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SEPTEMBRE 2003 / LA "RECONSTRUCTION" DE LIRAK
__George Bush appelle les Nations unies à épauler ses troupes
| Le président George W. Bush s'est adressé,
le 7 septembre 2003, aux Américains pour faire le
point sur la situation en Irak et la politique menée par
les Etats-Unis dans ce pays. L'opinion américaine s'inquiète
de plus en plus des attentats et de l'insécurité
en Irak, ainsi que des coûts financiers et humains de la
"reconstruction" de l'Irak. |
Le président américain a évité
plusieurs sujets sensibles, comme le fait que les Américains
et leurs alliés n'ont toujours pas trouvé les armes
de destruction massive qui, selon eux, se trouvaient en Irak.
Il a appelé les Nations unies à oublier les querelles
passées et à assumer un rôle plus large en
Irak, notamment avec l'envoi de troupes. "Je reconnais que
tous nos amis n'ont pas été d'accord avec notre
décision de faire appliquer les résolutions du Conseil
de sécurité et de renverser Saddam Hussein. Mais
nous ne pouvons pas laisser les différences passées
s'immiscer dans nos devoirs actuels".
"Les membres des Nations unies ont maintenant l'occasion
et la responsabilité d'assumer un rôle plus large
pour s'assurer que l'Irak devienne un pays libre et démocratique",
a-t-il affirmé. Un projet de résolution présenté
par Washington doit, selon le président américain,
"encourager le Conseil de gouvernement transitoire irakien
à soumettre un plan et un calendrier pour la rédaction
d'une Constitution et pour des élections libres".
Mais il a souligné que toute force des Nations unies
qui serait envoyée en Irak serait "dirigée
par l'Amérique". Selon Georges Bush, la sécurité
en Irak nécessite d'y déployer une nouvelle division
- soit entre 10'000 et 15'000 hommes -, qui ne serait pas américaine
mais multinationale.
Enfin, le président américain a mis une nouvelle
fois en perspective l'intervention en Irak dans la campagne
mondiale contre le terrorisme, décrivant le pays comme
le "front central" de cette guerre. "Le triomphe
de la démocratie et de la tolérance en Irak, en
Afghanistan et ailleurs serait un revers sérieux pour le
terrorisme international", a-t-il estimé.
Les principaux points du discours du président George
W. Bush
Voici les principaux points du discours à la nation prononcé
par le président américain, George W. Bush,le 7 septembre 2003.
"Depuis presque deux ans, après les attaques meurtrières qui ont eu lieu dans notre pays, nous avons entrepris une campagne systématique de lutte contre le terrorisme. Tous ces mois ont été le temps de nouvelles responsabilités, de sacrifices, de résolutions nationales et de grands progrès.
L'Amérique et une large coalition ont d'abord agi en
Afghanistan en détruisant les camps d'entraînement
de la terreur et en supprimant le régime qu'imposait Al-Qaida.
La série de raids et d'actions menées partout dans
le monde ont permis de tuer ou de capturer près des deux
tiers des leaders d'Al-Qaida. [...]
Cette lutte contre le terrorisme continue. En Irak,
nous aidons un peuple qui souffre depuis longtemps à construire
une société digne et démocratique. [...]
Cette entreprise est difficile et coûteuse, mais elle en
vaut la peine pour notre pays, et elle est capitale pour notre
sécurité.
Le Moyen-Orient deviendra soit un lieu de paix et de
progrès, soit un exportateur de violence et de terrorisme.
[...] Le triomphe de la démocratie et de la tolérance
en Irak, en Afghanistan et au-delà sera un sérieux
revers pour le terrorisme international. [...]
Cinq mois après que nous ayons libéré
l'Irak, un groupe d'assassins tente désespérément
de saper les progrès de l'Irak et de jeter le pays dans
le chaos. [...] Certains attaquants sont d'anciens membres du
régime de Saddam. [...] Certains sont des terroristes étrangers.
[...] Ils ont un but commun : replonger l'Irak dans la tyrannie.
[...]
Il y a deux ans, j'ai déclaré au Congrès
que la lutte contre le terrorisme serait une guerre longue
et difficile, une guerre d'un genre différent, livrée
sur de nombreux fronts et en de nombreux endroits. L'Irak en
est maintenant le front principal. Les ennemis de la liberté
y agissent de manière désespérée,
et ils doivent être vaincus. Nous ferons tout ce qui est
nécessaire, nous consacrerons tout ce qui est nécessaire,
pour parvenir à cette victoire essentielle. [...]
Notre stratégie en Irak a trois objectifs : anéantir
les terroristes, obtenir le soutien d'autres pays pour un Irak
libre, et aider les Irakiens à assumer la responsabilité
de leur propre défense et de leur propre avenir. [...]
Nos commandants militaires en Irak me disent que le nombre
actuel de troupes américaines [près de 130'000]
suffit à assurer leur mission. Ils sont rejoints par plus
de 20'000 soldats de 29 autres pays. [...] Afin de partager le
fardeau de façon plus large, nos commandants ont demandé
qu'une troisième division multinationale soit déployée
en Irak.
Certains pays ont demandé une autorisation explicite
du Conseil de sécurité des Nations unies avant d'engager
des troupes en Irak. J'ai demandé au secrétaire
d'Etat, Colin Powell, de présenter une nouvelle résolution
du Conseil de sécurité qui autoriserait la création
d'une force multinationale en Irak, dirigée par l'Amérique.
Tous nos amis n'ont pas été d'accord avec notre
décision de faire appliquer les résolutions des
Nations unies et de retirer du pouvoir Saddam Hussein. Mais nous
ne pouvons laisser nos divergences passées entraver nos
obligations actuelles. [...] Les membres des Nations unies
ont maintenant l'occasion et la responsabilité d'assumer
un rôle plus large pour s'assurer que l'Irak devienne un
pays libre et démocratique. [...]
Nous encourageons le transfert de souveraineté et d'autorité
en bon ordre au peuple irakien. [...]
La résolution que nous avons présentée au
Conseil de sécurité encouragera le Conseil de gouvernement
transitoire irakien à soumettre un plan et un calendrier
pour la rédaction d'une Constitution et pour des élections
libres".
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