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2007-L'actualité des droits de l'homme dans le monde

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AFGHANISTAN

_16 novembre, Kaboul. La production d'opium en Afghanistan représente à présent plus de la moitié – 53% - du produit intérieur brut licite du pays, affirme le dernier numéro de 2007 de Afghan Opium Survey, publié par l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC).

Selon le directeur de l'ONUDC, Antonio Maria Costa, la valeur de la totalité des exportations de stupéfiants produit et passé en contrebande à partir de l'Afghanistan en 2007 serait de l'ordre de 4 milliards de dollars, soit une augmentation de 29% par rapport à l'année précédente.

Environ un quart de ce montant, soit un milliard de dollars, revient aux cultivateurs, alors que les autorités locales prélèvent un pourcentage sous forme de taxe sur la récolte. Pour leur part, les insurgés et les chefs de guerre contrôlent la production et la distribution des stupéfiants, les trafiquants se partageant le reste du butin. "Les malfaiteurs, les insurgés et les terroristes réalisent des bénéfices astronomiques qui se comptent en centaines de millions de dollars", souligne Antonio Maria Costa, affirmant que, rien que cette année, les exportations d'héroïne et de morphine atteignent les 660 tonnes.

_6 novembre, Kaboul. Un attentat-suicide dans une usine de sucre de la ville de Pul-i-Khumri, dans le nord de l'Afghanistan, provoque la mort de 41 personnes, dont six parlementaires en visite dans l’usine. L’attentat n’a pas été revendiqué.

[Il s'agit de l’attentat le plus meurtrier qu'ait connu l'Afghanistan depuis l'invasion du pays en 2001 par la coalition conduite par l'armée américaine. Les kamikazes talibans ont déjà supprimé des gouverneurs régionaux, mais ils n'avaient jamais tué autant de hauts responsables en une seule fois.]

ARGENTINE

_18 décembre, Buenos Aires. Six militaires et un policier condamnés à de lourdes peines de prison dans le cadre de procédures - contre les responsables de crimes commis pendant la dictature militaire en Argentine (1976-1983) - rouvertes depuis l'annulation en 2005 des lois d'amnistie.

Parmi les condamnés se trouve un ancien chef de l'armée de terre pendant les années de plomb, le général Cristino Nicolaides, qui a écopé d'une peine de vingt-cinq ans de prison. Un ex-policier a été condamné à vingt ans de prison. Ils ont été reconnus coupables de l'enlèvement et de la disparition, entre 1979 et 1980, de cinq membres de la guérilla péroniste Montoneros.

[Jusqu'alors, deux anciens policiers et un ex-aumônier militaire, Christian Von Wernich, avaient été condamnés pour violations des droits de l'homme à la prison à perpétuité. Quelque 300 civils et militaires attendent d'être jugés.]

BANGLADESH

_19 novembre, Dacca. Le cyclone Sidr, qui a balayé jeudi soir la côte sud du Bangladesh avec des vents atteignant 250 km/h, a fait des milliers de morts. Le bilan officiel fait état de plus de 3’000 morts, "il pourrait dépasser les 5’000, mais il restera sous les 10’000", selon Abdur Rab, le président du Croissant-Rouge bangladais. Les autorités doivent porter secours à plusieurs millions de rescapés qui manquent d'eau et de nourriture.

[En 1991, un raz-de-marée avait causé la mort de 143’000 personnes.]

BIRMANIE

_10 décembre, Bangkok. "La patience de la communauté internationale est "à bout", déclare Ban Ki-moon. "Nous avons ouvert une petite fenêtre de dialogue avec le gouvernement [birman]. La nomination de M. Aung Kyi, qui fait office de ministre de liaison entre [la prix Nobel de la paix] Daw Aung San Suu Kyi et le gouvernement, est un bon début. J'espère que cette relation sera renforcée afin qu'elle puisse engager un dialogue de réconciliation politique plus approfondi avec le gouvernement", ajoute le secrétaire général des Nations unies.

"Il est grand temps que les autorités du Myanmar [Birmanie] et sa population puissent jouir d'un véritable gouvernement démocratique et de la liberté ainsi qu'une d'une intégration avec la communauté internationale, au niveau régional et international".

_7 décembre, New York. Le régime militaire birman "continue de mentir" sur le nombre de personnes tuées et arrêtées lors de la répression, en septembre 2007, du mouvement de protestation emmené par des moines bouddhistes, affirme Human Rights Watch (HRW).
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Dans un rapport sur la répression des manifestations en Birmanie, l'association de défense des droits de l'homme déclare avoir dénombré 20 morts uniquement à Rangoun, soit 10 de plus que le bilan officiel, et estime que le chiffre des tués est "bien plus élevé" que ce que la junte admet et que "des centaines" de personnes restent en détention. "La répression est loin d'être terminée", ajoute l'organisation américaine, qui dénonce la poursuite de raids nocturnes et d'actes d'intimidation contre des opposants et des moines, dont des milliers ont été arrêtés. HRW précise qu'on est sans nouvelles de "centaines de manifestants".

          Pus d'info

_23 novembre, Paris. Dans un entretien au quotidien "Le Monde", Ibrahim Gambari fait le point sur sa mission de conciliation. Putôt que d'évaluer les chances de succès de sa mission, le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour la Birmanie compare les points positifs et les points négatifs. "Pour l'instant, le positif l'emporte", dit-il. "Mais ça peut basculer."

Côté positif : "Le processus de dialogue paraît être engagé, même s'il est fragile et réversible. Un ministre chargé de faire la liaison avec Aung San Suu Kyi a été nommé et l'a vue deux fois. Elle a été autorisée à rencontrer les responsables de son parti. J'ai été autorisé à lire une déclaration de la part d'Aung San Suu Kyi. Les autorités ont libéré 2’600 prisonniers, dont 700 religieuses et 50 prisonniers politiques de la Ligue nationale pour la démocratie (LND, le parti d'Aung San Suu Kyi). Le rapporteur spécial pour les droits de l'homme, Paulo Sergio Pinheiro, a pu y aller. Le Comité international de la Croix-Rouge est, en principe, invité à y retourner et à voir les détenus. Plusieurs fonctionnaires des Nations unies s'y sont également rendus et nous avons un accord de principe pour l'installation d'un bureau de liaison du secrétaire général des Nations unies à Rangoun".

Côté négatif : "Aung San Suu Kyi est toujours en détention, de même que les autres prisonniers politiques dont nous ignorons le nombre. On fait état de nouvelles arrestations. Il n'y a aucun calendrier pour la "feuille de route de démocratisation en sept points" du régime et lorsque l'on sait qu'il a fallu quatorze ans pour réaliser le premier point, les pays voisins sont en droit de se poser la question. Il n'y a pas, non plus, de calendrier pour le lancement d'un dialogue substantiel : nous n'y sommes pas encore".

_22 novembre, Singapour. L'Union européenne et les pays de l'Asean souhaitent de concert la libération des prisonniers politiques en Birmanie et une coopération économique renforcée.

"Nous saluons la décision du gouvernement [birman] d'accentuer son engagement avec les Nations unies et d'entamer un dialogue avec Daw Aung San Suu Kyi, rappelant qu'un tel dialogue devra être conduit avec tous les groupes ethniques et les parties concernés", indique une déclaration commune.

[La Birmanie est membre de l'Asean - Association des nations du Sud-Est asiatique].

_20 novembre, New York. La répression des manifestations pour la démocratie, fin septembre, en Birmanie, condamnée par la 3e Commission de l'Assemblée générale des Nations unies.

Une résolution, parrainée par les pays européens, les Etats-Unis, le Canada, l'Australie et la Nouvelle-Zélande, adoptée par 88 voix contre24, et 66 abstentions, "condamne énergiquement le recours à la violence contre des manifestants paisibles exerçant leur droit à la liberté d'opinion, d'expression, de réunion et d'association pacifique".

Dans la résolution de la Commission, les Etats membres se déclarent "gravement préoccupés par les violations systématiques des droits de l'homme et des libertés fondamentales, y compris des droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels, dont souffre encore la population" de Birmanie. Ils déplorent également "les détentions arbitraires" et "la prolongation de l'assignation à résidence de la dirigeante de l'opposition Aung San Suu Kyi". Ils appellent le gouvernement birman à "lever les restrictions limitant les libertés" et à "renouer sans tarder le dialogue avec tous les acteurs politiques, y compris la Ligue nationale pour la démocratie et les représentants des groupes ethniques".#

[L'ambassadeur de Birmanie aux Nations unies, Kyaw Tint Swe, a rejeté la résolution. "Nous ne sommes ni surpris par le résultat du vote, ni découragés," a-t-il déclaré.]

_16 novembre, Bangkok. Au terme de sa visite de cinq jours en Birmanie, Paulo Sérgio Pinheiro, Rapporteur spécial du Conseil des droits de l’homme indique que sa mission - la première depuis quatre ans - s'inscrivait dans un processus plus long, et qu'elle avait eu pour objectif d'examiner la crise intérieure qui a secoué le pays aux mois d'août et septembre 2007.

[L’expert des Nations unies, qui a demandé aux autorités de permettre le retour en Birmanie du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), a regretté de ne pas avoir pu s'entretenir avec l'opposante Daw Aung San Suu Kyi. Les résultats de sa mission et ses recommandations seront publiés dans un rapport remis en décembre au Conseil des droits de l'homme.]

_8 novembre, Rangoun. Le Conseiller spécial du secrétaire général des Nations unies pour la Birmanie, Ibrahim Gambari, transmet un message de l'opposante Daw Aung San Suu Kyi, dans lequel celle-ci se dit disposée à coopérer avec la junte militaire au pouvoir.

"Dans l'intérêt de la nation, je reste prête à coopérer avec le gouvernement afin de faire du dialogue un succès et je salue les bons offices, nécessaires, des Nations Unies pour faciliter ces efforts", affirme la prix Nobel de la paix, dont le parti, la Ligue nationale pour la démocratie, a remporté les élections en 1990 avant le coup d'Etat militaire du régime actuel.

Aung San Suu Kyi salue "la nomination le 8 octobre d'Aung Kyi au poste de "ministre des Relations" [avec l'opposition]. "Notre première réunion du 25 octobre a été constructive et j'espère à l'avenir des discussions régulières".

"Je compte que cette phase de consultations préliminaires se terminera rapidement et qu'un dialogue significatif assorti d'un calendrier pourra commencer aussi vite que possible avec le Conseil de paix et de développement de l'Etat (SPDC) [nom officiel du régime birman] ", affirme le message.

Saluant "le rôle essentiel des partis politiques dans les sociétés démocratiques", et marquant sa "gratitude" pour les sacrifices de son parti, elle souligne que, en tant que secrétaire général de son parti, elle sera guidée par ses principes. Mais, elle estime "vital" de prendre en compte également "les intérêts et l'opinion d'un éventail d'organisations et de forces politiques aussi larges que possible, en particulier ceux des "races ethniques nationales".

_6 novembre, Genève. Le Rapporteur spécial du Conseil des droits de l’homme sur la situation des droits de l'homme en Birmanie, Paulo Sérgio Pinheiro, autorisé par les autorités birmanes "à visiter le pays du 11 au 15 novembre 2007".

[Selon Amnesty International, environ 700 "prisonniers politiques" sont encore maintenus en détention. Les autorités birmanes affirment que seules sont encore détenues 91 des trois milliers de personnes interpellées lors de la répression des manifestations, fin septembre.
Selon l'organisation de défense des droits de l'homme, des enfants figurent parmi ces prisonniers, ainsi qu'au moins deux femmes enceintes de trois et sept mois. L'organisation dit posséder des "informations confirmées" faisant état de mauvais traitements et de détention dans des cellules surpeuplées, sans nourriture, eau, couverture ni médicaments.]

_4 novembre, Rangoun. De retour en Birmanie, Ibrahim Gambari rencontre le général à la retraite Aung Kyi, nommé par la junte pour établir le contact avec le leader de l'opposition, Aung San Suu Kyi, en résidence surveillée.
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L’émissaire des Nations unies espère que ces premiers contacts "conduiront à une rapide entame de dialogue visant à accélérer une réconciliation nationale complète, le rétablissement de la démocratie et le plein respect des droits de l'homme".

_24 octobre, Paris. Une lettre, signée par Jody Williams, Shirin Ebadi, Wangari Maathai, Rigoberta Menchu Tum, Betty Williams et Mairead Corrigan Maguire, exhorte la communauté internationale à poursuivre la pression sur la junte birmane pour que la liberté et la démocratie soient rétablies dans le pays.

La lettre rappelle que la 7e lauréate en vie du Prix Nobel de la Paix, Aung San Suu Kyi, est détenue en Birmanie, où elle a passé près de 12 des 18 dernières années en prison ou assignée à résidence.

[En 100 ans d’histoire du Prix Nobel, 12 femmes ont obtenu le Prix Nobel de la Paix. Sept seulement sont encore en vie, dont Suu Kyi, lauréate en 1991.]

_24 octobre, New York. Paulo Sérgio Pinheiro, le Rapporteur spécial du Conseil des droits de l'homme sur la situation en Birmanie, déclare recevoir des rapports alarmants sur la situation des droits de l'homme dans le pays.

Si les chiffres et les informations disponibles sur les morts en détention, les cas de torture et les disparitions, sont insuffisants et diffèrent sensiblement, ils n'en requièrent pas moins une enquête précise et approfondie, car ils sont très préoccupants, souligne-t-il. Des sources fiables font état d’un usage excessif de la force de la part des corps de police nationale, et la présence à leurs côtés de groupes armés non-étatiques. Cependant, l’expert des Nations unies indique se trouver dans l'impossibilité de donner des chiffres exacts sur le nombre de personnes tuées, arrêtés, ni même détenues.

"Ce qui me dérange, c'est que la répression n'ait pas cessé", souligne-t-il. Or, "la fin de la violence de la part de la police et de l'armée ne représente que le commencement des avancées qui sont nécessaires de façon urgente", car "le point de départ est un vrai dialogue avec l'opposition".

_20 octobre, Paris. "Il n’y aura pas de changement [en Birmanie] sans l’armée", déclare au quotidien Le Monde, l’historien Thant Myint-U. Pour cet ancien fonctionnaire des Nations unies, la politique occidentale de sanctions contre le régime est contre-productive, alors que l'armée est la seule institution qui fonctionne en Birmanie. Il met en garde ceux qui prônent un "changement de régime" contre les risques d'anarchie, d'un scénario à l'irakienne.

Même l’opposante Aung San Suu Kyi, en résidence surveillé, "le reconnaît. Aucun scénario de changement sans l'armée ne tient debout, car c'est la seule institution qui empêche ce pays de s'effondrer. Après, il faut planifier, prévoir d'autres possibilités. Il y a une chose qu'on ne réalise pas, c'est à quel point ce pays est au bord de la désintégration sociale, à quel point sa décomposition s'est accélérée. On atteindra bientôt un stade où la crise sera tellement aiguë que tout scénario politique sera irréaliste. En Birmanie, on traverse des villes et des villages où, en dehors de l'armée, plus aucune institution ne fonctionne, ou alors dans un état d'extrême faiblesse. Il n'y a pas d'administration, la santé publique n'existe plus, l'éducation s'est écroulée, l'économie est exsangue".

__17 octobre, Rangoun. La junte birmane annonce qu'elle recherche encore des personnes ayant pris part aux manifestations de septembre, affirmant que près de 3’000 personnes ont été arrêtées, dont plusieurs centaines sont toujours détenus.

La déclaration officielle de la junte, publiée en "une" du journal The New Light of Myanmar, voix officielle du gouvernement, indique que "ceux qui ont mené, été impliqués et soutenu l'agitation qui a éclaté en septembre ont été convoqués et sont interrogés. […] Certains sont encore convoqués pour être interrogés et ceux qui doivent être relâchés le seront".#

[Selon ce communiqué, 2’927 personnes ont été arrêtées et près de 500 sont encore détenues. Le dernier bilan diffusé par les autorités, le 8 octobre, faisait état de près de 2’100 arrestations.]

_16 octobre, Rangoun. Le régime birman affirme n'avoir aucune raison de "changer de direction" en dépit de toutes les actions internationales entreprises ou envisagées pour faire cesser la répression contre des opposants."Nous allons continuer. Il n'y a pas de raison de changer de direction", assure le quotidien officiel New Light of Myanmar, contrôlé par le régime, ajoutant : "Nous écarterons tous les obstacles qui seraient devant nous."

Le journal réaffirme qu'il n'y a pas de prisonniers politiques en Birmanie. "En réalité, il n'y a personne en prison pour des motifs politiques. S'y trouvent seulement ceux contre qui une action a été entreprise pour violation des lois existantes", affirme-t-il.

_15 octobre, Genève. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) demande à visiter les manifestants arrêtés et incarcérés en Birmanie pour avoir participé au mouvement de contestation du régime.

"Le CICR est profondément inquiet du sort des milliers de personnes qui auraient été arrêtées en relation avec les événements récents survenus au Myanmar [Birmanie]", déclare Pierre Krähenbühl, directeur des opérations du CICR. L'organisme voudrait pouvoir "évaluer leurs conditions de traitement et de détention" et les aider à entrer en contact avec leurs proches.

Le CICR n'est pas parvenu jusqu'ici à rétablir un dialogue significatif avec les généraux birmans, relève Pierre Krähenbühl, qui regrette que "les efforts [du CICR] n'aient pas encore produit de résultat tangible", mais se dit "déterminé à les poursuivre".

          Pus d'info

[En juin 2007, le Comité international de la Croix-Rouge avait déjà fermement dénoncé "les violations du droit international humanitaire commises à l'encontre des civils et des détenus par le gouvernement du Myanmar [Birmanie]".

_15 octobre, Bangkok. L'émissaire des Nations unies pour la Birmanie, Ibrahim Gambari, demande à la junte birmane de mettre fin immédiatement aux arrestations d'opposants, en particulier de dirigeants étudiants.

Dans des déclarations à la presse à Bangkok, première étape d'une tournée en Asie, l’expert des Nations unies qualifie "d'extrêmement troublantes" les informations sur la poursuite d'interpellations, d'interrogatoires et d'actes d'intimidation en Birmanie. "Ces actions doivent s'arrêter sur-le-champ", souligne-t-il, parce qu'elles "vont à l'encontre de l'esprit d'engagement mutuel entre les Nations unies et la Birmanie".

_11 octobre, New York. Le Conseil de sécurité des Nations unies adopte une déclaration qui "déplore vivement l’utilisation de la violence contre des manifestations pacifiques" et "souligne l’importance de la libération rapide de tous les prisonniers politiques et des autres détenus".

Le texte demande au gouvernement birman "d’oeuvrer avec toutes les parties concernées dans le sens de l’apaisement de la situation et d’une solution pacifique".

_11 octobre, New York. L'organisation Human Rights Watch (HRW) appelle le Conseil de sécurité des Nations unies à décréter un embargo sur les armes contre la Birmanie, et dénonce en particulier six pays fournissant en armements le régime militaire.
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L'Inde et la Chine, mais aussi la Russie, Israël, la Corée du Sud et la Corée du Nord, sont pointés du doigt par HRW pour avoir livré des équipements utilisés par les militaires birmans afin de "commettre des abus" en matière des droits de l'homme, et ainsi "soutenir leur capacité à se maintenir au pouvoir", affirme l'organisation. Selon HRW, l'Inde apparaît, avec la Chine, comme l'un des principaux fournisseurs d'armements à la junte au pouvoir, avec notamment plusieurs livraisons, en 2007, d'avions et d'hélicoptères de surveillance. "Il est temps que le Conseil de sécurité mette fin à toutes les ventes d'armes à un gouvernement qui utilise la répression et la peur pour s'accrocher au pouvoir", estime Brad Adams, directeur pour l'Asie de HRW.

_4 octobre, Rangoun. La télévision d'Etat birmane annonce que le chef de la junte, le général en chef Than Shwe, pourrait s'entretenir personnellement avec Daw Aung San Suu Kyi, maintenue en isolement depuis 2003, si celle-ci abandonnait sa politique de "confrontation" et de soutien à la politique occidentale de "sanctions".

[Le 5 octobre, un porte-parole de la Ligue nationale pour la démocratie (LND, opposition) a indiqué à l'Agence France-Presse (AFP) qu'Aung San Suu Kyi pourrait examiner l'offre de face-à-face avec Than Shwe "sous un jour positif", mais que la décision finale appartenait à "La Dame" de Rangoun.]

_3 octobre, Paris. "Les bonzes birmans ont été les principales victimes de la répression qui a mis fin, au moins pour le moment, au mouvement de protestation populaire de septembre dans le pays, et qui semble avoir frappé les religieux bouddhistes à une échelle plus grande qu'il n'est d'abord apparu, selon des informations de diverses sources", indique le quotidien Le Monde.

Selon la BBC, 4’000 bonzes ont été arrêtés pendant et après les manifestations et plusieurs d'entre eux ont été tués. Ils seraient détenus dans un ancien champ de courses et un institut technologique, à Rangoun.

[La télévision birmane annonce que 2’093 personnes ont été arrêtées et 692 d'entre elles, jugées innocentes après interrogatoire, relâchées.]

_2 octobre, Genève. Le Conseil des droits de l'homme des Nations unies déplore la répression violente des manifestations pacifiques par les autorités birmanes et leur demande de libérer toutes les personnes arrêtées. La résolution présentée par l'Union européenne (UE) a été adoptée par consensus.

          Pus d'info

_2 octobre, Rangoun. L'Envoyé spécial des Nations unies pour la Birmanie, Ibrahim Gambari, rencontre le dirigeant du pays, le général en chef Than Shwe, à Nay Pyi Taw, la capitale administrative du pays.

[Ibrahim Gambari est rentré à Rangoun où il a rencontré pendant 45 minutes et pour la deuxième fois lors de ce voyage l'opposante et prix Nobel de la paix Daw Aung San Suu Kyi, qui est toujours en résidence surveillée.]

_2 octobre, Bruxelles. La Confédération syndicale internationale (CSI) a dressé la liste de onze entreprises multinationales accusées de "soutenir le régime brutal" de Birmanie, les appelant à se retirer de la Birmanie.
La liste de la CSI inclut "d'importantes multinationales, en affaires avec la Birmanie, dont Caterpillar (Etats-Unis), China National Petroleum Corporation et China National Offshore Oil Corporation (Chine), Daewoo International et Hyundai (Corée du Sud), Siemens (Allemagne), Gas Authority of India et ONGC Videsh Ltd (Inde), GlaxoSmithKline (Royaume-Uni), Swift (Belgique) et Total (France)".

_1er octobre
, New York. Intervenant devant l’Assemblée générale des Nations unies, le ministre des affaires étrangères birman, U Nyan Win, se félicite d'un retour à la normale en Birmanie. ''Le personnel de sécurité a fait preuve de la plus grande retenue et n'est pas intervenu pendant près d'un mois. Cependant, lorsque la foule est devenue indisciplinée et provocatrice, [nous avons] été obligés de déclarer un couvre-feu. Par la suite, lorsque les manifestants ont ignoré leurs avertissements, [nous avons] dû agir et rétablir la situation'', affirme-t-il.
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Le diplomate birman accuse "des opportunistes politiques" de vouloir provoquer une épreuve de force dans son pays, avec l'aide de pays étrangers, dans le but de tirer parti du chaos qui pourrait s'en suivre.

CHINE

_31 DECEMBRE. Comme le prévoyait la résolution 1769 du Conseil de sécurité des Nations unies, une mission "hybride" composée des forces des Nations unies et de l’Union africaine (UA) a pris le relais de la mission de l'Union africaine au Darfour (AMIS).

[Une fois déployée dans son intégralité, cette Mission conjointe des Nations unies et de l'Union africaine au Darfour (Minuad), la Minuad sera forte de 19’555 soldats et de plus de 6’432 policiers et personnels civils, ce qui en fera la plus grosse opération de maintien de la paix des Nations unies au monde. Mais, dans les faits, la Minuad ne démarre qu'avec quelque 9’000 personnes sur le terrain : les 7’000 soldats et 1’200 policiers de l'AMIS déjà en place et quelques soldats et policiers des Nations unies envoyés en renfort en 2007.]

_28 décembre, Pékin. Le militant chinois des droits de l'homme Hu Jia arrêté pour "subversion du pouvoir de l'Etat", révéle le réseau de défenseurs des droits de l'homme Chinese Human Rights Defenders (CHRD).

["Alors que la communauté internationale a les yeux tournés vers le Pakistan, la police politique chinoise en profite pour arrêter l'une des figures emblématiques du combat pacifique en faveur de la liberté d'expression en Chine", a dénoncé de son côté l'association Reporters sans frontières (RSF), qui demande aux gouvernements étrangers, et notamment à l'Union européenne, de "se mobiliser en faveur de Hu Jia". Le militant avait été récompensé le 5 décembre par un prix spécial décerné par RSF et s'était, à cette occasion, exprimé par webcam de la Chine.]

_21 octobre, Pékin. Fin du 17e congrès du Parti communiste chinois (PCC). Les 2’200 délégués participant au congrès ont fait inscrire dans la constitution du Parti, au même titre que la "pensée Mao Zedong", les notions d’"harmonie sociale" et de "développement scientifique" - qui vise à allier croissance, protection de l'environnement et égalité économique. Hu Jintao, 64 ans, perésident de la République, reconduit pour cinq ans à la tête du Parti communiste, est le quatrième dirigeant chinois à marquer de son empreinte la constitution du PCC, après Mao, Deng Xiaoping et Jiang Zemin.

Durant ce congrès, le président chinois a insisté sur la nécessité d'un "développement équilibré pour assurer une croissance saine et rapide" du géant asiatique, pays le plus peuplé au monde (1,3 milliard d'habitants) en passe de devenir la troisième économie de la planète.

[Jiang Zemin, 80 ans, présida au décollage de la Chine, à la fin des années 1990. "Il personnifia la vision d'une croissance à tous crins, au mépris des conséquences sociales et écologiques, écrit Bruno Philip, dans Le Monde. M. Hu a modifié le discours dans le but - théorique pour le moment - d'infléchir la trajectoire : l'actuel numéro un exalte désormais les vertus de l'"harmonie sociale", afin que les nécessités de la croissance économique cessent d'alimenter les disparités de revenus entre villes et campagnes et les répercussions sur l'environnement d'une Chine toujours plus assoiffée d'énergie. Il veut que soit inscrite dans les textes sa philosophie du "développement scientifique", qui revient, selon un diplomate étranger à Pékin, à "replacer l'individu au coeur du développement". C'est-à-dire à limiter l'impact social d'une croissance aveugle". Le Monde, 16 octobre 2007.]#

_15 octobre, Pékin. Dans un discours prononcé à l’ouverture du 17e congrès du Parti communiste chinois (PCC), le président de la République populaire de Chine, Hu Jintao, met l'accent sur la nécessité de corriger les impacts sociaux négatifs de la croissance, promet de veiller à la défense de l'environnement et appelle à la poursuite de la lutte contre la corruption. Il affirme également souhaiter un "accord de paix" avec Taïwan, dont l'indépendance ne sera "jamais tolérée".

Hu Jintao, qui est aussi le secrétaire général du PCC, reconnaît que le décollage de la Chine s'est effectué au prix d'un "coût excessif pour nos ressources et notre environnement". "Le développement des villes et des campagnes et celui entre l'économie et la société demeure déséquilibré", souligne-t-il, assurant que "les schémas de développement doivent être changés de manière significative".

REPERES. 1921 : création du Parti communiste chinois (PCC) à Shanghaï |1949 : Mao Zedong proclame la République populaire de Chine à Pékin | 1976 : mort de Mao Zedong | 1982 : 12e congrès du PCC, qui entérine la politique de réforme engagée par Deng Xiaoping | 1989 : répression des manifestations pour la démocratie à Pékin | 1993 : Jiang Zemin devient président | 2002 : Hu Jintao est désigné secrétaire général du PCC | 2003 : Jiang Zemin se retire de la présidence au profit de Hu Jintao.

CONGO | République démocratique

_19 octobre, New York. La Représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies pour les enfants et les conflits armés, Radhika Coomaraswamy, se dit inquiète de l'escalade des recrutements forcés d'enfants et des violences sexuelles commis par les forces armées de Laurent Nkunda, du Front démocratique de libération du Rwanda (FDLR) et des milices alliées dans la province du Nord Kivu, en République démocratique du Congo.

"On estime à plusieurs centaines le nombre d'enfants dans les rangs des forces de Nkunda et plusieurs milliers risquent de s'y retrouver à tout moment", prévient-elle. Au cours des dernières semaines, de nombreux enfants ont fui leurs villages pour échapper aux tentatives de recrutement effectuées dans des écoles du Masisi.

COREE DU NORD

_4 octobre, Pyongyang. Le président sud-coréen, Roh Moo-hyun, et son homologue nord-coréen, Kim Jong-il, signent une "déclaration de paix et de prospérité" par laquelle ils annoncent que "les deux Corées entendent mettre fin à la situation d'antagonisme militaire dans la péninsule et coopérer pour appeler les nations concernées à signer une déclaration mettant fin à l'état de guerre". Les deux pays "partagent l'opinion qu'il faut passer de l'armistice à un régime de paix permanente dans la péninsule".

[Les deux dirigeants ont paraphé une "Déclaration pour le développement des  relations intercoréennes, la paix et la prospérité" en huit points dans lequel les deux pays s'engagent à promouvoir la paix et la prospérité sur la péninsule divisée depuis plus de cinq décennies. La déclaration va plus loin que celle de juin 2000 en appelant les pays concernés à mettre fin à "l'état de guerre". Elle appelle la signature d'un acte de paix par "trois ou quatre chefs d'Etat" - une précision, indique Le Monde, qui implique l'éventuelle participation du chef de l'Etat sud-coréen en plus de ceux de la Chine, des Etats-Unis et de la Corée du Nord. La Corée du Sud n’est pas signataire de l’armistice de 1953 contrairement aux Etats-Unis (au nom des Nations unies), à la Chine et à la Corée du Nord.
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En outre, la déclaration énumère plusieurs engagements de coopération entre les deux pays : la création d'un complexe industriel dans la région du port de Haeju (nord de la zone démilitarisée) ; la rénovation de la voie ferroviaire entre la ville de Kaesong et celle de Sinuiju (près de la frontière chinoise) et de l'autoroute Kaesong-Pyongyang, et la mise en service de la voie ferrée raccordant le Sud et le Nord à travers la zone démilitarisée.

La Corée du Nord a accepté de démanteler d'ici au 31 décembre 2007 son réacteur de Yongbyong et d'autres installations nucléaires en vertu d'un accord passé lors de pourparlers réunissant six pays (Etats-Unis, Russie, Chine, Japon, Corée du Nord, Corée du Sud) à Pékin.]

ESPAGNE

_10 novembre, Santiago. Une vive altercation entre le chef du gouvernement espagnol, José Luis Zapatero (socialiste), et le président vénézuélien Hugo Chavez marque la fin du Sommet ibéro-américain organisé au Chili.

[A quelques minutes de la clôture du sommet, Hugo Chavez a attaqué le prédécesseur de José Luis  Zapatero, José Maria Aznar (conservateur), en ces termes : "un fasciste n'est pas humain, un serpent est plus humain qu'un fasciste". L'actuel chef du gouvernement espagnol a réclamé davantage de "respect" pour tout dirigeant élu démocratiquement.]

_31 octobre, Madrid. Le projet de loi sur la "mémoire historique" adopté par le Congrès des députés (Parlement) - 185 voix contre 137. Le texte – le premier du genre en Espagne – a pour objet la "réparation morale" et le rétablissement public de la mémoire des victimes de persécutions politiques, idéologiques ou religieuses durant la Guerre civile et la dictature de Francisco Franco.

La loi proclame "l'illégitimité" des tribunaux militaires - qui ont été à l'origine de quelque 50000 exécutions - et des jugements prononcés "pour des motifs politiques, idéologiques ou de croyances religieuses".

Les administrations centrales et locales devront favoriser la suppression des plaques, monuments, symboles liés au franquisme, encore présents dans de nombreuses communes. Mais un amendement permet à l'Eglise, dont les lieux de culte comportent très souvent des hommages à ceux qui sont "tombés pour Dieu et pour l'Espagne", d'échapper à cette obligation. L'Etat et les collectivités locales devront aider à la localisation des fosses où sont enterrés les fusillés.

[Le Parti populaire (PP, opposition) a voté contre le texte qui, selon lui, "rompt l'héritage qui a permis la transition [démocratique]" et tombe "dans la même erreur que le franquisme" en voulant "imposer une mémoire unique et officielle". En revanche, il s'est prononcé en faveur d'une disposition qui interdit l'exaltation du franquisme.]

_31 octobre, Madrid. La justice espagnole reconnaît coupables 21 des 28 accusés dans le procès des attentats du 11 mars 2004 à Madrid, qui ont fait 191 morts et 1’841 blessés. Les attentats avaient été revendiqués par Al-Qaida.

L'Espagnol José Emilio Suarez Trashorras et le Marocain Othman El-Gnaoui, qui ont fourni les explosifs, ainsi qu'un autre Marocain, Jamal Zougam, reconnu comme l'un des poseurs de bombes, ont été inculpés d'assassinats et de tentatives d'assassinats terroristes. Leurs peines ont été limitées à 40 ans de prison.

Deux autres accusés considérés comme des organisateurs des attentats, les Marocains Youssef Belhadj et Hassan Al-Haski, se voient infliger des peines inférieures à 20 ans de prison. Leur implication directe dans les attentats du 11 mars 2004 n'ayant pu être établie par le tribunal, ils sont condamnés seulement pour appartenance à un groupe terroriste. En revanche, la justice espagnole a acquitté, faute de preuves matérielles, Rabei Ousmane Sayed Ahmed, dit "Mohamed l'Egyptien", pourtant considéré comme un des cerveaux des attentats.#

_28 octobre, Rome [Vatican]. Quelque 30’000 fidèles assistent à la plus grande messe de béatification de l'histoire de l'Eglise catholique, élevant au rang de "martyrs" de la guerre civile d’Espagne, tués par "haine de la foi", 498 religieux (dont 2 évêques et 24 prêtres), tués en 1936 et 1937, au début des affrontements qui déchirèrent l'Espagne après le soulèvement des "nationalistes" du général Francisco Franco contre le gouvernement de Front populaire.

Pour Benoît XVI, les 498 religieux étaient "exclusivement motivés par leur amour du Christ". Ce sont "des témoins héroïques de la foi qui ont payé de leur sang leur fidélité au Christ et à son Eglise", ajoute-t-il, avant de lancer un appel à la réconciliation : "Que leurs paroles de pardon envers leurs persécuteurs nous poussent à travailler inlassablement à la miséricorde, la réconciliation et la coexistence pacifique". Au total, 966 "martyrs" ont été honorés, puisque, sous Jean Paul II, 468 victimes de la guerre ont déjà été béatifiées, dont deux canonisées.

[La cérémonie a provoqué une polémique en Espagne, où le gouvernement espagnol s'apprête à faire adopter par le Parlement une loi réhabilitant la mémoire des victimes du franquisme. Selon les historiens, plusieurs milliers de religieux ont été tués par des sympathisants républicains, avant et pendant la guerre civile (1936-1939) qui fit plus de 500’000 morts dans les deux camps.]

La conférence des évêques d'Espagne, hostile au projet de loi du gouvernement, estime que "l'utilisation de la mémoire historique, guidée par une mentalité sélective, ouvre à nouveau les vieilles blessures de la guerre civile et ravive des sentiments qui paraissaient avoir été surmontés".

A gauche, et dans les associations qui luttent pour retrouver les corps des républicains enterrés dans des fosses communes, cette béatification de masse a fait l'effet d'une provocation. L'Association pour la recherche de la mémoire a affirmé que "l'Eglise va perdre une grande occasion de mener à bien un exercice de reconnaissance de son rôle durant la guerre civile et la dictature franquiste. Tant qu'elle assumera son rôle de victime et non de bourreau, elle continuera de contribuer à une culpabilité stérile et une utilisation partielle de son passé".]#

ETATS-UNIS

_13 décembre, New York. L'Assemblée (chambre basse) du New Jersey adopte un projet de loi abolissant la peine de mort, faisant de cet Etat le premier des Etats-Unis à se prononcer en ce sens par un vote depuis plus de 40 ans.

[Cette décision a été accueillie par les associations de défense des droits de l'homme comme un pas vers la fin des exécutions aux Etats-Unis. "Pour la première fois en 40 ans les représentants élus d'un Etat américain important disent définitivement non à la peine capitale", a souligné David Fathi, directeur du département des Etats-Unis au sein de l'association des droits de l'homme Human Rights Watch. "C'est une indication de l'aversion croissante pour la peine de mort aux Etats-Unis", estime-t-il.]

_3 décembre, Washington. L’Iran a gelé son programme nucléaire militaire "à la fin de l’année 2003" et ne l’a pas réactivé, même si le pouvoir iranien "garde ouverte l’option militaire". Telles sont les conclusions du dernier rapport de la direction du Renseignement national américain, qui regroupe les seize principales agences de renseignement des Etats-Unis.

Le rapport estime que l’Iran, en cas de relance de son programme militaire, serait "très probablement incapable" de produire une bombe nucléaire avant 2009 ou 2010 - et, précise-t-il, cette capacité serait au mieux atteinte en 2015.

Points clés du rapport. Le Renseignement national considère avec "un haut degré de confiance" que "l'Iran a arrêté son programme d'armement nucléaire à la fin 2003". Il estime avec "un degré de confiance modéré qu'à la mi-2007, il n'avait pas été relancé".

L'arrêt de ce programme est dû "principalement à la pression internationale". Une "combinaison de menaces de surveillance internationale accrue et de pressions" et de mesures incitatives pousserait Téhéran à en maintenir l'arrêt.

L'Iran "est moins déterminé à développer des armes nucléaires que nous ne l'avions jugé depuis 2005", mais "garde [cette] option ouverte". Il "rencontre encore des problèmes techniques importants pour faire fonctionner" ses centrifugeuses d'uranium. Il "pourrait être capable de produire suffisamment d'uranium hautement enrichi pour [fabriquer] une bombe entre 2010 et 2015".

          Plus d'info   Point de vue : Un inquiétant rapport

[Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a qualifié de "victoire" la publication de ce rapport, y voyant une raison supplémentaire pour l’Iran de poursuivre ses activités nucléaires. "Il s'agit de la déclaration de la victoire du peuple iranien face aux grandes puissances".

Le directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique, Mohamed ElBaradeï, s’est dit soulagé par le rapport, estimant qu'il lui donnait raison. Ce rapport, qui contredit la thèse de l'administration américaine voulant que l'Iran construise la bombe atomique, "me fait pousser un soupir de soulagement parce qu'il est compatible avec notre évaluation".]

_17 octobre, Washington. Nucléaire iranien : George Bush se dit persuadé que l’Iran veut se doter de la bombe atomique. "Et je crois qu'il est dans l'intérêt du monde de les en empêcher, déclare-t-il. Voilà un dirigeant en Iran qui a annoncé qu'il veut détruire Israël. Alors je dis aux gens que s'ils ont envie d'éviter la Troisième Guerre mondiale, il semble qu'ils devraient s'intéresser à la manière d'empêcher [les Iraniens] d'avoir le savoir nécessaire pour fabriquer une arme nucléaire".

_17 octobre, Washington. Le président Bush et le Congrès américains rendent un hommage sans précédent au dalaï lama, passant outre aux protestations de la Chine pour honorer un "symbole universel de paix et de tolérance", selon les mots du président américain.

George Bush a remis au chef de l'Eglise tibétaine, revêtu de la robe safran et bordeaux des moines bouddhistes, la médaille d’or du Congrès, la récompense civile la plus prestigieuse, au cours d'une cérémonie sous la coupole du Capitole.

"Les Américains ne peuvent pas voir réprimer la liberté de religion et fermer les yeux ou se détourner. C'est pourquoi je continuerai à presser les dirigeants chinois d'accueillir le dalaï lama en Chine; ils se rendront compte que cet homme bon est aussi un homme de paix et de réconciliation", déclare George. Bush, qui avait auparavant reçu le leader tibétain à la Maison-Blanche.

[La Chine a vivement réagi à la visite aux Etats-Unis du dalaï-lama. "Le fait que le président américain [le] rencontre représente une sévère violation des normes de relations internationales", a déclaré, le 16 octobre, le ministre des affaires étrangères chinois, Yang Jiechi, avant même la rencontre entre George Bush et le chef de l'Eglise tibétaine. "Nous exprimons notre extrême insatisfaction et notre ferme opposition. Nous pressons les Etats-Unis d'annuler cette visite", a-t-il ajouté en remarquant que la Chine se sentait "blessée" de cette "interférence dans ses affaires intérieures".]#

_10 octobre, Washington. La Commission des affaires étrangères de la Chambre américaine des représentants approuve, par 27 voix contre 21, une résolution qualifiant de "génocide" les massacres d'Arméniens par les Turcs en 1915. La résolution va être présentée devant la Chambre des représentants, en séance plénière, d'ici à la mi-novembre. Une résolution similaire est également présentée au Sénat.

Le président Bush avait averti, avant le vote, qu'une telle résolution ferait un "grand tort" aux relations avec la Turquie, important allié des Etats-Unis au sein de l'OTAN. Huit anciens secrétaires d'Etat avaient écrit à la présidente de la Chambre des représentants, la démocrate Nancy Pelosi, favorable à la résolution, pour s'opposer au texte en brandissant un risque de mise en danger de la sécurité nationale américaine.

[Le président turc, Abdullah Gül, a jugé le texte "inacceptable" et accusé les parlementaires américains d'avoir sacrifié de graves problèmes à "leurs petites manoeuvres". La Turquie rejette la position arménienne, soutenue par de nombreux historiens occidentaux, selon lesquels 1,5 million d'Arméniens ont été massacrés durant la Première Guerre mondiale.]

EUROPE

_12 novembre, Strasbourg. Selon la Commission des questions juridiques de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE), qui approuve un rapport de Dick Marty (Suisse), les procédures employées par le Conseil de Sécurité des Nations unies et l'Union européenne (UE) pour inscrire sur liste noire des personnes et des groupes soupçonnés d'avoir des liens avec le terrorisme sont "totalement arbitraires et sans crédibilité aucune". Elles doivent être revues de toute urgence dans un souci d'équité, indiquent les parlementaires.

[Il y a quelque 370 personnes dans le monde qui ont actuellement leurs avoirs gelés et qui ne peuvent voyager car elles ont été inscrites sur liste noire par le Conseil de Sécurité des Nations unies. Une soixantaine d'entités figureraient sur la liste noire de l'Union européenne. Cependant, selon le projet de résolution approuvé par la Commission, ces sanctions peuvent être imposées "sur la base de simples soupçons".

Une telle procédure est "indigne" d'institutions internationales comme les Nations unies et l'Union européenne et fragilise la légitimité de "sanctions ciblées" dans la lutte contre le terrorisme, soulignent les parlementaires. Or, les Etats qui sont contraints d'exécuter ces sanctions, risquent de violer les obligations qui leur incombent au titre de la Convention européenne des droits de l'homme.]

-6 novembre
, Bruxelles. Les ministres de l'Intérieur et de la Justice de l’Union européenne (UE) approuvent l'entrée dans l'espace Schengen de huit pays d’Europe orientale et de Malte à partir du 21 décembre, ce qui permettra aux ressortissants de ces Etats de voyager sans passeport dans la plupart des pays de l'Union.

L'arrivée des Neuf - Slovaquie, Slovénie, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pologne, République tchèque et Malte- sera marquée par des cérémonies à plusieurs anciens postes frontières le 21 décembre. Dans les aéroports, les contrôles ne seront toutefois abolis que le 30 mars 2008.

_24 octobre, Strasbourg. A la suite de la ratification du traité par Chypre, la Convention du Conseil de l’Europe sur la lutte contre la traite des humains va entrer en vigueur le 1er février 2008.

Ce texte est un traité global axé essentiellement sur la protection des victimes de la traite et la sauvegarde de leurs droits. Elle s’applique à toutes formes de traites, quelles que soient les victimes et les formes d’exploitation.

_19 octobre, Lisbonne. Les 27 chefs d'Etat et de gouvernement des pays de l'Union européenne (UE), réunis à Lisbonne, parviennent à un accord sur un nouveau traité destiné à améliorer le fonctionnement de leurs institutions. Ce traité, qui réforme les traités antérieurs pour rendre l'Europe plus gouvernable, est le premier à avoir été négocié depuis que l'Europe, élargie en 2004 et 2007 aux pays d'Europe centrale, aux pays Baltes, à Malte et à Chypre, a atteint sa nouvelle dimension continentale.#

          Pus d'info        plus d'infoEurope, une étape

FRANCE

_20 décembre, Rome [Vatican]. Lors d’un discours prononcé à la basilique du Latran, lors de la prise de possession – toute symbolique– de son siège de "chanoine d'honneur", Nicolas Sarkozy propose d'enterrer la "guerre des deux France" (cléricale et révolutionnaire) et de réconcilier, pour de bon, la République laïque et l'Eglise catholique.

          plus d'info  Le discours de Nicolas Sarkozy

[Le discours du Latran est, d'abord, une relecture de l'histoire de France à partir de ses "racines" chrétiennes, d'évidence inspirée par Henri Guaino et Max Gallo, qui faisaient partie de la délégation française à Rome, écrit Henri Tincq, dans le quotidien Le Monde. "Les racines de la France sont essentiellement chrétiennes, martèle M. Sarkozy. J'assume pleinement le passé de la France et ce lien particulier qui a si longtemps uni notre nation à l'Eglise.

Nicolas Sarkozy rappelle comme le christianisme a façonné la nation française, sa culture, son éthique, ses arts et cite Pascal, Bossuet, Péguy, Claudel, Bernanos, Mauriac, Maritain, Mounier, René Girard et des théologiens comme de Lubac et Congar.

Il ne craint pas d'évoquer les "souffrances" infligées au clergé par la loi de séparation de 1905 (expulsion des congrégations, querelle des inventaires). L'interprétation aujourd'hui consensuelle de la loi de séparation des Eglises et de l'Etat de 1905 relève, dit-il habilement, d'une "reconstruction rétrospective". Mais on ne bâtit pas l'avenir d'une nation en ressassant les "blessures du passé". Le Monde, Paris, 21 décembre 2007.]

_11 décembre, Paris. Mouammar Kadhafi contredit le président français sur la question des droits de l'homme. "Nous n'avons pas évoqué, moi et le président Sarkozy, ces sujets", assure-t-il, dans un entretien à la chaîne France 2.

[Nicolas Sarkozy a bien "parlé" des droits de l'homme avec son hôte lors d'un entretien lundi et du dîner officiel, a aussitôt répliqué le secrétaire général de la présidence, Claude Guéant, ajoutant : "J'en ai été témoin".]

11 décembre, Paris. Dans un discours prononcé au siège de l’Unesco, devant ses "frères africains immigrés", Mouammar Kadhafi s’en prend à l'attitude des pays européens, qui selon lui "font de la surenchère sur les droits de l'homme et nous interrogent sur le respect des droits de l'homme dans nos pays", alors que "les étrangers sont maltraités en Europe".

"Nous sommes l'objet d'injustices. Notre continent a été colonisé, nous avons été réduits en esclavage, déplacés dans des navires comme du bétail. Aujourd'hui nous travaillons dans le bâtiment, dans la construction de routes [...]. Après tout cela, nous sommes envoyés dans les banlieues et nos droits sont violés par les forces de police", déclare le dirigeant libyen, estimant qu'"avant de parler des droits de l'homme, il faut vérifier que les immigrés bénéficient chez vous de ces droits".

_10 décembre, Paris. A l’occasion du voyage à Paris de Mouammar Kadhafi, des organisations de défense des droits de l'homme tiennent à rappeler le degré de répression politique en Libye, et la fréquence de la torture dans ses prisons. Elles demandent aux autorités françaises de faire figurer les droits de l'homme au menu des discussions avec le chef de l’Etat libyen. Amnesty International qualifie la Libye de "dictature", tandis que Human Rights Watch (HRW) met en exergue les cas de disparitions de détenus.
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          plus d'info LES REACTIONS DES ONG |  Amnesty | FIDH | HRW |

Le ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner, et la secrétaire d'Etat aux droits de l'homme, Rama Yade, ont, eux aussi, vivement critiqué la venue en France de Mouammar Kadhafi, dans des interviews publiés respectivement par La Croix et Le Parisien.

Dans un entretien accordé au quotidien La Croix, Bernard Kouchner déclare : "Tous les militants, et donc moi-même, se souviennent que le président libyen fut un pourfendeur professionnel des droits de l'homme et [qu'il] se faisait le prosélyte d'un islam conquérant." Il ajoute :"Pas question d'oublier le nom des victimes qui lui furent imputées. Pas question d'oublier quoi que ce soit de leurs souffrances", même si "Kadhafi a abandonné les armes de destruction massive et renoncé pour son pays au terrorisme".

Dans une interview publiée par le quotidien Le Parisien, Rama Yade se déclare "dérangée" par la visite du colonel Kadhafi à Paris, le jour de l'anniversaire de l'adoption de la Déclaration universelle des droits de l'homme, le 10 décembre 1948. "La France ne doit pas recevoir ce baiser de la mort", dit-elle. Le président libyen "doit comprendre que notre pays n'est pas un paillasson sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s'essuyer les pieds du sang de ses forfaits".

[Nicolas Sarkozy a affirmé, le 10 décembre, avoir demandé au colonel Kadhafi "de progresser sur le chemin des droits de l'homme". "La France reçoit un chef d'Etat qui a renoncé définitivement à la possession de l'arme nucléaire, qui a décidé de rendre les stocks sous contrôle des organisations internationales, qui a choisi de renoncer définitivement au terrorisme et qui a choisi d'indemniser les victimes", a fait valoir le président français, ajoutant qu'il recevrait également "les associations de victimes".]

_5 décembre, Paris. Nicolas Sarkozy déclare que l'Etat français doit réparation aux anciens supplétifs musulmans de l'armée française durant la guerre d'Algérie, les harkis.

"Il est légitime et juste qu'ils reçoivent l'hommage solennel de la Nation car, pour les harkis aussi, si les accords [de paix] d'Evian ont scellé la fin des hostilités militaires, ils n'ont pas marqué la fin des souffrances", rappelle le chef de l'Etat, lors d'un discours à l'occasion de la journée d'hommage aux combattants morts pour la France pendant la guerre d'Algérie.

[Selon les historiens, entre 60’000 et 80’000 musulmans français ont été tués entre les accords d'Evian de mars 1962, qui mirent fin à la guerre proprement dite, et l'indépendance algérienne, en juillet 1962.]

_4 décembre, Constantine. Nicolas Sarkozy dénonce une nouvelle fois en Algérie le système colonial "injuste par nature", devant les étudiants de Constantine (est), et exhorte les Algériens à "regarder vers l'avenir".

"Beaucoup de ceux qui étaient venus s'installer en Algérie étaient de bonne foi. Ils étaient venus pour travailler et pour construire, sans l'intention d'asservir ni d'exploiter personne", déclare le président français dans un discours prononcé devant les étudiants de l'université Mentouri et en présence de son homologue algérien Abdelaziz Bouteflika.

"Mais le système colonial était injuste par nature et il ne pouvait être vécu autrement que comme une entreprise d'asservissement et d'exploitation", ajoute-t-il. "De part et d'autre, il y a eu des douleurs, des souffrances et des peines"
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"Je n'oublie ni ceux qui sont tombés les armes à la main pour que le peuple algérien soit de nouveau un peuple libre ni les victimes d'une répression aveugle et brutale ni ceux qui ont été tués dans les attentats [...] ni ceux qui ont dû tout abandonner".

["Je ne suis pas venu nier le passé, mais je suis venu vous dire que le futur est plus important", a encore soulignéNicolas Sarkozy, qui s'est refusé à prononcer les excuses attendues côté algérien pour les crimes imputés à la France pendant la colonisation (1830-1962).

"Ce qui compte, c'est ce que nous allons accomplir ensemble, et ce que nous allons accomplir ensemble ne dépend que de nous. [...] Les fautes et les crimes du passé furent impardonnables. Mais, c'est sur notre capacité à conjurer l'intolérance, le fanatisme et le racisme qui préparent les crimes et les guerres de demain que nos enfants nous jugerons", a-t-il ajouté.

à Dans ce domaine, écrit Dominique Dhombres dans le quotidien Le Monde le président Sarkozy ne change donc pas de discours par rapport au candidat.

"Cette repentance permanente qui fait qu'il faudrait s'excuser de l'histoire de France touche parfois aux confins du ridicule", déclarait-il en décembre 2005. "On ne peut pas demander aux fils de s'excuser des fautes de leurs pères", disait-il en novembre 2006 lors d'une visite à Alger. "Les Français ne veulent pas de la repentance, ce dénigrement de la France, de ses valeurs et de son histoire, qui n'est rien d'autre qu'une forme de haine de soi", disait-il le 6 mars 2007 lors d'une réunion publique dans le Val-d'Oise. "Je veux qu'on arrête cette repentance systématique", répétait-il le 25 mars. Devenu président, dans un entretien accordé à des journaux algériens, il se disait, en juillet 2007, "pour une reconnaissance des faits, pas pour le repentir, qui est une notion religieuse et n'a pas sa place dans les relations d'Etat à Etat". Le Monde, Paris, 6 décembre 2007. Photo : Elysée].

_3 décembre, Alger. En déplacement en Algérie, Nicolas Sarkozy qualifie le système colonial français dans ce pays de "profondément injuste [et] contraire aux trois mots fondateurs de notre République : liberté, égalité, fraternité". Le président français se dit "convaincu depuis toujours que pour bâtir un avenir meilleur, on doit au contraire regarder le passé en face".

[Alors qu'une polémique sur le passé colonial de la France se poursuit en Algérie, Nicolas Sarkozy a également dit vouloir honorer "toutes les victimes" de la guerre d'indépendance (1954-1962). Sans les qualifier de "crimes de guerre" ou de "crimes contre l'humanité", il a reconnu que "des crimes terribles ont été commis tout au long d'une guerre d'indépendance qui a fait d'innombrables victimes des deux côtés".

Nicolas Sarkozy a jugé qu'il était temps de confier à des historiens algériens et français d'enquêter "ensemble" sur l'histoire tourmentée des deux pays, afin que "les générations à venir puissent, de chaque côté de la Méditerranée, jeter le même regard" sur ce passé et bâtir sur cette base un "avenir d'entente et de coopération". "C'est le travail de mémoire que je suis venu proposer au peuple algérien", a-t-il conclu. Photo, Elysée, Paris, 2007]

_15 novembre, Paris. Le Conseil constitutionnel, la plus haute juridiction française, valide, "sous certaines réserves", le recours aux tests ADN pour des candidats au regroupement familial dans le cadre de la loi sur la maîtrise de l'immigration du ministre Brice Hortefeux. Le Conseil a notamment estimé que la preuve de la filiation d'un enfant doit se faire selon les modalités du pays d'origine de la mère.

[L'article 13 de la loi, qui fixe les conditions dans lesquelles un demandeur de visa peut recourir à des tests ADN pour prouver une filiation maternelle, n'a pas "pour effet de créer un droit spécial réservé aux étrangers", a jugé le Conseil.
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"La filiation de l'enfant étranger reste soumise à la loi personnelle de la mère étrangère", a-t-il rappelé. En clair, l'enfant d'une mère ghanéenne ou salvadorienne, par exemple, reste soumis à la loi du pays de sa mère. La preuve de sa filiation – adoption ou autre – se fait selon les modalités reconnues dans ce pays maternel. "Sous ces réserves, qui assurent l'égalité entre tous les modes d'établissement de la filiation, la loi" n'est pas contraire "au principe d'égalité", a souligné le Conseil.

Par ailleurs, l'article de la loi autorisant les statistiques ethniques a, lui, été censuré car contraire à la Constitution, qui prévoit  "l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion".]

_7 novembre, New York [Nations unies]. Au cours d'une session de la 3e Commission de l'Assemblée générale des Nations unies, Doudou Diène, le rapporteur spécial du Conseil des droits de l’homme sur le racisme, la discrimination raciale et la xénophobie, s'en est prend au président français, Nicolas Sarkozy, dont le discours prononcé le 26 juillet 2007, à Dakar, s’inscrivait, selon lui, dans "une dynamique de légitimation du racisme".

           Pus d'info        plus d'info  Le discours de Dakar

_23 octobre, Tanger [Maroc]. Le président français Nicolas Sarkozy lance un "appel pressant et solennel [à] bâtir l'union de la Méditerranée […], le plus beau et le plus grand idéal humain […], au nom de nos enfants qui, un jour, nous demanderons compte de ce que nous avons fait".

          plus d'info Le discours de Nicolas Sarkozy

[Nicolas Sarkozy, qui a évoqué "un rêve de paix et de justice et non pas de conquête", "un grand rêve de civilisation", "un grand rêve capable de soulever le monde", a invité les chefs d'Etat des pays méditerranéens à tenir une réunion au sommet, en France, en juin 2008.]

_23 octobre, Paris. Le Parlement français adopte définitivement le projet de loi sur l'immigration dans sa version définitive. Les sénateurs ont entériné, par 185 voix contre 136, la version du texte mise au point par une commission mixte paritaire Assemblée-Sénat. Les députés avaient fait de même par 282 voix contre 235.

          plus d'info Les dispositions de la loi

[Le ministre de l'immigration Brice Hortefeux a dénoncé les "caricatures, les excès, les faux procès" dont l'amendement sur le recours aux tests ADN a fait, selon lui, l'objet. Le ministre défend une procédure qui, "entourée de garanties nécessaires au respect de la vie privée, donnera aux étrangers de bonne foi un droit nouveau qui leur permettra, s'ils le souhaitent, d'apporter un élément de preuve de leur filiation"."Il s'agit de cela et il ne s'agit que de cela".

Ce texte est la 5e loi sur l'immigration adoptée depuis 2002. Le Parti socialiste a annoncé son intention de saisir le Conseil constitutionnel sur la question des tests ADN.]

_20 septembre, Paris. Les députés français adoptent un projet de loi sur la maîtrise de l'immigration qui durcit les conditions du regroupement familial. Il autorise un candidat au regroupement familial à recourir aux tests ADN pour apporter un élément de preuve de sa filiation, s'il est originaire d'un pays "dans lequel l'état civil présente des carences" et "en cas d'inexistence de l'acte d'état civil" ou "de l'existence d'un doute sérieux sur l'authenticité de celui-ci". Le recours aux tests génétiques - effectué après consentement express du demandeur - est assorti d'une période expérimentale, jusqu'au 31 décembre 2010.

Ce premier projet de loi du ministre de l'Immigration Brice Hortefeux prévoit aussi la mise en place, dans le pays d'origine, d'une "évaluation de connaissance de la langue et des valeurs de la République".#

        plus d'info Les principales dispositions de la loi 
          plus d'infoImmigration et éthique

GRANDE-BRETAGNE

_6 novembre, Londres. Dans le discours du Trône prononcé par Elisabeth II devant la Chambre des lords [chambre haute], le Premier ministre Gordon Brown place la sécurité individuelle et collective, la lutte contre le réchauffement climatique, l'accès à la propriété, l'environnement et l'éducation au coeur de son premier programme législatif "destiné à créer des communautés plus fortes et à combattre le terrorisme".

[Le premier discours du Trône a été prononcé en 1536. Il ouvre la session parlementaire et symbolise la fiction selon laquelle seul le monarque peut demander à la Chambre des communes de légiférer pour un an. C'est le 56e discours du trône prononcé par la reine Elisabeth II.]

_1er octobre, Londres. L'association Islam is Peace, créée au lendemain des attentats du 7 juillet 2005 qui avaient fait 52 morts à Londres, lance une campagne d'affichage dans les transports en commun de la capitale britannique. Objectif : montrer la contribution positive de la communauté à la société britannique, qui compte 1,6 millions de musulmans pour 60 millions d'habitants d'après le dernier recensement de 2001.

Cette campagne, déclinée sur le thème : "Proud tout be a british muslim" [fier d'être un musulman britannique], doit "mettre l'accent sur la diversité et la contribution positive des musulmans britanniques" à la société, explique l'association, qui "condamne sans équivoque tout acte de terrorisme".

"Dans l'actuelle atmosphère de suspicion et de crainte à propos de l'islam et des musulmans britanniques, la vérité est souvent confondue avec les stéréotypes et les mensonges", explique Ifhat Shaheen-Smith, l'un des organisateurs de la campagne. "Les préjugés se sont ancrés et le sensationnalisme des médias a créé un climat de paranoïa. Il y a un besoin criant d'ouverture d'esprit, de compréhension mutuelle et d'un débat serein".

GRECE

_13 décembre, Athènes. La justice grecque condamne une figure de l’extrême droite, l’avocat Constantin Plevris, à 14 mois de prison avec sursis pour la publication d’un brûlot antisémite Les Juifs, toute la vérité – quelque 1'400 pages de déni de l’Holocauste, d’apologie des nazis et de menaces contre les juifs, qualifiés d’"ennemis mortels" méritant "le peloton d’exécution". L’auteur a été reconnu coupable d’injure raciale et d’incitation à la haine et à la violence raciale.

IRAN

_3 décembre, Washington. L’Iran a gelé son programme nucléaire militaire "à la fin de l’année 2003" et ne l’a pas réactivé, même si le pouvoir iranien "garde ouverte l’option militaire". Telles sont les conclusions du dernier rapport de la direction du Renseignement national américain, qui regroupe les seize principales agences de renseignement des Etats-Unis.

Le rapport estime que l’Iran, en cas de relance de son programme militaire, serait "très probablement incapable" de produire une bombe nucléaire avant 2009 ou 2010 - et, précise-t-il, cette capacité serait au mieux atteinte en 2015.

Points clés du rapport. Le Renseignement national considère avec "un haut degré de confiance" que "l'Iran a arrêté son programme d'armement nucléaire à la fin 2003". Il estime avec "un degré de confiance modéré qu'à la mi-2007, il n'avait pas été relancé".

L'arrêt de ce programme est dû "principalement à la pression internationale". Une "combinaison de menaces de surveillance internationale accrue et de pressions" et de mesures incitatives pousserait Téhéran à en maintenir l'arrêt.

L'Iran "est moins déterminé à développer des armes nucléaires que nous ne l'avions jugé depuis 2005", mais "garde [cette] option ouverte". Il "rencontre encore des problèmes techniques importants pour faire fonctionner" ses centrifugeuses d'uranium. Il "pourrait être capable de produire suffisamment d'uranium hautement enrichi pour [fabriquer] une bombe entre 2010 et 2015".

          Plus d'info   Point de vue : Un inquiétant rapport

[Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a qualifié de "victoire" la publication de ce rapport, y voyant une raison supplémentaire pour l’Iran de poursuivre ses activités nucléaires. "Il s'agit de la déclaration de la victoire du peuple iranien face aux grandes puissances".
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Le directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique, Mohamed ElBaradeï, s’est dit soulagé par le rapport, estimant qu'il lui donnait raison. Ce rapport, qui contredit la thèse de l'administration américaine voulant que l'Iran construise la bombe atomique, "me fait pousser un soupir de soulagement parce qu'il est compatible avec notre évaluation".]

_23 octobre, Paris. Le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Mohamed ElBaradei, assure qu’il faudrait à l’Iran, s’il voulait se doter de la bombe, "entre trois et huit ans". Ce qui donne le temps d’exercer des pressions sur l’Iran avant, comme certains, "de parler un peu vite d’usage de la force", déclare-t-il dans un entretien au quotidien Le Monde.

"On ne parle de l'usage de la force que lorsque tous les moyens de la diplomatie ont été épuisés. Or, nous avons encore beaucoup de temps pour utiliser tous les outils de la diplomatie, en incluant des sanctions, le dialogue, toutes les "carottes" et tous les "bâtons" dont on dispose. Je ne peux pas juger des intentions, mais à supposer que l'Iran ait l'intention de se doter de la bombe nucléaire, il lui faudra encore entre trois et huit années pour y arriver. Tous les services de renseignement s'accordent là-dessus.

"Je veux détourner les gens de l'idée que l'Iran sera une menace dès demain, et que nous nous trouvons maintenant devant la question de savoir s'il faut bombarder l'Iran ou le laisser avoir la bombe. Nous ne sommes pas du tout dans cette situation. L'Irak est un exemple criant du fait que, dans de nombreux cas, l'usage de la force exacerbe le problème au lieu de le résoudre".

_16 octobre, Téhéran. En visite en Iran, Vladimir Poutine apporte son soutien au programme nucléaire iranien et se pose en adversaire résolu d'un recours à la force militaire contre l’Iran. "Nous ne devrions même pas songer à un usage de la force dans cette région", déclare le président russe.

[Vladimir Poutine participait, à Téhéran, au sommet des chefs d'Etat des cinq pays riverains de la Caspienne (Azerbaïdjan, Iran, Kazakhstan, Russie, Turkménistan). La déclaration finale engage les responsables de ces Etats à ne pas utiliser l'un ou l'autre de leurs territoires "pour mener une agression ou une action militaire contre l'une des parties".

Les cinq pays ont en outre souligné le droit, "sans discrimination", de tout pays signataire du Traité de non prolifération nucléaire (TNP) de "mener des recherches et d'utiliser l'énergie nucléaire dans des buts pacifiques", ce dont la République islamique d'Iran veut se prévaloir.]

KENYA

_31 décembre, Nairobi. Les émeutes consécutives à la réélection controversée de Mwai Kibaki à la présidence du Kenya ont fait plus de 300 morts depuis le scrutin. Les affrontements les plus meurtriers ont eu lieu dans les fiefs du candidat de l'opposition Raila Odinga - leader du Mouvement démocratique orange (ODM) -, en particulier dans les bidonvilles de Nairobi. Il s'agit des pires violences qu'a connues le pays depuis un coup d'Etat avorté en 1982.

[Depuis l'annonce de la réélection du président Kibaki, à l’issue du scrution du 27 décembre, le Kenya s'enfonce dans le chaos. Les violences tribales ont déjà fait au total 306 morts dans le pays. Les deux tribus qui composent le pays, les Kikuyus et les Luos, s'accusent mutuellement de nettoyage ethnique.]

KOSOVO

_19 décembre, New York. Les membres du Conseil de sécurité des Nations unies n’arrivent pas à s’entendre sur le futur statut du Kosovo. En dépit de l'opposition de la Russie et de la Serbie, les Occidentaux (dont les Etats-Unis) décident de transmettre le dossier à l'Union européenne et à l'OTAN. "Il est clair que le potentiel pour une solution négociée est maintenant épuisé", a estimé l'ambassadeur de Belgique, au nom des pays occidentaux.#

           Pus d'info

LIBYE

_6 décembre, Lisbonne. Il est "normal que les faibles aient recours au terrorisme", puisque les "superpuissances" ont "violé la légitimité internationale, le droit international et les Nations unies, et ont exécuté leurs décisions en dehors de ce cadre", déclare le colonel Kadhafi devant un parterre de 400 professeurs et étudiants réunis à l'Université de Lisbonne, à la veille d’un sommet Europe-Afrique. "Pourquoi réclamer la démocratie pour les Etats alors que la dictature règne aux Nations unies et qu'on ne peut l'instaurer au Parlement mondial ?", lance le dirigeant libyen.

[Le chef de l’Etat libyen a également porté le fer contre "les forces coloniales". Celles-ci doivent "dédommager les peuples qu'elles ont colonisés et dont elles ont spolié les richesses". "Ce sera l'un des points principaux du sommet : les compensations pour la période coloniale", a-t-il assuré.]

_6 décembre, Lisbonne. Il est "normal que les faibles aient recours au terrorisme", puisque les "superpuissances" ont "violé la légitimité internationale, le droit international et les Nations unies, et ont exécuté leurs décisions en dehors de ce cadre", déclare le colonel Kadhafi devant un parterre de 400 professeurs et étudiants réunis à l'Université de Lisbonne, à la veille du sommet Europe-Afrique. "Pourquoi réclamer la démocratie pour les Etats alors que la dictature règne aux Nations unies et qu'on ne peut l'instaurer au Parlement mondial ?", lance le dirigeant libyen.

[Le chef de l’Etat libyen a également porté le fer contre "les forces coloniales". Celles-ci doivent "dédommager les peuples qu'elles ont colonisés et dont elles ont spolié les richesses". "Ce sera l'un des points principaux du sommet : les compensations pour la période coloniale", a-t-il assuré.]

NATIONS UNIES

Kofi Annan_18 décembre, New York. L’Assemblée générale des Nations unies adopte une résolution appelant à un moratoire sur les exécutions, en vue d'une abolition totale de la peine de mort. Cette résolution non contraignante, proposée par l'Italie et parrainée par 87 Etats, a été adoptée par l'Assemblée plénière par 104 voix contre 54, avec 29 abstentions.

Le texte indique que l'application de la peine de mort "porte atteinte à la dignité humaine", qu'"il n'y a pas de preuve irréfutable" qu'elle a un effet dissuasif et que toute erreur judiciaire dans son application est "irréversible et irréparable".

Il engage tous les Etats qui pratiquent la peine capitale "à instituer un moratoire sur les exécutions en vue d'abolir la peine de mort". Il les appelle également à "limiter progressivement l'application de la peine de mort et réduire le nombre d'infractions" passibles de cette peine. Il engage enfin les Etats qui ont aboli la peine de mort "à ne pas l'introduire de nouveau".

           Pus d'info

[Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, s'est félicité de l'adoption du texte. "Le vote d'aujourd'hui est un pas audacieux pour la communauté internationale. Je trouve particulièrement encourageant le soutien exprimé à cette initiative dans des régions du monde très variées. C'est une preuve de plus de l'existence d'une tendance vers l'abolition de la peine de mort".

La Chine, les Etats-Unis, le Japon, Singapour, de nombreux Etats musulmans et un certain nombre de pays en voie de développement ont voté contre la résolution.]#

_11 octobre, Genève. Le rapporteur des Nations unies pour le droit à l'alimentation Jean Ziegler demande un moratoire de cinq ans sur la production des biocarburants. L’expert suisse redoute que le développement de cette source d'énergie provoque "une hécatombe".

Ce moratoire devrait permettre de développer d'ici cinq ans les investissements dans les technologies de deuxième génération destinées à produire des biocarburants, souligne Jean Ziegler. Les biocarburants doivent être produits à partir de plantes non alimentaires, de déchets agricoles et de débris végétaux, plutôt qu'à partir de cultures vivrières, afin d'éviter des augmentations massives de prix des céréales, aggravant la situation de la faim dans le monde, préconise-t-il.

_10 octobre
, New York. Dans un message adressé aux participants de la conférence conjointe de l’Université des Nations unies et de l’International Crisis Group consacrée à l'étude des meilleurs moyens d'intervention de l'Organisation en cas d'atrocités à grande échelle, Ban Ki-moon rappelle que la prévention des atrocités de masse constitue un devoir sacré des Nations unies.

"Malheureusement, nous ne nous sommes pas toujours bien acquittés de nos responsabilités dans ce domaine, et les champs de carnage du Rwanda, du Cambodge et des Balkans en témoignent", reconnaît le secrétaire général des Nations unies. "C'est pourquoi, ajoute-t-il, j'ai fait du Darfour ma première priorité".

PAKISTAN

_28 décembre, Islamabad. Le gouvernement pakistanais accuse officiellement Al-Qaida d’être responsable de l’assassinat de Benazir Bhutto – et met en cause le chef des talibans pakistanais de la zone tribale du Sud-Waziristan, Baitullah Mehsud.

[Les élections législatives prévues le 8 janvier 2008 ont été reportées au 18 février.]

_27 décembre, Rawalpindi. Benazir Bhutto tuée à l’issue d’une réunion électorale, dix jours avant les élections législatives. L’ex-premier ministre dirigeait le principal parti d’opposition au président Pervez Musharraf, le Parti du peuple pakistanais (PPP).

[L’assassinat de Benazir Bhutto compromet l’espoir de démocratisation du pays, écrit le quotidien Le Monde. Sous le titre "Femme courage", le directeur du quotidien, Eric Fottorino, relève que "ce meurtre particulièrement odieux bafoue les principes les plus généreux de la condition humaine. Pas de liberté dans le sang. Pas de démocratie avec des bombes. Peu importe que la belle Benazir Bhutto, élevée à l'occidentale, fût riche et au fond peu croyante, malgré le Coran qu'elle tenait ostensiblement sous son bras à son retour au Pakistan. Peu importe qu'elle et son clan ne fûssent pas des modèles de vertu. Benazir Bhutto avait rompu avec sa jeunesse dorée loin du pays natal pour se forger un destin qui la dépassait. Elle incarnait un espoir pour des millions de Pakistanais. Et ce sont les tenants de l'obscurantisme religieux qui, en l'assassinant, ont tué cet espoir de démocratie et de liberté".]

"Toute l’histoire du Pakistan est rythmée par ces spasmes d’extrême violence qui n’épargnent aucun peuple, aucune religion, aucun parti politique de ce pays tragique et déchiré, écrit François Sergent dans le quotidien Libération.

"Il reste que le meurtre de Benazir apparaît comme une dramatique escalade qui menace l’existence même de cet Etat toujours en mal d’identité et de stabilité soixante ans après sa création. Malgré ses limites, malgré la corruption de sa famille aussi riche que féodale, Benazir apparaissait comme le seul recours - démocratique, laïc et civil - au très brutal Pervez Musharraf. Sa mort ne peut que servir ce général qui navigue entre des islamistes de plus en plus présents et une armée devenue un Etat dans l’Etat. Au nom de la lutte contre le terrorisme que Musharraf est censé mener, les Etats-Unis s’appuient sur cet homme double qui laisse son pays aux inégalités odieuses s’enfoncer dans le sous-développement et la violence".#

_29 novembre, Islamabad. Pervez Musharraf prête serment comme président du Pakistan pour un deuxième mandat de cinq ans. Chef d'état-major des armées depuis octobre 1998, il a transmis au général Kayani le commandement des forces armées. "C'est une étape cruciale dans la transition du Pakistan vers une démocratie véritable et complète", déclare-t-il lors de la cérémonie.

_11 novembre, Islamabad. Les élections législatives au Pakistan se tiendront avant le 9 janvier, annonce le président Pervez Musharraf au cours de sa première conférence de presse depuis l'instauration de l'état d'urgence le 3

_10 novembre
, Islamabad. Face à des diplomates étrangers, Benazir Bhutto déclare la "guerre à la dictature", rappelant que le pays qui dispose de l'arme nucléaire et risque l'implosion."Le Pakistan, un pays qui dispose de l'arme nucléaire, risque l'implosion. Le Pakistan en régime de dictature est une cocotte-minute. Sans échappatoire, la passion de notre peuple pour la liberté pourrait exploser", explique l’ancien Premier ministre du Pakistan.

[A Washington, le président américain George W. Bush a demandé au général Musharraf de lever l'état d'urgence et de restaurer l'Etat de droit "aussi vite que possible".]

_3 novembre, Islamabad. Pervez Musharraf décrète l'état d'urgence, invoquant la défense de l'unité nationale face au terrorisme islamiste et à l'opposition de la Cour suprême, qui devait se prononcer sur la légalité de sa réélection, début octobre.

"La situation a évolué très rapidement. Le terrorisme et l'extrémisme sont à leur apogée", affirme le président du Pakistan lors d'une adresse télévisée à la nation. Il cite en exemple la vague sans précédent d'attentats suicide, qui ont fait 420 morts depuis juillet, parmi lesquels 139 tués à Karachi, dans le sud du pays, le 18 octobre.

[Le Pakistan est à nouveau sous un régime d'exception. La Constitution est suspendue, la Cour suprême a été mise au pas, les médias sont sous contrôle. Environ 1’500 avocats, magistrats et militants de partis politiques ont été arrêtés ou assignés à résidence. Le président américain Bush a appelé Pervez Musharraf à mettre fin à l'état d'urgence et à "rétablir la démocratie aussi vite que possible". Face aux condamnations de la communauté internationale, le président pakistanais a promis que les élections législatives auront lieu à une date "aussi proche que possible" de la date prévue, c'est-à-dire la mi-janvier 2008.]

_18 octobre, Karachi. Benazir Bhutto, de retour d’exil, échappe à un attentat meurtrier. L'attentat-suicide a visé, le convoi de l’ex Premier ministre, qui avait atterri dix heures plus tôt à l'aéroport de Karachi en provenance de Dubaï, a fait au moins 139 morts et 320 blessés.

Il s'agit de l’un des attentats les plus meurtriers dans l'histoire du Pakistan. Au moment de l'explosion, Benazir Bhutto se trouvait à l'intérieur d’un camion blindé qui menait la procession de ses partisans de l'aéroport vers le mausolée d'Ali Jinnah, fondateur du Pakistan, traversant une ville en état de liesse.

[Benazir Bhutto a réclamé une aide internationale pour l'enquête sur l'attentat. "Nous voulons que le gouvernement du Pakistan cherche l'assistance de la communauté internationale", a-t-elle déclaré à des journalistes étrangers.]

POLOGNE

_21 octobre. Varsovie. Victoire du parti Plate-forme civique (PO), et de son leader Donald Tusk, aux élections législatives polonaises.#

["Les Polonais ont spectaculairement refermé une parenthèse de deux ans de pouvoir des frères conservateurs Kaczynski, marquée par de graves divisions en Pologne et de multiples blocages dans l'Union européenne, en votant massivement pour l'opposition libérale", écrit l'Agence France-Presse (AFP). La droite libérale s'est "fixée pour mission de "rétablir la Pologne au cœur de l'Europe" et  "les responsables de l'Union européenne n'ont pas caché leur soulagement après la victoire", Le Figaro. En effet, "la rhétorique anti-allemande, l'euroscepticisme, la stratégie d'obstruction et les provocations à répétition des frères Kaczynski (…) avait fini par sérieusement agacer les dirigeants européens",Les Echos.]

ROUMANIE

_2 novembre, Bucarest. Evoquant à la télévision le cas de la minorité rom, le ministre roumain des affaires étrangères, Adrian Cioroianu, déclare s’être interrogé, lors d’un déplacement au Caire, sur la possibilité d'acheter "un morceau du désert égyptien pour y mettre tous ceux qui nuisent à notre image".

[Des associations de défense des droits de l'homme se sont aussitôt solidarisées avec la minorité rom, et ont réclamé la démission du chef de la diplomatie roumaine.]

RUSSIE

_3 décembre, Moscou. Le parti Russie unie de Vladimir Poutine obtient 64,1 % des suffrages aux élections législatives (315 des 450 sièges de la Douma). Le Parti communiste, dans l’opposition au président russe, arrive en deuxième position avec 11,6 % des voix (57 sièges). Il est suivi des ultranationalistes de la LDPR avec 8,2% (40 sièges) et du parti de gauche Russie juste avec 7,8% (38 sièges).

Au total, quatre partis entrent à la Douma (chambre basse du Parlement), tous proches du Kremlin (Russie unie, LDPR, Russie juste) à l'exception des communistes, qui constitueront une force très faible d'opposition.

SOUDAN

_3 décembre, Karthoum. Une enseignante britannique emprisonnée au Soudan pour atteinte à l'islam graciée par le président Omar Al-Bachir – et libérée.

[Gillian Gibbons, 54 ans, avait été condamnée, le 29 novembre, à quinze jours de prison puis à l'expulsion pour avoir autorisé des élèves de 6 à 7 ans à donner à un ours en peluche le nom de "Mohammed", un prénom qui est aussi celui du Prophète.]

SUD-EST ASIATIQUE

_20 novembre, Singapour. L'Association des nations du Sud-Est asiatique (Birmanie, Bruneï, Cambodge, Indonésie, Laos, Malaisie, Philippines, Singapour, Thaïlande et Vietnam - ASEAN) adopte sa charte officielle, un texte qui lui permettra de signer des traités internationaux et d'imposer des règles dans les domaines de la finance, du commerce et de l'environnement. La charte reste très modeste en ce qui concerne les droits de l'homme : l’agence régionale des droits de l'homme, créée par l’ASEAN, ne pourra sanctionner les gouvernements qui ne respecteraient pas les droits de leurs citoyens.

["Les dirigeants de l'ASEAN s'efforceront d'éviter que le dossier birman n'handicape nos efforts pour approfondir l'intégration" de l'ASEAN, a déclaré le Premier ministre de Singapour Lee Hsien dans son discours d'ouverture.
C'est "honteux", a dénoncé le militant des droits de l'Homme Charm Tong, réfugié de Birmanie. Dans un communiqué, il déplore que l'ASEAN "se lave les mains de la Birmanie et laisse le poids du dossier birman aux Nations unies".]#

SUISSE

_12 décembre, Berne. Les parlementaires écartent Christoph Blocher, ministre de la justice et leader de la droite populiste (UDC), du gouvernement de coalition (consensus droite-gauche). Mme Widmer-Schlumpf, une autre membre de l'UDC, est préférée à Christoph Blocher pour siéger au Conseil fédéral.

[Le parti de Christoph Blocher, l'Union démocratique du centre (UDC), est la première formation du pays, avec 29 % des voix lors des élections fédérales du 21 octobre. L'une des affiches de campagne stigmatisait alors les "moutons noirs étrangers".]

_21 0ctobre, Berne. L'Union démocratique du centre (UDC) - un parti nationaliste et xénophobe qui a axé sa campagne sur la dénonciation des criminels étrangers - remporte les élections législatives suisses (29% des voix, 62 sièges au Conseil national, la chambre basse du Parlement, qui compte au total 200 députés), confortant son statut de premier parti du pays, y compris en Suisse romande (et donc à Genève, ville internationale).

Le Parti socialiste reste le deuxième parti du pays, mais enregistre un fort recul avec 19,5% des voix, soit quatre points de moins qu'en 2003 et neuf sièges perdus. Les deux partis écologistes ont gagné eux quatre points de pourcentage avec 11,3% des voix.

TURQUIE

_28 octobre, Erbil [Kurdisrtan irakien]. Le président du Kurdistan irakien, Massoud Barzani, met en garde la Turquie contre toute opération militaire visant les combattants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, séparatiste) présents dans la région autonome du nord de l’Irak.

"Le problème du PKK n'est pas nouveau", rappelle Massoud Barzani. Fondé en 1978, il a pris les armes à partir de 1984. "L'opinion turque doit poser la question à ses militaires, ajoute-t-il : qu'ont-ils fait ces vingt-trois dernières années ? Aujourd'hui, ils cherchent en nous un bouc émissaire. Mais, c'est un problème intérieur à la Turquie, un problème entre leur gouvernement et leur armée. Pour notre part, nous n'avons simplement pas les moyens de contrôler toutes les montagnes. Mais je me demande pourquoi l'armée turque, qui a déployé ces milliers d'hommes à nos portes, ne fait pas le travail de son côté de la frontière ?"

"Je ne suis pas l'ennemi de la Turquie, assure-t-il, mais tant que la question kurde n'aura pas été résolue par la négociation, en s'asseyant tous autour d'une table, la sécurité et la stabilité de la région ne seront garanties". Source : Le Monde.

_21 octobre, Istanbul. Douze soldats turcs tués dans l’attaque à l’arme lourde d’un convoi de militaires par des membres du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). En représailles, l’armée donne la chasse aux assaillants tuant au moins "32 terroristes", selon un bilan fourni par l’état-major.

[Le président irakien, Jalal Talabani, a exhorté des forces du PKK à "déposer les armes ou à quitter le territoire irakien", où sont installés les camps des rebelles kurdes. Le ministre turc de la défense, Vecdi Gönül assure que l’armée turque a "des projets d’incursion de l’autre côté de la frontière", mais qu’une telle opération n’est "pas prévue de façon urgente".]

VATICAN

_25 décembre, Rome [Vatican]. Le pape Benoît XVI demande la paix et la justice pour le monde entier ainsi que le respect de la dignité humaine, au cours de son traditionnel message de Noël Urbi et Orbi.#

[Pour la troisième célébration de Noël de son pontificat, le pape a mis en garde contre "les tensions ethniques, religieuses et politiques, l'instabilité, les rivalités, les oppositions, les injustices et les discriminations, qui déchirent le tissu intérieur de nombreux pays, enveniment les relations internationales".

Rappelant le symbole de paix que constitue Noël, il s'est dit proche de ceux qui vivent dans "les lieux où résonne le bruit des armes", évoquant "le Darfour, la Somalie et le nord de la République démocratique du Congo, les confins de l'Erythrée et de l'Ethiopie, tout le Moyen-Orient, en particulier l'Irak, le Liban et la Terre Sainte, ainsi que l'Afghanistan, le Pakistan et le Sri Lanka, la région des Balkans et tant d'autres situations de crise".

Benoît XVI a également lancé un appel à la protection de l'environnement, estimant que "le nombre des migrants, des réfugiés, des déplacés, [allait] toujours croissant, à cause aussi des catastrophes naturelles, qui sont souvent la conséquence de préoccupants désastres écologiques".]

VENEZUELA

_2 décembre, Caracas. Une courte majorité de vénézuéliens (50,7%) rejette le projet de réforme constitutionnelle proposée par le président Hugo Chavez – réforme qui visait à assurer "la transition du pays vers le socialisme".

          Plus d'info   Le projet proposé par Hugo Chavez

[Les 69 amendements constitutionnels prévoyaient également des dispositions pour créer des formes de propriété collective, la suppression de l'indépendance de la Banque centrale, ou encore la nomination directe de responsables provinciaux et municipaux par le président.

Pour Human Rights Watch (HRW), ces réformes menaçaient les droits fondamentaux. L'organisation américaine avait notamment critiqué une disposition permettant au chef de l'Etat de déclarer l'état d'urgence pour une durée illimitée, pendant laquelle des suspects auraient pu être détenus sans inculpation formelle et la presse censurée. Plus largement, l'opposition, qui inclut le clergé catholique, les organisations de défense de la presse et des droits de l'homme, et des grands patrons, craignait qu'à terme, Hugo Chavez ne s'arroge tous les pouvoirs.]

_5 novembre, Bogota. L’ex-chef des armées vénézuéliennes (et ancien ministre de la défense), le général Raul Baduel, compare à un "coup d'Etat" la réforme constitutionnelle qui sera soumise à référendum le 2 décembre, à l’initiative du président Hugo Chavez. Le texte, adopté le 2 novembre par le Congrès, établit un Etat socialiste, accroît les pouvoirs de l'exécutif, autorise la réélection indéfinie du président de la République, change le nom des forces armées - désormais "bolivariennes" - et en fait un corps "patriotique, populaire et anti-impérialiste".

"Le mot socialisme n'a pas de sens univoque, rappelle le général Baduel. Il peut s'appliquer à des régimes comme celui de Pol Pot au Cambodge, à l'Union soviétique stalinienne ou à la social-démocratie européenne." Le texte "n'est pas une réforme constitutionnelle", car il implique une "transformation de l'Etat et un modèle de nation très différent, où le peuple aura moins de pouvoir".

[Le 18 juillet 2007, lors de son passage dans le cadre de réserve, Raul Baduel avait déjà averti : "Nous devrions nous éloigner de l'orthodoxie marxiste, qui considère la démocratie, avec sa séparation des pouvoirs, comme un simple instrument de la domination bourgeoise".]


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–––> ET AUSSI... <–––––––––––––––––––––––––

__DROITS DE L'ENFANT

_5 novembre, La Haye. Baptisée "Koala", une enquête coordonnée par les organes européens de coopération judiciaire et policière (Eurojust) conduit à l'arrestation de 92 personnes. 2’500 individus issus de 19 pays ont été identifiés comme clients de sites Internet comportant des images d'enfants mineurs soumis à divers abus. Dans la liste des personnes appréhendées, figurent des cadres, des moniteurs de natation, des avocats, des médecins ou des enseignants, en majorité européens.

L'affaire, considérée comme la plus vaste opération mondiale de traque aux pédophiles, a démarré en Belgique, en juillet 2006. Les policiers ont mis la main sur des milliers d'ordinateurs, 50’000 courriers électroniques et plusieurs millions d'images. "Nous avons voulu donner un signal aux abuseurs potentiels, explique Michèle Coninsx, représentante belge à Eurojust. Nous sommes déterminés à poursuivre le combat contre ces crimes révoltants. Nous espérons aussi avoir sauvé de jeunes futures victimes".

__DROITS DE L'HOMME

_18 décembre, New York. Une rare copie de la Grande Charte ou "Magna Carta", document juridique anglais du 13e siècle limitant les pouvoirs de la royauté, vendue aux enchères chez Sotheby's à New York pour une somme record de 21,3 millions de dollars.

Le manuscrit, daté de 1297 et portant le sceau du roi Edouard Ier, a été acquis par David Rubenstein, avocat américain et fondateur d'un fonds privé controversé, basé à Washington sous l'appellation de Carlyle Group.

La Grande Charte a établi les droits des Anglais et limité les pouvoirs du roi. La Constitution des Etats-Unis emprunte des idées et des formulations presque tirées directement de la Grande Charte, que les barons en rébellion avaient imposée au roi Jean sans Terre en 1215, en échange de leur allégeance.

Le document entérine le concept selon lequel nul homme n'est au dessus des lois, et demande au roi de l'accepter et de se soumettre à la loi à l'instar de ses sujets.

[Le manuscrit vendu est l'un des 17 exemplaires originaux de la Grande Charte et le seul qui pouvait être mis en vente. Il appartenait depuis 1984 à la fondation créée par le millionnaire Ross Perot, ancien candidat à la Maison Blanche, et était depuis cette date exposé aux Archives nationales à Washington. La plupart des autres exemplaires sont conservés dans des archives, des cathédrales ou des universités britanniques, et la seule autre copie à se trouver à l'étranger est en Australie.]

_10 novembre, Berne. Le Suisse Dick Marty, parlementaire du Conseil de l’Europe, reçoit le Prix des droits de l'homme 2007 de la Société internationale pour les droits de l'homme (SIDH). Dick Marty est récompensé pour ses recherches sur les activités illégales de la CIA en Europe.

[Dick Marty a rendu deux rapports, en juin 2006 et juin 2007, dans lesquels il dénonce aussi l'existence de prisons secrètes de la CIA en Pologne et en Roumanie. Il a aussi accusé plusieurs pays européens, dont la Suisse, d'avoir fermé les yeux sur les activités illégales de la CIA. Le parlementaire a aussi enquêté sur les listes noires des Nations unies sur des présumés terroristes.]

__PAIX

_13 octobre, Oslo. Le Prix Nobel de la paix 2007 attribué à l'ex-vice-président américain Al Gore et au panel des Nations unies sur le climat (GIEC). Ils ont été distingués pour leurs efforts visant à accroître les connaissances sur le changement climatique.

Le prix leur est conjointement décerné "pour leurs efforts de collecte et de diffusion des connaissances sur les changements climatiques provoqués par l'homme et pour avoir posé les fondements pour les mesures nécessaires à la lutte contre ces changements".

[Ancien vice-président de Bill Clinton, Al Gore, 59 ans, est l’auteur d’un livre et d’un documentaire : "Une vérité qui dérange" qui tire la sonnette d'alarme face au réchauffement de la planète. Le film a contribué à vulgariser un sujet complexe et à sensibiliser l'opinion publique à la menace climatique.

Le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC) expertise et compile quant à lui les recherches effectuées par des milliers de scientifiques à travers le monde. Parmi ses principales conclusions, le GIEC prédit une hausse de 1,8 à 4 degrés de la température moyenne planétaire d'ici 2100, un réchauffement dont l'origine "très probable" est liée à l'activité humaine.]

__RELIGIONS#

_21 octobre, Naples. Benoît XVI participe à la rencontre annuelle organisée par la communauté de Sant’Egidio sur le thème de l’extrémisme religieux. Face aux rabbins, aux ayatollahs d'Iran, aux imams d'Arabie saoudite, du Liban, du Qatar, du Maroc, d'Indonésie, du Pakistan, aux représentants du bouddhisme japonais, de l'hindouisme, du shintoïsme, le pape réitère l'engagement de l'Eglise catholique en faveur de l'"authentique esprit d'Assise" - ce dialogue entre les religions tel que l'avait ouvert Jean Paul II en 1986, mais qui "respecte bien les différences".

A cette condition, souligne-t-il, "dans un monde lacéré par les conflits", toutes les religions sont appelées à "s'engager pour la paix et la réconciliation entre les peuples". Il ajoute : "Jamais les religions ne doivent devenir le vecteur de la haine. Jamais l'invocation du nom de Dieu ne doit conduire à la violence. Au contraire, elles doivent favoriser l'entente entre les cultures, traditions et sagesses [...], là où sont niés la liberté et le respect des autres et où hommes et femmes souffrent des conséquences de l'intolérance".

_11 octobre, Amman [Jordanie]. A l'occasion de la fin du ramadan, 138 théologiens et religieux musulmans adressent une lettre conjointe au pape Benoît XVI, au patriarche orthodoxe Bartholomée Ier de Constantinople, à Mgr Rowan Williams, primat de la Communion anglicane, ainsi qu'à une trentaine d'autres chefs d'Eglises protestantes et orthodoxes. Les 138 dignitaires musulmans plaident en faveur de rapports interreligieux "parce que la survie du monde est peut-être en jeu".

Cette lettre se veut un appel au dialogue. "Comme musulmans, nous disons aux chrétiens que nous ne sommes pas contre eux et que l'islam n'est pas contre eux, à condition qu'ils ne fassent pas la guerre contre des musulmans pour des raisons religieuses", souligne ce texte rédigé à l'initiative de l'Institut royal Aal Al-Bayt pour la pensée islamique d'Amman, une organisation indépendante engagée dans le dialogue islamo-chrétien.

[Cette lettre de fin de ramadan a été signée par des représentants de plusieurs écoles et mouvances de l'islam, venus du Proche-Orient, d'Asie, d'Afrique, d'Europe et d'Amérique du Nord, dont les grands muftis de Bosnie-Herzégovine, Russie, Croatie, Kosovo et Syrie. On compte parmi eux des sunnites et des chiites, mais également des représentants du soufisme.]

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