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> DECEMBRE
_31 décembre, Jérusalem. Le ministre de l'agriculture israélien, Yisrael Katz, qui dirige la commission gouvernementale sur les implantations juives, présente un plan d'extension des colonies de peuplement sur le plateau du Golan. Selon Yisrael Katz, ce projet vise à réaffirmer que le Golan "fait partie intégrante d'Israël", avant toute négociation sur sa restitution, réclamée par la Syrie. Les hauteurs du Golan ont été prises à la Syrie en 1967, lors de la guerre des six jours, et annexées en 1981. La France appelle Israël à renoncer à son plan de colonisation du Golan. "La France et l'Union européenne considèrent l'implantation de colonies de peuplement dans les territoires occupés comme contraires au droit international", déclare Hervé Ladsous, porte-parole du ministère des affaires étrangères. "La France appelle donc instamment Israël à ne pas mettre à exécution [son] projet et à ne prendre aucune autre mesure de nature à compromettre le processus de paix", a-t-il poursuivi. _28 décembre, Jérusalem. Ariel Sharon charge le général Goria Eiland de préparer un "plan de séparation" d'avec les Palestiniens - plan annoncé le 18 décembre par le premier ministre israélien. Son exécution entraînerait l'évacuation de colonies juives isolées et l'annexion de larges zones de la Cisjordanie occupée. _25 décembre, Tel-Aviv. Un raid aérien israélien à Gaza fait 5 morts palestiniens, dont un chef du Djihad palestinien, Mokled Hamid. Un attentat-suicide fait 4 morts, dont trois femmes, à un arrêt de bus de Petah Tikwah, au nord-est de Tel-Aviv. Israël dynamite la maison familiale du kamikaze, auteur de l'explosion, impose un bouclage total des territoires palestiniens, et annonce étudier les ripostes possibles. _23 décembre, Gaza. L'armée israélienne fait une incursion à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza. Huit Palestiniens, quatre combattants et quatre civils, sont tués. 34 autres palestiniens, dont trois enfants de 3 à 5 ans, sont blessés. Huit sont dans un état grave Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, demande à Israël, "en tant que puissance occupante, [de] protéger la population civile et [de] se garder d'utiliser une force disproportionnée" dans ses interventions militaires. _19 décembre, Washington. Les Etats-Unis corrigent leur réticence initiale après le discours d'Ariel Sharon. "Nous sommes très satisfaits du discours du premier ministre Sharon", affirme le porte-parole de la présidence américaine, Scott McClellan, ajoutant que le chef du gouvernement israélien "a réitéré et réaffirmé son ferme soutien à la "feuille de route". _18 décembre, Tel-Aviv. En cas d'échec de la "feuille de route" - un "plan clair et raisonnable" -, Israël lancera, dans un délai de "quelques mois", un "plan de séparation" unilatéral, déclare Ariel Sharon, qui annonce une accélération de la construction de la "clôture de sécurité". Il indique que ce plan comporterait un "redéploiement de colonies", autrement dit le démantèlement de certaines d'entre elles, qu'il n'a toutefois pas nommées, afin de "réduire le plus possible le nombre d'Israéliens situés au coeur de la population palestinienne". Le Premier ministre israélien souligne "l'importance suprême de toutes mesures qui permettraient de progresser vers la résolution du conflit avec les Palestiniens". Mais, ajoute-t-il, "si les Palestiniens ne font pas un effort similaire pour parvenir à une solution du conflit, je n'ai pas l'intention de les attendre indéfiniment". Pour les Palestiniens, ce plan est "inapplicable" et peut même conduire à "davantage de violence". Les Etats-Unis rappellent qu'un règlement " [doit] être négocié" et quils [s'opposeront] "à tout effort israélien pour imposer un règlement". _12 décembre, Washington. Le chef de la diplomatie israélienne Sylvan Shalom se prononce pour une reprise "immédiate" des négociations avec les Palestiniens, au cours d'une visite aux Etats-Unis. Il indique avoir présenté à son homologue américain, Colin Powell, les projets du Premier ministre israélien Ariel Sharon, qui a envisagé pour la première fois explicitement le 9 décembre un retrait de colonies juives dans le cadre de "mesures unilatérales". _11 décembre, Rome. Jean Paul II appelle Israéliens et Palestiniens à faire "des gestes concrets" pour "sortir de la situation actuelle" au Proche-Orient, en recevant le ministre israélien des Affaires étrangères Sylvan Shalom. Le pape avait critiqué la construction d'une ligne de sécurité sur le territoire palestinien le 16 novembre, à la veille d'une visite en Italie du Premier ministre israélien Ariel Sharon, en affirmant que le Proche-Orient "n'a pas besoin de murs mais de ponts". _11 décembre, Berlin. "La Feuille de route est mal en point, mais cela ne veut pas dire qu'elle soit morte, je vois au contraire un nouvel état d'esprit qui est en train de se faire jour dans la région avec une société civile très active, l'Initiative de Genève, les propositions d'Ami Ayalon et de Sari Nusseibeh et toutes sortes d'activités dans la société civile. J'espère que cette nouvelle dynamique va inspirer les dirigeants des deux parties et qu'ils vont prendre les mesures nécessaires pour retourner à la table de négociations", déclare Kofi Annan lors d'une conférence de presse tenue en présence du Chancelier allemand Gerhard Schroeder. _10 décembre, New York. La Cour internationale
de justice (CIJ) indique avoir reçu un courrier de
Kofi Annan, daté du 8 décembre, lui transmettant
la requête de l'Assemblée générale
qui demande à la Cour un avis consultatif sur "les
conséquences légales de la construction par Israël,
d'un mur dans le Territoire palestinien occupé".
Le 8 décembre, l'Assemblée générale adoptait par 90 votes favorables, 8 voix contre (Australie, Etats-Unis, Ethiopie, Etats fédérés de Micronésie, Israël, Iles Marshall, Nauru et Palau) et 74 abstentions, une résolution par laquelle elle décidait de poser à la cour la question suivante : "Quelles sont en droit les conséquences de l'édification du mur qu'Israël, puissance occupante, est en train de construire dans le Territoire palestinien occupé, y compris à l'intérieur et sur le pourtour de Jérusalem-Est, selon ce qui est exposé dans le rapport du secrétaire général, compte tenu des règles et des principes du droit international, notamment la quatrième Convention de Genève de 1949, et les résolutions consacrées à la question par le Conseil de sécurité et l'Assemblée générale ? " La CIJ indique qu'elle va elle-même établir une liste d'Etats et d'organisations susceptibles de lui fournir des informations pertinentes. Elle précise qu'à la différence de ses jugements, les avis consultatifs qu'elle rend ne sont pas contraignants mais qu'ils n'en sont pas moins investis de son autorité. _3 décembre, New York. L'Assemblée générale des Nations unies demande aux Israéliens et aux Palestiniens de s'acquitter de leurs obligations en application de la Feuille de route, et se prononce en faveur de la mise en place d'un mécanisme de contrôle par des tiers. Dans une résolution intitulée "Règlement pacifique de la question de Palestine", adoptée par 160 voix pour, six voix contre et cinq abstentions (Etats-Unis, Israël, Iles Marshall, Micronésie, Palaos, Ouganda), l'Assemblée affirme que la construction par Israël d'un mur dans le territoire palestinien occupé [...] est contraire aux dispositions pertinentes du droit international, et enjoint les deux parties de s'acquitter de leurs obligations en application de la Feuille de route "en prenant des mesures parallèles et réciproques à cet égard". Réaffirmant par ailleurs le caractère illégal des colonies israéliennes implantées dans le territoire occupé depuis 1967 et des initiatives israéliennes qui visent à changer le statut de Jérusalem, la résolution souligne "qu'il importe de créer d'urgence un mécanisme crédible et efficace de surveillance par des tiers, y compris tous les membres du Quartet". Egalement adoptée par 155 voix pour, huit contre (Costa Rica, Etats-Unis, Israël, Iles Marshall, Micronésie, Nauru, Palaos, Ouganda) et sept abstentions, une résolution sur Jérusalem rappelle que l'Assemblée générale "a établi que toute mesure prise par Israël en vue d'imposer ses lois, sa juridiction et son administration à la ville sainte de Jérusalem était illégale et, de ce fait, nulle et non avenue et sans validité aucune." Quatre autres résolutions traitant des questions de la Palestine et du Moyen-Orient ont été également adoptée par l'Assemblée générale. _1er décembre, Paris. La plateforme des organisations non gouvernementales (ONG) françaises pour la Palestine lance une "campagne internationale contre le mur et pour la fin de l'occupation des territoires palestiniens" par Israël. Selon les ONG, la construction de ce que le gouvernement israélien appelle la "clôture de sécurité" tuera toute possibilité de paix. Cette initiative, qui s'adresse essentiellement à la société civile afin qu'elle exige des mesures officielles, a été décidée en écho à celle du réseau d'ONG palestiniennes pour l'environnement [Pengon selon son sigle anglais], intitulée : "Stop the Wall" [Faisons tomber le mur]. _1er décembre, Genève. L'ancien président américain Jimmy Carter, architecte des accords israélo-égyptiens de Camp David, en 1979, et prix Nobel de la paix 2002; son homologue portugais Mario Soares; l'ex-président polonais Lech Walesa; la ministre suisse des affaires étrangères Micheline Calmy-Rey. et, en duplex, le sud-africain Nelson Mandela, participent au lancement de l'Initiative de Genève, plan de paix révélée en octobre après trois années de tractations secrètes entre Israéliens et Palestiniens, conduites par l'ancien ministre israélien de la justice Yossi Beilin et l'ancien ministre palestinien de l'information Yasser Abed Rabbo. Ce plan, très détaillé et étayé par des cartes précises, qui n'a aucun statut officiel, entend réaffirmer l'engagement de ceux qui ont négocié une alternative à l'escalade de la violence au Proche-Orient. Il s'inscrit dans le prolongement des discussions de Taba et prévoit des concessions majeures de part et d'autre : Israël évacuerait la quasi-totalité de la Cisjordanie et partagerait la souveraineté de Jérusalem, tandis que les Palestiniens renonceraient de facto au droit au retour en Israël de 3,8 millions de réfugiés. > NOVEMBRE _28 novembre, New York. "Israël ne se conforme
pas à la demande de l'Assemblée générale"
des Nations unies, qui, le 21 octobre 2003, lui demandait d'arrêter
la construction du mur dans le territoire palestinien occupé
y compris Jérusalem-Est et ses alentours, et, ce faisant,
agit de façon "profondément contraire au but
recherché", indique Kofi Annan dans un rapport
rendu public à New York.
_27 novembre, Tel-Aviv. Ariel Sharon évoque de possibles retraits israéliens des territoires dans l'avenir, mais sans fournir le moindre détail et en avertissant les Palestiniens que la patience d'Israël a "ses limites". "J'ai déjà dit que j'étais prêt à des compromis douloureux et il est clair qu'en fin de compte, nous ne serons pas partout où nous sommes actuellement", déclare le Premier ministre israélien, qui annonce qu'Israël poursuivrait la construction de la ligne de séparation en Cisjordanie, en dépit des protestations palestiniennes et internationales. Ariel Sharon a aussi lancé une vive attaque contre l'Initiative de Genève, un plan de paix officieux pour régler le conflit israélo-palestinien qui sera lancé le 1er décembre 2003 dans cette ville, la qualifiant de "nuisible et embarrassante" pour Israël. _20 novembre, Londres. Au 2e jour de sa visite à Londres, le président américain Georges Bush demande à Israël d'arrêter la colonisation des territoires, de cesser "les humiliations quotidiennes des Palestiniens et de ne pas préjuger du résultat final des négociations en construisant murs et clôtures". _19 novembre, New York. Le Conseil de sécurité des Nations unies adopte, à l'unanimité, une résolution approuvant la "feuille de route", document détaillant les étapes du processus de paix entre Israéliens et Palestiniens. Le retour du cycle des violences entre Palestiniens et Israéliens avait suspendu son application. La résolution 1515, présentée par la Russie et co-parrainée notamment par l'Allemagne, la Chine, le Chili, la France et la Grande-Bretagne, reprend à son compte le plan de paix formulé par le "Quartet" de médiateurs pour le Proche-Orient, à savoir les Etats-Unis, la Russie, l'Union européenne et les Nations unies. Le texte appelle "les parties" - Israël et l'Autorité palestinienne - , "à remplir toutes leurs obligations afin de parvenir à la réalisation de la vision de deux Etats vivant côte à côte dans la paix et la sécurité". _16 novembre, Rome. "Le Proche-Orient "n'a
pas besoin de murs mais de ponts", déclare Jean
Paul II dans sa prière de l'Angelus. "Je renouvelle
ma ferme condamnation pour toutes les actions terroristes commises
ces derniers temps en Terre sainte. Dans le même temps,
je dois relever le fait que malheureusement la dynamique de
paix semble s'être arrêtée", déclare
le pape, qui rappelle que "la construction d'un mur entre
le peuple israélien et le peuple palestinien est vue par
beaucoup [de gens] comme un nouvel obstacle sur la route conduisant
à une cohabitation pacifique. En réalité,
la Terre sainte n'a pas besoin de murs mais de ponts". "Sans
réconciliation des âmes, il ne peut y avoir la paix",
ajoute Jean Paul II. _14 novembre, Jérusalem. Quatre anciens chefs du Shin Beth, le service israélien de sécurité intérieure, lancent un cri d'alarme dans le quotidien Yediot Aharonot. "Nous courrons au désastre si nous ne renonçons pas au Grand Israël, si nous ne reconnaissons pas une fois pour toutes qu'il y a un autre peuple qui souffre et envers lequel nous avons un comportement honteux". _12 novembre, Jérusalem. La radio militaire diffuse une note interne du ministère des affaires étrangères israélien critiquant l'immobilisme de la politique israélienne. La note examine la position d'Israël par rapport à la "Feuille de route", le plan de paix international soutenu par les Etats-Unis, la Russie, l'Union européenne et les Nations unies. "Notre affirmation selon laquelle Israël a rempli sa part de la "feuille de route" est considérée comme manquant de crédibilité, non seulement parce que nous n'avons pas évacué les avant-postes illégaux, mais parce que nous avons également tout fait pour étouffer leur existence et en construire d'autres", souligne le document. L'auteur de la note estime, plus globalement, que "les critiques internationales se développent - contre Israël - en raison de notre absence d'idées neuves pour sortir du conflit". _12 novembre, Ramallah. Le Parlement palestinien
vote la confiance au cabinet d'Ahmed Qoreï. Yasser
Arafat a obtenu la nomination au poste de ministre de l'intérieur
de l'un de ses proches, Hakam Balaawi, au détriment
du candidat du premier ministre, le général Nasr
Youssef. Ahmed Qoreï exhorte en outre les mouvements palestiniens à "mettre fin à tous les actes de violence" et au "chaos des armes" qui règne dans les territoires palestiniens. "Notre lutte est dirigée contre l'occupation et non contre les civils et les enfants". Yasser Arafat appelle pour sa part Israël au
dialogue pour mettre fin au cycle de la violence et reconnu
le droit de l'Etat hébreu de vivre en paix. "Il est
temps d'instaurer un dialogue à la place d'une confrontation
militaire, de la violence, des assassinats et des destructions",
déclare-t-il. "Il est temps pour nous, et pour vous,
Israéliens, de sortir du cycle de la guerre destructrice
qui ne nous apportera, ni à nous, ni à vous, la
paix et la sécurité".
_3 novembre, Bruxelles. Un sondage sur "L'Irak et la paix dans le monde", réalisé entre le 8 et le 16 octobre 2003 par les quinze instituts EOS Gallup Europe pour la Commission européenne, désigne Israël en tête des pays représentant "une menace pour la paix" aux yeux des Européens. La question posée était : "Pour chacun des pays suivants, dites, à votre avis, s'il présente ou non une menace pour la paix dans le monde". Pour 59 % des 7'515 Européens interrogés (l'échantillon était de 500 personnes dans chaque pays), Israël crée une menace pour la paix mondiale. Israël est suivi par l'Iran, la Corée du Nord et les Etats-Unis (tous trois avec 53 %), puis l'Irak (52 %), l'Afghanistan (50 %), le Pakistan (48 %), la Syrie (37 %), la Libye et l'Arabie saoudite (36 %), la Chine (30 %), l'Inde (22 %), la Russie (21 %), la Somalie (16 %), enfin... l'UE elle-même (8 %). La publication du sondage a provoqué des réactions indignées en Israël. Nathan Chtcharansky, ministre chargé des relations avec la diaspora, a souligné que l'UE "devrait faire cesser le lavage de cerveaux qui vise à diaboliser Israël, avant que l'Europe retombe une fois encore dans les périodes sombres de son passé". L'ambassade d'Israël auprès de l'UE a fait part de sa "tristesse" et de son "indignation" : "Les Européens semblent aveugles aux victimes et aux souffrances israéliennes. Au lieu de cela, souligne un communiqué, ils placent l'Etat juif plus bas que les pires "Etats parias" et organisations terroristes." _4 novembre, New York. L'aide aux Palestiniens en manque de financement, alerte l'Office des Nations unies pour les réfugiés de Palestine au Proche-Orient (UNRWA). Des coupes sombres ont dû être effectuées dans les programmes d'assistance destinés aux Palestiniens vivant en Cisjordanie et à Gaza dont 60% vivent pourtant en dessous du seuil de pauvreté, indique l'UNRWA. L'agence n'a pu fournir que 228 logements aux 12'700 personnes transformées en sans-abris par les démolitions israéliennes, et le montant de son aide médicale s'est limitée à 750'000 dollars sur les 2,7 millions correspondant aux besoins. _1er novembre, Tel-Aviv. Plus de 100'000 personnes commémorent le huitième anniversaire de l'assassinat d'Itzhak Rabin. Sur de nombreuses banderoles, on pouvait lire des messages de soutien au plan de paix non officiel - l'Initiative de Genève - élaboré sous l'égide de l'Israélien Yossi Beilin et du palestinien Yasser Abed Rabbo. > OCTOBRE _28 octobre, Jérusalem. Le chef d'état-major
de l'armée critique la politique sécuritaire
du gouvernement d'Ariel Sharon dans les territoires palestiniens.
Plusieurs journaux israéliens publient mardi les déclarations
d'un "haut responsable militaire" - le général
Moshé Yaalon - qui s'insurge contre le maintien du
bouclage des territoires palestiniens, estimant qu'il favorise
la rancoeur, la montée de l'extrémisme et de l'anarchie. Moshé Yaalon juge le gouvernement en partie responsable de la démission de l'ex-premier ministre palestinien Mahmoud Abbas. Il préconise des mesures d'assouplissement, notamment la levée du couvre-feu dans des secteurs palestiniens jugés calmes, ainsi que le transfert de certaines zones sous le contrôle de l'Autorité palestinienne. _28 octobre, Ramallah. Le Premier ministre palestinien Ahmad Qoreï "accepte de former un gouvernement élargi et il le présentera au Parlement à l'issue du mandat de l'actuel cabinet". _28 octobre, Washington. Le président américain Bush accuse l'actuelle direction palestinienne de n'être pas suffisamment engagée dans la lutte contre le terrorisme, mais continue à plaider pour la création d'un Etat palestinien. "Nous sommes favorables à une solution à deux Etats. Nous voulons un Etat palestinien vivant aux côtés d'Israël. Et pour y parvenir [...] il y a besoin d'un effort ciblé pour lutter contre le terrorisme". _27 octobre, New York. Kofi Annan "déplore fermement" la destruction, le 25 octobre, de 3 immeubles de 13 étages par les forces armées israéliennes dans la bande de Gaza et demande à Israël de cesser immédiatement toute action - qu'il s'agisse de l'implantation de colonies de peuplement ou de la construction du mur de séparation - qui pourrait créer davantage de tensions sur le terrain. Terje Roed-Larsen, le Coordonnateur spécial des Nations unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, rappelle, de son côté, que la destruction des immeubles est non seulement illégale et en violation du droit international, mais va également à l´encontre de tous les efforts entrepris par Israël pour garantir sa sécurité du fait qu'elle ne pouvait générer chez les Palestiniens que la colère et le désespoir. Au cours du mois de septembre, 2'000 personnes se sont retrouvées sans abris à la suite de la démolition par Israël de 200 immeubles dans la bande de Gaza. _25 octobre, Ramallah. L'Autorité palestinienne
dénonce le projet israélien de construction
d'une ligne de défense le long de la vallée du Jourdain."Les
décisions israéliennes liées à la
poursuite de la construction du mur et à son extension
à la vallée du Jourdain équivaut à
porter le coup de grâce à la feuille de route et
à déclarer une guerre totale au peuple palestinien",
déclare Nabil Abou Roudeina, le conseiller du président
de l'Autorité palestinienne Yasser Arafat. "Il s'agit d'une violation de la résolution des Nations unies et d'un acte provocateur lourd de répercussions graves", ajoute-t-il, appelant "le Conseil de sécurité et l'Assemblée générale des Nations unies à imposer des sanctions au gouvernement [israélien] qui défie la communauté internationale". _24 octobre, Jérusalem. Ariel Sharon annonce qu'un projet de construction d'une ligne de défense le long de la vallée du Jourdain, en Cisjordanie, est à l'étude et qu'il sera présenté au gouvernement dès qu'il sera prêt. Il indique que cette ligne mordrait "de plusieurs kilomètres" à l'ouest, c'est-à-dire qu'elle s'étendra non pas le long de la frontière avec la Jordanie mais en Cisjordanie. La construction de cette portion orientale de la ligne permettrait à Israël d'annexer de fait la partie orientale de la Cisjordanie. Le 2 mai 2001, le premier ministre israélien avait affirmé que la vallée du Jourdain resterait aux mains d'Israël "pour toujours". "Il n'y aura pas de situation où la vallée du Jourdain, secteur de sécurité oriental vital pour Israël, ne sera pas aux mains d'Israël. Cette région sera aux mains d'Israël pour toujours", avait-il affirmé. _24 octobre, Jérusalem. Des Palestiniens infiltrés dans une colonie du nord de Gaza tuent deux femmes et un homme, et blessent deux autres Israéliens. La veille, Tel-Aviv avait lancé un appel d'offres pour la construction de 323 logements en Cisjordanie. Preuve, pour le principal négociateur palestinien, Saëb Erakat, qu'Israël "a opté pour la voie de la colonisation plutôt que pour celle de la paix et des négociations".
Elaborée à l'initiative des pays arabes, puis
amendée par l'Union européenne (UE), la résolution,
qui n'a pas de force contraignante, "exige qu'Israël
arrête et revienne sur la construction du mur dans
le territoire palestinien occupé, y compris dans et autour
de Jérusalem, qui dévie de la ligne d'armistice
de 1949 et contredit les stipulations pertinentes de la loi internationale."
Elle demande également "aux deux parties de remplir
leurs obligations" au titre de la [feuille de route] visant
à aboutir à la paix au Proche Orient.
"Toutefois, ces actions ne justifient en rien les attaques-suicide à la bombe perpétrées par les factions palestiniennes", ajoute Kofi Annan, qui précise que, sans même parler du coût effroyable en vies humaines, chaque nouvel attentat faisait un tort considérable à la cause palestinienne et au processus de paix. _21 octobre, New York. La construction d'un mur de séparation par Israël, qui divise les communautés et les familles palestiniennes et menace d'isoler Jérusalem de la Cisjordanie, doit cesser, déclare Kieran Prendergast, secrétaire général adjoint des Nations unies pour les affaires politiques, lors d'un exposé au Conseil de sécurité sur la situation au Moyen-Orient. Selon lui, les attaques terroristes, les exécutions extrajudiciaires, les murs qui pénètrent profondément dans les territoires palestiniens occupés, la destruction de foyers, les expropriations et les activités permanentes d'implantation de colonies de peuplement mènent les deux parties au désespoir, à la haine et à la revanche. Les actions réciproques de destruction ne font qu'affaiblir les modérés des deux parties et encourager les extrémistes. _21 octobre, Ramallah. Yasser Arafat "appelle la communauté internationale, les Nations unies et le Quartet à agir promptement pour arrêter cette folie militaire à travers laquelle [les Israéliens] cherchent à détruire notre terre sainte et notre peuple". Depuis le début de l'Intifada, en septembre 2000, 3'563 personnes ont été tuées, dont 2'651 Palestiniens et 846 Israéliens. -20 octobre, Jérusalem. Ariel Sharon annonce
devant le Parlement israélien que "la construction
de la clôture va s'accélérer, notamment
dans la région de Jérusalem". La "ligne
de sécurité" doit s'étendre sur 430
km et englober 80% des quelque 231.000 colons de Cisjordanie,
sans compter les quelque 200.000 Israéliens installés
à Jérusalem-Est occupée et annexée
depuis 1967. _20 octobre, Jérusalem. 10 Palestiniens tués,
dont 2 activistes du Hamas, et plus de 70 blessés
lors de cinq attaques aériennes israéliennes. La
plupart des victimes sont des civils. Ces raids sont la réponse
à la mort de trois militaires israéliens dans une
embuscade en Cisjordanie revendiquée par les Brigades
des Martyrs d'Al-Aqsa. Le Hamas et le Djihad islamique
promettent de se venger. _15 octobre, Gaza. Trois agents de sécurité américains tués et un autre blessé dans un attentat à la bombe contre un convoi diplomatique. Les "Comités de la résistance populaire" démentent toute implication. Yasser Arafat condamne cet acte. Les Etats-Unis pressent leurs ressortissants de quitter la bande de Gaza, et de "prendre toutes les précautions" en Cisjordanie. Pour le Secrétaire d'Etat américain Colin Powell, un Etat palestinien n'est pas possible si la violence continue. _14 octobre, Gaza. Des chars et des bulldozers israéliens entrent dans le camp de réfugiés de Rafah, au sud de la bande de Gaza, "en vue d'achever de détruire des tunnels utilisés par les Palestiniens pour passer en contrebande des armes en provenance d'Egypte". L'armée israélienne poursuit ses représailles. Au cours d'un raid, huit Palestiniens, dont deux enfants, ont été tués et une soixantaine d'autres blessés. Selon l'Agence des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (Unrwa), 114 maisons ont été détruites ou rendues inhabitables, laissant près de 1'500 personnes sans abri. Réunis à Luxembourg, les ministres européens des affaires étrangères ont appelé Israël à cesser "les actions de représailles faisant des victimes parmi la population civile". _14 octobre, New York. Les Etats-Unis mettent
leur veto à une résolution présentée
au Conseil de sécurité condamnant la construction
par Israël d'une "clôture de sécurité"
en Cisjordanie. Le texte, déposé par la Syrie au
nom du groupe arabe, jugeait la construction "illégale
aux termes de la loi internationale" et demandait
que le Conseil réaffirme son opposition "à
toutes les activités de colonisation dans les territoires
occupés et toutes les activités impliquant la confiscation
de terres et leur annexion de fait". Il avait trouvé
le soutien de dix des quinze membres du Conseil de sécurité,
dont la France et la Russie. _12 octobre, Ramallah. Accord entre Yasser Arafat et Ahmed Qoreï, premier ministre désigné pour former un "gouvernement d'urgence" qui ne sera pas présenté au Conseil législatif et pourra gouverner par décrets. Mais sa durée de vie est limitée à quelques semaines et Ahmed Qoreï apparaît comme un Premier ministre en sursis. Il est fort possible qu'il présente de nouveau sa démission, après l'avoir fait une première fois le 6 octobre, relève Le Monde, qui note : "Les péripéties qui ont accompagné la naissance de ce nouveau cabinet réduit, dont le ministère de l'intérieur n'est pas pourvu, illustrent la décomposition des institutions de l'Autorité palestinienne, confrontée à un blocage de la situation et à la permanence de l'occupation en Cisjordanie. Cette paralysie est accentuée par la volonté de M. Arafat de vouloir garder tout le contrôle". _12 octobre, Amman. Une cinquantaine d'intellectuels, de pacifistes et d'hommes politiques - personnalités palestiniennes et israéliennes - présentent en commun un pacte symbolique pour relancer les négociations de paix. Ce pacte, qui veut montrer "que la paix a une chance", sera signé début novembre à Genève. Estimant la résolution "très partiale", l'ambassadeur d'Israël auprès des Nations unies, Dan Gillerman a démenti que la construction soit autre chose qu'une mesure d'autodéfense de la part d'Israël. Il s'agirait uniquement d'une des "méthodes non violentes les plus efficaces pour empêcher le passage des terroristes et de leurs armes [...] vers les zones civiles" israéliennes. _5 octobre, Jérusalem. Après l'attentat d'Haïfa, l'aviation israélienne bombarde un "camp d'entraînement" utilisé, selon Israël, par le Djihad islamique en Syrie. Les pays du conseil de sécurité des Nations unies, à l'exception des Etats-Unis, condamnent l'"agression militaire d'Israël". Cet "avertissement" est la première opération militaire israélienne en territoire syrien depuis 30 ans. Kofi Annan, qui déplore "vivement l'attaque aérienne israélienne en territoire syrien" exhorte toutes les parties concernées à respecter le droit international et à faire preuve de retenue. La Ligue arabe qualifie le raid israélien de "terrorisme d'Etat organisé". _4 octobre, Haïfa. 20 personnes, dont cinq enfants,
tuées dans un attentat-suicide perpétré
par une avocate palestinienne de 29 ans dans un restaurant de
Haïfa, dans le nord d'Israël, durant le sabbat
et à la veille du début de la célébration
du Yom Kippour. L'attentat a été revendiqué
par le Djihad islamique. Un porte-parole de la présidence du Conseil, David Baker, exige "que l'Autorité palestinienne prenne des mesures immédiates pour démanteler les structures terroristes et empêcher d'autres attentats". Le Premier ministre palestinien désigné, Ahmad Qoreï, appelle "tous les groupes palestiniens [à] stopper immédiatement ces opérations visant des civils qui ont un impact négatif sur la cause palestinienne". Le Secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, appelle l'Autorité palestinienne "à faire tout ce qui est en son pouvoir pour mettre un terme à ces attaques brutales qui ne font que nuire à la cause palestinienne", et exhorte toutes les parties "à faire preuve de la plus grande retenue pendant cette période extrêmement dangereuse et difficile". _2 octobre, New York. Kofi Annan fait part de ses vives préoccupations au sujet de la décision du gouvernement israélien de poursuivre l'édification du mur de séparation plus profondément en Cisjordanie et de construire 600 nouveaux logements dans les colonies de peuplement implantées dans ce territoire. Le secrétaire général des Nations unies considère "à la fois le mur de sécurité et les colonies de peuplement en Cisjordanie, construites sur la terre palestinienne, comme un sérieux obstacle à la concrétisation de la solution à deux Etats". "Le mur continue, en outre, de causer des problèmes graves à des milliers de familles palestiniennes", ajoute-t-il. _1er octobre, Jérusalem. "Le gouvernement [israélien] décide d'édifier des clôtures de sécurité pour protéger cinq blocs d'implantations [colonies juives], dont la ville d'Ariel", déclare un haut responsable israélien. Ces clôtures seront reliées entre elles, ainsi qu'à la ligne de sécurité, en construction, séparant Israël de la Cisjordanie. Qualifiée de "mur de l'apartheid" par les Palestiniens, elle est censée empêcher l'infiltration en territoire israélien de kamikazes palestiniens. _1er octobre, Jérusalem. Depuis le début
de l'Intifada il y a trois ans, le 29 septembre 2000,
3'499 personnes ont été tuées dont 2'614
Palestiniens et 822 Israéliens. Les conséquences
de ce conflit ont causé de sérieux dommages tant
à l'économie israélienne que palestinienne,
note Le Monde, qui souligne que "plus de la moitié
des Palestiniens vivent désormais au-dessous du seuil de
pauvreté". |