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L'actualité des droits de l'homme 2006 |
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[Le représentant spécial de Kofi Annan en Afghanistan,
Tom Koenigs, a évoqué la présence
d'une véritable insurrection dans le sud du pays, soulignant
qu'il faudrait y répondre par des mesures militaires mais
aussi politiques. "Nous avons en ce moment une insurrection
dans cinq provinces du sud. Il s'agit d'un mouvement qui vise
à renverser le gouvernement actuel et à rétablir
ce qu'était l'Afghanistan sous les talibans", a-t-il
souligné. ALGERIE_4 juillet, Alger. Pour la seconde fois en quarante-huit heures, Abdelaziz Bouteflika lance une violente diatribe contre la France, à la veille du 44e anniversaire de l'indépendance de l'Algérie. Il fustige "les discours fallacieux que l'école de l'histoire coloniale tente de propager", visant à écrire "une histoire erronée, faite sur mesure, qui exprimerait ses idées refoulées et son spectre expansionniste" et vante "faussement les bienfaits de la colonisation". Reprochant aux Français d'avoir imposé aux Algériens "leur emblème tricolore, leur chant patriotique et leurs ancêtres les Gaulois", de les avoir "exploités" et d'avoir "assassiné leur identité", le président algérien réitère sa demande d'excuses publiques de la part de la France. Un tel geste serait, estime-t-il, "la moindre des choses" venant d'une nation qui a pour devise "liberté, égalité, fraternité". _2 juillet, Alger. Moins de deux mois après avoir exigé de la France des excuses pour les massacres commis durant la période coloniale (1830-1962), Abdelaziz Bouteflika réitère son souhait d'une "repentance", affirmant que la colonisation francaise avait été une "des formes de colonisation les plus barbares de l'Histoire". [Lors d'un colloque international à Alger, dont le thème était "Le colonialisme : entre vérité historique et polémique politique", le chef de l'Etat algérien a expliqué que cette "barbarie" était "caractérisée par la destruction et les violations flagrantes des droits naturels et civiques les plus élémentaires du peuple algérien". Utilisant des termes comme "crimes odieux", "pratiques abjectes", "barbarie", "brutalité", il a dénoncé la colonisation de l'Algérie, tout en évoquant, comme une sorte d'exemple à suivre "la repentance de nombreux anciens colonisateurs et leur reconnaissance officielle de leurs crimes contre les peuples colonisés".] ARGENTINE_19 septembre, Buenos Aires. Un responsable policier spous la dictature militaire, Miguel Etchecolatz, condamné à la réclusion criminelle à perpéttuité. Il est reconnu coupable d'homicide, détention illégale et torture, commis dans le cadre du génocide qui a eu lieu entre 1976 et 1983. [C'est la première fois qu'un tribunal argentin qualifiue de génocide les violations des droits de l'homme commises pendant la dictature. Miguel Etchecolatz était le responsable de 21 camps clandestins de détention dans la province de Buenos Aires.] _4 août, Buenos Aires. L'ancien policier Julio Simon, 65 ans, surnommé "El Turco Julian", condamné à 25 ans de prison pour la disparition d'un couple d'opposants et le vol de leur bébé pendant la dictature en Argentine, entre 1976 et 1983. Le tribunal n'a pas retenu les arguments de la défense qui invoquait un délai de prescription et a souligné l'impossibilité de prescrire les crimes de guerre et les atteintes aux droits de l'homme. [C'est la première sentence prononcée contre un auteur de crimes de la dictature qui avait bénéficié de lois d'amnistie, annulées en 2003. Julio Simon, qui avait torturé des opposants dans plusieurs centres de détention, avait été arrêté en 2000 à Buenos Aires.] BELGIQUE_7 septembre, Bruxelles. Un réseau de militaires néonazis démantelé par les autorités belges. "Ce sont principalement des militaires et des personnes ayant une idéologie d'extrême droite qui, pour certains, s'exprime clairement par le racisme, la xénophobie, le négationnisme, l'antisémitisme et le néonazisme". [17 suspects ont été arrêtés, parmi lesquels 11 militaires flamands. Le principal suspect a fondé en 2004 une organisation clandestine néonazie baptisée Bloed-Bodem-Eer-Trouw [Sang-Terre-Honneur-Fidélité] qui affirme la suprématie de la race blanche et proclame la haine des juifs.] CONGO / République démocratique_21 août, Kinshasa. Les résultats de l'élection présidentielle du 30 juillet donnent 41,8% des voix au président sortant Joseph Kabila et 20,03% à son rival Jean-Pierre Bemba, leader du mouvement de libération du Congo (MLC). La date du second tour a été provisoirement fixée au 29 octobre 2006.
"Ce qui s'est passé dans ce grand pays représente vraiment un moment historique", "un moment d'espoir", déclare, de son côté, a dit le secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Jean-Marie Guéhenno. "Bien sûr, dans un pays qui n'a pas eu d'élections depuis des décennies, il n'était pas possible de tout réussir du premier coup". "Mais ce qui est remarquable est qu'il n'y a pas eu de violences graves, que la plupart des gens qui voulaient voter ont pu le faire, à part les incidents dans les provinces du Kasaï". Il ajoute : "Cette élection a une importance pas seulement pour le pays mais aussi pour tout le continent, et pour toute l'Afrique centrale en particulier". [25,6 millions d'électeurs votaient pour la présidentielle (deux tours) et les législatives (un tour). 9'707 candidats se présentaient pour les 500sièges de l'Assemblée nationale. COREE DU NORD_2 août, Séoul. Au moins dix mille personnes ont été tuées ou portées disparues dans les inondations qui ont ravagé une partie de la Corée du Nord à la mi-juillet, indiqué Good Friends, une organisation sud-coréenne des droits de l'homme considérée comme bien informée sur ce pays. Selon l'Ong, les médias officiels présentent désormais ces inondations comme étant les pires survenues en un siècle en Corée du Nord. _15 juillet, New York. Le Conseil de sécurité des Nations unies adopte, à l'unanimité, une résolution exigeant que la Corée du Nord suspende ses essais de missiles. La résolution 1695 "exige que la République populaire démocratique de Corée suspende toutes les activités liées à son programme de missiles balistiques et rétablisse, dans ce contexte, ses engagements antérieurs en faveur d'un moratoire sur les lancements de missiles". Elle "demande à tous les Etats membres de faire preuve de vigilance et d'empêcher les transferts de missiles et de matières, de biens et de technologies liés aux programmes de missiles ou d'armes de destruction massive" de la Corée du Nord. CUBA_4 août, Washington. La secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, appelle la communauté internationale à encourager des élections libres à Cuba, dans un message de soutien aux Cubains diffusé sur Radio et Télévision Marti - des médias financés par les Etats-Unis à destination de Cuba, mais qui ne peuvent être captés que difficilement par les Cubains. "Nous sommes à vos côtés pour garantir
vos droits, pour vous exprimer à votre guise, pour
penser comme vous le voulez, pour pratiquer votre foi selon votre
choix et pour choisir vos dirigeants librement et équitablement,
lors d'élections démocratiques", déclare
Condoleezza Rice. "Les Etats-Unis encouragent aussi toutes
les nations démocratiques à se rassembler et à
appeler à la libération des prisonniers politiques,
au rétablissement de vos droits fondamentaux, et à
une transition qui conduira rapidement à des élections
multipartites à Cuba".
_31 juillet, La Havane. Dans une lettre signée de sa main et lue à la télévision par son secrétaire particulier, Fidel Castro (80 ans, le 13 août), annonce que, immobilisé par une opération chirurgicale "compliquée" (à la suite d'une "crise intestinale aiguë"), il a délègue à titre provisoire" ses fonctions de premier secrétaire du Parti communiste, de président du Conseil d'Etat et de chef des forces armées à son frère Raul. Raul Castro, 75 ans, ministre de la défense et officiellement désigné numéro 2 du régime en 1997, est depuis longtemps présenté comme le successeur de Fidel Castro. ESPAGNE_28 juillet, Madrid. Le Conseil des ministres approuve un projet de loi visant à réhabiliter la mémoire des victimes de la guerre civile et de la dictature de Francisco Franco. Le texte, essentiellement d'ordre administratif, porte "sur la reconnaissance et l'extension de droits et l'établissement de mesures en faveur des personnes ayant souffert de persécutions ou de violences pendant la guerre civile ou la dictature. Pour Maria Teresa Fernández, la numéro deux du gouvernement, le projet de loi a été conçu dans un esprit "de concorde et de conciliation", dans le but "d'aider à cicatriser sans rouvrir, à rapprocher sans diviser, pour permettre de refermer, honorablement pour tous, un chapitre tragique de l'histoire" de l'Espagne.
_9 juillet, Valence. Benoît XVI consacre sa visite en Espagne - à l'occasion des "5e Rencontre mondiale des familles" catholiques - à défendre la famille fondée sur le "mariage indissoluble entre un homme et une femme". "L'Eglise nous enseigne à respecter et à promouvoir la merveilleuse réalité du mariage indissoluble entre un homme et une femme, qui est aussi l'origine de la famille", déclare le pape dans son homélie. "C'est pourquoi, ajoute-t-il, reconnaître et soutenir cette institution est un des services les plus importants que l'on puisse apporter aujourd'hui au bien commun [...]".
ETATS-UNIS_11 septembre, Washington. Dans un discours à la Nation, George W. Bush appelle les Américains à surmonter leurs divisions le jour du 5e anniversaire des attentats du 11-Septembre. Le président américain a invoqué la guerre contre le terrorisme pour promettre que les Etats-Unis captureront Oussama Ben Laden, le chef du réseau Al-Qaïda, et pour refuser un retrait d'Irak.
_11 septembre, New York [Nations unies]. Les attaques du 11 septembre 2001 nous ont atteintes au plus profond de nous, parce qu'elles étaient une attaque contre l'humanité, déclare Kofi Annan dans un message marquant le 5e anniversaire des attentats contre le World Trade Center qui ont fait près de 3'000 morts à New York. Aujourd'hui, nos pensées et nos prières vont aux victimes et à tous ceux qui ont perdu des êtres chers dans cette tragédie. Les Nations unies se souviennent avec les autres New-yorkais de la blessure imposée à cette merveilleuse ville, qui nous accueille si bien depuis plus de cinq décennies souligne le secrétaire général des Nations unies. Nous nous souvenons aussi de toutes les victimes du terrorisme à travers le monde.
_10 septembre, New York. A la veille de l'anniversaire des attentats du 11-Septembre - qui ont ébranlé le monde et lancé les Etats-Unis dans la "guerre contre le terrorisme" -, George Bush dépose deux gerbes à la mémoire des victimes sur le site de Ground Zero, unique vestige des tours jumelles du World Trade Center.
Les équipes américaines à sa recherche n'ont rien reçu de crédible depuis deux ans, affirme le journal soulignant qu'aucune confidence d'informateur, aucune bribe de conversation saisie sur écoutes, aucun repère sur une image satellitaire, n'aide à approcher le chef d'Al-Qaïda. _8 septembre, Washington. Selon un rapport publié par le Sénat américain, le président irakien Saddam Hussein n'avait pas de relations avec le réseau Al-Qaida d'Oussama Ben Laden. "Saddam Hussein n'avait pas confiance en Al-Qaida et considérait les extrémistes islamiques comme des menaces pour son régime, refusant toutes les demandes d'Al-Qaida pour une aide matérielle ou opérationnelle", indique le document de la commission du renseignement du Sénat. [Le rapport indique surtout que les services de renseignement américains savaient que ces liens n'existaient pas, alors même que les dirigeants politiques, du président George Bush au secrétaire d'Etat Colin Powell, sous-entendaient que le danger était grand de voir l'Irak procurer des armes de destruction massive aux membres d'Al-Qaida.] _7 septembre, Marietta (Géorgie). La sécurité des Etats-Unis est meilleure depuis les attentats terroristes qui ont frappé New York et Washington le 11 septembre 2001, et les Américains sont en train de gagner la guerre contre le terrorisme en faisant preuve de vigilance, de détermination et de courage, déclare George Bush. Les Etats-Unis ont "tiré les leçons" des attentats du 11 septembre 2001, souligne le président américain. "Nous avons comblé les lacunes de notre défense que ces attentats avaient révélées. Nous avons pris l'offensive contre nos ennemis et fait d'anciens adversaires des alliés. Nous avons mis en place les institutions nécessaires pour gagner la guerre". _7 septembre, Qatar. Al-Jazira diffuse une vidéo montrant le chef du réseau terroriste Al-Qaida, Oussama Ben Laden, et deux kamikazes en train de préparer, selon la chaîne satellitaire arabe, les attentats antiaméricains du 11 septembre 2001.
Le président américain a admis publiquement, pour la première fois, qu'une centaine d'étrangers soupçonnés de terrorisme ont été détenus en dehors des Etats-Unis par des agents de la CIA. Il a défendu leurs méthodes d'interrogatoire "rudes", mais "légales et nécessaires", considérées comme de la torture par certains pays, assurant qu'elles avaient permis de déjouer plusieurs complots. George Bush, qui a annoncé que le cerveau présumé
des attentats du 11-Septembre, Cheikh Mohammed, et 13 autres
membres d'Al-Qaida, détenus au secret, ont été
transférés à Guantanamo pour y être
jugés, a déclaré qu'il allait demander au
Congrès d'adopter des textes de loi qui autoriseraient
des commissions militaires américaines à juger des
personnes soupçonnées de terrorisme et qui clarifieraient
les règles gouvernant les méthodes d'interrogation
des suspects. _5 septembre, Washington. George Bush défend
sa politique antiterroriste et s'en prend violemment à
l'Iran. Le président américain, qui estime
que "Ben Laden et ses alliés terroristes ont aussi
clairement révélé leurs intentions que Lénine
et Hitler avant eux", affirme qu'il faut empêcher
l'Iran de se doter de l'arme nucléaire. L'extrémisme chiite est "aussi dangereux, aussi hostile à l'Amérique et aussi déterminé à étendre son hégémonie sur le grand Proche-Orient" que l'extrémisme sunnite, souligne-t-il. "Le régime iranien et ses sbires terroristes ont démontré leur volonté de tuer les Américains et le régime iranien cherchent à présent à posséder l'arme nucléaire. [...] Les nations du monde libre ne permettront pas à l'Iran de produire l'arme nucléaire". _2 septembre. Le n° 2 d'Al-Qaida, Ayman al-Zawahiri, appelle, dans une vidéo diffusée sur un site islamiste, tous les Américains et les autres infidèles à embrasser l'islam. La vidéo invite en particulier le président américain Bush, chef des croisés, ainsi que tous les soldats croisés, à renoncer à leur impiété. _31 août, Salt Lake City. George Bush inscrit la guerre en Irak, l'Iran et le Liban dans la lutte contre le terrorisme. Pour le président américain, le combat actuel n'est pas seulement un conflit miltaire. Il s'git de la "lutte idéologique décisive du XXIe siècle", d'un combat stratégique du monde civilisé contre "les successeurs des nazis, des fascistes, des communistes et autres totalitaires du XXe siècle". _19 août, Washington. George Bush estime que le Proche-Orient se trouve à un "moment charnière de son histoire", entre démocratie et extrémisme. Evoquant le conflit au Liban, le président américain assure que ce conflit fait "partie d'un combat plus vaste qui se livre dans la région entre la liberté et le terrorisme". EUROPE_26 septembre, Bruxelles. La Roumanie et la Bulgarie rejoindront l'Union européennen le 1er janvier 2007 - en dépit des réserves exprimées par la Commission européenne, portant notamment sur le respect par ces deux pays de l'Etat de droit, dans le domaine de la justice et de la police. ["Pour s'élargir, il faut d'abord qu'il y ait un minimum de consensus politique" et "il faut que ce soit accepté par les peuples. C'est la raison pour laquelle j'ai décidé qu'à partir des élargissements suivants il y aurait forcément un référendum en France", a déclaré Jacques Chirac, le 28 septembre, à Bucarest. Le chef de l'Etat français a jugé qu'il fallait "un vrai débat sur les principes mêmes de l'élargissement au sein de l'Union européenne".] FRANCE_30 septembre, Erevan. Jacques Chirac lie l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne (UE) à sa reconnaissance du génocide arménien de 1915. "Faut-il que la Turquie reconnaisse le génocide arménien pour entrer dans l'Union ? Honnêtement, je le crois", déclare le président français lors d'un déplacement en Arménie.
Soulignant que l'Europe est un ensemble qui revendique l'appartenance à une même société, et la croyance en de mêmes valeurs, le président français a estimé que la Turquie serait bien inspirée, au regard de son histoire, de sa tradition profonde et de sa culture, qui est aussi une culture humaniste, d'en tirer les conséquences si elle veut rejoindre l'Union européenne. _26 septembre, Lyon. L'association féministe lyonnaise Regards de femmes s'oppose à la venue de Hani Ramadan à Lyon pour donner des cours en "sciences islamiques" au sein d'un centre de formation fondé par l'Union des Jeunes musulmans (UJM). L'association féministe a transmis au ministre de l'intérieur, Nicolas Sarközy, une pétition, signée par cent personnes, parmi lesquelles les anciennes ministres Yvette Roudy et Corinne Lepage, pour demander son interdiction d'entrée en France.
[Frère aîné de Tariq Ramadan, petit-fils du fondateur des Frères musulmans égyptiens Hassan al-Banna, Hani Ramadan dirige le Centre islamique de Genève. Selon l'association, les propos de Hani Ramadan "légitiment les violences envers les femmes et diffusent l'homophobie". L'association demande "l'interdiction d'entrée sur le territoire ou l'expulsion des "savants en religion" qui transmettent l'idéologie totalitaire de la shari'a".] _5 septembre, Paris. Le Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN) et le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP) demandent "le retrait pur et simple" de l'édition 2007 du dictionnaire le "Petit Robert" pour sa définition des mots "colonisation" et "coloniser". Dans un communiqué, le CRAN estime que les définitions données par le dictionnaire "cautionnent et justifient la colonisation"; il rappelle que les idéaux républicains sont en tous points éloignés de ceux de la colonisation". ["Si l'on compare le Petit Robert avec d'autres dictionnaires comme le Larousse, affirme Mouloud Aounit, secrétaire général du MRAP, on n'a jamais eu ce type de définition subjective qui introduit la notion de valeur". A ses yeux, la définition du Larousse est "technique et ne prête pas à polémique" comparée à celle du Petit Robert, pour qui la colonisation est "la mise en valeur, exploitation de pays devenus colonies". _20 juillet, Paris. Le Conseil constitutionnel valide la loi sur l'immigration et l'intégration adoptée le 30 juin 2006 par le Parlement, n'y apportant qu'une réserve d'interprétation. Dans l'esprit de son instigateur, le ministre de l'intérieur Nicolas Sarkozy, la loi vise à substituer une "immigration choisie" à l'"immigration subie". Elle renforce les dispositifs de lutte contre l'immigration clandestine et restreint l'immigration familiale légale. Des députés et sénateurs de l'opposition
avaient, dans un recours, contesté l'article de
la loi abrogeant le dispositif de régularisation de plein
droit après dix années de séjour, estimant
que cette abrogation portait atteinte au principe de la dignité
humaine. Grief qu'a rejeté le Conseil : "Aucun principe [ni] aucune règle de valeur constitutionnelle n'assure aux étrangers des droits de caractère général et absolu d'accès et de séjour sur le territoire national. Seules des exigences constitutionnelles particulières telles que le droit d'asile ou le droit de mener une vie familiale normale peuvent faire obstacle au pouvoir du législateur de revoir dans un sens plus restrictif le droit du séjour des étrangers", font valoir les juges. Or, selon eux, la loi déférée ne remet pas en cause de telles exigences. [Par ailleurs, les juges ne remettent pas en cause le refus opposé à une demande de regroupement familial si le demandeur ne respecte pas les "principes fondamentaux reconnus par la loi". Certes, précisent-ils, cette expression est "malheureuse", "inappropriée pour la matière en cause". Mais, elle "doit être entendue comme renvoyant aux principes républicains régissant la vie familiale normale en France : monogamie, égalité de l'homme et de la femme, respect de l'intégrité physique de l'épouse et des enfants, respect de la liberté du mariage, assiduité scolaire, respect des différences ethniques et religieuses, acceptation de la règle selon laquelle la France est une République laïque...".] _5 juillet, Pyongyang. La Corée du Nord a procédé, dans la nuit du 4 au 5 juillet, à des tirs d'essai de six missiles balistiques, dont un de longue portée capable, en théorie, d'atteindre le territoire américain, en Alaska ou à Hawaï. [Le président américain George Bush a qualifié ces tirs à répétition de "défi au monde". Les Etats-Unis considèrent que les tirs constituent une provocation, mais "non une menace directe" pour eux.] IRAN_3 septembre, Téhéran. En déplacement en Iran, lors de sa tournée au Proche-Orient, Kofi Annan dit son inquiétude concernant une exposition de caricatures de l'Holocauste, censée répondre à la controverse suscitée par la publication, dans la presse européenne, de caricatures de Mahomet, critiquées à l'époque par le secrétaire général des Nations unies. La tragédie de l'Holocauste est un fait historique incontestable, rappelle Kofi Annan, qui, en novembre 2005, avait annulé un voyage à Téhéran, après un appel du président iranien Mahmoud Ahmadinejad à rayer de la carte Israël. _31 août, Vienne. L'Iran n'a pas renoncé à l'enrichissement d'uranium à la date butoir du 31 août fixée par les Nations unies pour une suspension de ces activités, a constaté l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), dans un rapport demandé par le Conseil de sécurité au directeur de l'AIEA, Mohamed El Baradei. Le rapport indique que l'Iran a repris ses activités d'enrichissement d'uranium à l'approche de cette date butoir. Toutefois, il n'y a "pas de preuves" que le programme nucléaire de l'Iran soit de nature militaire. Selon la résolution 1696 du Conseil de sécurité, l'Iran est passible de sanctions internationales. ["Tout le monde doit savoir que le peuple iranien ne
cèdera pas d'un pouce face à l'intimidation
et n'acceptera pas d'être privé de ses droits",
a déclaré le président iranien Mahmoud
Ahmadinejad dans un discours diffusé par la télévision.
"Les puissances de l'oppression ne veulent pas le progrès
de l'Iran, mais je leur dis que le peuple iranien, dont les jeunes
scientifiques ont réussi, les mains vides, et sans votre
aide, à atteindre les sommets de la technologie nucléaire,
pourra également développer l'Iran", a-t-il
ajouté.] _30 août, Téhéran. L'écrivain irano-canadien Ramin Jahanbeglou libéré sous caution après quatre mois de détention pour complot contre le régime. Dans une interview publiée par l'agence Isan, il dit avoir "agi contre la sécurité nationale" après avoir été "manipulé" par les Américains. [Diplômé de la Sorbonne et de Harvard, l'écrivain, qui a écrit plus de 20 ouvrages en anglais, en français et en persan, dont un livre d'entretiens avec le philosophe George Steiner, avait notamment souligné l'importance de la reconnaissance de l'Holocauste.] _28 août, Téhéran. L'Iran va organiser, le 11 décembre 2006, une conférence internationale sur l'Holocauste des juifs durant la Seconde Guerre mondiale, à l'occasion de la Journée mondiale des droits de l'homme, rapportent les journaux iraniens. La conférence, intitulée "Etude sur l'Holocauste : perspective mondiale", est organisée par le Centre des études politiques et internationales du ministère des Affaires étrangères. Les thèmes retenus sont : "les raisons de l'antisémitisme en Europe", "l'Holocauste du point de vue des documents historiques", "l'Holocauste, les lois et les médias", et enfin "l'Holocauste et le sionisme". [Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a mis
en doute, à plusieurs reprises, la réalité
de l'Holocauste. Qualifiant Israël de "tumeur",
il a accusé les Européens d'avoir utilisé
le "mythe" de l'Holocauste pour créer Israël.
A la mi-août, le quotidien iranien "Hamshahri"
et la Maison de la caricature de l'Iran ont organisé à
Téhéran une exposition de caricatures sur l'holocauste
_5 août, Téhéran. La justice iranienne juge "illégale" l'activité du groupe de défense des droits de l'homme de l'avocate iranienne et prix Nobel de la paix Shirin Ebadi. "Comme le groupe qui s'appelle le Centre des défenseurs des droits de l'homme n'a pas obtenu de permis du ministère de l'Intérieur, ses activités sont illégales et ceux qui violent cette décision seront poursuivis", indique un communiqué du ministère. [Shirin Ebadi a protesté, en se référant
à la Constitution : "les organisations non-gouvernementales
qui observent la loi et ne troublent pas l'ordre public n'ont
pas besoin de permis. Ainsi [...] le Centre n'a pas besoin d'autorisation"
pour fonctionner, a-t-elle répliqué. _31 juillet, New York. Le Conseil de sécurité des Nations unies adopte une résolution dans laquelle il donne un mois à l'Iran, soit jusqu'au 31 août, pour cesser ses activités d'enrichissement d'uranium. Si ce délai n'est pas respecté, les Nations unies envisageront des sanctions. La résolution, numérotée 1696,
a été adoptée par 14 voix contre une, celle
du Qatar. Dans ce texte, le Conseil "exige que l'Iran suspende
toute activité d'enrichissement et de retraitement, y compris
la recherche et le développement, ce qui doit être
vérifié par l'AIEA" (Agence internationale
de l'énergie atomique). Elle annonce également l'intention
du Conseil, au cas où l'Iran n'appliquerait pas la résolution,
"d'adopter des mesures appropriées en vertu de l'article
41 du chapitre VII de la Charte des Nations unies pour persuader
l'Iran de se conformer à la résolution". ["La résolution du Conseil de sécurité est inacceptable et oriente le climat dans une direction qui ne profitera à personne", a déclaré Kazem Jalali, porte-parole de la Commission des Affaires étrangères du Parlement. "Les Américains doivent être certains que l'Iran n'acceptera pas un jeu dans lequel il sera perdant. S'il devait y avoir un perdant, ce sera ceux qui auront éloigné le dossier nucléaire iranien du processus de dialogue", a-t-il ajouté.] _8 juillet, Téhéran. "Le problème fondamental du monde musulman est l'existence du régime sioniste" qui " doit être éliminé", déclare Mahmoud Ahmadinejad, lors de la conférence des ministres des affaires étrangères des pays voisins de l'Irak. Concernant la bande de Gaza, le président iranien estime que la communauté internationale se doit de "mettre fin aux crimes commis" par le "régime usurpateur" israélien. Il met en garde contre "la colère grandissante des peuples musulmans, qui risque de déboucher sur une gigantesque explosion". Celle-ci, prévient-il, "débordera les frontières régionales, et ceux qui, aujourd'hui, ne veulent pas entendre les cris des Palestiniens et soutiennent aveuglément [Israël] devront alors en assumer les conséquences". _4 juillet, Téhéran. L'avocate et prix Nobel de la paix, Shirin Ebadi, proteste contre les violations des droits de l'homme et le manque de liberté d'expression en Iran. "Les gens n'ont pas besoin d'obtenir une autorisation pour une manifestation pacifique ne contestant pas les principes islamiques", déclare-t-elle, condamnant la dispersion brutale, par la police, d'une manifestation de femmes, le 12 juin à Téhéran. "Le si grand nombre de prisonniers politiques est une tâche noire sur l'Iran", ajoute-t-elle, évoquant la détention de l'ex-député Ali-Akbar Moussav, qui avait participé à la manifestation, ainsi que celle de l'intellectuel Ramin Jahanbegloo, accusé par le gouvernement de préparer une "révolution de velours" en Iran. KOSOVO_15 août, New York. L'ambassadeur allemand Joachim Rücker nommé Chef de la Mission d'administration intérimaire des Nations unies au Kosovo (MINUK), à partir du 1er septembre 2006. Il remplacera le Danois Søren Jessen-Petersen, qui a achevé sa mission en juillet. MEXIQUE_5 septembre, Mexico. Le Tribunal fédéral électoral du Mexique confirme la victoire du conservateur Felipe Calderon à l'élection présidentielle du 2 juillet. Le scrutin est déclaré valide et le candidat conservateur l'emporte avec 35,89 % des suffrages contre 35,33 % au candidat de gauche, Andres Manuel Lopez Obrador, soit une avance de 0,56 % des voix. [La décision du Tribunal électoral, qui a rejeté les allégations de fraude, met un terme à deux mois d'incertitude, au cours desquels l'instance électorale suprême a examiné la centaine de plaintes déposées et procédé au recomptage de 9 % des voix.] NATIONS UNIES_15 septembre, La Havane. Prenant la parole au 14e sommet
du Mouvement des pays non alignés, Kofi Annan
insiste sur "la responsabilité d'explorer des façons
de mieux coopérer, de forger des positions cohésives
et flexibles qui permettront au Sud de mieux participer au sein
de la communauté internationale". [Le secrétaire général des Nations unies a aussi enjoint les pays présents à respecter leurs obligations envers leur population nationale, de "la lutte contre l'extrême pauvreté à la diffusion du VIH/sida au chômage des jeunes". Il faut aussi "mettre fin à la répression des groupes d'opposition et des médias", "prendre des mesures contre la corruption" et "protéger l'environnement", a dit Kofi Annan, qui a rappelé que dans de nombreux pays développés émergeait "une société civile pleine de vie, une participation forte à la vie publique et une presse active".] OUGANDA_26 août, Kampala. Un acord de cessation des hostilités est signé à Juba (Soudan) entre le gouvernement ougandais et les rebelles de l'Armée de résistance du seigneur (Lord's Resistance Army, LRA). [Cet accord devrait mettre fin à une guerre civile qui dure depuis vingt ans et a fait des dizaines de milliers de morts et 2 millions de déplacés.] POLOGNE_3 août, Bruxelles. L'Union européenne (UE) met en garde le gouvernement polonais qui envisage de rouvrir le débat sur la peine de mort. "Accepter d'entrer dans la logique d'un débat, c'est déjà céder sur l'essentiel", déclare au quotidien "Le Monde", le commissaire européen au développement, Louis Michel. Il juge "inappropriée, dangereuse et inconvenante" l'initiative polonaise. Le 4 août, le président polonais Lech Kaczynski avait annoncé qu'il lançait une campagne pour le rétablissement de la peine de mort dans l'Union européenne. "Les pays qui renoncent à cette peine accordent un avantage inimaginable au criminel par rapport à sa victime, l'avantage de la vie sur la mort", a-t-il dit. "Nous devons discuter de ce sujet en Europe. Je pense qu'avec le temps, l'Europe changera d'opinion là-dessus". La peine de mort a été abolie en 1997 en Pologne, laquelle a adhéré à l'UE lors de l'élargissement de 2004. Le porte-parole du président polonais a évoqué un "malentendu", en affirmant que le président Kaczynski est "un partisan idéologique de la peine de mort", mais est "parfaitement conscient des engagements qui découlent de l'appartenance" à l'Union. [ SOMALIE_21 juillet, Mogadiscio. Le chef des islamistes somaliens, cheikh Dahir Aweys, appelle les Somaliens à la guerre sainte contre l'Ethiopie voisine, qui soutient le gouvernement de transition. Le chef du Conseil suprême islamique de Somalie (SICS) accuse l'armée éthiopienne d'avoir envahi la Somalie et de s'ingérer dans les affaires de son pays. [Des habitants de Baïdao (250 km au nord-ouest de Mogadiscio) ont fait état de l'arrivée de troupes éthiopiennes dans cette ville où siège le gouvernement de transition.] _5 juillet, Mogadiscio. "Celui qui n'accomplira pas ses prières sera considéré comme un infidèle et la charia [la loi coranique] ordonne que cette personne soit tuée", déclare le Sheikh Abdalla Ali, membre fondateur du Conseil suprême islamique de Somalie (SICS), selon un correspondant de l'Afp "La charia ordonne le meurtre de tout musulman s'il manque à son devoir de prières". [La religion musulmane prévoit l'accomplissement de cinq prières quotidiennes.] SOUDAN_31 août, New York. En dépit de l'opposition du Soudan, le Conseil de sécurité des Nations unies approuve le déploiement de 17'000 casques bleus au sud du Soudan, afin de relayer la force de l'Union africaine (UA). Douze pays ont voté en faveur de la résolution 1706, proposée par les Américains et les Britanniques, et trois se sont abstenus : la Chine, la Russie et le Qatar. L'ambassadeur américain John Bolton a souligné qu'il aurait été "préférable d'avoir l'unanimité" des quinze membres du Conseil de sécurité. Mais il est plus "important d'avancer rapidement et d'adopter cette résolution [...] afin de mettre un terme au génocide au Soudan", a-t-il ajouté. Le conflit du Darfour a fait 300'000 morts et deux millions de déplacés. [Le gouverneur du Darfour du Nord, Osmane Youssef Kibir, a rejeté la résolution du Conseil. "La résolution manque de légitimité et de crédibilité. [Elle] est basée sur la supposition que la sécurité est en train de se dégrader au Darfour. C'est une supposition erronée, puisque la sécurité s'est améliorée et prévaut dans toute la région", a-t-il assuré. Pour le conseiller présidentiel Majzoub Al-Khalifa Ahmed, la résolution est "totalement inacceptable" et pourrait "inciter à la sédition".] SUISSE_24 septembre, Berne. Les Suisses votent à une très large majorité (67,8% et 68% des suffrages) en faveur d'un durcissement de l'immigration et du droit d'asile.
_1er septembre, Berne. La Commission fédérale
contre le racisme (CFR) s'inquiète de l'islamophobie
ambiante. Elle appelle la population, l'économie et les
autorités à la tolérance et à l'égalité
de traitement, notamment pour la construction d'édifices
religieux et à l'école. La situation politique mondiale
a fait des musulmans de Suisse "les nouveaux boucs émissaires
dans le débat public", selon la CFR, qui dénonce
le "rabâchage constant" sur leur prétendu
manque d'intégration ou l'amalgame entre foulard islamique
et extrémisme. La discrimination en raison de la confession musulmane "est un fait". Elle touche les musulmans - plus de 340'000 personnes originaires de plus de 100 pays - davantage que d'autres minorités, releve la vice-présidente de la commission Boël Sambuc. Alors que seuls 15% se disent pratiquants, l'aspect religieux domine dans le débat, déplore-t-elle.
[La Commission est favorable à la création de chaires d'enseignement des sciences religieuses islamiques dans les universités publiques. De manière générale, la scolarité doit être adaptée à la réalité multireligieuse, ce qui peut toucher l'organisation de l'école, l'enseignement, les programmes, les moyens didactiques et la conception des disciplines. Les règlements sur les cimetières, eux, doivent être modifiés de sorte que les musulmans puissent être enterrés selon leurs rites dans les cimetières publics.] _14 août, Berne. Quelque 700 artistes signent un manifeste contre la nouvelle loi sur l'asile, soumise à votation le 24 septembre 2006. Ils jugent le durcissement prévu par la révision, "inhumain" et "indigne de la Suisse". Parmi les signataires romands de ce texte figurent l'acteur Jean-Luc Bideau, le cinéaste Jean-Stéphane Bron, les chanteurs-comédiens Michel Bühler et Yvette Théraulaz. Marthe Keller, Pipilotti Rist, Sina, Hugo Loetscher ou encore les clowns Dimitri et Gardi Hutter, pour les plus connus, se sont aussi joints au mouvement. Le manifeste relève l'"incohérence" de la Suisse, qui s'engage pour la création d'un nouveau Conseil des droits de l'homme aux Nations unies tout en envisageant d'abolir les droits de l'homme à ses frontières. Il est accompagné d'un texte de l'écrivain alémanique Guy Krneta baptisé "Non-entrée en matière". C'est le sort qu'il faut réserver à la nouvelle loi si on ne veut pas que le droit d'asile devienne une injustice, plaide l'écrivain. _1er août, Genève. Dans une allocution consacrée à la place de la Suisse dans le monde, la ministre suisse des affaires étrangères, Micheline Calmy-Rey, rappelle le rôle que le pays peut et doit jouer sur la scène internationale, en tant que dépositaire des Conventions de Genève et berceau de la Croix-Rouge. Evoquant la crise au Proche-Orient, la ministre souligne que la Suisse, dans ses démarches auprès des principaux acteurs concernés, a agi "en plein respect de sa tradition et de ses convictions profondes". "Certains voudraient qu'au nom de la neutralité, la Suisse s'abstienne de prendre position sur le respect du droit humanitaire. Je leur dis que celui qui se tait lorsque des civils innocents sont la cible d'actions militaires indiscriminées ou qui ne s'insurge pas contre la terreur n'est pas neutre, il consent. Se taire dans ce contexte signifie prendre parti." _1er Août, Berne. Le ministre suisse des sports, Samuel Schmid, appelle, dans son discours du 1er Août à Lenzbourg (Argovie), à résister à l'antisémitisme latent et à l'extrémisme. Les choses doivent être appelées par leur nom: chacun doit prendre ses responsabilités, déclare-t-il. "Nous devons nous lever et dire non à l'antisémitisme latent, aux néonazis, aux extrémistes de gauche dont la violence et les excès menacent la paix sociale". SYRIE_7 juillet, Damas. "Les autorités syriennes ont libéré treize prisonniers islamistes, membres des Frères musulmans (interdits), incarcérés depuis 1981-1983", annonce le président de l'Organisation syrienne des droits de l'Homme, Mohannad al-Hassani, sans préciser leur date exacte de libération. "Nous considérons ces libérations [...] comme un signe positif et une étape vers l'élargissement de tous les détenus politiques", assure-t-il. [En outre, Mohannad al-Hassani a indiqué que Souheir Atassi (présidente du Forum Atassi pour le dialogue démocratique), Samar Labouani (épouse de l'opposant emprisonné Kamal Labouani), l'ancien député Riad Seif, le docteur Walid al-Bounni et l'ingénieur Fawaz Tello avaient été informés qu'ils ne pouvaient pas quitter le territoire syrien.] TCHAD_1er juillet, Banjul. Le Sénégal va juger l'ex-président tchadien Hissène Habré, dont la Belgique réclame l'extradition pour crimes contre l'humanité, annonce le président sénégalais Abdoulaye Wade lors du sommet de l'Union africaine (UA) à Banjul. ["Cette décision [de l'Union africaine] exprime
clairement notre volonté d'instaurer l'impunité
zéro. C'est extrêmement important sur un continent
où cela n'a pas été le cas pendant longtemps,
a déclaré Alpha Oumar Konaré, président de la Commission de l'UA, au "Monde" Je souhaiterais que notre décision constitue un tournant. Mais, pour qu'elle garde sa crédibilité, il faut que le procès ait lieu dans les meilleurs délais et qu'à chaque étape l'opinion publique africaine et internationale soit tenue informée. THAILANDE_25 septembre, Genève. Louise Arbour demanade aux militaires responsables du coup d'Etat du 19 septembre de rétablir les libertés fondamentales et les institutions de protection des droits de l'homme. S'adressant au Conseil pour la réforme de la démocratie sous une monarchie constitutionnelle (CDRM), la haut commissiare des Nations unies aux droits de l'homme rappelle que la déposition forcée et inconstitutionnelle du gouvernement thaïlandais librement élu, le 19 septembre, l'établissement de la loi martiale, l'abolition de la Constitution de 1997, la dissolution du parlement et du Cabinet ainsi que le démantèlement de la Cour constitutionnelle, soulèvent d'importantes préoccupations en matière de droits de l'homme. Louise Arbour relève que les divers décrets adoptés par le CDRM restreignent un certain nombre de droits, notamment la liberté de rassemblement, la liberté d'opinion et d'expression, le droit à la protection contre les arrestations et détentions arbitraires. _22 septembre, Bangkok. Les auteurs du coup d'Etat officiellement investis dans leurs fonctions à la tête du pays, conformément à un décret royal, lors d'une cérémonie diffusée par la télévision. [Un décret royal a nommé le général Sonthi à la tête de l'exécutif intérimaire, baptisé "Conseil pour la réforme démocratique sous la monarchie constitutionnelle".] _20 septembre, Bangkok. Une junte militaire, dirigée par le chef de l'armée, le général Sonthi, renverse le Premier ministre Thaksin Shinawatra [en déplacement aux Nations unies] et prend le pouvoir. Le général Sonthi Boonyaratkalin décrète la loi martiale et revendique le soutien du roi Bhumibol Aduyadej. [Le général Sonthi a justifié
son action estimant que le Premier ministre, qui avait accédé
au pouvoir en janvier 2001, avait non seulement "insulté
le roi" à plusieurs reprises, mais qu'il avait également
"provoqué un clivage sans précédant
dans la société" et généré
"une corruption répandue et du népotisme". TURQUIE_28 septembre, Ankara. De sa prison, où il purge une peine d'emprisonnement à vie depuis sa condamnation en 1999 pour "séparatisme" et "trahison", le chef rebelle kurde Abdullah Öcalan appelle le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) à un nouveau cessez-le-feu. Le PKK avait déjà par le passé décrété quatre trêves que l'armée turque a toujours refusées. [Pour Abdullah Öcalan, cette nouvelle trêve unilatérale devrait être considérée par les autorités turques comme une occasion de réconciliation entre les peuples turc et kurde. "A ce stade, l'effusion de sang doit s'arrêter et une nouvelle chance doit être donnée à la paix".] _3 septembre, Ankara. L'explosion d'une bombe fait deux morts - un civil et un policier - et une dizaine de blessés dans un café de la province de Van, dans le sud-est de la Turquie. L'attentat est attribué par les autorités aux séparatistes kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), [Le pays est secoué à la fin du mois d'août
par une série d'attentats, qui ont fait jusqu'à
présent cinq morts et plusieurs dizaines de blessés,
et ont visé des stations balnéaires, dans l'est
et le sud-est de la Turquie - attentats revendiqués par
un groupe séparatiste kurde proche du PKK, les Faucons
de la liberté du Kurdistan (TAK), VATICAN_13 août, Rome. Dans un entretien accordé - un mois avant son voyage en Bavière (du 9 au 14 septembre) - à trois télévisions allemandes, Benoît XVI exprime son anxiété devant le recul de la foi chrétienne en Europe, face à la "polyphonie" des cultures et des religions. La pape convient qu'il est "difficile de croire en Dieu", à cause de "la vague drastique de sécularisation et de laïcisme". C'est particulièrement vrai pour l'Occident, qui se trouve menacé dans son identité : "L'Occident est fortement touché par d'autres cultures, où l'élément religieux est très marqué, et qui sont horrifiées par la froideur qu'elles constatent en Occident à l'égard de Dieu". [Benoît XVI ne désigne pas l'islam, ni les spiritualités orientales, mais le décryptage est aisé, commente Henri Tincq dans le quotidien "Le Monde". Il cherche à se rassurer en constatant un « retour » du religieux chez les jeunes qui expriment "le besoin de quelque chose de plus grand" que la société matérielle. Il y a donc une chance à saisir, observe-t-il : l'Eglise doit changer la forme de son discours et mettre l'accent sur la "formation" plutôt que sur la norme morale.] > ET AUSSI... <_COMMERCE _29 septembre, Genève. Les experts de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) ont donné tort à l'Union européenne (UE) sur les organismes génétiquement modifiés. Le moratoire sur les OGM, décrété entre 1998 et 2003, ainsi que certaines mesures de sauvegarde sur des produits spécifiques, prises par plusieurs Etats de l'UE - l'Autriche, la France, l'Allemagne, la Grèce, le Luxembourg - sont contraires aux règles de l'OMC, indique le rapport d'un groupe de trois experts présidé par le Suisse Christian Häberli. [Dans une première réaction, Greenpeace a regretté que l'OMC n'ait pas retenu le principe de précaution. L'analyse de l'OMC prouve seulement que l'organisation place les intérêts commerciaux au-dessus de toute autre préoccupation et n'est pas qualifiée pour traiter de questions scientifiques et environnementales complexes, affirme Greenpeace.] _DROITS DE L'ENFANT _24 juillet, New York. Enfants et conflits armés : la représentante spéciale de Kofi Annan pour les enfants et les conflits armés, Radhika Coomaraswamy, appelle le Conseil de sécurité des Nations uniesà prendre des sanctions contre les responsables de violations contre les enfants. "En dépit de résultats concrets dans des pays tels que la République démocratique du Congo, la Sierra Leone et le Burundi, les violations se poursuivent", souligne-t-elle. "Plus de 250 000 enfants continuent à être enrôlés de force comme soldats dans le monde entier; les enlèvements d'enfants se multiplient; et depuis 2003, entre 8'000 et 10'000 enfants ont été tués ou mutilés par des mines terrestres". [La résolution 1612 adoptée en 2005 par
le Conseil de sécurité constitue "un tournant
pour la protection des enfants, grâce à la mise en
place d'un mécanisme de surveillance et de rapport qui
permet de signaler les violations graves perpétrées
contre ceux-ci", a rappelé Radhika Coomaraswamy. _INERNET _6 juillet, Strasbourg. Le Parlement européen dénonce les entreprises collaborant au système de censure organisé sur internet dans certains pays comme la Chine ou le Vietnam. Dans une résolution, les députés indiquent que 15 pays (Arabie Saoudite, Belarus, Chine, Corée du nord, Cuba, Iran, Libye, Maldives, Birmanie, Népal, Ouzbékistan, Syrie, Tunisie, Turkménistan et Vietnam) peuvent être considérés comme des ennemis de la liberté d'expression en ligne. Les députés relèvent notamment que des entreprises comme Yahoo, Google ou Microsoft sont d'accord pour censurer leurs services en suivant des instructions données par le gouvernement chinois et que d'autres entreprises, comme Secure Computing et Fortinet, fournissent aux gouvernements de Tunisie et de Birmanie les moyens de censurer l'Internet. _RELIGIONS _5 juillet, Moscou. Environ 150 dirigeants d'Eglises, dignitaires musulmans, juifs, bouddhistes, hindouistes et shintoïstes, originaires d'une cinquantaine de pays, ont participé, du 2 au 5 juillet, à un "sommet" interreligieux à l'initiative du patriarche Alexis II de Moscou, chef de l'Eglise orthodoxe de Russie. La rencontre s'est achevée par la publication d'une déclaration condamnant le terrorisme et l'extrémisme, qui sera remise aux chefs d'Etat du G8 de Saint-Pétersbourg à la mi-juillet. _________ | Afghanistan | Afrique | Afrique du Sud | Algérie | Allemagne | Amérique du Sud | Angola | Arabie Saoudite | Argentine | Arménie | Bahrein | Belgique | Bénin | Birmanie | Bolivie | Bosnie | Brésil | Burundi | Cambodge | Cameroun | Canada | Centreafrique | Chili | Chine | Colombie | Congo | Corée du Nord | Côte d'Ivoire | Croatie | Cuba | Égypte | Espagne | Etats-Unis | Éthiopie | Europe | France | Grande-Bretagne | Grèce | Guatémala | Haïti | Hongrie | Inde | Indonésie | Irak | Iran | Israël/et territoires palestiniens | Italie | Japon | Kenya | Kosovo | Koweït | Liban | Liberia | Libye | Mexique | Monde arabe | Macédoine | Maroc | Mauritanie | Monténégro | Namibie | Nations unies | Nepal | Nigeria | Ouganda | Ouzbékistan | Pakistan | Pays baltes | Pays-Bas | Pérou | Philippines | Pologne | Roumanie | Russie/Tchétchenie | Rwanda | Sénégal | Serbie/Kosovo | Serbie-Montenegro | Sierra Leone | Somalie | Soudan | Suisse | Syrie | Tchad | Taiwan | Tchétchénie | Thaïlande | Timor-Leste | Togo | Tunisie | Turquie | Turkmenistan | Ukraine | Union Européenne | Vatican | Yougoslavie [Ex-] | Zimbabwe |> ET AUSSI... |