![]()
|
|
|
> DECEMBRE _31 décembre, Gaza. S'adressant à une foule en liesse d'environ 20'000 personnes réunies sur la place centrale de la ville de Gaza, le chef de l'OLP, Mahmoud Abbas réaffirme qu'il suivra la voie tracée par le "père" du peuple palestinien. "Nous allons rester fidèles à ton héritage jusqu'à la libération", déclare-t-il, en référence à Yasser Arafat. Il souligne son attachement à "la création d'un Etat palestinien indépendant avec Jérusalem [Est] comme capitale, l'élimination de l'occupation et du mur de l'apartheid [la barrière israélienne en Cisjordanie] et au droit au retour des réfugiés palestiniens". _30 décembre, Jérusalem. Le chef du Parti travailliste, Simon Pérès, 81 ans, nommé second du premier ministre israélien dans le cabinet d'union nationale qui sera mis en place début 2005. _26 décembre, Jérusalem. Ariel Sharon s'engage à tout faire pour que l'élection, le 9 janvier 2005, du président de l'Autorité palestinienne soit "libre, juste et efficace". "Il est important qu'il soit clair pour le monde entier qu'Israël a permis des élections libres, justes et efficaces", affirme le premier ministre israélien, lors du conseil des ministres hebdomadaire. _25 décembre, Ramallah. "Nous voulons la paix, la stabilité et la sécurité pour notre peuple", déclare Mahmoud Abbas devant quelque 2'000 de ses partisans réunis pour son premier meeting électoral. "Mais nous savons que l'occupant [Israël[ ne veut pas la sécurité pour notre peuple et cherche toujours des prétextes pour nous en priver". "Nous voulons un Etat sur les terres de 1967 [la Cisjordanie et la bande de Gaza avant leur occupation à la suite de la guerre israélo-arabe de juin 1967], et cela signifie que nous n'abandonnerons pas Jérusalem", ajoute-t-il. _23 décembre, Jérusalem. Lors d'une visite éclair au Proche-Orient, le premier ministre britannique, Tony Blair, annonce la tenue d'une conférence internationale, à Londres, au début de 2005, pour soutenir la réforme de l'Autorité palestinienne en vue d'une relance du processus de paix. Il indique que ce forum vise à aider les Palestiniens à devenir "de véritables partenaires pour la paix" en se dotant d'institutions démocratiques. [Le premier ministre palestinien, Ahmed Qoreï, a critiqué, le 23 décembre, ce projet de conférence, affirmant que l'Autorité palestinienne dispose "des moyens [et] de l'expertise nécessaires pour négocier [avec Israël]. "Nous avons besoin d'une conférence internationale de paix et non pas d'une [simple] réunion" sur les réformes palestiniennes.] _23 décembre, Ramallah. Pour la première fois depuis 28 ans, des Palestiniens sont appelés à se rendre aux urnes pour élire leurs conseillers municipaux. 26 localités de Cisjordanie sont concernées, mais le scrutin ne concerne pas, pour l'heure, les grandes villes. Plus de 140'000 électeurs sont appelés à départager 886 candidats, dont 139 femmes, qui briguent 306 postes à pourvoir dans les conseils municipaux. _20 décembre, Jérusalem. Le chef de la police israélienne, Moshé Karadi, dénonce l'appel à la désobéissance civile lancé par les représentants de l'aile dure des colons en vue d'empêcher l'évacuation de la bande de Gaza en 2005. "Le fait qu'un Etat ou un gouvernement prenne une décision et ne soit pas en mesure ensuite de l'appliquer est dangereuse pour l'existence de l'Etat d'Israël et de la démocratie dans notre pays". _19 décembre, Jérusalem. "La commission ministérielle sur les prisonniers [
] a décidé [
] de libérer 170 prisonniers palestiniens",
annonce un communiqué de la présidence du Conseil.
"Au cours de la réunion, le premier ministre [Ariel
Sharton] a affirmé que la décision de libérer
ces détenus a été prise comme un geste de
bonne volonté et d'amitié adressé au président
égyptien Hosni Moubarak pour sa décision de libérer
Azzam Azzam". Azzam Azzam, un Israélien accusé d'espionnage pour le compte d'Israël, condamné à 15 ans de prison, a bénéficié de la part de l'Egypte d'une libération anticipée le 5 décembre. _17 décembre, Jérusalem. Lors d'une visite éclair au Proche-Orient, le premier ministre britannique, Tony Blair, annonce la tenue d'une conférence internationale, à Londres, au début de 2005, pour soutenir la réforme de l'Autorité palestinienne en vue d'une relance du processus de paix. Il indique que ce forum vise à aider les Palestiniens à devenir "de véritables partenaires pour la paix" en se dotant d'institutions démocratiques. _16 décembre, Herzliya. Ariel Sharon affirme que "l'an 2005 offre une chance historique de percée avec les Palestiniens, que nous attendons depuis des années", lors d'un colloque à Herzliya, au nord de Tel-Aviv. "La pierre angulaire de cette [percée] est le plan de retrait unilatéral de la bande de Gaza, qu'Israël veut appliquer, comme prévu [ ] Nous pourrons parvenir à un arrangement israélo-palestinien qui sera la base de la coexistence de deux Etats et de la paix pour de longues années". [Soulignant que "la domination d'un peuple par un autre est une catastrophe", le premier ministre israélien a appelé une nouvelle fois la nouvelle direction palestinienne "à renoncer au terrorisme" et "à coordonner [avec Israël] le retrait de la bande de Gaza".] _14 décembre, Londres. "Le recours aux armes a été préjudiciable et devrait cesser", estime dans une interview au journal arabe "Asharq Al-Awsat", Mahmoud Abbas, chef de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) et favori de l'élection présidentielle de janvier 2005 qui désignera le successeur de Yasser Arafat. "A ce stade, nous sommes contre la militarisation du soulèvement parce que nous voulons négocier". [Les mouvements radicaux palestiniens Hamas et Djihad islamique ont réitéré le même jour leur position à ce sujet. "De telles déclarations [de Mahmoud Abbas] vont à l'encontre du consensus au sein de notre peuple sur la légitimité de la résistance", a déclaré Sami Abou Zouhri, porte-parole du Hamas, ajoutant : "Il faut bien comprendre l'équation. Le problème c'est l'occupation israélienne et non pas la résistance". Mohammad Al-Hindi, un haut responsable du Djihad islamique, a pour sa part indiqué que "le peuple palestinien a besoin des armes de la résistance contre l'occupation israélienne". "Il est illogique qu'on soit tués sans être en mesure d'assurer notre légitime défense".] _12 décembre, Ramallah. Marwan Barghouti, l'ancien chef du Fatah en Cisjordanie, emprisonné en Israël, renonce à se présenter à l'élection présidentielle palestinienne du 9 janvier 2005. Le Fatah a déjà désigné un autre candidat : l'actuel chef de l'Organisation de libération de la Palestine, Mahmoud Abbas. _9 décembre, Tel-Aviv. Ariel Sharon obtient
le feu vert d'une large majorité de son parti, le Likoud,
afin de faire entrer l'opposition travailliste dans son gouvernement.
Cette "victoire" permet au premier ministre israélien
d'élargir son gouvernement en vue d'appliquer son plan
de retrait de la bande de Gaza prévu en 2005, pour lequel
il ne disposait pas d'une majorité parlementaire. ["C'est le dernier obstacle qui est levé sur la voie du désengagement et nous pouvons désormais respecter notre calendrier", a déclaré un proche conseiller d'Ariel Sharon. Les négociations en vue de former une coalition avec les travaillistes vont se poursuivre. "Je me bats pour parvenir à un gouvernement d'union nationale", a confirmé le leader des travaillistes, l'ancien premier ministre et ancien ministre des affaires étrangères Shimon Pérès.]
Les deux principaux promoteurs de ce plan, les anciens ministres israéliens et palestiniens Yossi Beilin et Yasser Abed Rabbo avaient été reçus à Lyon, en mai 2004, et avaient salué la démarche menée par la ville de Lyon. _1er décembre, Tel-Aviv. Le rejet par la Knesset, le parlement israélien, du projet de loi de finances pour 2005, ouvre une crise politique en Israël. Ariel Sharon limoge les 5 ministres du parti ultra-laïque du Shinouï, dont les députés ont refusé d'endosser les subventions accordées aux ultra-orthodoxes. [Largement minoritaire à la Knesset, le premier ministre israélien va tenter de reconstituer une majorité en faisant alliance avec les travaillistes, dirigés par Shimon Pérès, qui souhaitent aider Ariel Sharon à mener à bien son projet de retrait de la bande de Gaza, en 2005.] _1er décembre, Ramallah. Marouan Barghouti
fait annoncer qu'il sera finalement candidat, face à Mahmoud
Abbas ["Abou Mazen"], candidat du Fatah - le principal
mouvement de l'Organisation de libération de la Palestine
-, à l'élection présidentielle du
9 janvier 2005 organisée par l'Autorité palestinienne. Dans un communiqué lu par son épouse Fadoua, Marouan Barghouti a évoqué une pression de la base en faveur de sa candidature, et estimé qu'il allait mener cette "bataille démocratique" par "fidélité à l'Intifada et la résistance et pour les défendre contre les accusations de terrorisme". Il a également avancé pour justifier sa démarche "l'irritation" ressentie devant le "soulagement exprimé par certaines puissances internationales après la disparition du leader et éternel symbole Yasser Arafat" et "les insinuations trompeuses selon lesquelles les chances de paix se sont renforcées après cette disparition [de Yasser Arafat] comme s'il avait été un obstacle à la paix". > NOVEMBRE _26 novembre, Ramallah. Dans un texte rendu public par le ministre palestinien Qadoura Farès, Marouane Barghouthi, considéré comme un symbole de l'Intifada, dont il était l'un des chefs, renonce à la présidentielle palestinienne et appelle "les membres et les partisans du Fatah à appuyer et soutenir le candidat du mouvement, le frère combattant Mahmoud Abbas". Marouane Barghouthi exhorte le chef de l'OLP à "uvrer au renforcement de l'unité palestinienne et préserver les impératifs nationaux, en tête desquels le droit au retour [des réfugiés] et Jérusalem comme capitale éternelle de la Palestine". Il lui demande dentreprendre "des réformes drastiques au sein des institutions de l'Autorité palestinienne et à demander des comptes aux responsables [ ] corrompus". _22 novembre, Jéricho. "Je pense que le temps est venu d'aider les Palestiniens à aller de l'avant pour qu'ils aient un scrutin satisfaisant le 9 janvier [2005]", déclare Colin Powell, après des entretiens à Jéricho avec le nouveau chef de l'OLP, Mahmoud Abbas, le premier ministre palestinien, Ahmed Qoreï, et le président par intérim de l'Autorité palestinienne, Raouhi Fatouh. Le secrétaire d'Etat américain, démissionnaire, réaffirme la nécessité d'une "relance du processus de paix" et appelle la direction palestinienne à agir pour empêcher les "terroristes de mettre un terme à ce processus", faisant allusion aux attentats-suicide contre des civils israéliens. _19 novembre, Jérusalem. L'armée israélienne, "la plus morale du monde", selon le premier ministre Ariel Sharon, éclaboussée par une série de scandales. Le dernier en date, révélé photos à l'appui par le quotidien Yediot Aharonot, n'est pas sans rappeler les poses obscènes prises par les soldats américains dans la prison d'Abou Ghraib, en Irak. Des militaires israéliens s'y livrent à de macabres mises en scène autour de cadavres de Palestiniens, relate "Le Monde" dans son édition du 21 novembre 2004."L'un prend la pose, l'arme braquée sur la tête de l'homme qu'il vient de tuer, un pied sur son corps à moitié nu. Des témoignages de soldats rapportent que d'autres se sont amusés à glisser une cigarette dans la bouche d'un kamikaze, dont il ne restait que la tête, avant de se faire photographier aux côtés de ce "trophée". Le chef d'état-major, Moshé Yaalon, qui a jugé "inconcevable que de telles choses puissent se produire dans l'armée israélienne", a ordonné l'ouverture d'une enquête". _14 novembre, Ramallah. Le président par intérim de l'Autorité palestinienne, Raouhi Fatouh, annonce que l'élection présidentielle rendue nécessaire par la mort de Yasser Arafat se tiendra le 9 janvier 2004. La candidature de Mahmoud Abbas, nouveau chef de l'OLP, est envisagée par le Fatah. Le populaire Marouane Barghouti, emprisonné à vie en Israël, pourrait se présenter.
Le président américain reste toutefois prudent, rappelant que la reprise des discussions de paix dépend en partie de l'attitude de la nouvelle direction palestinienne. "Je pense que la possibilité d'arriver à la paix va dépendre du désir des Palestiniens de bâtir une démocratie, et de la volonté d'Israël de les y aider. Dans les mois à venir, nous aurons de nouvelles chances de faire des progrès vers une paix durable. Bientôt, les Palestiniens vont choisir un nouveau président. C'est le premier pas vers la création d'institutions démocratiques". _12 novembre, Ramallah. La dépouille de Yasser Arafat mise en terre dans l'enceinte de la Mouqata'a, son quartier général à Ramallah, en Cisjordanie, en présence d'une foule considérable de Palestiniens venus assister à son inhumation. Son tombeau de béton repose sur de la terre spécialement apportée de Jérusalem. L'arrivée du cercueil du chef de l'Autorité palestinienne s'est déroulée dans une cohue indescriptible, au milieu d'une foule immense. _12 novembre, Le Caire. Yasser Arafat reçoit un dernier hommage dans son pays de naissance et d'adoption, l'Egypte, au milieu d'un grand rassemblement de dirigeants arabes et étrangers - avant l'inhumation à Ramallah, en Cisjordanie. Le cercueil, couvert du drapeau palestinien, est porté par huit officiers égyptiens, dans la petite mosquée Al Galaa. Le cheikh Mohammed Sayyed Tantaoui, recteur d'Al-Azhar, la plus haute autorité sunnite, a prononcé la prière des morts traditionnelle. "Arafat a rempli sa mission de défenseur de la cause palestinienne avec courage et honnêteté", a-t-il dit, demandant le pardon de Dieu pour le défunt et tous les musulmans. De nombreux chefs d'Etat et monarques arabes et musulmans
sont présents, en particulier le roi Abdallah II de
Jordanie, le prince héritier saoudien Abdallah, le président
syrien Bachar El-Assad, le président algérien Abdelaziz
Bouteflika, le président indonésien Susilo Bambang
Yudhoyono. Le président d'Afrique du Sud, Thabo Mbeki,
est également présent. Aucun chef d'Etat occidental n'a en revanche fait le déplacement au Caire. Israël boycotte les funérailles; les Etats-Unis sont représentés par Williams Burns, secrétaire d'Etat adjoint chargé du Proche-Orient; l'Allemagne, la France et l'Espagne par leurs ministres des affaires étrangères, respectivement Joschka Fischer, Michel Barnier et Miguel Angel Moratinos. La Suisse est représentée par la conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey. _11 novembre, Ramallah. Conformément à la Constitution palestinienne, le président du Parlement Rawhi Fattouh prête serment comme chef par intérim de l'Autorité palestinienne. Il est chargé d'organiser des élections dans un délai de 60 jours. Il est secondé par l'actuel premier ministre Ahmad Qoreï. L'ancien premier ministre Mahmoud Abbas est nommé à la tête de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), principal organe de décision palestinien. Le chef du bureau politique de l'OLP Farouk Kaddoumi est quant à lui élu chef du Fatah, la principale composante de l'OLP. _11 novembre, Le Caire. La dépouille de Yasser Arafat, qui a quitté Paris à 16 h 35, arrive vers 21 h au Caire. Elle est déposée à l'hôpital militaire al-Galaa, dans le quartier d'Heliopolis, près de l'aéroport. L'Egypte se prépare à organiser les funérailles "officielles, militaires et limitées" du chef de l'Autorité palestinienne, selon un protocole appliqué lors des obsèques de Nasser et d'Anouar al-Sadate Yasser Arafat sera ensuite inhumé à la Mouqata'a ("district", en arabe), son QG à Ramallah, où il a été confiné en quasi résidence surveillée par Israël depuis décembre 2001. _11 novembre, Paris. Yasser Arafat, figure emblématique
de la cause palestinienne, décède, à 3 h
30, à l'hôpital militaire Percy, à Clamart,
en banlieue parisienne, où il était hospitalisé
depuis le 29 octobre.
Premier chef d'Etat à réagir, le président français Jacques Chirac a exprimé son "émotion" et présenté ses "très sincères condoléances" au peuple palestinien, à qui il a exprimé "l'amitié de la France et du peuple français". "Avec [Yasser Arafat] disparaît l'homme de courage et de conviction qui a incarné, pendant 40 ans, le combat des Palestiniens pour la reconnaissance de leurs droits nationaux". Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, s'est déclaré "profondément ému" par la mort de Yasser Arafat, "l'un des rares dirigeants qui pouvait être instantanément reconnu par quiconque tout autour du monde", tellement il "symbolisait les aspirations nationales du peuple palestinien". Pour le président américain, George W. Bush, "la mort de Yasser Arafat est un moment significatif dans l'histoire palestinienne. [ ] "Pour le peuple palestinien, nous espérons que l'avenir apportera la paix et la concrétisation de leurs aspirations à une Palestine indépendante, démocratique qui soit en paix avec ses voisins". L'ancien président américain Bill Clinton a présenté ses condoléances aux Palestiniens en regrettant que Yasser Arafat - "qui symbolisa leurs espoirs et leurs aspirations pendant si longtemps " - ait en 2000 manqué l'occasion de pouvoir réaliser le rêve de la nation palestinienne. Le Premier ministre britannique Tony Blair estime que
"la paix au Proche-Orient doit être la plus haute priorité
de la communauté internationale", ajoutant que "l'objectif
d'un Etat palestinien viable aux côtés d'un [Etat]
d'Israël en sécurité est celui sur lequel nous
devons continuer de travailler". La ministre suisse des affaires étrangères, Micheline Calmy-Rey estime que Yasser Arafat est entré dans l'histoire comme le leader qui a incarné les aspirations nationales des Palestiniens. Mais en même temps, il n'a pas su forcer le destin pour conclure la paix et le cycle de la violence a fait suite aux échecs du processus de paix. Elle ajoute que la mort d'Arafat ouvre la perspective d'une réactivité de ce processus et de la recherche d'une solution négociée au Proche-Orient, pour autant que la transition soit suffisamment stable et qu'il soit mis fin au cycle de la violence. Le président israélien Moshé Katzav a exprimé l'espoir que la mort du dirigeant palestinien permettra l'émergence "d'une nouvelle direction palestinienne, [qui] prendra une nouvelle voie en vue de mettre fin au terrorisme et à la violence, ce qui permettra la reprise des négociations". _5 novembre, Paris. "Batailles politiques autour de l'agonie de M. Arafat", écrit "Le Monde", dans son édition datée du 6 novembre. Le président palestinien est dans un coma profond. L'annonce d'un éventuel décès est pour partie dépendante de plusieurs questions sensibles : lieu de la sépulture, transition à la direction palestinienne, manifestations et sécurité dans les territoires. _4 novembre, Paris. Yasser Arafat admis, dans la nuit, dans une unité de soins intensifs de l'hôpital militaire Percy de Clamart. Leïla Shahid, représentante de l'Autorité palestinienne en France, souligne cependant que "sa vie n'est pas en danger immédiat". _3 novembre, New York. Human Rights Watch (HRW) appelle les groupes armés palestiniens à "cesser de recruter des enfants pour leurs opérations militaires". "La plupart des groupes armés palestiniens affirment désavouer le recours à des enfants pour leurs opérations militaires, mais au moins dix enfants ont perpétré des attaques-suicides en Israël et dans les territoires occupés depuis octobre 2000", affirme l'organisation américaine", qui souligne que "le recours à des enfants pour de [telles attaques] est particulièrement odieux". _1er novembre, Tel-Aviv. Quatre personnes tuées et une trentaine d'autres blessées dans un attentat perpétré par un kamikaze palestinien de 16 ans, qui a fait exploser sa bombe au milieu du marché central de Tel Aviv. L'attentat est revendiqué par le Front populaire
de la Palestine (FPLP), la deuxième composante de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) après le Fatah de Yasser Arafat, dans un communiqué publié à Naplouse, en Cisjordanie. "Les Brigades Abou Ali Moustapha, la branche militaire du FPLP, ont réussi à frapper au coeur de l'ennemi sioniste [
] Notre camarade Amr Al-Far, du camp d'Askar à Naplouse, est tombé en martyr en faisant exploser son corps pur au milieu des occupants et leur a infligé des pertes". [Yasser Arafat, hospitalisé à Paris, a condamné l'attentat de même que le premier ministre Ahmad Qoreï. De son côté, le premier ministre israélien Ariel Sharon a estimé que l'attentat prouvait qu'il n'y avait pas de changement au sein de la direction palestinienne malgré l'absence du chef de l'Autorité palestinienne. "Nous allons continuer de combattre le terrorisme tant qu'ils ne le font pas".] > OCTOBRE _29 octobre. Le gouvernement israélien permet à Yasser Arafat, âgé de 75 ans, dont l'état de santé s'est aggravé (il souffre d'un grave problème sanguin), de quitter Ramallah pour être soigné en France. Il quitte sa résidence de la Mouqata'a à bord d'un hélicoptère jordanien qui le conduit à l'aéroport d'Amman, en Jordanie. Un avion français l'achemine à Paris, d'où il est transféré à l'hôpital militaire de Percy, à Clamart. [C'est à la demande de l'Autorité Palestinienne que la France a accepté d'accueillir Yasser Arafat. Lors d'un entretien avec le président égyptien Hosni Moubarak, le premier ministre israélien, Ariel Sharon, a pris l'engagement de laisser rentrer le chef de l'Autorité palestinienne à Ramallah sitôt achevés ses soins à Paris.] _26 octobre, Jérusalem. Ariel Sharon fait approuver par la Knesset (le Parlement israélien), par 67 voix pour et 45 contre, son plan de retrait de la bande de Gaza et de démantèlement des colonies. Le soutien des députés travaillistes permet l'adoption du plan d'Ariel Sharon, qui limoge deux ministres, sans portefeuille, qui ont voté contre. Quatre autres ministres, dont Benjamin Netanyahu, le ministre des finances, menacent de démissionner si le plan ne fait pas l'objet d'un référendum.
[Dans une déclaration transmise à la presse le 27 octobre 2004, Kofi Annan s'est félicité du vote historique à la Knesset, qui a donné une claire majorité en faveur de son initiative de retrait de Gaza et de certaines parties du nord de la Cisjordanie. Il espère que le retrait israélien aura un effet dans la relance des efforts de paix, qui doivent être fondés sur la Feuille de route. _22 octobre, New York [Nations unies]. Le Moyen-Orient dérive, déclare Kieran Prendergast, secrétaire général adjoint aux affaires politiques, devant le Conseil de sécurité. Il dérive dans la violence en général, dans le chaos du côté palestinien, dans l'appréhension des deux bords, doublée d'un sentiment de frustration né du fort soutien dont bénéficie la "solution des deux Etats", dans la population israélienne comme palestinienne. _21 octobre, Gaza. L'armée israélienne tue, au cours d'un raid aérien, Adnan Al-Ghoul, le principal spécialiste des bombes et roquettes du Hamas. Adnan Al-Ghoul, qui figurait depuis 1987, sur la liste des personnes les plus recherchées par Israël, avait échappé à deux tentatives d'assassinat, dont l'un a coûté la vie à son fils. _14 octobre, Jérusalem. L'armée israélienne décide de réduire ses effectifs dans le nord de la bande de Gaza, tout en maintenant sa présence dans ce secteur, cible depuis deux semaines d'une offensive - l'opération "Jours de repentir" - au cours de laquelle plus de 120 Palestiniens ont été tués. Le nombre de victimes depuis le déclenchement de la deuxième Intifada, en septembre 2000, indique l'Agence France-Presse, s'élève désormais à 4'489, dont 3'461 Palestiniens et 954 Israéliens. _10 octobre, Paris. La Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) et Médecins du Monde (MDM) rendent publics deux rapports de mission : " Crimes de guerre à Rafah : les violations du droit international humanitaire et des droits de l'homme au cours de l'opération "Arc-en-ciel (13-25 mai 2004)" et "Opération Arc-en-ciel / Impact sur la santé de la population de Rafah, Bande de Gaza (mai 2004)". Les deux organisations ont mené deux missions d'enquête
simultanées et coordonnées sur la situation des
droits de l'homme et du droit humanitaire à Rafah,
dans le sud de la bande de Gaza, telle qu'elle a évolué
depuis le début de l'opération "Arc-en-Ciel"
de l'armée israélienne, entre le 13 et le 25 mai
2004.
_6 octobre, Jérusalem. La décision d'Ariel Sharon de retirer ses troupes et les colons de la bande de Gaza à la fin de 2005 vise, selon son principal conseiller, Dov Weissglass, à "empêcher la création d'un Etat palestinien pour une durée indéterminée". Cette stratégie implique également la mort définitive de "la feuille de route", le plan de paix du Quartet. Dans un entretien au quotidien "Haaretz", Dov Weissglass assure que l'objectif véritable du plan de désengagement de Gaza que défend le premier ministre israélien est "le gel du processus de paix", pour une " durée indéterminée", ce qui reviendra à "empêcher la création d'un Etat palestinien". Atténuant les propos de Dov Weisglass, Ariel Sharon et les Etats-Unis réaffirment de leur côté leur attachement à la "feuille de route". [Dov Weissglass, principal conseiller d'Ariel Sharon,
a accordé un entretien, le 6 octobre 2004, au journal "Haaretz".
Extraits. _5 octobre, Gaza. Le chef de la branche militaire du "Djihad islamique" pour la bande de Gaza, Bachir Al-Dibch, et un activiste de ce groupe radical, Dharif Al-Ari'ir, tués dans un raid israélien. Selon l'armée israélienne, Al-Dibch avait commandité "des dizaines d'attentats contre des civils et des soldats israéliens".
_5 octobre, New York. Les Etats-Unis opposent
leur veto au Conseil de sécurité des Nations unies
à un projet de résolution présenté
par l'Algérie au nom du groupe arabe et exigeant la fin
de l'actuelle offensive israélienne dans la bande de Gaza. Le projet, qui condamnait "tous les actes de violence et de terrorisme, l'usage excessif et sans discrimination de la force et les destructions", exigeait "la cessation immédiate de toutes les opérations militaires dans le nord de Gaza et le retrait des forces d'occupation israéliennes de cette zone". Il appelait "Israël, puissance occupante, à assurer l'accès libre et la sécurité des personnels des Nations unies et [ ] au respect de l'inviolabilité des installations de l'Onu sur le terrain, y compris de l'Agence de l'Onu pour l'aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA)". Le texte appelait également Israël et l'Autorité palestinienne à "remplir immédiatement leurs obligations aux termes de la [Feuille de route]" pour la paix au Proche-Orient.
_3 octobre, New York (Nations unies). "Le secrétaire général [des Nations unies, Kofi Annan] demande au gouvernement israélien de cesser ses incursions militaires dans la bande de Gaza, qui ont conduit à la mort de nombreux Palestiniens, parmi lesquels beaucoup de civils, dont des enfants", déclare son porte-parole Fred Eckhard dans un communiqué. "Le secrétaire général demande également à l'Autorité palestinienne d'agir pour empêcher les militants palestiniens d'envoyer des roquettes contre les cibles israéliennes. Il rappelle aux deux parties en conflit qu'elles ont obligation de protéger tous les civils", ajoute-t-il. _3 octobre, Gaza. Une opération militaire israélienne "Jours de pénitence", menée depuis le 30 septembre dans la bande de Gaza afin d'établi une "zone de sécurité" de 6 à 9 km de profondeur dans le secteur de Beit Hanoun et du camp de réfugiés de Jabaliya, a fait en cinq jours 66 victimes palestiniennes L'opération, officiellement destinée à mettre fin aux tirs de roquette palestiniens, vise deux objectifs, selon le premier ministre Ariel Sharon. "Nous devons élargir nos zones d'opération pour d'éloigner les lance-roquettes afin que les localités juives au-delà de la frontière ne soient plus à leur portée. Il faut aussi agir pour que les terroristes ne puissent pas bombarder les implantations [israéliennes dans la bande de Gaza] maintenant et pendant l'évacuation" de cette région prévue en 2005. [Le 2 octobre, Yasser Arafat a exhorté le "monde à agir immédiatement et rapidement" en vue de stopper l'opération "criminelle et raciste" menée par l'armée israélienne. "Le cabinet a décrété l'état d'urgence sur l'ensemble des territoires palestiniens afin de venir en aide à la population de la bande de Gaza, victime d'horribles crimes commis par l'armée israélienne", affirme le gouvernement palestinien dans un communiqué.] |