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_29 juin, Jérusalem. Au deuxième jour de son opération militaire au sud de Gaza, l'armée israélienne arrête - à Ramallah, Hébron, Jénine et Jérusalem-Est - 64 ministres, députés, maires et responsables politiques issus du Hamas. Parmi les ministres arrêtés figurent Khaled Arafa (ministre chargé de la question de Jérusalem), Mohammad Al-Barghouti (ministre du travail), Nayef Rajoub (ministre des cultes), Samir Abou Eisheh (ministre de la planification), Issa Al-Jaabari (gouvernement local), Omar Abdelrazek (ministre des finances), Wasfi Kabha (ministre chargé du dossier des prisonniers) et Fakhri Al-Turkmani (ministre des affaires sociales). [Israël a lancé une "guerre ouverte" contre le gouvernement palestinien du Hamas afin de le "détruire", a affirmé le vice-président du Parlement, Ahmed Bahar, en appelant le "monde, les Nations unies, l'Europe, les pays arabes et les organisations des droits de l'homme" à intervenir.] _28 juin, Gaza. Pour la première fois depuis son retrait de septembre 2005, l'armée israélienne pénètre dans le sud de la bande de Gaza, en représailles à l'enlèvement de l'un de ses soldats, Gilad Shalit. La première phase de cette opération, baptisée "Pluie d'été", vise, selon Israël, à accentuer la pression sur les ravisseurs palestiniens. Ces derniers exigent la libération des femmes et des mineurs détenus dans les prisons israéliennes en échange d'"information" sur le sort du militaire.
_27 juin, Ramallah. L'ensemble des mouvements palestiniens, à l'exception du Djihad islamique, conclu un accord sur un document d'"entente nationale" reconnaissant implicitement l'existence d'Israël. L'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas et le gouvernement dirigé par le Hamas se sont accordés sur la création d'un Etat palestinien dont le territoire comprendrait la Cisjordanie et la bande de Gaza. Cette solution suggère "en creux" l'existence de l'Etat d'Israël, jusqu'à présent refusée par le mouvement islamiste Hamas, mais acceptée par le Fatah de Mahmoud Abbas. "Nous nous sommes mis d'accord sur tous les points de l'initiative des prisonniers" palestiniens détenus en Israël, affirme le porte-parole du Hamas, Sami Abou Zouhri, en référence au texte élaboré par Marouane Barghouthi, le chef du Fatah en Cisjordanie, Abdelkhaleq Al-Natché, un haut responsable du Hamas, Abdelrahim Mallouh, numéro deux du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), Bassam Al-Saadi, un dirigeant du Djihad islamique, et Moustapha Badarneh, du Front démocratique de libération de la Palestine (FDLP). [Cet accord représente une évolution dans la position du Hamas à la tête du gouvernement - depuis sa victoire aux législatives de janvier 2006 -, qui a toujours refusé depuis sa création, lors de la première Intifada en 1986, le droit à l'existence d'Israël. Les principaux points du texte
_25 juin, Jérusalem. Deux Palestiniens et deux Israéliens tués et un soldat israélien, vraisemblablement blessé, enlevé lors d'une attaque visant un poste militaire israélien, à la frontière entre Israël et la bande de Gaza. Le commando palestinien, composé de huit hommes, a lancé trois attaques contre deux blindés et une tour d'observation. [L'opération a été revendiquée par l'aile armée du Hamas, ainsi que par les Comités populaires de la résistance et un groupe encore inconnu, l'Armée de l'islam. Le Premier ministre israélien, Ehoud Olmert, a affirmé qu'Israël "atteindra" tous ceux qui sont impliqués dans l'enlèvement du soldat - un jeune franco-israélien de 20 ans, Gilad Shalit.] _22 juin, Petra [Jordanie]. Brève rencontre entre Mahmoud Abbas et Ehoud Olmert, organisée à Petra par le roi Abdallah II de Jordanie, à l'occasion d'un forum auquel participent 25 lauréats de prix Nobel et une trentaine de personnalités internationales. Le président de l'Autorité palestinienne et le Premier ministre israélien conviennent de se revoir dans deux semaines, dans un lieu qui reste à déterminer. _21 juin, Amman. "Faire une paix difficile est beaucoup moins coûteux que de poursuivre un conflit destructeur", déclaré le roi Abdallah II de Jordanie, dans une tribune publiée dans le journal "International Herald Tribune". Les leaders israélien et palestinien doivent "reconnaître qu'ils portent une énorme responsabilité" et "agir d'une manière décisive pour créer les conditions nécessaires pour un retour aux négociations". "Les dirigeants élus des deux côtés doivent reconnaître et annoncer qu'une solution unilatérale ne peut résoudre le conflit entre leurs deux peuples et garantir une paix durable et la sécurité". _21 juin, New York. Les civils palestiniens paient le plus lourd tribut dans la recrudescence de la violence entre Israéliens et Palestiniens, mais aussi entre Palestiniens, affirme le secrétaire général adjoint aux affaires politiques, Ibrahim Gambari, dans son rapport mensuel sur la situation au Moyen-Orient, présenté au Conseil de sécurité des Nations unies. Au mois 64 Palestiniens, dont 11 enfants sont morts en un mois, 49 d'entre eux l'ont été dans des affrontements avec Israël, le reste dans le cadre d'affrontements inter-palestiniens, indique-t-il, déplorant la poursuite par Israël de sa politique d'assassinats ciblés contre des militants palestiniens. _17 juin, New York. Le Quartet pour le Moyen-Orient
(Nations unies, Etats-Unis, Union européenne et Fédération
de Russie) approuve une proposition de l'Union européenne
visant à mettre en place un mécanisme de financement
international temporaire pour la Palestine qui permettra d'acheminer
directement de l'aide aux Palestiniens. "Ce mécanisme facilitera l'accès direct de la population palestinienne à une assistance de base incluant les équipements essentiels, l'approvisionnement et le soutien des services sanitaires, l'approvisionnement constant en combustibles et en biens de consommation courante, ainsi que le financement des allocations couvrant les besoins de base des Palestiniens les plus pauvres ", précise le Quartet.
_15 juin, Paris. Dans une tribune libre publiée
par le quotidien "Libération", Théo
Klein, ancien président du Conseil représentatif
des institutions juives de France (CRIF), invite le Premier ministre
israélien, Ehud Olmert, en visite à Paris,
à "renouer le dialogue avec les Palestiniens". "Nous sommes, en effet, face à une double réalité : celle de l'existence d'un Etat d'Israël et d'une volonté nationale palestinienne. Plutôt que de retarder la formation d'un Etat palestinien, l'intérêt ne serait-il pas qu'il s'établisse rapidement, ne serait-ce que pour assumer la pleine responsabilité des activités de ses citoyens. Il faut accepter la réalité des deux Etats, car leur existence ne peut être mise en cause. Ce dont il s'agit, c'est d'organiser leur vie à la fois séparée et, cependant, commune". _15 juin, Gaza. "Notre mouvement est prêt à proclamer un cessez-le-feu en tout temps et en tout lieu si Israël cesse ses attaques dans la bande de Gaza", et en Cisjordanie, déclare Ghazi Hamad, le porte-parole du gouvernement palestinien du Hamas, s'exprimant en hébreu sur la radio publique israélienne. [Le mouvement islamique a rompu, le 10 juin, une trêve de seize mois après la mort de huit civils sur une plage de Gaza le 9 juin, en lançant une série de roquettes artisanales sur Israël.] _14 juin, Bruxelles. Une guerre civile en Palestine
entre partisans du Fatah et du Hamas a "déjà
commencé un peu", et la communauté internationale
en est partiellement responsable, déclare a déléguée
générale de la Palestine auprès de l'Union
européenne (UE) Leïla Chahid. En suspendant son aide aux Palestiniens et en boycottant le Hamas, considéré par l'UE comme une organisation terroriste, tant que celui-ci ne se résout pas à reconnaître Israël, la communauté internationale "l'a traité comme un martyr" et a "augmenté sa popularité", assure la représentante palestinienne. L'Union "a contribué, par cette politique-là, à créer les prémices d'une guerre civile". _13 juin, Gaza. Un raid aérien israélien visant un véhicule transportant des militants du Djihad islamique provoque la mort de huit civils, dont deux enfants. 45 personnes ont été blessées, dont cinq enfants. [Le ministre israélien de la défense, Amir Péretz, a exprimé "ses regrets" pour les victimes civiles. Le Chef de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a très vivement réagi en assurant que "ce que fait Israël s'appelle du terrorisme d'Etat". "Israël poursuit son escalade chaque jour. Chaque jour, nous déplorons des martyrs et des blessés, et ce sont tous des gens innocents. Cette escalade montre que les Israéliens persistent dans leur égarement et veulent se débarrasser de notre peuple".] _12 juin, Ramallah. La violence a franchi une nouvelle étape à Gaza et en Cisjordanie, où des activistes du Fatah incendient les bureaux du Conseil des ministres et le siège du Parlement, deux institutions contrôlées par le Hamas. _11 juin, Gaza. Deux militants du Hamas tués lors de nouveaux raids de l'armée israélienne, qui riposte à une multiplication des tirs de roquettes contre des villages israéliens. [Le Hamas a interrompu la trêve qu'il observait depuis 18 mois après la mort de huit civils palestiniens, le 9 juin.] _10 juin, Ramallah. Mahmoud Abbas convoque pour le 26 juillet un référendum sur l'initiative politique des prisonniers palestiniens pour une amorce de règlement du conflit. "Le peuple palestinien à Jérusalem, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza est appelé à se prononcer par référendum le 26 juillet sur le document d'entente nationale", affirme le président de l'Autorité palestinienne dans un décret. Elaboré par des cadres de différents groupes palestiniens détenus par Israël, ce document prévoit la fin des attentats en Israël et l'établissement du futur Etat palestinien sur les territoires occupés en 1967, ce qui constitue une reconnaissance implicite de l'Etat d'Israël. Les électeurs seront appelés à répondre par "oui" ou "non" à la question suivante : "Est-ce que vous acceptez le document d'entente nationale des prisonniers". [Le Hamas a immédiatement dénoncé
"un coup d'Etat contre le choix du peuple palestinien et
la légitimité" électorale. "Celui
qui a convoqué ce référendum doit assumer
toutes ses graves conséquences", a estimé Moushir
Al-Masri, un porte-parole du Hamas, pour lequel le scrutin
"marquera une division historique du peuple palestinien".
Le Premier ministre palestinien, Ismaïl Haniyeh, a
appelé, dans une interview à l'hebdomadaire allemand
"Der Spiegel", à boycotter ce référendum.]
_9 juin, Gaza. Huit civils palestiniens, dont trois enfants d'une même famille ainsi que leurs parents, tués sur une plage du nord de la bande de Gaza, à la suite de tirs imputés à l'armée israélienne, qui a ordonné l'ouverture d'une enquête. [L'armée israélienne nie "toute responsabilité" dans ce drame. L'organisation Human Rights Watch estime qu'il est "très probable" que l'explosion ait été provoquée par un obus israélien. De son côté, Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies, juge l'hypothèse d'une mine palestinienne sur la plage "plutôt bizarre".] _9 juin, Gaza. Un raid aérien israélien, mené dans la nuit du 8 au 9 juin, contre un camp d'entraînement supposé de miliciens, entraîne la mort du chef des Comités de résistance populaire, Jamal Abou Samhadana. Le Palestinien était considéré comme le principal coordinateur des tirs de roquettes artisanales en direction des villages israéliens. _6 juin, Ramallah. Le Comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) approuve la tenue d'un référendum prévoyant une reconnaissance implicite d'Israël, après l'échec du "dialogue national" avec le Hamas, qui dirige le gouvernement depuis mars. Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, avait donné au mouvement islamiste dix jours, soit jusqu'au 5 juin, pour accepter un plan de règlement du conflit israélo-palestinien. ["Le mouvement islamiste Hamas et le Djihad
islamique ont déclaré, le 7 juin, qu'ils étaient
opposés à la tenue d'un référendum
sur le texte de sortie de crise proposé par des cadres
des différents groupes palestiniens détenus en Israël,
s'abstenant toutefois d'appeler au boycott. "Nous refusons
le référendum [...]. Il a pour but de nous imposer
des concessions et une reconnaissance d'Israël. C'est un plan pour faire chuter le gouvernement", a affirmé le porte-parole du Hamas, Sami Abou Zouhri.]
> MAI _25 mai, Ramallah. Mahmoud Abbas accorde un délai de "dix jours" aux mouvements palestiniens, notamment le Fatah et le Hamas, pour s'entendre sur un programme politique commun. A défaut, le président palestinien annonce qu'il soumettrait à référendum sous quarante jours le "Document pour une entente nationale" élaboré par des cadres de mouvements palestiniens détenus en Israël, et rendu public le 10 mai.
_24 mai, New York. Le responsable des affaires politiques des Nations unies, Ibrahim Gambari, présente devant le Conseil de sécurité un bilan de la situation au Liban, en Israël et sur le territoire palestinien, soulignant que tout règlement de la question des frontières avec un futur Etat palestinien devrait faire l'objet d'un accord négocié. "Nous réitérons l'importance centrale des négociations pour l'avenir du processus politique entre Israël et les Palestiniens. Des mesures unilatérales ne peuvent tout simplement pas régler des questions telles que la frontière entre l'Etat d'Israël et un futur Etat palestinien, qui doivent faire l'objet d'un accord mutuel", déclare-t-il. "Après tout, on parle ici d'une frontière entre deux Etats, pas un seul", ajoute-t-il, soulignant que "toute modification des frontières de 1967 devrait se faire par un accord négocié". _23 mai, Washington. Lors de la première visite officielle du chef du gouvernement israélien aux Etats-Unis, le président américain a plaidé pour une solution "négociée" du conflit au Proche-Orient. George Bush déclare que les propositions "audacieuses" de Ehoud Olmert sur la Cisjordanie "pourraient constituer une étape importante vers la paix" si les négociations ne reprennent pas. [Ce plan prévoit notamment le démantèlement
de colonies juives isolées de Cisjordanie et la fixation
des frontières définitives d'ici à 2010.
Ehoud Olmert, qui affirme être favorable à une résolution
négociée du conflit israélo-palestinien passant
par la création d'un Etat palestinien, rencontrera "dans
un proche avenir" le président de l'Autorité
palestinienne, Mahmoud Abbas.] _22 mai, Jérusalem. Le chef de la branche armée du Hamas en Cisjordanie capturé par l'armée israélienne, à Ramallah. Ibrahim Hamed, 41 ans, commandant des Brigades Ezzedine Al-Qassam en Cisjordanie, est accusé par Israël d'avoir organisé une série d'attentats dont des attaques-suicides, qui ont fait 55 tués depuis 2001. Il était traqué depuis 1998, mais avait réussi jusqu'à présent à échapper aux recherches et tentatives d'assassinat ciblé. _21 mai, Charm el-Cheikh [Egypte]. Rencontre entre le président palestinien Mahmoud Abbas, la ministres des affaires étrangères israélienne Tzipi Livni, et le vice-premier ministre Shimon Pérès, en marge du Forum économique mondial à Charm el-Cheikh. [Tzipi Livni a annoncé, à l'issue de cette rencontre, qu'Israël voulait "aider économiquement le peuple palestinien". "Nous voulons aider le peuple palestinien et non pas le punir pour son vote", a-t-elle dit, ajoutant qu'"il ne fallait pas accorder une légitimité au gouvernement formé par le Hamas, car il s'agit d'une organisation terroriste".] _21 mai, Jérusalem. Des heurts violents opposent de plus en plus souvent les militants armés du Fatah et du Hamas - le mouvement islmiste a déployé ses propres miliciens dans la bande de Gaza. Deux hauts responsables de la sécurité, affiliée au Fatah, ont été visés, les 20 et 21 mai. Tarek Abou Rajab, le chef des services de renseignements palestiniens, considéré comme un proche du président palestinien Mahmoud Abbas, a été grièvement blessé dans un attentat à la bombe à son quartier général de Gaza. Par ailleurs, une bombe, de forte puissance, a été découverte, près du domicile à Gaza du chef de plusieurs services de sécurité palestiniens, Rachid Abou Chabak, un autre fidèle du président palestinien. [La majeure partie des forces de sécurité, environ 65'000 hommes, est demeurée sous l'autorité du président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.] _18 mai, Paris. "Il faut cesser de boycotter le Hamas", déclare au quotidien "Le Monde", Mgr Michel Sabbah, patriarche latin de Jérusalem. Israël assure-t-il, doit "prendre conscience que la paix se fera à deux, comme la guerre s'est faite à deux. On est à mi-chemin. Il faut parler avec l'adversaire. Avec la victoire du Hamas, son enracinement et sa force de conviction dans le peuple, avec cette nouvelle vision israélienne, il y a une chance de paix. L'Occident doit prendre au sérieux cette chance de paix, cesser de boycotter le Hamas, de l'assimiler au terrorisme, encourager les négociateurs des deux camps. Le Hamas, ce n'est pas le terrorisme mondial. C'est au contraire, s'il reste isolé, boycotté, qu'il finira par le rejoindre".
[Chrétiens de Terre sainte. Les chrétiens arabes de Terre sainte (Israël, Territoires, Jordanie) représentent 3% de la population : ils sont 300'000, la moitié en Israël-Palestine, l'autre en Jordanie. Jérusalem en compte moins de 10'000. _16 mai, Strasbourg. Devant les eurodéputés, Mahmoud Abbas appelle à "donner une chance" au gouvernement du Hamas et met en garde contre les conséquences humanitaires de la suspension de l'aide financière directe à ce gouvernement. Le président de l'Autorité palestinienne préconise une intervention internationale pour aider Israéliens et Palestiniens à parvenir à un règlement négocié "au lieu de recourir à la politique [israélienne] de mesures unilatérales [conduisant à des retrais partiels en Cisjordanie], de diktats et de négation de l'autre". "Un tel projet compromettrait un règlement basé sur deux Etats en annexant de larges secteurs des territoires palestiniens et en transformant le reste en cantons isolés, sans lien géographique", assure-t-il. "Mettre en oeuvre ce plan anéantira tout espoir de relancer le processus de paix". _14 mai, Jérusalem. La Haute Cour de justice israélienne rejette la pétition d'associations de défense des droits de l'homme demandant l'annulation d'une disposition à la loi sur la citoyenneté qui rend extrêmement difficile la possibilité pour le conjoint palestinien d'un citoyen israélien de résider en Israël. Elle estime que "les bienfaits et la sécurité que la loi sur la citoyenneté procure aux habitants d'Israël surpassent les dommages occasionnés aux quelques citoyens israéliens mariés à des Palestiniens". [Au-delà des considérations sécuritaires, ce texte, en filigrane, entend aussi préserver un autre principe : "le maintien d'une majorité juive" dans le pays. Les députés arabes israéliens et une partie de la gauche ont déploré la décision de la Haute Cour de cautionner "une loi ancrée dans le racisme", selon les termes d'un député juif du Meretz (gauche).] _16 mai, Strasbourg. Devant les eurodéputés,
Mahmoud Abbas appelle à "donner une chance"
au gouvernement du Hamas et met en garde contre les conséquences humanitaires de la suspension de l'aide financière directe à ce gouvernement. Le président de l'Autorité palestinienne préconise une intervention internationale pour aider Israéliens et Palestiniens à parvenir à un règlement négocié "au lieu de recourir à la politique [israélienne] de mesures unilatérales [conduisant à des retrais partiels en Cisjordanie], de diktats et de négation de l'autre". "Un tel projet compromettrait un règlement basé sur deux Etats en annexant de larges secteurs des territoires palestiniens et en transformant le reste en cantons isolés, sans lien géographique", assure-t-il. "Mettre en oeuvre ce plan anéantira tout espoir de relancer le processus de paix". _9 mai, New York. Face à la crise humanitaire qui menace à Gaza et en Cisjordanie, le Quartet pour le Moyen-Orient se déclare prêt à mettre en place sous la direction de l'Union européenne un "mécanisme" temporaire qui permettra d'acheminer l'aide humanitaire à la population palestinienne, sans passer par le gouvernement du Hamas, qui refuse toujours de reconnaître Israël et d'abandonner la violence.
_5 mai , Gaza. Cinq activistes palestiniens tués et quatre autres personnes blessées dans un raid aérien israélien contre un camp d'entraînement à Gaza d'un groupe armé palestinien, les Comités de la résistance populaire. ["Notre première réponse à ce crime sera de lancer 100 roquettes artisanales contre Israël. Ensuite nous préparerons des attaques suicide en Israël", a annoncé un porte-parole des Comités, Abou Chérif.] _4 mai, Jérusalem. Le gouvernement de
coalition d'Ehoud Olmert investi lors d'un vote au Parlement
israélien, par 65 voix pour et 49 contre. La coalition,
composée en un mois, rassemble le parti Kadima, des travaillistes,
le Parti des retraités et des ultra-orthodoxes du Shass. [Vainqueur des législatives de mars, Kadima entend
fixer les frontières permanentes d'Israël d'ici à
2010 en procédant à des retraits de Cisjordanie."La
poursuite de la colonisation dispersée en Judée-Samarie
[Cisjordanie] nous met en danger", a estimé Ehoud
Olmert dans son discours d'investiture."Au contraire, les
réalisations du mouvement d'implantation dans ses principales
concentrations feront pour toujours partie intégrante d'un
Israël souverain, tout comme notre capitale unifiée,
Jérusalem", a-t-il promis. _26 avril, Oslo. Mahmoud Abbas appelle à la convocation "immédiate" d'une conférence internationale pour un règlement du conflit israélo-palestinien, affirmant que les mesures israéliennes anéantissaient toute chance de voir un Etat palestinien. "Pour trouver une solution au conflit, les parties ne doivent pas être laissées seules en raison du déséquilibre qui existe entre occupant et occupé", déclare le président de l'Autorité palestinienne dans une allocution à l'Institut Nobel. "La communauté internationale, représentée par le Quartet [Etats-Unis, Union européenne, Russie et Nations unies] ou tout autre cadre, jouera à la fois le rôle de médiateur et d'arbitre", ajoute-t-il.
Interrogé à propos de la réaction du Hamas
après l'attentat de Tel-Aviv perpétré
le 17 avril par le Djihad islamique, Mahmoud Abbas déclare
: "J'espérais qu'ils allaient condamner ce qui
s'est passé, malheureusement, ils ne l'ont pas fait.
J'espère qu'ils changeront de position à l'avenir.
J'essaie nuit et jour de les convaincre d'adopter ma politique,
qui est une politique modérée. S'ils ne le font
pas, ils finiront totalement isolés, et donc incapables
de remplir leur mission. Qui en souffrira alors ? Ce ne sera pas
le gouvernement, mais les Palestiniens".
_24 avril, New York. "Il n'est pas exagéré de dire que la perspective de réaliser la solution de deux Etats [Israël et la Palestine], selon la voie tracée par la "Feuille de route", se soient à présent "Ces facteurs comprennent le changement radical de position du nouveau gouvernement palestinien vis-à-vis de principes acceptés de longue date par l'OLP [Organisation de libération de la Palestine] au nom du peuple palestinien, et son incapacité à répondre aux principes exposés par le Quartet", a-t-il souligné devant le Conseil de sécurité des Nations unies. _17 avril, Tel-Aviv. Un attentat à la bombe fait 9 morts et plus d'une cinquantaine de blessés. L'attentat, qui s'est produit alors que les Israéliens célèbrent la Pâque juive, a été perpétré près de l'ancienne gare routière de Tel-Aviv. [Cet attentat, revendiqué par Djihad islamique
et les Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, liées au Fatah de
Mahmoud Abbas, est le plus meurtrier depuis août 2004 et
l'attentat commis à Beersheva, dans le sud du pays, par
le mouvement radical Hamas, qui avait fait seize morts. _11 avril, New York. Les Nations unies décident de restreindre ses relations avec le gouvernement palestinien formé par le Hamas, considéré comme une organisation terroriste par les pays occidentaux. Désormais, "les contacts politiques seront étudiés au cas par cas", déclare Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général, Kofi Annan. Mais "nous continuerons à entretenir des relations avec les responsables du Hamas, à tout niveau, pour la mise en oeuvre des programmes humanitaires", a-t-il précisé. _8 avril, Gaza. Le gouvernement du Hamas n'abandonnerait pas ses positions politiques après la suspension des aides directes américains et européenne à l'Autorité palestinienne, déclare le Premier ministre palestinien, Ismaïl Haniyeh. "Les décisions de l'Ouest, des Etats-Unis et de
l'occupation israélienne sont injustes. Elles ont pour
but de nous faire du chantage", affirme-t-il lors d'une célébration
à l'université islamique de Gaza. "Mais, ajoute-t-il,
ils ne peuvent pas nous faire chanter sur nos positions politiques",
rappelant que "la direction palestinienne et le gouvernement
ne peuvent pas abandonner leurs principes" politiques. _7 avril, Washington. Les Etats-Unis décident de suspendre leur aide directe au gouvernement palestinien et d'augmenter de 57% leur aide humanitaire distribuée par le biais des Nations unies, annonce le porte-parole du département d'Etat, Sean McCormack. "Du fait que le nouveau gouvernement palestinien dirigé par le Hamas n'a pas accepté les principes du Quartet sur la non-violence, la reconnaissance d'Israël et le respect des accords antérieurs, les Etats-Unis suspendent leur assistance au gouvernement, au cabinet et aux ministères palestiniens", déclare-t-il, lisant un communiqué de la secrétaire d'Etat, Condoleezza Rice. _7 avril, Bruxelles. La Commission européenne suspend son aide à l'Autorité palestinienne. "Pour le moment, il n'y a aucun paiement effectué à l'Autorité palestinienne ou transitant par l'Autorité", déclare une porte-parole de la Commission. Cette suspension de l'aide - qui sera réexaminée le 11 avril lors de la réunion des ministres des affaires étrangères de l'Union européenne - est motivée par le fait que le gouvernement palestinien dirigé par le Hamas n'a ni reconnu Israël, ni renoncé à la violence, ni accepté les accords de paix passés. _4 avril, New York. "Nous souhaitons, comme tous les Etats du monde, vivre en liberté et en sécurité, et que notre peuple puisse jouir de la paix et l'indépendance, côte à côte avec nos voisins dans ce lieu saint du monde", affirme Mahmoud Zahar, le chef de la diplomatie palestinienne et l'un des chefs du Hamas, dans une lettre adressée au secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan. Sans mentionner explicitement le nom d'Israël, Mahmoud Zahar évoque l'idée d'une solution à "deux Etats" pour régler le conflit au Proche-Orient. Les "initiatives d'Israël dans les territoires occupés vont mettre fin à tous les espoirs de parvenir à un règlement final et pacifique sur la base d'une solution prévoyant deux Etats", souligne-t-il, assurant que le gouvernement palestinien était prêt à entamer un dialogue avec le Quartette sur le Proche-Orient. [Le porte-parole à Gaza du ministre a démenti
que le texte implique une quelconque reconnaissance de l'Etat
d'Israël. Le 3 avril, devant les employés du ministère des affaires étrangères, Mahmoud Zahar avait déclaré être prêt à accepter, temporairement, la création d'un Etat sur l'ensemble des territoires occupés en 1967. "Il a également dit qu'il ne reconnaissait pas l'OLP (Organisation de libération de la Palestine) de 1988, c'est-à-dire celle qui a accepté l'existence d'Israël, et qu'il préférait l'OLP de 1964, celle des origines, qui faisait de la lutte armée et de la disparition d'Israël les deux principes de son action", affirme un fonctionnaire, présent à cette réunion.] |