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2006-L'actualité des droits de l'homme dans le monde

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L'actualité des
droits de l'homme


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–––> ET AUSSI...

ALGERIE

_18 mai, Alger. La France doit présenter ses ”excuses officielles” au peuple algérien avant de s'engager dans "d'autres relations amicales", déclare le président Bouteflika, dans un message rédigé à l'occasion de la Journée nationale de l'étudiant. Le président algérien appelle l'Etat français à "assumer pleinement ses responsabilitls historiques, s'il était véritablement mu par une sincère volonté d'ouvrir une nouvelle page et de jeter les bases d'une amitié authentique banisssant toute forme de rancœur et de ressemtiment".

Ali Benhadj_4 avril, Paris. Interrogé par le quotidien "Le Monde", Ali Benhadj, cofondateur du Front islamique du salut (FIS), libéré en juillet 2005 (après 18 ans passés en prison), réaffirme son projet de bâtir un Etat algérien islamique, dont le Coran serait la référence suprême. "Je me bats pour un Etat algérien islamique, donc gouverné par le Livre - le Coran -, et l'enseignement du Prophète - la Sunna - et de ses compagnons, en conformité avec les principes du 1er novembre 1954, à la base de la lutte pour l'indépendance. Tout se tient. Comme nous sommes un peuple musulman, il ne peut pas y avoir de contradiction comme en Occident. Le Coran est la référence suprême, mais le peuple décide".

Pour Ali Benhadj, qui avait incarné le FIS triomphant du début des années 1990, "le pouvoir est illégitime depuis le coup d'Etat de 1992". En Algérie, dit-il, "le pluralisme politique n'existe pas et n'a jamais existé" et une authentique réconciliation ne peut être que négociée, pas imposée.

ALLEMAGNE

_5 mai, Berlin. Les candidats à la citoyenneté allemande vont devoir prouver leurs connaissances linguistiques et générales. Après des mois de débats controversés sur l'intégration, les autorités allemandes ont décidé d'imposer des tests de langue et des cours d'instruction civique aux étrangers qui souhaitent obtenir la nationalité allemande.

Décision prise à l'unanimité par le ministre fédéral de l'Intérieur et les ministres régionaux de l'Intérieur, réunis en Bavière. Celui de Berlin se dit très satisfait du résultat. "Je suis content, ajoute-t-il, que nous ayons une loi uniforme sur l'immigration en Allemagne. Ainsi la législation sur l'immigration ne va pas changer selon les Länder. Nous nous sommes mis d'accord sur certaines normes".

[Les cours que devront suivre les étrangers porteront sur les connaissances générales, ainsi que les valeurs et principes de la Constitution. Les thèmes de la démocratie seront abordés dans ces cours qui feront l'objet d'un examen final. Un engagement de loyauté à l'égard de l'Etat sera aussi demandé, d'après le ministre de l'Intérieur de Bavière. Chez les sociaux-démocrates on se réjouit que les réflexions des partis politiques ne se limitent plus seulement aux questions d'expulsion d'isolement et d'exclusion mais abordent aussi l'intégration.]

AMERIQUE DU SUD

_29 avril, La Havane (Cuba). Les présidents bolivien, vénézuélien et cubain signent un Traité de commerce des peuples (TCP), conçu comme une alternative aux accords de libre-échange signés par la Colombie et le Pérou avec les Etats-Unis - une "sainte trinité anti-impérialiste", selon le mot du président vénézuélien Hugo Chavez. Le TCP permettra à la Bolivie d'exporter ses produits vers Cuba et le Venezuela sans payer de taxes. "Cela va aider la Bolivie à sortir de la crise économique", a expliqué Evo Morales, soulignant que ce traité favorisera un commerce "de peuple à peuple, pour les dépossédés, les gens marginalisés".#

BELGIQUE

_26 mai, Anvers. Quelque 18'000 personnes, selon la police, manifestent contre le racisme dans les rues d'Anvers, deux semaines après le meurtre d'une fillette et de sa nourrice africaine par un jeune d'extrême droite. La marche s'est déroulée sans incidents.

_11 mai, Anvers. Un jeune homme de 18 ans, porteur de "marques distinctives des skinheads" et de "signes faisant référence à l'extrême droite", abat une femme d'origine malienne et une enfant en plein centre-ville d'Anvers.

Le skinhead a tiré sur la femme puis sur l'enfant, "sans raison aucune", affirme un témoin cité par la "Libre Belgique". Toutes deux sont mortes sur le coup. L'agresseur a été localisé et blessé au ventre par un policier présent dans le quartier. Ses jours ne seraient pas en danger.

["Ces crimes horribles et lâches sont une forme de racisme extrême. Nul ne peut désormais ignorer ce à quoi l'extrême droite peut mener", a déclaré le Premier ministre belge, Guy Verhofstadt. "Nous devons éviter que notre société soit aspirée dans une spirale de violence", a-t-il ajouté.]

_1er avril, Bruxelles. Les victimes de crimes présumés contre l'humanité peuvent à nouveau entamer une procédure contre des criminels de guerre étrangers. La Commission Justice de la Chambre des Représentants a en effet approuvé plusieurs amendements à la "loi génocide" ou "loi de compétence universelle".

[Avant 2003, les victimes présumées pouvaient se rendre devant un juge d'instruction. Mais depuis 2003, seul le procureur fédéral avait le pouvoir d'entamer des poursuites ou non. La cour d'arbitrage avait annulé cette disposition dans un arrêt, parce qu'elle ne garantissait pas le contrôle d'une juridiction indépendante - telle que le juge d'instruction - sur la décision du procureur fédéral, dans le cas où ce dernier décidait de ne pas poursuivre. La cour d'arbitrage souhaitait que le procureur présente devant la chambre des mises en accusation les plaintes auxquelles il ne comptait pas donner de suites, afin que cette juridiction indépendante prenne une décision.]

BIRMANIE

_7 juin, New York. Kofi Annan se félicite de la libération de la militante des droits de l'homme Su Su Nway, emprisonnée depuis octobre 2005. Le secrétaire général des Nations unies demande aux autorités birmanes ”de prendre d'autres mesures semblables afin d'alléger le climat politique et de promouvoir la réconciliation nationale, notamment en levant les dernières restrictions imposées à Daw Aung San Suu Kyi [figure emblématique de l'opposition birmane et prix Nobel de la paix] et à d'autres dirigeants politiques”.#

_27 mai, Rangoon. La junte birmane proroge d'un an l'assignation à résidence d'Aung San Suu Kyi, 60 ans, chef de file de l'opposition.

[Kofi Annan avait lancé, la veille, un appel direct au chef de la junte, Than Shwe, pour libérer Aung San Suu Kyi qui, sur les seize dernières années, en a passé plus de dix en prison ou assignée à résidence. "Je compte sur vous, général Than Shwe, pour faire ce qu'il faut", avait déclaré le secrétaire général des Nations unies, en soulignant que la libération de l'opposante faciliterait la reprise du "dialogue national" et permettrait à la Birmanie de se concentrer enfin sur "le développement économique et social".]

BOLIVIE

_1er mai, La Paz. Evo Morales annonce la nationalisation des hydrocarbures du pays, lors d'une cérémonie organisée à Carapari, dans le sud du pays. "Le temps est maintenant venu, ce jour attendu, ce jour historique, où la Bolivie reprend le contrôle absolu de ses ressources naturelles", déclare le président bolivien, qui précise que la compagnie publique nationale YPFB (Yacimientos Petroliferos Fiscales Bolivianos) a pris le contrôle de l'ensemble des champs pétroliers.

[Quelque 26 compagnies étrangères, dont Repsol (Espagne), Total (France), Exxon (Etats-Unis), British Gas (GB) et Petrobras (Brésil), sont implantées en Bolivie, qui détient les deuxièmes réserves de gaz d'Amérique du Sud après le Venezuela.]

CENTRAFRIQUE

_11 avril, Bangui. La Cour de cassation centrafricaine renvoie devant la Cour pénale internationale (CPI) l'ex-président Ange Félix Patassé, en exil au Togo, et le vice-président de la République démocratique du Congo (RDC) Jean-Pierre Bemba, poursuivis pour la répression d'une tentative de coup d'Etat en 2002.

Abdoulaye Miskine, ancien chef d'une milice chargée de protéger Ange Félix Patassé, le chauffeur de l'ex-président Victor Ndoubabé, et l'ancien gendarme français Paul Barril, sont également renvoyés devant la juridiction de La Haye (Pays-Bas)

Tous ont été inculpés en septembre 2004 d'assassinats, viols, vols et destructions de biens pour leur participation à la répression d'une tentative de coup d'Etat fomentée en octobre 2002 par l'actuel président François Bozizé. Les organisations de défense des droits de l'homme ont évalué à 400 les victimes de cette répression.#

CHINE

_23 mai, Pékin. Dans un discours prononcé à l'Université de Pékin, Kofi Annan estime que la Chine aura un rôle déterminant pour garantir le multilatéralisme et une mondialisation équitable. "Le plus grand défi auquel fait face votre génération est de s'assurer que la mondialisation oeuvre pour le bien - pas seulement pour une poignée de privilégiés, mais pour toute l'humanité".

Saluant les progrès de la Chine pour réduire la pauvreté "à un niveau sans précédent dans l'histoire de l'humanité" et son "rôle pionnier" dans la coopération avec les pays en voie de développement, le secrétaire général des Nations unies relève qu'il "reste d'immenses défis à relever", notamment pour "permettre aux populations rurales de partager les retombées de l'étonnante croissance chinoise, pour lutter contre le VIH/sida et pour protéger l'environnement".

COLOMBIE

_28 mai, Bogota. Le chef de l'Etat Alvaro Uribe remporte une large victoire à l'élection présidentielle avec 62% des voix. Il devient le premier président colombien depuis un siècle à être réélu pour un second mandat. La gauche colombienne, dont le candidat Carlos Gaviria est crédité de 22% des voix, a réalisé le meilleur score de son histoire.

[Dès l'annonce de sa réélection, Alvaro Uribe, un avocat de 53 ans, conservateur, élu une première fois en 2002, a promis d'assurer la "sécurité démocratique" contre le terrorisme dans un pays ravagé par plus de 40 ans de guerre civile.]

CONGO / République démocratique

_18 mai, Kinsaha. Un nouveau rapport de la Mission des Nations unies en RDC (Monuc) sur la situation des droits de l'homme dans le pays en avril 2006 révèle que l'armée congolaise est la principale responsable des violations commises.

La Monuc fait état "de traitements cruels et d'actes inhumains et dégradants contre des civils commis par la garde présidentielle et la police dans cinq provinces de la RDC". Parallèlement, "des groupes armés continuent à constituer une menace sérieuse pour la population civile dans les Kivus et le Katanga", indique la Monuc, qui se déclare "préoccupée par l'augmentation de cas de violations des libertés publiques".

[La Monuc a annoncé que Kyungu Mutanga, chef de la milice Maï-Maï, qui s'était rendu aux casques bleus de la province du Katangale le 12 mai, a été remis aux autorités judiciaires militaires congolaises. Kyungu Mutanga, connu sous le nom de "Gédéon", "est accusé de meurtre, de recrutement d'enfants, de cannibalisme, de l'usage d'armes à feu, et d'avoir fondé un mouvement rebelle".]

_3 mai, Kinshasa. Exécutions sommaires, traitements cruels et travaux forcés : la Mission des Nations unies en République démocratique du Congo (Monuc) rend publiques les conclusions d'une enquête selon lesquelles les forces gouvernementales et les milices rebelles Maï-Maï ont commis des violations des droits de l'homme "de manière systématique" au Katanga.

Selon les conclusions du rapport, "les militaires des Forces armées de la RDC (FARDC) de la 63e brigade et des groupes Maï-Maï commettent des violations des droits de l'homme de manière systématique". "Sur la base des témoignages recueillis, l'équipe a pu établir l'identité de 97 civils qui ont été tués, blessés ou qui ont subi des traitements cruels et inhumains, entre début 2005 et mars 2006", ont indiqué Kemal Saiki, porte-parole de la Monuc et Sonia Bakar, chef adjointe de la Division des droits de l'homme.#

"Les éléments FARDC de la 63è brigade seraient responsables de 47 cas de violations, dont 33 exécutions sommaires. Les Maï-Maï de Gedeon et ses alliés, y compris les Maï-Maï de Bavon seraient, pour leur part, responsables de 45 cas de violations, dont 33 exécutions sommaires. Cinq autres cas des violations sont attribués à des hommes armés non identifiés", indique la Monuc. "L'équipe de la Monuc a également confirmé la disparition forcée d'au moins 15 personnes accusées d'être des combattants Maï-Maï, qui auraient été exécutés sommairement par les FARDC, après leur arrestation dans la prison de Mitwaba en mars 2005".

_12 avril, Kinshasa. Sept militaires congolais condamnés à la prison à perpétuité pour des viols collectifs, qualifiés pour la première fois de "crimes contre l'humanité", commis en 2003 dans le nord de la République démocratique du Congo.

Ces sept militaires étaient accusés du viol d'au moins 119 femmes, dont une majorité de mineures, de pillages et de complot militaire dans le village de Songo Mboyo, situé à quelque 500 km au nord-est de Mbandaka (chef-lieu de l'Equateur).

["Le tribunal a mis en application le statut de Rome qui a créé la Cour pénale internationale (CPI) en juillet 2002, et selon lequel les viols massifs sont considérés comme des crimes contre l'humanité qui sont passibles de la prison à perpétuité, a déclaré Luc Henkinbrandt, de la Division des droits de l'homme de la Mission des Nations unies en RDC (Monuc). C'est la première condamnation de militaires des Forces armées de la RDC pour des crimes contre l'humanité à cause de viols massifs".]

COTE-D'IVOIRE

_24 mai, New York. Le Conseil de sécurité des nations unies avertit que de nouvelles sanctions ciblées seront imposées aux personnes qui feront obstacle à la mise en oeuvre du processus de paix en Côte d'Ivoire.

Dans une déclaration lue par son président pour le mois de mai, l'ambassadeur du Congo Basile Ikouébé, le Conseil menace de "mesures ciblées" - c'est-à-dire de sanctions - les personnes qui "font obstacle à la mise en oeuvre du processus de paix" en Côte d'Ivoire [...], "ou qui incitent publiquement à la haine et à la violence". En février, le Conseil avait infligé une interdiction de voyager à l'étranger et un gel des avoirs financiers à trois personnalités ivoiriennes considérées comme faisant obstacle à la paix.#

ESPAGNE

_29 juin, Madrid. Trois mois après le "cessez-le-feu permanent" proclamé par l'organisation séparatiste basque ETA, José Luis Rodriguez Zapatero annonce officiellement que son gouvernement "va ouvrir un dialogue avec l'ETA".

[Le président du gouvernement espagnol a fixé les principes auxquels doit, pour ce qui le concerne, se plier ce "dialogue" : "Les questions politiques ne se résolvent qu'avec les représentants légitimes de la volonté populaire" et "la démocratie ne fera aucune concession politique pour obtenir la paix".]

_18 juin, Barcelone. Un nouveau statut d'autonomie élargie, soutenu par le gouvernement catalan (socialiste), approuvé par référendum. 74% des électeurs ont voté en faveur de ce texte qui accorde des compétences judiciaires, fiscales, et administratives, et renforce l'identité de cette région du Nord de l'Espagne.

[Les adversaires de ce statut ont mis en avant la faiblesse du taux de participation, inférieur à 50%. Le leader de droite Mariano Rajoy a dénoncé "une opération de liquidation de l'Espagne constitutionnelle".]

_22 mai, Madrid. Au terme de deux mois d'observation, le gouvernement espagnol estime que le "cessez-le-feu permanent" décrété par l'ETA, le 22 mars, est respecté par l'organisation séparatiste basque armée.

[Le gouvernement espagnol avait fait de l'abandon total de toute violence une condition sine qua non de l'ouverture de négociations directes avec l'ETA. Les pourparlers directs entre Madrid et l'organisation pourront probablement s'ouvrir avant l'été.]

ETATS-UNIS

_29 juin, Washington. Par cinq voix contre trois, la Cour suprême des Etats-Unis juge illégales les "commissions militaires" - des tribunaux d'exception permettant de juger les étrangers soupçonnés d'activités terroristes et détenus à Guantanamo en leur absence et sans nécessairement rendre publiques les preuves recueillies contre eux - estimant que le président Bush avait outrepassé ses pouvoirs face aux "combattants ennemis".

[Cette décision ne remet pas en cause l'existence de Guantanamo, où sont encore incarcérés 440 détenus, dont aucun n'a encore été condamné. Le Congrès va définir un cadre juridique permettant de juger les détenus de Guantanamo. Les organisations américaines de défense des droits de l'homme ont salué la décision de la Cour, évoquant la "victoire" pour l'Etat de droit.] #

_23 juin, Washington. Le "New York Times" révèle que l'Agence centrale de renseignement (CIA) a passé au crible, sous le contrôle du département du Trésor, des dizaines de milliers de transactions financières impliquant des Américains et des étrangers, dans le cadre d'un programme clandestin - le Terrorist Finance Tracking Program / Programme de traque du financement du terrorisme - lancé au lendemain des attentats du 11 septembre 2001.Il s'agit selon le quotidien américain de "la plus importante entreprise secrète mise en oeuvre pour traquer le financement du terrorisme".

Pour Anthony Romero, directeur de l'Association américaine des libertés civiles (ACLU), "il s'agit d'un nouvel exemple des abus de pouvoir de l'administration Bush".

[En décembre 2005, le "New York Times" révélait un programme secret de la National Security Agency (NSA) comprenant, aux Etats-Unis, sans l'aval d'un juge, des interceptions de communications téléphoniques et de messages électroniques de personnes suspectées d'être en relation avec des membres d'Al-Qaida à l'étranger. En mai 2006, "USA Today" affirmait que la NSA avait aussi collecté auprès de compagnies de téléphone les listes de dizaines de millions d'appels d'Américains ordinaires. Une loi de 1978, le Foreign intelligence surveillance act, contraint le gouvernement à solliciter un mandat de la justice pour procéder à de pareilles écoutes sur le sol américain.]

_21 juin, Vienne. George W. Bush affirme, lors du sommet annuel entre l'Union européenne et les Etats-Unis, vouloir "en finir" avec le camp de détention de Guantanamo, à Cuba - où sont encore détenus sans jugement quelque 460 prisonniers de la "guerre contre le terrorisme".

Le président américain assure que certains détenus du camp seront renvoyés, "chez eux", où ils seront jugés le cas échéant par les tribunaux locaux. D'autres "devraient être jugés par les tribunaux américains". "Ils assassineraient quelqu'un s'ils étaient libérés […]. Mais nous ne laisserons pas sortir des gens qui feraient du mal".

[George Bush avait déclaré, le 15 juin, qu'il envisageait de fermer Guantanamo, où des "combattants ennemis" de la guerre contre le terrorisme sont détenus, et que les Etats-Unis souhaitait traduire en justice - devant des tribunaux militaires - les prisonniers, dont certains étaient "très dangereux". Il attendait que la Cour suprême rende un arrêt à ce sujet.

De nombreux détenus, avait-t-il fait remarquer, ont déjà été rapatriés dans leur pays d'origine. Les prisonniers encore détenus "vont finir par avoir un procès. Ils seront conseillés et représentés devant la justice".]

_14 juin, Genève. Cinq experts de l'ex-Commission des droits de l'homme des Nations unies réclament de nouveau la fermeture immédiate de la prison américaine de Guantanamo où les conditions de détention "inhumaines et dégradantes" affectent la santé mentale des détenus.

"Le suicide simultané de trois détenus sur la base militaire de Guantanamo le 10 juin 2006 était dans une certaine mesure prévisible à la lumière des conditions de détention rudes et prolongées et renforce la nécessité d'une fermeture immédiate du centre de détention", déclarent-ils dans un communiqué publié à Genève.#

[Les cinq experts ont demandé, à plusieurs reprises mais sans succès, au gouvernement des Etats-Unis l'autorisation de s'entretenir en privé avec les détenus, rappelle le communiqué. Après ces trois suicides, les experts attirent l'attention sur la santé mentale des détenus. Les cinq experts sont : Leila Zerrougui, présidente du Groupe de travail sur les détentions arbitraires, Leandro Despouy, Rapporteur sur l'indépendance des juges et des avocats, Manfred Nowak, Rapporteur sur la torture, Asma Jahangir, Rapporteuse sur les libertés religieuses, et Paul Hunt, Rapporteur sur les questions de santé.]

_13 juin, Strasbourg. Le Parlement européen réclame la fermeture de la prison de Guantanamo. Par 597 voix contre 15 et 20 abstentions, il demande que "chaque prisonnier soit traité conformément au droit humanitaire international et, s'il est inculpé, jugé sans retard, dans le cadre d'une procédure équitable et publique, par un tribunal compétent, indépendant et impartial".

_13 juin, Bagdad. George W. Bush effectue une visite surprise en Irak. Il rencontre, à l'ambassade des Etats-Unis, le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki et ses ministres de la défense, de l'intérieur et du pétrole. Le président américain se dit déterminé à "réussir et à vaincre le terrorisme". Il affirme que l'avenir de l'Irak est entre les mains des nouveaux dirigeants irakiens, mais que les Etats-Unis resteront à leurs côtés et leur apporteront leur aide.

_10 juin, Guantanamo. Trois détenus, deux Saoudiens et un Yéménite, qui étaient gardés au Camp 1, l'unité des cellules grillagées parcourue en permanence par les patrouilles de la police militaire, retrouvés pendus dans leur cellule.à l'aide de leurs draps et de leurs vêtements.

plus d'info Le Monde Fermer Guantanamo

Guantanamo [Le président George Bush, qui s'est déclaré "sérieusement préoccupé" par ces suicides, a donné des instructions pour que le rapatriement des dépouilles mortelles soit effectué dans le respect des "sensibilités culturelles" des pays concernés.

Le commandant de la base, le contre-amiral Harry B. Harris, a estimé que ces suicides "constituaient de toute évidence un acte planifié, pas spontané. Ils sont astucieux, ils sont inventifs. […] Ils n'ont que mépris pour la vie, que ce soit la nôtre, ou la leur. Je ne crois pas qu'il s'agisse d'un acte de désespoir, mais d'un acte de guerre contre nous", a-t-il ajouté, précisant qu'il existait à Guantanamo une "croyance mystique" selon laquelle il faudrait que trois détenus décèdent pour que les autres soient libérés.
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Le rapporteur spécial de l'ex-Commission des droits de l'homme des Nations unies, Manfred Novak, coauteur d'un rapport sur Guantanamo, a jugé que ces suicides "traduisent [au contraire] le désespoir de gens, pour certains innocents, emprisonnés parfois depuis quatre ans et demi sans avoir la moindre idée de leur peine et sans pouvoir se défendre devant un juge. "Ces apparents suicides sont le résultat tragique d'années d'arbitraire et de détention indéfinie", a souligné, de son côté, Amnesty International. Plus de 750 personnes ont séjourné à Guantanamo. 460 y sont encore détenues, souvent depuis plus de quatre ans.]

_26 mai, New York. Human Rights Watch (HRW) appelle les Etats-Unis à enquêter sur le fils de l'ancien dictateur libérien Charles Taylor, Charles Taylor Jr, accusé de torture et crimes de guerre.

"Le ministère américain de la Justice devrait lancer une enquête en vue de poursuites sur Charles Taylor Jr, pour torture et crimes de guerre", estime l'organisation de défense des droits de l'homme. "Le jeune Taylor a pris part à de telles exactions quand il commandait une unité militaire pro-gouvernementale d'élite au Liberia", baptisée l'"Unité antiterroriste" (ATU).

[Citoyen américain car né aux Etats-Unis, Charles Taylor Jr, dit "Chuckie", y est en prison depuis le 30 mars après avoir été arrêté à son arrivée à l'aéroport de Miami (Floride, sud-est), pour avoir falsifié le nom de son père dans sa demande de passeport américain.]

_19 mai, Genève. Rendant publiques les conclusions des travaux de sa 36e session, le Comité contre la torture se dit préoccupé par les allégations selon lesquelles les Etats-Unis ont établi des centres de détention secrets qui ne sont pas accessibles au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et affirmé que Guantanamo doit fermer.

Plus d'info

_15 mai, Washington. George W. Bush interdit l'entrée des Etats-Unis aux membres du gouvernement bélarusse d'Alexandre Loukachenko en raison de la répression des droits de l'Homme et des fraudes à la récente présidentielle.

[Cette décision a été prise en raison de "la répression des droits de l'Homme au Bélarus, de la fraude perpétrée lors des récentes campagne et élection présidentielles, de l'incarcération de protestants pacifiques [...], des actes persistants de corruption de la part d'officiels gouvernementaux bélarusses".]

_12 mai, Washington. Au terme d'entretiens avec l'administration américaine, Jakob Kellenberger, président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), déplore le fait que les autorités américaines continuent de refuser au CICR l'accès aux détenus dans des endroits tenus secrets. "Si légitimes que soient les raisons de la détention, le droit de dissimuler le lieu où se trouve une personne ou de nier qu'elle est détenue n'existe pas", déclare-t-il.

Le CICR a toujours reconnu publiquement que "les Etats peuvent détenir des individus non seulement dans le cadre de conflits armés ou dans le cas de personnes faisant l'objet d'une accusation pénale, mais aussi pour des motifs impératifs de sécurité", précise l'organisation humanitaire, qui rappelle "que toutes les personnes détenues par les Etats-Unis [ont] droit à un statut juridique et à des garanties procédurales claires".#

_11 mai, Washington. Selon le quotidien USA Today, trois compagnies de téléphone, représentant 220 millions d'abonnés, ont remis à l'Agence pour la sécurité nationale (NSA), les relevés de leurs clients. La NSA n'a pas enregistré le contenu des communications, à la différence de ce qu'elle fait pour les communications internationales, mais les relevés d'appels lui permettant de savoir qui communique avec qui.

[Le président George Bush a immédiatement réagi, affirmant que "les activités de renseignement [qu'il a] autorisées sont légales". Il assure que la NSA ne s'immisce pas dans la vie de "millions d'Américains innocents", mais ne s'intéresse qu'à "Al-Qaida et ses associés".]

_10 mai, Londres. "L'existence du camp de Guantanamo reste inacceptable et, à mon avis, il est temps que celui-ci soit fermé", déclare Peter Goldsmith, attorney général, principal conseiller juridique du gouvernement anglais. Il ajoute : cette fermeture "serait juste au niveau des principes, et je pense que cela aiderait également beaucoup de supprimer quelque chose qui est devenu pour beaucoup, à tort ou à raison, un symbole d'injustice".

_7 mai, Washington. ”Guantanamo est un sujet délicat; j'aimerais fermer le camp et présenter les prisonniers à la justice", reconnaît George Bush, dans un entretien accordé à la chaîne de télévision allemande ARD. "La Cour suprême doit encore déterminer s'ils [les prisonniers de Guantanamo] doivent être jugés par des tribunaux civils ou militaires. Ils seront jugés un jour. On ne peut pas en dire autant des gens qu'ils ont tués. Ils ne leur ont pas laissé la chance d'avoir un procès équitable", ajoute le président américain.

_26 avril, Strasbourg. Depuis le 11 septembre 2001, "plus de mille vols affrétés par la CIA ont transité par l'Europe, souvent pour y opérer des "restitutions extraordinaires"", pratique qui consiste à envoyer des suspects dans des pays tiers, afin qu'ils y soient interrogés, y compris sous la torture accuse la commission d'enquête du Parlement européen sur la CIA.

Le rapporteur de la commission, Claudio Fava, socialiste italien, déplore que "les autorités nationales de sécurité n'aient pas éprouvé le besoin de vérifier le but réel de ces vols, ni l'identité de leurs passagers". Il estime que "lorsqu'un avion va de Kaboul à Guantanamo en passant par la Pologne, la Roumanie et le Maroc, ce qui n'est pas le trajet le plus court, il ne fait pas escale seulement pour s'approvisionner en carburant".

["Il est difficile de dire que les gouvernements ne savaient pas ce qui se passait", a confié Claudio Fava au ”Monde”. Son rapport incrimine trois pays : la Suède, l'Italie et la Bosnie, pour leur "responsabilité directe" dans la pratique de ces restitutions extraordinaires.]#

_16 avril, Washington. L'analyste militaire William Arkin révèle dans le "Washington Post" que divers scénarios d'intervention américaine en Iran sont à l'étude depuis 2002, et surtout 2003, soit avant même le début de la guerre en Irak. Auraient été envisagés, des attaques au missile, une invasion terrestre et un déploiement naval pour contrôler le détroit d'Ormuz.

_6 avril, Washington. Le général Marc Kimmit, numéro deux du CentCom, le commandement interarmes qui gère un théâtre d'opérations de 27 pays, s'étendant de la corne de l'Afrique à l'Asie centrale, explique le concept de "guerre longue" contre le terrorisme devant des correspondants de presse étrangers. "La "guerre longue" se définit comme la défaite d'Al-Qaida et de ses associés", indique-t-il. Elle continuera "même si l'Irak et l'Afghanistan se stabilisent"."Il ne s'agit pas d'en faire un nom ou une marque de fabrique, ajoute-t-il. Cela traduit simplement que nous avons pris la mesure de la magnitude du phénomène".

[L'expression "guerre longue" n'est pas inédite. Le général John Abizaid, le commandant du CentCom, l'a employée dès 2004. Elle a été reprise dans le discours du président George Bush sur l'état de l'Union en janvier 2006. Mais elle a, surtout, été officialisée dans le document stratégique publié par le Pentagone en février, dans un parallèle direct avec la guerre froide. A plus ou moins long terme, la "guerre longue" donnera lieu à un repositionnement des forces américaines dans le monde.]

EUROPE

_27 juin, Strasbourg. L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe soutien les conclusions de son rapporteur, Dick Marty, sur les enlèvements que la CIA aurait opérés en Europe, avec la collaboration de certains Etats. Les parlementaires invitent les Etats membres du Conseil à revoir les accords bilatéraux qu'ils ont conclus avec les Etats-Unis sur l'utilisation de bases militaires, afin qu'ils respectent "les normes internationales de protection des droits de l'homme".

_7 juin, Strasbourg. 14 pays européens ont collaboré avec la CIA ou toléré le transfèrement par avions de terroristes présumés, selon un rapport établi par un parlementaire du Conseil de l'Europe, le Suisse Dick Marty.

plus d'info         plus d'info Le rapport de Dick Marty [pdf 680 ko]

"Il est désormais clair - même si on est encore loin d'avoir pu établir toute la vérité - que les autorités de plusieurs pays européens ont activement participé, avec la CIA, à des activités illégales, que d'autres les ont ignorées en connaissance de cause, ou n'ont pas voulu savoir", indique le rapport, qui met en cause, pour "violations des droits de la personne" lors des transfèrements illégaux, les sept pays suivants : Suède, Bosnie-Herzégovine, Royaume-Uni, Italie, l'ancienne république yougoslave de Macédoine, Allemagne et Turquie.

"D'autres Etats peuvent être tenus pour responsables de collusion - active ou passive - en matière de détentions secrètes et de transferts interétatiques illégaux" : Pologne, Roumanie, Espagne, Chypre, Irlande, Portugal, Grèce. La Roumanie et la Pologne sont soupçonnées d'avoir abrité des centres de détention secrets.#

[Les Etats-Unis jugent dénué de fondement ce rapport du Conseil de l'Europe; ils défendent le principe du transfèrement des prisonniers vers des pays tiers. Il y a "peu de faits solides" selon un porte-parole américain. Soupçonnées d'avoir abrité des prisons secrètes, la Pologne et la Roumanie ont rejeté les conclusions de Dick Marti . D'autres pays européens, dont la Suisse, ont également réfuté ce rapport.]

_30 mai, Luxembourg. La Cour européenne de justice (CEJ) juge illégale l'entente conclue en mai 2004 entre les Etats-Unis et l'Union européenne (UE) conduisant les transporteurs aériens européens à transmettre aux Américains des renseignements sur leurs passagers. La Cour estime que les renseignements ne sont pas "adéquatement protégés" par les États-Unis sans toutefois parler d'atteinte à la vie privée.

"Ni la décision de la Commission [européenne] constatant la protection adéquate de ces données par les Etats-Unis, ni la décision du Conseil [européen] approuvant la conclusion d'un accord sur leur transfert vers ce pays, ne sont fondées sur une base juridique appropriée", explique la Cour dans un communiqué.

[La CEJ laisse à l'UE et aux Etats-Unis jusqu'à la fin du mois de septembre pour négocier un nouvel accord sur de nouvelles bases juridiques. Dans l'intervalle, le transfert de ces données est accepté.]

_19 mai, Strasbourg. La Fédération de Russie prend la présidence du Conseil de l'Europe pour six mois, à la suite de la Roumanie et avant la République de San Marin, comme le veut l'ordre alphabétique anglais.

[Présentant programme de la présidence russe du Comité des ministres, le ministre des Affaires étrangères de Russie, Sergey Lavrov, souligne "que la Russie [voit] le Conseil de l'Europe comme un important mécanisme de coopération paneuropéenne ayant pour objectif de construire une nouvelle Europe sans clivages, et de mettre en place un espace juridique et humanitaire européen commun. Cette approche a déterminé la devise de la présidence russe : "Vers une Europe unie sans clivages".]

FRANCE

_31 mai, Paris. Ségolène Royal, candidate à l'investiture socialiste, critique la "faillite du ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy, en matière de sécurité, lors d'un déplacement à Bondy, en Seine-St-Denis "Il faut une reprise en main lourde", déclare la présidente PS de la Région Poitou-Charentes, afin de "recadrer" les jeunes fauteurs de troubles et de "remettre au carré" les familles. "Au premier acte de délinquance", ajoute-t-elle, il faut recourir au placement d'office dans "des établissements à encadrement militaire".#

A Bondy, Ségolène Royal a préconisé :
• "la mise sous tutelle provisoire des allocations au premier acte d'incivilité de l'enfant" et "l'obligation pour les parents de suivre un stage de parents non pas pour les humilier […], mais pour regrouper les mamans",
• la création d'"éducateurs sportifs" pour assister les enseignants,
• le retrait, au niveau des collèges, "des élèves qui perturbent la vie scolaire" et "le placement d'office dans des internats-relais de proximité",
• le placement dès 16 ans, "au premier acte de délinquance", dans "des établissements à encadrement militaire", pour des projets "[…] humanitaires".

Le Monde ["L'audace de Mme Royal est réelle, écrit le quotidien "Le Monde", dans son éditorial des 4-5 juin 2006. Elle se moque des tabous, parle sans langue de bois et avance des propositions de nature à hérisser une grande partie de ses amis politiques. Le langage de la répression n'est pas le plus doux aux oreilles des socialistes et de la gauche en général, qui préfèrent parler d'accompagnement social et de prévention.

"Mais Ségolène Royal s'inscrit aussi dans la filiation de deux ministres de l'intérieur socialistes comme Jean-Pierre Chevènement et Daniel Vaillant qui avaient considéré la sécurité comme un droit social et développé la police de proximité. Elle va désormais encore plus loin et adopte une posture qui rappelle celle du démocrate américain Bill Clinton déclarant la "guerre à la criminalité" en 1992 ("war on crime") et celle du travailliste britannique Tony Blair affirmant, en 1997, la nécessité de sévir à la fois contre la délinquance et contre les causes de celle-ci ("tough on crime, tough on the causes of crime").]

_17 mai, Paris. L'Assemblée nationale a adopté un projet de loi sur l'immigration et l'intégration défendu par le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy. Le texte, qui instaure les moyens d'une sélection des étrangers, durcit les conditions du regroupement familial et de l'acquisition de la nationalité française.

Le projet a été adopté par 367 voix (dont celles de l'UMP, parti majoritaire) contre 164. Les députés du parti socialiste (PS) et du parti communiste (PC) ont voté contre. PourNicolas Sarkozy, il n'y a "pas de risque de polémique" en France, car "le texte est raisonnable".

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plus d'info Société civile : Contre l'”immigration choisie”
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[LES PRINCIPALES DISPOSITIONS DU PROJET DE LOI. Cartes de séjour. Création d'une "carte compétences et talents" valable trois ans et renouvelable. Une carte valable quatre ans est délivrée aux étudiants les plus diplômés. Accueil. Pour "s'établir durablement", les étrangers devront signer un "contrat d'accueil et d'intégration", suivre "une formation civique et, si besoin, linguistique". Régularisation. Abrogation de la régularisation de droit des clandestins de plus de dix ans. Mariages mixtes. La carte de résident de dix ans sera attribuée au conjoint de Français après trois ans de mariage, capable de justifier son intégration. Regroupement familial. Lié à des conditions de ressources de travail et de logement, il ne peut être demandé qu'après un séjour de dix-huit mois. Reconduite à la frontière. En cas de refus du titre de séjour, l'étranger aura l'"obligation de quitter le territoire dans le délai d'un mois". Droit d'asile. Création d'une liste des "pays d'origine sûrs".]

_10 mai, Paris. Prévu par la loi d'orientation et de programme pour l'avenir de l'école du 23 avril 2005, dite loi Fillon, le projet de décret établissant "un socle commun de connaissances et de compétences" est rendu public par le ministre de l'éducation nationale, Gilles de Robien. Ce texte détermine "ce que nul n'est censé ignorer en fin de scolarité obligatoire sous peine de se trouver marginalisé ou handicapé".

L'objectif des autorités est de doter les élèves d'une culture commune qui se décline non seulement en termes de connaissances mais aussi en termes de compétences. "Il s'agit d'un acte refondateur, après l'école de Jules Ferry en 1882, estime Gilles de Robien. C'est la première fois que la République va clairement indiquer le contenu de la scolarité obligatoire."

[Le projet de décret affirme que ce socle doit être "le ciment de la nation" et faire partager aux élèves "les valeurs de la République". Il définit ainsi les "compétences sociales et civiques" à acquérir.

"Il s'agit de mettre en place un véritable parcours civique de l'élève, constitué de valeurs, de savoirs, de pratiques et de comportements dont le but est de favoriser une participation efficace et constructive à la vie sociale et professionnelle et d'exercer sa liberté en pleine conscience des droits d'autrui. Il s'agit aussi de développer le sentiment d'appartenance à son pays, à l'Union européenne, dans le respect dû à la diversité des choix de chacun et de ses options personnelles […].

Les élèves devront être capables de jugement et d'esprit critique, ce qui suppose : - savoir évaluer la part de subjectivité ou de partialité d'un discours, d'un récit, d'un reportage; - savoir distinguer un argument rationnel d'un argument d'autorité; - apprendre à identifier, classer, hiérarchiser et mettre à distance l'information; - savoir distinguer virtuel et réel ; - être éduqué aux médias et avoir conscience de leur place et de leur influence dans la société; - savoir construire son opinion personnelle et pouvoir la remettre en question, la nuancer".]

_25 avril, Paris. Les pays européens doivent reconnaître leur "faute collective" à l'égard des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, et tant l'Union européenne que les Nations unies doivent instituer un jour de "souvenir de la Shoah", demande le président du Consistoire central de France.

Au cours d'une cérémonie marquant le jour de la Shoah, dans une synagogue à Paris, Jean Kahn a rendu hommage au président Jacques Chirac qui a reconnu, en 1995, la "responsabilité de la France" dans le martyre des Juifs. Mais, il a souligné que la Shoah n'était pas "le fait d'un Etat, mais de l'ensemble de l'Europe". "C'est une faute collective de toute l'Europe".#

"Si chaque pays, l'un après l'autre, accepte de faire repentance, nous aurons mené à bien notre combat pour la mémoire", a ajouté Jean Kahn, qui a cité "la Pologne, la Roumanie, la Hongrie, qui ont sur leur conscience la mort de centaines de milliers de Juifs".

_2 mai, Paris. En France, l'emploi est le premier domaine où sévissent des discriminations (45%) et elles reposent principalement (à près de 40%) sur l'"origine" de la personne concernée, indique le premier rapport annuel de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations (Halde). 1'000 plaintes traitées sur les 2'000 reçues en un an.

_12 avril, Paris. Le groupe socialiste de l'Assemblée nationale dépose une proposition de loi visant à sanctionner la négation du génocide arménien. Elle vise à compléter la loi du 29 janvier 2001 reconnaissant le génocide arménien de 1915 par l'Etat français. Le texte propose d'appliquer à ceux qui en contestent la réalité les mêmes peines que celles applicables à la négation des crimes contre l'humanité : elles peuvent aller jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et 45'000 euros d'amende.

Une proposition de loi visant également à réprimer la négation du génocide arménien a été déposée, le 26 avril, par Eric Raoult (UMP, Seine-Saint-Denis).]

[Texte de la proposition de loi. L'article unique de la loi n° 2001-70 du 29 janvier 2001 est complété par un nouvel alinéa ainsi rédigé : Article 2 : "Seront punis comme indiqué à l'article 24 bis de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse ceux qui auront contesté, par un des moyens énoncés à l'article 23 de ladite loi, l'existence du génocide arménien de 1915".]

_24 avril, Lyon et Marseille. Inauguration de mémoriaux du génocide arménien à Lyon et Marseille. A Lyon, l'inauguration du mémorial - objet de polémiques, d'une manifestation au cours de laquelle ont été relevés des slogans négationnistes pro-turques, le 18 mars,.et d'une profanation durant sa construction - a lieu dans le calme, en présence de Gérard Collomb, sénateur-maire (PS) de Lyon, de Dominique Perben, ministre des Transports, de l'ambassadeur d'Arménie en France, Edward Nalbandian, et de Jules Mardirossian, président de l'association pour le mémorial du génocide des Arméniens.

["Le temps du silence, de l'indifférence, de l'effacement et de la négation est définitivement révolu […], le souvenir du génocide arménien sera pour toujours désormais présent au coeur de notre cité", a déclaré Gérard Collomb, qui a rappelé qu'une proposition de loi serait déposée par le groupe socialiste à l'Assemblée nationale le 18 mai pour punir les propos négationnistes, complétant ainsi la loi de janvier 2001 sur la reconnaissance du génocide arménien par la France. Marseille et la région Rhône-Alpes comptent chacune 80'000 personnes d'origine arménienne, sur les 500'000 de France.] #

HONGRIE

_23 avril, Budapest. Victoire historique du centre-gauche : le gouvernement du premier ministre socialiste sortant, Ferenc Gyurcsany, remporte les élections législatives, devenant le premier cabinet du pays a être reconduit depuis la chute du communisme il y a seize ans.

Le Parti socialiste (MSZP) et ses partenaires de l'Alliance des démocrates libres (SZDSZ) obtiennent une majorité renforcée au Parlement, avec 209 sièges sur 386. Le Fidesz, principal parti de l'opposition de droite de Viktor Orban, conserve 165 mandats.

INDONESIE

_27 mai, Djakarta. Un puissant tremblement de terre, de magnitude 5,9 sur l'échelle de Richter, frappe l'île de Java, faisant au moins 5'000 morts, 20'000 blessés et plus de 100'000 sans-abri. L'activité du volcan Merapi s'est intensifiée après le séisme.

[En 2004, un tsunami avait fait 168'000 morts dans l'archipel.]

IRAN

_29 mai, Berlin. Dans un entretien accordé à l'hebdomadaire allemand "Der Spiegel" le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, émet à nouveau des doutes quant à la réalité de l'Holocauste et s'interroge sur la culpabilité du peuple allemand.

Spiegel L'entretien publié par "Der Spiegel" relate un dialogue entre les trois journalistes du magazine et leur interlocuteur autour du génocide des juifs et de la responsabilité du peuple allemand. Voici le résumé qu'en donne le quotidien "Le Monde" : "Plus que dubitatif, M. Ahmadinejad se fait alors l'intervieweur. L'Holocauste a-t-il vraiment eu lieu ? Les journalistes allemands ont beau lui répondre que l'extermination de 6 millions de juifs a été amplement étudiée et prouvée, leur hôte souhaiterait que des chercheurs "impartiaux" se penchent sur la question "une bonne fois pour toutes". "Si l'Holocauste a eu lieu, alors les Européens doivent en assumer les conséquences et le prix ne doit pas être payé par la Palestine. S'il n'a pas eu lieu, alors les juifs doivent retourner d'où ils viennent", ajoute-t-il.

Pourquoi, reprend-il, les jeunes Allemands "doivent-ils ressentir un sentiment de culpabilité envers les sionistes" pour des actes commis il y a plus de soixante ans ? "Quand cela va-t-il cesser ?" Réponse des journalistes : "Nous sommes conscients que l'histoire de l'Allemagne ne se limite pas aux douze années du IIIe Reich, mais nous devons néanmoins admettre que des crimes horribles ont été commis au nom de l'Allemagne".

_11 mai, Djakarta. "Israël va disparaître un jour", affirme le président Mahmoud Ahmadinejad dans un discours prononcé lors de sa visite officielle en Indonésie.#

[Le 9 mai, le vice-premier ministre israélien, Shimon Pérès, avait déclaré, à propos de l'Iran, que ”ceux qui menacent d'anéantir risquent d'être anéantis”.]

_29 avril, Téhéran. L'Iran ne renoncera "jamais" à ses activités nucléaires, déclare le président Mahmoud Ahmadinejad, dans un communiqué. "La République islamique d'Iran ne négociera avec personne sur son droit absolu d'utiliser la technologie nucléaire civile. C'est notre ligne rouge et nous n'y renoncerons jamais".

_28 avril, New York. Le dernier rapport du directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) sur le programme nucléaire iranien, remis aux quinze membres du Conseil de sécurité des Nations unies, confirme que le régime iranien accélère son programme d'enrichissement d'uranium.

Après trois ans d'enquête, Mohamed Elbaradei se dit ”inquiet” des ”zones d'ombres” qui subsistent, ”y compris sur le rôle de l'armée dans le programme nucléaire”.

_14 avril, Téhéran. Israël est condamné à "disparaître", déclare le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, à l'occasion d'une conférence que la République islamique organise pour la troisième fois, en solidarité avec le peuple palestinien. "Si de sérieux doutes subsistent sur l'holocauste [des juifs], aucun ne pèse sur l'holocauste et la tragédie des Palestiniens", assure-t-il devant une assistance de plusieurs centaines de représentants de pays musulmans et d'organisations islamiques, notamment le Mouvement de la résistance islamique (Hamas), le Djihad islamique palestinien et le Hezbollah libanais.

"Si un tel désastre [l'Holocauste] a vraiment eu lieu, pourquoi les Palestiniens devraient-ils en payer le prix ?", ajoute le président iranien, qui appelle les pays européens à accueillir tous les juifs d'origine européenne qui se sont installés en Israël.

[Israël doit être "rayé de la carte" et l'Holocauste est "un mythe", avait déclaré Mahmoud Ahmadinejad, en octobre 2005.]

_11 avril, Téhéran. Lors d'une cérémonie télévisée, organisée dans la ville sainte chiite de Machhad, le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, annonce que l'Iran a "rejoint le club des pays disposant de la technologie nucléaire". Il salue le travail des scientifiques du Centre de recherches de Natanz, au sud de Téhéran, qui ont commencé à fabriquer de l'uranium enrichi, ayant réussi à relier en cascade entre elles 164 centrifugeuses.

[Cette annonce signifie que l'Iran a commencé à fabriquer de l'uranium enrichi, au mépris des avertissements de la communauté internationale qui soupçonne Téhéran de chercher à se doter à terme de la bombe atomique. Le 29 mars 2006, le Conseil de sécurité des Nations unies a sommé l'Iran de cesser ses activités d'enrichissement de l'uranium.]

_9 avril, Washington. L'option militaire contre l'Iran, longtemps jugée peu praticable, est désormais ouvertement envisagée par les Etats-Unis. Le "Washington Post" indique que le président Bush se prépare à une confrontation avec l'Iran tout en continuant à s'inscrire dans le cadre diplomatique.#

[Dans l'hebdomadaire le "New Yorker", le journaliste d'investigation Seymour Hersh affirme que l'administration américaine "tout en défendant publiquement la diplomatie pour arrêter l'Iran dans sa quête à l'arme atomique", a "intensifié ses plans en vue d'une possible attaque aérienne".]

ITALIE

_26 juin, Rome. La réforme de la Constitution italienne, soumise à référendum, rejetée par une large majorité des votants (61% des votants). Le texte, préparé par l'ancien gouvernement de Silvio Berlusconi, prévoyait une plus large autonomie accordée aux 20 régions dans les domaines de la santé, de l'éducation et de la police locale, une transformation du Sénat en instance fédérale et un renforcement des pouvoirs du chef du gouvernement, indiquent les résultats officiels.

_11 avril, Rome. Le ministère de l'intérieur officialise la courte avance de la coalition de centre gauche (l'Unione) à la Chambre et au Sénat, aux élections législatives des 9 et 10 avril. Romano Prodi, qui espère pouvoir gouverner 5 ans, dispose d'une majorité solide à la Chambre (61 sièges de plus que la droite alors que l'avantage en voix - 25'000 - est infinitésimal) et d'un majorité plus restreinte au Sénat (158 sièges contre 156 au centre droit de Silvio Berlusconi).

plus d'info Le Monde Deux Italie

LIBAN

_14 juin, New York. Présentant devant le Conseil de sécurité des Nations unies le 4e rapport intérimaire de la Commission d'enquête sur l'attaque qui a tué Rafic Hariri et 22 autres personnes, le 14 février 2005, Serge Brammertz, chef de l'enquête, fait état de "progrès considérables" notamment pour établir les conditions de l'explosion d'un engin de près de 1.200 kg de TNT.

"Ce crime doit être qualifié d'assassinat ciblé", souligne Serge Brammertz, indiquant que la vaste quantité d'explosifs devait assurer "une réussite pratiquement garantie". S'agissant par ailleurs des hypothèses concernant les commanditaires du crime, "compte tenu des différentes fonctions occupées par Rafic Hariri et ses vastes activités publiques et privées, la Commission explorait divers motifs, dont les motivations politiques, une vendetta personnelle, des motifs financiers et la piste d'idéologies extrémistes ou une combinaison de tous ceux là".

[Serge Brammertz a par ailleurs indiqué que l'enquête étudiait aussi les 14 autres attentats commis depuis lors au Liban. "Il y a des liens évidents, de façon analytique, entre les 14 crimes, par la procédure suivie, le modus operandi, comme dans les motifs. Mais l'enquête n'est pas suffisamment avancée pour lier ces crimes", a-t-il remarqué.] #

_11 mai, Beyrouth. 274 intellectuels et artistes de renom syriens et libanais appelle, dans une déclaration commune, à une réforme radicale des relations syro-libanaises. La déclaration, intitulée "Déclaration Beyrouth-Damas, Damas-Beyrouth", souligne la nécessité de "respecter et consolider la souveraineté et l'indépendance du Liban et de la Syrie dans le cadre de relations institutionnalisées et transparentes qui servent les intérêts des deux peuples et [les] renforcent [face] aux agressions israéliennes et à l'hégémonie américaine".

Les signataires insistent sur "la nécessité d'une reconnaissance syrienne définitive de l'indépendance du Liban", poursuit le texte. Selon eux, "les premiers pas dans cette direction consistent en la délimitation des frontières et l'échange d'ambassadeurs".

[Dénonçant "les assassinats politiques", ils demandent de "faciliter la tâche" de la Commission internationale d'enquête de l'Onu sur l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri (en février 2005) et les autres crimes qui l'ont suivi au Liban. Cette commission avait conclu dans des rapports d'étape à des "preuves convergentes" de l'implication des services de renseignement syriens et libanais. Les signataires demandent aussi aux autorités syriennes de "prendre des mesures immédiates pour relâcher les Libanais détenus en Syrie et dévoiler le sort des disparus".]

_17 mai, New York. Malgré l'abstention de la Russie et de la Chine, le Conseil de sécurité des Nations unies adopte une résolution relative à la souveraineté du Liban, demandant la délimitation des frontières avec la Syrie, la dissolution des milices et regrettant que des armes continuent d'entrer au Liban.

LIBYE

_15 mai, Washington. Les Etats-Unis annoncent une normalisation complète de leurs relations diplomatiques avec la Libye, rompues en 1980, et l'ouverture prochaine d'une ambassade. "Les Etats-Unis ont l'intention de retirer la Libye de la liste des Etats soutenant le terrorisme", déclare la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice.

[L'ambassade avait été fermée en 1980, ouvrant la voie à un quart de siècle de relations tendues entre les deux pays, marqué par les raids américains en Libye en 1981 et 1986, et l'attentat de Lockerbie contre un avion de la PanAm, en 1988, attribué au régime du colonel Kadhafi, et qui avait fait 270 morts, pour la plupart des Américains.]

MAROC

_6 mai, Rabat. Les atteintes aux droits de l'Homme sont injustifiables et doivent être jugulées par la loi et les institutions, déclare Driss Benzekri, président du Conseil consultatif des droits de l'Homme (CCDH) lors de l'ouverture d'une session du CCDH, organisme créé en 1990 par le roi Hassan II.#

[Le CCDH examine notamment la mise en oeuvre des recommandations de l'Instance équité et réconciliation (IER), chargée de régler les graves atteintes aux droits de l'Homme durant les "années de plomb" (1960-1999).]

MAURITANIE

_25 juin, Nouakchott. Une nouvelle Constitution, proposée par la junte au pouvoir depuis le coup d'Etat du 3 août 2005, approuvée par les Mauritaniens lors d'un référendum. 96,97% des votants se sont exprimés en faveur du "oui", pour un taux de participation de 76,51%.

Selon le Conseil militaire pour la justice et la démocratie (CMJD), ce texte, qui entend garantir l'alternance démocratique et remplacera la Constitution en vigueur depuis 1991, vise à mettre fin à "plus de 20 ans de pouvoir despotique". Il prévoit un régime de type présidentiel, qui octroie au chef de l'Etat d'importantes prérogatives, dont la désignation du Premier ministre, mais donne au Parlement le droit de voter la défiance ou la censure du gouvernement. Le président sera élu pour cinq ans et il ne pourra se représenter qu'une fois.

MONTENEGRO

_28 juin, New York. Moins d'un mois après s'être séparé de la Serbie, le Monténégro devient le 192e Etat membre des Nations unies, à la suite à l'adoption par acclamation d'une résolution de l'Assemblée générale, réunie en séance plénière.

["Je suis sûr que le Monténégro s'efforcera d'entretenir de bonnes relations avec ses voisins et de promouvoir une forte coopération régionale dans les Balkans, apportant ainsi de la stabilité à cette région éprouvée par les conflits ces dernières années", a affirmé Jan Eliasson, le président de l'Assemblée générale. Filip Vujanovic, ministre des Affaires étrangères du Monténégro, a rappelé que le Monténégro avait restauré son indépendance le 21 mai 2006 par la voie d'un référendum - qui a vu 55,5% des électeurs apporter leur soutien à la séparation d'avec la Serbie -, devenant ainsi la nation la plus jeune au monde. Le Monténégro a proclamé son indépendance le 3 juin.]

_28 juin, New York. Moins d'un mois après s'être séparé de la Serbie, le Monténégro devient le 192e Etat membre des Nations unies, à la suite à l'adoption par acclamation d'une résolution de l'Assemblée générale, réunie en séance plénière.

["Je suis sûr que le Monténégro s'efforcera d'entretenir de bonnes relations avec ses voisins et de promouvoir une forte coopération régionale dans les Balkans, apportant ainsi de la stabilité à cette région éprouvée par les conflits ces dernières années", a affirmé Jan Eliasson, le président de l'Assemblée générale. Filip Vujanovic, ministre des Affaires étrangères du Monténégro, a rappelé que le Monténégro avait restauré son indépendance le 21 mai 2006 par la voie d'un référendum - qui a vu 55,5% des électeurs apporter leur soutien à la séparation d'avec la Serbie -, devenant ainsi la nation la plus jeune au monde. Le Monténégro a proclamé son indépendance le 3 juin.] #

_22 mai, Podgorica. Le Monténégro choisit l'indépendance : 55,4 % des électeurs se sont prononcés pour la fin de l'union avec la Serbie. Le taux de participation a été de 86,3 %. Monténégro est la dernière des six républiques fédérales de l'ex-Yougoslavie à rompre avec la Serbie depuis 1991. Le seuil de 55 % des suffrages requis par l'Union européenne a été dépassé de justesse.

NEPAL

_18 mai, Katmandou. Le Parlement (rétabli dans ses droits après trois semaines d'émeutes, en avril) adopte, à l'unanimité, une résolution privant le roi Gyanendra de l'essentiel de ses pouvoirs. Le roi perd notamment le contrôle sur l'armée - l'armée "royale", 90'000 hommes, s'appellera désormais l'armée "du Népal - et le pouvoir de nommer le gouvernement.

Toute référence au statut divin du roi, censé être le représentant sur terre de la divinité hindoue Vishnou, est retirée, mais la monarchie n'est pas abolie. Le dernier descendant sur le trône de la dynastie Shah, vieille de 250 ans, perd son immunité juridique; il sera soumis au paiement de taxes et le Parlement fixera le budget de la famille royale. Pour devenir effective, la résolution adoptée par le Parlement devra être transcrite dans une série de lois qui restent à voter.

[Le Népal a enfin sa "Magna Carta", écrit le "Kathmandu Post, en référence à la Grande Charte britannique adoptée au XIIe siècle et qui limitait le pouvoir royal. "Ce jour historique donne raison au pouvoir du peuple qui règne de manière suprême", souligne le quotidien de langue anglaise dans un éditorial.]

_24 avril, Katmandou. Le roi Gyanendra cède à l'une des principales revendications des manifestations lancées le 6 avril par sept partis politiques."Nous rétablissons le Chambre des représentants, qui avait été dissoute le 22 mai 2002", annonce-t-il à la télévision nationale. Il se dit "confiant" dans le fait que "le pays ira de l'avant, dans une paix durable, une démocratie pleine et entière et l'unité nationale".

[Depuis le début de la grève générale et des manifestations, au moins quatorze personnes ont été tuées et des centaines d'autres blessées par des tirs et des charges des forces de l'ordre. Les manifestants demandaient le retour de la démocratie, après que le roi a pris les pleins pouvoirs en février 2005, limogeant un gouvernement qu'il accusait de corruption et de n'avoir pas su mettre un terme à dix ans de guérilla maoïste.]

_13 avril, New York. Kofi Annan se déclare "plus inquiet que jamais" face à la "détérioration" de la situation au Népal. Le secrétaire général des Nations unies "réitère son appel à l'ouverture d'un dialogue national ouvert à toutes les forces politiques népalaises et invite Sa Majesté (le roi Gyanendra) à prendre des mesures courageuses pour trouver une issue à cette situation et éviter de nouvelles effusions de sang".#

Le peuple népalais "souhaite la fin rapide du conflit et de l'instabilité, ainsi que le rétablissement immédiat de la démocratie. Les pertes en vies humaines et le déni de droits légitimes doivent prendre fin au plus vite", assure Kofi Annan.

[Depuis une dizaine de jours, au moins 1'600 personnes ont été arrêtées - une partie ayant été libérée ensuite. Quatre manifestants ont été tués tué, selon l'opposition, par des tirs des forces de l'ordre.]

PAYS-BAS

_15 mai, Amsterdam. La député néerlandaise d'origine somalienne, Ayaan Hirsi Ali, 36 ans, dénigrée, annonce son retrait de la vie publique et son départ pour les Etats-Unis après la cabale dont elle a été l'objet. Rejetée par ses voisins (en raisons des risques d'attentats), privée de passeport par la ministre de l'intégration, Rita Verdonk, à la suite de mensonges dans sa biographie, la jeune femme s'était mobilisée pour les droits des femmes musulmanes.

Ayaan Hirsi Ali ["L'islam dominait, dans les moindres détails, la vie de notre foyer. C'était notre idéologie, notre politique, notre morale, notre droit et notre identité." Le livre d'Ayaan Hirsi Ali, Insoumise, traduit en français en 2005 (Laffont), résume le cheminement d'une petite fille excisée à l'âge de 5 ans qui aurait pu, dit-elle, devenir aussi fanatique que ceux qui allaient la menacer de mort, trois décennies plus tard, explique Jean-Pierre Stroobants dans le quotidien "Le Monde". La jeune femme, qui dénonçait la "morale étouffante" de l'islam, avait fait voter des textes sur l'excision, les violences domestiques et les crimes d'honneur, ainsi que sur l'intégration économique des musulmanes. Elle avait formulé "dix conseils" à l'usage de ces dernières. Le premier : "la liberté est un choix."

Ayaan Hirsi Ali avait eu, après le 11-Septembre, des paroles qui avaient choqué fondamentalistes et représentants d'un islam modéré :"L'islam actuel n'est pas compatible avec les présupposés de l'Etat de droit occidental". Elle avançait "trois constats : la relation à Dieu ne peut être placée uniquement sous le signe de la peur, la source unique de l'islam - le prophète Mahomet - est insuffisante, la morale sexuelle de cette religion explique qu'elle réduise les femmes à "leur hymen, leur virginité". Le voile, expliquait-elle, est l'un des éléments de cette "morale étouffante". "Le Monde" 21-22 mai 2006,]

PEROU

_4 juin, Lima. Le candidat de l'Alliance populaire révolutionnaire américaine (APRA), Alan Garcia, emporte l'élection présidentielle avec près de 55% des voix. Son adversaire était le candidat nationaliste Ollanta Humala (Union pour le Pérou).#

["En pleine période de tensions entre les pays d'Amérique du Sud, M. Garcia aura su retourner en sa faveur les multiples interventions d'Hugo Chavez durant la campagne électorale, écrit Chrystelle Barbier, dans "Le Monde". Le président vénézuélien a apporté son soutien à M. Humala et a menacé de rappeler son ambassadeur à Lima, en cas de victoire de son rival social-démocrate. "Aujourd'hui, le Pérou a envoyé un message en faveur de l'indépendance nationale, de la souveraineté de la nation et a mis en échec les efforts entrepris par Hugo Chavez pour nous intégrer dans sa stratégie d'expansion du modèle militaire et rétrograde qu'il tente d'implanter en Amérique latine", a déclaré M. Garcia". Le Monde, 6 juin 2006]

PHILIPPINES

_24 juin, La présidente Gloria Macapagal Arroyé a signé le décret d'abolition de la peine de mort. Le Parlement des Philippines avait adopté à l'unanimité un projet de loi abolissant la peine de mort.

POLOGNE

_5 mai, Varsovie. Ayant échoué à créer une coalition de centre droit avec les libéraux de la Plate-forme civique (PO), le gouvernement conservateur de Kazimierz Marcinkiewicz, mené par le parti Droit et Justice au pouvoir en Pologne depuis l'automne 2005, s'allie avec les nationalistes de la Ligue des familles polonaises (LPR), formation d'extrême droite, et les populistes antilibéraux du parti paysan Samoobrona (Autodéfense).

Le président Lech Kaczynski nomme Andrzej Lepper, chef de Samoobrona , et Roman Giertych, chef de la LPR, vice-premiers ministres dans le cabinet de Kazimierz Marcinkiewicz. Le premier au poste de ministre de l'agriculture; le second, un idéologue ultranationaliste, homophobe, animateur du mouvement "Jeunesse de la grande Pologne", antisémite, catholique intégriste proche de la Radio Marya, au poste de ministre de l'éducation. Leur nomination entraîne la démission du ministre des affaires étrangères, Stefan Meller, diplomate et universitaire né en France, un des derniers survivants de "Solidarité" dans le gouvernement polonais.

Flag Pologne ["Ce remaniement ministériel marque la fin de la période de transition postcommunisme, écrit Le Monde, dans son éditorial des 7-8 mai 2006. Les anciens communistes transformés en sociaux-démocrates et les héritiers de Solidarité ont alterné au pouvoir pendant la première décennie du retour à la démocratie. Les élections de l'automne dernier les ont laminés. Les forces qui avaient disparu pendant les quarante années de tutelle soviétique refont surface, comme si le paysage politique polonais retrouvait ses formes d'avant-guerre.
#
"Peut-être, ajoute le quotidien, est-ce un passage obligé et provisoire, avant que le pays ne devienne vraiment une démocratie moderne où les tendances ultranationalistes et obscurantistes n'auraient aucune chance de partager les responsabilités gouvernementales".]

_5 mai, Varsovie. Ayant échoué à créer une coalition de centre droit avec les libéraux de la Plate-forme civique (PO), le gouvernement conservateur de Kazimierz Marcinkiewicz, mené par le parti Droit et Justice au pouvoir en Pologne depuis l'automne 2005, s'allie avec les nationalistes de la Ligue des familles polonaises (LPR), formation d'extrême droite, et les populistes antilibéraux du parti paysan Samoobrona (Autodéfense).

Le président Lech Kaczynski nomme Andrzej Lepper, chef de Samoobrona , et Roman Giertych, chef de la LPR, vice-premiers ministres dans le cabinet de Kazimierz Marcinkiewicz. Le premier au poste de ministre de l'agriculture; le second, un idéologue ultranationaliste, homophobe, animateur du mouvement "Jeunesse de la grande Pologne", antisémite, catholique intégriste proche de la Radio Marya, au poste de ministre de l'éducation. Leur nomination entraîne la démission du ministre des affaires étrangères, Stefan Meller, diplomate et universitaire né en France, un des derniers survivants de "Solidarité" dans le gouvernement polonais.

["Ce remaniement ministériel marque la fin de la période de transition postcommunisme, écrit Le Monde, dans son éditorial des 7-8 mai 2006. Les anciens communistes transformés en sociaux-démocrates et les héritiers de Solidarité ont alterné au pouvoir pendant la première décennie du retour à la démocratie. Les élections de l'automne dernier les ont laminés. Les forces qui avaient disparu pendant les quarante années de tutelle soviétique refont surface, comme si le paysage politique polonais retrouvait ses formes d'avant-guerre.

"Peut-être, ajoute le quotidien, est-ce un passage obligé et provisoire, avant que le pays ne devienne vraiment une démocratie moderne où les tendances ultranationalistes et obscurantistes n'auraient aucune chance de partager les responsabilités gouvernementales".]

_2 avril, Varsovie. La Pologne demande de changer le nom officiel du camp de concentration et d'extermination d'Auschwitz sur le registre des héritages mondiaux de l'UNESCO. La Pologne veut que soit souligné le fait que le camp était dirigé par les nazis et non par les polonais.

[Des officiels polonais se sont déjà plaints que dans les média étrangers, Auschwitz est présenté comme un "camp de concentration polonais". Le gouvernement a proposé de l'appeler "ancien camp nazi et allemand Auschwitz Birkenau", a déclaré le porte parole du ministère de la Culture Jan Kasprzyk.]

RUSSIE / Tchétchénie

_29 juin, Paris. Dans un entretien au "Monde", le président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Jakob Kellenberger, dénonce les obstacles dressés par la Russie devant le CICR, qui n'a plus accès aux détenus en Tchétchénie. "En 2000, j'avais négocié personnellement avec M. Poutine pour obtenir un cadre pour nos opérations dans le Caucase du Nord. Je voulais un accès à toutes les personnes détenues à la suite des opérations de sécurité en Tchétchénie, qu'elles soient détenues sur place ou ailleurs en Russie, ainsi qu'un cadre pour nos activités d'assistance médicale et d'aide aux personnes déplacées. #

"Cela a bien marché pendant un temps. Mais après Beslan [prise d'otages dans une école d'Ossétie du Nord, en septembre 2004], les Russes ont cessé de nous accorder un accès aux détenus. Ils répètent que les modalités des visites du CICR - accès à tous les détenus, visites régulières, entretiens sans témoin - ne sont pas conformes à leur législation. Ils veulent changer les modalités de nos visites. Nous avons donc préféré suspendre nos visites plutôt que de dévier de nos principes".

_17 juin, Grozny. Les dirigeants pro-russes de Tchétchénie annoncent que leurs forces ont tué Abdoul Khalim Saïdoulaïev, qui avait été désigné chef des rebelles en 2005 après la mort d'Aslan Maskhadov, tué par l'armée russe.

["Celui qui avait été proclamé par les séparatistes président de la république tchétchène d'Ichkeria a été tué au cours d'une opération spéciale", a déclaré Mouslim Khoutchiev, ministre au sein du gouvernement pro-russe de Grozny.]

_4 mai, Londres. Dans un rapport publié le 4 mai 2006 Russie, le racisme violent hors de contrôle, Amnesty International (AI) dénonce la multiplication des agressions contre les "étrangers", étudiants africains, travailleurs migrants d'Asie centrale, mais aussi Juifs, Roms, Tchétchènes qui, de nationalité russe, n'ont pas le type slave. En 2005, on a dénombré 366 agressions et 28 meurtres. On estime, par ailleurs, que les "groupes extrémistes" pourraient rassembler jusqu'à 50'000 membres.

"La réponse des autorités a été grossièrement inadaptée, souligne le rapport. L'Etat semble ainsi avoir contribué à la montée de la xénophobie extrême et du néofascisme". Au mieux indifférentes, les autorités sont souvent complices. De nombreuses victimes renoncent à porter plainte, craignant la police. La plupart du temps, la justice se contente de condamner les agresseurs pour "hooliganisme". Amnesty appelle la Russie à prendre des mesures immédiates.

plus d'info

RWANDA

_7 avril, Genève et Nairobi. Les Nations unies commémorent, lors de cérémonies notamment à Genève et à Nairobi, le 12ème anniversaire du génocide au Rwanda, qui a causé la mort de près de 800'000 personnes. "Cette occasion solennelle nous rappelle les terribles atrocités commises contre les hommes, les femmes et les enfants du Rwanda il y a de cela 12 ans. Les 800'000 Rwandais qui ont péri aux mains de leurs compatriotes, hommes et femmes, n'ont été visés que parce qu'ils faisaient partie d'une groupe ethnique particulier", déclare le secrétaire général adjoint Sergei Ordzhonikidze, directeur du Bureau des Nations unies à Genève.#

La communauté internationale a la responsabilité collective non seulement de punir le génocide, mais aussi de s'assurer que ces crimes atroces commis à l'encontre de populations innocentes ne se reproduisent pas à l'avenir. "Toutefois, malgré la Charte des Nations unies et les engagements répétés des Etats membres, notre réponse collective n'est pas à la hauteur des attentes liées à notre Organisation", ajoute Sergei Ordzhonikidze.

SOMALIE

_22 juin, Khartoum. L'Union des tribunaux islamiques de Modagiscio et le Gouvernement fédéral de transition (TFG), retranché à Baidoa, signent, sous l'égide de la Ligue arabe, un accord de cessation des hostilités. Le document prévoit la "reconnaissance de la légalité du gouvernement de transition et la présence de l'Alliance des tribunaux islamiques" au sein d'une future administration. Les deux parties s'engagent à mettre fin aux "campagnes médiatiques et militaires" et à entamer, le 15 juillet 2006, des négociations "sans préalable" pour parvenir à un accord de paix complet et appellent au "jugement des criminels de guerre".

[Fruit d'une médiation arabe, cet accord met un terme provisoire à un conflit qui, en quatre mois, a fait au moins 360 morts et plus de 2'000 blessés. Les Tribunaux islamiques, aidés par l'Erythrée, sont soupçonnés par les Américains de donner refuge à des membres du réseau Al-Qaida. Le TFG, dont la légitimité est incertaine, est soutenu par l'Ethiopie.]

_5 juin, Mogadiscio. Les miliciens de l'Union des tribunaux islamiques, réunis sous la bannière de l'islam (et de la charia), prennent le contrôle de Mogadiscio, après quatre mois de combats qui ont fait environ 350 morts et 2'000 blessés. Les chefs de guerre de l'Alliance pour la restauration de la paix et contre le terrorisme (ARPCT), soutenus par les Etats-Unis, se sont réfugiés dans le reste du pays ou se sont rendus.

[Selon les observateurs, l'Union des tribunaux islamiques pourrait s'attaquer à d'autres villes somaliennes. "La Somalie n'est qu'une étape. Ceux qui ont pris le pouvoir à Modagiscio ont un projet beaucoup plus large. La prochaine étape visée, d'ici un ou deux ans, est le Yémen, puis l'Arabie saoudite", confie l'un d'entre eux.]

SOUDAN

_5 mai, Abuja (Nigeria). Le gouvernement soudanais et la faction majoritaire du Mouvement/Armée de libération du Soudan (SLM) dirigée par Minni Minnawi - principale faction du mouvement rebelle du Darfour - signent un accord de paix dans cette province soudanaise proposé par la médiation de l'Union Africaine (UA) et la communauté internationale.

[L'accord de paix prévoit un référendum pour que les quelque six millions d'habitants de cette région semi-désertique de 500'000 km2 située à l'ouest du Soudan, se prononcent sur le découpage administratif de la province.] #

SUISSE

_6 juin, Lausanne. Le Canton de Vaud a présenté son projet de loi sur les Eglises et les communautés religieuses. Le projet fixe les relations entre l'Etat et les Eglises ainsi que les communautés religieuses. Il prévoit notamment un mécanisme de reconnaissance de celles-ci avec la volonté de promouvoir l'esprit de tolérance et la paix confessionnelle.

Les Eglises protestante et catholique sont reconnues comme des institutions de droit public dotées de la personnalité morale et ont un statut juridique identique. La communauté israélite devient quant à elle une institution d'intérêt public. D'autres communautés pourront être reconnues à terme pour autant qu'elles satisfassent à certaines conditions.

Les communautés religieuses devront de respecter un certain nombre de principes et de règles l'égalité entre les sexes, la neutralité scolaire, la capacité de s'exprimer en français ou la transparence financière avec des comptes accessibles aux membres de la communauté.

[Selon le recensement fédéral de 2000, le canton de Vaud comptait alors plus de 242'000 personnes se réclamant de l'Eglise évangélique réformée, 215'000 appartenant à l'Eglise catholique romaine et 2'000 se déclarant de confession juive. Les musulmans, toutes communautés confondues, étaient près de 25'000.]

_4 juin, Genève. Plus de la moitié des Suisses a des préjugés contre les étrangers (et peut être qualifiée de xénophobe) et un sur cinq est antisémite, selon une étude réalisée par le Département de sociologie de l'Université de Genève, et publiée par le Fonds national suisse (FNS). 23% des personnes interrogées se sont déclarées antisémites.

Par ailleurs, 90% des personnes interrogées rejettent explicitement l'extrémisme de droite, 85% sont favorables aux poursuites pénales pour les propos raciaux. Quelque 77% sont favorables à une meilleure intégration des minorités dans le processus politique et 55% pour une naturalisation facilitée.

_22 mai, Berne. La justice du canton de St-Gall a expulsé deux ressortissants turcs qui avaient prononcé des menaces de mort l'un à l'encontre de sa fille, l'autre de son épouse. La jeune femme de 21 ans, qui avait été mariée de force et ne voulait pas consommer les noces, avait porté plainte contre son époux et ses parents pour menaces et contrainte.

Le père et le mari de la plaignante ont été expulsés dans le cadre d'une procédure accélérée qui enlève d'office l'effet suspensif face à des recours éventuels - une procédure prévue par la législation st-galloise dans ce genre de cas pour assurer la protection des personnes menacées. Le Ministère public et l'Office des étrangers de St-Gall, qui dénoncent des "violations des normes fondamentales du droit suisse", entendent manifester "une tolérance zéro" face à de tels actes. #

_2 mai, Berne. "Si l'on veut garantir la paix sociale, il importe que les étrangers résidant à long terme en Suisse soient bien intégrés et qu'ils bénéficient des mêmes chances que les citoyens suisses en matière de formation ou d'accès au marché du travail. De même, il est important que les étrangers qui souhaitent acquérir la nationalité suisse soient parfaitement intégrés", indique l'Office fédéral des migrations (ODM), qui rend publics deux rapports sur l'intégration et la question de la nationalité.

plus d'info Intégration [pdf 36 ko]  plus d'info Nationalité [pdf 76 ko]

_13 avril, Berne. Le Parti démocrate chrétien (PDC) Le PDC a présenté, le 13 avril 2006, un "document de position" intitulé : "Identité et liberté religieuse - à l'exemple des musulmanes et musulmans de Suisse" sur l'intégration des musulmans en Suisse. Le parti du centre veut ouvrir le dialogue avec les musulmans, tout en affirmant les valeurs qui doivent être respectées en Suisse.

"Pour nous, le maintien de la paix religieuse dans notre pays est très important. Seul un dialogue réciproque intensif et respectueux permettra d'atteindre cet objectif. Avec notre document, nous ouvrons ce dialogue", a expliqué le Conseiller national Reto Wehrli. La liberté religieuse doit être garantie, mais la Constitution et les lois priment les exigences de la religion. "Celles-ci sont une conviction privée", a relevé la conseillère aux Etats Madeleine Amgwerd.

plus d'info           plus d'info Le document du PDC [pdf 136 ko]

SYRIE

_19 mai, Bruxelles. La présidence autrichienne de l'Union européenne (UE) dénonce une vague d'arrestations "arbitraires" en Syrie - arrestations qui font suite à la publication déclaration commune d'intellectuels syriens et libanais demandant une réforme radicale des relations syro-libanaises.

"L'UE est profondément préoccupée par la récente campagne de harcèlement de défenseurs des droits de l'homme et de militants politiques pacifiques, et plus particulièrement par les arrestations arbitraires et le placement répété en isolement", déclare la présidence dans un communiqué. "L'UE presse les autorités syriennes de réexaminer les cas de tous les prisonniers politiques et de libérer immédiatement tous les prisonniers d'opinion".

[Les autorités syriennes ont procédé à l'arrestation de neuf signataires de la déclaration, dont un militant des droits de l'homme, l'avocat Anouar Bounni, et le journaliste Michel Kilo. La Syrie accuse l'Union européenne d'"ingérence dans les affaires intérieures syriennes".]
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TIMOR-LESTE

_24 mai, Dili. Des combats opposent des soldats loyaux au pouvoir à des militaires déserteurs au Timor-Leste, notamment dans la capitale. Impuissant à rétablir l'ordre après trois jours de violences, les autorités de ce petit Etat d'Asie ont demandé à l'Australie, la Nouvelle-Zélande, le Portugal et la Malaisie de déployer des troupes.

[Le Conseil de sécurité des Nations unies a lancé un appel à "toutes les parties" pour mettre fin à la violence. "Les membres du Conseil de sécurité ont lancé un appel à toutes les parties du Timor-Leste (Timor oriental) afin qu'elles mettent un terme à la violence et qu'elles participent au processus démocratique, en respectant les droits de l'homme et en s'abstenant de toute intimidation".]

TUNISIE

_27 mai, Tunis. La police empêche la Ligue tunisienne des droits de l'homme (LTDH) de tenir son congrès national à Tunis. Au cours d'incidents, devant le siège de la Ligue, plusieurs personnes ont été molestées, notamment la vice-présidente de la LTDH, Souhair Belhassen, et Khadija Cherif, professeur à l'université, qui, relève "Le Monde", ont été giflées et insultées par des policiers".

[La ligue tunisienne - la plus ancienne des organisations de défense des droits de l'homme du monde arabe et d'Afrique - est paralysée par un différend qui oppose, depuis plusieurs années, le comité directeur à une vingtaine d'adhérents.]

_3 avril, Washington. Les Etats-Unis dénoncent le "harcèlement" de l'opposition. Ils "s'inquiètent des récentes informations sur le harcèlement à l'encontre de militants et d'organisations de la société civile en Tunisie, et notamment de la situation de Neila Charchour Hachicha et de sa famille [...] qui a été, à notre avis, visée injustement", déclare, un porte-parole du département d'Etat, avant de citer le cas de l'avocat Mohammed Abbou, emprisonné depuis mars 2005 pour avoir publié sur Internet un article critique à l'égard du président Ben Ali. En grève de la faim depuis le 11 mars, cet avocat de 39 ans est, selon ses proches, dans un état de santé extrêmement préoccupant.

"Tout cela s'ajoute aux difficultés faites aux organisations civiles [...] et aux efforts pour limiter la liberté d'expression des partis de l'opposition légale", ajoute le porte-parole américain, invitant le gouvernement tunisien à prendre "des mesures conformes à ses intentions déclarées de lancer des réformes démocratiques".

TURQUIE

18 mai, Istanbul. Après l'assassinat, le 17 mai, d'un juge du Conseil d'Etat par un avocat islamiste se proclamant "soldat de Dieu", des dizaines de milliers de personnes - militaires, juges, avocats, universitaires et simples citoyens - descendent dans les rues d'Ankara pour défendre la laïcité et accuser le gouvernement "islamo-conservateur" du Parti de la justice et du développement (AKP) de la remettre en question.#

Des milliers de "défenseurs de la laïcité" défilent, portant drapeaux ou portraits d'Atatürk et scandant, selon l'Agence France-Presse (AFP), "les mollahs en Iran" et "maudite soit la charia".

[Le juge du Conseil d'Etat, Mustafa Yücel Bilgi, avait entériné des sanctions administratives contre une directrice d'école primaire coupable de porter le voile islamique sur la route de l'école. Le quotidien islamique "Vakit" avait publié la photo des juges, les désignant implicitement conmme des cibles.

Depuis novembre 2002, le Parti de la justice et du développement (AKP), issu en grande partie de la mouvance islmiste, détient la majorité absolue au Parlement (les 2/3 des sièges). "La menace intégriste atteint un niveau alarmant, avait mis en garde, en avril, le chef de l'Etat, Ahmet Necdet Sezer, juriste et laïc, soulignant notamment le danger de "l'infiltration des cadres islamistes dans l'appareil d'Etat". Son mandat arrive à terme dans un an. Son successeur sera élu par l'Assemblée - et le camp laïque s'inquiète de voir un islamiste occuper un etl poste.

Répondant aux manifestants, le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a promis de conduire le pays "vers un lieu plus sûr pour la démocr