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Liban-Israël, juillet-août 2006, 34 jours de guerre
L'APRES CONFLIT> DECEMBRE _1er décembre, New York et Paris. Le Hezbollah libanais est accusé, par des sources onusiennes et diplomatiques, de continuer à se procurer des armes en provenance de Syrie et d'Iran, ses principaux "parrains". Dans un rapport transmis au Conseil de sécurité des Nations unies, Kofi Annan affirme que "les Nations unies continuent à recevoir des rapports sur la contrebande illégale d'armes à travers la frontière libano-syrienne, mais n'ont pas été en mesure de vérifier ces rapports". Le rapport du secrétaire général des Nations unies indique que "la Finul et les forces armées libanaises ont vu des preuves sporadiques de la présence de personnels armés, d'armes ou d'équipements non autorisés. [...] Depuis début septembre, la Finul est entrée en contact avec des armes non autorisées à 13 reprises [...] Les deux plus notables ont été la découverte de 17 Katioucha et de plusieurs explosifs improvisés [...] ainsi que d'une cache d'armes abritant 7 missiles, 3 lance-roquettes et une quantité substantielle de munitions". [Un haut responsable proche du dossier, contacté par
le quotidien "Le Monde", évoque un "réarmement
constant et massif du Hezbollah". Selon lui, par crainte
d'attiser le conflit, le Premier ministre libanais, Fouad Siniora,
refuse de divulguer ces informations "alarmantes". Les
données auraient été confirmées par
les services de renseignement français, américains
et israéliens. > NOVEMBRE _7 novembre, Nairobi. Le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) rend publique une évaluation des effets de la guerre entre le Hezbollah et Israël au Liban, parvenant à la conclusion que l'armée israélienne a utilisé des munitions au phosphore blanc, mais pas d'uranium appauvri. Le PNUE confirme par ailleurs le nombre très important de bombes à sous-munition non explosées, lâchées par l'armée israélienne dans les jours précédant le cessez-le-feu. [Le phosphore blanc peut servir d'agent incendiaire, agent de protection par écran de fumée, et comme un composant d'arme antipersonnelle capable de provoquer des brûlures graves. Il est aussi couramment utilisé en tant que fumigène. Son utilisation comme arme offensive est interdite par le protocole III additionnel à la Convention sur certaines armes classiques des Nations unies signé en 1983, en tant qu'arme chimique.] > OCTOBRE _22 octobre, Jérusalem. Israël reconnaît avoir utilisé des obus au phosphore lors du conflit avec le Hezbollah au Liban, dans le but d'attaquer des objectifs militaires situés dans des zones ouvertes, ajoutant que, selon le droit international, l'usage de munitions au phosphore est autorisé, et l'armée se conforme à la réglementation et aux normes internationales. [Le troisième protocole de la Convention de Genève impose une restriction sur l'usage des armes incendiaires, une catégorie qui comprend les munitions au phosphore. Israël et les Etats-Unis ne sont pas signataires de ce protocole. La Croix-Rouge internationale (CICR) et d'autres organisations humanitaires réclament l'interdiction de ces munitions.] _19 octobre, New York. Le Hezbollah a utilisé des projectiles à sous-munitions contre des zones civiles israéliennes lors du conflit, affirme un rapport de l'organisation Human Rights Watch (HRW). Le rapport souligne que c'est la première fois que l'usage, par la milice chiite, de ce type d'armes interdit par les conventions internationales, est confirmé. Selon l'organisation de défense des droits de l'homme, parmi les 4'000 roquettes envoyées par le Hezbollah sur le nord d'Israël, se trouvaient 113 roquelles d'origine chinoise à sous-munitions de 122 mm qui, à l'impact, projettent des centaines de billes d'acier meurtrières d'environ 3,5 mm de diamètre. _1er octobre, Jérusalem. L'armée israélienne a achevé le retrait de toutes ses troupes qui étaient encore déployées dans le sud Liban. Le retrait a concerné quelques centaines de soldats encore positionnées au Liban sud sur les 30'000 qui avaient été engagés dans la guerre au Liban, mais ont depuis été ramenés en Israël et pour la plupart démobilisés. > SEPTEMBRE _24 septembre, Beyrouth. Deux des principaux chefs de la majorité - le chrétien Samir Geagea, chef du parti des Forces libanaises (FL), et le Druze Walid Joumblatt, dirigeant du Parti socialiste progressiste - affirment que le Hezbollah compromet l'avenir du pays.
"Ils disent qu'une fois l'Etat [souhaité] sera édifié, la question de l'armement du Hezbollah trouverait une solution. Nous disons : lorsque la question de l'armement aura été réglée, il sera possible d'envisager de construire l'Etat souhaité. Ils disent qu'il serait vain de parier sur le désarmement du Hezbollah par la force. Nous disons qu'il est faux de parier sur le maintien des armes par la force. Ils disent que la résistance (du Hezbollah) a mis le Liban à l'abri de la guerre civile. Nous disons que c'est la vigilance des dirigeants et du peuple qui a protégé le Liban. Ils disent qu'aucune armée ne saurait les désarmer. Nous disons qu'aucun armement ne nous forcera à accepter le fait accompli", ajoute Samir Geagea.
"L'Etat fort" réclamé par le Parti de Dieu ne peut être, selon lui, qu'un Etat taillé à la mesure de la milice chiite qui l'imposerait à tous les Libanais. La "guerre de juillet" était une "guerre préventive lancée par l'Iran" et destinée à servir de message à Israël et aux Etats-Unis, souligne-t-il, affirmant que tant que le Hezbollah "collerait à la Syrie", aucune "entente avec lui ne serait possible".
"Nous avons remporté une grande victoire divine, historique et stratégique", déclare-t-il. "Comment cette poignée de moujahidines aurait pu vaincre l'armée [ ] la plus forte et la mieux équipée de la région [ ] sans la victoire de Dieu, son aide et son appui", assure le chef du parti chiite. [Le Hezbollah refuse de renoncer à son armement
tant que l'Etat libanais ne pourra défendre le pays contre
Israël, souligne-t-il. "Nous ne disons pas que les armes
vont rester éternellement, mais la première étape
normale est de construire un Etat fort, juste, qui protège
la patrie et les citoyens, et vous verrez que le problème
des armes se résoudra tout seul sans même avoir besoin
de recourir à la table de négociation". _18 septembre, New York [Nations unies]. Kofi Annan présente, lors de consultations à huis clos, son rapport sur la mise en oeuvre de la résolution 1701 sur le Liban et sur son récent voyage dans la région, destiné à obtenir un appui faveur du texte qui avait permis de mettre fin le 14 août 2006 aux hostilités entre Israël et le Hezbollah. "Une fois encore, une partie du Moyen-Orient sort d'une situation de guerre, de destruction et de crise. Un conflit tragique de 34 jours a replongé la région dans l'instabilité qui y a régné pendant des décennies", indique le rapport du secrétaire général des Nations unies sur la résolution (2006) rendu public le 15 septembre 2006.
_14 septembre, Londres. Amnesty International (AI) dénonce les "crimes de guerre" du Hezbollah pendant le conflit avec Israël, quelques semaines après avoir accusé l'armée israélienne des mêmes crimes visant des civils. En tirant des roquettes sur le Nord d'Israël, le mouvement chiite libanais a commis "des attaques délibérées sur des civils et des cibles civiles, mais aussi des attaques sans discernement", accuse l'organisation de défense des droits de l'homme, dans un rapport publié à Londres. Entre le 12 juillet et le 14 août, rapporte Amnesty, "le Hezbollah a tiré près de 4'000 roquettes sur le Nord d'Israël [...], dont un quart ont été tirées directement dans des zones urbaines". Ces attaques ont provoqué la mort de 43 civils israéliens "juifs et arabes", souligne Amnesty, dont sept enfants, et fait 4'262 blessés dont 33 grièvement atteints. _8 septembre, Beyrouth. "Le blocus naval du Liban a été levé. La force navale des Nations unies, dirigée par l'Italie, a pris la responsabilité du secteur en coordination totale avec l'armée israélienne, et fera appliquer l'embargo sur les armes destinées au Hezbollah au Liban", déclare la porte-parole du premier ministre israélien Ehoud Olmert. [A la mi-journée, le bureau du premier ministre libanais, Fouad Siniora, avait annoncé que "la force navale composée par les Français, les Italiens et les Grecs ,et dirigée par l'Italie, a commencé à 12 h 30 [11 h 30 à Paris] la surveillance des côtes libanaises".] _7 septembre, Beyrouth. Israël a levé, à 18 heures [17 h, heure de Paris], le blocus aérien imposé au Liban depuis le 13 juillet. Les autorités israéliennes indiquent que le blocus aérien a "été levé en coordination avec les Nations unie. Quant au blocus maritime, il restera en place jusqu'au déploiement d'une force navale internationale". [Les ports et aéroports libanais seront contrôlés par la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), afin d'empêcher toute livraison illégale d'armes au Hezbollah. L'Allemagne doit prendre fin septembre la tête d'une "Finul navale" chargée de surveiller le littoral libanais. D'ici là, cette tâche sera assurée par des navires italiens, français et grecs.]
"Dans certaines localités du Liban, des personnes sont dans l'incapacité d'avoir accès à une structure de santé en état" souligne l'OMS. "Soit elles ont été gravement endommagées, soit elles ne disposent pas de l'eau, de l'énergie ou des fournitures nécessaires à des services d'importance vitale comme les soins obstétriques d'urgence". [Douze bâtiments ont été détruits et 38 très gravement endommagés, particulièrement à Bent Jbeil, Marjayoun, Nabatieh et la banlieue sud de Beyrouth. Quelque 13,3 millions de dollars sont nécessaires pour mener des actions permettant de rétablir l'accès aux services de santé essentiels pour 1,2 millions de personnes.] _6 septembre, Jérusalem. Israël quittera tous les "postes de contrôle dans les ports et aéroports du Liban jeudi [7 septembre] à 15 heures GMT", annoncent les services du Premire ministre Ehoud Olmert. [Le blocus maritime et aérien était imposé par le gouvernement israélien depuis le 13 juillet, date du déclenchement de la guerre.]
[A Alexandrie, Kofi Annan a confirmé qu'il allait
nommer un "facilitateur" pour la libération
des soldats israéliens et des prisonniers libanais. L'enlèvement
de deux soldats israéliens par le Hezbollah, le 12
juillet 2006, avait déclenché la guerre au Liban
qui a pris fin le 14 août. Le Hezbollah veut échanger
les deux militaires contre des détenus libanais en Israël. 4 septembre, Jeddah. Le déploiement conjoint
des forces libanaises et des troupes des Nations unies au sud
du Liban - 21'000 hommes avant la mi-septembre - devrait permettre
un retrait d'Israël de la région, estime Kofi Annan
lors d'une conférence de presse donnée en Arabie
saoudite, dans le cadre de sa tournée au Moyen-Orient. _3 septembre, Téhéran. A l'issue d'une rencontre avec Mahmoud Ahmadinejad, Kofi Annan indique que le président iranien a "réaffirmé le soutien de son pays pour la mise en uvre de la résolution 1701" du Conseil de sécurité qui avait mis fin aux combats le 14 août. Selon le secrétaire général des Nations unies, l'Iran "travaillera avec nous dans un effort collectif pour reconstruire le Liban". _1er septembre, Damas. Le président syrien Bachar Al-Assad apporte son soutien à la résolution 1701 du Conseil de sécurité et à sa mise en oeuvre, notamment dans l'application de l'embargo sur les armes à destination du Hezbollah au Liban, lors d'un entretien avec Kofi Annan, à Damas, dans le cadre d'une tournée du secrétaire général des Nations unies au Moyen-Orient. > AOUT _31 août, Stockholm. Le Liban obtient des promesses d'aide d'un montant de 940 millions de dollars, à l'issue d'une conférence des organisations et pays donateurs réunie à Stockholm. Pour le Premier ministre libanais, Fouad Siniora, c'est du "très bon travail". 30 août, New York. Le secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, Jan Egeland, dénonce l'utilisation massive par Israël de bombes à sous-munitions dans les trois derniers jours de la guerre contre le Hezbollah, la qualifiant d'"immorale" et soulignant la menace que constitue les 100'000 munitions non explosées pour la population du Sud Liban.
_29 août, Beyrouth. Lors d'une visite au quartier général de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) à Naqoura, dans le sud du Liban, Kofi Annan demande à Israël et au Hezbollah de respecter le cessez-le-feu en vigueur depuis le 14 août. "J'exhorte les parties à respecter, scrupuleusement, le cessez-le feu en cours. Nous avons l'opportunité de le transformer en cessez-le-feu permanent. Avec un accord sur le plan politique, nous aurons vraiment l'opportunité de construire un Liban pacifique", déclare-t-il. _28 août, Jérusalem. Ehoud Olmert ordonne l'ouverture d'une enquête sur la conduite de la guerre. "Nous n'étions pas préparé comme nous aurions dû l'être, reconnaît le Premier ministre israélien.. Nous n'avons pas toujours obtenu les résultats escomptés. Il y a eu des manquements, voire des échecs. Même si le bilan général est positif, nous ne devons pas masquer ces défaillances". Une commission d'enquête, qui comprendra un général de réserve et deux professeurs d'université, "examinera la conduite du gouvernement pendant la guerre et tout autre aspect qu'elle jugera nécessaire". _28 août, Beyrouth. Kofi Annan entame une tournée de 10 jours au Proche-Orient pour consolider une cessation des hostilités qu'il juge fragile entre le Liban et Israël. Dès son arrivée, le secrétaire général des Nations unies, qui souligne l'importance d'avoir "une seule loi, une seule autorité" au Liban, appelle à la levée du blocus naval et aérien imposé par Israël au Liban et à la libération des deux soldats israéliens capturés le 12 juillet 2006 par le Hezbollah. _28 août, Beyrouth. "La Résistance islamique a évacué au cours des dix derniers jours toutes ses positions dans la région de Arkoub, sur le front des fermes de Chebaa", annonce une source des services de sécurité libanais. Le Hezbollah a "levé ses barrages de contrôle, fermé l'entrée des grottes et comblé ses tunnels avec des bulldozers et a retiré ses armes et son équipement". [Les fermes de Chebaa, petit territoire montagneux de 45 km2, occupé par Israël depuis 1967, est situé aux confins des frontières libanaises, syriennes et israéliennes. Sa libération constitue l'une des principales revendications du Hezbollah. Le territoire est revendiqué par le Liban avec le soutien de la Syrie. Israël, pour sa part, considère le territoire comme syrien et relevant du contentieux israélo-syrien et non israéolo-libanais.] _27 août, Beyrouth. Hassan Nasrallah déclare que le Hezbollah n'a pas l'intention de reprendre les combats. "Il n'y aura pas de nouveau round". Le chef du mouvement chiite, qui reconnaît que le Hezbollah n'aurait "absolument pas mené cette opération si nous avions su qu'elle allait mener à une guerre d'une telle ampleur", assure que "la résistance sera un soutien pour l'armée libanaise et [qu'] il n'y aura pas de problème avec la Finul tant que sa mission n'est pas de désarmer la résistance". "Il n'y aura pas de présence armée du Hezbollah au Liban sud. Si des soldats de l'armée libanaise y rencontrent un homme armé, ils auront le droit de le désarmer ", précise-t-il.
"L'Europe fournit l'épine dorsale de la force. Nous pouvons maintenant commencer à mettre en place une force crédible sur le terrain que le Conseil de sécurité a autorisé par sa résolution 1701", souligne le secrétaire général des Nations unies. _23 août, Londres. Israël a commis des "crimes de guerre" au Liban lors de son offensive contre le Hezbollah, affirme un rapport d'Amnesty International, qui accuse l'armée israélienne d'avoir "délibérément" visé des installations civiles. Dans ce rapport, l'organisation de défense des droits de l'homme demande "qu'une enquête indépendante, complète et impartiale soit conduite de façon urgente par les Nations unies sur les violations graves par les deux parties [Israël et Hezbollah] au conflit des lois internationales en matière humanitaire". Amnesty précise qu'elle se penchera sur l'attitude du Hezbollah dans ce conflit avec Israël dans un document séparé. _20 août, Jérusalem. Dans une tribune publiée
par le "Jerusalem Post", le directeur exécutif
de l'organisation américaine Human Rights Watch (HRW),
Kenneth Roth, conteste l'explication d'Israël selon
laquelle le bilan des pertes civiles est dû au fait
que le Hezbollah se cachait au milieu des civils. "Ce n'est
pas toute l'histoire", souligne-t-il, car "dans deux
douzaines de cas impliquant un tiers des victimes civiles sur
lesquels a enquêté HRW, le Hezbollah ne se trouvait
nulle part à proximité au moment de l'attaque".
_24 août, Paris. Le président Jacques Chirac annonce l'envoi de deux bataillons supplémentaires au Liban, portant à 2'000 le nombre total de soldats français qui participeront à la Force intérimaire des Nations unies (Finul). Il assure avoir obtenu des Nations unies, d'Israël et du Liban les "clarifications nécessaires" à un tel déploiement. "La France est prête, si l'ONU le souhaite, à continuer à assumer le commandement de la force", précise-t-il. _22 août, Genève. Bien que la vaste majorité des personnes déplacées par les combats soient rentrées au Liban, des milliers de gens demeurent éloignés de leur foyer, annonce l'agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR), qui souligne à nouveau le danger que posent les mines pour la sécurité et pour l'économie.
_21 août, New York. Dans son premier rapport sur la situation au Liban remis en application de la résolution 1701, Kofi Annan souligne "l'extrême fragilité" de la situation et engage les Etats membres à renforcer d'urgence la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul). Le secrétaire général des Nations unies se félicite de "la décision historique importante qu'a prise le gouvernement libanais de déployer ses forces armées dans le sud du pays tandis que les Forces de défense israéliennes poursuivent leur retrait", prenant note "en particulier du consensus national libanais, auquel participent toutes les parties et qui a conduit au déploiement des Forces armées libanaises dans le sud du Liban".
21 août, Jérusalem. "Notre devoir est de nous préparer à un deuxième round", contre le Hezbollah, déclare le ministre israélien de la défense, Amir Péretz. Cité par le quotidien "Haaretz", un officier de l'état-major israélien prévoit qu'un "nouveau round entre le Hezbollah et Israël pourrait s'engager dans les mois ou même les semaines à venir". L'armée israélienne, précise-t-il, sera "obligé de bombarder les transports d'armes" venant de Syrie. _20 août, Paris. La France refuse d'être la "colonne vertébrale" de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul). Elle ne mettra que 200 hommes supplémentaires à la disposition immédiate de la Finul, chargée de surveiller une fragile cessation des hostilités dans le sud du pays Le président Jacques Chirac, qui craint d'être,
au Liban sud, une cible facile pour l'Iran ou la Syrie, visés
par des résolutions cosignées par la France, pose
comme préalable à un engagement plus important de
son pays une meilleure définition de la mission de la
Finul. Les Nations unies, qui espéraient davantage
de la France, tablent sur l'envoi au Liban d'une avant-garde
de 3'500 soldats d'ici à deux semaines. Elles voient
la future Finul comme une "force musclée, mais non
offensive".
Selon la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), un "raid israélien", "dans l'est du Liban", aurait été accompagné de "plusieurs violations de l'espace aérien par des avions militaires israéliens". L'armée israélienne affirme être intervenue pour faire obstacle à un transfert d'armes à destination du Hezbollah. "Ces violations de la résolution 1701 du Conseil de sécurité mettent en danger le calme fragile obtenu après d'âpres négociations et sape davantage l'autorité du gouvernement du Liban", souligne le secrétaire général des Nations unies, qui appelle "toutes les parties à respecter strictement l'embargo sur les armes, à faire preuve du maximum de retenue, à éviter toute provocation et à faire montre de responsabilité dans la mise en oeuvre de la résolution 1701". _17 août, New York. Le vice-secrétaire général des Nations unies, Mark Malloch Brown, appelle l'Europe à renforcer ses offres de troupes pour le Liban. "Il est très important que l'Europe fasse des propositions afin de constituer une force qui puisse satisfaire les deux parties", déclare-t-il, souhaitant qu'Israël considère la composition de force dans son ensemble. _17 août, Beyrouth. Le Premier ministre, Fouad Siniora, invite les Libanais à faire de la cohésion et de l'unité qu'ils ont manifestées durant la guerre le pilier de l'édification d'un "Etat libre, démocratique et indépendant", auquel dit-il, dans une allusion évidente au Hezbollah, "ne saurait subsister aucun mini-Etat". "L'heure n'est ni à la division, ni à la discrimination ni aux calculs factionnels, mais à la solidarité pour une seule et même patrie", ajoute Fouad Siniora, qui fait référence à la notion d'Etat, qu'il souhaite "fort, seul détenteur du pouvoir de décision et d'une souveraineté pleine et entière, l'Etat de tous les Libanais égaux en droits et en devoirs". Le Premier ministre libanais affirme qu'il est "du droit de l'Etat [libanais] et de son devoir d'étendre son autorité sur la totalité de son territoire". "Tout laxisme à cet égard exposerait notre pays à redevenir un champ de conflits régionaux et internationaux", prévient-il, en rejetant toute adhésion à quelque axe régional ou international. LES TEMPS FORTS DU CONFLIT_16 août, New York. Conformément à la résolution 1701 du Conseil de sécurité, l'armée israélienne commence son retrait du territoire libanais, laissant l'armée libanaise se déployer au sud du fleuve Lit Marjayoun. [L'armée israélienne s'est retirée notamment de Tibnin, Frun, Ghanduriyah, Marjayoun, Qulayah et Khiyam, en transférant le contrôle à la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), qui a établi des postes de contrôle et patrouillé la zone pour vérifier le retrait.] _15 août, Beyrouth - New York. Des milliers de réfugiés libanais regagnent leurs villes et villages, en dépit des tracts israéliens indiquant que la situation reste dangereuse au Liban sud. Les Nations unies affirment que la situation humanitaire au Liban est "proche de la catastrophe". _15 août, Téhéran. Le président
Mahmoud Ahmadinejad annonce l'aube d'un "nouveau
Moyen-Orient" débarrassé "de la domination
américaine et britannique". Le dirigeant iranien exalte
le combat "d'un petit groupe de jeunes hommes pieux, confiants
en Dieu", face aux "pouvoirs corrompus des criminels
américains, britanniques et sionistes". [Des manifestations de liesse à la gloire du Hezbollah ont été organisées dans les rues de Téhéran, dès l'arrêt des combats avec Israël au Liban.] A Damas, le président syrien Bachar Al-Assad salue, dans un discours attaquant violemment Israël et les Etats-Unis, la "résistance nationale libanaise", qui a "brisé le mythe de l'armée invincible" d'Israël. Le numéro un syrien oppose l'émergence de ce "nouveau Moyen-Orient, maintes fois annoncé par la Syrie", au projet de "grand Moyen-Orient" défendu par George Bush, et qui n'est "qu'une illusion". "Nous ne nous attendons pas à une paix prochaine". _14 août, Beyrouth. Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, s'engage à commencer à faire restaurer les logements endommagés par les tirs israéliens et à faire reconstruire tous ceux qui ont été totalement détruits. S'adressant à tous ceux "dont les logements sont encore habitables", il annonce : "Dès demain, les frères [du Hezbollah] vous proposeront leur aide directe et rapide pour les travaux de réparation". [Dans un enregistrement vidéo diffusé douze heures après l'entrée en vigueur de l' "arrêt des hostilités", Hassan Nasrallah réaffirme par ailleurs que l'armement du Hezbollah est le garant de la défense du pays contre Israël. Il considère que l'issue de la guerre est "sans exagération une victoire stratégique et historique pour tout le Liban et toute la oumma [la communauté des musulmans]".] _14 août, Washington. George Bush estime que le Hezbollah a "subi une défaite", quoi qu'en dise son chef, Hassan Nasrallah. "Comment pouvez-vous clamer victoire alors que vous étiez un Etat dans l'Etat, en sécurité au Liban sud, et que vous allez être supplanté par une armée libanaise appuyée par une force internationale ?", assure-t-il. Le président américain s'en prend à l'Iran, qu'il accuse de soutenir des "groupe armés" au Liban comme en Irak "dans l'espoir d'interrompre la progression de la démocratie". "Le monde doit maintenant reconnaître que c'est le soutien iranien au Hezbollah qui a exacerbé la situation au Proche-Orient". Israël pense pouvoir achever le retrait de ses 30'000 soldats d'ici 7 à 10 jours, 2'000 hommes ayant déjà été rapatriés. Les Nations unies espèrent déployer quelque 3'000 casques bleus d'ici 15 jours au Liban sud. _14 août, Jérusalem. Intervenant devant la Knesset, quelques heures à peine après le début de la cessation des hostilités au Liban, Ehoud Olmert rappelle le Liban à ses responsabilités : "Un Etat ne peut plus servir d'abri à une organisation terroriste". Israël continuera de pourchasser les dirigeants du Hezbollah "partout et en tous lieux", ajoute-t-il, affirmant même ne pas avoir "l'intention de demander la permission à qui que ce soit pour ce faire". [Cible de nombreuses attaques depuis le début du conflit, le 12 août, le gouvernement israélien a accepté la mise sur pied d'une commission d'enquête pour faire toute la lumière sur les circonstances qui ont conduit à la guerre au Liban. Le ministre israélien de la défense, Amir Péretz, qui a annoncé cette mesure, a déclaré que cette enquête "vaste et minutieuse" porterait sur "tous les épisodes avant et pendant la guerre".]
"Aucune des deux parties ne devrait décevoir ces espoirs, ajoute-t-il, et, si cela arrivait, elle en paierait un prix élevé dans l'opinion publique mondiale". _14 août, Beyrouth-Jérusalem. Après un mois de guerre entre Israël et le Hezbollah, la cessation des hostilités entre en vigueur à 7 heures, heure française. L'arrêt des combats constitue la première étape de l'application de la résolution 1701 votée par les Nations unies, entérinée le 12 août par le Liban et le 13 août par Israël. [L'offensive terrestre israélienne, menée
avec 30'000 soldats, s'est heurtée à la résistance
des miliciens chiites qui ont infligé à Israël,
les 12 et 13 août, ses plus lourdes pertes militaires depuis
le début de la guerre - 29 soldats tués en deux
jours. _13 août, New York. Le magazine américain "The New Yorker" affirme que le gouvernement américain "était très impliqué dans le plan israélien contre le Hezbollah, avant même la capture le 12 juillet de deux soldats israéliens" par le mouvement chiite libanais, déclenchant la guerre au Liban. Le président américain George W. Bush et son vice-président Dick Cheney étaient convaincus qu'une campagne de bombardements israélienne couronnée de succès contre le Hezbollah pourrait apaiser les craintes d'Israël sur sa sécurité, écrit le journaliste Seymour Hersh, prix Pulitzer qui avait révélé le scandale d'Abou Ghraïb. Selon lui, Israël avait mis au point un plan pour attaquer le Hezbollah - et en avait informé les responsables de l'administration Bush - bien avant la capture des soldats israéliens. _13 août, Jérusalem. Le gouvernement israélien approuve la résolution 1701 des Nations unies. La décision a été prise à la quasi-unanimité. Sur 25 ministres, 24 ont voté en faveur de la résolution et un seul s'est abstenu. Selon le Premier ministre israélien Ehoud Olmert, cette résolution est "bonne pour Israël dans la mesure où elle aboutira à l'entière mise en application de la résolution 1559" portant sur le désarmement du Hezbollah. "Le Hezbollah ne sera plus un Etat dans l'Etat au Liban", ajoute le chef du gouvernement, qui estime que le gouvernement libanais "pourra devenir un interlocuteur pour Israël" après avoir repris le contrôle du Liban sud. _13 août, New York. Kofi Annan annonce que les gouvernements libanais et israéliens ont donné leur accord pour un arrêt des combats, lundi 14 août, à 5 heures GMT. "Les combats devraient de préférence cesser maintenant pour respecter l'esprit de la décision du Conseil de sécurité, qui a pour objet de sauver des vies humaines et d'épargner les souffrances endurées actuellement par les civils des deux camps", indique le secrétaire général des Nations unies dans un communiqué.
Toutefois, le mouvement chiite se réserve le droit de résister aux forces israéliennes aussi longtemps que celles-ci seront sur le sol libanais. "Nous ne devons pas nous tromper [...] et croire que la guerre est finie", tempère Nasrallah en référence à l'opération déclenchée vendredi soir par Israël. [Le Premier ministre libanais, Fouad Siniora, a annoncé que son gouvernement approuvait à l'unanimité la résolution des Nations unies.] _12 août, Jérusalem. Israël lance, aux premières heures du jour, une vaste offensive terrestre et aérienne au sud du Liban - en dépit du vote intervenu au Conseil de sécurité. L'armée israélienne entend se déployer au Liban "jusqu'au fleuve Litani, et au-delà si nécessaire". _11 août, New York. Le Conseil de sécurité des Nations unies adopte à l'unanimité de ses 15 membres une résolution, parrainée par la France et les Etats-Unis, appelant à la cessation immédiate des hostilités entre Israël et le Hezbollah libanais, au retrait des forces israéliennes "le plus tôt possible" et prévoit de porter jusqu'à 15'000 hommes les effectifs de la Finul. [CESSATION DES HOSTILITES. Le Conseil de sécurité
"lance un appel en faveur d'une cessation totale des hostilités
fondée, en particulier, sur la cessation immédiate
par le Hezbollah de toutes les attaques et la cessation immédiate
par Israël de toutes les offensives militaires". _11 août, Genève. Le Conseil des droits de l'homme des Nations unies adopte une résolution dénonçant les opérations militaires israéliennes au Liban et demandant une enquête sur les attaques par Israël contre les civils. Le texte recommande de créer "d'urgence" une commission pour enquêter sur les attaques "systématiques" contre les civils commises par Israël au Liban. La résolution, présentée par les
pays musulmans, a été adoptée par 27 voix
pour, 11 contre et 8 abstentions, à l'issue d'une session
spéciale du Conseil consacrée à la situation
au Liban. [La haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Louise Arbour, a déclaré que le "droit le plus élémentaire est le droit à la vie", et demandé au Conseil des droits de l'homme de rappeler aux parties leur devoir de respecter leurs obligations aux termes du droit humanitaire international et des droits de l'homme. Estimant que les informations signalées sur le terrain "suggéraient fermement un recours indiscriminé à la force", la haut commissaire a L'ambassadeur israélien auprès des Nations unies, Itzhak Levanon, a accusé le Hezbollah de "cacher cyniquement" ses armes parmi la population civile. "Dans une telle situation, les victimes civiles sont inévitables", a-t-il estimé.] _10 août, Genève. Ehoud Olmert a promis de faciliter l'accès au Liban pour les équipes de la Croix-Rouge, déclare le président du Comité International de la Croix-Rouge (CICR), Jakob Kellenberger, après une rencontre avec le Premier ministre israélien. "J'ai reçu des assurances personnelles du Premier ministre Olmert que tout ce qui est possible sera fait pour faciliter l'accès de nos équipes sur le terrain". [Selon un communiqué publié à Genève,
Jakob Kellenberger a fait valoir "qu'il était
grand temps d'améliorer l'accès" aux populations
et la sécurité pour les agences humanitaires, en
particulier pour la Croix-Rouge libanaise.
_10 août, Genève. "La population civile au Liban et dans le nord d'Israël est la plus grande perdante du cycle de violence qui dure exactement aujourd'hui depuis un mois", déclare Jan Egeland, secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et coordonnateur des secours d'urgence des Nations unies.
"Le Hezbollah et les Israéliens pourraient nous
donner un accès immédiatement. Nous pourrions alors
aider 120'000 personnes au Sud-Liban", remarque Jan Egeland,
"Nous pourrions sauver de nombreuses vies" : "les
civils auraient dû être épargnés dans
ce conflit, mais ce n'est pas le cas".
_10 août, Jérusalem-Beyrouth. 30e jour de guerre. La décision d'Israël d'étendre les opérations terrestres au Liban sud suspendue pour donner une chance aux efforts en cours aux Nations unies en vue de mettre fin aux hostilités au Liban. _9 août, Paris. Des intellectuels juifs français dénoncent "l'offensive meurtrière d'Israël". ll y a des voix "dissidentes" en France que "personne ne veut entendre", affirment des personnalités juives du monde médical, littéraire ou politique, qui tentent, dans un appel public, de dénoncer "l'offensive meurtrière d'Israël" et réclament "un cessez-le-feu immédiat" au Proche-Orient. Ces voix semblent indiquer une première brèche, selon des signataires, dans le soutien qu'apporte la communauté juive de France aux actions d'Israël au Liban. L'appel, lancé à l'initiative du professeur de médecine Marcel-Francis Kahn, intitulé "Nous, Juifs contre les frappes d'Israël" et publié par le quotidien "Libération", s'inspire de celui lancé, en 1982, par l'historien Pierre Vidal-Naquet aux intellectuels juifs pour se désolidariser de l'opération "Paix en Galilée", qui avait mené l'armée israélienne jusqu'à Beyrouth. _9 août, Berne. Amnesty International demande au gouvernement suisse de sortir de sa "réserve" sur le conflit au Proche-Orient. Dans une lettre ouverte, la section suisse de l'organisation internationale appelle le Conseil fédéral [exécutif] à entreprendre tout ce qui est en son pouvoir pour obtenir un accord sur un cessez-le-feu. La position de la Suisse, qui ne reconnaît pas le conflit comme une guerre entre deux Etats, est "peu admissible" de la part de l'Etat dépositaire des Conventions de Genève, écrit Amnesty. "Nous vous prions instamment de renoncer à la réserve dont vous avez fait preuve jusqu'ici et d'entreprendre tout ce qui est en votre pouvoir pour obtenir, aussi vite que possible, un accord du Conseil de sécurité des Nations unies et des pays concernés en faveur d'un cessez-le-feu", écrit l'organisation. Amnesty International demande à la Suisse de s'engager "vigoureusement" pour le respect du droit humanitaire et d'intervenir en faveur des populations civiles au Liban et en Israël. _9 août, Jérusalem. Le cabinet de sécurité israélien, réuni sous la présidence d'Ehoud Olmert, décide d'étendre l'offensive militaire terrestre au Liban au risque d'entraîner de lourdes pertes au sein de l'armée et des complications internationales. "Les objectifs sont inchangés et le principal demeure l'arrêt des tirs de roquettes à courte et longue portée", déclare le vice-premier ministre et ministre du commerce, Eli Yichaï, qui ajoute que l'opération devrait durer encore "plus de 30 jours". _9 août, Beyrouth. Le chef du parti chiite libanais Hezbollah, Hassan Nasrallah, exhorte les habitants arabes de la ville israélienne de Haïfa à quitter la ville, lors d'une intervention télévisée. "C'est un message spécial aux Arabes de Haïfa", déclare-t-il, ajoutant que son mouvement conserve intacte sa capacité à tirer des roquettes sur Israël. [Hassan Nasrallah a approuvé, le même jour, le déploiement de l'armée libanaise dans le sud du pays, que contrôle le Hezbollah, estimant que sa déclaration devrait favoriser l'adoption par le Conseil de sécurité des Nations unies d'une résolution demandant un cessez-le-feu avec Israël.] _9 août, Genève. A la demande de la Tunisie - au nom du Groupe des Etats arabes -, le Conseil des droits de l'homme décide de tenir, le 11 août, une session extraordinaire consacrée à la situation au Liban. Dans sa lettre au président du Conseil des droits de
l'homme, la Tunisie, qui préside le Groupe des Etats
arabes, demande que le Conseil examine "les violations
flagrantes des droits de l'homme par Israël au Liban, notamment
le massacre de Cana, ainsi que les attaques contre des civils
et la destruction d'infrastructures civiles essentielles sur tout
le territoire du pays" et prenne des mesures. _8 août, New York. La Ligue des Etats arabes demande au Conseil de sécurité des Nations unies d'adopter une résolution qui ne soit pas "impossible à appliquer sur le terrain", prévenant du risque de guerre civile au Liban. _7 août, Beyrouth. 15'000 soldats libanais sont prêts à être déployés à la frontière avec Israël, avec l'aide, si nécessaire, des casques bleus de la force intérimaire des Nations unies au liban (Finul), annonce le gouvernement libanais. _7 août, New York. Le bombardement du village libanais de Cana, le 30 juillet, est "le reflet d'une tendance aux violations de la loi internationale" dans le conflit entre Israël et le Hezbollah, affirme le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, dans un rapport remis au conseil de sécurité. Kofi Annan appelle de nouveau Israël et le Hezbollah à "respecter leurs obligations aux termes de la législation internationale", dans ce rapport préliminaire sur cette attaque qui avait causé la mort d'au moins 27 civils, dont 16 enfants. _7 août, Beyrouth. Réunion dans la capitale libanaise des chefs de la diplomatie des 22 pays de la Ligue arabe. Le Premier ministre libanais, Fouad Siniora, appelle à nouveau à un cessez-le-feu immédiat et complet, et à une position arabe unifiée pour mettre fin à la crise. "Nous n'acceptons plus que le Liban soit un champ de bataille pour les combats des autres, quelles que soient les justifications". "Il est impératif que l'ennemi israélien mette un terme à ses actes d'agression et se retire immédiatement [...], remette [les territoires qu'il occupe] à une force internationale, échange ses prisonniers et signale les champs de mines." "La confiance avec laquelle je m'adresse à vous est fondée sur le chagrin des veuves, des enfants disparus et les pleurs des personnes déplacées, sur toutes les leçons de cet échec qui ont fait reculer notre pays, le Liban, de plusieurs décennies", ajoute-t-il. _7 août, Genève. Le coordonnateur humanitaire des Nations unies au Liban, David Shearer, appelle les forces militaires israéliennes à cesser leurs attaques sur les infrastructures civiles, ainsi qu'au recours à toute action entravant l'acheminement de l'aide humanitaire aux centaines de milliers de personnes déplacées à travers le pays. _6 août, Jérusalem. Plus de 170 roquettes du Hezbollah se sont abattues sur Israël, un chiffre équivalant aux tirs des précédents jours. Douze militaires israéliens ont trouvé la mort dans l'explosion d'une roquette Katioucha sur leur site de campement, en lisière du kibboutz Kfar Giladi, à quelques kilomètres de la frontière israélo-libanaise. Trois civils ont également été tués à Haïfa lorsqu'une vingtaine de roquettes se sont écrasées sur le quartier arabe de Wadi Nisnas. _6 août, Jérusalem. Trois écrivains israéliens,
David Grossman, AB Yehoshua et Amos Oz, publient dans le quotidien
"Haaretz" une lettre ouverte appelant le gouvernement
de Ehud Olmert "à accepter immédiatement
un cessez-le-feu mutuel" avec le Liban. Au début
favorables à l'opération au Liban, les trois intellectuels
estiment qu'à ce stade "les objectifs que cette offensive
peut atteindre ont été obtenus, et qu'il n'est pas
justifié de causer d'autres souffrances et de faire encore
couler le sang des deux côtés".
_6 août, Dans un entretien au quotidien "Le Monde", Ali Ahani, ambassadeur d'Iran en France, affirme que "le Hezbollah n'est pas aux ordres" de l'Iran et réclame "un cessez-le-feu immédiat" au Liban. "Nous [insistons] sur la nécessité d'un cessez-le-feu immédiat, car il n'y a pas de solution militaire. Quant au Hezbollah, nos relations ont toujours été affectives et spirituelles, il n'est pas aux ordres de l'Iran. Il joue un rôle indépendant sur la scène libanaise et primordial dans la défense du pays. Ce qui explique que son prestige s'accroît chaque jour, au Liban, dans le monde arabe, et même dans certains pays occidentaux".
Le texte, qui sera soumis au Conseil de sécurité
des Nations unies, appelle Israël et le Liban "à
soutenir un cessez-le-feu permanent et une solution à
long terme" basés sur plusieurs principes, parmi
lesquels : le "strict respect par tous de la souveraineté
et de l'intégrité territoriale d'Israël et
du Liban", la "délimitation des frontières
du Liban, en particulier dans les secteurs où elle est
disputée ou incertaine, y compris les fermes de Chebaa",
le "déploiement d'une force internationale au Liban"
sous réserve qu'Israël et le Liban "aient accepté
en principe les principes et éléments d'une solution
à long terme". [Ce projet de résolution élaboré par la France et les Etats-Unis ne satisfait pas le gouvernement libanais, qui a demandé que le texte soit amendé pour exiger le retrait des forces israéliennes du territoire libanais immédiatement après la cessation des hostilités. Le Liban, souhaite que le projet de résolution "appelle Israël, dès la cessation des hostilités, à céder les positions qu'il détient au Liban à la Finul [Force intérimaire des Nations unies au Liban] et retire ses forces derrière la ligne bleue". Le gouvernement souhaite que l'armée libanaise "ait le rôle principal dans le contrôle de la zone, la [future] force internationale se contentant de l'aider". Il souhaite également que le Conseil de sécurité "appelle au retrait immédiat d'Israël des fermes de Chebaa et leur placement sous le contrôle de l'ONU en attendant un accord sur la délimitation de la frontière entre le Liban et la Syrie".]
Le principe de proportionnalité dans l'usage de la force au sud du Liban est-il respecté? "Je ne veux pas porter de jugement. Il n'est d'ailleurs pas possible de le faire sans avoir en main l'ensemble des éléments. Pour juger, vous devez connaître les cibles et l'importance de l'objectif. Vous devez connaître des détails militaires qu'aujourd'hui seuls les belligérants savent. L'expérience du CICR nous permet de poser la question. Pas d'y répondre maintenant". Les attaques menées par le Hezbollah contre le nord d'Israël ? "Les roquettes tirées sur Israël visent et atteignent des civils. Cela est interdit par le droit humanitaire". _4 août, Jérusalem. Israël étend ses frappes aériennes sur des cibles situées dans des zones à majorité chrétienne, au nord de Beyrouth. Les dégâts (destruction de quatre ponts notamment) sont très importants. [ _4 août, Paris. Ehoud Olmert : "Il
n'y a pas de limite" à l'offensive. Dans un entretien
au "Monde", le Premier ministre israélien affirme souhaiter que "la force internationale prenne la relève le plus vite possible" au Liban. _3 août, New York. Human Rights Watch (HRW) publie un rapport qualifiant de "crimes de guerre" certaines frappes israéliennes contre des civils libanais. "Le déroulement des attaques dans plus de 20 cas étudiés montre que les défaillances ne peuvent pas être imputées à de simples accidents, ni liées à des pratiques injustifiées du Hezbollah. Dans certains cas, ces attaques constituent des crimes de guerre", déclare l'organisation de défense des droits de l'homme, qui affirme que "dans de nombreux cas, les forces israéliennes ont frappé des zones apparemment sans cible militaire précise. Dans certains cas, les forces israéliennes semblent avoir délibérément visé des civils". L'organisation américaine affirme également que "les forces israéliennes ont visé, avec des avions de guerre et l'artillerie, des dizaines de véhicules de civils en fuite, arborant des drapeaux blancs". Elle appelle Israël à "suspendre immédiatement ses attaques aveugles et à faire la distinction à tout prix entre civils et combattants". _3 août, Beyrouth. "Si vous frappez Beyrouth, la résistance islamique frappera Tel Aviv, et elle a les moyens de le faire", affirme Hassan Nasrallah, dans un message télévisé enregistré. Le chef du Hezbollah, qui exige la libération immédiate de cinq Libanais capturés le 2 août par un commando israélien à Baalbeck - qu'il a qualifiés de civils pris en "otages" -, assure que son mouvement cessera ses tirs de roquette contre le nord d'Israël lorsque l'armée israélienne arrêtera d'attaquer les secteurs du Liban abritant des civils. _3 août, Kuala Lumpur. L'Organisation de la conférence islamique (OCI) appelle à un "cessez-le-feu immédiat et total" sous l'égide des Nations unies au Liban. "Nous exigeons du Conseil de sécurité des Nations unies qu'il prenne ses responsabilités dans le maintien de la sécurité et de la paix internationales sans plus attendre en décidant et en mettant en oeuvre un cessez-le-feu immédiat et total", indique une déclaration de l'organisation. L'OCI se dit également "fermement convaincue qu'il ne devrait y avoir aucune impunité pour les violations du droit humanitaire international et des droits de l'homme". "Israël doit être tenu responsable pour toutes ces actions", stipule le texte, qui "condamne fermement" l'offensive israélienne. [Outre la Malaisie qui l'accueille, la réunion regroupe
seize des 57 membres de l'OCI : l'Azerbaïdjan, le Bangladesh,
Bruneï, l'Egypte, l'Indonésie, l'Iran, la Jordanie,
le Liban, le Pakistan, le Qatar, l'Arabie saoudite, le Sénégal,
la Syrie, la Turquie, les Emirats arabes unis et le Yémen. _3 août, Jérusalem. L'armée israélienne
affirme, dans un rapport d'enquête sur le bombardement
de Cana (52 civils libanais tués, dont une trentaine
d'enfants), ne pas avoir su qu'il y avait des civils dans le secteur
touché. "Tsahal a opéré en fonction
d'informations selon lesquelles le bâtiment n'était
pas habité par des civils et était utilisé
comme cache par des terroristes", affirme le rapport
transmis au ministre de la Défense, Amir Peretz.
"Si nous avions eu des informations indiquant que des civils
se trouvaient dans le bâtiment, l'attaque n'aurait pas eu
lieu". _3 août, Londres. Ehoud Olmert réclame une force internationale. Dans une interview au quotidien britannique "The Times", le premier ministre israélien indique qu'Israël poursuivra son offensive au Liban tant que 15'000 soldats ne seront pas déployés dans le sud du pays _3 août, Kuala Lumpur. Le monde islamique est "outré", déclare le secrétaire général de l'Organisation de la conférence islamique (OCI), le Turc Ekmeleddin Ihsanoglu, "face à la partialité flagrante dont fait preuve la communauté internationale" dans sa réaction à l'offensive israélienne au Liban. "La colère se répand dans l'ensemble du monde musulman. Je crains que cette colère populaire ne se transforme en haine permanente envers les agresseurs, ainsi que leurs protecteurs explicites et implicites... Tout échec d'initiatives de paix menacerait non seulement les efforts de paix au Proche-Orient mais également la paix et la stabilité dans l'ensemble du monde... un autre échec dans ce domaine peut provoquer davantage de violences et de terrorisme", assure-t-il, lors d'une réunion de l'organisation islamique en Malaisie.
Kofi Annan réitère sa préoccupation à l'égard des victimes civiles. "Dans ce conflit, ce sont les civils qui paient le prix : les femmes, les enfants et les civils non armés". _2 août, Jérusalem. Le Hezbollah tire sur des villes israéliennes un nombre record de roquettes -230 selon Israël, 300 selon le Hezbollah. _1er août, Jérusalem-Beyrouth. Large offensive terrestre de l'armée israélienne au Liban sud, engageant quelque 10'000 hommes. Selon des sources israéliennes, le but de l'offensive est de s'emparer d'une vaste zone au Liban sud, allant jusqu'au fleuve Litani (entre 5 et 30 km au-delà la frontière), afin de la vider de toute présence du Hezbollah, puis de transférer cette zone à une force d'interposition internationale. Un commando héliporté israélien enlève 5 militants présumés du Hezbollah dans un raid conduit dans la région de Baalbek, au nord-est de Beyrouth, considérée comme un bastion du Hezbolla. [Les bombardements israéliens du Liban ont fait en trois semaines 828 tués et plus de 3'200 blessés, selon un bilan fourni par la Commission des secours du gouvernement libanais. L'armée israélienne a tué 400 combattants du Hezbollah depuis le début du conflit, selon Yitzhak Herzog, le ministre du tourisme israélien et membre du Cabinet de sécurité. Près de 2'000 roquettes et missiles ont été lancés par le Hezbollah sur le nord d'Israël, tuant 18 civils.] _1er août, Jérusalem. Selon le quotidien
Haaretz, Israël est prêt à libérer
deux prisonniers libanais en échange des deux soldats
dont l'enlèvement par le Hezbollah a provoqué l'offensive
israélienne.
Saëb Erekat, qui est un proche du président palestinien Mahmoud Abbas, assure que "les Palestiniens modérés de mon genre sortiront perdants de cette crise. Je dis toujours que la violence ne sert à rien, qu'elle s'exerce contre les Palestiniens, les Libanais ou les Israéliens. Mais comment faire entendre ce point de vue à une population qui a perdu depuis longtemps tout espoir de paix ? C'est trop tard. Le Hamas est au gouvernement. Et ce qui se passe au Liban sud ne fait que renforcer cette tendance lourde". _1er août, Jérusalem. Le cabinet israélien donne son feu vert à l'extension des opérations, après que le Premier ministre, Ehoud Olmert, a exclu un cessez-le-feu "dans les prochains jours". Malgré la suspension partielle de ses frappes pour 48 heures, Israël poursuit ses raids contre des objectifs du Hezbollah. Des dizaines de milliers de civils, profitant de l'accalmie relative dans le sud du Liban, fuient la région. Les sources israéliennes affirment qu'aucune roquette du Hezbollah n'a été tirée sur le nord d'Israël le 31 juillet, pour la première fois depuis trois semaines - le Hezbollah avait tiré 156 roquettes le 30 juillet. > JUILLET _31 juillet, New York. Le Conseil de sécurité prolonge d'un mois le mandat de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), qui compte quelque 2'000 soldats, afin de se donner le temps de discuter de la création d'une force internationale. _31 juillet, Jérusalem. "Le combat continue. Il n'y a pas de cessez-le-feu et il n'y en aura pas dans les jours à venir", déclare le Premier ministre, Ehoud Olmert, qui réaffirme que la guerre s'achèvera "lorsque la menace [contre Israël] sera écartée" et que le Hezbollah aura libéré les deux soldats israéliens enlevés le 12 juillet. _31 juillet, Jérusalem. Avant de quitter Jérusalem, au terme de sa tournée au Proche-Orient, Condoleezza Rice déclare qu'il existait une bonne possibilité de voir annoncer "dans la semaine" un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah.
Règlement "en trois volets",
qui, selon elle, devrait comprendre "un cessez-le-feu; les
principes politiques sous-tendant un règlement durable
et l'autorisation de déployer une force internationale
qui aidera l'armée libanaise à rétablir la
paix". " J'ai observé, ajoute-t-elle, un consensus important sur le rôle de la force de stabilisation [ ] Cette force soutiendrait les opérations humanitaires d'urgence, permettrait le retour des personnes déplacées, aiderait les forces armées libanaises à se déployer le long de la Ligne bleue [ ] et favoriserait un environnement stable, notamment au Liban, sud afin que la résolution 1559 du Conseil de sécurité de l'ONU et les accords de Taëf puissent être appliqués." _30 juillet, Beyrouth. Le Premier ministre libanais, Faouad Siniora, qui refuse une nouvelle visite de la secrétaire d'Etat américaine, lance un appel à "la conscience humaine à travers le monde", dénonçant les "crimes de guerre répétés" de l'armée israélienne. _31 juillet, Jérusalem. "En tant qu'homme de paix, j'affirme qu'il nous est interdit d'accepter l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu immédiat", déclare le ministre de la défense israélien, Amir Péretz, lors d'une séance extraordinaire du Parlement israélien consacrée à la situation au Liban. "Si un cessez-le-feu immédiat était décrété, les extrémistes relèveraient la tête immédiatement. Un cessez-le-feu ramènerait les extrémistes dans la région", assure Amir Péretz, un ancien militant du mouvement pacifiste "La Paix maintenant". _31 juillet, Jérusalem. Un porte-parole de l'armée israélienne annonce qu'Israël a suspendu, avec effet immédiat, ses frappes aériennes au Liban pour 48 heures, tout en se réservant le droit de continuer à attaquer d'éventuels commandos du Hezbollah. _30 juillet, Berne. Le ministère suisse des affaires étrangères appelle à un cessez-le-feu immédiat pour protéger les civils, après les raids israéliens sur Cana. Il déclare, dans un communiqué, que le droit international reconnaît le droit des Etats à se défendre contre une agression. Mais "les opérations doivent s'en tenir strictement aux règles du droit international humanitaire". Ces règles prévoient que "les personnes qui ne participent pas directement aux hostilités [...] seront, en toutes circonstances, traitées avec humanité". [Sur les ondes de la Radio Suisse Romande (RSR), l'ambassadeur Anton Thalmann, directeur politique au sein du ministère, a condamné "toutes les attaques qui dépassent les règles de la proportionnalité d'où qu'elles viennent, du Hezbollah ou d'Israël".]
Le Conseil souligne la nécessité d'établir
un "cessez-le-feu durable, permanent et viable"
et affirme sa détermination à travailler "sans
plus tarder à l'adoption d'une résolution pour régler
durablement la crise". Le texte ne fait toutefois référence
à aucun cessez-le-feu immédiat.
Jan Egeland, qui s'est également rendu dans le nord d'Israël, relève qu'il "est dramatique de voir que des centaines de milliers de personnes doivent sans cesse se précipiter dans des abris. Des enfants ont été tués et des appartements détruits par cette pluie de roquettes. Même si les chiffres des victimes sont beaucoup plus faibles en Israël, le sentiment de terreur est énorme à Haïfa". _30 juillet. Le bombardement de Cana suscite la réprobation de la communauté internationale. A Beyrouth, des manifestants s'en prennent au siège des Nations unies, scandent des slogans hostiles aux Nations unies et aux Etats-Unis, demandent le départ de l'ambassadeur américain au Liban et fustigent la "barbarie" d'Israël. La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, en visite en Israël, se dit "profondément attristée" par la perte de "vies innocentes" à Cana, et à promet de "continuer à faire pression pour que le plus grand soin soit pris durant les opérations militaires afin d'éviter des pertes civiles". "Il est temps de parvenir à un cessez-le-feu, nous devons en instaurer un", "le plus tôt possible", précise-t-elle. Le président français Jacques Chirac exprime sa "consternation" et condamne "cette action injustifiable, qui montre plus que jamais la nécessité de parvenir à un cessez-le-feu immédiat sans lequel d'autres drames ne peuvent que se répéter". Le pape Benoît XVI demande "à tous les responsables de cette spirale de violence" un cessez-le-feu "immédiat", afin de pouvoir construire "à travers le dialogue une cohabitation stable et durable" au Proche-Orient. L'Organisation de la conférence islamique (OCI), le plus grand regroupement de pays musulmans, dénonce "un crime de guerre" et appelle le Conseil de sécurité des Nations unies à "agir d'urgence pour adopter une résolution proclamant un cessez-le-feu et amener Israël à stopper son agression", et à "prendre les mesures nécessaires pour protéger les Libanais de la tyrannie d'Israël". [Ehoud Olmert a rejeté tout cessez-le-feu immédiat avec le Hezbollah. "En dépit de cet incident pénible, je ne demanderai pas aux forces de défense de stopper le feu ou de modifier leurs opérations. Nous continuerons à agir sans hésitation contre le Hezbollah. Nous ne cesserons pas cette opération", a déclaré le Premier ministre israélien, à l'issue d'un conseil des ministres. Selon un responsable gouvernemental israélien, cité par l'Agence France-Presse (AFP), Ehoud Olmert aurait indiqué à Condoleezza Rice avoir besoin de 10 à 14 jours pour poursuivre son offensive.] _30 juillet, Beyrouth. 52 civils, dont 30 enfants, tués lors d'un bombardement israélien sur la localité de Cana, dans le sud du Liban, près de Tyr. Des dizaines de bâtiments sont détruits ou endommagés lors de cette frappe aérienne de l'armée israélienne. Il s'agit de l'attaque la plus meurtrière depuis le début de l'offensive de l'armée israélienne contre le Hezbollah. [Un porte-parole de l'armée israélienne a rejeté
l'entière responsabilité de la mort des civils
à Cana sur le Hezbollah. Israël accuse la milice
chiite d'utiliser ce village comme base de tirs de roquettes contre
Israël. "Israël déplore profondément
et éprouve la plus grande peine à la suite de cette
attaque contre des civils innocents au Liban. Israël
endosse la pleine responsabilité et va ouvrir une enquête
pour savoir ce qui s'est passé", a annoncé
Miri Eisin, porte-parole du gouvernement. _29 juillet, Washington. Nouveau déplacement de Condoleeza Rice au Proche-Orient. La secrétaire d'Etat "travaillera avec les dirigeants d'Israël et du Liban pour saisir l'occasion de parvenir à une paix et à une stabilité durables pour les deux pays", indique le président américain Bush. [Les propositions américano-britanniques reposent sur un calendrier en "trois étapes essentielles", détaillé par le Premier ministre britannique Tony Blair : "La première est le retour de la secrétaire d'Etat dans la région. La seconde : la réunion, [le 31 juillet, à New York] du Conseil de sécurité [des Nations unies] sur la force de stabilisation internationale [ ] Troisièmement, nous voulons voir adopter une résolution aussi vite que possible, permettant un cessez-le-feu".] _29 juillet, Jérusalem. Après sept jours de combats à Bint Jbeil, fief du Hezbollah au Liban sud, l'armée israélienne annonce s'être retirée de cette localité, "conformément au plan initial qui ne prévoyait pas son occupation, mais garde le contrôle des abords". _29 juillet, Beyrouth. Le bombardement par l'aviation israélienne des réservoirs de la centrale électrique de Jiyé, à quelque 25 km au sud de Beyrouth, a entraîné "la plus grande catastrophe écologique en Méditerranée", affirme le ministre libanais de l'Environnement, Yacoub Sarraf. "Jusqu'à présent, 10'000 à 15'000 tonnes de fioul se sont déversées dans la mer et c'est incontestablement la plus grande catastrophe écologique qu'a connue la Méditerranée", assure-t-il. [Les réservoirs de la centrale électrique de Jiyé se trouvent à 25 mètres seulement de la mer, ont été bombardés le 14 juillet. Un réservoir est toujours en feu et risque d'exploser.] _28 juillet, New York. "La situation est vraiment dramatique dans les trois zones que j'ai visitées, au Liban, à Gaza et dans le nord d'Israël", déclare Jan Egeland, secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, appelant à une "cessation des hostilités d'au moins 72 heures, afin de permettre l'évacuation des milliers de blessés, d'enfants, de personnes âgées et d'handicapés des zones de combats". "La pluie de roquettes sur Israël doit cesser, les infiltrations de populations civiles par les militants armés doit s'arrêter, et la réponse disproportionnée contre les infrastructures civiles et les cibles mixtes civils/militants doivent prendre fin", souligne-t-il, devant le Conseil de sécurité sur la situation au Moyen-Orient. [Israël a jugé inutile la trêve de 72 heures proposée par Jan Egeland pour faciliter l'acheminement de l'aide humanitaire au Liban et l'évacuation des enfants, personnes âgées et blessés. "Une trêve temporaire de 72 heures n'est pas utile parce qu'Israël a ouvert un corridor humanitaire permettant d'entrer au Liban et d'en sortir", a déclaré le 29 juillet un porte-parole du gouvernement israélien. Israël estime que "le problème est tout autre". Selon lui, "c'est le Hezbollah qui empêche délibérément le transfert d'assistance médicale et de nourriture à la population du Liban sud pour créer une crise humanitaire qu'ils veut imputer à Israël".] _28 juillet, Washington. "Nous sommes tombés
d'accord sur le fait qu'une force multinationale
doit être déployée rapidement au Liban pour
renforcer l'armée libanaise lorsqu'elle se déploiera
dans le sud de ce pays", déclare George W. Bush, au
cours d'une conférence de presse commune avec le Premier
ministre britannique Tony Blair. "Une force multinationale efficace aidera à accélérer la distribution d'aide humanitaire, faciliter le retour des personnes déplacées et aider le gouvernement libanais à exercer sa pleine souveraineté sur l'ensemble de son territoire et à protéger ses frontières", précise le président américain.
_27 juillet, Beyrouth. Le gouvernement libanais (qui comprend quatre ministres représentant les deux mouvements chiites, Amal et le Hezbollah) adopte un projet de résolution du conflit avec Israël. Le projet prévoit l'instauration d'un cessez-le-feu immédiat assorti de plusieurs conditions : échange de prisonniers par l'intermédiaire du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et retour dans leurs foyers des personnes déplacées; placement du territoire des fermes de Chebaa sous juridiction des Nations unies; fourniture par Israël des plans des champs de mines abandonnés dans le Sud du Liban après le retrait de son armée en 2000. L'Etat libanais s'engagerait à étendre son autorité sur l'ensemble de son territoire en déployant ses forces armées. Il bénéficierait de l'appui, d'une part, des Nations unies pour faire appliquer l'accord d'armistice conclu entre Israël et le Liban et 1949; d'autre part, de la communauté internationale pour la reconstruction du pays. _27 juillet, Jérusalem. Le ministre de la justice, Haïm Ramon, estime, au lendemain de la conférence de Rome sur le Liban, qu'"Israël [avait] obtenu l'autorisation de continuer ses opérations [militaires] jusqu'à ce que le Hezbollah ne soit plus présent dans le sud du Liban et soit désarmé". [Les pays de l'Union européenne ont critiqué l'interprétation israélienne d'un feu vert à la guerre. Le chef du gouvernement italien, Romano Prodi, a rappelé que "la position exprimée par la Conférence [de Rome] ne [pouvait] en aucune manière être interprétée comme une autorisation "accordée à Israël pour poursuivre ses opérations.] _27 juillet, Jérusalem. Le cabinet de sécurité israélien décidé de mobiliser trois divisions de réservistes (entre 18'000 et 30'000 hommes) - mais il s'oppose à une extension de l'offensive actuelle au sud Liban pour déloger les combattants du Hezbollah.. _27 juillet, Qatar. Dans un message vidéo diffusé par la chaîne satellitaire arabe Al-Jazira, le numéro deux d'Al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri, appelle les "combattants du Djihad" du monde entier à attaquer Israël et à faire de toute la région, "d'Espagne jusqu'en Irak" un royaume islamique.
"Ô musulmans du monde, je vous appelle à
combattre et à devenir des martyrs dans la guerre contre
les Sionistes et contre les croisés. La guerre contre
Israël ne dépend pas des cessez-le-feu. Il s'agit
d'un Djihad au nom d'Allah, qui se poursuivra jusqu'à
ce que notre religion règne d'Espagne en Irak".] _27 juillet, Jérusalem. En dépit d'une supériorité militaire théorique et d'une intense campagne de raids aériens, l'offensive terrrestre israélienne au sud du Liban est mise en échec par la résistance acharnée et meurtrière du Hezbollah - en particulier autour de Bint Jbeil, principal bastion du mouvement chiite. 33 soldats israéliens ont été tués dans les affrontements avec le Hezbollah depuis le 12 juillet. ["Après plus de deux semaines de raids aériens et le pilonnage tous azimuts au Liban pour détruire les caches du Hezbollah et couper les routes d'approvisionnement en munitions et missiles, le Parti de Dieu se révèle être un adversaire redoutable, bien installé dans ses bunkers et bien décidé à en découdre avec "l'ennemi sioniste", écrit le correspondant du "Monde" à Jérusalem, Michel Bôle-Richard.] _27 juillet, Rome. Les quinze pays participant à la conférence internationale pour le Liban réunie à Rome ne parviennent pas à se mettre d'accord sur un appel à un cessez-le-feu immédiat. Dans une déclaration, ils expriment leur soutien au déploiement d'une force internationale sous le mandat des Nations unies. La déclaration appelle également Israël à exercer "la plus grande retenue" dans ses actions sur le terrain et se félicite de l'accord de l'Etat hébreu pour la création de corridors humanitaires et l'autorisation de vols humanitaires vers le Liban. Les pays s'engagent à aider le gouvernement libanais à faire face à la situation et à acheminer une aide humanitaire immédiate. [Kofi Annan a renouvelé son appel à un
"cessez-le feu immédiat" devant la Conférence et évoqué une "grave crise humanitaire". "Une cessation temporaire des hostilités permettrait de profiter des quelques jours et heures cruciales nécessaires aux tâches humanitaires essentielles", a souligné le secrétaire général des Nations unies. _26 juillet, Beyrouth. "La résistance islamique a tiré une salve de missiles Khaibar-1 sur la région d'Afula [ville au sud-est d'Haïfa, à 50km de la frontière libanaise], inaugurant une nouvelle étape de la confrontation", annonce un communiqué du Hezbollah. Selon les autorités israéliennes, il n'y a pas eu de dégâts ni de victimes. [Le nom de Khaibar fait référence à un bastion juif dans l'actuelle Arabie saoudite qui avait été conquis en 629 par les musulmans.]
"[ ] Tous les gens qui nous critiquent aujourd'hui - et qui trouvent que nous avons une réponse "disproportionnée" - devraient nous dire quoi faire quand des milliers de roquettes sont tirées sur notre pays. Et s'ils peuvent faire quelque chose. Ils vont nous défendre ? La communauté internationale va-t-elle empêcher l'Iran et la Syrie de fournir des roquettes et des missiles, des armes et de l'argent pour attaquer Israël ? Empêcher le Hamas de tirer des roquettes sur Israël depuis Gaza ? De prendre en otage un soldat israélien sur le sol israélien ?"
Pour président français, l'envoi de cette force est conditionné à l'obtention d'un "accord politique, qui suppose un cessez-le-feu". Celui-ci "doit être négocié d'une part entre le gouvernement libanais et le Hezbollah, et d'autre part entre la communauté internationale, Israël et le Liban". Jacques Chirac écarte par ailleurs une participation à une force de l'Otan "qui est perçue, qu'on le veuille ou non, comme le bras armé de l'Occident dans ces régions". _26 juillet, Rome. Les ministres des affaires étrangères d'une quinzaine de pays, dont la secrétaire d'Etat des Etats-Unis, Condoleezza Rice, des représentants européens, de pays arabes, de la Russie, ainsi que le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, et le président de la Banque mondiale, Paul Wolfowitz, se réunissent dans la capitale italienne, pour échanger leurs points de vue sur la façon de mettre fin à la guerre au Liban, qui oppose depuis deux semaines l'armée israélienne au groupe radical chiite Hezbollah. _26 juillet, Paris. La communauté internationale doit "s'impliquer" résolument aux côtés du gouvernement libanais pour l'aider à mettre en uvre la résolution 1559 des Nations unies sur le désarmement du Hezbollah, déclare au quotidien "Le Monde" la ministre des affaires étrangères israélienne. Tzippi Livni ne veut pas de cessez-le-feu sans garantie que "les règles du jeu sont durablement changées", sinon, "le lendemain du cessez-le-feu, l'Iran fera un chèque au Hezbollah, qui ira à Damas acheter de nouveaux missiles". _25 juillet, Jérusalem. Israël n'est pas en guerre avec le Liban, déclare le procureur général de la Cour suprême d'Israël, Ménachem Mazuz Il s'agit "d'opérations militaires". Ces opérations, précise le ministère de la justice, "sont couvertes par les principes de la loi internationale et sont menées sous la supervision de la justice militaire".
_25 juillet, Jérusalem. L'armée israélienne
annonce la mort du chef militaire du Hezbollah pour le Liban sud,
surnommé Abou Jaafar, tué lors de combats
près de la frontière avec Israël.
_25 juillet, New York. Quatre observateurs de la force des Nations unies tués lors d'un raid israélien dans le sud du Liban. Un acte "apparemment délibéré", selon le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, qui se déclare "choqué". "Une bombe [larguée par un avion] est tombée sur le bâtiment et l'abri dans la base du Groupe d'observation des Nations unies au Liban, dans la région de Khiam", près de la frontière israélo-libanaise, explique Milos Strugar, porte-parole de la Force intérimaire de l'ONU au Liban (FINUL). _25 juillet, New York. Human Rights Watch (HRW) accuse Israël d'avoir utilisé des grenades à fragmentation dans un village libanais lors d'un raid contre le Hezbollah. Selon l'organisation de défense des droits de l'homme, l'emploi de telles grenades, dont l'imprécision est grande, est "inacceptable lorsqu'elles sont utilisées contre des civils". [Dans un communiqué, l'armée israélienne affirme que "l'utilisation de munitions à fragmentation est légale en vertu du droit international".] _25 juillet, Jérusalem. Israël compte "établir une nouvelle bande de sécurité [au Liban sud] qui couvrira nos forces jusqu'à ce qu'arrivent des forces internationales", annonce le ministre de la défense, Amir Peretz, estimant que son pays n'a "pas d'autre choix". Cette zone sera établie si aucune force multinationale n'est en mesure de prendre position à la frontière, "une force multinationale capable d'agir et de contrôler par les armes" de telle sorte que "toute personne qui s'approchera de cette bande [saura] qu'elle prendra le risque d'être atteinte", déclare-t-il. _25 juillet, Jérusalem. Après plusieurs jours de combats, l'armée israélienne annonce la prise de Bint Jbeil. Cette ville de 30'000 habitants, située à 3km de la frontière, était le principal bastion du Hezbollah près de celle-ci. Elle est la deuxième place forte conquise par les Israéliens après Maroun Al-Ras, le 23 juillet. _24 juillet, Beyrouth et Jérusalem. Condoleeza Rice, qui effectue un déplacement au Proche-Orient, se prononce, à Beyrouth, sur les modalités d'un cessez-le-feu, déclarant pour la première fois qu'un arrêt des combats est "urgent". Condition au cessez-le-feu selon la secrétaire d'Etat américaine : le retrait du Hezbollah de la frontière - au delà du fleuve Litani [à une vingtaine de kilomètres de la frontière libano-israélienne] - et le déploiement d'une force internationale dans cette zone, ce qui faciliterait, selon elle, le "retour des déplacés". "C'est un moment difficile pour le peuple israélien, c'est un moment difficile pour le peuple libanais, c'est un moment difficile pour le peuple palestinien", déclare-t-elle lors d'une rencontre avec son homologue israélienne Tzipi Livni, à Jérusalem. _23 juillet, Beyrouth. Devant l'ampleur des destructions provoquées par les bombardements israéliens de la banlieue sud de Beyrouth, "immeuble après immeuble dans des zones résidentielles", devant "les tueries", notamment d'enfants, provoqués par ces raids, Jan Egeland, secrétaire général adjoint de Nations unies pour les questions humanitaires, accuse Israël de "violation du droit humanitaire". Jan Egeland venait de visiter les quartiers dévastés de la banlieue, où des immeubles entiers ont été réduits en poussière et où les bombes ont créé d'énormes cratères. [Les enfants, selon l'Organisation des Nations unies pour l'enfance (Unicef), constituent près d'un tiers des victimes - morts et blessés - des bombardements. Ils représentent entre 45 % et 50 % des désormais plus de 500'000 personnes déplacées.] _23 juillet, Jérusalem. Ehoud Olmert indique qu'Israël n'a pas "l'intention d'attaquer la Syrie". "Mais, si la Syrie prend part au conflit, nous réagirons sévèrement, ajoute le Premier ministre israélien. "Nous n'opérons pas actuellement en Syrie, et la Syrie n'a aucune raison d'entrer dans le conflit". _23 juillet, Jérusalem. Le ministre de la défense
israélien, Amir Peretz, se prononce pour une force
internationale au Liban sud, lors d'un entretien avec le chef
de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier. "Vu
la faiblesse de l'armée libanaise, nous approuvons le déploiement
dans le sud [du Liban] d'une force multinationale avec une autorité
étendue", "jusqu'à ce que l'armée
libanaise puisse se déployer et opérer avec efficacité",
affirme-t-il. [Peu après, le Premier ministre israélien, Ehoud Olmert, a jugé qu'une telle force, si elle était finalement mise sur pied, devrait être constituée de membres de l'Union européenne, avoir une expérience du combat, et s'employer à prendre le contrôle de la frontière libanaise avec la Syrie. "Israël est d'accord pour envisager un déploiement d'une force ayant des capacités militaires et une expérience des combats, qui serait formée par des Etats de l'Union européenne, une fois fixé son mandat".] _22 juillet, Jérusalem. Le ministre israélien de la défense, Amir Péretz, écarte toute opération d'envergure au Liban sud, indiquant qu'Israël "n'a aucune intention de se laisser entraîner là où le Hezbollah entend [l']emmener". "Nous n'avons pas l'intention de conquérir le Liban. Nous ne sommes pas en guerre contre le peuple libanais, mais nous menons une guerre sans compromis contre les organisations terroristes". _22 juillet, Washington. Au cours de son allocution radiodiffusée hebdomadaire, George Bush dénonce le rôle de la Syrie et de l'Iran, qui "menacent le Moyen-Orient tout entier". "Par ses actions, ajoute le président américain, le Hezbollah a compromis les énormes progrès du Liban et trahi les Libanais".
"La guerre, la terreur, les attaques contre des civils et des infrastructures civiles doivent cesser au Liban, dans le nord d'Israël et à Gaza. Trop d'enfants, de femmes, de vieillards et d'autres civils, ont déjà péri",déclare-t-il. Le conflit au Liban qui entre dans sa deuxième semaine a déjà fait plus de 300 morts et un millier de blessés, indique-t-il, précisant qu'un tiers des blessés étaient des enfants et que les zones les plus affectées étaient le sud du Liban, Beyrouth et la Vallée de la Bekaa. _21 juillet, Paris. Dans un entretien au quotidien "Le
Monde", Louise Arbour lance un appel à
toutes les parties au conflit en cours pour qu'elles respectent
le droit à la guerre et le "principe de
proportionnalité" dans les opérations militaires.
Elle s'élève contre le fait que des "civils
se retrouvent être des cibles dans ce conflit", notamment
lors de "bombardements sans discrimination des villes".
Le secrétaire général des Nations unies propose une série d'étapes "constituant la base politique de tout cessez-le-feu durable". D'abord la remise des soldats israéliens capturés par le Hezbollah "aux autorités libanaises, sous les auspices du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) dans la perspective de leur rapatriement en Israël et d'un cessez-le-feu". Ensuite, le déploiement d'une force de maintien de la paix du côté libanais pour "stabiliser la situation". [L'ambassadeur israélien auprès des Nations unies, Dan Gillerman, a fait part de son mécontentement à l'issue de la déclaration de Kofi Annan, "qui n'a pas employé une fois le mot terroriste et n'a mentionné ni la Syrie ni l'Iran. Nous avons été attaqués par le Liban dans un acte de guerre. C'est quelque chose que j'aurais aimé entendre dans le discours du secrétaire général".] _20 juillet, Beyrouth. Lors d'un entretien avec la télévision satellitaire qatarie "Al-Jazira", Hassan Nasrallah, déclare avoir désigné son allié Nabih Berri, président du Parlement libanais et chef du parti chiite Amal, comme son représentant pour d'éventuelles négociations.
_20 juillet, Paris. "J'appelle Israël et le Hezbollah à un cessez-le-feu immédiat et général", déclare Fouad Siniora, dans une interview publiée par le quotidien français "Le Figaro". "C'est le plus urgent pour permettre la création d'un couloir humanitaire afin d'acheminer des médicaments et de la nourriture aux populations du Sud Liban, qui sont coupées du reste du pays." Il estime que l'envoi d'une force internationale pour créer une zone tampon entre Israël et le Liban ne résoudra pas seule et durablement la crise. Une fois le cessez-le-feu décrété, "nous voulons [...] nous asseoir autour de la table avec les Nations unies pour régler l'ensemble des problèmes qui nous opposent avec Israël, les prisonniers, l'occupation des fermes de Chebaa, le désarmement du Hezbollah et le déploiement de l'armée au sud du Liban", explique-t-il. "Tout cela doit faire partie d'un paquet global de mesures pour en finir une fois pour toute avec la violence entre le Liban et Israël." "Le Hezbollah peut dire ce qu'il veut, accuser qui il veut. Une chose est sûre : ils nous ont mis dans le bourbier", dit-il. "Ils ne nous ont pas informés de leur action. Nous nous désolidarisons complètement de cette prise d'otages." Mais Fouad Siniora réserve ses accusations les plus dures à Israël qui, dit-il, mène le Liban "en enfer" et "pratique un terrorisme d'Etat". _19 juillet, Genève. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), gardien des conventions de Genève, s'inquiète de la gravité du conflit et des conséquences des opérations militaires sur les populations civiles. Au Liban, "le nombre élevé de victimes civiles et l'étendue des dégâts subis par des infrastructures publiques posent de sérieuses questions au regard du respect du principe de proportionnalité dans la conduite des hostilités", déclare le CICR. _19 juillet, Beyrouth. Devant les ambassadeurs des pays arabes et occidentaux convoqués au siège de la présidence du Conseil, Fouad Siniora lance une "appel urgent à un cessez-le-feu humanitaire". "Voulez-vous vraiment aider le gouvernement du Liban ? Aucun gouvernement ne peut vivre sur les décombres de sa nation ! Evoquant le "demi million de personnes déplacées", le manque de nourriture et de médicaments, les hôpitaux débordés, la diversité des cibles bombardées, il demande : "Est-cela que l'on qualifie de droit de se défendre ? Les massacres et les destructions se poursuivent sans relâche [ ]. La machine de guerre continue [ ]." _19 juillet, New York.Les agences des Nations unies pour l'enfance (Unicef), la santé (OMS) et les réfugiés (HCR) font part de leur "profonde inquiétude" face à l'ampleur des pertes civiles et des déplacements de population dans les deux pays. "Rien qu'au Liban, plus de 200 personnes ont été tuées et plus de 550 blessées", indiquent-elles. "Des dizaines d'enfants figurent au nombre des civils tués et en plus grand nombre encore parmi les blessés". Elles ajoutent : "Les conséquences psychologiques sont graves lorsque des gens, y compris des enfants, ont été témoins de la mort de leurs proches ou des blessures qui leur ont été infligées, ainsi que de la destruction de leurs maisons et de leurs communautés". _19 juillet, New York. Le vice-secrétaire général des Nations unies, Mark Malloch Brown, appelle à la "cessation des hostilités maintenant", ajoutant que "le Moyen-Orient est parsemé des résultats d'opérations de gens qui croient qu'il existe des solutions militaires à des problèmes politiques". [Le représentant des Etats-Unis aux Nations unies, John
Bolton, estime qu'il est "très difficile de comprendre
comment on peut conclure un cessez-le-feu avec une organisation
terroriste comme le Hezbollah". Le premier ministre britannique,
Tony Blair, déclare, de son côté, que
les opérations israéliennes s'arrêteront "si
les soldats qui ont été enlevés par le Hezbollah
[sont] libérés", et "si les roquettes
[arrêtent] de tomber sur Haïfa".] _18 juillet, Jérusalem. Recevant une délégation des Nations unies, Ehoud Olmert répète qu'Israël exige "la pleine application de la résolution 1559 [du Conseil de sécurité], incluant le déploiement de l'armée libanaise à la frontière et le désarmement du Hezbollah".
_18 juillet, Jérusalem. Plus de 350 roquettes auraient été tirées depuis le 13 juillet par le Hezbollah sur le Nord d'Israël - provoquant en Galilée la mort de 12 personnes et à Haïfa celle de huit personnes. Selon des sources militaires israéliennes, le Hezbollah disposerait de missiles d'une portée de 70km (ce qui menace des villes israéliennes telles que Hadera et Netanya), ainsi que de missiles Zelzal, de confection iranienne, dont la portée, supérieure à 200 kilomètres, lui permettrait d'atteindre Tel-Aviv. _17 juillet, Beyrouth. En envoyant Dominique de Villepin à Beyrouth, la France entend exprimer "sa solidarité" avec "la population civile [libanaise" qui souffre et subit des violences". Le premier ministre français appelle à "une trêve humanitaire immédiate". _17 juillet, Beyrouth. Les bombardements israéliens sur Beyrouth et sur d'autres localité du Liban ont fait de nombreux morts et blessés (167 morts et 400 blessés, selon un premier bilan de l'AFP), indique le ministère de la santé. Par mer, terre ou air, des milliers de ressortissants étrangers fuient le Liban. _17 juillet, Gaza. Après les bureaux du premier ministre Isamaïl Haniyeh (Hamas), l'aviation israélienne détruit les bâtiments abritant les ministères des affaires étrangères, de l'intérieur et de l'économie. [Un rapport des Nations unies, publié le 19 juillet, fait état de 168 frappes aériennes et 600 tirs d'obus de l'armée israélienne sur Gaza depuis le début des hostilités, tuant cent Palestiniens, dont 30 âgés de moins de 18 ans. "Nous avons une guerre oubliée à Gaza et en Cisjordanie", a déclaré Saëb Erekat, le négociateur en chef palestinien, qui a exhorté la communauté internationale à intervenir pour enrayer "l'escalade militaire israélienne".] _16 juillet, St-Pétersbourg. Réunis à Saint-Pétersbourg, les dirigeants des sept pays les plus riches et de la Russie (G8) appellent, dans une déclaration sur le Proche-Orient, à un arrêt des opérations armées à la fois d'Israël, du Hezbollah et du Mouvement de la résistance islamique (Hamas). Le texte reconnaît à Israël "le droit de se défendre" et souligne la nécessité d'un "désarmement des milices" au Liban. Les dirigeants du G8 se déclarent en outre favorables à l'envoi d'une "présence internationale de sécurité et d'observation" au Liban sud, une idée défendue par Jacques Chirac et Kofi Annan. Qualifiant le Hezbollah et le Hamas de "forces
extrémistes" qui, de même que "ceux
qui les soutiennent", "ne doivent pas être autorisés
à plonger le Proche-orient dans le chaos", le G8 exige
que ces groupes "cessent immédiatement leurs attaques".
Il demande qu'Israël "garde à l'esprit les conséquences
stratégiques et humanitaires de ses actions" et qu'il
fasse preuve de "la plus grande retenue". _15 juillet, New York. Selon l'agence Associated Press, le premier ministre israélien, Ehoud Olmert, a fait savoir à Kofi Annan que l'offensive israélienne au Liban ne prendrait fin qu'avec le désarmement du Hezbollah. "Notre objectif stratégique est le désarmement des forces du Hezbollah et le déploiement de l'armée libanaise à la frontière internationale. Israël ne tolérera plus que le drapeau du Hezbollah flotte sur la frontière", assure un responsable israélien. Ehoud Olmert rappelle que son gouvernement s'est fixé deux objectifs : la libération des deux soldats capturés le 12 juillet et le retrait du Hezbollah au-delà du fleuve Liani, à 20km au nord de la frontière. [L'armée libanaise n'est en mesure ni
d'affronter Israël ni de désarmer les combattants
chiites, note Cécile Hennion, dans "Le Monde".
Elle "n'est pas une armée de combat, mais une
armée de maintien de l'ordre et de protection du régime".
_15 juillet, Le Caire. Dans des résolutions adoptées par leurs ministres des affaires étrangères, les pays de la Ligue arabe apportent leur "soutien au Liban face à l'agression [israélienne] et dénoncent "les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité" commis à Gaza et en Cisjordanie par Israël. [La réunion du Caire a été marquée par de vives divergences. L'Arabie saoudite, la Jordanie, l'Egypte, le Koweït, le Bahreïn, l'Irak et le Maroc ont sévèrement critiqué la capture par le Hezbollah de deux soldats israéliens. Ils ont été désavoués par la Syrie, le Soudan, l'Algérie, le Yémen et la Palestine.] _14 juillet, Paris. Le président français Jacques Chirac, qui s'exprime sur le Liban à l'occasion de son entretien télévisé du 14-Juillet, s'interroge sur "une volonté de détruire le Liban". "Tout le monde est responsable", souligne-t-il, condamnant à la fois "les initiatives irresponsables" du Hezbollah et "la réaction disproportionnée" d'Israël. Il ajoute être convaincu que le Hamas et le Hezbollah ne peuvent "pas avoir pris ces initiatives tout à fait seuls", désignant, comme les Etats-Unis, mais sans les nommer, la Syrie et l'Iran. _14 juillet, Jérusalem. Israël renforce
le blocus du Liban. Les raids de l'aviation israélienne
visent les routes, les ponts, les aéroports, ainsi que
les positions et zones d'influence du Hezbollah, en particulier
dans la périphérie sud de Beyrouth. "Israël
coupe le Liban du monde et bombarde Beyrouth", écrit
le quotidien "Le Monde", qui relève que
l'opération militaire israélienne est "la plus
importante contre le Liban depuis 1996". [L'Arabie saoudite a critiqué indirectement les agissements du Hezbollah, qualifiant "d'aventuriste" la capture des deux soldats israéliens par le Hezbollah. Selon un communiqué publié par l'agence officielle SPAL, citant une "source responsable", l'Arabie saoudite "suit avec une profonde inquiétude les évènements douloureux et meurtriers au Liban et en Palestine" et juge "nécessaire de faire une distinction entre la résistance légitime et l'aventurisme irresponsable adopté par certains éléments au sein de l'Etat [libanais] et mené à son insu et sans coordination ni consultation avec les autres pays arabes".] _13 juillet, Berne. La Suisse condamne "la réaction disproportionnée des forces militaires israéliennes au Liban, notamment le blocus des côtes ainsi que les attaques aériennes contre des objectifs dans la capitale Beyrouth et les aéroports du pays. Si les agressions du Hezbollah à la frontière d'Israël sont condamnables, la riposte israélienne doit demeurer strictement proportionnée et ne pas menacer un Etat voisin non hostile". La Suisse "enjoint toutes les parties au conflit à interrompre une logique d'escalade destructrice, qui menace aujourd'hui de se transformer en guerre régionale aux effets ravageurs, en premier lieu pour les populations civiles". _13 juillet, New York. Le secrétaire généra des Nations unies, Kofi Annan, "condamne sans réserve" les attaques israéliennes contre le Liban, tout en demandant "la libération immédiate" des deux soldats israéliens capturés par le Hezbollah. [Aux Nations unies, les Etats-Unis ont fait usage de leur droit de veto pour bloquer un projet de résolution, soumis au nom du groupe arabe par le Qatar. Le texte présenté au Conseil de sécurité demandait à Israël de retirer ses forces de la bande de Gaza, de libérer les responsables palestiniens détenus, et de renoncer à une utilisation "disproportionnée" de la force.] _13 juillet, Jérusalem. Premiers raids de l'aviation israélienne au-dessus du Liban - banlieue sud et aéroport de Beyrouth.L'immeuble abritant Al-Manar, la télévision du Hezbollah, est bombardé. Pour sa part, le Hezbollah effectue des tirs de roquettes sur les villes israéliennes de Nahariya et Kyriat Chmona. [Israël a baptisé sa riposte "Punition adéquate". Le Hezbollah a nommé son opération "Promesse sincère". Par la voix de son secrétaire général, Hassan Nassrallah, le Hezbollah affirme qu'il "ne cherche pas l'escalade ni ne veut entraîner le Liban et la région dans la guerre". Il prévient toutefois que sa riposte à la poursuite des "agressions" israéliennes sera "impitoyable".] _12 juillet, Jérusalem. Trois soldats israéliens tués dans une attaque lancée par le Hezbollah libanais à la frontière israélo-libanaise au cours de laquelle deux autres militaires ont été capturés. Réplique immédiate de l'armée israélienne. "Nos avions, nos chars et notre artillerie opèrent à l'intérieur du territoire libanais". |