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> Le conflit irakien |
21 MARS 2003, LE CONFLIT IRAKIEN / UNE LETTRE DE JACQUES CHIRAC AU PAPE Dans une lettre adressée au pape Jean-Paul II, datée du 21 mars 2003, Jacques Chirac "regrette profondément le déclenchement des opérations armées" en Irak. Il exprime à Jean-Paul II sa "reconnaissance pour les efforts inlassables qu'[il] a déployés" en faveur de la paix. Le président français souhaite que le Vatican et la France continuent "à uvrer ensemble pour faire prévaloir la primauté du droit, la justice et le dialogue entre les peuples", et appelle "la communauté des Nations unies à unir ses efforts, dans le cadre des Nations unies, en faveur de la sauvegarde et du respect du droit". Evoquant les différents "défis" [Irak, lutte contre le terrorisme, situation au Proche-Orient pour lequel il appelle à "une conférence internationale soigneusement préparée"], Jacques Chirac estime qu'il faut "veiller à ce que le conflit irakien ne conduise pas à alimenter l'antagonisme des civilisations et des religions". "C'est là, me semble-t-il, l'une de nos responsabilités premières devant l'Histoire". "Il est essentiel, conclut-il, que la communauté internationale retrouve son unité autour des valeurs les plus fondamentales de l'humanisme, à commencer par le respect de l'autre et la tolérance". LA LETTRE DE JACQUES CHIRAC AU PAPE"Très Saint-Père. Alors que les opérations militaires sont en cours en Irak, je tiens à adresser à Votre Sainteté tous mes sentiments d'estime et de reconnaissance pour les efforts inlassables qu'Elle a déployés afin de préserver jusqu'au dernier moment les chances de la paix et de mobiliser en ce sens toutes les bonnes volontés. La France s'est également efforcée de convaincre ses partenaires que le nécessaire désarmement de l'Irak pouvait être obtenu par des voies pacifiques, dans le respect du droit international et des compétences de l'Organisation des Nations Unies. C'est pourquoi je regrette profondément le déclenchement des opérations armées, tout en espérant qu'elles se terminent le plus rapidement possible et au moindre coût, en terme de vies humaines. Face aux défis qui nous attendent, la communauté des Nations doit unir ses efforts, dans le cadre des Nations unies, en faveur de la sauvegarde et du respect du droit. C'est vrai en Irak, où il faudra répondre aux besoins des populations civiles éprouvées et assurer la reconstruction d'un pays préservé dans son unité et sa souveraineté. C'est vrai aussi face aux nombreux autres défis tels que la lutte contre le terrorisme et la prolifération ou encore le combat à mener pour le développement et en faveur d'une mondialisation au service de l'homme. De même, un règlement pacifique de la situation dans la région devra aller de pair avec la mise en uvre d'une solution durable au Proche-Orient, qui tienne compte à la fois du besoin de sécurité d'Israël et du respect des droits du peuple palestinien. Je suis convaincu pour ma part qu'une conférence internationale soigneusement préparée doit permettre d'y contribuer. J'ai également à l'esprit la protection des communautés chrétiennes particulièrement menacées dans cette région du Proche et du Moyen-Orient et vers laquelle, nous le savons, vont toute la sollicitude et la compassion de Votre Sainteté. Au-delà, nous devons veiller à ce que le conflit irakien ne conduise pas à alimenter l'antagonisme des civilisations et des religions. C'est là, me semble-t-il, l'une de nos responsabilités premières devant l'Histoire. C'est pourquoi il est essentiel que la communauté internationale retrouve son unité autour des valeurs les plus fondamentales de l'humanisme, à commencer par le respect de l'autre et la tolérance. Parce qu'il partagent sur l'ensemble de ces sujets des points de vue très largement convergents, le Saint-Siège et la France devront continuer à uvrer ensemble pour faire prévaloir la primauté du droit, la justice et le dialogue entre les peuples. Je souhaite assurer à nouveau Votre Sainteté de ma volonté de travailler sans relâche en ce sens. Je vous prie d'agréer, Très Saint Père,
l'hommage de mon profond respect et l'assurance de ma fidèle
et déférente amitié. " |