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2003 / LES NATIONS UNIES ET LA "RECONSTRUCTION" DE LIRAK DECEMBRE 2003 _16 DECEMBRE. Kofi Annan réaffirme la volonté des Nations unies d'aider les Irakiens, mais a déclaré avoir besoin pour cela de demandes claires de la part des Irakiens et de la coalition anglo-américaine. "J'ai besoin de soupeser le degré de risque que les Nations unies sont prêtes à endosser au regard de la substance du rôle qu'on lui demande de remplir. J'ai besoin de savoir comment seront attribuées les responsabilités et qui prendra les décisions. Et par-dessus tout, j'ai besoin de savoir ce que les Irakiens attendent de l'ONU et si nous sommes en mesure de répondre à leur attente", déclare le secrétaire général. Evoquant la mise en place de "l'ossature" de la Mission d'assistance des Nations unies pour l'Irak, la MANUI, que dirigera son représentant spécial par intérim, Ross Mountain, Kofi Annan a précisé que cette décision reflétait la volonté des Nations unies de "trouver des façons créatives" d'intensifier l'aide à l'Irak malgré une capacité moindre sur le terrain en raison des problèmes posés par l'insécurité. La MANUI, sera composée dans sa phase initiale d'une équipe restreinte de 40 personnes recrutées internationalement, mise en place dès le début 2004. Elle sera basée à Nicosie, mais disposera d'effectifs supplémentaires déployés à Chypre, en Jordanie, au Koweït et dans d'autres lieux de la région selon les besoins. _11 DECEMBRE. A l'issue d'une rencontre
avec le chancelier allemand Shroeder, à Berlin,
Kofi Annan déclare que le rôle des Nations
unies en Irak dans l'avenir dépendait dans une large mesure de la clarté des demandes qui lui seront faites. "Cette clarté doit être apportée par la coalition et par le Conseil de gouvernement irakien qui doivent indiquer ce qu'ils attendent des Nations unies pendant la période de transition, c'est-à-dire celle qui s'étend de maintenant à la fin juin 2004, date prévue pour la création d'un gouvernement irakien provisoire.
Le document qu'ils ont signé [la coalition et le Conseil
de gouvernement irakien] ne dit rien à ce sujet et j'espère
que cela finira par être clarifié", rappelle
le secrétaire général des Nations unies. NOVEMBRE 2003 _19 NOVEMBRE. La Russie prône l'organisation d'une conférence internationale sur l'Irak chapeautée par les Nations unies pour élaborer un plan de paix. Le chef de la diplomatie russe, Igor Ivanov, rappelle l'exemple de la conférence sur l'Afghanistan organisée à Bonn, et propose une conférence similaire "à laquelle pourraient participer les représentants de la société et des milieux politiques irakiens" et ceux des "Etats voisins". La Russie juge "indispensable la présence en Irak, pendant une certaine période, de forces de sécurité internationales, dont la mission doit être précisément définie par le Conseil de sécurité de l'ONU". _17 NOVEMBRE. Selon Kofi Annan, les informations qu'il a reçues du Secrétaire d'Etat américain, Colin Powell, ainsi que du président du Conseil de gouvernement irakien, Jalal Talabani, et de l'envoyé du Royaume-Uni en Irak, Jeremy Greenspan, lui laissent penser que Les Etats-Unis envisagent de confier un "rôle" important aux Nations unies en Irak. Le secrétaire général des Nations unies indique toutefois que le moment n'était pas encore venu pour un retour des Nations unies en Irak. "Il nous faut évaluer la situation en Irak. Est-ce vraiment la peine de retourner sur le terrain si c'est pour nous retrancher dans des forteresses. Cela ne veut pas dire que nous n'examinons pas les perspectives". SEPTEMBRE 2003 _22 SEPTEMBRE. Le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, déclare devant l'Assemblée générale des Nations unies qu'il est "vital" que l'Irak devienne un pays "stable et démocratique". "Si les considérations de sécurité sont satisfaites", les Nations unies, ajoute-t-il devant un parterre de chefs d'Etat dont le président américain George W. Bush, "sont prêtes à jouer pleinement leur rôle en Irak". "Il est vital pour nous tous que l'issue soit un Irak stable et démocratique, en paix avec lui-même et avec ses voisins et contribuant à la stabilité de la région", a-t-il encore dit. _5 SEPTEMBRE. Le Conseil de sécurité se réunit à huis clos autour d'un projet de résolution présenté par les Etats-Unis visant à créer une Force multinationale placée sous commandement américain et autorisée par les Nations Unies. La Russie, lAllemagne et la France souhaitent que le rôle politique des Nations unies dans la "reconstruction" de lIrak soit affirmé dans le texte de la résolution. AOUT 2003 _29 AOUT. "Face au risque de chaos, une approche fondée sur la sécurité est nécessaire, mais ne suffit pas. La réponse doit être d'abord politique. Le transfert du pouvoir et de la souveraineté aux Irakiens eux-mêmes constitue la seule option réaliste, déclare le président français Jacques Chirac. Il doit être mis en uvre sans délai, dans le cadre d'un processus auquel les Nations unies seules sont en mesure de donner toute sa légitimité, avec le soutien des pays de la région. C'est une fois ce cadre établi que la communauté internationale pourra apporter un concours efficace et entier à la reconstruction du pays, d'une façon qui doit être définie avec les Irakiens eux-mêmes." _29 AOUT. Le président français Jacques Chirac prône un transfert du pouvoir aux Irakiens "sans délai", et sous l'égide des Nations unies, affirmant que la seule approche sécuritaire ne suffit pas pour rétablir la stabilité en Irak. Le chancelier allemand Gerhard Schroeder affirme, de son côté, qu'il est "souhaitable" les Nations unies jouent un plus grand rôle dans la reconstruction et la stabilisation de l'Irak. Le 28 août, le ministre français des Affaires étrangères Dominique de Villepin avait rappelé que son pays considérait les Nations unies comme devant être au coeur des relations internationales, y compris et surtout en Irak, où une force internationale sous mandat des Nations unies s'impose plus que jamais. Il faut, selon lui, "mettre en place une véritable force internationale sous mandat du Conseil de sécurité des Nations unies. _22 AOUT. Kofi Annan souligne la nécessité de renforcer la sécurité des opérations des Nations unies en Irak, lors d'une conférence de presse à l'issue de son entretien avec le Ministre des Affaires étrangères britannique, Jack Straw. Tout en reconnaissant l'importance pour les Nations Unies de travailler en Irak avec la coalition anglo-américaine, le secrétaire général des Nations unies précise que la plupart des membres de l'organisation souhaitaient une "internationalisation du processus en Irak" par le biais d'un élargissement du rôle des Nations unies qui leur permettrait de participer aux opérations. _22 AOUT. Kofi Annan nomme, à titre provisoire, Ramiro Lopes da Silva, coordinateur humanitaire des Nations unies en Irak, au poste de représentant spécial à Bagdad.
_20 AOUT. Kofi Annan déclare que, même s'il souhaitait que les dispositions en matière de sécurité soient réexaminées, les Nations unies poursuivront avec détermination leur travail en Irak. "Nous avons la responsabilité d'aider à stabiliser l'Irak. La stabilité de l'Irak est dans l'intérêt non seulement des Irakiens, mais également de toute la région, de la communauté internationale, du monde entier. C'est notre responsabilité à tous et nous allons nous y tenir jusqu´à ce que nous ayons réussi". Le Secrétaire général des Nations unies rappelle que le Conseil de sécurité a approuvé la création d'une nouvelle Mission d'assistance en Irak dont le mandat est de coordonner l'aide humanitaire et les différentes activités des Nations unies dans le pays.
JUILLET 2003 _22 JUILLET. Dans son premier rapport sur l'Irak
d'après-guerre, Kofi Annan se prononce pour un rapide
transfert de souveraineté aux Irakiens et rappelle
à la coalition américano-britannique qu'elle doit
respecter le droit humanitaire international. "Il y a un
besoin urgent d'établir une séquence claire et spécifique
d'événements conduisant à la fin de l'occupation
militaire", affirme-t-il, en soulignant qu'il "est nécessaire
de faire en sorte que les Irakiens s'approprient le processus
politique". Le secrétaire général des Nations unies confirme par ailleurs qu'un "certain nombre de gouvernements" ont contacté les Nations unies pour "explorer la possibilité de déployer [en Irak] une police internationale sous les auspices des Nations unies", mais il remarque qu'à présent "les responsabilités de faire respecter la loi sont de la seule responsabilité de la coalition" américano-britannique qui occupe l'Irak et qu'"un système parallèle d'application de la loi ne serait pas efficace". _21 JUILLET. Le ministre français des affaires étrangères, Dominique de Villepin, réaffirme que "les Nations unies doivent avoir la responsabilité centrale dans le processus de reconstruction de l'Irak", aussi bien sur les plans politique et économique que sur celui de la sécurité. "Seule une force de paix des Nations unies, ajoute-t-il, permettra de garantir un processus légitime et efficace." Il précise qu'une nouvelle résolution, "plus ambitieuse que la résolution 1483" - adoptée à l'unanimité le 22 mai 2003 par le Conseil de sécurité -, serait, selon lui, nécessaire. Il estime que la résolution 1483 n'a été qu'une "première étape" et qu'"il faut aller plus loin". _16 JUILLET. Une équipe des Nations unies va aider l'Irak à préparer l'organisation d'élections qui, si tout va bien, pourrait se dérouler dès 2004. "L'ONU va maintenant jouer un rôle très actif dans l'édification d'institutions démocratiques et plus particulièrement dans l'arène politique" irakienne, indique à la télévision syrienne le Représentant spécial, Sergio Vieira de Mello, qui a mis en avant l'action humanitaire des Nations unies. "On oublie que, s'il n'y a pas de crise humanitaire en Irak, c'est grâce au travail des Nations unies sur place". "Nous avons été discrètement actifs dans la formation du Conseil de gouvernement et j'ai proposé aux partis politiques iraquiens le soutien de l'ONU dans le processus constitutionnel et électoral qui nous attend ", a-t-il déclaré, précisant que "nous les aiderons à organiser des élections, si tout va bien, le plus tôt possible en 2004". _10 JUILLET. Dominique de Villepin exclu toute
participation militaire de la France aux opérations américaines
en Irak. Une participation militaire "ne pourrait être
éventuellement envisagée que dans le cadre d'une
force de paix des Nations unies, fondée sur un mandat
précis du Conseil de sécurité", déclare
le ministre français des affaires étrangères
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