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2007-L'actualité des droits de l'homme dans le monde

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AFGHANISTAN

_19 juin, Kaboul. Les forces internationales et afghanes sont responsables de la mort d'au moins 230 civils, dont 60 femmes et enfants, depuis le début de l'année en Afghanistan, affirme l'agence Acbar, qui chapeaute une centaine d'ONG afghanes et étrangères dans ce pays.

"Des rapports d'ONG et d'autres données indiquent que, depuis le début 2007, les forces internationales et du gouvernement afghan ont été responsables de la mort, au minimum, de 230 civils, dont celle d'au moins 60 femmes et enfants", indique Acbar.

_13 mai, Kaboul. Le gouvernement afghan annonce la mort du mollah Dadullah, l'un des principaux chefs rebelles tué au cours d'une opération dans le sud du pays. Les talibans ont démenti une information qualifiée de "propagande".

[Réputé pour sa brutalité, originaire de la province d'Oruzgan (sud), Dadullah était considéré, par l’OTAN, comme "le principal commandant militaire des talibans" et il faisait partie de la liste des personnes les plus recherchées par les Etats-Unis

Le chef rebelle, qui affirmait avoir sous ses ordres plusieurs centaines de kamikazes prêts à lancer des attaques contre les forces étrangères, était également considéré comme un proche du mollah Omar, le chef en fuite des talibans pourchassé par les forces spéciales américaines.]

_2 mai, Paris. Les talibans sont de retour, constate "Le Monde", qui publie un reportage de son envoyée spéciale à Kaboul, Françoise Chipaux. Cinq ans après la chute de leur Emirat islamique, les "étudiants en religion", devenus encore plus radicaux, reviennent en force dans le sud du pays. Avec l’aide des populations pachtounes, des islamistes du Pakistan et des djihadistes d’Al Qaida.

La communauté internationale, qui, en 2001, avait fait miroiter aux Afghans des lendemains qui chantent, s'est montrée incapable de tenir ses promesses, notamment dans les zones pachtounes, où, au contraire, la guerre fait rage. Les forces étrangères de la coalition, dirigée par les Etats-Unis d'abord et maintenant par l'OTAN, ont d'autre part multiplié les erreurs de comportement vis-à-vis d'une population extrêmement conservatrice, poussant de nombreux jeunes dans les bras des talibans. […]

La nouvelle génération de talibans est beaucoup plus extrémiste et beaucoup plus sensible aux sirènes du djihad [guerre sainte] international. "Elle a été formée dans les madrasas [écoles coraniques] fondamentalistes qui se sont multipliées au Pakistan le long de la frontière afghane", affirme, à Kaboul, l'analyste politique Wahid Modjda. "Nous constatons actuellement un rapprochement très net entre les talibans et Al-Qaida; avec, en conséquence, de plus en plus d'actions copiées du "modèle" irakien".

Exemple type : les attentats-suicides; inconnus auparavant en Afghanistan, ils ne cessent de se multiplier. De 27 durant l'année 2005, ils sont passés à 139 en 2006; et plus de 45 ont déjà été perpétrés cette année. Le Monde, Paris, 2 mai 2007.

ARGENTINE

_25 avril, Buenos Aires. La justice annule les grâces accordées par l'ex-président argentin Carlos Menem aux chefs de la dictature militaire, qui ont dirigé le pays de 1976 à 1983. Pour la Chambre fédérale pénale de Buenos Aires, ces grâces sont "non conformes" à la Constitution argentine.

[Cette décision rend de nouveau valables les condamnations à la prison à vie prononcées en 1985, lors du retour du pays à la démocratie, à l'encontre de ces responssssables de la dictature, à l'exception de Roberto Viola et Leopoldo Galtieri, aujourd'hui décédés. Jorge Videla, 81 ans, est assigné à résidence dans l'attente d'être jugé pour des faits non couverts par les grâces de Carlos Menem. Emilio Massera, 81 ans, victime en décembre 2002 d'une hémorragie cérébrale, ne sera probablement jamais présenté devant des juges.

Par deux décrets prononcés en 1989 et 1990, Carlos Menem avait gracié entre autres l'ex-général Jorge Videla et l'ex-amiral Emilio Massera, deux figures de la dictature, condamnées lors d'un procès historique en 1985.]

BIRMANIE [Myanmar]

_29 juin, Genève. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), dont le credo usuel est la plus grande discrétion au service de l'efficacité, sort de sa réserve à propos de la Birmanie, accusant la junte au pouvoir de se livrer à de "graves et systématiques" violations du droit humanitaire.

Dans une déclaration devant la presse, le président du CICR, Jacob Kellenberger, dénonce la pratique "particulièrement dégoûtante" des militaires consistant à utiliser des milliers de civils captifs comme porteurs, démineurs humains ou travailleurs de force. Il accuse l'armée de faire régner une "peur constante" parmi les populations de la frontière avec la Thaïlande, où se déroulent des combats contre les insurrections ethniques. Meurtres, arrestations arbitraires et destructions de stocks de nourriture y sont pratiqués "à grande échelle", assure-t-il.

          plus d'info La déclaration du CICR

_25 mai, Rangoon. La junte militaire au pouvoir refuse de libérer l'opposante Aung San Suu Kyi, 61 ans, arrêtée il y a tout juste quatre ans – et prolonge son ordre d'assignation à résidence d'un an.

[Le pouvoir birman est resté sourd aux appels lancés à travers le monde pour la libération de Aung San Suu Kyi. Auparavant, 59 personnalités internationales, dont les ex-présidents américain Bill Clinton et brésilien Fernando Henrique Cardoso, ainsi que les anciens Premiers ministres français Lionel Jospin et japonais Junichiro Koizumi, avaient cosigné une lettre demandant "la remise en liberté immédiate" del’opposante birmane.]

_21 mai, Genève. Louise Arbour appelle le gouvernement birman à libérer sans conditions la lauréate du prix Nobel de la paix, Daw Aung San Suu Kyi, ainsi que tous les prisonniers politiques encore détenus. Soulignant que le terme officiel fixé pour l'assignation à résidence de la Secrétaire générale de la Ligue nationale pour la démocratie prend fin très bientôt, la haut commissaire des Nations unies aux droits de l’homme exhorte les autorités à libérer également "tous les prisonniers politiques" dans le pays, "sans conditions".

[Daw Aung San Suu Kyi est assignée à résidence depuis quatre ans. Elle a passé 11 des 17 dernières années en détention. Près d'un millier de prisonniers politiques sont recensés dans les prisons et les camps de travail en Birmanie.]

_10 mai, Genève. Des experts des Nations unies appellent à la libération immédiate de Daw Aung San Suu Kyi à l'approche du terme officiel de sa détention. Ils rappellent que, depuis que son parti et ses alliés ont gagné l'élection de 1990 avec plus de 80% des sièges du Parlement, elle a été détenue pendant onze des dix-sept dernières années, sans chef d'accusation ni procès et a été maintenue en isolement ces quatre dernières années.#

Pus d'info

BRESIL

_11 mai, Sao Paulo. Benoît XVI canonise le religieux franciscain Antonio Galvao (1739-1822), premier saint natif du Brésil, et appelle à résister à l'hédonisme. Dans son prêche, le pape insiste sur la nécessaire résistance à "l'hédonisme" des sociétés modernes. Il appelle les Catholiques à "dire non aux médias qui tournent en ridicule la sainteté du mariage et la virginité avant le mariage", et à cultiver "des vies limpides et claires".

CONGO | République démocratique

_18 mai, Goma. Louise Arbour lance un projet d'appui à la lutte contre les violences sexuelles au Nord et au Sud-Kivu, destiné à aider au moins 15’000 femmes. Ce projet de plus de 10 millions d'euros – appuyé par les Nations unies et des ONG locales et internationales -, financé par le Canada, couvre la période 2006-2009 et prévoit de développer une assistance médicale, juridique et à la réinsertion pour les victimes.

[Au Nord et au Sud-Kivu, les violences sexuelles n'ont pratiquement pas diminué depuis la fin de la dernière guerre en RDC (1998-2003). L'association Dynamique des femmes juristes de Goma estime à environ 10’000 par an le nombre de viols dans la province du Nord-Kivu.
Des groupes armés locaux et étrangers sévissent encore dans les deux Kivu, les militaires de l'armée congolaise sont régulièrement accusés de crimes sexuels par des victimes et des ONG dans les zones rurales notamment, et dans les villes, les violences commises par les civils sont en augmentation, selon l'association.]

_16 mai, Kinshasa. Louise Arbour plaide pour "un projet d'inventaire" des crimes graves commis entre 1993 et 2003 en République démocratique du Congo. "Il s'agit dans une première étape de cartographier, d'inventorier les violations graves des droits de l'Homme commises pendant cette décennie, avant la mise en place de la Cour pénale internationale (CPI), souligne la haut commissaire des Nations unies.

["Dans un deuxième chapitre, cet inventaire serait présenté au gouvernement et à la population de RDC, qui décideront des options à prendre [...], pour une réparation pour les victimes" et de mesures à l'encontre "des auteurs présumés de ces exactions", a expliqué Louise Arbour.
"Le président de la République [Joseph Kabila] a très bien accueilli cette initiative" et a manifesté son intention de "lancer une attaque sérieuse contre l'impunité", a affirmé la Haut commissaire.


_17 mai, New York. Exécutions sommaires, viols, torture et emprisonnement arbitraire, c'est une litanie de violations des droits de l'homme qui émaille le dernier rapport publié par la Mission de l'Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo (Monuc).

Pus d'info

COREE DU NORD

_20 mai, Washington. Le traitement des prisonniers en République populaire démocratique de Corée (RPDC) relève du "crime contre l'humanité" et pourrait faire l'objet d'un jugement par un tribunal international, avance, dans un rapport, l'organisation américaine de défense des droits de l'homme, Freedom House.

Rédigé par David Hawk, qui dirigea la commission à l'origine du tribunal international sur les crimes des Khmers rouges, le rapport, intitulé "Concentrations d'inhumanité", dénonce "la répression généralisée et le système des camps de travail pour les prisonniers politiques" qui "constituent des crimes flagrants contre l'humanité tels qu'ils sont définis par le droit international".

[Le rapport s'appuie sur les témoignages de réfugiés recueillis par l'auteur pour son enquête Le Goulag caché : révélation sur les camps de prisonniers en Corée du Nord, publiée en 2003 sous les auspices du US Committee for Human Rights in North Korea, ainsi que d'autres plus récents. Ils sont examinés à l'aune des critères définis dans le statut de la Cour criminelle internationale (créée en 2002) et de la jurisprudence des tribunaux chargés de l'ex-Yougoslavie et du Rwanda. Source : Le Monde, Paris, 5 juin 2007]

COTE D’IVOIRE

_13 avril, Abidjan. Laurent Gbagbo promulgue une loi d'amnistie couvrant les infractions contre la sûreté de l'Etat commises sur le  territoire ou par les Ivoiriens en exil depuis le début de la guerre civile, en 2000. Cette mesure, qui vise à accélérer le processus de réconciliation nationale, a été approuvée par Guillaume Soro, ancien opposant au président de la Côte d'Ivoire, aujourd'hui Premier ministre.#

[Cette amnistie était prévue par l'accord de paix interivoirien signé le 4 mars 2007 à Ouagadougou par le président Gbagbo et celui qui était alors le chef de la rébellion, Guillaume Soro. Ce dernier a prononcé son premier discours à la nation. Estimant que les Ivoiriens devaient "apprendre à pardonner", il a fixé pour objectifs à son gouvernement, nommé le 7 avril, la "réunification" des forces armées loyalistes et rebelles, et "l'organisation d'élections justes, transparentes, ouvertes à tous".]

ESPAGNE

_5 juin, Madrid. L'organisation séparatiste basque ETA prévient qu'elle met fin, à partir du 6 juin à minuit, au cessez-le-feu permanent, annoncé le 22 mars 2006. Dans un communiqué, l'ETA accuse le gouvernement d'"avoir répondu au cessez-le-feu par la poursuite des détentions, des tortures et des persécutions".

[Le 30 décembre 2006, l'ETA avait commis un attentat tuant deux personnes, mais affirmé que le cessez-le-feu était toujours en vigueur. Lundi, le quotidien El Pais avait évoqué la possibilité d'une attaque avant août : "Le plus probable est que l'ETA commette un attentat spectaculaire sans victime pour montrer sa capacité opérationnelle et accroître sa capacité d'intimidation et de chantage".]

[José Luis Rodriguez Zapatero a déclaré que "l'ETA recommence à se tromper" et exigé à nouveau du groupe indépendantiste basque armé "l'abandon définitif" de la violence. "Cette décision est radicalement opposée au chemin souhaité par la société basque et la société espagnole", a déclaré le chef du gouvernement socialiste, lors d'une courte allocution devant les médias à Madrid. Ce "chemin n'a qu'un seul objectif, celui de l'abandon définitif des armes" a-t-il insisté, et un tel "chemin" "ne peut être emprunté et parcouru qu'avec une renonciation complète à la violence".]

_26 avril, Guernica. Guernica célèbre le 70e anniversaire du bombardement de la ville basque par l'aviation nazie alliée aux troupes franquistes pendant la guerre civile espagnole (1936-1939).
Le 26 avril 1937, la ville avait été aux trois quarts détruite par le raid aérien de la légion Condor allemande. Le bombardement avait fait plusieurs centaines de morts.

[Le drame avait inspiré un des plus célèbres tableaux de Pablo Picasso, dont une réplique est installée dans le centre-ville de Guernica. Quelques années après la réalisation de l'œuvre, l'ambassadeur allemand en France Otto Abetz avait interrogé le peintre : "C'est vous qui avez fait ça ?" "Non, c'est vous", répondit Picasso.]

_8 avril, Madrid. L’ETA affirme envisager un "scénario d'absence de la violence" et se dit prête à assumer de nouveaux "engagements", dans une interview publiée par le journal basque Gara, canal habituel de revendication de l'organisation séparatiste armée basque l'ETA.

Si les "attaques contre Euskal Herria [le Pays Basque]" cessent, "nous sommes disposés à assumer de fermes engagements [en vue] d'un scénario sans violence", déclare l'ETA, qui dit par ailleurs réaffirmer "tous les engagements du 24 mars" 2006, date de l'entrée en vigueur de son "cessez-le-feu" permanent, interrompu le 30 décembre 2006 par un attentat qui a fait deux morts à l'aéroport de Madrid.

L'organisation ajoute toutefois qu'elle "tiendra compte" d'une possible absence de la gauche abertzale [indépendantiste] des élections locales fin mai au Pays Basque. "L'ETA ne peut pas imaginer des élections sans la gauche abertzale. Cela signerait l'échec du processus [de paix]", explique le groupe armé.

ETATS-UNIS

_18 juin, New York. De hauts responsables du Pentagone, dont l'ancien ministre de la défense Donald Rumsfeld en personne, ont été directement impliqués, du moins en tant que donneurs d'ordres, dans les méthodes abusives d'interrogatoire pratiquées à la prison d'Abou Ghraib en Irak, affirme le général Antonio Taguba, qui a mené – pour le magazine "The New Yorker" - la première enquête sur le traitement réservé aux prisonniers irakiens dans cette prison et qui aurait été contraint, de ce fait, à prendre une retraite anticipée

Selon lui, le haut commandement en Irak était forcément au courant des techniques d'interrogatoire agressives en vigueur dans la prison d'Abou Ghraib, qui ressemblaient d'ailleurs à celles utilisées pour les prisonniers importants du centre de détention de Guantanamo Bay à Cuba. Antonio Taguba accuse également l'ancien ministre de la Défense Donald Rumsfeld d'avoir menti au Congrès lorsqu'il a témoigné, en mai 2004, sur l'enquête en minimisant ce qu'il savait des abus.

"Je sais que mes pairs de l'armée seront furieux que je parle, mais le fait est que nous avons violé les lois de la guerre à Abou Ghraib. Nous avons violé les conventions de Genève. Nous avons violé nos propres principes et nous avons violé le cœur de nos valeurs militaires. Le stress au combat ne constitue pas une excuse, et je pense, aujourd'hui encore, que les chefs militaires et civils responsables doivent répondre de leurs actes".

_11 juin, Washington. Une cour d'appel fédérale américaine estime que le président Bush n'a pas le pouvoir de décider la détention illimitée d'un terroriste présumé. Le plaignant, un citoyen qatari, est la seule personne détenue aux Etats-Unis en tant que "combattant ennemi". Agé de 41 ans, l'homme est soupçonné d'être un "agent dormant" d'Al Qaïda et détenu sans inculpation et sans jugement depuis juin 2003 dans une prison militaire de Caroline du sud.

["Le gouvernement ne peut pas soumettre l'accusé à une détention militaire illimitée. Car aux Etats-Unis, l'armée ne peut pas arrêter et emprisonner des civils, ni a fortiori les emprisonner indéfiniment", a expliqué un magistrat. Cette décision renvoie l'affaire à un juge fédéral de Caroline du Sud qui devra demander au secrétaire de la Défense de faire libérer le ressortissant qatari dans un délai résonnable.]

_11 juin, Bagdad. Le nombre de militaires américains tués en Irak depuis l'invasion de mars 2003 a dépassé les 3’500, après la mort de trois soldats dans un attentat suicide au sud de Bagdad, alors que des renforts américains continuent à être déployés dans le pays.

_10 juin, Washington. Colin Powell estime que la prison militaire de Guantanamo Bay, où sont détenus des "combattants étrangers" soupçonnés d'activités terroristes, devrait être fermée immédiatement et ses prisonniers transférés aux Etats-Unis.

"Guantanamo est devenu un problème majeur [...] pour l'image de l'Amérique aux yeux du monde, et si cela dépendait de moi je fermerais Guantanamo, non pas demain, mais cet après-midi [...] et je ne libèrerais aucun de ces hommes. Je les transfèrerais simplement aux Etats-Unis et je les introduirais dans notre système juridique fédéral", déclare l’ancien secrétaire d’Etat américain Powell dans une émission de la chaîne NBC.

"Au fond, nous avons ébranlé la confiance que le monde avait dans le système judiciaire de l'Amérique en conservant un [centre de détention] comme Guantanamo et en créant une commission militaire. Nous n'en avons pas besoin, et cela nous fait plus de mal que de bien", ajoute-t-il.

_31 mai, Potsdam. La secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, se livre à une attaque en règle contre la Russie, en émettant le vœu d'assister à l'avènement d'une Russie "forte, mais dans le sens du XXIe siècle", c'est-à-dire démocratique.

"Notre défi le plus urgent aujourd'hui est le Kosovo. Le statu quo n'y est pas supportable et l'indépendance [d'abord supervisée] est la seule voie réaliste et souhaitable", estime la secrétaire d’Etat. Evoquant les sujets de divergence entreles Etats-Unis et la Russie, elle dit souhaiter une "Russie [...] forte dans le sens du XXIe siècle, pas simplement avec un centre fort, avec des institutions fortes, indépendantes, à la fois au sein du gouvernement et en dehors, un système judiciaire et législatif fort et indépendant, des médias forts et indépendants et des élections libres et justes ouvertes aux observateurs", souligne-t-elle, ajoutant que les"institutions démocratiques et une société ouverte [ne sont] en rien source de faiblesse, pas plus que la liberté d'expression et la liberté de la presse [ne sont] une nuisance."

[Condoleezza Rice prononçait un discours au palais Neue Kammern, après avoir reçu, des mains de l'ancien chancelier Helmut Kohl, le prix Eric-Warburg, pour les efforts qu'elle a consacrés à la réunification allemande entre 1989 et 1991, alors qu'elle travaillait à la Maison Blanche sous Bush père.]

_29 mai, Washington. Le président George Bush annonce un renforcement des sanctions financières américaines contre le Soudan, accusé d'encourager les violences dans la provincedu Darfour. "Cela fait trop longtemps que la population du Darfour a souffert à cause d'un gouvernement qui est complice dans le bombardement, le meurtre et le viol de civils innocents, déclare George Bush. Mon gouvernement a employé pour ces actions le terme qui convient : "génocide". Le monde doit aider à y mettre fin".

Les sanctions frappent 31 compagnies soudanaises, contrôlées par le régime et liées pour la plupart au secteur pétrolier, ainsi que trois personnes accusées de graves violations des droits de l'homme : Ahmed Haroun, le secrétaire d'Etat aux affaires humanitaires, déjà accusé de crimes de guerre par la Cour pénale internationale (CPI), et Awad Auf, le responsable du renseignement militaire. Le troisième est le chef de l'un des mouvements rebelles, Khalil Ibrahim, du Mouvement pour la justice et l'égalité. Sept noms figurent désormais sur cette liste de personnes dont les avoirs sont gelés par les Américains.

_25 mai, Washington. Après des mois de menaces, la Chambre des représentants et le Sénat ont fini par fléchir en adoptant le projet de financement 2007 de la guerre en Irak et en Afghanistan, sans inclure de calendrier de retrait des troupes.

[La Maison-Blanche s'est réjouie de voir le Congrès "fournir avec succès à nos troupes les fonds et la flexibilité nécessaires à la protection de notre pays". Le financement est de 120 milliards de dollars jusqu'à septembre, date à laquelle s'ouvrira le débat sur le financement de la guerre en 2008.]

_24 mai, Washington. George Bush annonce "des combats très durs" en Irak pendant l'été - "une période déterminante pour la nouvelle stratégie" militaire américaine en Irak.

"Nous nous attendons à des combats très durs dans les semaines et les mois à venir", déclare le président américain, qui souligne qu'il fallait s'attendre à de nouvelles pertes dans les rangs américains et irakiens. Il précise que les derniers des 30’000 soldats américains envoyés en renfort en Irak, environ 15’000 personnes, arriveront dans le pays d'ici à la mi-juin.

[George Bush a en outre déclaré que les troupes américaines étaient prêtes à quitter l'Irak, si le gouvernement de Bagdad le leur demandait. "Nous sommes là à l'invitation du gouvernement irakien. C'est un pays souverain, a-t-il assuré. S'ils nous disaient "partez", nous partirions". Il a toutefois ajouté que l'important, pour l'instant, était "de continuer l'offensive".]

_10 mai, Washington. Le général David Petraeus, qui commande les troupes américaines en Irak, écrit à ses soldats pour leur rappeler les règles de conduite de l'armée des Etats-Unis : pas de mauvais traitements, pas de torture, pas de loi du silence, même si les fautifs sont des camarades. "Nos valeurs et les lois de la guerre nous enseignent à respecter la dignité humaine", explique-t-il.
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Dans sa lettre, le général Petraeus rejette l'argument en faveur de la torture. "Non seulement de telles actions sont illégales, mais l'Histoire montre qu'elles ne sont généralement ni utiles ni nécessaires". Pour lui, "la population doit comprendre" que les soldats américains - et non pas leurs ennemis - "sont au-dessus du lot quand il s'agit des standards moraux". Et, souligne-t-il, "nous sommes des guerriers. Nous nous entraînons à tuer notre ennemi. Nous sommes engagés dans le combat et nous devons être violents parfois [...]". "Mais, ajoute le général Petraeus, dans tout ce que nous faisons, nous devons traiter les non-combattants et les détenus avec dignité et respect."

[Une enquête, réalisée à l'automne 2006 par l'armée américaine auprès de 1’767 soldats en Irak, fait apparaître que plus d'un tiers des militaires déployés estime que la torture devrait être autorisée, si elle permet de recueillir des informations sur la guérilla. Deux tiers des marines ont indiqué qu'ils ne dénonceraient pas un camarade qui se livrerait à des brutalités contre des civils ou qui détruirait leurs biens sans nécessité. Et 10 % des sondés ont avoué qu'ils s'étaient livrés eux-mêmes à ce genre d'exactions.]

_1er mai, Washington. George W. Bush met son veto au texte de loi adopté par le Congrès [Chambre des représentants et Sénat] sur le financement de la guerre en Irak qui fixait le début du retrait des troupes américaines avant la fin de l'année. "Lancer un compte à rebours pour le retrait revient à lancer un compte à rebours pour l'échec et ce serait irresponsable", déclare le président américain, avant d'ajouter que ce retrait saperait le moral des Irakiens et encouragerait les assassins à travers tout le Moyen-Orient.

"Cela n'aurait aucun sens de dire à l'ennemi quand nous comptons nous retirer. Tous les terroristes marqueraient cette date sur leur calendrier avant de réunir leurs forces afin de renverser le gouvernement et prendre le contrôle de l'Irak", assure-t-il, accusant les démocrates du Congrès d'avoir voulu "substituer l'opinion de politiciens au jugement de nos commandants militaires".

[Ce départ programmé avait été incorporé par la majorité démocrate du Congrès dans une loi de finances débloquant 124 milliards de dollars pour la guerre en Irak et l'intervention militaire en Afghanistan. Le retrait des troupes aurait dû débuter entre le 1er juillet et le 31 octobre 2007, avec l'objectif de retirer l'ensemble des troupes de combat d'Irak à l'horizon de mars 2008.]

_26 avril, Washington. Le Congrès [Chambre des représentants et Sénat] adopte un projet de loi prévoyant un financement de la guerre en Irak et un  calendrier de retrait militaire, malgré la menace d'un veto présidentiel.
 
Le projet de loi, adopté avec 218 voix pour et 208 contre, prévoit un crédit de 124,2 milliards de dollars pour  financer la guerre en Irak, mais exige que l'administration de George W. Bush entame le retrait militaire de l'Irak au plus tard le 1er octobre 2007.

[George Bush a réaffirmé qu'il mettrait son veto à ce projet de loi. Les Démocrates "ont décidé de faire un communiqué politique", a-t-il  estimé, avant d'ajouter : "C'est leur droit, mais ce qu'ils préconisent est incorrect tant pour nos troupes que pour notre pays. Accepter le projet proposé par la direction démocrate, c'est  accepter une politique en directe contradiction avec le jugement  de nos commandants militaires".

Il a été contredit par la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, une démocrate originaire de la Californie. "Je crois que le fait que le président nous accuse sur nos  politiques concernant ce projet de loi bien réfléchi est en  dessous de la dignité de l'affaire dont nous parlons ici", a-t-elle estimé, soulignant que la guerre en Irak est le plus grande  affaire éthique à laquelle sont confrontés les Etats-Unis.]#

_5 avril, Washington. Un rapport du département de la défense (Pentagone), déclassifié, affirme que le régime de Saddam Hussein n'avait pas coopéré directement avec Al-Qaida avant l'invasion américaine de l'Irak. Le document cite deux anciens collaborateurs de Saddam Hussein et des documents irakiens saisis "qui ont tous confirmé" que l’Irak et le mouvement djihadiste n'avaient eu que des liens restreints.

Le rapport indique que le Pentagone a fourni des analyses "inappropriées" dans sa recherche afin de démontrer les liens pouvant exister entre Al-Qaida et les autorités irakiennes.

EUROPE

_8 juin, Strasbourg. Selon un rapport du Conseil de l'Europe, la Pologne et la Roumanie ont couvert les détentions illégales et les actes de torture de la CIA sur leur territoire entre 2002 et 2005. Le sénateur suisse Dick Marty, rapporteur de l'assemblée parlementaire du Conseil sur les activités secrètes de la CIA, accuse ces deux pays d'avoir permis aux services secrets américains d'installer des centres de détention secrets sur leur sol.

"Il subsiste aujourd'hui suffisamment d'éléments pour affirmer que des centres secrets de détention gérés par la CIA ont bien existé en Europe, entre 2003 et 2005, notamment en Pologne et en Roumanie", affirme-t-il.

Pus d'info    Pus d'info Le rapport du Conseil de l’Europe [pdf 870 ko]

[La Commission européenne a immédiatement réagi en demandant aux Etats cités dans le rapport de lancer "une enquête rapide et indépendante" sur le sujet.]

_25 mai, Londres. Les Français, comme les autres Européens, se prononcent majoritairement en faveur de quotas d'immigration, selon un sondage réalisé par Novatris/Harris Interactive. De même, ils estiment que les aides sociales ne devraient être attribuées aux immigrés en situation régulière qu'après l'acquisition de la nationalité du pays (62 %).

Alors qu'une majorité de Britanniques (67 %), d'Italiens (55 %), d'Allemands (55 %) et même d'Espagnols (45 %) jugent qu'il y a trop d'immigrés dans leur pays, ils ne seraient que 32 % en France à le penser. En Italie, en Grande-Bretagne et en Allemagne, une majorité sont pour l'expulsion des clandestins, et ce qu'elle que soit leur situation familiale, mais seuls 34 % des Français soutiendraient une telle idée.

_24 mai, Ankara. La Turquie dénonce l'opposition du nouveau président français à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne, au lendemain de déclarations de Nicolas Sarkozy indiquant qu'il n'avait "pas changé d'avis" sur cette question.

"L'objectif de la Turquie concernant l'Union européenne est clair", déclare le porte-parole du ministère des affaires étrangères turc, Levent Bilman. "Le statut de la Turquie est lui aussi très clair : c'est un pays qui a entamé des négociations et l'objectif de ces négociations a été défini comme rien d'autre que l'intégration comme membre à part entière" de l'UE.

_14 mai, Berlin. La chancelière Angela Merkel, qui préside l'Union européenne (UE) jusqu'à fin juin, lance un appel en faveur d'une véritable réforme des institutions européennes. "Je dis à tous ceux qui ont peur du traité constitutionnel : le texte du traité de Nice n'est pas un fondement avec lequel l'UE des vingt-sept sera capable d'agir", déclare-t-elle devant la Conférence des organes spécialisés dans les affaires communautaires et européennes des Parlements nationaux de l'Union (Cosac).

"Le traité constitutionnel apporte plusieurs réponses en renforçant notamment les Parlements nationaux, les régions et le principe de subsidiarité", relève Angela Merkel. Sachant que dix-huit pays ont déjà ratifié le texte et ne sont pas prêts à accepter d'importantes modifications, la chancelière allemande veut veiller à ce que les pays "qui veulent des changements" ne soient pas les seuls "qui aient leur mot à dire".

_19 avril, Luxembourg. L’Union européenne (UE) va se doter d'une législation commune contre le racisme et le négationnisme. Les ministres de la justice des 27 pays de l’Union adoptent un texte qui impose aux Etats de punir d'une peine de un à trois ans de prison "l'incitation publique à la violence ou à la haine visant un groupe de personnes ou un membre d'un tel groupe, défini par référence à la race, la couleur, la religion, l'ascendance, l'origine nationale ou ethnique".

Les mêmes sanctions seront appliquées pour "l'apologie publique, la négation ou la banalisation grossière des crimes de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre", tels qu'ils sont définis par le statut de la Cour pénale internationale et, pour la Shoah, par la Charte du tribunal de Nuremberg.
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Toutefois, le projet précise - à la demande du Royaume-Uni, de l'Irlande et des pays scandinaves qui refusent toute atteinte à la liberté d'expression - que le négationnisme n'est punissable "que s'il est exercé d'une manière qui risque d'inciter à la violence ou à la haine à l'égard d'un groupe de personnes". Autrement dit, un négationniste pourra continuer à s'exprimer au Royaume-Uni et au Danemark sans risquer grand chose. Cela n'empêchera pas les pays qui le souhaitent (Autriche, Allemagne, France, Belgique, Pologne ou Roumanie) de continuer à le sanctionner dans tous les cas.

Pus d'info

FRANCE

_9 juin, Paris. Des jeunes musulmans veulent s'affranchir du mariage civil révèle Le Monde, dans son édition du 9 juin 2007. La démarche se serait répandue dans les milieux radicaux. Dans le reste de la communauté, elle constitue un moyen d'éviter les contraintes des lois sur le divorce et la polygamie.

Une démarche qui "pose problème" à certains imams de France et inquiète des parlementaires : de jeunes musulmans souhaitent se marier religieusement, sans passer au préalable par un mariage civil. Une démarche illégale selon le code pénal, qui punit de six mois de prison et de 7’500 euros d'amende "tout ministre du culte qui procédera, de manière habituelle, aux cérémonies religieuses de mariage sans que ne lui ait été justifié l'acte de mariage préalablement reçu par les officiers de l'état civil", écrit le quotidien français.

[Le député (UMP) Etienne Mourrut s'en est inquiété dans une question écrite au ministre de l'intérieur. "Dans la plupart des communes, s'alarmait-il, les services de l'état civil ne sont quasiment jamais sollicités par les mariés de religion musulmane. En conséquence, soit il n'y a jamais de mariages religieux dans ladite religion, soit le mariage a été célébré antérieurement".]

_22 juin, Paris. Deux cents personnalités contre le ministère de l'immigration et de l'identité nationale. Le sociologue Christian Baudelot, le syndicaliste Bernard Thibault ou encore le musicien Yann Tiersen... Près de deux cents universitaires, intellectuels ou artistes, français ou étrangers, dénoncent, dans une pétition publiée par le quotidien Libération la "confusion des rôles et des fonctions" créée, selon eux, par l'intitulé donné au "ministère de l'immigration, de l'identité nationale et du codéveloppement".

         Pus d'info [La pétition]

_21 mai, Paris. La 17e chambre du tribunal de grande instance (TGI) de Paris déboute le négationniste Robert Faurisson des poursuites civiles pour diffamation qu'il avait intentées contre Robert Badinter, ce dernier l'ayant qualifié, en novembre 2006, de "faussaire de l'Histoire". Dans son jugement, le tribunal de Paris accorde "le bénéfice de la bonne foi" à l’ancien minsitre de la justice.

[Robert Faurisson, 77 ans, estime que Robert Badinter l'a diffamé, le 11 novembre 2006, dans une émission d'Arte lorsqu'il a affirmé que "le dernier procès" qu'il avait plaidé avant de devenir ministre de la justice en 1981 "c'est le procès contre Faurisson". "J'ai fait condamner Faurisson pour être un faussaire de l'Histoire", avait dit Robert Badinter.

Robert Badinter faisait référence à un jugement du 8 juillet 1981 qui condamnait Robert Faurisson pour avoir notamment déclaré que "Hitler n'a jamais ordonné ni admis que quiconque fut tué en raison de sa race ou de sa religion". Une condamnation confirmée en appel le 26 avril 1983.

A l'audience du 2 avril, le ministère public, représentant la société, avait affirmé que Robert Faurisson avait bien "faussé" l'Histoire en théorisant l'inexistence des chambres à gaz. Le procureur adjoint de Paris, François Cordier, avait estimé que le jugement de 1981 et l'arrêt de 1983 constituaient "un réquisitoire totalement implacable" qui avaient donné à Robert Faurisson, "viscéralement antisémite", "l'ensemble des attributs du faussaire".

A l'audience, Robert Faurisson avait maintenu que l'Holocauste était un "mensonge historique", assimilant les chambres à gaz à de simples "douches".]

_18 mai, Paris. L'historien Patrick Weil et sept autres universitaires annoncent leur démission des instances de la Cité nationale de l'histoire de l'immigration (CNHI) pour protester contre l'instauration d'un ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale par le nouveau président Nicolas Sarkozy.

Dans un communiqué, les chercheurs expliquent que le CNHI, qui doit ouvrir ses portes en 2007, "entend changer le regard de nos contemporains sur leur société en rappelant comment, depuis deux siècles, les étrangers, venus par vagues successives, ont contribué à développer, transformer et à enrichir la France."

"L'instauration d'un ministère de "l'immigration et de l'identité nationale" remet en cause ces objectifs. Les mots sont pour le politique des symboles et des armes", écrivent-ils. "Or il n'est pas dans le rôle d'un Etat démocratique de définir l'identité. Associer "immigration" et "identité nationale" dans un ministère n'a jamais eu de précédent dans notre République", ajoutent-ils.

[La Cité nationale de l’histoire de l’immigration (CNHI) sera chargée de rassembler, sauvegarder, mettre en valeur et rendre accessibles les éléments relatifs à l’histoire de l’immigration en France, notamment depuis le XIXe siècle, et de contribuer ainsi à la reconnaissance des parcours d’intégration des populations immigrées dans la société française.]#

_16 mai, Paris. Nicolas Sarkozy prend officiellement ses fonctions de président de la République. "Je défendrai l'indépendance de la France, l'identité de la France, l'impartialité de l'Etat. Je vais me battre pour une Europe qui protège. Je me battrai pour l'union de la Méditerranée, pour le développement de l'Afrique. Je ferai de la défense des droits de l'Homme et la lutte contre le réchauffement climatique les priorités de l'action diplomatique de la France dans le monde", déclare-t-il.

[Nicolas Sarkozy a annoncé que sa "première décision" de président serait de faire lire dans tous les lycées du pays, en début d'année scolaire, la lettre écrite par le jeune résistant communiste Guy Môquet à ses parents avant son exécution en octobre 1941 à l’âge de 17 ans. La lettre de Guy Môquet].

_10 mai, Paris. A l'occasion de la journée commémorative du souvenir de l'esclavage et de son abolition, Jacques Chirac inaugure, en compagnie de Nicolas Sarkozy, dans les jardins du Luxembourg, une oeuvre de M. Fabrice Hyber : "Le cri, l'écrit" sculpture en bronze polychrome de 3.70 mètres de haut.

[C'est le 30 janvier 2006 que le président français a décidé de retenir la date du 10 mai pour la journée annuelle en mémoire de l'esclavage et de son abolition, en référence au vote de la loi Taubira reconnaissant l'esclavage comme un crime contre l'Humanité, contre l'avis de nombreuses associations qui continuent à lui préférer la date du 23 mai qui a marqué en 1848 le premier jour de liberté des esclaves martiniquais.

Condamné dès 1537 par le pape Paul III, l'esclavage continue cependant a être pratiqué dans les colonies des Amériques. 
Sous la Révolution, les députés de la Convention abolissent l'esclavage pour calmer la révolte des esclaves aux Antilles mais cette mesure sera abrogée par Napoléon Bonaparte en mai 1802. 
Il faudra attendre l'avènement de la Deuxième République pour voir enfin publié le 27 avril 1848 le décret d'abolition de l'esclavage.]

_6 mai, Paris, Le candidat de l’Union pour un mouvement populaire [UMP], Nicolas Sarkozy, élu président de la République, devançant largement sa rivale socialiste Ségolène Royal avec 53,06% des suffrages.

Le président de l'UMP, qui a promis une "rupture" pour réformer profondément la France, succède pour un mandat de cinq ans à Jacques Chirac qui, à 74 ans, ne se représentait pas après 12 années de présidence.

"Je veux remettre à l’honneur la nation et l’identité nationale, a déclaré Nicolas Sarkozy, dans un message aux Français. Je veux rendre aux Français la fierté d’être Français. Je veux en finir avec la repentance qui est une forme de haine de soi, et la concurrence des mémoires qui nourrit la haine des autres. […]

"Je veux lancer un appel à tous ceux qui dans le monde croient aux valeurs de tolérance, de liberté, de démocratie et d’humanisme, à tous ceux qui sont persécutés par les tyrannies et par les dictatures, à tous les enfants et à toutes les femmes martyrisés dans le monde pour leur dire que la France sera à leurs côtés, qu’ils peuvent compter sur elle".

_26 avril, Paris. La Ligue des droits de l’homme (Ldh) rend public son rapport 2007 sur "L’état des droits de l’Homme en France", déplorant une "régression continuelle des libertés" et condamnant particulièrement le bilan de Nicolas Sarkozy, candidat UMP à la présidence et.

Qualifiant la "vision du monde" de l’ex-ministre de l’Intérieur d’"absolument terrifiante", le président de la Ligue, Jean-Pierre Dubois, a laissé peu de suspense sur la prise de position de la Ldh dans le duel Nicolas Sarkozy-Ségolène Royal. "Il faut réagir avant qu’il ne soit trop tard", déclare-t-il, parlant de "grave régression en matière de droits fondamentaux depuis cinq ans".

"La politique législative de course au sécuritaire à dominante xénophobe sacrifie au report de voix d’extrême droite les droits des étrangers, l’humanité élémentaire et, au bout du compte, les libertés de tous", écrit-il dans ce rapport publié aux éditions "La Découverte".
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La Ldh constate en 2006 une "aggravation de la crise sociale", un "approfondissement de la crise institutionnelle" et une "extension de la crise éthique" qui "se répand au rythme de la contamination de l’ordre républicain par l’agenda lepéniste".

GRANDE-BRETAGNE

_27 juin, Londres. Après avoir oeuvré pendant dix ans au redressement économique de la Grande-Bretagne, Gordon Brown succède à Tony Blair au 10, Downing Street. Cet Ecossais austère de 56 ans, qui a promis d'être toujours "du côté du peuple", estime que Londres a commis des "erreurs" en Irak et devrait faire rentrer une bonne partie des 5’500 soldats encore déployés dans ce pays.

["L'un de mes premiers actes de Premier ministre sera de rétablir le pouvoir du Parlement afin de rétablir la confiance dans la démocratie britannique", a promis Gordon Brown avant d'être nommé en mai 2007 à la tête du Parti travailliste.]

IRAN

_8 juin, New York [Nations unies]. Le secrétaire général de l’organisation internationale, Ban Ki-moon, se déclare "choqué et alarmé" par les dernières déclarations anti-israéliennes du président iranien Mahmoud Ahmadinejad.

[Le 3 juin, Mahmoud Ahmadinejad a assuré que le monde serait prochainemet témoin de la "destruction du régime sioniste", indique le document. Ban Ki-moon a rappelé que l'Iran, de même qu'Israël, était membre à part entière de l'organisation, dont la Charte prescrit de s'abstenir de menaces et de l'emploi de la force à l'égard de tout Etat souverain.]

_4 mai, Paris. Lors d’une réunion d’experts à Paris, un dirigeant militaire pakistanais affirme que les travaux de l’Iran dans le domaine nucléaire étaient une "façade". Pour les responsables pakistanais, il ne fait aucun doute que l'Iran cherche à se doter de l'arme nucléaire.

["Il est clair que c'est un programme militaire", a déclaré cet officiel pakistanais, qui n'a pas souhaité être cité nommément dans les médias. Il a ajouté que la dimension civile du programme nucléaire iranien, dont Téhéran se prévaut depuis le début, en 2003, de la crise diplomatique déclenchée par ses activités nucléaires sensibles, "n'est qu'une façade". Le Monde, Paris, 6-7 mai 2007.]

_9 avril, Téhéran. Le président Mahmoud Ahmadinejad affirme que l’Iran produit désormais " en masse des centrifugeuses" pour enrichir l’uranium "à l’échelle industrielle". Mais, sans préciser le nombre de centrifugeuses installées.

["L'objectif de la République islamique n'est pas seulement l'installation de trois mille centrifugeuses dans l'usine d'enrichissement de Natanz, nous avons tout planifié pour installer cinquante mille centrifugeuses", a déclaré, le 10 avril, Gholam-Reza Aghazadeh, vice-président iranien et chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA).]

IRLANDE DU NORD

_8 mai, Belfast. Journée historique qui met fin à plusieurs décennies de guerre civile – et à plusieurs siècles d’affrontements : investiture du premier gouvernement associant protestants et catholiques. Ian Paisley, 81 ans, protestant et leader du parti unioniste démocrate (DUP) devient Premier ministre. Martin McGuiness, 56 ans, catholique et ancien dirigeant de l'IRA, la branche armée de Sinn Féin, devient quant à lui vice-Premier ministre

[Les prestations de serment ont eu lieu au Parlement de Stormont en présence des Premiers ministres britannique et irlandais, Tony Blair et Bertie Ahern. Après avoir prêté serment ”de servir tout le peuple d’Îrlande du Nord de façon égale”, les deux hommes, naguère ennemis mortels, ont dit leur espérance. Le pasteur Paisley a cité la Bible, en l’occurrence les mots célèbres du chapitre III de l’Ecclésiaste : "Un temps pour aimer, et un temps pour haïr", avant d’affirmer : "L’Irlande du Nord est entrée dans une ère de paix". Martin McGuiness s’est dit de plus en plus confiant, que "tout cela va marcher".

L'Assemblée provinciale, suspendue dans ses fonctions depuis octobre 2002, a été officiellement réinstallée le 7 mai. En 2005, l'Armée républicaine irlandaise (IRA) a renoncé à la violence et démantelé son arsenal. Le Sinn Fein, sa branche politique, a reconnu l'autorité de la police en janvier 2007.]

JAPON

_21 avril, Tokyo. Le gouvernement japonais, soucieux d'apaiser la polémique sur l'esclavage sexuel pendant la guerre, rappelle qu'il ne conteste pas la validité des verdicts du Tribunal militaire international pour l'Extrême-Orient mis en place par les Alliés entre 1946 et 1948 pour juger 28 criminels de guerre japonais. Ce procès avait mis en lumière leur responsabilité dans l'organisation de l'esclavage sexuel.

[En 1951, le Japon avait signé le Traité de San Francisco qui imposait la reconnaissance des verdicts du Tribunal. Le gouvernement japonais réaffirme qu’il s'en tient aux "excuses et regrets sincères" officiels exprimés par Tokyo en 1993. Les autorités avaient alors reconnu que l'armée impériale avait été impliquée "directement ou indirectement" dans l'esclavage sexuel. Selon certains historiens, l'esclavage sexuel aurait concerné jusqu'à 200’000 femmes asiatiques, appellées par euphémisme "femmes de réconfort".]#

_17 avril, Tokyo. Des historiens japonais exhortent leur gouvernement à faire passer une loi pour compenser les femmes asiatiques contraintes de se prostituer pendant la Seconde Guerre mondiale. Le gouvernement japonais s'est toujours refusé à compenser individuellement les victimes de l'esclavage sexuel estimant que la question devait être traitée au niveau international.

"L'armée japonaise est responsable d'une large partie des graves violations des droits de l'Homme, et de ce fait le gouvernement japonais devrait l'être aussi", a souligné l'historien Yoshiaki Yoshimi, de l'université Chuo. "Le gouvernement est donc responsable aux yeux de la loi".

"Le gouvernement doit reconnaître sa responsabilité, et mieux encore, faire en sorte que soit entériné officiellement cette position", a-t-il ajouté.

[Le Premier ministre Shinzo Abe avait déclenché un tollé en Asie en affirmant qu'il n'existait "aucun témoignage fiable" prouvant que l'armée nippone avait eu recours à la "coercition" pour recruter des femmes, qui avaient été livrées aux soldats de l'armée impériale japonaise. Il a depuis affirmé s'en tenir aux "excuses et regrets sincères" officiels exprimés par Tokyo en 1993. Les autorités avaient alors reconnu que l'armée impériale avait été impliquée "directement ou indirectement" dans l'esclavage sexuel imposé aux femmes asiatiques.]

KOSOVO

_26 avril, Belgrade. Réaffirmant son opposition à l'indépendance du Kosovo, le Premier ministre serbe, Vojislav Kostunica, propose l'instauration d'un statut d'"autonomie surveillée" pour la province. "Nous avons proposé une autonomie surveillée au lieu d'une indépendance surveillée, car cela ouvre la possibilité de laisser ouvert le processus et de le modifier à l'avenir", déclare l’un de ses conseillers. "Les Albanais du Kosovo sont définitivement une minorité en Serbie et l'Albanie est leur Etat", ajoute ce dernier.

[Le médiateur des Nations unies pour le Kosovo, Martti Ahtisaari, préconise une indépendance surveillée par une mission internationale chapeautée par l'Union européenne. Si les Etats-Unis et les Européens sont favorables au plan du médiateur, la Serbie et son alliée traditionnelle, la Russie, y sont fermement opposés.]

_24 avril, Moscou. La Russie menace d'utiliser son veto au Conseil de sécurité des Nations unies pour bloquer l'indépendance du Kosovo. "La menace d'un veto devrait inciter les deux parties à trouver un mécanisme mutuellement acceptable", déclare le ministre-adjoint des affaires étrangères, Vladimir Titov.

LIBAN

_13 juin, Beyrouth. Le député anti-syrien Walid Eido - avocat sunnite, appartenant à la majorité parlementaire – victime d’un attentat à la bombe qui tue neuf autres personnes.

["Ce sont les mêmes mains qui ont assassiné Rafic Hariri", a lancé Saad Hariri, fils de l'ex-Premier ministre tué en février 2005. Le président du Parlement, le chiite Nabih Berri, allié pro-syrien du Hezbollah, a condamné cet assassinat. Les Etats-Unis ont déclaré être "aux côtés du gouvernement du Premier ministre Siniora dans la lutte contre les extrémistes". Walid Eido est le 7e homme politique anti-syrien tué depuis 2005.]

_1er juin, New York [Nations unies]. Ban Ki-moon informe le Conseil de sécurité de son intention de reconduire jusqu'au 31 décembre 2007 Serge Brammertz dans ses fonctions de chef de la Commission d'enquête internationale mise en place au Liban pour faire la lumière sur l'attentat qui a causé la mort de l'ex-Premier ministre libanais Rafik Hariri, ainsi que sur une quinzaine d'autres attentats depuis 2004.

[Le Conseil de sécurité a adopté une résolution qui décide de l'entrée en vigueur, à partir du 10 juin 2007, de l'accord entre le gouvernement libanais et les Nations unies sur la création du Tribunal.]

_23 mai, Tripoli. Retranché dans le camp de réfugiés palestiniens de Nahr Al-Bared, le groupe Fatah Al-Islam refuse de se rendre à l'armée libanaise. Les combats entre les militants palestiniens et l’armée libanaise, les plus sanglants depuis la guerre civile entre 1975 et 1990, provoquent la fuite de milliers de réfugiés palestiniens.

[Les soldats libanais ne peuvent pénétrer dans le camp en vertu d'un accord libano-palestinien datant de 1969. Selon les termes de cet accord, les douze camps palestiniens au Liban restent sous contrôle des factions politico-militaires palestiniennes. Bien que déclaré caduque par le Parlement libanais en 1987, cet accord reste tacitement en vigueur.

Malgré cela, le représentant de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) au Liban, Abbas Zaki, a indiqué que son organisation ne s'opposerait pas à une décision du gouvernement libanais d'envoyer son armée dans le camp. "Il s'agit d'une décision libanaise, d'une décision du Liban", a-t-il déclaré.
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La Ligue arabe a, dans un communiqué, "fermement dénoncé les actes criminels et terroristes commis par le groupe terroriste dénommé "Fatah Al-Islam" [...] qui n'a aucun lien avec la question palestinienne ou l'islam".

Par ailleurs, le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem a nié tout lien entre son pays et le groupe islamiste.]

_20 mai, Tripoli. 23 soldats libanais et 15 combattants du groupuscule extrémiste palestinien Fatah Al-Islam tués lors de violents affrontements dans le nord du Liban, à proximité du camp de réfugiés palestiniens Nahr Al-Bared, où vivent quelque 31’000 personnes, et à Tripoli.

[Le Fatah Al-Islam est un groupuscule extrémiste palestinien émanant du prosyrien Fatah-Intifada, qui s'est séparé du Fatah de Yasser Arafat au début des années 80 et est basé en Syrie. Si certains responsables sécuritaires libanais estiment que le Fatah Al-Islam est devenu un groupe sunnite extrémiste et le jugent désormais lié à Al-Qaida, d'autres considèrent qu'il est une façade pour les services de renseignement militaire syriens, qui continuent d'agir pour déstabiliser le Liban. Pour le Premier ministre libanais Fouad Siniora, Fatah al-Islam veut "porter atteinte à la paix civile".]

LIBYE

_27 mai, Tripoli. Un tribunal libyen acquitte les cinq infirmières bulgares et le médecin palestinien poursuivis pour "calomnie" envers des policiers libyens, qu'ils accusent de les avoir torturés lors des interrogatoires dans une affaire pour laquelle ils ont été condamnés à mort.

[Les cinq infirmières, Kristiana Valtcheva, Nassia Nenova, Valia Tcherveniachka, Valentina Siropoulo et Snejana Dimitrova, et le médecin, Ashraf Ahmad Jouma, ont été condamnés à mort en mai 2004 pour avoir inoculé délibérément [selon les autorités libyennes] le virus du sida à des enfants d'un hôpital de Benghazi. Le verdict a été confirmé en décembre 2006. En janvier 2007, le fils aîné du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a assuré que les exécutions n'auraient pas lieu.]

MALAISIE

_30 mai, Kuala Lumpur. La Cour fédérale de Malaisie renvoie devant un tribunal islamique un cas de conversion au christianisme. La plaignante, Lina Joy, née Azlina Jailani et musulmane, s'est convertie au christianisme et a obtenu de l'état civil qu'il reconnaisse son changement de nom en 1998. L'état civil a en revanche refusé de prendre en compte son changement de religion - qui est inscrite sur la carte d'identité des Malaisiens d'ethnie malaise, considérés comme musulmans de naissance - exigeant pour cela que la jeune femme fasse d'abord acter sa décision par un tribunal islamique.

La décision de la plus haute juridiction de Malaisie a été prise par une majorité de deux contre un, deux juges musulmans contre un non-musulman. Le président de la Cour, Ahmad Fairuz Abdul Halim, a estimé que Lina Joy "ne pouvait pas simplement entrer et sortir d'une religion à sa guise. Il y a des règles à respecter". Défendant l'opinion opposée, le juge Richard Malanjum a considéré que "le droit constitutionnel fondamental de la liberté religieuse [de Mme Joy] avait été violé" et a qualifié d'"abus de pouvoir" le refus de l'état civil de retirer la mention "islam" de sa carte d'identité. Source : "Le Monde", 1er juin 2007.

plus d'info Statut privilégié pour les musulmans

[Selon l'avocat Malik Imtiaz Sarwar, qui représentait le barreau de Malaisie dans cette affaire, la décision de la Cour fédérale "reflète une volonté de faire des tribunaux islamiques un système judiciaire parallèle et égal" au système civil. Lina Joy, qui a aujourd'hui 42 ans, ne se trouvait pas à l'audience. Par l'intermédiaire de son avocat, Benjamin Dawson, elle a répondu à ceux qui se demandent si elle va s'exiler : "Il me serait extrêmement difficile d'exercer ma liberté de conscience [en Malaisie] dans le climat actuel". La Cour fédérale de Malaisie, a-t-elle ajouté, "m'a refusé un droit individuel fondamental : celui de croire en la religion de son choix, d'épouser la personne de son choix et d'élever une famille dans le contexte malaisien".

"Dans ce pays, explique un responsable de l'association des avocats musulmans, Pawanchek Merican, l'islam n'est pas seulement une religion, c'est aussi une règle de droit". Mais, une règle de droit qui ne s'applique qu'à une partie de la population : pour l'association Sisters in Islam, qui défend une conception moderne et libérale de la femme musulmane, ce jugement "laisse penser que la liberté religieuse, qui inclut le droit de quitter une religion, ne s'applique pas aux musulmans, bien qu'inscrite dans la Constitution".]

MAROC | Sahara occidental

_31 mai, Fez. Le roi Mohammed VI nomme Ahmed Herzenni, un ancien détenu politique, à la tête du Conseil consultatif des droits de l’homme (CCDH), en remplacement de Driss Benzekri, décédé le 20 mai.

          plus d'info Driss Benzekri, un combat pour la réconciliation

[Agé de 59 ans, professeur en agronomie, Ahmed Herzenni avait dirigé une organisation marxiste au Maroc avant son arrestation en 1972 et sa condamnation à 15 ans de prison. Il avait été libéré de la prison de Kénitra en août 1984. Il avait participé, en 2004 et 2005, aux auditions publiques que l’Instance Equité et réconciliation avait organisé au profit des anciens détenus politiques.]

_30 avril, New York. Prenant "note" de nouvelles propositions de la part du Maroc et du Front Polisario sur le statut du Sahara occidental, le Conseil de sécurité des Nations unies demande aux deux parties d'engager des négociations.

Dans le préambule de sa résolution 1574 adoptée à l'unanimité, le Conseil affirme "prendre note" de la "proposition marocaine présentée le 11 avril 2007 au secrétaire général" des Nations unies, ainsi que de la proposition du Front Polisario, présentée le 10 avril 2007. Il se félicite aussi "des efforts sérieux et crédibles faits par le Maroc pour aller de l'avant vers un règlement".

Le Conseil "demande aux parties d'engager des négociations de bonne foi sans conditions préalables, en tenant compte des développements survenus ces derniers mois, en vue de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l'autodétermination du peuple du Sahara occidental".

_20 avril, New York. Dans un rapport au Conseil de sécurité des Nations unies, Ban Ki-moon constate que le blocage persiste entre les deux principaux protagonistes - le Maroc et le Front Polisario, partisan de l'indépendance du Sahara occidental -, mais il rappelle aussi que les Nations unies n'imposeront pas de solution.
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Dans ces conditions, constate le secrétaire général de l’organisation internationale, seules deux options demeurent : soit la "prolongation infinie de l'impasse" soit des "négociations sans pré-condition" entre les parties, en vue d'une "solution politique mutuellement acceptable".

[Le Maroc, appuyé par la France et par l'Espagne, a proposé un plan de règlement. Baptisé modestement Initiative pour la négociation d'un statut d'autonomie du Sahara, le document propose d'accorder à la "région autonome du Sahara" des compétences dans le domaine économique et social. "Les populations géreront elles-mêmes et démocratiquement leurs affaires à travers des organes législatif, exécutif et judiciaire dotés de compétences exclusives", affirme le document.

En revanche, l'Etat marocain conserverait la "compétence exclusive" sur les "attributs de souveraineté (drapeau, hymne national, monnaie)", la sécurité nationale, la défense et les relations extérieures ainsi que la justice. Les "attributions constitutionnelles et religieuses" du roi du Maroc s'appliqueraient également au Sahara occidental.

Le Front Polisario a rejeté par avance le projet marocain mais en assortissant son refus de contre-propositions. Partant du principe que "la solution du conflit passe par la tenue d'un référendum d'autodétermination", le Front Polisario s'attache à offrir des garanties aux Marocains installés au Sahara occidental, et à Rabat en cas de victoire des indépendantistes. Le Front Polisario propose notamment au Maroc de conclure des "arrangements sécuritaires". Source : Le Monde, Paris]

NATIONS UNIES

_16 juin, New York. Les Nations unies annoncent qu’elles vont instaurer Journée de la non-violence la date anniversaire de la naissance de Gandhi, le 2 octobre.

[Mohandas Karamchand Gandhi, ou Mahatmat ["la Grande Ame"], avait lancé le mouvement de désobéissance civile qui allait aboutir à l’indépendance de l’Inde en 1947.]

_30 mai, New York. Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, nomme un universitaire soudanais, Francis Deng, au poste de conseiller spécial pour la prévention des génocides. Francis Deng est actuellement directeur du Sudan Peace Support Project à l'Institut américain pour la paix, basé à Washington.

[Françis Deng succède à l'Argentin Juan Mendez, qui avait effectué en 2005 une mission au Darfour pour déterminer si les exactions commises dans cette province du Soudan constituaient un génocide, comme l'ont affirmé les Etats-Unis. Il avait remis, à son retour, un rapport selon lequel il ne s'agissait pas d'un génocide, mais que des crimes de guerre et contre l'humanité avaient été commis au Darfour.]

OUGANDA

_11 mai, Genève. Louise Arbour appelle le gouvernement ougandais et l'Armée de résistance du Seigneur (Lord's Resistance Army, LRA) à ne pas céder à la tentation de préserver l'impunité des chefs du groupe armé. La haut commissaire des Nations unies aux droits de l’homme demande aux deux parties de s'engager dans des consultations "centrées sur les victimes" qui permettraient de mettre en place un mécanisme approprié de réconciliation.

[La Cour pénale internationale (CPI) a émis des mandats d'arrêt contre cinq dirigeants de la LRA pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre. Un accord de cessation des hostilités, mettant fin à près de 15 ans de combats et d'atrocités, a été signé le 26 août 2006. On estime que la LRA détiendrait encore 2’000 femmes et enfants.]

POLOGNE

_11 mai, Varsovie. L'ancien ministre polonais des affaires étrangères et figure de l'opposition démocratique, Bronislaw Geremek, ne devrait pas perdre son mandat d'eurodéputé, selon Jerzy Stepien, président du Tribunal constitutionnel. "Un élu au suffrage universel ne peut pas perdre son mandat pour avoir refusé de remplir la déclaration de collaboration".

_11 mai
, Varsovie. Le Tribunal constitutionnel invalide la presque totalité  de la très controversée loi de décommunisation, destinée à vérifier le passé de quelque 700’000 Polonais. Très peu des 46 articles contestés par l'opposition sociale-démocrate ont été déclarés conformes à la Constitution.

Parmi les articles invalidés figurent ceux qui concernaient les journalistes, les directeurs d'école et les recteurs d'université. Le texte, entré en vigueur le 15 mars, les obligeait – eux et les responsables politiques, magistrats et gestionnaires des sociétés d'Etat – à déclarer, sous peine de perdre leur poste, s'ils avaient ou non collaboré avec la police secrète (SB) du temps du régime communiste qui s'est écroulé en 1989. La Cour a également invalidé un article qui prévoyait la publication sur Internet de l'ensemble des noms des anciens collaborateurs informels de la SB.

["Dans sa lutte contre les reliquats du système totalitaire, l'Etat doit respecter les principes de l'Etat de droit, sinon ce pays ne vaut pas mieux qu'un régime totalitaire", a déclaré le président du Tribunal, Jerzy Stepien. "L'Etat doit respecter les droits de l'homme et ne pas recourir à la vengeance".]#

_25 avril, Varsovie. Bronislaw Geremek, l’une des personnalités emblématiques de la transition démocratique polonaise, déchu de son mandat de député européen par la Commission électorale de son pays pour avoir refusé de se soumettre à la loi de "décommunisation". Ce texte lui imposait de signer, avant le 19 avril, une déclaration dans laquelle il certifiait ne pas avoir collaboré avec les anciens services secrets communistes.

Le député du groupe démocrate et libéral (ADLE) du Parlement européen, ex-ministre des Affaires étrangères, rejette une loi qu'il qualifie de "scandale juridique". Alors qu'il s'était soumis à la loi de 1997, qui imposait déjà à tous les responsables politiques de signer une déclaration équivalente, il estime que son extension aux journalistes et aux enseignants est une "menace pour la liberté d'expression et l'autonomie des universités". On "crée une sorte de "ministère de la Vérité" orwellien", affirme-t-il, ajoutant : "Il y a des cas où la désobéissance civile est justifiée», a affirmé

Dans une tribune publiée dans le quotidien Le Monde, Bronislaw Geremek parle d'un texte "inacceptable dans l'Europe démocratique". Cette "loi viole les règles morales... l'indépendance des médias et l'autonomie des universités... Elle engendre une forme de "ministère de la vérité" et de police de la mémoire", assure-t-il.

plus d'info Pourquoi je refuse la "lustration" par Bronislaw Geremek

Entrée en vigueur le 15 mars 2007, la nouvelle loi de lustration (purification, au sens étymologique) oblige des centaines de milliers de personnes - journalistes, universitaires, gérants de sociétés, avocats... - à déclarer par écrit si elles ont ou non collaboré avec l'ancienne police secrète communiste. Elle remplace et complète une loi de 1997 qui s'appliquait uniquement aux hommes politiques, hauts fonctionnaires de l'Etat et magistrats, soit près de 28’000 personnes. La première loi stipulait qu'une personne prise en flagrant délit de "mensonge devait être écartée" de toute fonction publique pendant dix ans.

Des journalistes de renom et les recteurs des 105 universités polonaises publiques et privées ont dénoncé cette loi. Saisie par l'opposition, la Cour constitutionnelle doit se prononcer sur la loi en mai.]

_17 avril, Varsovie. Vingt-six ans après l'instauration de la loi martiale en Pologne, en 1981, le général Wojciech Jaruzelski, 83 ans, mis en accusation pour "crime communiste". L'acte a été transmis au tribunal régional de Varsovie par l'Institut de la mémoire nationale (IPN) qui instruit les crimes nazis et communistes.

Le général Jaruzelski encourt une peine de dix ans de prison. Au banc des accusés, huit autres anciens dignitaires communistes. Parmi eux, les généraux Czeslaw Kiszczak et Florian Siwicki et l'ex-premier secrétaire du Parti communiste polonais, Stanislaw Kania.

[Le 13 décembre 1981, la loi martiale est proclamée sur l'ensemble du pays. Des milliers de militants du syndicat Solidarnosc, premier syndicat libre apparu à l'Est du rideau de fer, sont arrêtés, puis placés en détention. Solidarnosc est officiellement dissous et les grèves interdites, l'armée prend possession des usines, un couvre-feu est instauré, les déplacements à l'intérieur du pays sont interdits sans autorisation, les cours à l'université sont suspendus. La loi martiale sera officiellement suspendue en juillet 1983, 586 jours après son instauration.]

REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

_22 mai, La Haye. La Cour pénale internationale (CPI) ouvre une enquête sur des exactions commises en République centrafricaine entre 2002 et 2003, dont de nombreux viols commis dans le cadre d'un conflit armé entre le gouvernement et des forces rebelles.#