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2007-L'actualité des droits de l'homme dans le monde

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AFGHANISTAN

_12 août, Kaboul. Clôturant la "jirga de paix, les présidents afghan Hamid Karzaï et pakistanais Pervez Musharraf mettent l'accent sur le rétablissement de la confiance pour mieux lutter contre le terrorisme, source de déstabilisation régionale.

"Que Dieu fasse disparaître la méfiance de nos esprits et de nos coeurs et permette une atmosphère d'union, d'égalité, de fraternité et de confiance", entre les deux pays, déclare le président Musharraf. En réponse, Hamid Karzaï assure que "l'Afghanistan accordera sans le moindre doute sa confiance au Pakistan, pays frère et ami".

[Les leaders religieux des deux pays ont "unanimement" déclaré que les deux pays "n'autoriseront pas de sanctuaires, d'entraînement et de centres pour les terroristes dans leur pays".

Le président Musharraf a admis que les talibans "sont soutenus à partir du Pakistan"."Nos sociétés affrontent un grand danger à cause d'une petite minorité qui prêche la haine, la violence et le retour aux temps anciens", a-t-il affirmé, avant d'ajouter : "Nous devons sauver nos sociétés de ce nouveau danger et travailler ensemble pour vaincre les forces de l'extrémisme et du terrorisme".]

_9 août, Kaboul. Lors de l'ouverture de la "jirga de paix", le président afghan, Hamid Karzaï, appelle le Pakistan et l'Afghanistan à unir leurs forces pour vaincre l'"oppression" des talibans et d'Al-Qaida. "Je crois que si, à la fois, l'Afghanistan et le Pakistan joignent leurs mains, nous éliminerons en un jour l'oppression subie par nos deux pays", déclare le président afghan.

[Assemblée coutumière des tribus pachtounes qui peuplent les deux côtés de la frontière, la "jirga" réunit sept cents chefs tribaux et dirigeants politiques et religieux, une première pour les deux Etats voisins, aux relations tourmentées.]

_4 août, Paris. "Six ans après la chute des talibans, malgré la présence de plus de 50'000 soldats étrangers et l’injonction de plusieurs dizaines de milliers de dollars, l’Afghanistan dérive lentement vers le chaos et l’anarchie. Incapacité du gouvernement Karzaï à établir un minimum de loi et d’ordre, montée en puissance dans les régions pachtounes d’une insurrection toujours plus meutrière, maintien du régime du fusil sur l’ensemble du territoire", constate Le Monde, dans un éditorial intitulé : "Dérive afghane".

Le quotidien français ajoute : "Les progrès réels dans les domaines de la santé et de l’éducation sont aujourd’hui menacés par une insécurité qui ne se limite pas aux actions des talibans : les anciens seigneurs de la guerre, qui n’ont pas trouvé leur place au sein du nouveau pouvoir, profitent eux aussi largement de l’impunité totale qui règne dans le pays".

_23 juillet, Kaboul. Mort de Mohammed Zahir Shah, "père de la nation" et dernier roi d’Afghanistan. Sa disparition met fin à la monarchie afghane, puisque ses fils n’ont droit à aucun titre officiel.

[Membre du clan pachtoun des Durani, monté sur le trône à 19 ans, en 1933, après l'assassinat de son père, Nadir Shah, Zahir Shah aura régné quarante ans, avant d'être renversé en 1973 par son cousin Daoud Khan.

Après la chute des talibans, en 2001, et pour tenter d'unifier les Afghans, la communauté internationale était venue le chercher en Italie, où il résidait, pour le ramener à Kaboul. Sa seule fonction officielle avait toutefois été d'inaugurer la Loya Jirga ("Grand Conseil") réunie d'urgence en juin 2002 pour amorcer la reconstitution politique de l'Etat. Source : "Le Monde".]

ALLEMAGNE

_5 septembre, Berlin. A quelques jours du 6e anniversaire des attentats du 11 septembre 2001, les autorités annoncent avoir arrêté, dans le Land de Rhénanie du Nord-Westphalie, trois islamistes soupçonnés d'avoir planifié des attentats contre des cibles américaines.

Le ministre de la défense évoque une "menace imminente pour la sécurité". "Leur mobile semble apparemment être la haine des Américains", selon la police. Ils appartiennent à l'Union du djihad islamique, lié à Al-Qaida.

[Les trois hommes – un Turc et des Allemands convertis à l’Islam -, membres d'un groupuscule islamiste "en liaison étroite" avec Al-Qaida, se seraient entraînés dans des camps au Pakistan et avaient en leur possession 700 kilos d'explosif au moment de leur arrestation. Il s'agirait du même type de matériel utilisé lors des attentats de Londres, en 2005. Selon les autorités allemandes, leur projet visait notamment la base militaire américaine de Ramstein, dans l'ouest du pays, l'aéroport de Francfort, mais aussi des discothèques et pubs fréquentés par des Américains.]

_11 août, Berlin. Les policiers de l'ancienne République démocratique allemande (RDA) avaient ordre de tirer sur les fugitifs, y compris les femmes et les enfants qui tentaient de gagner l'Ouest. "N'hésitez pas à faire usage de votre arme à feu, même en cas de violation des frontières par des femmes et des enfants, souvent utilisés par les traîtres", indique une note retrouvée à l'occasion d'une recherche dans une antenne régionale de l'Office fédéral des archives de la Stasi, à Magdebourg. L'ordre était adressé, en 1973, à une recrue d'une unité spéciale de la police secrète.#

[Le directeur du mémorial des victimes de la Stasi de Berlin, Hubertus Knabe, estime qu'il s'agit là de la première preuve écrite montrant que Berlin-Est a bien délivré un "permis de tuer". Selon le dernier dirigeant de la RDA, Egon Krenz, qui fut lui-même condamné à la prison en tant que plus haut responsable hiérarchique de tirs contre des fugitifs, "il n'y a pas eu d'ordre de tirer. Je ne le sais pas par des documents, mais de ma propre expérience".

Le nombre d'Est-Allemands qui ont payé de leur vie leur tentative de fuite, estimé à 1’245, n'a jamais été établi avec certitude.]

_13 août, Berlin. Le criminel de guerre nazi Heinz Barth, surnommé "l'assassin d'Oradour-sur-Glane" pour son implication dans le massacre commis en France par des SS à la fin de la Seconde guerre mondiale, est mort le 6 août, indique à l'AFP le pasteur de Gransee, près de Berlin, où vivait Barth.

L'ancien lieutenant nazi Heinz Barth avait été condamné à la prison à vie en 1983 en RDA pour crime de guerre et libéré en juillet 1997, à 76 ans, en raison de son âge, de son état de santé et des regrets qu'il avait exprimés pour ses actes. Outre Ouradour-sur-Glane, l'ancien SS avait également participé à l'exécution de 92 personnes en 1942 en Tchécoslovaquie alors qu'il dirigeait une section du régiment blindé "Der Führer".

[Au total 642 civils, dont 247 enfants, avaient péri le 10 juin 1944 dans le village d'Oradour-sur-Glane, dans le sud de la France, un massacre devenu en France le symbole de la barbarie nazie. Les victimes avaient été fusillées, noyées ou brûlées vives par des SS de la division blindée "Das Reich".]

ASIE CENTRALE

_16 août, Bichkek [Kirghizstan]. Grandes manœuvres antiterroristes et promesses d'intégration économique avec la Chine au menu du sommet de Bichkek, qui a réuni les six chefs d'Etat de l'Organisation de coopération de Shanghaï (OCS) – Chine, Russie, Kazakhstan, Tadjikistan, Ouzbékistan et Kirghizstan –, ainsi que plusieurs pays ayant le statut d'observateur (dont l'Iran). Les dirigeants des six pays se sont prononcés en faveur du combat contre les ”trois forces du mal. Le terrorisme, le séparatisme et l’extrémisme”.

[Lancée en 1996, mais constituée sous sa forme actuelle en 2001, l'OCS – appelé aussi "Groupe de Shanghaï" – joue un rôle croissant dans cette partie d'Asie centrale que Chinois et Russes considèrent comme un pré carré commun qu'il faut préserver de la contagion islamiste et de l'influence américaine.

Les termes de la déclaration finale empruntent à la propagande chinoise dans la région autonome du Xinjiang.]

AUTRICHE

_7 septembre, Vienne. Benoît XVI se recueille devant le monument de la Judenplatz ["place des juifs"], érigé en mémoire des 65’000 juifs d'Autriche tués par les nazis. Le pape Benoît souligne que sa visite à ce mémorial marque "la tristesse, la repentance et l'amitié" des catholiques envers leurs "frères juifs".

[Lors d'une visite au camp d'extermination d'Auschwitz, en mai 2006, Benoît XVI avait qualifié la Shoah de "crime sans équivalent dans l'Histoire".]

BANGLADESH

_3 septembre, Dacca. Arrestation de l'ex-Premier ministre, Mme Khaleda Zia, accusée de corruption. Mme Zia et son fils cadet, Arafat Rahman Coco, ont été interpellés à leur domicile de la capitale Dacca, conduits au tribunal, puis placés en détention provisoire pour la durée de l'enquête d'une commission anticorruption.#

[La commission avait entamé des poursuites contre Khaleda Zia et son fils, soupçonnés d'avoir influencé le résultat d'un appel d'offres public au cours de son second mandat, ce qui aurait coûté au gouvernement de l'époque 145 millions de dollars. Khaleda Zia a été Premier ministre de 1991 à 1996, puis de 2001 à octobre 2006.]

BIRMANIE

_28 septembre, Rangoun. Les forces birmanes de sécurité auraient fait "des dizaines de morts", selon Bob Davis, l’ambassadeur d’Australie en Birmanie.

_27 septembre
, New York. L’Association des nations du Sud-Est asiatique (Asean) exhorte le régime birman à cesser de recourir à la violence contre l'opposition et exprime sa "révulsion" après la mort de plusieurs manifestants à Rangoon.

[Réunis en marge de l'Assemblée générale des Nations unies à New York, les ministres des affaires étrangères du groupement régional, dont la Birmanie est membre, ont "exigé" que la junte "cesse immédiatement" d'utiliser la violence contre les manifestants.]

_27 septembre, Rangoon. Les forces de sécurité birmanes  dispersent des dizaines de milliers de personnes qui manifestent dans le centre de Rangoon.

[Au moins cent personnes ont été arrêtées et forcées de monter à bord de camions militaires, tandis que d'autres manifestants s'enfuyaient en courant, ont précisé des témoins.]

_26 septembre, New York. Au terme de deux heures de négociations, les 15 membres du Conseil de sécurité des Nations unies, réunis en urgence, ne s’accordent que pour demander au régime birman de faire preuve de "retenue" et d'accepter une visite de l’émissaire de Ban Ki-moon. Les propositions de condamnation de la répression ont été rejetées par la Chine et la Russie, alliées du régime birman.

["C'est tout ce qu'on pouvait faire", a reconnu Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères de la France, qui préside le Conseil de sécurité jusqu'à la fin du mois. "La communauté internationale, en dehors des déclarations, n'a pas vraiment de levier", a constaté le ministre français, qui a longtemps plaidé pour le droit d'ingérence humanitaire. Selon Bernard Kouchner, la situation est "anachronique", dans "un monde où les droits de l'homme ont été mis en avant". "Les Birmans sont sous le feu, ils sont bien courageux, et il faut absolument les soutenir", a-t-il ajouté. Le Monde, Paris]

_26 septembre, New York et Genève. Ban Ki-moon appelle les autorités birmanes "à faire preuve de la plus grande retenue envers le déroulement des manifestations pacifiques", le recours à la force et à la violence "ne pouvant qu'entraver les perspectives de paix, de prospérité et de stabilité" en Birmanie. Le secrétaire général des Nations unies annonce l'envoi sur place de son Envoyé spécial, Ibrahim Gambari.

Par ailleurs, Louise Arbour demande aux autorités birmanes de respecter les droits fondamentaux, notamment celui de protester pacifiquement, rappelant que "la liberté d'expression et la liberté d'association sont la base des droits de l'homme".

"L'usage de la force excessive et toutes les formes de détention arbitraire de manifestants pacifiques sont strictement interdites par le droit international", souligne la haut commissaire aux droits de l'homme. "Le déni de ces droits peut constituer un crime international et pourrait mettre en cause la responsabilité pénale individuelle". Louise Arbour exprime sa grande inquiétude au sujet de l'état de santé des manifestants, des détenus et de la représentante de l'opposition Aung San Suu Kyi.
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_26 septembre, Rangoon. Des dizaines de milliers de manifestants, emmenés par des moines bouddhistes, bravent l'interdiction de manifester à Rangoon décrétée, la veille, par la junte militaire. Les forces de sécurité chargent la foule, frappant indistinctement religieux et étudiants, et tirant en l'air pour tenter de les disperser [Photo site ko-htike.blogspot.com].

9 personnes – 8 manifestants et un journaliste japonais (qui travaillait pour l’AFP) - ont été tuées et une centaine blessées, selon les médias officiels birmans. Des témoins affirment que quelque trois cents moines et militants ont été arrêtés et emmenés dans des camions.

"Les protestataires ont lancé des briques, des bâtons et des couteaux en direction des forces de sécurité, et les forces de sécurité n'ont eu d'autre choix que de procéder à des tirs de sommation", assure la télévision officielle.

[Pour le parti de l'opposante Aung San Suu Kyi, le régime militaire birman a commis "une faute irréparable" en chargeant des manifestants pacifiques. L'Union européenne et les Etats-Unis ont appelé les Nations unies à envisager des sanctions contre le régime militaire.]

_23 septembre, Rangoon. Quelque 100’000 personnes hostiles à la junte militaire birmane, emmenées par des moines bouddhistes, manifestent dans les rues de la capitale birmane. C'est la manifestation la plus massive, à Rangoon, depuis le soulèvement pro-démocratie avorté de 1988. "Nous marchons pour le peuple", scandent les religieux, ajoutant : "nous voulons que la population se joigne à nous". Certains manifestants portaient une pancarte où l'on pouvait lire : "C'est un mouvement populaire de masse".

Le mouvement de protestation a commencé le 19 août 2007, en réaction à une augmentation massive des prix des carburants et des transports en commun.

[Un petit groupe de manifestants a cherché à pénétrer dans l'avenue menant à la résidence de l'opposante Aung San Suu Kyi, leader la Ligue nationale pour la démocratie, principal parti d'opposition en Birmanie, assignée à résidence par la junte, mais des policiers armés ont bloqué l'accès. D'autres manifestations ont été signalées, notamment à Magwe et à Mandalay, la deuxième ville du pays.]

BULGARIE

_10 août, Sofia. Les cinq infirmières et le médecin (d'origine palestinienne) bulgares libérés le 24 juillet après 8 ans de prison en Libye témoignent des séances de tortures auxquelles ils ont été soumis en Libye, annonce une commission d'enquête bulgare.

Les six soignants affirment avoir été torturés par la police libyenne notamment à l'aide d'électrochocs pour leur extorquer des aveux confirmant l'accusation –contestée - d'avoir inoculé le virus du sida à des centaines d'enfants d'un hôpital de Benghazi (nord).

[Interrogé le 8 août par la chaîne de télévision Al-Jazira, le fils du colonel Kadhafi, Seif al-Islam, a confirmé que les six détenus avaient été torturés. "Ils ont été torturés à l'électricité et on les a menacés de s'en prendre à leur famille. Mais une grande partie de ce que le médecin d'origine palestinienne a affirmé est un pur mensonge".

Saïf Al-Islam explique qu'"un désastre a eu lieu" à l'hôpital de Benghazi. "Il y a eu une tragédie, cependant elle n'était pas délibérée mais due à des négligences", ajoute-t-il. S'il admet l'innocence des praticiens bulgares, il  fait valoir "que des rapports contradictoires les impliquant ont été remis aux cours de justice libyennes et que celles-ci se sont fiées à ces documents".]#

CHINE | Tibet

_19 septembre, Pékin. Le pouvoir chinois Chine a libéré, en quelques jours, d'une façon tout à fait rare et inhabituelle, quatre personnes emprisonnées pour raisons politiques : il s'agit de deux journalistes, d'un dissident et d'un membre de l'Eglise protestante clandestine. "Pourtant, cette libération bien orchestrée ne démontre pas pour autant un assouplissement du régime en ces temps préolympiques où Pékin se montre soucieux de son image à l'étranger : tous ont été remis en liberté après avoir purgé l'intégralité de leur peine", écrit Bruno Philip, dans Le Monde.

Un journaliste, Li Yuanlong, âgé de 47 ans, a été libéré le 16 septembre, au terme d'une peine de deux ans de prison. Il avait diffusé sur Internet des articles pour lesquels il a été accusé d'"incitation à la subversion contre la souveraineté de l'Etat".

Zhao Yan, 45 ans, collaborateur au bureau de Pékin du "New York Times", a été libéré le 15 septembre. Il avait été arrêté en septembre 2004 avant d'être condamné à une peine de trois ans de prison pour "malversations financières".

Mao Qinxiang, 57 ans, l'un des fondateurs du Parti démocratique chinois, parti interdit qui représenta une tentative avortée d'alternative politique à la fin des années 1990, a été libéré le 14 septembre après huit ans d'incarcération.

Enfin, un responsable de l'Eglise protestante clandestine, Cai Zhuohua, a été libéré le 10 septembre, après trois ans de prison pour possession illégale de bibles. Le Monde, 19 septembre 2007.

_17 août, Pékin. Un dissident, Chen Shuqing, 43 ans, condamné à 4 ans de prison pour avoir publié sur Internet des écrits jugés subversifs, annonce son avocat, Me Li Jianqiang – avocat qui s’est vu refuser le renouvellement de sa licence pour exercer. Un tribunal du Zhejiang (Est) a jugé ce militant des droits de l’homme, qui a publié de nombreux articles prônant la démocratie, coupable d’"incitation à la subversion". "La peine est totalement déraisonnable. Il n’a fait qu’exprimer une opinion, ce qui est son droit constitutionnel", souligne l’avocat de Chen Shuqing.

["Les cyberdissidents continuent d’être réprimés par une justice aux ordres du Parti communiste chinois. Nous réitérons notre appel à libération de Chen Shuqing et de 50 autres cyberdissidents et internautes détenus en Chine", a déclaré l’organisation Reporters sans frontières (RSF)].

_12 août, Berne. La Suisse pourrait jouer un rôle constructif en organisant des entretiens sérieux entre les Tibétains et le gouvernement chinois, estime le Dalaï Lama chef spirituel dans un entretien au "SonntagsBlick Magazin". Selon lui, la Confédération helvétique bénéficie d'une bonne réputation pour une telle médiation grâce à sa tradition humanitaire et à sa neutralité.

[La présidente de la Confédération Micheline Calmy-Rey avait rappelé, en mars 2007, devant le Conseil national [législatif] que la Suisse était prête à offrir ses bons services et demandait à la Chine d'ouvrir un dialogue avec le chef spirituel des Tibétains.

Le Tibet a été envahi en 1950 par les troupes chinoises et annexé dans les années suivantes à la Chine populaire. Plusieurs insurrections contre l'occupation chinoise ont été écrasées dans le sang. Après la révolte de Lhassa en 1959, le Dalaï Lama s'est réfugié en Inde où il a été suivi d'environ 120'000 exilés.]#

_13 juillet, Pékin. Un militant shanghaïen des droits de l'homme, Chen Xiaoming, connu pour avoir mené campagne contre les évictions forcées de résidents dans la capitale économique chinoise, est mort le 1er juillet dans un hôpital de Shanghaï des suites de mauvais traitements subis en prison, révèle l'organisation Human Rights in China (HRIC).

[Chen Xiaoming, qui avait été arrêté le 15 février 2006, est décédé quelques heures après que l'aggravation de son état de santé a conduit les autorités de la prison où il était détenu à le libérer pour raisons médicales. HRIC, basée à New York, précise que Chen Xiaoming serait mort des suites d'une hémorragie. Un autre militant des droits de l'homme, Liu Anjun, a déclaré à l'AFP que Chen Xiaoming avait été "torturé à mort". Source : "Le Monde"]

CONGO | République démocratique (RDC)

_6 septembre, Kinshasa. Le coordonnateur des secours d'urgence des Nations unies, John Holmes,  dénonce le "cancer social" que représente la violence sexuelle au Sud-Kivu, dans l'Est du Congo. "La violence sexuelle est un cancer social et ses auteurs, en handicapant les femmes, détruit tout le tissu économique et social de l'Est du Congo",  déclare-t-il.

"Dans les six premiers mois de l'année, 4’500 cas de violence sexuelle ont été rapportés", mais le "chiffre réel est bien plus important", souligne le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA)  des Nations unies.

A l'hôpital de Panzi, à 20 km de Bukavu, John Holmes a rencontré des victimes de viol. "Les victimes sont souvent violées en réunion, par des groupes comptant jusqu'à sept personnes, souvent devant leurs familles et leurs communautés. Dans un tiers des cas, les survivants de ces actes ont reçu des tirs d'armes à feu ou des coups de couteaux dans les parties génitales, ce qui impose de complexes opérations chirurgicales".

_30 juillet, Genève. Yakin Ertürk, Rapporteuse spéciale du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies, chargée de la question de la violence à l'égard des femmes, ses causes et ses conséquences, dénonce les atrocités sexuelles commises en RDC, en particulier au Sud-Kivu.

       Pus d'info

COREE DU NORD

_2 septembre, Genève. Les Etats-Unis et la Corée du Nord concluent un accord selon lequel la Corée va arrêter toutes ses activités nucléaires d'ici à la fin de l'année 2007.

[Les Nord-Coréens "fourniront une liste complète de leurs activités nucléaires et neutraliseront tous leurs programmes nucléaires d'ici à la fin de cette année", a déclaré Christopher Hill, le secrétaire d'Etat adjoint américain aux affaires asiatiques.]

COREE | République populaire démocratique

_18 juillet, Pyongyang. En présence d’inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), de retour en Corée du Nord après en avoir été expulsés en 2002, la Corée du Nord met fin aux activités de son complexe nucléaire de Yongbyon. Situé dans le nord du pays, il est le plus important réacteur nord-coréen, capable d’enrichir du plutonium.

       Pus d'info  

[La fermeture du site est la première mesure concrète d’un accord signé le 13 février 2007 et par lequel la Corée du Nord s’est engagée à "désactiver complètement" l’ensemble de ses installations nucléaires. "Cela va prendre du temps. C’est un processus compliqué", avec des vérifications de ce matériel et de ces sites par l’AIEA, a prévenu Mohamed El Baradeï, le directeur de l’agence.]#

CUBA

_20 août, La Havane. Le journaliste Armando Betancourt, collaborateur d’une agence de presse non gouvernementale, relâché après avoir purgé une peine de 15 mois de prison pour "désordre sur la voie publique". Le journaliste avait été arrêté alors qu’il couvrait l’expulsion "avec un fort déploiement policier" de plusieurs familles qui occupaient illégalement un terrain près de Camagüey.

_15 août, La Havane. Le journaliste Alberto Du Bouchet Hernandez, relâché en août 2006 après un an de prison, condamné à 2 ans de prison et 2 ans de travaux en milieu carcéral pour le vol d’un mouchoir offert et signé en 1957 par Fidel Castro à une de ses partisanes. Source : Rsf, paris.

_11 août, La Havane. Les autorités cubaines ont libéré Francisco Chaviano Gonzalez, le plus ancien prisonnier politique cubain, qui a passé plus de 13 ans en détention, annonce la Commission cubaine pour les droits de l'homme et la réconciliation nationale.

[Agé de 54 ans, Francisco Chaviano a été arrêté en mai 1994 et reconnu coupable d'avoir divulgué des secrets d'Etat en matière de sécurité. Il a été condamné à une peine de quinze années d'emprisonnement. Il a été libéré sur parole.]

_7 août, Londres. La secrétaire générale d’Amnesty International, Irène Khan, tend la main au dirigeant cubain Raul Castro. "Nous sommes très intéressés à visiter Cuba, où il y a des choses positives et des choses qui devraient changer, et nous souhaitons ouvrir un dialogue constructif avec le nouveau gouvernement, déclare-t-elle.

"Nous n’avons pas vu de différences très significatives entre Fidel et Raul Castro en matière de droits de l’homme. A Cuba, le problème, c’est la situation des prisonniers politiques et des dissidents".

ETATS-UNIS

_21 septembre, Washington. Un rapport officiel américaine affirme que le gouvernement irakien est gangrené par la corruption avec la complicité des plus hautes autorités de l'Etat. Le document assure que les ministères irakiens sont sous la coupe de milices et de mafias.

Le manque de soutien des responsables politiques irakiens aux efforts d'assainissement de leur administration "a établi la corruption comme étant la norme du fonctionnement de plusieurs ministères", assure ce rapport présenté comme les résultats préliminaires d'une enquête de l'ambassade des Etats-Unis."Ce rapport analyse la capacité de l'Irak à mettre en oeuvre des lois anticorruption, indique le préambule du document. Pour l'heure, l'Irak est totalement incapable d'un respect même rudimentaire de ces lois".

_
18 septembre, Washington. "Une sécurité et une stabilité améliorées ne sont pas suffisantes pour vaincre la rébellion" en Irak, indique un rapport du pentagone [Ministère de la défense] transmis au Congrès américain. "Des progrès politiques doivent aussi être accomplis pour renforcer et compléter les progrès pour sécuriser la population irakienne".

"Il y a eu peu de progrès politiques au niveau national en termes de lois votées et de mise en oeuvre de réforme", indique le rapport. "Les efforts [...] pour rechercher un consensus sont encore compliqués par les divisions confessionnelles et la violence qui exacerbe ces divisions".

_13 septembre
, Washington. Dans sa 8e allocution télévisée depuis le début de la guerre en Irak, le 19 mars 2003, George Bush annonce une réduction des effectifs en Irak - la première en quatre ans - tout en prévoyant que l'armée américaine sera toujours dans ce pays lorsqu'un nouveau président s'installera à la Maison-Blanche en janvier 2009.#

          Plus d'info   Irak, sans cap

[Le président américain a suivi les recommandations du général Petraeus, chef des forces américaines en Irak, en annonçant le repli d'au moins 21’500 hommes d'ici à l'été 2008. Dès septembre, 2’200 marines ne seront pas remplacés. Il n'a pas exclu d'autres retraits. "Plus grande sera notre réussite, plus grand sera le nombre de soldats américains qui pourront rentrer à la maison", a-t-il assuré.]

_10 septembre, Washington. Lors d'une audition devant deux commissions de la Chambre des représentants, le général Petraeus, commandant des forces américaines en Irak, estime que les 30’000 soldats envoyés en renfort en Irak pourraient rentrer d'ici l'été 2008. Il propose en outre de ne pas remplacer les 4’000 hommes qui doivent rentrer en décembre, un engagement déjà annoncé par Robert Gates.

Le militaire américain affirme que les objectifs militaires qui ont motivé l'envoi de soldats supplémentaires depuis janvier ont été "largement atteints", bien que les progrès sur le plan de la sécurité soient "inégaux". C'est pourquoi il indique avoir recommandé au président Bush une réduction graduelle du niveau des troupes.

_5 septembre, Washington. Trois élus démocrates, membres du groupe Out of Irak, déposent un projet de loi visant à cesser de financer l’entraînement des forces irakiennes. "Ce ne sont pas des forces de sécurité que nous entraînons, ce sont des factions. Comment être sûrs que nous ne mettons pas des armes dans les mains de nos futurs ennemis ? Dans le passé, Saddam Hussein et Oussama Ben Laden ont été soutenus par les Etats-Unis dans des circonstances très similaires", explique la représentante de la Californie, Maxine Waters. "Nous ne sommes pas seulement en train d’armer un côté contre un autre, ajoute Lynn Woolsey, autre représentante de la Californie. Nous armons les deux côtés contre nos propres troupes".

[Depuis 2003, les Etats-Unis ont dépensé 20 milliards de dollars pour l’armement et l’entraînement des Irakiens. Un rapport officiel a estimé à 190'000 le nombre d’armes dont l’armée américaine a perdu la trace.]

_4 septembre, Washington. La violence reste importante en Irak et peu de progrès ont été accomplis dans le domaine politique, selon un rapport établi par l'Organisme américain de contrôle de l'action gouvernementale (GAO) pour le Congrès américain.

"Bien que le plan de sécurité de Bagdad visait à réduire les violences religieuses, rien n'indique que la violence ait reculé", souligne David Walker, président du GAO."La moyenne des agressions contre les civils est restée inchangée de février à juillet 2007", en dépit des 30’000 soldats américains envoyés en renfort sur ordre du président.

_3 septembre
, Bagdad. En visite surprise en Irak, sur la base d'Al-Assad, George Bush évoque un retrait de troupes américaines dans certaines régions. "Le général Petraeus [commandant des forces américaines en Irak[ et l'ambassadeur [des Etats-Unis à Bagdad] Crocker me disent que si les succès du type de ceux que nous observons se poursuivent, il sera possible de maintenir le même niveau de sécurité avec moins de forces américaines", déclare-t-il

Le président américain met en garde les membres du Congrès contre la tentation de tirer des conclusions hâtives. "L'Amérique n'abandonne pas ses amis, l'Amérique n'abandonnera pas le peuple irakien", assure-t-il.

_22 août, Washington. George Bush multiplie les comparaisons entre l'Irak et de plus anciens engagements militaires en Asie pour justifier la présence de troupes américaines en Irak. Il prévient qu'un retrait d'Irak pourrait provoquer le genre de désordres apparus en Asie du Sud-Est après le départ des troupes américaines du Vietnam.
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"Des millions de citoyens ont payé le prix du retrait américain", assure le président américain. "Les idéaux et les intérêts qui ont poussé l'Amérique à aider le Japon à transformer la défaite en démocratie sont les mêmes qui nous conduisent à rester engagés en Afghanistan et en Irak".

"La stratégie défensive qui a refusé d'abandonner les Sud-Coréens à un voisin totalitaire a aidé un tigre asiatique à émerger. Elle est un modèle pour les pays en développement à travers le monde, notamment au Moyen-Orient", poursuit George Bush. Et de conclure : "Le résultat du sacrifice américain et de la persévérance en Asie est un continent plus libre, plus prospère et plus stable, dont les habitants veulent vivre en paix avec l'Amérique, plutôt que d'attaquer l'Amérique".

_21 août, Washington. La CIA et sa direction "ne se sont pas acquittées de leurs responsabilités de manière satisfaisante" avant les attentats du 11 septembre 2001, affirme un rapport confidentiel, dont un résumé a été rendu publicà Washington. Le rapport recommande l'instauration d'un comité indépendant pour évaluer la responsabilité de dirigeants de la CIA, dont George Tenet, directeur de l'agence de 1997 à 2004.

Les employés de la CIA ont "travaillé dur" contre Al-Qaida, mais ne l'ont "pas toujours fait de manière efficace et en coopération", affirme le document, publié à la demande du Congrès. Les auteurs n'ont pas identifié une "solution miracle" qui aurait permis "de prévenir les attaques". Ils ont toutefois relevé des erreurs "dans le suivi d'opérations et dans l'analyse et le partage de données cruciales".

_20 juillet, Washington. George Bush signe un décret [executive order] autorisant la CIA à reprendre son programme d'interrogatoires dans des lieux de détention tenus secrets.

Dans ce texte, le président américain rappelle sa décision du 7 février 2002, dans laquelle il estimait que les membres du réseau terroriste Al-Qaida et les talibans sont des "ennemis combattants illégaux" n'ayant pas droit à la protection des Conventions de Genève. "Je réaffirme cette détermination", indique-t-il.

George Bush assure que le programme de détentions secrètes de la CIA "remplit complètement" les obligations qui incombent aux Etats-Unis en vertu de l'article 3 commun aux Conventions de Genève, qui interdit les "traitements et punitions cruels, inhumains ou dégradants". Sont également mentionnés par le décret le meurtre, la torture et la mutilation, ainsi que les mauvais traitements destinés "à humilier ou à avilir l'individu". Le texte n'interdit pas spécifiquement la privation de sommeil ni le simulacre de noyade.

[Le décret interdit les "traitements et punitions cruels, inhumains ou dégradants" et les "actes de violence suffisamment graves pour être considérés comme comparables au meurtre, à la torture, à la mutilation", a commenté le porte-parole de la Maison Blanche, Tony Snow. Il interdit aussi "les actes conscients et scandaleux de mauvais traitements personnels destinés à humilier ou à avilir l'individu d'une manière si grave qu'une personne raisonnable, compte tenu des circonstances, pourrait juger les actes comme au-delà des limites de la décence humaine", a-t-il ajouté. Enfin, le décret "interdit les actes destinés à dénigrer la religion, les pratiques religieuses ou les objets religieux des détenus", et garantit aux détenus l'accès aux "nécessités de la vie" : nourriture, eau, abri, vêtements, soins médicaux de base.

Plusieurs associations de défense des droits de l'homme ont rappelé que tous les actes mentionnés étaient déjà interdits par la loi américaine, et dénoncé le fait que le décret ne mentionne pas le waterboarding, ou simulation de noyade, une technique que le vice-président Dick Cheney a défendue publiquement. "Ce que nous avons ici, c'est un gouvernement qui récite un certain nombre de principes légaux et qui dit "faites-nous confiance", et c'est difficile à accepter de la part d'une administration qui refuse de renoncer au 'waterboarding'", a déclaré Jennifer Daskal, de Human Rights Watch (HRW). Et "même si vous aviez toutes les meilleures pratiques, le programme de détentions secrètes reste illégal", a ajouté Jumana Musa, d'Amnesty International.
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Dans une déclaration aux agents de la Centrale, le directeur de la CIA, Michael Hayden, a expliqué, vendredi, que le décret était nécessaire parce que les Conventions de Genève étaient trop vagues. Le décret "nous donne la clarté légale que nous cherchions", a-t-il précisé, tout en défendant les pratiques passées, qualifiées par certains de torture. "Nous avons pris sur nous cette responsabilité pour une seule raison : pour apprendre tout ce que nous pouvons sur les ennemis les plus mortels et fanatiques de notre pays, afin que nos opérations contre eux soient aussi efficaces que possible". Source : Le Monde]

_12 juillet, Washington. Publication par la Maison Blanche d’un rapport évaluant la situation en Irak, six mois après le début de l'envoi de 30’000 soldats supplémentaires. Le président George Bush relève des signes encourageants dans ce rapport, tout en reconnaissant que "ceux qui pensent que la guerre est perdue" en feraient probablement une lecture opposée. "Je sais que certains, à Washington, aimeraient que nous quittions l'Irak dès maintenant, dit-il. Commencer à se retirer avant que nos commandants nous disent que nous sommes prêts serait dangereux pour l'Irak, pour la région et pour les Etats-Unis".

[Dans un article paru le même jour, le Washington Post, sous la plume du journaliste Bob Woodward, relate une réunion qui a eu lieu à la Maison-Blanche, le 13 novembre 2006, en présence de Michael Hayden, directeur de la CIA (Agence centrale de renseignement). Selon le quotidien, qui précise avoir eu accès aux transcriptions des débats, Michael Hayden a affirmé que "l'incapacité du gouvernement [irakien] à gouverner semble irréversible", ajoutant qu'il ne voyait "aucun élément qui permettrait de sortir de cette situation". "Nous avons mis beaucoup d'énergie pour créer un gouvernement qui soit équilibré, et cela ne fonctionne pas", a-t-il assuré.]

_8 juillet, Washington. Le "New York Times" appelle au retrait des troupes américaines en Irak. "Il est temps pour les Etats-Unis de quitter l'Irak, sans plus de délai qu'il n'en faut au Pentagone pour organiser un retrait méthodique".

Le New York Times explique que "comme beaucoup d'Américains", il a longtemps rejeté cette conclusion, "attendant un signe indiquant que le président Bush essayait sérieusement de sortir les Etats-Unis de ce désastre qu'il avait créé en envahissant l'Irak sans raison valable, malgré une opposition mondiale, et sans plan pour stabiliser le pays par la suite".

Selon lequotidien américain, l'argument de George Bush consistant à dire que le retrait mènerait à une guerre civile ne tient pas car "cette guerre fait rage en ce moment même et pourrait mettre des années à s'éteindre. L'Irak pourrait se séparer en plusieurs Républiques, kurde, sunnite et chiite, et les troupes américaines ne vont pas empêcher cela d'arriver".

ETHIOPIE

_16 juillet, Adis-Abeba. La Haute Cour fédérale de justice d'Ethiopie condamne à la prison à perpétuité trente-cinq opposants, dont cinq par contumace, poursuivis après les violences post-électorales de 2005.

Parmi les condamnés à la prison à vie figurent les principaux dirigeants de la Coalition pour l'unité et la démocratie (CUD, principal parti d'opposition), Hailu Shawl et Berahnu Nega, accusés de "complo t contre la Constitution", ainsi qu'un journaliste, Andualem Ayele. Quatre autres accusés ont été condamnés à dix-huit ans de prison et deux autres ont écopé de quinze ans de réclusion, un troisième de trois ans et un autre journaliste de dix-huit mois de prison.

FRANCE

_27 août, Paris, Dans un discours proncé lors de la réunion annuelle des ambassadeurs, le président français Nicolas Sarkozy déclare que le "premier défi, sans doute l'un des plus importants" auquel doit faire face la France est : "comment prévenir une confrontation entre l'Islam et l'Occident ? Ce n'est pas la peine d'employer la langue de bois : cette confrontation est voulue par les groupes extrémistes tels qu'Al Qaida qui rêvent d'instaurer, de l'Indonésie au Nigéria, un khalifat rejetant toute ouverture, toute modernité, toute idée même de diversité. Si ces forces devaient atteindre leur sinistre objectif, nul doute que le XXIe siècle serait pire encore que le précédent, pourtant marqué par un affrontement sans merci entre les idéologies". Pour le président français, "nous aurions tort de sous estimer la possibilité" "d'une confrontation, entre l'Islam et l'Occident" : "l'affaire des caricatures en a été un signe avant-coureur".

_5 août, Paris. Mort du cardinal Jean-Marie Lustiger, ancien archevêque de Paris, à l’âge de 80 ans, après des années de lutte contre le cancer. Juif converti devenu cardinal, Jean-Marie Lustiger, considéré comme un "traditionaliste moderne", comptait parmi les proches de l’ancien pape Jean Paul II et était également membre de l’Académie française.#

          Pus d'info Les "coups de gueule" du cardinal

[Né le 17 septembre 1926 de parents réfugiés polonais, Jean-Marie Lustiger s’est converti au catholicisme durant la Seconde Guerre mondiale avant d’être ordonné prêtre en 1954, puis nommé évêque d’Orléans en 1979 et archevêque de Paris en 1981.]

_27 juillet, Libreville. En déplacement au Gabon, le président français Nicolas Sarkozy rappelle les exigences d’un fonctionnement démocratique : "La démocratie ne se résume pas aux élections". Elle consiste aussi à "rendre des comptes", à "assurer la neutralité de l’administration", à "protéger les libertés individuelles" et à "garantir l’indépendance de la justice".

_25 juillet, Tripoli. En visite officielle en Libye – un peu plus de 24 heures après la libération des cinq infirmières bulgares et du médecin d’origine palestinienne retenus pendant plus de huit ans par le régime libyen -, Nicolas Sarkozy signe avec Mouammar Kadhafi deux accords, le premier sur la coopération "en matière de défense et d’industrie de défense", le second sur "la coopération dans le domaine des applications pacifiques de l’énergie nucléaire".

[Ce dernier accord, qui prévoit l’accès de la Libye à la technologie nucléaire française, est présenté comme un moyen d’aider les Libyens à désaliniser l’eau de mer pour la rendre potable, un processus demandant beaucoup d’énergie. "Cela signifie qu’un pays qui respecte les règles internationales peut se voir doter d’une industrie nucléaire civile", a indiqué le président français, en rappelant que la Libye avait renoncé à l’arme nucléaire en 2003. "Si on ose dire que le nucléaire civil est réservé à la rive nord de la Méditerranée et que le monde arabe n’est pas assez responsable pour le nucléaire civil, on l’humilie et on se prépare à la guerre des civilisations", a-t-il ajouté, soulignant que "la Libye pourrait servir de modèle à d’autres pays".]

_1er août, Paris. La Cour d'appel de Paris remet en liberté les deux Rwandais accusés de génocide et de crimes contre l'humanité, invalidant les mandats d'arrêt délivrés par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

La chambre de l'instruction a estimé que les mandats d'arrêt pour Wenceslas Munyeshyaka, un prêtre de 49 ans, et Laurent Bucyibaruta, ancien préfet de Gikongoro, arrêtés le 20 juillet 2007, ne pouvaient pas être mises à exécution, notamment au regard de la loi sur la présomption d'innocence. Elle a donc ordonné la libération immédiate des deux hommes.

["Nous sommes choqués et surpris par la décision. [...] Relâcher de tels suspects accusés des plus grands crimes comme un génocide est absurde", a déclaré à l’agence Reuters le ministre des Affaires étrangères, Charles Murigande.

Le Rwanda avait salué l'interpellation, le 20 juillet, du prêtre catholique Wenceslas Munyeshyaka et de Laurent Bucyibaruta comme un acte "positif" du "nouveau gouvernement" français.]

_29 juillet, Paris. Le ministre de l’écologie, Jean-Louis Borloo, "compte demander à l’Académie française de rédiger, en collaboration avec d’autres institutions culturelles dans le monde entier, une"déclaration des droits de l’homme et du développement durable". "La croissance verte, qui ne lèse pas les générations futures, c’est possible", affirme le ministre, rappelant que le Grenelle de l’environnement – réunion prévue à l’automne 2007 – doit permettre de proposer "de 15 à 20 programmes composés de mesures, de modalités et d’engagements réciproques […] qui seront consultables sur Internet".

_22 juillet, Paris. A l'occasion du 65e anniversaire de la rafle du Vél'd'Hiv, le Premier ministre François Fillon appelle "la jeunesse française" à ne jamais oublier la "faute pleine, indélébile" dont se sont "souillés des responsables de Vichy, des fonctionnaires, des collaborateurs", en 1942.
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François Fillon estime que "nous ne sommes pas et nous ne pourrons jamais être guéris de l'Holocauste". "Leur faute n'est pas votre faute, leur honte n'est pas votre honte, assure-t-il, s'adressant aux jeunes Français, mais il y a dans leurs actes une horreur qui doit devenir la vôtre, un dégoût qui doit soulever vos coeurs comme il a soulevé le nôtre."

[Du 16 au 21 juillet 1942, 8’160 des 13’152 juifs arrêtés à Paris lors de la plus importante rafle conduite sur le territoire français ont été parqués Vélodrome d'hiver, avant d'être envoyés dans les camps de concentration.]

_6 juillet, Paris. Dans un arrêt rendu le 6 juillet 2007, la Cour d’appel de Paris juge le Contrat nouvelles embauches (CNE) non conforme à la Convention 158 de l'Organisation internationale du travail (OIT).

          Pus d'info

GRANDE-BRETAGNE

_4 juillet, Londres. Le Premier ministre, Gordon Brown, annonce devant la Chambre des communes la création du Conseil national de sécurité (NSC), une nouvelle agence gouvernementale en charge des questions de sécurité nationale et de terrorisme et regroupant les différents services de renseignement. Une telle mesure enverra un "message clair" disant que la Grande-Bretagne "sera vigilante et ne faillira jamais dans sa réponse à la menace terroriste", assure-t-il aux députés.

INDE

_9 août, Hyderabad [sud de l'Inde]. Des activistes d'un groupe musulman indien - le parti Majlis-e-Ittehadul-Muslimeen - agressent en public l'écrivain bangladaise Taslima Nasreen venue présenter au club de la presse de la ville l'un de ses livres traduits. Choquée, Taslima Nasreen s'en est sortie avec quelques bleus et a été évacuée.

Le président du groupe politique incriminé, Salauddin Owaisiwill, a défendu une agression contre un écrivain jugé "anti-islamique". "Ce qu'ils ont fait est bien et tous les musulmans d'Hyderabad vont féliciter notre parti pour cela". En mars, un autre groupe musulman indien avait offert 11’000 dollars à qui décapiterait Talisma Nasreen.

[Taslima Nasreen  a fui le Bangladesh en 1994, après des menaces de mort. Elle avait été condamnée à un an de prison dans son pays natal en 2002 notamment pour son roman "Lajja" ["Honte"], décrivant des persécutions perpétrées par la majorité musulmane contre le communauté hindoue. Le livre interdit avait provoqué des manifestations islamistes. L’écrivain vit principalement entre l'Europe, les Etats-Unis et l'Inde.]

IRAN

_24 septembre, Washington. Le président Mahmoud Ahmadinejad déclare que l'Iran refuse de reconnaître l'Etat d'Israël parce que ce pays est fondé sur "l'occupation et le racisme". "Nous ne reconnaissons pas ce régime parce qu'il est basé sur l'occupation et le racisme. Il attaque constamment ses voisins", a-t-il expliqué lors d'une visioconférence avec le National Press Club de Washington.

[Le président de la République islamique avait déclaré, il y a quelques mois, vouloir "rayer Israël de la carte".]

_23 septembre, Washington. Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, affirme que son pays et les Etats-Unis ne "se dirigent pas vers la guerre", dans une interview accordée à la chaîne de télévision CBS.

"Vous devez vous rendre compte que nous n'avons pas besoin de la bombe atomique. Nous n'en avons pas besoin. Quel besoin aurions-nous d'une bombe ?", ajoute-t-il. "Il est faux de penser que l'Iran et les USA marchent vers la guerre. Qui dit cela ? Pourquoi devrions-nous entrer en guerre ? Aucune guerre n'est imminente".#

_7 septembre, Téhéran. Les autorités iraniennes ont fait pendre 21 condamnés à mort, en un jour, le 6 septembre, rapportent les médias officiels. Les 17 condamnés exécutés dans la province du Khorassan-Razavi (nord-est) avaient été reconnus coupables de trafic de drogue. Quatre autres personnes ont été pendues à Chiraz (centre) pour "possession d'armes, trafic de drogue et attaques à main armée contre les forces de l'ordre".

[Ces exécutions portent à 189 le nombre d'exécutions cette année, contre 177, en 2006, selon Amnesty International.]

_21 août, Téhéran. L’universitaire irano-américaine Haleh Esfandiari, 68 ans, détenue en Iran depuis mai pour "espionnage", libérée sous caution. Son avocate, le prix Nobel de la paix Shirin Ebadi, a déclaré que la caution s’élevait à environ 240'000 euros. L’universitaire s’était rendue en Iran en décembre 2006 pour y voir sa mère malade.

_31 juillet, Téhéran. L’Iran confirme la condamnation à mort par pendaison de deux journalistes kurdes iraniens. Adnan Hassanpour et Abdolvahed Bohimar avaient été condamnés le 16 juillet par le tribunal de Marivan (Kurdistan iranien) pour avoir préparé "une lutte armée". Les deux journalistes travaillaient pour le magazine kurde "Aso" [Horizons] jusqu’à son interdiction en août 2005.

_10 juillet, Téhéran. Un Iranien condamné pour adultère a été exécuté par lapidation dans le nord-ouest de l'Iran, annoncent les autorités iraniennes, qui ne précisent pas la date exacte de l'exécution

Il s'agit de la première exécution de ce type depuis celle, appliquée et reconnue officiellement par les autorités iraniennes en juillet 2001, d'une Iranienne condamnée pour meurtre et adultère.

          Pus d'info La réaction de Louise Arbour [Nations unies]

[En vertu de la loi islamique, les hommes condamnés à la lapidation sont enterrés jusqu'aux hanches et les femmes jusqu'au cou et attaqués à coup de pierres jusqu'à la mort. Ils sont laissés en vie s'ils parviennent à se libérer. La loi stipule aussi que les pierres doivent être d'une taille telle qu'elles tiennent dans la main et ne soient pas assez grosses pour tuer le ou la supplicié en seulement un ou deux coups, ou trop petites pour prolonger inutilement ses souffrances.]

ISRAEL

_5 août, Jérusalem. Des milliers de personnes, jeunes et moins jeunes, ont participé à cette "marche des vivants" entre la Knesset et le bureau du Premier ministre Ehud Olmert, à l’appel de plusieurs organisations qui voulaient dénoncer la somme "ridicule" allouée par le gouvernement aux rescapés de la Shoah. On pouvait notamment lire sur pancartes brandies par les manifestants : "Les survivants de la Shoah sont encore en vie" et "La Shoah est encore présente".

"L’Etat d’Israël se comporte comme les négationnistes, en refusant de nous donner de quoi vivre décemment", a affirmé à Israelinfos.net Yossef Czarny, 82 ans, rescapé du camp d’extermination de Treblinka, l’étoile jaune épinglée à la poitrine sur une chemise rayée, vestiges de son passage dans le camp de la mort.

[Le Président de l’Etat Shimon Peres a appelé "à une solution rapide et honorable" du dossier des rescapés, tandis que le Premier ministre s’apprête à annoncer, selon le quotidien Yédiot Aharonot, une répartition différente des crédits pour les rescapés les plus nécessiteux, tout en dénonçant ceux qui exploitaient la Shoah à des fins politiques.]#

ITALIE

_3 août, Rome. Un père musulman acquitté malgré les violences infligées à sa fille. Les magistrats de la Cour de cassation ont estimé que les sévices subis par la jeune fille – Fatima R., une adolescente de Bologne - étaient en substance "pour son bien" et que ses parents souhaitaient, en toute bonne foi, la punir "pour son style de vie non conforme à leur culture".

Les juges ont considéré que la jeune fille avait été frappée "non pour des motifs vexatoires ou par mépris". Qui plus est, a estimé la Cour, les violences n’étaient pas habituelles : son père ne l’aurait frappée "qu’à trois reprises durant toute sa vie", de surcroît au motif "que les comportements de la fille avaient été jugés incorrects".

Le cas de Fatima avait été porté en 2003 devant le tribunal local. En première instance, ses parents avaient été condamnés pour séquestration et mauvais traitements. Avant que la cour d’appel ne renverse le jugement en septembre 2006. Le procureur de Bologne avait déposé un recours contre l’acquittement en appel, rappelant que la jeune fille avait été séquestrée et attachée à une chaise, "puis libérée uniquement pour être brutalement battue par ses parents, qui voulaient la punir de sa fréquentation avec un ami et plus généralement pour son style de vie".

         plus d'info Justices et religions

["C’est une honte, a déclaré Souad Sbai, présidente de l’Association des femmes marocaines en Italie, c’est une décision digne d’un pays arabe où serait en vigueur la charia. Au nom du multiculturalisme et du respect des traditions, les juges appliquent deux types de règles, l’une pour les Italiens, l’autre pour les immigrés. Un père catholique, qui se serait comporté de la sorte, aurait été durement condamné".

La ministre (centre gauche) pour l’Egalité des droits, Barbara Pollastrini, s’est déclarée "blessée" par la sentence et a admis "qu’il est urgent d’affronter la question de la tutelle et des droits de très nombreuses immigrées dans notre pays. Une adoption rapide de la loi contre la violence sur les femmes est nécessaire".]

JAPON

_23 août, Tokyo. Trois condamnés à mort ont été pendus, fait savoir le ministère de la justice, qui n'a dévoilé ni leur identité ni les crimes commis. Ces exécutions portent à dix le nombre de condamnés à mort ayant vu leur peine appliquée depuis que Shinzo Abe est devenu Premier ministre, en septembre 2006.

[Les pendaisons ont suscité des critiques du Conseil de l'Europe, qui les a jugées "inadmissibles". René Van der Linden, le président de l'Assemblée parlementaire du Conseil, a rappelé que "la peine de mort n'a pas de place dans le système moderne civilisé et son application relève de la torture et des peines inhumaines ou dégradantes au sens de l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme". Amnesty International a émis l'espoir que Tokyo s'engage, "dans un avenir proche, dans la voie de l'abolition de la peine capitale".

_6 août, Hiroshima. Quelque 45'000 personnes se recueillient silencieusement à 08h15, l'heure exacte de l'explosion de la bombe A au-dessus d’Hiroshima. "Ma détermination à empêcher une telle tragédie de se reproduire est plus forte que jamais", déclare le Premier ministre Shinzo Abe.

"Je renouvelle ma promesse de maintenir les trois principes antinucléaires", en vertu desquels le Japon s'interdit de fabriquer, de posséder ou d'admettre la présence sur son territoire d'armes atomiques, ajoute le dirigeant japonais.#

_31 juillet, Washington. Le Congrès américain adopte une résolution exhortant le Japon à présenter des "excuses sans équivoque" pour avoir forcer des femmes en Asie à se prostituer avant et pendant la Seconde Guerre mondiale. La résolution appelle "le gouvernement [nippon] à reconnaître officiellement sa responsabilité historique et à l’assumer clairement".

[Selon certains historiens, l’esclavage sexuel aurait concerné jusqu’à 200'000 femmes.]

KOSOVO

_4 septembre, Bucarest. L'unité de l'Europe est la "seule solution" face au problème difficile du Kosovo, déclare le ministre des Affaires étrangères français Bernard Kouchner, en déplacement à Bucarest.

"L'Europe n'évitera le piège du Kosovo que par son unité. C'est la seule solution, quelle que soit la réponse apportée par les Serbes comme par les Albanais aux problèmes posés par la Troïka [Etats-Unis, Russie, Union européenne], et après des mois de négociations", souligne-t-il, en rappelant que la France, "par la voix du président [Nicolas] Sarkozy", avait demandé un délai supplémentaire pour que le dialogue continue, obtenant finalement quatre mois de plus.

_8 juillet, Pristina. Les anciens combattants de la guérilla séparatiste du Kosovo lors du conflit de 1998-1999 - vétérans de l'Armée de libération du Kosovo (UCK) - se disent prêts à reprendre les armes si le blocage entre les pays occidentaux et la Russie empêche la province serbe d'accéder à l'indépendance.

LIBAN

_19 septembre, Beyrouth. Le député chrétien Antoine Ghanem tué dans un attentat à la voiture piégée, dans la banlieue de Beyrouth. Outre ce proche de l'ancien président Amine Gemayel, réputé pour ses prises de position antisyriennes, au moins huit personnes sont mortes dans l'explosion et quarante ont été blessées.

[Antoine Ghanem, avocat de 64 ans, avait été élu député en 2000. Il s'agit de la sixième personnalité antisyrienne assassinée depuis l'ex-premier ministre Rafic Hariri, le 14 février 2005.

Le Conseil de sécurité des Nations unies et les Etats-Unis ont condamné "ce nouvel attentat à la bombe, nouvelle tentative de déstabiliser le Liban en cette période très cruciale". Pour sa part, la Syrie estime qu'il s'agit d'un "acte criminel", qu'elle condamne "fermement", et qui vise aussi les efforts syriens en faveur de "l'unité" au Liban.]

_18 juillet, New York. Le dernier rapport de la Commission d'enquête internationale sur les assassinats politiques commis au Liban depuis 2005 – rapport remis au Conseil de sécurité des Nations unies - indique avoir identifié de nouvelles pistes, grâce à un long travail de regroupement des informations collectées, qui a permis "une avancée importante dans l'enquête sur l'assassinat de M. Rafic Hariri".

La Commission note que le travail de synthèse a permis d'identifier "nombre de personnes présentant un certain intérêt", ces personnes pouvant avoir été "impliquées dans l'un ou l'autre volet de la préparation et de la perpétration de l'attentat contre M. Rafic Hariri ou des autres attentats en cours d'instruction ou pouvant avoir eu, au préalable, connaissance de ces attentats".

Enfin, "le rapport de synthèse est un important point de départ de la transition entre la Commission et le Tribunal spécial pour le Liban", souligne le document, qui indique que lorsque le Tribunal sera mis en place la Commission aura l'occasion, pendant une période de transition, de transmettre tous ses dossiers au Procureur du Tribunal.#

          Pus d'info Le rapport de la Commission d’enquête [ 108 ko]

LIBYE

_24 juillet, Tripoli. Libération des cinq infirmières bulgares et du médecin palestinien naturalisé bulgare, détenus en Libye depuis février 1999.

[Les six prisonniers avaient été accusés par la Libye d’avoir inoculé volontairement le virus du sida à 426 enfants dans l’hôpital de Benghazi, la deuxième ville du pays, où ils travaillaient. En mai 2004, les six accusés, qui ont affirmé avoir été torturés en prison afin de passer aux aveux, ont été condamnés à mort, peine confirmée en décembre 2006, puis par la Cour suprême libyenne le 11 juillet 2007.

Le règlement de cette affaire a été rendu possible par un fort engagement de l’Union européenne (UE), de la Grande-Bretagne, de l’Allemagne et de la France. Les infirmières et le médecin ont été rapatriés en Bulgarie dans l’avion de la présidence de la République française qui avait conduit en Libye, le 22 juillet, les émissaires français, Cécilia Sarkozy et Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée, et la commissaire européenne aux relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner. Les infirmières ont immédiatement été graciées, à leur arrivée à Sofia, par le président bulgare Guéorgui Parvanov.]

_17 juillet, Tripoli. La justice libyenne commue en peine de prison à vie la sentence de mort prononcée contre les cinq infirmières et le médecin bulgare accusés d'avoir inoculé le virus du sida à 438 enfants.

[Cette décision fait suite à l'accord d'indemnisation trouvé entre les détenus et les familles des victimes, qui ont reçu 1 million de dollars de dédommagement par enfant. Une demande d'extradition devrait être lancéepar la Bulgarie.]

MAROC

_8 septembre, Rabat. Le vieux parti de l’Istiqlal (nationaliste) arrive en tête aux élections législatives, avec 52 sièges contre 47 aux islamistes modérés du Parti de la justice et du développement (PJD). Le perdant de ce scrutin, marqué par un faible taux de participation (37%), est l’Union socialiste des forces populaires (USFP) qui, avec l’Istiqlal, appartient à la coalition gouvernementale sortante. L’USFP n’obtient que 36 sièges contre 50 précédemment.

La participation extrêmement basse au scrutin, montre, écrit le quotidien Le Monde, "le peu d’intérêt des Marocains pour une consultation dont la portée était toute relative. Quel qu’ait été le résultat, ils savent que le vrai pouvoir se trouve au palais royal et non au gouvernement, encore moins au Parlement".

[Les électeurs avaient à choisir 295 députés dans 95 circonscriptions, ainsi que 30 députées sur une liste séparée, pour assurer un quota aux femmes. 33 partis politiques se présentaient dont les principaux sont : l’Union socialiste des forces populaires (USFP), l’Istiqlal (nationaliste), arrivés en tête aux élections de 2002, et le Parti pour la justice et le développement (PJD, opposition parlementaire), troisième en 2002 avec 42 sièges.]

MAURITANIE

_8 août, Nouakchott. L’Assemblée nationale mauritanienne adopte une loi criminalisant pour la première fois l'esclavage, pratique qui perdure dans certaines parties du pays malgré son abolition officielle en 1981.

D'après cette loi votée à l'unanimité, les personnes convaincues d'actes esclavagistes risquent désormais de cinq à dix ans de prison ferme. Le texte interdit également toute production culturelle ou artistique faisant l'apologie de l'esclavage, qu'il punit de deux ans de prison, et prévoit des sanctions contre les autorités qui ne s'en préoccuperaient pas.

[L'organisation SOS-Esclaves avait notamment mené une vaste campagne auprès des parlementaires pour obtenir gain de cause. "Nous sommes très satisfaits, c'est une grande victoire pour les démocrates et le peuple mauritanien et qui n'aurait pas été possible sans cette volonté politique du président [idi Ould Cheikh Abdellahi] et de son gouvernement", a estimé Boubacar Ould Messaoud, président de SOS-Esclaves.]#

NATIONS UNIES

_20 septembre, Vienne. L’Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) adopte une résolution non contraignante visant l'établissement d'une zone dénucléarisée au Moyen-Orient, par 53 voix contre deux (Etats-Unis et Israël), avec 47 abstentions (dont les pays de l'Union européenne), lors de sa conférence générale.

Cette résolution, proposée par l'Egypte, lance un appel à "tous les pays de la région pour établir une zone où des armes nucléaires ne sont ni développées, ni fabriquées, ni essayées, ni acquises", et demande également que "le stationnement de bombes atomiques sur les territoires des pays de la zone ou sur les territoires sous leur contrôle" soit interdit.

_29 juillet, New York. Le représentant spécial des Nations unies en Irak, Ashraf Qazi, appelle à l’abolition de la peine de mort dans le pays en réaction à la pendaison, le 3 juillet, d’Abdel-Aziz Mahmoud Said, reconnu coupable par un tribunal irakien d’avoir participé à l’attentat contre le quartier général des Nations unies à Bagdad le 19 août 2003.

[L’explosion d’un camion piégé avait tué 22 membres de la Mission des Nations unies à Bagdad dont le prédécesseur de Ashraf Qazi, Sergio Vieira de Mello. "Les Nations unies encouragent systématiquement les Etats à abolir la peine de mort [même] en cas de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité ou de génocide", a déclaré Ashraf Qazi.]

_23 juillet, New York. Ban Ki-moon demande aux Pays-Bas d’accueillir le Tribunal spécial pour le Liban (TSL). Dans une lettre adressée au Premier ministre de ce pays, le secrétaire général des Nations unies souligne le fait que les Pays-Bas accueillent déjà plusieurs juridictions, comme la Cour internationale de Justice, la Cour pénale internationale (CPI) et le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), et que l’expérience accumulée en ce domaine pourrait être fort utile pour le Tribunal spécial pour le Liban.

PAKISTAN

_10 septembre, Islamabad. L’ancien Premier ministre Nawaz Sharif expulsé vers l’Arabie saoudite, quelques heures après son retour au Pakistan, après 7 ans d’exil forcé.

[Le gouvernement pakistanais affirme que Nawaz Sharif s’était engagé à dix ans d’exil alors que celui-ci assure que son absence forcée du Pakistan ne devait pas dépasser cinq ans.]

_22 août, Islamabad. La Cour suprême autorise le retour d'exil de l'ex-Premier ministre Nawaz Sharif. Ce dernier a indiqué qu'il mènerait lui-même son parti aux élections législatives qui doivent se dérouler au plus tard début 2008. Il n'a toutefois pas précisé la date de son retour au Pakistan.

[Pour la troisième fois en un mois, la Cour Suprême a infligé un revers sévère au président Pervez Musharraf en statuant que l'ancien Premier ministre Nawaz Sharif et son frère Shabaz "jouissent du droit inaliénable de revenir et de rester dans le pays en tant que citoyens du Pakistan".]

_20 juillet, Islamabad. La Cour suprême pakistanaise juge "illégale" la suspension de son président, Iftikhar Mohammed Chaudhry – suspendu depuis le 9 mars par le président pakistanais Pervez Musharraf -, et annule toutes les charges de "mauvaises conduites" portées contre lui.

[Cette décision, qui réinstalle M. Chaudhry à la tête de la Cour, est un revers très sérieux pour le général Musharraf, déjà confronté aux extrémistes islamistes qui multiplient les attentats, et aux critiques des Etats-Unis qui lui reprochent de ne pas en faire assez contre les "terroristes". "La justice est restaurée, l'histoire réécrite", titre le quotidien anglophone The News, qui parle aussi de "triomphe de la raison et de la loi".]

PEROU

_22 septembre, Santiago. Sept ans après s'être enfui au Japon, l'ancien président péruvien Alberto Fujimori extradé du Chili par avion pour Lima, où il devrait être jugé pour corruption et violations des droits de l'homme. Réfugié au Chili, il avait été assign&e