droitshumains.org
2003-L'actualité des droits de l'homme dans le monde
:: LA LUTTE CONTRE LE TERRORISME - 2003

puce Retour
L'actualité des
droits de l'homme



LE TERRORISME  DANS LE MONDE

2008 | 2007 | 2006 | 2005 | 2004 | 2003 | 2002 |


Janvier| Février | Mars | Mai | Juin | Juillet | Août | Septembre | Novembre | Décembre

> DECEMBRE

_5 décembre, Moscou. Un attentat-suicide commis par une femme kamikaze dans un train, dans la région de Stavropol, au nord-ouest de la Tchétchénie, fait 36 morts et une centaine de blessés. L'attentat survient à deux jours des élections législatives en Russie. Un attentat visant un train, dans la même région, avait fait 4 morts et 50 blessés le 3 septembre 2003.

_1er décembre. L'idéologie d'Al-Qaïda continue de gagner du terrain en particulier en Irak, ce qui fait redouter la poursuite des attaques terroristes, indique le 2e rapport publié par le Comité chargé de surveiller les sanctions instaurées par le Conseil de sécurité des Nations unies contre les talibans afghans et le réseau inspiré par Oussama Ben Laden. Depuis que l'Irak est facilement accessible aux adeptes de l'organisation terroriste, le pays est devenu un terrain de recrutement productif pour Al-Qaida.

->  Plus d’information

> NOVEMBRE 

_20 novembre, Rome. Le pape Jean Paul II condamne le terrorisme comme "un crime contre l'humanité", après les attentats d'Istanbul. Le porte-parole du Vatican, Joaquin Navarro-Valls rappelle, dans un communiqué officiel, que le pape considère que "le terrorisme se fonde sur le mépris de la dignité humaine" et est donc "un crime contre l'humanité", surtout "quand il devient une stratégie politique".

"La logique barbare du terrorisme cause seulement la mort d'innocents et la destruction. De plus, elle aggrave les problèmes au lieu de les résoudre", ajoute-t-il.

_20 novembre, Istambul. Cinq jours après deux drames du même type, Istanbul frappée par deux attentats-suicides contre des cibles britanniques (le Consulat de Grande-Bretagne et la banque britannique HSBC), qui ont tué 28 personnes, dont le consul britannique, et blessé plus de 450 autres. Un homme affirmant parler au nom d'Al-Qaida et d'un groupe extrémiste turc - le Front des combattants du Grand Orient - a revendiqué les attentats.#

Pays musulman dirigé par un gouvernement conservateur se réclamant d'un islam modéré, la Turquie apparaît désormais comme une cible, note le quotidien Le Monde [22.11.2003]. Son appartenance à l'OTAN, son alliance avec les Etats-Unis et sa volonté d'intégrer l'Union européenne la placent en première ligne.

_16 novembre, Istambul. Le réseau terroriste Al-Qaida revendique les attentats perpétrés le 15 novembre contre deux synagogues à Istanbul et a menacé les alliés des Etats-Unis en Irak d'attentats sur leur sol.

"Les opérations martyres ne s'arrêteront pas, ni à l'intérieur ni à l'extérieur des Etats-Unis", prévient le texte. "Nous disons au criminel Bush et à ses valets parmi les Arabes et les étrangers, et en particulier la Grande-Bretagne, l'Italie, l'Australie et le Japon, ceci : les voitures de la mort ne se limiteront pas à Bagdad, Riyad, Istanbul, Djerba, Nassiriya, Djakarta, mais vous les verrez de vos propres yeux dans le centre de la capitale de la tyrannie". [...] C'est une occasion en or pour qu'ils comprennent le message et se retirent de la coalition des croisés contre l'islam et les musulmans".

En outre, le texte exige des Etats-Unis "qu'ils mettent un terme à la guerre qu'ils mènent contre l'islam et les musulmans au nom de la lutte antiterroriste et évacuent toutes les terres musulmanes profanées par les juifs et les Américains, dont Jérusalem et le Cachemire". Il demande encore que soient libérés les détenus de la base américaine de Guantanamo à Cuba et le cheikh Omar Abdel Rahman, guide spirituel du groupe égyptien Gamaa Islamiya, emprisonné aux Etats-Unis.

-> Le Monde   Faute morale

_15 novembre, Istambul. 17 personnes tuées et 215 personnes blessées dans deux attentats à la voiture piégée contre deux synagogues d'Istanbul. Un homme non-identifié a revendiqué les attentats au nom d'une organisation clandestine islamiste, IBDA-C.

Les explosions ont été provoquées par des voitures piégées. La façade entière de la synagogue Neve Shalom, dans le quartier de Beyoglu, a été détruite et s'est écroulée. Cette synagogue, construite dans les années 40, est l'un des plus importants lieux de culte juif de Turquie. La synagogue avait déjà été visée en 1986 par un attentat qui avait fait 22 morts. L'autre synagogue visée est celle de Beth Israël dans le quartier de Sisli.#

[Ce double attentat frappe une communauté juive restreinte - la communauté juive d'Istanbul, compte quelque 27'000 personnes. Près de 35'000 juifs de nationalité turque, appelés "musevi" par leurs compatriotes, vivent en Turquie. La communauté juive est la seconde plus importante minorité, après celle des Arméniens qui compte quelque 45'000 personnes.]

_8 novembre, Ryad. Un attentat à la voiture piégée dans complexe résidentiel, situé à l'ouest de Ryad, non loin du Palais royal Al-Yamama, fait 17 morts, dont 5 enfants, et 120 blessés. Un responsable saoudien a attribué l'attentat au réseau terroriste Al-Qaïda d'Oussama Ben Laden. Un peu plus tôt, les Etats-Unis, averti de l'imminence potentielle d'actes terroristes en Arabie saoudite, avaient fermé leur ambassade et leurs consulats dans le pays.

> SEPTEMBRE 

_17 septembre, Madrid. Le juge Baltasar Garzon rend public un acte d'accusation de 692 feuillets, synthèse de la vaste enquête qu'il a menée sur les activités de membres et de sympathisants présumés d'Al-Qaida en Espagne. Il met en accusation 35 personnes, dont Oussama Ben Laden et le journaliste d'Al-Jazira Tayssir Allouni, arrêté.

Le juge entend démontrer que l'Espagne a été l'une des bases du groupe terroriste en Europe, avant les attentats du 11 septembre 2001. Mohammed Atta, le chef du commando-suicide, aurait tenu un "sommet" dans le pays deux mois avant les attentats aux Etats-Unis.

_17 septembre, Washington. George Bush déclare qu'aucun lien n'a été formellement établi entre l'ancien président irakien Saddam Hussein et les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis. "Nous n'avons aucune preuve d'une implication de Saddam Hussein dans [ces attentats].

Parmi les raisons avancées pour expliquer le déclenchement de la guerre en Irak en mars 2003, le président américain avait affirmé, avant le conflit et depuis, que le régime de Saddam Hussein était lié au réseau Al-Qaida, tenu responsable des attentats du 11 septembre.

_12 septembre, New York. Quinze ans après l'attentat contre le DC10 d'UTA au dessus du Niger, suivi, un an plus tard, d'un second attentat contre un avion de la Pan Am au dessus de Lockerbie en Ecosse, le Conseil de sécurité des Nations unies lève les sanctions décidées à l'encontre de la Libye.

La résolution, adoptée par 13 voix favorables, la France et les Etats-Unis s'étant abstenus, met fin à un ensemble de mesures incluant un embargo sur les liaisons aériennes, les ventes d'armes, le matériel destiné à l'industrie pétrolière et l'assistance militaire, décidées successivement en 1992 et 1993. #

K. Annan_11 septembre, Genève. "Souvenons-nous de ceux qui sont morts", demande Kofi Annan, à l'occasion du 2e anniversaire des attaques du 11 septembre 2001 contre les Etats-Unis, englobant dans cet appel les victimes de l'attentat contre les locaux des Nations unies à Bagdad, et réclamant une coopération des nations dans la lutte contre le "fléau mondial" du terrorisme.

"Toutes les nations doivent travailler ensemble à la lutte contre le terrorisme qui représente un affront à l'esprit et à la raison d'être des Nations Unies et qui est devenu la principale menace à la paix et à la sécurité internationales", déclare le secrétaire général des Nations unies, avant d'ajouter : "J'espère que les nations manifesteront la même détermination face aux autres maux dont souffre notre planète."

_10 septembre, Qatar. La chaîne satellitaire Al-Jazira diffuse une vidéo montrant Oussama Ben Laden, le chef du réseau terroriste Al-Qaida, et son second, Ayman Al-Zawahri. Les deux hommes y apparaissent en tenue traditionnelle afghane, un fusil d'assaut en bandoulière.

Dans une cassette audio diffusée parallèlement, une voix supposée être celle de Ben Laden rend hommage à "la générosité et au courage pour faire triompher la religion" dont ont fait preuve selon lui les auteurs des attentats de 2001, dont il donne cinq noms. "Ces hommes ont fait beaucoup de mal aux ennemis et perturbé leurs plans", dit-il, invitant d'autres à suivre leur exemple : "Ceux qui ne sont pas disposés à mourir doivent céder la place [...] à ceux qui sont convaincus.

Dans une autre séquence sonore, une voix supposée être celle d'Ayman Al-Zawahri avertit qu'il y aura d'autres attaques contre les Américains. "Ce que vous avez vu jusqu'à maintenant ne sont qu'escarmouches [...]. La vraie épopée n'a pas encore commencé", dit la voix. "Nous ne sommes pas des adeptes des assassinats et des destructions, mais nous allons, avec l'aide de Dieu, couper toute main qui nous agressera [...]. Voici venu le deuxième anniversaire des raids de New York et Washington, deux défis à l'Amérique [...] qui chancelle de ses blessures en Afghanistan et en Irak [...]. Préparez-vous à être punis pour vos crimes".

_2 septembre, Djakarta. Abou Bakar Baachir, 65 ans, chef spirituel de la Jemaah Islamiyah - et partisan de la loi islamique, la charia -, condamné à 4 ans de prison. Il était poursuivi pour une série d’attentats contre des églises qui avaient fait 19 morts le soir de Noël 2000, ainsi que pour "trahison". Au cours du procès, aucun lien formel n’a pu être établi entre lui et le mouvement islamiste accusé d’être à l’origine des attentats de Bali et de Djakarta.#

> AOÛT 

_25 août, Bombay. Des bombes placées dans le coffre de deux taxis explosent dans des endroits animés - l'arche et la Porte de l'Inde et le marché Zaveri - de la capitale économique de l'Inde. Ces attentats, les sixièmes en 9 mois, font 50 morts et 140 blessés. Les autorités indiennes mettent en cause un mouvement d'étudiants musulmans interdit.

_19 août, Casablanca. Quatre sentences de mort et de lourdes peines de réclusion prononcées, par la chambre criminelle de la cour d'appel de Casablanca, contre 87 militants du mouvement intégriste Salafia Jihadia jugés pour leur implication dans les attentats terroristes qui ont fait, le 16 mai 2003, 45 morts dans la plus grande ville du royaume. Le tribunal a condamné 37 prévenus à la prison à vie, 17 à trente ans de réclusion, 16 à vingt ans, onze autres accusés s'étant vu infliger des peines échelonnées entre six et dix ans.

Les peines capitales frappent trois kamikazes qui ont renoncé à leur acte au dernier moment. Il s'agit de Mohammed El-Omari, 23 ans, de Rachid Jalil, 27 ans, et de Yassine Lahnech, 22 ans. Une quatrième sentence de mort a été prononcée contre Hassan Taoussi, 24 ans, considéré comme l'un des responsables du réseau de la Salafia Jihadia. Tous les quatre étaient poursuivis pour "homicides volontaires avec préméditation, sabotage, atteinte à la sécurité intérieure de l'Etat et constitution d'une association criminelle".

_16 août, Ryad. Le Conseil des grands oulémas d'Arabie saoudite, la plus haute autorité religieuse, dénonce les récents attentats dans le royaume qu'il qualifie d'"actes criminels graves". "Mener des actes de sabotage, dont les attaques à l'explosif, les meurtres et la destruction des propriétés, sont des actes criminels graves et une agression contre des innocents, qui méritent d'être châtiés selon la Charia", la loi islamique, souligne le Conseil, que dirige le grand mufti d'Arabie saoudite, cheikh Abdel Aziz Al-Cheikh, nommé par le roi Fahd.

_15 août. Les Etats-Unis placent le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), vitrine politique des Moudjahidine du Peuple d'Iran, principal mouvement d'opposition armé au régime iranien, sur la liste noire des organisations terroristes. Après avoir été chassé d'Iran au début des années 1980, le CNRI avait trouvé refuge en Irak bénéficié de l'appui du régime de l'ex-président Saddam Hussein pendant plus de vingt ans.

_15 août, New York. La Libye reconnaît officiellement dans une lettre remise au président du Conseil de sécurité des Nations unies sa responsabilité dans l'attentat de Lockerbie en décembre 1988 (contre un Boeing de la Pan Am, 270 morts), ouvrant la voie à une levée des sanctions pesant sur Tripoli lorsque le problème posé par la France sera réglé. Aux termes d'un accord avec la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, la Libye s'engage à verser 2,7 milliards de dollars (dix millions par victime) en échange d'une levée des sanctions internationales imposées au début des années 1990.#

La France laisse entendre qu'elle mettra son veto à un projet de résolution sur la levée des sanctions si la Libye n'accorde pas des indemnités similaires aux familles françaises des victimes de l'attentat contre un vol de la compagnie française UTA au-dessus du Sahara, en septembre 1989 (170 morts). La Libye a reconnu sa responsabilité dans cette affaire - et s'est engagée jusqu'à présent à verser un total de 35 millions d'euros aux familles des victimes, soit seulement de 3'000 à 30.000 euros par partie civile, au nombre de 313.

Hambali_15 août, Washington. Les Etats-Unis annoncent la capture dans le centre de la Thaïlande de l'Indonésien Hambali, militant islamiste de la Jamaah Islamiyah (JI), organisation proche d'Al-Qaïda accusée de plusieurs attentats meurtriers dont celui de Bali en 2002. Il était activement recherché par les polices indonésienne, malaisienne, singapourienne et philippine.

Hambali, fils d'agriculteur, a l'apparence d'un religieux musulman calme et rondouillard, portant lunettes et barbe noire. De son vrai nom Riduan Isamuddin, né en 1966, il est l'ancien chef opérationnel de la JI; il serait le lien entre la JI, active en Asie du sud-est, et Al-Qaïda, l'organisation terroriste d'Oussama Ben Laden.

_11 août, Téhéran. L'Iran jugera lui-même les membres d'Al-Qaïda qu'il détient et qu'il n'aura pas pu extrader vers un autre pays, déclare le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Hamid Reza Assefi. S'il s'avérait qu'ils sont détenus en Iran, ce que Téhéran n'a jamais confirmé, cela s'appliquerait à Saad ben Laden, l'un des fils d'Oussama ben Laden, et Souleimane Abou Ghaïth, porte-parole d'Al-Qaïda, déchus respectivement de leur nationalité saoudienne et koweitienne.

_7 août, Denpasar (Bali). Amrozi, 41 ans, le premier des accusés jugés par un tribunal indonésien pour sa participation à l'attentat de Bali (qui a tué, le 12 octobre 2002, 202 personnes dont une majorité d'Australiens), attribué à la nébuleuse islamiste du Sud-Est asiatique, condamné à mort. Il avait déclaré que l'attentat, pour lequel une trentaine de personnes sont jugées, avait donné une "leçon aux Occidentaux".
Le tribunal a jugé que l'attentat de Bali était un "crime contre l'humanité". En Indonésie, les condamnés à mort sont exécutés par peloton d'exécution.

_6 août, Singapour. L'organisation Jemaah Islamiyah, tenue pour responsable d'une série d'attentats commis depuis 1999 aux Philippines et en Indonésie, dont celui de Bali, revendique l'attentat de Djakarta. Le réseau terroriste proche d'Al-Qaida affirme préparer une vague d'attentats. "S'ils exécutent un de nos frères musulmans [responsables de l'attentat de Bali], nous poursuivrons cette campagne de terreur en Indonésie et dans la région", déclare un responsable au quotidien Straits Times de Singapour.#

_5 août, Djakarta. L'explosion d'une bombe - placée dans une camionnette piégée - fait 14 morts et 152 blessés a l'hôtel Marriott, dans le centre de Djakarta. Les composants de la bombe sont identiques à ceux utilisés lors des attentats de Bali, en octobre 2002.

-> Les attentats terroristes en Asie du Sud-Est

Ayman al-Zawahiri_3 août, Dubai. La télévision satellitaire Al-Arabiya diffuse une bande sonore attribuée au numéro deux d'Al-Qaïda Ayman al-Zawahiri qui menace de venger les prisonniers détenus sur la base américaine de Guantanamo, à Cuba, s'ils étaient condamnés à mort.

"L'Amérique a annoncé qu'elle allait commencer à juger les prisonniers musulmans devant des tribunaux militaires qui pourraient les condamner à mort", déclare la voix attribuée à Ayman Al-Zawahiri, ajoutant que "l'Amérique des Croisés paiera cher tout préjudice porté à tout prisonnier musulman qu'elle détient".

Au total, quelque 680 personnes arrêtées par les forces américaines lors de la guerre d'Afghanistan à l'automne 2001 sont détenues à Guantanamo pour leurs liens présumés avec le réseau terroriste Al-Qaïda ou le régime taliban.

1er août, Téhéran. L'Iran détiendrait le numéro trois de l'organisation terroriste Al-Qaida, l'Egyptien Saif Al-Adel, selon des responsables américains et arabes cités par le New York Times. Selon d'autres sources, l'Iran détiendrait également Saad Ben Laden, l'un des fils d'Oussma Ben Laden.

_2 août, Moscou. Un attentat dans l'hôpital militaire de Mozdok (à une dizaine de kilomètres de la frontière tchétchène), provoqué par l'explosion d'un camion bourré d'explosifs, fait plus de 50 morts et 82 blessés. La plupart étaient des soldats russes blessés en Tchétchénie. L'attentat est attribué par le pouvoir russe à des rebelles tchétchènes.

> JUILLET 

_5 juillet, Moscou. 18 personnes, dont deux femmes kamikazes, trouvent la mort dans deux attentats-suicides attribués par les autorités aux indépendantistes tchétchènes. Les attentats ont eu lieu à l’entrée de l’aérodrome de Touchino, dans la banlieue de la capitale, où 20'000 jeunes étaient rassemblés à l’occasion du concert de rock annuel Krilia (Les Ailes).#

_4 juillet, Quetta. 48 personnes sont tuées dans un attentat-suicide contre une mosquée chiite de Quetta, dans le sud-ouest du Balouchistan. Le président pakistanais Moucharraf dénonce les auteurs "ignorants et fous" de l’attaque, "qu’il s’agisse d’extrémistes religieux ou d’extrémistes sectaires". "Nous devons agir très fermement contre cette toute petite minorité de gens qui veulent remettre en cause la volonté de la vaste majorité des Pakistanais qui rejettent l’extrémisme, le terrorisme et le fondamentalisme [religieux] "

Au Pakistan, dont la population est majoritairement sunnite, les attaques contre la minorité chiite sont qualifiées de "violences sectaires" - elles ont fait plusieurs milliers de morts depuis le début des années 1990.

> JUIN 

_26 juin, New York. L’organisation terroriste Al-Qaida "constitue toujours une menace significative contre la paix et la sécurité internationale", indique un rapport des Nations unies. Il y a des indications [selon lesquelles] "le réseau terroriste s’est ajusté pour faire face aux diverses mesures prises par la communauté internationale".

> MAI 

_29 mai, Washington. La guerre contre le terrorisme menée par les Etats-Unis depuis les attentats du 11 septembre 2001, nuit aux réfugiés, dont le nombre a augmenté de 4,3 millions en 2002, selon un rapport publié jeudi de l'organisation non gouvernementale Comité américain pour les réfugiés (USCR).

"La restriction importante du nombre de réfugiés admis aux Etats-Unis a laissé beaucoup de réfugiés dans une situation exposée et remis au cause le rôle dirigeant joué par les Etats-Unis dans la protection des réfugiés", estime une responsable de l'USCR, Lavinia Limon. Selon l'enquête, les Etats-Unis n'ont admis que 27'000 réfugiés en 2002, moitié moins qu'en 2001 et le nombre le plus faible depuis plus de 30 ans, en raison de la campagne antiterroriste et des contrôles renforcés aux frontières.

_21 mai, Dubaï. La chaîne de Al-Jazira diffuse un enregistrement sonore dans lequel le numéro deux d'Al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri, appelle les musulmans à "combattre les Américains et à adopter à leur égard le langage du Jihad" [la guerre sainte] et les exhorte à chasser les Occidentaux de la péninsule arabique, "terre de l'islam". "Les croisés et les Juifs ne comprennent que la langue du meurtre, du bain de sang et des tours qui brûlent", affirme-t-il. "O musulmans, prenez votre décision et frappez les ambassades des Etats-Unis, de Grande-Bretagne, d'Australie et de la Norvège, leurs firmes et leurs employés [...] Mettez le feu sous leurs pieds [...] Renvoyez ces criminels de vos terres".#

_21 mai, Paris. Le "noyau dirigeant" d'Al-Qaïda est "intact", affirme Rohan Kumar Gunaratna, chercheur à l'université de Saint Andrews, en Ecosse, spécialiste du mouvement d'Oussama Ben Laden, dans un entretien publié dans l'hebdomadaire Le Nouvel Observateur. Si Al-Qaïda "n'a plus la possibilité de monter des opérations de la dimension de celle du 11 septembre 2001", en revanche il reste "tout à fait capable des attentats complexes et simultanés comme à Mombasa (Kenya) ou à Bali (Indonésie)".

"Ses effectifs ont été réduits ont été réduits des deux tiers depuis l'intervention américaine d'octobre 2001: ils tournent aujourd'hui autour d'un millier d'hommes", estime cet expert. "Al-Qaïda est le seul groupe qui ait à la fois l'intention et les moyens d'organiser des attaques destinées à infliger des pertes massives [aux croisés ou aux juifs], c'est-à-dire à des cibles occidentales".

_19 mai, Bali [Indonésie]. L'attentat de Bali [contre un restaurant et une discothèque, 202 morts, en majorité des touristes étrangers, le12 octobre 2002] est un "crime contre l'humanité", déclarent les procureurs, lors de la deuxième audience du procès du premier des accusés de cette attaque.

Un mécanicien de 40 ans, Amrozi, comparaît pour sa participation à l'attentat. Les autorités indonésiennes attribuent la responsabilité de cette attaque à la Jamaah Islamiyah, un réseau d'Asie du Sud-Est qui serait lié à Al-Qaïda.

_18 mai, Ryad [Arabie saoudite]. Les autorités saoudiennes ont arrêté quatre membres d'Al-Qaida liés aux attentats meurtriers de Ryad et identifié cinq des auteurs de ces attentats, annonce le ministre de l'intérieur, le prince Nayef Ben Abdel Aziz. Les quatre personnes arrêtées "sont des membres d'Al-Qaïda [...] Ils sont liés à l'opération [...], mais nous n'avons pas de preuves qu'ils ont participé à cette opération".

_17 mai, Washington. "Jusqu'à maintenant, près de la moitié des principaux dirigeants d'Al-Qaida ont été capturés ou tués et nous resterons sur la piste jusqu'à ce qu'ils soient tous traduits en justice", déclare le président Bush, lors de son intervention radiophonique hebdomadaire "Avec la libération de l'Irak et de l'Afghanistan, nous avons éliminé des alliés d'Al-Qaida, coupé les sources de financement du terrorisme et assuré qu'aucun réseau terroriste n'obtiendrait des armes de destruction massive du régime de Saddam Hussein", souligne-t-il, avant d'ajouter que "la lutte contre le terrorisme continue". #

_16 mai, Casablanca (Maroc). 41 personnes tuées et une centaine d'autres blessées dans cinq attentats à la voiture piégée et à la bombe, qui ont lieu presque simultanément. Les lieux visés étaient l'Hôtel Safir, le consulat de Belgique, le Cercle de l'Alliance israélite, un centre culturel de la communauté juive de casablanca, et le restaurant de la Casa de España. La plupart des victimes sont de nationalité marocaine. Treize kamikazes ont péri; l'un d'entre eux, blessé, est arrêté.

Les kamikazes appartiendraient à un groupe islamiste, Le Droit chemin [Al-sirat Al-Moustaquim], groupe lié au mouvement du djihad salafiste - mouvement partisan d'une application rigoriste de la loi coranique.

-> La presse marocaine et les attentats

Le Maroc accuse le "terrorisme international" et soupçonne le mouvement terroriste Al-Qaida. Dans une cassette diffusée en février 2003, Oussama Ben Laden avait cité le Maroc parmi les pays arabes "apostats". "Les musulmans, avait-il dit, doivent se mobiliser pour se libérer des régimes asservis par l'Amérique : la Jordanie, le Maroc, le Nigeria, le Pakistan, l'Arabie saoudite et le Yémen".

Les principales attaques depuis septembre 2001. 11 avril 2002, Tunisie. Un camion-citerne explose contre le mur d'enceinte de la synagogue de la Ghriba, à Djerba : 19 morts / 8 mai 2002, Pakistan. Attentat-suicide contre un autobus transportant des employés français de la direction des constructions navales (DCN), à Karachi : 14 morts, plus de 20 blessés / 12 octobre 2002, Indonésie. Attentat-suicide à Bali, attribué au réseau islamiste Jemaah Islamiyah : 202 morts / 28 novembre 2002, Kenya. A Mombasa, attentat-suicide contre un hôtel à capitaux israéliens et attaque au bazooka qui manque de peu un charter israélien au décollage : 12 Kényans et trois Israéliens sont tués / 13 mai 2003, Arabie saoudite. Triple attentat-suicide à Riyad : 34 morts et 194 blessés.

_14 mai, Tchétchénie. Un nouvel attentat-suicide fait 15 morts : une femme kamikaze tchétchène se fait "exploser" lors d'un rassemblement religieux dans le village d'Ilskhan-Iourt, dans le nord-est de la Tchétchénie.

_13 mai, Riyad [Arabie saoudite]. Trois attaques-suicides contre des immeubles abritant des étrangers, dans trois quartiers résidentiels, font 34 mort - dont sept Américains et les neuf kamikazes - et plus de 200 blessés. Pour le secrétaire d'Etat américain Colin Powell, ces attaques portent la signature d'Al- Qaida, l'organisation terroriste d'Oussama Ben Laden.#

Le président américain Bush, déclare que "la guerre contre le terrorisme continue" et que les Etats-Unis "vont trouver les meurtriers et ils apprendront ce que veut dire la justice américaine". Le prince héritier et régent saoudien, Abdallah Ben Abdel Aziz, averti qu'il "n'y a aucune place [en Arabie Saoudite] pour le terrorisme", et que le royaume réprimera tous ceux "qui le soutiennent ou qui sympathisent idéologiquement avec lui".

L'Arabie saoudite est le pays d'origine d'Oussama Ben Laden et de 15 des 19 pirates de l'air auteurs des attentats terroristes du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.

_13 mai, New York. Kofi Annan condamne les "actes terroristes abominables" commis en Fédération de Russie et en Arabie saoudite pendant les dernières 24 heures, déclarant qu'ils portaient atteinte à "tous les préceptes de la religion, aux droits de l'homme et à l'humanité."

"Il n'est jamais possible de justifier le terrorisme", a indiqué le secrétaire général des Nations unies à propos des explosions qui ont fait des dizaines de morts et de blessés dans le Nord de la Tchétchénie [Znamenskoe] et en Arabie saoudite [Riyad].

_12 mai, Znamenskoe [Tchétchénie]. 54 personnes trouvent la mort dans un attentat à l'explosif perpétré contre un bâtiment des services de sécurités russes, à de Znamenskoe, ville proche de la frontière russe, située au nord de Grozny, la capitale de la république séparatiste.

> MARS 

_8 MARS, Islamabad. Les recherches s’intensifient dans la zone frontalière pakistano-afgahne pour tenter d’arrêter Oussama Ben Laden - que Khalid Cheik Mohammed affirme avoir rencontré au début de l’année 2003. D’après les documents saisis lors de l’arrestation de ce dernier, le chef d’Al-Qaida serait vivant et se déplacerait sans cesse dans les montagnes pachtounes.

Khalid Cheik Mohammed

Document FBI, 2003.

_1er MARS, Islamabad. Khalid Cheik Mohammed, l'un des responsables du réseau terroriste Al-Qaïda les plus recherchés au Pakistan, et deux autres suspects arrêtés à Rawalpindi, près d'Islamabad, dans le nord-est du pays. Selon un responsable de l'administration américaine, cité le 5 juin 2002 par le quotidien Los Angeles Times, Khalid Cheik Mohammed, serait le cerveau des attentats du 11 septembre 2001 contre les Etats-Unis. #

Depuis la chute du régime des talibans en Afghanistan en novembre 2001, les autorités pakistanaises ont arrêté et remis aux autorités américaines quelque 430 personnes soupçonnées d'être des membres en fuite du réseau Al-Qaïda.

> FEVRIER 

_19 FEVRIER, Hambourg (RFA). Mounir Al-Motassadeq, 28 ans, citoyen marocain résidant en Allemagne, reconnu coupable de complicité de meurtre dans "au moins 3166 cas" - le nombre des victimes des attentats du 11 septembre - et condamné à la peine maximum requise: 15 ans de prison.

L'accusé est le premier membre présumé de Al-Qaida à être jugé en relation avec les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis. Il a admis connaître les membres de la "cellule de Hambourg" du réseau mis en place par Ben Laden, mais a nié être au courant de leurs projets terroristes.

_6 FEVRIER, Paris. Dans un entretien publié par le quotidien Libération, le haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Sergio Vieira de Mello, se dit "très préoccupé des conséquences de [la] stratégie tout à fait légitime de lutte contre le terrorisme, [menée ] au niveau international, et surtout au niveau national.

"Il y a des pays démocratiques qui s'estiment en droit de remettre en question des principes et des valeurs qui représentent le fondement même de la démocratie, comme l'accès de l'accusé à son propre dossier, la présomption d'innocence ou même le droit d'être sous une juridiction, ce qui ne semble pas le cas des personnes détenues sur la base américaine de Guantanamo, qui se trouvent dans une espèce de trou noir juridictionnel. Cela est grave, car on dirait que le terrorisme est en train de gagner la bataille en forçant la démocratie à se remettre en question. Dans les pays moins démocratiques, les progrès effectués ces dernières années sont remis en cause. Trop souvent on y définit comme "terrorisme" des formes d'opposition ou de contestation légitimes dès lors qu'elles ne se fondent pas sur la violence."

_2 FEVRIER, Paris. Le Monde fait état d'une recrudescence des attentats en Afghanistan, contre les américains, les Nations unies et les ONG. "Les talibans reprennent l'offensive […] contre les "infidèles et leurs suppôts", titre le quotidien, qui relève que l'opposition à la présence étrangère et au gouvernement d'Hamid Karzaï soutenu à bout de bras par la communauté internationale est de plus en plus active.#

"Du nord au sud, de l'est à l'ouest de l'Afghanistan, des tracts dénonçant la présence étrangère et appelant au Djihad contre "les infidèles et leurs suppôts - c'est-à-dire le gouvernement et les soldats afghans qui combattent aux côtés des américains - se multiplient".

-> Plus d'information

> JANVIER 

_30 JANVIER, Boston (Etats-Unis). Le juge William Young du tribunal fédéral de Boston condamne le Britannique Richard Reid à la réclusion à perpétuité pour avoir tenté de faire exploser, le 22 décembre 2001, au moyen d'explosifs dissimulés dans la semelle de l'une de ses chaussures, le vol 63 d'American Airlines assurant la liaison entre Paris et Miami. Richard Reid avait plaidé coupable.

Le juge fédéral a expliqué que Richard Reid ne devait être considéré ni comme "un soldat dans une guerre", ni comme "un combattant", mais comme "un terroriste coupable de plusieurs tentatives de meurtre". "Je hais les USA et je suis avec Allah", lui a répondu l'accusé.

_20 JANVIER, New York. Kofi Annan déclare, devant le Conseil de sécurité des Nations unies, que la lutte contre le terrorisme "ne doit pas diaboliser les opposants politiques, étrangler la liberté d'expression et de la presse et délégitimer l'expression des griefs politiques légitimes".

Le secrétaire général dénonce "les cas trop nombreux où les Etats invoquent la lutte contre le terrorisme pour menacer ou justifier de nouvelles actions militaires contre des voisins auxquels les opposent des différends". "Comme le terrorisme ne doit jamais être excusé, les griefs légitimes ne doivent jamais être ignorés", souligne-t-il: "Nous devons agir avec détermination pour répondre et trouver une solution aux disputes politiques et aux conflits qui durent depuis longtemps et sous-tendent et nourrissent le terrorisme".

-> Plus d'information

_17 JANVIER, New York. Soulignant la responsabilité de tous les Etats dans la lutte pour la prévention et l'élimination des actes terroristes, le Conseil de sécurité des Nations unies adopte, à l'unanimité, une résolution qui vise à améliorer le dispositif des sanctions imposées précédemment contre Ousama Ben Laden, le réseau Al-Qaida, les talibans et leurs complices.

#