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L'actualité des droits de l'homme 2005 |
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AFGHANISTAN_17 février, Bruxelles. Plus d'un million de réfugiés afghans actuellement en Iran et au Pakistan devraient pouvoir retourner en Afghanistan au cours des deux prochaines années, indique le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), qui rappelle que le rapatriement volontaire reste la meilleure solution et qu'il faut aussi penser à ceux qui voudraient rester dans leur pays d'adoption. En 2004, le HCR a aidé près d'un million de réfugiés à rentrer en Afghanistan. Entre deux et trois millions de réfugiés afghans vivent toujours en Iran et au Pakistan - environ 960'000 en Iran et 1,2 million dans les camps de réfugiés au Pakistan selon les dernières estimations, à cela il faut ajouter un nombre encore non estimé de réfugiés qui vivent dans les grandes agglomérations pakistanaises. ALGERIE_31 mars, Alger. Des "agents de l'Etat" sont responsables à titre individuel de la disparition de 6'146 personnes en Algérie, entre 1992 et 1998, à la suite des affrontements entre les groupes armés islamistes et les services de sécurité algériens, selon le rapport de la Commission consultative sur les droits de l'homme, mise en place en 2003 et présidée par Me Farouk Ksentini. Pour ce dernier, l'Etat algérien est "responsable, mais pas coupable" des disparitions intervenues pendant cette période. Lors de ces affrontements, qui ont fait officiellement 150'00 morts, "le premier disparu était bel et bien l'Etat". Ces propos, note "Le Monde", ont suscité une vigoureuse réaction de Me Ali Yahia Abdenour, président de la Ligue algérienne de défense des droits de l'homme (Laddh), qui a accusé l'auteur du rapport de n'être qu'un "chargé de mission" du pouvoir qui "pollue les droits de l'homme". Le président Abdelaziz Bouteflika s'était engagé à "tout faire pour élucider le sort de ces disparus". _26 février, Sétif. L'ambassadeur de France, Hubert Colin de Verdière, dépose une gerbe devant la plaque commémorant les massacres du 8 mai 1945. Des manifestations en faveur de l'indépendance du pays avaient été violemment réprimées par l'armée française, notamment à Sétif (300 km à l'est d'Alger) et dans les villes voisines de Sétif et Guelma. Le bilan de la répression serait de 7'000 à 45'000 morts, selon les sources. "Fallait-il, hélas, qu'il y ait sur cette terre un abîme d'incompréhension entre les communautés, pour que se produise cet enchaînement d'un climat de peur, de manifestations et de leur répression, d'assassinats et de massacres !", déclare le diplomate français. [L'hommage rendu par le diplomate français aux victimes des massacres du 8 mai 1945 constitue une reconnaissance par la France, estime la presse algérienne, souhaitant qu'elle soit un pas vers une "demande de pardon". "M. Hubert Colin de Verdière a montré le bon chemin pour enterrer durablement les ressentiments", écrit "Le Jeune Indépendant", déplorant cependant que "la France officielle refuse de demander pardon au peuple algérien pour les souffrances qu'elle a causées".] ARABIE SAOUDITE_10 février, Ryad. L'Arabie saoudite procède aux premières élections de son histoire : les citoyens sont appelés à élire une partie de leurs conseillers municipaux, pour la capitale Ryad et la région. La moitié d'entre eux demeurent nommés par le gouvernement - et les femmes sont exclues du scrutin. Deux autres scrutins auront lieu le 3 mars, pour les communes des provinces de l'est et du sud-ouest du royaume; le 21 avril, pour celles du nord et de l'ouest. [Ce premier exercice électoral a une portée limitée, note le quotidien "Le Monde", mais est un signe de la volonté du royaume de s'engager à petits pas sur le chemin des réformes. "Dans une société fermée, même ce qui est de pure forme devient fondamental", explique l'universitaire Abdel Rahman Al-Habib. ARGENTINE_14 janvier, Madrid. Ouverture du procès d'Adolfo Scilingo. L'ancien officier de marine argentin comparaît devant l'Audience nationale, la plus haute juridiction pénale espagnole, pour des délits de génocide, tortures, assassinats, coups et blessures et actes de terrorisme commis durant la dictature argentine (1976-1983). Entre 120 et 140 témoins doivent être appelés à la barre, dont 21 survivants du centre de détention clandestin de l'Ecole de mécanique de la marine (ESMA). Le procès pourrait durer deux à trois mois. Adolfo Scilingo, 58 ans, risque 6'626 années de prison.
BRESIL_17 février, Brasilia. Le Brésil va prendre des mesures pour freiner la déprédation de l'Amazonie en créant des zones protégées de 13,5 millions d'hectares situées essentiellement dans l'Etat du Para. Un projet de loi du président Luiz Inacio Lula da Silva prévoit la création de cinq zones de préservation de l'environnement ainsi que d'une zone de 8,2 millions d'hectares, dans laquelle serait interdite, pour six mois renouvelables, toute nouvelle activité d'exploitation du bois. L'une des zones de protection de l'environnement créées est la "Terre du Milieu" (située entre les fleuves Xingu et Tapajos), une réserve écologique de 3,7 millions d'hectares située dans le Para, objet de la convoitise des "grileiros", les exploitants forestiers qui s'approprient illégalement des terres publiques. BURUNDI_3 mars, Bujumbura. Les Burundais ont voté massivement oui au référendum du 28 février 2005, approuvant ainsi la nouvelle Constitution, qui répartit plus équitablement le pouvoir entre les deux principales ethnies dans ce petit pays d'Afrique centrale, après 11 ans de guerre civile et des décennies de domination tutsie. Tous les partis de la majorité hutue (85% de la population) avaient appelé à approuver le texte de la Constitution. Plus de 90 % des votants se sont exprimés pour le oui - contre environ 8 % pour le non. Le taux de participation s'est élevé à 90% - ce qui représente environ 2'750'000 personnes sur un total de 3 millions de Burundais inscrits. C'est la première fois depuis le début du conflit, qui a fait environ 300'000 morts, que le peuple burundais se rendait aux urnes. CHILI_5 janvier, Los Boldos. Augusto Pinochet placé en état d'arrestation et assigné à résidence dans sa villa côtière de Los Boldos, à 130 km au sud-ouest de Santiago. [La notification, a été réalisée sur ordre du juge Juan Guzmán, par Ivan Pavez, le secrétaire du juge. Tout s'est passé de la manière la plus simple et normale, a déclaré Gustavo Collao, un des avocats de l'ex-dictateur. Il a ajouté : Augusto Pinochet, malgré ses 89 ans et ses infirmités publiquement connues, a participé avec la prestance, la déférence et l'émotion du soldat et de l'ancien président de la République qu'il est.] _1er janvier, Santiago. La Cour suprême du Chili confirme l'inculpation et l'assignation à résidence d'Augusto Pinochet, 89 ans, pour des crimes - un homicide et 9 enlèvements - survenus dans le cadre de l'opération Condor. L'arrêt de la Cour valide une décision rendue, le 20 décembre 2004, par la Cour d'appel de Santiago, qui avait estimé que la santé mentale de l'ex-dictateur, lui permettait de se défendre. [Lopération Condor, mise en place par les dictatures sud-américaines, visait à éliminer physiquement leurs opposants de gauche dans les années 1970 et 1980.] CHINE_17 janvier, Pékin. Mort de l'ancien dirigeant chinois réformateur, Zhao Ziyang, limogé le 24 juin 1989 pour avoir rencontré, en mai, les étudiants en grève de la faim sur la place Tiananmen. Agé de 85 ans, l'ancien secrétaire du parti communiste chinois (PCC) vivait depuis 15 ans en résidence surveillée dans une villa proche de la Cité interdite.
[L'actuel premier ministre chinois, Wen Jiabao, est un ancien bras droit de Zhao Ziyang, mais que, contrairement à son ancien mentor, il n'a pas été victime de la purge.] _5 janvier, Pékin. Quinze juristes chinois adressent une pétition à la Cour supérieure pour qu'elle épargne la peine capitale à un prévenu accusé d'avoir menacé un policier avec une arme à feu. Leur démarche, indique l'Agence France-presse, s'inscrit dans un mouvement d'opinion, en chine, pour une application plus restrictive de la peine de mort. [Le nombre d'exécution en Chine serait de l'ordre de 10'000 par an. Le code pénal chinois stipule que "la peine de mort n'est utilisée que contre ceux qui ont commis des crimes extrêmement graves", mais l'appréciation de ce qui constitue un tel crime est laissée aux juges.] CONGO / République démocratique_31 mars, Rome. Les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), le principal groupe de rebelles hutus rwandais réfugiés au Congo, annoncent quils renoncent à la lutte armée contre le Rwanda. Les FDLR, qui reconnaissent, pour la première fois, le génocide commis au Rwanda et leurs auteurs, sengagent à lutter contre toute idéologie de haine ethnique, ainsi quà coopérer avec la justice internationale. _16 mars, Genève [Nations unies]. Le conflit dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) constitue, "par le nombre de vies perdues", "la plus grave crise humanitaire dans le monde", avant même la guerre civile au Darfour, estime Jan Egeland, secrétaire général adjoint des Nations unies aux affaires humanitaires. Selon une étude récente publiée par des organisations humanitaires, un millier de personnes meurent chaque jour en RDC des conséquences du conflit qui fait rage depuis 1999, et la crise aurait fait un million de morts au cours des dernières années. "C'est un tsunami tous les cinq à six mois depuis six ans", souligne Jan Egeland, qui estime que trois millions de personnes ont besoin, dans la partie est du pays en proie à des violences ethniques, d'une aide urgente. _2 mars, Kinshasa. Les Nations unies accusent des miliciens d'Ituri, à l'est de la République démocratique du Congo (RDC) de "crimes de guerre" et de "crimes contre l'humanité". "Après avoir commis des crimes de guerre contre nos soldats, achevé les blessés, ils (les miliciens) ont commis (le 25 février) des crimes contre l'humanité en utilisant des populations civiles comme boucliers humain", déclare le chef d'état-major de la Mission des Nations unies en RDC (Monuc). [La Monuc a lancé dans cette région, le 1er mars, une vaste opération héliportée, appuyée par des blindés au sol, qui s'est soldée par la mort d'au moins 50 miliciens et a fait deux blessés parmi les Casques bleus.] COTE DIVOIRE_1er février, New York. Le Conseil de sécurité des Nations unies adopte une résolution visant à renforcer l'efficacité de l'embargo sur les armes à destination de la Côte d'Ivoire, imposé le 15 novembre 2004 par la résolution 1572, et contenant essentiellement une série de mesures visant à assurer que l'embargo est bien effectif et à améliorer les moyens de contrôle. La résolution 1584, présentée par le Danemark, les Etats-Unis, la France, la Roumanie et le Royaume-Uni et adoptée à l'unanimité par les 15 membres du Conseil de sécurité, réaffirme l'exigence faite à tous les Etats membres, dans sa résolution du 15 novembre 2004, d'empêcher la fourniture, la vente ou le transfert directs ou indirects d'armes et de tout matériel connexe à la Côte d'Ivoire, ainsi que la fourniture d'assistance ou de formation se rapportant à des activités militaires. _28 janvier, New York. Sous la plume de son correspondant à New York, Philippe Bolopion, Radio France International (RFI) confirme l'existence d'une liste de personnes coupables d'exactions - liste établie par une commission d'enquête du Haut Commissariat aux droits de l'homme des Nations unies sur les "violations des droits de l'homme" et "les assassinats politiques" en Côte d'Ivoire, commis tant au sud du pays, sous l'autorité du président Laurent Gbagbo, que dans le nord contrôlé par la rébellion. Cette liste est une "annexe secrète" au rapport établi par la commission, qui a passé deux mois dans le pays, au cours de l'été 2004 - rapport, non publié, mais dont des extraits ont été publiés, en décembre 2004, dans la presse ivoirienne. Ce rapport avait permis de "constater de nombreuses violations des droits de l'homme, du droit international humanitaire ainsi que des actes constitutifs de crimes contre l'humanité", depuis le coup d'Etat raté, en septembre 2002, contre le président Gbagbo et qui a entraîné la partition du pays. ESPAGNE_20 février, Madrid. Avec 76,73% des voix, le "oui" l'emporte largement au référendum sur la Constitution européenne. Le "non" recueille 17,24%. "Nous vous invitons à suivre le chemin que nous avons ouvert", déclare le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, à l'intention des autres pays européens. Seule ombre au tableau, l'important taux d'abstention : 42,32% des électeurs se sont déplacés pour voter. _1er février, Madrid. Le Congrès des députés espagnols rejette, par une immense majorité de 313 voix "contre", 29 voix "pour" et 3 abstentions, le plan de "libre association du Pays basque à l'Etat espagnol". Les deux grands partis, le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) et le Parti populaire (PP), avaient fait connaître de longue date leur opposition à ce projet - une "opportunité historique de résoudre le problème basque" selon le président du gouvernement régional basque, Juan José Ibarretxe. [Ce plan, dit plan Ibarretxe, met en cause la conception même de l'Espagne : il conduit à la quasi-indépendance d'une région qui jouit déjà, depuis le statut de Guernica de 1979, d'une très large autonomie. Entre autres dispositions, ce plan prévoit la création d'une carte d'identité basque, une représentation directe du Pays basque au sein de l'Union européenne, un Tribunal supérieur de justice du Pays basque et la possibilité de convoquer des référendums.] _25 janvier, Madrid. Le gouvernement espagnol invite l'Eglise catholique à ne pas s'ingérer dans la sphère publique, au lendemain des critiques du Pape sur la laïcisation de l'Espagne. "On ne peut pas en permanence critiquer le gouvernement pour son laïcisme. Le gouvernement espagnol n'est pas le prédicateur de la chrétienté", déclare le ministre de la défense José Bono, ajoutant que "la foi n'est pas une chose qu'un gouvernement peu imposer". [Le pape Jean Paul II avait critiqué, le 24 janvier, les initiatives du gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero sur le mariage entre homosexuels, la facilitation du divorce ou la limitation de l'enseignement religieux à l'école publique. Il avait dénoncé, à Rome, devant des évêques espagnols, un climat de "permissivité morale" en Espagne, appelant les catholiques espagnols à défendre "le respect de la vie dans toutes ses étapes".] ETATS-UNIS_8 février, Paris. La secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, invite l'Europe à surmonter ses désaccords avec les Etats-Unis et à ouvrir un nouveau chapitre de l'histoire de l'Alliance transatlantique en se fondant sur l'occasion exceptionnelle qui se présente de faire progresser dans le monde la cause de la justice, de la prospérité et de la paix. "Le moment est venu de surmonter nos désaccords du passé. Le moment est venu d'ouvrir un nouveau chapitre de nos relations et de notre alliance", déclare-t-elle lors d'un discours prononcé à l'Institut d'études politiques de Paris, dans le cadre de son voyage en Europe et au Moyen-Orient. "Les Etats-Unis se tiennent prêts à uvrer de concert avec l'Europe à la réalisation de nos objectifs communs, et l'Europe doit se tenir prête à uvrer de concert avec les Etats-Unis". _2 février, Washington. Dans son discours sur l'état de l'Union, prononcé devant le Congrès réuni en séance plénière, George W. Bush s'est refusé à donner une date de retrait des troupes américaines d'Irak. La démocratisation du "grand Moyen-Orient" reste l'une de ses priorités. L'Arabie saoudite et l'Egypte, deux alliés des Etats-Unis, sont appelés à se démocratiser. La Syrie et l'Iran sont sévèrement critiqués. En ce qui concerne le Proche-Orient, le président américain a assuré que les Etats-Unis entendent "aider" à l'établissement de deux Etats "démocratiques", Israël et la Palestine, vivant "côte à côte". Cet objectif, a-t-il estimé, est désormais "à portée de main". _26 janvier, Washington. Pour George Bush, qui tente d'atténuer l'impression offensive donnée le 20 janvier lors de son discours d'investiture sur la liberté et la tyrannie, l'éradication de la "tyrannie" dans le monde s'inscrit dans un "long terme" qui va nécessiter "l'engagement de plusieurs générations". "Il n'y aura pas de démocratie instantanée", ajoute-t-il. "Tous les pays ne vont pas adopter immédiatement la vision qu'a l'Amérique de la démocratie. Je le comprends très bien".
"Aussi longtemps que des régions entières du monde seront plongées dans le ressentiment et la tyrannie, soumises à des idéologies qui nourrissent la haine et pardonnent le meurtre, la violence augmentera, deviendra puissance destructrice et franchira les frontières les mieux défendues, se transformant en menace mortelle", assure le président américain, qui, à plusieurs reprises, fait référence à Dieu, ainsi qu'aux textes sacrés des trois grandes religions monothéistes - le judaïsme, le christianisme et l'islam. Il ajoute : "Les événements et la raison nous mènent à une conclusion : la survie de la liberté dans notre pays dépend de plus en plus du succès de la liberté dans d'autres pays. Le plus grand espoir pour la paix chez nous est le développement de la liberté dans le monde entier". Le président républicain, le 43e à exercer la fonction suprême, entame son second mandat de quatre ans avec une cote de popularité de 52 %, la plus basse pour un président réélu, depuis Richard Nixon en 1973. _18 janvier, Washington. Comparaissant devant la commission des affaires étrangères du Sénat qui examinait sa confirmation pour le poste de Secrétaire d'Etat, en remplacement de Colin Powell, Condoleezza Rice présente les grands axes de la politique étrangère américaine pour le second mandat de George Bush : la diffusion de la démocratie et la réorganisation du système international demeurent les priorités américaines. "Plus que jamais les diplomates américains vont devoir promouvoir activement la démocratie, combattre la terreur et réduire la pauvreté", explique-t-elle. "Le temps de la diplomatie est venu." Pour les prochaines années, Condoleezza Rice a fixé les tâches essentielles de la diplomatie américaine : "Rassembler la communauté des démocraties autour de la construction d'un système international basé sur les valeurs partagées de l'Etat de droit"; "renforcer cette communauté de démocraties afin de lutter contre les menaces à la sécurité commune". [La présentation de la future Secrétaire d'Etat a fait une large place au mot "liberté". "Il reste des avant-postes de la tyrannie", a-t-elle dit, en citant Cuba, la Birmanie le Corée du Nord, l'Iran, la Biélorussie et le Zimbabwe. "Nous ne serons pas en repos tant que chaque personne qui vit dans une société de la peur n'aura pas recouvré la liberté".] _15 janvier, Fort Hood [Texas]. Le caporal américain Charles Graner condamné à dix ans de prison et à la radiation de l'armée pour son rôle de meneur dans les sévices infligés à des détenus irakiens à Bagdad en 2003 à la prison d'Abou Ghraïb. [Charles Garner, passible de 15 ans de prison, a été reconnu coupable de dix chefs d'accusation concernant des abus infligés à des détenus d'Abou Ghraïb. Il a réaffirmé avoir agi sur ordre du renseignement militaire.] FRANCE_30 mars, Paris. Le Sénat adopte à lunanimité une proposition de loi sur la lutte contre les violences au sein du couple. A cette occasion, il adopte un amendement relevant de 15 à 18 ans lâge minimum légal du mariage pour les femmes. _3 mars, Lyon. La section disciplinaire de l'université Lyon-III exclut Bruno Gollnisch, professeur de droit international et de civilisation japonaise, pour cinq ans. Le 1er mars, ce dernier avait comparu longuement devant la section pour avoir tenu des propos ambigus sur la Shoah lors d'une conférence de presse, le 11 octobre 2004 au local du Front national à Lyon. C'est la première fois, dans l'histoire de l'université française, note "Le Monde", qu'un enseignant soupçonné de propos négationnistes écope d'une sanction aussi lourde. [Le délégué général du Front national, successeur désigné de Jean-Marie Le Pen, a dénoncé "une véritable chasse aux sorcières" et qualifié cette décision "d'illégale et injuste". Bruno Gollnisch avait notamment affirmé, devant des journalistes, que "plus aucun historien sérieux n'adhère intégralement aux conclusions du procès de Nuremberg". Sans remettre en cause ouvertement "le drame concentrationnaire", il avait demandé que les historiens puissent débattre "librement" de cette partie de l'Histoire, "du nombre effectif des victimes" ou encore des "modalités" de leur mort. Sans nier directement l'existence des chambres à gaz, il avait affirmé : "Quant à savoir la façon dont les gens sont morts, le débat doit avoir lieu."] _28 février, Versailles. Le Parlement, réuni en Congrès à Versailles, adopte une révision de la Constitution de la Ve République qui ouvre la voie au référendum sur le traité constitutionnel européen. Cette 18e révision de la Constitution a été votée par 730 députés et sénateurs, 66 ont voté contre et 96 se sont abstenus. Tous les groupes politiques représentés dans les deux assemblées se sont prononcés pour cette révision, à l'exception des communistes. Les socialistes qui s'opposent au traité européen se sont abstenus. _28 février, Versailles. Le Parlement, réuni en Congrès, approuvé par 531 voix pour, 23 voix contre et 111 abstentions, la Charte de l'environnement qui inscrit dans la Constitution de la Ve République le "principe de précaution". La Charte consacre le droit de chacun à "vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé" et fait entrer l'environnement dans la Constitution, à égalité des droits de l'homme et du citoyen de 1789 et des droits économiques et sociaux de 1946. _17 février, Paris. Lors dune conférence de presse donnée le 16 février 2005, à Alger, lhumoriste a comparé la commémoration de la Shoah à une pornographie mémorielle et reproché à Jean-Pierre Raffarin dêtre allé, le 12 février, au dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF). Ces propos, dont des extraits ont été diffusés sur le site Proche-Orient.info, ont provoqué de vives réactions en France. Le premier ministre avait dénoncé, lors du dîner du CRIF, "ceux qui font du racisme un fonds de commerce, un fond de salle pour certains artistes qui cherchent à faire applaudir la haine". _3 février, Lyon. Bruno Gollnisch, délégué général du Front national (FN), suspendu - à titre conservatoire - de cours à luniversité Lyon-III, par le ministre de léducation nationale, François Fillon. Il avait tenu des propos très ambigus sur la Shoah, le 11 octobre 2004, à Lyon. _1er février, Paris. Le ministre de l'intérieur, Dominique de Villepin, annonce son intention de "dissoudre" les groupuscules néonazis. Le ministère a recensé entre 2'500 et 3'500 sympathisants et militants, répartis principalement en Alsace, Ile-de-France et en Provence-Alpes-Côte d'Azur, et divisés en plusieurs familles qui constituent un milieu très éclaté : les skinheads, le groupe identitaire, les ultranationalistes, les néo-nazis et les hooligans. Le ministère étudiera "au cas par cas" l'idéologie des groupuscules, afin d'établir s'ils appellent à la violence raciale et antisémite, assure-t-il. _7 janvier, Paris. Dans un entretien à l'hebdomadaire d'extrême droite "Rivarol", Jean-Marie Le Pen présente la Gestapo - police politique qui fait partie des organisations jugées criminelles par le tribunal de Nuremberg - comme une police protectrice de la population. Interrogé sur les "commémorations de la fin de la Seconde Guerre mondiale" par Rivarol, le président du Front national (FN) affirme qu'"en France du moins, l'occupation allemande n'a pas été particulièrement inhumaine, même, ajoute-t-il, s'il y eut des bavures, inévitables dans un pays de 550'000 kilomètres carrés". Evoquant le "drame d'Oradour-sur-Glane", Jean-Marie Le Pen laisse entendre que la vérité n'est pas celle que l'on croit et déclare qu'"il y aurait beaucoup à dire". Il fait ainsi écho, note Christiane Chombeau, dans Le Monde [du 13 janvier], sans s'y référer explicitement, à une thèse révisionniste bien connue des lecteurs de Rivarol ; selon cette thèse, des explosifs auraient été dissimulés par les résistants dans l'église où le 10 juin 1944 la division SS Das Reich avait enfermé 642 civils (parmi eux, 245 femmes et 207 enfants) avant de mettre le feu au bâtiment. Cette thèse justifie le massacre en parlant de mesure de représailles aux activités des maquis. [Sur la demande du garde des sceaux, Dominique Perben, le parquet de Paris a ouvert, le 14 janvier, une enquête préliminaire pour voir si des suites judiciaires sont possibles au titre des articles 24 et 24bis de la loi sur la presse qui prévoient de punir ceux "qui auront fait l'apologie des crimes de guerre, des crimes contre l'humanité ou des crimes ou délits de collaboration avec l'ennemi" et sanctionnent les contestations de crimes contre l'humanité.] IRAK_16 mars, Bagdad. L'Assemblée nationale transitoire, la première élue librement depuis un demi-siècle en Irak, a tenu sa première réunion Palais des congrès dans la "Zone verte", un secteur protégé abritant l'ambassade des Etats-Unis et de Grande-Bretagne et les bureaux du gouvernement intérimaire, marquée par des engagements à ancrer le pays dans la démocratie, mais n'a pas désigné de président ou d'exécutif. "Nous sommes aux portes de la démocratie et
de la liberté et nous avons d'importantes responsabilités",
a souligné le Premier ministre sortant Iyad Allaoui
devant les 275 députés. Le chef de la liste chiite
victorieuse, Abdel Aziz Hakim, a remercié Dieu pour avoir donné aux Irakiens "la possibilité de rédiger une Constitution qui garantisse les droits de tous et respecte les droits de l'homme et son identité islamique". Le Parlement sera convoqué à une "date ultérieure pour élire son président".
ISRAEL_28 mars, Jérusalem. Le Parlement israélien donne son feu vert à Ariel Sharon pour mener à bien le plan de désengagement de Gaza (évacuation de quelque 8'000 colons) et de quatre implantations de Cisjordanie. A une large majorité (72 voix contre 39 et 3 abstentions sur 114 présents), la Knesset s'est prononcée contre l'organisation d'un référendum sur ce désengagement. [Yesha, principale organisation représentative des colons de Gaza et de Cisjordanie, a affirmé, le 29 mars, que désormais "le combat passe par la rue". Pour cette organisation, la proposition de référendum était "la chance de soumettre le plan de retrait à la décision du peuple et d'éviter ainsi une confrontation violente et une guerre civile".] _28 mars, Gaza. Le Hamas souhaite rejoindre l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), la centrale qui regroupe les principaux mouvements palestiniens, affirme l'un des responsables du mouvement islamiste. KOSOVO_24 février, New York. Intervenant devant Conseil de sécurité, le chef de la Mission des Nations unies au Kosovo (Minuk) au Kosovo, le Danois Soeren Jessen-Petersen, estime qu'il y avait "de bonnes chances pour que le processus menant aux discussions sur le futur statut de la province puisse commencer dans la seconde moitié de l'année 2005". [Deux éventualités ont été écartées : celle d'un "retour à la situation qui prévalait avant 1999" - c'est-à-dire un Kosovo province de la Serbie - et celle d'un rattachement à l'Albanie voisine d'un Kosovo majoritairement peuplé par la communauté albanaise. Une troisième éventualité a été envisagée: la partition du Kosovo selon des lignes ethniques, Serbes au nord, Albanais au sud. Mais cette éventualité est rejetée par Soeren Jessen-Petersen, pour qui "la partition du Kosovo est une option irréaliste", car "la société que nous essayons de construire doit donner une place à toutes les communautés, être tolérante et multiethnique". La partie albanaise du Kosovo est, bien sûr, favorable à l'indépendance - et s'appuie pour cela sur un récent projet de Constitution pour un Kosovo indépendant, rédigé par l'organisation non gouvernementale américaine Public International Law and Policy Group. Ce texte, inspiré des constitutions de pays de la région des Balkans, de la Baltique et du centre-est de l'Europe, stipule, dans son article premier, que "le Kosovo est un Etat démocratique, souverain et indépendant". LIBAN_30 mars, New York. Le rapport d'enquête international sur l'attentat qui, le 14 février 2005, dans le centre de Beyrouth, a causé la mort de l'ancien Premier ministre libanais, Rafic Hariri, met en cause la crédibilité de l'enquête menée par les autorités libanaises et estime que le gouvernement syrien est responsable au premier chef des tensions politiques qui ont précédé l'assassinat. Le Secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, demande la création d'une Commission d'enquête internationale. "Les "causes" exactes de l'assassinat de M. Hariri ne pourront être établies qu'une fois les auteurs du crime traduits en justice. Toutefois, il est manifeste que l'assassinat a eu lieu dans un contexte politique et un climat d'insécurité caractérisés par une extrême polarisation sur l'influence syrienne au Liban, et par l'incapacité de l'Etat libanais de protéger convenablement ses citoyens", souligne le rapport de la mission d'enquête dépêchée au Liban par les Nations unies. "Au vu des informations qu'elle a recueillies sur les faits, la Mission a conclu que les services de sécurité libanais et les services de renseignement de l'armée syrienne étaient les premiers responsables de l'insécurité, du manque de protection et du désordre public au Liban", souligne le rapport. _17 février, Beyrouth. La commission d'enquête internationale sur l'assassinat de Rafic Hariri sera dirigée par le commissaire adjoint irlandais, Peter Fitzgerald. Conformément à la demande du Conseil de sécurité des Nations unies, l'enquête portera sur "les circonstances, les causes et les conséquences" de l'attentat qui a coûté la vie à l'ancien premier ministre libanais. _16 février, Beyrouth. Des centaines de milliers de personnes suivent, dans les rues de Beyrouth, le cercueil de l'ancien premier ministre libanais. "Le jour où les Libanais ont osé dire non à la Syrie", titre le quotidien Libération, qui relève que "les obsèques de Rafic Hariri ont donné lieu à une manifestation massive contre Damas, jugé responsable de l'assassinat de l'ancien premier ministre". Le quotidien Le Monde, qui note que "les autorités pro-syriennes de Beyrouth ont été tenues à l'écart des funérailles", écrit que ces dernières "ont donné lieu [ ] à une puissante manifestation populaire d'hostilité envers la présence et l'influence de la Syrie au pays du Cèdre, toutes communautés confondues". 15 février, New York. Le Conseil de sécurité des Nations unies adopte une déclaration réclamant une enquête internationale sur l'attentat. Le Conseil de sécurité se déclare "gravement préoccupé par l'assassinat de l'ancien Premier Ministre libanais" et par ses "répercussions possibles sur les efforts que déploie actuellement le peuple du Liban pour asseoir la démocratie". Il appelle "toutes les parties concernées" à appliquer les résolutions des Nations unies "relatives au rétablissement complet de l'intégrité territoriale, de la souveraineté et de l'indépendance politique du Liban". _14 février, Beyrouth. L'ancien premier ministre Rafic Hariri, âgé de 60 ans, tué lors d'un attentat à la voiture piégée dans le centre de Beyrouth qui a fait 14 autres morts et 137 blessés. L'attentat fait craindre un regain de violence dans un pays encore meurtri par le souvenir des années de guerre civile (1975-1990). La Syrie, montrée du doigt, dément toute implication dans l'organisation de l'attentat. [L'assassinat de Rafic Harari a été unanimement condamné par la communauté internationale. Les Etats-Unis, appuyés par la France, ont demandé un "rapport" au secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, ainsi qu'une enquête internationale. MAROC_26 janvier, Rabat. Les auditions publiques de victimes de violations des droits de l'homme pendant les "années de plomb" au Maroc constituent un "événement sans précédent" dans le royaume et dans le monde arabe, estime l'organisation Amnesty international (AI). [Ces témoignages qui ont débuté le 21 décembre 2004 sous les auspices de l'Instance Equité et réconciliation (IER, officiel) ont permis au "grand public d'entendre les récits des survivants et des proches des victimes", note le bureau d'Amnesty au Maroc, en affirmant "soutenir l'action de l'IER".] NATIONS UNIES_31 mars, Washington. En l'absence d'opposition, en particulier des pays européens, le néo-conservateur américain Paul Wolfowitz désigné comme président par l'ensemble des administrateurs de la Banque mondiale. Le manque d'expérience de l'ancien numéro deux du Pentagone en matière de lutte contre la pauvreté et d'aide au développement inquiète certaines organisations non gouvernementales (Ong) qui voient en lui un "idéologue". _17 février, New York. Si le succès de la décolonisation a eu un impact énorme sur la forme politique du monde et la composition des Nations Unies, ce processus demeure incomplet, et le Comité [chargé d'étudier la situation en ce qui concerne l'application de la Déclaration sur l'octroi de l'indépendance aux pays et aux peuples coloniaux, ou Comité des 24] a besoin trouver les moyens d'accélérer la décolonisation des 16 territoires autonomes restants, déclare Louise Fréchette, vice-secrétaire générale des Nations unies. Les Nations unies se sont fixées l'objectif d'éliminer le colonialisme d'ici à 2010 en permettant à Anguilla, aux Bermudes, à Guam, aux îles Caïmanes, aux îles Turques et Caïques, aux îles Vierges américaines, aux îles Vierges britanniques, à Montserrat, à Pitcairn, à Sainte-Hélène, aux Samoa américaines, à la Nouvelle-Calédonie, aux Tokélaou, au Sahara occidental, aux îles Falkland (Malvinas) et à Gibraltar d'accéder à l'autonomie. _7 janvier, Paris. Jacques Chirac propose aux Nations unies la création d'une "force internationale humanitaire" pour répondre aux catastrophes comme le tsunami qui a frappé l'Asie du Sud. Dans une lettre au secrétaire général de l'organisation, Kofi Annan, le président français prend soin de préciser que pour lui, "il ne s'agit pas de construire une nouvelle organisation internationale dotée de moyens permanents mais d'établir un réseau international, dont l'animation reviendrait, comme il se doit, aux Nations Unies". Il estime que, "pour permettre à tous les Etats de mettre à disposition des personnels, les opérations de cette force devraient être financées sur le budget de l'Organisation". _6 janvier, Djakarta [Indonésie]. Sommet des pays donateurs prêts à venir en aide aux populations sinistrées par le raz-de-marée du 26 décembre 2004 en Asie du Sud. Dans son discours d'ouverture, le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, chiffre à près d'un milliard la somme nécessaire pour couvrir pendant six mois "les besoins humanitaires d'urgence de cinq millions de personnes" déplacées dans l'océan Indien. Il confirme les Nations unies dans leur rôle fédérateur des secours, un rôle que les Etats-Unis avaient paru vouloir leur contester, en annonçant vouloir prendre la tête d'une coalition humanitaire". [Le secrétaire d'Etat américain, Colin Powell, a fait savoir à Djakarta que cette "coalition" était dissoute.] NEPAL_2 février, Katmandou. Le roi Gyanendra du Népal nomme un nouveau gouvernement en dépit des condamnations internationales qu'ont suscitées le limogeage, le 1er février, de l'ancien cabinet - accusée de n'avoir pas réussi à contrecarrer la rébellion maoïste qui a fait plus de 11'000 tués depuis 1996 et pris le contrôle des deux tiers du pays - et l'instauration de l'état d'urgence. [La décision du roi du Népal a été qualifiée de coup d'Etat par plusieurs dirigeants politiques du pays. Aux Etats-unis, le porte-parole du département d'Etat, Richard Boucher, s'est dit "profondément inquiet" face à "ce qui apparaît comme un recul de la démocratie au Népal". REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE_6 janvier, La Haye. La République centrafricaine a saisi la Cour pénale internationale (CPI), fin décembre 2004, au sujet d'éventuels crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis sur son territoire depuis juillet 2002. Il s'agit de la troisième saisine de la CPI à ce jour par un Etat, après la République démocratique du Congo (RDC) et l'Ouganda. Le procureur de la Cour, qui a ouvert des enquêtes sur la situation dans ces deux derniers pays, a annoncé qu'il "procèdera à l'analyse de la situation", sans indiquer s'il allait ou non ouvrir une enquête. Des élections présidentielles doivent se tenir en février 2005 en Centrafrique.
"Les poursuites engagées à Bangui et déférées devant la Cour portent notamment sur les crimes perpétrés en réponse à la tentative de coup d'Etat du 25 octobre 2002, menée par François Bozizé. A l'époque, le président Ange-Félix Patassé - ancien ministre de Bokassa - avait réprimé l'insurrection dans le sang, avec le soutien du Mouvement pour la Libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba, venu du Congo-Kinshasa voisin pour renforcer les forces loyalistes. "Aujourd'hui vice-président dans le gouvernement de transition à Kinshasa, M. Bemba fait l'objet d'une autre plainte portée devant la Cour sur les crimes commis en Ituri, dans l'Est de la RDC. Quant à la compagnie de sécurité dirigée par Paul Barril, elle assurait la protection du président Patassé et de sa famille lors de la tentative de putsch". Stépahnie Maupas, Le Monde, Paris, 11 janvier 2004. [La Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH) a demandé à plusieurs reprises à la CPI, depuis février 2003, d'ouvrir une enquête sur les violations du droit international humanitaire commises aussi bien par les forces loyales à l'ancien président Ange-Félix Patassé que par celle de l'actuel chef de l'Etat, François Bozizé, arrivé au pouvoir par un coup d'Etat le 15 mars 2003.] RUSSIE / Tchétchénie_21 mars, Genève. Les disparitions de civils sont devenues si systématiques en Tchétchénie qu'elles constituent "un crime contre l'humanité", dénonce Human Rights Watch (HRW), dans un communiqué publié le 21 mars 2005, à Genève. L'organisation américaine de défense des droits de l'homme, qui accuse les autorités russes de fermer les yeux, estime à entre 3'000 et 5'000 le nombre de personnes ayant disparu depuis le début de la seconde guerre à l'automne 1999. _24 février, Bratislava. A l'issue dun entretien avec Vladimir Poutine, George Bush affirme avoir fait part au président russe de sa "préoccupation" concernant la conception de la démocratie de la Russie. "Les démocraties reflètent toujours la culture et les traditions d'un pays, mais elles ont certaines choses en commun : l'Etat de droit, la protection des minorités, une presse libre et une opposition politique viable. Jai pu faire état de mes préoccupations sur la façon dont la Russie applique ces principes universels". "Dire qu'il y a ici ou là plus ou moins de démocratie n'est pas correct, de mon point de vue. Je suis certain que la démocratie ce n'est pas l'anarchie et le tout permis et pas la possibilité pour quiconque de voler la population", a répliqué Vladimir Poutine. "Nous ne nous apprêtons pas a créer une démocratie particulière, nous adoptons les principes essentiels de la démocratie, mais ces principes doivent être appropriés aux traditions de la Russie", a-t-il ajouté. "Il n'y a là rien d'extraordinaire mais les principes essentiels, nous les mettrons en pratique tels qu'ils ont été générés par la communauté internationale". Le président russe a aussi assuré que la Russie ne comptait pas retourner à la dictature qu'elle avait connue jusqu'au début des années 1990. "Il n'y a pas de retour en arrière et il ne peut y en avoir", a-t-il dit, en soulignant que "le plus important qui ait été donné [aux Russes] est la liberté". SENEGAL_7 janvier, Dakar. L'Assemblée nationale adopte une loi prévoyant l'amnistie des infractions commises depuis 1983 ayant des motivations politiques et celles liées à l'assassinat en 1993 du vice-président du Conseil constitutionnel, Me Babacar Sèye. Le texte indique, en son article premier, que "sont amnistiées de plein droit toutes les infractions criminelles ou correctionnelles commises, tant au Sénégal à l'étranger, en relation avec les élections générales et locales organisées entre le 1er janvier 1983 et le 31 décembre 2004 ou ayant des motivations politiques, que leurs auteurs aient été jugés définitivement ou non". La loi prévoit également l'amnistie de "toutes les infractions, qu'elles soient correctionnelles ou criminelles [ ] en relation avec le décès de Babacar Sèye, magistrat au Conseil constitutionnel, que leurs auteurs aient été jugés définitivement ou non". [L'adoption de ce texte, le 4 janvier, en commission à l'Assemblée, avait provoqué de vives réactions dans les rangs de l'opposition, de la majorité présidentielle et d'organisations de défense des droits de l'homme. Me Sèye a été tué alors qu'il s'apprêtait à rendre publics les résultats des élections législatives organisées en mai 1993. Trois hommes - Amadou Clédor Sène, Assane Diop et Pape Ibrahima Diakhaté - ont été jugés et condamnés en 1994 pour son assassinat (20 ans de travaux forcés pour les deux premiers, 18 ans pour le dernier) avant d'être remis en liberté en février 2002 à la faveur d'une grâce présidentielle.] SOUDAN_24 mars, New York (Nations unies). Forte de 10'000 militaires et 715 membres de la police civile, une nouvelle Mission des Nations unies au Soudan créée par le Conseil de sécurité aura pour mandat de faire respecter l'Accord Nord-Sud et d'aider au désarmement, à l'organisation d'élections et au retour des réfugiés. _3 févier, New York. Depuis des décennies, les conflits au Soudan ont été à la fois une cause et une conséquence de l'instabilité dans les pays voisins et ont causé à sa population civile des souffrances qui sont une insulte à la conscience de l'humanité, déclare le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, dans son dernier rapport, rendu public à New York. Ce rapport, qui présente un récapitulatif des négociations ayant conduit aux Accords de paix, rappelle le contexte plus vaste du conflit et les effets positifs pour la région qu'entraînera son règlement.
_9 janvier, Nairobi (Kenya). Le conflit armé le plus ancien du continent africain, vieux de 21 ans, s'est s'achève avec la signature solennelle d'un accord de paix entre le régime soudanais et la rébellion sudiste de l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA). Pour le chef de l'Etat soudanais, Omar Al-Bachir, cet accord constitue une "nouvelle page" dans l'histoire du pays. "L'accord que nous venons de signer n'est pas un simple accord, c'est un nouveau contrat pour tous les Soudanais." Le chef du SPLA, le colonel John Garang, affirme, pour sa part, que "le Soudan ne sera plus jamais le même : "Cet accord de paix affirme le droit à l'autodétermination pour le peuple du sud du Soudan [...]. L'unité du Soudan est désormais basée sur la volonté de la population."
SYRIE_29 mars, New York. La Syrie va retirer toutes ses troupes du Liban avant les élections prévues en mai, annonce le ministre syrien des affaires étrangères, Farouk Al-Chareh, dans une lettre au secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan. La lettre relève que la coopération entre la Syrie et le Liban a déjà permis à Damas de réduire ses forces de 10000 hommes, et évoque le plein retrait de ces troupes avant les élections à venir au Liban. _8 mars, Washington. Les troupes syriennes doivent quitter le Liban avant les élections du printemps, déclare George W. Bush. "Toutes les forces militaires et de renseignement syriennes doivent se retirer [du Liban] avant les élections afin que ce scrutin soit libre et équitable". "La communauté internationale, y compris la Russie, l'Allemagne, la France, l'Arabie saoudite et les Etats-Unis ont présenté une alternative à la Syrie : soit mettre fin à son occupation du Liban qui dure depuis près de trente ans, soit se retrouver encore davantage isolée du monde", ajoute le président américain. [En réponse, le soir même, l'ambassadeur syrien à Washington, Imad Moustapha, a assuré sur la chaîne de télévision CNN que les soldats syriens auront quitté le Liban "bien avant mai". "Ils [les Syriens] ont en fait commencé à se retirer aujourd'hui", a ajouté l'ambassadeur. "Si vous avez bien lu les nouvelles des agences de presse, elles disent que, bien que nous ayons annoncé un retrait dans la vallée de la Bekaa en phase un, suivi d'un retrait à l'intérieur de la Syrie en phase deux, nous avons commencé à renvoyer les troupes en Syrie dès aujourd'hui".] _5 mars, Damas. Le président syrien Bachar al-Assad annonce le redéploiement de toutes les forces syriennes stationnées au Liban vers la plaine de la Békaa. Sans fixer de calendrier, il indique qu'il "avait convenu avec le président libanais Emile Lahoud de convoquer une réunion du Conseil supérieur syro-libanais dans le courant de cette semaine" pour discuter des modalités du redéploiement des 14'000 soldats syriens au Liban. _1er mars, Damas. Le président syrien Bachar Al-Assad déclare que larmée syrienne retirera ses troupes du Liban "dans les prochains mois", dans un entretien au magazine "Times". Ce retrait "devrait intervenir très rapidement, peut-être dans les prochains mois. Pas après cela", assure-t-il. _21 février, Bruxelles. Dans une déclaration commune, George Bush et Jacques Chirac exigent un retrait syrien du Liban. Manifestant leur "détermination commune à uvrer en faveur d'un Liban libre, indépendant et démocratique", les deux chefs d'Etat réclament "la mise en uvre complète immédiate" de la résolution 1559, adoptée en septembre 2004 par le Conseil de sécurité des Nations unies et qui demande notamment le retrait des forces syriennes du Liban. Le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, assure, pour sa part, que le président syrien, Bachar Al-Assad, a la ferme "intention de poursuivre l'application de Taëf - accords interlibanais conclus en 1989 et mettant fin à la guerre civile - et d'effectuer un retrait syrien du Liban conformément à ces accords". LA DECLARATION. Les Etats-Unis et la France, avec l'Union européenne et la Communauté internationale, sont unis pour condamner l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafiq Hariri, et pour soutenir un Liban libre, indépendant et démocratique. Nous appuyons l'enquête des Nations unies sur cet acte terroriste et appelons à une pleine coopération de toutes les parties pour identifier les responsables. TOGO_25 février, Lomé. Faure Gnassingbé démissionne de la présidence de la République, confiant l'intérim du pouvoir à Abass Bonfoh, premier vice-président de l'Assemblée nationale, un fidèle du parti au pouvoir, le Rassemblement du peuple togolais (RPT). [Les six partis de l'opposition togolaise "radicale" - parmi lesquels l'Union des forces de changement (UFC), de Gilchrist Olympio, le Comité d'action pour le renouveau (CAR), de Me Yao Agboyibo, et la Convention démocratique des peuples africains (CDPA), de Léopold Gnininvi - ont accepté de participer à l'élection présidentielle qui, le 24 avril, doit marquer la fin de la période de transition troublée, ouverte avec la mort du président Gnassingbé Eyadéma, le 5 février.] _17 février, Lomé. Le président investi du Togo, Faure Gnassingbé, annonce l'organisation d'une élection présidentielle dans un délai de soixante jours. "J'ai décidé, dans l'intérêt supérieur de la nation, de poursuivre le processus de transition conformément à la Constitution [ ] et d'organiser l'élection présidentielle dans les délais constitutionnels de soixante jours". L'opposition rejette le compromis et le qualifie d'"ubuesque". _6 février, Lomé. Les députés togolais approuvent la désignation à la tête du pays par l'armée de Faure Gnassingbé, le fils du président décédé Gnassingbé Eyadéma, révisant la Constitution et l'élisant à la tête de l'Assemblée, en dépit des pressions internationales, en particulier africaines - et votent la destitution du président de l'Assemblée, Fambaré Natchaba Ouattara, empêché de rentrer au Togo par la fermeture des frontières décidée par l'armée. [Les députés ont ainsi modifié, à main levée et à l'unanimité des 67 présents, l'article 65 de la Constitution prévoyant qu'"en cas de vacance de la présidence de la République par décès [
], la fonction présidentielle est exercée provisoirement par le président de l'Assemblée nationale" et l'organisation d'une élection présidentielle "dans les soixante jours". La modification supprime le mot "provisoirement", ne fait plus mention d'organisation d'un scrutin présidentiel, mais stipule que "le nouveau président de la République exerce ses fonctions jusqu'au terme du mandat de son prédécesseur", soit juin 2008. _5 février, Lomé. La mort du président Gnassingbé Eyadéma. L'armée décide de "confier" le pouvoir à Faure Eyadéma, un des fils du chef de l'Etat défunt. En vertu de la Constitution, l'intérim présidentiel devait être assuré par le président de l'Assemblée nationale, Sambaré Natchaba Ouattara, en déplacement à l'étranger. Le général Eyadéma avait dirigé le Togo d'une main de fer pendant 38 ans, après avoir pris le pouvoir le 13 janvier 1967 par un coup de force. "Togo : l'arbitraire comme norme et 37 ans de dictature", résumait un rapport de la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH), publié en 2003. Après une visite dans le pays, la FIDH dénonçait "la torture systématique dans les commissariats en toute impunité, la justice aux ordres du pouvoir, les prisons surpeuplées et les élections truquées". [Le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Alpha Oumar Konaré, a dénoncé "un coup d'Etat militaire". "Ce qui est en cours au Togo, appelons les choses par leur nom, c'est une prise de pouvoir par l'armée, c'est un coup d'Etat militaire", a-t-il déclaré à l'Agence France-Presse (AFP). "Il est clair que l'Union africaine ne peut pas souscrire à une prise de pouvoir par la force, il est donc important qu'on en revienne au respect des règles constitutionnelles".] UKRAINE_5 janvier, Lviv. Le nouveau président ukrainien, Viktor Iouchtchenko, et le président géorgien, Mikhaïl Saakachvili, en vacances dans les Carpates, publient une "Déclaration des Carpates" dans laquelle ils estiment que leurs "révolutions" constituent une "nouvelle vague de libération de l'Europe qui apportera la victoire définitive de la liberté et de la démocratie sur le continent européen". VATICAN_4 janvier, Rome. Le pape Jean Paul II se félicite du "mouvement de solidarité" qui se développe dans le monde pour venir en aide aux pays frappés par les raz-de-marée en Asie, lors de la prière de l'angélus. > ET AUSSI... <_CLONAGE HUMAIN _8 mars, New York. C'est une Déclaration non contraignante qui a été adoptée par l'Assemblée générale des Nations unies sur la question du clonage, invitant les Etats à prendre des mesures pour "protéger comme il convient la vie humaine" et à interdire les formes de clonage humain "incompatibles avec la dignité humaine". _17 février, New York [Nations unies]. Aboutissement de quatre ans de travaux aux Nations unies sur l'interdiction du clonage, la commission juridique de l'Assemblée générale adopte une déclaration de principes interdisant "toutes les formes de clonage humain" incompatibles avec la "dignité" et la "protection de la vie humaine", qui laisse ouverte la question du clonage thérapeutique, sans en faire mention. Le texte présenté par le Honduras recommande à l'Assemblée générale "d'inviter les Etats à adopter toutes les mesures voulues pour protéger comme il convient la vie humaine dans l'application des sciences de la vie et à interdire toutes les formes de clonage humain dans la mesure où elles seraient incompatibles avec la dignité humaine et la protection de la vie humaine". _DROITS DE LHOMME _25 février, Londres. L'avocat britannique Peter Benenson, fondateur d'Amnesty International, est décédé, à l'âge de 83 ans, annonce l'organisation de défense des droits de l'homme. Il avait fondé Amnesty en 1961 pour protester contre la condamnation arbitraire à sept ans de prison de deux étudiants portugais.
_13 janvier, Washington. Pour l'organisation américaine de défense des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW), qui publie son rapport annuel, 2004 s'est achevée sur deux motifs majeurs de préoccupation. Le premier, c'est l'incapacité de la communauté internationale à mettre un terme à la "purification ethnique massive" au Darfour (Soudan). Le second est la façon dont l'administration américaine a, selon HRW, un peu plus galvaudé l'ambition traditionnelle de l'Amérique d'incarner la défense des droits de l'homme dans le monde. _LIBERTE DE LA PRESSE _5 janvier, Paris. L'année 2004 a été l'année la plus meurtrière pour les journalistes depuis dix ans, avec 53 tués, soit 13 de plus qu'en 2003, rapporte l'organisation Reporters sans frontières (RSF) dans son bilan annuel. RSF dénombre pour l'an passé 53 journalistes tués - chiffre record depuis 1995, contre 40 en 2003 -, 15 collaborateurs des médias tués (2 en 2003), au moins 907 interpellés (contre 766), 1'146 agressés ou menacés (1'460 en 2003) et 622 médias censurés (501en 2003). Au 1er janvier 2005, 107 journalistes - notamment en Chine et à Cuba - et 70 cyberdissidents sont emprisonnés. [L'Irak est, pour la deuxième année consécutive, le pays le plus dangereux du monde pour les journalistes, avec 19 reporters et 12 collaborateurs des médias tués en 2004. Le Proche-Orient, mais aussi le Maghreb restent des régions du monde où la situation des journalistes est particulièrement précaire et l'exercice de leur métier mal garanti. La situation n'est guère plus enviable dans une partie de l'Asie, notamment en Chine et en Birmanie.] _PEINE DE MORT _1er mars, Washington. La Cour suprême des Etats-Unis abolit la peine de mort pour les mineurs. Par cinq voix contre quatre, les juges de la plus haute instance judiciaire américaine statuent que la Constitution américaine ne permet pas d'exécuter des personnes mineures au moment où elles ont commis leur crime. Cet arrêt, qui annule les peines prononcées à l'encontre de 72 mineurs condamnés à mort, inverse une décision de 1989. _2 mars, Genève. Les demandes d'asile ont continué de reculer nettement dans les pays industrialisés avec une baisse de 22% en 2004, selon le rapport annuel de l'agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR), qui montre également que la France est le pays qui en a reçu le plus avec plus de 61'000 dossiers déposés. Selon les derniers chiffres contenus dans le rapport du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), "le nombre de demandeurs d'asile a poursuivi sa nette tendance à la baisse pour la troisième année consécutive, atteignant en 2004 son taux le plus faible en 16 ans". Le HCR comptabilise au total 368'000 demandes dans 38 pays industrialisés. Le nombre de demandes a donc baissé de 22% en 2004. _SANTE
"Le tabac est la deuxième cause de décès dans le monde par ordre d'importance, provoquant près de 5 millions de morts par an. Les estimations montrent que le nombre des décès prématurés atteindra 10 millions par an d'ici 2020 si la tendance actuelle se maintient", précise l'agence mondiale pour la santé. _TERRORISME _14 mars, Grenade (Espagne). Les ministres européens de l'Intérieur des pays du G5 (les cinq plus grands pays européens : Allemagne, Espagne, France, Grande-Bretagne et Italie) mettent en garde contre un amalgame entre l'Islam et Al-Qaïda, lors d'une réunion consacrée au renforcement de la lutte contre le terrorisme et le crime organisé. "Une claire distinction doit être faite entre l'Islam et l'organisation terroriste Al-Qaïda, les individus et les groupes liés à cette structure ou inspirés par ses dirigeants", indiquent les ministres dans un communiqué commun. "Le terrorisme est une menace qui touche particulièrement les sociétés ouvertes et tolérantes", ajoute le texte. _TZIGANES _2 février, Prague. Huit pays d'Europe centrale et orientale [République tchèque, Hongrie, Slovaquie, Bulgarie, Roumanie, Croatie, Macédoine, Serbie-Monténégro] lancent, sous l'égide de la Banque mondiale (BM), une "Décennie pour l'intégration des Roms" [ou Tziganes] pour combattre l'illettrisme, le chômage et l'isolement dont souffre cette importante minorité (près de 10 millions en Europe). "La Décennie constitue le premier effort international commun pour changer la vie des Roms, dont beaucoup vivent dans une pauvreté écrasante au cur de l'Europe", indique un communiqué de la BM, initiatrice du projet, avec le milliardaire américain George Soros.
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