Jérusalem. Israël obtient un report de l'envoi de la mission des Nations unies chargée de faire la lumière sur ce qui s'est passé dans le camp de réfugiés de Jénine. Le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, indique que la mission devrait toutefois être sur place "d'ici au samedi" 27 avril.

_23 avril, Washington. Le président Bush exhorte Yasser Arafat à combattre le terrorisme et Ariel Sharon à "continuer le retrait" des zones palestiniennes, lors d'une rencontre avec le roi du Maroc Mohammed VI.

"Toutes les parties ont des responsabilités", affirme le président américain, en soulignant que le président palestinien Yasser Arafat "a la responsabilité de non seulement renoncer au terrorisme, mais aussi de combattre la terreur. Le Premier ministre Ariel "Sharon a lui la responsabilité de continuer son retrait" des zones palestiniennes.

_22 avril, Londres. Amnesty International appelle à l'ouverture d'une enquête internationale pour "crimes de guerre" à la suite de l'intervention de l'armée israélienne dans le camp de Jénine. L'organisation de défense des droits de l'homme, qui s'est rendue dans le camp palestinien du 15 au 17 avril, estime avoir réuni "suffisamment" de preuves de violations des droits de l'homme pour justifier une telle enquête.

"Nous avons conclu que des violations très graves du droit international ont été commises", "les affirmations selon lesquelles seuls des combattants (palestiniens) ont été tués ne sont tout simplement pas vraies", affirme Amnesty.

_22 avril, New York. Kofi Annan se dit "préoccupé par les récentes critiques formulées par des représentants du gouvernement d'Israël à l'endroit de […] Terje Roed-Larsen [qui] au cours des nombreuses années qu'il a passées à oeuvrer à la recherche d'une solution au conflit israélo-palestinien, a toujours fait preuve d'objectivité, de professionnalisme et de compassion."

Kofi Annan et Martti Ahtisaari.

_22 avril
, New Kork. Martti Ahtisaari, ancien président de la Finlande, dirigera la mission d'enquête des Nations unies chargée par le Conseil de sécurité de recueillir des informations précises sur ce qui s'est passé dans le camp de réfugiés palestiniens de Djénine. Cette mission comptera également dans ses rangs Sadako Ogata, ancienne responsable du Haut commissariat pour les réfugiés (HCR) et Cornelio Sommaruga, ancien président du Comité international de la Croix Rouge (CICR). En outre, le général américain Bill Nash servira comme conseiller militaire, alors que Peter Fitzgerald (Irlande) sera conseiller en matière de police.#

_21 avril, Jénine. En visite dans le camp de réfugiés, le secrétaire d'Etat adjoint américain pour le Proche-Orient, William Burns, évoque "une tragédie humaine pour des milliers de Palestiniens innocents". Egalement en visite dans le camp, l'émissaire russe au Proche-Orient, Andreï Vdovine, constate une "dévastation très grande". "Je n'aurais jamais imaginé une destruction d'une telle ampleur".

_21 juin, Jérusalem. Un conseiller du gouvernement israélien estime qu'il y a lieu d'examiner si l'envoyé spécial des Nations unies Terje Roed-Larsen devait être déclaré "personna non grata" après ses déclarations sur l'action des troupes israéliennes à Jénine.

_21 juin, Jérusalem. Israël retire son armée des villes palestiniennes de Naplouse et de Ramallah, mais continue à assiéger le QG de Yasser Arafat et de contrôler la ville de Bethléem.

_19 avril, New York. Le Conseil de sécurité des Nations unies adopte, à l'unanimité de ses quinze membres, une résolution prévoyant l'envoi dans le camp de réfugiés palestinien de Jénine, en Cisjordanie, d'"équipe chargée de l'établissement des faits". A l'intérieur du camp, dont l'armée israélienne s'est retirée et où le quartier central de Hawashin a été entièrement détruit, les habitants sont à la recherche de morts et d'éventuels survivants..

_19 avril, Jérusalem. - L'envoyé spécial des Nations unies au Moyen-Orient, Terje Roed-Larsen, déclare qu'Israël n'a pas répondu convenablement à la gravité de la situation humanitaire du camp de réfugiés palestiniens de Jénine. Il affirme que sa première priorité sera de tenter de sauver des vies dans le camp et de faire parvenir des articles de première nécessité aux populations civiles du camp.

_19 avril, Jénine. L'armée israélienne se retire de la zone de Jénine, en Cisjordanie

_19 avril, Washington. Le président américain George Bush se déclare favorable à une enquête indépendante pour déterminer ce qui s'est passé dans le camp de réfugiés de Jénine. "Il soutient [le déroulement d']une enquête et c'est ce que font les Nations unies avec la participation de la Croix-Rouge", déclare le porte-parole de la Maison Blanche, Ari Fleischer. Réponse immédiate d'Israël : une telle enquête n'est "pas nécessaire".

_19 avril, Bethléem. L'armée israélienne annonce avoir arrêté Khaled Tafesh, chef pour la région de Bethléem de la branche armée du mouvement islamiste Hamas.#

_18 avril, New York. Kofi Annan demande le déploiement d'une force internationale au Proche-Orient, qui serait ”une coalition militaire de pays volontaires”. Estimant que ”la logique de guerre s’est installée au Proche-Orient et [que] des ”lignes rouges” ont été franchies”, le secrétaire général des Nations unies souligne que ”le moment est venu pour la communauté internationale d’assumer un rôle direct et efficace sur le terrain”.

Cette force, ”impartiale et capable de prendre des actions décisives”, ne serait pas constituée par les Nations unies (Casques Bleus) mais rassemblerait des troupes fournies par une coalition de pays alliés volontaires, sur le modèle notamment de la KFOR déployée au Kosovo. Elle devrait avoir l'autorisation d'employer la force pour accomplir son mandat qui, selon lui, devrait relever du chapitre VII (Rétablissement de la paix) de la Charte des Nations unies.

_18 avril, Cisjordanie. Selon Terje Roed-Larsen, envoyé spécial des Nations unies au Moyen-Orient, et Peter Hansen, chef de l'Office de l'ONU pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), qui ont visité certaines parties du camp de réfugiés palestiniens de Jénine, estiment que la situation dans le camp est "effroyable" et "dépasse l'entendement".

"On a vu des gens tenter de creuser avec leurs mains pour sortir les cadavres de sous les décombres", ont déclaré les deux hauts responsables, qui ont précisé que l'ampleur des dégâts avait un impact dévastateur sur les populations du camp. "Il n'y a presque plus d'eau, les réserves de vivres s'épuisent rapidement et l'électricité est coupée."

_18 avril, Jérusalem. Colin Powell quitte le Proche-orient sur un échec, écrit le quotidien Le Monde. "Le secrétaire d'Etat américain n'a pas réussi à convaincre Ariel Sharon de retirer les troupes israéliennes de la totalité des territoires palestiniens réoccupés. Faute d'une telle promesse, Yasser Arafat s'est refusé à prendre un quelconque engagement quant à l'arrêt des hostilités".[Le Monde, 19 avril 20022].

_17 avril, Jérusalem. Un cessez-le-feu ne sera possible qu'après "la fin des incursions israéliennes" en Cisjordanie et "la reprise des contacts sécuritaires" entre les deux parties, affirme Colin Powell. Pour le secrétaire d'Etat américain, qui a rencontré une seconde fois Yasser Arafat à Ramallah, l'Autorité palestinienne doit faire "un choix stratégique" en décidant, "comme l'a fait le reste du monde, que le terrorisme doit cesser", ajoutant : "L'Autorité palestinienne et [Arafat] ne peuvent plus tergiverser".

_16 avril, New York. Kofi Annan se prononce pour l'établissement d'un nouveau dispositif de l'extérieur susceptible d'atténuer la violence et d'encourager le dialogue sur place. "Un tel dispositif pourrait prendre la forme d'observateurs internationaux d'un cessez-le-feu", affirme le secrétaire général des Nations unies dans un message adressé aux participants à la réunion internationale de soutien à la paix au Moyen-Orient, placée sous l'égide de l'ONU, qui se tient à Nicosie.#

_16 avril, Jénine. Terje Roed-Larsen, l'émissaire spécial des Nations unies au Moyen-Orient, qualifie d'"épouvantables" les conditions à l'intérieur du camp de réfugiés. Affirmant que les besoins humanitaires de la population - une majorité de femmes et d'enfants - étaient particulièrement importants, il demande la levée du couvre-feu et la liberté de déplacement des populations civiles et des humanitaires ainsi qu'un accès plus facile aux réserves d'eau et de vivres.

_16 avril, Jérusalem. Colin Powell indique que les négociateurs palestiniens et américains [réunis depuis le 15 avril à Jéricho] ont réalisé "des progrès" dans la formulation d'une déclaration sur un cessez-le-feu israélo-palestinien alors que l'armée israélienne poursuit ses incursions en Cisjordanie.

_15 avril, Ramallah. Arrestation de Marwan Barghouthi, le chef en Cisjordanie du Fatah, le mouvement du président palestinien, par l'armée israélienne. Ariel Sharon annonce que le combattant palestinien sera "traduit devant un tribunal israélien" pour répondre "du meurtre de centaines d'Israéliens".

_15 avril, Washington. Dans une interview à la chaîne CNN, Ariel Sharon déclare que l'armée pourrait se retirer d'ici une semaine des villes de Cisjordanie, mais que ce retrait prendra plus de temps à Ramallah, où Yasser Arafat est assiégé dans son quartier-général, et à Bethléem, où quelque 200 Palestiniens sont retranchés dans la basilique de la Nativité.

_14 avril, Jérusalem. Ariel Sharon propose la réunion, sous l'égide des Etats-Unis, d'une conférence internationale à laquelle participeraient Israël, "un certain nombre de pays" arabes, des "représentants palestiniens" "pour discuter des arrangements politiques dans la région". Le premier ministre israélien ne souhaite que Yasser Arafat, à qui "personne ne peut faire confiance", soit associé à cette réunion.

_14 avril, Ramallah. Colin Powell rappelle à Yasser Arafat [qu'il a vu dans son QG] que "les attentats [doivent] cesser" et qu'ils sont un "obstacle qui empêche d'aller de l'avant" sur la voie de la paix. Le président palestinien insiste pour sa part sur "la nécessité d'un retrait israélien" immédiat des zones réoccupées depuis le début de l'offensive de l'armée en Cisjordanie.

_14 avril, Washington. La conseillère américaine pour la sécurité nationale, Condoleezza Rice, demande l'accès des organisations humanitaires, en particulier du Comité international de la Croix-Rouge, au camp de Jénine. Elle regrette l'absence de "transparence" concernant les conditions et le nombre de morts dans le camp.#

_13 avril, Cisjordanie. Dans un communiqué en arabe, lu à la télévision palestinienne, l'Autorité palestinienne condamne "toutes les actions terroristes contre des civils, qu'ils soient israéliens ou palestiniens" et mentionnant explicitement l'attentat suicide de Jérusalem. Israël rejette cette déclaration accusant Yasser Arafat de "double jeu": "Une telle condamnation n'a aucune valeur venant d'un homme qui est le premier responsable du terrorisme".

Les Etats-Unis avaient exigé de Yasser Arafat une "condamnation sans appel" des attentats suicide, avant toute rencontre avec Colin Powell.

_13 avril, Jérusalem. La Cour suprême d'Israël ordonne à l'armée de ne pas enterrer jusqu'à nouvel ordre les corps des Palestiniens tués dans le camp de réfugiés de Jénine au nord de la Cisjordanie.

_12 avril, Londres. "Le comportement de l'armée israélienne suscite l'inquiétude sur l'objectif essentiel de l'opération, qui consiste à punir collectivement tous les Palestiniens", déclare Amnesty International. L'organisation de défense des droits de l'homme dénonce les arrestations massives dans les camps de réfugiés d'Al-Amari [près de Tulkarem] et de Dheishé [près de Bethléem], où tous les hommes entre 16 et 45 ans étaient rassemblés, "les yeux bandés, les mains liées, maltraités, sans nourriture et sans autorisation de se rendre aux toilettes durant les vingt-quatre premières heures de leur détention".

"Les militaires israéliens, qui occupaient une habitation qui leur semblait bénéficier d'une position stratégique, détruisaient systématiquement les maisons, brisant le mobilier et déchirant les habits et les livres, y compris le Coran", souligne encore Amnesty.

_12 avril, Ramallah. L'Autorité palestinienne accuse l'armée israélienne de pratiquer une politique de la terre brûlée dans les zones réoccupées en Cisjordanie, notamment à Jénine et à Naplouse. "Les forces barbares de l'occupation incendient et détruisent les sièges des institutions officielles et populaires et démolissent les habitations à la dynamite après les avoir pillées".

_13 avril, Jénine. Dans le camp de réfugiés de Jénine, les Palestiniens accusent l'armée israélienne d'avoir commis des "massacres" en tuant des centaines de Palestiniens. Israël rejette cette "propagande éhontée", tout en admettant qu'il y a eu des "centaines de morts ou blessés" palestiniens tués lors de combats.

_12 avril, Ramallah. Report d'une rencontre de Powell avec Yasser Arafat, prévue le lendemain à Ramallah, en raison de l'attentat-suicide de Jérusalem.#

_12 avril, Jérusalem. Une kamikaze palestinienne fait exploser la charge qu'elle portait sur elle au coeur de Jérusalem-ouest, faisant six tués et au moins 84 blessés. Un interlocuteur se réclamant du groupe armé proche du Fatah du président Yasser Arafat, les Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, revendiqué l'attentat.

L'attentat constitue "le message des Palestiniens à Powell", déclare un porte-parole israélien. Les autorités israéliennes réaffirment leur volonté de " poursuivre jusqu'à la destruction du dernier terroriste [l'offensive actuelle]. Nous n'avons pas d'alternative et le monde constate qu'on n'en a pas".

_12 avril, Genève, Kofi Annan se déclare, favorable à l'envoi d'une force au Proche-Orient dont le déploiement dépend de l'accord du Conseil de sécurité, des Palestiniens et des Israéliens. "C'est urgent. C'est impératif. Nous devons rassembler nos volontés". Le déploiement d'une telle force contribuerait, selon lui, à établir un environnement propice à l'acheminement de l'aide humanitaire dans la région, à mettre fin à la violence meurtrière et à faciliter les initiatives politiques et diplomatiques.

Le secrétaire général des Nations unies, qui a précisé qu'il ne proposerait pas la création d'une zone-tampon entre les parties, souligne que sa proposition s'impose en raison de la situation humanitaire "horrible" qui prévaut dans les camps de réfugiés palestiniens.

_12 avril, Jérusalem. Première rencontre Powell-Sharon, à l'issue de laquelle le secrétaire d'Etat américain reconnaît ne pas avoir pas eu de "réponse précise" sur la durée de l'offensive israélienne en Cisjordanie.

_10 avril, Madrid. Les Etats-Unis, les Nations unies, l'Union européenne (UE) et la Russie appellent Israël à un "retrait immédiat" de toutes les zones palestiniennes occupées récemment.

Dans une "Déclaration commune", Colin Powell, secrétaire d'Etat américain, Igor Ivanov, ministre russe des affaires étrangères, Josep Piqué, ministre espagnol des Affaires étrangères et président en exercice de l'Union européenne, Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies, et Javier Solana, haut représentant de l'UE pour la politique extérieure demandent "un cessez-le-feu immédiat et effectif", et "un retrait immédiat des forces israéliennes des villes palestiniennes, y compris Ramallah, et en particulier le quartier général du président Yasser Arafat", chef de l'Autorité palestinienne.

_10 avril, Haïfa. Un attentat palestinien fait huit morts, en plus du kamikaze, et une vingtaine blessés, dans un autobus près de Haïfa, dans le nord d'Israël. La branche armée du mouvement radical palestinien Hamas, les Brigades Ezzedine al-Qassam, revendique l'attentat, dans un appel à la télévision Al-Jazira du Qatar.#

_10 avril, Jérusalem. Un haut responsable israélien estime que la rencontre que Colin Powell [attendu le11 avril] souhaite avoir avec le président de l'Autorité palestinienne Arafat constitue "une erreur tragique", mais confirme qu'Israël ne s'y opposera pas. "Toute visite de dirigeant étranger à Yasser Arafat qui brise son isolement constitue un encouragement au terrorisme et lui permet de poursuivre son double langage".

_9 avril, Jénine. Treize militaires israéliens tués dans une embuscade au cours de combats contre des combattants palestiniens retranchés au coeur du camp de réfugiés de Jénine. Ariel Sharon réaffirme que l'offensive militaire massive en cours en Cisjordanie continuera jusqu'au démantèlement des "infrastructures des organisations terroristes".

_9 avril, Cisjordanie. L'armée israélienne se retire de Kalkiliya et de Tulkarem, dans le nord de la Cisjordanie, tout en continuant à encercler ces localités Israël. De très violents combats se poursuivent dans le camp de réfugiés de Jénine. Quatre villes sont encore occupées: Ramallah, Bethléem, Jénine et Naplouse.

_9 avril, Jérusalem. Selon le quotidien Haaretz, le ministre des affaires étrangères Shimon Peres a qualifié de "massacre" l'opération à Jénine, lors de discussions "internes". Un membre du bureau du chef de la diplomatie a toutefois affirmé à l'Agence France-Presse que le ministre s'était contenté d'exprimer la "crainte que les Palestiniens tentent d'exploiter les très durs combats qui se déroulent à Jénine contre les terroristes pour proclamer qu'il y a eu massacre de la part de l'armée israélienne".

_9 avril, Jérusalem. Ariel Sharon autorise quatre haut responsables palestiniens à rencontrer Yasser Arafat, assiégé dans ses bureaux à Ramallah. Il s'agit du chef négociateur Saëb Erakat, du numéro deux de l'OLP Mahmoud Abbas (Abou Mazen), du colonel Mohammad Dahlane, chef de la Sécurité préventive dans la bande de Gaza et d'Ahmed Qoreï (Abou Ala), président du conseil législatif palestinien (parlement). La rencontre devrait avoir lieu "mardi ou mercredi".

_8 avril, Knoxville (Tennessee). Le président Bush attend "un retrait sans délai" des forces israéliennes des villes palestiniennes occupées. En outre, il rappelle qu'il a demandé aux dirigeants arabes de s'opposer et de condamner "les activités terroristes". "Il y a une responsabilité mutuelle à parvenir à la paix et cela nécessitera pour les deux parties de faire preuve de leadership".

_8 avril, Jérusalem. Ignorant les appels répétés des Etats-Unis à "un retrait sans délai", Ariel Sharon annonce que l'offensive massive de l'armée israélienne en cours en Cisjordanie se poursuivrait jusqu'au terme de sa "mission". Le premier ministre israélien, précise, devant la Knesset [Parlement], que l'armée, après son repli des villes autonomes réoccupées, se retirera dans des "zones de sécurité" qui seront établies en Cisjordanie, le long de la "ligne verte" qui sépare Israël des territoires palestiniens.#

Les Palestiniens réagissent vivement à ces propos. Pour le négociateur palestinien Saëb Erakat, "le discours [de Sharon est] le plus désastreux [qu'il ait] entendu"; il estime que l'établissement de zones de sécurité signifie "la fin du processus de paix, la fin des accords d'Oslo et la fin de l'Autorité palestinienne".

_7 avril, New York. Le Conseil de sécurité des Nations unies demande une nouvelle fois le retrait d'Israël de Cisjordanie. "Il doit y avoir un cessez-le-feu et Israël doit retirer ses forces des villes palestiniennes sans délai", déclare l'ambassadeur russe Sergueï Lavrov, président en exercice du Conseil. Il affirme que les membres du conseil "estiment que la poursuite de la violence par l'autorité qui contrôle les événements sur le terrain est inacceptable".

_7 avril, New York. Quittant les Etats-Unis pour une tournée au Proche-Orient, le secrétaire d'Etat, Colin Powell, se montre très prudent sur les chances de réussite de sa mission. Il indique qu'il n'est "même pas sûr de rentrer avec un cessez-le-feu" et encore moins avec "un traité de paix". Son arrivée à Jérusalem est prévue pour le 11 avril

_7 avril, Londres. Trois organisations de défense des droits de l'homme, Amnesty International, Human Rights Watch et la Commission internationale des juristes (CIJ) estiment, dans un communiqué commun, que "les civils sont les principales victimes du tragique conflit qui fait rage depuis dix-huit mois" et demandent qu'il soit mis fin "au ciblage délibéré des civils et des personnes protégées par le droit humanitaire international".

_7 avril, Jérusalem. Le chef d'état-major israélien Shaoul Mofaz évalue à 200 le nombre des morts palestiniens et à 13 le nombre de soldats israéliens tués depuis le déclenchement de l'offensive du 29 mars.

_7 avril, Vatican. Jean Paul II exhorte Palestiniens et Israéliens à se libérer de leur "soif de vengeance" et à "reprendre le chemin qui mène à des négociations" de paix. "Quand autour de nous la logique cruelle des armes l'emporte, seul Dieu peut guider les coeurs vers des pensées de paix".

_6 avril, Crawford (Texas). Le président Bush met en demeure Israël de retirer ses troupes "sans délai" des villes palestiniennes. "Je m'attends à ce qu'Israël se plie à mon appel et je m'attends à ce que les Palestiniens rejettent la terreur".#

_6 avril, Le Caire. Les chefs de la diplomatie des pays de la Ligue arabe réaffirment leur soutien à "la résistance légitime palestinienne" contre les forces israéliennes et déclarent "que la poursuite de l'occupation israélienne et l'escalade des pratiques oppressives [d'Israël] exigent la poursuite de la résistance [qui est] une réaction normale, nécessaire et légitime" contre l'occupation, selon le même texte

En outre, ils dénoncent "toute tentative d'établir un amalgame entre résistance légitime contre l'occupation et terrorisme".

_6 avril, Jérusalem. Selon un haut responsable israélien, Israël retirera ses troupes des villes palestiniennes qu'elles occupent "une fois que le travail sera fini" : "Nous sommes en guerre, nous nous retirerons quand le terrorisme ne représentera plus une menace pour la vie de nos citoyens".

_6 avril, Cisjordanie. Israël étend son offensive militaire, refusant de se livrer à un retrait "sans délai" des territoires occupés par ses troupes, comme le lui demande la communauté internationale. Deux nouvelles localités, Kabatyeh, au nord, et Yatta, au sud, sont occupées. De violents combats ont eu lieu dans la nuit dans la région de Naplouse.

D'autres régions et villes ont été le théâtre de violents affrontements. Au moins trente Palestiniens auraient été tués par des soldats israéliens lors d'affrontements dans le camp de réfugiés de Jénine.

_5 avril, Paris. Ariel Sharon ignore les mises en demeure des Etats-Unis et de l'ONU, note Le Monde. Les opérations militaires en Cisjordanie continueront, assure le premier ministre israélien après l'intervention du président Bush exigeant l'arrêt de l'offensive militaire et le retrait de l'armée israélienne des villes palestiniennes. "Négocier avant que la terreur ne soit contenue ne pourra qu'entraîner sa poursuite".

_5 avril, Genève. Mary Robinson, haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, déclare qu'elle était prête à mener une mission d'enquête "de haut niveau" au Moyen-Orient à condition d'avoir le feu vert des Israéliens et des Palestiniens. En cas d'accord des deux parties, elle demanderait à deux personnalités éminentes sur le plan international de se joindre à la mission.

_5 avril, Ramallah. L'émissaire américain Anthony Zinni rencontre Yasser Arafat à son QG, contrôlé par les soldats israéliens.

_5 avril, Cisjordanie. Israël poursuit son offensive. A Bethléem, Ramallah et Tulkarem, le couvre-feu est momentanément levé pour permettre à la population de s'approvisionner. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) qualifie d'"attitude inacceptable" les limitations israéliennes à ses mouvements dans les territoires palestiniens

_4 avril, New York. Le Conseil de sécurité des Nations unies adopté à l'unanimité une nouvelle résolution exigeant l'application "sans retard" de la résolution 1402 qui, le 30 mars 2002, demandait le retrait des troupes israéliennes des villes palestiniennes de Cisjordanie. Le Conseil apporte également son soutien à l'initiative du président Bush d'envoyer son secrétaire d'Etat, Colin Powell, au Proche-Orient.

_4 avril, Washington. Critiqué de toutes parts pour son inaction devant la dégradation accélérée de la situation au Proche-Orient, George Bush demande à Israël d'arrêter ses incursions et de retirer ses forces des villes palestiniennes qu'elles ont récemment occupées. "Je demande à Israël d'arrêter ses incursions en territoires palestiniens et d'entamer le retrait des villes récemment occupées", déclare-t-il, ajoutant "les activités de colonisation israélienne dans les territoires occupés doivent cesser". Le président américain annonce également qu'il envoie le secrétaire d'Etat Colin Powell en mission au Proche-Orient.

_3 avril, Vatican. Sauver la Terre sainte d'une "guerre impitoyable" : tel est le sens de l'activité diplomatique déployée par le Vatican, indique Le Monde. Mgr Jean-Louis Tauran, secrétaire pour les rapports avec les Etats, rappelle à Yosef Neville Lamdan, ambassadeur d'Israël auprès du Saint-Siège, et James Nicholson, ambassadeur des Etats-Unis, la position du Saint-Siège : condamnation sans équivoque des actes terroristes aussi bien que des représailles; réprobation des conditions d'"injustice" et d'"humiliation" imposées au peuple palestinien; respect des résolutions des Nations unies; devoir de protéger les Lieux saints des trois monothéismes.

_3 avril, Kuala Lumpur (Malaisie). Les 57 pays membres de l'Organisation de la conférence islamique (OCI) "condamnent sans équivoque les actes de terrorisme international sous toutes leurs formes et manifestations, dont le terrorisme d'Etat", dit une déclaration adoptée par les ministres des affaires étrangères des pays de l'OCI. Ils ont cependant refusé de qualifier de "terroristes" les kamikaze palestiniens auteurs d'attentats anti-israéliens.#

_3 avril, Bethléem. La basilique de la Nativité prise dans la tourmente du conflit israélo-palestinien, l'armée israélienne encerclant l'église où sont retranchées plusieurs centaines de personnes, dont des Palestiniens armés.

L'armée israélienne, qui semble se préparer à envahir Naplouse, la plus grande ville du nord de la Cisjordanie, entre dans la ville autonome palestinienne de Jénine.

Genève, 2 avril. Devant l'aggravation de la situation en Cisjordanie, le CICR lance un "appel urgent et solennel" à tous ceux qui ont recours à la force armée pour qu'ils respectent le droit international humanitaire, en particulier la IVe Convention de Genève de 1949 relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre et les règles qui régissent la conduite des hostilités.

_2 avril, Genève. Devant la Commission des droits de l'homme, Mary Robinson, haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, demande l'envoi immédiat d'observateurs internationaux et d'une mission d'enquête de la Commission dans les territoires palestiniens occupés. "Les derniers jours ont vu une augmentation effrayante du nombre des victimes des deux côtés", déclare-t-elle, réclamant qu'un terme soit mis à cette "spirale de la violence".

_2 avril, Jérusalem. Ariel Sharon propose, devant des journalistes, "un aller simple" à Yasser Arafat pour quitter la région, à condition qu'il quitte "seul" son quartier général assiégé à Ramallah. Réplique immédiate du négociateur palestinien Saëb Erakat : "Sharon sait très bien que le président Arafat n'acceptera pas cette proposition et la rejette en bloc et dans le détail".

_2 avril, Bethléem. L'armée israélienne poursuit son offensive dans les territoires palestiniens - et réoccupe Bethléem. Avec Ramallah, Tulkarem et Kalkiliya, Bethléem est la quatrième ville dont l'armée israélienne a repris le contrôle depuis le 29 mars, début de l'opération militaire israélienne menée dans les territoires palestiniens.#

_1er avril, New York. Kofi Annan estime qu'il faut remplacer la logique de guerre par la logique de paix au Moyen-Orient. Devant le Conseil de sécurité réuni à huis clos, le secrétaire général des Nations unies souligne le besoin de tenir compte à la fois "des légitimes préoccupations sécuritaires d'Israël et des légitimes aspirations politiques des Palestiniens".

> MARS   L'INITIATIVE DE PAIX ARABE

_31 mars, Rome. Jean-Paul II presse la communauté internationale de réagir à "la dramatique spirale des injustices et des meurtres qui ensanglantent la terre sainte, précipitée une nouvelle fois dans l'horreur et le désespoir."

"On a le sentiment, souligne le pape, que la guerre a été déclarée à la paix. Mais la guerre ne résout rien. Elle ne fait que provoquer plus de souffrances et des morts de plus en plus nombreux. […] La tragédie est vraiment grande. Personne ne peut rester inactif et silencieux, aucun responsable politique ou religieux !".

_31 mars, Ariel Sharon intervient à la télévision nationale pour stigmatiser en Yasser Arafat un "ennemi de tout le monde libre" qui coordonne et dirige la "terreur" contre Israël. Selon le premier ministre israélien, l'Etat hébreu se trouve à un tournant de son histoire et l'emportera.

_31 mars, Ramallah. Dans un entretien diffusé par la chaîne américaine CNN, Yasser Arafat déclare : "Le plus important n'est pas ce que j'endure […], c'est ce que notre peuple endure nuit et jour. Hier, neuf personnes ont été tuées, assassinées. […] La présence [des journalistes] a empêché leurs chars et leurs blindés d'entrer dans notre hôpital de Ramallah."

_30 mars, New York. Réuni en session extraordinaire, le Conseil de sécurité des Nations unies adopte, avec le soutien des Etats-Unis, une résolution demandant le retrait des troupes israéliennes de Ramallah.

Le texte, qui fait part de la "profonde inquiétude" du Conseil face aux récents attentats-suicides en Israël et à "l'opération militaire" contre le QG de Yasser Arafat, enjoint les Israéliens et les Palestiniens d'appliquer immédiatement une "trêve significative" et "appelle au retrait des troupes israéliennes des villes palestiniennes, y compris Ramallah".#

_30 mars, Crawford (Texas). Le président Bush déclare "comprendre parfaitement la nécessité pour Israël de se défendre" et demande à Yasser Arafat de faire "beaucoup plus" pour lutter contre le terrorisme. Il affirme avoir reçu d'Ariel Sharon l'assurance que la vie du président palestinien ne serait pas mise en danger.

_30 mars, Tel-Aviv. Un attentat-suicide, dans lequel le kamikaze trouve la mort, fait 29 blessés dans un café de Tel-Aviv. L'attentat est revendiqué par les Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, un groupe armé lié au Fatah de Yasser Arafat.

_30 mars, Ramallah. Dans un entretien à Fox TV, Yasser Arafat déclare : "Nous ne nous rendrons jamais." Il demande au président américain Bush de "mettre en œuvre immédiatement un cessez-le-feu et [de] commencer l'application des rapports Mitchell et Tenet."

_29 mars, Ramallah. A l'aube, les forces israéliennes réoccupent la ville de Ramallah et ouvrent le feu sur le QG de Yasser Arafat, qu'elles investissent. 70 de ses plus proches collaborateurs arrêtés et plusieurs de ses gardes tués

_29 mars, Genève. "Yasser Arafat n'a jamais cessé d'être un guerrier […] et n'est jamais devenu vraiment un chef d'Etat", déclare le porte-parole du gouvernement israélien, Avi Pazner, lors d'un entretien diffusé par la Télévision suisse romande. " Ce n'est pas notre intention de toucher Arafat personnellement, notre intention est seulement de le neutraliser. […] Nous n'allons pas l'expulser".

_29 mars, Jérusalem. Yasser Arafat décrété "ennemi" de l'Etat d'Israël par le gouvernement d'Ariel Sharon qui entend "isoler complètement" le chef de l'Autorité palestinienne dans son quartier général de Ramallah, en Cisjordanie. Ariel Sharon, qui considère que Yasser Arafat "est à la tête d'une coalition terroriste", assure que "les forces israéliennes poursuivront l'Autorité palestinienne dans l'ensemble de ses territoires".

_29 mars, Tokyo. En visite au Japon, l'un des principaux négociateurs des accords d'Oslo, Ahmed Koreh, qui a toujours condamné les attentats-suicides, averti Israël qu'en poursuivant ses actions militaires contre l'Autorité palestinienne, l'Etat hébreu risquait de faire de chaque Palestinien "un kamikaze en puissance" : "Si [Israël] continue, il y aura un million de kamikazes".#

_29 mars, New York. Kofi Annan exhorte Ariel Sharon et Yasser Arafat à "faire preuve, en ce moment, de responsabilité en tant que dirigeants". Le secrétaire général des Nations demande à Yasser Arafat d'accepter la proposition de cessez-le-feu avancée par l'envoyé spécial des Etats-Unis Anthony Zinni, et à Ariel Sharon de mettre fin à l'assaut contre l'Autorité palestinienne.

"La destruction de l'Autorité palestinienne ne rapprochera pas Israël de la paix", affirme-t-il, tout en déclarant comprendre la colère des autorités israéliennes devant les "actes terroristes atroces" perpétrés contre ses citoyens qui visent à dérailler les perspectives de paix dans la région.

_28 mars, Beyrouth. Adoptée à l'unanimité des 22 pays membres de la Ligue arabe, au terme de leur sommet annuel, "l'initiative de paix arabe" propose la fin du conflit avec Israël en échange de la restitution de la totalité des territoires palestiniens, syrien et libanais occupés depuis 1967, d'un règlement "juste" du problème des réfugiés palestiniens et de la création d'un Etat palestinien dont Jérusalem-Est serait la capitale.

Ce plan, immédiatement jugé "inacceptable" par Israël, est qualifié de "développement positif" par les Etats-Unis.

_28 mars, Netanya. 20 personnes tuées, en plus du kamikaze palestinien, dans un attentat - revendiqué par la branche armée du mouvement islamiste Hamas - qui dévaste un hôtel de Netanya, au nord de Tel-Aviv. 170 personnes blessées, dont 26 dans un état grave.

”Il s’agit d’un massacre. C’est un crime de guerre. Il ne suffit pas de riposter. Il faut détruire l’Autorité palestinienne”, déclare Uzi Landau, ministre de la sécurité intérieure.

_27 mars, Beyrouth (Liban). Kofi Annan invite les pays arabes à apporter leur soutien aux récentes propositions de paix saoudiennes et exhorte Ariel Sharon et Yasser Arafat ”à éloigner leurs peuples de l'abîme qui les guette”.#

"Il n'y a pas de conflit dans le monde aujourd'hui dont la résolution soit aussi décisive pour la paix internationale que le conflit israélo-palestinien", déclare le secrétaire général des Nations unies, qui demande aux deux parties de faire preuve de courage et de mobilisation pour "combler le fossé qui sépare notre vision de la paix de la réalité sur le terrain".

_27 mars, Beyrouth. Devant le Sommet arabe, le président syrien, Bachar Al-Assad, justifie les attentats palestiniens perpétrés contre des civils israéliens. ”Il [est] temps d’agir pour sauver le peuple palestinien des massacres et d’un nouvel holocauste. Tuer des civils et des innocents est [répréhensible] mais pas dans ce cas-là, lorsqu’il y a une occupation. L’occupant est un homme sans honneur, qu’il soit armé ou pas.”

_24 mars, Beyrouth. Le ministre saoudien Saoud Al-Fayçal affirme que la rédaction de l'offre de paix parrainée par son pays sera présentée en l'état aux dirigeants arabes. "L'initiative a été rédigée depuis un certain temps et [le prince héritier Abdallah ben Abdel Aziz] la soumettra aux participants au sommet quand il viendra à Beyrouth".

L'offre de paix saoudienne propose que les pays arabes établissent des "relations normales" avec Israël, à condition que celui-ci se retire des territoires arabes qu'il occupe depuis 1967, y compris Jérusalem Est, et qu’une une solution "équitable" à la question des réfugiés palestiniens soit apportée et conforme à la résolution 194 des Nations unies - stipulant le droit au retour, ou à compensation pour ceux qui ne voudraient pas rentrer.

_20 mars, nord d’Israël. Un attentat suicide fait sept morts dans le nord d'Israël parmi les passagers d'un autobus, en plus du kamikaze. L'attentat, revendiqué par un interlocuteur se réclamant du Jihad islamique, s'est produit au carrefour de Mous-Mous, près de la ville arabe israélienne d'Umm El Faham, a également fait 34 blessés, dont 6 grièvement.

_19 mars, Paris. ”Les pays arabes s’opposent à une attaque américaine contre l’Irak”, écrit Le Monde, commentant la tournée au Proche-Orient du vice-président américain Dick Cheney. De Ryad à Amman, Dick Cheney a ”entendu les mêmes objections”: ”Les gens qui meurent aujourd’hui dans les rues ne sont pas victimes d’une quelconque action irakienne, a résumé le prince héritier de Bahreïn, mais d’une action israélienne”.

_19 mars, Jérusalem. L’armée israélienne annonce son retrait des zones autonomes palestiniennes qu’elle avait occupés au cours des offensives menées à partir du 28 février dans la région de Bethléem et au nord de la bande de Gaza.#

_13 mars, Jérusalem. Les relations israélo-palestiniennes sont actuellement à leur niveau "le plus bas", déclare l'envoyé spécial des Nations unies pour le Proche-Orient, Terje Roed-Larsen. Après avoir déploré "le manque croissant de considération des forces israéliennes pour la sécurité du personnel médical qui tente d'évacuer les blessés des zones de conflit", Eterje Roed-Larsen dénonce les attentats-suicides palestiniens qui visent délibérément les civils.

_13 mars, New York. A l’initiative des Etats-Unis, les Nations unies se prononcent pour un Etat palestinien, à côté d'Israël. Le conseil de sécurité adopte une résolution "historique" qui affirme, pour la première fois, "la vision d'une région dans laquelle deux Etats, Israël et la Palestine, vivent côte à côte à l'intérieur de frontières reconnues et sûres".

Le Conseil "exige" la cessation immédiate de "tous les actes de violence y compris les actes de terreur et toutes provocations, incitations et destructions" et demande "la reprise des négociations en vue d'un règlement politique".

_12 mars, New York. Kofi Annan lance un appel aux Palestiniens et aux Israéliens. "Aux Palestiniens, je dis : vous avez le droit inaliénable à un Etat viable à l'intérieur de frontières sûres et internationalement reconnues, mais vous devez mettre un terme à tous les actes de terreur et aux bombes suicide. Prendre délibérément pour cible des civils est moralement répugnant".

"Aux Israéliens je dis : vous avez le droit de vivre en paix et en sécurité à l'intérieur de frontières internationalement reconnues, mais vous devez mettre un terme à l'occupation illégale et, encore plus urgemment, vous devez arrêter les bombardements des zones civiles, les humiliations quotidiennes des Palestiniens ordinaires".

_12 mars, Jérusalem. L’armée israélienne poursuit son offensive et, après le camp de réfugiés de Dheiché, prend pour cible le camp de Jabaliya et le village du même nom, au nord de la bande de Gaza, ainsi que la ville de Ramallah, en Cisjordanie. 19 Palestiniens tués lors des affrontements.

_3 mars, Jérusalem. Un tireur palestinien fait feu contre un barrage militaire proche d'Ofra, en Cisjordanie, tuant dix Israéliens, dont cinq soldats et deux officiers. Dans la bande de Gaza, un Israélien a est tué par des tirs palestiniens.#

_2 mars, Jérusalem. Un kamikaze palestinien se fait exploser dans un quartier habité par des juifs orthodoxes, faisant dix morts, dont le kamikaze palestinien mais aussi cinq enfants, et 57 blessés. L'attentat a été revendiqué par un groupe armé lié au Fatah, les Brigades des martyrs d'Al Aksa qui affirment avoir voulu venger les Palestiniens tués dans les camps de réfugiés.

_1 mars, Genève. Mary Robinson lance un appel aux autorités israéliennes pour qu'elles procèdent au retrait immédiat de leurs troupes des camps de réfugiés palestiniens. "Il est évident que la situation actuelle dans les territoires palestiniens occupés a un impact très négatif sur le respect de l'intégrité des droits de l'homme", précise la haut commissaire des Nations unies aux droits de l’homme.

>FÉVRIER   UNE NOUVELLE ESCALADE DE LA VIOLENCE

_28 février, New York. Kofi Annan ”déplore la nouvelle escalade de la violence” ainsi que les ”attaques sur les civils par les deux parties qui ont porté le nombre de morts au cours des 17 derniers mois à plus de 1’000 pour les Palestiniens et à 288 pour les Israéliens”.

Le secrétaire général des Nations unies se dit ”choqué” par ”les incursions des Forces de défenses israéliennes dans des camps de réfugiés [qui] ont entraîné la mort de nombreux Palestiniens et fait plusieurs blessés parmi eux”; il rappelle au gouvernement israélien ”que le droit international protège les civils contre de telles attaques et les oblige à respecter l’immunité des installations humanitaires, en particulier celles des Nations Unies”.

_28 février, Cisjordanie. L’armée israélienne pénètre dans les camps de réfugiés de Jénine et Balata, présentés comme des bases ”terroristes”. L’opération fait 23 morts (21 Palestiniens, dont une fillette de 8 ans, et deux militaires israéliens) et quelque 200 blessés.

_20 février, Jérusalem. Après une attaque contre un barrage militaire, près de Ramallah, en Cisjordanie (six soldats israéliens tués) - revendiquée par le Hamas et un groupe proche du Fatah, l’armée israélienne se livre à des représailles de grande ampleur à Gaza et Ramallah, provoquant la mort de 14 Palestiniens, dont onze policiers.

_19 février, New York. Dans un entretien publié par le New York Times, le prince héritier saoudien Abdallah Ben Abdel-Aziz affirme que son pays est disposé à une ”normalisation” avec Israël sous condition : le retrait d’Israël de ”tous les territoires [arabes] occupés, y compris Jérusalem, conformément aux résolutions [242 et 338] du Conseil de sécurité des Nations unies”.

_14 février, Paris. ”Il faut offrir aux palestiniens un horizon politique, sinon, ils n’auront aucune raison de bouger”, déclare Shimon Pérès au quotidien Le Monde. Le ministre israélien des affaires étrangères rend public un plan de paix” qu’il a rédigé avec le Président du conseil législatif palestinien, Ahmed Qoreï. Shimon Pérès préconise la reconnaissance immédiate d’un Etat palestinien, préalable à la conclusion d’un accord sur le statut définitif des territoires palestiniens aujourd’hui autonomes ou occupés.#

_11 février, New York. Kofi Annan ”déplore la recrudescence de la violence entre Israël et les Palestiniens” et se dit ”consterné par les bombardements israéliens d’installations appartenant à l’Autorité palestinienne à Gaza, à proximité de zones d’habitations, et ce au moyen de bombes lourdes, qui ont causé des dégâts importants à des bureaux des Nations unies”.

_6 février, Beyrouth (Liban). Amnesty International (AI) condamne certaines pratiques d'Israël dans les territoires palestiniens, estimant qu'elles constituent des "atteintes à la convention de Genève". L'organisation estime que la destruction d'habitations et le bombardement d'infrastructures palestiniennes "constituent des violations des règles de la 4e Convention de Genève" qui interdit toute punition collective et la destruction des biens sauf "nécessité absolue" pour des opérations militaires.

_4 février, Gaza. Cinq militants palestiniens, dont quatre membres de la branche armée du Front démocratique de libération de la Palestine (FDLP), tués dans l’explosion de leur voiture. Pour le ministre palestinien de l’information, Yasser Abed Rabbo, cette opération conduite par l’armée israélienne ”traduit la volonté de Sharon de poursuivre sa politique d’assassinats dans le cadre d’une stratégie destinée à tuer le processus de paix”.

_3 février, New York. ”Je condamne les attaques menées par des groupes terroristes contre des civils israéliens. Ces groupes ne représentent pas le peuple palestinien ou ses aspirations légitimes à la liberté. Ce sont des organisations terroristes et je suis déterminé à mettre fin à leurs activités", déclare Yasser Arafat dans une tribune publiée par le New York Times.

Le chef de l’Autorité palestinienne, qui dénonce "les constructions de colonies, les démolitions de maisons, les assassinats politiques [...] et d'autres humiliations quotidiennes" qui "n'apaisent pas la situation", affirme que les Palestiniens sont "prêts à s'asseoir avec n'importe quel dirigeant israélien, quelle que soit son histoire, pour négocier la liberté pour les Palestiniens, la fin complète de l'occupation, la sécurité pour Israël et trouver des solutions créatives à la situation critique des réfugiés tout en respectant les soucis démographiques d'Israël".#

"Une paix fondée sur la fin totale de l'occupation et un retour aux frontières de 1967, le partage de tout Jérusalem, cité ouverte et capitale de deux Etats, la Palestine et Israël", poursuit-il, cela pourra devenir réalité "quand Israël considérera les Palestiniens comme des égaux et non des assujettis".

>JANVIER   ATTENTATS TERRORISTES EN ISRAËL

_27 janvier, Jérusalem. Une femme kamikaze palestinienne fait exploser la charge explosive qu'elle transportait dans le centre de Jérusalem-ouest, tuant deux personnes et blessant des dizaines de personnes. L'attentat suicide s'est produit à quelques mètres seulement de la pizzeria Sbarro, où un kamikaze du mouvement islamiste Hamas avait tué 15 personnes le 9 août 2001.

_25 janvier, Tel-Aviv. Quelques heures après la mort de trois membres du Hamas tués par l'armée israélienne, un kamikaze palestinien se fait sauter dans un quartier populaire de la ville, blessant quatorze personnes, dont trois grièvement.

_25 janvier, Tel-Aviv. 52 officiers et soldats israéliens annoncent dans une pétition leur refus de ne plus se ”battre au-delà de la ligne verte [entre Israël et les territoires palestiniens] dans le but d’expulser, d’affamer et d’humilier [le] peuple” palestinien.

[Parlant de ”campagne politique”, le chef d’état-major de l’armée, Shaul Mofaf, s’est élevé, quelques jours plus tard, contre cette ” sérieuse rébellion”, ajoutant qu’il ”n’y a pas de place pour ce genre de phénomènes dans l’armée ou dans un pays démocratique en guerre”.]

_22 janvier, Jérusalem. Un attentat à l’arme automatique dans le centre de Jérusalem-Ouest fait trois morts, l'auteur tué par la police, et une trentaine de blessés, dont plusieurs grièvement. L'auteur de l'attentat appartenait aux Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, groupe armé lié au Fatah. Le mouvement islamique Hamas s'est, pour sa part, déclaré prêt à lancer "une guerre totale" contre Israël.

_21 janvier, Alexandrie (Egypte). Des dignitaires musulmans, chrétiens et juifs, réunis à Alexandrie à l’initiative de l’archevêque de Canterbury, Mgr George Carey, signent une déclaration indiquant que ”tuer des gens innocents au nom de Dieu, au nom de la religion, est une erreur, est un mal, que ce soit fait par les Palestiniens ou par les Israéliens”.

_20 janvier, Cité du Vatican. Jean-Paul II évoque avec ”tristesse […] la situation dramatique en Terre-Sainte", au Proche-Orient, où "les attaques et les représailles répétées sèment chaque jour le sang et la mort". "Cette logique perverse ne mène à aucune issue et il est douloureux de constater que les protagonistes du conflit ont pris une voie sans issue", ajoute le pape.#

_19 janvier, Ramallah. L’armée israélienne dynamite les locaux de la radio "Voix de la Palestine". Le chef de la diplomatie Shimon Peres met en garde Ariel Sharon, le premier ministre, contre une éventuelle expulsion de Yasser Arafat.

Le conseiller d'Arafat, Nabil Abou Roudeina, réclame des "sanctions internationales" contre Israël afin qu'il cesse ses "crimes contre le peuple palestinien".

_17 janvier, Paris. Selon Le Monde, le bureau du procureur de l’Etat d’Israël déconseille aux militaires israéliens de haut rang de se rendre dans au moins six pays européens - Espagne, Pays-Bas, Allemagne, Danemark, Belgique et Grande-Bretagne - où ces derniers risquent d’être arrêtés et jugés pour ”crimes de guerre” - accusation que le gouvernement israélien conteste.

”Nous sommes obligés de tenir compte de l’extension de compétence en matière de crime de guerre, voire de crime contre l’humanité, qui se dessine en Europe”, explique un officiel, qui ajoute cependant: ”Israël est un Etat de droit et un Etat démocratique. Autrement dit, en admettant que certains militaires ont commis des infractions à la loi israélienne ou internationale, il existe en Israël même tous les moyens juridiques de porter plainte et de faire condamner les responsables”.

La 4e Convention de Genève relative à la protection des civils en temps de guerre interdit la destruction de maisons par la puissance occupante, à moins qu’elle ne soit absolument nécessaire d’un point de vue militaire.

_17 janvier, Tel-Aviv. Un Palestinien ouvre le feu dans une salle de bal de la ville de Hadéra, au nord de Tel-Aviv, tuant six Israéliens avant d'être abattu, dans le premier attentat contre des civils au cœur d'Israël depuis plus d'un mois. L’auteur de la fusillade meurtrière était membre des Brigades des martyrs d’Al-Aqsa, liées au Fatah de Yasser Arafat. Opération de représailles immédiate dans les territoires palestiniens ainsi qu’à Ramallah où est installé le quartier général de Yasser Arafat.

[Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a condamné [le 18 janvier] ”avec la plus grande fermeté, comme il l'a toujours fait pour tous les assassinats aveugles de civils”, cette ”attaque meurtrière” et appelé Israéliens et Palestiniens au cessez-le-feu et au dialogue.]

_15 janvier. La police de l’Autorité palestinienne arrête, à Ramallah, en Cisjordanie, Ahmad Saadat, le chef du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP). Le FPLP a revendiqué l’assassinat, le 17 octobre 2001, du ministre israélien du tourisme, Rahavam Zeevi.

_11 janvier, Gaza. L’armée israélienne engage ”de lourdes représailles” dans la bande de Gaza, note le quotidien Le Monde : bombardement du port de pêche, aéroport rendu inutilisable, destruction de dizaines d’habitations de réfugiés à Rafah par des blindés.

_9 janvier, Gaza. Le mouvement de résistance islamique palestinien Hamas revendique l’attaque d’un poste de l’armée israélienne, en territoire israélien, à la limite de la bande de Gaza. L’attaque, condamné par l’autorité palestinienne, fait six morts : quatre militaires israéliens et les deux assaillants.

Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a condamné [le 11 janvier] cet ”acte de violence” et demandé aux Israéliens et Palestiniens de ”reprendre leur coopération en matière de sécurité”. En outre, il a déploré ”les nouvelles destructions de douzaines de maisons palestiniennes et de la piste d’atterrissage perpétrées par les Forces de défense israéliennes dans la bande de Gaza”, ajoutant qu’un ”tel châtiment collectif est contraire aux Conventions de Genève”.]

_6 janvier, Jérusalem. Inquiet de l’augmentation du nombre d’actes de violences visant des juifs ou des symboles juifs en Europe, le gouvernement israélien décide la création d’un Forum international de lutte contre l’antisémitisme.#