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2003-L'actualité des droits de l'homme dans le monde


4 JUIN 2004, GENEVE / UN RAPPORT DU HAUT COMMISSAIRE AUX DROITS DE L’HOMME
__Les Nations unies dénoncent les sévices infligés aux détenus irakiens
et appellent la coalition et le gouvernement intérimaire irakien à mettre en place une commission ”Vérité et réconciliation”


Bertrand RamcharanUn rapport du haut commissaire aux droits de l'homme des Nations unies, Bertrand Ramcharan, sur la situation en Irak, rendu public le 4 juin 2004, à Genève, juge "impératif" que les auteurs des sévices infligés par des soldats de la coalition anglo-américaine à des détenus irakiens - sévices qui constituent "une tache" dans le processus de libération du pays - soient jugés et que de tels actes ne se répètent plus en Irak.

Bertrand Ramcharan, qui révèle que l'ancien représentant spécial des Nations unies en Irak, Sergio Vieira de Mello, décédé en août 2003 dans un attentat à Bagdad, avait évoqué le sort des détenus lors d'un entretien avec l'administrateur civil américain en Irak, Paul Bremer, le 15 juillet 2003, constate néanmoins que la chute du régime de Saddam Hussein" a supprimé un gouvernement qui s'attaquait au peuple irakien et commettait des violations choquantes, systématiques et criminelles des droits de l'homme".

Le rapport appelle la coalition et le gouvernement intérimaire irakien à organiser des inspections régulières de tous les lieux de détention, à mettre en place une commission "Vérité et réconciliation", une Commission nationale des droits de l'homme, ainsi qu'un médiateur international en matière de droits de l'homme. "Les graves violations des droits de l'homme et du droit humanitaire qui ont eu lieu ne doivent pas pouvoir se reproduire".

"Il reste beaucoup de questions sans réponse", note le rapport, qui s'interroge : "Les actes de dépravation commis à l'encontre de prisonniers l'ont-ils été par des gardiens agissant de leur propre chef ou bien s'inscrivent-ils dans un processus d'interrogatoire systématique ?". "Un grand nombre de gens ont été détenus sans que l'on sache officiellement combien exactement, pour quels motifs, où ils ont été capturés, dans quelles conditions et comment ils ont été traités".

Le rapport du haut commissaire reconnaît que les gouvernements de la coalition n'ont pas délibérément cherché à violer les droits des Irakiens depuis l'intervention de mars 2003. "Du point de vue des droits de l'homme, il y a eu des améliorations depuis que les forces de la coalition se sont emparées du pays", souligne le rapport, qui évoque le débat interne sur les futures institutions du pays ainsi que la participation accrue des femmes à la vie publique.

Demandé en avril 2004 par la Commission des droits de l'homme des Nations unies, le rapport a été rédigé sur la base d'entretiens avec d'anciens détenus irakiens qui ont quitté le pays et ont affirmé avoir été torturés; d'informations fournies par des gouvernements membres de la coalition et des d'organisations non-gouvernementales.

Sources : Nations unies, Genève, et presse internationale, juin 2004.
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