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AVRIL-MAI 2003 / LA "RECONSTRUCTION" EN IRAK
8 AVRIL, CHATEAU DE HILLSSBOROUGH, BELFAST
L'autorité intérimaire sera établie en premier lieu par le peuple irakien avec l'aide des membres de la coalition et travaillera avec le secrétaire général des Nations unies. [...] Les forces de la coalition resteront en Irak aussi longtemps que nécessaire pour aider le peuple irakien à établir ses propres institutions politiques et reconstruire leur pays, mais pas davantage." 11 AVRIL, WASHINGTON Colin Powell souligne toutefois qu'il appartient "aux irakiens eux-mêmes de choisir leur nouveaux dirigeants", tout en concédant que les Etats-Unis exerceront une "certaine influence". 11 AVRIL, SAINT-PETERSBOURG
"Le but de notre réunion n'est pas la division de la communauté internationale, mais la recherche d'une solution acceptable par tous du problème irakien, et d'une structure de sécurité internationale pour le XXIe siècle", déclare le président russe Vladimir Poutine. "Dès que possible, après une phase nécessaire de sécurisation", il faudra mettre en route la reconstruction politique, économique et institutionnelle de l'Irak, et "il appartiendra aux Nations unies d'y jouer un rôle central", assure Jacques Chirac au cours d'une conférence de presse commune avec le président russe et le chancelier allemand. "Elles seules ont la légitimité nécessaire", a ajouté le président français, qui a rappelé la responsabilité légale des "forces américaines et anglaises, en tant que puissantes occupantes, de maintenir l'ordre et de créer les conditions d'acheminement de l'aide humanitaire". 13 AVRIL, LE CAIRE Le chef de la diplomatie française se prononce pour "la protection des ressources naturelles de l'Irak dont les Irakiens doivent rester maîtres". Il appelle les forces de la coalition américano-britannique à "avancer sur les questions de sécurité, les forces présentes sur le terrain ayant des obligations, selon le droit international, et il est important que le droit militaire soit respecté". Il souligne qu'il est "indispensable de parvenir très rapidement à la levée des sanctions internationales imposées à l'Irak dans le respect des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU, et que les inspecteurs puissent constater au plus tôt le désarmement de l'Irak". "Quant à l'avenir de l'Irak, il faut travailler pour qu'un gouvernement reconnu par la communauté internationale rassemble l'ensemble des forces irakiennes. Bien sûr, nous partageons l'objectif de démocratie en Irak, mais on ne l'impose pas de l'extérieur, elle a besoin d'être accompagnée, d'être fidèle à la tradition, à la culture". 17 AVRIL, ATHENES 17 AVRIL, ATHENES "Notre première préoccupation doit être le bien-être des Irakiens", souligne le secrétaire général des Nations unies, qui estime que la Coalition, en tant que puissance occupante, doit assumer prioritairement ses obligations en vertu de la quatrième Convention de Genève et du Règlement de La Haye. "Pour sa part, l'Organisation des Nations unies, qui a déjà commencé à assumer son rôle humanitaire, fera tout son possible pour aider le peuple irakien en toute indépendance et impartialité". Kofi Annan énonce un ensemble de règles qui,
selon lui, doivent guider la politique de la communauté
internationale envers l'Irak. Il a cité le respect de la souveraineté, de l'indépendance politique et de l'intégrité territoriale du pays, le droit du peuple irakien à choisir librement son propre système de gouvernement et de garder le contrôle de ses ressources naturelles. 29 AVRIL, NEW YORK, NATIONS UNIES Interrogé sur l'attitude des gouvernements européens, Kofi Annan indique qu'un accord de coopération pour l'aide humanitaire est sur le point d'être signé entre les Nations unies et l'Union européenne. Par ailleurs, déclare-t-il, "l'Union européenne a apporté un soutien constant à l'engagement des Nations unies en Irak et en a discuté avec nous et avec Washington." 13 MAI, PARIS "Il faut une administration irakienne légitimée par l'ONU". Dans un entretien accordé, le 13 mai 2003, au quotidien Le Monde, Dominique de Villepin, ministre français des affaires étrangères, pose trois principes sur lesquels doit porter la discussion : que le Conseil de sécurité des Nations unies "accompagne" la mise en place d'une autorité de la coalition des forces d'occupation "sans abdiquer de ses propres responsabilités"; que soit respecté le droit international dans l'immunité accordée aux forces occupantes et dans la gestion des ressources pétrolières ; la mise au point d'un calendrier "rigoureux et raisonnable" pour la transition politique La guerre a eu lieu, et les Nations unies paraissent devoir jouer un rôle marginal dans la paix... Quelles leçons en tirer ? Nous l'avons dit depuis le début : une grande puissance
peut gagner seule la guerre, mais construire la paix suppose la
mobilisation de tous. Il faut prendre la mesure des défis
auxquels nous sommes confrontés et qui ne sauraient se
limiter à la crise irakienne. Le terrorisme, la prolifération
des armes de destruction massive, les crises régionales.
C'est pour cela que, face à de telles urgences, nous avons
voulu épuiser toutes les possibilités d'une solution
pacifique à la crise irakienne. Certains pensent que l'Amérique, compte tenu de sa puissance, est capable d'agir plus efficacement qu'une communauté internationale jugée indécise voire impuissante. Notre conviction, c'est que les Nations unies incarnent une conscience universelle au-dessus des Etats. Entre l'impuissance et l'action unilatérale et préventive, il y a le chemin de la responsabilité collective et de la difficile construction d'une démocratie mondiale. [ ] Le Conseil de sécurité doit accompagner l'action de la coalition sans pour autant abdiquer ses propres responsabilités. Il doit pour cela s'appuyer sur des principes. Le premier, c'est celui de l'information et de la transparence : des rapports réguliers pourraient être transmis au Conseil de sécurité, tous les trois mois par exemple, afin de mieux connaître et apprécier la situation sur le terrain. [ ] Les sanctions ne se justifient plus au lendemain de la guerre. Nous avons donc proposé de les suspendre. Pour les lever définitivement [ ], il faut prendre en compte les conditions posées dans les résolutions antérieures des Nations unies. Cela suppose une sortie progressive du dispositif "Pétrole contre nourriture" et la conclusion des opérations de contrôle du désarmement; sur ce point il faudra une certification internationale au terme d'une coopération à préciser entre les inspecteurs et les forces sur le terrain. [ ] Reste la question la plus importante, celle du processus politique. Il faut mettre en place une administration irakienne légitime, même si elle est, dans un premier temps, provisoire. Or, qui peut conférer la légitimité internationale sinon les Nations unies ? Les principes et les conditions politiques doivent être clairement fixés par [un] projet de résolution [du Conseil de sécurité] pour que le processus soit irréprochable. Il faut un calendrier précis, de la transparence et aucun arbitraire dans le choix des hommes. Au terme d'une phase initiale de sécurisation, les Nations unies devront progressivement assumer la responsabilité de la transition politique sous l'égide du représentant du secrétaire général, comme ce fut le cas en Afghanistan, au Kosovo ou encore en Bosnie. Sources : Nations unies et presse internationale, avril-mai 2003 |