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MARS
> 20 mars Washington. Deux heures après l'expiration de son ultimatum
à Saddam Hussein, George Bush intervient à
la télévision - le 19 mars à 22h15 (4h15 du matin à Paris) - pour annoncer le début d'une intervention militaire visant à "désarmer l'Irak". Il assure que "tous les efforts seront faits pour épargner les civils". "Nous venons en Irak avec respect, pour ses citoyens, leur grande civilisation et les religions qu'ils pratiquent. Nous n'avons pas d'autre ambition en Irak que d'écarter une menace et remettre le contrôle de ce pays entre les mains de son propre peuple". "Nous défendons la liberté".
La déclaration de Georges Bush
Prenant la parole vers 6 h 30 à la télévision irakienne, Saddam Hussein, s'engage à "résister
aux envahisseurs" américains et appelle
les Irakiens à défendre leur pays. "Nous allons
résister aux envahisseurs", déclare le président
irakien, en tenue militaire, lisant un texte écrit. "Vous
allez remporter la victoire sur vos ennemis".
Il assimile l'offensive américano-britannique contre
son pays à "un crime honteux contre l'humanité".
"Je n'ai pas peur. Les ennemis de l'Irak seront humiliés".
Il conclu sa courte allocution avec cette exclamation : "Vive
le djihad, vive la Palestine !"
A Genève, le président du Comité
international de la Croix-Rouge (CICR), Jakob Kellenberger,
affirme la volonté du CICR de maintenir sa présence
en Irak, où il dispose de 110 collaborateurs dont dix expatriés
(six à Bagdad et quatre dans le nord du pays). "Le
CICR exhorte fermement toutes les parties [au conflit] à
respecter les règles du droit humanitaire international,
qui imposent des limites à la violence".
La déclaration du CICR
Dans une mise en garde inhabituelle, il rappelle que "le
droit de choisir les méthodes et les moyens de la guerre
n'est pas illimité", ajoutant : "Les armes frappant
aveuglément ou causant des maux superflus sont interdites
par le droit international humanitaire, de même que les
armes chimiques et biologiques". Le CICR "exhorte également
toutes les parties au conflit à ne pas faire usage des
armes nucléaires".
> 19 mars New York. Dans une déclaration
prononcée à l'issue d'un débat du Conseil
de sécurité consacré au désarmement
irakuien, Kofi Annan, lance un appel à la communauté internationale pour qu'elle fasse de son possible pour atténuer les conséquences d'un désastre humanitaire imminent en Irak.
Notant que les populations vulnérables de ce pays sont privées de soins de santé de base par manque de médicaments et qu'un million d'enfants de ce pays souffrent de malnutrition, le Secrétaire général a invité la communauté internationale à fournir une aide humanitaire généreuse pour prévenir les risques d'épidémies et de famine en Irak.
La déclaration de Kofi Annan
La séance du Conseil, qui s'est tenue en la présence
de plusieurs ministres des affaires étrangères,
dont ceux de la France, de la Russie et de l'Allemagne, a entendu
le chef de la Commission de contrôle, de surveillance et
d'inspection des Nations unies (CCVINU), Hans Blix, déplorer
que les inspections avaient dû être suspendues après
trois mois et demi à peine et que la guerre semblait "imminente".
> 18 mars Washington. Dans un discours télévisé
à la nation, prononcé dans la nuit du 17 au 18 mars,
Georges Bush donne 48 heures à Saddam
Hussein pour quitter le pays, faute de quoi il donnera l'ordre
aux 250'000 soldats américains massés autour de
l'Irak d'entrer en guerre.
"Saddam Hussein et ses fils doivent quitter l'Irak
dans les 48 heures. Leur refus de le faire conduira à
un conflit militaire qui commencera à la date que
nous choisirons". Et après avoir dénoncé
un Conseil de sécurité ayant "failli à
ses responsabilités", le président américain
appelle les militaires et les membres des services de sécurité
irakiens à ne pas combattre pour défendre "un
régime à l'agonie qui ne vaut pas votre vie".
"La seule façon de réduire la douleur et
la durée d'une guerre est d'engager totalement la force
et la puissance de notre armée, et nous sommes préparés
à le faire", ajoute-t-il, demandant aux journalistes
et au personnel des Nations unies de quitter l'Irak.
Le discours de Georges Bush
A Bagdad, le Conseil de commandement de la révolution et la direction du parti Baas [au pouvoir], rejettent l'ultimatum américain, lors d'une réunion présidée par Saddam Hussein qui promet la victoire sur les Etats-Unis dans "l'ultime bataille de l'Irak". Sur le plan diplomatique, l'Irak demande au secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, une "action arabe urgente et efficace" pour empêcher la guerre.
L'ultimatum lancé par le président Bush
à l'Irak est "une décision unilatérale"
qui est "contraire à la volonté du Conseil
de sécurité des Nations unies", affirme, à
Paris, la présidence française de la République.
La déclaration française
Jacques Chirac persiste dans son opposition à
une guerre en Irak et accuse les Etats-Unis de privilégier
la force sur le droit contre la volonté des Nations unies.
"Il n'y a pas de justification à une décision
unilatérale de recours à la guerre", dit-il.
"L'Irak ne représente pas aujourd'hui une menace immédiate
telle qu'elle justifie une guerre immédiate". Pour
le président français, l'ultimatum américain
"engage l'avenir d'un peuple, l'avenir d'une région,
la stabilité du monde".
Jacques Chirac : "La primauté du droit"
A Londres, la chambre des Communes autorise [par 412
voix contre 149] le recours à la force si nécessaire
contre l'Irak.
A Rome, le Vatican dénonce le droit
que s'est arrogé Georges Bush de fermer la porte à
une solution pacifique en Irak et le place face à ses responsabilités
"devant l'Histoire". "Celui qui décide que
tous les moyens pacifiques mis à disposition par le droit
international sont épuisés assume une grave responsabilité
devant Dieu, devant sa conscience et devant l'Histoire".
Les inspecteurs en désarmement des Nations unies, le personnel des autres agences humanitaires des Nations unies, ainsi que les diplomates et la plupart des journalistes présents en Irak, quittent Bagdad.

> 17 mars New York. Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne
et l'Espagne retirèrent leur projet de résolution
autorisant les Etats-Unis à recourir à la force
pour désarmer l'Irak, faute de pouvoir recueillir une majorité
de neuf voix au Conseil de sécurité. Les dirigeants
américains et britanniques rejettent la responsabilité
de cet échec sur la France qui a menacé de mettre
son veto contre ce projet de résolution en forme d'ultimatum.
A Paris, Dominique de Villepin déclare
qu'un recours à la force en Irak "risque de s'avérer
lourd de conséquences pour la région et pour le
monde". Dans une déclaration écrite, le ministre
a affirmé que, "fidèle à ses convictions,
la France réaffirme qu'en tout état de cause, les
Nations unies, seules dépositaires de la légitimité
internationale, doivent jouer un rôle central dans le règlement
de la crise irakienne".
La déclaration de Dominique de Villepin
A New York, Kofi Annan, annonce la suspension
du programme "Pétrole contre nourriture", géré
par les Nations unies et qui assure l'essentiel du ravitaillement
de la population irakienne, et le retrait du personnel de la Mission
d'observation des Nations unies pour l'Irak et le Koweït
déployé à la frontière entre ces deux
pays.
A Paris. A quelques heures de la réunion décisive pour le sort de l'Irak du Conseil de sécurité, le chef de la diplomatie française Dominique de Villepin juge inacceptable une deuxième résolution au Conseil de sécurité. "La France ne peut accepter la résolution, qui est sur la table et qui pose un ultimatum. Je ne vois pas comment cette résolution peut être envisagée".
> 16 mars Açores. "Lundi est le jour où l'on saura
si une solution diplomatique est encore possible pour l'Irak",
déclare Georges Bush, à l'issue du sommet
des Açores avec le premier ministre britannique Tony Blair
et le chef du gouvernement espagnol José Maria Aznar.
La déclaration sur lIrak
Si le recours à la force est nécessaire pour
désarmer l'Irak, ajoute le président américain,
"nous rechercherons rapidement une nouvelle résolution"
des Nations unies. "La réunion aux Açores est
la dernière chance pour une solution politique sur l'Irak.
[...] L'Irak désarmera ou sera désarmé".
Tony Blair prône de son côté "un
ultimatum clair menaçant de l'usage de la force" pour
contraindre l'Irak à désarmer, et lance un "ultime
appel" à la communauté internationale -
c'est-à-dire à Paris, Moscou, Berlin et Pékin
- pour adresser à Bagdad un ultimatum prévoyant
de recourir à la force en cas de refus de désarmer.
A Bagdad, Saddam Hussein promet "une grande
confrontation" entre les forces irakiennes et les troupes
américaines, en cas d'attaque contre son pays. Le président
irakien affirme que les forces irakiennes "infligeront d'énormes
pertes dans les rangs des agresseurs qui seront défaits
dans la grande confrontation contre les vaillants Irakiens".
A Rome, le pape Jean Paul II appelle le président
américain et les chefs des gouvernements britannique et
espagnol à renoncer à la guerre en Irak. "J'ai
vécu la seconde Guerre mondiale et j'ai survécu
à la deuxième Guerre Mondiale. Pour cette raison
j'ai le devoir de dire jamais plus la guerre".
"Je veux rappeler aux membres des Nations unies et en particulier
à ceux qui composent le Conseil de sécurité,
que l'usage de la force représente l'ultime recours après
avoir épuisé toutes les solutions pacifiques, comme
le souligne la charte de l'ONU", déclare-t-il, ajoutant:
"Je dis à tous: il y a encore du temps pour négocier,
il y a encore un espace pour la paix, il n'est jamais trop tard
pour se comprendre et continuer à traiter".
Dans cet entretien diffusé par CBS et CNN, enregistré avant le sommet des Açores, Jacques Chirac accepte
de donner un ultime délai aux inspecteurs des Nations unies
pour désarmer l'Irak. Les inspecteurs "ont dit à
plusieurs reprises que ce n'était pas une question d'années,
que ce n'était pas non plus, naturellement, une question
de jours, que c'était une question de mois. Alors, est-ce
que c'est un mois, deux mois? Je suis prêt à tout
accord sur ce point qui aurait l'aval des inspecteurs", précise
le président français.
Réplique du vice-président américain Dick
Cheney: il est "difficile de prendre les Français
au sérieux et de croire qu'il s'agit d'autre chose que
d'une nouvelle tactique dilatoire".
> 15 mars Nouvelle journée internationale contre la guerre.
Plusieurs millions de personnes manifestent contre une guerre
en Irak à travers le monde, de l'Amérique à
l'Asie, en passant par l'Europe.
A Washington, Georges Bush déclare qu'"il
y a peu de raisons d'espérer que Saddam Hussein va désarmer".
Les pays membres du Conseil de sécurité doivent
montrer, "maintenant, si leurs engagements pour la liberté
et la sécurité ne sont que des mots ou s'ils sont
prêts à agir en conséquence. Pour les Etats-Unis
et la coalition qu'ils dirigent [la réponse] ne fait pas
de doute".
La France, l'Allemagne et la Russie
lancent "un appel solennel" commun pour éviter
la guerre et proposent une réunion du Conseil de sécurité
au niveau ministériel pour arrêter un calendrier
de désarmement de l'Irak.". Le chef de la diplomatie
française, Dominique de Villepin, reconnaît
cependant "qu'on peut difficilement voir ce qui pourrait
arrêter cette machine [de guerre]", et que le conflit
risquait d'éclater dans les prochains jours.
La déclaration des trois pays
> 14 mars Le porte-parole de la Maison Blanche Ari Fleischer annonce
que le président américain George Bush, le
Premier ministre britannique Tony Blair et le chef du gouvernement
espagnol José Maria Aznar se rencontreront le 16
mars aux Açores (Portugal) pour un sommet sur l'Irak. Condoleezza
Rice, conseillère du président Bush, indique
que cette rencontre est destinée à déterminer
la manière de conclure le processus de Nations unies en
"disant à Saddam Hussein qu'il est temps pour lui
de désarmer ou d'être désarmé".
A Ankara, le Premier ministre turc désigné Recep Tayyip Erdogan fait savoir qu'il a reçu une
lettre du président. Bush lui demandant officiellement
l'ouverture d'"urgence" l'espace aérien de la
Turquie.
A Paris, Jacques Chirac propose au Premier
ministre britannique Tony Blair de "travailler ensemble
sur le désarmement de l'Irak dans la logique de la résolution
1441". "Nous ne pouvons accepter un ultimatum ou l'automaticité
du recours à la force. Avant toute décision, les
inspecteurs doivent revenir devant le Conseil de sécurité
pour faire rapport et c'est au Conseil de décider".
A Moscou, la Russie rejette les propositions
britanniques pour tester le désarmement irakien affirmant
qu'elles ne "sont pas constructives et ne règleront
pas le problème principal qui est d'éviter la guerre".
A Madrid, le chef du gouvernement espagnol José
Maria Aznar compare Saddam Hussein aux dictateurs Adolf Hitler,
Pol Pot ou Slobodan Milosevic. "On nous propose de regarder
ailleurs. Ceux qui regardaient de l'autre côté à
l'époque d'Hitler, Pol Pot ou Milosevic, avaient-ils raison?
Non!".
> 13 mars New York. Faute de majorité, George Bush renonce
à solliciter un vote du Conseil de sécurité
avalisant le début des hostilités contre l'Irak.
Les Etats-Unis font porter la responsabilité de cette volte-face
à la position française et au veto annoncé
par Jacques Chirac le 10 mars. New York. Le Conseil de sécurité
se sépare sans même annoncer la date de ses prochaines
consultations. 
A Washington, le porte-parole de la Maison Blanche,
Ari Fleischer, met en cause la France, en observant que
Paris avait rejeté "avant l'Irak" les propositions
de compromis faites par les Britanniques. Il s'étonne que
le ministre des affaires étrangères, Dominique
de Villepin, ait déclaré que la France "rejetait
la logique de l'ultimatum". "Cela revient à dire
que l'Irak a l'éternité devant lui pour désarmer",
remarque-t-il, ajoutant que le refus de tout ultimatum est en
contradiction avec "la logique de la résolution 1441".
A Londres, la Grande-Bretagne dénonce
la position "extrémiste" de la France. "Je
trouve extraordinaire que, sans les avoir étudiées
de près, le gouvernement français ait décidé
de rejeter ces propositions, ajoutant à cette déclaration,
que je cite, quelles que soient les circonstances, la France votera
non", déclare Jack Straw, le secrétaire
au Foreign Office. C'est une "position inouïe et déraisonnable",
ajoute le ministre de la défense, Geoff Hoon.
A la radio publique nationale américaine (NPR), Condoleezza
Rice, conseillère de Georges Bush à la sécurité
nationale, déclare que l'échéance décisive
approche: "Notre position est que cela suffit et qu'il est
maintenant temps d'en finir".
Le Pentagone [ministère américain de la
défense] annonce que le total des forces armées
américaines massées dans les pays voisins de l'Irak
dépasse maintenant les 250.000 soldats, dont 140.000 au
Koweït.
A Bagdad, lIrak rejette les propositions britanniques. Le ministre des affaires étrangères, Naji Sabri, indique que son pays allait "enterrer les agresseurs" [américains et britanniques] si la guerre était déclarée. Les religieux appellent "la nation musulmane" à "sunir derrière un pays menacé dagression par linfâme tyran".
A Moscou, le ministre russe des affaires étrangères
Igor Ivanov réaffirme que la Russie "votera
contre" une résolution qui ouvrirait "directement
ou indirectement la voie à une action militaire contre
l'Irak".
A Pékin, les autorités chinoises réaffirment
également qu'elles ne veulent pas d'une nouvelle résolution,
après avoir pris note des dernières propositions
britanniques.
A Paris, Dominique de Villepin, ministre français
des affaires étrangères, rejette la proposition
britannique des "conditions" auxquelles l'Irak devrait
satisfaire pour éviter une guerre. "Elles ne répondent
pas aux questions posées par la communauté internationale:
il ne s'agit pas d'accorder quelques jours supplémentaires
à l'Irak avant de s'engager dans le recours à la
force, mais d'avancer résolument dans la voie du désarmement
pacifique tracée par les inspections qui sont une alternative
crédible à la guerre".
Selon le chef de la diplomatie française, "la France
soutient les efforts de tous les pays du Conseil de sécurité
qui veulent, dans l'esprit de la résolution 1441,
donner un délai réaliste à l'Irak pour aboutir
à un désarmement effectif".
> 12 mars
A New York, la Grande-Bretagne soumet au Conseil de sécurité un "non-papier" - c'est-à-dire, en langage diplomatique, un document sans cadre officiel ou légal, titré simplement "Irak", qui établit six critères que doit remplir l'Irak pour prouver sa volonté de coopérer à son désarmement.
Les propositions britanniques requièrent que Saddam
Hussein s'adresse à son pays à la télévision
irakienne pour déclarer qu'il a dissimulé des armes
de destruction massive; qu'il autorise 30 scientifiques irakiens
à être interrogés hors du pays; qu'il abandonne
des stocks de bacille de charbon et d'autres agents biologiques
et chimiques, ou produise des documents pour prouver qu'ils sont
détruit; qu'il détruise les missiles interdits;
qu'il présente un décompte de ses drones et promette
de déclarer tous les laboratoires d'armes biologiques pour
qu'ils soient détruits.
L'ambassadeur des Etats-Unis aux Nations unies, John Negroponte
rappelle, pour sa part, que la résolution américano-anglo-espagnole,
posant à l'Irak un ultimatum jusqu'au 17 mars, est
la seule résolution officielle présentée
au Conseil. Il souligne cependant que les Etats-Unis pourraient
accepter un "très, très léger report"
de cette date-butoir, jusqu'au 21 ou au 24 mars.
John Negroponte réaffirme également qu'"il
n'y avait pas de différence" entre les Etats-Unis
et la Grande-Bretagne, et qu'il fallait voir "si les idées
britanniques pouvaient susciter de l'intérêt au sein
du Conseil".
> 11 mars A Washington, le secrétaire d'Etat à la défense, Donald Rumsfeld, s'interroge sur "le rôle pas
clair" des Britanniques: "Ils ont un gouvernement qui
agit à sa manière avec le Parlement. Ce qui sera
décidé finalement en ce qui concerne leur rôle
n'est pas clair. S'ils peuvent participer [à la guerre
contre l'Irak], ils sont les bienvenus. S'ils ne pouvaient pas
participer, il y a des façons de contourner les choses,
et donc ils ne seraient pas impliqués, du moins dans cette
phase".
Le premier ministre anglais Tony Blair est en butte à une opposition croissante de l'opinion public et d'une partie des élus du Parti travailliste - qui souhaitent que la Grande-Bretagne n'entre pas en guerre aux côtés des Etats-Unis.
[Donald Rumsfeld a corrigé son propos le12 mars, assurant qu'il n'avait "aucun doute sur le plein soutien du Royame-Uni [...] pour désarmer l'Irak".]
Par ailleurs, le porte-parole de la Maison Blanche, Ari Fleischer, affirme que, "dans l'esprit du président [Bush], il
n'est pas question de prolonger l'ultimatum d'un mois",
ajoutant que "si l'Irak doit se conformer [aux résolutions
des Nations unies], il doit le faire maintenant". Il indique
que le projet de résolution présenté par
les Etats-Unis et la Grande-Bretagne sera soumis au vote "cette
semaine", sans toutefois donner de jour exact.
A Londres, la Grande-Bretagne fait savoir qu'elle
est disposée à repousser de plusieurs jours la date
d'un ultimatum à l'Irak en vue de son désarmement,
mais pas "au-delà [du mois] de mars".
A New York, six pays membres non permanents
du Conseil de sécurité font circuler un projet
de résolution donnant un délai supplémentaire
- de 30 à 45 jours - à l'Irak pour atteindre
des objectifs prouvant son intention de désarmer. Ces six
pays, surnommés aux Nations unies "pays du milieu",
sont le Pakistan, la Guinée, le Cameroun, l'Angola, le
Chili et le Mexique.
10 mars. Afrique. Le ministre français des affaires
étrangères, Dominique de Villepin, effectue
une tournée des trois pays africains membres du Conseil
de sécurité, l'Angola, le Cameroun
et la Guinée, pour tenter de les convaincre de soutenir
la position française. Les trois pays africains se sont
régulièrement prononcés pour un "désarmement
pacifique" de l'Irak.
A La Haye, Kofi Annan estime que le monde est
"à un point dangereux de division". Le secrétaire
général des Nations unies prévient que "si
les Etats-Unis et d'autres pays devaient entreprendre une action
militaire en dehors du Conseil, cette action ne serait pas
conforme aux dispositions de la Charte de l'Organisation".
Il souligne toutefois qu'une solution pacifique passe nécessairement
par la volonté de l'Irak de se soumettre aux résolutions
du Conseil de sécurité qui exigent la destruction
de toutes les armes de destruction massive détenues encore
par ce pays.
A Paris, Jacques Chirac annonce que la "France
n'acceptera pas et donc refusera" une résolution
autorisant la force contre l'Irak. Le président français
estime qu'une deuxième résolution ne réunira
pas "une majorité de neuf membres" au Conseil
de sécurité. Il exprime le "sentiment"
que les Russes et les Chinois sont "disposés à
avoir la même attitude que la France" concernant un
veto contre une "résolution ouvrant droit à
la guerre".
En outre, Jacques Chirac relève qu'une guerre
en Irak "ne peut que conduire à un développement
du terrorisme" et "fera éclater la coalition
mondiale antiterroriste". "Il est certain que s'il y
a guerre, les premiers vainqueurs seront probablement ceux qui
souhaitent l'affrontement, le choc des civilisations, des cultures,
des religions".
Les déclarations de Jacques Chirac
> 9 MARS Washington. Colin Powell se dit persuadé
de pouvoir réunir "9 ou 10 votes" au Conseil de sécurité en faveur du projet de résolution fixant un ultimatum à l'Irak au 17 mars. Le secrétaire
d'Etat américain met en garde la France contre l'"effet
sérieux" qui découlerait de l'emploi par elle
de son droit de veto. "Même si la France a été
un de nos amis pendant de nombreuses années et sera un
ami dans l'avenir, je pense que cela aurait un effet sérieux
sur les relations bilatérales au moins à court terme".
Les ruses de Saddam Hussein sont "terminées"
et "le moment est venu" de faire cesser la menace qu'il
représente, déclare Condoleezza Rice, la
conseillère pour la sécurité nationale de
George Bush. "S'il ne désarme pas, nous allons
devoir le désarmer et il y aura un changement de régime",
déclare-t-elle, réaffirmant que les Etats-Unis sont
prêts, "pour répondre à la menace posée
par Saddam Hussein", à passer à l'offensive
militaire, même sans l'aval du Conseil de sécurité.
Deux des plus grands journaux américains, le New
York Times et le Washington Post, critiquent la politique
de George Bush. Le premier, dans un éditorial intitulé
"Dire non à la guerre", prend position
contre une intervention militaire américaine en Irak sans
un large appui international, estimant que l'objectif d'un tel
conflit est "flou et fondé sur des prémisses
discutables". Quant au Washington Post, il estime
que le président américain devrait poursuivre l'option
diplomatique, afin de rallier le plus large soutien à sa
position : "Si quelques semaines supplémentaires peuvent
s'avérer utiles pour rassurer les inquiétudes légitimes
des membres indécis du Conseil, l'effort, même à
cette date tardive, en vaudrait la peine".
Les éditoriaux du New York Times et du Washington Post
> 8 MARS Bagdad. Six nouveaux missiles Al-Samoud 2
détruits par les irakiens. Un porte-parole du régime
irakien demande la levée de l'embargo qui frappe
son pays. La requête est relayée par le Yémen
et la Libye qui appellent à la "levée immédiate"
de l'embargo imposé à l'Irak.
A Washington, un haut responsable de l'administration
présidentielle déclare que le 17 mars marquera
"la fermeture de la fenêtre diplomatique"
consacrée au désarmement de l'Irak. Au-delà
de cette date, "il y aura une action militaire", confirme
l'ambassadeur de Grande-Bretagne aux Nations unies, Jeremy Greenstock.
Le Monde M. Bush et lONU
A Moscou, le vice-ministre russe des affaires étrangères
Iouri Fedotov, indique que son pays "a pas mal de
possibilités pour empêcher l'adoption d'une décision
erronée [la résolution américaine], et le
droit de veto est l'une de ces méthodes".
A Santiago, le président chilien
Ricardo Lagos, dont le pays est actuellement l'un des dix
membres non permanents du Conseil de sécurité, estime
que le délai fixé au 17 mars par les Etats-Unis
et la Grande-Bretagne pour exiger de l'Irak qu'il soit désarmé
est trop court. "La destruction des armes peut encore durer
deux, trois ou quatre mois", souligne-t-il, souhaitant que
les inspecteurs des Nations unies "continuent à travailler
jusqu'à la destruction complète de ces armes".
"A quoi bon réunir le Conseil de sécurité des Nations unies lorsque le président américain George W. Bush affirme que, avec ou sans résolution de ce Conseil, les Etats-Unis mettront à exécution leurs plans contre l'Irak ?" s'interroge le quotidien saoudien Al-Watan
Al-Watan : la "crédibilité" de lONU
> 7 MARS New York. Le Conseil de sécurité
- toujours aussi divisé - entend le dernier rapport des
chefs inspecteurs des Nations unies, Hans Blix et Mohamed
El-Baradei. Onze ministres des affaires étrangères,
dont les cinq des pays membres permanents, participent à
cette séance, la troisième consacrée aux
travaux de désarmement de l'Irak depuis la reprise des
inspections des Nations dans ce pays le 27 novembre 2002.
 Hans Blix, affirme que les inspecteurs n'ont pas découvert
d'installation chimique ou bactériologique souterraine
interdite en Irak, ni trouvé "aucune preuve"
d'activité interdite, avec des moyens mobiles. La destruction
par l'Irak de ses missiles prohibés "représente
des mesures de désarmement substantielles [...] en fait,
les premières depuis le milieu des années 90. Nous
n'assistons pas à la destruction de cure-dents. Des armes
mortelles sont détruites", souligne-t-il, précisant
qu'à ce jour 34 missiles Al-Samoud 2 ont été
détruits à ce jour par l'Irak.
Le désarmement de l'Irak pourrait prendre "des
mois" : "Vérifier le désarmement, même
avec la coopération active de l'Irak, ne prendra pas des
semaines ou des années, mais des mois", ajoute Hans
Blix.
Concernant le volet nucléaire, Mohamed El-Baradei
[directeur général de l'Agence internationale de
l'énergie atomique, AIEA], indique les inspecteurs des
nations unies n'ont trouvé aucun signe d'activité
nucléaire interdite ni trouvé "aucune preuve"
laissant penser que l'Irak utilise des tubes d'aluminium pour
des usages prohibés.
Le secrétaire d'Etat américain Colin
Powell affirmé que l'attitude de Bagdad n'est qu'un
"catalogue de non-coopération". "L'Irak
se refuse toujours à apporter la coopération immédiate,
active et inconditionnelle" qui lui est demandée.
La déclaration de Colin Powell
Le chef de la diplomatie allemande, Joschka Fischer,
estime qu'il reste possible de procéder de façon
pacifique au désarmement de l'Irak. "Le désarmement
pacifique est possible et constitue une véritable alternative
à la guerre".
Le ministre français des affaires étrangères, Dominique de Villepin, déclare que le rapport des
inspecteurs "atteste de progrès réguliers du
désarmement" : "Nous avançons résolument
dans la voix de l'élimination complète des armes
de destruction massive"; "l'Irak représente un
danger moins important pour le monde qu'en 1991". Il réaffirme
que "la France ne laissera pas passer une résolution
qui autoriserait le recours automatique à la force".
La déclaration de Dominique de Villepin
Le chef de la diplomatie britannique, Jack Straw,
souhaite l'adoption dans des délais très brefs d'une
résolution qui sommerait l'Irak de donner aux inspecteurs,
avant le 17 mars, "toutes les armes, livraisons, systèmes
de soutien et structures" interdits par les différentes
résolutions des Nations unies, ainsi que toutes "les
informations relatives à la destruction de ces éléments".
La résolution américaine Libération, Paris Le scénario du pire
Londres et Madrid. Dans une lettre publiée
dans le quotidien The Guardian, seize juristes d'universités
anglaises [Oxford, Cambridge, London School of Economics], auxquels
s'est joint Pierre-Marie Dupuy, professeur à la
Sorbonne, affirme qu'une intervention en Irak sans l'aval du Conseil
de sécurité n'aurait "aucune justification
dans la législation internationale".
En Espagne, 290 juristes et professeurs de droit international
rappellent, dans un appel commun publié dans le quotidien
El Mundo, que "l'emploi de la force est toujours soumis, sauf en cas de légitime défense, à l'approbation du Conseil de sécurité". Passer outre, signifierait "sérieusement saper les règles internationales du droit".
[La Charte des Nations unies interdit aux Etats le recours "à la menace ou à l'emploi de la force", sauf dans deux cas de figure : "Une légitime défense individuelle ou collective pour répondre à une attaque armée" et "une action autorisée par le Conseil de sécurité en tant que réponse collective à une menace pour la paix, à une atteinte à la paix ou à un acte d'agression".]
> 6 MARS New York. George Bush estime que l'Irak
n'a toujours pas désarmé et que le refus de l'utilisation
de la force contre Saddam Hussein représente un
risque inacceptable. Rappelant que les Etats-Unis n'ont pas besoin
de l'accord des Nations unies pour agir, il annonce que le projet
de résolution américano-britannique - ouvrant la
voie à un recours à la force contre l'Irak - sera
soumis aux quinze membres du Conseil de sécurité.
"Il est temps [pour eux] d'abattre leurs cartes".
Les Etats-Unis ne sont pas assurés d'obtenir les neuf voix
nécessaires à l'adoption de cette résolution.
La déclaration de Georges Bush
Le président américain accuse l'Irak de cacher
des éléments servant à la fabrication d'armes
de destruction massive et de poursuivre la fabrication de missiles
interdits, y compris de ceux détruits sous supervision
des Nations unies. "Ce sont les actions d'un régime
engagé dans une tromperie délibérée",
affirme-t-il, soulignant que "s'il nous faut agir, nous agirons
et nous n'avons vraiment pas besoin de l'accord des Nations unies
pour le faire. Quand il s'agit de notre sécurité,
nous n'avons vraiment besoin de la permission de personne."
> 5 MARS Paris. La France, l'Allemagne et
la Russie annoncent, dans une déclaration commune,
leur intention de ne pas "laisser passer un projet
de résolution qui autoriserait le recours à la force".
Dominique de Villepin laisse entendre que la France
et la Russie, qui sont toutes deux membres permanents du Conseil,
pourraient faire usage de leur droit de veto. Les deux
pays "prendront toutes leurs responsabilités au Conseil
de sécurité" déclare le ministre français
des affaires étrangères, soulignant que "les
Nations unies sont incontournables" pour parvenir à
un règlement de crise irakienne.
Washington. Dans un discours prononcé au Centre
pour les études stratégiques et internationales,
Colin Powell estime que "les efforts trop faibles
et trop tardifs de l'Irak n'avaient pas seulement pour but de
tromper et retarder une action de la communauté internationale,
mais aussi de la diviser". "Cette tentative doit échouer,
ajoute Secrétaire d'Etat américain, parce que personne
d'entre nous ne veut vivre dans un monde où la tromperie
est plus forte que les faits".
> 4 MARS New York. Kofi Annan réaffirme
que toute action entreprise contre l'Irak sans la caution du Conseil
de sécurité aurait une portée diminuée.
Le secrétaire général des Nations unies souligne
l'importance d'une position commune du Conseil sur l'Irak, indiquant
que si ses membres pouvaient joindre leurs efforts pour régler
la crise d'une manière efficace, "la crédibilité
et l'influence du Conseil s'en trouveraient renforcées".
Washington. Colin Powell se dit confiant sur
les chances d'adoption par le Conseil de sécurité
d'une résolution permettant aux Etats-Unis de déclencher
les hostilités contre l'Irak, "si elle est mise
au vote". "Nous allons attendre ce que Hans Blix et
Mohamed El-Baradei [les chefs des missions d'inspection en Irak]
ont à dire dans leur rapport vendredi" [6 mars] devant
le Conseil, ajoute le secrétaire d'Etat américain.
"Quel que soit le choix que peut faire [le président
irakien], dans l'intérêt de la paix, dans l'intérêt
de la liberté, dans l'intérêt de la sécurité
de notre peuple, Saddam Hussein sera désarmé",
réaffirme de son côté le président
George Bush.
230'000 militaires américains sont désormais
déployés dans les pays du Golfe, prêts à entrer en guerre. 120'000 militaires sont au Koweït, d'où partirait en cas de guerre l'offensive terrestre, 8'000 sont au Qatar et autant en Arabie saoudite, et 44'000 sont stationnés sur des navires de guerre dans le Golfe et en Méditerranée orientale. 10'000 militaires sont présents en Afghanistan, ainsi que quelques milliers dans d'autres pays voisins d'Asie centrale.
Moscou. Si les efforts pour obtenir le désarmement
de l'Irak par des moyens pacifiques échouent, "les
Etats-Unis, avec ou sans le soutien des Nations unies, dirigeront
la coalition des pays prêts à se joindre à
eux pour désarmer l'Irak par la force", déclare
Colin Powell, dans un entretien diffusé par la chaîne
russe de télévision ORT.
Jusqu'à présent, le président irakien,
Saddam Hussein, a refusé de "prendre la décision
stratégique" de désarmer, ne pliant que sous
la pression, souligne le secrétaire d'Etat américain,
ajoutant : "Ces petits jeux ridicules sont maintenant terminés."
Oran (Algérie). En visite en Algérie,
le président Jacques Chirac estime qu'une guerre
en Irak allumerait "de nouveaux brasiers" et renforcerait
"le camp de la haine et de l'obscurantisme".
Bagdad. Dans un message lu à la télévision
d'Etat à l'occasion du nouvel An musulman, le président
Saddam Hussein assure ses concitoyens qu'ils sortiraient
"victorieux" d'une confrontation avec les Etats-Unis.
Soulignant la nécessité d'une "farouche résistance
irakienne" à l'envahisseur américain, il appelle
au "djihad", la "guerre sainte". "Grâce
à Dieu, les croyants seront victorieux contre le despote
américain et ses acolytes".
> 3 MARS Bagdad. L'Irak poursuit ses opérations
de destruction de missiles prohibés sous la supervision
des inspecteurs des Nations unies. Le chef de la Commission de
contrôle, de vérification et d'inspection des Nations
unies (Cocovinu), Hans Blix, a donné jusqu'au 1er
mars à l'Irak pour commencer à éliminer son
stock d'Al-Samoud 2, dont il existerait une centaine d'exemplaires.
Alger. Le président français Jacques
Chirac réaffirme que la France souhaite le "désarmement
dans la paix" de l'Irak, mais que Bagdad "doit faire
plus, coopérer davantage et plus activement. Nous devons
maintenir sur lui une forte pression pour parvenir, ensemble et
dans la paix, à l'objectif que nous nous sommes fixés:
l'élimination des armes de destruction massive de l'Irak".
Vatican. Le Vatican annonce que le cardinal Pio
Laghi va remettre à Georges Bush, au nom du pape Jean
Paul II, un "message de paix".
> 1er MARS Salaheddine (enclave kurde du nord de l'Irak). L'opposition irakienne désigne une direction
collégiale de six membres, qui serait au centre d'un
nouveau gouvernement si Saddam Hussein était destitué.
"Les discussions entre les 55 membres de l'opposition irakienne
ont été dominées par les craintes de l'opposition
d'être marginalisée par les Etats-Unis, qui ont fait
part récemment de leur intention de placer l'Irak sous
administration militaire américaine", note le quotidien
Le Monde.
"La réunion a été un grand succès.
Nous avons réglé tous les problèmes et nous
sommes tombés d'accord pour la formation d'une direction
collégiale de six membres qui sera le noyau d'un gouvernement"
de l'après-Saddam Hussein, déclare à la presse
Sami Abdel Rahman, un dirigeant du Parti démocratique
du Kurdistan (PDK).
Selon lui, les membres de cette direction sont : Massoud
Barzani, chef du PDK, Jalal Talabani, chef de l'Union patriotique
du Kurdistan (UPK), Ahmed Chalabi, chef du Congrès national
irakien (CNI, basé à Londres), Adnan Pachachi, indépendant,
ancien ministre des affaires étrangères de l'Irak
dans les années 1960, Abdel Aziz Al-Hakim, représentant
de l'Assemblée suprême de la révolution islamique
en Irak (Asrii, principal mouvement d'opposition chiite), et Iyad
Al-Alaoui, de l'Entente nationale irakienne.
Charm el-Cheikh (Egypte). Les chefs d'Etats arabes
proclament leur "refus absolu d'une frappe contre
l'Irak et de toute menace contre la sécurité et
l'intégrité territoriale de tout pays arabe, et
la nécessité de régler la crise irakienne
pacifiquement". Ils dénoncent par ailleurs "les
tentatives visant à imposer des changements dans la région",
et réclament que soit donné "plus de temps
aux inspecteurs en Irak pour achever leur mission".
Bagdad. Les experts des Nations unies détruisent
quatre missiles irakiens Al Samoud, au dernier jour de
l'ultimatum fixé par Hans Blix. Les Etats-Unis qualifient
cette action de "tromperie".
Ankara. Le Parlement turc rejette une motion
autorisant le déploiement de 62'000 soldats américains
dans le pays, portant ainsi un coup sévère aux préparatifs
militaires des Etats-Unis pour une guerre en Irak. 264 députés
ont voté pour le déploiement, 250 ont voté
contre et 19 se sont abstenus. Le Parlement compte 550 députés.
[Colin Powell reconnaît, le 4 mars, que le vote
négatif du Parlement turc va contraindre les Etats-Unis
à "réajuster leurs plans", mais ne les
empêchera pas d'"atteindre leurs objectifs".]

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