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AVRIL- MAI 2003 / LA "RECONSTRUCTION" DE LIRAK
__La coalition anglo-américaine doit "assumer ses responsabilités de puissance occupante" envers la population civile
| Interrogé le 6 mai 2003, à Bagdad, sur
l'emploi du terme "puissance occupante" pour
désigner les forces de la coalition, le président
du Comité international de la Croix-Rouge, Jakob Kellenberger,
a déclaré qu'"aux termes des lois humanitaires
internationales, il s'agit d'une occupation" de l'Irak. |
[Les Américains ont affirmé, à
plusieurs reprises, que la "coalition" qui a renversé
le régime de Saddam Hussein n'était pas, une "puissance
occupante" aux termes du droit international, mais qu'ils
s'en tenaient néanmoins aux conventions internationales.
Le général Vincent Brooks, directeur adjoint
des opérations au commandement central américain,
a, de son côté, affirmé que les Etats-Unis
ne se considéraient pas comme une puissante occupante en
Irak. Il a, en revanche, parlé d'une "force de
libération", catégorie qui n'existe pas
dans les Conventions de Genève ou de La Haye.
Le 22 mai 2003, dans la résolution 1483
sur l'Irak, adoptée, à leur initiative, par le Conseil
de sécurité des Nations unies, les Etats-Unis
et la Grande-Bretagne ont reconnu formellement leurs "responsabilités
et obligations", découlant des Conventions de Genève
de 1949 et du Règlement de La Haye de 1907, "en tant
que puissances occupantes [en Irak] agissant sous un commandement
unifié [l'Autorité], en vertu du droit international
applicable".]
22 MAI, NEW YORK
Résolution 1483 du Conseil de sécurité
des Nations unies.
"Prenant note de la lettre que les Représentants permanents des Etats-Unis d'Amérique et du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord ont adressé à son Président le 8 mai 2003 [
] et reconnaissant les pouvoirs, responsabilités et obligations spécifiques de ces Etats en tant que puissances occupantes agissant sous un
commandement unifié (l'Autorité), en vertu
du droit international applicable".
Le Conseil de sécurité "appelle toutes
les parties concernées à s'acquitter pleinement
de leurs obligations au regard du droit international, en
particulier les Conventions de Genève de 1949 et le Règlement
de La Haye de 1907".
17 AVRIL, ATHENES
"Notre première préoccupation doit être
le bien-être des Irakiens", avertit Kofi Annan,
qui estime que la Coalition, en tant que puissance occupante,
doit assumer prioritairement ses obligations en vertu de la 4e
Convention de Genève et du Règlement de La Haye.
"Pour sa part, l'Organisation des Nations unies, qui a déjà
commencé à assumer son rôle humanitaire, fera
tout son possible pour aider le peuple irakien en toute indépendance
et impartialité".
Le secrétaire général des Nations unies
énonce un ensemble de règles qui, selon lui, doivent
guider la politique de la communauté internationale envers
l'Irak. Il a cité le respect de la souveraineté,
de l'indépendance politique et de l'intégrité
territoriale du pays, le droit du peuple irakien à
choisir librement son propre système de gouvernement et
de garder le contrôle de ses ressources naturelles.
24 AVRIL, GENEVE
Intervenant devant la Commission des droits de l'homme
des Nations unies, Kofi Annan demande à la coalition
américano-britannique en Irak "d'assumer ses responsabilités
de puissance occupante" envers la population civile. Il espère
"de tout coeur que la coalition saura montrer l'exemple,
qu'elle déclarera clairement son intention d'agir strictement
dans le cadre des Conventions de Genève et des Règles
de La Haye concernant les prisonniers de guerre, et assumera
ses responsabilités de puissance occupante pour ce qui
est du maintien de l'ordre public, de la sécurité
et du bien-être de la population civile".
6 MAI, BAGDAD
Le président du Comité international de la Croix-Rouge
(CICR), Jakob Kellenberger, estime que "la puissance
occupante" en Irak doit faire davantage pour assurer
le rétablissement de la sécurité, prioritaire
selon lui. Les lois internationales "imposent des devoirs
et des droits clairs à la puissance occupante".
Ces devoirs, rappelle-t-il, sont "de restaurer
la loi et l'ordre, d'assurer le bien-être de la population
et de protéger les infrastructures vitales" comme
les hôpitaux. "Mon sentiment est que la priorité
est d'améliorer la sécurité et de créer
les conditions pour permettre aux gens de reprendre leur travail
et de retrouver une vie normale".
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