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2003-L'actualité des droits de l'homme dans le monde

:: ISRAEL ET TERRITOIRES PALESTINIENS 


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Carte Onu, 2002.



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> SEPTEMBRE          

_26 septembre, Hébron. La fête du Nouvel an juif endeuillée par une attaque dans la colonie de Négohot, au sud-est d'Hébron, où deux personnes, dont une fillette de deux mois, sont tuées par un Palestinien du Djihad islamique.

Feuille de route _26 septembre, New York. Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, se déclare favorable à l'adoption de mesures audacieuses "fermement soutenues" par une présence internationale. "Il me semble que des mesures audacieuses, en ligne avec la Feuille de route, sont désormais nécessaires si l'on veut sauver la paix. De telles actions prendraient simultanément en compte les besoins essentiels des deux parties, la sécurité pour Israël et la fin de l'occupation pour les Palestiniens", souligne-t-il, remarquant que "les demi-mesures n'avaient pas suffi et avaient peu de chances de réussir à l'avenir".

Dernier en date des plans de paix, la Feuille de route a pour objectif de régler de façon définitive le conflit israélo-palestinien d'ici à 2005 et fixe à cet effet des étapes et un calendrier précis d'exécution de mesures réciproques à adopter par les deux parties.

_25 septembre, Jérusalem. 25 pilotes de l'armée de l'air israélienne déclarent dans une pétition remise au général Dan Haloutz, commandant en chef de l'armée de l'air israélienne, qu'ils refusent "de continuer à porter atteinte à des civils innocents et refusent d'attaquer des zones à population dense". C'est la première fois que des pilotes de l'armée de l'air israélienne signent une telle pétition.

_19 septembre, New York. L'Assemblée générale des Nations Unies adopte une résolution exigeant qu'Israël renonce à expulser Yasser Arafat. La résolution, adoptée par 133 voix pour, 4 contre (Etats-Unis, Israël, Micronésie et îles Marshall) et 15 abstentions, dont celles de l'Australie et du Canada, condamne "les attentats à la bombe et leur récente intensification", et rappelle à "l'Autorité palestinienne qu'elle doit prendre toutes les mesures pour lutter contre le terrorisme".#

_19 septembre, Ramallah. Yasser Arafat appelle les Israéliens à un cessez-le-feu. "Ouvrons une nouvelle page, je suis prêt à une nouvelle trêve, j'appelle Israël à conclure une trêve; s'il y a une position positive de la part du gouvernement israélien, nous réussirons", déclare-t-il au quotidien israélien Yédiot Aharonot. Selon lui, le Jihad islamique, mouvement radical palestinien, est "déjà prêt à conclure une trêve. Maintenant nous continuons à discuter avec le Hamas et jusqu'à présent les résultats sont positifs".

Le bureau du Premier ministre israélien Ariel Sharon rejette l'offre de trêve, la qualifiant de "piège" destiné à réduire la pression exercée par l'armée israélienne sur les "organisations terroristes" et à éloigner la menace d'une expulsion du dirigeant palestinien.

_16 septembre, New York. Les Etats-Unis opposent leur veto à un projet de résolution déposé par des pays arabes au Conseil de sécurité des Nations unies demandant qu'Israël n'exile pas ou s'abstienne de s'en prendre à Yasser Arafat. Onze Etat membres du Conseil ont voté en faveur du texte. La Grande-Bretagne, l'Allemagne et la Bulgarie se sont abstenues après de longues consultations.

Le projet de texte "exige[ait] qu'Israël, la puissance occupante, s'abstienne de procéder à la déportation et cesse toute menace à la sécurité du président élu de l'Autorité palestinienne L'ambassadeur des Etats-Unis aux Nations unies a expliqué avoir opposé son veto car le projet de résolution ne spécifiait pas les menaces que posent les mouvements terroristes comme les Brigades d'Al-Aqsa ou le Hamas.

_12 septembre, New York. Kofi Annan lance un appel à Israël, l'exhortant à reconsidérer sa décision d'expulser Yasser Arafat et mettant en garde les dirigeants israéliens contre les risques que comporterait une telle mesure. "Le transfert par la force du Président Arafat est dangereux et contre-productif au vu de la situation de tension et d'instabilité qui prévaut dans la région", met en garde le secrétaire général des Nations unies, qui demande au gouvernement israélien de reconsidérer cette décision de principe du Cabinet de sécurité.

_11 septembre, Jérusalem. Le Cabinet de sécurité israélien donne son accord de principe à l'expulsion de Yasser Arafat des territoires palestiniens. "Les événements des derniers jours ont prouvé à nouveau que Yasser Arafat est un obstacle absolu à toute tentative de réconciliation entre Israéliens et Palestiniens. Israël s'emploiera à se débarrasser de cet obstacle d'une façon et à un moment qui seront décidés par la suite", indique le gouvernement israélien.#

"Personne ne me chassera", rétorque aussitôt le président de l'Autorité palestinienne. Les Etats-Unis, la Chine, la Russie et la France affirment leur opposition à une expulsion. "Ce serait une grave erreur de chercher à éliminer [Yasser Arafat] du champ politique", déclare le président français Jacques Chirac, qui plaide pour la création d'une force d'interposition internationale.

_10 septembre, Ramallah. A l'issue d'une rencontre avec Yasser Arafat, le président du Parlement palestinien, Ahmad Qoreï (alias Abou Alaa), annonce (Cisjordanie) qu'il accepte le poste de Premier ministre et qu'il va former un "gouvernement de crise".

-> Le Monde Sombre Orient

_9 septembre, Jérusalem. Deux attentats-suicides palestiniens, commis à cinq heures d'intervalle, l'un devant une base militaire proche de Tel-Aviv, l'autre dans un café de Jérusalem, font quinze morts et plusieurs dizaines de blessés. L'attentat à Jérusalem, qui a fait sept victimes, s'est produit dans un café de la rue Hemek-Refaïm. L'attentat devant la base militaire a provoqué la mort de huit soldats.

Les Brigades Ezzedine Al-Qassam, la branche armée du Hamas, saluent les deux attentats, estimant que "le moment est venu [pour Israël] de payer [ses] crimes contre le peuple palestinien". Une partie de la droite israélienne demande l'expulsion de Yasser Arafat.
L'armée israélienne riposte par un raid contre l'une des principaux dirigeants du Hamas, Mahmoud Al-Zahar, à Gaza, tuant son fils aîné et un garde du corps.

_7 septembre, Jérusalem. Israël à l'intention de "liquider tout le Hamas", affirme un responsable israélien. "Nous avons l'intention de liquider tout le Hamas, sans faire aucune distinction entre la branche politique et militaire de cette organisation terroriste", déclare ce responsable. "Israël frappera partout toux ceux qui sont impliqués dans des attentats et personne parmi les terroristes ne peut espérer bénéficier de la moindre immunité".

_6 septembre, Washington. Les Etats-Unis réaffirment leur engagement à réaliser la "feuille de route", le plan de paix international au Proche-Orient, malgré la démission du Premier ministre palestinien Mahmoud Abbas. "Nous restons engagés dans l'application de la [feuille de route], à travailler avec les Israéliens, les Palestiniens, les Etats arabes qui veulent la paix, et nos partenaires du quartette", déclare la Maison Blanche dans un bref communiqué.

_6 septembre, Bruxelles. L'Union européenne inscrit la branche politique du Hamas, en plus de sa branche militaire, sur sa liste des organisations terroristes.

_6 septembre, Gaza. Israël, qui affirme vouloir mener une "guerre totale" contre les islamistes du Hamas, principal mouvement radical palestinien, tente d'éliminer le fondateur et chef spirituel du Hamas, cheikh Ahmad Yassine, 67 ans, [qui a été légèrement blessé à l'épaule] lors d'un raid aérien à Gaza.

Un autre dirigeant du Hamas, Ismaïl Abou Chanab, avait été tué le 21 août 2003 dans un raid, en réponse à un attentat suicide particulièrement meurtrier du Hamas à Jérusalem.

_6 septembre, Ramallah. Yasser Arafat accepte la démission de Mahmoud Abbas - démission que le Premier ministre justifie par l'impasse totale du processus de paix, imputable selon lui à Israël, mais aussi au manque de soutien à son gouvernement de la part du chef de l'Autorité palestinienne.#

_4 septembre, New York. Déplorant l'échec du cessez-le-feu, Kofi Annan appelle à nouveau Israéliens et Palestiniens à casser le cycle de la violence et engage les organisations non gouvernementales (ONG) et les initiatives locales à fournir leur "indispensable" soutien à l'effort de paix au Moyen-Orient. La création de nouvelles colonies de peuplement, l'édification d'un mur de séparation en Cisjordanie qui isole les Palestiniens de leurs fermes et d'autres communautés palestiniennes constituent de sérieux obstacles à la mise en oeuvre de la "feuille de route", estime le secrétaire général des Nations unies qui demande à l'Autorité palestinienne d'agir "de façon décisive pour mettre fin aux attaques terroristes".

-> L'intervention de Kofi Annan

_3 septembre, Washington. "La feuille de route est morte, mais seulement à cause de l'agression militaire israélienne de ces dernières semaines", déclare Yasser Arafat dans une interview à CNN, réalisée à Ramallah.

_3 septembre, Jérusalem. L'armée israélienne a ordonné aux officiers sur le terrain à traiter les civils palestiniens "avec respect" dans le cadre d'une série de 11 instructions basées sur la législation israélienne et internationale. Les instructions soulignent notamment "que les activités militaires sont destinées uniquement à atteindre des objectifs militaires".

Dans ce contexte, "les cibles militaires" incluent les Palestiniens accusés d'être impliqués dans des "activités terroristes". Les hommes capturés doivent être traités humainement. Les soldats doivent leur fournir de la nourriture, les laisser boire. Un ennemi blessé doit être évacué et recevoir un traitement médical. Le pillage est interdit et les propriétés des civils doivent être traitées avec respect, de même que les personnes et les biens d'associations humanitaires.

_1er septembre, Jérusalem. La Commission Orr rend son rapport sur la mort de treize Arabes israéliens, lors de manifestations en octobre 2000. Celui-ci est accablant pour la police israélienne, commente Haaretz (gauche) dans son éditorial : "Il met le doigt sur les failles de sa direction et de son organisation, et sur son attitude raciste envers les Arabes israéliens." Pour sa part, le Jerusalem Post juge le travail de la commission sujet à critiques. Le quotidien de droite ne nie pas le problème raciste : "Il est clair que les Arabes israéliens se trouvent à un tournant. Soit ils s'intègrent davantage à la société, soit ils deviennent de plus en plus hostiles à son égard." Et d'appeler à briser "la paroi de verre" qui sépare Arabes et Juifs israéliens.#

> AOÛT          

_28 août, Ramallah. L'Autorité palestinienne gèle les comptes bancaires de six organismes caritatifs liés au mouvement islamiste Hamas, tandis qu'au nord de Gaza, des policiers palestiniens ouvrent le feu contre des activistes de ce mouvement qui venaient d'attaquer à la roquette le territoire israélien. Le Premier ministre israélien, Ariel Sharon, a réagi en donnant l'ordre à l'armée de prendre "toutes les mesures nécessaires" pour empêcher le Hamas de renouveler ce genre de tir.

_27 août, Ramallah. Yasser Arafat, président de l'Autorité palestinienne, demande à "toutes les forces et factions de réaffirmer leur engagement à respecter le cessez-le-feu afin de permettre l'implantation de la "feuille de route".

Cet appel a été immédiatement rejeté par le Hamas et tout particulièrement par Abdelaziz Rantissi, l'un des dirigeants, qui a estimé que ces déclarations étaient "dangereuses" et mal venues après la répétition des assassinats ciblés à Gaza au cours des derniers jours, qui se sont traduits par la mort de neuf personnes.

_24 août, Jérusalem. Raid israélien sur Gaza, faisant quatre morts du côté palestinien dont deux membres des brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du Hamas. Israël annonce la poursuite des "opérations de liquidation" contre des dirigeants des organisations radicales palestiniennes. Le Hamas et le Djihad islamique ont appellent à la vengeance.

_24 août, Jérusalem. Israël rejette la proposition palestinienne de cessez-le-feu et maintient son exigence d'un démantèlement des groupes armés palestiniens comme préalable à une reprise du processus de paix, déclare à l'Agence France-Presse (AFP), Avi Pazner, porte-parole du gouvernement israélien.

-> SOS au Proche-Orient

_23 août, Ramallah. Le gouvernement palestinien appelle les Etats-Unis à intervenir pour mettre fin au cycle des effusions de sang, tout en proposant un véritable accord de cessez-le-feu avec Israël. "Nous appelons les Américains et le quartette [USA, UE, Russie, Nations unies - les principaux acteurs internationaux au Proche-Orient] à intervenir immédiatement pour stopper la guerre déclenchée par Israël contre le peuple palestinien", déclare le ministre palestinien de l'information Nabil Amr. "Le cabinet demande au quartette de prendre des mesures urgentes pour que le cessez-le-feu soit respecté par toutes les parties et que la [feuille de route] puisse être appliquée". #

_22 août, Washington. "Si les gens veulent qu'il y ait la paix au Proche-Orient et si les Palestiniens veulent avoir leur propre Etat, ils doivent démanteler les réseaux terroristes", déclare le président américain George W. Bush.

_22 août, Gaza. Le Djihad islamique et le Hamas publient un communiqué conjoint mettant officiellement fin à la trêve du 29 juin 2003. "L'effondrement de cette trêve, note le quotidien Le Monde, risque de porter un coup très dur à la "feuille de route" pour la paix qui vise à mettre fin à la deuxième Intifada en prévoyant la création d'un Etat palestinien viable à l'horizon 2005".

_21 août, New York. Kofi Annan appelle Israéliens et Palestiniens "à faire preuve de la plus grande retenue" et à mettre pleinement en œuvre la "feuille de route". "Tout en reconnaissant le droit d'Israël à vivre en sécurité, Israël n'a pas le droit de recourir à des mesures extrajudiciaires, comme cela a été le cas aujourd'hui dans la bande de Gaza", souligne-t-il.

Le secrétaire général des Nations unies demande au "gouvernement d'Israël à faire preuve de la plus grande retenue et à cesser ses opérations militaires en cours de manière à permettre à l'Autorité palestinienne de prendre le contrôle des groupes extrémistes, afin que la trêve continue". Il exhorte "le gouvernement d'Abu Mazen à agir rapidement dans ce domaine" et exprime "sa vive inquiétude au sujet de la décision du Hamas de rompre la trêve".

_21 août, Gaza. Assassinat ciblé d'un haut responsable du Hamas, Ismaïl Abou Chanab, par l'armée israélienne à Gaza, en représailles au sanglant attentat-suicide de Jérusalem. Il était considéré comme un modéré au sein du Hamas. Le Premier ministre palestinien Mahmoud Abbas qualifie de "crime odieux" l'élimination d'Abou Chanab, estimant qu'elle sape ses "plans d'action contre des activistes palestiniens".

"Nous invitons toutes nos cellules de combattants en Palestine à frapper dans chaque coin de l'Etat juif", déclarent les Brigades Al-Qassam, branche armée du Hamas, dans un communiqué publié après la mort d'Abou Chanab.

_21 août, Jérusalem. L'armée israélienne pénètre au centre de Naplouse et de Jénine, deux villes palestiniennes considérées comme des bastions des mouvements radicaux palestiniens.

_20 août, Ramallah. Le cabinet palestinien publie un communiqué ordonnant la collecte des armes des organisations radicales, dont Israël et les Etats-Unis exigent le désarmement, mais aussi le démantèlement. "Les forces de sécurité palestinienne doivent immédiatement commencer à mettre en vigueur les décisions de la direction palestinienne et du gouvernement concernant leurs engagements par rapport à la feuille de route et à cesser toute violation de la loi", indique le texte, tout en précisant qu'il faut "confisquer toutes les armes, annuler toute manifestation armée et éliminer toute activité illégale par quelque groupe que ce soit".#

_19 août, Jérusalem. Un attentat-suicide, conjointement revendiqué par le Djihad islamique et le Hamas, fait 20 morts (dont des enfants) et 110 blessés. Le kamikaze, déguisé en juif orthodoxe, fait sauter une charge de 5 kilos d'explosifs dans un autobus au nord de Mesharim, le quartier des Hassidim.

Le Premier ministre palestinien Mahmouid Abbas condamne cette "action terrible qui vise les civils israéliens et qui ne sert pas les intérêts du peuple palestinien "; il met fin à ses contacts avec des groupes radicaux.

_19 août, Jérusalem. B'Tselem, une organisation non gouvernementale israélienne, publie un rapport accablant sur les violations des droits de l'homme dans la partie sous contrôle israélien de la ville de Hébron en Cisjordanie, qui ont forcé, selon elle, de nombreux Palestiniens à abandonner leurs foyers.

"Selon l'enquête que nous avons faite, 73 des 169 familles vivant dans [les trois principales rues de la partie sous contrôle israélien], soit plusieurs centaines de personnes, sont parties, alors que 2.000 échoppes de la casbah (vielle ville) fermaient boutique", a précisé à l'AFP l'auteur du rapport, Shlomo Suissa.

B'Tselem explique ces départs par la "violence des colons, le laxisme des autorités à leur égard" ainsi que par la "violence routinière des forces de sécurité israéliennes" à l'encontre des Palestiniens. En réponse à ces accusations, l'armée israélienne a publié un communiqué dans laquelle elle assure qu'elle est engagée à la "protection de la population" civile juive ou arabe de la ville.

_15 août, Jérusalem. Israël libère un groupe de 76 détenus palestiniens de droit commun, et annonce qu'elle va se retirer de quatre villes palestiniennes - Jéricho, Ramallah, Kalkiliya et Tulkarem - dans les deux semaines à venir.

_15 août, Washington. Le secrétaire d'Etat américain Colin Powell déclare que "la poursuite de la construction [de la "clôture de sécurité"] rendra très difficile la mise en application de la prochaine phase de la feuille de route", dans la mesure où la clôture "créé un fait accompli irréversible en traçant la frontière d'un Etat palestinien".#

-> Nouvel Obs   Le mur de la peur

Dans un entretien au journal égyptien Al-Ahram, Yasser Arafat estime que la clôture "constitue une barrière politique destinée à faire d'un Etat palestinien quelque chose qui n'a rien à voir avec ce qu'il devrait être". Israël, ajoute-t-il, "a déjà pris 58% de la Cisjordanie. Ce qui reste, ce sont 42% dans des cantons à Hébron, Jéricho, Ramallah, Naplouse, Jénine, dans les ghettos de Kalkiliya et de Tulkarem avec un "mur de Berlin" autour de Jérusalem".

_14 août, Genève. Préoccupé par la "Loi sur la nationalité et l'entrée en Israël", promulguée le 31 juillet 2003, le Comité des Nations unies pour l'élimination de la discrimination raciale demandé à Israël de révoquer cette loi qui suspend la possibilité de réunification des familles dans les cas de mariage entre un citoyen israélien et une personne résidant en Cisjordanie ou à Gaza. Le Comité note avec inquiétude que l'"Ordre de suspension temporaire", qui vient d'être remplacé par la nouvelle loi, a déjà affecté un grand nombre de familles et de mariages.

Le Comité est le premier organe créé par les Nations Unies afin de surveiller l'application de la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale.

_14 août, Hébron. L'armée israélienne tue le chef du Jihad islamique, en Cisjordanie, soupçonné de préparer des attentats. Le mouvement palestinien annonce son intention de se venger, tout réitérant son attachement à la trêve des attaques. Israël "paiera le prix" de la mort de Mohammad Sider, déclare Bassam al-Saadi, un haut responsable du Jihad en Cisjordanie.

_12 août, Jérusalem. Deux Israéliens et une dizaine blessés dans deux attentats-suicides consécutifs dans un centre commercial d'Israël et dans une colonie de Cisjordanie, les plus graves depuis la proclamation, le 29 juin, de la trêve décrétée par les principaux mouvements armés palestiniens. L'attentat dans la localité de Rosh Ha-Aïn, au nord-est de Tel-Aviv, a été revendiqué par les Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, un groupe lié au Fatah de Yasser Arafat, et celui de la colonie d'Ariel par le Hamas.

-> Le Monde   La trêve en danger

_7 août, Naplouse. Raid de l'armée israélienne - qui tente de s'emparer d'un responsable du Mouvement de la résistance islamique (Hamas) - dans le camp de réfugiés d'Aksar, à Naplouse. Quatre Palestiniens sont tués, ainsi qu'un soldat israélien, au cours des affrontements. 26 Palestiniens sont arrêtés. C’est le plus grave incident survenu depuis l'instauration de la trêve de trois mois annoncée le 29 juin par les mouvements radicaux palestiniens#.

Cette attaque est considérée comme une réouverture des hostilités par le Hamas, qui a appelé à la riposte et a accusé l'armée israélienne d'avoir violé des "dizaines de fois" la trêve décrétée par les groupes armés. "Nous appelons toutes nos cellules résistantes à infliger une leçon radicale à l'ennemi", ont annoncé à Gaza les brigades Ezzedine Al-Qassam.

_7 août, Washington. Colin Powell réaffirme le désaccord des Etats-Unis avec Ariel Sharon au sujet de la clôture qu'Israël fait construire pour séparer Israël de la Cisjordanie. "Nous construisons tous des clôtures quand nous éprouvons le besoin d'enclore nos propriétés, mais nous essayons de le faire de manière à ne nuire ni à la propriété, ni aux droits d'autrui", relève le secrétaire d'Etat américain. "Il convient de dire à nos amis israéliens que nous avons là un problème."

Colin Powell observe que les autorités israéliennes ont procédé à "quelques libérations de détenus" palestiniens et éliminé "quelques avant-postes non autorisés", mais il rappelle que les Etats-Unis demandent qu'il soit "mis fin à toute activité d'implantation" en territoire palestinien. De l'Autorité palestinienne, ajoute-t-il, les Etats-Unis attendent "un effort concerté [...] pour s'attaquer à l'infrastructure terroriste", sans se contenter du cessez-le-feu observé par les organisations extrémistes.

_6 août, Jérusalem. Israël libère 341 détenus, dont un nombre non précisé d'islamistes. La plupart des détenus libérés sont liés au Fatah, le principal mouvement palestinien. Une vingtaine d'autres prisonniers censés être libérés ont été maintenus en prison à la suite d'appels contre leur libération devant la Cour suprême présentés par "l'Association (israélienne) des victimes du terrorisme arabe", une organisation d'extrême droite. Le ministre palestinien chargé du dossier des prisonniers, Hicham Abdel Razzaq, qualifie ces libérations "décevantes" car Israël refuse de libérer tous les détenus.

_6 août, Washington. Le président Bush réaffirme que la ligne de sécurité construite par les Israéliens en Cisjordanie est "un problème". "Nous parlons avec les Israéliens de tous les aspects de la clôture. Je pense déjà avoir dit clairement que la clôture est un problème".

> JUILLET          

_31 juillet, Jérusalem. La Knesset (parlement israélien) vote, par 53 voix contre 25, une loi empêchant les Palestiniens mariés à des Arabes israéliens d'obtenir la citoyenneté israélienne. La nouvelle loi a été justifiée par le fait que "trente Israéliens ont été tués par des Palestiniens ayant obtenu par mariage la citoyenneté israélienne". Les députés arabes israéliens et d'opposition ont qualifié la loi de "raciste et discriminatoire".#

_29 juillet, Washington. Reçu par Georges Bush, le Premier ministre israélien défend la construction de la ligne de sécurité - la "barrière" - en Cisjordanie. Mais, ajoute Ariel Sharon, je choisirai un autre tracé qui dérangera les Palestiniens aussi peu que possible".

Georges Bush, pour sa part, "souhaite, [qu'] à long terme ce mur [de sécurité] soit hors de propos", et demande à Ariel Sharon de prendre des mesures en vue d'améliorer les conditions de vie des Palestiniens.

_25 juillet, Washington. En visite aux Etats-Unis, où il est reçu pour la première fois à la Maison Blanche, le premier ministre palestinien, Mahmoud Abbas réclame d'Israël qu'il prenne des "mesures audacieuses", entre autres, l'abandon de la construction du "mur" en Cisjordanie et l'arrêt du développement des colonies juives en territoire palestinien.

Lors d'une conférence de presse commune avec Mahmoud Abbas le président Bush estime que le mur construit par les Israéliens en Cisjordanie, auquel s'opposent les Palestiniens, était un "problème". "Il est très difficile de développer la confiance entre les Palestiniens et les Israéliens avec un mur serpentant au travers de la Cisjordanie, et je continuerai de discuter de cette question très franchement avec les Premiers ministres". Les Israéliens affirment construire le mur afin d'empêcher les Palestiniens de s'infiltrer en Israël depuis la Cisjordanie pour y perpétrer des attentats. Le président américain rappelle également son souhait de voir cesser les implantations de colonies juives dans les territoires occupés.

_25 juillet, Jérusalem. "Pour faire avancer les négociations avec l'Autorité palestinienne, Israël a décidé de prendre une série de mesures", annonce la présidence du Conseil dans un communiqué. Ces mesures concernent notamment la libération de "centaines de détenus palestiniens" - mais aucun chiffre précis n'est avancé -, le démantèlement de trois importants barrages militaires en Cisjordanie et le transfert aux Palestiniens de deux autres villes de Cisjordanie.

_20 juillet, Jérusalem. Les Premiers ministres israélien et palestinien, Ariel Sharon et Mahmoud Abbas, se rencontrent dans la résidence d'Ariel Sharon à Jérusalem-Ouest. "Ce fut une rencontre tendue au cours de laquelle les deux parties ont élevé la voix", déclare un responsable palestinien qui a requis l'anonymat. Les discussions portent sur la question des prisonniers palestiniens et la poursuite du siège du chef de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat.

_20 juillet, Ramallah. Le chef de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat, signe un décret interdisant "l'incitation à la violence" et "l'incitation à violer les accords conclus par l'Organisation de libération de la Palestine" (OLP). "Tout individu qui commettra de tels actes sera poursuivi conformément à la loi", précise le décret. #

_17 juillet, Paris. Dans un rapport sur la situation des prisonniers palestiniens en Israël, qui fait suite à une mission d'enquête internationale s'étant déroulée du 17 au 22 février 2003, la Fédération internationale des Ligues des droits de l'homme (FIDH) demande "à la communauté internationale d'user des moyens nécessaires afin d'amener les autorités israéliennes à respecter leurs engagements internationaux. En particulier à l'Union européenne, de suspendre la mise en œuvre de l'accord d'association liant l'Union et Israël conformément à la résolution du Parlement européen en ce sens, jusqu'à notamment, l'adoption urgente d'engagements clairs par les autorités israéliennes, conformément aux engagements de l'Etat, de mettre un terme à l'usage de la détention arbitraire et au recours à la torture" [des détenus palestiniens].

-> Le rapport de la FIDH [pdf 1 Mo]

La FIDH, qui souligne que "les autorités israéliennes ont refusé toute entrevue", affirme que "les allégations de mauvais traitements et de tortures lors des arrestations sont parfaitement fondées". L'ONG indique qu'il "apparaît que ces faits se déroulent dans une impunité voulue et assumée par le gouvernement israélien".

_27 juin, Jérusalem. Accord de principe entre Israël et l'Autorité palestinienne sur le retrait des troupes israéliennes à Gaza et en Cisjordanie - retrait qui doit s'accompagner du retour sur place des services de sécurité de l'Autorité palestinienne.

_27 juin, Ramallah. Le Mouvement de la résistance islamique Hamas décide de donner suite aux propositions de trêve de l'Autorité palestinienne. "Nous sommes parvenus à une décision", déclare son chef spirituel, le cheikh Ahmed Yassine. Le Hamas, ainsi que le Djihad islamique et le Fatah, la principale composante de l'OLP, s'engagent à cesser toutes les opérations armées, en Israël et dans les territoires palestiniens, pour une période de trois mois, éventuellement reconductible.

L'administration américaine, qui considère officiellement le Hamas comme un "ennemi de la paix", estime que cet accord constitue "un pas dans la bonne direction", tout en ajoutant qu'une trêve ne devait pas dispenser le Premier ministre palestinien de s'attaquer aux infrastructures des groupes radicaux palestiniens.

-> Le Monde   Premier pas à Gaza

_26 juin, Tel-Aviv. La Cour suprême israélienne rejette la pétition formulée par les habitants arabes israéliens de deux villages situés près de la frontière du Liban, Ikrit et Biram, pour pouvoir retourner dans leurs maisons, évacuées sur ordre de l'armée israélienne lors de la guerre de 1948. Ce rejet devrait mettre un terme définitif à plusieurs décennies de démarches et de polémiques.

La Cour a justifié sa décision en mettant en avant le précédent qu'une décision favorable créerait par rapport à la question du retour des réfugiés palestiniens, auquel les autorités israéliennes sont opposées. La Cour a cependant reconnu "une dette d'honneur" à l'égard de ces villageois, qui avaient reçu à plusieurs reprises la promesse de responsables israéliens qu'ils pourraient rentrer chez eux. L'armée israélienne elle-même avait assuré aux villageois, lors de l'évacuation, qu'ils pourraient revenir après deux semaines. [Source : Le Monde, Paris]
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