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>  Le conflit irakien

AVRIL 2003 / L’INTERVENTION ANGLO-AMERICAINE EN IRAK
__Polémique sur l'existence d'armes de destruction massive irakiennes

G. BushGeorges W. Bush a admis, le 8 février 2004, sur la chaîne de télévision NBC, que Saddam Hussein ne possédait peut-être pas d'armes de destruction massive. Prié de s'expliquer sur ses affirmations relatives à l'existence d'armes chimiques et biologiques en Irak et aux tentatives de Saddam Hussein pour fabriquer une bombe atomique, il a plaidé la bonne foi, affirmant s'être appuyé sur "les meilleures informations disponibles". "Je m'attendais à trouver ces armes".

Le président américain avait déclaré, le 5 juin 2003, lors d'une visite à des soldats américains stationnés au Qatar, que les Américains prouveront l'existence d'armes de destruction massive (ADM) en Irak, même si la recherche s'annonce longue et difficile. "Il s'agit d'un homme [Saddam Hussein] qui a passé des décennies à dissimuler des outils de meurtre à grande échelle, a lancé le président américain aux soldats. Il savait que les inspecteurs [des Nations unies] les cherchaient. Vous savez mieux que moi qu'il dispose d'un grand pays pour les cacher. Nous cherchons. Nous découvrirons la vérité".

L'échec des forces américaines dans leur quête d'armes de destruction massive (ADM), depuis le renversement du régime de Saddam Hussein, en avril 2003, alimente les interrogations sur la raison principale invoquée par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne pour justifier la guerre en Irak, qui était justement la présence de ces armes. La non-découverte de ces armes est embarrassante pour le président américain Georges W. Bush et le Premier ministre britannique Tony Blair. Les gouvernements américain et britannique nient avec fermeté toute manipulation de l'opinion publique

Les propos du numéro deux du Pentagone, Paul Wolfowitz, le 29 mai 2003, dans une interview au magazine Vanity Fair, ont lancé la polémique. La décision de l'administration américaine de mettre l'accent sur la menace des ADM pour justifier une guerre en Irak a été prise, a-t-il déclaré, pour des "raisons bureaucratiques" : "nous nous sommes entendus sur une question, les armes de destruction massive, parce que c'était la seule raison sur laquelle tout le monde pouvait tomber d'accord".

Il y a eu une autre raison à l'invasion de l'Irak, reconnaissait Paul Wolfowitz, une raison "passée presque inaperçue mais énorme" : un renversement de Saddam Hussein permettait aux Etats-Unis de retirer leurs troupes d'Arabie saoudite, une présence qui constitue l'un des principaux griefs du réseau terroriste Al-Qaida. "Le simple fait d'enlever ce fardeau des Saoudiens va en soi ouvrir la porte" à un Proche-Orient plus pacifique, avouait ainsi le secrétaire adjoint à la défense.

GEORGES W. BUSH : "JE SUIS UN PRESIDENT DE GUERRE"

Voici les principaux extraits des propos tenus par George Bush sur NBC, le 8 février 2004.

Je suis un président de guerre. […] Je préférerais que ce ne soit pas vrai, mais c'est vrai. […] J'ai pris ma décision en me fondant sur les meilleures informations possibles, réunies depuis des années et considérées comme bonnes, non seulement par nos analystes, mais aussi par ceux d'autres pays. J'ai pris ma décision dans le contexte de la guerre contre le terrorisme.

[…] Nous étions attaqués et, par conséquent, chaque menace devait être réanalysée. Et j'ai décidé de porter notre affaire devant la communauté internationale, dans l'espoir que nous pourrions désarmer Saddam Hussein pacifiquement.

[…] Dans ce nouveau genre de guerre, quand les menaces deviennent imminentes, c'est trop tard. […] Il avait la capacité de fabriquer une arme. Nous pensions qu'il avait des armes. La communauté internationale pensait qu'il avait des armes. Mais il avait la capacité de fabriquer une arme et de la laisser passer dans les mains d'un obscur réseau terroriste.

[…] Le Congrès avait les mêmes informations que moi. Il a étudié les mêmes documents que moi et formé son jugement.

[...] La résolution 1441 du Conseil de sécurité des Nations unies disait clairement à Saddam Hussein : "Montrez-nous vos armes, montrez-nous vos programmes et détruisez-les ! Sinon, il y aura de graves conséquences." C'était un verdict unanime. […] Il avait utilisé des armes -interdites-. Il en avait fabriqué. Il avait financé des attentats-suicides en Israël. Il avait des relations avec des terroristes. Tous ces ingrédients me disaient : "Menace". La question fondamentale est : est-ce que l'on traite une menace dès qu'on la perçoit ? Dans la guerre contre le terrorisme, comment traite-t-on les menaces ? […] Il y a des gens, dans cette partie du monde, qui comprennent ce qu'un Irak libre représentera dans la guerre contre le terrorisme.
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