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L'actualité des droits de l'homme > Guerre en Irak |
> DECEMBRE _31 décembre, Paris. La guerre contre l'Irak, qu'une grande partie de l'administration américaine semble avoir entériné, aura-t-elle lieu, interroge le quotidien Le Monde. "Que diront les inspecteurs de l'Onu dans leur rapport final, dont la remise est fixée au 27 janvier [2003] ? Quelle sera l'attitude de la France [qui prend, le 1er janvier 2003, la présidence du Conseil de sécurité] si les Etats-Unis maintiennent leur détermination ?" Les Américains ont déjà mobilisé 70'000 hommes dans le Golfe, notamment aux frontières du Koweït et de la Turquie, et ils annoncent un renfort de 50'000 hommes fin janvier 2003. Les Britanniques annoncent qu'ils seraient prêts à aligner 50'000 hommes. _31 décembre, Crawford (Texas). Georges Bush "espère toujours que la situation concernant l'Irak puisse être résolue pacifiquement". Le président américain rappelle l'exigence des Etats-Unis : que Saddam Hussein "désarme et se débarrasse de ses armes de destruction massive." _31 décembre, New York. Kofi Annan se déclare satisfait des conditions faites par l'Irak aux inspecteurs en désarmement des Nations unies et juge injustifié, à ce stade, une offensive armée contre l'Irak. "L'Irak coopère et [les inspecteurs] sont en mesure d'accomplir leur travail sans entrave; par conséquent, je ne vois aucune justification à une initiative militaire maintenant." _29 décembre, Washington. Le secrétaire d'Etat américain Colin Powell avertit que la crise avec l'Irak ne pourra "durer indéfiniment". Il indique que les troupes américaines sont prêtes à agir contre l'Irak. "Nous agissons prudemment, nous mettons nos forces en position, afin d'être prêts à faite tout cde qui pourrait être nécessaire". _28 décembre, Washington. George Bush réaffirme,
dans un message radiodiffusé, la détermination des
Etats-Unis à "faire face à la menace de violence
catastrophique que représente l'Irak net ses armes de destruction
massive". "Il incombe au dictateur irakien de révéler
et de détruire son arsenal d'armes. S'il refuse, les Etats-Unis,
au nom de la paix, conduiront une coalition pour désarmer
le régime et libérer le peuple irakien, ajoute,
le président américain." _22 décembre, Bagad. L'Irak affirme que les inspecteurs en désarmement des Nations unies ont mis en évidence les "mensonges et allégations infondées" des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne sur les armes irakiennes. "Après 24 jours d'inspections, qui ont pratiquement couvert tous les sites mentionnés dans les rapports (américains et britanniques) et après la remise de la déclaration irakienne à l'Onu le 7 décembre, leurs mensonges et allégations sans fondement ont été mis en évidence", déclare le général Amer Al-Saadi, conseiller du président irakien. "L'Irak n'a plus de documents sur ses programmes à vocation militaire à remettre à l'ONU". Il réaffirme la disponibilité de l'Irak "à travailler et coopérer avec [les experts des Nations unies] pour trouver les moyens de résoudre les questions de désarmement en suspens". _20 décembre, Paris. Le monde arabe se résigne à une guerre contre l'Irak, titre Le Monde. Les capitales du monde arabe n'ont pas vraiment réagi au compte aux propos de Hans Blix, le chef des inspecteurs en désarmement des Nations unies, qui estimait que l'Irak avait "manqué une occasion". Il n'y a pas eu non plus de commentaires aux propos de Colin Powell parlant de "violation patente" de la résolution 1441 de l'ONU. "A l'évidence, le monde arabe semble s'être résigné à une intervention américaine". _19 décembre, Washington. Les Etats-Unis accusent jeudi l'Irak d'être en "violation patente" de la résolution 1441 du Conseil de sécurité des Nations unies qui exige son désarmement. "Il y a des omissions qui, selon nous, constituent des violations patentes" de cette résolution, déclare le secrétaire d'Etat américain Colin Powell. "Si le désarmement de l'Irak ne peut être fait pacifiquement, cela sera fait par la force", souligne-t-il, en déclarant toutefois que les Etats-Unis n'avaient pas de date butoir pour décider ou non d'une intervention militaire et faisaient "tout pour éviter une guerre". En déclarant l'Irak en "en violation patente"
de la résolution de l'Onu pour sa déclaration truffée
de "tous et de carences", les Etats-Unis ont rendu plus
probable une intervention miliaire, note le quotidien Le Monde,
qui relève que l'analyse américaine n'est pas reprise
par ses alliés ou partenaires au sein du Conseil de sécurité.
La France, en particulier, estime qu'on ne peut parler,
à ce stade, de "violation patente" et qu'il revient
aux inspecteurs des Nations unies de l'établir. Pour sa
part, l'Irak qualifie d'"allégations"
les accusations américaines. _19 décembre, Nations unies (New York). Hans Blix, chef de la Commission de contrôle, de vérification et d'inspection des Nations unies l'ONU, déclare que la Déclaration de l'Irak sur son Pour sa part, Mohamed El Baradei, directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) affirme les autorités de Bagdad n'avaient toujours pas présenté les preuves tangibles de l'élimination de toutes leurs armes de destruction massive. "Plus on aura d'informations sur la question, plus notre tâche deviendra simple et facile", a-t-il indiqué, réitérant que l'AIEA aurait besoin de "détails supplémentaires" concernant le désarmement nucléaire iraquien. _18 décembre, Le Caire. Près de 160 intellectuels et activistes arabes et européens lancent un mouvement de protestation contre une guerre américaine en Irak. L'ancien président algérien Ahmed Ben Bella accuse les Etats-Unis de vouloir mener "une neuvième croisade contre les Arabes", à l'ouverture d'une conférence de deux jours au Caire, organisée par le "Comité populaire égyptien de lutte contre l'agression américaine en Irak". 1_8 décembre, Londres. La Grande-Bretagne juge que la déclaration remise par l'Irak le 7 décembre n'est pas celle "complète et entière exigée par la résolution 1441" de l'Onu. Selon le ministre britannique des Affaires étrangères Jack Straw, elle comporte au contraire "des omissions évidentes", et les affirmations selon lesquelles l'Irak ne produit plus d'armes de destruction massive sont "un mensonge évident". > NOVEMBRE _23 novembre, Bucarest (Roumanie). Alors que les inspecteurs
des Nations unies intensifient leurs préparatifs à
Bagdad en vue de la reprise des inspections en vue du désarmement
en Irak, George Bush, en visite à Bucarest, adresse
une nouvelle mise en garde au président irakien Saddam
Hussein, qualifié de "dictateur agressif". "Par ses efforts d'acquisition d'armes dévastatrices, par ses liens avec des groupes terroristes, par le développement de missiles balistiques interdits, le dictateur irakien menace la sécurité de chaque nation libre, y compris celle des nations européennes", déclare le président américain, qui ajoute : "Le Conseil de sécurité des Nations unies et maintenant l'Otan ont parlé d'une seule voix: le régime irakien doit s'auto-désarmer. Sinon, nous allons diriger une coalition de nations déterminées, pour désarmer ce régime au nom de la paix". _18 novembre, Bagdad. Arrivée à Bagdad de Hans Blix, chef de la Commission de surveillance, de vérification et d'inspection des Nations unies (Cocovinu), et du directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), l'Egyptien Mohammed el-Baradeï. Ils sont accompagnés d'une équipe logistique d'une vingtaine de personnes. _14 novembre, New York. L'Irak accepte sans réserve la résolution du Conseil de sécurité. "Nous sommes préparés à recevoir les inspecteurs afin qu'ils puissent remplir leur devoir et s'assurer que l'Irak n'a pas développé d'armes de destruction massive depuis leur départ en 1998", a écrit le ministre irakien des affaires étrangères Naji Sabri, dans une lettre adressée aux Nations unies. "Le travail des inspecteurs confirmera que, depuis" ce départ, "l'Irak n'a jamais produit et n'a pas non plus été en possession d'armes de destruction massive, nucléaires, chimiques ou biologiques". Le ministre rappelle dans sa lettre que son pays attend une levée de l'embargo international qui lui est imposé par les Nations unies depuis 1990. Une seconde lettre sera envoyée prochainement, faisant part des "observations" du gouvernement irakien sur la résolution, ajoute Naji Sabri, affirmant que certaines de ses dispositions étaient "contraires au droit international, à la Charte des Nations unies, ainsi qu'à de précédentes résolutions pertinentes du Conseil de sécurité". _12 novembre, Bagdad. Le Parlement irakien rejette la résolution du Conseil de sécurité, mais laisse à Saddam Hussein le soin de l'accepter ou de la refuser. Pour le président du Parlement, Saadoun Hammadi, le texte des Nations unies est "une atteinte à la souveraineté" de l'Irak et un "préambule à la guerre". _11 novembre, Washington. Georges Bush rappelle la position américaine: "Nous ne permettrons pas à un dictateur qui a utilisé des armes de destruction massive de menacer l'Amérique". _9 novembre, Washington. Selon le New York Times,
le président Bush aurait arrêté, il
y a plusieurs semaines, son plan d'attaque contre l'Irak
- intervention qui mobiliserait de 200'000 à 250'000 hommes
et débuterait par une campagne aérienne de moins
d'un mois. _9 novembre, Le Caire. Les ministres des affaires étrangères de la Ligue arabe accueillent "favorablement [...] l'acceptation par l'Irak de la résolution 1441, à la suite des assurances de la Syrie", membre du Conseil de sécurité, "que cette résolution ne prévoit pas d'action militaire automatique". _9 novembre, Bagdad. L'Irak qualifie de "mauvaise et injuste" la résolution du Conseil de sécurité, mais indique qu'il "examinera tranquillement" le document et "fera connaître [sa] réponse [ ] dans les prochains jours". _8 novembre, New York. Le Conseil de sécurité des Nations unies vote à l'unanimité une résolution (1441), présentée par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, renforçant les conditions d'inspection du désarmement en Irak et donnant à Saddam Hussein "une dernière possibilité de s'acquitter" de ses obligations. Toute nouvelle violation, qui aura "graves conséquences", sera rapportée au Conseil qui se réunira "immédiatement [...], afin d'examiner la situation". La Syrie, seul pays arabe du Conseil, a soutenu la résolution. L'Irak a sept jours pour accepter la résolution, trente jours pour faire une déclaration complète et exacte de ses programmes de développement d'armements biologiques, chimiques et nucléaires ainsi que de son programme de missiles balistiques, et 45 jours pour accueillir les experts en désarmement de la Commission de contrôle de vérification et d'inspection des nations unies (COCOVINU) et de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). George W. Bush. "Les Nations Unies ont fait preuve du leadership dicté par leur charte, a-t-il dit. [...] Le monde s'est uni pour dire que le régime hors-la-loi de l'Irak ne sera pas autorisé à développer ou détenir des armes chimiques, biologiques ou nucléaires [...] L'Irak peut être certain que le jeu habituel de tricherie et d'esquive, qui a été autrefois toléré, ne sera plus toléré". Si l'Irak n'obéit pas, ajoute-t-il, les Etats-Unis et d'autres pays le désarmeront. Tony Blair. Bagdad ne doit avoir "aucun doute" sur le fait qu'il sera désarmé "par la force" s'il refuse de se plier à la résolution des Nations unies. Jacques Chirac. La décision du Conseil de sécurité offre "une chance au désarmement de l'Irak dans la paix". "C'était le sens de l'action de la France depuis l'origine", souligne-t-il, tout en avisant l'Irak qu'il "est temps" de coopérer. _6 novembre, New York. Les Etats-Unis présentent
au Conseil de sécurité un projet de résolution
révisé destiné à durcir le régime
des inspections en désarmement en Irak et offrant "une
dernière chance" à l'Irak de se conformer"
aux résolutions des Nations unies. Le projet indique que de fausses affirmations ou des omissions de la part des Irakiens concernant leurs armes de destruction massive ou un manquement dans leur coopération avec les inspecteurs en désarmement des Nations unies constitueraient une "violation patente supplémentaire" - violation qui serait alors "rapportée au Conseil pour être évaluée". _4 novembre, Bagdad. Saddam Hussein en affirme être prêt à accepter nouvelle résolution du Conseil de sécurité des Nations unies, à condition que celle-ci ne puisse servir de prétexte aux Etats-Unis pour attaquer son pays. "Si une résolution est adoptée, qui respecte la Charte de l'ONU, le droit international, la souveraineté, la sécurité et l'indépendance de l'Irak, et qui ne couvre pas les visées belliqueuses des Etats-Unis, [l'Irak la prendra] en considération". _3 novembre, Le Caire. Saddam Hussein affirme que son pays se prépare à une offensive américaine "comme si elle devait avoir lieu dans une heure". Le président irakien, assure, dans une interview à l'hebdomadaire égyptien Elosboa, qu'une guerre "ne sera pas une promenade pour les soldats américains et britanniques" et avertit les Etats-Unis que "l'Irak ne sera jamais comme l'Afghanistan". > OCTOBRE _21 octobre, Washington. Nous donnons encore une chance à la diplomatie. Je crois que le monde libre, sil le veut, peut désarmer [Saddam Hussein] pacifiquement, déclare Georges Bush, ajoutant que si le dirigeant irakien se plie à toutes les exigences des Nations unies, "cela sera en soit la preuve que le régime a changé". _17 octobre, Nations unies. Un accord se dessine entre les Etats-Unis et les autres membres du Conseil de sécurité sur la question irakienne, après trois semaines de négociations au siège des Nations unies. Le projet de résolution ne prévoira pas le recours automatique à la force en cas de non-respect par Saddam Hussein de ses obligations, mais, en revanche, il permettra au Conseil de sécurité de se réunir à nouveau pour "considérer la situation". Les américains précisent toutefois qu'il se réservent le droit de recourir à la force au nom de la légitime défense. _17 octobre, Beyrouth. Jacques Chirac affirme que, dans la crise irakienne, "la France met tout en uvre pour que la légalité internationale soit respectée, et la moralité aussi". "Le désarmement irakien est un impératif indiscutable", a-t-il reconnaît le président français. "On ne peut tolérer que l'Irak fasse fi de ses obligations et constitue une menace pour la paix et la stabilité". Mais l'action de la communauté internationale doit se placer dans le strict cadre de l'ONU qui "seule assure la légitimité de toute action". "Toutes les résolutions doivent être appliquées" mais "rien que les résolutions", ajoute-t-il. "L'option militaire, ultime recours, n'est pas une fatalité. Faisons d'abord le pari de la responsabilité et de la sécurité dans la paix." _17 octobre, Bagdad. "La question irakienne n'est plus une question qui concerne l'Irak, elle n'est plus une question arabe, elle est désormais au centre de la lutte entre le bien et le mal", déclare Saddam Hussein. Evoquant une possible guerre entre l'Irak net les Etats-Unis, il avertit que "le sang appellera le sang", et accuse "les administrations américaines successives d'avoir été un jouet aux mains du lobby sioniste". _16 octobre, New York. Débat public du Conseil de sécurité sur l'Irak, à l'initiative du mouvement des non-alignés. Kofi Annan demande qu'une "dernière chance" soit accordée au régime irakien : "Rien ne doit entraver les inspecteurs (en désarmement), le Conseil [de sécurité] n'attend rien de moins et peut décider d'adopter une nouvelle résolution renforçant la marge de manoeuvre des inspecteurs afin qu'il n'y ait aucune ambiguïté ou aucun point faible", déclare le secrétaire général des Nations unies. _16 octobre, Bagdad. Seul candidat à sa succession, le président irakien Saddam Hussein, 65 ans, réélu pour sept ans avec 100 % des voix et un taux de participation de 100 %, annonce le numéro deux du régime, également président de la commission électorale, Izzat Ibrahim. En 1995, Saddam Hussein avait été réélu avec 99,96 % de oui. Les médias officiels irakiens présentent cette consultation comme "la réponse des Irakiens aux menaces américaines et sionistes". Ce scrutin était "pour dire "oui" à Saddam Hussein, mais surtout pour opposer un grand "non" à George W. Bush", remarque une jeune électrice de Takrit, région natale du président irakien, citée par l'Agence France-Presse. "En une phrase, elle a résumé le sens que Bagdad voulait surtout donner à ce référendum présidentiel. Avec le compte à rebours de la guerre qui semble avoir été lancé à Washington, cette consultation a en effet pris l'allure d'un défi ouvert aux Etats-Unis." _16 octobre, Washington. "J'espère que l'usage
de la force ne sera pas nécessaire, mais nous devons faire
face à la menace posée par l'Irak par tous les moyens
possibles", déclare George W. Bush, devant
des élus démocrates et républicains réunis
à la Maison Blanche pour la cérémonie de
signature de la résolution du Congrès l'autorisant
à utiliser la force contre Bagdad. _15 octobre, Alexandrie. De passage en Egypte, où il assiste à l'inauguration de la bibliothèque d'Alexandrie, Jacques Chirac déclare que "cette région n'a pas besoin d'une guerre supplémentaire si on peut l'éviter. L'éviter serait dans l'intérêt de la région, de la morale et d'une certaine idée de l'ordre international où chacun doit être respecté." "Si nous n'y arrivons pas, ajoute le président français, la France en tant que membre du Conseil de sécurité, et membre permanent, prendra ses responsabilités. _11 octobre, Washington. Jimmy Carter, ancien président, prix Nobel de la paix 2002, affirme qu'il appartient aux Nations unies de gérer la crise avec l'Irak: "Tout cela doit être fait à travers les Nations unies et non pas, unilatéralement, par les Nations unies". Il ajoute: ""Nous ne pouvons pas nous soustraire à l'obligation de travailler au Conseil de sécurité des Nations unies, d'attendre que nous y obtenions la condamnation de Saddam Hussein, de le forcer, à travers les Nations unies, à se plier à des inspections militaires illimitées et de nous assurer qu'il détruise toutes ses armes de destruction massive, ainsi que ses capacités de production d'armes nucléaires, dans l'avenir". _11 octobre, New York. D'après le New York Times, les Etats-Unis envisagent l'installation d'une administration militaire directe de l'Irak après le renversement de Saddam Hussein, le temps d'organiser la transition vers un pouvoir civil. Le plan américain s'inspirerait de "différents modèles historiques", dont celui du Japon et de l'Allemagne après la seconde Guerre mondiale. D'après le quotidien new-yorkais, l'ensemble du processus pourrait durer plusieurs années. Les dirigeants irakiens seraient jugés pour crimes de guerre par une juridiction spéciale, telle que le tribunal de La Haye, chargé des cimes de guerre dans l'ex-Yougoslavie. _11 octobre, Washington. George Bush obtient le feu vert du congrès pour un recours à la force contre l'Irak. Après la Chambre des représentants, le Sénat (à majorité démocrate) vote une résolution lui permettant d'utiliser la force "comme il le juge nécessaire et approprié pour défendre la sécurité nationale contre la menace continuelle posée par l'Irak" et "faire appliquer toutes les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies concernant l'Irak". "Avec le vote du Sénat des Etats-Unis, l'Amérique parle d'une seule voix", déclare le président américain. "Le Congrès a exprimé clairement à la communauté internationale et au Conseil de sécurité des Nations unies que Saddam Hussein, et son régime hors la loi, représentent une sérieuse menace pour la région, le monde et les Etats-Unis", souligne-t-il, ajoutant que "l'inaction n'est pas une option et que le désarmement [de l'Irak] est impératif". Intitulée "Autorisation de l'usage de la force
militaire contre l'Irak", cette résolution autorise
George Bush "à avoir recours aux forces armées
des Etats-Unis comme il le juge nécessaire et approprié".
Elle stipule cependant qu'une éventuelle intervention militaire
contre l'Irak ne doit pas empêcher la poursuite de la guerre
contre le terrorisme international, et demande au président
d'informer, au moins une fois tous les 60 jours, le Congrès
sur l'usage qu'il fait de cette autorisation de recourir à
la force. _7 octobre, Cincinnati (Ohio). George Bush qualifie le président irakien de "tyran meurtrier, qui a déjà utilisé des armes chimiques pour tuer des milliers de personnes", assurant que Saddam Hussein et ses "combattants de la guerre sainte nucléaire" mettent en place un programme de construction d'armes nucléaires. "Si nous permettons que cela arrive, une ligne terrible sera franchie. [...] Saddam Hussein serait alors en position de faire du chantage à quiconque s'oppose à ses agressions." Pour le président américain, Saddam Hussein représente la plus grande menace pour la paix mondiale. Il est donc impératif de désarmer l'Irak, faute de quoi les Etats-Unis "mèneront une coalition pour le désarmer". _3 octobre, Washington. Georges Bush exige des Nations unies une nouvelle résolution montrant à l'Irak "qu'il n'y a pas d'autre choix que de se plier à toutes les demandes du Conseil de sécurité [ ] et que le temps qu'il lui reste pour faire ce choix est limité." L'Allemagne et la France s'opposent à l'adoption par le Conseil de sécurité d'une nouvelle résolution plus contraignante et prévoyant un recours à la force. "Nous sommes tout à fait hostiles à ce qu'une résolution indique dès maintenant le caractère automatique d'une intevention militaire", déclare le président français Jacques Chirac. _3 octobre, New York. Hans Blix, le chef des inspecteurs
en désarmement des Nations unies annonce qu'il ne commencera
pas ses inspections en Irak sans l'aval du Conseil de sécurité,
précisant qu'il "travaillait en accord avec le Conseil".
Kofi Annan précise, de son côté, qu'il
appartient au conseil de décider si l'adoption d'une nouvelle
résolution est nécessaire ou non avant le départ
des inspecteurs pour Bagdad. _2 octobre, Washington. La Chambre des représentants autorise Georges Bush à employer la force pour "défendre la sécurité des Etats-Unis contre la menace que représente l'Irak" et pour faire respecter "toutes les résolutions des Nations unies concernant ce pays." Le Sénat, où l'opposition démocrate est majoritaire, doit encore confirmer la résolution des parlementaires. Le président américain rappelle que "le respect total de toutes les exigences des nations unies est le seul choix" pour l'Irak, et ajoute que "le temps qui reste pour faire ce choix est limité". "Saddam Hussein doit désarmer, point à la ligne". _1er octobre, Vienne. Accord entre les Nations
unies et l'Irak sur les modalités du retour des inspecteurs
en désarmement, en Irak, après une absence de près
de quatre ans. _1er octobre, Washington. Les Etats-Unis évoquent ouvertement la possibilité de l'assassinat de Saddam Hussein par des Irakiens. Selon le porte-parole de la présidence américaine, Ari Fleischer, "Saddam Hussein s'est fait beaucoup d'ennemis en Irak et il est impossible pour un dictateur brutal de se maintenir infiniment quand il tue et torture ses propres citoyens et fait violer les femmes en public devant les membres de leur famille". [...] "Tout changement de régime (en Irak) est le bienvenu, quelle qu'en soit la forme". A Washington, le secrétaire d'Etat Colin Powell affirme que les Etats-Unis s'opposeront à tout retour des experts onusiens tant qu'une résolution ne serait pas adoptée par le Conseil de sécurité. _1er octobre, Bagdad. Saddam Hussein, cité par la télévision satellitaire irakienne, appelle les Etats-Unis à changer de politique envers l'Irak, affirmant que l'Amérique "ne réussira pas" à s'opposer au monde entier, "quelle que soit sa puissance": "L'Amérique est devant un choix : ou bien continuer sur la même voie, ou bien répondre à la question posée par plusieurs personnalités américaines, à savoir : "pourquoi sommes-nous détestés par le monde entier ?" _1er octobre, Washington. Le secrétaire d'Etat
américain Colin Powell demande aux inspecteurs en désarmement des Nations unies de suspendre leur éventuel retour en Irak. Dans l'attente de "nouvelles résolutions et directives [du Conseil de sécurité] qui pourraient le contraindre à modifier [leurs] plans". "Les inspecteurs doivent pouvoir aller partout, à n'importe quel moment, parler à qui ils doivent parler, avoir accès aux documents qu'ils doivent voir afin de trouver ce que les Irakiens ont bien pu faire" > SEPTEMBRE _28 septembre. Manifestations à Washington (quelques milliers de manifestants), Londres (près de 200'000 personnes), Rome et Madrid, contre "la guerre du pétrole". _27 septembre, New York. Les Etats-Unis souhaitent voir adopter par le Conseil de sécurité une résolution fixant deux ultimatums à l'Irak: sept jours pour fournir la, liste de ses armements, vingt trois autres jours pour ouvrir aux inspecteurs onusiens l'accès à tous les sites qu'ils voudraient visiter. Le texte stipule que, l'Irak étant déjà en "infraction matérielle" vis-à-vis des résolutions des Nations unies, une "violation flagrante" par Saddam Hussein du régime de contrôle onusien autoriserait tout Etat qui le souhaite à intervenir militairement. La Chine, la Russie et la France expriment leur opposition à ce projet de résolution. Aux Etats-Unis, le président Bush doit faire face à des critiques grandissantes. _25 septembre, Paris. Les préparatifs d'une guerre contre l'Irak, avec ou sans le feu vert des nations unies, s'accélèrent, écrit le quotidien Le Monde. "Les raids aériens se sont intensifiés ces dernières semaines pour détruire les postes de commandement de l'armée de Saddam Hussein. Parallèlement, soixante mille soldats américains seront installés dans la région à la mi-octobre et de nouvelles bases [militaires] sont en construction." _24 septembre, Londres. "Saddam Hussein continue à développer des armes de destruction massive au moyen desquelles il peut infliger des dégâts réels à la région, ainsi qu'à la stabilité mondiale", déclare le Tony Blair en présentant un rapport établi par son gouvernement. Selon ce rapport, lIrak serait en mesure de fabriquer des armes atomiques dans un ou deux ans. Il disposerait dores et déjà darmements chimiques et biologiques susceptibles dêtre déployés en 45 minutes. Le tableau est devenu plus inquiétant depuis quelques mois, assure le premier ministre britannique. _23 septembre, San Francisco. Al Gore, ancien
candidat démocrate à la présidentielle, critique
la nouvelle stratégie internationale du président
Bush. Notant qu'en un an "la sympathie" envers les
Etats-Unis est devenue de "la peur", il relance le débat
américain sur le bien-fondé d'une guerre préventive
contre le régime irakien."[...] Le mouvement dans
lequel nous nous embarquons au sujet de l'Irak peut nuire sérieusement
à notre capacité de gagner la guerre contre le terrorisme
et affaiblir notre capacité de diriger le monde en ce nouveau
siècle." _23 septembre, Copenhague. Jacques Chirac renouvelle sa mise en garde aux Etats-Unis. "La France est opposée à tout acte unilatéral. Il appartient au Conseil de sécurité, et à lui seul, d'assumer le cas échéant la responsabilité d'une décision après en avoir débattu et après avoir voté selon les règles." Soulignant les "risques et dangers d'une action de ce type, des risques militaires mais aussi des risques politiques, le président français rappelle les "conséquences que ce genre d'action peut avoir sur la cohésion de la coalition internationale contre le terrorisme, ainsi que sur les conséquences dans la région et en particulier dans le monde arabe." _19 septembre, Washington. "Si les Nations Unies ne s'attaquent pas au problème, les Etats-Unis et certains de nos alliés le feront", déclare George W. Bush, qui demande au Congrès de l'autoriser "à utiliser tous les moyens qu'il jugera appropriés, y compris la force, pour faire appliquer les résolutions des Nations Unies" _19 septembre, Nations unies. Devant l'Assemblée générale de l'organisation, le ministre irakien des affaires étrangères Naji Sabri, lisant une lettre de Saddam Hussein, affirme que l'Irak ne possède pas d'armes de destruction massive: "L'Irak n'a pas d'armes nucléaires, chimiques et biologiques". _18 septembre, Nations unies. Première rencontre entre le chef des inspecteurs en désarmement, le Suédois Hans Blix, et des responsables irakiens sur les modalités pratiques d'une reprise des inspections en Irak. Les discussions se poursuivront dans la première semaine d'octobre à Vienne (Autriche). _17 septembre, New York, Accueillie avec soulagement par les pays arabes, la volte-face irakienne sur les inspections a mis à mal la cohésion affichée depuis quelques jours par les "Cinq Grands" membres permanents du Conseil de Sécurité (Etats-Unis, Chine, France, Royaume-Uni, Russie) pour faire preuve de la plus grande fermeté à l'égard de Bagdad, commente l'Agence France-Presse. Les Etats-Unis, qui demandent aux Nations unies de ne "pas
se faire avoir", souhaitent une nouvelle résolution
du Conseil de sécurité, mais la Russie, affirmant
qu'il faut dorénavant juger l'Irak sur des résultats,
y est opposée. La France a également pris ses distances
avec Washington, alors que la Chine jugeait positive la lettre
de Bagdad. Seule la Grande-Bretagne continue à se ranger
derrière la position américaine. _17 septembre, New York. Les ministres de la Ligue arabe demandent à "tous les Etats" de cesser de menacer d'employer la force contre l'Irak et "de respecter la souveraineté, l'indépendance et l'intégrité territoriale" de l'Irak. _16 septembre, Nations unies. Dans une lettre remise à Kofi Annan, le gouvernement irakien annonce qu'il accepte le retour sans condition des inspecteurs en désarmement des Nations unies. Cette décision est accueillie avec scepticisme par les Etats-Unis, qui la qualifient de "mouvement tactique dans l'espoir d'éviter une action ferme du Conseil de sécurité". "C'est au Conseil de sécurité de décider ce qu'il entend faire maintenant", déclare le secrétaire général des Nations unies, précisant que Hans Blix, le président de la Commission de contrôle, de vérification et d'inspection des Nations unies et son équipe étaient prêts à reprendre le travail. _13 septembre, Bagdad. L'Irak rejette les sommations le pressant de respecter "immédiatement et sans conditions" ses engagements en matière de désarmement. "Nous n'acceptons pas les conditions posées par [George Bush] [...]. Tout retour sans condition des inspecteurs [des Nations unies] ne résoudra pas le problème [...]. Les Etats-Unis cherchent à contrôler l'Irak et son pétrole et veulent protéger Israël", déclare le vice-Premier ministre irakien Tarek Aziz dans une interview à une télévision arabe.
_12 septembre, Nations unies. Le président américain
Bush prononce, devant la 57e Assemblée générale
des Nations unies, à New York, un discours empreint de
fermeté, tant à l'égard du régime
irakien, qualifié de "très dangereux"
et de "menaçant", et contre lequel "une
action [est] inévitable", qu'à l'égard
des Nations unies, à qui il a demandé de faire respecter
les résolutions votées. _12 septembre, Nations unies. Kofi Annan presse les Etats-Unis de respecter le cadre des institutions internationales dans leurs décisions à l'encontre du régime irakien, dont il exhorte les dirigeants à accepter les inspections de désarmement. Si l'Irak "continue de braver le conseil de sécurité, celui-ci devra faire face à ses responsabilités". _12 septembre, Washington. Les Etats-Unis publient un rapport [Intitulé: "Une décennie de tromperies et de provocations"], détaillant les violations répétées par l'Irak de 16 résolutions du Conseil de Sécurité de l'ONU depuis onze ans, et accusant le président Saddam Hussein de chercher à se doter d'armes de destruction massive, y compris nucléaires. "Saddam Hussein a continué à défier les inspecteurs en désarmement de l'ONU depuis plus d'une décennie et il continue ses efforts pour développer ou acquérir des armes de destruction massive, y compris des armes biologiques chimiques et nucléaires ainsi que des missiles prohibés à longue portée et d'autres vecteurs", affirme le document. Le rapport s'appuie sur des informations connues, en se référant notamment à des rapports des inspecteurs des Nations unies, à l'étude sur l'armement irakien publié par l'Institut international pour les Etudes stratégiques (IIES) de Londres et sur le dernier rapport du Département d'Etat américain sur les droits de l'homme. _10 septembre, New York. Selon Hans Blix, chef des inspecteurs du désarmement de l'Irak, la mission des Nations unies qu'il préside (Unmovic), ne dispose pas de "preuves" du réarmement de l'Irak. "Si j'avais une preuve solide de ce que l'Irak a conservé des armes de destruction massive ou est en train d'en construire, j'en ferais rapport au Conseil de sécurité".
_11 septembre, New York. Répondant à un
journaliste de la chaîne BBC, Kofi Annan rappelle,
à propos de la crise irakienne, que le Conseil de sécurité
a, "lui seul, la légitimité nécessaire
pour agir en cas de menace contre la paix et la sécurité
internationales". "Il n'y a pas d'autre alternative
que d'aller devant le Conseil de sécurité",
ajoute le secrétaire général des Nations
unies. _10 septembre, Amman. L'Irak prôné des attaques contre des intérêts et des personnels américains et britanniques, si les Etats-Unis et la Grande-Bretagne lui font la guerre. "Nous sommes pour une mobilisation des moyens irakiens contre l'agression et les agresseurs, mais nous appelons aussi les masses arabes à [...] viser les intérêts matériels et humains des agresseurs, partout où ils sont implantés", déclare le vice-président Taha Yassine Ramadan, après un entretien avec le roi Abdallah II de Jordanie. "La religion confère à l'Irak le droit de se défendre et, si c'est le cas, tous les citoyens arabes, où qu'ils soient, ont le droit de lutter par tous les moyens à leur disposition contre l'agresseur en visant ses représentants sur leur territoire, a-t-il ajouté. C'est légitime." _8 septembre, Washington. Les Etats-Unis prêts
à agir seuls. "Le président se réserve
le droit d'agir sur ce problème au nom des Etats-Unis,
si nécessaire", déclare Condoleezza Rice,
conseillère de M. Bush pour la sécurité nationale.
"Le président conservera toute son autorité
et ses options pour agir d'une manière appropriée
et unilatéralement, afin de nous défendre"
souligne, pour sa part, le secrétaire d'Etat, Colin
Powell, qui précise que l'objectif des Etats-Unis n'est
pas seulement le retour en Irak des inspecteurs en désarmement
des Nations unies, mais bien le désarmement du pays et
le renversement de Saddam Hussein. "Le meilleur moyen d'obtenir
le désarmement est un changement de régime. Ne rien
faire n'est plus une option". _9 septembre, New York. Le président Jacques Chirac estime, dans une interview publiée dans le New York Times, qu'une solution militaire en Irak n'est pas "impossible" à condition qu'elle soit décidée par la communauté internationale. "Si une action militaire doit être engagée, elle doit l'être sous la responsabilité de la communauté internationale, c'est-à-dire avec une décision du Conseil de sécurité" des Nations unies. "Il faut être un peu prudent", ajoute le président français, mettant en garde contre une action unilatérale des Etats-Unis contre l'Irak qui "risquerait de mettre en cause la solidité de la cohésion de la coalition" internationale contre le terrorisme. _7 septembre, Castelgandolfo (Italie). Jean Paul II
appelle la communauté internationale à "prendre
de nouvelles initiatives créatives, politiques, diplomatiques
et économiques, visant à mettre fin à des
situations scandaleuses de grave injustice, d'oppression et de
marginalisation" à travers le monde. Le premier anniversaire des attentats du 11 septembre "nous rappelle que le millénaire qui vient de débuter présente de grands défis", déclare le pape qui estime que "l'Histoire montre effectivement que le recrutement de terroristes se fait plus facilement dans des régions où les droits de l'homme sont foulés aux pieds et où l'injustice fait partie de la vie quotidienne".
_7 septembre, Paris. Dans un entretien au quotidien Le Monde, le secrétaire d'Etat américain, Colin Powell, défend l'"objectif" du président George W. Bush d'empêcher le régime irakien d'acquérir des armes de destruction massive. Selon lui, ce but peut être atteint par l'envoi d'inspecteurs de l'ONU, si ceux-ci sont libres d'"aller n'importe où et n'importe quand sur le territoire irakien", ou par le renversement du régime de Saddam Hussein, qualifié de "voyou". Le chef de la diplomatie américaine minimise les "désaccords" entre Washington et plusieurs capitales européennes. Il promet de larges consultations sur une intervention militaire contre l'Irak tout en soulignant qu'en dernière instance le gouvernement américain sera fidèle à sa "position de principe". _6 septembre, Washington. George W. Bush exhorte [par téléphone] les présidents français, russe et chinois à faire front commun avec lui pour éliminer "les menaces à la paix mondiale" de l'Irak, sans réussir, note l'Agence France-presse, " à apaiser leurs réserves voire leur opposition à un éventuel recours à la force". [Le président français Jacques Chirac a rappelé
au président américain qu'il appartenait au Conseil
de sécurité des Nations unies de décider
d'éventuelles mesures contre Bagdad. Pour sa part, le président
russe Vladimir Poutine a émis "des sérieux
doutes concernant la justification de frappes contre l'Irak tant
du point de vue du droit international que sur le plan politique
global".] _5 septembre, Le Caire. La Ligue arabe estime que "le retour [en Irak] des inspecteurs [du désarmement des Nations unies] constituerait un pas important pour vérifier et montrer au monde entier s'il y a ou non violation des résolutions du Conseil de sécurité". Les pays arabes continueront à oeuvrer "pour prévenir toute action militaire, car nous pensons qu'une confrontation ouvrirait les portes de l'enfer au Proche-Orient."
Dans une lettre remise aux parlementaires, le président américain rappelle que les sénateurs et les députés avaient adopté, en 1998, l'Irak Liberation Act, qui pose les bases de la politique américaine de "changement de régime" dans ce pays. George W. Bush présentera le 12 septembre, à l'Assemblée générale des Nations unies, son argumentaire sur la question irakienne. "J'exposerai clairement aux Nations unies ce que je pense". _3 septembre, Londres. Le premier ministre britannique, Tony Blair, annonce qu'un dossier prouvant le réarmement de l'Irak serait publié "dans les prochaines semaines". Il réaffirme son soutien à la politique du président Bush. La communauté internationale continue de se diviser sur une éventuelle offensive. _3 septembre, Johannesburg. Le vice-Premier ministre
irakien Tarek Aziz indique que son pays "pourrait
envisager" un retour à Bagdad des inspecteurs en désarmement
des Nations unies "dans le cadre d'un règlement global".
Les Etats-Unis expriment des doutes sur la sincérité
des déclarations irakiennes. Au Caire, le chef de la diplomatie danoise Per Stig Moeller, dont le pays préside l'Union européenne, réaffirme qu'il revenait au Conseil de sécurité des Nations unies de décider les mesures concernant l'Irak, lequel "doit respecter" les résolutions des Nations unies. Les monarchies du Conseil de coopération du Golfe (Arabie saoudite, Koweït, Emirats, Qatar, Oman et Bahreïn) s'élèvent contre "toute action militaire contre un quelconque pays musulman ou arabe, y compris l'Irak", mais appellent les Irakiens à "coopérer pleinement avec l'Onu pour régler la question de l'inspection de l'armement". > AOUT _ 29 août, Paris. Jacques Chirac prend ses distances avec la position américaine sur l'Irak : il condamne toute éventuelle action militaire "unilatérale et préventive" des Etats-Unis contre l'Irak, affirmant que cette décision appartient au Conseil de sécurité si Bagdad refuse le retour des inspecteurs en désarmement des Nations unies. "On voit poindre la tentation de légitimer l'usage unilatéral et préventif de la force, déclare le président français. "Cette évolution est inquiétante. Elle est contraire à la vision de la sécurité collective de la France, une vision qui repose sur la coopération des Etats, le respect du droit et l'autorité du Conseil de sécurité." "Nous rappellerons ces règles chaque fois que nécessaire, et notamment à propos de l'Irak. Si Bagdad s'obstine à refuser le retour sans conditions des inspecteurs, il faudra alors que le Conseil de sécurité, et lui seul, soit en mesure de décider des mesures à prendre." _29 août, San Antonio (Texas). Dick Chenay réaffirme la nécessité d'une action préventive contre l'Irak et accuse le président irakien de "chercher à dominer tout le Proche-Orient" et à soumettre le monde au "chantage nucléaire". "Il n'y a pas de doute que Saddam Hussein dispose d'armes de destruction massive et qu'il est en train de les amasser pour les utiliser contre nos alliés et contre nous-mêmes, déclare le vice-président américain, ajoutant : "Il ne faut pas que nous nous dérobions et que nous laissions à une future administration le soin de régler ce problème". _26 août, Washington. Face à la critique émanant des rangs mêmes des républicains, Richerd Cheny réaffiorme lobjectif du changement de régime en Irak et la doctrine de la prévention. Pour le vice-président américain, les dangers que représente Saddam Hussein imposent une action préventive contre Bagdad: Saddam Hussein va assez rapidement acquérir des armes nucléaires. [...] On peut sattendre quil cherchera alors à dominer tout le Proche-Orient et à prendre le contrôle dune grande parti des réserves mondiales de pétrole. _22 août, Londres. Une intervention militaire contre l'Irak serait moins "justifiée" si Bagdad acceptait le retour sur son territoire des experts du désarmement, déclare le secrétaire anglais au Foreign Office, Jack Straw. Saddam Hussein représente une menace "à la fois en raison de ses capacités [militaires] et de ses antécédents", souligne-t-il, mais "le meilleur moyen de tenter d'isoler et de réduire cette menace est d'introduire [en Irak] des inspecteurs du désarmement." _21 août, Crawford (Texas). George Bush écarte l'hypothèse d'une offensive à court terme contre l'Irak. "Nous examinerons toutes les options et nous envisagerons toutes les technologies dont nous disposons, ainsi que la diplomatie et le renseignement, déclare le président américain, mais une chose est sûre : cette administration considère que Saddam Hussein représente une menace". George Bush assure que les Etats-Unis "prendront au sérieux toutes les menaces et continueront à consulter leurs amis et alliés, étant entendu qu'un "changement de régime [en Irak] est dans l'intérêt du monde". Il qualifie de "baratin" la "frénésie" de discussions, dans les médias américains, au sujet d'une action militaire en Irak. _17 août, Washington. Les Etats-Unis poursuivent leurs préparatifs en vue d'une action militaire contre le régime irakien, en dépit des oppositions formulées dans le camp même des Républicains - notamment par l'ancien conseiller pour la sécurité nationale Bent Scowcroft, qui servit sous le père de l'actuel président Bush, et par Henry Kissinger qui appelle la Maison Blanche à prendre le temps de la réflexion. Condoleezza Rice, conseillère du président Bush pour la sécurité affirme, pour sa part, dans un entretien accordé à la BBC que l'Irak est l'exemple même de danger justifiant une action préventive. "Laissé à lui-même, [Saddam Hussein, le chef de l'Etat irakien] va faire des ravages sur sa propre population, sur ses voisins et, s'il se dote d'armes de destruction massive et des moyens de les transporter sur nous tous. [ ] Nous ne pouvons nous payer le luxe de ne rien faire". Elle ajoute : "L'histoire est jonchée de situations où l'inaction a eu de graves conséquences pour le monde". _15 août, Londres. "L'Occident doit comprendre qu'une nouvelle attaque contre l'Irak est une attaque contre tous les musulmans. Les musulmans du monde entier sont unis dans leur condamnation de toute action militaire contre l'Irak", affirme une déclaration signée par des leaders islamistes radicaux vivant en Grande-Bretagne, parmi lesquels le Cheikh Omar Bakri, chef du groupe fondamentaliste Al-Mouhadjiroune. La déclaration, intitulée "Verdict islamique",
appelle les musulmans à se battre contre leurs "ennemis
communs". "Cela va se matérialiser dans la défense
de la vie, de l'honneur et de la richesse des musulmans, partout
et chaque fois qu'ils seront attaqués. Il s'agit d'un devoir
divin, les musulmans n'ont pas le choix". "Nous croyons
fermement que les politiques hostiles et les déclarations
irresponsables d'hommes politiques américains évoquant
une croisade contre l'Islam et les musulmans peuvent seulement
conduire à un désir plus profond de représailles",
ajoute la déclaration. |