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19 AOUT 2003, BAGDAD / LA MORT DE SERGIO VIEIRA DE MELLO
__A Rio de Janeiro, Kofi Annan rend un dernier hommage à Sergio Vieira de Mello et renouvelle lengagement des Nations unies en Irak
Lors d'une cérémonie commémorative organisée à Rio de Janeiro le 23 août 2003, le secrétaire
général des Nations unies a rendu hommage à
son représentant spécial en Irak, Sergio Vieira
de Mello. Renouvelant l'engagement des Nations unies à
poursuivre ses activités en Irak, Kofi Annan a indiqué
que l'avènement d'un "Irak libre et souverain"
serait le meilleur moyen d'honorer sa mémoire.
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Kofi Annan et la famille de Sergio Vieira de Mello.
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"Nous ne comprenons pas, nous ne pouvons accepter que Sergio ait dû mourir à cette date, de cette façon, et nous ne croyons pas qu'un bien quelconque puisse découler de cette mort. Nous ne pouvons pas accepter que cette intelligence brillante, cette énergie, ce dévouement, cette loyauté aux idéaux des Nations Unies, nous aient aussi brutalement été enlevés. Nous ne pouvons rien imaginer de plus cruel, de plus absurde, de plus injuste", a souligné Kofi Annan, qui a salué son sacrifice ainsi que celui de ses camarades morts avec lui en rappelant qu'ils avaient donné leur vie pour la défense de la paix et la réconciliation de l'Irak. [Sergio Vieira de Mello a été inhumé
le 28 août 2003 au cimetière de Plainpalais, à Genève, où reposent d'illustres personnages de l'histoire et de la littérature tels que Jean Calvin, Jorge Luis Borges, Rainer Maria Rilke et la philosophe suisse Jeanne Hersch. "Il avait fait le choix d'être un citoyen du monde et d'avoir une famille près de Genève", a déclaré la veuve du diplomate, la Française Annie de Mello.]
LE DISCOURS DE KOFI ANNAN
Discours du secrétaire général, Kofi
Annan, à la cérémonie commémorative
en hommage à Sergio Vieira de Mello, à Rio
de Janeiro, le 23 août 2003.
Je vous remercie d'être venus ici aujourd'hui; nous pleurons
un fils bien-aimé du Brésil, un ami qui m'était
très cher, un grand serviteur des Nations unies.
Les peuples du Mozambique, du Liban, du Cambodge, de la Bosnie-Herzégovine,
du Congo, du Kosovo de beaucoup de pays, presque sur chaque
continent et avant tout peut-être les habitants du Timor-Leste
[Timor-Oriental] - se souviendront de lui comme d'un homme qui
est venu les aider à une heure critique, pour atténuer
leurs souffrances, pour se faire le défenseur de leurs
droits fondamentaux.
Je pense que le peuple irakien, lui aussi, s'en souviendra avec gratitude. Son travail, en Irak, n'est pas terminé. Si Dieu le veut nous le terminerons. Son dernier souhait, juste avant de mourir, était que la Mission des Nations unies ne fût pas retirée. Nous respecterons ce vu. L'avènement
d'un Irak libre et souverain sera peut-être un moyen d'honorer
la mémoire de Sergio, qui a donné sa vie à
cette cause.
Quant à vous, Brésiliens, votre drapeau est en
berne aujourd'hui, vous avez perdu l'un de vos fils les plus remarquables.
Mais à l'avenir, ce drapeau, que Sergio a fait connaître
dans beaucoup de pays, car c'était celui qui ornait son
maillot quand il faisait de la course à pied, ce drapeau
flottera plus haut que jamais. Sergio a servi son pays en servant
le monde entier, et vous avez de nombreuses raisons d'être
fier de ce fils du Brésil.
Nous partageons un peu de cette fierté, aux Nations
unies.
Pourtant nous ne comprenons pas, nous ne pouvons accepter que
Sergio ait dû mourir à cette date, de cette façon,
et nous ne croyons pas qu'un bien quelconque puisse découler
de cette mort. Nous ne pouvons pas accepter que cette intelligence
brillante, cette énergie, ce dévouement, cette loyauté
aux idéaux des Nations unies, nous aient aussi brutalement
été enlevés. Nous ne pouvons rien imaginer
de plus cruel, de plus absurde, de plus injuste.
Mais quand nous saluons son sacrifice et celui de ses camarades
morts avec lui nous nous rappelons qu'ils ont donné
leur vie pour la défense de principes, pour la paix,
pour la réconciliation alors nous pouvons
redresser la tête; et nous sommes fiers de travailler pour
l'Organisation qu'ils servaient.
Sergio, mon ami, tu es entré au Panthéon des
héros, des héros que les Nations Unies préfèreraient
voir toujours en vie. Tu continueras dans notre souvenir à
briller de la clarté la plus vive. Puisses-tu demeurer
en paix!
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