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L'actualité des droits de l'homme 2006 |
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[Le Pacte pour l'Afghanistan propose un agenda permettant aux institutions démocratiques afghanes de répondre aux besoins essentiels du pays, de réduire l'insécurité, de contrôler l'industrie des stupéfiants, de stimuler l'économie, de faire respecter la loi et d'assurer la protection des droits de l'homme.] _31 janvier, Londres. Le Pacte pour l'Afghanistan, une "feuille de route" pour la consolidation de la paix en Afghanistan, qui fait suite au Processus de Bonn, lancé à Londres, en présence de Kofi Annan, lors d'une conférence internationale, au cours de laquelle une soixantaine de pays se sont engagés à soutenir les efforts de la nation afghane vers la démocratie. "Hier une nation tenue en otage par la terreur et le terrorisme, l'Afghanistan est aujourd'hui une démocratie naissante. Une constitution démocratique, un parlement représentatif et un gouvernement légitimement élu sont la démonstration que l'Etat afghan se renouvelle et se revigore progressivement", déclare le secrétaire général des Nations unies qui co-préside la conférence avec le président Hamid Karzaï et le Premier ministre anglais Tony Blair.
[Le Pacte pour l'Afghanistan met les préoccupations liées à la sécurité en haut de la liste des priorités. Il traite des questions de l'Etat de droit et de la gouvernance, du développement et de la reconstruction, et des stupéfiants. Le 5 décembre 2001, sous l'égide des Nations unies, les accords de Bonn fixaient les étapes de la transition vers la démocratie.] _23 janvier, New York. Le Pacte pour l'Afghanistan, qui constitue la "feuille de route" pour la consolidation de la paix dans le pays au cours de cinq prochaines années, sera lancé à la conférence de Londres, le 31 janvier 2006, annoncent les Nations unies. "Le Pacte constitue la "feuille de route" pour la poursuite de l'engagement de la communauté internationale dans le pays au cours des cinq prochaines années dans trois domaines d'activités : la sécurité, la gouvernance - dont les droits de l'homme et l'Etat de droit - et le développement économique et social - qui comprend aussi la lutte contre les stupéfiants". Une Stratégie nationale intérimaire afghane (IANDS) sera également présentée à Londres aux délégations de plus de 17 pays et aux organisations internationales, Le Pacte pour l'Afghanistan et l'IANDS font suite à l'achèvement du processus de Bonn, enclenché en 2001, après la conférence de Bonn sur le processus de paix en Afghanistan.
ARABIE SAOUDITE_5 mars, Riyad. Jacques Chirac appelle, lors d'une visite en Arabie Saoudite, à faire échec à ceux qui "attisent le feu des fanatismes" et provoquent "un triste choc des ignorances". Nous devons respecter la diversité des peuples, des croyances, des cultures, et nous attacher aux valeurs de tolérance. Premier dirigeant étranger à pouvoir s'exprimer devant le Conseil consultatif saoudien (nommé par le roi et préfigurant le futur Parlement), le président français loue "l'esprit de démocratie" du roi Abdallah. AUTRICHE_20 février, Vienne. L'historien britannique d'extrême droite David Irving, 67 ans, condamné à trois ans de prison par un tribunal de Vienne pour avoir nié l'extermination des juifs par les nazis. Irving, qui avait plaidé coupable, a affirmé à l'audience avoir changé d'avis sur la question et reconnaître désormais la réalité de la Shoah. Il risquait jusqu'à dix ans de prison. "J'ai commis une erreur lorsque j'ai dit qu'il n'y avait pas de chambres à gaz à Auschwitz", a-t-il déclaré. "Je ne nie en aucun cas le meurtre de millions de personnes par les nazis". BELARUS_20 mars, Minsk. L'élection [d'Alexandre Loukachenko] n'a pas respecté les normes requises par la communauté internationale pour des élections justes et équitables", déclare Alcee Hastings, coordinateur spécial de la mission d'observation de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), forte d'demi-millier d'experts. "De nombreuses preuves matérielles appuient ces conclusions [ ]. La démocratie en Biélorussie n'en est qu'à ses balbutiements", ajoute-t-il. Le secrétaire général du Conseil de l'Europe, Terry Davis, considère, pour sa part, que la réélection du président du Belarus est une "farce" et appelle la communauté internationale à "inciter à une transition pacifique et démocratique" dans le pays. Ces déclarations ne devraient toutefois pas influencer Alexandre Loukachenko. _19 mars, Minsk. Alexandre Loukachenko, 51 ans, au pouvoir depuis douze ans, réélu avec 82,6% des voix, selon Lidia Ermochina, présidente de la commission électorale. Elle affirme que 6% des votants ont donné leur voix à Alexandre Milinkevitch, 2,3% à Alexandre Kozouline (le second candidat d'opposition) et 3,5% à Sergueï Gaïdoukevitch, proche du pouvoir. [L'opposition bélarusse a réuni entre dix et quinze mille personnes, le soir du scrutin, autour de son candidat Alexandre Milinkevitch pour protester contre le déroulement de l'élection présidentielle - et accusant le régime d'avoir falsifié les résultats. Alexandre Loukachenko avait promis, le 17 mars, de "briser le cou immédiatement" à l'opposition si celle-ci essayait de "faire quelque chose dans le pays".] _16 mars, Genève. Un expert de la Commission des droits de l'homme des Nations Unies, Adrian Severin, "condamne fermement l'escalade des violations des droits de l'homme commises par le gouvernement bélarusse contre la presse indépendante, les candidats de l'opposition et leurs partisans et contre les défenseurs des droits de l'Homme à l'approche de l'élection présidentielle" du 19 mars, assurée d'être remportée par le président sortant Alexandre Loukachenko. Dénonçant l'interpellation et le tabassage de candidats d'opposition et de membres de leur entourage et les "persécutions" à l'encontre de journalistes bélarusses et étrangers, le rapporteur appelle le Bélarus à "mettre fin immédiatement" à la répression qui "compromet le déroulement juste et équitable de la campagne électorale". BELGIQUE_16 février, Bruxelles. Après un vote de la Chambre des députés, la Belgique devient le premier Etat au monde à interdire la fabrication, le stockage, l'utilisation et le commerce de bombes à fragmentation. Diverses organisations gouvernementales ont, comme Handicap International, évoquent une décision "historique". [Réputées plus dangereuses que les mines, les bombes à fragmentation - ou bombes à sous-munitions - tuent plusieurs milliers de civils chaque année. Les Etats-Unis sont le plus gros producteur de ces armes, fabriquées dans 34 pays, sous plus de 200 formes.] BOLIVIE_22 janvier, La Paz. Evo Morales prête serment devant le Congrès. A 46 ans, le dirigeant syndical devient le premier président indien de Bolivie. "Nous sommes là pour changer l'Histoire", déclare-t-il, en rendant hommage aux Indiens, qui représentent plus de 60% de la population. "Ces peuples ont été marginalisés et humiliés. Mais la résistance menée depuis 500 ans valait la peine. Aujourd'hui, c'est nous qui prenons le pouvoir pour 500 ans". Le nouveau président bolivien promet d'en finir avec "les discriminations", "l'Etat colonial" et "le néolibéralisme". CAMBODGE_4 janvier, Genève. Louise Arbour dénonce les arrestations et poursuites judiciaires visant des défenseurs des droits de l'homme, des syndicalistes, des journalistes et des opposants politiques. Louise Arbour a appris avec un profond regret l'arrestation et le placement en détention, le 31 décembre 2005, de Kem Sokha, Président du Centre cambodgien pour les droits de l'homme, et de Yeng Virak, Directeur du Centre cambodgien d'éducation juridique, tous deux accusés de diffamation, indique un communiqué du Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme. La haut commissaire souligne qu'il s'agit là des dernières en date d'une série d'arrestations et de poursuites engagées au cours de l'année écoulée contre des membres de la société civile, des syndicalistes, des journalistes et des membres du parti d'opposition Sam Rainsy, pour diffamation, provocation et désinformation. Cette tendance troublante menace d'effacer les progrès réalisés ces dix dernières années, au prix d'importants efforts, afin d'instaurer une société ouverte et juste fondée sur la primauté du droit, ajoute-t-elle. CHILI_15 janvier, Santiago. Michelle Bachelet, première présidente du Chili. La candidate socialiste, qui a recueilli 53,49% des suffrages contre 46,5% à son adversaire, Sebastian Piñera, devient la première femme élue présidente au Chili, ainsi que dans l'ensemble de l'Amérique du Sud. [Michelle Bachelet, qui sera investie le 11 mars pour un mandat de quatre ans, a annoncé qu'elle formera un gouvernement pour moitié composé de femmes.] _12 janvier, Santiago. Augusto Pinochet, assigné à résidence depuis le 23 novembre 2005, recouvre la liberté, mais sous caution. [L'ex-dictateur, âgé de 90 ans, avait été inculpé dans le cadre de l'enquête sur les crimes de l'opération Colombo, un massacre présumé de 119 opposants politiques de gauche commis lors de la dictature militaire en 1975, ainsi que pour fraude fiscale après la découverte de comptes bancaires secrets à l'étranger.] _11 janvier, Santiago. La cour d'appel de Santiago annonce qu'elle a levé l'immunité d'Augusto Pinochet afin qu'il puisse être jugé pour deux assassinats attribués à la "Caravane de la mort", un commando militaire chargé d'exécuter des dizaines d'opposants qui a parcouru le Chili en 1973. Wagner Salinas et Francisco Lara, arrêtés le jour même du coup d'Etat militaire de Pinochet, le 11 septembre 1973, ont été exécutés sommairement le 5 octobre à Santiago, selon les informations fournies par Hugo Gutierrez, avocat des familles des victimes. Leurs cas n'avaient pas été inclus dans le premier procès de la "Caravane de la mort". [Augusto Pinochet avait déjà été inculpé en décembre 2000 pour les dizaines d'assassinats commis par la "Caravane de la mort". Mais la Cour suprême avait clos le dossier en juillet 2002 en estimant que les symptômes de démence légère diagnostiqués chez l'ancien dictateur ne permettaient pas qu'il subisse un procès.] CHINE_22 février, Pékin. Un journaliste arrêté en 1989, durant le mouvement démocratique de Tiananmen, pour avoir jeté de l'encre sur un portrait de Mao Zedong, libéré après 17 ans de prison. Yu Donyue, âgé de 39 ans, "souffre de troubles mentaux", a indiqué son père. Il a passé deux ans en cellule d'isolement et, selon sa famille, a été régulièrement battu et torturé. _25 janvier, Pékin. Google lance en Chine (un marché de 111 millions d'internautes) une version autocensurée de son moteur de recherche. "Nous avons rejeté certains contenus des résultats de recherche sur Google, en application de la législation et de la réglementation locales", indique un communiqué de la société américaine. Google explique que, si "filtrer l'information va à l'encontre de nos principes, ne pas fournir d'informations du tout serait encore pire". "En clair, écrit Bruno Philip dans Le Monde, toutes les informations concernant les questions relatives au Tibet, aux musulmans ouïgours de la province agitée du Xinjiang, à la secte Fa Lun Gong, à Taïwan, au massacre de la place Tienanmen et, plus généralement, aux droits de l'homme en République populaire, seront automatiquement censurées sur le nouveau site de Google".
CONGO / République démocratique_5 janvier, New York. La République démocratique du Congo (RDC) est le théâtre de la crise humanitaire la plus meurtrière de ces 60 dernières années, affirme une étude du Comité international de secours (une organisation basée à new York) publiée par le journal The Lancet. La guerre commencée en 1998 et qui a officiellement pris fin en 2003 a fait près de quatre millions de morts, pour la plupart victimes de la faim et de maladies, affirment les auteurs de cette étude. Des bandes criminelles continuent de terroriser les civils, notamment dans l'est du pays riche en ressources minérales. [Les Nations unies ont déployé 17'000 casques bleus en RDC, soit leur plus importante mission de maintien de la paix dans le monde.] COTE-D'IVOIRE_17 mars, Abidjan. "La situation des droits de l'homme en Côte d'Ivoire continue d'être préoccupante", déclare Simon Munzu, responsable de la Division des droits de l'homme de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI). La polémique sur la légitimité des pouvoirs du président Gbagbo, après le 30 octobre 20054, a eu "des répercussions graves" sur l'exercice des droits fondamentaux en Côte d'Ivoire, affirme le dernier rapport sur la situation des droits de l'homme dans le pays publié par l'ONUCI. [Ce rapport, qui couvre la période du mois d'août au mois de décembre 2005, dénonce également "la virulence de la rhétorique politique et des appels incessants à la contestation et au renversement, y compris par la force, du président ivoirien auxquels certains acteurs politiques se sont livrés, au cours des cinq derniers mois de l'année 2005". _7 février, New York. Le Comité des sanctions des Nations unies sur la Côte d'Ivoire annonce l'entrée en vigueur de sanctions individuelles - interdiction de voyager et gel des avoirs -, imposées à trois responsables ivoiriens accusés de menacer le processus de paix dans le pays, et prévues par la résolution 1572 du Conseil de sécurité. Charles Blé Goudé, dirigeant du mouvement des "Jeunes patriotes", partisans du président Gbagbo, et Eugène Djué, l'un des chefs des "Jeunes patriotes", sont accusés d'avoir joué un rôle dans les attaques dirigées contre l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) au mois de janvier. Les deux hommes sont visés pour leurs "déclarations publiques répétées préconisant la violence contre les installations et le personnel des Nations Unies et contre les étrangers" et pour avoir fait "obstacle à l'action du Groupe de travail international (GTI) de l'ONUCI et des forces françaises". Ils sont aussi accusés d'avoir dirigé et participé "à des actes de violence commis par des milices de rue", y compris "des viols et des exécutions extrajudiciaires". Martin Fofié Kouakou, commandant des Forces nouvelles (FN), les forces rebelles qui contrôlent le nord du pays, figure également sur la liste. Il est sanctionné pour violation des droits de l'homme et recrutement d'enfants soldats. Selon les Nations unies, "les forces sous son commandement se sont livrées au recrutement d'enfants soldats, à des enlèvements, à l'imposition du travail forcé, à des sévices sexuels sur les femmes, à des arrestations arbitraires et à des exécutions extrajudiciaires". _19 janvier, New York. Le Conseil de sécurité des Nations unies adopte une déclaration dans laquelle il affirme notamment que "des mesures ciblées seront imposées" contre toute personne "s'opposant au processus de paix, notamment en attaquant ou en faisant obstacle au travail de l'Onuci, des forces françaises (Licorne), du Haut représentant de l'Onu pour les élections ou du Groupe de travail international (GTI)". De telles sanctions individuelles - gel des avoirs financiers et interdiction de voyager - sont déjà prévues par la résolution 1572 de novembre 2004. Elles n'ont pas été appliquées, mais peuvent l'être à tout moment. [La Côte d'Ivoire a connu quatre jours de manifestations à l'initiative des "jeunes patriotes", partisans du président Laurent Gbagbo, qui ont notamment paralysé la capitale, Abidjan. Les installations des Nations unies ont été les principales cibles de ces manifestations, et les affrontements avec les Casques bleus ont fait au moins cinq morts.] _3 janvier, New York. Kofi Annan demande au Conseil de sécurité une augmentation temporaire de plus de 50% des effectifs de maintien de la paix en Côte d'Ivoire, pour qu'ils puissent assurer la sécurité dans le pays lors de la période de transition politique en cours. Il recommande en même temps la prorogation du mandat de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci) pour un an, jusqu'au 24 janvier 2007. Selon le secrétaire général des Nations unies, l'Onuci doit être capable d'apporter "un soutien dynamique et efficace" aux décisions du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine (UA) sur la transition politique dans le pays. [Aux termes d'une décision prise en octobre 2005 par le Conseil, le président Laurent Gbagbo a été maintenu à son poste pour une période n'excédant pas un an et un Premier ministre doté de pouvoirs élargis, Charles Konan Banny, a été nommé. Le nouveau gouvernement est chargé d'organiser des élections "libres, justes, ouvertes et transparentes" avant fin octobre 2006, tout en mettant en oeuvre les accords de paix de Linas-Marcoussis, Accra et Pretoria.] CUBA_13 février, La Havane. L'opposant social-démocrate Manuel Cuesta Morua lance un appel contre la violence à Cuba, "qui s'alimente des politiques de l'Etat". "Nous voyons avec préoccupation comment la menace, la grossièreté et l'insulte remplacent la communication et le respect. La violence verbale et physique augmente à tous les niveaux", souligne le texte, signé par 135 opposants cubains. [La commission cubaine pour les droits de l'homme et la réconciliation nationale avait dénoncé, le 9 février, une "nouvelle vague de répression politique à Cuba", caractérisée par des "violences physiques sans précédent depuis des années". Selon le président de la commission, Elizardo Sanchez, " des dizaines ou des centaines de membres du Parti communiste cubain, rassemblés par des agents de la Sécurité de l'Etat police politique, se regroupent devant le domicile des dissidents pour les agresser verbalement et parfois physiquement". Elizardo Sanchez compare ces actions aux violences du fascisme ou de la "révolution culturelle" en Chine. D'après Le Monde]. _11 janvier, La Havane. La Commission cubaine pour les droits de l'homme (non reconnue par les autorités) dénonce "l'aggravation de la situation des droits civiques, politiques et économiques à Cuba pendant l'année 2005, au cours de laquelle 53 personnes ont été condamnées ou jugées pour des motifs politiques". Cela s'est traduit par une "nette augmentation" du nombre des prisonniers politiques, qui est passé de 294 à la fin 2004 à 333 à la fin 2005. DUBAI_4 janvier, Dubaï. Le nouveau souverain de Dubaï, cheikh Mohammad ben Rached Al-Maktoum, affirme vouloir offrir au monde l'image d'un nouveau type de leader arabe, modéré et résolument tourné vers la modernité. Agé de 56 ans, également ministre de la Défense des Emirats arabes unis, il est devenu souverain de l'émirat de Dubaï, l'une des sept composantes de la fédération, à la mort de son frère aîné, cheikh Maktoum ben Rached Al-Maktoum, 62 ans, le 3 janvier. ["Je dis à mes collègues arabes qui sont au pouvoir : si vous ne changez pas, vous serez remplacés. Si vous ne lancez pas des changements radicaux pour rétablir le respect du sens de l'Etat, promouvoir les principes de transparence, justice et responsabilité, vos peuples vous en tiendront rigueur et le verdict de l'Histoire à votre sujet sera sévère", déclarait-il le 13 décembre 2004, lors d'un colloque organisé par l'émirat.] ESPAGNE_22 mars, Madrid. L'ETA annonce un "cessez-le-feu", destiné à "lancer un processus démocratique" au Pays basque espagnol, dans un communiqué remis à plusieurs médias basques, et lu dans une vidéo diffusée par les télévisions espagnoles par trois membres encagoulés de l'organisation séparatiste basque. "L'ETA a décidé de déclarer un cessez-le-feu permanent à partir du 24 mars 2006", indique ce communiqué intitulé "Message d'Euskadi Ta Askatasuna [patrie basque et liberté] au peuple basque". "L'objectif de cette décision est de lancer un processus démocratique au Pays basque pour édifier un nouveau cadre au sein duquel seront reconnus les droits qui nous reviennent comme peuple. A la fin de ce processus, les citoyens basques devront avoir la parole et le pouvoir de décision sur leur futur", poursuit l'ETA, en référence à sa revendication du droit à l'autodétermination du Pays basque espagnol. "Le dépassement du conflit, aujourd'hui et maintenant, est possible. C'est le souhait et la volonté de l'ETA", conclut ce communiqué. [Le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, a pris acte de cette décision de l'ETA, tout en avertissant que "comme tout processus de paix, ce sera un processus long et difficile". "Nous agirons avec prudence pour mettre un point final à cette tragédie historique", a-t-il assuré. L'ETA avait déjà décrété une trêve en 1989 et un cessez-le-feu en 1998. Trente-huit années de violences terroristes ont fait plus de 800 morts en Espagne.] _18 février, Madrid. L'organisation séparatiste basque armée ETA publie un communiqué dans lequel elle se dit prête à "de nouveaux pas". "Le moment est arrivé de prendre des engagements fermes et des décisions importantes sur le futur du peuple basque, en passant des discours aux actes et en montrant de l'audace", indique le texte, qui précise que le dialogue et la négociation "sont les seuls chemins pour résoudre le conflit", mais ne fait toutefois pas mention de trêve, ou de cessez-le-feu. _7 janvier, Madrid. Le ministre de la défense, José Bono, ordonne la mise aux arrêts à domicile du général Mena Aguado, adjoint du chef d'état-major de l'armée de terre, jugé coupable d'avoir enfreint l'interdiction faite aux militaires d'exprimer leurs opinions politiques. Le 6 janvier, à Séville, à l'occasion de la fête de l'armée, ce général de 64 ans a, dans un discours solennel, alerté le gouvernement espagnol "sur les graves conséquences" que supposerait le futur statut d'autonomie de la Catalogne, et invoqué la "responsabilité des forces armées" pour préserver "l'intégrité territoriale de la nation espagnole". Il a émis publiquement l'hypothèse d'une intervention militaire si le statut d'autonomie élargi pour la Catalogne [l'"Estatut"] "dépassait les limites constitutionnelles». L'article 8 de la Constitution précise notamment que «les forces armées ont pour mission de [...] défendre [l']intégrité territoriale". [Les députés espagnols vont examiner ces prochains mois un projet de statut d'autonomie élargie de la Catlogne, projet controversé approuvé par le parlement régional catalan, qui qualiifie cette région de "nation" et lui octroie de larges prérogatives fiscales et judiciaires.] ETATS-UNIS_16 mars, Washington. Dans un document intitulé : Stratégie pour la sécurité nationale George Bush indique que les Etats-Unis sont en guerre et décrit cette stratégie comme "une stratégie de sécurité nationale en temps de guerre" rendue nécessaire pour la montée du terrorisme. Depuis les attaques du 11 septembre 2001, les Etats-Unis ont lancé une offensive contre les réseaux terroristes, "laissant l'ennemi affaibli, mais pas encore battu" et ont connu "de grandes réussites". Dans ce rapport, le second de la présidence, le président américain indique que les Etats-Unis doivent maintenant "choisir entre la voie de la peur et celle de la confiance". Il décrit "la voie de la peur" comme l'isolationnisme et le protectionnisme, le repli et le retranchement, qui convient aux personnes trouvant le défi trop grand. "Nous avons choisi de faire face aux défis plutôt que de les laisser aux générations futures. Nous combattons nos ennemis à l'étranger au lieu d'attendre qu'ils arrivent dans notre pays", ajoute-t-il. _7 mars, Washington. La Chambre des représentants adopte définitivement le texte reconduisant les mesures antiterroristes de la loi dite Patriot Act, adoptée cinq semaines après les attentats du 11 septembre 2001. [Après le Sénat, la Chambre, par une majorité de 280 voix contre 138, a tranché dans le débat sur les moyens de préserver les droits des citoyens dans la "guerre contre le terrorisme". Après deux prolongations, votées dans l'urgence en décembre 2005 et en février 2006, le projet de loi pérennise la plupart des dispositions du Patriot Act. La loi élargit notamment les pouvoirs d'enquêtes des autorités fédérales, en leur donnant accès aux données personnelles et à certains enregistrements de conversations téléphoniques.] _16 février, Washington. Pour combattre la prolifération des armes nucléaires et en même temps promouvoir l'utilisation civile de l'atome, l'administration américaine lance un Partenariat mondial sur l'énergie nucléaire (Global nuclear energy partnership). Dans le principe, indique Eric Leser, dans le quotidien Le Monde, "il s'agit d'aider au développement de l'énergie nucléaire civile, qui est abondante et ne contribue pas à l'effet de serre et au réchauffement climatique, et de confier le contrôle exclusif de l'enrichissement à un club de grandes puissances nucléaires. L'approvisionnement des pays tiers en combustible et le retraitement seraient réalisés par les Etats-Unis, la Russie, le Japon, le Royaume-Uni ou la France, qui s'engageraient également à transférer des technologies civiles". ["Le monde doit créer un système sûr et organisé pour installer des centrales nucléaires sans augmenter le danger de la prolifération", avait déclaré, le 11 février 2005, le président américain Bush devant l'université de la défense nationale.] _15 février, Washington. Les représentants de Yahoo!, Microsoft, Google et Cisco Systems - les "géants" américains de l'Internet - déposent devant une sous-commission du Congrès examinant les implications sur le respect des droits de l'homme de leur collaboration avec les autorités chinoises. "Nous sommes tous confrontés au même dilemne entre le respect des valeurs américaines et les lois [chinoises] que nous devons respecter", déclare le chef des services juridiques de Yahoo!, Michael Callahan. "Les compagnies américaines [installées] en Chine sont placées devant le choix suivant : respecter la législation chinoise ou fermer boutique". Le représentant de Google, Elliot Schrage, affirme que Google.cn, le moteur de recherche conçu pour le marché chinois représente une solution pragmatique, en respectant le cadre défini par le gouvernement chinois. "Ce service fournit des résultats de recherche à la fois meilleurs et plus nombreux sur un très grand nombre de sujets à l'exception de quelques dossiers politiques sensibles". [En janvier 2006, Yahoo! et Google ont fait l'objet de critiques, notamment au Congrès, après avoir reconnu coopérer avec la Chine pour censurer des sites web. Le groupe Yahoo! est accusé d'avoir fourni des données aux autorités chinoises ayant permis l'arrestation d'au moins un cyber-dissident.] _6 janvier, Londres. Le centre de détention installé sur la base américaine de Guantanamo à Cuba "condamne des milliers de personnes [...] à une vie de souffrances, de tourments et de soupçons", affirme Amnesty International (AI), qui estime à 500, originaires de 35 pays, le nombre d'hommes encore détenus dans le camp. L'organisation de défense des droits de l'homme déplore le flou que les autorités américaines entretiennent autour du nombre de détenus et demande à Washington de fournir une liste précise des prisonniers, avec leur identité et leur nationalité. Elle évoque plusieurs tentatives de suicides et affirme que plusieurs dizaines de détenus sont toujours en grève de la faim. Plusieurs auraient été alimentés de force, via des sondes nasales, sans anesthésie. "Si ces allégations sont vraies, Amnesty considère cela comme de la torture ou des mauvais traitements", dit le rapport. _3 février, Washington. Le Congrès américain proroge jusqu'au 10 mars le Patriot Act, la loi antiterroriste adoptée après les attentats du 11 septembre 2001. Il s'agit de la deuxième prolongation accordé à cette loi, dont seize dispositions arrivaient initialement à échéance au 31 décembre. [Certains élus avaient souhaité une nouvelle prorogation pour disposer de davantage de temps afin d'assurer la protection des libertés avant de pérenniser la plupart des dispositions de la loi.] _24 janvier, Washington. L'armée américaine annonce que de nouvelles procédures militaires concernant la peine de mort rendront possibles des exécutions sur la base de Guantanamo, à Cuba, si des prisonniers y étaient condamnés. [Ces procédures, détaillées dans un document de l'armée de Terre et signées par son chef d'état-major, le général Peter J. Schoomaker, sont datées du 17 janvier 2005._Les procédures sont qualifiées de "révision majeure" et concernent les "condamnations à mort imposées par les cours martiales ou les tribunaux militaires"._Par cette réforme, la peine de mort pourra être appliquée ailleurs qu'à Fort Leavenworth (Kansas, centre), seul site jusque-là autorisé._Les procédures pourraient ainsi être applicables par les tribunaux d'exception mis en place sur la base américaine de Guantanamo en cas de condamnation à mort de prisonniers. Et "les ennemis combattants pourraient être concernés par cette réglementation", a précisé le porte-parole de l'armée Sheldon Smith.] _13 janvier, Genève. Les pays européens connaissent depuis au moins deux ans les prisons secrètes et les activités des Etats-Unis en Europe à l'égard de terroristes présumés, déclare à la Télévision Suisse romande (TSR) Dick Marty, le rapporteur d'une commission du Conseil de l'Europe enquêtant sur ce sujet. Dick Marty, qui est également parlementaire suisse, qualifie la passivité des autorités en Europe de "choquante" sur ce dossier. "Il y a des pays qui ont collaboré activement, il y en a d'autres qui ont toléré, et il y a en a d'autres qui ont regardé simplement ailleurs", ajoute-t-il. EUROPE_11 janvier, Strasbourg. Le comité des ministres du Conseil de l'Europe adopte une nouvelle version des Règles pénitentiaires européennes. La version précédente datait du 12 février 1987. Les normes pénitentiaires reflètent la volonté des 46 Etats membres du Conseil d'accorder aux détenus un traitement juste et équitable. [Les règles révisées s'appuient à la fois sur les règles pénitentiaires antérieures et sur les valeurs fondamentales énoncées dans la Convention européenne des droits de l'homme. La législation et les pratiques pénitentiaires ont connu de très nombreux développements en Europe. L'évolution de la société, des politiques de lutte contre la délinquance et la criminalité, des pratiques en matière de condamnations et de la recherche, ainsi que l'accession de nouveaux Etats membres au Conseil de l'Europe, ont modifié de manière importante le contexte de gestion des établissements pénitentiaires et de traitement des détenus.] FRANCE_21 mars, Paris. Un français sur trois se déclare raciste, selon une enquête publiée par la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) dans son rapport annuel, remis le 21 mars 2006, au Premier ministre, Dominique de Villepin. Ce qui marque une augmentation de 8 % par rapport à 2004. Et, sans doute plus inquiétant encore, 63 % estiment personnellement que "certains comportements peuvent justifier des réactions racistes". _18 mars, Lyon. Plus d'un millier de manifestants franco-turcs, arborant drapeaux et pancartes indiquant : "non au mémorial d'un prétendu génocide" ou : "il n'y a jamais eu de génocide arménien", manifestent dans le centre de la ville pour protester contre la décision de la municipalité lyonnaise de faire édifier un mémorial du génocide arménien de 1915. Les associations arméniennes estiment que le préfet, Jean-Pierre Lacroix, a manqué à "la loi républicaine en autorisant un rassemblement négationniste". [Dans l'édition dominicale du Progrès, l'historien Philippe Videlier, chercheur au CNRS, parle d'une "manifestation négationniste" et se dit "profondément choqué qu'une telle manifestation puisse se dérouler aujourd'hui en France", alors que celle-ci a reconnu, le 18 janvier 2001, l'existence du génocide arménien. "C'est comme si on avait autorisé Faurisson [historien négationniste] et ses amis à manifester contre les monuments en mémoire de la Shoah", souligne l'historien.] _14 mars, Lyon. Poursuivi pour contestation de crime contre l'humanité pour avoir mis en cause, lors d'une conférence de presse le 11 octobre 2004, à Lyon, la Shoah - propos qui lui ont valu cinq ans d'exclusion de l'université Lyon-III - Bruno Gollnisch, le numéro deux du Front national (FN), obtient un non-lieu. Le juge d'instruction, Jacques Chauvot, chargé d'instruire une plainte avec constitution de partie civile déposée par le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP), a considéré qu'"il n'est pas douteux que M. Gollnisch ait manifesté clairement sa réprobation des crimes nazis, évoquant les millions de morts et les massacres perpétrés dans les chambres à gaz", et que "la réalité des camps d'extermination, organisés quasi industriellement, n'a pas été contestée". Le juge relève qu'"il existe un doute pour le moins important sur la réalité des propos prêtés à Bruno Gollnisch" et qu'"il n'existe pas d'élément objectif relevant de la contestation de crime contre l'humanité". Le parquet de Lyon et le MRAP ont fait appel de cette décision qualifiée d'"inique" par l'avocat du MRAP, Bertrand Sayn. _10 mars, Paris. L'organisation non gouvernementale "International Crisis Group" estime que des mesures politiques et financières, notamment l'aide aux associations, peuvent seules freiner la "tentation jihadiste", qui s'enracine d'après elle en France. Il y a en France un "essoufflement des organisations de jeunes", une "notabilisation de l'islamisme politique", et faute de relais politiques laïques, "la revendication tend à se repositionner sur le terrain de la violence, qu'elle soit jihadiste ou émeutière", affirme un rapport de cette organisation, dont le siège est à Bruxelles. [International Crisis group est une organisation présidée par l'ancien Commissaire européen aux Relations extérieures, le Britannique Lord Paten of Barnes. Son siège est à Bruxelles.] _10 mars, Paris. Dieudonné condamné à 5'000 euros d'amende pour diffamation par la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris. Le tribunal indique que les propos de l'humoriste reproduits par le "Journal du Dimanche" du 8 février 2004 étaient "discriminants et haineux" à l'égard de la communauté juive. Ces propos ont causé un "trouble à l'ordre public".
Pour le tribunal, la référence que tire Dieudonné de cette communauté par l'expression "reconvertis dans la banque et le spectacle" est directement inspirée de l'imagerie antisémite. "Sous couvert de stigmatiser ses détracteurs, il [Dieudonné] désigne à la vindicte les juifs en les assimilant à des marchands d'esclaves qui auraient bâti des fortunes sur la traite des noirs, ayant ainsi tiré profit d'un crime contre l'humanité".] _26 février, Paris. De nombreuses personnalités, religieuses et politiques, de toutes tendances (parmi lesquelles le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, le cardinal Jean-Marie Lustiger, le président de l'Assemblée nationale Jean-Louis Debré), se mêlent aux dizaines de milliers d'anonymes venus défiler à Paris en mémoire d'Ilan Halimi, jeune juif torturé à mort, victime d'un gang de Bagneux (banlieue parisienne) qui se faisait appeler les "barbares". La justice a retenu l'hypothèse d'un crime antisémite. Réunis derrière la banderole "La France contre le racisme et l'antisémitisme", les manifestants dénoncent "la barbarie" du crime commis contre Ilan Halimi et soulignent l'impérieuse nécessité de lutter contre le racisme et l'antisémitisme. [Dans les réactions au meurtre d'Ilan Halimi, certaines voix considèrent qu'il faut traiter cette affaire comme un fait divers particulièrement sordide, pas comme une affaire de société et encore moins d'Etat, écrit Pierre Haski dans le quotidien Libération. La mise en avant du caractère antisémite des activités criminelles de la bande serait, selon ce point de vue, une erreur pouvant aggraver le fossé entre communautés en France, et, à terme, alimenter ce même antisémitisme. C'est faire peu de cas du fait que, sans doute pour la première fois en France, une bande crapuleuse a ciblé ses victimes en fonction de leur origine. Cela ne fait pas du "gang des barbares" des idéologues antisémites, mais plutôt le révélateur de l'affaissement des barrières mentales.] _9 février, Paris. Dans un rapport intitulé "Les violences faites aux femmes en France : une affaire d'Etat" Amnesty International estime que des pas importants ont été faits, mais que la cause des femmes doit faire l'objet de "réelles dotations budgétaires". La publication de ce rapport s'insère au sein de la campagne mondiale d'Amnesty sur les violences contre les femmes, lancée en mars 2004, et qui porte sur deux points principaux : les violences conjugales et la traite des femmes aux fins de prostitution. _15 février, Strasbourg. Le Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Alvaro Gil-Robles, rend public un rapport sur "le respect effectif des droits de l'homme en France". Le rapport identifie un certain nombre de problèmes concernant l'administration de la justice, les conditions de détention, le traitement des étrangers arrivant sur le territoire, l'asile et les procédures d'expulsion, la discrimination et la xénophobie, les violences domestiques et la traite des êtres humains.í Plus information í Le rapport (pdf)
_30 janvier, Paris. La France métropolitaine commémorera le 10 mai l'abolition de l'esclavage, annonce Jacques Chirac qui entend intégrer dans l'Histoire nationale la mémoire "longtemps refoulée" de la traite des Noirs. "Il faut le dire, avec fierté : depuis l'origine, la République est incompatible avec l'esclavage", souligne le président français lors d'un discours solennel à l'Elysée, après avoir reçu le Comité pour la mémoire de l'esclavage présidé par l'écrivain guadeloupéen Maryse Condé. La date du 10 mai correspond au jour de l'adoption définitive par le Parlement, en 2001, de la loi Taubira reconnaissant la traite et l'esclavage comme crimes contre l'humanité. Des décrets pris en application de cette loi ont déjà fixé, pour l'outre-mer, des dates de commémoration qui restent en vigueur : le 27 mai en Guadeloupe, le 10 juin en Guyane, le 22 mai en Martinique, le 20 décembre à la Réunion et le 27 avril à Mayotte. Le président français a décidé, aussi, de confier à l'écrivain martiniquais Edouard Glissant la présidence d'une "mission de préfiguration d'un centre national consacré à la traite, à l'esclavage et à leurs abolitions". Ce centre viendra s'ajouter à la Cité nationale de l'histoire de l'immigration - projet piloté par l'ancien ministre Jacques Toubon -, qui doit ouvrir ses portes en avril 2007 au Palais de la Porte-Dorée, à Paris.
_15 janvier, Paris. Le club XXIe Siècle, dans lequel se retrouve "l'élite beur", rend publique une "charte de la diversité politique". Ce texte, envoyé aux partis politiques, comporte plusieurs engagements. Chaque parti signataire devra charger un de ses élus de l'application de la "politique de la diversité". Celle-ci devra être mise en oeuvre à "tous les échelons" du parti et constituer un "objectif concret [...] lors des futures échéances électorales", ainsi que "lors de la composition du prochain gouvernement et des prochains exécutifs" locaux. Le texte invite les partis à "imposer" ces candidatures issues de la "France de la diversité".
_4 janvier, Paris. Jacques Chirac annonce que la Constitution de 1958 allait être révisée, pour y inscrire officiellement l'abolition de la peine de mort, votée en 1981. "Une telle révision [ ] consacrera l'engagement de la France. Elle témoignera de notre attachement aux valeurs de la dignité humaine", déclare-t-il. La Constitution sera probablement modifiée par le Congrès (Assemblée nationale et Sénat réunis à Versailles). _4 janvier, Paris. Soucieux d'"apaiser les esprits", Jacques Chirac se prononce pour une réécriture de l'article 4 de la loi du 23 février 2005 qui évoque "le rôle positif" de la colonisation française outre-mer. "Le texte actuel divise les Français. Il doit donc être réécrit". "Le combat contre le racisme, la lutte contre l'antisémitisme, la lutte contre les discriminations : ces combats ont toujours été les miens. Ce qui fait la grandeur de la France, c'est la tolérance, le respect de chacun", souligne-t-il. "Nous pouvons être fiers de notre histoire, marquée par tant de succès, tant de grandeur, tant de lumière. Mais c'est aussi parce qu'on est à l'aise avec son histoire que l'on peut reconnaître ses zones d'ombre et ses épreuves", ajoute-t-il, rappelant son discours de juillet 1995 au "Vél'd'Hiv", où il avait reconnu la responsabilité de l'Etat français dans la déportation des juifs de France pendant l'occupation. _3 janvier, Lyon. Georges Theil, ancien conseiller régional du front national (FN), condamné par le tribunal correctionnel de Lyon à six mois de prison ferme et 10'000 euros d'amende pour contestation de crimes contre l'humanité. Le 14 octobre 2004, dans les couloirs du conseil régional Georges Theil avait déclaré devant la caméra d'une télévision locale : "L'existence des chambres à gaz, c'est une querelle d'experts, [...] c'est un fantasme d'admiration germanophile, [...] c'est une impossibilité physique et chimique". Lors de l'audience, le 29 novembre 2005, sans rien renier de ses propos, l'ancien élu FN avait qualifié le site d'Auschwitz de "supercherie" et fait citer comme témoin Robert Faurisson, chef de file des révisionnistes. [Georges Theil, qui avait déjà été condamné par la cour d'appel de Grenoble, en 2001, à trois mois de prison avec sursis, "est un révisionniste intégral, radical", qui ne manie pas la "subtilité". "Cette sanction marque la gravité des faits et tient compte de l'état de réitération", a déclaré Fernand Schir, le président du tribunal.] GRANDE-BRETAGNE_24 février, Londres. Le maire de Londres, Ken Livingstone, suspendu de ses fonctions pour quatre semaines pour avoir, en février 2005, comparé, à un "criminel de guerre allemand" Oliver Finegold, un journaliste de l'Evening Standard qui cherchait à l'interviewer. Se déclarant offensé parce que juif, le journaliste s'est fait traiter de "gardien de camp de concentration nazi". [Les trois membres de l'Adjucation Panel, un organisme indépendant chargé de juger le comportement des élus locaux, ont estimé à l'unanimité qu'il avait fait preuve "d'insensibilité" et "insulté sans raison" le journaliste.] _23 février, Londres. Amnesty International accuse le gouvernement britannique d'avoir "brisé sa promesse", faite en 1997, de promouvoir les droits de l'homme, en mettant en oeuvre en septembre 2001, puis après juillet 2005, une politique antiterroriste peu respectueuse des droits des suspects. Dans un rapport publié à Londres et qu'elle qualifie "d'accablant", la secrétaire générale d'Amnesty, Irene Khan, constate qu'il y a maintenant "un déséquilibre dangereux entre les actions draconiennes prises par le Royaume-Uni, au nom de la sécurité, et son obligation de protéger les droits de l'homme." L'organisation de défense des droits de l'homme, qui juge "kafkaïenne" la situation des étrangers suspectés de terrorisme et détenus depuis plusieurs années sans jugement, sur la base de preuves tenues secrètes, demande que ces suspects soient poursuivis et jugés ou bien libérés. Amnesty accuse enfin le gouvernement de "saper l'interdiction de la torture" en préparant la déportation de suspects vers des pays connus pour avoir recouru à une telle pratique. _19 février, Londres. Selon un sondage publié par le "Sunday Telegraph", quatre musulmans de Grande-Bretagne sur dix souhaitent que la charia (loi islamique) soit instaurée dans les zones du pays où leur communauté est majoritaire. Une proportion égale de personnes interrogées s'y oppose. D'après la même enquête, un musulman sur cinq dit "avoir de la sympathie pour les sentiments et les motivations" des quatre kamikazes auteurs des attentats du 7 juillet 2005 à Londres (56 morts et 700 blessés). 96 % d'entre eux condamnent ces attaques terroristes et 90 % se sentent personnellement "loyaux" envers la Grande-Bretagne. Source : Le Monde. [La population du Royaume-Uni compte 1,6 million de musulmans. 45 % d'entre eux sont nés dans le pays. La majorité est issue de familles venues des pays d'Asie du Sud, notamment du Pakistan (43 %) et du Bangladesh (17 %). Moins de 10 % des musulmans britanniques sont nés dans le monde arabe -Maghreb et Moyen-Orient.] _20 janvier, Londres. La Grande-Bretagne commence ses préparatifs pour le bicentenaire, en 2007, de l'abolition de l'esclavage. _"Je veux m'assurer qu'en 2007 nous rendons hommage à tous ceux qui ont joué un rôle dans l'abolition : les victimes de l'esclavage, les gens ordinaires qui ont fait campagne pour le changement et les abolitionnistes eux-mêmes", déclare le secrétaire d'Etat à la culture, David Lammy. [C'est le 25 mars 1807 que la Grande-Bretagne a adopté la loi sur l'abolition de la traite des esclaves, qui imposait une amende de 100 livres pour chaque esclave trouvé sur un navire britannique. En 1833, une loi interdisait l'esclavage à travers l'Empire britannique tandis qu'en France il n'a été aboli qu'en 1848. Le port de Liverpool (nord-ouest de l'Angleterre), une des escales importantes dans la traite des Noirs, a ouvert en 1994 le premier musée consacré à l'esclavage.] HAITI_16 février, Port-au Prince. Le Conseil électoral proclame René Préval vainqueur avec 51,5% des suffrages de l'élection présidentielle. Le candidat démocrate-chrétien, Leslie Manigat, arrive en deuxième position avec moins de 12% des suffrages.[Le futur chef de l'Etat haïtien souhaite relancer une économie moribonde, faire reculer la misère, désarmer les gangs et réconcilier une société divisée par la haine.] IRAN_29 mars, New York. Le Conseil de sécurité des Nations unies adopte une déclaration présidentielle enjoignant l'Iran à se plier aux résolutions de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) visant à lui permettre de vérifier le caractère strictement civil de son programme nucléaire. "Le Conseil de sécurité note avec une profonde préoccupation les nombreux rapports et résolutions de l'AIEA relatifs au programme nucléaire iranien, transmis par son directeur, Mohamed ElBaradei", indique la déclaration. Le Conseil de sécurité note aussi avec profonde préoccupation que le rapport de l'AIEA du 27 février 2006 indique que l'agence n'est pas en mesure d'établir avec certitude qu'il n'y a pas de matériaux nucléaires non déclarés en Iran. [L'Iran réclame le droit, garanti par la Charte de l'AIEA, à un programme nucléaire civil, niant le caractère militaire de son programme. Le Conseil des gouverneurs de l'AIEA avait adopté, le 4 février 2006, une résolution demandant le transfert du dossier, c'est-à-dire de "tous les rapports et résolutions relatifs à la mise en uvre des garanties en Iran", au Conseil de sécurité. Il avait appelé l'Iran à rétablir la suspension de "toutes activités liées à enrichissement et au retraitement, y compris la recherche et le développement". Il estimait aussi nécessaire que Téhéran "ratifie immédiatement et mette en uvre pleinement le Protocole additionnel" au Traité de non prolifération nucléaire (TNP) que l'Iran a signé en décembre 2003 et qui constitue le principal outil international de surveillance d'un programme nucléaire. _8 mars, Vienne. L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) transmet le dossier nucléaire iranien au Conseil de sécurité des Nations unies. Les trente-cinq gouverneurs de l'AIEA, agence qui a une vocation d'expertise, adoptent un rapport émettant de sérieux doutes sur la nature purement civile des activités nucléaires de l'Iran. [Le représentant américain à l'AIEA a accusé l'Iran de disposer de suffisamment d'uranium pour, "s'il est enrichi, produire assez de matière fissible pour dix bombes nucléaires".] _1er mars, Téhéran. L'Holocauste est une "réalité historique", il doit être reconnu, "même si l'on a abusé de cette réalité historique et qu'il y a des pressions énormes sur le peuple palestinien", déclare l'ancien président iranien, Mohammad Khatami. "Nous devons protester même si un seul juif est tué. N'oublions pas que l'un des crimes de Hitler et du national-socialisme en Allemagne a été le massacre d'innocents, parmi lesquels il y avait de nombreux juifs", ajoute Mohammad Khatami, prenant le contre-pied de son successeur, Mahmoud Ahmadinejad, élu en juin 2005, qui assure que l'Holocauste est un "mythe" et qui se propose de réunir en Iran une conférence dont l'objectif est de contester le nombre de juifs victimes du nazisme. "Que le nombre [de juifs massacrés] soit élevé ou pas, c'est une autre histoire", réplique l'ancien président iranien. "En Orient, nous avons toujours cohabité [avec les juifs], et nous sommes les disciples d'une religion qui affirme que la mort d'un innocent équivaut à la mort de toute l'humanité". _4 février, Vienne. Le conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a transmis le dossier iranien au Conseil de sécurité des Nations unies pour ses activités nucléaires suspectes. Le conseil demande en outre à l'Iran de geler toutes ses activités nucléaires liées à l'enrichissement d'uranium. [Le chef de la mission iranienne à Vienne a annoncé que l'Iran allait reprendre des activités d'enrichissement nucléaire à grande échelle.] _14 janvier, Téhéran. Mahmoud Ahmadinejad affirme que l'Iran ne renoncera pas à son programme nucléaire, même si le Conseil de sécurité des Nations unies le lui ordonnait. "Même si le Conseil de sécurité devait s'impliquer, cela n'aiderait pas à résoudre le problème. Nous ne cherchons pas à prendre cette direction, mais si certains insistent pour priver le peuple iranien de ses droits, ils doivent savoir qu'une telle chose n'arrivera pas", déclare le président iranien, lors d'une conférence de presse. "Aujourd'hui le langage de l'oppression, de l'intimidation, basé sur la force nucléaire est révolu", ajoute-t-il, soulignant que "c'est la volonté des peuples qui est [aujourd'hui] déterminante". _1er janvier, Téhéran. Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, lance une nouvelle diatribe contre Israël, affirmant : "En fait, les Européens ont pratiqué le nettoyage ethnique contre les juifs en Europe en les expulsant de tous les pays européens. Ainsi, ils ont fait d'une pierre deux coups : ils ont établi un camp juif au milieu des nations islamiques et se sont débarrassé des juifs de toute l'Europe". Dans ses propos cités par l'agence officielle IRNA, il ajoute : "Le régime sioniste est une partie de l'Europe, qui (en) a été détaché. [ ] Il est anti-islamique par nature". KOSOVO / Serbie_10 février, Pristina. Un leader modéré des Kosovars albanais, Fatmir Sejdiu, 54 ans, élu à la présidence du Kosovo. Il succède à Ibrahim Rugova, décédé le 21 janvier d'un cancer du poumon, l'homme que les Kosovars albanais considéraient comme le "Père de la Nation" et qui avait cristallisé leurs aspirations à l'indépendance. _21 janvier, Pristina. Le président du Kosovo Ibrahim Rugova, 61 ans, décède d'un cancer de poumon. Sa mort intervient alors que des négociations ont commencé en novembre 2005 sous l'égide de l'envoyé spécial des Nations unies, Martti Ahtisaari, pour définir un nouveau statut du Kosovo.
[Juridiquement province du sud de la Serbie, le Kosovo est administré par les Nations unies depuis qu'en 1999. Alors que les Albanais du Kosovo, qui représentent plus de 90 % de la population, réclament l'indépendance, la Serbie n'est disposée à accepter qu'une large autonomie.] LIBAN_29 mars, New York. Le Conseil de sécurité des Nations unies demande à Kofi Annan de négocier avec le gouvernement libanais un "accord visant la création d'un tribunal international fondé sur les normes internationales de justice pénale les plus élevées" pour juger les auteurs de l'attentat qui a coûté la vie à l'ancien Premier ministre Rafic Hariri et 20 autres personnes.
_21 mars, New York. Kofi Annan suggère, dans un rapport au Conseil de sécurité, l'établissement d'un tribunal "mixte", comprenant des magistrats libanais et internationaux, et siégeant hors du Liban, pour juger les futurs inculpés de l'assassinat de l'ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri. "L'établissement d'un tribunal mixte fournirait le meilleur équilibre entre les besoins d'une participation libanaise d'une part et étrangère d'autre part, dans le fonctionnement du tribunal", souligne le secrétaire général des Nations unies. "Cet équilibre, ajoute-t-il, serait déterminé par plusieurs éléments importants comme le statut du tribunal, sa juridiction, la loi applicable, sa localisation, sa composition et son financement". [Le Conseil de sécurité avait, en décembre 2005, demandé ce rapport à Kofi Annan, en prenant note de la demande du gouvernement libanais de créer un "tribunal à caractère international" pour juger les futurs inculpés du meurtre de Rafic Hariri. Rafic Hariri a été assassiné le 14 février 2005 dans un attentat à la voiture piégée à Beyrouth qui a coûté la vie à 22 autres personnes.] _11 janvier, New York. Kofi Annan informe le Conseil de sécurité de son intention de nommer le Belge Serge Brammertz à la tête de la Commission internationale indépendante chargée d'enquêter sur l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais, Rafik Hariri. [Ancien procureur fédéral de la Belgique et procureur adjoint chargé des enquêtes à la Cour pénale internationale depuis mai 2003, Serge Brammertz prend la succession du magistrat allemand Detlev Mehlis.] LIBERIA
[Dans la résolution 1637, votée en novembre 2005, le Conseil de sécurité avait autorisé la MINUL à placer en détention l'ancien président Charles Taylor, s'il retournait dans son pays, et à le transférer au Tribunal spécial pour la Sierra Leone pour qu'il y soit jugé.] NATIONS UNIES_12 janvier, New York. A l'occasion du 55e anniversaire de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, Kofi Annan appelle la communauté internationale à renforcer sa capacité en matière d'action préventive. "La Convention a incarné les aspirations des Nations Unies de prévenir les violations massives et graves des droits de l'homme et du droit humanitaire. [En 2005], lors du Sommet mondial, les dirigeants du monde entier ont affirmé collectivement la responsabilité de chaque Etat de protéger sa population contre le génocide, les crimes de guerre, le nettoyage ethnique et les crimes contre l'humanité. Aujourd'hui, alors que nous avons en mémoire nos échecs collectifs comme ceux du Rwanda et de Srebrenica, je garde l'espoir que nous ne serons plus pris en faute lorsque tant de vies sont en jeu", déclaré le secrétaire général des Nations unies. NEPAL_5 janvier, Genève. Louise Arbour lance un appel en faveur du plein respect du droit humanitaire international et des droits de l'homme dans le conflit armé du Népal, alors que le Parti communiste du Népal (maoïste) vient de mettre un terme au cessez-le-feu unilatéral qu'il observait depuis quatre mois. "Une reprise du conflit armé généralisé serait une tragédie pour le peuple du Népal. Il ne faut pas que resurgissent les mêmes violations flagrantes du droit humanitaire et des droits de l'homme que celles qui ont été perpétrées durant les phases précédentes du conflit", déclare la haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, qui rappelle que le droit humanitaire international, applicable aux situations de conflit armé, interdit le meurtre ou la violence à l'encontre de personnes qui ne prennent pas activement part aux hostilités. [Le conflit au Népal, qui oppose les rebelles maoïstes aux forces gouvernementales depuis 1996, a fait plus de 11'000 morts.] NIGERIA_29 mars, Abuja. L'ex-président libérien, Charles Taylor, inculpé pour crimes contre l'humanité et qui était en fuite depuis le 28 mars, arrêté dans le nord-est du Nigeria, près de la frontière avec le Cameroun. Il est expulsé au Liberia et immédiatement conduit vers Freetown, au Sierra Leone. [Charles Taylor, qui est recherché par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone pour des crimes contre l'humanité commis dans ce pays dans les années 90, vivait en exil dans la ville de Calabar depuis 2003, en vertu d'un accord international qui a permis au Libéria de mettre fin à 14 ans de guerre civile. Le conflit a fait environ 200 000 morts. L'ancien dirigeant est notamment accusé de massacres, de viols et de recrutement d'enfants soldats durant le conflit qui a déchiré la Sierra Leone, de 1991 à 2001.] _25 mars, Abuja. Le Nigeria annoncé sa décision de livrer à la justice libérienne Charles Taylor, qui vit en exil dans le sud du Nigeria. "Le président Olusegun Obasanjo a informé [] la présidente Ellen Johnson-Sirleaf que le gouvernement du Liberia est libre d'incarcérer l'ancien président Charles Taylor", indique un communiqué officiel qui rappelle que "la présidente Sirleaf avait adressé une demande formelle le 5 mars [2006] à M. Obasanjo pour que Taylor soit incarcéré sous la responsabilité du gouvernement du Liberia". Aucune précision n'a été fournie sur la date de ce transfert. [Charles Taylor, devenu président du Liberia en 1997, avait été contraint à l'exil en 2003, dans le cadre d'un accord international destiné à mettre fin à la guerre civile. Il est inculpé de crimes de guerre devant le tribunal spécial de Freetown pour son rôle dans les atrocités commises lors de la guerre civile en Sierra Leone. Il lui est reproché d'avoir entraîné et équipé la rébellion au Sierra Leone, tenue pour responsable d'une vague d'actes de terreur, d'assassinats et de mutilations de civils, en échange de diamants.] PAYS-BAS_2 février, Amsterdam. Comparaissant au procès de treize membres du groupe Hofstad - la cellule terroriste dont il était l'inspirateur - , Mohammed Bouyeri, 27 ans, l'assassin du cinéaste néerlandais Theo Van Gogh, justifie l'usage de la violence contre ceux qu'il appelle "les infidèles". "Ceux qui affirment que Mahomet était pacifiste sont des menteurs et des incultes. Il a usé de la violence et l'a prêchée", déclare-t-il.Il juge légitimes les actes de violence commis par des musulmans aux Pays-Bas - le pays ayant, selon lui, rompu son "contrat" avec l'islam en envoyant des troupes en Irak. "Une attaque contre un musulman est une attaque contre tous les musulmans; une attaque contre un non-musulman au nom de l'islam est une attaque de défense au nom de tous", assure-t-il. POLOGNE
Inculpé de "crime communiste pour avoir dirigé [en 1981] une association armée à caractère délictueux", l'ancien homme fort de la Pologne communiste, au pouvoir de 1981 à 1990, encourt huit ans de prison. [Le général Jaruzelski est déjà jugé dans un procès pour sa responsabilité présumée dans la sanglante répression d'une révolte ouvrière sur le littoral de la Baltique, en 1970, lorsqu'il était ministre de la défense.] PORTUGAL_22 janvier, Lisbonne. Le candidat de centre droit Anibal Cavaco Silva remporte l'élection présidentielle portugaise dès le premier tour, avec près de 50,6 % des votes. Il devient ainsi le premier chef d'Etat de droite du pays depuis la "révolution des illets", en 1974. Le député socialiste Manuel Alegre a recueilli 20,72 % des suffrages, l'ancien président Mario Soares, 81 ans, candidat officiel du Parti socialiste, 14,34 %. Cavaco Silva, professeur d'économie de tendance libérale et ancien premier ministre, devra cohabiter avec le chef du gouvernement socialiste José Socrates, au pouvoir depuis mars 2005. RUSSIE_17 mars, Moscou. La mortalité dans les prisons russes a augmenté de 12% en 2005 et le nombre de meurtres de 11%, déclare v le ministre russe de la Justice Iouri Tchaïka, qui dénonce "des tendances négatives" dans le respect des droits de l'homme. Le nombre de crimes et délits commis par le personnel dans l'exercice de ses fonctions a presque doublé (+87%), ajoute-t-il. [Le nombre de détenus, qui était de plus de 800'000, a augmenté en 2005 de 60'000. 70% des personnes incarcérées le sont pour des actes "graves" ou "très graves".] _12 janvier, Moscou. Le grand rabbin de Russie, Berl Lazar, dénonce un "climat général de racisme et de xénophobie" allant au-delà du seul antisémitisme, au lendemain de l'agression commise par un homme de 20 ans qui a blessé huit personnes (dont un Américain, un Israélien et un Tadjik) à l'arme blanche dans une synagogue de Moscou. "Ce qui s'est passé [ ] est un acte grave qui n'est pas dû au hasard, c'est la conséquence d'un climat général en Russie". "Le problème est grave et ne concerne pas que les juifs. Il touche tous ceux qui vivent comme des [étrangers] à l'intérieur du pays. Ce qui nous préoccupe, c'est le destin de la Russie, et le fait que les actes de racisme, de xénophobie se multiplient", ajoute-t-il. [Berl Lazar fait notamment référence aux meurtres, aux passages à tabac d'étudiants africains, asiatiques ou originaires des ex-républiques soviétiques, perpétrés par des jeunes Russes, souvent des skinheads, en Russie ces dernières années.] SERBIE_18 mars, Belgrade. Des dizaines de milliers de Serbes se rassemblent, avec drapeaux et banderoles, autour du cercueil de Slobodan Milosevic -"héros du patriotisme serbe", pour ses partisans, "boucher des Balkans", pour ses détracteurs - exposé devant le Parlement de Belgrade pour rendre un dernier hommage à l'ancien dirigeant serbe, avant son inhumation dans sa ville natale de Pozarevac. "Aujourd'hui, nous disons au revoir au meilleur d'entre nous", déclare Milorad Vucelic, responsable du Parti socialiste, la formation que dirigeait Milosevic. "Quand nous aurons séché nos larmes de rage et de tristesse, nous serons heureux de l'avoir eu [...] Slobodan Milosevic est victorieux, maintenant et à jamais. Il vit dans le coeur et dans la mémoire de la Serbie et de son peuple", ajoute-t-il. _11 mars, La Haye. Slobodan Milosevic décède en détention, annonce le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY). L'ancien président yougoslave, âgé de 64 ans, souffrait de problèmes cardiaques et d'hypertension artérielle, qui avaient perturbé à plusieurs reprises son procès - procès qui venait d'entrer dans sa cinquième année. [Slobodan Milosevic, dont le procès avait débuté en février 2002, était inculpé de plus de 60 chefs d'accusation de génocide, de crimes contre l'humanité et crimes de guerre pour son rôle dans les guerres en Croatie (1991-95), en Bosnie, (1992-95) et au Kosovo (1998-99).] SOUDAN / Darfour_13 janvier, New York. L'envoyé spécial des Nations unies au soudan, Jan Pronk, demande au Conseil de sécurité de déployer au Darfour (ouest du Soudan) "une force beaucoup plus importante", "capable de défendre, de prévenir les attaques contre les civils et de désarmer les milices". Cette force, qui devrait, selon lui, comprendre au moins 12'000 soldats, prendrait le relais de quelque 7'800 hommes de l'Union africaine (UA) qui ne sont pas parvenus à enrayer les violences qui ont fait près de 30'000 morts en trois ans. SRI LANKA_ 25 janvier, New York. Kofi Annan se félicite de la reprise des "pourparlers directs", pour la première fois depuis avril 2003, entre le gouvernement du Sri Lanka et le mouvement des Tigres de libération de l'Eelam Tamoul (LLTE), à la mi-février à Genève. "Il importera de mettre un terme à l'escalade de la violence dans le Nord et dans l'Est du pays et de respecter strictement le cessez-le-feu afin de faire progresser le processus de paix", ajoute le secrétaire général des Nations unies.
SUISSE_30 janvier, Berne. La Suisse ouvre une enquête sur des comptes bancaires qu'y détiendrait l'ex-dictateur chilien Augusto Pinochet. Les autorités chiliennes soupçonnent sur ces comptes l'existence de pots-de-vin versés dans le cadre de contrats d'armement. _13 janvier, Berne. Le rapporteur spécial de la Commission des droits de l'homme des Nations unies sur le racisme, Doudou Diène, a effectué, du 9 au 13 janvier 2006, une visite en Suisse afin d'enquêter sur la situation dans ce pays. Le but de cette visite était "d'enquêter sur les manifestations de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et d'intolérance qui y est associée, ainsi que les mesures et les politiques adoptées pour lutter contre ces phénomènes". Au terme de sa visite, Doudou Diène s'est montré préoccupé par les formes de racisme et de xénophobie qu'il a découvertes en Suisse. Il a rencontré des communautés étrangères qui considèrent la situation comme grave, alors que les autorités fédérales tendent, selon lui, à considérer le problème comme mineur. _15 janvier, Genève. La ministre suisse (et socialiste) des affaires étrangères, Micheline Calmy-Rey, estime que les pays mis en cause par la publication du fax égyptien intercepté par les services secrets suisses - fax qui mentionnait l'existence de prisons secrètes de la CIA en Europe - "ont réagi avec une certaine amertume". "Les transferts extrajudiciaires sont contraires au droit international public, les personnes accusées doivent bénéficier d'une protection juridique, et les interrogatoires sous torture sont interdits", rappelle-t-elle, dans une interview au quotidien "Le Matin dimanche". Micheline Calmy-Rey précise qu'elle a demandé des "éclaircissements" aux Etats-Unis en ce qui concerne le survol de la Suisse par des avions privés de la CIA. [Un autre conseiller fédéral, Pascal Couchepin (parti radical), s'est exprimé, le 14 janvier, sur l'affaire des prisons secrètes de la CIA en Europe. "Nous n'avons pas à donner constamment la leçon aux Etats-Unis, a-t-il affirmé. La Suisse défend certes les principes moraux, mais elle n'est pas le Saint-Siège des droits humains". "Le conseil fédéral [exécutif suisse] est responsable des relations de la Suisse avec le reste du monde. Et entretenir de bonnes relations avec les Etats-Unis en fait partie", a-t-il ajouté.] _4 janvier, Berne._Près de 60 % des Suisses estiment que les immigrés constituent un apport positif pour le pays. Ce taux est plus élevé que dans d'autres Etats européens, selon un sondage effectué par le mensuel "Sélection" dans huit pays. En moyenne européenne, seuls 47 % des sondés sont du même avis que les Suisses. En revanche, la moyenne des personnes qui demandent que les étrangers s'adaptent est plus élevée en Suisse qu'ailleurs : 88 % souhaitent qu'une autorisation de séjour soit liée à l'obligation de se familiariser avec la langue, l'histoire et la culture du pays d'adoption. En Europe, ceci est exigé par 80 % des sondés. TCHAD_8 février, Tripoli (Libye). Les présidents soudanais et tchadien signent un accord de paix : une médiation africaine, conduite par le chef d'Etat libyen, Mouammar Kadhafi, a abouti au "rétablissement des relations" entre les deux pays, à la création d'une "force de paix" et d'un "comité ministériel" présidé par la Libye. L'accord, qui prévoit le "rétablissement des relations entre le Tchad et le Soudan", l'interdiction d'utiliser le territoire de l'un pour des activités hostiles contre l'autre et l'interdiction d'accueillir des rebelles des deux pays sur leurs territoires, a toutes les chances de plus consacrer un effort diplomatique qu'une volonté authentique de mettre fin à un conflit larvé, qui implique toute la région autour du vortex de la crise du Darfour, dans l'ouest du Soudan. [Le Tchad s'est déclaré, le 23 décembre 2005, "en état de belligérance" avec le Soudan, qui se livrerait à des actes de « déstabilisation » par l'intermédiaire de rebelles tchadiens hébergés et appuyés par le Soudan. Le Tchad abrite quelque 200'000 réfugiés soudanais qui ont fui la guerre au Darfour.] _24 janvier, Khartoum [Soudan]. L'Union africaine (UA) refuse d'extrader l'ancien chef d'Etat tchadien Hissène Habré en Belgique - et met en place "un comité d'éminents juristes africains qui seront désignés par le président de l'Union africaine en consultation avec le président de la commission de l'Union africaine". Ce comité devra examiner tous les aspects et toutes les implications d'un procès Hissène Habré, ainsi que les options disponibles pour son jugement. Les responsables africains demandent au comité de "privilégier un mécanisme africain". [La Belgique avait lancé en septembre 2005 un mandat d'arrêt international contre Hissène Habré, accusé de graves violations des droits de l'homme pendant qu'il était au pouvoir entre 1982 et 1990. L'ancien chef d'Etat pourrait être jugé en Belgique sur la base de la loi de compétence universelle en vertu de laquelle les tribunaux belges peuvent faire comparaître des étrangers pour crimes contre l'humanité commis à l'étranger. La Belgique envisage de saisir la Cour internationale de justice (CPI) de La Haye pour obtenir l'extradition de Hissène Habré.] VATICAN_30 mars, Rome. Lors d'une audience aux dirigeants du Parti populaire européen (PPE), réunis à Rome, Benoît XVI dénonce le laïcisme, "une culture qui est en train de se répandre dans toute l'Europe". "Votre soutien à l'héritage chrétien peut contribuer de manière significative à la défaite d'une culture qui est déjà largement répandue en Europe et qui relègue la manifestation de la conviction religieuse à la sphère du privé et du subjectif", déclare le pape, rappelant les trois principes "non négociables" de l'Eglise, à savoir "la protection de la vie, [ ] la défense de la famille [ ] et le droit des parents à éduquer les enfants". _26 février, Rome. Benoît XVI s' inquiète de la montée des tensions religieuses dans le monde et condamne les violences commises au nom de Dieu, embrassant dans une même réprobation la "guerre des mosquées en Irak" et les affrontements entre chrétiens et musulmans au Nigeria. Durant la prière de l'Angelus, place Saint-Pierre, le pape demande à tous les croyants de s'abstenir de toute violence en soulignant que "Dieu créateur, père de tous, demandera des comptes de manière plus sévère à ceux qui ont versé en son nom le sang de leurs frères". "J'exprime avec fermeté ma condamnation de la violation des lieux de culte", déclare-t-il, se référant aux "attentats contre des mosquées" en Irak et à "la destruction d'églises et de mosquées" au Nigeria. _22 février, Rome. Benoît XVI promeut cardinal Mgr Joseph Zen, religieux salésien de 74 ans et actif militant des droits de l'homme en Chine. Son franc-parler vis-à-vis de Pékin n'a jamais failli, relève Henri Tincq dans Le Monde : "Ne nous traitez pas en ennemis. Nous sommes Chinois. Si vous nous donnez la liberté, nous serons de bons citoyens", disait-il en avril 2005. En juillet 2003, il avait été l'un des artisans du succès de la manifestation (500'000 personnes) pour la défense des libertés à Hongkong. _25 janvier, Rome. La première encyclique du pape Benoît XVI intitulée "Dieu est Amour" [en latin "Deus Caritas Est"], qui veut réconcilier l'amour humain et la charité chrétienne, est rendue publique, neuf mois après son accession à la tête de l'Eglise catholique. Ce document d'une quarantaine de pages, adressé à l'ensemble de l'Eglise catholique, est publié simultanément en latin, italien, anglais, français, allemand, espagnol et portugais. [Le 18 janvier, Benoît XVI a expliqué avoir voulu y montrer "le concept de l'amour dans ses diverses dimensions", né de "la même source" divine: "l'eros", c'est-à-dire "le don de l'amour entre l'homme et la femme", qui peut se transformer en "agapé", en "charité, dans un chemin de purification et d'approfondissement". Cette première encyclique du pape Joseph Ratzinger est la 1294e de l'histoire de la papauté. Jean Paul II en a publié 14 en 26 ans de pontificat.] _16 janvier, Rome. Invité par Riccardo Di Segni, grand rabbin de Rome, Be |