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2005-L'actualité des droits de l'homme dans le monde

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L'actualité des
droits de l'homme

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–––> ET AUSSI...

AFGHANISTAN

_19 décembre, Kaboul. Ouverture de la première session du premier Parlement démocratiquement élu depuis plus de 30 ans en Afghanistan - session qui a débuté par la lecture de versets du Coran. "Cette réunion montre à tous que le peuple d'Afghanistan est unifié", déclare le président afghan, Hamid Karzaï, avant d'ajouter: "Ceci est une étape importante vers la démocratie".

[Les Afghans avaient voté en septembre 2005 pour désigner les 249 députés de la chambre basse. Ils avaient également voté pour les conseils provinciaux qui à leur tour ont désigné les deux tiers des 102 parlementaires de la chambre haute, le président Hamid Karzaï désignant les 34 autres parlementaires. L'Afghanistan n'avait plus d'Assemblée nationale élue depuis 1973.]

AFRIQUE

_19 décembre, Addis-Abeba. La Commission économique pour l'Afrique (CEA) publie son rapport économique sur l'Afrique, dans lequel elle estime que malgré une croissance économique record, la pauvreté s'aggrave sur le continent notamment en raison du chômage endémique.

Intitulé "Relever le défi posé par le chômage et la pauvreté en Afrique", le Rapport souligne que, "malgré des signes de changement rapide, avec une croissance record de 5.4% en 2005, l'économie africaine est affaiblie par un taux de chômage record et un niveau de pauvreté qui s'accroît davantage que par le passé". Ceci implique que la pauvreté n'a donc pas réagi à la croissance économique », indique la CEA.

[Le rapport met en lumière quatre défis majeurs que doit relever l'Afrique pour lutter contre le chômage et la pauvreté : assurer une transformation structurelle de façon à mettre fin à la sous-utilisation de la main d'œuvre rurale, remédier au chômage généralisé des jeunes, maîtriser la mondialisation pour générer des emplois décents et créer un environnement favorable à l'emploi dans le secteur privé grâce à une augmentation des investissements.

Le rapport met l'accent sur le fait que c'est aux gouvernements de transformer les économies africaines, particulièrement en saisissant les opportunités offertes par la mondialisation. Il indique que la clé pour entreprendre ce virage est notamment le leadership politique et la priorité à accorder à la création d'emplois dans les programmes nationaux de développement.]

AFRIQUE DU SUD

_1er décembre, Johannesburg. La Cour constitutionnelle reconnaît le droit au mariage des homosexuels. Le juge Albie Sacks a estimé que la loi actuelle "ne permet pas aux couples de même sexe de bénéficier du statut, des avantages et des responsabilités qu'elle accorde aux hétérosexuels" et qu'elle est donc non conforme à la Constitution - cette dernière interdit explicitement toute discrimination, qu'elle soit fondée sur des critères de race, de religion ou de sexe, et en particulier "d'orientation sexuelle".

[Le Parlement sud-africain devra donc adopter une nouvelle loi sur le mariage qui mentionne, en plus des termes : "mari et femme", le mot "spouse" qui, en anglais, désigne aussi bien un homme qu'une femme.]

ALLEMAGNE

_22 novembre, Berlin. Angela Merkel, 51 ans, présidente de l'Union chrétienne-démocrate (CDU) élue chancelière par le Bundestag [Parlement allemand]. Succédant à Gerhard Schröder, elle dirige une "grande coalition" de seize membres, la moitié venant du Parti social-démocrate (SPD), l'autre moitié des unions chrétiennes (CDU-CSU). Une telle "grande coalition" n'a existé en Allemagne qu'à une seule reprise depuis la Seconde Guerre mondiale, entre 1966 et 1969.

_10 octobre, Berlin. Fin du blocage - et du suspense - politiques en Allemagne avec l'accord conclu entre le SPD (Parti social-démocrate) et la CDU-CSU (Unions chrétiennes) après plus de 3 semaines de négociations. Angela Merkel devient la première chancelière de l'histoire de l'Allemagne. Elle dirigera une grande coalition dont 16 portefeuilles ont été attribués aux sociaux-démocrates, qui obtiennent notamment les ministères des finances, des affaires étrangères et de la justice. L'ancien chancelier Gerhard Schröder ne participera pas à ce nouveau gouvernement.

AUTRICHE

_11 novembre, Vienne. L'historien britannique négationniste David Irving arrêté - en Styrie, dans le sud de l'Autriche - pour négation de la Shoah et apologie du nazisme. David Irving est poursuivi pour des discours négationnistes prononcés en 1989 délivrés à Vienne, et en vertu des lois autrichiennes, qui font du négationnisme un crime. #

[Auteur d'une trentaine d'ouvrages, l'historien a été par le passé accusé d'antisémitisme et de racisme. Il avait notamment soutenu qu'Adolf Hitler ne savait rien de l'extermination systématique de six millions de Juifs, et a affirmé qu'il n'y avait "pas la moindre preuve" de ce que la solution finale avait été menée à une échelle industrielle. Il affirme que la plupart des Juifs morts à Auschwitz ont succombé aux maladies et privations, et non dans les chambres à gaz. S'il est inculpé et condamné, Irving risque jusqu'à 20 ans de prison.]

BOLIVIE

_20 décembre, La Paz. Evo Morales, indien quechua-aymara et leader du Mouvement vers le socialisme (MAS), vainqueur de l'élection présidentielle bolivienne. Sur 2'220'684 suffrages, le dirigeant indigène en a remporté 52%, suivi par l'ex-président bolivien (droite) Jorge Quiroga (30,4%) et le centriste Samuel Doria Medina (8,4%).

[Lors d'une conférence de presse, Evo Morales a proposé aux Etats-Unis la conclusion d'un pacte de lutte contre la drogue, et a déclaré qu'il n'avait pas l'intention d'exproprier les compagnies pétrolières étrangères. Il a indiqué qu'il allait proposer la dépénalisation internationale de la culture de la coca, matière première de la cocaïne également utilisée par les indiens comme plante rituelle et médicinale, tout en ajoutant que la ligne de son futur gouvernement serait "zéro cocaïne, zéro trafic de drogue". "Mais il ne peut y avoir, sous prétexte de lutte contre la drogue, zéro coca ou zéro cocaleros, il faut changer ces politiques".]

CHILI

_26 décembre, Santiago. Par trois voix contre deux, la Cour suprême refuse de tenir compte de l'état de santé d'Augusto Pinochet, 90 ans, inculpé dans deux affaires, l'une pour fraude fiscale portant sur des comptes bancaires secrets à l'étranger, l'autre pour violations des droits de l'homme dans le cadre de l'enquête sur la disparition de 119 opposants politiques, en 1975, lors de l'opération "Colombo". Pour ses médecins, l'ex-dictateur n'est pas en mesure d'affronter un procès en raison de problèmes mentaux et de troubles de la mémoire.

_23 novembre, Santiago. Le juge chilien Carlos Cerda inculpe et assigne à résidence Augusto Pinochet dans le cadre de l'affaire de ses comptes bancaires secrets à l'étranger. L'ex-dictateur est mis en liberté sous caution, le magistrat ayant estimé que "sa liberté ne représentait pas un danger pour la sécurité de la société".

[Augusto Pinochet est accusé d'avoir dissimulé quelque 27 millions de dollars sur plus d'une centaine de comptes. Son épouse, Lucia Hiriart, et son fils Marco Antonio Pinochet sont également poursuivis pour complicité. Cette décision doit encore être examinée par la cour d'appel de Santiago. Pinochet a jusqu'à présent réussi à éviter les procès. La Cour suprême avait estimé à deux reprises, en 2002, pour la "Caravane de la mort", et en 2005, pour l'opération Condor, qu'une "démence modérée" l'empêchait de se défendre.] #

_19 octobre, Santiago. La Cour suprême du Chili lève l'immunité d'Augusto Pinochet, dans le cadre d'un dossier de fraude fiscale portant sur l'existence de comptes bancaires secrets aux Etats-Unis et dans d'autres pays. Cette décision, qui confirme la levée d'immunité prononcée en juin par la cour d'appel de Santiago, ouvre la voie à un jugement de l'ancien dictateur dans cette affaire.Son épouse, Lucia Hiriart, et l'un de ses fils, Marco Antonio Pinochet sont également poursuivis pour complicité.

[Le 14 septembre, la Cour suprême du Chili avait déjà levé l'immunité dont Pinochet bénéficiait, en sa qualité d'ancien président, mais cette fois pour un dossier portant sur des violations des droits de l'homme, dans le cadre de l'"Opération Colombo". Il s'agit de l'élimination de 119 membres du Mouvement de la gauche révolutionnaire (MIR) chilien en juillet 1975.]

_7 octobre, Santiago. Le juge Alejandro Solis demande à la Cour d’appel de lever l’immunité d’Augusto Pinochet afin qu’il puisse être poursuiivi pour 59 cas de torture ou de disparition entre 1973 et 1990. Le magistrat a jugé recevable la plainte déposée par des avocats qui estiment que l’ancien dictateur était responsable des sévices commis dans le centre de détention secret appelé "villa Grimaldi".

CHINE

_2 décembre, Genève. Le rapporteur spécial de la Commission des droits de l'homme des Nations unies sur la torture, Manfred Nowak, estime que la torture est "encore très répandue" en Chine, à l'issue de sa première visite en Chine, qui l'a mené au Tibet et au Xinjiang. "La torture est sur le déclin, mais elle est encore très répandue", déclare-t-il, ajoutant : "Il y a encore beaucoup à faire, de nombreuses réformes structurelles sont encore nécessaires".

_16 novembre, Kyoto. En déplacement au Japon, George Bush appelle la Chine à se démocratiser davantage, estimant que cette dernière "fait partie des pays qui ont accompli quelques pas vers la liberté, mais ne sont pas arrivés au bout du voyage". Il soulignant la corrélation existant à ses yeux entre "les progrès en matière de droits de l'homme et de liberté religieuse" et "le développement économique". "Le peuple chinois veut plus de liberté pour s'exprimer, pour prier sans contrôle de l'Etat et pour imprimer des Bibles et d'autres textes sacrés sans crainte de châtiment", assure le président américain.

[La Chine "ne tolère pas d'ingérence dans ses affaires intérieures" a répliqué le ministre des affaires étrangères chinois, Li Zhaoxing.]

_20 novembre, Pékin. Lors du deuxième jour de sa visite en Chine, George Bush estime qu'"il est important que les libertés sociales, politiques et religieuses progressent en Chine"."Nous encourageons la Chine à poursuivre la transition historique vers plus de libertés", ajoute-t-il lors d'une conférence de presse au Palais du peuple de Pékin, en présence du président chinois Hu Jintao. Il insiste également sur le respect des libertés religieuses.#

[Hu Jintao, qui est aussi secrétaire général du Parti communiste chinois (PCC), a assuré que le peuple chinois "jouit du droit démocratique dans le domaine électoral". "Les Chinois bénéficient de décisions démocratiques, d'une gestion démocratique et d'une supervision démocratique prévues par la loi". "A l'avenir, nous continuerons à prendre en compte les conditions nationales et les aspirations du peuple chinois pour poursuivre l'édification de politiques démocratiques aux caractéristiques chinoises", a ajouté le chef de l'Etat chinois, précisant qu'il était "inévitable" que les Etats-Unis et la Chine aient des opinions différentes sur certaines questions. D'après Le Monde.]

CONGO / République démocratique

RDC Map_2 novembre, New York [Nations unies]. Le Conseil de sécurité impose des sanctions, comprenant un gel des avoirs et une interdiction de voyager, à des miliciens, militaires, hommes d'affaires opérant en République démocratique du Congo (RDC), ainsi qu'à des rebelles hutus rwandais, indique un document transmis à l'Agence France-Presse (AFP) à Kinshasa.

Le Conseil de sécurité "décide que tous les Etats devront [...] geler immédiatement les fonds, autres avoirs financiers et ressources économiques se trouvant sur leur territoire" et qui sont "en la possession ou sous le contrôle direct ou indirect des personnes" identifiées par le Comité de sanction des Nations unies. Le Conseil demande également aux Etats de prendre "les mesures nécessaires pour empêcher l'entrée ou le passage en transit sur leur territoire" de ces personnes, notamment suspectées de violer l'embargo sur les armes, imposé aux province de l'est de la RDC en mars 2004 et étendu à l'ensemble du pays en avril 2005.

Ces mesures visent notamment Jérôme Kakwavu, Germain Katanga, Thomas Lubanga, Bosco Taganda, Yves Khawa Mandro et Floribert Njabu, des chefs miliciens d'Ituri, un district du nord-est de la RDC en proie à des violences récurrentes. Tous ces chefs miliciens, à l'exception de Bosco Taganda, ont été arrêtés au printemps 2005.

Les sanctions visent aussi Laurent Nkunda et Jules Mutebusi, deux officiers congolais poursuivis pour "crimes contre l'humanité". Le général Nkunda se trouverait actuellement au Nord-Kivu (est de la RDC), tandis que le colonel Mutebusi serait à Kigali. Est également visé un troisième officier congolais, le colonel Franck Kakolele, en fuite.

Par ailleurs, sont concernés par ces mesures le président des rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), Ignace Murwanashyaka, qui réside en Allemagne, et le commandant militaire des FDLR, le général Sylvestre Mudacumura, qui est au Nord-Kivu.Ces rebelles, basés depuis 1994 dans l'est congolais, sont suspectés d'avoir activement participé au génocide rwandais.#

Enfin, "Tous pour la paix et le développement", une organisation non-gouvernementale congolaise est également visée par cessanctions. Cette ONG, dirigée par le gouverneur du Nord-Kivu, Eugène Sérufuli, est notamment accusée d'avoir "transporté des armes destinées à être distribuées à des civils dans le Nord-Kivu" fin décembre 2004 et début 2005.

COREE DU NORD

_17 novembre, New York. Dans une résolution déposée par l'Union européenne, l'Assemblée générale des Nations unies condamne les graves violations des droits de l'homme en Corée du Nord et notamment la pratique de la torture, les exécutions publiques, les détentions extrajudiciaires et arbitraires, l'imposition de la peine de mort pour motifs politiques, l'existence d'un grand nombre de camps pénitentiaires et le recours très fréquent au travail forcé.

L'Assemblée générale exprime également sa préoccupation face aux sanctions prises contre les citoyens de la Corée du Nord qui ont été rapatriés, aux restrictions sévères imposées sous de multiples formes à la liberté de pensée, à la violation persistante des libertés et droits fondamentaux des femmes, et aux questions non élucidées concernant l'enlèvement d'étrangers revêtant la forme d'une disparition forcée.

["Les violations - souvent flagrantes - des droits de l'homme exigent que des mesures soient immédiatement prises afin d'empêcher les abus et de redresser la situation", avait déclaré le Rapporteur spécial de la Commission des droits de l'homme, le 27 septembre 2005, dans son dernier rapport sur la situation des droits de l'homme dans le pays.]

_10 octobre, Pyongyang. La Corée du Nord célèbre le 60e anniversaire du Parti des Travailleurs, au pouvoir.

[Lors d’une réunion dans un stade de la ville, en présence du président nord-coréen Kim Jong-Il, le numéro deux du pays, Kim Yong-Nam, a appelé les Nord-Coréens à rester fidèles à la politique du "songun" [l'armée d'abord]. "Nous devrions mettre pleinement en oeuvre la politique [songun]… en toutes circonstances et en toutes conditions", a-t-il déclaré, appelant au renforcement de l'armée et de l'industrie de la défense "pour consolider la position militaire de la révolution de manière aussi ferme qu'un mur d'acier".]

COTE D'IVOIRE

_26 octobre, Paris. "Côte d'Ivoire, un avenir lourd de menaces" est le titre du rapport d'Amnesty International, publié à quatre jours de l'expiration officielle - mais reportée - du mandat du président ivoirien, Laurent Gbagbo. L'organisation internationale de défense des droits de l'homme y explique ses craintes d'"une reprise des hostilités", voire de "massacres".#

"Avec le report sine die de l'élection présidentielle [initialement prévue le 30 octobre], s'ouvre un avenir plein d'incertitudes pour la Côte d'Ivoire", note Amnesty International, qui "lance un appel" au président Gbagbo et aux Forces nouvelles - qui contrôlent depuis septembre 2002 la moitié nord du pays - "afin que tout soit fait pour éviter de nouvelles atteintes graves aux droits humains".

Amnesty estime que plusieurs facteurs, dont le "blocage total du processus de désarmement, démobilisation et réinsertion [DDR]" et des "appels à la xénophobie relayés par certains hommes politiques et médias se réclamant du président Gbagbo", risquent de faire basculer le pays dans de nouvelles violences. L'organisation est "particulièrement préoccupée par les informations faisant état d'une prolifération d'armes légères et de possibles livraisons d'armes aux deux parties, en dépit d'un l'embargo décrété en novembre 2004 par les Nations unies".

L'organisation demande aussi à la communauté internationale "de prendre ses responsabilités et de tout faire pour appliquer et faire appliquer les résolutions du Conseil de sécurité visant à empêcher une reprise du conflit".

[En l'absence d'élection, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté le 21 octobre une résolution dotant de larges pouvoirs un nouveau premier ministre de transition, mais Laurent Gbagbo reste le"chef de l'Etat" pour "une période [de] douze mois".]

_14 octobre, New York [Nations unies]. Le Conseil de sécurité adopte le plan de l'Union africaine, qui prévoit notamment le maintien au pouvoir du président Gbagbo et l'organisation d'élections présidentielles dans le pays d'ici au 30 octobre 2006.

"Le Conseil de sécurité fait sienne la décision du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine (UA) sur la situation en Côte d'Ivoire, adoptée à l'occasion de sa 40e réunion au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement, tenue le 6 octobre 2005 à Addis Abeba", et "exprime son intention de prendre au plus vite toutes les mesures nécessaires pour appuyer comme il convient sa mise en oeuvre, afin d'organiser des élections libres, justes, ouvertes, transparentes et crédibles aussitôt que possible et au plus tard le 30 octobre 2006", déclare Mihnea Ioan Motoc, président du Conseil. Le Conseil exige la mise en œuvre des accords de Linas-Marcoussis, "sans délai" et "conformément à la décision du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine".

[Le 6 octobre 2005, à Addis-Abbeba, le Conseil de la paix et de la sécurité de l'UA a décidé que le président Gbagbo resterait chef d'Etat après le 30 octobre, pendant une période de 12 mois au maximum. Le Conseil prévoit également qu'un premier ministre, considéré comme acceptable pour l'ensemble des parties signataires des Accords de Linas-Marcoussis, soit nommé.]#

CUBA

_8 novembre, New York [Nations unies]. L'Assemblée générale des Nations unies condamne l'embargo économique imposé par les Etats-Unis à Cuba. Adoptée par 182 voix contre 4 avec une abstention, la résolution exprime "la nécessité de mettre fin au blocus économique, commercial et financier imposé par les Etats-Unis à Cuba".

EGYPTE

_22 décembre, Le Caire. Le chef spirituel des Frères musulmans, principale opposition parlementaire en Egypte, qualifie la Shoah de "mythe", quelques jours après des propos identiques du président iranien Mahmoud Ahmadinejad. ”La démocratie occidentale a attaqué quiconque ne partage pas le point de vue des fils de Sion en ce qui concerne le mythe de l'Holocauste”, déclare Mohammed Mehdi Akef, dans un communiqué. La démocratie occidentale est celle-là même ”qui n'a pas vu dans les écrits de Taslima Nasreen et, avant elle, de Salman Rushdie une agression contre l'islam”, ajoute-t-il.

EQUATEUR

_30 novembre, New York (Nations unies). Kofi Annan se félicite de l'installation de la nouvelle Cour suprême de justice en Equateur, à laquelle les Nations Unies ont apporté un soutien, exprimant l'espoir qu'elle contribuerait au renforcement de l'Etat de droit et à la protection des droits de l'homme dans le pays.

ESPAGNE

_24 novembre, Madrid. L'organisation séparatiste basque ETA appelle les organisations internationales, en particulier les instances européennes, à s'impliquer dans "une sortie négociée du conflit" au Pays basque. Dans un communiqué, l'ETA, qui a assassiné plus de 800 personnes en 35 ans, affirme à nouveau sa disposition au dialogue, mais rappelle cependant qu'un processus négocié doit déboucher sur une "autodétermination" qui doit concerner aussi le Pays basque français et la Navarre. #

_6 octobre, Melilla. Des soldats marocains ouvrent le feu sur des Africains qui tentaient une nouvelle fois de pénétrer en masse dans l'enclave espagnole de Melilla, tuant six personnes. "Autodéfense", selon les autorités marocaines. 290 personnes ont été arrêtées.

[Le bilan de ces assauts massifs et désespérés sur Ceuta et Melilla est, depuis juin, de 14 morts, dont certains piétinés par la foule. Près de 1'600 clandestins s'entassent dans le camp de la Croix-Rouge à Melilla.]

ETATS-UNIS

_21 décembre, Washington. La Chambre des représentants et le Sénat votent la reconduction jusqu'au 3 février 2006 de la loi dite Patriot Act, qui fonde la législation antiterroriste depuis le 11 septembre 2001 et devait expirer à la fin de l'année.

"C'est une solution de bon sens qui donne au Sénat plus de temps pour dégager un texte de consensus destiné à promouvoir notre sécurité tout en préservant notre liberté", a souligné Patrick Leahy, membre démocrate de la commission des lois du Sénat.

[La mise en place du Patriot Act, au lendemain des attentats du 11-Septembre, avait été largement mise en cause par les défenseurs des libertés publiques et par plusieurs personnalités comme le réalisateur Michael Moore ou le révérend Jesse Jackson.]

_15 décembre, Washington. George Bush accepte l'amendement du sénateur McCain contre la torture - adopté en novembre par le Sénat (90 voix contre 9).

[Le président américain a fini par accepter que soit inscrite dans la loi l'interdiction des traitements cruels, inhumains et dégradants à l'égard des prisonniers étrangers, qu'ils soient aux mains des forces armées ou de l'Agence centrale de renseignement (CIA), aux Etats-Unis ou à l'étranger.

Le sénateur républicain a indiqué que les méthodes d'interrogatoire seront désormais détaillées dans le Manuel du soldat, pour éviter les ambiguïtés qui ont permis, par exemple, aux gardiens de la prison irakienne d'Abou Ghraib de se sentir couverts par la hiérarchie. "Nous envoyons un message au monde, a-t-il dit. Les Etats-Unis ne sont pas comme les terroristes".

Extraits de l'amendement : A. "Aucun individu détenu ou sous le contrôle physique du gouvernement des États-Unis, quelle que soit sa nationalité ou l'endroit où il se trouve, doit être soumis à des traitements ou à des punitions cruelles, inhumaines ou dégradantes. B. Rien dans ce domaine ne doit être conçu afin d'imposer une limite géographique à la prohibition de traitement ou de punition cruelle, inhumaine ou dégradante".]

_17 décembre, Washington. George Bush révèle que, "dans les semaines qui ont suivi les attentats [du 11 septembre 2001] contre [les Etats-Unis], [il a] autorisé la NSA, conformément au droit américain et à la Constitution, à intercepter les communications internationales de personnes connues pour leurs liens avec Al-Qaïda et des organisations terroristes qui y sont liées".

_7 décembre, Kiev. "Les obligations des Etats-Unis découlant de la Convention [contre la torture], qui interdit les traitements cruels, inhumains et dégradants […] s'étendent aux personnels américains où qu'ils soient, aux Etats-Unis ou en dehors", déclare Condoleezza Rice, Secrétaire d'Etat américaine, lors d'une rencontre avec des étudiants de l'université de Kiev.#

_2 décembre, Caroline du Nord. Exécution du millième condamné à mort américain depuis le rétablissement de la peine de mort en 1976 : Kenneth Boyd était condamné pour le meurtre de son épouse et de son beau-père en 1988.

[LA PEINE DE MORT AUX ETATS-UNIS. Le nombre d'exécutions aux Etats-Unis a atteint un record dans les années 1930 (167 par an en moyenne). Il a nettement diminué dans les années 1950 (715 exécutions). De 1960 à 1976, il n'y a eu que 191 exécutions.

En 1972, la Cour suprême juge arbitraire l'application de la peine de mort. Sa décision frappe de nullité son application dans quarante Etats. Mais en 1976, la peine de mort est réautorisée. Gary Gilmore, 36 ans, est exécuté le 17 janvier 1977 dans l'Utah. 38 Etats (sur 50) réintroduisent la peine de mort.

En janvier 2000, le gouverneur de l'Illinois, George Ryan, déclare un moratoire dans son Etat. Trois ans plus tard, il gracie les 167 condamnés à mort. En juin 2002, la Cour suprême déclare non constitutionnelle l'exécution des retardés mentaux. En mars 2005, elle interdit l'exécution des mineurs.]

_2 décembre, Caroline du Nord. Exécution du millième condamné à mort américain depuis le rétablissement de la peine de mort en 1976 : Kenneth Boyd était condamné pour le meurtre de son épouse et de son beau-père en 1988.

_2 novembre, Washington. Selon "Washington Post" - citant des sources américaines et étrangères informées -, des prisons secrètes, surnommées "sites noirs", ont été ouvertes dans huit pays, y compris la Thaïlande, l'Afghanistan et "plusieurs pays démocratiques d'Europe de l'Est". Deux sites de ce type, en Thaïlande et à Guantanamo Bay (Cuba), ont été fermés en 2003 et 2004, toujours selon le quotidien.

Depuis des mois, les organisations de défense des droits de l'homme dénoncent l'existence de "prisonniers fantômes" détenus par les services secrets américains dans des lieux inconnus. En juin, Amnesty International avait accusé les Etats-Unis d'avoir établi un "archipel" de prisons souvent secrètes à travers le monde.

Ces "prisonniers fantômes", dont l'identité est officiellement inconnue, sont pour la plupart des cadres de haut rang du mouvement terroriste Al-Qaïda, dont Ramzi ben Al-Shaiba, l'un des coordinateurs présumés des attentats de 2001, ou le numéro trois de l'organisation Khaled Cheikh Mohammed.

["Human Rights Watch (HRW) a mené des enquêtes de manière indépendante qui suggèrent que les installations secrètes en Europe de l'Est [...] seraient en Pologne et en Roumanie", a déclaré à l'Agence France-Presse (AFP) Jean-Paul Marthoz, porte-parole du bureau européen de HRW à Bruxelles. "Nos recherches jusqu'à présent semblent indiquer" que "la Pologne et la Roumanie [...] ont reçu des prisonniers de la CIA", a-t-il ajouté.]

_18 octobre, Washington. George W. Bush demande à "tous les dirigeants islamiques responsables" de dénoncer les terroristes qui prétendent agir au nom de l'Islam, lors d'un dîner de rupture du jeûne du ramadan avec des diplomates et des responsables musulmans à la Maison Blanche. "Plusieurs hauts responsables musulmans ont déjà condamné publiquement le terrorisme, souvent en citant le chapitre 5, verset 32 du Coran, selon lequel tuer un humain innocent revient à tuer toute l'Humanité, et sauver la vie d'une personne revient à sauver l'Humanité".#

"Je pense, ajoute le président américain, que le temps est venu pour tous les dirigeants islamiques responsables de dénoncer une idéologie qui exploite l'Islam à des fins politiques et profane votre noble foi. Nous devons être très clair sur les ennemis qui nous font face : les tueurs qui prennent la vie d'hommes de femmes et d'enfants innocents, sont les adeptes d'une idéologie violente, très différente de la religion de l'islam".

"Ces extrémistes déforment l'idée du jihad en le transformant en un appel au meurtre terroriste de toute personne qui ne partage pas leur vision radicale, y compris celui de musulmans d'autres traditions qu'ils regardent comme des hérétiques", assure-t-il. "Leur stratégie échouera".

G. Bush_6 octobre, Washington. Lors d'une allocution prononcée à l'occasion d'une cérémonie de commémoration des attaques terroristes du 11 septembre 2001, George W. Bush affirme que les Etats-Unis "n'auront pas de cesse qu'ils n'aient remporté la guerre contre le terrorisme" et vaincu ceux qui se réjouissent de chaque mort qu'ils causent.

Selon lui, les terroristes essaient de contrôler une nation tout entière afin de s'en servir comme sanctuaire à partir duquel ils lanceront d'autres attaques. Une telle possibilité leur ayant déjà été retirée en Afghanistan, ils se tournent maintenant vers l'Irak. Le président américain rappelle que ce pays était désormais le principal front de la guerre contre le terrorisme.

"En ce nouveau siècle, la liberté est de nouveau assaillie par des ennemis résolus à annuler des décennies de progrès démocratique. Une fois de plus, nous réagissons à une campagne mondiale de terreur par une campagne mondiale de liberté. Et nous assisterons de nouveau à la victoire de la liberté".

FRANCE

_26 décembre, Paris. L'ancien Premier ministre Alain Juppé se déclare "sidéré par le goût que [développent les Français], ces temps-ci, pour l'outrance, la caricature, la déraison", évoquant les polémiques sur le passé colonial et Napoléon. "Les grands peuples ne renient pas leur histoire; ils l'assument, avec ses zones d'ombre et de lumière, pour la dépasser et se dépasser".

_12 décembre, Paris. Jacques Chirac se dit "favorable" à l'instauration d'un jour de souvenir pour les descendants d'esclaves, dans une série de réponses à des questions de lecteurs publiée dans "Le Parisien/Aujourd'hui en France". "Chez beaucoup de nos compatriotes, notamment d'outre-mer, la question de l'esclavage est vécue comme une blessure personnelle et identitaire" et "pour beaucoup, il y a un besoin de reconnaissance de ce passé douloureux qui a été trop souvent et trop longtemps laissé, en quelque sorte, dans l'oubli", souligne-t-il.

Le chef de l'Etat souhaite que "cette question de mémoire" soit "traitée dans la sérénité et dans un esprit de rassemblement". "Quand on assume son histoire avec lucidité, on est toujours plus fort", rappelle le président français, qui juge aussi "essentiel" que cette question de l'esclavage "ne soit pas détournée de son objet, qui est noble, pour alimenter des dérives communautaristes".

_22 décembre, Paris. Le Parlement adopte jeudi un projet de loi contre le terrorisme qui complète l'arsenal juridique français concernant la prévention et la répression d'actes terroristes.

Le texte autorise le développement de la vidéosurveillance (dans les transports en commun, aux abords des gares et des aéroports et dans différents lieux accueillant du public, en particulier les commerces et les lieux de culte), des contrôles administratifs et prévoit une aggravation des sanctions pénales pour actes de terrorisme (30 ans - au lieu de 20 - pour les commanditaires, 20 ans - au lieu de 10 - pour participation à des associations de malfaiteurs terroristes). La durée maximale de garde-à-vue est portée de quatre à six jours.#

plus d'info  Le texte de la loi [pdf 192 ko]

_18 décembre, Doha. En déplacement au Qatar, Nicolas Sarkozy déclare sur la chaîne Al-Jazira qu'il "n'accepte pas l'amalgame entre l'islam et les terroristes" et que "l'islam n'a rien à voir" dans les émeutes urbaines qui ont secoué de nombreuses banlieues françaises en novembre : "cet amalgame, je le combats", affirme-t-il, stigmatisant les terroristes qui "se saisissent d'une religion de paix pour en faire une arme de guerre".

[Le ministre français de l'intérieur a expliqué, au cours du même entretien, que, "en France, nous avons une idée qui est la laïcité, c'est le respect de toutes les religions. [...] J'ai voulu garantir aux musulmans de France qu'ils auront les mêmes droits que les autres". Mais, a-t-il rappelé, "la France a des traditions, des lois, il faut les respecter, les religions ne sont pas au-dessus".

"Vivre sa religion est un droit, il sera respecté pour chaque musulman de France, mais il n'y a pas de droit sans devoir, si on n'accepte pas les principes de la République, on n'est pas obligé [d'y] vivre", a-t-il relevé.]

Dominique de Villepin_8 décembre, Paris. Le Premier ministre, Dominique de Villepin, conteste, sur la chaîne "France Inter", l'article de la loi du 23 février 2005 sur "le rôle positif" de la colonisation française, soulignant qu'il n'appartient pas au Parlement "d'écrire l'Histoire". "Ce n'est pas au Parlement que d'écrire l'Histoire ou de dire la mémoire". "Là je crois qu'il y a une règle à laquelle nous devons être fidèles". "Nous le voyons à travers l'article IV de cette loi de 2005, ce n'est pas au Parlement de se livrer à cet exercice", a-t-il jugé, se désolidarisant des députés UMP (majorité présidentielle), qui ont refusé, le 29 novembre, la proposition socialiste qui visait à supprimer l'article 4 de la loi portant sur le "rôle positif de la présence française" notamment "en Afrique du Nord".

"Je pense que ce n'est pas son rôle, donc il faut en tirer les conséquences dans ce cas présent ou dans d'autres cas. Ne nous laissons pas entraîner sur ce terrain d'une réécriture de l'Histoire et de la mémoire. Il n'y a pas d'histoire officielle en France", rappelle-t-il.

Napoléon_3 décembre, Paris. A l'occasion des cérémonies commémorant le bicentenaire de la bataille d'Austerlitz, des associations d'outre-mer manifestent, devant les Invalides, contre la "falsification de l'histoire". Napoléon = négrier = criminel. Non à sa glorification. Non à la falsification de l'histoire", indique une banderole du collectif des Antillais-Guyanais-Réunionnais (Collectif DOM).

["Napoléon, c'est le code civil, le code pénal, les préfets... Mais c'est aussi celui qui a rétabli l'esclavage, reconnu crime contre l'humanité", a expliqué le président du collectif DOM, Patrick Karam, qui souligne que "cette mobilisation n'est pas le fait de "militants de la mémoire noire", décrits par certains journalistes, comme s'il existait deux histoires, deux mémoires, mais bien de militants de la mémoire française. De Français# attachés à ce que l'Histoire de France s'écrive honnêtement, sans haine, mais avec lucidité et objectivité. De Français profondément attachés à la France et désireux qu'elle se réapproprie toute son histoire".

Auteur d'un violent réquisitoire contre l'empereur, Le Crime de Napoléon (Ed. Privé), Claude Ribbe a demandé la création d'un "centre national de mémoire et d'histoire de l'esclavage".]

_29 novembre, Paris. L'Assemblée nationale a repousse, par 183 voix (celles de l'UMP, majorité présidentielle), contre 94) la proposition socialiste qui visait à supprimer l'article 4 de la loi du 23 février 2005 sur les rapatriés et les harkis portant sur le "rôle positif de la présence française" notamment "en Afrique du Nord".

L'article 4, dont le Parti socialiste (PS), le Parti communiste (PCF) et l'UDF demandaient l'abrogation, stipule que "les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, et accordent à l'histoire et aux sacrifices des combattants de l'armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit".

[L'Assemblée nationale l'avait adopté, en juin 2004, lors de l'examen du projet de loi sur les rapatriés et les harkis en votant, à l'initiative de parlementaires UMP, deux amendements modifiant le texte.

Le premier, déposé par Christian Kert (Bouches-du-Rhône), indiquait que "les programmes scolaires et les programmes de recherche universitaire accordent à l'histoire de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, la place qu'elle mérite".

Le second, voté à l'initiative de Christian Vanneste (Nord), complète l'amendement de Christian Kert en y ajoutant la référence au "rôle positif de la présence française".

Voté dans les mêmes termes par le Sénat fin 2004, l'article a pris force légale lors de la promulgation de la loi, le 23 février 2005.]

_28 novembre, Londres. Dans un entretien à la BBC, Jean-Marie Le Pen maintient ses déclarations sur les chambres à gaz, "détail de l'histoire de la seconde guerre mondiale". Lors de l'entretien, le dirigeant du Front national (FN) déclare, alors que le journaliste lui rappelle de manière incomplète les propos qu'il avait tenus en 1987 : "Je vais vous dire exactement ce que j'ai dit : les chambres à gaz sont un détail de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale". Il ajoute : "c'est si vrai d'ailleurs qu'aucun des chefs de guerre, ni Churchill, ni Staline, ni Roosevelt, ni de Gaulle, aucun d'entre eux n'a jamais cité les chambres à gaz dans ses mémoires".#

[Dénonçant les propos "immondes" tenus par le leader du FN, le MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples) a annoncé qu'il "décide d'engager des poursuites judiciaires" contre lui. "Ces propos manifestent d'une volonté de contester les crimes contre l'Humanité" et "une fois de plus et encore une fois de trop le président du FN vient [...] de récidiver dans l'immonde et l'innommable" dans ses propos "sur les chambres à gaz", écrit le MRAP dans un communiqué.

SOS Racisme a également annoncé avoir "engagé des poursuites contre Le Pen qui récidive dans ses propos négationnistes". Maintenant, a déclaré à l'AFP la porte-parole de SOS Racisme, Marilou Jampolsky, cette affaire va aller plus vite et plus loin".

En septembre 1987, Jean-Marie Le Pen avait déclaré sur la radio RTL que les chambres à gaz nazies étaient "un point de détail de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale". La justice l'avait condamné sur le fond, lui reprochant d'avoir "commis une faute" en "banalisant" les persécutions infligées par les nazis.]

_26 novembre, Paris. Une cinquantaine d'organisations lancent une Fédération des associations noires de France, pour "dire le besoin de reconnaissance, de mémoire" des citoyens qu'elles représentent et interpeller les pouvoirs publics. Le Conseil représentatif des associations noires (CRAN) a l'ambition d'établir un bilan des discriminations "ethno-raciales" en France et de "rétablir une véritable égalité".

Pour Louis-Georges Tin et Patrick Lozes, respectivement présidents d'An Nou Allé ("Allons-y" en créole) et du Cercle d'action pour la promotion de la diversité en France (Capdiv), et principaux initiateurs de cette initiative, il s'agit de faire évoluer "un véritable préjugé collectif national". Ils évoquent "l'émergence d'une conscience noire". Stéphane Pocrain, ancien porte-parole des Verts, et Fodé Sylla, ex-président de SOS Racisme, ont rejoint le CRAN.

["L'idée n'est pas d'être apolitique, mais d'être en dialogue avec tous les partis politiques", a déclaré Louis-Georges Tin au quotidien Le Monde. La Fédération entend pousser les formations politiques à la réflexion avant la campagne présidentielle. "Pas un parti ne doit échapper à cet examen de conscience collectif sur la manière dont notre société discrimine", insiste M. Lozes. "Dans le champ politique, il y a deux attitudes vis-à-vis de cette question : l'une relève du racisme classique reposant sur l'idée de supériorité de certaines races; l'autre, antiraciste, nie les races mais, du coup, occulte l'existence de la question noire et débouche finalement sur des résultats relativement similaires. On ne peut réduire le problème des Noirs à une question socio-économique et nier sa dimension raciale", relève M. Tin. Le Monde, 26 novembre 2005.

Les responsables du collectif des Antillais-Guyanais-Réunionnais (Collectif DOM) se sont clairement démarqués du nouveau Conseil représentatif des associations noires. "Le CRAN développe une thématique de guerre raciale", dénonce Patrick M. Karam, en soulignant que "l'outre-mer est un melting-pot et non une couleur de peau".] #

_24 novembre, Paris. Le directeur central des renseignements généraux (DCRG), Pascal Mailhos, évoque, dans un entretien paru dans le quotidien Le Monde, le "prosélytisme fort" des islamistes radicaux constaté dans les prisons françaises par son service.

"C'est là, en détention, que se tissent effectivement des liens entre une minorité d'activistes islamistes, soit une centaine de détenus, et d'autres individus ancrés dans la délinquance, qui trouvent ou retrouvent le chemin de la religion sous sa forme radicale", explique Pascal Mailhos, qui évoque aussi les 1'600 convertis à l'islam qui, pour diverses raisons, sont surveillés par son service (sur un total de quelques dizaines de milliers de convertis). "Un sur quatre est engagé dans l'islam radical", assure-t-il.

[Pascal Mailhos confirme également dans cet entretien la poursuite de l'essor du salafisme, présent dans toutes les régions françaises à l'exception de la Basse-Normandie, de la Corse, du Limousin et de Poitou-Charentes. Sur 200'000 musulmans pratiquants, il y a 5'000 salafistes en France, selon les RG. Les salafistes aspirent à une régénération de l'islam par le retour à une pratique stricte, mais ne prônent pas nécessairement l'action violente.]

_13 novembre, Paris. L'ancien Premier ministre Alain Juppé estime que face à la violence dans les banlieues en France, les autorités doivent "clarifier la situation" avec l'islamisme radical et "marquer la ligne à ne pas franchir", a-t-il indiqué sur son "blog-notes".

"Je suis sûr que l'immense majorité des musulmans de France n'ont pas de problème avec la République, la reconnaissent, la respectent, l'aiment. Mais il y a l'islamisme radical", écrit-il sur l'internet.

"Avec cette composante de l'islam, qui est à l'oeuvre dans nos banlieues (et dans beaucoup de banlieues européennes, comme Tony Blair le constate à Londres), il faut clarifier la situation et marquer la ligne à ne pas franchir", fait valoir Alain Juppé, qui insiste sur deux exigences : la séparation du temporel ainsi que "l'universalisme des droits de l'homme".

"La République respecte toutes les religions, mais aucune religion ne gouverne la République. La charia, pas plus que le droit canon ou la Torah, ne constitue la loi civile", assure-t-il, en ajoutant que parmi les droits de l'homme "figure en bonne place l'égalité entre l'homme et la femme".

"Si ces deux exigences ne soulèvent pas d'objection, alors pourquoi ne pas le proclamer solennellement ? Ce serait un grand pas en avant pour la bonne compréhension mutuelle sans laquelle le feu continuera de couver sous la cendre", conclut-il.

_25 octobre, Paris. Dans un entretien au quotidien Le Monde, le ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy, dit vouloir tout à la fois expulser les sans-papiers et "renforcer les droits des immigrés en situation légale" en ouvrant, notamment, un débat "serein et réfléchi" sur le droit de vote des étrangers aux élections municipales. "Il ne serait pas anormal qu'un étranger puisse voter", déclare-t-il.#

Le Monde "Je souhaite que la France accueille ceux dont nous avons besoin et que nous saurons intégrer en leur donnant un emploi et un logement. Elle ne peut être le seul pays du monde à ne pas choisir ceux qu'elle veut accueillir. […] Par ailleurs, je présenterai un projet de loi, début 2006, qui portera sur le renforcement de la lutte contre les détournements de procédure en matière d'asile, la mise en place d'une politique attractive pour les meilleurs étudiants étrangers et d'un système de visa à points pour les travailleurs, l'adaptation du droit spécifique à l'outre-mer, le contrôle des mariages mixtes et la rationalisation du regroupement familial, afin que les conditions de ressources et de logement deviennent un préalable.

Sarkozy "Notre politique d'immigration doit être à la fois ferme et humaine. Je souhaite qu'on expulse ceux qui n'ont pas de papiers, mais aussi qu'on renforce les droits des immigrés en situation légale. A titre personnel, je considère qu'il ne serait pas anormal qu'un étranger en situation régulière, qui travaille, paie des impôts et réside depuis au moins dix ans en France, puisse voter aux élections municipales. Il faut que le débat sur cette question soit réfléchi et serein. Je veux lutter contre l'immigration clandestine de toutes mes forces, car le laxisme fait des ravages. Je veux dans le même temps renforcer la chance de l'intégration pour les étrangers en situation légale. Le droit de vote aux municipales en fait partie. Il va de soi que le vote aux législatives ne peut être le fait que de citoyens français". Le Monde, Paris, 25 octobre 2005.

J. Chirac [Interrogé par la presse, le même jour, avant le sommet européen d'Hampton Court, Jacques Chirac a procédé à une ferme mise au point à l'intention de Nicolas Sarkozy : "Dans la conception française et républicaine du suffrage, le droit de vote est lié à la citoyenneté. Nous avons une politique d'intégration qui refuse le communautarisme, c'est comme ça", a dit le président, prenant clairement le contre-pied du ministre de l'intérieur. Pour M. Chirac, il existe un droit à la naturalisation pour les étrangers qui veulent devenir français et c'est à cette seule condition qu'ils peuvent prétendre voter. "Ce sont des principes républicains sur lesquels il n'est pas question de transiger", a-t-il ajouté.

De son côté, le premier ministre, Dominique de Villepin, a dit "croire à la force du lien entre nationalité et citoyenneté", assurant que "c'est la nationalité qui donne le droit de s'exprimer sur les grandes orientations politiques locales ou nationales. Celle-ci, tout étranger qui habite sur notre territoire depuis plus de cinq ans peut librement la demander : c'est un choix important, qui marque la volonté d'appartenir à la communauté nationale".]#

IRAK

_21 novembre, La Haye. Ouverture devant le tribunal de La Haye du procès d'un négociant en produits chimiques, Frans van Anraat, 63 ans, accusé de complicité de génocide pour avoir fourni dès 1984 des produits utilisés par le régime irakien, notamment lors du massacre de Kurdes à Halabja en 1988, qui a fait 5'000 morts en une journée.

"Van Anraat, ancien homme d'affaires néerlandais, est poursuivi pour crimes de guerre et génocide, pour avoir livré les produits chimiques nécessaires à Saddam Hussein pour fabriquer des armes chimiques", a annoncé le procureur chargé aux Pays-Bas des crimes de guerre, au début de l'audience. Selon le procureur, les attaques aux armes chimiques du régime de Bagdad ont fait "des milliers de morts en Irak et en Iran". Il a estimé que "l'accusé était coupable de graves crimes internationaux".

Il est accusé d'être complice de plusieurs autres attaques au gaz dans le nord de l'Irak, dans les villages de Goktapa et Birjinni, mais aussi en Iran, en 1986 et 1988, et doit répondre de crimes de guerre.

[La justice néerlandaise peut poursuivre Van Anraat pour génocide en Irak, après un jugement de la Cour suprême des Pays-Bas stipulant que les tribunaux néerlandais ont la compétence universelle en matière de crimes de guerre et génocide, dès lors que les accusés résident aux Pays-Bas.]

IRAN

_19 décembre, Téhéran. Le président Mahmoud Ahmadinejad demande que la musique occidentale disparaisse des télévision et radio publiques iraniennes, rapporte le quotidien de Téhéran, Iran.

[C'est en tant que chef du Conseil révolutionnaire culturel suprême que Mahmoud Ahmadinejad a demandé l'application d'une décision d'octobre 2005 interdisant la musique "indécente" et occidentale, y compris classique, sur les médias d'Etat.]

_14 décembre, Téhéran. Mahmoud Ahmadinejad qualifie l'Holocauste de "mythe". Les Occidentaux "ont inventé le mythe du massacre des juifs et le place au-dessus de Dieu, des religions et des prophètes. Si quelqu'un dans leurs pays met en cause Dieu, on ne lui dit rien, mais si quelqu'un nie le mythe du massacre des juifs, les haut-parleurs sionistes et les gouvernements à la solde du sionisme commencent à vociférer", déclare le président iranien, dans un discours prononcé devant plusieurs milliers de personnes, à Zahedan, dans le sud-est de l'Iran.

"Si vous disiez vrai que vous avez massacré et brûlé six millions de juifs durant la Seconde Guerre mondiale. [...] Si vous avez commis ce massacre, pourquoi ce sont les Palestiniens qui doivent en payer le prix ? Pourquoi sous prétexte de ce massacre vous êtes venus au coeur de la Palestine et du monde islamique ?", ajoute-t-il à l'adresse des Occidentaux. "Notre proposition est celle-là : donnez un morceau de votre terre en Europe, aux Etats-Unis, au Canada ou en Alaska pour qu'ils [les juifs] créent leur Etat".#

plus d'info  Des diatribes négationnistes

[L'Union européenne a condamné "sans équivoque" les déclarations du président iranien, estimant qu'elles étaient incompatibles avec "un débat politique civilisé". Plusieurs capitales européennes, notamment Berlin, Vienne, Madrid mais aussi Berne ont dénoncé les propos du président Ahmadinejad.]

_8 décembre, Téhéran. Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad provoque une nouvelle polémique en émettant des doutes sur la réalité de la Shoah et en proposant que l'Allemagne et l'Autriche accueillent sur leur territoire l'Etat d'Israël, qualifié de "tumeur". Il y a moins de deux mois, il avait déjà scandalisé la communauté internationale en appelant à "rayer Israël de la carte".

Mahmoud Ahmadinejad "Que l'Allemagne et l'Autriche donnent deux ou trois de leurs provinces au régime sioniste et le problème sera réglé à la racine", a-t-il déclaré, lors d'une conférence de presse à La Mecque, à l'occasion du sommet de l'Organisation de la conférence islamique (OCI). "Maintenant que vous croyez que les juifs ont été opprimés, pourquoi les musulmans palestiniens doivent-ils en payer le prix ? "

Le nouveau président iranien a également fait référence aux historiens révisionnistes, affirmant que "n'importe quel chercheur qui nie ce propos [l'existence du génocide], avec des preuves historiques, est poursuivi durement, emprisonné et condamné" dans les pays européens.

"Certains pays européens insistent pour dire qu'Hitler a tué des millions de juifs dans des fours et vont jusqu'à dire que quiconque affirme le contraire doit être condamné et jeté en prison", Et d'ajouter : "Bien que nous n'acceptions pas cette affirmation, si elle était vraie, nous poserions la question suivante aux Européens : "Le meurtre de juifs innocents par Hitler constitue-t-il la raison de leur soutien aux occupants de Jérusalem ? Si les Européens étaient honnêtes, ils devraient offrir une partie de leurs territoires en Europe. Bon, vous les avez opprimés, donnez un morceau de terre européenne au régime sioniste pour qu'il y établisse le gouvernement qu'il veut et nous le soutiendrons".#

plus d'info  La réaction des Nations unies

["Scandaleux", "consternants", répréhensibles", "inacceptables"... Les propos du président iranien sur Israël ont suscité l'indignation de la communauté internationale. A Berlin, la chancelière, Angela Merkel a jugé ces propos "parfaitement inacceptables", ajoutant : "en tant que chancelière de l'Allemagne - qui a, à cet égard, une responsabilité face à l'Histoire -, je condamne avec la plus grande fermeté ces positions". "Nous sommes résolus à faire tout ce qui est nécessaire pour qu'il n'y ait aucune menace qui plane sur le droit à l'existence d'Israël".]

_29 octobre, New York [Nations unies].L e Conseil de sécurité condamne les déclarations du président iranien Mahmoud Ahmadinejad, qui a appelé à "rayer Israël de la carte". "Les membres du Conseil soutiennent la déclaration du secrétaire général [Kofi Annan] selon laquelle [...] les Etats membres se sont engagés à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force contre l'intégrité territoriale ou l'indépendance politique d'un autre Etat", déclare à la presse le président du Conseil, l'ambassadeur de Roumanie aux Nations unies, Mihnea Motoc.

_28 octobre, Téhéran. A l'occasion de la "journée de Qods" [Jérusalem], des centaines de milliers de personnes défilent à Téhéran et dans plusieurs villes du pays en criant "mort à Israël" et "mort à l'Amérique", sous des pancartes demandant "qu'Israël soit rayé de la carte". Le président iranien réitère ses propos sur Israël, les qualifiant de "corrects et justes".

_26 octobre, Téhéran. Quatre mois après son élection à la tête de la république islamique, Mahmoud Ahmadinejad, tient, à l'occasion d'une conférence au thème sans équivoque - "Le monde sans le sionisme" - de violents propos contre l'Etat d'Israël qu'il appelle à "rayer de la carte". "Comme l'a dit l'imam [Rouhollah Khomeiny, le père de la révolution islamique], Israël doit être rayé de la carte", a déclaré, mercredi 26 octobre, le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad. "Quiconque reconnaît Israël brûlera au feu de la fureur de la oumma [la communauté des croyants] musulmane. Quiconque reconnaît le régime sioniste admet la défaite et la reddition du monde musulman".

Et d'ajouter : "La lutte en Palestine est une guerre entre la oumma musulmane et le monde de l'arrogance [les Etats-Unis] . [...] Il ne fait aucun doute que la nouvelle vague [de lutte] en Palestine balaiera ce stigmate [Israël] de la face du monde musulman".

plus d'info Le Monde La haine

Mahmoud Ahmadinejad[La phrase prononcée par le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a suscité une vague d'indignation dans les pays occidentaux. Les dirigeants de l'Union européenne ont "condamné de la manière la plus ferme" la déclaration iranienne. Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a exprimé sa "consternation".
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"S'ils [les Iraniens] continuent sur cette voie, les gens vont croire qu'ils sont une menace véritable pour la sécurité et la stabilité du monde" , a déclaré le premier ministre britannique Tony Blair. L'attitude iranienne "envers Israël, envers le terrorisme, et sur le problème des armes nucléaires, n'est pas acceptable" , a-t-il ajouté. "S'ils continuent ainsi, la question que les gens nous poserons sera : "Quand allez-vous faire quelque chose ?" Imaginez un Etat tel que celui-là, avec une attitude telle que celle-là, avoir l'arme nucléaire". Le président français Jacques Chirac a jugé les propos de Mahmoud Ahmadinejad "tout à fait insensés et irresponsables" , estimant que le dirigeant iranien "a fait courir le risque à son pays, qui est un grand pays, d'être mis au ban des nations".

Israël a réclamé l'exclusion de l'Iran des Nations unies. "Un pays qui appelle à la destruction d'un autre peuple ne peut pas être membre des Nations unies". Le Vatican a condamné des déclarations "graves et inacceptables" qui "nient le droit à l'existence de l'Etat d'Israël". "Le Saint-Siège réaffirme à cette occasion le droit des Israéliens et des Palestiniens à vivre en paix et en sécurité, chacun dans un Etat souverain".]

_20 octobre, Téhéran. Le Conseil suprême de la révolution culturelle interdit "la distribution et la projection de films étrangers qui font la propagande des idées laïques, féministes, libérales, nihilistes et dénigrent la culture orientale". Le Conseil interdit également les films mais aussi les CD qui favorisent "la violence, la consommation de drogue et font la propagande de l'oppression mondiale, terme utilisé pour désigner les Etats-Unis.

[Le président iranien Mahmoud Ahmadinjead a déclaré que les Iraniens "avaient pour mission de créer une société idéale basée sur le Coran".]

ITALIE

_2 décembre, Rome. L'Italie s'est doté d'un Conseil consultatif du culte musulman afin de "résoudre les problèmes d'intégration" et de constituer un "islam italien", relève Jean-Jacques Bozonnet, le correspondant du quotidien Le Monde à Rome.

Ses seize membres, non pas élus mais choisis par le ministre de l'intérieur Giuseppe Pisanu, représentent "les voix les plus significatives de la réalité musulmane de l'Italie". Outre deux imams, le groupe comprend un ancien ambassadeur, des journalistes, un écrivain, des travailleurs sociaux. "Dans un pays où l'islam est la deuxième religion et où, il était nécessaire d'établir une forme appropriée de dialogue".

[Contrairement au Conseil français du culte musulman (CFCM), la Consulta italienne n'est pas l'émanation des communautés présentes sur le territoire.] #

KOSOVO

_21 décembre, Paris. En visite officielle en France, le président serbe Boris Tadic plaide contre l'indépendance du Kosovo, source selon lui de ”nouveaux conflits”. ”Nous n'avons aucun intérêt à essayer de diriger les Albanais du Kosovo, dit-il, mais nous ne pouvons renoncer aux liens avec les Serbes du Kosovo”. Partisan d'un compromis, d'une ”solution originale”, il évoque l'idée d'une indépendance conditionnelle de cette province du sud de la Serbie. ”Plus que l'autonomie, moins que l'indépendance”, résume-t-il.

_24 octobre, New York [Nations unies]. Dans une déclaration présidentielle "historique", le Conseil de sécurité a entériné les recommandations de Kofi Annan pour le lancement des négociations sur le statut final du Kosovo, région de la Serbie et Monténégro, administrée depuis six ans par les Nations unies.

"Le Conseil de sécurité apporte son plein soutien au processus politique qui devrait déterminer le futur statut du Kosovo et réaffirme son engagement envers l'établissement d'un Kosovo multiethnique et démocratique qui devra renforcer la stabilité régionale", déclare son président pour le mois d'octobre, l'ambassadeur de la Roumanie Mihnea Motoc, au nom de ses 15 membres.

[Lors de son intervention au Conseil de sécurité, le Premier ministre de la Serbie a indiqué que la Serbie et Monténégro était prête à accorder une autonomie substantielle au Kosovo au sein de son Etat, écartant l'hypothèse du "démantèlement d'un Etat démocratique", c'est-à-dire de l'indépendance. Près de 90% de la population du Kosovo est constituée d'Albanais du Kosovo, la Martti Ahtisaaripopulation ethniquement serbe étant une minorité.]

L'ancien président finlandais Martti Ahtisaari, qui a négocié la fin du conflit avec la Serbie en 1999, a été chargé par Kofi Annan, le 1er novembre 2005, de superviser les pourparlers sur le statut final du Kosovo. Ces pourparlers sur ce se tiendront dans le cadre de la résolution 1244, adoptée en 1999 par le Conseil de sécurité. í La résolution 1244 du Conseil de sécurité.]

_7 octobre, New York [Nations unies]. Dix ans après l'intervention de l'OTAN contre la Serbie, Kofi Annan informe le Conseil de sécurité de son intention d'ouvrir la négociation sur le statut du Kosovo. Le territoire, sous protectorat onusien depuis 1999, est officiellement resté une province serbe. "Evidemment, je ne peux pas dire maintenant quel sera le résultat. La question de l'indépendance est posée, la question de l'autonomie est posée. On doit discuter de tout ça avec Belgrade, avec Pristina, avec des pays voisins et d'autres pays intéressés".

Le secrétaire général des Nations avait reçu, le 4 octobre, le rapport de son envoyé spécial chargé de procéder à un examen global du Kosovo, l'ambassadeur Norvégien Kai Eide. L'objectif des Nations unies est "d'instaurer [au Kosovo] une société multiethnique, stable et démocratique au Kosovo, fondée sur l'Etat de droit".#

Le Monde Jusqu'à présent, l'ONU imposait, en prélude à toute négociation du statut final du Kosovo, le respect dans la province de plusieurs normes démocratiques, écrit Philippe Bolopion, dans le quotidien Le Monde (du 11 octobre 2005). Des émeutes antiserbes, qui ont fait 19 morts en mars 2004, ont révélé la volatilité de la situation sur un territoire où la paix n'est maintenue que par la présence de 18'000 soldats de l'OTAN. Derrière le slogan "Les normes avant le statut", l'ONU a tenté d'inciter la communauté albanaise, qui constitue 90 % des 2 millions d'habitants de la province, à progresser sur la voie de la réconciliation.

La mise en oeuvre de ces normes a, depuis, été "inégale", reconnaît, dans son rapport, Kai Eide. "En ce qui concerne la fondation d'une société multiethnique, la situation est sombre", constate-t-il. Le retour des minorités est "pratiquement au point mort". Les institutions, dont la création est un succès, sont toutefois minées par le clientélisme et par le refus des Serbes - environ 100'000 personnes qui vivent pour moitié dans des enclaves -, d'y participer. La police et la justice sont "fragiles" et dépendantes des policiers et des juges internationaux. Le crime organisé et la corruption sont "largement répandus", et l'économie est jugée "morose".

LIBAN

_30 décembre, Paris. Selon Abdel Halim Khaddam, vice-président et ministre des affaires étrangères de Syrie jusqu'à sa démission en juin 2005, l'ex-premier ministre libanais Rafic Hariri, assassiné le 14 février 2005 à Beyrouth, a été menacé à plusieurs reprises par le président syrien Bachar Al-Assad.

Dans une interview diffusée sur la chaîne satellitaire arabe al-Arabiya, il assure que le président syrien ne pouvait ignorer le projet de son assassinat, "car aucun service de sécurité ne pouvait agir en dehors de la connaissance de M. Assad". Il confirme implicitement l'implication de certains services syriens et libanais dans l'assassinat de Rafic Hariri et reproche au président Bachar Al-Assad une succession de fautes commises dans la gestion des affaires libanaises, via le chef des services de renseignements militaires syriens, Rostom Ghazalé.

[Dans deux rapports d'étape, la Commission d'enquête des Nations unies avait conclu à l'implication de responsables syriens et libanais dans l'assassinat de Rafic Hariri. Les déclarations d'Abdel Halim Khaddam ont été qualifiées au Liban de "séisme".

Les principales déclarations d'Abdel Halim Khaddam. "Une fois, Rafic Hariri a été convoqué à Damas (par le président syrien, Bachar Al-Assad qui lui a tenu) des propos très, très, très durs". Il lui a dit : "Tu veux nommer un président à la tête du Liban : je ne te le permettrai pas, j'anéantirai toute personne qui s'écarterait de notre décision [de reconduire Emile Lahoud à la tête du Liban]. Hariri est sorti de l'entretien avec une forte pression artérielle et une hémorragie nasale".

"Rostom Ghazalé [ancien chef des services de renseignements syriens au Liban] s'est comporté en maître absolu du Liban. Il a insulté [Rafic] Hariri, Nabih Berri [président du Parlement libanais] et Walid Joumblatt [leader druze, chef du parti socialiste progressiste]. J'ai dit au président (Assad) : Ghazalé se comporte d'une façon irrationnelle. Après l'assassinat de Hariri [...] je lui ai dit : fais revenir ce criminel et coupe lui la tête. C'est Ghazalé qui est responsable de la dégradation de la situation au Liban".]

_15 décembre, New York. Dans une résolution adoptée à l'unanimité, le Conseil de sécurité des Nations unies proroge le mandat de la Commission d'enquête internationale sur l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri, le 14 février 205 à Beyrouth, l'autorisant à apporter une assistance sur les attentats commis au Liban depuis le 1er octobre 2004, et engageant la Syrie à coopérer davantage.

Le texte précise que le Conseil de sécurité prorogera de nouveau ce mandat "si la Commission le recommande et le gouvernement libanais en fait la demande".

[Le Conseil de sécurité s'est déclaré "préoccupé" par l'évaluation faite par la Commission d'enquête sur le degré de coopération de la Syrie et souligne son obligation de collabrorer pleinement avec elle. Dans son second rapport présenté, le 13 décembre dernier au Conseil de sécurité, le chef de la Commission, Detlev Mehlis, affirmait que si la Syrie avait amélioré sa coopération avec la Commission d'enquête, en autorisant l'interrogation de cinq hauts représentants syriens soupçonnés d'être impliqués dans l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais, elle devra faire plus pour lever tout doute quant à sa volonté de faire connaître la vérité.

_12 décembre, New York. La commission d'enquête des Nations unies sur l'assassinat du dirigeant libanais Rafic Hariri fait état de nouvelles preuves de l'implication de responsables syriens, dans son second rapport remis au Conseil de sécurité. Le chef de la commission, l'Allemand Detlev Mehlis, y affirme qu'un certain nombre de témoins interrogés ces dernières semaines ont fourni "des informations cruciales" à propos de cet assassinat.#

Ces témoignages se rapportent directement aux auteurs, commanditaires et organisateurs de l'opération coordonnée ayant abouti au meurtre de l'ancien premier ministre libanais, y compris le recrutement d'agents spéciaux par les services de renseignement libanais et syriens, souligne le document. "Les déclarations des témoins renforcent les indices confirmés à ce jour contre les responsables libanais actuellement détenus, ainsi que contre des responsables syriens de haut rang", indique le texte.

[La Commission d'enquête, opérationnelle depuis le mois de juin 2005, avait été mise en place, le 7 avril 2005, par le Conseil de sécurité, après qu'une enquête préliminaire des Nations Unies ait qualifié l'enquête des services de police libanais de "gravement défectueuse".

L'attentat qui s'était produit à Beyrouth, le 14 février 2005, contre le convoi l'ancien Premier ministre libanais, Rafic Harir, avait causé la mort de 22 autres personnes et conduit à des appels au retrait de toutes les troupes syriennes et de l'appareil de renseignement, présents au Liban depuis le début de la guerre civile de 1975-1990.]

_12 décembre, Beyrouth. Le député libanais chrétien et journaliste Gébrane Tuéni, directeur du journal An Nahar ["le jour", en arabe], opposant à la Syrie, tué dans un attentat à la voiture piégée, dans la région de Mkallès, dans la banlieue est de Beyrouth. L'attentat est revendiqué par un groupe jusqu'à présent inconnu, "Les combattants de l'unité et de la liberté au Levant". "Nous avons brisé le stylo de Jebrane Tueini, fermé sa bouche pour toujours et transformé An Nahar en une nuit très sombre", dit un document sans en-tête ni emblème remis à l'agence Reuters. "Nous avons réussi aujourd'hui, une nouvelle fois, à liquider un autre de ces porte-parole qui répandent leur poison et leurs mensonges et n'ont cessé de le faire malgré des avertissements répétés".

[Plusieurs personnalités politiques libanaises ont immédiatement accusé la Syrie d'être derrière ce nouvel attentat. Le gouvernement libanais a réclamé une enquête internationale sur la série d'attentats visant des personnalités libanaises antisyriennes depuis octobre 2004. Cette décision a entraîné la suspension de la participation au gouvernement des ministres chiites prosyriens.]

_20 octobre, New York [Nations unies]. Le rapport de la Commission d'enquête internationale des Nations unies, menée par Detlev Mehlis, sur l'attentat qui a coûté la vie à l'ancien premier ministre libanais Rafic Hariri et à vingt autres personnes, le 14 février 2005 à Beyrouth, remis à Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies. Le document avance des "preuves concordantes" d'un complot impliquant de hauts responsables syriens et libanais.

Le président libanais Lahoud aurait été mis au courant du projet d'assassinat, alors que du côté syrien, des membres de la famille du président Bachar Al Assad seraient impliqués. Un témoignage incrimine le général Assef Shawkat, chef du renseignement militaire syrien et beau-frère de Bachar Al-Assad. De nombreux témoignages, des conversations téléphoniques, font état de la détermination de généraux libanais pro-syriens d'éliminer Rafic Hariri. Les renseignements syriens et le responsable d'un parti islamiste libanais sont également mis en cause.

plus d'info Le rapport des Nations unies [En anglais] [pdf 222 ko]
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LIBERIA

_14 novembre, Monrovia. Ellen Johnson Sirleaf remporte l'élection présidentielle au Liberia, avec 59,6 % des suffrages contre 40,4 % à son rival George Weah, devenant la première femme élue présidente en Afrique.

[1847. Le Liberia, fondé en 1822 par des esclaves américains noirs affranchis, devient une République indépendante. 1980. L'assassinat du président William Tolbert met fin à la domination des descendants d'esclaves sur les autochtones. 1985. Le général Samuel Doe remporte des élections contestées, installant un régime de terreur et de corruption. Il sera capturé et torturé à mort en 1990 par Prince Johnson, l'un des chefs rebelles. 1989. Charles Taylor déclenche la rébellion contre le régime Doe. La guerre civile durera jusqu'en 1996 et fera 250'000 morts. 1997. Charles Taylor bat Ellen Johnson Sirleaf à la présidentielle. 1998. La guerre civile reprend. 2003. Inculpé en juin pour crimes de guerre en Sierra Leone, Charles Taylor est contraint de quitter le pouvoir en août sous la pression de la rébellion. En octobre, un gouvernement de transition et une mission des Nations unies sont installés à Monrovia. 2005. En juin, les Nations unies prorogent l'embargo sur les diamants et le bois du Liberia. En novembre, le Conseil de sécurité autorise la Mission des Nations unies au Libéria à arrêter Charles Taylor.]

_11 novembre, New York. Le Conseil de sécurité autorise la Mission des Nations unies au Libéria à arrêter l'ancien président Charles Taylor, s'il retournait dans son pays, et à le transférer au Tribunal spécial pour la Sierra Leone.

Plus d'info

MAROC

_28 décembre, New York. Human Right Watch (HRW) demande à l'Etat marocain de présenter des excuses publiques aux victimes de violations des droits de l'homme durant les 38 ans de règne d'Hassan II et que les tortionnaires soient traduits en justice. "Il faut que les autorités marocaines reconnaissent que les atteinte graves aux droits de l'homme étaient systématiques et ordonnées aux plus haut niveaux de l'Etat et il faut qu'elles présentent des excuses officielles aux victimes et à leur famille", affirme l'organisation américaine.

Il faut "traduire en justice les personnes que l'Instance équité et réconciliation (IER) a identifiées comme ayant commis des violations graves des droits humains lorsqu'il existe suffisament de preuves", demande HRW, en soulignant que le roi Mohammed VI, en tant que chef du Conseil Supérieur de la Magistrature "a une responsabilité particulière en la matière".

[L'Instance Equité et Réconciliation (IER) a été créée en 2003 par le souverain chérifien pour enquêter sur les dossiers des graves atteintes aux droits de l'homme commises pendant "les années de plomb" (1960-1999).

Première de ce genre au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, la commission marocaine, dirigée par des militants respectés des droits de l'homme qui ont eux-mêmes subi la répression, a interrogé des milliers de victimes et mené de nombreuses enquêtes dans différentes régions du royaume.]

_20 décembre, Casablanca. Human Rights Watch (HRW) dénonce le calvaire des "petites bonnes" qui travaillent jusqu'à 126 heures par semaine et subissent des violences physiques et sexuelles de leurs employeurs.

"Au Maroc, 11% des enfants âgés de six à quinze ans travaillent, ce qui représente l'un des taux les plus élevés au Moyen-Orient et en Afrique du Nord", affirme Clarissa Bencomo, auteur d'un rapport intitulé "A la maison: Hors la loi". "En Egypte, il ne sont que 6% à travailler et pourtant ce taux fait scandale", précise-t-elle.

Selon elle, environ 600'000 enfants, âgés de six à quinze ans, travaillent au Maroc, dont environ 66.000 petites domestiques. Elles travaillent entre 14 et 18 heures par jour durant toute la semaine et sans aucun repos, assure-t-elle.

L'organisation américaine de défense des droits de l'homme reproche au "gouvernement marocain le peu d'ardeur à combattre les pires formes d'exploitation des enfants employés comme domestiques". "Le droit du travail au Maroc n'inclut pas les domestiques et les inspecteurs du travail n'ont pas autorité pour enquêter à domicile sur les violations de la loi interdisant le travail des enfants de moins de quinze ans".

plus d'info Le communiqué de HRW

[Saïda Saghir, membre de l'association de défense des enfants Beïti a estimé de son côté que HRW n'a pas prêté beaucoup d'attention au travail des ONG marocaines. "Nous avons pu en quatre ans réduire de 60% le travail domestique des enfants dans certains quartiers de Casablanca", a-t-elle affirmé à l'Agence France-Presse. "Le phénomène pourrait actuellement être moins étendu qu'il y a quatre ans".]

_16 décembre, Rabat. Seon l'Instance d'équité et réconciliation (IER), mise en place par Mohamed VI, la répression exercée au cours du règne d'Hassan II, entre 1960 et 1999, a entraîné la mort de 592 personnes. Ce chiffre est contesté par l'association marocaine des droits de l'homme (AMDH), qui l'évalue à près de 3'000. Le rapport de l'IER, remis fin novembe au roi, indique que 322 personnes ont été abattues au cours de manifestations.

NATIONS UNIES

Kofi Annan_21 décembre, New York. Présentant le bilan d'une année qualifiée de ”particulièrement difficile”, Kofi Annan appelle les Etats Membres à régler leurs divergences sur le budget, afin de progresser en 2006 sur la lutte contre la pauvreté et la maladie, la préservation de la paix et de la sécurité et la réforme de l'Organisation des Nations unies.#

Pour le secrétaire général des Nations unies, le Sommet des chefs d'Etat, en septembre 2005, a permis ”d'importants progrès même s'il n'a pas réalisé tous les espoirs” : ”Pour la première fois, le document final a donné une définition générale des menaces auxquelles le monde fait face, en cinq catégories : premièrement pauvreté, maladies infectieuses, dégradation de l'environnement; deuxièmement conflits armés à l'intérieur et entre les Etats; troisièmement, crime organisé; quatrièmement terrorisme; cinquièmement armes de destruction massive ”.

”L'autre élément important a été le lien établi pour la première fois entre le développement, la sécurité, les droits de l'homme et l'Etat de droit”,ajoute-t-il. La préparation du sommet a aussi suscité des engagements en faveur des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).

_20 décembre, New York. Le Conseil de sécurité et l'Assemblée générale adoptent une résolution décidant de créer une Commission de consolidation de la paix, chargée d'aider les pays sortant d'un conflit à gérer leur transition et composée de 31 membres élus pour deux ans renouvelables.

La nouvelle Commission est un organe subsidiaire à la fois de l'Assemblée générale et du Conseil de sécurité, le premier organe de ce type aux Nations unies. Selon le texte de la résolution, les principales fonctions de la Commission seront de "réunir tous les intéressés afin qu'ils mobilisent des ressources" et de "proposer des stratégies intégrées aux fins de la consolidation de la paix et du relèvement après les conflits et donner des avis en la matière".

[La Commission sera dotée d'un "Comité d'organisation permanent" qui sera composé de 7 pays membres du Conseil de sécurité, "dont les membres permanents", et de 7 pays membres du Conseil économique et social, "une juste place étant faite aux pays qui se sont relevés d'un conflit".

A ces 14 pays, il faudra ajouter 5 pays figurant "parmi ceux dont les contributions statutaires aux budgets de l'ONU et les contributions volontaires aux budgets des fonds, programmes et organismes des Nations Unies, dont le Fonds pour la consolidation de la paix, sont les plus importantes" et 5 pays figurant "parmi ceux qui mettent le plus de militaires et de membres de la police civile à la disposition des missions de l'ONU".

A ces 24 pays, il y faudra aussi ajouter 7 autres pays qui seront élus suivant les règles que l'Assemblée générale arrêtera - "l'attention voulue étant accordée à la représentation de tous les groupes régionaux au sein du Comité, ainsi qu'à celle des pays qui se sont relevés d'un conflit". Les membres du Comité d'organisation siégeront pour une période de deux ans renouvelable.]

_16 décembre, New York. L'Assemblée générale des Nations unies adresse une série de demandes fermes à l'attention de six pays où les violations des droits de l'homme et du droit humanitaire se poursuivent. Les autres résolutions adoptées portent dans une large mesure sur les questions relatives aux droits de l'homme, mais aussi sur la situation sociale dans le monde de groupes vulnérables que sont les femmes, les enfants, les personnes handicapées et les populations autochtones.#

[L'Assemblée a ainsi recommandé une série de mesures à la République démocratique du Congo (RDC), à la République populaire démocratique de Corée (RPDC), à la République islamique d'Iran, à la Birmanie, au Turkménistan et à l'Ouzbékistan. S'agissant de la RDC, l'Assemblée générale a demandé aux parties de mettre un terme immédiatement au recrutement d'enfants et à l'emploi d'enfants soldats et de prendre des mesures spéciales pour protéger les femmes et les enfants contre les violences effroyables, y compris la violence sexuelle.]#

_14 décembre, New York. Adoptée il y a deux ans, et ratifiée par 38 des 140 Etats signataires, la Convention contre la corruption, qui permettra d'aider les pays membres à combattre un fléau "vieux comme le monde", dans le secteur public comme dans le privé, entre en vigueur le 14 décembre.

Convention contre la corruption [La Convention repose sur quatre piliers : prévention et criminalisation de la corruption, coopération internationale et recouvrement des actifs. Pour la première fois dans l'histoire et partout dans le monde, "il n'y aura plus d'exemption à l'obligation de rendre des actifs pillés" et "les vieilles excuses telles que le secret bancaire ne seront plus un obstacle à la lutte conte la corruption".

"Il est désormais demandé aux Etats de rendre l'argent et autres actifs, obtenus grâce à la corruption, au pays qui a été volé. Cette mesure envoie un message clair aux fonctionnaires corrompus du monde entier : ils ne pourront plus bénéficier des fruits de leurs crimes en envoyant des actifs volés à l'étranger. C'est aussi un message d'espoir pour des millions de personnes en colère à l'idée que les biens de leurs pays étaient pillés par des criminels", a déclaré Antonio Costa, directeur de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC)]

_30 novembre 2005, New York (Nations unies). Kofi Annan lance l'Appel humanitaire 2006 et plaide pour les 31 millions de sinistrés, "survivants des conflits ou des catastrophes naturelles", qui appellent désespérément à l'aide, rappelant aux chefs d'Etat les engagements pris lors du Sommet mondial de septembre 2005.

Ceux qui appellent à l'aide, "ce sont les femmes et les enfants du Darfour et de la République centrafricaine que menacent les conflits, les villageois du Guatemala qui ont perdu leurs maisons dans les inondations et les cyclones, les civils d'Ouganda, de la République démocratique du Congo (RDC) et du Burundi qui fuient devant les troubles, les affamés du Niger, du Mali et du Burkina Fao", déclare le secrétaire général des Nations unies, qui demande 4,7 milliards de dollars pour venir en aide à 31 millions de sinistrés dans 26 pays.

"Dans un monde d'abondance, ce qu'ils endurent encore est une tache sur notre conscience. Beaucoup d'entre eux se sentent oubliés, car ils sont non seulement les victimes de catastrophes terribles, mais aussi les sinistrés d'un monde où la douleur doit s'afficher sur nos écrans de télévision ou avoir pour théâtre des lieux stratégiques pour que nous consentions à délier nos bourses", déplore Kofi Annan. #

PAKISTAN

_1er novembre, Islamabad. Le séisme du 8 octobre dans le nord du Pakistan a fait plus de 57'000 morts, selon un nouveau bilan annoncé par le premier ministre, Shaukat Aziz. Le séisme a fait en outre 3,3 millions de sans-abri, dans les régions montagneuses du nord du Pakistan et du Cachemire pakistanais. Plus des deux tiers des tués ont été recensés au Cachemire pakistanais, et un tiers dans la province-frontière du Nord-Ouest. 1'300 autres personnes ont été tuées au Cachemire indien.

_19 octobre, New York [Nations unies]. Kofi Annan lance un appel urgent à la communauté internationale afin que cette dernière donne rapidement "davantage de fonds, d'équipements, d'abris et de services de santé", faute de quoi on irait vers une "seconde hécatombe".

"Quelque trois millions d'hommes, de femmes et d'enfants sont sans abri", souligne le secrétaire général des Nations unies. "Beaucoup n'ont ni couverture ni tente pour les protéger de l'impitoyable hiver himalayen. Cela veut dire qu'une seconde hécatombe se produira si nous ne redoublons pas d'efforts maintenant", ajoute-t-il.

[Le séisme du 8 octobre a fait 49'739 morts et plus de 74'000 blessés dans le pays, selon les derniers bilans disponibles. Certaines zones des montagnes n'ont pas encore été atteintes par les secours.].

_17 octobre, Islamabad. Neuf jours après le séisme qui a frappé l'Asie du Sud, on compte plus de 54'000 morts, 65'038 blessés et 3,3 millions de sans-abri. A cela s'ajoute les dégâts causés par de fortes pluies.

Rien qu'au Cachemire pakistanais, "pas moins de 40'000 personnes ont été tuées", selon Sikandar Hayat Khan, premier ministre du Cachemire pakistanais. "Il y a des villes où l'on n'a pas encore déblayé les décombres, et le bilan pourrait monter jusqu'à 70'000 voire 80'000 morts. C'est la pire tragédie de notre histoire".

_8 octobre, Islamabad. Un séisme, d'une magnitude de 7,6 sur l'échelle de Richter, frappe le Pakistan. Il est ressenti jusqu'en Inde et en Afghanistan.#

[Selon les autorités pakistanaises, la catastrophe a fait au moins 20'000 morts et plus de 40'000 blessés. La zone la plus durement touchée est le Cachemire sous autorité pakistanaise.]

POLOGNE

_23 octobre, Varsovie. L’élection présidentielle est remportée par le candidat du parti conservateur Droit et justice, Lech Kaczynski. Ce parti, note le quotidien Le Monde, incarne un populisme de droite défendant un Etat fort, à forte dimension sociale, la famille et la religion.

RUSSIE

_23 décembre, Moscou. Les députés de la Douma adoptent (357 députés ont voté pour, 20 contre et 7 se sont abstenus) le projet de loi plaçant sous contrôle les organisations non gouvernementales (Ong) travaillant en Russie - un texte critiqué par les pays occidentaux et les associations indépendantes qui y voient une menace pour les libertés.

Le projet de loi adopté stipule par exemple que les activités des Ong étrangères travaillant en Russie pourront être suspendues si elles menacent "la souveraineté de la Russie, l'indépendance, l'intégrité territoriale, l'unité et l'originalité nationales, l'héritage culturel ou les intérêts nationaux". Il incombe au ministère de la Justice, chargé de superviser les ONG, de définir ce qu'est "l'originalité nationale" ou "l'héritage culturel".

["Ce passage permettra d'interdire aux étrangers de s'intéresser à la Tchétchénie, aux bizutages dans l'armée ou aux tortures dans la police", a déclaré Oleg Orlov, membre de Memorial, une organisation très active contre la guerre en Tchétchénie.

Pour le Kremlin, l'objectif affiché est de lutter contre le terrorisme, le blanchiment d'argent, et d'empêcher des puissances étrangères de financer en Russie des activités politiques, comme ce fut le cas, selon les autorités russes, en Ukraine ou en Géorgie où des fonds étrangers, "cachés" derrière des ONG, ont soutenu des "révolutions" pacifiques.

SUISSE

_24 décembre, Berne. La Suisse compte un million de pauvres, selon Caritas. La dernière estimation de l'oeuvre d'entraide à fin 2003 faisait état de 850 000 personnes pauvres (dont 200 à 250'000 enfants). Entre 12 et 15 % des enfants vivent en dessous du seul de pauvreté, ainsi que 17 % des seniors. La précarité s'est accentuée et le pays s'est encore éloigné du plein emploi, constate l'organisation dans un communiqué.

[Caritas place le seuil de pauvreté à 4'000 francs de revenus pour un couple avec deux enfants et à 2'300 francs pour une personne assumant seule l'éducation de son enfant. Le nombre de chômeurs était de 146'000 en novembre 2005, mais en fait, les "sans travail" en âge d'être actifs sont beaucoup plus nombreux.]

_22 décembre, Berne. Un comité d'organisations de migrants et de syndicats emmené par les Verts lance un double référendum contre la loi sur les étrangers et la loi sur l'asile. Ces deux "lois Blocher" [du nom du conseiller fédéral Christoph Blocher] relèvent, selon ce comité, de la même logique xénophobe et d'exclusion.

["On ne peut pas combattre la Loi sur les étrangers au nom des droits de l'homme sans s'attaquer en même temps à la loi sur les étrangers" : ces deux textes relèvent de la même logique xénophobe et d'exclusion, a expliqué le député genevois Ueli Leuenberger</