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2007-L'actualité des droits de l'homme dans le monde

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–––> ET AUSSI...

AFGHANISTAN

_12 mars, Kaboul. L'autorité de l'Etat [afghan] doit atteindre toutes les provinces de l'Afghanistan afin qu'aucune d'entre elles ne puisse devenir une base pour les talibans, déclare le secrétaire général adjoint des Nations unies au maintien de la paix, Jean-Marie Guéhenno.

"Nous souhaitons que la Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan (Manua) soit de plus en plus présente dans les provinces à travers l'Afghanistan", souligne-t-il, estimant que dans le nord du pays "on ne pouvait pas dire que la situation sécuritaire s'était détériorée", alors que dans le sud et le sud-est, "il existait de très graves problèmes". "Dans ces zones comme partout, je pense qu'une stratégie militaire doit être combinée avec une stratégie politique et de développement", ajoute-t-il.

_23 février, Kaboul. "Mort aux droits de l’homme ! Mort à l’Amérique ! Mort aux ennemis de l’Afghanistan !". A l'appel des "chefs de guerre", quelque 25’000 Afghans, réunis dans un stade de Kaboul, apportent leur soutien au projet d'amnistie pour les crimes commis en presque trente ans de conflits en Afghanistan.

"Nous sommes venus pour montrer notre soutien à nos dirigeants. Les gens des droits de l'homme disent qu'ils doivent être jugés. Nous sommes ici pour condamner cela. Ce sont nos leaders à nous et ils ont servi le peuple", déclare un homme âgé, partisan de Rashid Dostom, ancien "seigneur de guerre" ouzbek cité par Le Monde. "Quiconque est contre les moudjahidins est contre l’islam, et est un ennemi de l’Afghanistan", affirme, de son côté, le député Abdul Rassul Sayyaf, dont la milice est accusée des pires atrocités durant les quatre années de règne des moudjahidins à Kaboul, de 1992 à 1996.

[Le Parlement, dominé par d'anciens chefs de guerre, a adopté, le 1er février 2007, une loi en ce sens, "au nom de la réconciliation nationale", contestée par les défenseurs des droits de l'homme et la mission des Nations unies à Kaboul. Le président Hamid Karzaï doit décider s’il promulgue ou non le texte.]

_4 février, Genève. Louise Arbour exprime son "inquiétude" après l'adoption, le 1er février, d'une loi d'amnistie par la Chambre basse du Parlement afghan. "La loi nuirait au processus vers une paix à long terme en  Afghanistan", indique la haut commissaire des Nations unies pour les droits de l'homme, dans un communiqué. "Ceux qui sont responsables des sérieuses violations des droits de l'homme doivent être traduit en justice".

Louise Arbour rappelle que le président afghan Hamid Karzai a lancé un plan d'action sur la paix, la réconciliation et la justice en décembre 2006 - plan prévoyant il n'y aurait pas d'amnistie pour les crimes de guerre, les crimes contre l'humanité et les violations importantes des droits de l’homme. Elle demande gouvernement afghan de mettre en œuvre ce plan d'action.

_1er février, Kaboul. La Chambre basse du Parlement afghan adopte un projet de loi écartant toute poursuite judiciaire pour les crimes commis pendant les vingt-cinq années de guerre qu'a connues l'Afghanistan. Le texte appelle aussi au "respect de tous ceux qui ont participé à la guerre sainte [contre l'Union soviétique] et à la résistance [contre les talibans]".

["Dans le but de réconcilier les diverses communautés, le projet de loi affirme qu'aucun parti politique ou groupe impliqué dans les deux décennies et demie de guerre ne sera poursuivi par la justice", a expliqué le porte-parole du secrétariat du Parlement, Haseeb Noori.

Avec ce vote, les chefs de guerre responsables de la mort d'au moins 50’000 personnes à Kaboul, durant leurs combats fratricides de 1992 à 1996, ainsi que d'atrocités documentées dans plusieurs récents rapports tout au long du conflit, sont désormais à l'abri de toute poursuite future, relève Françoise Chipaux dans Le Monde.]

AFRIQUE

_15 février, Cannes [France]. Le Soudan, le Tchad et le Centrafrique, présents au Sommet France-Afrique organisé par le président Jacques Chirac, s’engagent à ne plus se déstabiliser. Les dirigeants des trois Etats africains, El-Béchir, Deby et Bozizé réitérent leur "engagement à respecter les souverainetés et à ne pas soutenir les mouvements armés". Les trois pays ont aussi promis de "soutenir la poursuite de l'engagement des Nations unies et de l'Union africaine" au Darfour.

[Le Tchad et le Centrafrique accusent le Soudan de soutenir des rébellions hostiles à leurs régimes. Le Soudan, de son côté, accuse le Tchad d'aider des rebelles au Darfour. L'insurrection qui perdure dans l'ouest du Soudan depuis février 2003, et surtout sa répression par le pouvoir central soudanais et les milices qu'il a armées, ont entraîné la mort de 180’000 à 300’000 personnes, deux millions de déplacés, et plus de 200’000 réfugiés au Tchad.]

_28 janvier, New York. Human Rights Watch (HRW) demande aux dirigeants africains qui se réunissent à Addis Abeba pour le 8e Sommet de l'Union africaine (UA) de "rejeter" la présidence du Soudan pour l'UA.

"Les dirigeants africains devraient utiliser le sommet [de l'Union africaine] à Addis Abeba les 29 et 30 janvier pour rejeter la dernière tentative du Soudan de devenir le président de l'Union africaine" pour une année, déclare l'organisation de défense des droits de l'homme dans un communiqué.

Ils "doivent prévenir le président soudanais Omar el-Béchir que s'il ne soutient pas immédiatement les efforts de protection au Darfour, alors il devra faire face à des sanctions ciblées", ajoute le texte de l'organisation.#

[L'Union africaine a élu à sa présidence le président ghanéen John Kufuor].

ALGERIE

_21 janvier, Alger. En visite officielle en Algérie, cinquante ans après le début de la "bataille d'Alger", Jean-Louis Debré appelle à "un indispensable devoir de mémoire" sur le chapitre des relations unissant la France et l'Algérie. "Tout grand pays se doit d'assumer son histoire, les pages les plus glorieuses comme les épisodes les plus sombres", déclare le président de l'Assemblée nationale devant les députés de l'Assemblée populaire algérienne.

"Nous devons ensemble assumer notre histoire commune pour nous tourner vers un rêve d'avenir partagé", souligne-t-il, formulant le souhait "que la France, dans le cadre de ses lois, permette aux historiens et aux chercheurs l'examen des archives". Jean-Louis Debré envisage qu'une commission mixte franco-algérienne puisse être constituée "dans des délais rapprochés" pour travailler sur la période de la colonisation et de la guerre d'indépendance.

ALLEMAGNE

_21 mars, Francfort. La presse allemande révèle qu’une juge de Francfort a fait référence au Coran dans une procédure de divorce engagée par une jeune femme de 26 ans, originaire du Maroc, et victime de violences conjugales. Terrorisée par son mari, la jeune femme avait réclamé une accélération de la procédure.

Le 12 janvier 2007, la juge familiale a rejeté cette demande en invoquant "l'exercice du droit au châtiment" dans le Coran : "Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d'elles dans leurs lits et frappez-les." Accusée de partialité par l'avocate de la plaignante, la juge précise ses arguments dans un courrier envoyé le 8 février 2007 : "Dans ce milieu culturel [des deux époux], il n'est pas inhabituel qu'un homme exerce le droit de châtier sa femme". Source : Le Monde, 24 mars 2007.

[L'ensemble des partis politiques, les associations de droits des femmes et les organisations musulmanes ont dénoncé le comportement "insupportable" et "absurde" de la magistrate, qui a été dessaisie de ce dossier par le tribunal. "Si le Coran est placé au-dessus de la Loi fondamentale, je ne peux que dire : bonne nuit l'Allemagne", a déclaré Ronald Pofalla, secrétaire général de la CDU. "La Loi fondamentale s'applique pour chaque personne indépendamment du fait qu'elle soit musulmane, chrétienne, bouddhiste ou athée", a rappelé Günther Beckstein (CSU), ministre de l'intérieur en Bavière. Les organisations musulmanes sont également intervenues: "Le châtiment corporel d'une femme par son mari n'est pas couvert par l'islam", a souligné le président du conseil de l'islam, Ali Kizilkaa.]

ARGENTINE

_12 janvier, Buenos Aires. Le juge fédéral Raul Acosta émet un mandat d'arrêt international visant l'ancienne présidente Isabel Peron dans le cadre d'une enquête sur la disparition d'un opposant, Hector Fagetti, sous sa présidence, entre 1974 et 1976.

Des enquêteurs ont rouvert des dossiers concernant l'Alliance anticommuniste argentine, un escadron de la mort d'extrême droite connu sous le nom de "Triple A", qui, selon les défenseurs des droits de l'homme, ont assassiné ou enlevé jusqu'à 2'000 personnes avant la dictature militaire de 1976-1983. Ces commandos para policiers ont été mis en place par le ministre Lopez Rega, ancien caporal de la police, sans doute avec le feu vert du général Peron.

Les enquêteurs affirment qu'Isabel Peron - la troisième épouse de l'ancien président Juan Domingo Peron - a signé trois décrets qui ont autorisé des actes relevant du terrorisme d'Etat quand elle était au pouvoir. Isabel Peron, devenue présidente à la mort de son mari, a été renversée par un coup d'Etat en mars 1976.

[Maria Estela Martinez, dite Isabel ou Isabelita Peron, est la veuve du général Juan Peron, trois fois président de l'Argentine. Elle réside à Madrid. Interpellée par la justice espagnole, elle a été mise en liberté provisoire, en raison de son âge. Une éventuelle extradition pourrait prendre plusieurs mois.

"Si les juges estiment qu'il y a eu terrorisme d'Etat avant le putsch militaire de 1976, leurs responsables devront aussi être jugés", a déclaré le président argentin Kirchner, interrogé sur les enquêtes en cours.]

BIRMANIE

_12 janvier, New York. La Chine et la Fédération de Russie opposent leur droit de veto à un projet de résolution du Conseil de sécurité des Nations unies, qui appelait la Birmanie au respect des droits de l'homme - projet proposé les Etats-Unis et le Royaume-Uni.

Le texte demandait aux autorités birmanes de faciliter les bons offices du secrétaire général, leur demandait de cesser les attaques militaires contre les civils, notamment contre les minorités ethniques et de mettre fin aux violations des droits de l'homme. Il appelait aussi le gouvernement birman à autoriser l'accès du pays aux organisations humanitaires, à éliminer le travail forcé et à entamer un "dialogue politique substantiel conduisant à une véritable transition démocratique", à commencer par la libération de la Daw Aung San Suu Kyi.#

CHINE

_16 mars, Pékin. L’Assemblée nationale populaire [Parlement chinois] adopte deux lois visant à la consolidation de l’économie de marché. La première garantie la propriété privée – tout en préservant les autres formes de propriété, collective et d’Etat. La seconde supprime certains privilèges accordés ces dernières années aux sociétés étrangères implantées en Chine.

[Interrogé sur une tribune récente qu'il avait publiée dans le "Quotidien du peuple", le journal du Parti communiste chinois, dans laquelle il estimait qu'il n'y avait pas incompatibilité entre un système socialiste et la démocratie, le Premier ministre chinois, Wen Jiabao, a souligné que "la démocratie, l'Etat de droit, les droits de l'homme, la fraternité et l'égalité ne sont pas l'apanage du capitalisme".

Il a cependant ajouté que l'évolution vers la démocratie, terme signifiant que l'on doit "laisser le peuple être son propre maître", sera lente. "Il faut garantir les droits de l'élection démocratique, créer les conditions pour que le peuple puisse surveiller et critiquer le gouvernement", a-t-il assuré, laissant entendre que les conditions n'étaient pas réunies pour cela. Source : Le Monde, 17 mars 2007.]

_20 janvier, Vatican. Dans un communiqué, le Vatican affirme vouloir "la normalisation des rapports" entre la Chine et le Saint-Siège et l'instauration "d'un dialogue respectueux et constructif" avec les autorités chinoises, "pour le bien du peuple chinois et de la paix dans le monde".

[Le Vatican et la Chine n'entretiennent plus de relations diplomatiques depuis 1951 et la reconnaissance de Taïwan par le Vatican. Deux Eglises catholiques, comptant chacune plusieurs millions de fidèles, coexistent en Chine, l'une "patriotique" dépendant des autorités de Pékin et l'autre clandestine rattachée au Vatican.]

_12 janvier, Pékin. Le tribunal intermédiaire de la ville de Linyi confirme la comdamnation à 4 ans et 3 mois de prison (prononcée en août 2006 par les autorités du Shandong) de Chen Guangcheng, juriste autodidacte, aveugle depuis l'enfance, qui avait dénoncé la politique de stérilisation forcée mise en place à Shandong.

Le militant des droits de l'homme est accusé de "destruction de propriété publique" et "d'organisation de malfaiteurs en vue de perturber la circulation". Selon ses avocats, la police avait organisé elle-même les faits qui lui sont reprochés.

["Ce procès est emblématique du combat des "avocats aux pieds nus" qui veulent s'en tenir aux voies légales pour faire avancer la cause des libertés, écrit Brice Pedroletti, dans Le Monde [du 16 janvier]. "On ne pouvait pas craindre pire résultat. Désormais, nous allons plaider pour que la sentence soit exécutée hors de prison, à domicile. Nous déposerons un recours administratif auprès de la cour supérieure de la province du Shandong. Surtout, nous allons continuer à exposer les pratiques illégales auxquelles a recouru le gouvernement local [lors du procès]", a déclaré au Monde au téléphone Hu Jia, militant des droits de l'homme qui tient la chronique du procès. Lui-même a été empêché par la police secrète de quitter son domicile pékinois depuis 183 jours".] Photo Chinese Human Rights Defenders, http://crd-net.org.

COREE DU NORD

_13 février, Pékin. La Corée du Nord s'engage à fermer son principal réacteur nucléaire et à autoriser les visites d'inspection de l'Agence internationale de l'énergie atomique, selon un accord signé entre les deux Corées, la Chine, les Etats-Unis, le Japon et la Russie.
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Si elle respecte son engagement, la Corée du Nord recevra une aide énergétique équivalant à un million de tonnes de pétrole. Les Etats-Unis ont, de leur côté, accepté de retirer la Corée du Nord de la liste des Etats soutenant le terrorisme.

[La Corée du Nord a été classée dans l'"axe du mal", en 2002, par le président américain Bush, aux côtés de l'Iran et l'Irak.]

COTE-D’IVOIRE

_4 mars, Ouagadougou [Burkina Faso]. Le président ivoirien Laurent Gbagbo et le chef de la rébellion Guillaume Soro signent un accord visant à relancer le processus de paix ivoirien, en présence du président burkinabé Blaise Compaoré.

Cet accord est le résultat du "dialogue direct" commencé début février à Ouagadougou entre le camp présidentiel et la rébellion des Forces nouvelles, qui contrôlent chacun une moitié de la Côte d'Ivoire depuis septembre 2002. L'"accord politique de Ouagadougou" prévoit la formation d'un nouveau gouvernement "cinq semaines après son entrée en vigueur".

[L'accord de paix signé à Ouagadougou permet d'envisager "dès maintenant" un retrait progressif de la communauté internationale et des forces françaises déployées dans le pays, selon la ministre déléguée française à la coopération, Brigitte Girardin. Depuis cinq ans, des casques bleus de Nations unies et des soldats français de l'opération "Licorne" sont déployés en Côte d’Ivoire.].

EGYPTE

_22 février, Alexandrie. Un tribunal d'Alexandrie condamne un jeune bloggeur égyptien de 22 ans, Abdel Kareem Nabil Suleiman, à quatre ans de prison pour "atteinte à la religion" et "diffamation du président".

Le bloggeur "a créé un site Internet à travers lequel il a attaqué l'islam", assure le président du tribunal, le juge Aymane Okkaz. "Sur son site, il a prétendu que l'islam appelait au terrorisme, à la haine et au meurtre" et il a répandu "des idées erronées sur l'islam parmi ses camarades d'université". Il "a également attaqué le régime et ses symboles", affirme le juge, faisant allusion au président égyptien Moubarak.

[L’Egypte figure sur la liste des "13 ennemis d’Internet", "pays enfreignant systématiquement la liberté d'expression sur Internet", publiée en novembre 2006 par Reporters sans frontières (Rsf).]

ESPAGNE

_9 janvier, Madrid. Dans un communiqué transmis au quotidien nationaliste basque Gara, l'ETA, qui revendique l'attentat commis le 30 décembre à l'aéroport de Madrid, indique que le cessez-le-feu permanent décrété en mars 2006 demeurait bel et bien en vigueur.

[Le ministre de l'intérieur espagnol, Alfredo Perez Rubalcaba, a déclaré, après la publication de ce communiqué, ne pas voir "actuellement comment reprendre le dialogue" avec l'organisation indépendantiste armée basque.]

_2 janvier, Madrid. Le ministre espagnol de l'Intérieur, Alfredo Perez Rubalcaba, déclare que le processus de paix engagé il y a 9 mois par le gouvernement de José Luis Rodriguez Zapatero avec l'ETA est "rompu, liquidé, terminé", après l'attentat perpétré à Madrid par l'organisation indépendantiste basque armée.#

ETATS-UNIS

_29 mars, Washington. Robert Gates, se prononce pour la fermeture de la prison de Guantanamo et le transfèrement sur le sol américain des "ennemis combattants" qui y sont détenus.

[Devant une sous-commission des forces armées de la Chambre des représentants, le secrétaire à la défense a invité le Congrès à travailler en liaison avec le gouvernement pour élaborer une nouvelle loi. Celle-ci devrait permettre de donner un cadre à la détention de ceux des détenus qui "doivent réellement être incarcérés à vie, sans les mêler à un système juridique dans lequel ils pourraient être éventuellement libérés", a-t-il dit.

Selon Robert Gates, moins de 100 détenus sur les 385 encore présents à la base sont considérés comme des "durs". Ils pourraient être transférés dans des prisons militaires sur le sol américain. Le secrétaire à la défense n'a pas parlé de jugement.]

_29 mars, Washington. Le Sénat américain adopte un projet de loi liant le financement de la guerre en Irak à un objectif de retrait des troupes américaines dans un an. Ce texte a recueilli 51 voix pour et 47 contre. Deux sénateurs n'ont pas pris part au vote.

Le projet de loi dégage 122 milliards de dollars pour financer les opérations militaires en Irak et en Afghanistan en 2007 et demande le retrait de l'essentiel des troupes présentes en Irak d'ici au 31 mars 2008. Ce projet de loi fait suite à l'adoption par la Chambre des représentants d'un texte proche.

[George Bush a annoncé qu’il mettrait son veto à ce texte, en raison du calendrier de retrait imposé par ses adversaires démocrates, majoritaires au Congrès depuis janvier. Certains démocrates souligne-t-il, "croient qu'ils peuvent me forcer à accepter qu'on impose à nos commandants des restrictions qui selon moi rendent le retrait et la défaite plus probables. Cela n'arrivera pas", assure George Bush, prévenant que "les Américains sauront qui tenir pour responsable".]

_24 mars, Paris, Le conflit irakien "pourrait dégénérer" en une guerre régionale, déclare au Monde l’ancien conseiller diplomatique de Jimmy Carter, Zbigniew Brzezinski. Le risque pour les Etats-Unis : "être entraînés dans un conflit en Iran, en Afghanistan et au Pakistan, au même moment".

_23 mars
, Washington. Le New York Times affirme que Robert Gates a plaidé en faveur de la fermeture du camp de Guantanamo dès sa prise de fonction en décembre 2006, invoquant une image des Etats-Unis "souillée à l'étranger". Le secrétaire américain à la défense aurait insisté, à plusieurs reprises, pour que les procès des terroristes présumés enfermés sur la base navale américaine installée sur l'île de Cuba se tiennent aux Etats-Unis, afin qu'ils bénéficient d'un plus grand crédit.

D'après le quotidien, la secrétaire d'Etat, Condoleezza Rice, s'était alignée sur la position de M. Gates.

_19 mars, Washington. Quatre ans après le début de la guerre en Irak, George Bush met en garde le Congrès à majorité démocrate contre la tentation de "plier bagage" et de quitter l'Irak, alors que moins de la moitié des quelque 30’000 hommes qu'il entend déployer en renfort, dans le cadre de sa nouvelle "stratégie", sont arrivés à Bagdad. "Satisfaisante" à court terme, cette option aurait, selon le président américain, "des conséquences dévastatrices pour la sécurité américaine". Elle provoquerait, prévient-il, "une contagion de la violence", qui pourrait "entraîner la région" et offrir "aux terroristes" une nouvelle base de regroupement.

Le plan de sécurisation de Bagdad "n'en est qu'à ses débuts" et il faudra "des mois, et non des jours ou des semaines" pour en évaluer le succès, précise George Bush, évoquant "un combat difficile, mais qui peut être remporté".

_9 mars, Washington. Un rapport du Département de la justice dénonce les pratiques du FBI (police fédérale) dans la lutte contre le terrorisme. L'agence fédérale a outrepassé à de très nombreuses reprises les règles établies par le Patriot Act, adopté au lendemain des attentats du 11 septembre, et a recueilli des informations sur des citoyens américains de manière illégale, selon le rapport. "Une ou plusieurs irrégularités" ont été observées "dans 22% des affaires étudiées", constate-t-il.

[L'Organisation américaine de défense des libertés individuelles (ACLU) a demandé au Congrès "d'agir immédiatement pour abroger ces dispositions dangereuses du Patriot Act".]

_6 mars, Washington. Le président Bush affirme, lors du congrès annuel de l'American Legion, que les Irakiens et les alliés de la coalition font des progrès "graduels, mais importants" sur les plans de la sécurité et de l'instauration de la démocratie.

_28 février
, Washington. Le président Bush déclare qu'il "opposera son veto" à un projet de loi des démocrates appelant à un retrait des GI d'Irak d'ici à fin 2008. Le départ des troupes débuterait au plus tard le 1er mars 2008 et s'achèverait en six mois, mais pourrait commencer dès cette année, si le gouvernement irakien manque à ses obligations de réforme, selon la proposition présentée par la présidente de la Chambre, Nancy Pelosi.

[Le 27 février, le commandant américain en Irak, le général David Petraeus, avait averti qu'il n'y avait pas de "solution militaire" au conflit.]

_23 janvier, Washington. Lors de son discours sur l'état de l'Union, prononcé pour la première fois devant un Congrès à majorité démocrate, George Bush exhorte les Américains à donner une chance à la nouvelle stratégie qu'il a imaginée pour l'Irak, se disant convaincu qu'il était encore possible pour les Etats-Unis de l'emporter.

"Notre pays déploie une nouvelle stratégie en Irak. Et je vous demande de lui donner une chance [...]. A ce jour, à cette heure, il est encore possible de peser sur l'issue de la bataille. En nous efforçant de retrouver toute notre détermination, nous pouvons encore modifier le cours des choses en notre faveur", assure le président américain, qui invoque le "scénario cauchemardesque" d'un retrait prématuré des Américains d'Irak et la menace d'un conflit sur le sol irakien entre extrémistes chiites, soutenus par l'Iran voisin, et sunnites.

"Une contagion de la violence pourrait déborder du pays et finalement toute la région pourrait être entraînée dans le conflit. L'Amérique n'a pas le droit d'échouer en Irak, parce que vous comprenez que cela aurait des conséquences funestes et de grande ampleur."

_12 janvier, Washington. Le secrétaire américain à la Défense Robert Gates affirmé que les Etats-Unis n'ont pas l'intention d'attaquer l'Iran pour le moment, mais qu'ils n'excluent pas de manière définitive toute action militaire.#

11 janvier, New York. Ban ki-moon souhaite la fermeture du centre de détention américain de Guantanamo, sur l'île de Cuba - prison, où des dizaines de personnes soupçonnées d'appartenir à l'organisation terroriste Al-Qaida sont détenus au secret sans avoir été inculpés.

"Comme mon prédécesseur, j'estime que la prison de Guantanamo devrait être fermée. Je crois me rappeler également que le président Bush lui-même a dit qu'il aimerait la fermer", déclare le nouveau secrétaire général des Nations unies.

[En juin 2006, après le suicide de trois détenus, cinq experts des droits de l'homme des Nations unies ont réclamé la fermeture immédiate de la prison américaine où les conditions de détention "inhumaines et dégradantes" affectent la santé mentale des détenus. Ces experts dénonçaient dans un rapport la pratique de la torture. Après la publication du rapport, le secrétaire général Kofi Annan s'était prononcé pour une fermeture de Guantanamo, le plus tôt possible. Il avait aussi demandé que les détenus soient "jugés ou libérés".]

_11 janvier, Washington. Lors d'une allocution télévisée, George Bush annonce la mobilisation de 21'500 soldats en Irak. Ils s'ajouteront aux 132'000 déjà présents. Cinq brigades supplémentaires vont être déployées à Bagdad, soit 17'500 hommes, ce qui va doubler les effectifs américains dans la capitale. 4'000 marines seront, eux, envoyés dans la province d'Al-Anbar, le fief d'Al Qaida en Irak, selon l'armée américaine. Pour justifier ce renfort, le président américain, qui reconnaît des "erreurs" dans la guerre, explique qu'un retrait "provoquerait l'effondrement du gouvernement irakien [...] et déclencherait un massacre".

Plus d'info La nouvelle stratégie de George Bush

_6 janvier, Washington. Trois mille soldats américains sont morts en Irak depuis l'invasion du pays début 2003, selon le dernier bilan du ministère américain de la défense (Pentagone). Seulement 139 soldats sont morts pendant l'invasion proprement dite, du 19 mars au 30 avril 2003.

Sur les 3000 soldats morts en Irak, 2415 sont morts au combat et 585 sont décédés de "cause non-hostile", selon le Pentagone. Plus de 22'100 soldats ont également été blessés.

[Lors de la guerre de Corée de 1950 à 1953, près de 44'000 soldats américains sont morts ou ont disparu et 153'000 autres ont été blessés; et au Vietnam, entre 1963 et 1973, 60'000 soldats sont morts ou ont disparu et 153'000 autres ont été blessés. Le conflit le plus meurtrier pour les Américains reste la guerre de Sécession, qui a fait 600'000 morts de 1861 à 1865.]

_1er janvier, Crawford (Texas). "Vaincre les terroristes et les extrémistes est le défi de notre époque et nous répondrons à l'appel de l'Histoire avec confiance et lutterons pour la liberté sans vaciller", déclare George Bush, dans un communiqué. En 2006, "l'Amérique a poursuivi sa mission qui est de lutter et de gagner la guerre contre la terreur et promouvoir la liberté comme alternative à la tyrannie et au désespoir. En cette nouvelle année, nous demeurerons à l'offensive contre les ennemis de la liberté", ajoute le président américain.

EUROPE

_14 février, Strasbourg. Le Parlement européen reproché à certains Etats membres de l'Union européenne (UE) d'avoir fermé les yeux sur les transferts secrets de prisonniers opérés par la CIA [agence américaine de renseignement] et demande au Conseil européen, qui représente les 27 Etats membres de l’Union, d'engager si nécessaire une "enquête indépendante".
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Dans un rapport adopté par 382 voix pour, 256 contre et 74 abstentions, les eurodéputés condamnent "le fait que des pays européens aient relâché le contrôle qu'ils sont censés exercer sur leur espace aérien et leurs aéroports en fermant les yeux sur des vols exploités par la CIA" et utilisés pour le transfert illégal de détenus.

[Le rapport de l'UE publie des données d'Eurocontrol, l'agence européenne de la sécurité aérienne, qui a dénombré plus de 1’200 vols non déclarés de la CIA ayant traversé l'espace aérien européen depuis les attentats du 11 septembre 2001.]

_1er janvier, Bruxelles. La Bulgarie et la Roumanie rejoignent une Union européenne (UE) qui va désormais mettre un frein à son élargissement, en attendant de réformer ses institutions et de regagner le soutien de ses citoyens.

[De nombreuses capitales européennes ont salué cet élargissement "historique", tout comme le président de la Commission européenne José Manuel Durao Barroso, qui a félicité les 26e et 27e Etats membres de l'UE pour leur "processus de réformes impressionnant" depuis plus de dix ans. Les deux pays de loin les plus pauvres de l'Union élargie.]

ETHIOPIE

_11 janvier, Addis-Abeba. L'ex-dictateur éthiopien Mengistu Hailé Mariam, qui a dirigé l'Ethiopie de 1977 à 1991, condamné à la prison à vie par contumace. Le 12 décembre 2006, il avait été reconnu coupable de génocide pour les crimes commis pendant la Terreur rouge (1977-1r978) par la justice éthiopienne.

[Hailé Mengistu, qui vit en exil au Zimbabwe depuis que son régime a été renversé en 1991, avait pris la tête du régime militaro-marxiste éthiopien, le 3 février 1977, lors d'un coup d'Etat sanglant qui lui assurait le contrôle du Derg, conseil militaire formé par des officiers dirigeant le pays depuis la chute de l'empereur Hailé Sélassié, en 1974.]

FRANCE

_22 mars, Paris. Le tribunal correctionnel de Paris relaxe Philippe Val, directeur de publication de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, poursuivi pour avoir publié des caricatures de Mahomet. Les juges ont suivi le parquet qui avait requis la relaxe lors de l'audience en février. Ils ont estimé que les caricatures relevaient de la liberté d'expression et ne s'en prenaient pas à l'islam mais aux intégristes.

Parmi les dessins figurait celui de Mahomet portant une bombe dans son turban. Les juges ont estimé que cette caricature était,"prise isolément, de nature à outrager les adeptes de cette religion [l'islam]", mais qu'il devait être resitué dans le contexte plus général du magazine, qui traitait de l'intégrisme religieux.

[L'Union des organisations islamiques de France (UOIF), la Ligue islamique mondiale et la Grande Mosquée de Paris, parties civiles, estimaient que trois caricatures représentaient une "injure stigmatisant un groupe de personnes à raison de sa religion", délit passible d'une peine maximale de six mois d'emprisonnement et de 22’500 euros d'amende. L’UOIF a annoncé qu'elle allait faire appel de cette décision.]

_19 février, Versailles. Le Parlement, réuni en Congrès, vote l'inscription de l'interdiction de la peine de mort dans la Constitution, un quart de siècle après son abolition en France. La révision a été approuvée à la quasi-unanimité des parlementaires, avec 828 voix pour et 26 contre.

_17 février, Paris. Mort de Maurice Papon, 96 ans, seul haut fonctionnaire français condamné pour complicité de crime contre l'humanité pour son rôle dans la déportation de Juifs de Bordeaux pendant l'occupation nazie.#

[Maurice Papon a été condamné, en 1998, à 10 ans de réclusion pour son action comme secrétaire général de la préfecture de Gironde sous l'Occupation.]

_15 février, Paris. Le droit d'asile en France refusé à Agathe Habyarimana, la veuve de l'ex-président du Rwanda mort dans l'attentat qui, le 6 avril 1994, a marqué le début du génocide des Tutsis. La Commission de recours des réfugiés (CRR) a estimé qu'"il existe des raisons de penser qu'elle s'est rendue [...] coupable d'un crime contre l'humanité". A ce titre, elle a est exclue du bénéfice de la Convention de Genève sur les réfugiés.

Les juges de la CRR estiment que Agathe Habyarimana "se distinguait" par son "rôle prépondérant" au sein du "premier cercle du pouvoir" et "s'est trouvée au coeur du régime génocidaire".

[Cette décision confirme celle rendue le 4 janvier 2997 par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra). Agathe Habyarimana vit depuis douze ans en région parisienne avec l’accord des autorités françaises.]

Une plainte pour "complicité de génocide" et "complicité de crimes contre l'humanité" a été déposée le 13 février au tribunal d’Evry par Mes Laval et Dechaumet au nom du Collectif des parties civiles pour le Rwanda, une association représentant les victimes du génocide rwandais.

Agathe Kanziga est régulièrement accusée d'avoir activement participé à la planification du génocide, notamment via l'Akazu, une structurelle occulte et informelle regroupant ses proches, frères et cousins, qui avaient noyauté le sommet de l'Etat rwandais à leur profit et en vue d'exécuter un programme extrémiste d'extermination des Tutsis.]

_9 février, Paris. La Cour de cassation estime que l'humoriste Dieudonné s'est rendu coupable d'injure raciale en assimilant, dans une interview au magazine "Lyon Capitale", en 2003, les juifs à une "secte" et à une "escroquerie", et casse une décision de la Cour d'appel de Paris qui avait estimé que les propos de l'humoriste n'étaient pas sanctionnables.

[La Cour de cassation a estimé que ces propos ne relevaient "pas de la libre critique du fait religieux, participant d'un débat d'intérêt général, mais constitue(nt) une injure visant un groupe de personnes à raison de son origine, dont la répression est une restriction nécessaire à la liberté d'expression dans une société démocratique".]

_8 février, Paris. Le parquet de Paris demande la relaxe de l’hebdomadaire "Charlie Hebdo" poursuivi pour "injures publiques envers un groupe de personnes en raison de leur appartenance à une religion" pour avoir publié, en février 2006, des caricatures controversées du prophète Mahomet.

"L'intégrisme ne désigne pas tous les musulmans", a indiqué la représentante du ministère public, Anne de Fontette. "Ce qui est en évidence dans ces caricatures, ce n'est pas l'obscurantisme supposé de la religion musulmane, son prosélytisme ou encore ses défauts, c'est la dénonciation de l'utilisation qu'en font les terroristes qui prétendent agir en son nom", a-t-elle assuré. Anne de Fontette a estimé que "ce qui est dénoncé, c'est le dogme de l'islam quand il est dévoyé à des fins fanatiques ou extrémistes", terminant son réquisitoire en affirmant que, selon elle, les éléments constitutifs du délit d'"injure stigmatisant un groupe de personnes à raison de sa religion" n'étaient pas réunis.

Pour les avocats des plaignants – la Grande Mosquée de Paris, l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) et la Ligue islamique mondiale -, l'hebdomadaire satirique a insulté les croyants musulmans. Ils ont soutenu qu'ils n'entendaient pas s'en prendre à la liberté d'expression ou établir un délit de blasphème, mais dénoncer ce qu'ils considèrent comme du racisme.#

[Sur les trois caricatures visées par la poursuite, deux – publiés initialement en 2005 au Danemark par le quotidien "Jyllands-Posten" – montrent pour l'un le Prophète Mahomet avec une bombe dans son turban et pour l'autre, le même personnage accueillant des kamikazes au paradis et déclarant "Stop, on est à court de vierges". Le troisième dessin, œuvre du dessinateur Cabu et publié en couverture de "Charlie Hebdo", représente, sous le titre "Mahomet débordé par les intégristes", le Prophète qui se voile les yeux et dit : "C'est dur d'être aimé par des cons."]

_30 janvier, Paris. Un quart de siècle après son abolition, et conformément au souhait exprimé par Jacques Chirac lors d'une cérémonie des vœux, le 3 janvier 2006, l'Assemblée nationale adopte, par un vote à main levée, un projet de loi visant à inscrire l'abolition de la peine de mort dans la Constitution. Le projet de loi constitutionnelle ajoute un article 66-1 au titre VIII de la Constitution, disposant que "nul ne peut être condamné à la peine de mort".

Plus d'info Le projet de loi [pdf 112 ko]

_29 janvier, Paris. Le Haut Conseil à l'intégration (HCI) remet au Premier ministre, Dominique de Villepin, un projet de Charte de la laïcité dans les services publics.

Le projet de Charte a pour vocation, aux yeux du HCI, à être affiché dans tous les services publics - les hôpitaux, les prisons, les armées, mais aussi les services publics d'accueil plus ponctuels comme les caisses d’allocations familiales (CAF) ou les caisses primaires d'assurance maladie (CPAM); non normatif, il ne garantit pas le changement de certaines pratiques dans les services publics. Le HCI préconise que cette charte soit affichée dans tous les services publics, "sans attendre la multiplication des débordements".

Le texte rappelle aux agents que si "la liberté de conscience [leur] est garantie", notamment à travers la possibilité de se voir attribuer des autorisations d'absence à l'occasion des grandes fêtes propres à leur confession, "le principe constitutionnel de laïcité impose [à tous] un devoir de stricte neutralité, le traitement égal de tous les individus et le respect de la liberté de conscience". "Le fait pour un agent public de manifester ses convictions religieuses dans l'exercice de ses fonctions constitue un manquement à ses obligations".

A l'égard des usagers, le texte rappelle que : "Les usagers des services publics doivent s'abstenir de toute forme de prosélytisme. [Lorsque] la vérification de l'identité est nécessaire, ils doivent se conformer aux obligations qui en découlent. [Ils] ne peuvent, à raison de leurs convictions, récuser un agent public ou d'autres usagers, ni exiger une adaptation du fonctionnement du service public".

Plus d'info Le texte de la Charte

["Le principe de laïcité ne se limite pas au seul champ de l'école", relève le HCI dans l'avis remis au Premier ministre. D'autres services publics, l'hôpital notamment, sont ici et là affectés par des entorses à la laïcité. En 2003, la Commission Stasi s'en était déjà fait l'écho. Si ces phénomènes restent encore résiduels" souligne le HCI, il apparaît cependant "hautement souhaitable, sans attendre la multiplication de débordements, de veiller à rappeler la règle républicaine aux agents et aux usagers".]

_22 janvier, Paris. Mort de l'Abbé Pierre, 94 ans, fondateur du mouvement des compagnons d'Emmaüs. Cet ancien résistant avait lancé en février 1954 un appel en faveur des mal-logés, une cause qu'il n'avait jamais cessé depuis lors de défendre.#

Plus d'info Emmaüs        Plus d'info 1 février 1954 : "Mes amis, au secours !"

["Avec la disparition de l'Abbé Pierre, c'est la France entière qui est touchée au coeur", a déclaré le président français Jacques Chirac. "Elle perd une immense figure, une conscience, une incarnation de la bonté".

Evoquant "l'admirable appel de l'hiver 54", Jacques Chirac a souligné que l'abbé Pierre "représentera toujours l'esprit de révolution contre la misère, la souffrance, l'injustice et la force de la solidarité". "Prêtre engagé dans la résistance et la lutte en faveur des déshérités, l'abbé Pierre aura été de tous les justes combats", a ajouté le chef de l'Etat". Photo Emmaüs.]

_21 janvier, Alger. En visite officielle en Algérie, cinquante ans après le début de la "bataille d'Alger", Jean-Louis Debré appelle à "un indispensable devoir de mémoire" sur le chapitre des relations unissant la France et l'Algérie. "Tout grand pays se doit d'assumer son histoire, les pages les plus glorieuses comme les épisodes les plus sombres", déclare le président de l'Assemblée nationale devant les députés de l'Assemblée populaire algérienne.

"Nous devons ensemble assumer notre histoire commune pour nous tourner vers un rêve d'avenir partagé", souligne-t-il, formulant le souhait "que la France, dans le cadre de ses lois, permette aux historiens et aux chercheurs l'examen des archives". Jean-Louis Debré envisage qu'une commission mixte franco-algérienne puisse être constituée "dans des délais rapprochés" pour travailler sur la période de la colonisation et de la guerre d'indépendance.

_18 janvier, Lyon. Bruno Gollnisch condamné à une peine de 3 mois de prison avec sursis et une amende de 5'000 euros par le tribunal correctionnel de Lyon, pour "délit de contestation de l'existence de crime contre l'humanité par paroles". Le numéro deux du Front national (FN) encourait jusqu'à un an de prison, mais aucune peine d'inéligibilité. Au terme de l'audience, intervenue les 7 et 8 novembre 2006, il avait reconnu l'existence des chambres à gaz.

[Bruno Gollnisch était poursuivi pour des propos controversés sur les chambres à gaz tenus en octobre 2004. Lors d'une conférence de presse à Lyon, il avait déclaré "ne pas remettre en cause les déportations" ni "les millions de morts" des camps nazis, avant d'ajouter toutefois : "Quant à savoir la façon dont les gens sont morts, ce débat doit avoir lieu." Interrogé plus spécifiquement sur les chambres à gaz, il avait répondu : "Je ne nie pas les chambres à gaz homicides. Mais, je ne suis pas spécialiste de cette question et je pense qu'il faut laisser les historiens en discuter. Et cette discussion devrait être libre".]

_17 janvier, Paris. Le Conseil des ministres adopte un projet de loi sur le droit opposable au logement qui, d'ici cinq ans, va placer ce nouveau droit au même rang que le droit aux soins ou à l'éducation. Le projet, qui sera discuté pendant la deuxième quinzaine de février à l'Assemblée nationale, devrait être adopté avant la fin de la législature.

Le projet de loi donne la possibilité à toute personne dans l'incapacité de trouver un logement décent, d'engager un recours devant les tribunaux dès l'instant où elle est autorisée à séjourner en France "de façon régulière et stable". Le droit au logement, déjà inscrit dans la loi française, deviendra ainsi un droit "opposable" au même titre que le droit à la scolarité et le droit à la protection de la santé.

Plus d'info Le projet proposé par le gouvernement

Le projet prévoit que cinq catégories de "demandeurs les plus prioritaires" pourront, à partir du 1er décembre 2008, présenter un recours administratif si leur demande de logement "n'a pas reçu une réponse correspondant à ses besoins et ses capacités, dès lors que cette demande a été regardée comme prioritaire et urgente par une commission de médiation".

Il s'agit des personnes dépourvues de logement, de celles menacées d'expulsion sans relogement, hébergées temporairement, logées dans des locaux impropres à l'habitation ou présentant un caractère insalubre ou dangereux, et des ménages avec enfants mineurs ne disposant pas d'un logement décent ou vivant en sur-occupation.#

Ce droit sera étendu, à partir du 1er janvier 2012, aux "autres personnes éligibles au logement social dont la demande de logement a été laissée sans réponse durant un délai anormalement long".

_9 janvier, Pékin. La candidate socialiste à l'élection présidentielle, Ségolène Royal, en visite en Chine, appelle les dirigeants chinois à respecter les "droits humains", un concept regroupant droits de l'homme, droits sociaux et droits environnementaux.

[Ségolène Royal, qui a pris la défense de cinq journalistes et avocats emprisonnés ou relégués, a expliqué vouloir prendre au mot les responsables chinois lorsqu'ils affirment vouloir d'une "société harmonieuse". L'un des moyens est d'exiger de la Chine le respect des engagements contenus dans un certain nombre de traités qu'elle a signés, notamment le Pacte des droits civils et politiques des Nations unies, a souligné la candidate, qui s'est déclarée partisane d'une "dynamique positive [...] tout en ne taisant pas les problèmes".

_5 janvier, Paris. Jacques Chirac déclare devant les diplomates étrangers en poste à Paris, que la guerre en Irak, dont il avait été l'un des plus farouches opposants et qu'il qualifie d'"aventure", avait "offert au terrorisme un nouveau champ d'expansion" - alors que le président Bush a toujours assimilé ce conflit à la guerre contre le terrorisme.

"Comme la France le pressentait et le redoutait, la guerre en Irak [déclenchée en mars 2003 par les Etats-Unis] a précipité des bouleversements qui n'ont pas fini de dérouler leurs effets", souligne le président français.

[Jacques Chirac a souligné que cette guerre "a exacerbé les clivages entre communautés et ébranlé l'intégrité même de l'Irak. Elle a fragilisé la stabilité de l'ensemble de la région où chaque pays, désormais, est inquiet pour sa sécurité et son indépendance". Il a ajouté que "la priorité, plus que jamais, est de rendre aux Iraquiens leur entière souveraineté".]

_3 janvier, Paris. Présentant les vœux du Conseil constitutionnel au Président Jacques Chirac, le président du Conseil, Pierre Mazeaud, déplore, en citant le philosophe Marcel Gauchet, l’apparition d’un "individu déconnecté de la Cité, pur créancier, pur consommateur de services publics, nouveau sujet de droit [qui] ne se reconnaît pas de devoirs", défini par ses appartenances communautaires aux antipodes du "citoyen des Lumières".

Plus d'info Le discours de Pierre Mazeaud

_3 janvier, Paris. Un projet de loi instituant un droit au logement opposable [droit "justiciable", c'est-à-dire invoquable en justice], sera présenté le 17 janvier en Conseil des ministres, annonce le Premier ministre, Dominique de Villepin. Ce texte sera mis en œuvre en deux temps. Fin 2008, il s'appliquera aux personnes les plus en difficulté (sans-abri, travailleurs pauvres, femmes isolées avec enfant). "La deuxième étape peut être fixée au 1er janvier 2012 : le droit au logement opposable concernera alors toutes les personnes ou toutes les familles logées dans des habitations insalubres ou indignes".

Le projet fait de l'Etat le garant juridique du respect du droit au logement. En cas de manque de logement décent, un recours judiciaire sera possible auprès d'une instance publique. Celle-ci sera contrainte de trouver une solution. Le respect du droit opposable au logement sera garanti par l'Etat, a précisé Dominique de Villepin, en ajoutant que "l'Etat pourra naturellement déléguer la mise en œuvre de ce droit aux collectivités territoriales qui le souhaitent dès le vote du texte".

[Le droit au logement est reconnu comme droit social depuis 1946 en France, mais il n'était pas "opposable", contrairement aux droits à l'éducation et à la santé. Selon la loi du 31 mai 1990, "toute personne ou famille […] a droit à une aide de la collectivité pour accéder à un logement décent ou indépendant".]#

_1er janvier, Paris. Lors de ses douzièmes vux télévisés aux Français, Jacques Chirac demande au gouvernement d'avancer "dans les toutes prochaines semaines" pour "faire du droit au logement une réalité".

Jacques Chirac Pour le chef de l'Etat, le droit au logement, avec le progrès économique et social, est le deuxième enjeu du gouvernement. "Des réformes importantes sont devant nous, a-t-il assuré : pour aller beaucoup plus loin dans la baisse du chômage, pour faire de la participation un véritable projet de société, pour donner plus de puissance à nos entreprises, pour mettre en place un véritable droit au logement opposable, c'est-à-dire faire du droit au logement une réalité".

[Le droit au logement est reconnu en France comme droit social depuis 1946. Au niveau international, la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 reconnaît dans son article 25-1 que le droit au logement fait partie des droits sociaux : "Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation, l'habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires".

Les derniers rapports du Haut comité pour le logement des personnes défavorisées préconisent la mise en oeuvre d'un "droit au logement opposable" qui donnerait à la collectivité, non plus une simple obligation de moyens, mais une obligation de résultat. Un droit opposable, à l'image de ce qui se passe déjà pour la scolarisation ou les soins, permettrait de créer des voies de recours, amiables et juridiques. Le citoyen pourrait se retourner contre l'autorité -locale ou nationale- chargée d'organiser ce droit.

Dans son 9e rapport, le Haut Comité pour le logement des personnes défavorisées a insisté sur la pénurie de logements en France et sur son rôle dans l'exclusion : trois millions de personnes n'ont pas de logement ou ont recours à des formules précaires (squats, lieux insalubres,). "Pour garantir le droit au logement, il faut d'abord le rendre opposable, souligne Xavier Emmanuelli, président du Haut Comité. Cela implique concrètement de désigner une autorité politique responsable de sa mise en œuvre à l'égard des citoyens. (...) Cette autorité pourrait être le groupement intercommunal ou la région".]

GRANDE-BRETAGNE

_21 février, Londres. Le Premier ministre britannique, Tony Blair, annonce un premier retrait "dans les prochains mois" de 1’600 soldats britanniques sur les 7'100 déployés dans le sud de l’Irak. Les retraits s’échelonneront jusqu’à la fin de 2008.

[Deux autres pays, le Danemark et la Lituanie ont également annoncé qu’ils allaient retirer leurs soldats d’ici à l’été 2007 (460 pour le Danemark, 50 pour la Lituanie).]

IRAK

_20 mars, Bagdad. L'ancien vice-président irakien Taha Yassin Ramadan pendu, avant l'aube, pour son rôle dans le meurtre de 148 villageois chiites dans les années 1980, le jour du 4e anniversaire de l’invasion américaine du pays. Son exécution survient moins de trois mois après celle de l'ancien chef de l'Etat Saddam Hussein, dont Ramadan était un proche, alors que les violences ne connaissent aucun répit.

_16 janvier, Koweït. La secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, les chefs de la diplomatie du groupe dit des "6+2", c'est-à-dire les six monarchies pétrolières du Conseil de coopération du Golfe (Arabie saoudite, Koweït, Oman, Emirats arabes unis, Bahrein et Qatar), ainsi que l'Egypte et la Jordanie, appellent, dans une déclaration commune, à "la non-ingérence dans les affaires intérieures irakiennes".

Cet appel vise à soustraire l'Irak aux affrontements entre "des pouvoirs régionaux ou internationaux" et au conflit ouvert entre les Etats-Unis et l'Iran.#

IRAN

_24 mars, New York. Dans une résolution adoptée à l'unanimité de ses quinze membres, le Conseil de sécurité des Nations unies inflige de nouvelles sanctions économiques et commerciales à l'Iran - après celles de décembre 2006. La résolution contient un embargo sur les achats d'armes à l'Iran, des restrictions volontaires aux ventes d'armements à ce pays, des restrictions financières et commerciales, ainsi que sur les voyages de certaines personnalités iraniennes liées au programme nucléaire du pays.

[La résolution, qui porte le numéro 1747, renforce les sanctions imposées à l'Iran par une précédente résolution, la 1737 du 23 décembre 2006. "L'Iran n'arrêtera pas, ne serait-ce qu'une seconde, son programme nucléaire, légal et pacifique, face à cette résolution illégale", a déclaré le président iranien, qui a également décidé de limiter la coopération du pays avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).  La résolution du Conseil de sécurité [pdf 112 ko]]

_22 mars, Paris. "Nous ne voulons pas la bombe. C'est inutile et notre religion nous l'interdit, déclare le président iranien Mahmoud Ahmadinejad sur la chaîne France 2. Nous n'avons jamais attaqué personne". Tout en réaffirmant que son pays ne renoncera pas à ses activités nucléaires, il indique qu'il allait faire de "nouvelles propositions" au Conseil de sécurité des Nations unies. Ces propositions "seront basées sur les droits inaliénables dont disposent toutes les nations".

_22 février, New York. Selon un rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), l’Iran ne s'est pas conformé à la demande du Conseil de sécurité des Nations unies de suspendre ses activités d'enrichissement d'uranium. L'Iran avait jusqu'à 60 jours, à partir de fin décembre 2006, pour se conformer aux exigences de la résolution 1’737.

[L’Iran, qui s’apprête à faire passer ses activités expérimentales d'enrichissement d'uranium à un stade industriel, a annoncé son projet de faire fonctionner 3’000 centrifugeuses en mai 2007. Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, s'est dit "vivement préoccupé". Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité et l'Allemagne ont décidé de se réunir le 26 février à Londres pour préparer une deuxième résolution destinée à sanctionner l'Iran.]

JAPON

_26 mars, Tokyo. Le Premier ministre conservateur Shinzo Abe présente les "excuses sincères" du Japon, déjà exprimées officiellement en 1993, pour l'esclavage sexuel de près de 200’000 femmes, selon les historiens, pendant la période d'expansion coloniale du milieu du XXe siècle.

[Le Premier ministre japonais a suscité une polémique, affirmant qu'il n'existait "aucun témoignage fiable" prouvant le recours de l'armée à "la coercition" pour recruter ces femmes. Cette question avive la tension entre le Japon et la Corée du Nord, qui réclame des excuses plus sincères, et freine les négociations sur le démantèlement du programme nucléaire nord-coréen.]

KOSOVO

_26 mars, New York. Dans un rapport remis au Conseil de sécurité, le médiateur des Nations unies pour le Kosovo, Martti Ahtisaari, préconise l’indépendance du Kosovo. "L’indépendance est la seule option pour assurer la stabilité politique et la viabilité économique du Kosovo", affirme-t-il. "Je propose que l’indépendance du Kosovo et les obligations résultant de ma proposition de règlement s’exercent en un premier temps sous la supervision et avec l’appui d’une présence civile et militaire internationale".

  Pus d'info        > Le rapport des Nations unies  [pdf 108 ko]

[L'hypothèse d'un Kosovo indépendant est rejetée par la Serbie et la Russie. Mais elle est soutenue par les Etats-Unis et l'Union européenne (UE). "Toute forme d’indépendance pour le Kosovo est inacceptable pour la Serbie", a déclaré le président serbe Boris Tadic, ajoutant qu’il était "énergiquement opposé" à la proposition d’une "indépendance surveillée" pour le Kosovo proposée par Martti Ahtisaari.]

_21 mars, Paris. Après avoir soigneusement évité d'utiliser le mot "indépendance", durant quatorze mois de négociations délicates, le médiateur des Nations unies sur le statut du Kosovo, Martti Ahtisaari, conclut, dans son rapport final, que "l'indépendance sous supervision internationale est la seule option viable" pour la province serbe à majorité albanaise.

Selon ce rapport encore confidentiel, consulté par le quotidien Le Monde, "le maintien d'une administration internationale n'est pas tenable", et "la réintégration dans la Serbie n'est pas une option viable"."Le temps est venu de fixer le statut du Kosovo", écrit Martti Ahtisaari, qui, huit ans après la mise en place d'une administration des Nations unies accordant au Kosovo une large autonomie sous souveraineté de la Serbie, estime qu'avec "la poursuite de l'ambiguïté politique, la paix et la stabilité du Kosovo et de la région resteront en danger". "L'indépendance est la seule garantie contre ce risque", et "c'est aussi la meilleure chance d'un partenariat durable avec la Serbie", souligne-t-il.
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Bien que l'indépendance soit la seule "option réaliste" à ses yeux, le médiateur des Nations unies reconnaît que "la capacité du Kosovo à relever seul les défis de la protection des minorités, du développement démocratique, du redressement économique et de la réconciliation reste limitée". Source : "Le Monde", Paris, 21 mars 2007.

[CHRONOLOGIE. 10 juin 1999. Le Conseil de sécurité des Nations unies accorde au Kosovo, placé sous administration des Nations unies, "une autonomie substantielle" [résolution 1244] à l'issue de la campagne aérienne de l'OTAN et du retrait de l'armée serbe.
Novembre 2005. Le Parlement kosovar vote une résolution pour la création d'un Etat indépendant.
Décembre 2005. Médiation des Nations unies dirigée par Martti Ahtisaari.
29 octobre 2006. La Serbie adopte une nouvelle Constitution réaffirmant sa souveraineté sur le Kosovo.
26 janvier 2007. Martti Ahtisaari présente à Vienne son plan pour le Kosovo.]

_10 mars, Vienne. Les dirigeants serbes rejettent le projet du médiateur des Nations unies, Martti Ahtisaari, visant à octroyer au Kosovo une large souveraineté sous surveillance internationale. Le plan proposé est "inacceptable" et "insupportable", déclare le président serbe Boris Tadic. Le président du Kosovo, Fatmir Sedjiu, souligne, de son côté, que "l’indépendance est le B.A.BA, le commencement et la fin de notre position", ajoutant que la population albanophone (90% de la population) aspirait à se joindre un jour "à la famille des nations libres".

_2 février New York. L'Envoyé spécial des Nations unies pour le statut du Kosovo, Martti Ahtisaari, présente ses propositions qui prévoient d'abord des institutions nouvelles et des pouvoirs internationaux accordés à la province serbe administrée par les Nations Unies depuis 1999 et ensuite un calendrier pour y parvenir.

Pus d'info

_26 janvier, Vienne. L’envoyé spécial des Nations unies pour le Kosovo, Martti Ahtisaari, remet son rapport – non rendu public - sur l’avenir du Kosovo, province serbe sous administration internationale, aux représentants des pays membre du groupe de contact (Allemagne, Etats-Unis, France, Italie, Royaume-Uni, Russie).

Selon une source diplomatique occidentale – citée par le quotidien Le Monde -, "le mot indépendance n’apparaît pas". "La formulation retenue est plus ambiguë. Elle permettra au Kosovo de postuler à un certain nombre d’institutions internationales telles que la Banque mondiale ou le FMI, qui auront la possibilité de l’accepter, et à d’autres, comme les Nations unies, de la refuser. Il s’agit, ajoute le diplomate, d’une souveraineté limitée et progressive. Toute la subtilité [du rapport] repose sur l’application d’un processus – non pas d’indépendance – mais de reconnaissance".

[L’indépendance du Kosovo est l’objectif revendiqué par les Albanais de la province, qui forment plus de 90% des deux millions d’habitants, amis auquel s’opposent la Serbie et la Russie.]

LIBAN

_14 février, Beyrouth. Brandissant le drapeau de leur pays, près de 300'000 Libanais se rassemblent sur la grande place des Martyrs, pour un hommage à l'ancien Premier ministre Rafic Hariri, deux ans après son assassinat. Au cœur de Beyrouth, au lendemain d'un double attentat qui a fait trois morts, les Libanais crient "non" au terrorisme, commente Le Monde.

[Dans une déclaration, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a réaffirmé la détermination des Nations unies "à aider le [Liban[ à découvrir la vérité et à traduire en justice les auteurs de cet "acte méprisable". 22 autres personnes sont mortes dans l'attentat qui visait le convoi de Rafic Hariri, le14 février 2005 à Beyrouth. Depuis, une quinzaine d'autres attentats ont visé des personnalités libanaises opposées à la Syrie. Les Nations unies ont signé un accord avec le gouvernement libanais concernant l'établissement d'un Tribunal spécial pour le Liban visant à juger les auteurs de ces attentats.]#

NATIONS UNIES

_16 janvier, Washington. A l'issue d'un entretien avec le président Bush, Ban ki-moon lance un appel à un engagement ferme des Etats-Unis à la cause des Nations unies, notamment dans le domaine financier, soulignant cependant que ce partenariat essentiel ne devait pas se faire aux dépends des autres 191 Etats membres.

"En Asie de l'Est, d'où je viens, 60 années forment un cycle. Les Nations unies entrent dans un nouveau cycle alors qu'elle viennent de célébrer leurs 60 ans. Nous pouvons entrer dans une nouvel âge d'or si nous travaillons de façon collective, et si les Etats-Unis sont avec nous sans réserves et sans relâche", déclare le secrétaire général des Nations unies.

NEPAL

_25 janvier, Katmandou. A l’issue d’une visite au Népal, Louise Arbour incite le Népal à juger les auteurs des violations des droits de l'homme durant le conflit armé. "Une paix durable est construite sur la base de la justice et la garantie de protection des droits de l'homme que celle-ci apporte", a souligné la haut commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, qui a rencontré aussi bien les officiels du gouvernement que les responsables maoïstes et des victimes du conflit qui a opposé pendant dix ans les forces de sécurité aux militants maoïstes.

"Mettre fin à l'impunité est essentiel pour prévenir des futures violations des droits de l'homme et construire une société qui reconnaît que la violence n'est pas acceptable et que personne n'est au-dessus de la loi", a-t-elle assuré, avant d'ajouter : "Je crois que les responsables des plus grosses violations des droits de l'homme comme les disparitions, les meurtres, les tortures devraient être poursuivis". Source : Le Monde, Paris.

[De 1996 à 2006, date de la signature d'un accord de paix entre le gouvernement et la guérilla maoïste qui se battait pour l'abolition de la monarchie au Népal, environ 13’000 personnes ont été tuées, et des dizaines de milliers d'autres ont été déplacées, des centaines ont disparu, ont été assassinées ou ont été torturées. L'accord de paix entre les deux parties, signé le 21 novembre 2006, prévoit la mise en place d'une commission "vérité et réconciliation".]

RUSSIE

_11 février, Munich. Intervenant dans le cadre de la 43e Conférence sur la politique de sécurité (qui a réuni 300 spécialistes des questions stratégiques, dont une quarantaine de ministres), Vladimir Poutine dénonce la politique des Etats-Unis, coupables, selon lui, d'unilatéralisme dans la gestion des affaires du monde.

"Un pays, les Etats-Unis, sort de ses frontières nationales dans tous les domaines. C'est très dangereux : plus personne ne se sent en sécurité, parce que personne ne peut plus trouver refuge derrière le droit international", déclare le président russe. "Ceci alimente une course aux armements, avec le souhait de pays de se doter d'armes nucléaires", assure-t-il dans une allusion indirecte à l'Iran.

[Vladimir Poutine qui, comme le secrétaire américain à la défense Robert Gates (ancien directeur de la CIA), s'est présenté comme un "ancien espion" de la guerre froide, a donné sa définition du "monde unipolaire" voulu, selon lui, par les Etats-Unis : "Cela signifie un centre de pouvoir, un centre de décision agissant comme un maître unique, un souverain unique, qui s'effondrera de l'intérieur. Cela n'a rien à voir avec la démocratie".]#

SOMALIE

_20 février, New York. Le Conseil de sécurité des Nations unies décide de déployer une force de stabilisation africaine en Somalie, qui pourrait servir de précurseur à une opération de maintien de la paix des Nations unies.

La mission de l'Union africaine en Somalie (Amisom) devrait être composée de plus de 8’000 hommes, chargés de "protéger les institutions fédérales de transition" et de favoriser "le dialogue et la réconciliation", dans un pays qui menace de sombrer de nouveau dans le chaos.

[En décembre 2006, le gouvernement de transition, appuyé par les troupes éthiopiennes, avait chassé de Somalie les combattants de l'Union des tribunaux islamiques, qui contrôlaient depuis près de six mois la presque totalité du pays et Mogadiscio.]

_12 janvier, New York. Le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) et l'ONG Save The Children demandent que tous les enfants appartenant à des groupes armés en Somalie soient immédiatement démobilisés. Les deux organisations appellent le gouvernement fédéral de transition en Somalie et les institutions somaliennes à prendre les mesures nécessaires pour s'assurer que ces enfants reçoivent le soutien nécessaire, sans discrimination.

Les deux organisations se sont par ailleurs déclarées très préoccupées par les informations selon lesquelles des enfants et femmes somaliennes se trouvent parmi les victimes des bombardements aériens.

_12 janvier, Mogadiscio. Les principaux chefs de guerre à Mogadiscio acceptent de rendre leurs armes au gouvernement somalien de transition et d'intégrer leurs hommes dans les forces de sécurité. "Les principaux chefs de guerre […] ont décidé de rendre leurs armes après des négociations avec le président" Abdullahi Yusuf Ahmed. Sept chefs de guerre ont accepté l'accord de désarmement : Mohamed Qanyare Afrah, Musa Sudi Yalahwo, Omar Mohamed Mohamoud, Issa Batan Alin, Abdi Hassan Awale Qeiybdid, Omar Habeb et Bashir Raghe Shirar.

_10 janvier, Paris. "L'Ethiopie n'a aucun projet d'occupation de la Somalie" déclare Meles Zenawi, Premier ministre éthiopien, dans un entretien au Monde. L'intervention militaire d'Addis-Abeba en Somalie n'est justifiée, selon lui, que par la lutte contre les réseaux terroristes.

Le Monde "Un groupe de religieux extrémistes (les Tribunaux islamiques qui avaient pris le pouvoir à Mogadiscio en juin 2006) accueillait toutes sortes de terroristes et appelait sans cesse publiquement au djihad contre l'Ethiopie. Les mêmes extrémistes affirmaient qu'ils se préparaient à conquérir toutes les régions où vivent des Somaliens, ce qui inclut Djibouti, le sud de l'Ethiopie ainsi qu'une part du nord-est du Kenya. Pour des raisons religieuses et irrédentistes, ces groupes avaient déclaré la guerre à l'Ethiopie. Nous avons été contraints d'arrêter leur programme de déstabilisation".

Afin de restaurer la paix en Somalie, Meles Zenawi appelle "la communauté internationale, l'Union africaine en particulier, doit rapidement fournir une force de stabilisation. Elle doit ensuite aider les Somaliens à créer une armée, une police, des tribunaux".

_9 janvier, Mogadiscio. Dans un entretien publié par le quotidien panarabe Asharq Al-Awsat, le président somalien Abdullahi Yusuf "refuse avec insistance une reprise des négociations de paix avec les Tribunaux islamiques". Ce mouvement, indique-t-il, "appartient au passé et rien n'amènera le gouvernement de transition à siéger avec lui pour une quelconque négociation".

[L'Union des tribunaux islamiques avait conquis militairement la capitale somalienne, Mogadiscio, en juin 2006, et a exercé son autorité sur l'essentiel du sud du pays jusqu'à l'offensive gouvernementale appuyée par l'Ethiopie, fin décembre.]#

_9 janvier, Washington. Le ministère américain de la défense (Pentagone) reconnaît que l'aviation américaine a bombardé, le 8 janvier, des objectifs dans le sud de la Somalie, visant des combattants islamistes. Ces derniers sont soupçonnés d'avoir participé aux attentats contre les ambassades des Etats-Unis au Kenya et en Tanzanie en 1998. Selon un responsable des services secrets américains, cinq à dix personnes liées au mouvement terroriste Al-Qaida ont été tuées lors de cette opération.

_2 janvier, Mogadiscio. Les troupes éthiopiennes et loyalistes somaliennes ont repris le pouvoir à Kismayo, dernier bastion des forces islamistes. Après dix jours de combat, les islamistes ont perdu toutes les régions détenues depuis plusieurs mois.

[Le Premier ministre somalien, Ali Mohamed Gedi, a demandé au Kenya de fermer ses frontières communes pour empêcher la fuite des combattants islamistes, ainsi que le déploiement d'une force de paix africaine "le plus vite possible".]

SOUDAN

_22 février, La Haye. Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo,  annonce q’il a présenté aux juges de la Cour des "preuves [montrant] que Ahmed Haroun, ancien secrétaire d'Etat à l'Intérieur du Soudan, et Ali Kosheib [nom de guerre de Ali Mohamed Ali, l’un des chefs de la milice pro-gouvernementale des jandjawids] ont commis de concert des crimes contre la population civile au Darfour".

Le procureur les accuse de "51 chefs de crimes contre l'humanité et crimes de guerre présumés [...], dont persécution, meurtre, torture et viol", commis entre août 2003 et mars 2004 contre des villageois de l'ouest de la région soudanaise du Darfour.

[Ahmed Haroun, aujourd'hui secrétaire d'Etat aux Affaires humanitaires, était en charge du dossier Darfour à l'Intérieur. Ali Kosheib a été arrêté au Soudan en novembre 2006.]

SRI LANKA

_22 février, Colombo. Les rebelles des tigres de libération de l’Eelam tamoul (LTTE) annoncent qu’ils se voient "contraints" de reprendre leur lutte pour la création d’un Etat tamoul dans le nord et l’est de l’île. Le LTTE accuse le gouvernement du président Mahinda Rajapakse, arrivé au pouvoir en novembre 2005, de vouloir imposer par la force une solution au conflit. "L’actuelle guerre d’agression du gouvernement sri lankais […] a contraint le peuple tamoul à reprendre sa lutte pour la liberté, pour réaliser son droit à l’autodétermination et à la fondation d’un Etat".

[Les affrontements entre l’armée sri lankaise et les rebelles du LTTE ont repris et fait près de 4'000 morts depuis l’élection, en novembre 2005, à la tête du Sri Lanka, du président Rajapakse.]

_16 janvier, New York. Dans un rapport sur les enfants et le conflit armé au Sri Lanka, publié le 16 janvier 2007, à New York, Ban Ki-moon a dénoncé l'utilisation d'enfants comme soldats par les Tigres tamouls, ainsi que l'accroissement du nombre d'enfants recrutés dans l'est du pays par la faction Karuna, un groupe dissident du mouvement indépendantiste.

Pus d'info

SUISSE

_30 mars, Berne. D’après un sondage de l'institut "gfs bern", environ 10% des personnes vivant en Suisse auraient "des attitudes antisémites systématiques" et 28% des "attitudes anti-juives ponctuelles".
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Alors que l'étude - "Attitudes anti-juives et anti-israéliennes en Suisse" - estime que les débats sur la politique d'Israël au Proche-Orient n'ont pas de grands effets sur les attitudes à l'égard des juifs contrairement à d’autres pays comme la France, les "attitudes antisémites systématiques" se retrouvent principalement chez des personnes issues des couches socio-économiques basses se réclamant de la droite politique et n'ayant pas de connaissances au sein de la population juive ou habitant à la campagne.

Pus d'info Enquête : le résumé [pdf 60 ko]

_27 mars, Genève. Le rapporteur du Conseil des droits de l’homme sur le racisme, Doudou Diène, dénonce "une dynamique raciste et xénophobe" en Suisse, dans un rapport présenté, le 27 mars 2007, à Genève.

L’expert des Nations unies, entendu par les pays membres du Conseil des droits de l’homme, a regretté une "instrumentalisation politique de la tension identitaire", ainsi que"des législations et des politiques traitant les questions d'immigration et d'asile sous l'angle uniquement sécuritaire".

Pus d'info

[Doudou Diène, qui avait enquêté en Suisse du 9 au 13 janvier 2006, a estimé qu'il existe dans la société suisse "des partis politiques avec une plate-forme raciste et xénophobe" qui cherchent à imposer leur programme. Il a regretté une "résistance culturelle profonde" au multiculturalisme, notamment à l'égard des étrangers d'origine non européenne. Il a recommandé aux autorités suisses de manifester "une volonté politique ferme pour combattre" la dynamique du racisme dans la société suisse.

Lors du débat devant le Conseil, l'ambassadeur de Suisse auprès des Nations unies à Genève, Blaise Godet, a déclaré qu'il ne voulait pas embellir la situation. "Le racisme est présent en Suisse et nos autorités en sont conscientes à tous les niveaux", a déclaré l'ambassadeur.]

_26 mars Malgré une évolution positive dans l'application des droits de l'enfant, la Suisse peut mieux faire, estiment les organisations de protection de l'enfance. La Convention des Nations unies relative aux droits de l'enfant a été ratifiée par le Parlement suisse le 26 mars 1997. Depuis, "la volonté politique à tous les niveaux a permis d'améliorer la situation des enfants vivants sur notre territoire", indique Défense des Enfants - International (DEI). Malgré la ratification de ce document et les progrès accomplis, comme le nouveau droit du divorce et les mesures contre la violence domestique, les organisations de protection de l'enfance ne sont pas pleinement satisfaites et attendent plus de la Suisse.

[L’organisation Terre des hommes a réalisé une enquête pour les dix ans de la ratification de la Convention. Plus de 21% des élèves et des adultes interrogés n'en ont jamais entendu parler. 58,5% ont cité au moins un de ces droits et seuls 8,7% ont pu définir la Convention. Le droit de l'enfant les plus oubliés sont ceux relatifs à l’information sur les choses qui le concernent et à la possibilité d’exprimer un avis. 3’200 personnes ont été interrogées dans le pays. Plus de 45% ont moins de 13 ans, 24,9% entre 13 et 18 ans et 26,7% plus de 18 ans.]

Pus d'info L’enquête de "Terre des hommes" [pdf 820 ko]
Pus d'info Résumé [pdf 36 ko]

_23 mars, Genève. Le Bureau exécutif de l'Association internationale des villes messagères de la paix (AIVMP), réuni à Genève, dénonce, dans une déclaration – dite Déclaration de Genève - la course à des armements de plus en plus sophistiqués et meurtriers et exprime sa "vive inquiétude" quant à la non application du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP). Il souligne que seul le désarmement mondial peut amener des mesures significatives pour le développement et permettre une "attaque concertée" contre la faim, la maladie, la question des sans-abri et le chômage.

Le Bureau de l'AIVMP demande à toutes les villes de diffuser la Déclaration universelle des droits de l'Homme, qui célébrera son 60e anniversaire en 2008 "et pourra servir de base de dialogue national entre les gouvernements et les sociétés civiles".

Pus d'info La Déclaration de Genève [pdf 76 ko]

_9 mars, Lausanne. Dogu Perinçek, président du Parti des travailleurs turcs, reconnu coupable de discrimination raciale pour avoir nié le génocide arménien lors d’un déplacement en Suisse, en 2005. Il avait affirmé que le génocide arménien était "un mensonge international".

La Cour demande au nationaliste turc de verser 1000 francs "symboliques" à l'Association Suisse-Arménie qui s'était constituée partie civile. Il devra s'acquitter également de 10'000 francs de dépens et de 5’800 francs de frais de justice.
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Dogu Perinçek est "un provocateur arrogant", "un raciste", qui connaissait la loi helvétique sanctionnant les propos négationnistes, a affirmé le juge Pierre-Henri Winzap. Sa venue en Suisse en 2005 pour déclarer que le génocide arménien est "un mensonge international" est un acte intentionnel. Sa démarche "s'apparente à l'évidence à des motifs racistes et nationalistes", a poursuivi le juge. Il ne mérite "aucune circonstance atténuante".

Le génocide arménien est "un fait historique avéré selon l'opinion publique suisse". Le fait que cette tragédie ne figure pas dans la liste des génocides officiellement reconnus par une Cour internationale n'empêche pas d'affirmer que c'est une réalité indubitable, a affirmé le juge.

[Dogu Perinçek a jugé sa condamnation "raciste et impérialiste", assurant que celle-ci faisait partie du complot mené par les Etats-Unis contre la Turquie.]

_14 janvier, Berne. En Suisse alémanique, 73 actes antisémites ont été recensés entre septembre 2005 et décembre 2006, indique l'association"Enfants de l'Holocauste" (Akdh).

La plupart des actes (42) étaient dirigés contre des institutions juives. Ainsi, les murs de la synagogue de Bienne ont été gribouillés. "Et un local de prières à Zurich-Wiedikon a même été souillé d'excréments", relève Samuel Althof, porte-parole de l'association.

[En Suisse romande, c'est la CICAD - Coordination intercommunautaire contre l'antisémitisme et la diffamation, à Genève- qui recense les actes antisémites.]

TCHAD

_29 janvier, Londres. Amnesty International affirme que la population de l'est du Tchad "vit le même cauchemar que celle du Darfour" (ouest du Soudan), où 300’000 civils au moins ont trouvé la mort depuis 2003 dans le conflit opposant des groupes rebelles au régime soudanais.

Selon l’organisation de défense des droits de l’homme, les miliciens qui exécutent, pillent et violent dans l'est du Tchad sont équipés et encadrés par le Soudan. Amnesty reproche aussi au Tchad de ne pas protéger les populations et appelle au déploiement d'une force internationale.

TURKMENISTAN

_14 février, Achgabat. Avec un score "soviétique" - 89 % des voix -, Gourbangouly Berdymoukhamedov est proclamé président du Turkménistan, en remplacement de Saparmourat Niazov, mort d'une crise cardiaque en décembre 2006, qui s'était fait proclamer "Grand Turkmenbachi" [père de tous les Turkmènes].

TURQUIE

_21 janvier, Istanbul. Un mineur de 17 ans, Ogun Samast, arrêté pour l'assassinat du journaliste turc arménien Hrant Dink. L'hypothèse d'une manipulation (par un groupe islamiste ou nationaliste) est avancée.

_19 janvier, Istanbul. Le journaliste turc d'origine arménienne Hrant Dink, plusieurs fois poursuivi par la justice turque, et devenu la cible des cercles nationalistes pour ses propos sur le génocide arménien, tué par balles par un inconnu à Istanbul.#

Plus d'info Tribune L'étau s'est refermé sur Hrant Dink

[En mai 2006, le journaliste avait été pris à partie par plusieurs membres d'une association de juristes nationalistes qui l'avaient qualifié de "traître" et l'avaient appelé à quitter la Turquie. Figure de la petite communauté arménienne d'Istanbul, Hrant Dink avait été condamné pour "insulte à l'identité turque". Haï des nationalistes, il était de ceux qui luttaient pour voir reconnu le génocide des Arméniens, en 1915.

Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a dénoncé "une attaque contre la liberté d'expression", et a promis d'élucider cet "assassinat haineux". L'Arménie, la France, les Etats-Unis ont dénoncé cet assassinat, qualifié d'"acte abominable" par le président français Jacques Chirac.]

VATICAN

_24 mars, Rome. Devant 400 délégués des épiscopats européens, de mouvements laïques et d'autres Eglises invités par la Commission des conférences épiscopales de l'Europe (CCEE) pour le 50e anniversaire du Traité de Rome, Benoît XVI dénonce l'"apostasie" de l'Europe, c'est-à-dire la rupture avec son patrimoine chrétien.

Dans un discours jugé alarmiste par de nombreux observateurs, le pape appelle les hommes politiques catholiques à l'"objection de conscience" contre les lois touchant aux valeurs "universelles et absolues" (défense de la vie, de la famille) qui ne supposent aucun "compromis". Pour Benoît XVI, l'identité de l'Europe est "historique, culturelle et morale", avant d'être "géographique, économique et politique". Elle est constituée de valeurs "que le christianisme a contribué à forger". En l'oubliant, l'Europe risque d'être "mise en congé de l'histoire".

_1er février, Rome. Benoît XVI appelle juifs, chrétiens et musulmans à approfondir leur dialogue "dans le respect de leurs différences" pour donner au monde "un message de concorde et de sérénité", en recevant au Vatican une délégation interreligieuse internationale

"Les hommes d'aujourd'hui attendent de nous un message de concorde et de sérénité, et la manifestation concrète de notre volonté commune de les aider à réaliser leur légitime aspiration à vivre dans le justice et la paix", ajoute le pape, qui met aussi l'accent sur l'importance d'un "dialogue vrai, respectueux des différences, courageux, patient et persévérant", d'un "travail commun de réflexion, travail de la raison pour scruter le mystère de Dieu".

_1er janvier, Rome. Benoît XVI appelle, durant la messe du Nouvel An, à "oeuvrer pour la paix" afin de combattre "terrorisme" et "conflits armés", souhaitant notamment "un accord de paix" au Moyen-Orient qui vit "une situation dramatique".

"Face aux menaces contre la paix, malheureusement toujours présentes, face aux situations d'injustice et de violence qui continuent de persister dans plusieurs régions de la Terre, face à la permanence des conflits armés souvent oubliés par l'opinion publique, face au danger du terrorisme qui trouble la sérénité des peuples, il devient plus que jamais nécessaire d'oeuvrer ensemble pour la paix", souligne le pape.

VENEZUELA

_8 janvier, Caracas. Hugo Chavez annonce la renationalisation d'entreprises qui avaient été privatisées avant son arrivée au pouvoir, en 1999. "Nous allons vers la République socialiste du Venezuela", déclare le président vénézuélien lors de la prise de fonctions de son nouveau gouvernement. "Nous allons demander des pouvoirs spéciaux pour un ensemble de lois révolutionnaires", ajoute-t-il. "Tout ce qui a été privatisé doit être nationalisé. Nous devons récupérer la propriété sociale sur les moyens stratégiques de production".

VIETNAM

_30 mars, Hué. La justice vietnamienne, contrôlée par le Parti communiste (PCV), inflige une peine de huit ans de prison au prêtre Nguyen Van Ly, 60 ans, militant du mouvement en faveur de la démocratie. La cour a tranché au vu d'un "comportement criminel très grave mettant en danger la République socialiste du Vietnam, nuisible à la sécurité nationale et générant un clivage entre les pratiquants religieux et le peuple".

[Le principal chef d'accusation imputait à Ly, la responsabilité de la constitution du "Bloc 8406", mouvement dissident qui appelle, depuis avril 2006, à la fin du régime communiste, et a lancé des appels à la désobéissance aux membres du parti et des forces de sécurité.]

ZIMBABWE

_12 mars, New York. Ban Ki-moon se déclare préoccupé par l'arrestation, le 11 mars, des chefs de l'opposition, condamnant les coups et blessures qui leur ont été infligés en détention à la suite de la répression d'une réunion publique par la police anti-émeute. "Ces actions violent les droits fondamentaux des citoyens à se réunir en public de façon pacifique", souligne le secrétaire général des Nations unies.

Ban Ki-moon appelle "le gouvernement du Zimbabwe à relâcher les détenus et à garantir leur sécurité". Il appelle également "les autorités à permettre les rassemblements pacifiques et à accepter l'exercice légitime des droits politiques".
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–––> ET AUSSI... <–––––––––––––––––––––––––

_COMMERCE

_27 janvier, Davos (Suisse). Les ministres du commerce d'une trentaine de pays membres de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) conviennent de reprendre les négociations sur la libéralisation des échanges dans le cadre du cycle de Doha, sans pour autant fixer un calendrier.

[Le directeur général de l'OMC, Pascal Lamy, a déclaré qu'une relance du cycle nécessiterait de nouvelles propositions de la part de toutes les parties. "Cette négociation ne se conclura pas sur les bases qui ont fait capoter le processus en juillet dernier. Il faudra une nouvelle offre américaine sur les subventions à l'agriculture, une nouvelle offre de l'Union européenne sur les tarifs agricoles et une nouvelle offre indo-brésilienne sur les produits industriels et les services", a-t-il affirmé.
Les négociations ont été lancées en 2001, peu après les attentats du 11-Septembre, afin de soutenir l'économie mondiale. Elles ont été suspendues en juillet 2006 en raison de désaccords persistants entre les grandes puissances commerciales.]

_DROITS DE L'ENFANT

_17 janvier, Paris. La cause des enfants a réuni à Paris neuf reines et "premières dames", dont Laura Bush, Lioudmila Poutine, Bernadette Chirac et Suzanne Moubarak, les reines Paola de Belgique et Silvia de Suède ou encore Valentina Matvienko, gouverneur de Saint-Pétersbourg, pour un débat destiné à mobiliser l`opinion internationale sur les problèmes de la disparition et de l'exploitation sexuelle des plus petits. Toutes font partie du comité d'honneur du Centre international pour les enfants disparus ou exploités (ICMEC), créé en 1998 à Washington. Dans son propos liminaire, le président Jacques Chirac a dit voir dans ce phénomène "l'un des grands fléaux de notre temps".

Plus d'info     Plus d'info Pornographie enfantine, le dossier de l'ICMEC [pdf 476 ko]

["Les enfants portent l'avenir de l'humanité. Ils sont ce que nous avons de plus précieux. Le coeur de la famille et de la société. Une promesse toujours renouvelée. Et notre devoir absolu est de les protéger", a rappelé Jacques Chirac.

"Quand un enfant est enlevé, quand un enfant est martyrisé, quand un enfant est souillé, chacun ressent la souffrance de la victime, chacun partage l'angoisse indicible de ses parents, chacun est révolté, mais surtout, chacun est concerné. Les disparitions et l'exploitation sexuelle des enfants sont un des grands fléaux de notre temps. Ces drames appellent une mobilisation de l'ensemble de la société - autorités publiques, acteurs privés, associations. Ils appellent la plus large coopération internationale, afin, notamment, d'enrayer le développement effrayant de la pédophilie et de la pornographie enfantine sur Internet".]
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_PAUVRETE

_19 mars, Washington. Une étude de la Banque mondiale évalue à quatre milliards le nombre de personnes vivant avec un revenu compris entre 1 et 8 dollars par jour. Dans son rapport, la Banque mondiale met en avant deux éléments principaux. En premier lieu, surtout installée dans des zones rurales, cette population n'accède que difficilement, et à un prix très élevé, aux biens de consommation essentiels tels que l'eau ou l'électricité. En second lieu, les circuits permettant à ces quatre milliards de pauvres de recourir au crédit sont souvent opaques, et les taux auxquels ils empruntent sont souvent prohibitifs.

_POPULATION MONDIALE

_3 mars, New York. "La population mondiale continue de vieillir et dépassera les 9 milliards d'habitants d'ici à 2050", affirme un rapport des Nations unies, qui prévoit une période de transition dans la structure de la population de la planète.

Selon le rapport, "la population mondiale s'accroîtra de 2,5 milliards d’habitants dans les 43 prochaines années, passant de 6,7 milliards à l'heure actuelle à 9,2 milliards en 2050. Cet accroissement équivaut à la population totale de la planète en 1950 et il sera absorbé principalement par les régions les moins développées".

[Par ailleurs, note le rapport, le déclin de la fertilité et la longévité croissante conduiront à un vieillissement rapide de la population d'un nombre de plus en plus grand de pays, notamment dans la tranche des plus de 60 ans.

Dans les pays développés, le nombre de personnes de plus de 60 ans devrait presque doubler, de 245 millions en 2005 à 406 millions en 2050, et celui des moins de 60 devrait se réduire (de 971 millions en 2005 à 839 millions en 2050).]

_SPORT

_26 janvier, Düsseldorf. L'ancien capitaine de l’équipe de France de football, Michel Platini, élu à la présidence de l’Union européenne de football (UEFA).

[Dans un discours prononcé avant son élection, Michel Platini a dénoncé les dérives financières qui menacent son sport. "Si je suis élu, je vous propose de construire l'avenir, de trouver les réponses aux défis posés par un monde qui change vite. Je veux agir au nom d'une philosophie claire : le foot est un jeu avant d'être un produit, un sport avant d'être un marché, un spectacle avant d'être un business.

[…] Il n'existe qu'un seul football, celui qui unifie les hommes. Nous avons la responsabilité de préserver cette unité. Préservons les sélections nationales contre ceux qui les menacent. Préservons le football des dérives de la société : le racisme, le dopage, la corruption, la violence.

[…] Je suis prêt parce que je porte en moi trente-cinq ans de connaissance intime du football. Je suis prêt car je veux trouver un juste équilibre entre le sport et les intérêts économiques. Je suis prêt car j'ai une vision saine du football et je crois que cette vision et les projets qui l'accompagnent arrivent au bon moment.

Nous avons la chance de tenir entre nos mains un trésor : le plus beau, le plus simple, le plus populaire sport au monde. Ce trésor, je vous propose de le protéger, de le défendre et de le faire fructifier tous ensemble.]

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