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> Le conflit irakien > 03 avril |
Vendredi 28 mars 2003 [heure de Paris]
La grande majorité des 80 délégations qui sont intervenues au cours des débats ont lancé un appel à l'aide humanitaire, bien qu'un désaccord subsistait sur l'intervention militaire en Irak. La France et de la Russie ont regretté le recours à la force, et se sont dites particulièrement inquiètes de la situation des populations civiles et les conséquences humanitaires de ce conflit. La Chine a estimé que l'intervention militaire anglo-américaine constituait une atteinte aux principes de la Charte des Nations unies.
Répondant aux journalistes qui lui demandaient s'il ne sentait pas "soulagé" du fait que l'Irak n'a pas eu recours aux armes chimiques ou biologiques, Hans Blix a répondu qu'il ne pensait pas que l'Irak ferait une telle chose. "Si l'Irak utilisait de telles armes, il risquerait de perdre toute crédibilité vis-à-vis de la communauté internationale. C'est ce que je pense, mais je peux bien me tromper".
Le responsable des Nations unies met en garde les belligérants contre le recours aux armes qui ne font pas la distinction entre cibles civiles et cibles militaires. "Il a été prouvé que le degré de précision des armes modernes, les armes à longue portée en particulier, reste faible, surtout lorsqu'elles frappent des zones fortement peuplées".
- 3 h 35. D'énormes explosions ébranlent le centre de Bagdad et un important incendie fait rage sur la rive ouest du Tigre. Le commandement central américain au Qatar déclare que "les forces aériennes de la coalition et des missiles Tomahawk ont mis hors d'état un centre de communications et des postes de commandement, cette nuit dans la capitale". - 7 h 15. Dans une interview publiée par Washington Post, le commandant des forces terrestres américaines en Irak, le général William Wallace, estime que la tactique adoptée par les forces armées irakiennes et les problèmes de logistique vont probablement allonger la durée de la guerre: "L'ennemi contre lequel nous nous battons est différent de celui contre lequel nous nous sommes préparés". - 7 h 40. Tony Blair, concède lors d'une interview à la BBC que les troupes américaines et britanniques en Irak rencontrent des "moments durs et difficiles". Le premier ministre britannique se prononce, dans l'après-guerre, pour un "gouvernement le plus représentatif possible" des Irakiens, mis en place "avec les Nations unies". - 8 heures. Bombardements sur Nassiriya. - 9 h. Les forces spéciales américaines auraient pris le contrôle d'une large partie de l'ouest du territoire irakien, selon des responsables militaires américains. - 9h. Critiques de la presse américaine. Le New York Times écrit que "l'administration Bush a mal interprété les plans des Irakiens", et que "le Pentagone n'a pas rassemblé une force imposante pour lancer la campagne. Les forces actuelles représentent moins de la moitié des forces de la coalition qui avaient combattu durant la guerre du Golfe en 1991." Le Wall Street Journal constate de son côté qu'"il est plus difficile d'éliminer un régime que de vaincre une armée". "La principale déception est que le régime de Saddam ne se soit pas rapidement effondré [...] Il faudra plus de temps, plus de troupes, et plus de force pour libérer ce pays". - 10 h 20. Selon un officier britannique, les forces irakiennes auraient tiré au mortier sur un groupe d'un millier de civils rassemblés devant un pont menant hors de Bassora. - 10 h 30. Le ministre de l'information irakien, Mohamad Said Al-Sahaf, affirme que les Irakiens ont tué quatre soldats des forces américano-britanniques, fait de nouveaux prisonniers et abattu un avion lors de violents combats dans la région d'Al-Mouthanna, à la frontière saoudienne. - 11 h. Poursuite des bombardements sur Bagdad. - 15 h 20. Tony Blair pas surpris par la résistance des Irakiens. "Je ne pense pas que nous ayons été surpris par quoi que ce soit. Nous nous attendions à ce qui se passe, c'est-à-dire à une résistance féroce de ceux qui sont loyaux vis-à-vis de Saddam [Hussein], ceux qui doivent leur existence au régime et qui ont terrorisé la population locale", déclare-t-il sur la chaîne de télévision ABC. - 12 h 50. Lourd bilan des bombardements du 27 mars, selon l'Irak. Les bombardements américains et britanniques ont fait au moins 49 morts et plus de 200 blessés le 27 mars parmi la population civile irakienne, notamment à Nadjaf, dans le centre de l'Irak, déclare le ministre de l'information irakien, Mohamad Said Al-Sahaf. Selon l'AFP, au total, ce sont près de cent civils irakiens qui auraient été tués dans les différents bombardements qui ont touché l'Irak le même jour. - 13 h 35. Appel au djihad des islamistes pakistanais, A l'occasion de la grande prière musulmane du vendredi, les manifestations anti-américaines se poursuivent au Pakistan, où plusieurs responsables islamistes appellent à nouveau au djihad en réaction à la guerre menée par les Etats-Unis en Irak. - 13 h 55. Selon des militaires britanniques, la ville de Bassora est "très loin" d'être sous le contrôle des forces américano-britanniques, et les habitants qui tentent de quitter la ville essuient les tirs des milices irakiennes. - 16 h 40. Appel au soulèvement. L'opposition irakienne appelle "la population irakienne dans le Nord, le Centre et le Sud à se préparer au soulèvement et à libérer villes et villages du joug de la dictature. Elle exhorte "l'armée irakienne et tous les membres des forces armées irakiennes à prendre parti pour l'opposition et à se dissocier du régime de Bagdad". - 18 h 30. Le Conseil de sécurité des Nations unies autorise la reprise du programme humanitaire "Pétrole contre nourriture" pour l'Irak. La résolution, adoptée à l'unanimité, donne au secrétaire général, Kofi Annan, le pouvoir de prendre durant 45 jours, éventuellement renouvelables, les décisions nécessaires pour que le programme puisse être adapté à la situation sur place. - 19 h 30. Civils tués lors d'un bombardement à Bagdad. Trente civils irakiens auraient été tués et 47 autres blessés dans un bombardement américain à 18 h 30 locales sur le marché Al-Nasser. "La plupart des victimes sont des femmes, des enfants et des vieillards", indique le directeur de l'hôpital Al-Nour, Harki Razouki. - 19 h 30. La Syrie accusée de livrer des armes à l'Irak. Le secrétaire à la défense américain, Donald Rumsfeld, accuse la Syrie de livrer du matériel militaire à l'Irak et l'a met en garde contre cet acte "hostile". Damas rejette aussitôt les accusations américaines : "Les déclarations de Rumsfeld sont une tentative de couvrir les exactions commises par ses troupes à l'encontre des civils irakiens et qui constituent une violation de la loi internationale". - 20 h 30. Des "escadrons de la mort", selon Rumsfeld. Le secrétaire à la défense américain, Donald Rumsfeld, accuse le régime irakien d'avoir recours à des "escadrons de la mort" pour terroriser les civils et forcer les soldats de l'armée régulière à se battre. - 20 h 50. De "grands progrès" pour Georges Bush. Les forces engagées en Irak "font de grands progrès", a affirmé le président américain lors d'un discours prononcé devant des anciens combattants. Il ajoute que les forces irakiennes subissent "de sérieuses pertes" et réaffirme que le but de l'intervention militaire est la chute du gouvernement irakien. "Chaque atrocité commise par les Irakiens vient justifier la justesse et la noblesse de notre cause", déclare-t-il, en soulignant que le seul objectif est "la victoire totale". - 21 h 50. Bombardements sur Mossoul et sur Bagdad. - 23H59. Un missile irakien tombe à Koweït City, entre un centre commercial et le front de mer, dans le quartier Souk Chark, blessant deux personnes. |