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Louise Arbour rappelle que le président afghan Hamid Karzai a lancé un plan d'action sur la paix, la réconciliation et la justice en décembre 2006 - plan prévoyant il n'y aurait pas d'amnistie pour les crimes de guerre, les crimes contre l'humanité et les violations importantes des droits de l’homme. Elle demande gouvernement afghan de mettre en œuvre ce plan d'action. _1er février, Kaboul. La Chambre basse du Parlement afghan adopte un projet de loi écartant toute poursuite judiciaire pour les crimes commis pendant les vingt-cinq années de guerre qu'a connues l'Afghanistan. Le texte appelle aussi au "respect de tous ceux qui ont participé à la guerre sainte [contre l'Union soviétique] et à la résistance [contre les talibans]".
AFRIQUE_15 février, Cannes [France]. Le Soudan, le Tchad et le Centrafrique, présents au Sommet France-Afrique organisé par le président Jacques Chirac, s’engagent à ne plus se déstabiliser. Les dirigeants des trois Etats africains, El-Béchir, Deby et Bozizé réitérent leur "engagement à respecter les souverainetés et à ne pas soutenir les mouvements armés". Les trois pays ont aussi promis de "soutenir la poursuite de l'engagement des Nations unies et de l'Union africaine" au Darfour. [Le Tchad et le Centrafrique accusent le Soudan de soutenir des rébellions hostiles à leurs régimes. Le Soudan, de son côté, accuse le Tchad d'aider des rebelles au Darfour. L'insurrection qui perdure dans l'ouest du Soudan depuis février 2003, et surtout sa répression par le pouvoir central soudanais et les milices qu'il a armées, ont entraîné la mort de 180’000 à 300’000 personnes, deux millions de déplacés, et plus de 200’000 réfugiés au Tchad.] _28 janvier, New York. Human Rights Watch (HRW) demande aux dirigeants africains qui se réunissent à Addis Abeba pour le 8e Sommet de l'Union africaine (UA) de "rejeter" la présidence du Soudan pour l'UA. "Les dirigeants africains devraient utiliser le sommet [de l'Union africaine] à Addis Abeba les 29 et 30 janvier pour rejeter la dernière tentative du Soudan de devenir le président de l'Union africaine" pour une année, déclare l'organisation de défense des droits de l'homme dans un communiqué. Ils "doivent prévenir le président soudanais Omar el-Béchir que s'il ne soutient pas immédiatement les efforts de protection au Darfour, alors il devra faire face à des sanctions ciblées", ajoute le texte de l'organisation. [L'Union africaine a élu à sa présidence le président ghanéen John Kufuor]. ALGERIE_21 janvier, Alger. En visite officielle en Algérie, cinquante ans après le début de la "bataille d'Alger", Jean-Louis Debré appelle à "un indispensable devoir de mémoire" sur le chapitre des relations unissant la France et l'Algérie. "Tout grand pays se doit d'assumer son histoire, les pages les plus glorieuses comme les épisodes les plus sombres", déclare le président de l'Assemblée nationale devant les députés de l'Assemblée populaire algérienne. "Nous devons ensemble assumer notre histoire commune pour nous tourner vers un rêve d'avenir partagé", souligne-t-il, formulant le souhait "que la France, dans le cadre de ses lois, permette aux historiens et aux chercheurs l'examen des archives". Jean-Louis Debré envisage qu'une commission mixte franco-algérienne puisse être constituée "dans des délais rapprochés" pour travailler sur la période de la colonisation et de la guerre d'indépendance. ALLEMAGNE_21 mars, Francfort. La presse allemande révèle qu’une juge de Francfort a fait référence au Coran dans une procédure de divorce engagée par une jeune femme de 26 ans, originaire du Maroc, et victime de violences conjugales. Terrorisée par son mari, la jeune femme avait réclamé une accélération de la procédure. [L'ensemble des partis politiques, les associations de droits des femmes et les organisations musulmanes ont dénoncé le comportement "insupportable" et "absurde" de la magistrate, qui a été dessaisie de ce dossier par le tribunal. "Si le Coran est placé au-dessus de la Loi fondamentale, je ne peux que dire : bonne nuit l'Allemagne", a déclaré Ronald Pofalla, secrétaire général de la CDU. "La Loi fondamentale s'applique pour chaque personne indépendamment du fait qu'elle soit musulmane, chrétienne, bouddhiste ou athée", a rappelé Günther Beckstein (CSU), ministre de l'intérieur en Bavière. Les organisations musulmanes sont également intervenues: "Le châtiment corporel d'une femme par son mari n'est pas couvert par l'islam", a souligné le président du conseil de l'islam, Ali Kizilkaa.] ARGENTINE_12 janvier, Buenos Aires. Le juge fédéral Raul Acosta émet un mandat d'arrêt international visant l'ancienne présidente Isabel Peron dans le cadre d'une enquête sur la disparition d'un opposant, Hector Fagetti, sous sa présidence, entre 1974 et 1976.
Les enquêteurs affirment qu'Isabel Peron - la troisième épouse de l'ancien président Juan Domingo Peron - a signé trois décrets qui ont autorisé des actes relevant du terrorisme d'Etat quand elle était au pouvoir. Isabel Peron, devenue présidente à la mort de son mari, a été renversée par un coup d'Etat en mars 1976. [Maria Estela Martinez, dite Isabel ou Isabelita Peron, est la veuve du général Juan Peron, trois fois président de l'Argentine. Elle réside à Madrid. Interpellée par la justice espagnole, elle a été mise en liberté provisoire, en raison de son âge. Une éventuelle extradition pourrait prendre plusieurs mois. BIRMANIE_12 janvier, New York. La Chine et la Fédération de Russie opposent leur droit de veto à un projet de résolution du Conseil de sécurité des Nations unies, qui appelait la Birmanie au respect des droits de l'homme - projet proposé les Etats-Unis et le Royaume-Uni. Le texte demandait aux autorités birmanes de faciliter les bons offices du secrétaire général, leur demandait de cesser les attaques militaires contre les civils, notamment contre les minorités ethniques et de mettre fin aux violations des droits de l'homme. Il appelait aussi le gouvernement birman à autoriser l'accès du pays aux organisations humanitaires, à éliminer le travail forcé et à entamer un "dialogue politique substantiel conduisant à une véritable transition démocratique", à commencer par la libération de la Daw Aung San Suu Kyi. CHINE_16 mars, Pékin. L’Assemblée nationale populaire [Parlement chinois] adopte deux lois visant à la consolidation de l’économie de marché. La première garantie la propriété privée tout en préservant les autres formes de propriété, collective et d’Etat. La seconde supprime certains privilèges accordés ces dernières années aux sociétés étrangères implantées en Chine.
_20 janvier, Vatican. Dans un communiqué, le Vatican affirme vouloir "la normalisation des rapports" entre la Chine et le Saint-Siège et l'instauration "d'un dialogue respectueux et constructif" avec les autorités chinoises, "pour le bien du peuple chinois et de la paix dans le monde". [Le Vatican et la Chine n'entretiennent plus de relations diplomatiques depuis 1951 et la reconnaissance de Taïwan par le Vatican. Deux Eglises catholiques, comptant chacune plusieurs millions de fidèles, coexistent en Chine, l'une "patriotique" dépendant des autorités de Pékin et l'autre clandestine rattachée au Vatican.] _12 janvier, Pékin. Le tribunal intermédiaire de la ville de Linyi confirme la comdamnation à 4 ans et 3 mois de prison (prononcée en août 2006 par les autorités du Shandong) de Chen Guangcheng, juriste autodidacte, aveugle depuis l'enfance, qui avait dénoncé la politique de stérilisation forcée mise en place à Shandong. Le militant des droits de l'homme est accusé de "destruction de propriété publique" et "d'organisation de malfaiteurs en vue de perturber la circulation". Selon ses avocats, la police avait organisé elle-même les faits qui lui sont reprochés.
COREE DU NORD
[La Corée du Nord a été classée dans l'"axe du mal", en 2002, par le président américain Bush, aux côtés de l'Iran et l'Irak.] COTE-D’IVOIRE_4 mars, Ouagadougou [Burkina Faso]. Le président ivoirien Laurent Gbagbo et le chef de la rébellion Guillaume Soro signent un accord visant à relancer le processus de paix ivoirien, en présence du président burkinabé Blaise Compaoré. [L'accord de paix signé à Ouagadougou permet d'envisager "dès maintenant" un retrait progressif de la communauté internationale et des forces françaises déployées dans le pays, selon la ministre déléguée française à la coopération, Brigitte Girardin. Depuis cinq ans, des casques bleus de Nations unies et des soldats français de l'opération "Licorne" sont déployés en Côte d’Ivoire.]. EGYPTE_22 février, Alexandrie. Un tribunal d'Alexandrie condamne un jeune bloggeur égyptien de 22 ans, Abdel Kareem Nabil Suleiman, à quatre ans de prison pour "atteinte à la religion" et "diffamation du président". [L’Egypte figure sur la liste des "13 ennemis d’Internet", "pays enfreignant systématiquement la liberté d'expression sur Internet", publiée en novembre 2006 par Reporters sans frontières (Rsf).] ESPAGNE_9 janvier, Madrid. Dans un communiqué transmis au quotidien nationaliste basque Gara, l'ETA, qui revendique l'attentat commis le 30 décembre à l'aéroport de Madrid, indique que le cessez-le-feu permanent décrété en mars 2006 demeurait bel et bien en vigueur. [Le ministre de l'intérieur espagnol, Alfredo Perez Rubalcaba, a déclaré, après la publication de ce communiqué, ne pas voir "actuellement comment reprendre le dialogue" avec l'organisation indépendantiste armée basque.] _2 janvier, Madrid. Le ministre espagnol de l'Intérieur, Alfredo Perez Rubalcaba, déclare que le processus de paix engagé il y a 9 mois par le gouvernement de José Luis Rodriguez Zapatero avec l'ETA est "rompu, liquidé, terminé", après l'attentat perpétré à Madrid par l'organisation indépendantiste basque armée. ETATS-UNIS_29 mars, Washington. Robert Gates, se prononce pour la fermeture de la prison de Guantanamo et le transfèrement sur le sol américain des "ennemis combattants" qui y sont détenus. [Devant une sous-commission des forces armées de la Chambre des représentants, le secrétaire à la défense a invité le Congrès à travailler en liaison avec le gouvernement pour élaborer une nouvelle loi. Celle-ci devrait permettre de donner un cadre à la détention de ceux des détenus qui "doivent réellement être incarcérés à vie, sans les mêler à un système juridique dans lequel ils pourraient être éventuellement libérés", a-t-il dit. _29 mars, Washington. Le Sénat américain adopte un projet de loi liant le financement de la guerre en Irak à un objectif de retrait des troupes américaines dans un an. Ce texte a recueilli 51 voix pour et 47 contre. Deux sénateurs n'ont pas pris part au vote. [George Bush a annoncé qu’il mettrait son veto à ce texte, en raison du calendrier de retrait imposé par ses adversaires démocrates, majoritaires au Congrès depuis janvier. Certains démocrates souligne-t-il, "croient qu'ils peuvent me forcer à accepter qu'on impose à nos commandants des restrictions qui selon moi rendent le retrait et la défaite plus probables. Cela n'arrivera pas", assure George Bush, prévenant que "les Américains sauront qui tenir pour responsable".] _24 mars, Paris, Le conflit irakien "pourrait dégénérer" en une guerre régionale, déclare au Monde l’ancien conseiller diplomatique de Jimmy Carter, Zbigniew Brzezinski. Le risque pour les Etats-Unis : "être entraînés dans un conflit en Iran, en Afghanistan et au Pakistan, au même moment". _19 mars, Washington. Quatre ans après le début de la guerre en Irak, George Bush met en garde le Congrès à majorité démocrate contre la tentation de "plier bagage" et de quitter l'Irak, alors que moins de la moitié des quelque 30’000 hommes qu'il entend déployer en renfort, dans le cadre de sa nouvelle "stratégie", sont arrivés à Bagdad. "Satisfaisante" à court terme, cette option aurait, selon le président américain, "des conséquences dévastatrices pour la sécurité américaine". Elle provoquerait, prévient-il, "une contagion de la violence", qui pourrait "entraîner la région" et offrir "aux terroristes" une nouvelle base de regroupement. [L'Organisation américaine de défense des libertés individuelles (ACLU) a demandé au Congrès "d'agir immédiatement pour abroger ces dispositions dangereuses du Patriot Act".] _6 mars, Washington. Le président Bush affirme, lors du congrès annuel de l'American Legion, que les Irakiens et les alliés de la coalition font des progrès "graduels, mais importants" sur les plans de la sécurité et de l'instauration de la démocratie. [Le 27 février, le commandant américain en Irak, le général David Petraeus, avait averti qu'il n'y avait pas de "solution militaire" au conflit.] _23 janvier, Washington. Lors de son discours sur l'état de l'Union, prononcé pour la première fois devant un Congrès à majorité démocrate, George Bush exhorte les Américains à donner une chance à la nouvelle stratégie qu'il a imaginée pour l'Irak, se disant convaincu qu'il était encore possible pour les Etats-Unis de l'emporter.
"Une contagion de la violence pourrait déborder du pays et finalement toute la région pourrait être entraînée dans le conflit. L'Amérique n'a pas le droit d'échouer en Irak, parce que vous comprenez que cela aurait des conséquences funestes et de grande ampleur." _12 janvier, Washington. Le secrétaire américain à la Défense Robert Gates affirmé que les Etats-Unis n'ont pas l'intention d'attaquer l'Iran pour le moment, mais qu'ils n'excluent pas de manière définitive toute action militaire. 11 janvier, New York. Ban ki-moon souhaite la fermeture du centre de détention américain de Guantanamo, sur l'île de Cuba - prison, où des dizaines de personnes soupçonnées d'appartenir à l'organisation terroriste Al-Qaida sont détenus au secret sans avoir été inculpés. "Comme mon prédécesseur, j'estime que la prison de Guantanamo devrait être fermée. Je crois me rappeler également que le président Bush lui-même a dit qu'il aimerait la fermer", déclare le nouveau secrétaire général des Nations unies.
_6 janvier, Washington. Trois mille soldats américains sont morts en Irak depuis l'invasion du pays début 2003, selon le dernier bilan du ministère américain de la défense (Pentagone). Seulement 139 soldats sont morts pendant l'invasion proprement dite, du 19 mars au 30 avril 2003. Sur les 3000 soldats morts en Irak, 2415 sont morts au combat et 585 sont décédés de "cause non-hostile", selon le Pentagone. Plus de 22'100 soldats ont également été blessés. [Lors de la guerre de Corée de 1950 à 1953, près de 44'000 soldats américains sont morts ou ont disparu et 153'000 autres ont été blessés; et au Vietnam, entre 1963 et 1973, 60'000 soldats sont morts ou ont disparu et 153'000 autres ont été blessés. Le conflit le plus meurtrier pour les Américains reste la guerre de Sécession, qui a fait 600'000 morts de 1861 à 1865.] _1er janvier, Crawford (Texas). "Vaincre les terroristes et les extrémistes est le défi de notre époque et nous répondrons à l'appel de l'Histoire avec confiance et lutterons pour la liberté sans vaciller", déclare George Bush, dans un communiqué. En 2006, "l'Amérique a poursuivi sa mission qui est de lutter et de gagner la guerre contre la terreur et promouvoir la liberté comme alternative à la tyrannie et au désespoir. En cette nouvelle année, nous demeurerons à l'offensive contre les ennemis de la liberté", ajoute le président américain. EUROPE_14 février, Strasbourg. Le Parlement européen reproché à certains Etats membres de l'Union européenne (UE) d'avoir fermé les yeux sur les transferts secrets de prisonniers opérés par la CIA [agence américaine de renseignement] et demande au Conseil européen, qui représente les 27 Etats membres de l’Union, d'engager si nécessaire une "enquête indépendante". [Le rapport de l'UE publie des données d'Eurocontrol, l'agence européenne de la sécurité aérienne, qui a dénombré plus de 1’200 vols non déclarés de la CIA ayant traversé l'espace aérien européen depuis les attentats du 11 septembre 2001.] _1er janvier, Bruxelles. La Bulgarie et la Roumanie rejoignent une Union européenne (UE) qui va désormais mettre un frein à son élargissement, en attendant de réformer ses institutions et de regagner le soutien de ses citoyens.
ETHIOPIE_11 janvier, Addis-Abeba. L'ex-dictateur éthiopien Mengistu Hailé Mariam, qui a dirigé l'Ethiopie de 1977 à 1991, condamné à la prison à vie par contumace. Le 12 décembre 2006, il avait été reconnu coupable de génocide pour les crimes commis pendant la Terreur rouge (1977-1r978) par la justice éthiopienne. [Hailé Mengistu, qui vit en exil au Zimbabwe depuis que son régime a été renversé en 1991, avait pris la tête du régime militaro-marxiste éthiopien, le 3 février 1977, lors d'un coup d'Etat sanglant qui lui assurait le contrôle du Derg, conseil militaire formé par des officiers dirigeant le pays depuis la chute de l'empereur Hailé Sélassié, en 1974.] FRANCE_22 mars, Paris. Le tribunal correctionnel de Paris relaxe Philippe Val, directeur de publication de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, poursuivi pour avoir publié des caricatures de Mahomet. Les juges ont suivi le parquet qui avait requis la relaxe lors de l'audience en février. Ils ont estimé que les caricatures relevaient de la liberté d'expression et ne s'en prenaient pas à l'islam mais aux intégristes. [L'Union des organisations islamiques de France (UOIF), la Ligue islamique mondiale et la Grande Mosquée de Paris, parties civiles, estimaient que trois caricatures représentaient une "injure stigmatisant un groupe de personnes à raison de sa religion", délit passible d'une peine maximale de six mois d'emprisonnement et de 22’500 euros d'amende. L’UOIF a annoncé qu'elle allait faire appel de cette décision.] _19 février, Versailles. Le Parlement, réuni en Congrès, vote l'inscription de l'interdiction de la peine de mort dans la Constitution, un quart de siècle après son abolition en France. La révision a été approuvée à la quasi-unanimité des parlementaires, avec 828 voix pour et 26 contre. _17 février, Paris. Mort de Maurice Papon, 96 ans, seul haut fonctionnaire français condamné pour complicité de crime contre l'humanité pour son rôle dans la déportation de Juifs de Bordeaux pendant l'occupation nazie. [Maurice Papon a été condamné, en 1998, à 10 ans de réclusion pour son action comme secrétaire général de la préfecture de Gironde sous l'Occupation.] _15 février, Paris. Le droit d'asile en France refusé à Agathe Habyarimana, la veuve de l'ex-président du Rwanda mort dans l'attentat qui, le 6 avril 1994, a marqué le début du génocide des Tutsis. La Commission de recours des réfugiés (CRR) a estimé qu'"il existe des raisons de penser qu'elle s'est rendue [...] coupable d'un crime contre l'humanité". A ce titre, elle a est exclue du bénéfice de la Convention de Genève sur les réfugiés. Les juges de la CRR estiment que Agathe Habyarimana "se distinguait" par son "rôle prépondérant" au sein du "premier cercle du pouvoir" et "s'est trouvée au coeur du régime génocidaire".
_9 février, Paris. La Cour de cassation estime que l'humoriste Dieudonné s'est rendu coupable d'injure raciale en assimilant, dans une interview au magazine "Lyon Capitale", en 2003, les juifs à une "secte" et à une "escroquerie", et casse une décision de la Cour d'appel de Paris qui avait estimé que les propos de l'humoriste n'étaient pas sanctionnables. [La Cour de cassation a estimé que ces propos ne relevaient "pas de la libre critique du fait religieux, participant d'un débat d'intérêt général, mais constitue(nt) une injure visant un groupe de personnes à raison de son origine, dont la répression est une restriction nécessaire à la liberté d'expression dans une société démocratique".] _8 février, Paris. Le parquet de Paris demande la relaxe de l’hebdomadaire "Charlie Hebdo" poursuivi pour "injures publiques envers un groupe de personnes en raison de leur appartenance à une religion" pour avoir publié, en février 2006, des caricatures controversées du prophète Mahomet.
_30 janvier, Paris. Un quart de siècle après son abolition, et conformément au souhait exprimé par Jacques Chirac lors d'une cérémonie des vœux, le 3 janvier 2006, l'Assemblée nationale adopte, par un vote à main levée, un projet de loi visant à inscrire l'abolition de la peine de mort dans la Constitution. Le projet de loi constitutionnelle ajoute un article 66-1 au titre VIII de la Constitution, disposant que "nul ne peut être condamné à la peine de mort".
_29 janvier, Paris. Le Haut Conseil à l'intégration (HCI) remet au Premier ministre, Dominique de Villepin, un projet de Charte de la laïcité dans les services publics. Le projet de Charte a pour vocation, aux yeux du HCI, à être affiché dans tous les services publics - les hôpitaux, les prisons, les armées, mais aussi les services publics d'accueil plus ponctuels comme les caisses d’allocations familiales (CAF) ou les caisses primaires d'assurance maladie (CPAM); non normatif, il ne garantit pas le changement de certaines pratiques dans les services publics. Le HCI préconise que cette charte soit affichée dans tous les services publics, "sans attendre la multiplication des débordements". Le texte rappelle aux agents que si "la liberté de conscience [leur] est garantie", notamment à travers la possibilité de se voir attribuer des autorisations d'absence à l'occasion des grandes fêtes propres à leur confession, "le principe constitutionnel de laïcité impose [à tous] un devoir de stricte neutralité, le traitement égal de tous les individus et le respect de la liberté de conscience". "Le fait pour un agent public de manifester ses convictions religieuses dans l'exercice de ses fonctions constitue un manquement à ses obligations". A l'égard des usagers, le texte rappelle que : "Les usagers des services publics doivent s'abstenir de toute forme de prosélytisme. [Lorsque] la vérification de l'identité est nécessaire, ils doivent se conformer aux obligations qui en découlent. [Ils] ne peuvent, à raison de leurs convictions, récuser un agent public ou d'autres usagers, ni exiger une adaptation du fonctionnement du service public". ["Le principe de laïcité ne se limite pas au seul champ de l'école", relève le HCI dans l'avis remis au Premier ministre. D'autres services publics, l'hôpital notamment, sont ici et là affectés par des entorses à la laïcité. En 2003, la Commission Stasi s'en était déjà fait l'écho. Si ces phénomènes restent encore résiduels" souligne le HCI, il apparaît cependant "hautement souhaitable, sans attendre la multiplication de débordements, de veiller à rappeler la règle républicaine aux agents et aux usagers".] _22 janvier, Paris. Mort de l'Abbé Pierre, 94 ans, fondateur du mouvement des compagnons d'Emmaüs. Cet ancien résistant avait lancé en février 1954 un appel en faveur des mal-logés, une cause qu'il n'avait jamais cessé depuis lors de défendre.
_21 janvier, Alger. En visite officielle en Algérie, cinquante ans après le début de la "bataille d'Alger", Jean-Louis Debré appelle à "un indispensable devoir de mémoire" sur le chapitre des relations unissant la France et l'Algérie. "Tout grand pays se doit d'assumer son histoire, les pages les plus glorieuses comme les épisodes les plus sombres", déclare le président de l'Assemblée nationale devant les députés de l'Assemblée populaire algérienne. "Nous devons ensemble assumer notre histoire commune pour nous tourner vers un rêve d'avenir partagé", souligne-t-il, formulant le souhait "que la France, dans le cadre de ses lois, permette aux historiens et aux chercheurs l'examen des archives". Jean-Louis Debré envisage qu'une commission mixte franco-algérienne puisse être constituée "dans des délais rapprochés" pour travailler sur la période de la colonisation et de la guerre d'indépendance. _18 janvier, Lyon. Bruno Gollnisch condamné à une peine de 3 mois de prison avec sursis et une amende de 5'000 euros par le tribunal correctionnel de Lyon, pour "délit de contestation de l'existence de crime contre l'humanité par paroles". Le numéro deux du Front national (FN) encourait jusqu'à un an de prison, mais aucune peine d'inéligibilité. Au terme de l'audience, intervenue les 7 et 8 novembre 2006, il avait reconnu l'existence des chambres à gaz. [Bruno Gollnisch était poursuivi pour des propos controversés sur les chambres à gaz tenus en octobre 2004. Lors d'une conférence de presse à Lyon, il avait déclaré "ne pas remettre en cause les déportations" ni "les millions de morts" des camps nazis, avant d'ajouter toutefois : "Quant à savoir la façon dont les gens sont morts, ce débat doit avoir lieu." Interrogé plus spécifiquement sur les chambres à gaz, il avait répondu : "Je ne nie pas les chambres à gaz homicides. Mais, je ne suis pas spécialiste de cette question et je pense qu'il faut laisser les historiens en discuter. Et cette discussion devrait être libre".] _17 janvier, Paris. Le Conseil des ministres adopte un projet de loi sur le droit opposable au logement qui, d'ici cinq ans, va placer ce nouveau droit au même rang que le droit aux soins ou à l'éducation. Le projet, qui sera discuté pendant la deuxième quinzaine de février à l'Assemblée nationale, devrait être adopté avant la fin de la législature. Le projet de loi donne la possibilité à toute personne dans l'incapacité de trouver un logement décent, d'engager un recours devant les tribunaux dès l'instant où elle est autorisée à séjourner en France "de façon régulière et stable". Le droit au logement, déjà inscrit dans la loi française, deviendra ainsi un droit "opposable" au même titre que le droit à la scolarité et le droit à la protection de la santé.
Ce droit sera étendu, à partir du 1er janvier 2012, aux "autres personnes éligibles au logement social dont la demande de logement a été laissée sans réponse durant un délai anormalement long". _9 janvier, Pékin. La candidate socialiste à l'élection présidentielle, Ségolène Royal, en visite en Chine, appelle les dirigeants chinois à respecter les "droits humains", un concept regroupant droits de l'homme, droits sociaux et droits environnementaux.
_5 janvier, Paris. Jacques Chirac déclare devant les diplomates étrangers en poste à Paris, que la guerre en Irak, dont il avait été l'un des plus farouches opposants et qu'il qualifie d'"aventure", avait "offert au terrorisme un nouveau champ d'expansion" - alors que le président Bush a toujours assimilé ce conflit à la guerre contre le terrorisme. "Comme la France le pressentait et le redoutait, la guerre en Irak [déclenchée en mars 2003 par les Etats-Unis] a précipité des bouleversements qui n'ont pas fini de dérouler leurs effets", souligne le président français. [Jacques Chirac a souligné que cette guerre "a exacerbé les clivages entre communautés et ébranlé l'intégrité même de l'Irak. Elle a fragilisé la stabilité de l'ensemble de la région où chaque pays, désormais, est inquiet pour sa sécurité et son indépendance". Il a ajouté que "la priorité, plus que jamais, est de rendre aux Iraquiens leur entière souveraineté".] _3 janvier, Paris. Présentant les vœux du Conseil constitutionnel au Président Jacques Chirac, le président du Conseil, Pierre Mazeaud, déplore, en citant le philosophe Marcel Gauchet, l’apparition d’un "individu déconnecté de la Cité, pur créancier, pur consommateur de services publics, nouveau sujet de droit [qui] ne se reconnaît pas de devoirs", défini par ses appartenances communautaires aux antipodes du "citoyen des Lumières". _3 janvier, Paris. Un projet de loi instituant un droit au logement opposable [droit "justiciable", c'est-à-dire invoquable en justice], sera présenté le 17 janvier en Conseil des ministres, annonce le Premier ministre, Dominique de Villepin. Ce texte sera mis en œuvre en deux temps. Fin 2008, il s'appliquera aux personnes les plus en difficulté (sans-abri, travailleurs pauvres, femmes isolées avec enfant). "La deuxième étape peut être fixée au 1er janvier 2012 : le droit au logement opposable concernera alors toutes les personnes ou toutes les familles logées dans des habitations insalubres ou indignes". Le projet fait de l'Etat le garant juridique du respect du droit au logement. En cas de manque de logement décent, un recours judiciaire sera possible auprès d'une instance publique. Celle-ci sera contrainte de trouver une solution. Le respect du droit opposable au logement sera garanti par l'Etat, a précisé Dominique de Villepin, en ajoutant que "l'Etat pourra naturellement déléguer la mise en œuvre de ce droit aux collectivités territoriales qui le souhaitent dès le vote du texte". [Le droit au logement est reconnu comme droit social depuis 1946 en France, mais il n'était pas "opposable", contrairement aux droits à l'éducation et à la santé. Selon la loi du 31 mai 1990, "toute personne ou famille […] a droit à une aide de la collectivité pour accéder à un logement décent ou indépendant".] _1er janvier, Paris. Lors de ses douzièmes vux télévisés aux Français, Jacques Chirac demande au gouvernement d'avancer "dans les toutes prochaines semaines" pour "faire du droit au logement une réalité".
[Le droit au logement est reconnu en France comme droit social depuis 1946. Au niveau international, la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 reconnaît dans son article 25-1 que le droit au logement fait partie des droits sociaux : "Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation, l'habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires". GRANDE-BRETAGNE_21 février, Londres. Le Premier ministre britannique, Tony Blair, annonce un premier retrait "dans les prochains mois" de 1’600 soldats britanniques sur les 7'100 déployés dans le sud de l’Irak. Les retraits s’échelonneront jusqu’à la fin de 2008. [Deux autres pays, le Danemark et la Lituanie ont également annoncé qu’ils allaient retirer leurs soldats d’ici à l’été 2007 (460 pour le Danemark, 50 pour la Lituanie).] IRAK_20 mars, Bagdad. L'ancien vice-président irakien Taha Yassin Ramadan pendu, avant l'aube, pour son rôle dans le meurtre de 148 villageois chiites dans les années 1980, le jour du 4e anniversaire de l’invasion américaine du pays. Son exécution survient moins de trois mois après celle de l'ancien chef de l'Etat Saddam Hussein, dont Ramadan était un proche, alors que les violences ne connaissent aucun répit. _16 janvier, Koweït. La secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, les chefs de la diplomatie du groupe dit des "6+2", c'est-à-dire les six monarchies pétrolières du Conseil de coopération du Golfe (Arabie saoudite, Koweït, Oman, Emirats arabes unis, Bahrein et Qatar), ainsi que l'Egypte et la Jordanie, appellent, dans une déclaration commune, à "la non-ingérence dans les affaires intérieures irakiennes". Cet appel vise à soustraire l'Irak aux affrontements entre "des pouvoirs régionaux ou internationaux" et au conflit ouvert entre les Etats-Unis et l'Iran. IRAN
[La résolution, qui porte le numéro 1747, renforce les sanctions imposées à l'Iran par une précédente résolution, la 1737 du 23 décembre 2006. "L'Iran n'arrêtera pas, ne serait-ce qu'une seconde, son programme nucléaire, légal et pacifique, face à cette résolution illégale", a déclaré le président iranien, qui a également décidé de limiter la coopération du pays avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). _22 mars, Paris. "Nous ne voulons pas la bombe. C'est inutile et notre religion nous l'interdit, déclare le président iranien Mahmoud Ahmadinejad sur la chaîne France 2. Nous n'avons jamais attaqué personne". Tout en réaffirmant que son pays ne renoncera pas à ses activités nucléaires, il indique qu'il allait faire de "nouvelles propositions" au Conseil de sécurité des Nations unies. Ces propositions "seront basées sur les droits inaliénables dont disposent toutes les nations". _22 février, New York. Selon un rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), l’Iran ne s'est pas conformé à la demande du Conseil de sécurité des Nations unies de suspendre ses activités d'enrichissement d'uranium. L'Iran avait jusqu'à 60 jours, à partir de fin décembre 2006, pour se conformer aux exigences de la résolution 1’737.
JAPON_26 mars, Tokyo. Le Premier ministre conservateur Shinzo Abe présente les "excuses sincères" du Japon, déjà exprimées officiellement en 1993, pour l'esclavage sexuel de près de 200’000 femmes, selon les historiens, pendant la période d'expansion coloniale du milieu du XXe siècle. [Le Premier ministre japonais a suscité une polémique, affirmant qu'il n'existait "aucun témoignage fiable" prouvant le recours de l'armée à "la coercition" pour recruter ces femmes. Cette question avive la tension entre le Japon et la Corée du Nord, qui réclame des excuses plus sincères, et freine les négociations sur le démantèlement du programme nucléaire nord-coréen.] KOSOVO
[L'hypothèse d'un Kosovo indépendant est rejetée par la Serbie et la Russie. Mais elle est soutenue par les Etats-Unis et l'Union européenne (UE). "Toute forme d’indépendance pour le Kosovo est inacceptable pour la Serbie", a déclaré le président serbe Boris Tadic, ajoutant qu’il était "énergiquement opposé" à la proposition d’une "indépendance surveillée" pour le Kosovo proposée par Martti Ahtisaari.] _21 mars, Paris. Après avoir soigneusement évité d'utiliser le mot "indépendance", durant quatorze mois de négociations délicates, le médiateur des Nations unies sur le statut du Kosovo, Martti Ahtisaari, conclut, dans son rapport final, que "l'indépendance sous supervision internationale est la seule option viable" pour la province serbe à majorité albanaise.
_10 mars, Vienne. Les dirigeants serbes rejettent le projet du médiateur des Nations unies, Martti Ahtisaari, visant à octroyer au Kosovo une large souveraineté sous surveillance internationale. Le plan proposé est "inacceptable" et "insupportable", déclare le président serbe Boris Tadic. Le président du Kosovo, Fatmir Sedjiu, souligne, de son côté, que "l’indépendance est le B.A.BA, le commencement et la fin de notre position", ajoutant que la population albanophone (90% de la population) aspirait à se joindre un jour "à la famille des nations libres". _2 février New York. L'Envoyé spécial des Nations unies pour le statut du Kosovo, Martti Ahtisaari, présente ses propositions qui prévoient d'abord des institutions nouvelles et des pouvoirs internationaux accordés à la province serbe administrée par les Nations Unies depuis 1999 et ensuite un calendrier pour y parvenir. _26 janvier, Vienne. L’envoyé spécial des Nations unies pour le Kosovo, Martti Ahtisaari, remet son rapport non rendu public - sur l’avenir du Kosovo, province serbe sous administration internationale, aux représentants des pays membre du groupe de contact (Allemagne, Etats-Unis, France, Italie, Royaume-Uni, Russie). Selon une source diplomatique occidentale citée par le quotidien Le Monde -, "le mot indépendance n’apparaît pas". "La formulation retenue est plus ambiguë. Elle permettra au Kosovo de postuler à un certain nombre d’institutions internationales telles que la Banque mondiale ou le FMI, qui auront la possibilité de l’accepter, et à d’autres, comme les Nations unies, de la refuser. Il s’agit, ajoute le diplomate, d’une souveraineté limitée et progressive. Toute la subtilité [du rapport] repose sur l’application d’un processus non pas d’indépendance mais de reconnaissance". [L’indépendance du Kosovo est l’objectif revendiqué par les Albanais de la province, qui forment plus de 90% des deux millions d’habitants, amis auquel s’opposent la Serbie et la Russie.] LIBAN_14 février, Beyrouth. Brandissant le drapeau de leur pays, près de 300'000 Libanais se rassemblent sur la grande place des Martyrs, pour un hommage à l'ancien Premier ministre Rafic Hariri, deux ans après son assassinat. Au cœur de Beyrouth, au lendemain d'un double attentat qui a fait trois morts, les Libanais crient "non" au terrorisme, commente Le Monde.
NATIONS UNIES
"En Asie de l'Est, d'où je viens, 60 années forment un cycle. Les Nations unies entrent dans un nouveau cycle alors qu'elle viennent de célébrer leurs 60 ans. Nous pouvons entrer dans une nouvel âge d'or si nous travaillons de façon collective, et si les Etats-Unis sont avec nous sans réserves et sans relâche", déclare le secrétaire général des Nations unies. NEPAL_25 janvier, Katmandou. A l’issue d’une visite au Népal, Louise Arbour incite le Népal à juger les auteurs des violations des droits de l'homme durant le conflit armé. "Une paix durable est construite sur la base de la justice et la garantie de protection des droits de l'homme que celle-ci apporte", a souligné la haut commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, qui a rencontré aussi bien les officiels du gouvernement que les responsables maoïstes et des victimes du conflit qui a opposé pendant dix ans les forces de sécurité aux militants maoïstes. "Mettre fin à l'impunité est essentiel pour prévenir des futures violations des droits de l'homme et construire une société qui reconnaît que la violence n'est pas acceptable et que personne n'est au-dessus de la loi", a-t-elle assuré, avant d'ajouter : "Je crois que les responsables des plus grosses violations des droits de l'homme comme les disparitions, les meurtres, les tortures devraient être poursuivis". Source : Le Monde, Paris.
RUSSIE_11 février, Munich. Intervenant dans le cadre de la 43e Conférence sur la politique de sécurité (qui a réuni 300 spécialistes des questions stratégiques, dont une quarantaine de ministres), Vladimir Poutine dénonce la politique des Etats-Unis, coupables, selon lui, d'unilatéralisme dans la gestion des affaires du monde. [Vladimir Poutine qui, comme le secrétaire américain à la défense Robert Gates (ancien directeur de la CIA), s'est présenté comme un "ancien espion" de la guerre froide, a donné sa définition du "monde unipolaire" voulu, selon lui, par les Etats-Unis : "Cela signifie un centre de pouvoir, un centre de décision agissant comme un maître unique, un souverain unique, qui s'effondrera de l'intérieur. Cela n'a rien à voir avec la démocratie".] SOMALIE_20 février, New York. Le Conseil de sécurité des Nations unies décide de déployer une force de stabilisation africaine en Somalie, qui pourrait servir de précurseur à une opération de maintien de la paix des Nations unies. [En décembre 2006, le gouvernement de transition, appuyé par les troupes éthiopiennes, avait chassé de Somalie les combattants de l'Union des tribunaux islamiques, qui contrôlaient depuis près de six mois la presque totalité du pays et Mogadiscio.] _12 janvier, New York. Le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) et l'ONG Save The Children demandent que tous les enfants appartenant à des groupes armés en Somalie soient immédiatement démobilisés. Les deux organisations appellent le gouvernement fédéral de transition en Somalie et les institutions somaliennes à prendre les mesures nécessaires pour s'assurer que ces enfants reçoivent le soutien nécessaire, sans discrimination. Les deux organisations se sont par ailleurs déclarées très préoccupées par les informations selon lesquelles des enfants et femmes somaliennes se trouvent parmi les victimes des bombardements aériens. _12 janvier, Mogadiscio. Les principaux chefs de guerre à Mogadiscio acceptent de rendre leurs armes au gouvernement somalien de transition et d'intégrer leurs hommes dans les forces de sécurité. "Les principaux chefs de guerre […] ont décidé de rendre leurs armes après des négociations avec le président" Abdullahi Yusuf Ahmed. Sept chefs de guerre ont accepté l'accord de désarmement : Mohamed Qanyare Afrah, Musa Sudi Yalahwo, Omar Mohamed Mohamoud, Issa Batan Alin, Abdi Hassan Awale Qeiybdid, Omar Habeb et Bashir Raghe Shirar. _10 janvier, Paris. "L'Ethiopie n'a aucun projet d'occupation de la Somalie" déclare Meles Zenawi, Premier ministre éthiopien, dans un entretien au Monde. L'intervention militaire d'Addis-Abeba en Somalie n'est justifiée, selon lui, que par la lutte contre les réseaux terroristes.
_9 janvier, Mogadiscio. Dans un entretien publié par le quotidien panarabe Asharq Al-Awsat, le président somalien Abdullahi Yusuf "refuse avec insistance une reprise des négociations de paix avec les Tribunaux islamiques". Ce mouvement, indique-t-il, "appartient au passé et rien n'amènera le gouvernement de transition à siéger avec lui pour une quelconque négociation". [L'Union des tribunaux islamiques avait conquis militairement la capitale somalienne, Mogadiscio, en juin 2006, et a exercé son autorité sur l'essentiel du sud du pays jusqu'à l'offensive gouvernementale appuyée par l'Ethiopie, fin décembre.] _9 janvier, Washington. Le ministère américain de la défense (Pentagone) reconnaît que l'aviation américaine a bombardé, le 8 janvier, des objectifs dans le sud de la Somalie, visant des combattants islamistes. Ces derniers sont soupçonnés d'avoir participé aux attentats contre les ambassades des Etats-Unis au Kenya et en Tanzanie en 1998. Selon un responsable des services secrets américains, cinq à dix personnes liées au mouvement terroriste Al-Qaida ont été tuées lors de cette opération. _2 janvier, Mogadiscio. Les troupes éthiopiennes et loyalistes somaliennes ont repris le pouvoir à Kismayo, dernier bastion des forces islamistes. Après dix jours de combat, les islamistes ont perdu toutes les régions détenues depuis plusieurs mois. [Le Premier ministre somalien, Ali Mohamed Gedi, a demandé au Kenya de fermer ses frontières communes pour empêcher la fuite des combattants islamistes, ainsi que le déploiement d'une force de paix africaine "le plus vite possible".] SOUDAN_22 février, La Haye. Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, annonce q’il a présenté aux juges de la Cour des "preuves [montrant] que Ahmed Haroun, ancien secrétaire d'Etat à l'Intérieur du Soudan, et Ali Kosheib [nom de guerre de Ali Mohamed Ali, l’un des chefs de la milice pro-gouvernementale des jandjawids] ont commis de concert des crimes contre la population civile au Darfour". [Ahmed Haroun, aujourd'hui secrétaire d'Etat aux Affaires humanitaires, était en charge du dossier Darfour à l'Intérieur. Ali Kosheib a été arrêté au Soudan en novembre 2006.] SRI LANKA_22 février, Colombo. Les rebelles des tigres de libération de l’Eelam tamoul (LTTE) annoncent qu’ils se voient "contraints" de reprendre leur lutte pour la création d’un Etat tamoul dans le nord et l’est de l’île. Le LTTE accuse le gouvernement du président Mahinda Rajapakse, arrivé au pouvoir en novembre 2005, de vouloir imposer par la force une solution au conflit. "L’actuelle guerre d’agression du gouvernement sri lankais […] a contraint le peuple tamoul à reprendre sa lutte pour la liberté, pour réaliser son droit à l’autodétermination et à la fondation d’un Etat". [Les affrontements entre l’armée sri lankaise et les rebelles du LTTE ont repris et fait près de 4'000 morts depuis l’élection, en novembre 2005, à la tête du Sri Lanka, du président Rajapakse.]
SUISSE_30 mars, Berne. D’après un sondage de l'institut "gfs bern", environ 10% des personnes vivant en Suisse auraient "des attitudes antisémites systématiques" et 28% des "attitudes anti-juives ponctuelles".
_27 mars, Genève. Le rapporteur du Conseil des droits de l’homme sur le racisme, Doudou Diène, dénonce "une dynamique raciste et xénophobe" en Suisse, dans un rapport présenté, le 27 mars 2007, à Genève. [Doudou Diène, qui avait enquêté en Suisse du 9 au 13 janvier 2006, a estimé qu'il existe dans la société suisse "des partis politiques avec une plate-forme raciste et xénophobe" qui cherchent à imposer leur programme. Il a regretté une "résistance culturelle profonde" au multiculturalisme, notamment à l'égard des étrangers d'origine non européenne. Il a recommandé aux autorités suisses de manifester "une volonté politique ferme pour combattre" la dynamique du racisme dans la société suisse. _26 mars Malgré une évolution positive dans l'application des droits de l'enfant, la Suisse peut mieux faire, estiment les organisations de protection de l'enfance. La Convention des Nations unies relative aux droits de l'enfant a été ratifiée par le Parlement suisse le 26 mars 1997. Depuis, "la volonté politique à tous les niveaux a permis d'améliorer la situation des enfants vivants sur notre territoire", indique Défense des Enfants - International (DEI). Malgré la ratification de ce document et les progrès accomplis, comme le nouveau droit du divorce et les mesures contre la violence domestique, les organisations de protection de l'enfance ne sont pas pleinement satisfaites et attendent plus de la Suisse.
_23 mars, Genève. Le Bureau exécutif de l'Association internationale des villes messagères de la paix (AIVMP), réuni à Genève, dénonce, dans une déclaration dite Déclaration de Genève - la course à des armements de plus en plus sophistiqués et meurtriers et exprime sa "vive inquiétude" quant à la non application du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP). Il souligne que seul le désarmement mondial peut amener des mesures significatives pour le développement et permettre une "attaque concertée" contre la faim, la maladie, la question des sans-abri et le chômage.
_9 mars, Lausanne. Dogu Perinçek, président du Parti des travailleurs turcs, reconnu coupable de discrimination raciale pour avoir nié le génocide arménien lors d’un déplacement en Suisse, en 2005. Il avait affirmé que le génocide arménien était "un mensonge international". [Dogu Perinçek a jugé sa condamnation "raciste et impérialiste", assurant que celle-ci faisait partie du complot mené par les Etats-Unis contre la Turquie.] _14 janvier, Berne. En Suisse alémanique, 73 actes antisémites ont été recensés entre septembre 2005 et décembre 2006, indique l'association"Enfants de l'Holocauste" (Akdh). La plupart des actes (42) étaient dirigés contre des institutions juives. Ainsi, les murs de la synagogue de Bienne ont été gribouillés. "Et un local de prières à Zurich-Wiedikon a même été souillé d'excréments", relève Samuel Althof, porte-parole de l'association. [En Suisse romande, c'est la CICAD - Coordination intercommunautaire contre l'antisémitisme et la diffamation, à Genève- qui recense les actes antisémites.] TCHAD_29 janvier, Londres. Amnesty International affirme que la population de l'est du Tchad "vit le même cauchemar que celle du Darfour" (ouest du Soudan), où 300’000 civils au moins ont trouvé la mort depuis 2003 dans le conflit opposant des groupes rebelles au régime soudanais. Selon l’organisation de défense des droits de l’homme, les miliciens qui exécutent, pillent et violent dans l'est du Tchad sont équipés et encadrés par le Soudan. Amnesty reproche aussi au Tchad de ne pas protéger les populations et appelle au déploiement d'une force internationale. TURKMENISTAN_14 février, Achgabat. Avec un score "soviétique" - 89 % des voix -, Gourbangouly Berdymoukhamedov est proclamé président du Turkménistan, en remplacement de Saparmourat Niazov, mort d'une crise cardiaque en décembre 2006, qui s'était fait proclamer "Grand Turkmenbachi" [père de tous les Turkmènes]. TURQUIE_21 janvier, Istanbul. Un mineur de 17 ans, Ogun Samast, arrêté pour l'assassinat du journaliste turc arménien Hrant Dink. L'hypothèse d'une manipulation (par un groupe islamiste ou nationaliste) est avancée. _19 janvier, Istanbul. Le journaliste turc d'origine arménienne Hrant Dink, plusieurs fois poursuivi par la justice turque, et devenu la cible des cercles nationalistes pour ses propos sur le génocide arménien, tué par balles par un inconnu à Istanbul.
VATICAN_24 mars, Rome. Devant 400 délégués des épiscopats européens, de mouvements laïques et d'autres Eglises invités par la Commission des conférences épiscopales de l'Europe (CCEE) pour le 50e anniversaire du Traité de Rome, Benoît XVI dénonce l'"apostasie" de l'Europe, c'est-à-dire la rupture avec son patrimoine chrétien. _1er février, Rome. Benoît XVI appelle juifs, chrétiens et musulmans à approfondir leur dialogue "dans le respect de leurs différences" pour donner au monde "un message de concorde et de sérénité", en recevant au Vatican une délégation interreligieuse internationale "Les hommes d'aujourd'hui attendent de nous un message de concorde et de sérénité, et la manifestation concrète de notre volonté commune de les aider à réaliser leur légitime aspiration à vivre dans le justice et la paix", ajoute le pape, qui met aussi l'accent sur l'importance d'un "dialogue vrai, respectueux des différences, courageux, patient et persévérant", d'un "travail commun de réflexion, travail de la raison pour scruter le mystère de Dieu"._1er janvier, Rome. Benoît XVI appelle, durant la messe du Nouvel An, à "oeuvrer pour la paix" afin de combattre "terrorisme" et "conflits armés", souhaitant notamment "un accord de paix" au Moyen-Orient qui vit "une situation dramatique". "Face aux menaces contre la paix, malheureusement toujours présentes, face aux situations d'injustice et de violence qui continuent de persister dans plusieurs régions de la Terre, face à la permanence des conflits armés souvent oubliés par l'opinion publique, face au danger du terrorisme qui trouble la sérénité des peuples, il devient plus que jamais nécessaire d'oeuvrer ensemble pour la paix", souligne le pape. VENEZUELA_8 janvier, Caracas. Hugo Chavez annonce la renationalisation d'entreprises qui avaient été privatisées avant son arrivée au pouvoir, en 1999. "Nous allons vers la République socialiste du Venezuela", déclare le président vénézuélien lors de la prise de fonctions de son nouveau gouvernement. "Nous allons demander des pouvoirs spéciaux pour un ensemble de lois révolutionnaires", ajoute-t-il. "Tout ce qui a été privatisé doit être nationalisé. Nous devons récupérer la propriété sociale sur les moyens stratégiques de production". VIETNAM_30 mars, Hué. La justice vietnamienne, contrôlée par le Parti communiste (PCV), inflige une peine de huit ans de prison au prêtre Nguyen Van Ly, 60 ans, militant du mouvement en faveur de la démocratie. La cour a tranché au vu d'un "comportement criminel très grave mettant en danger la République socialiste du Vietnam, nuisible à la sécurité nationale et générant un clivage entre les pratiquants religieux et le peuple". [Le principal chef d'accusation imputait à Ly, la responsabilité de la constitution du "Bloc 8406", mouvement dissident qui appelle, depuis avril 2006, à la fin du régime communiste, et a lancé des appels à la désobéissance aux membres du parti et des forces de sécurité.] ZIMBABWE_12 mars, New York. Ban Ki-moon se déclare préoccupé par l'arrestation, le 11 mars, des chefs de l'opposition, condamnant les coups et blessures qui leur ont été infligés en détention à la suite de la répression d'une réunion publique par la police anti-émeute. "Ces actions violent les droits fondamentaux des citoyens à se réunir en public de façon pacifique", souligne le secrétaire général des Nations unies. > ET AUSSI... <_COMMERCE _27 janvier, Davos (Suisse). Les ministres du commerce d'une trentaine de pays membres de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) conviennent de reprendre les négociations sur la libéralisation des échanges dans le cadre du cycle de Doha, sans pour autant fixer un calendrier.
_DROITS DE L'ENFANT _17 janvier, Paris. La cause des enfants a réuni à Paris neuf reines et "premières dames", dont Laura Bush, Lioudmila Poutine, Bernadette Chirac et Suzanne Moubarak, les reines Paola de Belgique et Silvia de Suède ou encore Valentina Matvienko, gouverneur de Saint-Pétersbourg, pour un débat destiné à mobiliser l`opinion internationale sur les problèmes de la disparition et de l'exploitation sexuelle des plus petits. Toutes font partie du comité d'honneur du Centre international pour les enfants disparus ou exploités (ICMEC), créé en 1998 à Washington. Dans son propos liminaire, le président Jacques Chirac a dit voir dans ce phénomène "l'un des grands fléaux de notre temps".
_PAUVRETE _19 mars, Washington. Une étude de la Banque mondiale évalue à quatre milliards le nombre de personnes vivant avec un revenu compris entre 1 et 8 dollars par jour. Dans son rapport, la Banque mondiale met en avant deux éléments principaux. En premier lieu, surtout installée dans des zones rurales, cette population n'accède que difficilement, et à un prix très élevé, aux biens de consommation essentiels tels que l'eau ou l'électricité. En second lieu, les circuits permettant à ces quatre milliards de pauvres de recourir au crédit sont souvent opaques, et les taux auxquels ils empruntent sont souvent prohibitifs. _POPULATION MONDIALE _3 mars, New York. "La population mondiale continue de vieillir et dépassera les 9 milliards d'habitants d'ici à 2050", affirme un rapport des Nations unies, qui prévoit une période de transition dans la structure de la population de la planète. [Par ailleurs, note le rapport, le déclin de la fertilité et la longévité croissante conduiront à un vieillissement rapide de la population d'un nombre de plus en plus grand de pays, notamment dans la tranche des plus de 60 ans. _SPORT _26 janvier, Düsseldorf. L'ancien capitaine de l’équipe de France de football, Michel Platini, élu à la présidence de l’Union européenne de football (UEFA).
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