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19 AOUT 2003, BAGDAD / LA MORT DE SERGIO VIEIRA DE MELLO
__Lhommage de la République de Genève à Sergio Viera de Mello, "héros de la paix"
C'est avec une vive consternation et le cur serré que la population genevoise a appris le tragique décès à Bagdad, le 19 août [2003], de Monsieur Sergio Viera de Mello, Haut Commissaire des Nations Unies aux Droits de l'Homme.
Un attentat terroriste l'a fauché, ainsi que 24 autres personnes, alors qu'il uvrait inlassablement, sur le terrain, fidèle à l'idéal des Nations Unies, en cette ville de Bagdad meurtrie par la guerre, où règne une "paix dangereuse" aux contours insaisissables.
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Vieira de Mello au Timor-Oriental.
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Notre émotion est vive et nos pensées se portent
tout d'abord vers les proches de Sergio Viera de Mello ainsi que
vers la grande famille onusienne atteinte dans tout ce qu'elle
a de plus noble.
Pourtant, cette mort brutale doit engager toutes celles et ceux qui uvrent au plan de la communauté internationale à redoubler d'efforts.
Dépasser le stade des professions de foi, engager en
permanence le dialogue sur le terrain, aller au-delà des
frontières et des égoïsmes, tels sont les actes
qui ont commandé son combat jusqu'à à son
dernier souffle de vie, pour que l'idéal de la paix l'emporte
sur les horreurs de la guerre.
"L'homme erre au gré de tous les vents; Tu sais
que l'injustice habite dans la demeure des vivants", écrivait
Victor Hugo.
Pourtant, dans ce monde des vivants, Sergio Viera de Mello
avait, par sa modération, son engagement personnel et sa
ténacité, donné l'image d'un homme habité
par sa mission, en paix avec lui-même et préservant
son énergie pour que la plus belle des causes, celle de
la paix et de l'humanité, puisse prévaloir sur la
violence, la brutalité, la duplicité et l'obscurantisme.
Au fil des ans, Genève était devenu le port d'attache
de Sergio Viera de Mello. En plus de ses innombrables visites,
il y avait été en poste à plusieurs reprises.
En 1969, il avait débuté sa carrière au secrétariat
du HCR. Il y revint en 1983 comme numéro deux des ressources
humaines.
Il y acquit ses lettres de noblesse comme chef de cabinet du
Haut commissaire du HCR en 1986. En 1995, il fut à nouveau
affecté à Genève comme membre de la direction
du HCR et finalement s'y installa en 2002 comme Haut Commissaire
aux Droits de l'Homme.
Sergio Viera de Mello nous laissera plus qu'un souvenir.
Son action nous enseigne qu'une passion doit prévaloir
sur toutes les autres, la passion de la paix. C'est à ce
titre que notre chagrin d'aujourd'hui sera loin d'être inutile.
Robert de Traz, qui a tant fait pour décrire
l'esprit de la Genève internationale, l'affirmait :
"La paix, ce n'est pas le calme plat, une immobilité
irréalisable. La paix, c'est une réadaptation incessante
de phénomènes qui, par nature, s'entrechoquent.
La paix, c'est une mise au point éternellement recommencée".
Puisse le sacrifice de Sergio Viera de Mello donner à
la communauté internationale la force de relancer son action,
de ne pas subir et de renaître.
Renaître parce que nous avons tous, au plan individuel
et collectif, le devoir de surmonter notre peine. Lors du 80ème
anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de
l'homme, dans un message qu'il adressait aux représentants
de la Genève internationale réunis à l'occasion
du concert marquant cet événement, Son Excellence
Monsieur Kofi Annan, Secrétaire général de
l'Organisation des Nations Unies, nous rappelait que l'écoute
de la musique symbolisait à ses yeux le fait que "quel
que soit le pays où nous sommes nés, c'est le même
coeur qui bat dans nos poitrines".
Fasse qu'aujourd'hui, sur cette terre et plus particulièrement dans cet Irak en quête de paix, le cur de tous batte pour la paix.
Nous le devons à la mémoire de Sergio Viera de
Mello.
Laurent Moutinot, Président du Conseil d'Etat /
Robert Hensler, Chancelier d'Etat. Genève, août
2003.

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