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> Guerre en Irak ![]() |
> JANVIER _31 janvier, New York. L'Irak demande à participer "à un haut niveau" à la réunion, le 5 février, au cours de laquelle Colin Powell doit présenter les preuves que l'Irak dissimule des armes de destruction massive.
_30 janvier, Washington. Recevant le premier ministre italien, Silvio Berlusconi, le président Bush déclare que "s'[il] comprend le prix de la guerre, [il] comprend aussi celui de l'inaction" et que, en conséquence, il n'accorde plus que "quelques semaines, et pas quelques mois", à l'option diplomatique dans la crise irakienne. _30 janvier, Bruxelles. Dans une résolution adoptée par 287 voix contre 209, le Parlement européen proclame "son opposition à toute action militaire unilatérale en Irak". _30 janvier, Londres. Huit dirigeants européens
prennent leurs distances avec la France et l'Allemagne à
propos de la crise irakienne, en apportant leur soutien
au président américain, George W. Bush. Dans une
tribune libre parue dans le Wall Street Journal Europe,
à Londres, ainsi que dons onze autres journaux européens,
dont Le Monde, les dirigeants de Grande-Bretagne, d'Italie,
d'Espagne, du Portugal et du Danemark - pays membres de l'Union
européenne (UE) - ainsi que de la Pologne, de la Hongrie
et de la République tchèque - pays en cours d'intégration
dans l'UE -, lancent un appel dans lequel ils demandent "un
front uni de l'Europe et de l'Amérique" et rappellent
que "le lien transatlantique, garantie de notre liberté,
ne doit pas devenir la victime des tentatives persistantes du
régime irakien actuel de menacer la sécurité
internationale". _28 janvier, Etats-Unis. Quarante lauréats du prix Nobel signent une déclaration commune pour s'opposer à une guerre contre l'Irak, affirmant qu'une attaque unilatérale et préventive par les forces américaines compromettrait la sécurité mondiale.
Lors de cette réunion, explique-t-il, Colin Powell "présentera des informations et des renseignements relatifs aux programmes d'armement illégaux de l'Irak", ajoutant : Nous consulterons, mais qu'il n'y ait pas de malentendu : si Saddam Hussein ne désarme pas complètement, pour la sécurité de notre peuple et pour la paix du monde, nous dirigerons une coalition pour le désarmer". Commentaire du quotidien Le Monde : "La guerre n'est pas déclarée, mais elle est annoncée. L'ultimatum n'est pas posé, il est formulé" [Le Monde, 30.01.2003] _28 janvier, Washington. Saddam Hussein n'a "plus beaucoup de temps" pour se plier aux exigences des Nations unies s'il veut éviter la guerre, déclare Colin Powell. "Le refus de l'Irak de désarmer menace encore la paix et la sécurité internationales". Commentant la présentation du rapport des inspecteurs
en désarmement des Nations unies au Conseil de sécurité,
le secrétaire d'Etat américain juge que "les
découvertes des inspecteurs sont sans surprise". Le
problème, selon lui, n'est pas "de savoir de combien
de temps les inspecteurs ont besoin pour chercher à l'aveuglette.
Il est de savoir combien de temps devrait être laissé
à l'Irak pour qu'il accepte de faire la lumière
[sur ses agissements]... Le temps accordé à l'Irak
pour choisir un désarmement pacifique arrive à son
terme". _27 janvier, Washington. A la demande de la plupart des pays membres du Conseil de sécurité, les Etats-unis acceptent de prolonger de quelques semaines ou de quelques mois la mission des inspecteurs en désarmement des Nations unies. "Le processus continue", déclare le porte-parole du président Bush. Selon les Etats-Unis, les rapports de Hans Blix et Mohamed El-Baradei montrent "clairement que l'Irak ne se soumet pas" et que les termes de la résolution 1441 ne sont pas respectés. _27 janvier, New York. Dans une lettre adressée au secrétaire général des Nations unies Kofi Annan, le ministre des Affaires étrangères irakien Naji Sabri déclare que son pays a répondu à toutes les questions concernant son programme d'armement biologique, chimique et nucléaire dans les 12.000 pages du rapport rendu au Conseil de sécurité le mois dernier. "La déclaration complète délivrée par l'Irak [...] et la coopération effective et sincère des agences irakiennes avec les équipes d'inspection [...] montrent que l'Irak agit de bonne foi et est fermement résolu à accomplir ses obligations de désarmement conformément aux résolutions du Conseil de sécurité, en dépit de toutes les difficultés, de l'arbitraire et du parti pris qu'elles impliquent sur le terrain". _27 janvier, New York. Le Conseil de sécurité des Nations unies entend le rapport du chef des inspecteurs du désarmement en Irak, Hans Blix, à l'issue de deux mois de mission sur le terrain, dans le cadre de la résolution 1441 des Nations unies.
Il souligne que les autorités irakiennes ont volontairement ouvert l'accès de tous les sites que l'ONU a souhaité visiter [plus de 230 sites ont été visités à ce jour], mais que la Déclaration iraquienne de 12'000 pages sur les efforts de ce pays en matière de désarmement est lacunaire, car elle ne répond pas à toutes les questions sur les activités chimiques, balistiques ou biologiques de l'Iraq depuis la suspension des inspections de l'ONU en décembre 1998. En outre, même à l'heure actuelle, les autorités
de Bagdad ne fournissent pas les documents demandés par
la CCVINU, et n'encouragent pas non plus les entretiens privés
avec les scientifiques iraquiens qui auraient pu participer aux
programmes de fabrication d'armes de destruction massive dans
ce pays.
139 inspections ont été menées sur 106 sites irakiens par les experts de l'AIEA depuis la reprise des inspections, il y a deux mois, le 27 décembre 2002. "Aucune activité nucléaire interdite n'a été décelée à ce jour par nos experts, mais il reste un certain nombre de questions dans différents domaines à éclaircir", précise-t-il. _26 janvier, Davos (Suisse). Intervenant dans le cadre du Forum économique mondial de Davos, Colin Powell déclare que les Etats-Unis cherchent toujours un "règlement pacifique de la crise" [irakienne], mais qu'ils restent prêts "à agir même si d'autres ne sont pas disposés à nous rejoindre". Le secrétaire d'Etat américain affirme une nouvelle fois, sans fournir de preuve, que le régime de Saddam Hussein a "des liens clairs" avec l'organisation terroriste Al-Qaïda, accusée d'avoir commandité les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis _25 janvier, Paris. Le Monde note que les forces militaires américaines sont désormais prêtes pour une attaque contre l'Irak, avec leurs alliés britanniques et australiens. Le journal décrit le dispositif aéronaval déployé pour prendre l'Irak en tenaille, à partir de la Méditerranée et du Golfe. Les effectifs mobilisés sont de moitié inférieurs à ceux qui avaient été engagés par la coalition internationale dans la première guerre du golfe, en 1990-91. _23 janvier, Istanbul. Les ministres de six pays musulmans [Turquie, Syrie, Arabie saoudite, Iran, Jordanie et Egypte] appellent "solennellement la direction irakienne à prendre irréversiblement et sincèrement ses responsabilités afin de rétablir la paix et la stabilité dans la région". Devant le "spectre d'une guerre [qui] progresse rapidement",
ils demandent à l'Irak de faire preuve d'une approche "plus
active" en ce qui concerne l'annonce de son inventaire
sur ses capacités de produire des armes de destruction
massive et de se conformer "pleinement" à la
résolution 1441 du Conseil de sécurité des
Nations unies, qui ordonne à l'Irak de désarmer. _22 janvier, Londres. S'exprimant à la Chambre des Communes, Tony Blair déclare que son pays "soutiendrait une action militaire en cas de nouvelle résolution des Nations unies". "Nous la soutiendrions en cas de violation de la part de Saddam Hussein et en cas de blocage déraisonnable de cette résolution du Conseil de sécurité", ajoute le premier ministre britannique. _22 janvier, Washington. En réponse aux déclarations de Jacques Chirac et de Gerhard Schroeder, Colin Powell reproche à la France et à l'Allemagne de faire semblant d'ignorer le fait que l'Irak ne se conforme pas à ses obligations en matière de désarmement. "Franchement, il y a certains pays de par le monde qui voudraient simplement ce détourner de ce problème, et prétendre qu'il n'existe pas". Ces deux pays, ajoute-t-il, "devraient sans doute attendre de voir ce que les inspecteurs auront à dire [le 27 janvier, devant le Conseil de sécurité]. C'est certainement ce qu'attendent les Etats-Unis". De son côté, le secrétaire américain à la défense, Donald Rumsfeld, s'en prend vivement à ces deux pays qui ne représentent, aujourd'hui, selon lui, qu'une "vieille Europe" en perte de vitesse. "Je ne vois pas l'Europe comme étant l'Allemagne et la France. Je pense que c'est la vieille Europe. Si vous regardez l'Europe entière, son centre de gravité passe à l'Est. [ ] L'Allemagne a été un problème, la France aussi. Mais si vous considérez un grand nombre d'autres pays en Europe, ils ne sont pas avec la France et l'Allemagne mais avec les Etats-Unis". _22 janvier, Paris. Jacques Chirac et Gerhard Schroeder réaffirment solennellement, lors des cérémonies du 40e anniversaire du Traité de l'Elysée, fondateur de l'amitié franco-allemande, leur opposition à une intervention militaire à court terme en Irak. La France et l'Allemagne partagent "le même jugement" sur l'Irak, déclare Jacques Chirac. "Tout doit être fait pour éviter" la guerre". "Nous voulons tous les deux une solution pacifique à la crise en Irak et nous y travaillons en étroite coopération", confirme Gerhard Schroeder. _20 janvier, New York. La France s'oppose vivement
aux Etats-Unis lors d'une réunion du Conseil de sécurité.
Alors que Washington estime que le temps est désormais
"compté" pour le régime irakien et déploit
des troupes supplémentaires dans la région, le ministre
français des affaires étrangères, Dominique
de Villepin, menace de bloquer, en faisant usage du droit
de veto de la France au Conseil de sécurité, toute
résolution américaine qui ouvrirait la voie à
la guerre: "Aujourd'hui, rien ne justifie d'envisager l'action
militaire. [...] Le travail des inspecteurs est satisfaisant".
La Chine, la Russie et l'Allemagne soutiennent la position française,
face au secrétaire d'Etat américain Colin Powell. _20 janvier, Bagdad. Au terme d'une visite à Bagdad des chefs des experts des Nations unies, Hans Blix et Mohamed El-Baradei, l'Irak et les Nations unies publient une déclaration commune dans laquelle l'Irak s'engage à accorder aux inspecteurs un accès à tous les sites, y compris les maisons privées, à encourager les scientifiques irakiens à accepter d'être interrogés en privé et à fournir une liste des scientifiques dans les différents domaines d'armement. _19 janvier, Washington. Colin Powell déclare qu'un exil du président irakien permettrait d'éviter une guerre contre l'Irak. "S'il partait, lui et sa famille, nous aurions un nouveau régime". S'il y a des discussions en cours avec des pays arabes, reconnaît-il, "j'encouragerais Saddam Hussein à écouter attentivement", souligne-t-il, remarquant que "la communauté internationale ferait [alors] face à une situation entièrement nouvelle et nous pourrions peut-être éviter la guerre". La conseillère du président Bush pour les questions de sécurité, Condoleezza Rice, estime que l'échéance du 27 janvier, à laquelle le Conseil de sécurité doit recevoir le rapport des inspecteurs en désarmement, marque "le début de la dernière phase" dans l'épreuve de force avec l'Irak. _19janvier, Bagdad. "Nous ne pensons pas que la guerre soit inévitable. Nous pensons que le processus d'inspection que nous menons en est l'alternative pacifique et celui-ci requiert une coopération très active de la part de l'Irak", déclare Hans Blix à son arrivée à Bagdad. "Les inspections ne sont pas un prélude à la guerre, elles sont une solution alternative à la guerre et c'est ce à quoi nous voulons parvenir. [...] Nous allons discuter avec nos collègues irakiens d'une amélioration de ce processus". _18 janvier. Importantes manifestations contre la guerre en Irak aux Etats-Unis (50'000 personnes rassemblées devant le Capitole, à Washington) et à travers l'Europe, notamment en France (200'000 personnes à Paris), en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Espagne et en Italie. Au Proche-Orient, des marches de protestation se sont tenues à Beyrouth, Damas, ainsi qu'au Pakistan. "Le réveil des antiguerre", titre le quotidien Libération, qui relève que les mouvements - pacifistes - hostiles à une intervention américaine en Irak prennent de l'ampleur aux Etats-Unis et en Europe.
_18 janvier, Berlin. Dans un entretien accordé à plusieurs journaux étrangers, le secrétaire d'Etat américain Colin Powell assure qu'il "sera prouvé à la fin du mois [de janvier 2003] que l'Irak ne coopère pas" avec les Nations unies, et que l'Irak "ne remplit pas les obligations que lui impose la résolution 1441". Le président Bush est prêt, selon lui, à assumer "seul et avec les nations qui pensent comme lui", la responsabilité d'une guerre contre l'Irak. _17 janvier, Paris. Le Monde fait état d'informations sur "un coup d'Etat ou un exil de Saddam Hussein". Le quotidien écrit que les Saoudiens encourageraient un renversement du régime saoudien. "D'après un diplomate du Golfe non identifié [ ], l'objectif de Riyad est d'inciter l'Onu à proposer l'amnistie aux dirigeants irakiens, à l'exception des 100 à 120 plus haut placés, dans l'espoir d'encourager un coup d'Etat contre Saddam Hussein. Mais le scénario le plus souvent évoqué est celui d'un possible exil du président irakien". _17 janvier, Bagdad. "Bagdad, son peuple comme ses dirigeants, est bien décidé à pousser les Mongols de l'ère moderne à se suicider sous ses murs", déclare Saddam Hussein dans un discours radio-télévisé prononcé à l'occasion du 12e anniversaire du début de la guerre du Golfe. Se référant explicitement aux Etats-Unis, le président irakien rappelle que les Mongols menés par Houlagou ont conquis et saccagé Bagdad au XIIIème siècle. "Malheur donc aux agresseurs dans cette agression et dans celle qui continue jusqu'à nos jours et qui est animée par leurs intentions maléfiques et leurs desseins misérables. Malheur à tout agresseur perfide et traître qui osera agresser [l'Irak]". Saddam Hussein accuse les "sionistes" de l'administration américaine d'oeuvrer en faveur d'une guerre contre l'Irak. "La nation se lèvera pour défendre son droit à la vie et ses valeurs sacrées. Leurs flèches ne toucheront pas leurs cibles ou se retourneront contre eux". _16 janvier, Bagdad. Une équipe d'inspection
des Nations unies annonce qu'elle a a "découvert onze
têtes chimiques vides de 122 mm et une tête qui doit
encore être évaluée", lors d'une visite
du centre de stockage de munitions d'Ukhaider, à 170 km
au sud de Bagdad. L'Irak assure que ces engins sont périmés
et ne constituent pas une violation de ses obligations. _15 janvier, Washington. "Personne ne veut la guerre", mais "le choix entre la guerre et la paix ne sera pas fait à Washington ou, dans ce cas, à New York. Il le sera à Bagdad", déclare le secrétaire américain à la défense Donald Rumsfeld, en souhaitant que Saddam Hussein "change sa ligne de conduite" actuelle.
"Il y a eu des quantités considérables d'importations dans le secteur des armes qui relèvent manifestement de la contrebande et nous en avons trouvé des quantités importantes. [...] Le fait de savoir si ces découvertes ou ces matériaux sont liés à des armes de destruction massive reste encore à déterminer". _14 janvier, Washington. "Jusqu'à présent, je n'ai vu aucune preuve qu'il est en train de désarmer. Le temps est compté pour Saddam Hussein, il doit désarmer. Je suis fatigué de ce jeu de mensonges", déclare le président George W. Bush. _14 janvier, Paris. La France réaffirme son attachement au rôle central du Conseil de sécurité dans la gestion de la crise irakienne, pour toute décision relative à l'Irak et à son désarmement. Pour le ministre des affaires étrangères Dominique de Villepin, "une nouvelle résolution de l'Onu, c'est le meilleur moyen pour chacun d'expliquer sa position, le meilleur moyen de débattre. Il est important que ce débat ait lieu". _13 janvier, Washington. "Le président n'a établi aucun calendrier précis", assure Ari Fleischer, le porte-parole de la Maison Blanche. George W. Bush "pense qu'il reste important pour les inspecteurs de faire leur travail et d'avoir le temps de le faire". A Berlin, le chancelier Gerhard Schröder rappelle que "l'Allemagne ne participera pas à une intervention en Irak". A Londres, Tony Blair réaffirmer que l'Irak sera "désarmé par la force" en cas de "violation des résolutions" des Nations unies, mais estime néanmoins qu'il faut "maintenir l'autorité de l'ONU". Par ailleurs, Hans Blix souligne qu'en dépit
du déploiement militaire américain en cours, il
ne présentera qu'à la fin mars une liste de tâches
restant à accomplir par l'Irak pour mener à bien
son désarmement. "J'agis selon mon propre calendrier". _10 janvier, Paris. Dans un entretien accordé au quotidien Le Monde, Javier Solana, responsable de la politique étrangère de l'Union européenne, souligne que "sans preuves", il sera "difficile [pour les Américains] de déclencher une guerre". "Si on va vers la guerre, explique-t-il, il faut le faire avec un consensus international. Aujourd'hui, la situation est encore ouverte. Les déclarations de [Hans] Blix sont nuancées. Il dit que le dossier présenté par Saddam Hussein n'est pas complet et, en même temps, il reconnaît qu'il ne dispose pas de preuves évidentes de la présence d'armes de destruction massive en Irak. "Donc, il faut qu'il continue à travailler. C'est cela la position des Européens : "continuer le travail", et on verra comment la situation évolue. Il serait naturel qu'il y ait une seconde résolution du Conseil de sécurité, même s'il elle n'est pas obligatoire selon la résolution 1441". _10 janvier, New York. Réagissant aux propos de Hans Blix, le secrétaire d'Etat américain Colin Powell affirme qu'aucun "flagrant délit" n'est nécessaire pour que les Etats-Unis attaquent l'Irak. "L'absence de flagrant délit ne veut pas dire qu'il n'y en a pas là-bas", déclare-t-il à la chaîne de télévision NBC. _10 janvier, Bagdad. Le quotidien As-Saoura, organe du parti Baas au pouvoir, écrit que les Etats-Unis cherchent à frapper l'Irak pour l'"envahir" et contrôler ses richesses pétrolières. "L'objectif primordial des Etats-Unis consiste non seulement à placer les pays du Golfe sous leur tutelle, mais à envahir [l'Irak], ce qui permettra à Washington de contrôler l'une des plus importantes sources d'énergie dans le monde". "Les concentrations militaires [dans le Golfe], les menaces continuelles [de frapper l'Irak] et le maintien de l'embargo [des Nations unies] visent à terroriser les peuples et les gouvernements du monde entier, notamment ceux de la région", estime le journal. _9 janvier. Dans une lettre adressée à ses quatorze homologues des pays membres du Conseil de sécurité, le ministre français des affaires étrangères, Dominique de Villepin, estime que le Conseil ayant choisi "la voie d'une solution politique" pour régler le problème du désarmement irakien "dans le respect de la légalité internationale", tout doit être fait pour que la résolution 1441 soit "pleinement respectée". L'Irak, écrit-il, doit en premier lieu "coopérer activement" en "fournissant rapidement les éléments d'information complémentaires" demandés par les inspecteurs. Mais, ajoute-t-il, s'adressant indirectement aux Etats-Unis et à la Grande-Bretagne, la communauté internationale doit "soutenir" les inspecteurs, ce qui implique que "toutes les informations disponibles leur soient immédiatement transmises" afin de permettre au Conseil "d'apprécier la réalité des faits". _9 janvier. Washington. Réaction américaine aux propos de Hans Blix et et Mohamed El-Bara [De son côté, l'Irak se déclare prêt à répondre à toutes les questions des inspecteurs des Nations unies, alors que Hans Blix et Mohamed El-Baradei doivent se rendre les 19 et 20 janvier à Bagdad.] _9 janvier, New York. Hans Blix et Mohamed El-Baradei, chefs de la Commission de contrôle, de vérification et d'inspection des Nations unies (CCVINU) et de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), affirment que la Déclaration irakienne sur ses programmes de désarmement présente de nombreuses lacunes, mais que les inspections sur le terrain, qui couvrent "des zones de plus en plus larges et des installations de plus en plus nombreuses", n'ont révélé, pour le moment, aucun danger imminent. "Nous ne sommes pas satisfaits", souligne Hans Blix, à l'issue d'une réunion à huis clos du Conseil de sécurité: l'Irak "ne nous a donné aucune nouvelle preuve, [il] n'a pas répondu pas aux questions qui étaient déjà posées" dans le passé. Il ajoute que "les inspections ont confirmé la présence d'un nombre relativement important de moteurs de missile, certains importés pas plus tard qu'en 2002". "Ces importations sont une violation des résolutions réglementant les importations et les exportations en Irak", relève-t-il, précisant cependant qu'il n'est "pas encore établi si ces importations illégales tombent sous le coup du mandat spécifique de la Cocovinu sur les armements de destruction massive". Pour Hans Blix et Mohamed El-Baradei, la prochaine réunion du Conseil de sécurité, prévue le 27 janvier, permettra "de faire le point de notre travail à cette date-là, rien de plus". "Nos activités se poursuivront bien naturellement au-delà du 27 janvier, car il reste beaucoup à faire". _7 janvier, New York. Une guerre contre l'Irak pourrait faire plus de 500'000 blessés - "victimes directes ou indirectes" -, suspendre la production de pétrole du pays, endommager sévèrement ses infrastructures, affectant la qualité de l'eau et de l'hygiène, et créer près d'un million de réfugiés, selon un rapport confidentiel des Nations unies. Dans ce rapport intitulé Les probables scénarios humanitaires, daté du 10 décembre 2002, des experts des Nations unies avertissent également que quelque trois millions d'irakiens, sur une population totale de 23 millions d'habitants, pourraient se retrouver dans une situation de famine. Les chiffres fournis dans le document incluent des estimations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), du Haut commissariat aux réfugiés (HCR), ainsi que d'autres agences de l'organisation internationale. _7 janvier, Paris. Jacques Chirac réaffirme que "seules" les Nations unies peuvent décider d'une intervention qui ne peut intervenir qu'en "dernière extrémité". Mettant en garde les Etats-Unis contre "toute tentation de d'action unilatérale", le président français rappelle que "l'éventuelle décision d'utiliser la force doit être explicite, et être prise par le Conseil de sécurité des Nations unies sur la base d'un rapport motivés des inspecteurs" en désarmement de l'Onu. Mais il demande aux militaires français de se tenir prêts "à toutes éventualités". _6 janvier, Bagdad. La mission que les inspecteurs des Nations unies mènent en Irak est un "pur travail de renseignement", accuse Saddam Hussein, ajoutant que l'Irak est prête à faire face à une attaque américaine. "Plutôt que de rechercher de prétendues armes de destruction massive pour révéler les mensonges des menteurs [...], les équipes d'inspection ont commencé à dresser des listes de scientifiques irakiens, à poser aux ouvriers des questions qui ne sont pas ce qu'elles semblent être et à rassembler des informations au sujet des camps de l'armée et de la production militaire légitime", explique-t-il dans un discours télévisé prononcé à l'occasion de la journée de l'Armée. _3 janvier, base militaire de Fort Hood (Texas). Le président George W. Bush affirme que les Etats-Unis sont "prêts et préparés" à agir si l'Irak refuse d'éliminer ses armes de destruction massive. Il ajoute que Saddam Hussein "sait précisément ce qu'il doit faire pour éviter un conflit", mais que "l'utilisation de la force militaire est la dernière option" retenue par les Etats-Unis. _1er janvier, Bagdad. Le quotidien Babel, dirigé par Oudaï Hussein, le fils aîné de Saddam, appelle les "Arabes" à sinspirer de lattitude de la Corée du Nord, qui a relancé son programme nucléaire, pour "se faire respecter" des Etats-Unis et "empêcher une agression contre lIrak". |