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2007-L'actualité des droits de l'homme dans le monde

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AFGHANISTAN

_19 juin, Kaboul. Les forces internationales et afghanes sont responsables de la mort d'au moins 230 civils, dont 60 femmes et enfants, depuis le début de l'année en Afghanistan, affirme l'agence Acbar, qui chapeaute une centaine d'ONG afghanes et étrangères dans ce pays.

"Des rapports d'ONG et d'autres données indiquent que, depuis le début 2007, les forces internationales et du gouvernement afghan ont été responsables de la mort, au minimum, de 230 civils, dont celle d'au moins 60 femmes et enfants", indique Acbar.

_13 mai, Kaboul. Le gouvernement afghan annonce la mort du mollah Dadullah, l'un des principaux chefs rebelles tué au cours d'une opération dans le sud du pays. Les talibans ont démenti une information qualifiée de "propagande".

[Réputé pour sa brutalité, originaire de la province d'Oruzgan (sud), Dadullah était considéré, par l’OTAN, comme "le principal commandant militaire des talibans" et il faisait partie de la liste des personnes les plus recherchées par les Etats-Unis

Le chef rebelle, qui affirmait avoir sous ses ordres plusieurs centaines de kamikazes prêts à lancer des attaques contre les forces étrangères, était également considéré comme un proche du mollah Omar, le chef en fuite des talibans pourchassé par les forces spéciales américaines.]

_2 mai, Paris. Les talibans sont de retour, constate "Le Monde", qui publie un reportage de son envoyée spéciale à Kaboul, Françoise Chipaux. Cinq ans après la chute de leur Emirat islamique, les "étudiants en religion", devenus encore plus radicaux, reviennent en force dans le sud du pays. Avec l’aide des populations pachtounes, des islamistes du Pakistan et des djihadistes d’Al Qaida.

La communauté internationale, qui, en 2001, avait fait miroiter aux Afghans des lendemains qui chantent, s'est montrée incapable de tenir ses promesses, notamment dans les zones pachtounes, où, au contraire, la guerre fait rage. Les forces étrangères de la coalition, dirigée par les Etats-Unis d'abord et maintenant par l'OTAN, ont d'autre part multiplié les erreurs de comportement vis-à-vis d'une population extrêmement conservatrice, poussant de nombreux jeunes dans les bras des talibans. […]

La nouvelle génération de talibans est beaucoup plus extrémiste et beaucoup plus sensible aux sirènes du djihad [guerre sainte] international. "Elle a été formée dans les madrasas [écoles coraniques] fondamentalistes qui se sont multipliées au Pakistan le long de la frontière afghane", affirme, à Kaboul, l'analyste politique Wahid Modjda. "Nous constatons actuellement un rapprochement très net entre les talibans et Al-Qaida; avec, en conséquence, de plus en plus d'actions copiées du "modèle" irakien".

Exemple type : les attentats-suicides; inconnus auparavant en Afghanistan, ils ne cessent de se multiplier. De 27 durant l'année 2005, ils sont passés à 139 en 2006; et plus de 45 ont déjà été perpétrés cette année. Le Monde, Paris, 2 mai 2007.

ARGENTINE

_25 avril, Buenos Aires. La justice annule les grâces accordées par l'ex-président argentin Carlos Menem aux chefs de la dictature militaire, qui ont dirigé le pays de 1976 à 1983. Pour la Chambre fédérale pénale de Buenos Aires, ces grâces sont "non conformes" à la Constitution argentine.

[Cette décision rend de nouveau valables les condamnations à la prison à vie prononcées en 1985, lors du retour du pays à la démocratie, à l'encontre de ces responssssables de la dictature, à l'exception de Roberto Viola et Leopoldo Galtieri, aujourd'hui décédés. Jorge Videla, 81 ans, est assigné à résidence dans l'attente d'être jugé pour des faits non couverts par les grâces de Carlos Menem. Emilio Massera, 81 ans, victime en décembre 2002 d'une hémorragie cérébrale, ne sera probablement jamais présenté devant des juges.

Par deux décrets prononcés en 1989 et 1990, Carlos Menem avait gracié entre autres l'ex-général Jorge Videla et l'ex-amiral Emilio Massera, deux figures de la dictature, condamnées lors d'un procès historique en 1985.]

BIRMANIE [Myanmar]

_29 juin, Genève. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), dont le credo usuel est la plus grande discrétion au service de l'efficacité, sort de sa réserve à propos de la Birmanie, accusant la junte au pouvoir de se livrer à de "graves et systématiques" violations du droit humanitaire.

Dans une déclaration devant la presse, le président du CICR, Jacob Kellenberger, dénonce la pratique "particulièrement dégoûtante" des militaires consistant à utiliser des milliers de civils captifs comme porteurs, démineurs humains ou travailleurs de force. Il accuse l'armée de faire régner une "peur constante" parmi les populations de la frontière avec la Thaïlande, où se déroulent des combats contre les insurrections ethniques. Meurtres, arrestations arbitraires et destructions de stocks de nourriture y sont pratiqués "à grande échelle", assure-t-il.

          plus d'info La déclaration du CICR

_25 mai, Rangoon. La junte militaire au pouvoir refuse de libérer l'opposante Aung San Suu Kyi, 61 ans, arrêtée il y a tout juste quatre ans – et prolonge son ordre d'assignation à résidence d'un an.

[Le pouvoir birman est resté sourd aux appels lancés à travers le monde pour la libération de Aung San Suu Kyi. Auparavant, 59 personnalités internationales, dont les ex-présidents américain Bill Clinton et brésilien Fernando Henrique Cardoso, ainsi que les anciens Premiers ministres français Lionel Jospin et japonais Junichiro Koizumi, avaient cosigné une lettre demandant "la remise en liberté immédiate" del’opposante birmane.]

_21 mai, Genève. Louise Arbour appelle le gouvernement birman à libérer sans conditions la lauréate du prix Nobel de la paix, Daw Aung San Suu Kyi, ainsi que tous les prisonniers politiques encore détenus. Soulignant que le terme officiel fixé pour l'assignation à résidence de la Secrétaire générale de la Ligue nationale pour la démocratie prend fin très bientôt, la haut commissaire des Nations unies aux droits de l’homme exhorte les autorités à libérer également "tous les prisonniers politiques" dans le pays, "sans conditions".

[Daw Aung San Suu Kyi est assignée à résidence depuis quatre ans. Elle a passé 11 des 17 dernières années en détention. Près d'un millier de prisonniers politiques sont recensés dans les prisons et les camps de travail en Birmanie.]

_10 mai, Genève. Des experts des Nations unies appellent à la libération immédiate de Daw Aung San Suu Kyi à l'approche du terme officiel de sa détention. Ils rappellent que, depuis que son parti et ses alliés ont gagné l'élection de 1990 avec plus de 80% des sièges du Parlement, elle a été détenue pendant onze des dix-sept dernières années, sans chef d'accusation ni procès et a été maintenue en isolement ces quatre dernières années.#

Pus d'info

BRESIL

_11 mai, Sao Paulo. Benoît XVI canonise le religieux franciscain Antonio Galvao (1739-1822), premier saint natif du Brésil, et appelle à résister à l'hédonisme. Dans son prêche, le pape insiste sur la nécessaire résistance à "l'hédonisme" des sociétés modernes. Il appelle les Catholiques à "dire non aux médias qui tournent en ridicule la sainteté du mariage et la virginité avant le mariage", et à cultiver "des vies limpides et claires".

CONGO | République démocratique

_18 mai, Goma. Louise Arbour lance un projet d'appui à la lutte contre les violences sexuelles au Nord et au Sud-Kivu, destiné à aider au moins 15’000 femmes. Ce projet de plus de 10 millions d'euros – appuyé par les Nations unies et des ONG locales et internationales -, financé par le Canada, couvre la période 2006-2009 et prévoit de développer une assistance médicale, juridique et à la réinsertion pour les victimes.

[Au Nord et au Sud-Kivu, les violences sexuelles n'ont pratiquement pas diminué depuis la fin de la dernière guerre en RDC (1998-2003). L'association Dynamique des femmes juristes de Goma estime à environ 10’000 par an le nombre de viols dans la province du Nord-Kivu.
Des groupes armés locaux et étrangers sévissent encore dans les deux Kivu, les militaires de l'armée congolaise sont régulièrement accusés de crimes sexuels par des victimes et des ONG dans les zones rurales notamment, et dans les villes, les violences commises par les civils sont en augmentation, selon l'association.]

_16 mai, Kinshasa. Louise Arbour plaide pour "un projet d'inventaire" des crimes graves commis entre 1993 et 2003 en République démocratique du Congo. "Il s'agit dans une première étape de cartographier, d'inventorier les violations graves des droits de l'Homme commises pendant cette décennie, avant la mise en place de la Cour pénale internationale (CPI), souligne la haut commissaire des Nations unies.

["Dans un deuxième chapitre, cet inventaire serait présenté au gouvernement et à la population de RDC, qui décideront des options à prendre [...], pour une réparation pour les victimes" et de mesures à l'encontre "des auteurs présumés de ces exactions", a expliqué Louise Arbour.
"Le président de la République [Joseph Kabila] a très bien accueilli cette initiative" et a manifesté son intention de "lancer une attaque sérieuse contre l'impunité", a affirmé la Haut commissaire.


_17 mai, New York. Exécutions sommaires, viols, torture et emprisonnement arbitraire, c'est une litanie de violations des droits de l'homme qui émaille le dernier rapport publié par la Mission de l'Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo (Monuc).

Pus d'info

COREE DU NORD

_20 mai, Washington. Le traitement des prisonniers en République populaire démocratique de Corée (RPDC) relève du "crime contre l'humanité" et pourrait faire l'objet d'un jugement par un tribunal international, avance, dans un rapport, l'organisation américaine de défense des droits de l'homme, Freedom House.

Rédigé par David Hawk, qui dirigea la commission à l'origine du tribunal international sur les crimes des Khmers rouges, le rapport, intitulé "Concentrations d'inhumanité", dénonce "la répression généralisée et le système des camps de travail pour les prisonniers politiques" qui "constituent des crimes flagrants contre l'humanité tels qu'ils sont définis par le droit international".

[Le rapport s'appuie sur les témoignages de réfugiés recueillis par l'auteur pour son enquête Le Goulag caché : révélation sur les camps de prisonniers en Corée du Nord, publiée en 2003 sous les auspices du US Committee for Human Rights in North Korea, ainsi que d'autres plus récents. Ils sont examinés à l'aune des critères définis dans le statut de la Cour criminelle internationale (créée en 2002) et de la jurisprudence des tribunaux chargés de l'ex-Yougoslavie et du Rwanda. Source : Le Monde, Paris, 5 juin 2007]

COTE D’IVOIRE

_13 avril, Abidjan. Laurent Gbagbo promulgue une loi d'amnistie couvrant les infractions contre la sûreté de l'Etat commises sur le  territoire ou par les Ivoiriens en exil depuis le début de la guerre civile, en 2000. Cette mesure, qui vise à accélérer le processus de réconciliation nationale, a été approuvée par Guillaume Soro, ancien opposant au président de la Côte d'Ivoire, aujourd'hui Premier ministre.#

[Cette amnistie était prévue par l'accord de paix interivoirien signé le 4 mars 2007 à Ouagadougou par le président Gbagbo et celui qui était alors le chef de la rébellion, Guillaume Soro. Ce dernier a prononcé son premier discours à la nation. Estimant que les Ivoiriens devaient "apprendre à pardonner", il a fixé pour objectifs à son gouvernement, nommé le 7 avril, la "réunification" des forces armées loyalistes et rebelles, et "l'organisation d'élections justes, transparentes, ouvertes à tous".]

ESPAGNE

_5 juin, Madrid. L'organisation séparatiste basque ETA prévient qu'elle met fin, à partir du 6 juin à minuit, au cessez-le-feu permanent, annoncé le 22 mars 2006. Dans un communiqué, l'ETA accuse le gouvernement d'"avoir répondu au cessez-le-feu par la poursuite des détentions, des tortures et des persécutions".

[Le 30 décembre 2006, l'ETA avait commis un attentat tuant deux personnes, mais affirmé que le cessez-le-feu était toujours en vigueur. Lundi, le quotidien El Pais avait évoqué la possibilité d'une attaque avant août : "Le plus probable est que l'ETA commette un attentat spectaculaire sans victime pour montrer sa capacité opérationnelle et accroître sa capacité d'intimidation et de chantage".]

[José Luis Rodriguez Zapatero a déclaré que "l'ETA recommence à se tromper" et exigé à nouveau du groupe indépendantiste basque armé "l'abandon définitif" de la violence. "Cette décision est radicalement opposée au chemin souhaité par la société basque et la société espagnole", a déclaré le chef du gouvernement socialiste, lors d'une courte allocution devant les médias à Madrid. Ce "chemin n'a qu'un seul objectif, celui de l'abandon définitif des armes" a-t-il insisté, et un tel "chemin" "ne peut être emprunté et parcouru qu'avec une renonciation complète à la violence".]

_26 avril, Guernica. Guernica célèbre le 70e anniversaire du bombardement de la ville basque par l'aviation nazie alliée aux troupes franquistes pendant la guerre civile espagnole (1936-1939).
Le 26 avril 1937, la ville avait été aux trois quarts détruite par le raid aérien de la légion Condor allemande. Le bombardement avait fait plusieurs centaines de morts.

[Le drame avait inspiré un des plus célèbres tableaux de Pablo Picasso, dont une réplique est installée dans le centre-ville de Guernica. Quelques années après la réalisation de l'œuvre, l'ambassadeur allemand en France Otto Abetz avait interrogé le peintre : "C'est vous qui avez fait ça ?" "Non, c'est vous", répondit Picasso.]

_8 avril, Madrid. L’ETA affirme envisager un "scénario d'absence de la violence" et se dit prête à assumer de nouveaux "engagements", dans une interview publiée par le journal basque Gara, canal habituel de revendication de l'organisation séparatiste armée basque l'ETA.

Si les "attaques contre Euskal Herria [le Pays Basque]" cessent, "nous sommes disposés à assumer de fermes engagements [en vue] d'un scénario sans violence", déclare l'ETA, qui dit par ailleurs réaffirmer "tous les engagements du 24 mars" 2006, date de l'entrée en vigueur de son "cessez-le-feu" permanent, interrompu le 30 décembre 2006 par un attentat qui a fait deux morts à l'aéroport de Madrid.

L'organisation ajoute toutefois qu'elle "tiendra compte" d'une possible absence de la gauche abertzale [indépendantiste] des élections locales fin mai au Pays Basque. "L'ETA ne peut pas imaginer des élections sans la gauche abertzale. Cela signerait l'échec du processus [de paix]", explique le groupe armé.

ETATS-UNIS

_18 juin, New York. De hauts responsables du Pentagone, dont l'ancien ministre de la défense Donald Rumsfeld en personne, ont été directement impliqués, du moins en tant que donneurs d'ordres, dans les méthodes abusives d'interrogatoire pratiquées à la prison d'Abou Ghraib en Irak, affirme le général Antonio Taguba, qui a mené – pour le magazine "The New Yorker" - la première enquête sur le traitement réservé aux prisonniers irakiens dans cette prison et qui aurait été contraint, de ce fait, à prendre une retraite anticipée

Selon lui, le haut commandement en Irak était forcément au courant des techniques d'interrogatoire agressives en vigueur dans la prison d'Abou Ghraib, qui ressemblaient d'ailleurs à celles utilisées pour les prisonniers importants du centre de détention de Guantanamo Bay à Cuba. Antonio Taguba accuse également l'ancien ministre de la Défense Donald Rumsfeld d'avoir menti au Congrès lorsqu'il a témoigné, en mai 2004, sur l'enquête en minimisant ce qu'il savait des abus.

"Je sais que mes pairs de l'armée seront furieux que je parle, mais le fait est que nous avons violé les lois de la guerre à Abou Ghraib. Nous avons violé les conventions de Genève. Nous avons violé nos propres principes et nous avons violé le cœur de nos valeurs militaires. Le stress au combat ne constitue pas une excuse, et je pense, aujourd'hui encore, que les chefs militaires et civils responsables doivent répondre de leurs actes".

_11 juin, Washington. Une cour d'appel fédérale américaine estime que le président Bush n'a pas le pouvoir de décider la détention illimitée d'un terroriste présumé. Le plaignant, un citoyen qatari, est la seule personne détenue aux Etats-Unis en tant que "combattant ennemi". Agé de 41 ans, l'homme est soupçonné d'être un "agent dormant" d'Al Qaïda et détenu sans inculpation et sans jugement depuis juin 2003 dans une prison militaire de Caroline du sud.

["Le gouvernement ne peut pas soumettre l'accusé à une détention militaire illimitée. Car aux Etats-Unis, l'armée ne peut pas arrêter et emprisonner des civils, ni a fortiori les emprisonner indéfiniment", a expliqué un magistrat. Cette décision renvoie l'affaire à un juge fédéral de Caroline du Sud qui devra demander au secrétaire de la Défense de faire libérer le ressortissant qatari dans un délai résonnable.]

_11 juin, Bagdad. Le nombre de militaires américains tués en Irak depuis l'invasion de mars 2003 a dépassé les 3’500, après la mort de trois soldats dans un attentat suicide au sud de Bagdad, alors que des renforts américains continuent à être déployés dans le pays.

_10 juin, Washington. Colin Powell estime que la prison militaire de Guantanamo Bay, où sont détenus des "combattants étrangers" soupçonnés d'activités terroristes, devrait être fermée immédiatement et ses prisonniers transférés aux Etats-Unis.

"Guantanamo est devenu un problème majeur [...] pour l'image de l'Amérique aux yeux du monde, et si cela dépendait de moi je fermerais Guantanamo, non pas demain, mais cet après-midi [...] et je ne libèrerais aucun de ces hommes. Je les transfèrerais simplement aux Etats-Unis et je les introduirais dans notre système juridique fédéral", déclare l’ancien secrétaire d’Etat américain Powell dans une émission de la chaîne NBC.

"Au fond, nous avons ébranlé la confiance que le monde avait dans le système judiciaire de l'Amérique en conservant un [centre de détention] comme Guantanamo et en créant une commission militaire. Nous n'en avons pas besoin, et cela nous fait plus de mal que de bien", ajoute-t-il.

_31 mai, Potsdam. La secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, se livre à une attaque en règle contre la Russie, en émettant le vœu d'assister à l'avènement d'une Russie "forte, mais dans le sens du XXIe siècle", c'est-à-dire démocratique.

"Notre défi le plus urgent aujourd'hui est le Kosovo. Le statu quo n'y est pas supportable et l'indépendance [d'abord supervisée] est la seule voie réaliste et souhaitable", estime la secrétaire d’Etat. Evoquant les sujets de divergence entreles Etats-Unis et la Russie, elle dit souhaiter une "Russie [...] forte dans le sens du XXIe siècle, pas simplement avec un centre fort, avec des institutions fortes, indépendantes, à la fois au sein du gouvernement et en dehors, un système judiciaire et législatif fort et indépendant, des médias forts et indépendants et des élections libres et justes ouvertes aux observateurs", souligne-t-elle, ajoutant que les"institutions démocratiques et une société ouverte [ne sont] en rien source de faiblesse, pas plus que la liberté d'expression et la liberté de la presse [ne sont] une nuisance."

[Condoleezza Rice prononçait un discours au palais Neue Kammern, après avoir reçu, des mains de l'ancien chancelier Helmut Kohl, le prix Eric-Warburg, pour les efforts qu'elle a consacrés à la réunification allemande entre 1989 et 1991, alors qu'elle travaillait à la Maison Blanche sous Bush père.]

_29 mai, Washington. Le président George Bush annonce un renforcement des sanctions financières américaines contre le Soudan, accusé d'encourager les violences dans la provincedu Darfour. "Cela fait trop longtemps que la population du Darfour a souffert à cause d'un gouvernement qui est complice dans le bombardement, le meurtre et le viol de civils innocents, déclare George Bush. Mon gouvernement a employé pour ces actions le terme qui convient : "génocide". Le monde doit aider à y mettre fin".

Les sanctions frappent 31 compagnies soudanaises, contrôlées par le régime et liées pour la plupart au secteur pétrolier, ainsi que trois personnes accusées de graves violations des droits de l'homme : Ahmed Haroun, le secrétaire d'Etat aux affaires humanitaires, déjà accusé de crimes de guerre par la Cour pénale internationale (CPI), et Awad Auf, le responsable du renseignement militaire. Le troisième est le chef de l'un des mouvements rebelles, Khalil Ibrahim, du Mouvement pour la justice et l'égalité. Sept noms figurent désormais sur cette liste de personnes dont les avoirs sont gelés par les Américains.

_25 mai, Washington. Après des mois de menaces, la Chambre des représentants et le Sénat ont fini par fléchir en adoptant le projet de financement 2007 de la guerre en Irak et en Afghanistan, sans inclure de calendrier de retrait des troupes.

[La Maison-Blanche s'est réjouie de voir le Congrès "fournir avec succès à nos troupes les fonds et la flexibilité nécessaires à la protection de notre pays". Le financement est de 120 milliards de dollars jusqu'à septembre, date à laquelle s'ouvrira le débat sur le financement de la guerre en 2008.]

_24 mai, Washington. George Bush annonce "des combats très durs" en Irak pendant l'été - "une période déterminante pour la nouvelle stratégie" militaire américaine en Irak.

"Nous nous attendons à des combats très durs dans les semaines et les mois à venir", déclare le président américain, qui souligne qu'il fallait s'attendre à de nouvelles pertes dans les rangs américains et irakiens. Il précise que les derniers des 30’000 soldats américains envoyés en renfort en Irak, environ 15’000 personnes, arriveront dans le pays d'ici à la mi-juin.

[George Bush a en outre déclaré que les troupes américaines étaient prêtes à quitter l'Irak, si le gouvernement de Bagdad le leur demandait. "Nous sommes là à l'invitation du gouvernement irakien. C'est un pays souverain, a-t-il assuré. S'ils nous disaient "partez", nous partirions". Il a toutefois ajouté que l'important, pour l'instant, était "de continuer l'offensive".]

_10 mai, Washington. Le général David Petraeus, qui commande les troupes américaines en Irak, écrit à ses soldats pour leur rappeler les règles de conduite de l'armée des Etats-Unis : pas de mauvais traitements, pas de torture, pas de loi du silence, même si les fautifs sont des camarades. "Nos valeurs et les lois de la guerre nous enseignent à respecter la dignité humaine", explique-t-il.
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Dans sa lettre, le général Petraeus rejette l'argument en faveur de la torture. "Non seulement de telles actions sont illégales, mais l'Histoire montre qu'elles ne sont généralement ni utiles ni nécessaires". Pour lui, "la population doit comprendre" que les soldats américains - et non pas leurs ennemis - "sont au-dessus du lot quand il s'agit des standards moraux". Et, souligne-t-il, "nous sommes des guerriers. Nous nous entraînons à tuer notre ennemi. Nous sommes engagés dans le combat et nous devons être violents parfois [...]". "Mais, ajoute le général Petraeus, dans tout ce que nous faisons, nous devons traiter les non-combattants et les détenus avec dignité et respect."

[Une enquête, réalisée à l'automne 2006 par l'armée américaine auprès de 1’767 soldats en Irak, fait apparaître que plus d'un tiers des militaires déployés estime que la torture devrait être autorisée, si elle permet de recueillir des informations sur la guérilla. Deux tiers des marines ont indiqué qu'ils ne dénonceraient pas un camarade qui se livrerait à des brutalités contre des civils ou qui détruirait leurs biens sans nécessité. Et 10 % des sondés ont avoué qu'ils s'étaient livrés eux-mêmes à ce genre d'exactions.]

_1er mai, Washington. George W. Bush met son veto au texte de loi adopté par le Congrès [Chambre des représentants et Sénat] sur le financement de la guerre en Irak qui fixait le début du retrait des troupes américaines avant la fin de l'année. "Lancer un compte à rebours pour le retrait revient à lancer un compte à rebours pour l'échec et ce serait irresponsable", déclare le président américain, avant d'ajouter que ce retrait saperait le moral des Irakiens et encouragerait les assassins à travers tout le Moyen-Orient.

"Cela n'aurait aucun sens de dire à l'ennemi quand nous comptons nous retirer. Tous les terroristes marqueraient cette date sur leur calendrier avant de réunir leurs forces afin de renverser le gouvernement et prendre le contrôle de l'Irak", assure-t-il, accusant les démocrates du Congrès d'avoir voulu "substituer l'opinion de politiciens au jugement de nos commandants militaires".

[Ce départ programmé avait été incorporé par la majorité démocrate du Congrès dans une loi de finances débloquant 124 milliards de dollars pour la guerre en Irak et l'intervention militaire en Afghanistan. Le retrait des troupes aurait dû débuter entre le 1er juillet et le 31 octobre 2007, avec l'objectif de retirer l'ensemble des troupes de combat d'Irak à l'horizon de mars 2008.]

_26 avril, Washington. Le Congrès [Chambre des représentants et Sénat] adopte un projet de loi prévoyant un financement de la guerre en Irak et un  calendrier de retrait militaire, malgré la menace d'un veto présidentiel.
 
Le projet de loi, adopté avec 218 voix pour et 208 contre, prévoit un crédit de 124,2 milliards de dollars pour  financer la guerre en Irak, mais exige que l'administration de George W. Bush entame le retrait militaire de l'Irak au plus tard le 1er octobre 2007.

[George Bush a réaffirmé qu'il mettrait son veto à ce projet de loi. Les Démocrates "ont décidé de faire un communiqué politique", a-t-il  estimé, avant d'ajouter : "C'est leur droit, mais ce qu'ils préconisent est incorrect tant pour nos troupes que pour notre pays. Accepter le projet proposé par la direction démocrate, c'est  accepter une politique en directe contradiction avec le jugement  de nos commandants militaires".

Il a été contredit par la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, une démocrate originaire de la Californie. "Je crois que le fait que le président nous accuse sur nos  politiques concernant ce projet de loi bien réfléchi est en  dessous de la dignité de l'affaire dont nous parlons ici", a-t-elle estimé, soulignant que la guerre en Irak est le plus grande  affaire éthique à laquelle sont confrontés les Etats-Unis.]#

_5 avril, Washington. Un rapport du département de la défense (Pentagone), déclassifié, affirme que le régime de Saddam Hussein n'avait pas coopéré directement avec Al-Qaida avant l'invasion américaine de l'Irak. Le document cite deux anciens collaborateurs de Saddam Hussein et des documents irakiens saisis "qui ont tous confirmé" que l’Irak et le mouvement djihadiste n'avaient eu que des liens restreints.

Le rapport indique que le Pentagone a fourni des analyses "inappropriées" dans sa recherche afin de démontrer les liens pouvant exister entre Al-Qaida et les autorités irakiennes.

EUROPE

_8 juin, Strasbourg. Selon un rapport du Conseil de l'Europe, la Pologne et la Roumanie ont couvert les détentions illégales et les actes de torture de la CIA sur leur territoire entre 2002 et 2005. Le sénateur suisse Dick Marty, rapporteur de l'assemblée parlementaire du Conseil sur les activités secrètes de la CIA, accuse ces deux pays d'avoir permis aux services secrets américains d'installer des centres de détention secrets sur leur sol.

"Il subsiste aujourd'hui suffisamment d'éléments pour affirmer que des centres secrets de détention gérés par la CIA ont bien existé en Europe, entre 2003 et 2005, notamment en Pologne et en Roumanie", affirme-t-il.

Pus d'info    Pus d'info Le rapport du Conseil de l’Europe [pdf 870 ko]

[La Commission européenne a immédiatement réagi en demandant aux Etats cités dans le rapport de lancer "une enquête rapide et indépendante" sur le sujet.]

_25 mai, Londres. Les Français, comme les autres Européens, se prononcent majoritairement en faveur de quotas d'immigration, selon un sondage réalisé par Novatris/Harris Interactive. De même, ils estiment que les aides sociales ne devraient être attribuées aux immigrés en situation régulière qu'après l'acquisition de la nationalité du pays (62 %).

Alors qu'une majorité de Britanniques (67 %), d'Italiens (55 %), d'Allemands (55 %) et même d'Espagnols (45 %) jugent qu'il y a trop d'immigrés dans leur pays, ils ne seraient que 32 % en France à le penser. En Italie, en Grande-Bretagne et en Allemagne, une majorité sont pour l'expulsion des clandestins, et ce qu'elle que soit leur situation familiale, mais seuls 34 % des Français soutiendraient une telle idée.

_24 mai, Ankara. La Turquie dénonce l'opposition du nouveau président français à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne, au lendemain de déclarations de Nicolas Sarkozy indiquant qu'il n'avait "pas changé d'avis" sur cette question.

"L'objectif de la Turquie concernant l'Union européenne est clair", déclare le porte-parole du ministère des affaires étrangères turc, Levent Bilman. "Le statut de la Turquie est lui aussi très clair : c'est un pays qui a entamé des négociations et l'objectif de ces négociations a été défini comme rien d'autre que l'intégration comme membre à part entière" de l'UE.

_14 mai, Berlin. La chancelière Angela Merkel, qui préside l'Union européenne (UE) jusqu'à fin juin, lance un appel en faveur d'une véritable réforme des institutions européennes. "Je dis à tous ceux qui ont peur du traité constitutionnel : le texte du traité de Nice n'est pas un fondement avec lequel l'UE des vingt-sept sera capable d'agir", déclare-t-elle devant la Conférence des organes spécialisés dans les affaires communautaires et européennes des Parlements nationaux de l'Union (Cosac).

"Le traité constitutionnel apporte plusieurs réponses en renforçant notamment les Parlements nationaux, les régions et le principe de subsidiarité", relève Angela Merkel. Sachant que dix-huit pays ont déjà ratifié le texte et ne sont pas prêts à accepter d'importantes modifications, la chancelière allemande veut veiller à ce que les pays "qui veulent des changements" ne soient pas les seuls "qui aient leur mot à dire".

_19 avril, Luxembourg. L’Union européenne (UE) va se doter d'une législation commune contre le racisme et le négationnisme. Les ministres de la justice des 27 pays de l’Union adoptent un texte qui impose aux Etats de punir d'une peine de un à trois ans de prison "l'incitation publique à la violence ou à la haine visant un groupe de personnes ou un membre d'un tel groupe, défini par référence à la race, la couleur, la religion, l'ascendance, l'origine nationale ou ethnique".

Les mêmes sanctions seront appliquées pour "l'apologie publique, la négation ou la banalisation grossière des crimes de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre", tels qu'ils sont définis par le statut de la Cour pénale internationale et, pour la Shoah, par la Charte du tribunal de Nuremberg.
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Toutefois, le projet précise - à la demande du Royaume-Uni, de l'Irlande et des pays scandinaves qui refusent toute atteinte à la liberté d'expression - que le négationnisme n'est punissable "que s'il est exercé d'une manière qui risque d'inciter à la violence ou à la haine à l'égard d'un groupe de personnes". Autrement dit, un négationniste pourra continuer à s'exprimer au Royaume-Uni et au Danemark sans risquer grand chose. Cela n'empêchera pas les pays qui le souhaitent (Autriche, Allemagne, France, Belgique, Pologne ou Roumanie) de continuer à le sanctionner dans tous les cas.

Pus d'info

FRANCE

_9 juin, Paris. Des jeunes musulmans veulent s'affranchir du mariage civil révèle Le Monde, dans son édition du 9 juin 2007. La démarche se serait répandue dans les milieux radicaux. Dans le reste de la communauté, elle constitue un moyen d'éviter les contraintes des lois sur le divorce et la polygamie.

Une démarche qui "pose problème" à certains imams de France et inquiète des parlementaires : de jeunes musulmans souhaitent se marier religieusement, sans passer au préalable par un mariage civil. Une démarche illégale selon le code pénal, qui punit de six mois de prison et de 7’500 euros d'amende "tout ministre du culte qui procédera, de manière habituelle, aux cérémonies religieuses de mariage sans que ne lui ait été justifié l'acte de mariage préalablement reçu par les officiers de l'état civil", écrit le quotidien français.

[Le député (UMP) Etienne Mourrut s'en est inquiété dans une question écrite au ministre de l'intérieur. "Dans la plupart des communes, s'alarmait-il, les services de l'état civil ne sont quasiment jamais sollicités par les mariés de religion musulmane. En conséquence, soit il n'y a jamais de mariages religieux dans ladite religion, soit le mariage a été célébré antérieurement".]

_22 juin, Paris. Deux cents personnalités contre le ministère de l'immigration et de l'identité nationale. Le sociologue Christian Baudelot, le syndicaliste Bernard Thibault ou encore le musicien Yann Tiersen... Près de deux cents universitaires, intellectuels ou artistes, français ou étrangers, dénoncent, dans une pétition publiée par le quotidien Libération la "confusion des rôles et des fonctions" créée, selon eux, par l'intitulé donné au "ministère de l'immigration, de l'identité nationale et du codéveloppement".

         Pus d'info [La pétition]

_21 mai, Paris. La 17e chambre du tribunal de grande instance (TGI) de Paris déboute le négationniste Robert Faurisson des poursuites civiles pour diffamation qu'il avait intentées contre Robert Badinter, ce dernier l'ayant qualifié, en novembre 2006, de "faussaire de l'Histoire". Dans son jugement, le tribunal de Paris accorde "le bénéfice de la bonne foi" à l’ancien minsitre de la justice.

[Robert Faurisson, 77 ans, estime que Robert Badinter l'a diffamé, le 11 novembre 2006, dans une émission d'Arte lorsqu'il a affirmé que "le dernier procès" qu'il avait plaidé avant de devenir ministre de la justice en 1981 "c'est le procès contre Faurisson". "J'ai fait condamner Faurisson pour être un faussaire de l'Histoire", avait dit Robert Badinter.

Robert Badinter faisait référence à un jugement du 8 juillet 1981 qui condamnait Robert Faurisson pour avoir notamment déclaré que "Hitler n'a jamais ordonné ni admis que quiconque fut tué en raison de sa race ou de sa religion". Une condamnation confirmée en appel le 26 avril 1983.

A l'audience du 2 avril, le ministère public, représentant la société, avait affirmé que Robert Faurisson avait bien "faussé" l'Histoire en théorisant l'inexistence des chambres à gaz. Le procureur adjoint de Paris, François Cordier, avait estimé que le jugement de 1981 et l'arrêt de 1983 constituaient "un réquisitoire totalement implacable" qui avaient donné à Robert Faurisson, "viscéralement antisémite", "l'ensemble des attributs du faussaire".

A l'audience, Robert Faurisson avait maintenu que l'Holocauste était un "mensonge historique", assimilant les chambres à gaz à de simples "douches".]

_18 mai, Paris. L'historien Patrick Weil et sept autres universitaires annoncent leur démission des instances de la Cité nationale de l'histoire de l'immigration (CNHI) pour protester contre l'instauration d'un ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale par le nouveau président Nicolas Sarkozy.

Dans un communiqué, les chercheurs expliquent que le CNHI, qui doit ouvrir ses portes en 2007, "entend changer le regard de nos contemporains sur leur société en rappelant comment, depuis deux siècles, les étrangers, venus par vagues successives, ont contribué à développer, transformer et à enrichir la France."

"L'instauration d'un ministère de "l'immigration et de l'identité nationale" remet en cause ces objectifs. Les mots sont pour le politique des symboles et des armes", écrivent-ils. "Or il n'est pas dans le rôle d'un Etat démocratique de définir l'identité. Associer "immigration" et "identité nationale" dans un ministère n'a jamais eu de précédent dans notre République", ajoutent-ils.

[La Cité nationale de l’histoire de l’immigration (CNHI) sera chargée de rassembler, sauvegarder, mettre en valeur et rendre accessibles les éléments relatifs à l’histoire de l’immigration en France, notamment depuis le XIXe siècle, et de contribuer ainsi à la reconnaissance des parcours d’intégration des populations immigrées dans la société française.]#

_16 mai, Paris. Nicolas Sarkozy prend officiellement ses fonctions de président de la République. "Je défendrai l'indépendance de la France, l'identité de la France, l'impartialité de l'Etat. Je vais me battre pour une Europe qui protège. Je me battrai pour l'union de la Méditerranée, pour le développement de l'Afrique. Je ferai de la défense des droits de l'Homme et la lutte contre le réchauffement climatique les priorités de l'action diplomatique de la France dans le monde", déclare-t-il.

[Nicolas Sarkozy a annoncé que sa "première décision" de président serait de faire lire dans tous les lycées du pays, en début d'année scolaire, la lettre écrite par le jeune résistant communiste Guy Môquet à ses parents avant son exécution en octobre 1941 à l’âge de 17 ans. La lettre de Guy Môquet].

_10 mai, Paris. A l'occasion de la journée commémorative du souvenir de l'esclavage et de son abolition, Jacques Chirac inaugure, en compagnie de Nicolas Sarkozy, dans les jardins du Luxembourg, une oeuvre de M. Fabrice Hyber : "Le cri, l'écrit" sculpture en bronze polychrome de 3.70 mètres de haut.

[C'est le 30 janvier 2006 que le président français a décidé de retenir la date du 10 mai pour la journée annuelle en mémoire de l'esclavage et de son abolition, en référence au vote de la loi Taubira reconnaissant l'esclavage comme un crime contre l'Humanité, contre l'avis de nombreuses associations qui continuent à lui préférer la date du 23 mai qui a marqué en 1848 le premier jour de liberté des esclaves martiniquais.

Condamné dès 1537 par le pape Paul III, l'esclavage continue cependant a être pratiqué dans les colonies des Amériques. 
Sous la Révolution, les députés de la Convention abolissent l'esclavage pour calmer la révolte des esclaves aux Antilles mais cette mesure sera abrogée par Napoléon Bonaparte en mai 1802. 
Il faudra attendre l'avènement de la Deuxième République pour voir enfin publié le 27 avril 1848 le décret d'abolition de l'esclavage.]

_6 mai, Paris, Le candidat de l’Union pour un mouvement populaire [UMP], Nicolas Sarkozy, élu président de la République, devançant largement sa rivale socialiste Ségolène Royal avec 53,06% des suffrages.

Le président de l'UMP, qui a promis une "rupture" pour réformer profondément la France, succède pour un mandat de cinq ans à Jacques Chirac qui, à 74 ans, ne se représentait pas après 12 années de présidence.

"Je veux remettre à l’honneur la nation et l’identité nationale, a déclaré Nicolas Sarkozy, dans un message aux Français. Je veux rendre aux Français la fierté d’être Français. Je veux en finir avec la repentance qui est une forme de haine de soi, et la concurrence des mémoires qui nourrit la haine des autres. […]

"Je veux lancer un appel à tous ceux qui dans le monde croient aux valeurs de tolérance, de liberté, de démocratie et d’humanisme, à tous ceux qui sont persécutés par les tyrannies et par les dictatures, à tous les enfants et à toutes les femmes martyrisés dans le monde pour leur dire que la France sera à leurs côtés, qu’ils peuvent compter sur elle".

_26 avril, Paris. La Ligue des droits de l’homme (Ldh) rend public son rapport 2007 sur "L’état des droits de l’Homme en France", déplorant une "régression continuelle des libertés" et condamnant particulièrement le bilan de Nicolas Sarkozy, candidat UMP à la présidence et.

Qualifiant la "vision du monde" de l’ex-ministre de l’Intérieur d’"absolument terrifiante", le président de la Ligue, Jean-Pierre Dubois, a laissé peu de suspense sur la prise de position de la Ldh dans le duel Nicolas Sarkozy-Ségolène Royal. "Il faut réagir avant qu’il ne soit trop tard", déclare-t-il, parlant de "grave régression en matière de droits fondamentaux depuis cinq ans".

"La politique législative de course au sécuritaire à dominante xénophobe sacrifie au report de voix d’extrême droite les droits des étrangers, l’humanité élémentaire et, au bout du compte, les libertés de tous", écrit-il dans ce rapport publié aux éditions "La Découverte".
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La Ldh constate en 2006 une "aggravation de la crise sociale", un "approfondissement de la crise institutionnelle" et une "extension de la crise éthique" qui "se répand au rythme de la contamination de l’ordre républicain par l’agenda lepéniste".

GRANDE-BRETAGNE

_27 juin, Londres. Après avoir oeuvré pendant dix ans au redressement économique de la Grande-Bretagne, Gordon Brown succède à Tony Blair au 10, Downing Street. Cet Ecossais austère de 56 ans, qui a promis d'être toujours "du côté du peuple", estime que Londres a commis des "erreurs" en Irak et devrait faire rentrer une bonne partie des 5’500 soldats encore déployés dans ce pays.

["L'un de mes premiers actes de Premier ministre sera de rétablir le pouvoir du Parlement afin de rétablir la confiance dans la démocratie britannique", a promis Gordon Brown avant d'être nommé en mai 2007 à la tête du Parti travailliste.]

IRAN

_8 juin, New York [Nations unies]. Le secrétaire général de l’organisation internationale, Ban Ki-moon, se déclare "choqué et alarmé" par les dernières déclarations anti-israéliennes du président iranien Mahmoud Ahmadinejad.

[Le 3 juin, Mahmoud Ahmadinejad a assuré que le monde serait prochainemet témoin de la "destruction du régime sioniste", indique le document. Ban Ki-moon a rappelé que l'Iran, de même qu'Israël, était membre à part entière de l'organisation, dont la Charte prescrit de s'abstenir de menaces et de l'emploi de la force à l'égard de tout Etat souverain.]

_4 mai, Paris. Lors d’une réunion d’experts à Paris, un dirigeant militaire pakistanais affirme que les travaux de l’Iran dans le domaine nucléaire étaient une "façade". Pour les responsables pakistanais, il ne fait aucun doute que l'Iran cherche à se doter de l'arme nucléaire.

["Il est clair que c'est un programme militaire", a déclaré cet officiel pakistanais, qui n'a pas souhaité être cité nommément dans les médias. Il a ajouté que la dimension civile du programme nucléaire iranien, dont Téhéran se prévaut depuis le début, en 2003, de la crise diplomatique déclenchée par ses activités nucléaires sensibles, "n'est qu'une façade". Le Monde, Paris, 6-7 mai 2007.]

_9 avril, Téhéran. Le président Mahmoud Ahmadinejad affirme que l’Iran produit désormais " en masse des centrifugeuses" pour enrichir l’uranium "à l’échelle industrielle". Mais, sans préciser le nombre de centrifugeuses installées.

["L'objectif de la République islamique n'est pas seulement l'installation de trois mille centrifugeuses dans l'usine d'enrichissement de Natanz, nous avons tout planifié pour installer cinquante mille centrifugeuses", a déclaré, le 10 avril, Gholam-Reza Aghazadeh, vice-président iranien et chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA).]

IRLANDE DU NORD

_8 mai, Belfast. Journée historique qui met fin à plusieurs décennies de guerre civile – et à plusieurs siècles d’affrontements : investiture du premier gouvernement associant protestants et catholiques. Ian Paisley, 81 ans, protestant et leader du parti unioniste démocrate (DUP) devient Premier ministre. Martin McGuiness, 56 ans, catholique et ancien dirigeant de l'IRA, la branche armée de Sinn Féin, devient quant à lui vice-Premier ministre

[Les prestations de serment ont eu lieu au Parlement de Stormont en présence des Premiers ministres britannique et irlandais, Tony Blair et Bertie Ahern. Après avoir prêté serment ”de servir tout le peuple d’Îrlande du Nord de façon égale”, les deux hommes, naguère ennemis mortels, ont dit leur espérance. Le pasteur Paisley a cité la Bible, en l’occurrence les mots célèbres du chapitre III de l’Ecclésiaste : "Un temps pour aimer, et un temps pour haïr", avant d’affirmer : "L’Irlande du Nord est entrée dans une ère de paix". Martin McGuiness s’est dit de plus en plus confiant, que "tout cela va marcher".

L'Assemblée provinciale, suspendue dans ses fonctions depuis octobre 2002, a été officiellement réinstallée le 7 mai. En 2005, l'Armée républicaine irlandaise (IRA) a renoncé à la violence et démantelé son arsenal. Le Sinn Fein, sa branche politique, a reconnu l'autorité de la police en janvier 2007.]

JAPON

_21 avril, Tokyo. Le gouvernement japonais, soucieux d'apaiser la polémique sur l'esclavage sexuel pendant la guerre, rappelle qu'il ne conteste pas la validité des verdicts du Tribunal militaire international pour l'Extrême-Orient mis en place par les Alliés entre 1946 et 1948 pour juger 28 criminels de guerre japonais. Ce procès avait mis en lumière leur responsabilité dans l'organisation de l'esclavage sexuel.

[En 1951, le Japon avait signé le Traité de San Francisco qui imposait la reconnaissance des verdicts du Tribunal. Le gouvernement japonais réaffirme qu’il s'en tient aux "excuses et regrets sincères" officiels exprimés par Tokyo en 1993. Les autorités avaient alors reconnu que l'armée impériale avait été impliquée "directement ou indirectement" dans l'esclavage sexuel. Selon certains historiens, l'esclavage sexuel aurait concerné jusqu'à 200’000 femmes asiatiques, appellées par euphémisme "femmes de réconfort".]#

_17 avril, Tokyo. Des historiens japonais exhortent leur gouvernement à faire passer une loi pour compenser les femmes asiatiques contraintes de se prostituer pendant la Seconde Guerre mondiale. Le gouvernement japonais s'est toujours refusé à compenser individuellement les victimes de l'esclavage sexuel estimant que la question devait être traitée au niveau international.

"L'armée japonaise est responsable d'une large partie des graves violations des droits de l'Homme, et de ce fait le gouvernement japonais devrait l'être aussi", a souligné l'historien Yoshiaki Yoshimi, de l'université Chuo. "Le gouvernement est donc responsable aux yeux de la loi".

"Le gouvernement doit reconnaître sa responsabilité, et mieux encore, faire en sorte que soit entériné officiellement cette position", a-t-il ajouté.

[Le Premier ministre Shinzo Abe avait déclenché un tollé en Asie en affirmant qu'il n'existait "aucun témoignage fiable" prouvant que l'armée nippone avait eu recours à la "coercition" pour recruter des femmes, qui avaient été livrées aux soldats de l'armée impériale japonaise. Il a depuis affirmé s'en tenir aux "excuses et regrets sincères" officiels exprimés par Tokyo en 1993. Les autorités avaient alors reconnu que l'armée impériale avait été impliquée "directement ou indirectement" dans l'esclavage sexuel imposé aux femmes asiatiques.]

KOSOVO

_26 avril, Belgrade. Réaffirmant son opposition à l'indépendance du Kosovo, le Premier ministre serbe, Vojislav Kostunica, propose l'instauration d'un statut d'"autonomie surveillée" pour la province. "Nous avons proposé une autonomie surveillée au lieu d'une indépendance surveillée, car cela ouvre la possibilité de laisser ouvert le processus et de le modifier à l'avenir", déclare l’un de ses conseillers. "Les Albanais du Kosovo sont définitivement une minorité en Serbie et l'Albanie est leur Etat", ajoute ce dernier.

[Le médiateur des Nations unies pour le Kosovo, Martti Ahtisaari, préconise une indépendance surveillée par une mission internationale chapeautée par l'Union européenne. Si les Etats-Unis et les Européens sont favorables au plan du médiateur, la Serbie et son alliée traditionnelle, la Russie, y sont fermement opposés.]

_24 avril, Moscou. La Russie menace d'utiliser son veto au Conseil de sécurité des Nations unies pour bloquer l'indépendance du Kosovo. "La menace d'un veto devrait inciter les deux parties à trouver un mécanisme mutuellement acceptable", déclare le ministre-adjoint des affaires étrangères, Vladimir Titov.

LIBAN

_13 juin, Beyrouth. Le député anti-syrien Walid Eido - avocat sunnite, appartenant à la majorité parlementaire – victime d’un attentat à la bombe qui tue neuf autres personnes.

["Ce sont les mêmes mains qui ont assassiné Rafic Hariri", a lancé Saad Hariri, fils de l'ex-Premier ministre tué en février 2005. Le président du Parlement, le chiite Nabih Berri, allié pro-syrien du Hezbollah, a condamné cet assassinat. Les Etats-Unis ont déclaré être "aux côtés du gouvernement du Premier ministre Siniora dans la lutte contre les extrémistes". Walid Eido est le 7e homme politique anti-syrien tué depuis 2005.]

_1er juin, New York [Nations unies]. Ban Ki-moon informe le Conseil de sécurité de son intention de reconduire jusqu'au 31 décembre 2007 Serge Brammertz dans ses fonctions de chef de la Commission d'enquête internationale mise en place au Liban pour faire la lumière sur l'attentat qui a causé la mort de l'ex-Premier ministre libanais Rafik Hariri, ainsi que sur une quinzaine d'autres attentats depuis 2004.

[Le Conseil de sécurité a adopté une résolution qui décide de l'entrée en vigueur, à partir du 10 juin 2007, de l'accord entre le gouvernement libanais et les Nations unies sur la création du Tribunal.]

_23 mai, Tripoli. Retranché dans le camp de réfugiés palestiniens de Nahr Al-Bared, le groupe Fatah Al-Islam refuse de se rendre à l'armée libanaise. Les combats entre les militants palestiniens et l’armée libanaise, les plus sanglants depuis la guerre civile entre 1975 et 1990, provoquent la fuite de milliers de réfugiés palestiniens.

[Les soldats libanais ne peuvent pénétrer dans le camp en vertu d'un accord libano-palestinien datant de 1969. Selon les termes de cet accord, les douze camps palestiniens au Liban restent sous contrôle des factions politico-militaires palestiniennes. Bien que déclaré caduque par le Parlement libanais en 1987, cet accord reste tacitement en vigueur.

Malgré cela, le représentant de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) au Liban, Abbas Zaki, a indiqué que son organisation ne s'opposerait pas à une décision du gouvernement libanais d'envoyer son armée dans le camp. "Il s'agit d'une décision libanaise, d'une décision du Liban", a-t-il déclaré.
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La Ligue arabe a, dans un communiqué, "fermement dénoncé les actes criminels et terroristes commis par le groupe terroriste dénommé "Fatah Al-Islam" [...] qui n'a aucun lien avec la question palestinienne ou l'islam".

Par ailleurs, le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem a nié tout lien entre son pays et le groupe islamiste.]

_20 mai, Tripoli. 23 soldats libanais et 15 combattants du groupuscule extrémiste palestinien Fatah Al-Islam tués lors de violents affrontements dans le nord du Liban, à proximité du camp de réfugiés palestiniens Nahr Al-Bared, où vivent quelque 31’000 personnes, et à Tripoli.

[Le Fatah Al-Islam est un groupuscule extrémiste palestinien émanant du prosyrien Fatah-Intifada, qui s'est séparé du Fatah de Yasser Arafat au début des années 80 et est basé en Syrie. Si certains responsables sécuritaires libanais estiment que le Fatah Al-Islam est devenu un groupe sunnite extrémiste et le jugent désormais lié à Al-Qaida, d'autres considèrent qu'il est une façade pour les services de renseignement militaire syriens, qui continuent d'agir pour déstabiliser le Liban. Pour le Premier ministre libanais Fouad Siniora, Fatah al-Islam veut "porter atteinte à la paix civile".]

LIBYE

_27 mai, Tripoli. Un tribunal libyen acquitte les cinq infirmières bulgares et le médecin palestinien poursuivis pour "calomnie" envers des policiers libyens, qu'ils accusent de les avoir torturés lors des interrogatoires dans une affaire pour laquelle ils ont été condamnés à mort.

[Les cinq infirmières, Kristiana Valtcheva, Nassia Nenova, Valia Tcherveniachka, Valentina Siropoulo et Snejana Dimitrova, et le médecin, Ashraf Ahmad Jouma, ont été condamnés à mort en mai 2004 pour avoir inoculé délibérément [selon les autorités libyennes] le virus du sida à des enfants d'un hôpital de Benghazi. Le verdict a été confirmé en décembre 2006. En janvier 2007, le fils aîné du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a assuré que les exécutions n'auraient pas lieu.]

MALAISIE

_30 mai, Kuala Lumpur. La Cour fédérale de Malaisie renvoie devant un tribunal islamique un cas de conversion au christianisme. La plaignante, Lina Joy, née Azlina Jailani et musulmane, s'est convertie au christianisme et a obtenu de l'état civil qu'il reconnaisse son changement de nom en 1998. L'état civil a en revanche refusé de prendre en compte son changement de religion - qui est inscrite sur la carte d'identité des Malaisiens d'ethnie malaise, considérés comme musulmans de naissance - exigeant pour cela que la jeune femme fasse d'abord acter sa décision par un tribunal islamique.

La décision de la plus haute juridiction de Malaisie a été prise par une majorité de deux contre un, deux juges musulmans contre un non-musulman. Le président de la Cour, Ahmad Fairuz Abdul Halim, a estimé que Lina Joy "ne pouvait pas simplement entrer et sortir d'une religion à sa guise. Il y a des règles à respecter". Défendant l'opinion opposée, le juge Richard Malanjum a considéré que "le droit constitutionnel fondamental de la liberté religieuse [de Mme Joy] avait été violé" et a qualifié d'"abus de pouvoir" le refus de l'état civil de retirer la mention "islam" de sa carte d'identité. Source : "Le Monde", 1er juin 2007.

plus d'info Statut privilégié pour les musulmans

[Selon l'avocat Malik Imtiaz Sarwar, qui représentait le barreau de Malaisie dans cette affaire, la décision de la Cour fédérale "reflète une volonté de faire des tribunaux islamiques un système judiciaire parallèle et égal" au système civil. Lina Joy, qui a aujourd'hui 42 ans, ne se trouvait pas à l'audience. Par l'intermédiaire de son avocat, Benjamin Dawson, elle a répondu à ceux qui se demandent si elle va s'exiler : "Il me serait extrêmement difficile d'exercer ma liberté de conscience [en Malaisie] dans le climat actuel". La Cour fédérale de Malaisie, a-t-elle ajouté, "m'a refusé un droit individuel fondamental : celui de croire en la religion de son choix, d'épouser la personne de son choix et d'élever une famille dans le contexte malaisien".

"Dans ce pays, explique un responsable de l'association des avocats musulmans, Pawanchek Merican, l'islam n'est pas seulement une religion, c'est aussi une règle de droit". Mais, une règle de droit qui ne s'applique qu'à une partie de la population : pour l'association Sisters in Islam, qui défend une conception moderne et libérale de la femme musulmane, ce jugement "laisse penser que la liberté religieuse, qui inclut le droit de quitter une religion, ne s'applique pas aux musulmans, bien qu'inscrite dans la Constitution".]

MAROC | Sahara occidental

_31 mai, Fez. Le roi Mohammed VI nomme Ahmed Herzenni, un ancien détenu politique, à la tête du Conseil consultatif des droits de l’homme (CCDH), en remplacement de Driss Benzekri, décédé le 20 mai.

          plus d'info Driss Benzekri, un combat pour la réconciliation

[Agé de 59 ans, professeur en agronomie, Ahmed Herzenni avait dirigé une organisation marxiste au Maroc avant son arrestation en 1972 et sa condamnation à 15 ans de prison. Il avait été libéré de la prison de Kénitra en août 1984. Il avait participé, en 2004 et 2005, aux auditions publiques que l’Instance Equité et réconciliation avait organisé au profit des anciens détenus politiques.]

_30 avril, New York. Prenant "note" de nouvelles propositions de la part du Maroc et du Front Polisario sur le statut du Sahara occidental, le Conseil de sécurité des Nations unies demande aux deux parties d'engager des négociations.

Dans le préambule de sa résolution 1574 adoptée à l'unanimité, le Conseil affirme "prendre note" de la "proposition marocaine présentée le 11 avril 2007 au secrétaire général" des Nations unies, ainsi que de la proposition du Front Polisario, présentée le 10 avril 2007. Il se félicite aussi "des efforts sérieux et crédibles faits par le Maroc pour aller de l'avant vers un règlement".

Le Conseil "demande aux parties d'engager des négociations de bonne foi sans conditions préalables, en tenant compte des développements survenus ces derniers mois, en vue de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l'autodétermination du peuple du Sahara occidental".

_20 avril, New York. Dans un rapport au Conseil de sécurité des Nations unies, Ban Ki-moon constate que le blocage persiste entre les deux principaux protagonistes - le Maroc et le Front Polisario, partisan de l'indépendance du Sahara occidental -, mais il rappelle aussi que les Nations unies n'imposeront pas de solution.
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Dans ces conditions, constate le secrétaire général de l’organisation internationale, seules deux options demeurent : soit la "prolongation infinie de l'impasse" soit des "négociations sans pré-condition" entre les parties, en vue d'une "solution politique mutuellement acceptable".

[Le Maroc, appuyé par la France et par l'Espagne, a proposé un plan de règlement. Baptisé modestement Initiative pour la négociation d'un statut d'autonomie du Sahara, le document propose d'accorder à la "région autonome du Sahara" des compétences dans le domaine économique et social. "Les populations géreront elles-mêmes et démocratiquement leurs affaires à travers des organes législatif, exécutif et judiciaire dotés de compétences exclusives", affirme le document.

En revanche, l'Etat marocain conserverait la "compétence exclusive" sur les "attributs de souveraineté (drapeau, hymne national, monnaie)", la sécurité nationale, la défense et les relations extérieures ainsi que la justice. Les "attributions constitutionnelles et religieuses" du roi du Maroc s'appliqueraient également au Sahara occidental.

Le Front Polisario a rejeté par avance le projet marocain mais en assortissant son refus de contre-propositions. Partant du principe que "la solution du conflit passe par la tenue d'un référendum d'autodétermination", le Front Polisario s'attache à offrir des garanties aux Marocains installés au Sahara occidental, et à Rabat en cas de victoire des indépendantistes. Le Front Polisario propose notamment au Maroc de conclure des "arrangements sécuritaires". Source : Le Monde, Paris]

NATIONS UNIES

_16 juin, New York. Les Nations unies annoncent qu’elles vont instaurer Journée de la non-violence la date anniversaire de la naissance de Gandhi, le 2 octobre.

[Mohandas Karamchand Gandhi, ou Mahatmat ["la Grande Ame"], avait lancé le mouvement de désobéissance civile qui allait aboutir à l’indépendance de l’Inde en 1947.]

_30 mai, New York. Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, nomme un universitaire soudanais, Francis Deng, au poste de conseiller spécial pour la prévention des génocides. Francis Deng est actuellement directeur du Sudan Peace Support Project à l'Institut américain pour la paix, basé à Washington.

[Françis Deng succède à l'Argentin Juan Mendez, qui avait effectué en 2005 une mission au Darfour pour déterminer si les exactions commises dans cette province du Soudan constituaient un génocide, comme l'ont affirmé les Etats-Unis. Il avait remis, à son retour, un rapport selon lequel il ne s'agissait pas d'un génocide, mais que des crimes de guerre et contre l'humanité avaient été commis au Darfour.]

OUGANDA

_11 mai, Genève. Louise Arbour appelle le gouvernement ougandais et l'Armée de résistance du Seigneur (Lord's Resistance Army, LRA) à ne pas céder à la tentation de préserver l'impunité des chefs du groupe armé. La haut commissaire des Nations unies aux droits de l’homme demande aux deux parties de s'engager dans des consultations "centrées sur les victimes" qui permettraient de mettre en place un mécanisme approprié de réconciliation.

[La Cour pénale internationale (CPI) a émis des mandats d'arrêt contre cinq dirigeants de la LRA pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre. Un accord de cessation des hostilités, mettant fin à près de 15 ans de combats et d'atrocités, a été signé le 26 août 2006. On estime que la LRA détiendrait encore 2’000 femmes et enfants.]

POLOGNE

_11 mai, Varsovie. L'ancien ministre polonais des affaires étrangères et figure de l'opposition démocratique, Bronislaw Geremek, ne devrait pas perdre son mandat d'eurodéputé, selon Jerzy Stepien, président du Tribunal constitutionnel. "Un élu au suffrage universel ne peut pas perdre son mandat pour avoir refusé de remplir la déclaration de collaboration".

_11 mai
, Varsovie. Le Tribunal constitutionnel invalide la presque totalité  de la très controversée loi de décommunisation, destinée à vérifier le passé de quelque 700’000 Polonais. Très peu des 46 articles contestés par l'opposition sociale-démocrate ont été déclarés conformes à la Constitution.

Parmi les articles invalidés figurent ceux qui concernaient les journalistes, les directeurs d'école et les recteurs d'université. Le texte, entré en vigueur le 15 mars, les obligeait – eux et les responsables politiques, magistrats et gestionnaires des sociétés d'Etat – à déclarer, sous peine de perdre leur poste, s'ils avaient ou non collaboré avec la police secrète (SB) du temps du régime communiste qui s'est écroulé en 1989. La Cour a également invalidé un article qui prévoyait la publication sur Internet de l'ensemble des noms des anciens collaborateurs informels de la SB.

["Dans sa lutte contre les reliquats du système totalitaire, l'Etat doit respecter les principes de l'Etat de droit, sinon ce pays ne vaut pas mieux qu'un régime totalitaire", a déclaré le président du Tribunal, Jerzy Stepien. "L'Etat doit respecter les droits de l'homme et ne pas recourir à la vengeance".]#

_25 avril, Varsovie. Bronislaw Geremek, l’une des personnalités emblématiques de la transition démocratique polonaise, déchu de son mandat de député européen par la Commission électorale de son pays pour avoir refusé de se soumettre à la loi de "décommunisation". Ce texte lui imposait de signer, avant le 19 avril, une déclaration dans laquelle il certifiait ne pas avoir collaboré avec les anciens services secrets communistes.

Le député du groupe démocrate et libéral (ADLE) du Parlement européen, ex-ministre des Affaires étrangères, rejette une loi qu'il qualifie de "scandale juridique". Alors qu'il s'était soumis à la loi de 1997, qui imposait déjà à tous les responsables politiques de signer une déclaration équivalente, il estime que son extension aux journalistes et aux enseignants est une "menace pour la liberté d'expression et l'autonomie des universités". On "crée une sorte de "ministère de la Vérité" orwellien", affirme-t-il, ajoutant : "Il y a des cas où la désobéissance civile est justifiée», a affirmé

Dans une tribune publiée dans le quotidien Le Monde, Bronislaw Geremek parle d'un texte "inacceptable dans l'Europe démocratique". Cette "loi viole les règles morales... l'indépendance des médias et l'autonomie des universités... Elle engendre une forme de "ministère de la vérité" et de police de la mémoire", assure-t-il.

plus d'info Pourquoi je refuse la "lustration" par Bronislaw Geremek

Entrée en vigueur le 15 mars 2007, la nouvelle loi de lustration (purification, au sens étymologique) oblige des centaines de milliers de personnes - journalistes, universitaires, gérants de sociétés, avocats... - à déclarer par écrit si elles ont ou non collaboré avec l'ancienne police secrète communiste. Elle remplace et complète une loi de 1997 qui s'appliquait uniquement aux hommes politiques, hauts fonctionnaires de l'Etat et magistrats, soit près de 28’000 personnes. La première loi stipulait qu'une personne prise en flagrant délit de "mensonge devait être écartée" de toute fonction publique pendant dix ans.

Des journalistes de renom et les recteurs des 105 universités polonaises publiques et privées ont dénoncé cette loi. Saisie par l'opposition, la Cour constitutionnelle doit se prononcer sur la loi en mai.]

_17 avril, Varsovie. Vingt-six ans après l'instauration de la loi martiale en Pologne, en 1981, le général Wojciech Jaruzelski, 83 ans, mis en accusation pour "crime communiste". L'acte a été transmis au tribunal régional de Varsovie par l'Institut de la mémoire nationale (IPN) qui instruit les crimes nazis et communistes.

Le général Jaruzelski encourt une peine de dix ans de prison. Au banc des accusés, huit autres anciens dignitaires communistes. Parmi eux, les généraux Czeslaw Kiszczak et Florian Siwicki et l'ex-premier secrétaire du Parti communiste polonais, Stanislaw Kania.

[Le 13 décembre 1981, la loi martiale est proclamée sur l'ensemble du pays. Des milliers de militants du syndicat Solidarnosc, premier syndicat libre apparu à l'Est du rideau de fer, sont arrêtés, puis placés en détention. Solidarnosc est officiellement dissous et les grèves interdites, l'armée prend possession des usines, un couvre-feu est instauré, les déplacements à l'intérieur du pays sont interdits sans autorisation, les cours à l'université sont suspendus. La loi martiale sera officiellement suspendue en juillet 1983, 586 jours après son instauration.]

REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

_22 mai, La Haye. La Cour pénale internationale (CPI) ouvre une enquête sur des exactions commises en République centrafricaine entre 2002 et 2003, dont de nombreux viols commis dans le cadre d'un conflit armé entre le gouvernement et des forces rebelles.#

Pus d'info

RUSSIE

_14 juin, Moscou. Quatre officiers d’élite des forces armées russes condamnés à des peines allant de 9 à 14 ans de prison - pour avoir massacré en 2002 six civils dans la république russe de Tchétchénie- par un tribunal de la région militaire du Caucase du Nord, à Rostov-sur-le-Don.

_4 juin, Moscou. Vladimir Poutine menace de pointer de nouveau les missiles russes – qui, en principe, ne le sont plus depuis la fin de la guerre froide – sur des ”cibles en Europe” si les Etats-Unis mettent à exécution leur projet d’installer des sites antimissiles en Pologne et en république tchèque.

Dans des propos tenus lors d’un entretien avec huit journaux représentant les pays du G8, le président russe affirme que, "pour la première fois dans l'histoire, il y aura donc en Europe des éléments d'un système nucléaire américain. Cela change fondamentalement l'équilibre du système international". Nous devrons trouver une réponse, poursuit-il : "Bien sûr, nous devrons avoir des cibles en Europe. Quels moyens utiliserons-nous ? Des missiles balistiques, des missiles de croisière ou de nouveaux systèmes d'armement, c'est une question technique".

_27 avril, Moscou. Le violoncelliste et chef d'orchestre russe Mstislav Rostropovitch est décédé à l'âge de 80 ans. Il était une des figures de la résistance à l'oppression soviétique.

[Après des années passées en bonne intelligence avec le régime soviétique, dont il était l'un des privilégiés, comme d'autres artistes, Rostropovitch quittait son pays natal en 1974 pour un séjour de deux ans à l'étranger après qu'il eut témoigné de prises de positions politiques "inorthodoxes" et affiché un soutien public au dissident Alexandre Soljenitsyne, Prix Nobel en 1970 et auteur de L'Archipel du goulag (1973).

Cinq ans plus tard, alors qu'il défendait un autre dissident, le physicien Andreï Sakharov, Prix Nobel de la paix en 1975, Rostropovitch et son épouse, la soprano Galina Vishnevskaïa, apprennent, à Paris, où ils se sont installés avec leurs deux filles, que l'Union soviétique les déchoit de leur nationalité. Cet exil forcé eut un grand retentissement dans l'opinion publique. Source : Le Monde, Paris].

_23 avril, Moscou. Décès de Boris Eltsine à l'âge de 76 ans. L’ex-président russe, qui souffrait de problèmes cardiaques, a été le premier président de la Fédération de Russie après la fin de l'URSS (1991-1999), avant Vladimir Poutine, qu'il avait désigné comme son dauphin.

["Un homme est mort, grâce à qui toute une époque a pu voir le jour. Une nouvelle Russie démocratique est née, un Etat libre ouvert au monde", a rappelé Vladimir Poutine dans une allocution télévisée. Qualifiant Boris Eltsine de "figure historique", le président américain, George Bush, a souligné son "rôle clé lors de la dissolution de l'Union soviétique", et salué ses efforts "pour construire une relation forte entre la Russie et les Etats-Unis".

Le président français, Jacques Chirac, a rappelé le combat d'un homme "qui avait mis toute son énergie, toute sa générosité, toute sa volonté à engager la transformation de la Russie afin de construire un Etat démocratique moderne, de rétablir les droits de l'homme et la liberté, de reconstruire l'économie". Boris Eltsine, souligne-t-il, restera aussi comme "l'homme d'un nouveau partenariat avec l'Europe". L'ex-chancelier allemand, Helmut Kohl, a, de son côté, salué "l'ami fidèle des Allemands".]

_15 avril, St-Pétersbourg. La police russe disperse brutalement deux manifestations d’opposants à Vladimir Poutine à Moscou [le 14 avril] et à St-Pétersbourg.

[L’ancien conseiller économique du président Poutine, Andreï Illarionov, se trouvait parmi les protestataires à Moscou. Venu des Etats-Unis où il enseigne désormais, il a dénoncé le système mis en place par M. Poutine. Un système dans lequel "la corporation des services secrets" a infiltré "toutes les institutions de l'Etat : le parquet, la diplomatie, l'armée, les impôts", mettant la main sur les ressources naturelles, mais aussi l'information, et imprimant au pays "la mentalité d'une forteresse assiégée".]#

RWANDA

_24 mai, Kigali. Quelque 44’204 Rwandais accusés de participation au génocide de 1994 dans leur pays vivent à l’étranger tandis que 87’063 sont décédés, indique un rapport du Service national des juridictions gacacas (SNJG).

[Les tribunaux gacacas, un mélange de justice conventionnelle et de justice traditionnelle rwandaise, sont chargés de mener des enquêtes en rapport avec le génocide de 1994 et d’en juger la plupart des responsables présumés. Selon les investigations menées par ces juridictions, 818.’564 personnes, soit environ le dixième de la population rwandaise, sont accusées d’avoir joué un rôle dans le génocide de 1994.

Depuis juillet 2006, les procès gacacas, ouverts d’abord dans quelques juridictions pilotes, se sont généralisés sur l’ensemble du pays. Fort de l’expérience des dix derniers mois, le SNJG espère terminer les procès gacacas d’ici le 31 décembre 2007.

Le système est critiqué par des organisations de défense des droits de l’homme, du fait, entre autres, du manque de formation des juges gacacas. Ces juridictions sont animées, en effet, non pas par des magistrats professionnels, mais par des personnes désignées au sein de la communauté sur le seul critère de l’intégrité. A ces critiques, le gouvernement rwandais rétorque qu’il s’agit d’une "thérapie rwandaise à un mal rwandais" et met les détracteurs au défi de lui proposer une meilleure solution. Source : Agence Hirondelle, Arusha.]

_7 avril, Kigali. Le président rwandais Paul Kagame accuse, à l'occasion de la commémoration du 13e anniversaire du génocide au Rwanda, les Français d'être "venus tuer" des Rwandais dans le cadre de l'opération militaro-humanitaire Turquoise lancée pendant les massacres.

"Les Français [de l'opération Turquoise] n'étaient pas venus sauver les Rwandais, ils étaient venus les tuer", déclare le chef de l’Etat, qui s'exprimait à Murambi, localité du sud du Rwanda qui se trouvait dans la zone Turquoise. "Ce n'est pas une rumeur, c'est la vérité. Mais le dire est considéré comme un crime".

_6 avril
, Kigali. Premier président du Rwanda après le génocide de 1994, Pasteur Bizimungu, qui avait été condamné à 15 ans de prison pour menace à la sécurité nationale, corruption et incitation aux divisions ethniques, gracié après cinq ans passés en prison. L’ex-président a été libéré dans le cadre d`un acte de clémence du président Paul Kagamé visant à consolider l`unité nationale, précisent les autorités rwandaises.

SENEGAL

_17 juin, Dakar. Le Sénégal met la dernière main au budget qui permettra d’organiser le procès de l’ancien président tchadien, Hissen Habré, accusé d’assasssinats politiques et de tortures.

[Hissen Habré, en exil au Sénégal, se voit reproché 40'000 assassinats et 200'000 cas de tortures, perpétrés durant son régime, de 1982 à 1990.]

SERBIE

_30 mai, Belgrade. L'ex-général bosno-serbe Zdravko Tolimir, un proche du général Radko Mladic, réclamé pour crimes de guerre par le Tribunal pénal international (TPIY) de La Haye, arrêté à la frontière entre la Serbie et la Bosnie par les autorités serbes.

[Zdravo Tolimir était un proche du général Ratko Mladic, inculpé de crimes de guerre et de génocide pour le massacre de Srebrenica en 1995 et l'un des fugitifs les plus réclamés par la justice internationale avec le chef politique des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic.

Haut responsable des services de renseignement et de sécurité lors de la guerre en Bosnie entre 1992 et 1995, Zdravko Tolimir devra répondre de chefs d'inculpation de crimes contre l'humanité, parmi lesquels génocide, conspiration en vue de commettre un génocide, extermination, meurtre, persécution pour raisons politiques, raciales et religieuses, transfert et déportation forcées, ainsi que meurtre dans le massacre de Srebrenica. Il a été transféré le 2 juin à La Haye.]

SOMALIE

_27 avril, Mogadiscio. Des pillages plongent la capitale somalienne dans le chaos, après un mois d’affrontements entre les soldats du gouvernement fédéral de transition (TFG, soutenu par l’Ethiopie] et les combattants des ex-Tribunaux islamiques.

[Ces pillages alourdissent un bilan déjà terrible d'un mois d'affrontements, écrit Jean-Philippe Rémy dans Le Monde : destructions massives et 1 500 morts, selon Elman, une organisation somalienne proche des insurgés. Un chiffre qui n'inclut pas les morts que chaque camp a pris soin d'enterrer. Près de 400’000 personnes ont fui la capitale. D'autres ont été refoulées […] par les forces éthiopiennes, qui veulent fouiller, porte à porte, les lieux où les insurgés sont susceptibles de se cacher. Des dizaines, voire des centaines de personnes, auraient déjà été arrêtées. Mais la plupart des hauts responsables de la fraction extrémiste des combattants ont quitté Mogadiscio depuis plusieurs jours. Le Monde, 29-30 avril 2007].

SOUDAN

_12 juin, Khartoum. Le gouvernement soudanais accepte le déploiement d'une "force hybride" regroupant des casques bleus des Nations unies et des militaires de l'Union africaine (UA) dans la province du Darfour, selon un communiqué UA-Nations unies-Soudan publié à l'issue de consultations entre les trois parties.

"Au vu des explications et clarifications fournies par l'UA et l'ONU [...], le gouvernement du Soudan a accepté les propositions communes sur l'opération hybride", indique le communiqué. Le texte ajoute que "les participants ont convenu de la nécessité d'un cessez-le-feu immédiat et complet, accompagné d'un processus politique inclusif".

_11 juin
, Khartoum. Le ministre soudanais de l'Intérieur, Zubair Bachir Taha, dénonce les mandats d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) contre les suspects impliqués dans le dossier du Darfour, et s'engage à ne remettre aucun des citoyens soudanais à la CPI, rapporte le journal "Sudan Tribune". Le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, n'est rien d'autre  qu'un "petit employé qui effectue un travail médiocre", affirme le ministre.

Le ministre soudanais de la Justice, Ali al- Mardi, précise de son côté, que toute tentative d'arrestation des deux hommes par l'Interpol signifierait "le kidnapping et la piraterie internationale".

[En mai, Luis Ocampo a émis les premiers mandats d'arrêt de la CPI à l'encontre de plusieurs suspects pour des crimes de guerre perpétrés dans la région du Darfour. Il s'agit du ministre d'Etat soudanais des Affaires humanitaires, Ahmed Haroun, et du commandant d'une milice, Ali Mohamed Ali Abdelrahman, alias Ali Kushayb.

Le ministre de l’Intérieur a suggéré a Luis Ocampo d'émettre un mandat d'arrêt contre le président américain Bush pour "la torture de prisonniers à Guantanamo et l'usage de bombes à fragmentation en Irak, en Afghanistan et au Liban". Si le procureur de la CPI refuse de le faire, "il est donc condamné pour toujours", a-t-il ajouté. Le Soudan n'a pas ratifié la Convention de Rome sur la création de la CPI.]

_8 mai, Londres. Dans un rapport rendu public à Londres, Amnesty International accuse le Soudan d'enfreindre l'embargo sur les armes imposé au Darfour par les Nations unies – et affirme que la Chine et la Russie continuent d'approvisionner le régime de Khartoum en armes, qui sont ensuite distribuées aux milices janjawids, alliées à l’armée soudanaise.

"Des armes, des munitions et des équipements [...] sont toujours transférés au Darfour, dans l'ouest du Soudan, pour des opérations militaires", affirme l'organisation de défense des droits de l'homme qui, pour étayer ses propos, publie une série de photographies d'appareils de fabrication russe, prises selon elle entre janvier et mars 2007 sur des bases aériennes du Darfour. On y voit notamment un hélicoptère d'attaque Mi-24 et un avion de transport Antonov-26 peint aux couleurs de l'Union africaine (UA).#

SRI-LANKA

_11 juin, Genève. Plusieurs milliers de Tamouls, présents à Genève à l’appel du Front de libération des Tigres de l'Eelam tamoul (LTTE), manifestent à l'occasion de l'ouverture de la session du Conseil des droits de l'homme – et réclament la création d'un Etat tamoul indépendant au Sri Lanka.

[Les insurgés tamouls se battent pour l'indépendance du nord et du nord-est de l'île. Depuis 1972, au moins 60'000 personnes ont perdu la vie dans les violences et au moins 5’000 sont mortes depuis fin 2005, date de l'élection du président Rajapakse. L'Union européenne (UE) a inscrit le Front de libération des Tigres de l'Eelam tamoul (LTTE) sur sa liste des organisations terroristes.]

SUISSE

_29 juin, Berne. La Suisse doit faire des progrès en matière de droits de l’homme, estime Amnesty International. La plupart des violations commises par la police restent impunies, et la délégation de tâches à des entreprises privées pose des problèmes.

Dans un rapport intitulé : rapport "Suisse : police, justice et droits humains", qui porte sur une trentaine de cas survenus dans quatorze cantons ces dernières années, Amnesty constate "de nombreuses violations des droits de l’homme commises par la police suisse". "Plus grave", selon l'organisation, "la plupart de ces violations sont restées impunies" : les agents impliqués "n'ont pratiquement jamais été condamnés, parce qu'il n'y a pas eu d'enquête ou que l'enquête n'a pas été indépendante et exhaustive".

_12 juin
, Berne. Combattre la prostitution forcée en Suisse : dix organisations féminines lancent le projet "Nous faisons preuve de courage civique". C'est lors de grands événements comme le championnat d'Europe de football, qui se déroulera en 2008 en Suisse et en Autriche, que des milliers de femmes sont contraintes à se prostituer, expliquent les responsables de la campagne.

Des centaines de milliers de femmes et d'enfants sont en outre enfermées et exploitées actuellement en Europe par des bandes organisées, ajoutent-elles. "L'enjeu des capitaux dans le domaine de la traite d'êtres humains est encore plus grand que dans le domaine du trafic de drogue". Et de constater : "Indirectement, les caisses de l'Etat profitent aussi de ce commerce."

[La campagne est placée sous le "matronat" d'un comité dirigé par la présidente de la Confédération Micheline Calmy-Rey, la conseillère fédérale (ministre) Doris Leuthard et la présidente du Conseil national (Parlement) Christine Egerszegi. Une quarantaine de conseillères nationales et de responsables d'organisations en font partie.]

_27 mai, Genève. Le document de voyage qui a permis au criminel de guerre nazi Adolf Eichmann de fuir l'Europe pour l'Argentine a bien été délivré le 1er juin 1950 par la Croix Rouge internationale, indique le CICR, en soulignant que l'organisation humanitaire avait été trompée. En 1999, le CICR avait reconnu qu'au moins dix anciens criminels de guerre nazis partis vivre en Argentine avaient voyagé grâce à des documents de l'organisation.

Ce titre de voyage, retrouvé dans les archives du tribunal de Buenos Aires et utilisé par Adolf Eichmann sous le nom de Riccardo Klement, fait partie des documents octroyés par le CICR à partir de 1945 aux réfugiés, déplacés et apatrides qui ne disposent plus de papiers d'identité. Le CICR a conservé dans ses archives le duplicata de la demande du titre de voyage d'Eichmann.

Depuis 1945, 500’000 personnes ont bénéficié de titres de voyage du CICR, dont 5’900 en 2006. Le titre de voyage du CICR n'est pas considéré comme un passeport national. Il permet aux personnes sans papiers d'identité et qui ne peuvent pas retourner dans leur pays, d'atteindre un Etat qui leur a promis de leur accorder le séjour.

[Adolf Eichmann, grand ordonnateur de la "solution finale" qui a mené à la mort six millions de juifs, a vécu dix ans en Argentine avant d'y être capturé par le Mossad, les services secrets israéliens, jugé, puis exécuté en Israël en 1962.]

"Josef Mengele et Klaus Barbie (deux autres criminels de guerre nazis) ont également quitté l'Europe grâce à ces documents de voyage du CICR", a également indiqué Vincent Lusser, porte-parole du CICR. "Cette histoire est éminemment regrettable. Ils ont abusé d'un système humanitaire", a-t-il ajouté.]

_6 mai, Berne. "Oui" au droit de vote à 16 ans dans le canton de Glaris. La Landsgemeinde [Assemblée populaire] de Glaris accepte d'accorder le droit de vote à 16 ans au niveau cantonal.

[C'est la première fois en Suisse que des citoyens peuvent s'exprimer sur l'abaissement du droit de vote à 16 ans. D’autres cantons – dont celui de Berne – pourraient également propooser cette mesure. En 2000, le Parlement suisse a rejeté une proposition socialiste d'introduire le droit de vote à 16 ans au niveau fédéral.

Dans l'Union européenne, les deux Länder allemands de Basse-Saxe et du Schleswig-Holstein accordent déjà le droit de vote à 16 ans. Le gouvernement autrichien souhaite faire de même au niveau national.]

_18 avril, Genève. La justice genevoise recourt trop souvent à la détention préventive et pour de trop longues durées. Des cas graves et non isolés de mauvais traitements  sont enregistrés lors des interpellations et des interrogatoires, selon un rapport présenté pat trois experts - dont le professeur de droit pénal Christian-Nils Robert et le médecin et juriste Jean-Pierre Restellini, membre du Comité européen pour la prévention de la torture - mandatés par le Grand Conseil genevois [législatif].

Dans ce rapport, qui n’épargne ni le pouvoir judiciaire, dont la manière de traiter les dossiers est critiquée, ni la police, les experts chargés d'enquêter sur la situation de la prison de Champ-Dollon épinglent les violences policières. 30% des détenus interrogés se sont plaints de mauvais traitements physiques.

Concernant la justice, le faible nombre de juges d'instruction entraîne des lenteurs dans les procédures judiciaires, selon le professeur Robert. Un seul magistrat est chaque semaine de permanence pour traiter les nouveaux cas et le délai prévu de huit jours pour déterminer la nécessité ou non d’une privation de liberté prolongée n’est pas respecté.

[Le procureur général Daniel Zappelli a, le 9 mai, accusé les trois auteurs de l'audit d'être quelque peu déconnectés de la réalité et de faire "preuve d’une certaine naïveté". "Ce rapport est le fruit de théoriciens, mais n'a pas de liens avec la pratique", a souligné le magistrat genevois. En outre, selon lui, certaines données sont oubliées ou font l'objet d'interprétations contestables.

S’il admet un problème de lenteur dans le traitement des affaires complexes, Daniel Zappelli se défend d'être à l'origine de la surpopulation de la prison de Champ-Dollon. En aucun cas, il n'accepte qu'on puisse lui reprocher d'abuser de la détention préventive. A Genève, 67% des délinquants sont domiciliés à l'étranger ou sont sans domicile connu. Dans ces cas, il n'y a pas de possibilité de remise en liberté avant le jugement, le risque de fuite étant bien trop élevé, a-t-il expliqué.

L’Ordre des avocats s’est dit stupéfait de ces déclarations. A Genève, "la détention devient le principe alors qu’elle devrait être l’exception", a déclaré Me Vincent Spira. En Europe, on compte 22 personnes détenues préventivement pour 100'000 habitants. Pour Genève, ce ratio est de 67 pour 100'000 habitants.]

SYRIE

_10 mai, Damas. L’opposant syrien Kamal Labouani, fondateur du Rassemblement libéral démocratique, accusé de contacts avec les Etats-Unis "visant à l’inciter à attaquer la Syrie", condamné à 12 ans de prison. Il avait été arrêté en novembre 2005, à son retour d’un déplacement en Europe et aux Etats-Unis.#

TIMOR-LESTE | Oriental

_10 mai, Dili. Le prix Nobel de la paix José Ramos-Horta remporte l'élection présidentielle au Timor-Leste, petit pays déstabilisé où il lui faudra unir une population éreintée par la pauvreté et les violences.

[L'actuel Premier ministre était opposé à Francisco Guterres, soutenu par le Fretilin, le parti d'inspiration marxiste au pouvoir.]

TURQUIE

_15 juin, Ankara. Le président turc, Ahmet Necdet Sezer, décide de soumettre à référendum une réforme prévoyant l’élection du président au suffrage universel, un projet proposé par le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan, issu de la mouvance islamiste.

[Le camp laïc craint qu’une élection du président au suffrage universel ne conduise à l’élection d’un islamiste.]

_25 mai, Istanboul. Le président turc, Ahmet Necdet Sezer rejette la loi instaurant la présidentielle au suffrage universel proposée par le parti du Premier ministre, Recep Erdogan.

[Le conflit entre les deux hommes traduit la crise actuelle entre, d'une part, l'armée et les élites kémalistes, dont Ahmet Necdet Sezer - qui se réclament de Mustafa Kemal Atatürk, fondateur de la République moderne en 1923 - et, d'autre part, le Parti de la justice et du développement (AKP, ex-islamiste).]

_1er mai, Ankara. La Cour constitutionnelle turque annule le premier tour de l'élection présidentielle pour vice de procédure. Elle a statué en faveur d'un recours du principal parti d'opposition, le Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), par neuf voix contre deux, jugeant que la séance électorale au Parlement nécessitait 367 députés (sur 550) pour être ouverte.

[Le gouvernement turc a annoncé qu'il était prêt à tenir des élections législatives anticipées. Abdullah Gül, candidat à la présidence, a lui aussi appelé à la tenue de législatives "le plus rapidement possible", au cas où le Parlement ne parviendrait pas à l'élire lors d'un éventuel nouveau premier tour de scrutin.]

_29 avril, Ankara. Plus d'un million de personnes, arborant drapeaux et portraits du fondateur de la Turquie moderne, Mustafa Kemal Atatürk, manifestent en faveur de la laïcité. "Ni charia, ni coup d'Etat - Turquie pleinement démocratique", ou encore "Gouvernement, démission", scandent les manifestants massés sur la grande place Caglayan.

[Les manifestants entendaient protester contre l'élection présidentielle de l'unique candidat, Abdullah Gül, issu de la mouvance islamiste.Le 27 avril, il n'a pas réussi à s'imposer au premier tour : 10 voix lui ont manqué, sur les 550 députés, pour qu'il soit élu à la majorité des deux tiers. Son parti, l'AKP, bénéficie d'une majorité écrasante de 352 sièges. L'opposition a réclamé à la Cour constitutionnelle l'invalidation du vote. L'armée, qui entend protéger le principe de laïcité du pays, a brandi la menace d'une intervention militaire.]

_27 avril, Ankara. Le ministre des affaires étrangères Abdullah Gül, candidat du Parti de la justice et du développement (AKP) - parti islamique modéré au pouvoir -, n'obtient pas suffisamment de voix au premier tour de scrutin au Parlement pour être élu président.

L'Etat major de l'armée a publié un communiqué dénonçant toute "remise en cause de la laïcité". L'élite laïque de Turquie, notamment l'état-major militaire et l'appareil judiciaire, craint que l'élection d'un membre de l'AKP à la présidence ne menace la stricte séparation entre religion et Etat héritée du fondateur de la Turquie moderne, Mustafa Kemal Atatürk.]

REPERES. AKP. Le Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur) a remporté une large victoire lors des élections législatives anticipées de novembre 2002 (34 % des suffrages exprimés et plus de 60 % des sièges à l'Assemblée nationale). Recep Tayyip Erdogan a été nommé Premier ministre en mars 2003.

Président de la République. Le chef de l'Etat turc est élu par l'Assemblée nationale pour un mandat unique de sept ans. Il a des fonctions largement honorifiques, hormis la promulgation des lois et des nominations à des postes clés de l'administration. L'actuel président, Ahmet Necdet Sezer, kémaliste, a été élu en mai 2000.#

VATICAN

_13 juin, Rome. Le Vatican appelle les catholiques de ne plus soutenir financièrement Amnesty International, en raison du récent engagement de celle-ci en faveur de la dépénalisation de l'avortement, ajoutant, dans un communiqué, que l'Eglise catholique suspendrait également ses "contributions financières" à l'organisation.

[A Rome, le porte-parole de l'organisation de défense des droits de l’homme, Riccardo Noury, a précisé que qu'Amnesty ne recevait aucun versement "ni du Vatican, ni d'aucune organisation catholique" ni d'ailleurs d'aucune organisation, afin de préserver son indépendance. Geneviève Sevrin, présidente de la section française, a pour sa part souligné qu'Amnesty "n'a pas appelé à la libéralisation de l'avortement", mais à "sa dépénalisation".

_23 mai, Rome. Alors qu'il évoquait son récent voyage au Brésil, Benoît XVI reconnaît que la colonisation de l'Amérique et l'évangélisation de ses habitants se sont accompagnées de "souffrances" et "d'injustices".

"On ne peut ignorer les ombres [...] et les injustices infligées par le colonisateur aux peuples indigènes, dont les droits humains fondamentaux ont été piétinés", déclare le pape, qui rappelle que les "crimes injustifiables" de la colonisation avaient été condamnés en leur temps.

[Le 13 mai, Benoît XVI avait déclaré que l'évangélisation des Indiens d'Amérique "n'[avait] comporté à aucun moment une aliénation des cultures précolombiennes et n''[avait] pas imposé une culture étrangère". Le "Christ était le sauveur que les indigènes désiraient silencieusement", avait-il ajouté.]

_13 mai, Aparecida [Brésil]. Benoît XVI provoque la colère des Indiens d’Amérique, ”purifiés” par l’évangélisation. Intervenant lors de l'ouverture de la conférence du Conseil épiscopal latino-américain (Celam), le pape nie que "l'annonce de Jésus et de son Evangile ait comporté une aliénation des cultures précolombiennes ou cherché à imposer une culture étrangère". Pour lui, "sans le savoir, les Indiens cherchaient le Christ dans leurs riches traditions religieuses. Le Christ était le sauveur auquel ils aspiraient silencieusement. Avec l'eau du baptême [...], l'Esprit saint est venu féconder leurs cultures, les purifiant et développant les nombreuses semences que le Verbe incarné avait mises en eux".

[En 1992, à Saint-Domingue, pour le cinquième centenaire de la découverte de l'Amérique, Jean Paul II avait fait "repentance" pour les crimes commis par l'Eglise au nom de l'évangélisation des populations indiennes. Des historiens et porte-parole de communautés indiennes ont immédiatement dénoncé des propos "arrogants et irrespectueux". La théologienne Cecilia Domevi, citée par l'Agence France-Presse (AFP), a rappelé que "l'évangélisation fut un choc de cultures qui a causé un préjudice total aux Indiens". L'historien brésilien Waldir Rampinelli, de l'Université fédérale de Santa Catarina, a estimé que "le pape aurait dû lire Bartolomé de Las Casas", le père dominicain espagnol qui au XVIe siècle a dénoncé les atrocités commises par les conquistadors au nom de la foi.]

_ 12 mai, Sao Paulo. Benoît XVI dénonce les courants latino-américains qui confondent foi et "idéologie politique", estimant que les réponses aux problèmes politiques et sociaux relèvent du domaine des valeurs morales.

"L'option préférentielle pour les pauvres est implicite dans la foi chrétienne", déclare le pape, mais pas question de s'en tenir à une lecture politique, économique et sociale de la réalité : "C'est la grande erreur des tendances dominantes dans le siècle dernier, une erreur destructrice comme le démontrent les résultats des systèmes aussi bien marxiste que capitaliste", souligne-t-il, stigmatisant "l'échec des systèmes qui mettent Dieu entre parenthèses".

[Benoît XVI voit dans les changements politiques en cours en Amérique latine "des motifs de préoccupation devant des formes de gouvernement autoritaires ou assujetties à des idéologies que l'on croyait dépassées". Allusion au projet politique du président vénézuélien, Hugo Chavez. Aux pays qui pratiquent "l'économie libérale", il a recommandé "l'équité".]

VENEZUELA

_25 mai, Caracas. La Cour suprême du Venuzuela ordonne au ministère de la défense de prendre le contrôle des bâtiments de la chaîne de télévision RCTV, proche de l’opposition, dont les autorités ont ordonné la fermeture.#

Le MondeSous le titre : Censure à la Chavez, le quotidien Le Monde, écrit : "Le président Hugo Chavez a ordonné la disparition de Radio Caracas Television (RCTV), la principale chaîne de télévision du Venezuela. […] Le non-renouvellement de la concession de RCTV, créée il y a cinquante-trois ans, prive un public populaire de ses programmes favoris. […] L'identification à ces programmes a incité une partie des laissés- pour-compte de la société vénézuélienne à exprimer leurs doléances aux autorités via les micros et caméras de RCTV. Ce rôle de caisse de résonance des mécontentements a sans doute autant gêné le gouvernement Chavez que les programmes d'information et d'opinion consacrés à l'opposition.

"Aucune des accusations portées par le président contre RCTV, à propos de son rôle dans le putsch raté de 2002 ou la grève pétrolière de 2003, n'a fait l'objet d'un débat contradictoire devant un tribunal. La Cour suprême a été sollicitée par RCTV alors que M. Chavez avait déjà annoncé sa décision, irrévocable. Cette décision politique réduit le pluralisme et augmente la concentration de l'audiovisuel aux mains du gouvernement. Quels que soient les arguments administratifs ou légaux invoqués par le président, c'est un coup rude porté à la liberté d'expression au Venezuela". Le Monde, Paris, 27-28 mai 2007.]

VIETNAM

_11 mai, Hanoï. Deux avocats des droits de l’homme, Nguyen Van Dai, 38 ans, et Le Thi Cong Nhan, 27 ans, condamné à 5 et 4 ans de prison pour avoir "gravement violé la Constitution et la loi vietnamienne en dénigrant le rôle du Parti communiste". Arrêtés le 6 mars, les deux hommes étaient notamment accusés d’avoir dénigré le régime dans des entretiens aux médias étrangers et d’avoir tenus ces mêmes propos dans cours de droit donnés aux étudiants.

_12 mars, New York. Ban Ki-moon se déclare préoccupé par l'arrestation, le 11 mars, des chefs de l'opposition, condamnant les coups et blessures qui leur ont été infligés en détention à la suite de la répression d'une réunion publique par la police anti-émeute. "Ces actions violent les droits fondamentaux des citoyens à se réunir en public de façon pacifique", souligne le secrétaire général des Nations unies.

Ban Ki-moon appelle "le gouvernement du Zimbabwe à relâcher les détenus et à garantir leur sécurité". Il appelle également "les autorités à permettre les rassemblements pacifiques et à accepter l'exercice légitime des droits politiques"._8 avril, Rome. Benoît XVI évoque les massacres sans fin en Irak, les souffrances des Africains et les innombrables malheurs du monde, dans son traditionnel message de Pâques.

"Que de blessures, que de souffrances dans le monde", déclare le pape, citant les "calamités naturelles" et les "tragédies humaines qui provoquent d'innombrables victimes".


–––> ET AUSSI... <–––––––––––––––––––––––––

_DROIT A LA SANTE

_8 mai, New York. L’ancien président américain Bill Clinton annonce qu'il est parvenu à un accord avec plusieurs firmes pharmaceutiques – dont les fabricants de traitements génériques Cipla et Matrix - pour une réduction du prix des médicaments antisida nouvelle génération dans 66 pays en développement. Seize médicaments antirétroviraux au total sont concernés par cet accord.

Le prix des antirétroviraux de seconde ligne, prescrits aux patients qui développent des résistances au virus, devrait être réduit de 25 % dans les pays à bas revenus concernés, et de 50 % dans les pays à revenus moyens comme la Thaïlande ou le Brésil. Les traitements de seconde ligne coûtent actuellement dix fois le prix des soins de première ligne.#

[Bill Clinton a précisé sa fondation commencerait à acquérir ces médicaments dès juillet, et ce grâce aux fonds d'Unitaid, le programme d'achats de médicaments lancé en 2006 avec la France, le Brésil, le Chili, la Norvège, la Grande-Bretagne et financé, notamment, par une taxe sur les billets d'avion. Il a également annoncé la baisse du prix d'une pilule de première ligne de nouvelle génération, nécessitant une prise unique par jour, et qui coûterait désormais moins d’un dollar.]

_7 mai, Rio de Janeiro. le Brésil décide d'importer et de produire une version générique d'un médicament contre le sida. La mesure prise par le président Luiz Inacio Lula da Silva suspend immédiatement l'exclusivité du brevet du laboratoire Merck sur l'efavirenz, une composante du cocktail antisida, et autorise le ministère de la santé à importer d’Inde une version générique meilleure marché (70 % moins cher).

[Le Brésil, qui assure la gratuité du traitement à 200’000 malades du sida, réclamait une forte réduction à Merck, qui leur fournissait la dose de 600 mg d'efavirenz à 1,59 dollar, quand cette même dose est vendue 0,65 dollar à la Thaïlande. Au titre du brevet, cependant, le Brésil versera au fabricant 1,5 % de ses dépenses en générique. La décision du Brésil est conforme aux accords internationaux sur les brevets, depuis la réunion de l'Organisation mondiale (OMC) du commerce à Doha, en 2002.]

_ENVIRONNEMENT | Climat

_8 juin, Heiligendamm [Allemagne]. Un accord a minima sur le climat au sommet du G8. Les huit pays les plus développés de la planète, qui représentent à eux seuls plus de 40% des émissions mondiales, se sont mis d'accord sur la "lutte contre le changement climatique", visant à "réduire de moitié les émissions mondiales d'ici à 2050". L'année par rapport à laquelle serait calculée la réduction des émissions mondiales n'a cependant pas été précisée.

          Pus d'info

_HUMANITAIRE

_29 juin, Genève. Kofi Annan annonce la création d’un Forum humanitaire mondial, qu’il présidera, et dont l’objectif est d’élargir la coopératrîon pour faire face "à la dimension nouvelle de nombreuses catastr0phes humanitaires".

_15 juin
, Le Cap. L'ancien secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, annonce qu'il prendra la tête d'une fondation agraire- l’Alliance pour une révolution verte en Afrique - financée par Bill Gates et dont l'objectif est de relancer et de doubler la production alimentaire en Afrique.

"Je suis aujourd'hui très honoré de prendre ces fonctions importantes et de me joindre à mes compatriotes africains [...] afin de nous attaquer aux obstacles qui grèvent des centaines de millions d'exploitations agricoles de petite taille", déclare-t-il lors d'une conférence de presse. Le siège de la fondation se trouve à Nairobi, au Kenya.

_LIBERTE DE LA PRESSE

_1er mai, Washington. La liberté de la presse a connu un net recul en 2006 dans le monde, tendance particulièrement alarmante en Asie, en Amérique latine et en Russie, souligne une étude de Freedom House.

L’organisation américaine de défense des libertés s'inquiète notamment des restrictions imposées aux sites internet, en Russie, par exemple, où le gouvernement a accru ses efforts pour "marginaliser plus encore les voix des médias indépendants". Chine, Vietnam, Iran aussi continuent d'emprisonner nombre de journalistes et "cyberdissidents".

"Les coups portés aux médias sont inévitablement suivis de coups portés aux autres institutions démocratiques", note la directrice de Freedom House, Jennifer Windsor. "Le recul de la liberté de la presse est un signe profondément troublant du fait que la démocratie elle-même va se trouver assaillie dans des régions du monde cruciales".

Au total, sur 195 pays examinés, 74 sont considérés comme "libres", 58 "partiellement libres", ce qui signifie que seule 18% de la population mondiale profite d'une presse libre. Cinq pays sont désignés par l’organisation comme "les pires du pire" : la Birmanie, Cuba, la Libye, la Corée du Nord et le Turkménistan.

[Freedom House, créée en 1941 par Eleanor Roosevelt entre autres membres fondateurs, publie son bilan annuel sur la presse depuis 1980.]

_LIBERTE D'EXPRESSION

_29 juin, Strasbourg. Le blasphème ne doit pas être considéré comme une infraction pénale considére l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe dans une recommandation aux 47 Etats membres.

Les parlementaires, qui ont adopté ce texte à l'unanimité, rappellent "l'importance du respect de la diversité culturelle et religieuse en Europe", mais distinguent le fait de condamner l'insulte faite à une religion du fait de la sanctionner.

En revanche, les parlementaires demandent que soit sanctionnées pénalement les "déclarations qui appellent à la haine, à la discrimination ou à la violence envers une personne ou un groupe de personnes en raison de leur appartenance religieuse ou pour tout autre motif". De même, doivent être interdits, selon eux, les actes qui troublent l'ordre public ou appellent à la violence publique "en invoquant des questions religieuses".

[Comme le rappelle le rapport présenté par la socialiste finlandaise Sinikka Hurskainen, si la notion de blasphème a été abolie du code pénal français sous la Révolution, elle existe encore sous des formes diverses dans plusieurs pays comme l'Allemagne, l'Autriche, la Finlande, le Royaume-Uni ou les Pays-Bas.]

_REFUGIES

_14 mai, Londres. Plus d'un milliard de personnes devraient migrer d'ici à 2050 à cause du réchauffement climatique, estime l'organisation britannique Christian Aid, dans un rapport intitulé Marée humaine : la véritable crise migratoire. "Nous pensons que la migration forcée est désormais la menace la plus pressante contre les populations pauvres dans les pays en voie de développement", affirme John Davison, l’un des auteurs du rapport.

Dans cette étude, Christian Aid émet un "avertissement sans ambages sur le rythme d'accélération des déplacements de population au XXIe siècle". Pour l'heure, l'Ong estime que 163 millions de personnes ont déjà dû quitter leur foyer à cause de conflits, de catastrophes naturelles et de grands projets de développement comme la construction de barrages.

"Au rythme actuel, un milliard de personnes supplémentaires seront forcées de quitter leurs foyers entre maintenant et 2050", écrit l'organisation. 645 millions de personnes devraient migrer à cause de grands projets, 250 millions à cause de phénomènes liés aux changements climatiques, tels les inondations, la sécheresse ou la famine, et 50 millions à cause de conflits et atteintes aux droits de l'homme.#

_RELIGIONS

_17 mai, Moscou. Après 80 ans de schisme, les deux Eglises qui représentent l’orthodoxie russe, celle de l’émigration et celle de l’intérieur, se réconcilient officiellement lors d'une cérémonie qui se tient en présence de 3’000 fidèles dans la cathédrale du Christ-Sauveur, à Moscou. Le patriarche de l'Eglise orthodoxe russe Alexis II et le métropolite Laur, qui dirige à New York l'Eglise orthodoxe de l'étranger, signent l'"acte d'établissement des relations canoniques" qui scelle la réconciliation des deux communautés.

[L'Eglise orthodoxe russe de l'étranger avait rompu dans les années 1920 avec l'Eglise de Russie, lui reprochant sa soumission aux bolcheviques, l'assassinat du tsar Nicolas II et de sa famille, son silence face aux persécutions du régime contre les fidèles.

L’Eglise orthodoxe de Russie compte 100 millions de fidèles dans une soixantaine de diocèses en Russie, ainsi que dans les diocèses de l’Ukraine, de la Biélorussie et des pays baltes.]

_TRAITE DES ETRES HUMAINS

_21 mai, Vienne. L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) pousse un cri d'alarme devant la progression de la traite humaine : 137 pays sont en effet concernés à titre de pays de destination, 127 à titre de pays d'origine. Il y a chaque année, en Europe et dans le monde, 800'000 personnes, selon les estimations les plus basses [2,4 millions selon les estimations les plus hautes], qui sont victimes de la traite humaine, convoyées au-delà des frontières à des fins d'exploitation sexuelle ou pour leur force de travail.

[Depuis plus d'une décennie, la lutte contre la traite humaine est à l'ordre du jour, mais les moyens pour combattre ce fléau restent à définir. Les 56 pays membres de l'OSCE ont certes ratifié la convention des Nations unies sur le crime organisé et son protocole sur la traite humaine. Pourtant, dix ans après la déclaration de La Haye, qui prévoyait la création de rapporteurs nationaux chargés de collecter les données sur la traite et les mesures prises pour la combattre, sept Etats seulement ont créé une telle institution. Les autres, dont la France, se contentent le plus souvent d'un coordinateur interministériel.]

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