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2006-L'actualité des droits de l'homme dans le monde

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L'actualité des
droits de l'homme


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–––> ET AUSSI...

AFGHANISTAN

_12 septembre, New York. Le chef de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), Antonio Maria Costa, demande une action militaire vigoureuse des forces de l'OTAN pour détruire l'industrie de l'opium dans le sud de l'Afghanistan, qui générera cette année 3 milliards de dollars. ”Dans la région du sud, en proie à des troubles, les efforts de lutte contre l'insurrection et le trafic des stupéfiants doivent se renforcer mutuellement afin de briser le cercle vicieux qui consiste pour les terroristes à trouver leur source de financement dans les drogues, puis à protéger les trafiquants de drogues”, déclare Antonio Maria Costa.

”J'invite les forces de l'OTAN à détruire les laboratoires d'héroïne, à démanteler les bazars à opium, à attaquer les convois d'opium et à traduire en justice les gros trafiquants”, ajoute-t-il.

[La culture de l'opium en Afghanistan a augmenté de 59 % et atteint 165'000 hectares en 2006. La récolte a enregistré un niveau record de 6 100 tonnes d'opium, soit une augmentation de 49 % par rapport à 2005, ce qui fait pratiquement de l'Afghanistan le seul pays à approvisionner le monde.]

_2 septembre, Kaboul. L'opium est le premier employeur de l'Afghanistan, sa plus grande source de capitaux et la base principale de son économie", déclare Antonio Maria Costa, directeur de l'UNODC (Bureau des Nations unies de lutte contre la drogue et le crime). Tandis que les combats entre les forces de l'OTAN et les talibans font des ravages quotidiens - encore quatre soldats canadiens et quelque 200 talibans tués le 3 septembre - le pays est redevenu un narco-Etat comme il l'était il y a bientôt cinq ans sous les talibans, avant la guerre menée par les Etats-Unis et leurs alliés pour les renverser et lutter contre Al-Qaida.

La production d'opium a crû en 2006 de 49 % et les terres cultivées de 59 %. La moitié des terres irriguées ont été plantées de pavots. Avec une récolte de 6'100 tonnes cette année, contre 4'565 tonnes en 1999 sous les talibans, l'Afghanistan représente 92 % de la production mondiale, et la plus grande part de l'héroïne produite à partir de l'opium afghan est vendue en Asie et en Europe.

[Les chiffres avancés par le responsable des Nations unies soulignent l'échec de la communauté internationale sur ce terrain comme sur celui de la sécurité, constate le quotidien "Le Monde", dans son éditorial du 5 septembre 2006. "De grandes parties du territoire, surtout au sud, échappent au contrôle des forces de Kaboul et y cultiver du pavot est plus rentable que tout le reste. Les responsables en sont aussi les talibans, qui encouragent les paysans à en produire pour les mettre dans l'illégalité et, en cas de réaction des autorités, grossir les mécontentements et leurs rangs. Mais l'ONU dénonce aussi la corruption généralisée comme explication majeure".]

_26 juillet, New York. Le Conseil de sécurité des Nations unies se dit préoccupé par la sécurité en Afghanistan au vu de l'activité croissante des talibans. Le Conseil "constate une fois de plus que les problèmes en Afghanistan sont intimement liés" et réaffirme que "les progrès durables réalisés en ce qui concerne la sécurité, la gouvernance, le développement et la question globale de la lutte contre les stupéfiants se renforçaient mutuellement".

[Le représentant spécial de Kofi Annan en Afghanistan, Tom Koenigs, a évoqué la présence d'une véritable insurrection dans le sud du pays, soulignant qu'il faudrait y répondre par des mesures militaires mais aussi politiques. "Nous avons en ce moment une insurrection dans cinq provinces du sud. Il s'agit d'un mouvement qui vise à renverser le gouvernement actuel et à rétablir ce qu'était l'Afghanistan sous les talibans", a-t-il souligné.

"Il y a différents groupes de combattants" rassemblés contre le gouvernement et les forces internationales, "y compris les anciens dirigeants idéologiques du mouvement terroriste taliban, ainsi que des combattants qui traversent la frontière, qui sont de jeunes gens formés dans des madrasas [écoles coraniques] fondamentalistes, qui ont par le passé formé le gros des troupes des talibans", a-t-il ajouté".

ALGERIE

_4 juillet, Alger. Pour la seconde fois en quarante-huit heures, Abdelaziz Bouteflika lance une violente diatribe contre la France, à la veille du 44e anniversaire de l'indépendance de l'Algérie. Il fustige "les discours fallacieux que l'école de l'histoire coloniale tente de propager", visant à écrire "une histoire erronée, faite sur mesure, qui exprimerait ses idées refoulées et son spectre expansionniste" et vante "faussement les bienfaits de la colonisation".#

Reprochant aux Français d'avoir imposé aux Algériens "leur emblème tricolore, leur chant patriotique et leurs ancêtres les Gaulois", de les avoir "exploités" et d'avoir "assassiné leur identité", le président algérien réitère sa demande d'excuses publiques de la part de la France. Un tel geste serait, estime-t-il, "la moindre des choses" venant d'une nation qui a pour devise "liberté, égalité, fraternité".

_2 juillet, Alger. Moins de deux mois après avoir exigé de la France des excuses pour les massacres commis durant la période coloniale (1830-1962), Abdelaziz Bouteflika réitère son souhait d'une "repentance", affirmant que la colonisation francaise avait été une "des formes de colonisation les plus barbares de l'Histoire".

[Lors d'un colloque international à Alger, dont le thème était "Le colonialisme : entre vérité historique et polémique politique", le chef de l'Etat algérien a expliqué que cette "barbarie" était "caractérisée par la destruction et les violations flagrantes des droits naturels et civiques les plus élémentaires du peuple algérien". Utilisant des termes comme "crimes odieux", "pratiques abjectes", "barbarie", "brutalité", il a dénoncé la colonisation de l'Algérie, tout en évoquant, comme une sorte d'exemple à suivre "la repentance de nombreux anciens colonisateurs et leur reconnaissance officielle de leurs crimes contre les peuples colonisés".]

ARGENTINE

_19 septembre, Buenos Aires. Un responsable policier spous la dictature militaire, Miguel Etchecolatz, condamné à la réclusion criminelle à perpéttuité. Il est reconnu coupable d'homicide, détention illégale et torture, ”commis dans le cadre du génocide qui a eu lieu entre 1976 et 1983”.

[C'est la première fois qu'un tribunal argentin qualifiue de ”génocide” les violations des droits de l'homme commises pendant la dictature. Miguel Etchecolatz était le responsable de 21 camps clandestins de détention dans la province de Buenos Aires.]

_4 août, Buenos Aires. L'ancien policier Julio Simon, 65 ans, surnommé "El Turco Julian", condamné à 25 ans de prison pour la disparition d'un couple d'opposants et le vol de leur bébé pendant la dictature en Argentine, entre 1976 et 1983. Le tribunal n'a pas retenu les arguments de la défense qui invoquait un délai de prescription et a souligné l'impossibilité de prescrire les crimes de guerre et les atteintes aux droits de l'homme.

[C'est la première sentence prononcée contre un auteur de crimes de la dictature qui avait bénéficié de lois d'amnistie, annulées en 2003. Julio Simon, qui avait torturé des opposants dans plusieurs centres de détention, avait été arrêté en 2000 à Buenos Aires.]

BELGIQUE

_7 septembre, Bruxelles. Un réseau de militaires néonazis démantelé par les autorités belges. "Ce sont principalement des militaires et des personnes ayant une idéologie d'extrême droite qui, pour certains, s'exprime clairement par le racisme, la xénophobie, le négationnisme, l'antisémitisme et le néonazisme".

[17 suspects ont été arrêtés, parmi lesquels 11 militaires flamands. Le principal suspect a fondé en 2004 une organisation clandestine néonazie baptisée Bloed-Bodem-Eer-Trouw [Sang-Terre-Honneur-Fidélité] qui affirme la suprématie de la race blanche et proclame la haine des juifs.]

CONGO / République démocratique

_21 août, Kinshasa. Les résultats de l'élection présidentielle du 30 juillet donnent 41,8% des voix au président sortant Joseph Kabila et 20,03% à son rival Jean-Pierre Bemba, leader du mouvement de libération du Congo (MLC). La date du second tour a été provisoirement fixée au 29 octobre 2006.

_31 juillet, New York. Kofi Annan salue la bonne tenue des élections présidentielles et législatives, le 30 juillet. "Cet évènement historique est une étape importante du processus de paix dans le pays", affirme-t-il.#

"Ce qui s'est passé dans ce grand pays représente vraiment un moment historique", "un moment d'espoir", déclare, de son côté, a dit le secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Jean-Marie Guéhenno. "Bien sûr, dans un pays qui n'a pas eu d'élections depuis des décennies, il n'était pas possible de tout réussir du premier coup". "Mais ce qui est remarquable est qu'il n'y a pas eu de violences graves, que la plupart des gens qui voulaient voter ont pu le faire, à part les incidents dans les provinces du Kasaï". Il ajoute : "Cette élection a une importance pas seulement pour le pays mais aussi pour tout le continent, et pour toute l'Afrique centrale en particulier".

[25,6 millions d'électeurs votaient pour la présidentielle (deux tours) et les législatives (un tour). 9'707 candidats se présentaient pour les 500sièges de l'Assemblée nationale.

COREE DU NORD

_2 août, Séoul. Au moins dix mille personnes ont été tuées ou portées disparues dans les inondations qui ont ravagé une partie de la Corée du Nord à la mi-juillet, indiqué ”Good Friends”, une organisation sud-coréenne des droits de l'homme considérée comme bien informée sur ce pays. Selon l'Ong, les médias officiels présentent désormais ces inondations comme étant les pires survenues en un siècle en Corée du Nord.

_15 juillet, New York. Le Conseil de sécurité des Nations unies adopte, à l'unanimité, une résolution exigeant que la Corée du Nord suspende ses essais de missiles.

La résolution 1695 "exige que la République populaire démocratique de Corée suspende toutes les activités liées à son programme de missiles balistiques et rétablisse, dans ce contexte, ses engagements antérieurs en faveur d'un moratoire sur les lancements de missiles". Elle "demande à tous les Etats membres de faire preuve de vigilance et d'empêcher les transferts de missiles et de matières, de biens et de technologies liés aux programmes de missiles ou d'armes de destruction massive" de la Corée du Nord.

CUBA

_4 août, Washington. La secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, appelle la communauté internationale à encourager des élections libres à Cuba, dans un message de soutien aux Cubains diffusé sur Radio et Télévision Marti - des médias financés par les Etats-Unis à destination de Cuba, mais qui ne peuvent être captés que difficilement par les Cubains.

"Nous sommes à vos côtés pour garantir vos droits, pour vous exprimer à votre guise, pour penser comme vous le voulez, pour pratiquer votre foi selon votre choix et pour choisir vos dirigeants librement et équitablement, lors d'élections démocratiques", déclare Condoleezza Rice. "Les Etats-Unis encouragent aussi toutes les nations démocratiques à se rassembler et à appeler à la libération des prisonniers politiques, au rétablissement de vos droits fondamentaux, et à une transition qui conduira rapidement à des élections multipartites à Cuba". #

_31 juillet, La Havane. Dans une lettre signée de sa main et lue à la télévision par son secrétaire particulier, Fidel Castro (80 ans, le 13 août), annonce que, immobilisé par une opération chirurgicale "compliquée" (à la suite d'une "crise intestinale aiguë"), il a délègue ”à titre provisoire" ses fonctions de premier secrétaire du Parti communiste, de président du Conseil d'Etat et de chef des forces armées à son frère Raul. Raul Castro, 75 ans, ministre de la défense et officiellement désigné numéro 2 du régime en 1997, est depuis longtemps présenté comme le successeur de Fidel Castro.

ESPAGNE

_28 juillet, Madrid. Le Conseil des ministres approuve un projet de loi visant à réhabiliter la mémoire des victimes de la guerre civile et de la dictature de Francisco Franco. Le texte, essentiellement d'ordre administratif, porte "sur la reconnaissance et l'extension de droits et l'établissement de mesures en faveur des personnes ayant souffert de persécutions ou de violences pendant la guerre civile ou la dictature.

Pour Maria Teresa Fernández, la numéro deux du gouvernement, le projet de loi a été conçu dans un esprit "de concorde et de conciliation", dans le but "d'aider à cicatriser sans rouvrir, à rapprocher sans diviser, pour permettre de refermer, honorablement pour tous, un chapitre tragique de l'histoire" de l'Espagne.

[Le projet de loi demande aux administrations régionales et locales d'aider les familles à "retrouver" les corps de républicains fusillés et enterrés à la hâte dans des fosses communes dont on ne sait pas où elles se trouvent exactement. Quelque 500 cadavres ont pu être retrouvés ces cinq dernières années, mais les associations de victimes évaluent à 30'000 le nombre de corps qui attendraient encore dans les fossés et les champs. Ces "disparus" font partie des quelque 100'000 personnes assassinées, pendant la guerre, par le camp franquiste."Ceux-là ont été fusillés sur place, sommairement, sans le moindre jugement, pour la plupart avant l'été 1937 ou lors de la chute de Madrid ou de Barcelone", explique Julián Casanova, professeur d'histoire contemporaine à l'université de Saragosse.

Cette disposition concerne également les descendants de victimes d'exactions commises par le côté républicain. On estime à 50'000 le nombre de tués par le camp républicain.

Le projet de loi n'envisage pas l'annulation des jugements sommaires prononcés par les tribunaux militaires mis en place, surtout à partir de l'été 1937, par le régime franquiste. "Au total, et encore après la guerre, ils seront à l'origine de 50'000 condamnations à mort exécutées", rappelle Julián Casanova. Ces tribunaux ont aussi envoyé d'innombrables Espagnols aux travaux forcés, dans des camps ou dans des prisons, dans des conditions souvent épouvantables. En outre, "les tribunaux franquistes ont prononcé nombre de confiscations de biens et d'expropriations", précise-t-il. D'après Le Monde]

_9 juillet, Valence. Benoît XVI consacre sa visite en Espagne - à l'occasion des "5e Rencontre mondiale des familles" catholiques - à défendre la famille fondée sur le "mariage indissoluble entre un homme et une femme".

"L'Eglise nous enseigne à respecter et à promouvoir la merveilleuse réalité du mariage indissoluble entre un homme et une femme, qui est aussi l'origine de la famille", déclare le pape dans son homélie. "C'est pourquoi, ajoute-t-il, reconnaître et soutenir cette institution est un des services les plus importants que l'on puisse apporter aujourd'hui au bien commun [...]".#

[Evitant la polémique, Benoît XVI n'a pas évoqué les réformes mises en oeuvre depuis deux ans par le gouvernement du socialiste José Luis Rodriguez Zapatero - réformes légalisant le mariage homosexuel, facilitant le divorce ou supprimant le catéchisme obligatoire à l'école. Le pape a critiqué "la culture actuelle", qui "exacerbe souvent la liberté de l'individu conçu comme sujet autonome, comme s'il se suffisait à lui-même". Il a souligné "le droit et le devoir inaliénable des parents" à transmettre à leurs enfants "un patrimoine d'expériences" issu des générations antérieures, et notamment leur foi religieuse.]

ETATS-UNIS

_11 septembre, Washington. Dans un discours à la Nation, George W. Bush appelle les Américains à surmonter leurs divisions le jour du 5e anniversaire des attentats du 11-Septembre. Le président américain a invoqué la guerre contre le terrorisme pour promettre que les Etats-Unis captureront Oussama Ben Laden, le chef du réseau Al-Qaïda, et pour refuser un retrait d'Irak.

[George Bush a admis que Saddam Hussein n'était pas responsable des attentats du 11-Septembre. Mais "quelles que soient les erreurs qui ont été commises en Irak, la plus grave serait de croire que, si nous retirions [nos militaires], les terroristes nous laisseraient en paix. […] Ils ne nous laisseront pas en paix. Ils nous suivront. La sécurité de l'Amérique dépend de l'issue du combat mené dans les rues de Bagdad".

Le président américain a réaffirmé que l'Irak était l'un des théâtres d'un "combat idéologique décisif de ce XXIe siècle. […] On a appelé ce combat choc des civilisations. En vérité, c'est un combat pour la civilisation. Nous nous battons pour préserver le mode de vie des pays libres".]

_11 septembre, New York [Nations unies]. ”Les attaques du 11 septembre 2001 nous ont atteintes au plus profond de nous, parce qu'elles étaient une attaque contre l'humanité”, déclare Kofi Annan dans un message marquant le 5e anniversaire des attentats contre le World Trade Center qui ont fait près de 3'000 morts à New York.

”Aujourd'hui, nos pensées et nos prières vont aux victimes et à tous ceux qui ont perdu des êtres chers dans cette tragédie. Les Nations unies se souviennent avec les autres New-yorkais de la blessure imposée à cette merveilleuse ville, qui nous accueille si bien depuis plus de cinq décennies” souligne le secrétaire général des Nations unies. ”Nous nous souvenons aussi de toutes les victimes du terrorisme à travers le monde”.

_11 septembre, Atlanta. La chaîne CNN diffuse une vidéo dans laquelle le n°2 d'Al-Qaïda, l'Egyptien Ayman al Zaouahri, annonce que "de nouveaux événements" sont en préparation et invite les musulmans à intensifier leur résistance aux Etats-Unis.

_10 septembre, New York. A la veille de l'anniversaire des attentats du 11-Septembre - qui ont ébranlé le monde et lancé les Etats-Unis dans la "guerre contre le terrorisme" -, George Bush dépose deux gerbes à la mémoire des victimes sur le site de Ground Zero, unique vestige des tours jumelles du World Trade Center.

Plus d'info Dans la presse

["Je jure de ne jamais oublier la leçon de cette journée", a déclaré à la presse le président américain, devant le mémorial érigé à leur mémoire, où il a rendu hommage aux 3'000 victimes des attentats. "Il y a toujours un ennemi qui aimerait nous infliger le même genre de dommage. Demain est donc l'occasion de renouveler notre engagement".

A l'extérieur du site, des dizaines de personnes ont manifesté leur opposition à la politique de George Bush, à qui ils reprochent d'exploiter le thème de la "menace terroriste".]

_10 septembre, Washington. Depuis deux ans, aucun nouvel indice solide n'est parvenu aux Américains pour les aider dans la traque d'Oussama Ben Laden, le chef du réseau terroriste Al-Qaïda, écrit le "Washington Post", citant des responsables américains et pakistanais.

Les équipes américaines à sa recherche n'ont rien reçu de crédible depuis deux ans, affirme le journal soulignant qu'aucune confidence d'informateur, aucune bribe de conversation saisie sur écoutes, aucun repère sur une image satellitaire, n'aide à approcher le chef d'Al-Qaïda.

_8 septembre, Washington. Selon un rapport publié par le Sénat américain, le président irakien Saddam Hussein n'avait pas de relations avec le réseau Al-Qaida d'Oussama Ben Laden.#

"Saddam Hussein n'avait pas confiance en Al-Qaida et considérait les extrémistes islamiques comme des menaces pour son régime, refusant toutes les demandes d'Al-Qaida pour une aide matérielle ou opérationnelle", indique le document de la commission du renseignement du Sénat.

[Le rapport indique surtout que les services de renseignement américains savaient que ces liens n'existaient pas, alors même que les dirigeants politiques, du président George Bush au secrétaire d'Etat Colin Powell, sous-entendaient que le danger était grand de voir l'Irak procurer des armes de destruction massive aux membres d'Al-Qaida.]

_7 septembre, Marietta (Géorgie). La sécurité des Etats-Unis est meilleure depuis les attentats terroristes qui ont frappé New York et Washington le 11 septembre 2001, et les Américains sont en train de gagner la guerre contre le terrorisme en faisant preuve de vigilance, de détermination et de courage, déclare George Bush.

Les Etats-Unis ont "tiré les leçons" des attentats du 11 septembre 2001, souligne le président américain. "Nous avons comblé les lacunes de notre défense que ces attentats avaient révélées. Nous avons pris l'offensive contre nos ennemis et fait d'anciens adversaires des alliés. Nous avons mis en place les institutions nécessaires pour gagner la guerre".

_7 septembre, Qatar. Al-Jazira diffuse une vidéo montrant le chef du réseau terroriste Al-Qaida, Oussama Ben Laden, et deux kamikazes en train de préparer, selon la chaîne satellitaire arabe, les attentats antiaméricains du 11 septembre 2001.

Al-Jazira a affirmé que cette vidéo montre "pour la première fois des dirigeants d'Al-Qaida en train de planifier les attaques du 11-Septembre et de s'entraîner à leur exécution". Sur ces images, deux des kamikazes du 11 septembre 2001, les Saoudiens Hamza El-Ramdi et Wael El-Chehri - quinze des dix-neuf kamikazes étaient de nationalité saoudienne -, évoquent la situation des musulmans notamment en Bosnie et en Tchétchénie.

George Bush_6 septembre, Washington. La guerre contre le terrorisme est une lutte en faveur de la liberté, déclare George Bush lors du discours qu'il a prononcé à la Maison-Blanche le 6 septembre 2006, devant un auditoire composé notamment de hauts fonctionnaires de son gouvernement, de parlementaires et de proches de victimes des attentats du 11 septembre 2001.

Le président américain a admis publiquement, pour la première fois, qu'une centaine d'étrangers soupçonnés de terrorisme ont été détenus en dehors des Etats-Unis par des agents de la CIA. Il a défendu leurs méthodes d'interrogatoire "rudes", mais "légales et nécessaires", considérées comme de la torture par certains pays, assurant qu'elles avaient permis de déjouer plusieurs complots.

Plus d'info Le discours de George Bush

George Bush, qui a annoncé que le cerveau présumé des attentats du 11-Septembre, Cheikh Mohammed, et 13 autres membres d'Al-Qaida, détenus au secret, ont été transférés à Guantanamo pour y être jugés, a déclaré qu'il allait demander au Congrès d'adopter des textes de loi qui autoriseraient des commissions militaires américaines à juger des personnes soupçonnées de terrorisme et qui clarifieraient les règles gouvernant les méthodes d'interrogation des suspects.

_5 septembre, Washington. George Bush défend sa politique antiterroriste et s'en prend violemment à l'Iran. Le président américain, qui estime que "Ben Laden et ses alliés terroristes ont aussi clairement révélé leurs intentions que Lénine et Hitler avant eux", affirme qu'il faut empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire.#

L'extrémisme chiite est "aussi dangereux, aussi hostile à l'Amérique et aussi déterminé à étendre son hégémonie sur le grand Proche-Orient" que l'extrémisme sunnite, souligne-t-il. "Le régime iranien et ses sbires terroristes ont démontré leur volonté de tuer les Américains et le régime iranien cherchent à présent à posséder l'arme nucléaire. [...] Les nations du monde libre ne permettront pas à l'Iran de produire l'arme nucléaire".

_2 septembre. Le n° 2 d'Al-Qaida, Ayman al-Zawahiri, appelle, dans une vidéo diffusée sur un site islamiste, ”tous les Américains et les autres infidèles à embrasser l'islam”. La vidéo invite en particulier le président américain Bush, ”chef des croisés”, ainsi que ”tous les soldats croisés”, à ”renoncer à leur impiété”.

_31 août, Salt Lake City. George Bush inscrit la guerre en Irak, l'Iran et le Liban dans la lutte contre le terrorisme. Pour le président américain, le combat actuel n'est pas seulement un conflit miltaire. Il s'git de la "lutte idéologique décisive du XXIe siècle", d'un combat stratégique du ”monde civilisé” contre "les successeurs des nazis, des fascistes, des communistes et autres totalitaires du XXe siècle".

Plus d'info

_19 août, Washington. George Bush estime que le Proche-Orient se trouve à un "moment charnière de son histoire", entre démocratie et extrémisme. Evoquant le conflit au Liban, le président américain assure que ce conflit fait "partie d'un combat plus vaste qui se livre dans la région entre la liberté et le terrorisme".

EUROPE

_26 septembre, Bruxelles. La Roumanie et la Bulgarie rejoindront l'Union européennen le 1er janvier 2007 - en dépit des réserves exprimées par la Commission européenne, portant notamment sur le respect par ces deux pays de l'Etat de droit, dans le domaine de la justice et de la police.

["Pour s'élargir, il faut d'abord qu'il y ait un minimum de consensus politique" et "il faut que ce soit accepté par les peuples. C'est la raison pour laquelle j'ai décidé qu'à partir des élargissements suivants il y aurait forcément un référendum en France", a déclaré Jacques Chirac, le 28 septembre, à Bucarest. Le chef de l'Etat français a jugé qu'il fallait "un vrai débat sur les principes mêmes de l'élargissement au sein de l'Union européenne".]

FRANCE

_30 septembre, Erevan. Jacques Chirac lie l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne (UE) à sa reconnaissance du génocide arménien de 1915. "Faut-il que la Turquie reconnaisse le génocide arménien pour entrer dans l'Union ? Honnêtement, je le crois", déclare le président français lors d'un déplacement en Arménie.

Jacques Chirac a souligné l'importance du travail de mémoire, dans le contexte européen, en dressant un parallèle avec l'Allemagne. "Tout pays se grandit en reconnaissant ses drames et ses erreurs, souligne-t-il. Peut-on dire que l'Allemagne, qui a profondément reconnu la Shoah, a perdu son crédit ? Elle s'est grandie. On pourrait le dire pour la France, dans d'autres circonstances, et pour beaucoup d'autres pays".

Soulignant que l'Europe est ”un ensemble qui revendique l'appartenance à une même société, et la croyance en de mêmes valeurs”, le président français a estimé que ”la Turquie serait bien inspirée, au regard de son histoire, de sa tradition profonde et de sa culture, qui est aussi une culture humaniste, d'en tirer les conséquences” si elle veut rejoindre l'Union européenne.

_26 septembre, Lyon. L'association féministe lyonnaise Regards de femmes s'oppose à la venue de Hani Ramadan à Lyon pour donner des cours en "sciences islamiques" au sein d'un centre de formation fondé par l'Union des Jeunes musulmans (UJM). L'association féministe a transmis au ministre de l'intérieur, Nicolas Sarközy, une pétition, signée par cent personnes, parmi lesquelles les anciennes ministres Yvette Roudy et Corinne Lepage, pour demander son interdiction d'entrée en France.

plus d'info La pétition lyonnaise [pdf 352 ko]

[Frère aîné de Tariq Ramadan, petit-fils du fondateur des Frères musulmans égyptiens Hassan al-Banna, Hani Ramadan dirige le Centre islamique de Genève. Selon l'association, les propos de Hani Ramadan "légitiment les violences envers les femmes et diffusent l'homophobie". L'association demande "l'interdiction d'entrée sur le territoire ou l'expulsion des "savants en religion" qui transmettent l'idéologie totalitaire de la shari'a".]

_5 septembre, Paris. Le Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN) et le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP) demandent "le retrait pur et simple" de l'édition 2007 du dictionnaire le "Petit Robert" pour sa définition des mots "colonisation" et "coloniser".

Dans un communiqué, le CRAN estime que les définitions données par le dictionnaire "cautionnent et justifient la colonisation"; il rappelle ”que les idéaux républicains sont en tous points éloignés de ceux de la colonisation".

["Si l'on compare le Petit Robert avec d'autres dictionnaires comme le ”Larousse”, affirme Mouloud Aounit, secrétaire général du MRAP, on n'a jamais eu ce type de définition subjective qui introduit la notion de valeur". A ses yeux, la définition du Larousse est "technique et ne prête pas à polémique" comparée à celle du Petit Robert, pour qui la colonisation est "la mise en valeur, exploitation de pays devenus colonies".

COLONISATION. 1 : Le fait de peupler de colons, de transformer en colonie. La colonisation de l'Amérique, puis de l'Afrique, par l'Europe. 2 : Mise en valeur, exploitation des pays devenus colonies.
COLONISER. 1 : Peupler de colons. 2 : Faire de (un pays) une colonie. Coloniser un pays pour le mettre en valeur, en exploiter les richesses.]

_20 juillet, Paris. Le Conseil constitutionnel valide la loi sur l'immigration et l'intégration adoptée le 30 juin 2006 par le Parlement, n'y apportant qu'une réserve d'interprétation. Dans l'esprit de son instigateur, le ministre de l'intérieur Nicolas Sarkozy, la loi vise à substituer une "immigration choisie" à l'"immigration subie". Elle renforce les dispositifs de lutte contre l'immigration clandestine et restreint l'immigration familiale légale.

Des députés et sénateurs de l'opposition avaient, dans un recours, contesté l'article de la loi abrogeant le dispositif de régularisation de plein droit après dix années de séjour, estimant que cette abrogation portait atteinte au principe de la dignité humaine.#

Grief qu'a rejeté le Conseil : "Aucun principe [ni] aucune règle de valeur constitutionnelle n'assure aux étrangers des droits de caractère général et absolu d'accès et de séjour sur le territoire national. Seules des exigences constitutionnelles particulières telles que le droit d'asile ou le droit de mener une vie familiale normale peuvent faire obstacle au pouvoir du législateur de revoir dans un sens plus restrictif le droit du séjour des étrangers", font valoir les juges. Or, selon eux, la loi déférée ne remet pas en cause de telles exigences.

[Par ailleurs, les juges ne remettent pas en cause le refus opposé à une demande de regroupement familial si le demandeur ne respecte pas les "principes fondamentaux reconnus par la loi". Certes, précisent-ils, cette expression est "malheureuse", "inappropriée pour la matière en cause". Mais, elle "doit être entendue comme renvoyant aux principes républicains régissant la vie familiale normale en France : monogamie, égalité de l'homme et de la femme, respect de l'intégrité physique de l'épouse et des enfants, respect de la liberté du mariage, assiduité scolaire, respect des différences ethniques et religieuses, acceptation de la règle selon laquelle la France est une République laïque...".]

_5 juillet, Pyongyang. La Corée du Nord a procédé, dans la nuit du 4 au 5 juillet, à des tirs d'essai de six missiles balistiques, dont un de longue portée capable, en théorie, d'atteindre le territoire américain, en Alaska ou à Hawaï.

[Le président américain George Bush a qualifié ces tirs à répétition de "défi au monde". Les Etats-Unis considèrent que les tirs constituent une provocation, mais "non une menace directe" pour eux.]

IRAN

_3 septembre, Téhéran. En déplacement en Iran, lors de sa tournée au Proche-Orient, Kofi Annan dit son ”inquiétude” concernant une exposition de caricatures de l'Holocauste, censée répondre à la controverse suscitée par la publication, dans la presse européenne, de caricatures de Mahomet, critiquées à l'époque par le secrétaire général des Nations unies.

La tragédie de l'Holocauste” est un fait historique ”incontestable”, rappelle Kofi Annan, qui, en novembre 2005, avait annulé un voyage à Téhéran, après un appel du président iranien Mahmoud Ahmadinejad à ”rayer de la carte” Israël.

_31 août, Vienne. L'Iran n'a pas renoncé à l'enrichissement d'uranium à la date butoir du 31 août fixée par les Nations unies pour une suspension de ces activités, a constaté l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), dans un rapport demandé par le Conseil de sécurité au directeur de l'AIEA, Mohamed El Baradei.

Le rapport indique que l'Iran a repris ses activités d'enrichissement d'uranium à l'approche de cette date butoir. Toutefois, il n'y a "pas de preuves" que le programme nucléaire de l'Iran soit de nature militaire. Selon la résolution 1696 du Conseil de sécurité, l'Iran est passible de sanctions internationales.

["Tout le monde doit savoir que le peuple iranien ne cèdera pas d'un pouce face à l'intimidation et n'acceptera pas d'être privé de ses droits", a déclaré le président iranien Mahmoud Ahmadinejad dans un discours diffusé par la télévision. "Les puissances de l'oppression ne veulent pas le progrès de l'Iran, mais je leur dis que le peuple iranien, dont les jeunes scientifiques ont réussi, les mains vides, et sans votre aide, à atteindre les sommets de la technologie nucléaire, pourra également développer l'Iran", a-t-il ajouté.]#

_30 août, Téhéran. L'écrivain irano-canadien Ramin Jahanbeglou libéré sous caution après quatre mois de détention pour complot contre le régime. Dans une interview publiée par l'agence Isan, il dit avoir "agi contre la sécurité nationale" après avoir été "manipulé" par les Américains.

[Diplômé de la Sorbonne et de Harvard, l'écrivain, qui a écrit plus de 20 ouvrages en anglais, en français et en persan, dont un livre d'entretiens avec le philosophe George Steiner, avait notamment souligné l'importance de la reconnaissance de l'Holocauste.]

_28 août, Téhéran. L'Iran va organiser, le 11 décembre 2006, une conférence internationale sur l'Holocauste des juifs durant la Seconde Guerre mondiale, à l'occasion de la Journée mondiale des droits de l'homme, rapportent les journaux iraniens. La conférence, intitulée "Etude sur l'Holocauste : perspective mondiale", est organisée par le Centre des études politiques et internationales du ministère des Affaires étrangères.

Les thèmes retenus sont : "les raisons de l'antisémitisme en Europe", "l'Holocauste du point de vue des documents historiques", "l'Holocauste, les lois et les médias", et enfin "l'Holocauste et le sionisme".

[Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a mis en doute, à plusieurs reprises, la réalité de l'Holocauste. Qualifiant Israël de "tumeur", il a accusé les Européens d'avoir utilisé le "mythe" de l'Holocauste pour créer Israël. A la mi-août, le quotidien iranien "Hamshahri" et la Maison de la caricature de l'Iran ont organisé à Téhéran une exposition de caricatures sur l'holocauste

Par ailleurs, l'Iran a publié la lettre envoyée en juillet 2006 par Mahmoud Ahmadinejad à la chancelière allemande Angela Merkel, dans laquelle il juge que l'Holocauste a été utilisé comme "prétexte" pour embarrasser l'Allemagne, et, qu'en "plus des Allemands, les peuples du Proche Orient et l'humanité toute entière souffrent de l'instrumentalisation de l'Holocauste".

Les critiques visant Israël contenues dans cette lettre sont "complètement inacceptables", avait déclaré Angela Merkel. "L'existence d'Israël appartient pour nous à la raison d'Etat".]

_5 août, Téhéran. La justice iranienne juge "illégale" l'activité du groupe de défense des droits de l'homme de l'avocate iranienne et prix Nobel de la paix Shirin Ebadi. "Comme le groupe qui s'appelle le Centre des défenseurs des droits de l'homme n'a pas obtenu de permis du ministère de l'Intérieur, ses activités sont illégales et ceux qui violent cette décision seront poursuivis", indique un communiqué du ministère.

[Shirin Ebadi a protesté, en se référant à la Constitution : "les organisations non-gouvernementales qui observent la loi et ne troublent pas l'ordre public n'ont pas besoin de permis. Ainsi [...] le Centre n'a pas besoin d'autorisation" pour fonctionner, a-t-elle répliqué.

Le Centre a été créé par six avocats de renom et est dirigé par la lauréate du prix Nobel. L'un des membres du Centre, l'avocat Abdolfattah Soltani, accusé de propagation d'informations confidentielles et d'opposition au régime, a été condamné à cinq ans de prison.]

_31 juillet, New York. Le Conseil de sécurité des Nations unies adopte une résolution dans laquelle il donne un mois à l'Iran, soit jusqu'au 31 août, pour cesser ses activités d'enrichissement d'uranium. Si ce délai n'est pas respecté, les Nations unies envisageront des sanctions.

La résolution, numérotée 1696, a été adoptée par 14 voix contre une, celle du Qatar. Dans ce texte, le Conseil "exige que l'Iran suspende toute activité d'enrichissement et de retraitement, y compris la recherche et le développement, ce qui doit être vérifié par l'AIEA" (Agence internationale de l'énergie atomique). Elle annonce également l'intention du Conseil, au cas où l'Iran n'appliquerait pas la résolution, "d'adopter des mesures appropriées en vertu de l'article 41 du chapitre VII de la Charte des Nations unies pour persuader l'Iran de se conformer à la résolution".#

["La résolution du Conseil de sécurité est inacceptable et oriente le climat dans une direction qui ne profitera à personne", a déclaré Kazem Jalali, porte-parole de la Commission des Affaires étrangères du Parlement. "Les Américains doivent être certains que l'Iran n'acceptera pas un jeu dans lequel il sera perdant. S'il devait y avoir un perdant, ce sera ceux qui auront éloigné le dossier nucléaire iranien du processus de dialogue", a-t-il ajouté.]

_8 juillet, Téhéran. "Le problème fondamental du monde musulman est l'existence du régime sioniste" qui " doit être éliminé", déclare Mahmoud Ahmadinejad, lors de la conférence des ministres des affaires étrangères des pays voisins de l'Irak.

Concernant la bande de Gaza, le président iranien estime que la communauté internationale se doit de "mettre fin aux crimes commis" par le "régime usurpateur" israélien. Il met en garde contre "la colère grandissante des peuples musulmans, qui risque de déboucher sur une gigantesque explosion". Celle-ci, prévient-il, "débordera les frontières régionales, et ceux qui, aujourd'hui, ne veulent pas entendre les cris des Palestiniens et soutiennent aveuglément [Israël] devront alors en assumer les conséquences".

_4 juillet, Téhéran. L'avocate et prix Nobel de la paix, Shirin Ebadi, proteste contre les violations des droits de l'homme et le manque de liberté d'expression en Iran. "Les gens n'ont pas besoin d'obtenir une autorisation pour une manifestation pacifique ne contestant pas les principes islamiques", déclare-t-elle, condamnant la dispersion brutale, par la police, d'une manifestation de femmes, le 12 juin à Téhéran.

"Le si grand nombre de prisonniers politiques est une tâche noire sur l'Iran", ajoute-t-elle, évoquant la détention de l'ex-député Ali-Akbar Moussav, qui avait participé à la manifestation, ainsi que celle de l'intellectuel Ramin Jahanbegloo, accusé par le gouvernement de préparer une "révolution de velours" en Iran.

KOSOVO

_15 août, New York. L'ambassadeur allemand Joachim Rücker nommé Chef de la Mission d'administration intérimaire des Nations unies au Kosovo (MINUK), à partir du 1er septembre 2006. Il remplacera le Danois Søren Jessen-Petersen, qui a achevé sa mission en juillet.

MEXIQUE

_5 septembre, Mexico. Le Tribunal fédéral électoral du Mexique confirme la victoire du conservateur Felipe Calderon à l'élection présidentielle du 2 juillet. Le scrutin est déclaré valide et le candidat conservateur l'emporte avec 35,89 % des suffrages contre 35,33 % au candidat de gauche, Andres Manuel Lopez Obrador, soit une avance de 0,56 % des voix.

[La décision du Tribunal électoral, qui a rejeté les allégations de fraude, met un terme à deux mois d'incertitude, au cours desquels l'instance électorale suprême a examiné la centaine de plaintes déposées et procédé au recomptage de 9 % des voix.]

NATIONS UNIES

_15 septembre, La Havane. Prenant la parole au 14e sommet du Mouvement des pays non alignés, Kofi Annan insiste sur "la responsabilité d'explorer des façons de mieux coopérer, de forger des positions cohésives et flexibles qui permettront au Sud de mieux participer au sein de la communauté internationale".#

[Le secrétaire général des Nations unies a aussi enjoint les pays présents à respecter leurs obligations envers leur population nationale, de "la lutte contre l'extrême pauvreté à la diffusion du VIH/sida au chômage des jeunes". Il faut aussi "mettre fin à la répression des groupes d'opposition et des médias", "prendre des mesures contre la corruption" et "protéger l'environnement", a dit Kofi Annan, qui a rappelé que dans de nombreux pays développés émergeait "une société civile pleine de vie, une participation forte à la vie publique et une presse active".]

OUGANDA

_26 août, Kampala. Un acord de cessation des hostilités est signé à Juba (Soudan) entre le gouvernement ougandais et les rebelles de l'Armée de résistance du seigneur (Lord's Resistance Army, LRA).

[Cet accord devrait mettre fin à une guerre civile qui dure depuis vingt ans et a fait des dizaines de milliers de morts et 2 millions de déplacés.]

POLOGNE

_3 août, Bruxelles. L'Union européenne (UE) met en garde le gouvernement polonais qui envisage de rouvrir le débat sur la peine de mort. "Accepter d'entrer dans la logique d'un débat, c'est déjà céder sur l'essentiel", déclare au quotidien "Le Monde", le commissaire européen au développement, Louis Michel. Il juge "inappropriée, dangereuse et inconvenante" l'initiative polonaise.

Le 4 août, le président polonais Lech Kaczynski avait annoncé qu'il lançait une campagne pour le rétablissement de la peine de mort dans l'Union européenne. "Les pays qui renoncent à cette peine accordent un avantage inimaginable au criminel par rapport à sa victime, l'avantage de la vie sur la mort", a-t-il dit. "Nous devons discuter de ce sujet en Europe. Je pense qu'avec le temps, l'Europe changera d'opinion là-dessus". La peine de mort a été abolie en 1997 en Pologne, laquelle a adhéré à l'UE lors de l'élargissement de 2004.

Le porte-parole du président polonais a évoqué un "malentendu", en affirmant que le président Kaczynski est "un partisan idéologique de la peine de mort", mais est "parfaitement conscient des engagements qui découlent de l'appartenance" à l'Union.

[ L'Union européenne a fait de l'abolition de la peine de mort une obligation pour ceux qui souhaitent la rejoindre. Le traité de Maastricht précise que l'Union "respecte les droits fondamentaux, tels qu'ils sont garantis par la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, signée, à Rome, le 4 novembre 1950, et tels qu'ils résultent des traditions constitutionnelles communes aux Etats membres, en tant que principes généraux du droit communautaire".

Depuis l'adoption du protocole n° 6 en 1983, la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme proclame : "La peine de mort est abolie. Nul ne peut être condamné à une telle peine ni exécuté." La Charte des droits fondamentaux de l'Union, adoptée en 2000, affirme que "toute personne a droit à la vie" et que "nul ne peut être condamné à la peine de mort ni exécuté".]#

SOMALIE

_21 juillet, Mogadiscio. Le chef des islamistes somaliens, cheikh Dahir Aweys, appelle les Somaliens à la ”guerre sainte” contre l'Ethiopie voisine, qui soutient le gouvernement de transition. Le chef du Conseil suprême islamique de Somalie (SICS) accuse l'armée éthiopienne d'avoir ”envahi” la Somalie et de ”s'ingérer” dans les affaires de son pays.

[Des habitants de Baïdao (250 km au nord-ouest de Mogadiscio) ont fait état de l'arrivée de troupes éthiopiennes dans cette ville où siège le gouvernement de transition.]

_5 juillet, Mogadiscio. "Celui qui n'accomplira pas ses prières sera considéré comme un infidèle et la charia [la loi coranique] ordonne que cette personne soit tuée", déclare le Sheikh Abdalla Ali, membre fondateur du Conseil suprême islamique de Somalie (SICS), selon un correspondant de l'Afp "La charia ordonne le meurtre de tout musulman s'il manque à son devoir de prières".

[La religion musulmane prévoit l'accomplissement de cinq prières quotidiennes.]

SOUDAN

_31 août, New York. En dépit de l'opposition du Soudan, le Conseil de sécurité des Nations unies approuve le déploiement de 17'000 casques bleus au sud du Soudan, afin de relayer la force de l'Union africaine (UA). Douze pays ont voté en faveur de la résolution 1706, proposée par les Américains et les Britanniques, et trois se sont abstenus : la Chine, la Russie et le Qatar.

L'ambassadeur américain John Bolton a souligné qu'il aurait été "préférable d'avoir l'unanimité" des quinze membres du Conseil de sécurité. Mais il est plus "important d'avancer rapidement et d'adopter cette résolution [...] afin de mettre un terme au génocide au Soudan", a-t-il ajouté. Le conflit du Darfour a fait 300'000 morts et deux millions de déplacés.

[Le gouverneur du Darfour du Nord, Osmane Youssef Kibir, a rejeté la résolution du Conseil. "La résolution manque de légitimité et de crédibilité. [Elle] est basée sur la supposition que la sécurité est en train de se dégrader au Darfour. C'est une supposition erronée, puisque la sécurité s'est améliorée et prévaut dans toute la région", a-t-il assuré. Pour le conseiller présidentiel Majzoub Al-Khalifa Ahmed, la résolution est "totalement inacceptable" et pourrait "inciter à la sédition".]

SUISSE

_24 septembre, Berne. Les Suisses votent à une très large majorité (67,8% et 68% des suffrages) en faveur d'un durcissement de l'immigration et du droit d'asile.

[La nouvelle loi sur le droit d'asile prévoit le rejet sans examen des demandes des personnes dépourvues de papiers d'identité. La loi supprime aussi l'aide sociale en faveur des déboutés du droit d'asile et la remplace par une simple "aide d'urgence". Les autorités pourront aussi détenir des déboutés "récalcitrants" du droit d'asile pendant 18 mois au lieu de 9 actuellement.

La loi sur l'immigration ne permet plus la venue en Suisse d'étrangers non-européens qui ne seraient pas recrutés pour un poste de travail précis.

Sur ses 7,3 millions d'habitants, la Suisse compte plus de 21% d'étrangers. Le pays a reçu en 2005 près de 19'000 demandes d'asile, soit le chiffre le plus bas depuis près de 20 ans.

"La Suisse a adopté l'une des législations les plus restrictives en Europe et d'autres pays pourraient suivre", s'est inquiété le porte-parole du Haut commissariat pour les réfugiés (HCR), William Spindler. La loi sur l'immigration est "démodée", a estimé Jean-Philippe Chauzy, porte-parole de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Pour lui, "la distinction opérée dans la nouvelle loi sur les étrangers entre Européens et non-Européens est artificielle dans une économie globalisée". Les réprésentants des Eglises protestantes, catholiques et israélites se sont joints aux critiques sur les nouvelles lois.]

_1er septembre, Berne. La Commission fédérale contre le racisme (CFR) s'inquiète de l'islamophobie ambiante. Elle appelle la population, l'économie et les autorités à la tolérance et à l'égalité de traitement, notamment pour la construction d'édifices religieux et à l'école. La situation politique mondiale a fait des musulmans de Suisse "les nouveaux boucs émissaires dans le débat public", selon la CFR, qui dénonce le "rabâchage constant" sur leur prétendu manque d'intégration ou l'amalgame entre foulard islamique et extrémisme.#

La discrimination en raison de la confession musulmane "est un fait". Elle touche les musulmans - plus de 340'000 personnes originaires de plus de 100 pays - davantage que d'autres minorités, releve la vice-présidente de la commission Boël Sambuc. Alors que seuls 15% se disent pratiquants, l'aspect religieux domine dans le débat, déplore-t-elle.

Plus d'info Le rapport de la CFR [pdf 411 kb]    Plus d'info Résumé [pdf 98 kb]

[La Commission est favorable à la création de chaires d'enseignement des sciences religieuses islamiques dans les universités publiques. De manière générale, la scolarité doit être adaptée à la réalité multireligieuse, ce qui peut toucher l'organisation de l'école, l'enseignement, les programmes, les moyens didactiques et la conception des disciplines. Les règlements sur les cimetières, eux, doivent être modifiés de sorte que les musulmans puissent être enterrés selon leurs rites dans les cimetières publics.]

_14 août, Berne. Quelque 700 artistes signent un manifeste contre la nouvelle loi sur l'asile, soumise à votation le 24 septembre 2006. Ils jugent le durcissement prévu par la révision, "inhumain" et "indigne de la Suisse". Parmi les signataires romands de ce texte figurent l'acteur Jean-Luc Bideau, le cinéaste Jean-Stéphane Bron, les chanteurs-comédiens Michel Bühler et Yvette Théraulaz. Marthe Keller, Pipilotti Rist, Sina, Hugo Loetscher ou encore les clowns Dimitri et Gardi Hutter, pour les plus connus, se sont aussi joints au mouvement.

Le manifeste relève l'"incohérence" de la Suisse, qui s'engage pour la création d'un nouveau Conseil des droits de l'homme aux Nations unies tout en envisageant d'abolir les droits de l'homme à ses frontières. Il est accompagné d'un texte de l'écrivain alémanique Guy Krneta baptisé "Non-entrée en matière". C'est le sort qu'il faut réserver à la nouvelle loi si on ne veut pas que le droit d'asile devienne une injustice, plaide l'écrivain.

_1er août, Genève. Dans une allocution consacrée à la place de la Suisse dans le monde, la ministre suisse des affaires étrangères, Micheline Calmy-Rey, rappelle le rôle que le pays peut et doit jouer sur la scène internationale, en tant que dépositaire des Conventions de Genève et berceau de la Croix-Rouge.

Evoquant la crise au Proche-Orient, la ministre souligne que la Suisse, dans ses démarches auprès des principaux acteurs concernés, a agi "en plein respect de sa tradition et de ses convictions profondes". "Certains voudraient qu'au nom de la neutralité, la Suisse s'abstienne de prendre position sur le respect du droit humanitaire. Je leur dis que celui qui se tait lorsque des civils innocents sont la cible d'actions militaires indiscriminées ou qui ne s'insurge pas contre la terreur n'est pas neutre, il consent. Se taire dans ce contexte signifie prendre parti."

_1er Août, Berne. Le ministre suisse des sports, Samuel Schmid, appelle, dans son discours du 1er Août à Lenzbourg (Argovie), à résister à l'antisémitisme latent et à l'extrémisme. Les choses doivent être appelées par leur nom: chacun doit prendre ses responsabilités, déclare-t-il. "Nous devons nous lever et dire non à l'antisémitisme latent, aux néonazis, aux extrémistes de gauche dont la violence et les excès menacent la paix sociale".#

SYRIE

_7 juillet, Damas. "Les autorités syriennes ont libéré treize prisonniers islamistes, membres des Frères musulmans (interdits), incarcérés depuis 1981-1983", annonce le président de l'Organisation syrienne des droits de l'Homme, Mohannad al-Hassani, sans préciser leur date exacte de libération. "Nous considérons ces libérations [...] comme un signe positif et une étape vers l'élargissement de tous les détenus politiques", assure-t-il.

[En outre, Mohannad al-Hassani a indiqué que Souheir Atassi (présidente du Forum Atassi pour le dialogue démocratique), Samar Labouani (épouse de l'opposant emprisonné Kamal Labouani), l'ancien député Riad Seif, le docteur Walid al-Bounni et l'ingénieur Fawaz Tello avaient été informés qu'ils ne pouvaient pas quitter le territoire syrien.]

TCHAD

_1er juillet, Banjul. Le Sénégal va juger l'ex-président tchadien Hissène Habré, dont la Belgique réclame l'extradition pour crimes contre l'humanité, annonce le président sénégalais Abdoulaye Wade lors du sommet de l'Union africaine (UA) à Banjul.

["Cette décision [de l'Union africaine] exprime clairement notre volonté d'instaurer l'impunité zéro. C'est extrêmement important sur un continent où cela n'a pas été le cas pendant longtemps, a déclaré Alpha Oumar Konaré, président de la Commission de l'UA, au "Monde" Je souhaiterais que notre décision constitue un tournant. Mais, pour qu'elle garde sa crédibilité, il faut que le procès ait lieu dans les meilleurs délais et qu'à chaque étape l'opinion publique africaine et internationale soit tenue informée.

"Le choix d'un procès au Sénégal a été rendu possible par la conjugaison de trois facteurs : le processus en cours pour asseoir la bonne gouvernance en Afrique, le poids de l'opinion publique internationale et la vigilance de la société civile africaine". "Le Monde", 8 juillet 2006.

Louise Arbour, haut-commissaire des nations unies aux droits de l'homme, a salué ce "signal fort contre l'impunité". Sidiki Kaba, président de la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH) s'est "réjoui", de cette décisiontout en proclamant sa "vigilance". "Il est urgent, commente-t-il, que le Sénégal montre que sa volonté politique coïncide avec les exigences du droit international.

Hissen Habré Réfugié au Sénégal, Hissen Habré a été inculpé par un tribunal belge pour crimes contre l'humanité, crimes de guerre et actes de torture, sur plainte de trois Belges d'origine tchadienne pour des atrocités commises lorsqu'il était au pouvoir de 1982 à 1990. En huit ans de règne, de 1982 à 1990, écrit "Le Monde", l'ancien chef de l'Etat tchadien"avait traqué ées oppopsants et les complots, réels et imaginaires, et N'Djamena était devenue la capitale des centre de détention et des "chambres de torture", où sont passés, comme l'a établi une commission d'enquête nationale, "plus de 40'000 victimes [tuées], plus de 80'000 orphelins, plus de 30'000 veuves et plus de 200'000 personnes se trouvant, du fait de cette répression, sans soutien moral et matériel". "Le Monde", 2-3 juillet 2006.] #

THAILANDE

_25 septembre, Genève. Louise Arbour demanade aux militaires responsables du coup d'Etat du 19 septembre de rétablir les libertés fondamentales et les institutions de protection des droits de l'homme. S'adressant au Conseil pour la réforme de la démocratie sous une monarchie constitutionnelle (CDRM), la haut commissiare des Nations unies aux droits de l'homme rappelle que ”la déposition forcée et inconstitutionnelle du gouvernement thaïlandais librement élu, le 19 septembre, l'établissement de la loi martiale, l'abolition de la Constitution de 1997, la dissolution du parlement et du Cabinet ainsi que le démantèlement de la Cour constitutionnelle, soulèvent d'importantes préoccupations en matière de droits de l'homme”.

Louise Arbour relève que ”les divers décrets adoptés par le CDRM restreignent un certain nombre de droits, notamment la liberté de rassemblement, la liberté d'opinion et d'expression, le droit à la protection contre les arrestations et détentions arbitraires”.

_22 septembre, Bangkok. Les auteurs du coup d'Etat officiellement investis dans leurs fonctions à la tête du pays, conformément à un décret royal, lors d'une cérémonie diffusée par la télévision.

[Un décret royal a nommé le général Sonthi à la tête de l'exécutif intérimaire, baptisé "Conseil pour la réforme démocratique sous la monarchie constitutionnelle".]

_20 septembre, Bangkok. Une junte militaire, dirigée par le chef de l'armée, le général Sonthi, renverse le Premier ministre Thaksin Shinawatra [en déplacement aux Nations unies] et prend le pouvoir. Le général Sonthi Boonyaratkalin décrète la loi martiale et revendique le soutien du roi Bhumibol Aduyadej.

[Le général Sonthi a justifié son action estimant que le Premier ministre, qui avait accédé au pouvoir en janvier 2001, avait non seulement "insulté le roi" à plusieurs reprises, mais qu'il avait également "provoqué un clivage sans précédant dans la société" et généré "une corruption répandue et du népotisme".

En février 2005, le Premier ministre avait été reconduit à la tête du gouvernement après une nouvelle victoire de son parti, Thaï Rak Thaï (TRT) lors des élections législatives. Le 2 avril 2006, M. Thaksin avait revendiqué la victoire à des élections qu'il avait convoquées de manière anticipée pour tenter de désamorcer un mouvement populaire, à Bangkok, exigeant sa démission. Le 9 mai, La Cour constitutionnelle avait invalidé le scrutin du 2 avril au motif qu'il était entaché de fraudes.]

TURQUIE

_28 septembre, Ankara. De sa prison, où il purge une peine d'emprisonnement à vie depuis sa condamnation en 1999 pour "séparatisme" et "trahison", le chef rebelle kurde Abdullah Öcalan appelle le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) à un nouveau cessez-le-feu. Le PKK avait déjà par le passé décrété quatre trêves que l'armée turque a toujours refusées.

[Pour Abdullah Öcalan, cette nouvelle trêve unilatérale devrait être considérée par les autorités turques comme une occasion de réconciliation entre les peuples turc et kurde. "A ce stade, l'effusion de sang doit s'arrêter et une nouvelle chance doit être donnée à la paix".]

_3 septembre, Ankara. L'explosion d'une bombe fait deux morts - un civil et un policier - et une dizaine de blessés dans un café de la province de Van, dans le sud-est de la Turquie. L'attentat est attribué par les autorités aux séparatistes kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK),

[Le pays est secoué à la fin du mois d'août par une série d'attentats, qui ont fait jusqu'à présent cinq morts et plusieurs dizaines de blessés, et ont visé des stations balnéaires, dans l'est et le sud-est de la Turquie - attentats revendiqués par un groupe séparatiste kurde proche du PKK, les Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK),

Le PKK est considéré comme une organisation terroriste par la Turquie, l'Union européenne et les Etats-Unis. Depuis le début de la rébellion armée du PKK en 1984, le conflit kurde en Turquie a fait plus de 37'000 morts.]

VATICAN

_13 août, Rome. Dans un entretien accordé - un mois avant son voyage en Bavière (du 9 au 14 septembre) - à trois télévisions allemandes, Benoît XVI exprime son anxiété devant le recul de la foi chrétienne en Europe, face à la "polyphonie" des cultures et des religions.

La pape convient qu'il est "difficile de croire en Dieu", à cause de "la vague drastique de sécularisation et de laïcisme". C'est particulièrement vrai pour l'Occident, qui se trouve menacé dans son identité : "L'Occident est fortement touché par d'autres cultures, où l'élément religieux est très marqué, et qui sont horrifiées par la froideur qu'elles constatent en Occident à l'égard de Dieu".

[Benoît XVI ne désigne pas l'islam, ni les spiritualités orientales, mais le décryptage est aisé, commente Henri Tincq dans le quotidien "Le Monde". Il cherche à se rassurer en constatant un « retour » du religieux chez les jeunes qui expriment "le besoin de quelque chose de plus grand" que la société matérielle. Il y a donc une chance à saisir, observe-t-il : l'Eglise doit changer la forme de son discours et mettre l'accent sur la "formation" plutôt que sur la norme morale.]
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–––> ET AUSSI... <–––––––––––––––––––––––––

_COMMERCE

_29 septembre, Genève. Les experts de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) ont donné tort à l'Union européenne (UE) sur les organismes génétiquement modifiés. Le moratoire sur les OGM, décrété entre 1998 et 2003, ainsi que certaines mesures de sauvegarde sur des produits spécifiques, prises par plusieurs Etats de l'UE - l'Autriche, la France, l'Allemagne, la Grèce, le Luxembourg - sont contraires aux règles de l'OMC, indique le rapport d'un groupe de trois experts présidé par le Suisse Christian Häberli.

[Dans une première réaction, Greenpeace a regretté que l'OMC n'ait pas retenu le principe de précaution. L'analyse de l'OMC prouve seulement que l'organisation place les intérêts commerciaux au-dessus de toute autre préoccupation et n'est pas qualifiée pour traiter de questions scientifiques et environnementales complexes, affirme Greenpeace.]

_DROITS DE L'ENFANT

_24 juillet, New York. Enfants et conflits armés : la représentante spéciale de Kofi Annan pour les enfants et les conflits armés, Radhika Coomaraswamy, appelle le Conseil de sécurité des Nations uniesà prendre des sanctions contre les responsables de violations contre les enfants.

"En dépit de résultats concrets dans des pays tels que la République démocratique du Congo, la Sierra Leone et le Burundi, les violations se poursuivent", souligne-t-elle. "Plus de 250 000 enfants continuent à être enrôlés de force comme soldats dans le monde entier; les enlèvements d'enfants se multiplient; et depuis 2003, entre 8'000 et 10'000 enfants ont été tués ou mutilés par des mines terrestres".

[La résolution 1612 adoptée en 2005 par le Conseil de sécurité constitue "un tournant pour la protection des enfants, grâce à la mise en place d'un mécanisme de surveillance et de rapport qui permet de signaler les violations graves perpétrées contre ceux-ci", a rappelé Radhika Coomaraswamyplus d'info La résolution [pdf 50 ko]

_INERNET

_6 juillet, Strasbourg. Le Parlement européen dénonce les entreprises collaborant au système de censure organisé sur internet dans certains pays comme la Chine ou le Vietnam. Dans une résolution, les députés indiquent que 15 pays (Arabie Saoudite, Belarus, Chine, Corée du nord, Cuba, Iran, Libye, Maldives, Birmanie, Népal, Ouzbékistan, Syrie, Tunisie, Turkménistan et Vietnam) peuvent être ”considérés comme des ennemis de la liberté d'expression en ligne”.

Les députés relèvent notamment que ”des entreprises comme Yahoo, Google ou Microsoft sont d'accord pour censurer leurs services en suivant des instructions données par le gouvernement chinois et que d'autres entreprises, comme Secure Computing et Fortinet, fournissent aux gouvernements de Tunisie et de Birmanie les moyens de censurer l'Internet”.

_RELIGIONS

_5 juillet, Moscou. Environ 150 dirigeants d'Eglises, dignitaires musulmans, juifs, bouddhistes, hindouistes et shintoïstes, originaires d'une cinquantaine de pays, ont participé, du 2 au 5 juillet, à un "sommet" interreligieux à l'initiative du patriarche Alexis II de Moscou, chef de l'Eglise orthodoxe de Russie. La rencontre s'est achevée par la publication d'une déclaration condamnant le terrorisme et l'extrémisme, qui sera remise aux chefs d'Etat du G8 de Saint-Pétersbourg à la mi-juillet.

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