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> MAI _29 mai, Jérusalem. Rencontre entre le Premier ministre israélien Ariel Sharon et son homologue palestinien Mahmoud Abbas pour examiner l'application du plan de paix de la "feuille de route". Ils décident de publier une déclaration commune à ce sujet lors du sommet tripartite d'Aqaba (Jordanie), avec le président américain George W. Bush, le 4 juin. La réunion s'est déroulée dans une "atmosphère très bonne et très positive", indique la présidence du Conseil israélienne. Le bureau du Premier ministre palestinien qualifie la réunion de "sérieuse, franche et bénéfique", ajoutant que l'acceptation de la "feuille de route" par les deux camps serait "renforcée" lors des deux sommets successifs sur le Proche-Orient qui se tiendront début juin en Egypte et en Jordanie. _26 mai, Jérusalem. Face aux députés du Likoud [le parti du Premier ministre], Ariel Sharon justifie l'adoption de la "feuille de route" du Quartet, plan de paix qui doit conduire à un Etat palestinien à l'horizon de 2005. "Il est impossible de maintenir 3,5 millions de gens sous occupation", déclare-t-il, ajoutant : "Oui, il s'agit d'une occupation", vous pouvez ne pas aimer ce mot, mais ce qui se passe est une occupation. C'est terrible pour Israël, terrible pour les Palestiniens et terrible pour l'économie israélienne. Il y a aujourd'hui 1,8 millions de Palestiniens qui vivent grâce aux aides des organisations internationales, vous voulez les prendre en charge vous même ? Les problèmes de santé ? Ceux des étudiants ? On ne peut pas continuer comme cela. Je ne pense pas qu'il soit juste de contrôler" des villes palestiniennes. _25 mai, Jérusalem. Le gouvernement israélien
approuve, avec des réserves, la "feuille de route".
Ariel Sharon a assuré lors du conseil des ministres
que les 14 réserves émises par Israël
à propos de la "feuille de route" constituaient
"une ligne infranchissable". Le "oui mais" du Premier ministre israélien a été jugé insuffisant par les Palestiniens. "L'approbation israélienne avec des réserves n'est pas suffisante", a déclaré Nabil Abou Roudeina, conseiller du président de l'Autorité palestinienne Yasser Arafat. "Nous voulons qu'ils approuvent la [feuille de route] à la lettre, sans conditions, comme l'ont fait les Palestiniens". _23 mai, Jérusalem. Ariel Sharon se dit prêt à faire examiner par son cabinet la "feuille de route". Le Premier ministre israélien se félicite de l'engagement du président Bush de considérer les observations d'Israël comme de "réelle craintes" et d'en "tenir compte pleinement et sérieusement lors de la mise en ouvre de la feuille de route". _19 mai, Washington. "La "feuille de route" tient toujours", déclare Georges Bush, après les attentats commis en Israël. "J'ai confiance dans le fait que nous pouvons faire avancer le processus de paix". _19 mai, New York. La "feuille de route" - le plan de paix du Quartet qui prévoit la création par étapes d'un Etat palestinien indépendant d'ici à 2005, sans toutefois en préciser les frontières - est peut-être pour très longtemps la dernière chance de parvenir à la paix au Moyen-Orient alors que la poursuite du terrorisme palestinien radicalise les deux communautés, et que le développement des colonies de peuplement rendra de plus en plus difficile la création d'un Etat palestinien viable, déclare devant le Conseil de sécurité Roed-Larsen, le Coordonnateur des Nations unies au Moyen-Orient. "Les terroristes ne devraient pas être en mesure de prendre en otage le processus de paix. L'Autorité palestinienne doit traduire en justice ceux qui ont planifié et exécuté ces attaques", ajoute-t-il, notant que celle-ci avait "tragiquement échouée au cours des deux dernières années" à rétablir la sécurité. La Feuille de route, qui n'est peut-être pas sans défaut, reste, de l'avis de M. Roed-Larsen, "la meilleure chance et peut-être la dernière de parvenir à la paix. Il y a deux raisons à cela : la poursuite de la terreur palestinienne, qui contribue à la radicalisation des deux communautés, et l'expansion des colonies de peuplement, qui rendront avec le temps impossible la création d'un Etat palestinien". _19 mai, New York. Kofi Annan condamne vivement l'attentat-suicide
et les attaques perpétrées contre des Israéliens
au cours des dernières 24 heures. Ces attaques meurtrières
alimentent le cycle de violence, les représailles, la peur
et la méfiance et constituent les plus grands obstacles
à la paix. Le secrétaire général des Nations unies demande aux autorités palestiniennes qu'elles fassent tout ce qui est en leur pouvoir pour délégitimer le terrorisme et y mettre fin. Il appelle le gouvernement israélien à faire preuve de retenue, à agir conformément à ses obligations découlant du droit humanitaire et à s'assurer que ses forces de sécurité prennent des mesures pour protéger la sécurité des civils dans les territoires palestiniens occupés. _19 mai, Afoula. Un nouvel attentat suicide anti-israélien fait trois morts, outre son auteur, et 30 blessés à l'entrée du principal centre commercial d'Afoula, dans le nord d'Israël, après que l'armée israélienne eut imposé la veille le bouclage total des territoires palestiniens. Un appel anonyme a revendiqué cet attentat au nom du Jihad islamique, mouvement dont Jénine passe pour être l'un des bastions. _18 mai, Jérusalem. Un attentat-suicide perpétré dans un bus à Jérusalem-Est fait sept morts et une vingtaine de blessés, dont quatre grièvement. Le kamikaze est mort dans l'attentat. Presque simultanément, un second kamikaze se fait exploser, sans faire de victimes, à Aram, une localité arabe au nord de Jérusalem. Le Hamas et le Djihad islamique estiment que ces les attaques et les attentats-suicides perpétrés à Jérusalem et en Cisjordanie sont une réponse à l'occupation israélienne, mais ne les revendiquent explicitement. _17 mai, Jérusalem. Rencontre du Premier ministre israélien, Ariel Sharon, et de son homologue palestinien, Mahmoud Abbas. Il s'agit du premier entretien à ce niveau depuis le début de la deuxième Intafada, en septembre 2000. "Des deux côtés, on est tombé d'accord pour constater que l'arrêt du terrorisme constitue la première étape vitale pour tout progrès et les Palestiniens se sont engagés à déployer des efforts sincères et réels pour faire cesser le terrorisme", indique un communiqué israélien. Mahmoud Abbas s'est déclaré favorable à l'arrêt des violences et à une "démilitarisation de l'Intifada". _11 mai, Jérusalem. Colin Powell s'entretient avec le Premier ministre israélien Ariel Sharon. La rencontre a été porteuse de signes positifs aux yeux du secrétaire d'Etat américain. Ariel Sharon annonce une "rencontre prochaine" avec Mahmoud Abbas. "Avec l'aide des Etats-Unis, nous pourrons parvenir à un accord menant à la paix", a déclare-t-il, mais une "guerre véritable contre le terrorisme constitue la clé de tout progrès" vers la paix. Colin Powell affirme qu'Israël va prendre, vis-à-vis
des Palestiniens, des mesures, qu'il qualifie de "très
prometteuses et très utiles". Il y voit "l'engagement
d'Israël à commencer ce processus et à ne pas
laisser [passer] cette occasion", en référence
à la "feuille de route". _10 mai, Jérusalem. En tournée au Proche-Orient, le secrétaire d'Etat américain Colin Powell déclare qu'il entend rappeler au chef du nouveau gouvernement palestinien, Mahmoud Abbas, les responsabilités qui lui incombent aujourd'hui: "L'un des grands défis qui attend M. Abbas consiste à agir envers des organisations comme le Hamas ou le Jihad islamique pour s'assurer qu'elles ne constituent plus une menace pour la sécurité du peuple d'Israël. [...] Il est nécessaire de mettre fin aux violences maintenant. Il est nécessaire de mettre fin au terrorisme maintenant. Il est nécessaire de prendre davantage de mesures qui amélioreront un peu la vie du peuple palestinien", ajoutant : "Un cessez-le-feu qui ne traite pas la question fondamentale des groupes armés ne constitue pas une solution complète". _10 mai, Paris. "Que les Etats-Unis montrent leur disponibilité à assumer leurs responsabilités", déclare au Monde Nabil Chaath, ministre palestinien des relations extérieures. Extraits de l'entretien : "Nous avons accepté la Feuille de route, malgré ses nombreuses lacunes, parce qu'elle contient trois dispositions importantes : 1. Elle prévoit une simultanéité
des obligations des deux parties, dont aucune ne peut poser ses
conditions ni procéder de manière éclectique. Nous en avons entamé l'exécution : nous
nous sommes dotés d'un premier ministre, avons procédé
à des réformes financières et administratives,
restructuré nos organismes de sécurité, élaboré
une nouvelle Constitution et engagé un certain nombre de
mesures à commencer par un dialogue avec les différentes
parties palestiniennes pour parvenir à une longue trêve
qui permette de mettre fin à la violence. Mais Israël
ne s'est pas encore acquitté de la première de ses
obligations : accepter la Feuille de route, et publier le communiqué
annonçant l'arrêt de toutes les opérations
militaires contre les Palestiniens et le début d'un processus
politique devant aboutir à la création d'un Etat
palestinien viable - nous mêmes devant parallèlement
annoncer l'arrêt de toutes les opérations militaires
et de toute violence anti-israéliennes et l'acceptation
du droit d'Israël à vivre et de notre volonté
de vivre côte à côte avec lui. [Le Monde,
Paris, 10 mai 2003]
_9 mai, Columbia (USA). S'adressant à des étudiants de l'Université de Caroline du Sud, Georges Bush demande à Israël de "prendre des mesures concrètes dès maintenant" pour "alléger les souffrances des Palestiniens et à montrer du respect pour leur dignité", ainsi que l'arrêt de l'établissement de colonies juives dans les territoires occupés. Il propose aux pays arabes la création d'une zone de libre-échange qui permettra de "faire entrer le Moyen-Orient dans un cycle de nouvelles opportunités et d'offrir l'espoir aux gens qui vivent dans cette région". Le président américain invite également les Palestiniens à "prendre des mesures concrètes" pour réprimer le terrorisme, et exhorte les dirigeants arabes à "reconnaître et à affirmer une bonne fois pour toutes qu'Israël a le droit d'exister en tant qu'Etat juif en paix avec ses voisins". "Alors, tout le monde verra le drapeau palestinien flotter sur un pays libre et indépendant". _8 mai, New York. "Aucun plan de paix n'a bénéficié d'un soutien aussi large que la Feuille de route", affirme Kofi Annan dans un message adressé aux participants de la 3e Conférence de l'Alliance internationale pour la paix arabo-israélienne, un mouvement regroupant des Egyptiens, des Israéliens, des Palestiniens et des Jordaniens, qui milite pour la paix au Moyen-Orient. "Je suis persuadé que nous avons là une occasion historique. Aucun plan de paix n'a bénéficié d'un soutien aussi large d'acteurs importants, tels que les Etats-Unis, l'Europe, la Russie et des Etats arabes-clés comme l'Egypte et la Jordanie", souligne Kofi Annan. "Mais soyons clairs, le Plan peut venir du Quartet, mais c'est aux Israéliens et aux Palestiniens d'emprunter la route qu'il trace. La persistance de la violence montre que les deux côtés ont des décisions sérieuses à prendre au moment où les opposants au plan cherchent à les faire sortir du chemin à coup d'attaques terroristes. [ ] Nous devons nous en tenir à nos engagements et ne pas permettre aux terroristes de dicter le futur". _7 mai, Paris. Dans un entretien publié par Le Monde, le chef spirituel du Mouvement de la résistance islamique (Hamas), le Cheik Ahmed Yassine, conteste l'Autorité palestinienne réformée et prédit l'échec de la "feuille de route" qui, selon lui, "ne traite que de la sécurité d'Israël". _5 mai, Ramallah. L'émissaire américain au Proche-Orient, William Burns, rencontre le nouveau Premier ministre palestinien, Abou Mazen. Il lui réaffirme la détermination du président Bush de mettre en oeuvre la "feuille de route", et l'engage à mener "une bataille décisive contre le terrorisme". _4 mai, New York. Un rapport publié à
l'initiative de donateurs internationaux, conclut que le mur
qu'Israël construit en Cisjordanie pourrait barrer l'accès
de 12'000 Palestiniens à leur terre, leur travail et à
d'indispensables services sociaux. 147 km du mur sont en cours
de construction. Dans certains cas, le mur se trouve jusqu'à
6 km à l'intérieur de la Cisjordanie, est-il noté.
Une fois achevé, 12'000 Palestiniens environ se retrouveraient
à l'ouest du mur, face à Israël, coupés
de leur terre, de leur lieu de travail et de services sociaux
indispensables. Commandité par un groupe du Comité local de coordination de l'aide regroupant l'Union européenne, la Norvège, les Etats-Unis, l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) et la Banque mondiale, le rapport rappelle qu'Israël a commencé la construction de ce mur pendant l'été 2002, dans un contexte de violence incessante et d'attaques terroristes sur des civils. Le rapport note également que l'Accord intérimaire de 1995 stipule qu'aucune des parties ne doit, pendant la période transitoire et dans l'attente de l'issue des négociations, modifier le statut de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, ajoutant qu'Israël affirme que le mur est une mesure transitoire et qu'il est donc compatible avec l'accord. _1er mai, Gaza. L'armée israélienne lance un raid meurtrier, qui fait treize morts, contre un dirigeant du mouvement Hamas. Le gouvernement palestinien d'Abou Mazen accuse Israël d'avoir mené cette opération pour saborder la "feuille de route" remise la veille aux Israéliens et Palestiniens. De son côté, le Premier ministre israélien, Ariel Sharon, multiplie les réserves et les critiques contre cette "feuille de route". Georges Bush estime qu'Israël "va devoir faire quelques sacrifices". > AVRIL _30 avril, New York. La Feuille de route pour la paix au Moyen-Orient, mise au point par le "Quartet" diplomatique composé des Nations unies, des Etats-Unis, de la Russie et de l'Union européenne, remise aux dirigeants palestiniens et israéliens. Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, engage ces derniers à adopter le plan. C'est à Ramallah en Cisjordanie que le Coordonnateur
des Nations unies au Moyen-Orient, Terje Roed-Larsen, a
remis la "feuille de route" au Premier ministre palestinien
Abou Mazen. La cérémonie s'est déroulée
en présence de représentants des Etats-Unis, de
la Russie et de l'Union européenne ainsi que de ministres
palestiniens. Au même moment, l'ambassadeur des Etats-Unis
en Israël remettait la "Feuille de route" au Premier
ministre israélien, Ariel Sharon. _29 avril, Tel-Aviv. Trois Israéliens tués et 55 blessés dans un nouvel attentat-suicide, à l'entrée d'un pub du front de mer. L'acte terroriste est revendiqué par les Brigades des martyrs d'Al-Aqsa et le Hamas. _29 avril, Ramallah. Vote d'investiture, par le Conseil législatif palestinien, du nouveau gouvernement palestinien et du Premier ministre Abou Mazen [51 votes pour, 18 contre et 3 abstentions]. Ce dernier a dénoncé "le terrorisme sous toutes ses formes" et appelé à "une paix durable" avec Israël. Mais, a-t-il souligné, la poursuite des opérations israéliennes dans les territoires occupés et l'activisme des groupes radicaux palestiniens vont rendre difficile l'action de son gouvernement et la mise en uvre de la "feuille de route", le plan de paix élaboré par le Quartet. _23 avril, Ramallah. Un compromis permet à Mahmoud Abbas [alias Abou Mazen] de constituer son gouvernement. Le chef de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat, et son Premier ministre désigné, Mahmoud Abbas parviennent à un accord sur la composition d'un gouvernement, après un blocage de plusieurs jours. Cet accord prévoit notamment de nommer le colonel Mohammed Dahlane ministre "délégué" à la sécurité intérieure. _16 avril, New York. Les Israéliens et les Palestiniens doivent faire preuve de ténacité s'ils entendent faire sortir le Moyen-Orient de la crise dans laquelle il est enlisé, déclare Danilo Türk, un haut responsable aux affaires politiques des Nations unies. "Après la confirmation du nouveau gouvernement palestinien, le Quartet diplomatique soumettra la feuille de route au gouvernement israélien et à l'Autorité palestinienne", précise-t-il, soulignant que "si Israël acceptait sans tarder la feuille de route, cela serait une manifestation essentielle du soutien exprimé par le gouvernement d'Ariel Sharon au processus de paix". Danilo Türk a également lancé un appel aux dirigeants palestiniens pour qu'ils pratiquent la transparence et appliquent effectivement la réforme de leurs institutions afin de contrôler le terrorisme et deviennent "le partenaire dans la paix dont les Israéliens ont besoin". _13 avril, Jérusalem. Dans un entretien publié par le quotidien israélien Haaretz, le premier ministre israélien Ariel Sharon affirme être prêt à faire des concessions "douloureuses pour chaque juif et pour [lui] personnellement" au sujet des colonies juives. "J'ai décidé de faire tous les efforts pour parvenir à un règlement [de paix]. Je sens que la nécessité rationnelle de parvenir à un règlement prend le dessus sur mes sentiments", indique Ariel Sharon. "Toute notre histoire est attachée à ces lieux : Bethléem, Shiloh, Beit El. Je sais que nous aurons à nous séparer de certains de ces lieux". Mais, ajoute le chef du gouvernement israélien, trouver un accord, "cela nécessite une autre direction [palestinienne], une lutte contre le terrorisme et une série de réformes, ainsi que l'arrêt total des incitations à la violence et le démantèlement des organisations terroristes". |