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2002-L'actualité des droits de l'homme dans le monde
:: LA LUTTE CONTRE LE TERRORISME 

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LE TERRORISME  DANS LE MONDE

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> DECEMBRE

_27 décembre, Grozny (Tchétchénie). Deux véhicules conduits par des kamikazes et bourrés d’explosif forcent les barrages de sécurité autour du siège du gouvernement prorusse de Tchétchénie que leur explosion détruit, faisant 46 morts et quelque 150 blessés. Cet attentat meurtrier, note Le Monde, dément la "normalisation" que prétend avoir instauré à Grozny le président Vladimir Poutine, trois ans après le début de la seconde guerre russe en Tchétchénie.

[Le président tchétchène, Aslan Maskhadov, qui se cache depuis trois ans dans le pays, appelle à ne pas donner prise à l’amalgame entre la résistance des indépendantistes à l’occupation russe et le terrorisme.]

_17 décembre, New York. Le groupe Al-Qaïda constitue toujours une menace mondiale contre la paix et la sécurité malgré les coups significatifs portés à son infrastructure, selon un rapport des Nations unies qui estime à quelque 10'000 le nombre de ses agents dans le monde. "Al-Qaïda est un mouvement de masse insidieux et aucun pays ou groupe de pays ne peut seul faire face aux problèmes qu'il pose", souligne le rapport, qui note que "Al-Qaïda semble avoir souffert de coups significatifs portés à sa structure mais il continue à poser une menace substantielle à l'échelle mondiale contre la paix et la sécurité".

"En dépit de succès significatifs dans les efforts pour contrer Al-Qaïda et ses alliés, le combat est loin d'être terminé. Il reste encore beaucoup de travail à faire", conclut le rapport. "Sans partage d'information à grande échelle, sans coopération policière et sans contrôles financiers complets au niveau international, Al-Qaïda continuera d'être capable de résister, de recruter et de se réarmer".

_15 décembre, New York. Les Etats-Unis ont établi une liste de 25 noms de chefs terroristes présumés que la Central Intelligence Agency (CIA) est autorisée à tuer, selon le quotidien américain New York Times. Le journal affirme que la liste comprend Oussama Ben Laden et son principal adjoint, Ayman Al-Zawahri, ainsi que d'autres responsables du réseau Al-Qaida et d'organisations terroristes qui lui sont affiliées.

_8 décembre, Kenya. Soulaimane Abou Ghaïth, un proche de Ben Laden, affirme [par la voie d'un enregistrement audio diffusé sur le site Internet www.jehadonline.org] de que "les deux opérations à Mombassa sont l'oeuvre d'Al-Qaida". "La nature de notre action nous a interdit dans la phase précédente de revendiquer nos opérations de jihad contre l'alliance croisée, mais nous nous trouvons aujourd'hui dans de meilleures circonstances nous permettant de le faire. [...] L'alliance des croisés et des juifs ne sera plus à l'abri des attaques des moudjahidin partout où elle se trouve. Nous allons frapper ses objectifs vitaux et ses projets stratégiques par tous les moyens disponibles", déclare Abou Ghaïth, en appelant les moudjahidin à "se préparer sérieusement à la prochaine étape, qui sera plus grande et plus grave". #

Evoquant l'Irak, il affirme "l'Amérique et ses alliés ne se préparent pas seulement à renverser le régime infidèle et son dictateur (Saddam Hussein), mais à [...] morceler ce grand pays, à piller ses richesses et à occuper une partie vitale de notre monde arabe, leur permettant de réaliser le rêve des occupants juifs d'établir leur grand Etat du Nil à l'Euphrate".

_4 décembre, Copenhague. Le Danemark refuse d'extrader vers la Russie le responsable tchétchène Akhmed Zakaïev, arrêté fin octobre à la demande de Moscou, estimant qu'il n'y avait pas de preuves suffisantes pour la justifier. Akhmed Zakaïev, émissaire du président indépendantiste tchétchène Aslan Maskhadov, est accusé par les autorités russes d'activités terroristes dans les années 1990, et jusqu'en 2001.

> NOVEMBRE

_28 novembre, Mombasa (Kenya). Double attaque anti-israélienne perpétrée dans la ville côtière de Mombasa. Tandis qu'une voiture bourrée d'explosifs est lancée contre un hôtel, le Paradise, qui venait d'accueillir 140 touristes venus d'Israël, un avion charter israélien , avec 261 passagers à bord, échappe à deux tirs de missiles, peu après avoir décollé de l'aéroport de Mombasa.

L’attentat contre l’hôtel a tué 16 personnes : 9 Africains, trois Israéliens et trois kamikazes. Les deux attaques, qui n'ont pas été revendiquées, sont attribuées à Al-Qaida. C’est au Kenya, en 1998, que le réseau terroriste de Ben Laden avait organisé une attaque à la bombe contre l’ambassade des Etats-Unis à Nairobi - attaque qui avait fait près de 200 morts.

_23 novembre, Paris. Nicolas Sarkozy écarte tout risque de "tentation sécuritaire", associé à la lutte antiterroriste en France, estimant que la sécurité n'est pas une "tentation" mais une "exigence". "Ce n'est pas la lutte contre le terrorisme qui présente un risque, c'est le refus de lutter contre le terrorisme qui serait la preuve d'un renoncement aux droits de l'homme", déclare le ministre de l'Intérieur lors d'un colloque organisé par le barreau de Paris sur le thème "terrorisme et droits fondamentaux".

_22 novembre, Washington. Les Etats-Unis annoncent avoir arrêté le responsable d'Al-Qaïda pour le Golfe, le Saoudien Abdel Rahim al-Nachiri. Selon un officiel américain, cette "arrestation constitue un très sérieux revers pour Al-Qaïda. C'est le dirigeant d'Al-Qaïda dans le Golfe et la péninsule arabique", "un expert en armes et un spécialiste de l'entraînement aux tactiques terroristes. Il a la réputation d'être un activiste sans pitié et un fidèle très engagé de ben Laden".

Abdel Rahim al-Nachiri, né à la Mecque, en Arabie saoudite, figurait sur une liste de 20 dirigeants d'Al-Qaïda recherchés par les Etats-Unis.#

_21 novembre, Djakarta. Imam Samudra, 35 ans, le principal responsable de l'attentat qui a fait plus de 190 morts le 12 octobre 2002 sur l'île de Bali, arrêté par la police indonésienne. Il est considéré comme un membre important de l'organisation islamiste Jamaah Islamiyah, qui serait liée au réseau terroriste Al-Qaïda.

_18 novembre, Londres. La menace d'attentats planifiés par le réseau Al-Qaida "est réelle et grave", déclare le premier ministre, Tony Blair, après l'inculpation de trois hommes soupçonnés de préparer un attentat au cyanure dans le métro londonien.

_15 novembre, New York. Le FBI (police fédérale) lance un message d'alerte sur le risque "d'attentat spectaculaire". "Dans le choix de ses prochaines cibles, des sources indiquent qu'Al-Qaida pourrait privilégier des attaques spectaculaires remplissant plusieurs critères : une forte valeur symbolique, de nombreuses victimes, des dégâts importants contre l'économie des Etats-Unis et un traumatisme psychologique maximum. L'aviation, le pétrole et le nucléaire demeurent en tête des priorités, de même que les grands sites touristiques".

_12 novembre, Washington. Le responsable de la sécurité intérieure à la Maison Blanche, Tom Ridge, confirme que la cassette audio diffusée par Al-Jazira provient bien du chef d'Al-Qaida, Oussama Ben Laden.

_12 novembre, Qatar. Dans un message audio diffusé par la chaîne de télévision qatarie Al-Jazira, un homme présenté comme Oussama Ben Laden avertit que les alliés des Etats-Unis seront la cible de nouveaux attentats s'ils continuent à soutenir "le gang des bouchers de la Maison Blanche". "Vos gouvernements ignorent-ils que [ce gang] est le plus grand boucher de notre époque ? [...] Pourquoi vos gouvernements devraient-ils s'allier à l'Amérique?", déclare l'homme dont la voix ressemble à celle de Ben Laden. "Tout comme vous tuez, vous serez tués", ajoute-t-il, en citant nommément "la Grande-Bretagne, la France, l'Italie, le Canada, l'Allemagne et l'Australie".

L’homme revendique les récentes attaques à Bali (attentat contre une discothèque), au Koweït (deux soldats américains tués), au Yémen (contre le pétrolier Limburg) et en Jordanie (assassinat d'un diplomate américain), en Tunisie (contre la synagogue de Djerba) ainsi que la prise d'otages menée par un commando tchétchène à Moscou.#

_10 novembre, Moscou. A la veille du sommet Union européenne-Russie, à Bruxelles, le président russe Vladimir Poutine rejette toute négociation avec les indépendantistes tchétchènes, qualifiant leur président Aslan Maskhadov d'assassin. "Ceux qui choisissent Maskhadov, choisissent la guerre. Ces gens seront considérés comme complices du terrorisme. A ceux qui continueront à nous appeler à négocier avec l'assassin, nous proposerons d'entrer en négociations avec Ben Laden et le mollah Omar".

_7 novembre, Washington. Selon Tom Ridge, responsable de la sécurité intérieure auprès de la Maison Blanche, Les Etats-Unis et les services secrets étrangers détiennent environ 2'700 membres présumés du réseau terroriste Al-Qaida dans le monde. Il affirme que Ben Laden est en vie.

[Selon le chef des services secrets allemands (BND), August Hanning, Ben Laden se trouve dans des régions frontalières entre l'Afghanistan et le Pakistan où il est "très bien protégé" et bénéficie "de nombreux soutiens".]

_8 novembre, Paris. Ronald Noble, secrétaire général d'Interpol, affirme, dans un entretien publié par le quotidien français Le Figaro, que "le champ de bataille" d'Al-Qaida "s'étend désormais à tous les pays et mobilise plusieurs groupes terroristes", sans que cela signifie nécessairement qu'il existe une "alliance au sommet" ou "un accord formel" entre différents groupes qui croient "à l'efficacité de la terreur" et ont "un même ennemi à abattre".

_8 novembre, Paris. Selon la police française, Nizar Nawar, le Tunisien auteur de l'attentat du 11 avril contre une synagogue à Djerba, Tunisie (19 morts), a reçu quelques heures avant de passer à l'action le feu vert du "chef des opérations extérieures" d'Al Qaïda basé à Karachi au Pakistan, Khaled Cheikh Mohammed.

_7 novembre, Jakarta. Arrestation d'un Indonésien de 35 ans, présenté, sous le nom d'Amrozi, comme l'instigateur de l'attentat à la voiture piégée qui a fait au moins 192 morts, le 12 octobre, devant une discothèque de Bali. Amrozi, originaire d'un village de l'est de l'île de Java, affirme qu'il "haïssait les Américains" et qu'il avait voulu "tuer le plus d'Américains possible".

La police indonésienne tente d'établir un lien entre cet homme et la Jamaah Islamiyah (JI), réseau terroriste régional qui serait lié à Al Qaïda et a été soupçonné dès le départ d'être impliqué dans l'attentat.

_6 novembre, Moscou. La lutte contre le terrorisme en Russie sera "impossible" tant que la guerre se poursuivra en Tchétchénie, estiment, dans une déclaration commune, des défenseurs russes des droits de l'homme qui réclament également une "enquête internationale" sur la prise d'otages de Moscou.

La déclaration est notamment signée par le député et ex-dissident soviétique, Sergueï Kovalev, le président de l'ONG "Pour les droits de l'Homme", Lev Ponomarev, le président du musée Sakharov, Iouri Samodourov, et le prêtre dissident Gleb Iakounine.#

"Nous considérons la prise d'otages de Moscou comme un acte de barbarie injustifiable. Dans le même temps, nous sommes persuadés que cet acte terroriste est la suite logique de la politique criminelle menée par les autorités russes depuis 1994 en Tchétchénie", début de la première guerre dans la république indépendantiste.

_5 novembre, Yémen. Un missile, tiré par un "drone" [avion sans pilote] de la CIA, détruit le véhicule où se trouvaient six membres présumés du réseau Al-Qaida, dont un haut responsable, Qaed Senan Al-Harthi.

_1er novembre, Moscou. La Douma (chambre basse du Parlement) vote une loi qui interdit aux journalistes de diffuser des informations "servant la propagande ou la justification d'activités extrémistes, y compris des déclarations de personnes visant : à empêcher une opération antiterroriste, à faire de la propagande à une telle opération".

Pour le porte-parole du gouvernement russe pour la Tchétchénie, Sergueï Iastrjembski, la nouvelle loi que fait qu'aligner la Russie sur des "pratiques observées à l'Ouest" : "Partout des règles strictes ont été établies, limitant l'accès des journalistes dans les zones d'opérations. Ce n'est pas la Russie qui établit de telles règles du jeu. Elles sont universelles".

 MOSCOU  _1er novembre, Moscou. Le chef de file des indépendantistes tchétchènes radicaux Chamil Bassaïev revendique la prise d'otages de Moscou et avertit que la guerre serait menée désormais par des commandos-suicides sur tout le territoire russe.

Dans un communiqué diffusé sur le site Internet kavkazcenter.com, Chamil Bassaïev déclare que son bataillon de martyrs "a mené une opération réussie dans le repaire de l'ennemi, en son coeur même, dans la ville de Moscou". "Le but de l'opération était d'arrêter la guerre, le génocide du peuple tchétchène, et, si cela [échoue], de montrer au monde entier que la direction russe peut tuer ses citoyens au centre de Moscou, sans hésitation ni regret, de la manière la plus cruelle".

> OCTOBRE

_30 octobre, Copenhague. Akhmed Zakaev, représentant du président indépendantiste Aslan Maskhadov, qui participait à Copenhague au premier "Congrès mondial tchétchène", arrêté à la demande de la Russie, qui l'accuse "d'être un des planificateurs de la prise d'otages à Moscou et d'avoir participé à plusieurs actions terroristes de 1996 à 1999". Son maintien en détention provisoire, jusqu'au 12 novembre, est justifié, selon la justice danoise, par "le risque de voir M. Zakaev échapper aux poursuites s'il était remis en liberté".#

 MOSCOU  _30 octobre, Moscou. Le ministre russe de la santé, Iouri Chevtchenko, affirme que le gaz utilisé contre le commando tchétchène était du fentanyl, une substance anesthésiante. "Je déclare officiellement qu'aucune substance pouvant tomber sous le coup des conventions internationales interdisant les armes chimiques n'a été utilisé durant cette opération".

Plusieurs experts mettent en doute cette déclaration et affirment que les forces russes ont eu recours à un autre anesthésique, l'halothane, associé peut-être au gaz incapacitant BZ.

 MOSCOU  _27 octobre. 117 otages (63 hommes et 54 femmes) sont morts pendant l'assaut , dont 115 en raison de l'absorption d'un gaz spécial - une "substance narcotique" qui est "utilisée pour l'anesthésie générale", selon les autorités - utilisé par les forces spéciales russes pour mettre fin à la prise d'otages par le commando tchétchène, indique le chef des services de santé de Moscou, Andreï Seltsovski. Des otages libérés ont retrouvé leurs proches, mais 646 autres sont encore hospitalisés, 150 étant en réanimation, parmi lesquels 45 dans un état grave.

-> André Glucksmann: ”Les Tchétchènes peuvent devenir fous de souffrance”

 MOSCOU  _26 octobre. Peu avant l'aube, les forces spéciales de sécurité russes prennent le contrôle du théâtre où un commando tchétchène retenait, depuis le 23 octobre, près de 800 personnes en otages. Selon un premier bilan, l’opération a entraîné la mort d’au moins 90 otages, mais en a libéré plus de 750 autres. 50 membres du commando tchétchène (18 femmes et 32 hommes), dont leur chef Movsar Baraev, ont été tués.

["En tant que société [russe], nous considérons la Tchétchénie comme une guerre lointaine, et nous considérons ce qui vient de se produire à Moscou comme du terrorisme, déclare Viktor Chenderovitch, écrivain et commentateur politique, à la radio Echo de Moscou. C'est une erreur inadmissible. Les morts d'aujourd'hui [dans le dénouement de la prise d'otages], sont des victimes de la guerre de Tchétchénie. Tant que la société russe continuera à considérer comme normal que tant de gens meurent en Tchétchénie, où nous nous livrons à des exactions, le terrain sera prêt pour le prochain acte terroriste".

L'écrivain appelle à un "réveil de la société russe qui est endormie, comme si elle aussi avait respiré un gaz". "Nous sommes les otages d'une guerre [de Tchétchénie] de voleurs, de bandits. La première guerre [1994-1996] était une guerre des trafics, la seconde guerre [en cours] aura été une guerre électorale", ajoute-t-il, en référence à l'ascension politique de Vladimir Poutine au moment où commençaient les opérations militaires dans le Caucase du Nord. [Le Monde, 27-28 octobre 2002].

_26 octobre, New York. Les Nations unies ajoutent l'organisation Jamaah Islamiyah sur sa liste noire de groupes terroristes liés à Al-Qaïda. #

_25 octobre, Washington. La Jemaah Islamiyah ["Communauté islamique"] officiellement classée comme "organisation terroriste" par le département d'Etat américain.

 MOSCOU  _23 octobre. Un commando d'une cinquantaine de rebelles tchétchènes, armés et bardés d'explosif, investit un théâtre du sud-est de la ville et retient en otages près de 800 personnes qui assistaient à une représentation de la comédie musicale Nord-Ost. Les terroristes, dirigés par Movsa Baraev [neveu du chef de guerre tchétchène Arbi Baraev tué par les forces fédérales russes en juin 2001, près de Grozny], demandent "la fin de la guerre" en Tchétchénie et donnent un ultimatum de sept jours à Vladimir Poutine pour ordonner "le retrait des forces russes hors de Tchétchénie".

"La guerre de Tchétchénie fait irruption au centre de Moscou", écrit Le Monde, qui note que "cette prise d'otages intervient peu après le troisième anniversaire d'une guerre dans laquelle les combats ne paraissent nullement en voie de cessation".

_23 octobre, Paris. Dans une enquête sur les "nouveaux fronts asiatiques du terrorisme ", Le Monde relève que "l'islamisme radical vient d'ouvrir un nouveau front: l'Extrême-Orient".

" De l'attentat du 12 octobre à Bali, en Indonésie, à ceux qui ont [lieu] au Philippines, est visée une zone où règne depuis cinquante ans une manière de pax americana. Et les soupçons se portent, sinon directement sur Al-Qaida, du moins sur une nébuleuse de militants islamistes [membres de groupes informels, non centralisés, sans structure ni véritable hiérarchie, mais très déterminés] qui répondent aux mêmes motivations - la haine de l'Ouest -, usent de la même violence et rêvent de propager leur vision de l'Islam en Indonésie - le plus grand pays musulman du monde -, aux Philippines et en Malaisie.

_19 octobre, Djakarta. Les autorités indonésiennes arrêtent Abou Bakar Bachir, chef présumé de la Jemaah Islamiyah. Ce religieux musulman, qui dirige une école dans le centre de Java et admire en Oussama Ben Laden un "vrai combattant musulman", est soupçonné de liens avec l'organisation terroriste Al-Qaïda.#

Les polices d'Indonésie, de Singapour, des Philippines et de Malaisie recherchent Riduan Isamuddin, alias Hanbali, alias Nurjaman, un homme que les services de renseignements régionaux et américains considèrent comme l'opérateur-clé du réseau régional lié à Al-Qaida.

_14 octobre, New York. Aux Nations unies, les quinze membres du Conseil de sécurité adoptent une résolution qualifiant l’attentat de Bali de ”menace contre la paix et la sécurité internationales”.

-> La résolution des Nations unies

 BALI  _14 octobre, Washington. Le président George W. Bush estime que "L'attentat de Bali semble être un acte terroriste du type d'Al-Qaida […]. Cela ressemble à un scénario d'attentats où l'ennemi, bien qu'il soit en fuite, tente une fois de plus d'effrayer et de tuer des gens aimant la liberté."

 BALI  _14 octobre, Djakarta. "L'explosion de Bali est liée à Al-Qaida en collaboration avec des terroristes locaux. […] Je suis sûr que le réseau Al-Qaida est réellement présent en Indonésie.", déclare Matori Abdul Jalil, ministre indonésien de la défense.

_14 octobre, Qatar. Un communiqué attribué à Oussama Ben Laden, est diffusé par deux sites Internet et lu par la télévision qatarie Al-Jazira : "Nous félicitons la nation musulmane pour les opérations audacieuses et héroïques de djihad [guerre sainte] que nos fils courageux ont perpétré au Yémen, contre un pétrolier chrétien, et au Koweït, contre les forces d'occupation et d'agression américaines". "[La] priorité dans cette guerre doit viser les infidèles, les Américains et les juifs."

 BALI  _14 octobre, New York et Genève. Kofi Annan condamne l'attentat de Bali - un "acte brutal et inhumain" -, et souligne le besoin de coordonner les efforts dans la lutte contre le terrorisme. Il dénonce de telles attaques contre les civils, "qui bafouent toutes les normes morales", et qui n'ont aucune justification idéologique.

"Ces événements tragiques soulignent l'importance de la coopération entre les Etats dans la lutte contre le terrorisme et pour la défense des droits de l'homme, de la liberté et de la primauté du droit", affirme le secrétaire général des Nations unies.

Pour sa part, à Genève, le haut commissaire des nations unies pour les droits de l'homme, Sergio Vieira de Mello, affirme que le terrorisme, qui touche des innocents, constitue "une atteinte à l'humanité toute entière" et une "violation essentielle de nos droits les plus fondamentaux".

 BALI  _12 octobre. Un attentat à la voiture piégée contre une boîte de nuit, à Kuta, fait au moins 190 morts, quelque 300 blessés et des dizaines de disparus. Nombre des victimes sont des touristes, notamment Australiens. #

En l'absence de toute revendication, les présomptions se tournent vers la mouvance islamiste en Indonésie, le plus grand pays musulman du monde, et particulièrement vers l'organisation Jemmah Islamiyah, qui entretient des liens avec les réseaux d'Al-Qaida.

L'attentat, qui survient après des actes terroristes au Yémen (le 6 octobre, contre le superpétrolier français Limburg, dans le golfe d'Aden) et au Koweït (le 8 octobre, contre des soldats américains) fait craindre une vaste offensive d'Al-Qaida, en particulier en Europe, note Le Monde.

-> Les éditoriaux de Libération et du Monde

_8 octobre, Qatar. Dans un enregistrement sonore diffusé par la télévision Al-Jazira, l'Egyptien Aymar Al-Zawahri, adjoint de Ben Laden, conseille à "l'Amérique et à ses alliés" de "quitter rapidement la Palestine, la péninsule arabique, l'Afghanistan et tous les pays musulmans avant qu'ils ne perdent tout." L'enregistrement ajoute : "Nous avons adressé quelques messages aux alliés de l'Amérique […], notamment un message à l'Allemagne et un autre à la France."

> SEPTEMBRE

_23 septembre, Copenhague. "La lutte contre le terrorisme doit être fondée sur les principes de la charte des Nations unies et sur les normes de base du droit international", affirment les dirigeants de dix pays asiatiques et de l'Union européenne (UE) réunis à Copenhague pour un sommet Asie-Europe.

D'une manière générale, la guerre contre le terrorisme "réclame une approche globale de la communauté internationale comprenant des moyens politiques, économiques, diplomatiques, militaires et légaux en accord avec nos lois nationales, et prenant en compte les causes profondes du terrorisme sans qu'elles ne servent de justification aux activités criminelles ou/et terroristes", souligne une déclaration commune.

_16 septembre, Islamabad. Ramzi ben Al-Shaiba, soupçonné d'être le coordinateur des attentats commis par Al Qaïda le 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, ainsi que quatre autres membres présumés d'Al-Qaïda, remis aux autorités américaines au Pakistan.

_14 septembre, Alger. L'Union Africaine (UA) adopte un plan d'action contre le terrorisme qui comporte une série de "mesures concrètes", qui concernent la police et le contrôle aux frontières, ainsi que des volets judiciaires, financiers, sur les échanges d'informations et sur la coordination aux niveaux régional, continental et international.#

_13 septembre, Karachi. Les services de sécurité américains annoncent la capture, au Pakistan, de Ramzi Ben Al-Shaiba, un Yéménite de 30 ans considéré comme l'un des principaux organisateurs des attentats du 11 septembre 2001. Selon le président pakistanais, le général Pervez Moucharraf, dix autres suspects ont été arrêtés au cours de l'opération, "un Egyptien, un Saoudien et huit Yéménites".

La une de l'hebdomadaire The Economist, septembre 2002

La une de l'hebdomadaire The Economist, septembre 2002.

_11 septembre, New York. Un an après les attentats de Washington et New York, de multiples cérémonies commémoratives ont eu lieu aux Etats-Unis. New York a célébré dans le silence, le recueillement et l'émotion ce premier anniversaire. Des milliers de personnes se sont recueillies autour du trou béant laissé par le World Trade Center, simplement pour "dire adieu".

"Nous n'abandonnerons pas avant que justice soit faite et que notre pays soit en sécurité", a déclaré George W. Bush. C'est d'Ellis Island, l'île du port de New York vers laquelle étaient dirigés les immigrants venus d'Europe, à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, et avec la statue de la Liberté illuminée en arrière-plan, que le président américain s'est présenté en défenseur du monde contre les terroristes et les tyrans: "Nous sommes soutenus par une grande coalition de pays pour débarrasser le monde du terrorisme. Et nous ne laisserons aucun tyran ou terroriste menacer la civilisation avec des armes de destruction massive".

La guerre contre le terrorisme, a-t-il ajouté, est une cause "plus vaste" que l'Amérique. "Notre cause est celle de la dignité humaine: de la liberté guidée par la conscience et gardée par la paix".

_11 septembre, Nations unies. Dans une déclaration solennelle prononcée par le Président bulgare Giorgi Parvanov, le Conseil de sécurité des Nations unies réaffirme sa détermination de poursuivre inlassablement sa lutte contre le terrorisme et rappelle "la menace du terrorisme [est] réelle, le défi immense, et la lutte de longue haleine".

_11 septembre, New York. Dans une intervention à l'occasion des cérémonies de commémoration du premier anniversaire des attentats terroristes du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, Kofi Annan affirme que ce jour-là, "c'est la planète toute entière qui a été endeuillée par la douleur, par solidarité avec les Etats-Unis, mais aussi en raison des pertes partagées avec ce pays".#

-> Le message de Kofi Annan

_11 septembre, Londres. "Quand vous bombardez l'Afghanistan, le Soudan ou l'Irak, vous vous exposez à des représailles", déclare Omar Bakri, l'un des fondateurs du mouvement islamiste Al-Mouhadjiroun, et organisateur d'une conférence, à la mosquée londonienne de Finsbury Park, destinée à lancer officiellement le Conseil islamique de Grande-Bretagne (ICB), "pour représenter la véritable position islamique sur des sujets qui affectent les musulmans à la fois en Grande-Bretagne et à l'étranger".

"Les Etats-Unis ont sur les mains le sang de plus de huit millions de morts en raison de leur politique étrangère de ces dernières années, dont au moins trois millions de musulmans", indique une déclaration publiée à l'issue de la réunion.

_9 septembre, Qatar. La chaîne qatarie Al-Jezira diffuse un enregistrement sonore, non daté, dans lequel Ben Laden revendique les attentats de New York et de Washington. Le chef du réseau Al-Qaida cite les noms de certains auteurs présumés de ces actes, dont celui de Mohamed Atta qui, explique-t-il, "a dirigé le groupe qui a détruit la première tour" du World Trade Center. Ben Laden cite aussi "Ziad Al-Jarrah, du Liban, Marwan Al-Shehi, des Emirats arabes unis, qui a détruit la deuxième tour, et Hani Hanjour, de Taëf, en Arabie Saoudite, qui a détruit le Pentagone". Puis il rend hommage à ces "hommes qui ont changé le cours de l'Histoire et purifié la nation [arabo-islamique] de la souillure des dirigeants traîtres et de leurs acolytes".

-> Les ”scoops” d’Al Jazira

_8 septembre, Le Caire. La guerre américaine contre des pays arabes ou musulmans va réveiller "le géant endormi" des forces islamiques qui croyaient jusqu'à présent à une coexistence pacifique avec l'Occident, affirme Mahfouz Azzam, responsable islamiste et vice-président du parti du Travail, une formation égyptienne aujourd'hui suspendue. "Le 11 septembre a été un moment clé de l'histoire mondiale", et les attentats "ont montré que la vraie bataille oppose la civilisation occidentale à l'islam, et cela de l'aveu même de George W. Bush".

Mahfouz Azzam est l'oncle de l'Egyptien Ayman al-Zawahri, bras droit de Ben Laden.

_7 septembre, New York. Le Congrès américain tient une séance symbolique à New York, au Federal Hall, pour réaffirmer sa foi inébranlable dans l'Amérique, à honorer la mémoire des victimes et des héros des attentats du 11 septembre et montrer leur détermination à gagner la "guerre contre le terrorisme." Nous sommes tous déterminés, au nom du principe de la liberté et pour la cause de la civilisation, à triompher", déclare le chef de la minorité démocrate à la Chambre des représentants, Richard Gephardt.#

_5 septembre, Kaboul. A quelques jours de l'anniversaire de l'assassinat du chef de l'Alliance du Nord, Ahmed Chah Massoud, le 9 septembre 2001, deux attaques terroristes frappent l'Afghanistan: un attentat à la voiture piégée fait, à Kaboul, une trentaine de morts; à Kandahar, président afghan Hamid Karzaï échappe de peu à une tentative d'assassinat. Les autorités afghanes accusent Al-Qaïda, sans preuves.mollah Omar

_3 septembre, Afghanistan. Des imprimés de la taille d'un dollar, écrits notamment en pashtoune et montrant la photographie du chef taliban mollah Omar, largués par avion au sud de l'Afghanistan par les Américains. Le texte indique qu'une récompense pouvant aller jusqu'à 5 millions de dollars sera offerte à tout détenteur d'une "information pouvant conduire à l'arrestation de talibans ou de leaders d'Al-Quaeda".

> AOUT  

_31 août, New York. Selon un rapport d'experts adressé au Conseil de sécurité des Nations unies, les infrastructures du réseau Al-Qaida sont intactes. Un an après les attaques aux Etats-Unis, le réseau terroriste de Ben Laden "s'est reconstitué, a gagné de nouvelles recrues" et constitue toujours une "menace significative pour la paix et la sécurité internationales", affirme ce rapport, qui sera remis le 4 septembre au Conseil de sécurité par le "groupe de suivi" constitué le 16 janvier 2002 pour vérifier l'application des résolutions des Nations unies dans la lutte antiterroriste.

Le réseau, "une série de cellules [...] dans au moins 40 pays", aurait "transféré la plupart de ses activités financières en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie". Il resterait très présent aux frontières de l'Afghanistan, surtout au Pakistan, et se serait implanté en Occident via des filières d'immigration depuis l'Asie centrale, la Turquie et les Balkans, consacrant "des efforts particuliers en Europe et aux Etats-Unis" pour enrôler "des résidents -qui- n'ont pas besoin de visa pour voyager".

Le rapporteur britannique, Michael Chandler, indique qu'"on peut penser qu'Al-Qaida prépare de nouvelles attaques" et "se rende maître", à l'avenir, "d'agents chimiques et biologiques" et puisse mener "des cyber-attaques" [Source : Le Monde, 1.2 septembre 2002]

_28 août, Détroit. Les autorités américaines inculpé six personnes qu'elles soupçonnent de soutenir le réseau Al-Qaïda, pour de "futures actions terroristes à l'intérieur des Etats-Unis et à l'étranger". Cinq hommes d'origine arabe ont été inculpés à Detroit, le sixième à Seattle. Selon l'acte d'inculpation, la cellule de Detroit fait partie du réseau islamiste "Salafiyya", une branche de l'islam fondamentaliste sunnite.#

Les six hommes sont accusés d'avoir "fourni un soutien matériel ou des ressources à des terroristes, de s'être engagés dans des activités frauduleuses en utilisant à mauvais dessein des visas, des permis et d'autres documents".

_25 août, Kaboul. Le chef du commandement central de l'armée américaine, Tommy Franks, déclare si Oussama Ben Laden "est vivant", sa capture ou sa mort n'est "qu'une question de temps". "Nous n'avons pas vu de preuve convaincante" quant à sa mort, reconnaît-il. "Maintenant, vais-je dire où je pense qu'il se trouve en ce moment ? Non, parce que je ne veux donner à personne une quelconque alerte".

_19 août, Washington. Selon l'hebdomadaire Newsweek, un mémorandum confidentiel des Nations unies révèle que des centaines de prisonniers de guerre, transportés de la ville afghane de Kunduz, où ils s'étaient rendus aux forces du chef de guerre ouzbek Abdul Rachid Dostom, vers la prison de Sheberghan, dans la région de Mazar-e-Charif [nord du pays], sont morts, en novembre 2001, lors d'un transfèrement dans des camions sans aération. Leurs corps auraient été enterrés dans une fosse commune à Dasht-e-Leili, à quelques kilomètres de la base de Sherberghan.

Selon le mémorandum confidentiel des Nations unies, la découverte des fosses pourrait justifier "l'ouverture d'une enquête criminelle officielle". Un témoin, cité dans le document, fait état de 960 morts.

-> L’enquête de Newsweek

_19 août, Ramallah(Cisjordanie). Le journal palestinien Al-Ayyam annonce la mort, à Bagdad, dans des circonstances mystérieuses, de Sabri al-Banna, 65 ans, chef du Fatah-Conseil révolutionnaire (Fatah-CR), connu sous son nom de guerre d'Abou Nidal ("le père de la lutte" en arabe).

Responsable de nombreux attentats, notamment en Europe entre 1970 et 1985, le Fatah-CR figure sur la liste des organisations terroristes publiée par les Etats-Unis. Le groupe, qui a fait scission du Fatah de Yasser Arafat en 1974 et changé plusieurs fois d'alliés dans le monde arabe, a fait quelques 900 victimes, tués et blessés, dans une vingtaine de pays.#

_17 août, Ryad (Arabie saoudite). Réplique de la presse saoudienne à la plainte américaine: "Beaucoup parmi ceux que l'Amérique pourchasse aujourd'hui pour terrorisme sont sortis des camps d'entraînement américains", écrit Al-Watan, qui rappelle que les Etats-Unis ont armé les moudjahidines qui combattaient les troupes soviétiques en Afghanistan. "Par conséquent, les familles des victimes des attaques du 11 septembre devraient déposer une plainte contre les Etats-Unis et non contre les Saoudiens".

_15 août, Washington. Plus de 600 proches des victimes des attentats américains du 11 septembre 2001 déposent une plainte civile contre le Soudan, trois princes de la famille royale saoudienne (le ministre saoudien de la Défense, Sultan Ben Abdel Aziz, l'ancien chef des services de renseignement Turki Al-Fayçal Al-Saoud, et Mohammad Al-Fayçal Al-Saoud, le directeur de la Faisal Islamic Bank), sept banques internationales, huit organisations caritatives islamiques, ainsi que le groupe de construction immobilière de la famille Ben Laden, le Saudi Bin Laden Group, les accusant d'avoir participé au financement occulte du réseau terroriste Al-Qaïda.

Au titre des fondations et organisations caritatives islamiques, on trouve l'International Islamic Relief Organization, Muslim World League, Al-Haramain Islamic Foundation Inc, Benevolence International Foundation, the World Assembly of Muslim Youth.

La plainte, déposée par un collectif - "Familles du 11 septembre unies pour ruiner le terrorisme" -, vise également Oussama Ben Laden, chef du réseau terroriste Al-Qaïda, son demi-frère Tarek, et la milice des talibans. Les plaignants, qui sont de sept nationalités différentes, réclament des dommages et intérêts excédant 100'000 milliards de dollars. "Les terroristes étaient fautifs, amis ceux qui les ont aidés, encouragés et permis de commettre cet acte le sont encore plus", déclare Matthew Sellito, père de l'une des victimes.

> MAI   

_23 mai, Berlin. Prenant la parole devant le Bundestag (Parlement allemand), le président américain Bush exhorte l’Europe à combattre la ”nouvelle menace totalitaire”. Il inscrit la lutte contre le terrorisme dans la suite des grands combats que les Américains et les Européens ont menés ensemble contre le nazisme, puis contre le communisme.

-> "... l'axe du Mal, appelez ça comme vous voulez..."

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> AVRIL

_2 avril, Washington. Les Américains confirment l’arrestation au Pakistan, fin mars, de l'un des principaux adjoints de Ben Laden, Abu Zubaydah, 32 ans, Palestinien né en Arabie saoudite. Le porte-parole présidentiel, Ari Fleischer, précise que les Etats-Unis "pensaient que l'un des individus capturés par les autorités pakistanaises lors de raids récents (dans l'est) était Abu Zubaydah", parlant de "sérieux coup" porté au réseau terroriste Al-Qaida.

_1er avril. La police pakistanaise arrête16 hommes soupçonnés de liens avec le réseau Al-Qaida.

_14 mars, New York. Amnesty International dénonce les conditions de détention des prisonniers du 11 septembre. "Dans les deux mois ayant suivi les attaques du 11 septembre, plus de 1 200 étrangers ont été arrêtés aux Etats-Unis. Leurs droits élémentaires ont été bafoués", écrit l’organisation dans un rapport rendu public aux Etats-Unis.

> MARS

_11 mars, New York. A 19h, deux colonnes de lumière symbolisant les tours du World Trade Center s’élèvent dans le ciel de la ville, à partir de ”Ground Zero. L’opération ”Hommage de lumière”, imaginé par des artistes et des architectes, va durer 32 jours, tous les soirs.

>FÉVRIER

_21 février, La Mecque (Arabie saoudite). Devant plus de deux millions de musulmans rassemblés pour leur pèlerinage annuel, le cheikh Abdel Aziz Ben Abdallah al-Cheikh, grand mufti d'Arabie saoudite, rejette les accusations de terrorisme contre l'islam. "Il est injuste de qualifier l'islam de terroriste", déclare-t-il, soulignant que "le terrorisme est la tyrannie et l'injustice" : "Quel rapport y a-t-il entre le terrorisme et une religion qui a ordonné le respect de la vie humaine [...] et la justice, une religion qui fait prévaloir la paix sur la guerre?".

_14 février, Genève. Dans un entretien accordé au quotidien Le Temps, Mary Robinson dénonce le "tout répressif" depuis le 11 septembre et constate que, dans bien des pays, les libertés individuelles sont bafouées sur l'autel de la lutte antiterroriste. "Nous devrions nous intéresser aux causes profondes du terrorisme".

_7 février, Washington. Après un vif débat au sein de l’administration américaine et les protestations de plusieurs pays européens, Georges Bush décide que les combattants talibans pourront bénéficier de la protection de la 3e Convention de Genève sur le traitement des prisonniers de guerre. En revanche, les membres d’Al-Qaida, le mouvement terroriste de Ben Laden, n’en bénéficieront pas.

La Croix-Rouge rappelle que ”toute personne arrêtée dans le cadre d’un conflit international est présumé prisonnier de guerre”, et la Commission internationale des juristes juge la décision du président américain ”incorrecte juridiquement”.

_7 février, Nations unies, New York. La lutte menée actuellement contre le terrorisme international ne doit pas affaiblir le régime de protection juridique dont bénéficient les réfugiés et les candidats à l'asile, averti Ruud Lubbers. Le haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés invite les gouvernements à ne pas prendre des mesures discriminatoires contre les réfugiés sur la base de leurs religions, origine nationale ou affiliation politique, et réitère sa demande pour que la détention des candidats à l'asile "constitue l'exception, pas la règle".#