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L'actualité des droits de l'homme
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_7 décembre, Kaboul. Hamid Karzaï prête son serment de président du nouvel Afghanistan. Il prononce le serment d'allégeance inscrit dans la Constitution : "Au nom d'Allah le tout puissant [ ], je jure d'obéir et de préserver les règles de la religion sacré de l'islam [...] et de respecter la Constitution [ ]". Il commence le mandat de cinq ans que lui a donné le peuple afghan, le 9 octobre 2004, avec 55,4% des suffrages. Hamid karzaï devient, trois ans après la chute
des talibans, le premier président élu de l'histoire
contemporaine de l'Afghanistan. Agé de 47 ans, issu
d'une famille patchoune de Kandahar, il est considéré
comme le relais privilégié des Etats-Unis dans un
pays marqué par 25 ans de conflits. [La prise de fonctions du premier chef de l'Etat afghan s'est tenue sous le haut parrainage des Etats-Unis, représentés par le vice-président Dick Cheney et le secrétaire à la défense Donald Rumsfeld, devant un parterre d'environ cinq cents invités étrangers et afghans, en présence du "père de la nation" l'ex-roi Zaher Chah et de nombreux élus de la Loya Jirga constitutionnelle.] _6 décembre, New York. Le nouveau président de l'Afghanistan devra, selon Kofi Annan, mettre en place un Cabinet compétent et représentatif de la diversité du pays pour être efficace et faire avancer le processus de réconciliation nationale. "L'année à venir est pleine de défis politiques et économiques" pour ce pays qui pour la première fois de son histoire devra compter avec "un président élu démocratiquement et doté d'un mandat populaire fort", déclare le secrétaire général des Nations unies dans son dernier rapport sur l'Afghanistan, remis au Conseil de sécurité.
_3 novembre, Kaboul. Le président afghan Hamid Karzaï a officiellement remporté la première élection présidentielle organisée dans son pays, déclare Sultan Baheen, un porte-parole de la commission électorale. Dix-huit candidats s'étaient présentés à cette élection, à laquelle ont participé plus de huit millions d'électeurs. _25 octobre, Kaboul. Le site Internet de l'Organe d'administration des élections présidentielles en Afghanistan donne Hamid Karzai en tête avec 55,2% des voix - près de 95,1% des votes totaux estimés ayant été dépouillés.
A Kaboul, "comme on s'y attendait", la participation des électeurs a été très élevée, nombre d'entre eux venant voter dans la capitale alors qu'ils n'étaient pas résidents, ce qui a nécessité de réapprovisionner en bulletins quatre districts de la ville. La Fondation afghane pour des élections libres et justes (FEFA, 2'300 observateurs), estime que l'élection s'est déroulée dans "un environnement assez démocratique", sans se risquer cependant à un jugement sur sa légitimité. Cette organisation, la seule à disposer d'observateurs dans toutes les provinces, a relevé des violations de la loi électorale, mais n'a pas reçu d'informations faisant état de véritables "intimidations" des électeurs, indique son président Saeed Niazi. _9 octobre, Kaboul. Après vingt-cinq ans de guerre, les Afghans participent à des élections qui vont leur permettre de choisir, pour les cinq années à venir, leur président. En l'absence d'un Parlement, dont l'élection n'est prévue qu'au printemps ou à l'été 2005, le président élu (16 candidats en course) aura les pleins pouvoirs pour définir l'avenir du pays. 11,5 millions d'électeurs, dont les Afghans réfugiés en Iran et au Pakistan, ont été enregistrés. AFRIQUE_20 novembre, Dar es-Salaam (Tanzanie). Les quatorze chefs d'Etat participant à la première conférence internationale sur les Grands Lacs adoptent une déclaration commune où ils s'engagent à faire de la région, une des plus troublées au monde, "un espace de paix et de sécurité durables". La déclaration est co-signée par le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, et le chef de l'Etat nigérian, Olusegun Obasanjo, président en exercice de l'Union africaine (UA). La déclaration, relative à "la paix, la sécurité, la démocratie et le développement" dans la région, prévoit notamment d'empêcher "tout soutien direct et indirect, toute livraison d'armes ou toute autre forme d'assistance aux groupes armés opérant dans la région et d'interdire aux groupes armés de mener, à partir de tout territoire, des actes d'agression ou de subversion contre d'autres Etats membres". Aucun groupe n'est nommément cité, mais le texte vise essentiellement les rebelles hutus rwandais et burundais qui, depuis l'est de l'immense et instable République démocratique du Congo (RDC), tentent de déstabiliser les régimes de Kigali et Bujumbura. "Un cadre régional de sécurité pour la prévention, la gestion et le règlement pacifique des conflits" doit également être mis en place, selon la déclaration. [Kofi Annan a estimé que la déclaration de Dar es-Salaam était un "pas important vers la paix dans les Grands Lacs", tout en soulignant que son application serait le "vrai test". "Aujourd'hui, nous pouvons voir un avenir meilleur à court terme".] ALGERIE_8 novembre, Paris. Héritier des tribunaux Russell créés à la fin des années 1960, le Tribunal permanent des peuples (TPP) a tenu, du 5 au 8 novembre 2004, une session consacrée aux "violations des droits de l'homme en Algérie". Outre une condamnation de l'action "des groupes terroristes qui se réclament de l'islam", des "forces de sécurité" algériennes et de leurs responsables, le tribunal a recommandé trois mesures pour "favoriser un véritable processu ALLEMAGNE_20 novembre, Berlin. Le chancelier Gerhard Schröder met en garde l'Allemagne contre un "conflit des cultures". Si la tolérance reste la règle commune, elle ne peut admettre, souligne-t-il, l'existence "de zones de non-droit et de sociétés parallèles". Les immigrés "doivent se reconnaître sans malentendus dans notre ordre juridique et nos règles démocratiques", ajoute-t-il. Ils doivent s'en tenir au droit allemand, apprendre et, si possible, parler la langue du pays, comme pour répondre aussi à ceux qui réclament que les imams, dans les mosquées, fassent désormais leur prêche en allemand. Gerhard Schröder réaffirme en outre son hostilité au port du voile pour les femmes fonctionnaires. "Quand une jeune femme veut porter le voile islamique dans la société, je trouve cela tolérable. Quand elle veut le faire en tant que membre du service public, je dirai non." (Source : Le Monde, Paris). AMERIQUE DU SUD_21 novembre, Santiago du Chili. Le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement des pays riverains du Pacifique s'achève sur une condamnation du terrorisme et un soutien renouvelé aux négociations commerciales multilatérales engagées sous l'égide de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Les dirigeants du Forum de coopération économique Asie Pacifique (APEC) affirment "leur résolution indéniable à affronter collectivement la menace du terrorisme et ses conséquences désastreuses pour les populations et également sur les économies de la région". [George W. Bush a appelé les pays du Forum, le 20 novembre, à continuer la "lutte contre le terrorisme". Il a réaffirmé à cette occasion ses grands objectifs de politique étrangère pour son second mandat. "Tous les pays du Pacifique doivent continuer la lutte contre les forces du terrorisme qui menacent nos économies et la stabilité mondiale. [ ] Lors de mon second mandat, je vais continuer de poursuivre une politique étrangère déterminée visant à propager la liberté et l'espoir tout en améliorant la sécurité de notre pays."] _5 novembre, Rio. Le sommet de 19 pays latino-américains (G-Rio) appelle à la "stabilisation politique et la réconciliation de la société haïtienne", dans une déclaration qui réclame une "réforme intégrale" des Nations unies, "particulièrement pour que l'Assemblée générale, le Conseil de sécurité et le conseil économique et social, restructurés, plus efficaces, plus démocratiques, plus représentatifs et plus transparents puissent prévenir l'apparition de situations qui menacent la paix". [Les pays du Groupe de Rio ont, en outre, décidé de réunir dans une "Communauté sud-américaine des nations", les deux principaux blocs régionaux, à savoir la Communauté andine (Bolivie, Colombie, Equateur, Pérou et Venezuela) et le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay). Le Chili, la Guyane et le Surinam pourront également rejoindre cette nouvelle communauté.] ANGOLA_31 décembre, Luanda. Au pouvoir sans interruption depuis 1979, le président José Eduardo dos Santos annonce la tenue délections générales (présidentielle et législatives) en 2006. En 2006, les Angolais seront appelés aux urnes afin dexercer leur droit [ ] de choisir librement leurs représentants légitimes par un processus électoral. Ce sera un moment historique et de grande responsabilité où des options fondamentales seront prises pour notre avenir. _23 décembre, New York. Human Rights Watch (HRW) appelle le gouvernement angolais à mettre fin aux abus commis par l'armée qu'elle accuse de violer, torturer et exécuter des civils dans la région pétrolière de Cabinda, au nord du pays. Selon l'organisation de défense des droits de l'homme, en 2003, "l'armée angolaise a procédé à des exécutions sommaires, à des arrestations et détentions arbitraires, à des tortures et autres mauvais traitements contre des civils, ainsi qu'à des violences sexuelles". "A Cabinda, combats ou pas combats, les femmes et les filles restent vulnérables aux violences sexuelles de l'armée angolaise [ ] Des détenus ont été fréquemment frappés. Dans un cas, des soldats de l'armée angolaise ont menacé de violer un détenu et de le castrer", affirme un communiqué de HRW. "L'armée angolaise comme la police nationale n'ont en général pas enquêté ou engagé de poursuites après des abus contre des civils dans lesquels l'armée était impliquée. [ ] Le gouvernement angolais doit mettre fin à l'impunité et transférer les auteurs d'abus devant la justice". [La province de Cabinda reste soumise à des violences régulières entre les Forces armées angolaises (FAA) et les différentes branches armées du Front de libération de l'enclave de Cabinda (FLEC).] BAHREIN_21 novembre, Manama. Le militant des droits de l'homme,
Abdel Hadi Al-Khawaja, condamné à un an de
prison pour "incitation à la haine contre le régime"
par Cour pénale de Manama grâcié par un décret
royal stipulant "que l'emprisonnement d'Abdel Hadi al-Khawaja
doit être limité à la période ayant
précédé la publication de ce décret,
et une remise du reste de la peine qui lui a été
infligée" par la cour pénale. Abdel Hadi Al-Khawaja, qui avait été arrêté après une conférence sur la pauvreté à Bahreïn dans laquelle il avait accusé des responsables bahreïnis d'"abus de pouvoir", est le vice-président du Centre bahreïni des droits de l'homme que le gouvernement a dissous le 29 septembre 2004 pour avoir "contrevenu à la loi sur les Associations". BIRMANIE_30 novembre, New York. Kofi Annan demande aux autorités birmanes de "saisir l'élan créé par les récentes annonces concernant la libération de quelque 9'000 prisonniers pour libérer dès que possible la lauréate du prix Nobel de la paix, ainsi que les personnes encore détenues pour avoir exprimé leurs opinions politiques". Le secrétaire général des Nations unies à la "conviction, qui est partagée par l'ANASE [les Association des nations de l'Asie du Sud-Est] et les pays de la région, que la poursuite de la détention de Aung San Suu Kyi n'est pas dans l'intérêt du processus de réconciliation nationale et de démocratisation" en Birmanie. _19 novembre, Rangoon. La junte birmane décide de libérer 3'937 prisonniers dont la détention a été jugée "inappropriée". Min Ko Naing, ancien dirigeant étudiant, et quelques autres personnalités de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) de Aung San Suu Kyi, dont le journaliste Win Tin, seraient libérés. CAMBODGE_3 décembre, New York. Le Cambodge a fait savoir aux Nations unies qu'il avait rempli les conditions légales préalables à l'entrée en vigueur de son Accord avec l'organisation internationale pour la mise en place d'un tribunal pour juger les Khmers rouges. [Le Cambodge est tenu de créer dans son système
judiciaire des "chambres extraordinaires chargées
de juger les crimes commis pendant la période du Kampuchea
démocratique". Les Nations unies doivent maintenant
remplir leurs obligations - à savoir trouver les fonds
les fonds nécessaires pour assurer le fonctionnement des
"chambres extraordinaires" pendant au moins trois ans
pour que l'Accord entre en vigueur.]
_14 octobre, Phnom Penh. Norodom Sihamoni, fils de Norodom Sihanouk, élu roi du Cambodge à lunanimité des neuf membres du Conseil du trône. Il sera intronisé le 29 octobre 2004. _11 octobre, Phnom Penh. Le Sénat cambodgien approuvé une loi sur le fonctionnement du Conseil du trône - loi qui permettra l'élection d'un nouveau roi après l'abdication de Norodom Sihanouk, 82 ans, qui se trouve à Pékin. Selon cette loi, le Conseil du trône devra se prononcer à la majorité simple de cinq de ses neuf membres. Le Conseil du trône est composé du Premier ministre (Hun Sen), du président du Sénat (Chea Sim), de celui de l'Assemblée nationale (prince Norodom Ranariddh), de leurs deux vice-présidents et de deux hauts dignitaires bouddhistes. CAMEROUN_25 octobre, Yaoundé. Le président camerounais sortant, Paul Biya, remporte l'élection présidentielle du 11 octobre en recueillant 70,92 % des suffrages exprimés, selon les résultats officiels du scrutin proclamés par la Cour suprême du pays. Paul Biya a largement devancé le président du Front social-démocrate (FSD), John Fru Ndi, qui a rassemblé 17,40 % des voix, le chef de l'Union démocratique camerounaise (UDC) et candidat de la coalition de l'opposition, Adamou Ndam Njoya (4,47 %), ainsi que le candidat de l'Alliance pour la démocratie et le développement (ADD), Garga Haman Adji (3,73 %). CHILI_20 décembre, Santiago. La Cour d'appel ratifie à lunanimité le mandat d'arrêt contre Pinochet - hospitalisé pour un accident cérébro-vasculaire - pour les assassinats et les disparitions survenus lors de l'opération "Condor". Cette décision permet au juge Juan Guzman Tapia de poursuivre ses investigations. _13 décembre, Santiago. Le juge Juan Guzman inculpe
Augusto Pinochet pour un assassinat et neuf enlèvements
dans le cadre du plan Condor, l'opération conjointe
des dictatures sud-américaines pour éliminer leurs
opposants dans les années 1970 et 1980. L'opération
Condor avait été menée dans plusieurs pays
sud-américains : Argentine, Bolivie, Brésil, Chili,
Uruguay et Paraguay. [Le juge a estimé que l'ex-dictateur, âgé de 89 ans, dispose de ses facultés mentales pour affronter un procès. En juillet 2002, Pinochet avait échappé à un premier jugement pour violations des droits de l'homme, en raison de son état de santé. La Cour suprême avait estimé qu'il était inapte à se défendre pour cause de "démence légère". En août 2004, la Cour suprême a accepté de lever l'immunité du général Pinochet dans le cadre de l'enquête sur le plan Condor, qui fait l'objet d'enquêtes en Argentine et en Espagne.] _5 novembre, Santiago. Dans un document publié par le quotidien "La Tercera" et intitulé "Armée chilienne : la fin d'une vision", le chef de l'armée chilienne, le général Juan Emilio Cheyre, explique que "l'armée chilienne a pris la dure, mais irréversible décision d'assumer les responsabilités qui lui correspondent comme institution dans les faits punissables et moralement inacceptables du passé". Dans son texte, le général Juan Emilio Cheyre affirme que les crimes de la dictature ne peuvent pas se justifier malgré l'ambiance de confrontation que vivait le Chili à l'époque. Selon lui, l'armée chilienne n'a pas pu échapper au "tourbillon sans appel" de la guerre froide. "Ce scénario de conflit mondial [ ] excuse-t-il les atteintes aux droits de l'homme qui ont lieu au Chili ? Ma réponse est sans ambiguïté : non", écrit le militaire, ajoutant : "Les violations des droits de l'homme ne peuvent jamais et pour personne avoir de justification". C'est la première fois que l'armée reconnaît sa responsabilité dans les violations des droits de l'homme sous la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990). Jusqu'à présent, les prédécesseurs du général Cheyre soutenaient que les assassinats, tortures et disparitions commises pendant cette période, s'expliquaient par des "excès" et des "responsabilités individuelles". [Le président chilien Ricardo Lagos a salué le "courage de l'armée chilienne". "Avec cette avancée historique, l'armée chilienne consolide son processus d'intégration au Chili démocratique d'aujourd'hui et renforce son caractère d'institution permanente de la République dans laquelle tous les Chiliens se reconnaissent"]. CHINE_12 octobre, Hongkong. Lors d'une visite à Hongkong, dernière étape d'un déplacement en Chine, Jacques Chirac rend hommage aux "valeurs démocratiques" qui fondent, selon lui, le régime de Hongkong, et à sa valeur pour la Chine proprement dite. L'ancienne colonie britannique, rétrocédée à la Chine en 1997, jouit du statut de région administrative spéciale, qui lui donne un certain degré d'autonomie à l'égard de Pékin. Le président français estime que ce statut "et les valeurs démocratiques qui le fondent, telles que le respect de l'Etat de droit, le régime des libertés et l'objectif du suffrage universel" sont "une chance pour la modernisation de la Chine tout entière". CONGO / République démocratique_11 octobre, Kinshasa. L'exclusion ethnique à l'Est du pays, alimentée par une propagande de rejet des populations "rwandophones", notamment les Banyamulenge, population congolaise affiliée aux Tutsis, pourrait conduire à des affrontements graves, semblables à ceux survenus à Bukavu en juin2004, prévient la Coordination humanitaire des Nations unies, qui s'inquiète de l'hostilité réservée aux survivants du massacre de Gatumba souhaitant rentrer chez eux. COREE DU NORD_29 octobre, New York. Pris entre le gouvernement coréen, qui n'autorise pas les Nations unies à vérifier la distribution de nourriture dans un pays en proie à la famine, et le gouvernement chinois qui empêche les agences de venir au secours des "réfugiés de la faim", Vitit Muntarbhorn, le Rapporteur de la commission des droits de l'homme des Nations unies sur les droits de l'homme en Corée du Nord, décrit une population devenue, dans les zones frontalières, la proie des trafiquants d'être humains. "La pénurie de nourriture, un problème qui existe depuis le milieu des années 90, demeure le problème central du pays", déclare-t-il, dans une conférence de presse donnée, le 29 octobre 2004, à New York. _25 octobre, Paris. Dans un rapport, intitulé "Le journalisme au service du totalitarisme", Reporters sans frontières (RSF) souligne que les médias, au service du culte de la personnalité de Kim Jong-il, sont dominés par le parti unique. Le Comité central du parti choisit les journalistes et le département de la censure contrôle les informations. Depuis trois ans, la Corée du Nord est classée au dernier rang du "classement mondial de la liberté de la presse" élaboré par l'organisation non gouvernementale, qui demande à l'Union européenne (UE) que l'aide humanitaire très importante reçue par la Corée du Nord "soit accompagnée d'exigences en vue d'une amélioration de la situation de la liberté d'expression".
COTE D'IVOIRE_29 décembre, Abidjan. Le président ivoirien Laurent Gbagbo se félicite que le rapport des Nations unies dénonçant "les violations des droits de l'homme" en Côte d'Ivoire reconnaisse que son pays a été "victime" d'une agression, tout en regrettant ses "insuffisances", dans un texte publié par le quotidien Fraternité Matin [www.fratmat.co.ci]. _24 décembre, Paris. Le quotidien Libération livre la teneur du rapport de la commission indépendante des Nations unies chargée d'enquêter sur les crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis depuis la sanglante tentative de coup d'Etat du 19 septembre 2002. Ce rapport, remis en novembre à Kofi Annan, secrétaire général de l'organisation, qui ne l'a toujours pas publié, est accablant à la fois pour les forces gouvernementales et les rebelles. "La cauchemar ivoirien y apparaît dans toute son horreur : massacres, charniers contre charniers, torture et viols généralisés, enfants-soldats, "escadrons de la mort" et agissement au grand jour des milices", résume le quotidien. [Ce rapport, qui couvre la période du 19 septembre 2002 au 15 octobre 2004, souligne, selon Libération, que "les investigations et les témoignages" ont permis d'établir qu'il y avait eu des "massacres", des "disparitions, des assassinats politiques, des actes de tortures, des actes de répressions brutales et d'agression" en Côte d'Ivoire depuis plus de deux ans aussi bien au nord qu'au sud du pays.] _17 décembre, Abidjan. Le Parlement ivoirien a amendé l'éligibilité à la présidence. En votant l'amendement de l'article de la Constitution précisant les conditions d'éligibilité à la présidence, le Parlement ivoirien met théoriquement fin à la crise ivoirienne. Dorénavant, conformément aux accords de paix de Marcoussis conclus en janvier 2003, il suffit d'être "exclusivement" ivoirien et d'être né de père ou de mère ivoirien (et non plus des deux) pour prétendre à la magistrature suprême. Ce qui, a priori, ouvre la voie des urnes à Alassane Ouattara, dont la nationalité avait été jugée "douteuse" par le Conseil constitutionnel en raison d'un père originaire de l'actuel Burkina Faso. [Cette réforme constitutionnelle approuvée par le Parlement doit être soumise à un référendum, a déclaré, le 18 décembre, le président ivoirien Laurent Gbagbo.] _16 décembre, New York. Le Conseil de sécurité
des Nations unies déplore que les signataires des Accords
de Linas-Marcoussis et d'Accra III ne se soient pas conformés aux dispositions desdits accords à la date du 15 décembre 2004, mais rend hommage aux progrès accomplis grâce à Les membres du Conseil soulignent aussi que "le non respect des engagements pris par toutes les parties ivoiriennes devant le président Mbeki constituerait une entrave à la mise en uvre du processus de paix et de réconciliation nationale tel que défini dans les Accords de Linas-Marcoussis et d'Accra III" et rappellent à cet égard "les mesures prévues aux articles 9 et 11 de la résolution 1572".Ces mesures, qui s'ajoutent à un embargo sur les armes à effet immédiat, visent le deuxième volet de sanctions imposés par le Conseil de sécurité. Ces sanctions prévoient l'interdiction de voyager et le gel des avoirs des personnes désignées par un Comité créé par le Conseil. En outre, le Conseil exige que "toutes les parties ivoiriennes cessent toute incitation à la violence et à la haine dans les médias radiodiffusés, audiovisuels et écrits ainsi que dans tout autre média" et que "toutes les parties ivoiriennes assurent la liberté de la presse et un accès illimité à l'information sur tout le territoire de la Côte d'Ivoire". _30 novembre, Paris. Selon le ministère français de la défense, les affrontements en Côte d'Ivoire - à Abidjan et dans l'ensemble du pays - ont fait, du 6 au 9 novembre 2004, au moins 20 morts ivoiriens et neuf morts français et abouti à l'exil de milliers d'expatriés. Environ 80 soldats français blessés durant ces événements ont été rapatriés. Pour les autorités ivoiriennes, 57 civils ont été tués et de plus de 2'200 blessés au cours de ces affrontements. Pour la France, l'armée a agi soit en état de légitime défense, s'estimant menacée, soit en état de "légitime défense élargie", une notion qui englobe également la protection d'autrui et des biens d'autrui. [La Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH) et la Ligue des droits de l'homme (LDH) ont demandé au Parlement français de nommer une commission d'enquête sur la répression des manifestations à Abidjan par les militaires français. Les deux organisations font état de 63 morts pour la seule journée du 9 novembre 2004.] _25 novembre, Abidjan. Le président ivoirien Laurent
Gbagbo condamne les destructions des sièges des journaux
et des partis politiques d'opposition début novembre à
Abidjan, ainsi que les pillages - "qui ont terni l'image
de la Côte d'Ivoire et porté un coup sérieux
à notre économie" - ayant marqué les
dernières manifestations anti-françaises, selon
un communiqué du conseil des ministres. Le texte ajoute que le président ivoirien condamne "tout autant la destruction des sièges et bureaux du PDCI-RDA (Parti démocratique de Côte d'Ivoire), ainsi que du RDR (Rassemblement des Républicains), la destruction des sièges de certains journaux, les violences envers les personnes et en particulier les étrangers, les femmes et les enfants. [ ] De tels actes ne doivent pas rester impunis". NATIONS UNIES - RESOLUTIONS _15 novembre. Trois rapporteurs spéciaux de la Commission des droits de l'homme des Nations unies - le Rapporteur spécial sur la promotion et la protection du droit à la liberté d'opinion et d'expression, M. Ambeyi Ligabo, la Rapporteuse spéciale sur la violence contre les femmes, ses causes et ses conséquences, Mme Yakin Ertürk, et le Rapporteur spécial sur les formes contemporaines de racisme, de la discrimination raciale, de la xénophobie et de l'intolérance qui y est associée, M. Doudou Diène - expriment, dans un communiqué commun, "la vive préoccupation" que leur inspirent la situation en Côte d'Ivoire. Ils rappellent que certaines exactions dont il est fait état en Côte d'Ivoire peuvent constituer des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité au regard du droit international et doivent être punis avec toute la sévérité requise par la gravité des faits et se disent particulièrement inquiets par des informations qui leur parviennent et qui font état de plusieurs morts et de nombreux blessés lors de manifestations xénophobes qui se sont déroulées au cours des derniers jours à Abidjan. _15 novembre, New York. Conformément à
la requête française, le Conseil de sécurité
des Nations unies adopte à l'unanimité, une résolution
imposant un embargo sur les armes à la Côte d'Ivoire
et des mesures conditionnelles contre certaines personnalités
ivoiriennes (interdictions de voyager, gel des avoirs). Des sanctions
pourraient être prises en décembre à l'encontre
de responsables gouvernementaux ou rebelles accusés d'entretenir
les violences si aucun progrès sur la mise en oeuvre des
accords de Marcoussis et Accra n'est observé.
[Laurent Gbagbo a pris "acte",
le 16 novembre, de la résolution du Conseil de sécurité et "assuré les Nations unies [
] qu'il ne fera rien en ce qui le concerne pour entraver le processus de paix". Soulignant que la résolution, qui prévoit un embargo immédiat sur les armes, s'adressait "aussi bien aux autorités constitutionnelles qu'à la rébellion", le chef de l'Etat ivoirien a invité l'ONU à "appliquer cette résolution avec la même rigueur aux rebelles et à démarrer immédiatement l'opération de désarmement [
] prévue par les accords de
Linas-Marcoussis", le 24 janvier 2003. _12 novembre, Abidjan. La France organise l'évacuation de ses ressortissants après les pillages et la "chasse aux Blancs", par des manifestants répondant à lappel de miliciens "patriotes" et de responsables de médias, intervenus dans les quartiers de la ville où résident les Français et les étrangers. 2'410 ressortissants étrangers d'Abidjan, essentiellement des Français ("mais, pour les autres, ça représente 63 nationalités"), fuyant les violences, ont été évacués par les militaires français vers Paris depuis le 10 novembre. Selon les autorités militaires françaises, "de 4'000 à 8'000 Français, y compris des binationaux" souhaiteraient quitter le pays. A Paris, le porte-parole du ministère des affaires étrangères, Hervé Ladsous, précise qu'aucun civil français n'a été tué dans les violences, mais confirme que plusieurs Françaises ont été victimes de viols.
Il exige de l'ensemble des parties ivoiriennes la cessation immédiate de toutes les opérations militaires et le respect complet de l'Accord de cessez-le feu du 3 mai 2003. Il condamne en outre tout effort qu'engagerait toute partie pour envoyer des forces à travers la Zone de confiance.
[La France saisit le Conseil de sécurité des Nations unies et envoi des renforts. Elle appelle le président Gbagbo à rétablir le calme. Le secrétaire général des nations unies, Kofi Annan demande à "chacun" de garder "son calme" et l'arrêt immédiat des hostilités. Il demande "que le président [ivoirien Gbagbo] calme la population et qu'il stoppe les manifestations violentes qui ont lieu dans la capitale et à Abidjan où se trouvent énormément de monde, non seulement des Ivoiriens mais aussi beaucoup d'étrangers". "Nous ne voulons pas voir la situation s'aggraver.[ ] J'ai également encouragé les pays ouest-africains à intervenir", ajoute-t-il.] _19 octobre, Genève. La Commission internationale d'enquête indépendante, mise en place le 22 juin 2004 afin d'enquêter sur les graves violations des droits de l'homme commises depuis le 19 septembre 2002 en Côte d'Ivoire, a remis son rapport à Louise Arbour, haut commissaire aux droits de l'homme, qui l'a transmis à Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies. Une première commission s'était penchée sur les allégations d'atrocités commises durant les manifestations qui s'étaient déroulées à Abidjan les 25 et 26 mars 2004. Son rapport indiquait que des tueries de civils innocents, "pour la plupart non provoquées" et non nécessaires à la dispersion des manifestants, s'étaient produites. CUBA_30 novembre, La Havane. La plus célèbre figure de la dissidence cubaine, le journaliste, écrivain et poète Raul Rivero, libérée. Agé de 59 ans, prix mondial de la liberté d'expression 2004 de l'Unesco, Raul Rivero avait été condamné à 20 ans de prison en 2003. Parmi les autres personnes libérées par le régime cubain : Oswaldo Alfonso, du Parti libéral démocratique, l'économiste et journaliste Oscar Espinosa Chepe, le défenseur des droits de l'homme Marcelo Lopez et un membre de l'association nationale de "balseros" Paix, démocratie et liberté, Margarito Broche.
_2 novembre, La Havane. La Commission cubaine des droits de lhomme (non reconnue par les autorités) dénonce lexistence de 40 à 50 condamné à la peine capitale dans les couloirs deb la mort de lîle. Par ailleurs, selon le chercheur Armando Lago, du Standford Research Institute, 5'621 personnes auraient été fusillées sous le régime de Fidel Castro. ETATS-UNIS
En 2003, le choix de l'hebdomadaire s'était porté sur "le soldat américain", terme générique désignant tous les militaires des Etats-Unis. _17 décembre, Washington. La chaîne du Hezbollah chiite libanais Al Manar "a été placée sur la liste des organisations terroristes en raison de ses incitations à commettre des activités terroristes", déclare le porte-parole du département d'Etat Richard Boucher. Cette décision américaine fait suite à une interdiction faite par la France à cette chaîne d'être diffusée en Europe en raison de propos incitant à la haine ou à la violence contre Israël. _8 décembre, Washington. Human Rights Watch (HRW) proteste contre l'adoption par le Congrès d'un amendement mesure privant d'aide américaine les pays n'ayant pas signé d'accord bilatéral pour exempter les Américains de poursuite devant la Cour pénale internationale (CPI). Cet amendement stipule que, sauf exception décidée par le président, les Etats-Unis ne doivent pas accorder de "fonds d'aide économique" à un pays adhérent à la CPI qui n'ait pas conclu d'accord bilatéral avec Washington. [Les Etats-Unis mènent depuis plus de deux ans une campagne diplomatique pour soustraire leurs ressortissants à d'éventuelles poursuites devant la CPI, chargée de juger les crimes de guerre ou contre l'humanité. Ils voient dans cette institution la menace d'une justice hostile à leurs soldats engagés dans des opérations extérieures. Quelque 96 accords de ce type ont déjà été conclus, selon le Département d'Etat américain.] _7 décembre, Washington. La Chambre des représentants
entérine une réorganisation des agences d'espionnage
américaines, la plus importante depuis un demi-siècle,
créant notamment un poste de "directeur du renseignement
national" - personnalité coordonnant l'action d'une
quinzaine d'organisations travaillant à la collecte et
à l'analyse du renseignement, de la CIA à certaines
branches de la police fédérale (FBI), en passant
par plusieurs organismes du ministère de la défense. Le projet de loi contient des mesures liées à l'immigration et au maintien de l'ordre, prévoit l'augmentation des patrouilles frontalières et des places dans les centres de détention de clandestins et de terroristes présumés, et renforce les pouvoirs des autorités pour la poursuite des suspects d'actes terroristes. [La plus grande organisation de défense des libertés individuelles aux Etats-Unis, l'ACLU, a condamné la réforme, regrettant qu'elle "centralise les pouvoirs de surveillance des organismes du renseignement, rendant plus probables les abus gouvernementaux, sans instituer de garde-fous suffisants".] _4 novembre, Washington. Première conférence de presse de George W. Bush après sa réélection. Le président américain met en avant la réforme de la fiscalité et des retraites, et celle de l'enseignement secondaire et "la guerre contre l'Irak". Il réaffirme sa foi dans la "promotion de la liberté et de la démocratie".
"Je n'abandonnerais pas ce combat s'il y avait une chance que nous l'emportions. Mais il est maintenant clair que même quand tous les votes par précaution seront comptés, nous n'aurons pas assez de suffrages pour emporter l'Ohio et donc nous ne pouvons pas gagner cette élection", a déclaré John Kerry, devant ses partisans dans sa ville de Boston. Avec le président Bush, "nous avons eu une bonne conversation, et nous avons parlé du risque de division dans notre pays et de l'indispensable besoin d'unité pour trouver un terrain d'entente, nous rassembler". Avec 51 % des suffrages exprimés, contre 48 % à John Kerry, et un écart de près de 3,5 millions de voix, alors qu'il avait été devancé, en 2000, par Al Gore, George Bush estime avoir reçu un mandat personnel du peuple américain. "Je suis fier de diriger un pays aussi étonnant et de le conduire vers l'avenir". Dans son premier discours après sa réélection, prononcé devant des partisans et les membres de son équipe de campagne à Washington, il s'est félicité de sa "victoire historique" et a lancé un appel à l'unité. "Je vais avoir besoin de votre soutien et je vais agir pour l'obtenir. Je vais faire tout ce que je peux pour mériter votre confiance". Il a aussi réaffirmé que les soldats américains engagés en Irak reviendraient aux Etats-Unis une fois leur mission achevée.
Le secrétaire général des Nations unies a rendu hommage également au sénateur John Kerry "pour avoir pris rapidement, et en véritable homme d'Etat, la décision d'accepter les résultats du scrutin".] EUROPE_16 décembre, Bruxelles. Les dirigeants de l'Union européenne (UE) décident d'ouvrir, le 3 octobre 2005, des négociations d'adhésion avec la Turquie. Ankara devra néanmoins s'engager d'ici là sur une reconnaissance juridique de Chypre, en étendant aux dix nouveaux Etats membres de l'UE, dont Chypre, l'accord d'association qui lie la Turquie à l'Europe depuis 1963. ["Nous pouvons démarrer les négociations avec la Turquie", a déclaré le premier ministre néerlandais Jan Peter Balkenende, président en exercice de l'UE, en soulignant qu'"il n'y a pas de garantie" pour le résultat des négociations. "Ce soir, l'UE a ouvert ses portes à la Turquie", a déclaré le président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso.] _14 octobre, Paris. "Ni l'Europe ni la Turquie ne sont prêtes aujourd'hui pour l'adhésion [à l'Union européenne], mais il est dans l'intérêt de la France et de l'Europe que la Turquie ne soit pas rejetée dans les bras de ceux qui prônent la confrontation entre l'islam et l'Occident", déclare le premier ministre français, Jean-Pierre Raffarin, à l'Assemblée nationale, lors du débat sur la candidature de la Turquie à l'Union européenne. Il ajoute : "Ayons confiance en l'Europe, en sa sagesse, en sa puissance, et adressons aux Françaises et aux Français un message clair sur la Turquie en Europe. Si un jour la question est posée, le peuple est souverain, il en décidera." Le président de la commission des affaires étrangères, l'ancien premier ministre Edouard Balladur, repousse pour sa part l'idée d'un nouvel élargissement de l'Union et se prononce pour "que le Conseil européen du 17 décembre [2004] décide expressément de mettre à l'étude soit l'adhésion pure et simple de la Turquie, soit l'octroi d'un statut de partenaire privilégié, sans choisir dès maintenant entre l'une ou l'autre". "C'est cette dernière solution qui aurait ma préférence et je me réjouis que beaucoup semblent s'y rallier", ajoute-t-il. FRANCE_21 décembre, Paris. Les autorités françaises annoncent que les deux journalistes français détenus en Irak par lArmée islamique depuis le 20 août 2004, Christian Chesnot et Georges Malbrunot ont été libérés. Dans un communiqué, lArmée islamique indique que cette libération répond à des appels et des exigences dinstitutions et dorganisations musulmanes et [tient compte] de lattitude du gouvernement français sur la question irakienne. _13 décembre, Paris. Le Conseil d'Etat interdit la chaîne du Hezbollah chiite libanais, Al-Manar, accusée de diffuser des émissions "contenant une incitation à la haine ou à la violence pour des raisons de religion ou de nationalité". La chaîne ne sera plus diffusée en France et en Europe par l'opérateur Eutelsat. Les responsables d'Al-Manar dénoncent une "atteinte à la liberté d'expression, un déni des principes prônés par la France et un dangereux précédent". [Dans le quotidien "Libération", Gérard Dupuy évoque "le vrai problème posé par Al-Manar" : "son antisémitisme reflète un sentiment qui n'est que trop populaire au Proche-Orient et singulièrement chez les Palestiniens. C'est là un constat, pas une excuse. Il n'y a aucune raison d'admettre que les préjugés antijuifs circulent en contrebande sous couvert de solidarité avec la cause palestinienne. Si la paix est souhaitable au Proche-Orient, c'est aussi à cause des conséquences morales déplorables qu'y entraîne la persistance de l'état de guerre. Et Al-Manar veille soigneusement à l'attiser".] _7 décembre, Paris. Le Conseil supérieur
de l'audiovisuel CSA) reproche à Al-Manar, la
chaîne proche du Hezbollah libanais, de "nouveaux manquements".
Les "sanctions" peuvent aller de la suspension de l'autorisation
d'émettre à son retrait. Dans une lettre adressée à Al-Manar, le CSA évoque les commentaires diffusés le 2 décembre sur l'antenne et "susceptibles de constituer une incitation à la haine ou à la violence", dont notamment une phrase : "Israël mène une campagne sans précédent contre la chaîne Al-Manar [...] en tirant les ficelles par ci et par là, pour empêcher la chaîne de télévision de révéler aux téléspectateurs européens, aux résidents étrangers en Europe, la réalité des faits et de la situation, les crimes contre l'humanité perpétrés par Israël, aussi bien en Palestine occupée que dans le monde...". Le CSA blâme Al-Manar de l'utilisation de la formule "crimes contre l'humanité" : " Il ne saurait vous échapper, écrit le CSA à la chaîne, que les termes de "crimes contre l'humanité" recouvrent un statut juridique précis consacré par le droit international depuis l'Accord de Londres du 8 août 1945 et le statut du tribunal militaire international de Nuremberg [...]. Or, sur la base de ces textes, l'Etat d'Israël n'a jamais été déclaré coupable de crimes contre l'humanité devant une juridiction pénale internationale". _2 décembre, Paris. Le Conseil d'Etat annonce qu'il statuera le 11 décembre sur la requête en référé déposée auprès de lui par le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), pour obtenir la suspension de la diffusion d'Al-Manar. La chaîne proche du Hezbollah chiite libanais avait été conventionnée, le 19 novembre, par l'organisme de régulation de l'audiovisuel français. Après la diffusion de propos antisémites, le CSA a adressé à Al-Manar une mise en demeure, le 30 novembre, et saisi en référé le Conseil d'Etat afin que soit ordonnée la cessation de sa diffusion par l'opérateur de satellites Eutelsat.
_14 octobre, Paris. Dominique Perben, ministre de la justice condamne les propos "insupportables" de Bruno Gollnish. Le président du Parlement européen, Joseph Borrell, se déclare pour sa part révolté" et exprime le souhait que l'universitaire lyonnais soit "redevable de ces calomnies devant la justice". Par ailleurs, les présidents des groupes socialiste (PS), majorité présidentielle (UMP), Verts, centriste (UDF), communiste (PCF) et radicaux de gauche (PRG) du Conseil régional Rhône-Alpes condamnent dans une déclaration commune les propos du leader lyonnais du Front national (FN) lors d'une séance plénière. [Le parquet de Lyon a ouvert, le 15 octobre, une enquête préliminaire afin de déterminer précisément les propos tenus par Bruno Gollnisch. Une deuxième enquête vise un collaborateur du groupe du parti d'extrême droite à la Région Rhône-Alpes, Georges Theil, déjà condamné en septembre 2000 pour négation de crimes contre l'humanité. Ce dernier avait assuré, en marge d'une séance du conseil régional : "Les seules chambres à gaz que vous voyez à Auschwitz sont des autoclaves de désinfection".] _11 octobre, Lyon. Bruno Gollnisch, délégué général du Front national (FN) - le parti de Jean-Marie Le Pen -, déclare qu'il "n'y a plus un historien sérieux qui adhère intégralement aux conclusions du procès de Nuremberg". "Je ne remets pas en cause l'existence des camps de concentration, mais, sur le nombre de morts, les historiens pourraient en discuter. Quant à l'existence des chambres à gaz, il appartient aux historiens de se déterminer, assure luniversitaire lyonnais, député européen et conseiller régional Rhône-Alpes. [Dès 1991, Bruno Gollnish demandait "le respect de la liberté d'expression pour les enseignants qui exercent un regard critique sur l'histoire de la Seconde Guerre mondiale". En 1996, il avait fait l'éloge public des Français engagés sous l'uniforme nazi sur le front de l'Est pendant la Seconde Guerre mondiale. Et en avril 2002, sur une radio française, il avait rendu hommage aux ligues factieuses de 1934. En 1987, sur une radio française, Jean-Marie Le Pen déclarait :"Je ne dis pas que les chambres à gaz n'ont pas existé. Je n'ai pas pu moi-même en voir. Je n'ai pas spécialement étudié la question. Mais je crois que c'est un point de détail de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale". Dix ans plus tard, à Munich, le président du FN récidivait. "Sur un livre de 1'000 pages, les camps de concentration occupent 10 à 15 lignes. Cela s'appelle un détail", affirmait-il en présence de l'ancien SS Schönhuber. Il avait alors été condamné et déchu de son immunité de parlementaire européen. Source : "Libération", Paris, 12 octobre 2004]. GRANDE-BRETAGNE_26 décembre, Londres. Réagissant à ce que la presse britannique appelle l'"affaire Kaur Bhatti", le romancier Salman Rushdie s'en prend, dans le "Sunday Telegraph", au gouvernement de Tony Blair. Il se déclare "horrifié" par l'attitude des autorités face aux menaces sikhes dont est victime la dramaturge sikh Guurpreet Kaur Bhatti, dont la pièce "Behzti", qui évoque des agressions sexuelles commises dans un lieu de culte, a été retirée de l'affiche au Birmingham Repertory Theatre. "C'est vraiment terrible d'entendre les ministres [ ] incapables de condamner la violence, quand ils devraient soutenir la liberté d'expression. [ ] Il devrait être établi que dans ce pays, tout artiste est libre d'exprimer ses opinions sur sa communauté". L'auteur des "versets sataniques" vise, sans la nommer, la ministre de l'Intérieur Fiona Mactaggart, qui s'est refusée à condamner, au nom de la liberté d'expression, les débordements sikhs locaux. Salman Rushdie rappelle qu'il s'était vu soutenu plus dignement en son temps, lorsque l'Iran fanatique avait appelé, au nom d'Allah, au meurtre de l'auteur des "Versets sataniques" (ainsi qu'à celui de ses traducteurs et éditeurs dans le monde). "Tous les politiques étaient alors unanimes dans leur condamnation de la menace, et dans leur revendication par principe de la liberté d'expression". LIBAN_13 décembre, Beyrouth. Pour la première fois depuis 1975, lorsque la guerre a éclaté au Liban, l'opposition libanaise, tant chrétienne que musulmane, conservatrice ou de gauche, lance, lundi 13 décembre, un programme commun dénonçant la tutelle syrienne et appelant à la démission du gouvernement pro-syrien. Toutes les tendances de l'opposition, dont le bloc parlementaire du chef socialiste Walid Joumblatt, le rassemblement chrétien de Qornet Chehwan, le parti chrétien interdit des Forces libanaises (FL), le Courant patriotique libre (CPL du général Michel Aoun), la gauche et le Forum démocratique demandent "un Etat libanais souverain et indépendant". Le texte dénonce "l'ingérence des services
de renseignement syriens et libanais qui ont transformé
le Liban en un Etat policier" et appelle à "l'union de toutes les forces de changement pour rétablir la vie démocratique et le respect du principe de l'alternance au pouvoir" et estime que "le gouvernement actuel est un gouvernement partisan qui cherche à diviser les Libanais".
MONDE ARABE_13 décembre, Le Caire. Pas moins de 80 chefs religieux du monde arabe s'engagent à lutter contre le VIH/sida, dans une Déclaration qui souligne leur grande part de responsabilité dans la propagation de l'épidémie et leur devoir d'agir rapidement pour l'enrayer, adoptée sous l'égide de l'agence des Nations unies pour le développement (PNUD). "Nous, leaders musulmans et chrétiens, luttant contre l'épidémie du sida dans le monde arabe, faisons face au danger imminent de l'épidémie du VIH/sida et reconnaissons une grande part de responsabilité et un devoir d'agir de façon urgente", affirment les chefs religieux dans une "Déclaration des chefs religieux du monde arabe en réponse à l'épidémie du VIH/sida". Selon le PNUD, organisateur de la réunion sous les auspices de la Ligue des Etats arabes, l'engagement des chefs religieux permettra un recul de l'épidémie dans le monde arabe. Il favorisera l'abolition de "toute forme de discrimination, d'isolation, de marginalisation et de stigmatisation des personnes affectées par le virus". [Dans le monde arabe, 92'000 personnes ont été récemment infectées et entre 230'000 et 1,5 millions personnes vivent avec le virus. 28'000 personnes sont mortes du sida dans cette région. 250'000 femmes vivent avec le virus et 48% des adultes portant le virus sont des femmes.] NATIONS UNIES
"Nous savons que l'impact [de la catastrophe]
se fera sentir pendant longtemps", déclare
Kofi Annan. "Les derniers chiffres parlent d'eux-mêmes
: au moins 125'000 morts dans la région, un demi-million
de blessés, un million de personnes déplacées,
et au moins 5 millions de personnes nécessitant une assistance
immédiate", précise secrétaire général
des Nations unies, qui ajoute que "les chiffres donnés
actuellement ne sont pour l'instant que des estimations". L'OMS, qui estime que 5 millions de gens n'ont plus le nécessaire pour survivre, redoute les maladies, qui pourraient tuer "au moins autant de personnes" que le séisme, selon le docteur David Nabarro, responsable du groupe de crise de l'OMS. "La terreur immédiate provoquée par le tsunami pourrait être minime par rapport aux souffrances à long terme dans les pays touchés, où le risque d'épidémies est très grand. Le principal souci est le manque d'eau potable avec la contamination du système de distribution de l'eau par les fuites en provenance des égouts. Le paludisme, la fièvre dengue et la pneumonie sont les maladies les plus à craindre dans le Sud-Est asiatique". La directrice du Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef), Carol Bellamy, indique que les enfants représentent "au moins un tiers des victimes". Dans un communiqué, l'Unicef souligne que les mines, héritages d'années de guerre civile, constituent désormais un danger de plus pour les équipes de secours dans certaines régions du Sri Lanka. "Des mines ont été déterrées par les flots et emportées hors des champs de mines connus. Et maintenant, on ne sait plus où elles sont. Le plus grand danger pour les civils va se présenter quand ils commenceront à retourner chez eux, ignorant où se trouvent les mines." Face à l'ampleur de la tragédie, au désarroi humain, au désastre matériel et aux risques sanitaires, les gouvernements des pays industrialisés prennent diverses initiatives. Le président américain George Bush annonce qu'il veut coordonner l'aide des Etats-Unis avec l'Inde, le Japon et l'Australie. Il invite, sans les avoir prévenus, "d'autres Etats", notamment européens, et les Nations unies à s'associer à son initiative, qui crée un nouveau cadre à la diplomatie humanitaire [Sources : Nations unies et presse internationale, dont "Le Monde"].
Mais la deuxième vague de dévastation
portera sur les effets secondaires, qui toucheront des millions
de personnes, souligne Jan Egeland, estimant que "le plus
grave concerne l'eau et l'assainissement", car l'eau potable
de millions de personnes a été polluée et
que l'on peut s'attendre à la diffusion de nombreuses maladies
liées à cette pollution, y compris des problèmes
respiratoires.
_21 décembre, New York (Nations unies)."J'envisage d'importantes perspectives de paix pour l'année qui vient", déclare Kofi Annan, lors de sa conférence de presse de fin d'année. "Nous arrivons à la fin d'une année d'opportunités et de difficultés pour les Nations unies. Notre mission a avancé sur de nombreux fronts". Le secrétaire général des Nations unies a rappelé que les élections en Afghanistan avaient été "un véritable succès" constituant "le point d'orgue d'une transition de trois ans dans le cadre des Nations unies". Il a souligné que l'organisation était maintenant tournée vers les élections en Irak, où les Nations unies assistent la Commission électorale indépendante, et vers les élections dans le territoire palestinien. "Il existe une opportunité importante d'accomplir des progrès dans le processus de paix au Moyen-Orient" et les Nations unies sont prêtes à y contribuer à travers le Quartet, a-t-il précisé. ["En dernier ressort, le Conseil de sécurité doit assumer sa responsabilité pour le maintien de la paix et de la sécurité internationales", a-t-il encore rappelé. "Pour l'avenir, les Etats membres doivent travailler ensemble à l'édification d'une architecture mondiale de sécurité collective pour le 21e siècle". Kofi Annan s'est déclaré encouragé par l'accueil réservé dans de nombreuses capitales au rapport "sur les menaces, les défis et le changement" qui propose une réforme substantielle des Nations unies.] NEPAL_14 décembre, Genève. Après une mission, qui s'est déroulée du 6 au 14 décembre 2004, au Népal, le Groupe de travail sur les disparitions forcées de la Commission des droits de l'homme des Nations unies confirme les "violations massives des droits de l'homme" commises par les autorités, dans le cadre de la détention de personnes soupçonnées d'être "maoïstes", comme par les factions maoïstes elles-mêmes. "Des atrocités commises par les Maoïstes ont
souvent été rapportées au Groupe de travail
par tous ses interlocuteurs", a souligné le président
du Groupe de travail, Stephen Toope. Le Groupe de travail
exprime également sa préoccupation concernant les
disparitions et "l'absence de protection juridique pour les
personnes détenues pour avoir été soupçonnées
d'être "maoïstes" ou de détenir de
renseignements sur les "maoïstes". Le groupe d'experts demande aux autorités politiques et militaires du Népal de "respecter leurs engagements internationaux en matière de droits de l'homme, la Constitution du Népal, les engagements [ ] pris le 26 mars 2004 et les directives de l'armée dans le domaine des droits de l'homme". [Le Groupe de travail a été créé en 1980 par la Commission des droits de l'homme pour, d'une part, aider les familles des victimes à connaître le sort de leurs proches et à les localiser et, d'autre part, agir en tant qu'intermédiaire entre les familles et les gouvernements concernés. Le Groupe est en outre chargé de surveiller et de faire des recommandations sur le respect par les Etats de leurs obligations, en vertu de la Déclaration sur la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, adoptée par l'Assemblée générale des Nations unies, le 18 décembre 1992.] NIGERIA_7 octobre, Abuja. 53'787 Nigérians, dont les deux tiers sont des femmes et des enfants, sont morts dans des affrontements opposants chrétiens et musulmans dans l'Etat du Plateau (centre) depuis trois ans, indiquent les autorités nigérianes. Selon ce premier bilan officiel de la crise interreligieuse qui a éclaté le 7 septembre 2001 à Jos, la capitale de l'Etat du Plateau, parmi les personnes tuées, "18'931 sont des hommes, 17'397 des femmes et 17'459 sont des enfants". Les autorités précisent également que "25'129 maisons ont été détruites ainsi que 865 magasins". REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE_31 décembre, New York. Le dernier rapport du secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, sur la République centrafricaine montre que la situation "s'améliore progressivement, en dépit d'insuffisances notoires dans les domaines de la gouvernance et des droits de l'homme". Le rapport couvre la période allant du 8 juillet au 31 décembre 2004. ROUMANIE_13 décembre, Bucarest. Le candidat de l'opposition centriste et maire de Bucarest, Traian Basescu, remporte l'élection présidentielle roumaine avec 51,23 % des voix, contre 48,77 % à son adversaire, le premier ministre sortant Adrian Nastase. Il aura pour première tâche de composer un gouvernement chargé de mener à bien l'adhésion du pays à l'Union européenne malgré l'absence de majorité au Parlement. RUSSIE / Tchétchénie_27 décembre, Genève. Malgré des progrès, la Russie a encore beaucoup à faire pour améliorer les droits des femmes, selon un expert des Nations unies. Même si la Russie a mené au cours de la dernière décennie des changements administratifs et législatifs qui ont permis d'améliorer leur situation, la violence à l'égard des femmes - en particulier à la maison - continue de faire des milliers de victimes chaque année, déclare Yakin Ertürk, Rapporteur spéciale de la Commission des droits de l'homme sur la violence contre les femmes, lors de sa visite effectuée en Fédération de Russie du 17 au 24 octobre 2004. "La violence contre les femmes et la discrimination à leur égard reste encore une faible priorité de l'Etat" russe, explique Yakin Ertürk, ajoutant "qu'une loi nationale sur la violence domestique, présentée à la Douma - le Parlement russe - n'avait pas été adoptée", et que la "Commission de la femme, en charge de promouvoir l'égalité entre les sexes, avait été supprimée" en 2004. Yakin Ertürk attire également l'attention sur la situation en Tchétchénie où des femmes sont détenues arbitrairement et torturées et où d'autres sont portées disparues. _24 décembre, Genève. Les Nations unies annoncent avoir recueilli des témoignages directs en Tchétchénie de femmes arbitrairement détenues et torturées après des opérations spéciales menées par les forces russes. Selon un rapporteur spécial de la Commission des droits de lhomme, les détentions et les tortures sont présentées comme une réponse à limplication des femmes dans les attaques terroristes, notamment comme kamikazes. _22 octobre, Moscou. La Douma [Parlement russe] approuve à une très large majorité, par 334 députés (pour 226 voix requises), le protocole de Kyoto. Le texte doit encore être entériné par la chambre haute du Parlement le 27 octobre - procédure essentiellement formelle -, et être signé par le président Vladimir Poutine. Les Etats-Unis ont rejeté ce traité en mars 2001. [Ce vote permet au traité international, conclu en 1997 visant à lutter contre le réchauffement climatique d'entrer en vigueur : Kyoto devait être ratifié par au moins 55 pays représentant 55% des émissions de CO2 des pays industrialisés. L'organisation écologique Greenpeace a salué ce "moment de l'histoire où l'humanité fait face à ses responsabilités".] _8 octobre, Moscou. Les défenseurs russes des droits de l'homme dénoncent un "coup d'Etat constitutionnel" en cours selon eux en Russie, et mettent en garde contre la perspective du passage de l'autoritarisme à une "variante du fascisme", dans une déclaration signée par plusieurs personnalités, dont la veuve du Prix Nobel de la Paix Andreï Sakharov, Elena Bonner, par l'Ong Memorial, le groupe Helsinki et d'autres organisations russes. "Il faut constater comme un fait établi le coup d'Etat constitutionnel en cours dans notre pays", affirment les signataires, évoquant le renforcement du pouvoir central amorcé en septembre 2004 par Vladimir Poutine, ainsi que l'emprise exercée sur les médias et sur la justice. "Ce coup d'Etat menace la Russie d'une crise profonde, d'une dégradation, et à terme d'une catastrophe historique. Il n'est pas exclu que l'on passe rapidement du régime autoritaire à l'établissement d'une variante du fascisme", ajoute la déclaration. RWANDA_7 décembre, New York. Dans une "déclaration présidentielle", le Conseil de sécurité des Nations unies demande au gouvernement rwandais de "retirer sans délai toutes forces qu'il pourrait avoir sur le territoire de la République démocratique du Congo" (RDC). "Le Conseil exprime sa très vive préoccupation devant les multiples rapports faisant état d'opérations militaires de l'armée rwandaise dans l'est de la République démocratique du Congo et devant les menaces du gouvernement rwandais à cet égard". Le Conseil de sécurité appelle les Etats de la région à s'abstenir de toute action ou déclaration contraire au droit international ou qui "porterait atteinte à la stabilité déjà fragile de la région". Il reconnaît toutefois que "la présence des ex-FAR et Interahamwés [hutus rwandais] y est une source d'instabilité, une menace sur les populations civiles et un obstacle à des relations de bon voisinage entre la République démocratique du Congo et le Rwanda". _3 décembre, Paris. Plusieurs milliers de soldats rwandais sont engagés contre les bases rebelles hutues en République démocratique du Congo (RDC), indique "Le Monde". Selon plusieurs sources, écrit le quotidien, de 4'000 à 5'000 soldats rwandais se trouvent dans l'est du Congo, infiltrés depuis la semaine précédente. Les troupes de Kigali sont venues se livrer à une étonnante "frappe chirurgicale" contre les miliciens interahamwes et les FAR, anciens soldats de l'armée rwandaise impliqués dans le génocide de 1994, qui ont installé dans les forêts congolaises les bases d'une rébellion hutue forte d'une dizaine de milliers d'hommes. La neutralisation de ces groupes avait déjà été le prétexte du déclenchement de la seconde guerre du Congo par le Rwanda, qui n'avait pas anéanti beaucoup de ses ennemis mais qui avait considérablement pillé le pays pendant cinq ans. [La Mission des Nations unies en RDC (Monuc) a affirmé, le 2 décembre 2004, disposer d'indices sur la présence de troupes rwandaises en RDC, ce que le Rwanda a démenti. De son côté, le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha) en RDC, qui évoque des "milliers de civils" déplacés, s'inquiète des conséquences humanitaires des nouvelles tensions entre le Rwanda et la RDC dans l'est de ce pays, selon un communiqué publié le 3 décembre. "Des morts et des blessés parmi les civils auraient été signalés" dans le Nord-Kivu, province congolaise frontalière du Rwanda, à la suite de "combats" entre les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe de rebelles hutus rwandais basés en RDC, et d'autres hommes armés non identifiés. _25 novembre, Dakar. En visite officielle au Sénégal, le président rwandais, Paul Kagamé, déclare que son pays allait "soccuper", le moment venu, des bases installées en République démocratique du Congo (RDC) par des extrémistes hutus (Interhamwes) ayant participé au génocide de 1994. "Les interhamwes ont déstabilisé notre pays et tué notre peuple sous les yeux de la communauté internationale, et rien na été fait pour régler ce problème. [ ] Si la communauté internationale ne peut pas le faire, alors qui peut le faire en dehors de nous. Nous navons pas dautre choix". SENEGAL_30 décembre, Ziguinchor [capitale régionale de la Basse-Casamance]. Un accord destiné à ramener la paix en Casamance, région du sud du Sénégal affectée par une rébellion armée indépendantiste depuis plus de deux décennies, signé entre le gouvernement sénégalais et le dirigeant historique de la rébellion, l'abbé Augustin Diamacoune Senghor, chef du MFDC (Mouvement des Forces Démocratiques de Casamance, indépendantiste). Le texte prévoit, outre "le renoncement définitif à la lutte armée", le déminage de la région, le retour des réfugiés et l'intégration des combattants rebelles dans des structures paramilitaires sénégalaises. Le MFDC "s'engage à cantonner, à désarmer et à démobiliser ses combattants". Trois factions au moins du mouvement indépendantiste ont refusé de s'associer à l'accord. SERBIE / KOSOVO_25 octobre, Pristina. Avec 45,30% des suffrages exprimés, le parti du président Ibrahim Rugova, la Ligue démocratique du Kosovo (LDK) remporte les élections législatives qui se sont déroulées le 23 octobre dans cette province de la République de Serbie administrée par les Nations unies depuis 1999. La LDK devance le Parti démocratique du Kosovo (PDK, 28,65%) du premier ministre Bajram Rexhepi, ainsi que l'Alliance pour l'avenir du Kosovo (AAK, 8,28%) de Ramush Haradinaj, un ancien représentant de l'Armée de libération du Kosovo (UCK). Le scrutin a été boycotté par la minorité serbe qui perd sa place de troisième groupe parlementaire et devra se contenter des 10 sièges qui lui étaient, d'avance réservés. Le Parlement, qui élit le président de la province, compte 120 sièges, dont 10 attribués d'office aux Serbes et 10 aux autres minorités. Le taux de participation a été de 51,11% sur 1,3 millions d'électeurs. Des discussions sur le statut final de la province doivent débuter début 2005. Les albanophones, qui représentent 90 % de la population, demandent l'indépendance. SERBIE-MONTENEGRO_15 décembre, La Haye. La Cour internationale de justice (CIJ) déboute la Serbie-Monténégro de sa plainte contre huit Etats membres de l'Alliance atlantique (OTAN). La plainte, déposée en avril 1999 en pleine opération de bombardements de l'OTAN sur la Yougoslavie [devenue Serbie-Monténégro, en 2003], lors de la crise du Kosovo, visait huit pays membres de l'organisation, dont la France. La Yougoslavie de Slobodan Milosevic y dénonçait l'illégalité de l'opération de bombardements menée en 1999 par l'OTAN et qualifiait de génocide les "attaques contre des cibles civiles". La Cour s'est déclarée incompétente.SOUDAN_31 décembre, Naivasha (Kenya). Le gouvernement soudanais et les rebelles du Sud, l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA), se mettent "d'accord sur le cessez-le-feu et les modalités d'application" de l'accord de paix qui devrait être signé le 9 janvier 2005 à Nairobi. [Avec cet "accord de paix global", le Soudan, plus vaste pays d'Afrique, devrait tourner définitivement la page du conflit le plus long en cours sur le continent africain et qui, en 21 ans de guerre civile, a fait 2 millions de morts et entraîné le déplacement de quatre millions de personnes.] Le secrétaire général des Nations unies,
Kofi Annan, s'est félicité de la signature
officielle prochaine de l'Accord de paix global qui "ouvrira
une nouvelle période de paix au Soudan", à
laquelle les Nations Unies sont prêtes à apporter
leur contribution.]
_30 décembre, Khartoum. Le gouvernement soudanais et les rebelles du Sud, l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA), se mettent "d'accord sur le cessez-le-feu et les modalités d'application" de l'accord de paix qui devrait être signé le 9 janvier 2005 à Nairobi. [Avec cet accord global, le Soudan, plus vaste pays d'Afrique, devrait tourner définitivement la page du conflit le plus long en cours sur le continent africain et qui, en 21 ans de guerre, a déjà fait 1,5 million de morts et entraîné le déplacement de quatre millions de personnes.] _19 novembre, Nairobi (Kenya). Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté à l'unanimité, à Nairobi, une résolution sur le Soudan, qui promet l'aide de la communauté internationale une fois la signature d'un accord de paix définitif dans le sud, prévu pour le 31 décembre 2004 "au plus tard", et appelle à une cessation "immédiate" des violences au Darfour (ouest du Soudan). La résolution ne contient pas de menaces de sanctions. La veille, le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, avait affirmé que la situation "continuait à se détériorer" au Darfour et appelé le Conseil à décider des "actions urgentes". _18 novembre, Nairobi (Kenya). Kofi Annan appelle à un accord de paix rapide dans le sud du Soudan, en guerre depuis 21 ans, estimant qu'il servirait de base à une résolution du conflit au Darfour, dans l'ouest du pays. "Il est grand temps de conclure les négociations entre le gouvernement du Soudan et l'Armée populaire de libération du Soudan" (SPLA), la principale rébellion du pays, dans le sud du pays, a déclaré le secrétaire général des Nations unies devant le Conseil de sécurité réuni exceptionnellement à Nairobi, au Kenya. SUISSE_28 décembre, Lausanne. La justice genevoise est compétente pour examiner la plainte déposée contre IBM (International Business Machines Corporation) par l'association tzigane GIRCA (Gypsy international recognition and compensation action). Le Tribunal fédéral suisse (TF) déboute la multinationale américaine, qui contestait qu'un procès puisse s'ouvrir à Genève. GIRCA reproche à IBM d'avoir livré, par le biais d'une de ses filiales, à la société allemande Deutsche Hollerith Maschinen GmbH (Dehomag), des machines à fabriquer des cartes perforées à l'Allemagne nazie - cartes permettant d'identifier les détenus selon leur origine. En livrant ces appareils, GIRCA soutient que IBM s'est ainsi rendue complice des crimes commis contre les Tziganes et les juifs durant la Deuxième Guerre mondiale. Dans les années trente, la multinationale avait installé son siège européen à Genève et IBM Allemagne dépendait de ce siège, affirme l'association tzigane, qui explique ainsi les raisons du dépôt de sa plainte en Suisse. [Entre 1933 et 1945, plus de 600'000 Tziganes ont péri dans les camps nazis. Agissant au nom des victimes, GIRCA a publié sur son site Internet [www.gypsycompensation.org] une évaluation des prétentions que peuvent faire valoir ceux qui ont perdu des parents ou des enfants. Elles se situent dans une fourchette de 1'000 à 20'000 francs (suisses) pour ce qui concerne le tort moral, la perte de soutien financier étant fixée à 500 francs par année pour la mort du père ou de la mère.] _28 novembre, Berne. Les Suisses approuvent à une large majorité par référendum [66,4%de oui, contre 32,8% de non] une loi permettant la recherche sur les cellules souches issues d'embryons humains, mais excluant toute forme de clonage. Pour le gouvernement suisse, qui avait recommandé aux électeurs d'accepter le projet de la loi, la recherche sur ces cellules souches est aussi "porteuse d'espoir" notamment pour le traitement de la paralysie, des maladies de coeur, du diabète et de la maladie de Parkinson. "Au vu de la souffrance causée par ces maladies graves et aujourd'hui incurables, il serait erroné d'empêcher cette recherche en Suisse", expliquait le gouvernement dans la brochure destinée aux électeurs. "La recherche sur les cellules souches n'est pas synonyme de clonage, contrairement à ce qu'affirment certains adversaires de la loi". La loi entend garantir toute forme d'abus, en exigeant que tout projet de recherche soit examiné notamment par une "commission d'éthique compétente" en fonction de critères éthiques et scientifiques. La loi interdit la production des embryons à des fins de recherche ou à la création de clone. [Les cellules souches seront issues exclusivement d'embryons
surnuméraires, c'est-à-dire d'embryons qui ont été
fécondés artificiellement, mais ne peuvent pas être
utilisés pour induire une grossesse, et "qui sont
de toute façon condamnés à mourir".
Le droit en vigueur prévoit déjà de laisser
mourir tout embryon surnuméraire. Pour les opposants à
loi, l'embryon doit être considéré comme un
être humain, et ne peut être sacrifié pour
la recherche. Ils s'opposent à toute forme de recherche
sur les cellules embryonnaires humaines.] _28 novembre, Sion. Le président du Conseil d'Etat (exécutif) du canton du Valais, Jean-René Fournier, veut expulser les musulmans "qui ne respectent pas nos valeurs". Dans une interview publiée par "Le Matin dimanche", il se dit aussi opposé à la formation d'imams en Suisse. "Cela peut paraître cruel, extrême et fermé, mais c'est le seul moyen de trouver une solution face à des gens qui viennent chez nous pour nous traiter de mécréants aux moeurs dissolues". TUNISIE_24 octobre, Tunis. Le président Zine El-Abidine Ben Ali réélu avec un score de 94,48 % des suffrages, pour un quatrième quinquennat, selon les résultats officiels provisoires. C'est à Tunis, où il n'a obtenu "que" 92 % des suffrages, que le chef de l'Etat réalise son plus mauvais score. Au cours des trois scrutins présidentiels précédents, le chef de l'Etat l'avait emporté avec plus de 99 % des suffrages à l'échelle nationale. Aux élections législatives, organisées parallèlement au scrutin présidentiel, le parti du chef de l'Etat, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), remporte 80 % des sièges du Parlement. _7 octobre, Tunis. La situation des droits de l'homme en Tunisie a "empiré" en 2003, déclare le président de la Ligue tunisienne de défense des droits de l'homme (LTDH), Mokhtar Trifi. "La situation des libertés a empiré en 2003 avec l'adoption en décembre d'une loi anti-terroriste", assure-t-il, estimant qu'elle "porte atteinte à des droits essentiels du citoyen, de la société civile et des partis politiques ainsi qu'à la liberté de la presse". "Avec cette loi, plusieurs libertés ont été bafouées au nom de la lutte contre le terrorisme", ajoute-t-il, évoquant la condamnation de huit jeunes internautes à de lourdes peines de prison "sous prétexte d'accès à des documents sur Internet". TURQUIE_13 décembre, Bruxelles. Le ministre des affaires étrangères, Michel Barnier, annonce que la France demandera à la Turquie de reconnaître le "génocide" arménien pendant ses négociations d'adhésion à l'Union européenne. "Je pense qu'un grand pays comme la Turquie doit faire son devoir de mémoire", a-t-il indiqué. "Si, comme je le crois, le projet européen depuis plus de 50 ans est fondé sur la réconciliation, réconciliation entre nous - et la France et l'Allemagne ont fondé ce projet sur cette idée-là - et puis réconciliation avec soi-même, alors je pense que la Turquie devra, le moment venu, faire le travail de mémoire, de réconciliation avec sa propre histoire et reconnaître cette tragédie [ ] du début du siècle qui a touché plusieurs centaines de milliers d'Arméniens". "Nous ne le reconnaîtrons jamais", ont
rétorqué les autorités turques, qui parlent
de "soi-disant génocide". [Le président Jacques Chirac a affirmé, le 15 décembre 2004, que la reconnaissance du génocide arménien, "c'est la loi" en France et a demandé à la Turquie de faire "un effort de mémoire". "Nous sommes en France un pays de droit. Il y a une loi qui a été votée [ ] aussi bien du Sénat que de l'Assemblée nationale, qui parle de génocide. Par conséquent, c'est la loi", a-t-il rappelé, insistant sur "les efforts de réconciliation et de paix" qui ont "jalonné" l'histoire européenne et se sont traduits partout "par un effort de mémoire important". "Cet effort doit être fait, bien entendu, par la Turquie et je suis sûr qu'elle le fera".] _22 octobre, Ankara. Quatre anciens députés kurdes, dont Leila Zana - lauréate 1995 du prix Sakharov du Parlement européen -, annoncent la création dun nouveau parti, en vue de soutenir le processus européen de la Turquie et dobtenir une solution pacifique et démocratique à la question kurde dans ce pays. Les Kurdes sont estimés à quelque 15 millions sur une population de plus de 70 millions dhabitants. _6 octobre, Bruxelles. La Commission européenne recommande l'ouverture de négociations d'adhésion avec la Turquie, dont les progrès vers la démocratie sont jugés suffisants. Dans un rapport de 9 pages, les commissaires durcissent néanmoins les processus de discussion et affirment que "les résultats ne peuvent être garantis à l'avance". Ils intègrent une clause de suspension des négociations. L'adhésion éventuelle se ferait au plus tôt en 2015. UKRAINE_31 décembre, Kiev. Le premier ministre ukrainien Viktor Ianoukovitch annonce sa démission, lors d'une allocution diffusée sur la chaîne de télévision TRK-Ukraïna. Estimant "illégitime" le scrutin présidentiel du 26 décembre [qui a vu l'élection de Viktor Iouchtchenko], il assure que l'Ukraine "est proche d'une défaite sérieuse pour la première fois en treize ans, son indépendance est mise en cause. Des forces extérieures se sont servies d'une crise intérieure pour montrer au monde entier leur force et leur influence". En revanche, dans ses voeux de Nouvel An, le président sortant, Leonid Koutchma, appelle les Ukrainiens à "accepter le choix démocratique" exprimé à travers le vote du 26 décembre". _27 décembre, Kiev. Viktor Ianoukovitch déclare qu'il ne reconnaîtra jamais [sa défaite à la présidentielle] car la Constitution et les droits de l'homme ont été bafoués". Le candidat pro-russe, qui affirme que 4,8 millions d'électeurs "n'ont pu voter, ont été repoussés et humiliés", annonce qu'il va demander à la Cour suprême d'annuler le vote pour des violations de la Constitution. _27 décembre, Kiev. "Nous avons été indépendants pendant quatorze ans, maintenant nous sommes libres", déclare Viktor Iouchtchenko, Il appelle ses concitoyens à "consolider la liberté conquise" et souligne que "le sort futur du pays ne dépendait ni de Moscou, ni de la Pologne, ni de l'Amérique, ni de l'Europe. [ ] L'avenir de l'Ukraine ne dépend que de nous". Cette "révolution orange" est intervenue tout juste un an près la "révolution des roses" qui a porté au pouvoir dans l'ex-république soviétique de Géorgie un autre pro-occidental, Mikhaïl Saakachvili. _26 décembre, Kiev. Le candidat de l'opposition Viktor Iouchtchenko, chef de file de la "révolution orange", remporte l'élection présidentielle en Ukraine. Il recueille 52,7 % des voix, soit 14,52 millions, contre 43,51 %, soit 11,98 millions, pour son rival, Viktor Ianoukovitch, soutenu par la Russie. [Victor Iouchtchenko, 50 ans, économiste, a présidé
la Banque nationale de 1993 à 1999. Il a été
nommé premier ministre en 1999, puis limogé en 2001.
Il est le leader de la coalition "Notre Ukraine", qui
devient la première force politique aux élections
législatives de 2002. _3 décembre, Kiev. La Cour suprême d'Ukraine juge que "les actions de la commission électorale centrale étaient illégales" et annule la victoire du candidat du pouvoir, Viktor Ianoukovitch, à l'élection présidentielle. Un nouveau second tour pourrait être organisé le 26 décembre. La Cour a constaté des fraudes trop importantes pour établir le résultat du scrutin. _24 novembre, Kiev. La victoire du candidat pro-russe, Viktor Ianoukovitch, à l'élection présidentielle officiellement proclamée par la commission électorale. Le candidat de l'opposition, Viktor Iouchtchenko, appelle aussitôt à une grève générale et au blocage des voies de communication. Les Etats-Unis ne reconnaissent pas la légitimité du scrutin. L'Union européenne (UE) appelle à "une solution politique négociée". _23 novembre, Kiev. Des centaines de milliers de manifestants
sont réunis dans le centre de Kiev pour contester le résultat
de l'élection présidentielle du 21 novembre. Officiellement,
le premier ministre pro-russe, Viktor Ianoukovitch, l'a emporté, mais l'opposition et les observateurs dénoncent de vastes fraudes et estiment que la victoire doit revenir au candidat pro-occidental, Viktor Iouchtchenko.
VATICAN_24 décembre, Vatican. Jean Paul II prie pour la paix en Terre Sainte et dans le reste du monde lors de la messe de Noël célébrée en la basilique Saint-Pierre et retransmise en direct dans 72 pays. "Seigneur, nous te reconnaissons comme notre unique Dieu [...] L'humanité entière, marquée par de nombreuses épreuves et de nombreuses difficultés, à besoin de toi", déclare-t-il au cours de sa courte homélie. Le pape souhaite que "la Terre Sainte puisse connaître des temps de prospérité et de coexistence pacifique, dans le respect réciproque de ses habitants", au cours de la prière avec les fidèles. ZIMBABWE_15 octobre, Harare. Le chef de lopposition, Morgan Tsvangirai, qui était accusé de trahison pour complot en vue de renverser le président Robert Mugabe, acquitté par la haute Cour. Tsvangirai, 52 ans, risquait une condamnation à mort ou une longue peine demprisonnement. > ET AUSSI... <_DROITS DE L'HOMME _16 novembre, Genève. Tous les auteurs de violations de droits de l'homme lors des combats de Fallouja (Irak) devront être traduits en justice, qu'ils soient membres de la Force multinationale ou insurgés, déclare la haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, qui s'inquiète des difficultés d'accès de l'aide humanitaire aux civils et appelle "les parties au combat à prendre toutes les précautions pour protéger les civils".
Elle se prononce en faveur d'une enquête sur "toutes les violations du droit international humanitaire et des droits de l'homme", précisant que ceux qui ont pris délibérément pour cible des civils ont lancé des attaques disproportionnées et sans discrimination, ont tué des blessés et utilisé des boucliers humains doivent être traduits en justice, "qu'ils soient membres de la Force multinationale ou insurgés". [Amnesty International s'est inquiété, le 15 novembre, "de la violation des règles de la guerre destinées à protéger civils et combattants" dans la prise de contrôle de Fallouja par les troupes américaines. L'organisation humanitaire "craint que des civils n'aient été tués, en violation du droit international humanitaire, les parties au conflit n'ayant pris aucune des précautions nécessaires à la protection des non-combattants". Elle demande "une clarification", estimant qu'il y a "de plus en plus de comptes rendus alarmants dans les médias", comme par exemple "certaines informations qui font état d'insurgés utilisant des zones civiles ou des cibles civiles pour attirer des combattants". _DROITS DES FEMMES
_PEINE DE MORT _14 décembre, Washington. La peine de mort
recule régulièrement aux Etats-Unis depuis cinq
ans, selon l'ensemble des indicateurs, et cette tendance s'est
encore confirmée en 2004, indique le Centre d'information
sur la peine de mort (DPIC), dans son rapport annuel. Selon le ministère de la justice, 144 personnes ont été condamnées à mort en 2003, ce qui représente le chiffre le plus bas depuis une trentaine d'années. D'après la tendance des trois premiers trimestres de l'année, ce chiffre devrait se situer autour de 130 en 2004, estime le DPIC. De la même façon, le nombre des condamnés attendant leur exécution dans les "couloirs de la mort" des prisons américaines a diminué, passant de 3 504 en 2003 à 3 471. _6 octobre, Montréal. Ouverture du 2e congrès mondial contre la peine de mort. Cette manifestation entend notamment dénoncer les exécutions capitales aux Etats-Unis voisins. Selon Amnesty International, qui estime ne disposer que d'une infime partie des statistiques, au moins 1'526 personnes ont été exécutées dans 31 pays et territoires en 2002. Plus des trois quarts de ces exécutions ont eu lieu en Chine, en Iran et aux Etats-Unis. _PRIX NOBEL _8 octobre, Oslo. Le prix Nobel de la paix 2004 attribué à la militante écologiste kényane Wangari Maathai, 64 ans, première femme africaine à recevoir la récompense. "Le comité Nobel norvégien a décidé d'attribuer le prix Nobel de la paix 2004 à Wangari Maathai pour sa contribution en faveur du développement durable, de la démocratie et de la paix", a fait valoir le comité Nobel dans ses attendus. Née dans une famille pauvre de la région de Nyeri, bastion de l'ethnie kikuyu, Wangari Maathai, 64 ans, est la "première femme africaine à recevoir un prix Nobel, est une atypique née. Militante écologiste et "activiste" politique, à moins que ce ne soit l'inverse, elle s'est fait un nom en menant, de front, la défense du doit des femmes et celle des forêts du Kenya, sans craindre de cheminer, en funambule, sur le fil de la violence", écrit Jean-Philippe Rémy dans le quotidien "Le Monde". "Wangari Maathai se reconnaît des affinités avec un mouvement secret, baptisé Mungiki, qui rassemble des jeunes Kikuyus issus des milieux pauvres et se réclamant de l'héritage Mau Mau. [
] "Ce sont des déshérités à qui tout a été refusé. Ils ont été rejetés des écoles, faute de place, et n'ont pas trouvé de travail. Ils voient bien que tout leur est interdit pour la seule raison qu'ils sont kikuyus". La violence dont les Mungiki sont adeptes ne la perturbe pas : "Si l'oppression continue, si on tue encore nos frères, ce sera la guerre civile dans ce pays". "Lorsque les Mungiki lancent une campagne pour exciser les femmes kikuyus, au besoin par la force, en affirmant que cette "pratique traditionnelle" leur a été interdite par les colons, Wangari Maathai ne les désavoue pas plus. "L'excision est au coeur de l'identité des Kikuyus. Toutes nos valeurs sont bâties autour de cette pratique", explique-t-elle" ["Le Monde", 11 octobre 2004]. _REFUGIES _12 octobre, Bruxelles. Plusieurs organisations humanitaires lancent un "appel européen contre la création de camps aux frontières de l'Europe", qui seraient destinés, selon un projet du ministre allemand de l'intérieur, Otto Schilly, à accueillir les candidats à l'émigration dans les pays de l'Union européenne (UE). "Si elle venait à se concrétiser, écrivent ces organisations, cette proposition consacrerait une régression sans précédent dans la façon dont l'Europe entend assumer ses responsabilités à l'égard des populations fuyant les conflits, les violations des droits de l'homme et la misère". Parmi les signataires figurent la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme, Human Rights Watch, le Comité des Eglises pour les migrants en Europe, la Cimade, le Gisti (Groupe d'information et de soutien aux immigrés).
_4 octobre, Genève. Ruud Lubbers, indique que le nombre de réfugiés et de demandeurs d'asile ne cesse de décroître. Le nombre de personnes relevant de la compétence de l'agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a chuté de 21,8 millions en janvier 2001 à 17,1 millions au début de l'année 2004 - une baisse de presque 22 %. Parallèlement, le nombre de demandeurs d'asile dans les pays industrialisés a atteint son plus bas niveau depuis 17 ans. Le haut commissaire des Nations unies fait état également d'évolutions positives : retour d'un million de Bosniaques, de 3,5 millions d'Afghans, fin du rapatriement de 280'000 personnes au Sierra Leone, début d'un programme de retour de 340'000 réfugiés du Libéria. Plus de 250'000 autres sont retournés en Angola et 230'000 en Erythrée. Ruud Lubbers se dit inquiet du contexte dans lequel le HCR est amené à agir. Le droit d'asile est en crise, affirme-t-il. "Ces dernières années, la politisation du débat sur l'immigration, la confusion qui prévaut entre réfugiés et migrants économiques et la crainte des réseaux criminels et terroristes ont toutes trois contribué à l'érosion de la législation sur l'asile dans de nombreux pays". _1er octobre, Genève. Le haut commissaire des Nations unies aux réfugiés, Ruud Lubbers, réfuté les informations impliquant le Haut Commissariat pour les réfugiés (HCR) dans la création de centres de demandeurs d'asile en Afrique du Nord et plaide à nouveau auprès des ministres européens pour une gestion européenne commune de l'asile qui adopterait les normes les plus élevées possible.
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