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2004-L'actualité des droits de l'homme dans le monde

:: ISRAEL ET TERRITOIRES PALESTINIENS 


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Carte Onu, 2002.


PROCHE-ORIENT/
LA PAIX

La Feuille de route
La déclaration
Ayalon - Nusseibeh

L’Initiative de Genève
Le plan Sharon

> JUIN 

_30 juin, Jérusalem. La Cour suprême d'Israël ordonne aux autorités israéliennes de modifier, en partie, le parcours de la "barrière de sécurité" en construction depuis deux ans en Cisjordanie pour assurer une protection contre les attaques terroristes. Cet arrêt, sans précédent, concerne une portion du "mur" au nord-ouest de Jérusalem.

-> Point de vue : Israël, un mur sous pression judiciaire

Les juges demandent à l'armée de réviser le tracé sur environ 30 kilomètres, afin de préserver les droits des quelque 35'000 habitants de huit villages palestiniens traversés par la clôture. "En séparent les habitants de leurs territoires, [la barrière] viole leurs droits selon la loi internationale humanitaire", estime la cour. Mais cet arrêt ne remet pas en cause le principe de construction du "mur" qui relève de considérations "sécuritaires" et non "politiques". Le ministère de la défense a fait savoir qu'il tiendrait compte des observations de la Cour.

_26 juin, Naplouse. Trois chefs terroristes palestiniens - Nayef Abou Charekh, chef des Brigades des martyrs d'Al-Aqsa (Fatah) de Naplouse; Fadi el-Bouhati, chef militaire du Djihad islamique, et Jaffer al-Masri, responsable de la branche armée du Hamas -, ainsi que quatre membres du Fatah, abattus lors d'un raid israélien. Le premier ministre palestinien Ahmed Qoreï qualifie le raid de "crime odieux", accusant Israël d'assassiner des "combattants de la liberté".

_10 juin, Jérusalem. La presse israélienne publie un calendrier, mis au point par le Conseil de sécurité national, qui prévoit que les évacuations volontaires des colons de Gaza pourront commencer dès le mois d'août 2004, après le vote d'une loi prévoyant les modalités d'indemnisation. La phase des départs volontaires s'achèverait en août 2005. A partir de cette date, les implantations de Gaza seraient déclarées zones militaires fermées. Les éventuelles évacuations forcées de colons récalcitrants s'étaleraient sur deux semaines, à partir du 1er septembre 2005. Les maisons des quelque 7'000 colons seront rasées et la zone industrielle d'Erez, à la frontière nord, sera fermée.

_9 juin, Genève. Les délégués de plus de 90 pays et organisations présents à Genève lors de la Conférence sur les besoins humanitaires des réfugiés palestiniens ont engagé la communauté internationale, l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), ainsi que les pays d'accueil à poursuivre leur soutien aux quelque quatre millions de réfugiés palestiniens au Moyen-Orient.

Le président de la conférence, Walter Fust, a mis l'accent sur la nécessité de respecter le droit humanitaire international, la liberté de mouvement pour les réfugiés, le relogement d'urgence ainsi que le renforcement des efforts en matière de développement communautaire et d'accès à l'emploi. Walter Fust, également directeur général de l'Agence suisse pour le développement et la coopération, a assuré les réfugiés palestiniens que la communauté internationale ne les abandonnerait pas.

Le respect du droit humanitaire international a été considéré comme étant une condition essentielle pour assurer un environnement sûr, propice à la fourniture de services aux réfugiés palestiniens et à la protection de l'intégrité de l'UNRWA. La situation dans laquelle l'UNRWA et les réfugiés palestiniens se trouvent aujourd'hui doit être appréhendée dans le contexte d'une détérioration inexorable et constante de leur vie quotidienne, a-t-il affirmé.

_6 juin, Jérusalem. Le cabinet israélien approuve, par 14 voix contre 7, le principe d'un retrait en quatre étapes de la bande de Gaza et de quatre colonies isolées dans le nord de la Cisjordanie. "Le plan de séparation a démarré, et Israël entend se retirer d'ici à la fin de 2005 de la bande de Gaza et de quatre colonies en Cisjordanie", déclare Ariel Sharon.

"L'Etat d'Israël a fait aujourd'hui un pas crucial, souligne le premier ministre israélien. Le gouvernement israélien a adopté ce plan de séparation et adressé ainsi un message au peuple israélien, à ses voisins, aux Palestiniens et au monde. Les Israéliens comprennent qu'Israël prend son avenir en mains, que cette décision assurera la sécurité, le succès économique, et permettra une majorité démographique juive en Israël".#

_6 juin, Tel Aviv. Le dirigeant palestinien Marwan Barghouthi, 45 ans, chef du Fatah pour la Cisjordanie, condamné par le tribunal de district de Tel-Aviv à 5 peines de prison à vie assorties d'une peine de sûreté de 40 ans. La justice lui reproche son implication dans des attentats anti-israéliens. Il avait été reconnu coupable le 20 mai.

> MAI 

_30 mai, Jérusalem. Ariel Sharon reporte de huit jours le vote de son cabinet sur le retrait israélien de Gaza. "Je sais que mon plan a suscité des inquiétudes, mais des changements l'ont modifié pour en tenir compte et il s'agit d'un plan important pour les intérêts de l'Etat et de ses habitants", affirme le premier ministre israélien, qui appelle les membres du cabinet à faire preuve "d'esprit de responsabilité" et à "oublier leurs intérêts partisans".

Dans sa version modifiée, le plan prévoit le démantèlement en quatre étapes des colonies de la bande de Gaza dans le cadre d'un retrait israélien de tout ce territoire, hormis une zone-tampon à Rafah, près de la frontière égyptienne, ainsi que le démantèlement de quatre colonies isolées dans le nord de la Cisjordanie.

_27 mai, Lyon. Yossi Beilin, cofondateur israélien de l'Initiative de Genève, estime que le plan d'Ariel Sharon pour un retrait unilatéral de la bande de Gaza est "une erreur considérable", préférant à ce désengagement unitaléral une "solution négociée".

"Toute solution unilatérale est pire qu'une solution négociée avec les deux parties", déclare devant la presse l'ancien ministre de la justice et président du parti Yahad, aux côtés de l'autre animateur de l'initiative lancée le 1er décembre 2003 à Genève, le Palestinien Yasser Abed Rabbo, ex-ministre et membre du conseil exécutif de l'OLP.

Yossi Beilin juge toutefois que "terminer cette occupation est mieux que de la poursuivre", faisant remarquer que la décision de retrait de Gaza "était venue de l'initiative de Genève". "Nous ne sommes pas opposés à une solution qui commencerait par un retrait à Gaza à partir du moment où nous aurions des garanties que ce retrait fasse partie d'une solution globale", souligne pour sa part Yasser Abed Rabbo. "Sans dialogue, ce serait un pas en arrière qui pourrait mener à une situation catastrophique."

_23 mai, Tunis. A l'issue d'un sommet de l'organisation, les pays de la Ligue des Etats arabes s'engagent à lancer des réformes démocratiques, sociales et économiques. Dans une résolution sans précédent faisant référence au conflit israélo-palestinien, les dirigeants arabes condamnent à la fois les opérations militaires israéliennes contre les civils et les dirigeants palestiniens et "les opérations meurtrières qui visent les civils, sans distinction", c'est-à-dire y compris les civils israéliens.#

Jusqu'ici, les pays arabes n'avaient jamais adopté à l'unanimité de résolutions dénonçant les attentats perpétrés par des mouvements palestiniens contre les civils israéliens.

_23 mai, Jérusalem. Les protestations se multiplient en Israël contre l'opération "Arc-en-ciel" à Rafah, en particulier venant les groupes de défense des droits de l'homme. L'une des plus spectaculaires est celle du ministre de la Justice, Yossef Lapid, qui s'est exprimé, en réunion de cabinet. "Il faut cesser la destruction de maisons, elle n'est ni humaine ni juive, et provoque des dégâts énormes dans le monde... L'image de la vielle femme cherchant ses médicaments dans les ruines m'a rappelé ma grand-mère, expulsée de sa maison pendant l'Holocauste. A la fin, nous serons expulsés des Nations unies, les responsables passeront devant le tribunal de La Haye, et plus personne ne voudra nous parler".

Le Premier ministre, Ariel Sharon, a vertement reproché à Yossef Lapid - il est le chef du parti laïque de centre droit Shinouï [parti du "changement"] - de "verser de l'huile sur le feu de [leurs] ennemis", "sur la foi d'images des télévisions arabes", sans "vérifier leur véracité". Plus tard dans la journée, Yossef Lapid, lui-même rescapé du génocide nazi, s'est justifié : "Je n'ai pas comparé Israël aux nazis ou à l'Allemagne, mais j'ai dit qu'il n'y a pas d'expiation à la douleur d'une vieille femme désemparée. Le projet de détruire quelque 2'000 maisons est insensé" [d'après Libération 24.05.2004].

_22 mai, Jérusalem. Ariel Sharon présente aux responsables militaire un nouveau plan de "séparation unilatérale" de Gaza, "par étapes", qui permettrait au gouvernement d'arrêter le processus en cours de route "si la situation sur le terrain l'exigeait". Les responsables de la sécurité ont déjà marqué leur opposition à une "évacuation graduelle", de crainte "d'encourager le terrorisme", et leur préférence pour "une initiative globale", en "une seule étape".

_20 mai, Jérusalem. La justice israélienne a requis la prison à vie contre Marouane Barghouti, l'ancien dirigeant du Fatah en Cisjordanie - le mouvement de Yasser Arafat. Il est reconnu coupable par un tribunal de Tel-Aviv du meurtre de cinq personnes, lors d'attaques en Cisjordanie et en Israël en 2001 et 2002. Il risque cinq peines d'emprisonnement à vie assorties de 40 années de réclusion. La sentence devrait être prononcée le 6 juin. L'Autorité palestinienne a immédiatement rejeté le verdict, affirmant que le tribunal était "illégitime"

Par ailleurs, le ministre de la justice israélien, Yosef Lapid, a indiqué qu'il serait peut-être envisageable de juger également Yasser Arafat, le chef de l'Autorité palestinienne. C'est la première fois qu'un haut responsable politique israélien évoque cette idée.#

_19 mai, Gaza. Un missile, tiré par un hélicoptère de combat, puis quatre obus de char, provoquent un carnage dans les rangs d'un cortège de plusieurs centaines de personnes qui manifestaient contre l'intervention de l'armée israélienne à Rafah, tuant dix personnes et en en blessant 70, dont une majorité d'enfants. Les Palestiniens dénoncent un "crime de guerre". Cette intervention crée un malaise en Israël, où le vice-ministre de la défense exprime ses regrets" et évoque une possible "erreur".

-> Le Monde   Sale guerre à Gaza

_19 mai, Washington. La Maison Blanche annonce l'imminence de "consultations avec toutes les parties concernées, qui comprennent Israël, les Palestiniens et le gouvernement égyptien, afin de trouver des moyens efficaces pour agir contre le trafic d'armes vers Gaza et les activités terroristes dans cette zone, pour créer les meilleures conditions possibles sur le terrain en vue d'un retrait [israélien de Gaza] que [les Etats-Unis] continuent d'appuyer".

"Nous pensons qu'Israël a le droit de se défendre ainsi que ses citoyens", mais "nous ne pensons pas que ses opérations servent l'objectif de la paix et de la sécurité. [...] Nous regrettons profondément la mort de Palestiniens innocents aujourd'hui à Gaza. [...] Nous avons appelé le gouvernement israélien à faire preuve de la plus grande retenue dès maintenant", affirme un communiqué signé par Scott MacClellan, le porte-parole de la Maison Blanche.

Le Conseil de sécurité_19 mai, New York [Nations unies]. Le Conseil de sécurité adopte une résolution condamnant Israël pour la mort de plusieurs de dizaines de Palestiniens et la démolition de maisons, les Etats-Unis renonçant à y opposer leur veto. "Ces opérations posent un problème et ont aggravé la situation", estime le secrétaire d'Etat américain Colin Powell.

Le Conseil "gravement préoccupé par la destruction d'habitations à laquelle s'est récemment livrée Israël, puissance occupante, dans le camp de réfugiés de Rafah", demande à Israël de mettre fin à ces destructions qui sont contraires au droit humanitaire international.#

L'Observateur de la Palestine, Nasser Al-Kidwa, a exprimé sa satisfaction, déclarant que, même s'il s'agissait d'une "résolution minimale", elle n'en comportait pas moins des aspects juridiques importants. Il a réfuté l'argumentation israélienne alléguant de contrebande d'armes acheminée depuis l'Egypte par des tunnels creusés débouchant dans Rafah. "C'est une invention", a-t-il affirmé.

Quant à l'ambassadeur d'Israël, il a regretté que le Conseil de sécurité se soit rangé "une fois de plus du côté des terroristes", affirmant qu'Israël n'était pas en guerre contre le peuple palestinien mais qu'aucune résolution ne contraindrait son pays à arrêter ce qu'il avait entrepris pour stopper l'entrée d'armes à Gaza, devenu "les portes de l'enfer" pour les Israéliens.

            -> La résolution du Conseil de sécurité

_18 mai, Gaza. Opération "Arc-en-ciel et nuages" : c'est ainsi que l'état-major de l'armée israélienne baptise l'invasion de Rafah, et du camp de réfugiés voisin de Tal Sultan, pour une durée "indéterminée". L'opération jette des milliers de Palestiniens sur les routes de Gaza.

La une de libération, 21 mai 2004_16 mai, Jérusalem. Ariel Sharon justifie les démolitions de maisons palestiniennes dans le camp de réfugiés de Rafah, dans la bande de Gaza, par la nécessité de protéger Israël "même après" son retrait du territoire. "Nous ne permettrons pas aux terroristes palestiniens d'acquérir les capacités auxquelles ils aspirent et qui menaceraient le coeur de notre nation même après notre désengagement de Gaza".

Le secrétaire d'Etat américain Colin Powell déclare de son côté déclaré que les Etats-Unis s'opposaient à ces démolitions et a appelé à l'arrêt du cycle de la violence. "Nous savons qu'Israël a le droit à l'autodéfense mais nous nous opposons au type d'opérations menées à Rafah avec la destruction de maisons palestiniennes", dit-il lors d'une conférence de presse en Jordanie, en marge du Sommet économique mondial.

_16 mai, Jérusalem. La Cour suprême israélienne lève son interdiction provisoire des démolitions de maisons palestiniennes dans le camp de réfugiés de Rafah, dans la bande de Gaza, où l'armée israélienne entend élargir le "couloir" qu'elle contrôle le long de la frontière avec l'Egypte. Elle a fait valoir que l'armée pouvait procéder à de telles démolitions pour raisons de sécurité. Selon l'Agence des Nations unies pour l'aide aux réfugiés palestiniens (Unrwa), l'armée israélienne a déjà démoli un millier de maisons, habitées par plus de 11'000 Palestiniens, à Rafah, depuis le déclenchement de l'Intifada fin septembre 2000.#

_15 mai, Tel-Aviv. Plus de 150'000 manifestants réclament un retrait israélien de la bande de Gaza, à l'appel du Parti travailliste, du parti Meretz, du parti Am Ehad, et du mouvement "La paix maintenant" opposé à la colonisation en Israël.

Il s'agit de la plus importante mobilisation du "camp de la paix" depuis plusieurs années. La manifestation avait pour slogan principal : "La majorité a décidé ! On sort de Gaza - On commence à dialoguer !" avec les Palestiniens. Selon des sondages publiés le 14 mai, plus de 70 % des Israéliens sont favorables à un retrait de la bande de Gaza.

_14 mai, New York. Kofi Annan condamne la destruction continue et massive de maisons palestiniennes à Rafah, au sud de la bande de Gaza - démolition qui vient s'ajouter aux 130 immeubles résidentiels déjà détruits depuis le début du mois, souligne-t-il. Le Secrétaire général des Nations unies demande à Israël de "respecter ses obligations de puissance occupante en mettant immédiatement un terme à de telles actions, qui s'apparentent à une sanction collective et à une violation claire du droit international".

_11 mai, Gaza. Six soldats israéliens et cinq Palestiniens tués lors d'une incursion de l'armée israélienne dans le quartier de Zeitoun, dans le sud-est de la ville de Gaza. Une attaque à l'explosif a complètement détruit le transport de troupes blindé dans lesquels se trouvaient les soldats israéliens lors de l'incursion.

[Des miliciens du Hamas - mouvement qui a revendiqué l'explosion de la mine - ont paradé dans les rues de Gaza en exhibant des restes des soldats déchiquetés par l'explosion. L'Autorité palestinienne a appelé les groupes palestiniens à restituer à Israël les corps de ces soldats "conformément aux droits humains et à la religion musulmane".]

_7 mai, Jérusalem. Georges Bush estime, dans un entretien accordé au quotidien égyptien Al-Ahram, que l'instauration d'un Etat palestinien indépendant est "importante" et doit précéder la solution des points les plus difficiles dans les négociations israélo-palestiniennes. "Tout statut définitif sera négocié par les parties concernées, c'est-à-dire par les Israéliens et les Palestiniens et non par les Etats-Unis. Nous ne préjugerons pas du statut final" affirme le président américain, qui se dit favorable au maintien de certaines colonies israéliennes.

_6 mai, New York. L'Assemblée générale des Nations unies adopte (par une majorité de 140 voix) une résolution qui indique que le statut du territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, est celui d'un territoire sous occupation militaire.

La résolution affirme que, conformément aux règles et principes du droit international et aux résolutions des Nations unies y compris celles du Conseil de sécurité, le peuple palestinien a le droit de disposer de lui-même et d'exercer sa souveraineté sur son territoire et qu'Israël, la puissance occupante, n'a que les devoirs et les obligations qui incombent à une puissance occupante aux termes de la Convention de Genève et de la Convention de la Haye.#

Le texte a suscité l'opposition de six pays (Israël, Etats-Unis, Iles Marshall, Micronésie, Nauru et Palao) et 11 abstentions (Australie, Costa Rica, Guatemala, Honduras, Nicaragua, Pérou, République dominicaine, Serbie-et-Monténégro, Iles Salomon, Tonga et Tuvalu.)

Par ailleurs, l'Assemblée s'est dite désireuse de contribuer à la réalisation des droits inaliénables du peuple palestinien et à la conclusion d'un accord de paix négocié juste et global au Moyen-Orient qui débouche sur deux Etats viables, souverains et indépendants, Israël et Palestine, fondés sur la ligne d'armistice de l949 et vivant côte à côte dans la paix et la sécurité.

_4 mai, New York. Le Quartet [Etats-Unis, Russie, Union européenne et Nations unies] "encourage" le plan de retrait israélien de Gaza - retrait qualifié de "rare moment d'opportunité dans la recherche de la paix au Proche-Orient". Il réaffirme que le transfert des territoires israéliens libérés devra s'effectuer "par l'intermédiaire d'un mécanisme approprié" à "une Autorité palestinienne réorganisée".

-> Plus d’information

_4 mai, Washington. Un collaborateur du président Bush, qui s'exprime officieusement, indique que les Etats-Unis continuent à soutenir le plan d'Ariel Sharon, "s'il est encore vivant". "Nous y voyons toujours une idée et une démarche historiques et courageuses, et nous espérons qu'elles pourront être mises en œuvre, sous une forme ou sous une autre".

3 mai, Jérusalem. Malgré ce que les Etats-Unis qualifient de "revers", Ariel Sharon reste déterminé à rester au pouvoir et à mettre en œuvre son plan de retrait de la bande de Gaza, tout en étant prêt à le modifier. Il évoque "la nécessité de mettre au point, en commun avec toutes les tendances du Likoud, et les autres partis, un projet alternatif". L'opposition travailliste demande la tenue d'élections générales.

_2 mai, Jérusalem. 59,5% des 193'000 membres du Likoud, parti d'Ariel Sharon, rejettent son plan pour un retrait israélien de la bande de Gaza, où vivent, sur un territoire surpeuplé de 365 km2, près de 7'500 colons juifs et quelque 1,4 million de Palestiniens. La participation à ce referendum a été d'environ 50 %.

Le premier ministre israélien proposait d'évacuer de manière unilatérale les 21 colonies de la bande de Gaza et quatre petites colonies isolées du nord de la Cisjordanie. Il avait reçu le soutien sans réserve du président américain Bush.#

Réagissant à ce rejet, l'Autorité palestinienne a appelé Ariel Sharon à appliquer la Feuille de route, plan de paix qui prévoit la création d'un Etat palestinien indépendant en Cisjordanie et dans la bande de Gaza d'ici à 2005.

["On ne peut pas être pour moi et contre mon plan. Qui croit en moi doit voter pour mon plan", avait déclaré Ariel Sharon, le 29 avril, lors d'un entretien à la radio de l'armée. Il avait ajouté que le rejet de son projet signifierait "la plus grande victoire possible pour Yasser Arafat et le Hamas", avant de rappeler que "l'on ne peut pas faire passer les intérêts d'une minorité [les colons juifs de Gaza] avant ceux de la majorité" [la population israélienne qui approuve dans son ensemble l'idée d'un retrait de la bande de Gaza].

_2 mai, Gaza. Une résidente d'une colonie et ses quatre filles tuées dans une attaque palestinienne. L'attaque a eu lieu sur l'axe routier de Kissoufim, qui mène au bloc d'implantations juives du Goush Katif, dans le sud de la bande de Gaza, où résidaient les cinq victimes, une mère de famille de 34 ans, Tali Hatuel, enceinte de huit mois, et ses quatre filles, âgées de 11 ans à 2 ans.

Les deux auteurs de l'attentat ont été abattus par l'armée israélienne, alors que deux militaires étaient blessés dans la fusillade. Deux groupes armés palestiniens, le Jihad islamique et les Comités de la résistance populaire, ont revendiqué la responsabilité de l'attaque.

> AVRIL 

_18 avril, Jérusalem. Le Hamas annonce avoir désigné un nouveau dirigeant pour les territoires palestiniens, sans toutefois révéler son identité. La branche armée du mouvement promet de "faire exploser un volcan de vengeance" et de venger "au centuple le sang de Rantissi et Yassine". "La politique qui consiste [...] à frapper les organisations terroristes et ceux qui sont à leur tête va continuer", déclare le premier ministre israélien, Ariel Sharon.

[Les réactions à l'assassinat du chef du Hamas témoignent de l'inquiétude de l'opinion internationale. Pour le ministre des affaires étrangères égyptien, Ahmed Maher, la région semble aujourd'hui "au bord de l'abîme". Le premier ministre palestinien, Ahmed Qoreï, dénonce une "offensive terroriste israélienne" qui est "le résultat direct de l'encouragement américain et du total parti pris de l'administration américaine en faveur du gouvernement israélien". Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, exprime son inquiétude quaunt à "une nouvelle dégradation de la situation". Au nom de l'Union européenne (UE), le ministre des affaires étrangères irlandais Brian Cowen - dont le pays assure la présidence tournante de l'UE - rappelle que les "exécutions extra-judiciaires sont contraires au droit international".

A Washington, l'attaché de presse de la Maison blanche, Scott McClellan, fait savoir que "les Etats-Unis sont très inquiets pour la paix régionale et la stabilité".]

_17 avril, Gaza. Abdel Aziz Al-Rantissi, chef du Hamas dans la bande de Gaza et successeur de cheikh Yassine, tué dans sa voiture lors d'un raid aérien israélien dans la ville de Gaza. Le fils du dirigeant islamiste et un garde du corps ont également été tués.

_14 avril, New York. Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, prend le contre-pied de Georges Bush en affirmant que le sort des Palestiniens, chassés de leur terre en 1948, "ne pourra être déterminé qu'à l'issue de négociations entre les différentes parties sur la base des résolutions du Conseil de sécurité" des Nations unies. En attendant, il conviendrait de "s'abstenir de toute prise de position qui ne tiendrait pas compte de ces négociations", estime-t-il.#

[Le plan israélien est rejeté par les Palestiniens et tous les pays arabes, ainsi que par l'Union européenne. Jacques Chirac a affirmé, lors d'une conférence de presse à Alger, que le maintien des colonies juives en Cisjordanie constituait un "précédent dangereux". Pour lui, "seules les parties concernées, sur la base d'un plan qu'elles ont agréé ensemble, pourront trouver un accord qui les engage et conduise à une paix véritable". Le président français a ajouté : "Je crains qu'on ne se soit pas engagé sur cette voie."

Pour le président français, il y a "remise en cause unilatérale, bilatérale, du droit international" et "si l'on joue en fonction des circonstances et des hommes sur la stabilité internationale et les règles du droit international, c'est un précédent fâcheux, voire dangereux".]

Bush-Sharon

Photo Maison Blanche.

_14 avril, Washington. Georges Bush donne son feu vert au plan d'Ariel Sharon, qui prévoit l'évacuation des colonies de la bande de Gaza. "Aujourd'hui le premier ministre [israélien] m'a informé de sa décision de prendre ces initiatives. Le plan israélien prévoit d'éliminer certaines installations militaires et toutes les colonies de Gaza et certaines installations militaires et colonies de Cisjordanie", déclare le président américain. "Ce sont là, ajoute-t-il, des actions historiques et courageuses. Si toutes les parties choisissent de saisir cette occasion, elles pourront ouvrir la voie au progrès en mettant fin à l'un des plus longs conflits du monde [...] et en allant vers [l'établissement] d'un Etat palestinien, pacifique, démocratique et viable."

-> Le "plan de séparation" d'Ariel Sharon

Ariel Sharon affirme, pour sa part, que son plan " créera une nouvelle et meilleure réalité pour l'Etat d'Israël. Il a aussi le potentiel de créer les conditions appropriées pour la reprise des négociations entre Israël et les Palestiniens".

Georges Bush estime qu'il serait irréaliste de revenir aux frontières de 1949 dans le cadre de tout accord de paix entre Israéliens et Palestiniens, ce qui revient à accepter que les Israéliens gardent une présence en Cisjordanie dans le cadre de tout règlement de paix. Il ajoute que les Palestiniens doivent renoncer au droit de retour et se réinstaller en priorité dans les territoires qui leur seront accordés, ajoutant que "la question des réfugiés palestiniens dans le cadre d'un accord définitif devra être réglée à travers l'établissement d'un Etat palestinien où seront réinstallés les réfugiés palestiniens et non pas en Israël."

Le président américain souligne par ailleurs que "la ligne de sécurité construite par Israël, dans le cadre de ses efforts de sécurité [...] devrait être temporaire et non permanente, et ne pas préjuger des solutions définitives sur le statut, y compris sur le tracé des frontières."

-> Le Monde   Le plan Bush-Sharon

Ces déclarations sont jugées "inacceptables" par le premier ministre palestinien, Ahmed Qoreï, qui accuse les Etats-Unis de "partialité flagrante".

_12 avril, Jérusalem. Ariel Sharon veut obtenir un soutien américain à son plan de retrait de la bande de Gaza. Ce plan, dit de "séparation", prévoit un retrait de la bande de Gaza, l'évacuation de quatre colonies isolées en Cisjordanie et l'annexion de facto de larges secteurs de ce territoire à la faveur de la barrière de séparation construite par Israël.

Le premier ministre israélien a par ailleurs nommé les six blocs de colonies qu'Israël entend conserver en Cisjordanie après un règlement du conflit israélo-palestinien. Il s'agit de Kiryat Arba, près d'Hébron (sud de la Cisjordanie), de l'implantation juive à Hébron même, du bloc du Goush Etzion (sud), de l'implantation d'Ariel et des colonies alentour (nord) et de la colonie de Givat Zeev au nord de Jérusalem.

_4 avril, Jérusalem. Interrogé par le quotidien Haaretz sur le sort du chef de l'Autorité palestinienne Yasser Arafat et sur celui du responsable du Hezbollah au Liban, le cheikh Hassan Nasrallah, Ariel Sharon déclare : "Je ne leur suggérerais pas de se sentir protégés." "Quiconque tue un juif ou frappe un citoyen israélien ou envoie quelqu'un tuer des juifs est un homme marqué", ajoute le Premier ministre israélien, qui estime que Yasser Arafat est "le principal obstacle" à la paix dans la région.
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