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2007-L'actualité des droits de l'homme dans le monde

:: ISRAEL ET TERRITOIRES PALESTINIENS 


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> MARS

_30 mars, Jérusalem. Le Premier ministre israélien Ehud Olmert estime qu'un accord de paix global peut être conclu d'ici cinq ans entre Israël et "ses ennemis". "Il y a une véritable possibilité qu'Israël puisse signer d'ici cinq ans un accord global de paix avec ses ennemis", déclare-t-il au Yédiot Aharonot, le principal quotidien israélien. Interrogé s'il se référait à "tout le monde arabe", il a répondu: "oui".

[Seuls deux pays arabes ont à ce jour signé des traités de paix avec Israël, l'Egypte en 1979 et la Jordanie en 1994.]

_29 mars, Jérusalem. Le numéro deux du gouvernement israélien, Shimon Peres, affirmé qu'Israël refuse d'accepter telle quelle l'initiative de paix arabe. Il précise qu’Israël souhaite des modifications concernant les clauses du plan relatives à la question du droit au retour des réfugiés palestiniens et aux frontières du futur Etat palestinien. Shimon Peres estime néanmoins que "l'initiative arabe, comme position de départ à des négociations, constitue un pas positif".

_28 mars, Riyad [Arabie Saoudite]. Le sommet des chefs d’Etat arabes de Ryad adopte à l'unanimité une résolution qui relance l'initiative de paix avec Israël, adoptée en 2002 à Beyrouth. Le texte réaffirme que "la paix juste et globale dans la région n'est réalisable qu'à travers un retrait israélien total des territoires palestiniens et arabes occupés, y compris le Golan syrien occupé et jusqu'à la ligne du 4 juin 1967, ainsi que les territoires qui sont encore occupés au Liban sud".

Les dirigeants arabes estiment que ce processus doit "aboutir à un règlement équitable et agréé du problème des réfugiés palestiniens conformément à la résolution 194 de l'Assemblée générale [...] et [pour aboutir] à la création d'un Etat palestinien indépendant et souverain avec Jérusalem-est pour capitale".

[Le Sommet de Riyad a réactivé l’initiative arabe lancée en 2002 par le roi Abdallah, alors prince héritier, qui prévoit une normalisation avec Israël en échange d’un retrait des territoires occupés depuis 1967 (Cisjordanie palestinienne, y compris Jérusalem-Est, et Golan), ainsi que le règlement de la question des réfugiés palestiniens.   Repères]

_25 mars, Assouan [Egypte]. Après des entretiens avec le président égyptien Hosni Moubarak, la secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice, lance un appel aux pays arabes pour qu'ils s'engagent sur le chemin de la paix avec Israël. "Je voudrais espérer que chaque Etat cherche en profondeur à voir ce qu'il peut faire à ce moment crucial pour enfin mettre fin à ce conflit." Elle ajoute : "Le peuple palestinien a attendu assez longtemps pour avoir son propre Etat et le peuple israélien a attendu assez longtemps pour avoir la sécurité qui émergera de l'établissement d'un voisin stable et démocratique auprès duquel il vivra en paix".

[A l'issue d’une rencontre avec le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, Condoleeza Rice a évoqué l'établissement "d'un agenda commun pour avancer vers l'établissement d'un Etat palestinien".]

_22 mars, Genève. Le rapporteur du Conseil des droits de l’homme des Nations unies sur "la situation dans les territoires palestiniens", John Dugard, accuse Israël de pratiquer une politique d'apartheid et de colonisation. "Il y a des similarités évidentes entre la situation dans les territoires palestiniens et l'apartheid en Afrique du Sud", affirme le rapporteur, de nationalité sud-africaine. "Quiconque a connu l'apartheid a une impression de déjà vu en se rendant dans les territoires palestiniens", ajoute-t-il.

John Dugard souligne que la situation a continué de se détériorer tant à Gaza qu'en Cisjordanie. "Le fait que les colonies de peuplement israéliennes, avec un demi-million d'habitants, constituent une forme de colonialisme ne peut pas être sérieusement contesté", précise-t-il, ajoutant : "Les pays occidentaux ne peuvent pas attendre des pays en développement qu'ils se préoccupent des violations des droits de l'homme au Darfour, au Zimbabwe et en Birmanie s'ils ne paraissent pas concernés par la situation dans les territoires palestiniens".

[L'ambassadeur israélien Itzhak Levanon a rejeté ces accusations. Il a accusé John Dugard de fermer les yeux sur les crimes commis par les Palestiniens contre les civils israéliens, sous prétexte que cela ne ressort pas de son mandat.]

_21 mars, New York. L'engagement du nouveau gouvernement palestinien à la non violence et à la reconnaissance d'Israël "sera mesuré non seulement à l'aune de sa composition et de son programme mais aussi de ses actions", déclare le Quartet pour le Proche-Orient (Nations unies, Union europénne, Etats-Unis et Russie).

Les membres du Quartet exigent que le gouvernement reconnaisse d'abord le droit à l'existence d'Israël et les accords israélo-palestiniens passés, et qu'il renonce à la violence.

_17 mars, Gaza. Le premier gouvernement d'union nationale obtient la confiance du Parlement palestinien. Dans ce gouvernement, qui réunit des responsables du Hamas et du Fatah, le Hamas dispose de 12 portefeuilles, dont celui du premier ministre, sur un total de 25. Le Fatah en compte six. Sept autres ministères, dont les Finances, les Affaires étrangères et l'Intérieur, ont été attribués à des personnalités considérées comme "indépendantes".
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Avant le vote, le président Mahmoud Abbas (Fatah) et le Premier ministre du Hamas Ismaïl Haniyeh ont prononcé des discours à la tonalité discordante sur les relations avec Israël. Le président de l'Autorité palestinienne a insisté sur la recherche de la paix, réaffirmant son soutien au plan de la Ligue arabe qui propose une paix globale avec Israël si celui-ci se retire de tous les territoires occupés depuis 1967.

Le Premier ministre a proclamé, pour sa part, le droit de son gouvernement à "résister sous toutes ses formes" à l'occupation israélienne "permanente". Il a ajouté que son cabinet tenterait de "consolider et d'élargir" une fragile trêve israélo-palestinienne en vigueur depuis novembre dans la bande de Gaza.

[Estimant que le futur cabinet palestinien apportait son soutien au "terrorisme", le gouvernement israélien a réaffirmé qu'il n'était pas question de travailler avec lui. La présidence allemande de l'Union européenne (UE) s'est déclarée "prête à coopérer avec un gouvernement palestinien légitime qui adopterait une plate-forme reflétant les principes du Quartet".]

_9 mars, Gaza. Ismaïl Haniyeh, Premier ministre palestinien désigné pour former le gouvernement d'union nationale, lance un appel à l'Union européenne (UE) pour que cesse l'embargo. Il fait valoir que l'accord signé à La Mecque, le 8 février, entre le Hamas et le Fatah "reflète la volonté du peuple palestinien et fait l'objet d'un consensus national". Il demande aux membres de l'UE de "l'accepter".

> FEVRIER

_27 février, Moscou. Le numéro un du Hamas, Khaled Mechaal, évoque, pour la première fois une solution "politique" de règlement du conflit israélo-palestinien par des négociations avec Israël. "Nous avons demandé à la communauté internationale de prendre des mesures rapides pour lever l'embargo imposé au peuple palestinien et au gouvernement d'union et de traiter avec celui-ci sans discrimination", déclare-t-il à l'Agence France-Presse (AFP), après ses entretiens avec le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.

"Cela créera un climat politique susceptible d'ouvrir une perspective politique au conflit israélo-palestinien", ajoute-t-il.

_23 février, Genève. Le Comité des Nations unies pour l'élimination de la discrimination raciale juge préoccupante la situation des Arabes en Israël et dans les territoires occupés. Le rapporteur du Comité, Morten Kjaerum, fait état "d'informations selon lesquelles les actes de violence des colons israéliens et les destructions de propriétés palestiniennes par des colons israéliens feraient rarement l'objet d'enquêtes".

[L’expert des Nations unies, qui a fait part de sa préoccupation à l'égard de la poursuite des implantations de colonies de peuplement en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, s'est également inquiété "de la ségrégation et des restrictions sévères imposées à la liberté de circulation des Palestiniens" et des informations indiquant "que les Palestiniens et les Israéliens arabes sont touchés de manière disproportionnée par les démolitions de maisons".]

_22 février, Jérusalem. L'accroissement du chômage, de la pauvreté et de l'étouffement économique en Cisjordanie et dans la bande de Gaza posent un défi majeur à la sécurité alimentaire de la population palestinienne, prévient  le Programme alimentaire mondial (PAM).

De nombreuses personnes, incapables d'acheter de la nourriture, ont dû vendre les précieux actifs qui leur permettaient de survivre, tels que des terres ou des outils. La tendance est à l'accroissement de la pauvreté parmi la population urbaine, alors qu'auparavant c'étaient surtout les populations rurales et les réfugiés qui souffraient de l'insécurité alimentaire, affirme l'agence des Nations unies.
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"Les familles les plus pauvres dépendent maintenant totalement de l'assistance et vivent privées d'électricité, de chauffage, préparant leur nourriture avec de l'eau insalubre, ce qui met leur santé en danger à long terme", souligne Arnold Vercken, directeur du PAM dans les territoires palestiniens.

[Le PAM, qui devait à l'origine fournir une assistance à 135’000 Palestiniens en 2006, a finalement dû faire face aux besoins de 480’000 à 600’000 personnes.]

_21 février, Berlin. Les pays membres du Quartet [Nations unies, Union européenne, Etats-Unis et Russie] souhaitent que le dialogue qui a repris entre les dirigeants israéliens et palestiniens se poursuive dans le cadre d'un processus politique ravivé, afin de "mieux définir l'horizon politique" pour parvenir à la paix.

Le Quartet, qui exhorte les parties "à s'abstenir de mesures préjugeant des questions qui doivent être réglées par la voie de négociation", se félicite de l'accord intervenu à La Mecque. Il espère que le futur gouvernement palestinien d'union nationale sera "déterminé à défendre le principe de non-violence, à reconnaître l'Etat d'Israël et à accepter les accords antérieurs, dont la "Feuille de route".

_19 février
, Jérusalem. Entretien entre le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, et le Premier ministre israélien, Ehoud Olmert.

[Lors d'une brève déclaration prononcée à l'issue de la réunion, qu'elle avait à l'avance qualifiée de "discussions informelles" et non de négociations, Condoleezza Rice a déclaré : "Nous avons affirmé notre engagement envers une solution à deux Etats, nous nous sommes accordés à dire qu'un Etat palestinien ne pouvait pas naître dans la violence et le terrorisme, et nous avons réaffirmé notre acceptation des obligations et accords précédents", y compris la "feuille de route" pour la paix au Proche-Orient.

"Le président [Abbas] et le premier ministre [Olmert] ont convenu de se rencontrer de nouveau prochainement", a-t-elle précisé, ajoutant que les deux leaders ont demandé l'aide des Etats-Unis pour avancer dans les négociations.]

_15 février, Ramallah. Conformément à l'accord signé à La Mecque le 8 février, le Premier ministre Ismaïl Haniyeh donne sa démission. Le président palestinien Mahmoud Abbas le charge aussitôt de former un gouvernement d'union nationale en Palestine

[Ismaïl Haniyeh doit proposer un gouvernement qui intègre des ministres du Hamas (le mouvement islamiste dont il est un des dirigeants) et du Fatah (le parti du président Abbas), ainsi que des indépendants.]

_12 février, Gaza. "L'administration américaine devrait reconsidérer sa position hâtive et prendre en compte la volonté du peuple palestinien", déclare Ismaïl Haniyeh, dans un discours à Gaza. "Je dis au Quartet et à l'Union européenne qu'ils doivent respecter la volonté du peuple palestinien et s'employer à mettre fin au blocus dont le peuple palestinien a souffert pendant de long mois", ajoute le Premier ministre palestinien

[Depuis avril 2006, les Etats-Unis et l'Union européenne (UE) ont imposé des sanctions au gouvernement palestinien issu des élections législatives du 25 janvier - qui a permis au Hamas de l'emporter largement sur le Fatah - parce que cette organisation est inscrite sur leurs listes des mouvements terroristes.]#

_12 février, Jérusalem. Le maire de Jérusalem, Uri Lupolianski, suspend la construction d'une nouvelle rampe d'accès à l'esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l'Islam, dans la vieille ville de Jérusalem. Les travaux ont provoqué des manifestations et des heurts parfois violents entre la police et des manifestants palestiniens à Jérusalem et en Cisjordanie.

[Israël a commencé des fouilles archéologiques avant la pose de poutres de soutènement de la nouvelle rampe, l'actuelle structure en bois ayant été endommagée par une tempête de neige en 2004.]

_11 février, Jérusalem. Ehud Olmert demande aux Palestiniens l'application "totale" des conditions posées par le Quartet, après l'accord entre le Hamas et le Fatah sur un gouvernement d'union nationale. Le Premier ministre israélien indique qu’"Israël ne rejette pas et n'accepte pas cet accord. A ce stade, tout comme la communauté internationale, nous l'étudions en détails".

[Le Quartet exige la reconnaissance d'Israël et des accords conclus dans le passé entre Israël et l'Organisation de la libération de la Palestine (OLP), regroupant les mouvements nationalistes, ainsi qu'une renonciation à la violence.]

_9 février, Gaza. Pour le Hamas, l'accord de La Mecque n'est pas une reconnaissance d'Israël. L'accord sur un gouvernement d'union nationale signé avec le Fatah n’amène pas pour autant le mouvement islamiste palestinien à reconnaître Israël. "La position du Hamas est connue : la non reconnaissance de l'entité sioniste, rappelle le porte-parole du Hamas, Ismaïl Radouane. Le Hamas est une chose et le gouvernement en est une autre. Il y a eu un accord sur le respect des accords signés par l'OLP [l’Organisation de libération de la Palestine], mais cela ne signifie pas la reconnaissance de la légalité de l'entité sioniste".

"L'accord de La Mecque est le fruit d'un compromis entre le Hamas et le Fatah, et non d'une reddition des islamistes aux conditions imposées par les Européens et les Etats-Unis au lendemain de leur victoire aux élections législatives du 25 janvier 2006. Le "respect" des accords n'est pas "la reconnaissance" d'Israël, à laquelle le mouvement islamiste se refuse. Il met en avant des raisons idéologiques - il considère la Palestine comme une terre musulmane - et tactiques, estimant que l'OLP a grillé cette cartouche pour un résultat dérisoire lorsqu'elle a reconnu Israël en 1993". Editorial, Le Monde, 10 février 2007.

_8 février, La Mecque. Après deux jours de négociations, les mouvements palestiniens rivaux Fatah et Hamas (islamiste) signent, à La Mecque, à l'invitation du roi Abdallah d'Arabie saoudite, un accord sur un gouvernement d'union nationale. Cet accord vise à mettre fin aux affrontements meurtriers qui ont provoqué la mort de 80 Palestiniens – militants et civils - depuis décembre 2006.

Selon l’accord, accepté par le président de l’Autorité palestinenne, Mahmoud Abbas (Fatah), le Premier ministre, Ismaël Haniyeh (Hamas) et le leader du Hamas, Khaled Mechaal, l’actuel Premier ministre prend la tête du gouvernement, avec neuf ministères pour son mouvement contre six pour le Fatah. Les ministères des affaires étrangères et de l'intérieur seront confiés à des indépendants. De plus, Mahmoud Abbas nommera un vice-Premier ministre choisi au sein du Fatah.

Plus d'info L'accord entre le Hamas et le Fatah

[Le texte ne reconnaît ni Israël ni les accords israélo-palestiniens et le Hamas a refusé de renoncer à la violence. Lors de la cérémonie de signature, le roi Abdallah s'est félicité d'un accord"honorable", saluant les signataires pour "s'être hissé à la hauteur de leur responsabilité [...] en arrêtant l'effusion du sang et en réalisant l'unité nationale".
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Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, s'est "réjoui" qu'un accord ait été trouvé, et a "applaudi l'initiative [...] du roi Abdallah", [espérant] que cet accord mettra fin aux violences et permettra d'assurer un meilleur avenir au peuple palestinien".]

_2 février, Washington.Les pays membres du Quartet (Etats-Unis, Russie, Nations unies et Union européenne) expriment leur "profonde préoccupation" face aux violences entre Palestiniens et appellent au respect de l'Etat de droit et condamnent les actes de terrorisme.

[Dans une déclaration à la presse, le Quartet a aussi appelé à "l'unité palestinienne en faveur d'un gouvernement déterminé à défendre le principe de non-violence, à reconnaître l'Etat d'Israël et à accepter les accords antérieurs dont la Feuille de route".]

> JANVIER

_30 janvier, Beyrouth. Devant des centaines de milliers de fidèles chiites réunis pour les célébrations du deuil chiite de l'Achoura, le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, déclare qu'Israël est "plus faible qu'une toile d'araignée" et que ce pays "est destiné à la mort et à l'anéantissement". Les centaines de milliers de qui écoutaient son intervention ont repris en choeur, le poing levé : "Mort à Israël ! Mort à Israël !"

"En juillet et août 2006, plus que jamais auparavant, vous avez signifié à George Bush, à Condoleezza Rice et à tous les criminels et les tueurs, que vous refusez l'humiliation, la soumission, et la défaite", lance Hassan Nasrallah à son auditoire. "Ce fut la victoire du sang sur l'épée, de l'opprimé sur l'oppresseur". "Nous renouvelons notre promesse et notre engagement à ne pas permettre que le Liban soit défait, ni envahi, ni occupé, ni dominé", ajoute-t-il.

_29 janvier, Eilat [Sud d’Israël]. Trois personnes tuées et plusieurs autres grièvement blessées lors d'un attentat-suicide dans un centre commercial.

[Le Djihad islamique et les Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, issues du Fatah, ont revendiqué conjointement l'attentat-suicide, affirmant qu'il avait été commis par un Palestinien de 21 ans originaire de Gaza. Khaled Al-Batch, haut dirigeant du Djihad islamique, a déclaré que cet attentat était "la riposte logique à la poursuite des crimes de l'ennemi sioniste".]

_28 janvier, Gaza. Affrontements entre le Hamas (du Premier ministre) et le Fatah (du président de l’Autorité palestinienne) dans la bande de Gaza, où 25 Palestiniens sont morts en moins de trois jours. Ces heurts sont les plus meurtriers depuis l'élection des responsables islamistes du Hamas en janvier 2006.

_17 janvier, Jérusalem. Dans une tribune publiée par le quotien ”Jérusalem Post”, le président du Mémorial de Yad Vashem sur l'Holocauste, Yossef Lapid, ancien député et ancien ministre de la justice, s'en prend aux colons juifs qui harcèlent les Palestiniens à Hébron, foyer de tension en Cisjordanie. Cette situation lui rappelle l'antisémitisme des années 1930 en Europe.

Yossef Lapid, qui a dirigé, de 1999 à 2006, le parti libéral et laïc Shinouï (parti réformateur centriste), a tenu ces propos après avoir vu à la télévision israélienne des images montrant une femme de la colonie de Hébron traitant de "putain" sa voisine palestinienne, et des enfants de colons jetant des pierres sur des habitations arabes. ”Il est impensable que la mémoire d'Auschwitz serve de prétexte pour ignorer le fait que, parmi nous, il y a des Juifs qui se conduisent envers les Palestiniens exactement comme des Allemands, des Hongrois, des Polonais et d'autres antisémites se comportaient envers les Juifs”, écrit-il, dans son texte intitulé : ”Arrêtez les barbares juifs d'Hébron”.#

Plus d'info La tribune de Yosef Lapid

_16 janvier, Jérusalem. Le quotidien Haaretz affirme qu'une série de contacts secrets aurait eu lieu en Europe, de septembre 2004 à juillet 2006, entre Israël et la Syrie. Ces échanges auraient abouti, selon le journal, à des arrangements prévoyant notamment un retrait progressif d'Israël du plateau du Golan. La Syrie souhaiterait, affirme le journal, que ce retrait s'effectue sur cinq ans, alors qu'Israël souhaiterait disposer de quinze ans à cet effet.

Selon les informations du journal israélien, une zone démilitarisée serait mise en place des deux côtés de la frontière. De plus, la Syrie s'engagerait à arrêter son soutien au Hezbollah chiite libanais et au mouvement palestinien islamiste Hamas, tout en prenant ses distances avec l'Iran. Source : le Monde, Paris.

[Miri Eisin, la porte-parole du Premier ministre Ehoud Olmert, a démenti ces informations en assurant que "ni le Premier ministre, Ehoud Olmert, ni son bureau n'ont été informés de ces contacts secrets avec les Syriens et de ces arrangements". Les négociations de paix entre la Syrie et Israël sont gelées depuis 2000.]

_15 janvier, Jérusalem. Un prochain sommet entre les dirigeants palestinien, Mahmoud Abbas, et israélien, Ehoud Olmert, en présence de Condoleezza Rice, est annoncé à l'issue des déplacements de la secrétaire d'Etat américaine en Cisjordanie et à Jérusalem. "Les trois dirigeants - MM. Olmert, Abbas et la secrétaire d'Etat - sont convenus de se réunir pour une discussion sur l'horizon politique" au Proche-Orient, indique un responsable américain.

_14 janvier, Jérusalem. Les autorités israéliennes lancent un appel d'offres qui porte sur la construction de 44 nouveaux logements dans la colonie de Maalé Adoumim.#

[L'Autorité palestinienne a condamné l'appel d'offres. "Israël défie la communauté internationale et sape les efforts de paix de [Condoleezza] Rice", a déclaré le négociateur en chef palestinien, Saëb Erakat. "Israël doit choisir entre la paix et la colonisation parce que les deux ne vont pas de pair."

Pour le secrétaire général du mouvement israélien anti-colonisation La Paix Maintenant, Yariv Oppenheimer, ce projet est un "crachat à la figure du gouvernement américain". "C'est la meilleure façon de dire la vérité à l'administration américaine, à savoir que le gouvernement israélien fait fi de ses engagements pris aux termes de la Feuille de route", a-t-il ajouté.]

_14 janvier, Ramallah. En déplacement au Proche-Orient, la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice réaffirme que les Etats-Unis sont favorables à la création d'un Etat palestinien. Elle souhaite relancer la "Feuille de route", le plan de paix international élaboré en 2002 et qui n'a jamais reçu le moindre début de mise en application alors qu'il devait aboutir en trois étapes, fin 2005, à la création d'un Etat palestinien.

["Je suis opposé à des solutions temporaires car je ne pense pas qu'elles soient viables", a répliqué Mahmoud Abbas, ajoutant qu'il était en faveur "d'un règlement durable qui permettrait à la région et à ses peuples de jouir de la paix et de la sécurité". Il a une nouvelle fois demandé à Israël qu'il cesse l'occupation, qu'il relâche les prisonniers et qu'"il mette un terme aux punitions collectives".]

_11 janvier, Ramallah. Devant des dizaines de milliers de partisans rassemblés à Ramallah, Mahmoud Abbas lance un appel pour un arrêt des violences entre son parti, le Fatah, et les islamistes du Hamas, à la tête du gouvernement.

"Préserver l'unité nationale, bannir et empêcher des luttes internes est notre priorité. Faire couler le sang palestinien est une ligne à ne pas franchir, et celui qui le fait est un criminel", déclare le président de l'Autorité palestinienne de son QG de la Mouqata'a, lors du 42e anniversaire de la lutte armée du Fatah.

_10 janvier, Damas. Khaled Meschaal : "Il y aura un Etat appelé Israël". Un des principaux dirigeants du Hamas, Khaled Meschaal, qui vit en exil à Damas, évoque, pour la première fois, la "réalité" de l'existence de l'Etat d'Israël. Dans une interview à l'agence Reuters, ce membre du bureau politique du mouvement islamique estime qu'"il va rester un Etat qui s'appelle Israël, c'est un fait, mais on ne devrait pas exiger des Palestiniens qu'ils reconnaissent Israël. Toutes les relations internationales ne reposent pas sur la reconnaissance". "Le problème, ce n'est pas l'existence d'une entité qui s'appelle Israël, ajoute-t-il. Le problème, c'est que l'Etat palestinien n'existe pas".

Le dirigeant du Hamas souhaite la création d'un Etat palestinien - qui inclurait Gaza, la Cisjordanie et Jérusalem-Est - et rappelle l'attachement de son mouvement au droit au retour des réfugiés palestiniens. "En tant que Palestinien, je porte aujourd'hui la revendication palestinienne et arabe d'un Etat palestinien dans les frontières de 1967", souligne-t-il.

[Le Hamas, fondé en 1987 à Gaza, dont la Charte appelle à la destruction d'Israël, a toujours refusé de reconnaître la légitimité de la création d'Israël. Khaled Meschaal assure aujourd'hui que cette charte pourrait être modifiée ultérieurement. "Dans un avenir lointain, les conditions auront changé et les positions pourront alors être reconsidérées".]

_7 janvier, Gaza. Plusieurs dizaines de milliers de partisans du Fatah, le parti de Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne, se rassemblent dans le stade de Gaza pour célébrer l'anniversaire de la création du parti de Yasser Arafat. Il s'agit de la plus grande démonstration de force du Fatah depuis la création de l'Autorité palestinienne et le retour de Yasser Arafat à Gaza, en 1994.

[Mahmoud Abbas qui, le 6 janvier, a déclaré "illégale" la Force exécutive du Hamas, créée en avril 2006 pour soutenir le nouveau gouvernement issu des élections du 25 janvier, a réaffirmé - en dépit de l'opposition du Hamas - sa volonté de procéder à des élections législatives et présidentielle anticipées.]
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