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L'actualité des droits de l'homme ![]() |
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que l'abrogation du code de la famille se transforme
"d'un combat de militantes à un combat de citoyens",
résume Ourida Chouaki, enseignante. "La Tunisie a déjà un statut personnel égalitaire sauf en ce qui concerne l'héritage ; le Maroc remet en question ses lois inégalitaires entre femmes et hommes ; pourquoi l'Algérie resterait-elle à la traîne ?", ajoute-t-elle [Le Monde, 6.12.2003].
ARABIE SAOUDITE_22 octobre, Putrajaya (Malaisie). Dans un discours devant l'Organisation de la conférence islamique (OCI), le prince héritier d'Arabie saoudite Abdallah ben Abdel Aziz - dont la dynastie est "gardienne des lieux saints" de la Mecque et Médine, dans l'ouest du royaume - dénonce les extrémistes comme étant des "déviants" de l'Islam, réclamant des institutions plus fortes pour les combattre. "Les balles qui tuent les femmes et les enfants [...] et détruisent les communautés innocentes ne viennent pas des fusils mais de pensées déviantes et d'interprétations fausses de notre grande religion et de son noble message", déclare-t-il. "Le dialogue ne peut se faire avec les balles et le jihad (guerre sainte) ne peut jamais être associé à l'agression", a-t-il ajouté, souligant qu'il "est grand temps d'extirper de notre société les racines du fanatisme et de la haine et d'y semer les graines de la tolérance". BIRMANIE_12 novembre, New York. La situation des droits de l'homme en Birmanie a régressé au cours des dix derniers mois, indique Paulo Sergio Pinheiro, le Rapporteur spécial de la Commission des droits de l'homme, devant la Commission sociale de l'Assemblée générale des Nations unies. Il estime qu'entre mars et novembre 2003, dates de ses deux dernières visites dans le pays, les droits de l'homme dans le pays ont subi des "reculs importants". _10 novembre, Rangoon. Le rapporteur spécial de la Commission des droits de l'homme des Nations unies, Paulo Sergio Pinheiro, demande à la junte birmane de libérer 1'300 prisonniers politiques de l'"enfer" des prisons de ce pays après une mission d'une semaine en Birmanie. Depuis 2001, la junte a relâché quelque 500 prisonniers, explique-t-il, mais en détient toujours 1'300. Au rythme actuel, il faudrait dix ans pour que tous soient libérés. _10 novembre, New York. Kofi Annan estime, dans son
rapport complémentaire sur les droits de l'homme en Birmanie,
que l'annonce de la "feuille de route" en sept étapes
vers la démocratisation annoncée par le gouvernement,
ne modifiait pas fondamentalement la situation dans le pays, alors
que la chef de file du mouvement en faveur de la démocratie,
Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix, est toujours assignée
à résidence.
Le secrétaire général des Nations unies note que la nouvelle "feuille de route" annoncée par le gouvernement birman n'a pas encore pris en compte les points de vue d'un grand nombre de parties dans le pays ni ne comportait de calendrier d'application. _8 novembre, Rangoon. Aung San Suu Kyi refuse d'être libérée tant que le gouvernement birman ne relâchera pas des dizaines d'autres prisonniers politiques, déclare Paulo Sergio Pinheiro, rapporteur spécial de la Commission des droits de l'homme des Nations unies, qui a rencontré la dirigeante de l'opposition assignée à résidence. Les violences du 30 mai 2003, orchestrées par la junte au pouvoir et qui ont fait des dizaines de morts selon des témoins, ont été suivies d'une vague de répression contre le parti d'Aung San Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie (LND) dont de nombreux cadres et militants ont été arrêtés. BURUNDI_29 décembre, Bujumbura. Le nonce apostolique au Burundi, Mgr Michael Courtney, 58 ans, de nationalité irlandaise, mortellement blessé dans une embuscade dans le sud-ouest du pays. Cette attaque est attribuée aux Forces nationales de libération (FNL), dernier mouvement rebelle hutu encore en guerre contre le gouvernement de transition. CAMBODGE_5 novembre, Phnom Penh. La Cour d'appel confirme une condamnation à la prison à vie pour un ancien chef de guerre khmer rouge, Chhouk Rin, 49 ans, pour son rôle dans le meurtre de trois otages occidentaux en 1994."La cour estime que le verdict contre Chhouk Rin du 16 septembre 2002 par la Cour d'appel est valide et le confirme", déclare le juge Samrith Sophal. L'ancien officier khmer rouge avait été reconnu coupable d'"assassinat prémédité, de séquestration et d'actes de banditisme" pour avoir dirigé le 26 juillet 1994 l'attaque d'un train entre Phnom Penh et Kampot (sud). Celle-ci s'était soldée par la mort de 13 Cambodgiens et la prise en otage de trois jeunes touristes occidentaux, le Français Jean-Michel Braquet, l'Anglais Mark Slater et l'Australien David Wilson, qui avaient été exécutés après deux mois de détention. CHINE_28 octobre, Paris. Amnesty international appelle l'Union européenne (UE) à excercer "des pressions politiques afin d'aboutir à une amélioration concrète de la situation des droits de l'homme" en Chine, massivement violés dans ce pays selon le dernier rapport - accablant - publié par lorganisation. "Jusqu'à présent l'UE a été prisonnière des exigences de la Chine qui insistait sur le respect mutuel et sur le non-affrontement [...] Elle s'est retrouvée enfermée dans un dialogue formel sur les droits de l'homme qui n'a été d'aucun secours pour les victimes des violations en Chine", affirme Dick Oosting, directeur du bureau européen de l'organisation à Bruxelles. "En dépit de six années de dialogue sur la question de la peine de mort, la Chine est toujours responsable de plus de 80% des exécutions à travers le monde". CONGO_6 novembre, Brazaville. Le président de la Fédération internationale des Ligues des droits de l'homme (FIDH), Sidiki Kaba dénonce de nombreuses violations des droits de lhomme dans le pays dues à "la culture de l'impunité, au déficit démocratique et à la mal-gouvernance". "Les guerres civiles sont à l'origine de toutes les catégories de violations des droits de l'homme: exécutions extra-judiciaires et assassinats", déclare-t-il, soulignant que "toutes les personnes impliquées dans ces forfaits doivent répondre" devant la justice. Sidiki Kaba regrette "l'amnistie sélective" accordée par les autorités congolaises aux anciens miliciens ninjas responsables d'exactions lors des guerres civiles dans le département du Pool (sud-ouest). CONGO / République démocratique_11 novembre, New York. Un rapport des Nations unies sur la situation des droits de l'homme dans le pays dresse "le tableau effrayant d'une situation des droits de l'homme les plus graves au monde", tout en soulignant les progrès politiques considérables réalisés au cours des derniers mois et la collégialité régnant dans le nouveau gouvernement congolais.
En Ituri, le rapport fait état de destructions systématiques et répétées de villages, accompagnées de massacres de la population, de viols, de prises d'otage, d'abus sexuels. _4 novembre, New York. La reprise des combats entre la milice Maï-Maï et les rebelles rwandais, dans la province du Sud-Kivu ont provoqué l'exode de milliers de civils, tandis que dans d'autres secteurs de l'Est du pays, les équipes humanitaires des Nations unies découvrent que des milliers de petites filles et de femmes, de 5 à 80 ans, ont été torturées et violées. D'autres informations du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) font état de cannibalisme et de génocide à l'égard des Pygmées. Sur le site de l'UNIFEM, le Fonds de développement des Nations unies pour la femme, on trouve les précisions suivantes : "En République démocratique du Congo où l'on pense que des centaines de milliers de femmes ont été violées depuis 1998, des cas de mutilation sexuelle et de cannibalisme ont été signalés en 2003, des actes de cannibalisme et le génocide ayant été pratiqués par les groupes armés à l'encontre des Pygmées". _7 octobre, Bunia (Ituri). Nouveau massacre dans l'est du pays : au moins 65 personnes et une vingtaine d'autres blessées dans la localité de Chatchele, à une centaine de kilomètres au nord-est de Bunia, lors d'un massacre attribué à des combattants de l'ethnie Lendu, majoritaire en Ituri, annonce la Mission des Nations unies en République démocratique du Congo (Monuc). Les victimes seraient de l'ethnie minoritaire, les Hema. C'est le premier massacre de civils signalé en Ituri depuis que la Monuc a pris le relais, le 1er septembre 2003, de la force européenne Artémis, déployée pendant trois mois à Bunia et dans ses abords immédiats. Les violences interethniques en Ituri ont fait quelque 50'000 morts et 500'000 personnes déplacées depuis 1999. COTE D'IVOIRE_3 novembre, Abidjan. La ministre ivoirienne des droits de l'homme, Victorine Wodié, s'inquiète de la dégradation des droits humains dans le pays depuis le début de la rébellion en septembre 2002 et rappelle aux forces de l'ordre l'obligation d'inscrire leur action dans la légalité. Dans une tribune publiée par la presse ivoirienne, elle réagit notamment au meurtre du journaliste français Jean Hélène, correspondant de Radio France International (RFI) abattu le 21 octobre à Abidjan par un policier ivoirien. "Cet acte inqualifiable et d'une extrême gravité commis par un agent de police doit nous interpeller tous car il s'agit d'une atteinte au premier des droits humains à savoir le droit à la vie". "Malheureusement, depuis le début de la crise politico-militaire que connaît la Côte d'Ivoire, ce droit fondamental et essentiel est fragilisé et bafoué, le reléguant presque au rang des incertitudes", souligne-t-elle, condamnant également les ex-rebelles qui "n'ont fait qu'exacerber inutilement et grossièrement les violations des droits de l'homme". Dans son texte, Victorine Wodié "recommande aux forces de sécurité et de défense de toujours inscrire leurs actions dans le respect du droit international humanitaire [...], de ne faire usage de leurs armes et de n'attenter à la liberté d'autrui que conformément aux prescriptions de la loi afin de mieux garantir la sécurité et rassurer les population quant à leurs droits". Elle "exhorte les médias en général et la presse ivoirienne en particulier à avoir une plume et un ton juste, dépouillés de tout propos haineux et tendant à l'exacerbation des différences". "Le respect des droits de l'Homme doit être un souci et une quête réelle pour tous et pour chacun, nous devons donc éviter de les utiliser abusivement et au gré de nos intérêts particuliers comme simples moyens ou instruments de propagande politicienne", ajoute-t-elle. CUBA_4 novembre, New York. L'Assemblée générale des Nations Unies adopte une résolution condamnant l'embargo américain en vigueur depuis plus de 40 ans par 179 voix contre 3 (Etats-Unis, Israël et Iles Marshall) et 2 abstentions (Maroc et Micronésie). Favorable à cette résolution, la dissidence cubaine a demandé aux Nations unies de se prononcer également sur "la cruauté" du gouvernement cubain envers les opposants. L'un des leaders de la dissidence cubaine, le fondateur du Mouvement Chrétien de Libération (MCL-illégal) Oswaldo Paya, lauréat du Prix Sakharov pour la liberté d'expression du Parlement européen, a souligné que "bien que l'embargo des Etats-Unis affecte la population cubaine, nous rappelons également que les violations systématiques de tous les droits, la répression et les emprisonnements arbitraires, sont les mesures les plus graves qui font souffrir des millions" de cubains. Si les membres des Nations unies "se veulent cohérents moralement", a-t-il ajouté , "et si ce qui les préoccupe est le bien-être et les droits des cubains, ils doivent exiger le respect par le gouvernement cubain des droits de l'homme, le respect du droit des cubains a des réformes pacifiques vers la démocratie", ainsi que "l'arrêt du traitement cruel et dégradant" infligé aux prisonniers politiques. _29 octobre, Sao Paulo. Les 140 partis de gauche représentés au XXIIe congrès de l'Internationale socialiste (IS) condamnent les violations des droits de l'homme commises par le régime cubain et exhorte Fidel Castro à libérer les prisonniers politiques, ainsi qu'à adopter des réformes démocratiques. Le Portugais Antonio Guterres, président en exercice de l'IS, déclare que le congrès avait "de profondes inquiétudes en ce qui concerne les droits de l'homme, la démocratie et le dialogue au sein de la société cubaine". "Le peuple cubain doit trouver une voie concertée menant à une solution démocratique". _3 octobre, La Havane. Oswaldo Paya remet au Parlement cubain 14'384 nouvelles signatures de soutien au projet Varela, qui prône un référendum sur les réformes nécessaires dans l'île. Oswaldo Paya a reçu le prix Sakharov du Parlement européen. L'initiative d'Oswaldo Paya - qui avait déjà recueilli 11'200 signatures, conformément à la Constitution cubaine, remises au Parlement en mai 2002 - propose une modification de la législation électorale et du droit d'association, la libre entreprise pour les Cubains discriminés sur le plan économique par rapport au capital étranger, et l'amnistie pour les prisonniers politiques [d'après Le Monde, 8 octobre 2003]. GRANDE-BRETAGNE_23 octobre, Londres. Tony Blair demande la révision de la Convention internationale de 1951 sur l'asile, qui est "complètement obsolète" et qui, selon lui, ne répond plus aux exigences posées par les grandes vagues de flux migratoires auxquelles l'Europe est aujourd'hui confrontée. Pour le premier ministre anglais, ce traité ne protège pas les vrais réfugiés, souvent victimes du trafic d'êtres humains, et favorise l'immigration illégale. ETATS-UNIS_12 novembre, Atlanta. Inaugurant une conférence des militants internationaux des droits de l'homme, Jimmy Carter déclare qu'une érosion des droits et libertés aux Etats-Unis a donné carte blanche aux nations qui ont déjà une propension à violer les droits de l'homme. Pour illustrer son propos, l'ancien président américain a cité la détention à Guantanamo de centaines de personnes soupçonnées d'activités terroristes, ainsi que l'arrestation de près de 1'200 immigrés américains aux Etats-Unis, certains ayant été détenus pendant des mois sans avoir été inculpés d'aucun crime, sur la base d'une législation (Patriot Act) votée par le Congrès après les attentats du 11 septembre. "Je dis cela parce que c'est une violation du caractère premier de mon pays et que cela me perturbe beaucoup". 10 novembre, Washington. La Cour suprême des
Etats-Unis accepte d'examiner l'appel interjeté par
des détenus de la prison militaire américaine de
Guantanamo, à Cuba, contre leurs conditions d'incarcération.
Elle devra ainsi déterminer si ces étrangers ont
le droit d'être jugés devant des tribunaux civils
américains. C'est la première fois que la plus haute juridiction américaine décide d'examiner une affaire découlant de la politique antiterroriste de l'administration Bush, consécutive aux attentats du 11 septembre 2001. EURO-MAGHREB_6 décembre, Tunis. Le participants au sommet euro-maghrébin des dix pays du "Dialogue 5+5" "condamnent "fermement le terrorisme" et décident de "consolider leur coopération en matière de sécurité", dans une déclaration publique. Les "dix" expriment leur volonté de faire de la Méditerranée occidentale un "espace de paix, de stabilité, de solidarité, de prospérité, de liberté et de justice sur la base du respect des valeurs communes de démocratie, des droits de l'homme et de la consécration de l'Etat de droit". La lutte contre l'immigration illégale et le trafic des êtres humains "exige une action commune et une coopération concertée [pour] mieux en appréhender les véritables causes [et] tout en veillant au respect de la dignité humaine", ajoute la déclaration. EUROPE_30 octobre, Rome. Les ministres de l'Intérieur de l'Union européenne entendent promouvoir le dialogue inter-religieux et l'intégration pour "conjurer tout intégrisme" et "'éviter de pousser des désespérés sur la voie du terrorisme". "Ceux qui viennent s'installer chez nous doivent respecter nos systèmes démocratiques. En retour, l'Etat qui les accueille a le devoir de respecter leur diversité culturelle et les valeurs religieuses des nouveaux arrivants", précise le ministre de l'Intérieur italien, Giuseppe Pisanu, parlant des immigrés en situation régulière. "Nous ne pouvons pas permettre que dans nos pays, la marginalisation sociale des immigrés et des prédications extrémistes poussent des désespérés sur la voie du terrorisme", ajoute-t-il, précisant que l'Etat doit en revanche "isoler les intolérants" et, quand c'est nécessaire "appliquer la loi avec force". HAITI_5 novembre, Port-au-Prince. La situation des droits de l'homme en Haïti s'est "encore dégradée", déclare Louis Joinet, expert indépendant du Comité des droits de l'homme des Nations unies, à l'issue d'une mission de 12 jours. La situation est d'autant plus grave, selon lui, que la police de ce pays affronte une "grave crise d'identité". Il cite le cas de cadres qui quittent leurs fonctions "scandalisés ou désabusés", de policiers "qui croient à leur métier et assistent impuissants à des promotions fulgurantes du fait du prince en dehors de tous critères légaux". Il dénonce l'existence de "brigades spéciales" de la police qui agissent comme une "police parallèle". Louis Joinet dénonce également les persécutions politiques contre les militants politique traités de "terroristes", ou les défenseurs des droits de l'homme traités de "menteurs". Il juge cependant de manière "positive" la récente création par la police nationale d'une brigade des mineurs avec l'aide de l'UNICEF, et la bonne prise en charge du sida dans le pays grâce à un comité présidé par Mildred Aristide, l'épouse du chef de l'Etat. [ Selon le commissaire Evens Sainturné, inspecteur général de la Police nationale (PNH) qui a remplacé en 1995 l'ancienne armée dissoute par le président Jean Bertrand Aristide, les "brigades spéciales" (BS) auxquelles sont reprochées de multiples violations des droits de l'homme, notamment à Port-au-Prince, ont été dissoutes le 13 août 2003. Il a indiqué que le port du maillot ou de la tenue noire avec les lettres jaunes BS était interdit et réservé aux unités spécialisées de la PNH.] IRAN_11 décembre, Genève. "Le mouvement vers la démocratie se poursuivra, avec ou sans nous", déclare au quotidien Le Monde le chef de l'Etat et du gouvernement iranien, Mohammad Khatami. Il assure avoir ordonné que Chirine Ebadi, Prix Nobel de la paix, puisse "travailler en toute sécurité". A la question Cette démocratie existe-t-elle en Iran ?, Mohammad Khatami a répondu: "Peut-être pas partout, je parle de façon académique. Certains exigent une démocratie laïque, mais les conditions pour cela ne sont pas réunies. Je pense que les réformes entreprises sont conformes à l'identité du peuple iranien. Mais, encore une fois, il faut donner du temps au temps."Les élections sont très importantes, et ce sont les élections législatives qui comptent le plus; le pouvoir du Parlement est distribué entre plusieurs personnes. Le rôle des législateurs consiste à surveiller les pouvoirs centralisés. J'espère, de tout cur, que les gens participeront aux élections législatives avec enthousiasme. Pour notre part, nous accepterons la volonté du peuple. En démocratie, il faut accepter non seulement la victoire mais aussi l'échec. De toute façon, le mouvement du peuple pour la démocratie se poursuivra, peut-être avec nous et peut-être sans nous
" Au cours d'une visite au Conseil oeucuménique des Eglises, le président Khatami a incité les musulmans à adopter une démocratie à l'occidentale. "La démocratie est la seule solution, déclare-t-il, précisant aussitôt: "Certains exigent une démocratie laïque mais les conditions pour cela ne sont pas réunies". [Le Monde, Paris, 13 décembre 2003] _10 novembre, Téhéran. Le rapporteur spécial des Nations unies pour la promotion et la protection de la liberté d'opinion et d'expression, Ambeyi Ligabo, rencontre des prisonniers d'opinion - parmi lesquels Hachem Aghajari, Akbar Ghanji, Siamak Pourzand et Iraj Jamchidi - dans l'enceinte même de la prison d'Evine à Téhéran. Hachem Aghajari, qui purge une peine de 3 ans de prison, avait plaidé en juin 2002 pour une sorte de protestantisme islamique et déclaré que les musulmans nétaient des "singes" résolus à "suivre aveuglément un chef religieux". Akbar Ghanji, Iraj Jamchidi et Siamak Pourzand sont tous trois des journalistes, arrêtés ces dernières années. Lors de son séjour en Iran, Ambeyi Ligabo a rencontré les familles de prisonniers d'opinion et des étudiants emprisonnés après les troubles étudiants de juillet 1999, ainsi que le vice-président Mohammad-Ali Abtahi, le ministre de la culture Ahmad Masjed-Jameie, le procureur de Téhéran Saïd Mortazavi et des parlementaires. _15 octobre, Téhéran. l'Iran juge "inacceptable" la déclaration de l'Union européenne (UE) s'inquiétant de la situation des droits de l'Homme en Iran et se demande comment les Européens "se sont permis de mettre au défi" ses institutions. "Il s'agit d'une déclaration politique et inacceptable", déclare le porte-parole du ministère Hamid Reza Assefi deux jours après l'adoption par les chefs de la diplomatie européens d'un texte disant leur "profonde inquiétude" devant la persistance de "sérieuses violations des droits de l'homme" en Iran. KOSOVO_10 décembre, Pristina. Le chef de la mission des Nations unies (Minuk) au Kosovo, Harri Holkeri, rend publique une "feuille de route" contenant une liste de réformes démocratiques que le Kosovo doit accomplir avant l'ouverture de pourparlers sur le statut final de cette province serbe administrée par les Nations unies. Le document, intitulé "Les critères pour
le Kosovo", évoque la nécessité
de réformes dans les domaines des réfugiés,
de l'économie et de l'instauration d'un Etat de droits.
Belgrade l'a aussitôt rejeté comme "inacceptable".
Il appelle à mettre un terme aux crimes "motivés
par l'extrémisme et le terrorisme" et exige de la
police, du système juridique et pénal de respecter
"pleinement les droits de l'homme". Le Kosovo est passé sous l'administration des Nations unies en juin 1999. En vertu de la résolution 1244 du Conseil de sécurité, le statut final de la province sera décidé par le Conseil une fois qu'une démocratie multi-ethnique sera mise en place au Kosovo. LIBYE_19 décembre, Tripoli. Après 9 mois de négociations secrètes avec Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, la Libye accepte de démanteler, sous contrôle international, ses "armements interdits par la communauté internationale", qu'ils soient biologiques, chimiques ou nucléaires. Elle ne produira plus d'armes de destruction massive (ADM) et se dit prêt à signer le protocole additionnel du traité de non-prolifération nucléaire. La Libye ne faisait pas partie des pays de l'"axe du Mal" pointés par les Etats-Unis après le 11 septembre 2001. Elle figurait en revanche sur la liste américaine des Etats soutenant le terrorisme. MAROC_15 novembre, Rabat. Amnesty International s'inquiète d'une recrudescence des cas de torture au Maroc au cours des deux dernières années et des conséquences de la loi antiterroriste votée le 28 mai 2003, peu après les attentats-suicide du 16 mai 2003 à Casablanca qui ont fait 45 morts. "Le nombre d'allégations de tortures a fortement augmenté" indique un rapport de l'organisation sur le Maroc et le Sahara occidental. Il s'agit d'un "recul par rapport à la tendance à l'amélioration observée au cours de la dernière décennie au Maroc et au Sahara occidental", estime Amnesty qui affirme avoir reçu "quantité de témoignages rien qu'au cours des deux dernières années". Le rapport présente les observations d'une mission menée en octobre 2003 au Maroc comme dans le territoire contesté du Sahara occidental, dresse une liste de cas de mauvais traitements. Ils concernent des militants sahraouis d'organisations des droits de l'homme, des personnes emprisonnées pour "délit d'opinion" et, dans la dernière période, des islamistes poursuivis dans le cadre de la lutte antiterroriste. Les sévices dénoncés, souligne Amnesty concernent notamment les "coups", les "décharges électriques sur tout le corps", la "suspension dans des positions contorsionnées" et des "menaces de viol". Depuis 1999, indique le rapport, "au moins dix détenus seraient morts des suites directes ou indirectes d'actes de tortures et de mauvais traitements". RUSSIE / Tchétchénie_3 décembre, Moscou. Les enlèvements de civils se poursuivent en Tchétchénie affirme un responsable de l'organisation russe de défense des droits de l'homme Memorial."Les enlèvements de civils se poursuivent. Il est absolument évident que la plupart sont le fait des troupes fédérales et des forces de l'ordre locales", déclare Oleg Orlov, sur la base d'informations recueillies sur le terrain par une vingtaine de membres de cette organisation, qui enregistre de façon régulière les violations commises depuis l'entrée des troupes russes, en octobre 1999. "Officiellement, quelque 400 personnes ont été enlevées depuis le début de l'année, mais ces chiffres sont largement sous-estimés. Nous arrivons au même nombre alors que nous n'avons accès qu'à un tiers du territoire, et ne pouvons pratiquement pas aller dans les zones montagneuses", ajoute-t-il. Memorial a enregistré 431 enlèvements depuis début 2003, dont seulement 137 victimes ont été libérées, parfois au moyen de rançons, et 47 ont été retrouvées mortes. _7 novembre, Genève. Le Comité des droits de l'homme des Nations unies se dit "profondément préoccupé" par les violations des droits de l'homme en Tchétchénie, dans des "observations" sur la Russie. "Le Comité reste profondément préoccupé par les informations continues et vérifiées faisant état de violations des droits de l'homme en République de Tchétchénie, notamment des meurtres extra-judiciaires, des disparitions et des tortures, dont des viols". Le Comité, qui rassemble 18 experts internationaux, a constaté que 54 policiers et militaires ont été poursuivis pour des crimes contre des civils dans la république indépendantiste, mais ajoute que "les chefs d'inculpation et les condamnations ne semblent pas correspondre à la gravité des actes". Le Comité invite également la Russie à "protéger le pluralisme des médias et à éviter la constitution d'un monopole d'Etat des médias". Il se dit préoccupé de "la fermeture ces dernières années d'un certain nombre de médias indépendants et l'accroissement de l'emprise de l'Etat sur d'importants médias (TV, radios, journaux), soit directement soit indirectement via des entreprises d'Etat", et s'inquiète que "des journalistes, des experts et des écologistes aient été jugés et condamnés pour trahison, essentiellement pour avoir diffusé des informations d'intérêt public légitime". Dans certains cas, "les accusations n'étaient pas prouvées". _6 novembre, Rome. Silvio Berlusconi, président du conseil italien et président en exercice de l'Union européenne (UE), se fait l'avocat zélé de Vladimir Poutine, en visite en Italie, prenant sa défense avec éloquence à propos de la Tchétchénie. A l'envoyé spécial du quotidien Le Monde, Laurent Zecchini, qui l'interrogeait sur les violations des droits de l'homme en Tchétchénie, Silvio Berlusconi a indiqué en parlant de la Tchétchénie : "En tant que vrai ami de la Fédération de Russie, et avec toute l'estime que j'ai pour [le président russe], je ne comprends pas que l'on continue à colporter ces légendes". Les propos du président italien - qui n'ont été dénoncés que par deux pays, le Danemark et la Suède - ne reflètent pas la position de l'Union face au conflit tchétchène, a rappelé Romano Prodi, le président de la Commission européenne. _5 novembre, Libreville. Un "génocide absolu se commet en Tchétchénie" et "tout le monde s'en fout", déplore Bernard Kouchner, ancien administrateur des Nations unies au Kosovo, lors des 35e assises de la presse francophone. "Il n'y aura bientôt plus de Tchétchènes", ajoute le co-fondateur et ancien président de Médecins sans frontières (MSF). "C'est effrayant. Dans un cercle fermé, c'est une éradication absolue". _22 octobre, Moscou. Un collectif d'organisations russes de défense des droits de l'homme dénonce, dans un rapport intitulé "La situation des droits de l'Homme en Russie en 2002", le fait que "les organes de pouvoir, particulièrement les forces de l'ordre, agissent dans un vide législatif en l'absence d'un contrôle sur leurs activités", en particulier en Tchétchénie, où la guerre échappe au droit humanitaire international grâce à son appellation d'"opération anti-terroriste". "Dans ces conditions, les forces de l'ordre, échappant à tout contrôle, commettent de multiples crimes contre la population civile", souligne le rapport. "Ni l'Etat ni les forces de l'ordre ne semblent décidés à mettre un terme à la détérioration de la situation des droits de l'homme en Russie", constate Lioudmila Alexeeva, responsable du groupe Helsinki de Moscou. Dans les régions russes, où "la liberté de circuler et de choisir son lieu de résidence est gravement perturbée par le système de passeport (intérieur) et le régime d'enregistrement" obligatoire du lieu de résidence auprès des autorités (la propiska), les violations des droits des citoyens par les pouvoirs locaux sont rendues possibles par "l'absence d'un contrôle permanent de leurs activités, et l'inefficacité de la protection judiciaire et du contrôle de la société" sur ces pouvoirs. SERBIE_28 décembre, Belgrade. Les partis ultranationalistes, principaux gagnants des élections législatives, font leur retour sur la scène politique serbe. Avec 27,3 % des voix (et 81 sièges sur 250), le Parti radical de Serbie (SRS) de Vojislav Seselj s'affirme comme le premier parti de l'Assemblée. Les principales formations réformatrices - le Parti démocratique serbe de Vojislav Kostunica (17,8%, 53 sièges); le Parti démocratique (DS) du premier ministre réformiste et pro-occidental assassiné Zoran Djindjic (12,7%, 37 sièges) et le G17+ [une coalition d'experts en économie, 11,6%, 34 sièges] - ont réuni 42 % des voix. L'élection a, par ailleurs, été marquée par le retour au Parlement du Parti socialiste de Serbie (SPS) de Slobodan Milosevic, qui a obtenu 7 % des voix. Incarcéré dans la prison du Tribunal pénal pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) à La Haye, où il comparaît pour crimes de guerre, l'ancien président ne pourra siéger. Pas plus que Vojislav Seselj, élu en tête de la liste de son parti, qui attend son procès aux Pays-Bas depuis février 2003. Connu pour ses positions radicales et ses promesses de former "une Grande Serbie", ce dernier avait notamment appelé, en 1999, les Serbes à "éliminer les Albanais du Kosovo", peu avant le déploiement des forces de l'OTAN dans la province méridionale du Kosovo, après la fin du conflit armé entre Serbes et Albanais de 1998-1999. Pour Milanka Saponja, une analyste de l'International Crisis Group (ICG), "la percée des ultranationalistes constitue le plus grand défi adressé à l'Europe" depuis le refus en 1999 de Slobodan Milosevic, alors présidente de la Yougoslavie, de retirer ses troupes du Kosovo. SUISSE_10 décembre, Berne. Le chef de la droite populiste suisse Christoph Blocher élu comme membre du gouvernement par le Parlement hélvétique - le Conseil national et le Conseil des Etats, qui représente les cantons. L'UDC (Union démocratique du centre) dispose déjà dun deuxième ministre, le ministre de la défense Samuel Schmid, considéré comme un modéré. Les sept postes ministériels sont répartis depuis 1959 selon une "formule magique", qui reflète l'influence des quatre grands partis: deux sièges chacun pour le Parti socialiste (PS), le PRD (Parti radical démocratique) et le PDC (Parti démocrate-chrétien), et un pour l'UDC. Mais après les législatives du 19 octobre 2002, où l'UDC est devenue le premier parti de Suisse avec 26,7% des voix et le premier groupe au parlement avec 63 sièges, il était difficile de refuser un deuxième portefeuille à l'UDC. Le PDC a dû céder lun de ses deux sièges. _19 octobre, Berne. L'Union démocratique du centre (UDC) rafle aux élections législatives 28% des voix, occupant 55 sièges sur les 200 du Parlement. Ce score propulse le parti xénophobe et anti-européen sur le devant de la scène politique suisse. C'est la droite classique qui pâtit le plus des bons résultats de l'UDC. Le Parti socialiste et les Verts gagnent respectivement 2 et 4 sièges. TUNISIE_3 décembre. En déplacement en Tunisie à l'occasion du Sommet Europe-Maghreb, le président français Jacques Chirac évoque avec le président tunisien Ben Ali, le cas de Radhia Nasraoui, en grève de la faim, et déclare que "le premier des droits de l'homme, c'est manger, être soigné, recevoir une éducation et avoir un habitat". L'avocate tunisienne observe une grève de la faim depuis le 15 octobre pour protester contre les harcèlements dont elle fait, selon elle, l'objet de la part des autorités. _4 décembre. Jacques Chirac, dont les propos suscitent des remous dans la classe politique française et la réprobation des militants tunisiens des droits de l'homme, affirme que cela relève de "l'incompréhension" et est "injuste"; il rappelle que "la France a une thèse depuis longtemps, c'est que les droits de l'homme sont indivisibles et universels". Radhia Nasraoui s'était dite "choquée" par les propos du président français. "M. Chirac nous dit en résumé: mangez et taisez-vous", avait-elle déclaré dans un entretien avec l'Agence France-presse. Un diplomate du ministère français des affaires étrangères s'est entretenu dans l'hôtel où réside la délégation française avec trois membres du comité de soutien de Radhia Nasraoui, Mahmoud Ben Romdhane, un ancien membre d'Amnesty International, ainsi que les avocats Anouar Ksouri, membre de la Ligue des droits de l'homme, et Layachi Hamami. "Il est tout à fait légitime que nous entendions les représentants de cette cause et nous le faisons avec une grande ouverture d'esprit", a précisé Jacques Chirac. VATICAN_25 décembre, Vatican. Dans son message de Noël, Jean Paul II lance un appel contre "la plaie du terrorisme" et contre toute forme de violence. "Sauve-nous des grands maux qui déchirent l'humanité en ces premières années du troisième millénaire", déclare le pape dans son message en s'adressant à Dieu. "Sauve-nous des guerres et des conflits armés qui dévastent des régions entières du globe, de la plaie du terrorisme et des nombreuses formes de violences qui atteignent gravement des personnes faibles et sans défense". "Sauve-nous du découragement dans notre marche sur les chemins de la paix, chemins certes difficiles, mais possibles et même nécessaires. Chemins urgents, toujours et partout, surtout sur la Terre où Tu es né, Toi, Prince de la paix", ajoute-t-il. VIETNAM_31 décembre, Hanoï. Le cyber-dissident vietnamien
Nguyen Vu Binh condamné à 7 ans de prison
ferme pour "espionnage" pour avoir diffusé sur Internet une critique d'un accord frontalier entre le Vietnam et la Chine et accusé le gouvernement d'avoir cédé des terres à son voisin chinois. Ancien membre d'un journal du Parti communiste vietnamien (PCV), Binh, 35 ans, avait été arrêté en septembre 2002 après la diffusion sur le réseau Internet d'un texte intitulé "réflexion sur les accords frontaliers sino-vietnamiens". > ET AUSSI... <_18 décembre, Washington. Le Département d'Etat américain critique plusieurs pays du Proche-Orient, en particulier l'Iran et l'Arabie Saoudite, pour les entraves imposées à la liberté religieuse, dans son rapport annuel. Ces pays, souligne le document, ont développé "une attitude hostile à l'égard des minorités ou des religions non approuvées" par le régime. "La liberté de religion n'existe pas en Arabie Saoudite", note le rapport en évoquant l'interdiction de pratiquer publiquement tout culte autre que la version orthodoxe de l'islam sunnite qui prime dans ce pays. En Iran, "les membres des minorités religieuses [les Baha'is, les Juifs, les Chrétiens, les Sunnites et les musulmans soufistes] souffrent de divers degrés de discrimination officielle qui s'expriment sous la forme d'intimidation, de persécutions et d'emprisonnement". Le rapport est moins sévère pour Israël et la Turquie qui sont signalés comme des pays qui défavorisent certaines religions. A propos de la Turquie, le document note qu'il existe "des restrictions sur les groupes non-musulmans" alors que le débat se poursuit sur le statut de la laïcité dans le pays. En Israël et les territoires occupés, le rapport signale que les citoyens non-juifs "continuent d'être discriminés dans les domaines de l'éducation, du logement, l'emploi et les services sociaux". _18 décembre, New York. Démocratie et liberté ont progressé dans le monde en 2003, en dépit de tentations dans certaines régions de recourir à la répression sous couvert de lutte contre le terrorisme, estime l'organisation américaine des droits de l'homme Freedom House dans son rapport annuel. Le rapport classe 88 Etats - soit quelque 2,8 milliards de personnes - dans la catégorie "pays libres", autrement dit où les habitants bénéficient d'une large palette de droits. "La lutte contre le terrorisme a conduit à la répression dans certains pays et certaines régions, notamment en Asie centrale, où le contre-terrorisme sert parfois à justifier le fait que l'on étouffe les voix discordantes", explique la directrice de Freedom House, Jennifer Windsor. "Malgré tout, le monde continue à progresser vers plus de liberté et de démocratie." Les accrocs à la liberté se relèvent d'abord, selon le rapport, dans les pays à majorité musulmane. Aucun lien automatique entre islam et répression politique ne peut cependant être établi, s'empresse d'ajouter l'organisation, qui souligne que plus de la moitié des 1,5 milliard de musulmans dans le monde sont régis par des gouvernements démocratiquement élus, que ce soit au Bangladesh, en Inde, en Indonésie, au Nigeria ou en Turquie. _10 décembre, New York. Sergio Vieira de Mello, représentant spécial du secrétaire général Kofi Annan en Irak, haut commissaire aux droits de l'homme, tué à Bagdad, est l'un des six récipiendaires du prix 2003 des droits de l'homme des Nations unies. Il avait été tué dans un attentat à l'explosif contre le siège des Nations unies. Un prix spécial lui est attribué à titre posthume "pour son action sans relâche pendant plus de trente ans et sa mort survenue dans l'exercice de ses fonctions en même temps que 21 collègues, le 19 août 2003".
_ESCLAVAGE _7 octobre, Dakar. Les évêques africains reconnaissent la responsabilité du continent dans la déportation de quelque 26 millions d'esclaves noirs et présentent le "pardon de l'Afrique à l'Afrique" lors d'une cérémonie de "purification de la mémoire" à Gorée, île symbole de la traite négrière au large de Dakar. Dans un document intitulé Poids de l'Histoire sur la race noire et pastorale de l'Eglise d'Afrique, les évêques assimilent la traite esclavagiste à "un des actes les plus odieux de l'histoire humaine" condamnant "en premier [...] les mentalités et les comportements de nous-mêmes, Nègres". Les évêques africains soulignent que leur geste n'entendait pas trancher le débat sur d'éventuelles "réparations" pour le crime contre l'humanité qu'a été la traite négrière. _ISLAM_19 octobre, Paris Le président malaisien maintient ses déclarations sur les juifs : ni excuses ni regrets, relève Le Monde, dans son édition du 19 octobre 2003. "Le Dr Mahathir avait dit, comme d'habitude, ce qu'il pense, tout en se doutant qu'il provoquerait un tollé en Occident" "C'est un discours qui n'est pas une tentative d'incitation à la haine ou à la guerre contre les juifs mais qui, en fait, appelle à l'unité des musulmans face aux menaces des juifs", a précisé le président somalien, Abdoulkassim Salat Hassan. Aux yeux du responsable de la diplomatie palestinienne, Farouq Kaddoumi, le Dr Mahathir a dit la vérité et a demandé à Israël de "mettre un terme aux atrocités contre nous". _16 octobre, Putrajaya (Malaisie). Hôte du 10e sommet de l'Organisation de la conférence islamique (OCI), le premier ministre malaisien Mahathir Mohamad assortit un appel à la "restauration de l'honneur de l'islam" de remarques jugées par les Etats-Unis et l'Union européenne "insultantes, incendiaires", "gravement offensants" et "clairement antisémites". Le Dr Mahathir, qui prend sa retraite le 31 octobre après 22 ans au pouvoir, déclare que "les Européens ont tué six millions de juifs sur douze. Mais, aujourd'hui, les juifs dirigent le monde par procuration. Ils obtiennent que les autres se battent et meurent pour eux".
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