droitshumains.org
2004-L'actualité des droits de l'homme dans le monde



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 ABOU
 GHRAIB

PUCE Violences et tortures
PUCE Bavures ou pratiques ordinaires?
PUCE Les procès des tortures

PUCE La 3e Convention de Genève

PUCE Le rapport du CICR [extraits, février 2004]
PUCE Le rapport d’Amnesty [Bassorah, mai 2004]

IMAGES DES TORTURES
PUCE Les photos du
New Yorker

PUCE Les photos du Washington Post

UN DOSSIER DU "MONDE"
PUCEDe Guantanamo
à Abou Ghraib

[pdf 1.4 Mo]
PUCELe rapport du CICR

POINTS DE VUE
PUCE Le droit à l'humanité
PUCE L'hygiène du bourreau
PUCE Torture: l'humanité a dit "non"!

POINT DE VUE

__Torture : l'humanité a dit "non" !
par Guy Aurenche

Face à la torture, les "il n'y a qu'à" ne tiennent pas. L'écrivain Ariel Dorfman ["La question qu'Ivan Karamazov ne pose pas", Le Monde du 6 mai 2004] a raison, aidé par Dostoïevski, de ne pas simplifier le choix : faut-il vraiment refuser la torture en toutes circonstances ?

Nos peurs, nos désirs de paix, parfois de prétendues justifications supérieures nous amènent facilement à fermer les yeux sur la souffrance d'un être humain, surtout s'il est présumé coupable.

Pourtant, Ariel Dorfman oublie que, dans sa marche historique, l'humanité a vécu les profondeurs de l'horreur et à répondu à la question de la manière suivante : "Nul ne sera soumis à la torture ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants" (article 5 de la Déclaration universelle des droits de l'homme. Nations unies, le 10 décembre 1948).

La réponse juridique, l'affirmation d'un principe, ne saurait remplacer les décisions qu'il nous faut prendre, en conscience, à chaque événement menaçant.

Pourtant, les hommes et les femmes qui ont vécu la Shoah, ceux qui ont utilisé la bombe atomique et provoqué des destructions massives des populations civiles nous guident.

Il n'est pas bon d'oublier ce que l'humanité tout entière affirme (sans le respecter), comme si la conscience universelle n'avait pas déjà parlé !

Certes, la question est reposée à chaque fois, mais les éléments de réponse existent. A nos sociétés de les utiliser et d'en faire des interdits politiques, des propositions pédagogiques, des impératifs théologiques ou philosophiques.

Il n'est pas bon de considérer comme négligeable les références au droit international au motif que nombre d'Etats s'en moquent. Le cynisme des puissants ne peut faire disparaître le choix des "peuples du monde entier qui ont proclamé leur foi en la dignité et la valeur de la personne humaine".

En passant sous silence les engagements pris par l'humanité torturée, en relativisant les normes qui peu à peu imprègnent une conscience mondiale, on laisse chacun seul, démuni, devant des choix qui, s'ils sont éternellement à refaire, ont déjà connu des réponses : la torture, jamais !

Guy Aurenche est avocat, président d'honneur de la Fédération internationale de l'action des chrétiens pour l'abolition de la torture (ACAT). Point de vue publié dans le quotidien Le Monde, Paris, 14 mai 2004.

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