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__La guerre anglo-américaine en Irak : opération "Liberté de l’Irak"

Jeudi 20 mars 2003 [heure de Paris]

La une du Nouvel Observateur, 20 mars 2003.

La une du Nouvel Observateur, 20 mars 2003.

- 2 heures. Expiration de l'ultimatum de George Bush à Saddam Hussein. L'ultimatum de 48 heures lancé par le président Bush à Saddam Hussein, le sommant de quitter l'Irak avec ses fils, expire sans signe apparent d'une offensive américaine contre l'Irak.

- 3 h 50. "La guerre a commencé". "La première phase du désarmement du régime irakien a débuté", déclare le porte-parole de la présidence américaine, Ari Fleischer. "Liberté de l'Irak", tel est le nom de code que les Etats-Unis ont donné à l'opération militaire qu'ils mènent contre l'Irak.

- 4 h 15. Frappes contre des objectifs militaires irakiens. George Bush intervient est à 4 h 15 du matin à Paris [22 h 15 à Washington] à la télévision pour annoncer le début d'une intervention militaire visant à "désarmer l'Irak". Cette opération a commencé vers 3 h 35 (heure de Paris) avec des frappes aériennes visant des "cibles militaires sélectionnées en Irak". peuple".

Le président américain assure que "tous les efforts seraient faits pour épargner les civils". "Nous n'avons pas d'autre ambition que d'éliminer une menace", dit-il, assurant les Irakiens de son "respect pour la grande civilisation" qu'ils représentent. "Nous défendons la liberté".

- 4 h 54. Premières frappes limitées. Les premières frappes sur Bagdad ont été de nature limitée en prélude à des opérations militaires plus intenses, indique un haut responsable du Pentagone. "Ce n'est pas le jour A", c'est-à-dire le début d'une campagne aérienne massive, déclare ce responsable à l'AFP.

- 5 h 55. Fin de l'alerte aérienne à Bagdad. Les sirènes d'alerte de Bagdad annoncent la fin de l'alerte aérienne.

- 6 h 30. L'appel à la guerre de Saddam Hussein. Dans une intervention diffusée par la télévision, le président irakien a appelé son peuple à résister à l'offensive américaine. Le président Bush "a commis un crime contre l'humanité", déclare-t-il, en costume militaire et coiffé d'un béret noir.#

- 9 h. Bientôt la grande offensive. Les "opérations initiales" en Irak ne sont que les "étapes préliminaires" d'une opération massive qui débutera "bientôt", indique le ministre britannique de la défense, Geoff Hoon. Les premières frappes, dit-il, "n'étaient qu'un coup de semonce pour les dirigeants irakiens".

- 9 h 20. Appel au martyre du fils de Saddam Hussein. Oudaï Saddam Hussein, le fils aîné du président irakien, appelle ses miliciens, les Fedayine de Saddam, à se préparer au martyre dans la guerre avec les Américains. "C'est le jour que nous voulions pour que [les femmes] d'Irak poussent des youyous de joie pour les héros victorieux ou les martyrs de la foi".

- 10 h 22. Tirs de missiles irakiens vers le Koweït. Le ministère koweïtien de la défense indique que deux missiles sol-sol irakiens se sont abattus sur le territoire de l'émirat.

- 11 h 22. Intervention de Jacques Chirac. "Quelle que soit la durée de ce conflit, il sera lourd de conséquences pour l'avenir", prévient le président français, Jacques Chirac, dans une déclaration solennelle télévisée, quelques heures après le déclenchement des opérations militaires américaines contre l'Irak. "La France regrette" cette action "sans l'aval des Nations unies" et "souhaite que ces opérations soient les plus rapides et les moins meurtrières possible". "Demain, relève-t-il, il faudra nous retrouver, avec nos alliés, avec toute la communauté internationale, pour relever ensemble les défis qui nous attendent."

- 16 h. Londres impute à la France l'échec diplomatique. Le ministre britannique des affaires étrangères, Jack Straw, s'en prend une nouvelle fois à la France, affirmat qu'"entre la fin de l'année dernière et le début de cette année, la France a pris la décision stratégique de ne pas mettre en œuvre la résolution 1441" des Nations unies.

- 17 h : La Turquie ouvre son espace aérien aux Etats-Unis. Le Parlement turc autorise le survol du pays par l'aviation américaine. Les députés turcs ont également approuvé l'envoi de troupes turques dans le nord de l'Irak.

- 17 h 28 : Les Etats-Unis souhaitent collaborer avec la France. Les Etats-Unis souhaitent "aborder une nouvelle phase de coopération avec la France dans le traitement du dossier de l'Irak", déclare le secrétaire d'Etat adjoint pour les affaires européennes et eurasiatiques, Robert Bradtke. "Ce que nous voulons faire, c'est voir s'il est possible d'aborder une nouvelle phase de coopération dans le traitement du dossier de l'Irak avec la France", notamment quant à la "phase de reconstruction", pour laquelle les Etats-Unis veulent "solliciter la participation des autres pays" via le Conseil de sécurité des nations unies. #

Une fois terminée la phase militaire, selon Robert Bradtke, "il est crucial que l'Irak soit un pays qui demeure uni, ne se fragmente pas, vive en paix avec ses voisins [...] et soit une démocratie". Pour cela, "nous voulons solliciter la participation des autres pays, c'est pourquoi nous nous représenterons devant le Conseil de sécurité et la France aura, c'est évident, un rôle important à jouer".

- 18 h 47. Deuxième apparition télévisée de Saddam Hussein. Le président irakien apparaît à la télévision pour la deuxième fois en une douzaine d'heures. Revêtu d'un uniforme militaire, le chef de l'Etat irakien a été filmé en train de présider une réunion du gouvernement, mais on ignore si ces images ont effectivement été tournées dans la journée.

- 19 h. Bombardements sur Bagdad. Bagdad est soumise à d'intenses bombardements qui touchent au moins trois bâtiments sur la rive gauche du Tigre, selon des journalistes sur place. D'après les premiers témoignages, ces bombardements visent des bâtiments gouvernementaux.

- 21 h 50. Avertissement américain à la Turquie. Les Etats-Unis lancent un avertissement à la Turquie pour qu'elle ne prenne pas l'initiative d'envoyer "unilatéralement" des troupes au Kurdistan irakien, après le vote du Parlement turc ouvrant la voie à une telle action.

- 22 h. Saisie des avoirs irakiens aux Etats-Unis. Tous les avoirs non diplomatiques du gouvernement irakien aux Etats-Unis vont être saisis, annonce le département américain du Trésor.

LES REACTIONS DANS LE MONDE

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) "exhorte les parties au conflit à respecter strictement les règles et les principes du droit international humanitaire", dans un communiqué publié jeudi à Genève. "Les attaques dirigées contre les civils sont interdites", rappelle-t-il.

CHINE. "Nous exhortons les pays concernés à arrêter leur action militaire et à rentrer dans le droit chemin", indique Kong Quan, un porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères. "L'action militaire contre l'Irak viole la charte des Nations unies", ajoute-t-il, qualifiant les premiers bombardements sur Bagdad de "lâche agression".

RUSSIE. "Alors que la campagne militaire a été engagée, nous ne pouvons qu'exprimer notre extrême regret et espérer que le nombre des victimes sera minime", déclare un membre du gouvernement russe. "Jusqu'au dernier moment, Moscou n'avait pas perdu espoir que le problème irakien pourrait être résolu dans le cadre de la loi internationale et que l'utilisation de la force pourrait être évitée".

FRANCE. La France "souhaite" que le "conflit qui vient de s'engager puisse cesser le plus rapidement possible ", déclare un porte-parole du ministère des affaires étrangères.

ALLEMAGNE. Le gouvernement allemand relève que "la nouvelle du commencement de la guerre en Irak a soulevé de graves inquiétudes et la consternation au sein du gouvernement fédéral. Tout doit maintenant être fait pour éviter un désastre humanitaire pour la population civile irakienne. Le gouvernement espère que l'action militaire se terminera aussi rapidement que possible. Il attend des belligérants qu'ils fassent tout pour prévenir les pertes civiles. Cela implique tout spécialement d'éviter le recours à des armes de destruction massive".

BELGIQUE. Le premier ministre, Guy Verhofstadt, condamne "la renonciation à l'ordre juridique international", et affirme que la Belgique, la France et l'Allemagne, qui avaient pris la tête des opposants à la guerre au sein de l'Union européenne, continueront "ensemble" à œuvrer pour un retour rapide à "la paix". "Il suffisait de laisser travailler les inspecteurs des Nations unies en Irak. La guerre est une calamité", regrette de son côté le ministre belge des affaires étrangères, Louis Michel.
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