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AFGHANISTAN
_16 novembre, Kaboul. La production d'opium en Afghanistan représente à présent plus de la moitié 53% - du produit intérieur brut licite du pays, affirme le dernier numéro de 2007 de Afghan Opium Survey, publié par l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC).
Selon le directeur de l'ONUDC, Antonio Maria Costa, la valeur de la totalité des exportations de stupéfiants produit et passé en contrebande à partir de l'Afghanistan en 2007 serait de l'ordre de 4 milliards de dollars, soit une augmentation de 29% par rapport à l'année précédente.
Environ un quart de ce montant, soit un milliard de dollars, revient aux cultivateurs, alors que les autorités locales prélèvent un pourcentage sous forme de taxe sur la récolte. Pour leur part, les insurgés et les chefs de guerre contrôlent la production et la distribution des stupéfiants, les trafiquants se partageant le reste du butin. "Les malfaiteurs, les insurgés et les terroristes réalisent des bénéfices astronomiques qui se comptent en centaines de millions de dollars", souligne Antonio Maria Costa, affirmant que, rien que cette année, les exportations d'héroïne et de morphine atteignent les 660 tonnes.
_6 novembre, Kaboul. Un attentat-suicide dans une usine de sucre de la ville de Pul-i-Khumri, dans le nord de l'Afghanistan, provoque la mort de 41 personnes, dont six parlementaires en visite dans l’usine. L’attentat n’a pas été revendiqué.
[Il s'agit de l’attentat le plus meurtrier qu'ait connu l'Afghanistan depuis l'invasion du pays en 2001 par la coalition conduite par l'armée américaine. Les kamikazes talibans ont déjà supprimé des gouverneurs régionaux, mais ils n'avaient jamais tué autant de hauts responsables en une seule fois.]
ARGENTINE
_18 décembre, Buenos Aires. Six militaires et un policier condamnés à de lourdes peines de prison dans le cadre de procédures - contre les responsables de crimes commis pendant la dictature militaire en Argentine (1976-1983) - rouvertes depuis l'annulation en 2005 des lois d'amnistie.
Parmi les condamnés se trouve un ancien chef de l'armée de terre pendant les années de plomb, le général Cristino Nicolaides, qui a écopé d'une peine de vingt-cinq ans de prison. Un ex-policier a été condamné à vingt ans de prison. Ils ont été reconnus coupables de l'enlèvement et de la disparition, entre 1979 et 1980, de cinq membres de la guérilla péroniste Montoneros.
[Jusqu'alors, deux anciens policiers et un ex-aumônier militaire, Christian Von Wernich, avaient été condamnés pour violations des droits de l'homme à la prison à perpétuité. Quelque 300 civils et militaires attendent d'être jugés.]
BANGLADESH
_19 novembre, Dacca. Le cyclone Sidr, qui a balayé jeudi soir la côte sud du Bangladesh avec des vents atteignant 250 km/h, a fait des milliers de morts. Le bilan officiel fait état de plus de 3’000 morts, "il pourrait dépasser les 5’000, mais il restera sous les 10’000", selon Abdur Rab, le président du Croissant-Rouge bangladais. Les autorités doivent porter secours à plusieurs millions de rescapés qui manquent d'eau et de nourriture.
[En 1991, un raz-de-marée avait causé la mort de 143’000 personnes.]
BIRMANIE
_10 décembre, Bangkok. "La patience de la communauté internationale est "à bout", déclare Ban Ki-moon. "Nous avons ouvert une petite fenêtre de dialogue avec le gouvernement [birman]. La nomination de M. Aung Kyi, qui fait office de ministre de liaison entre [la prix Nobel de la paix] Daw Aung San Suu Kyi et le gouvernement, est un bon début. J'espère que cette relation sera renforcée afin qu'elle puisse engager un dialogue de réconciliation politique plus approfondi avec le gouvernement", ajoute le secrétaire général des Nations unies.
"Il est grand temps que les autorités du Myanmar [Birmanie] et sa population puissent jouir d'un véritable gouvernement démocratique et de la liberté ainsi qu'une d'une intégration avec la communauté internationale, au niveau régional et international".
_7 décembre, New York. Le régime militaire birman "continue de mentir" sur le nombre de personnes tuées et arrêtées lors de la répression, en septembre 2007, du mouvement de protestation emmené par des moines bouddhistes, affirme Human Rights Watch (HRW).

Dans un rapport sur la répression des manifestations en Birmanie, l'association de défense des droits de l'homme déclare avoir dénombré 20 morts uniquement à Rangoun, soit 10 de plus que le bilan officiel, et estime que le chiffre des tués est "bien plus élevé" que ce que la junte admet et que "des centaines" de personnes restent en détention. "La répression est loin d'être terminée", ajoute l'organisation américaine, qui dénonce la poursuite de raids nocturnes et d'actes d'intimidation contre des opposants et des moines, dont des milliers ont été arrêtés. HRW précise qu'on est sans nouvelles de "centaines de manifestants".

_23 novembre, Paris. Dans un entretien au quotidien "Le Monde", Ibrahim Gambari fait le point sur sa mission de conciliation. Putôt que d'évaluer les chances de succès de sa mission, le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour la Birmanie compare les points positifs et les points négatifs. "Pour l'instant, le positif l'emporte", dit-il. "Mais ça peut basculer."
Côté positif : "Le processus de dialogue paraît être engagé, même s'il est fragile et réversible. Un ministre chargé de faire la liaison avec Aung San Suu Kyi a été nommé et l'a vue deux fois. Elle a été autorisée à rencontrer les responsables de son parti. J'ai été autorisé à lire une déclaration de la part d'Aung San Suu Kyi. Les autorités ont libéré 2’600 prisonniers, dont 700 religieuses et 50 prisonniers politiques de la Ligue nationale pour la démocratie (LND, le parti d'Aung San Suu Kyi). Le rapporteur spécial pour les droits de l'homme, Paulo Sergio Pinheiro, a pu y aller. Le Comité international de la Croix-Rouge est, en principe, invité à y retourner et à voir les détenus. Plusieurs fonctionnaires des Nations unies s'y sont également rendus et nous avons un accord de principe pour l'installation d'un bureau de liaison du secrétaire général des Nations unies à Rangoun".
Côté négatif : "Aung San Suu Kyi est toujours en détention, de même que les autres prisonniers politiques dont nous ignorons le nombre. On fait état de nouvelles arrestations. Il n'y a aucun calendrier pour la "feuille de route de démocratisation en sept points" du régime et lorsque l'on sait qu'il a fallu quatorze ans pour réaliser le premier point, les pays voisins sont en droit de se poser la question. Il n'y a pas, non plus, de calendrier pour le lancement d'un dialogue substantiel : nous n'y sommes pas encore".
_22 novembre, Singapour. L'Union européenne et les pays de l'Asean souhaitent de concert la libération des prisonniers politiques en Birmanie et une coopération économique renforcée.
"Nous saluons la décision du gouvernement [birman] d'accentuer son engagement avec les Nations unies et d'entamer un dialogue avec Daw Aung San Suu Kyi, rappelant qu'un tel dialogue devra être conduit avec tous les groupes ethniques et les parties concernés", indique une déclaration commune.
[La Birmanie est membre de l'Asean - Association des nations du Sud-Est asiatique].
_20 novembre, New York. La répression des manifestations pour la démocratie, fin septembre, en Birmanie, condamnée par la 3e Commission de l'Assemblée générale des Nations unies.
Une résolution, parrainée par les pays européens, les Etats-Unis, le Canada, l'Australie et la Nouvelle-Zélande, adoptée par 88 voix contre24, et 66 abstentions, "condamne énergiquement le recours à la violence contre des manifestants paisibles exerçant leur droit à la liberté d'opinion, d'expression, de réunion et d'association pacifique".
Dans la résolution de la Commission, les Etats membres se déclarent "gravement préoccupés par les violations systématiques des droits de l'homme et des libertés fondamentales, y compris des droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels, dont souffre encore la population" de Birmanie. Ils déplorent également "les détentions arbitraires" et "la prolongation de l'assignation à résidence de la dirigeante de l'opposition Aung San Suu Kyi". Ils appellent le gouvernement birman à "lever les restrictions limitant les libertés" et à "renouer sans tarder le dialogue avec tous les acteurs politiques, y compris la Ligue nationale pour la démocratie et les représentants des groupes ethniques".
[L'ambassadeur de Birmanie aux Nations unies, Kyaw Tint Swe, a rejeté la résolution. "Nous ne sommes ni surpris par le résultat du vote, ni découragés," a-t-il déclaré.]
_16 novembre, Bangkok. Au terme de sa visite de cinq jours en Birmanie, Paulo Sérgio Pinheiro, Rapporteur spécial du Conseil des droits de l’homme indique que sa mission - la première depuis quatre ans - s'inscrivait dans un processus plus long, et qu'elle avait eu pour objectif d'examiner la crise intérieure qui a secoué le pays aux mois d'août et septembre 2007.
[L’expert des Nations unies, qui a demandé aux autorités de permettre le retour en Birmanie du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), a regretté de ne pas avoir pu s'entretenir avec l'opposante Daw Aung San Suu Kyi. Les résultats de sa mission et ses recommandations seront publiés dans un rapport remis en décembre au Conseil des droits de l'homme.]
_8 novembre, Rangoun. Le Conseiller spécial du secrétaire général des Nations unies pour la Birmanie, Ibrahim Gambari, transmet un message de l'opposante Daw Aung San Suu Kyi, dans lequel celle-ci se dit disposée à coopérer avec la junte militaire au pouvoir.
"Dans l'intérêt de la nation, je reste prête à coopérer avec le gouvernement afin de faire du dialogue un succès et je salue les bons offices, nécessaires, des Nations Unies pour faciliter ces efforts", affirme la prix Nobel de la paix, dont le parti, la Ligue nationale pour la démocratie, a remporté les élections en 1990 avant le coup d'Etat militaire du régime actuel.
Aung San Suu Kyi salue "la nomination le 8 octobre d'Aung Kyi au poste de "ministre des Relations" [avec l'opposition]. "Notre première réunion du 25 octobre a été constructive et j'espère à l'avenir des discussions régulières".
"Je compte que cette phase de consultations préliminaires se terminera rapidement et qu'un dialogue significatif assorti d'un calendrier pourra commencer aussi vite que possible avec le Conseil de paix et de développement de l'Etat (SPDC) [nom officiel du régime birman] ", affirme le message.
Saluant "le rôle essentiel des partis politiques dans les sociétés démocratiques", et marquant sa "gratitude" pour les sacrifices de son parti, elle souligne que, en tant que secrétaire général de son parti, elle sera guidée par ses principes. Mais, elle estime "vital" de prendre en compte également "les intérêts et l'opinion d'un éventail d'organisations et de forces politiques aussi larges que possible, en particulier ceux des "races ethniques nationales".
_6 novembre, Genève. Le Rapporteur spécial du Conseil des droits de l’homme sur la situation des droits de l'homme en Birmanie, Paulo Sérgio Pinheiro, autorisé par les autorités birmanes "à visiter le pays du 11 au 15 novembre 2007".
[Selon Amnesty International, environ 700 "prisonniers politiques" sont encore maintenus en détention. Les autorités birmanes affirment que seules sont encore détenues 91 des trois milliers de personnes interpellées lors de la répression des manifestations, fin septembre.
Selon l'organisation de défense des droits de l'homme, des enfants figurent parmi ces prisonniers, ainsi qu'au moins deux femmes enceintes de trois et sept mois. L'organisation dit posséder des "informations confirmées" faisant état de mauvais traitements et de détention dans des cellules surpeuplées, sans nourriture, eau, couverture ni médicaments.]
_4 novembre, Rangoun. De retour en Birmanie, Ibrahim Gambari rencontre le général à la retraite Aung Kyi, nommé par la junte pour établir le contact avec le leader de l'opposition, Aung San Suu Kyi, en résidence surveillée.

L’émissaire des Nations unies espère que ces premiers contacts "conduiront à une rapide entame de dialogue visant à accélérer une réconciliation nationale complète, le rétablissement de la démocratie et le plein respect des droits de l'homme".
_24 octobre, Paris. Une lettre, signée par Jody Williams, Shirin Ebadi, Wangari Maathai, Rigoberta Menchu Tum, Betty Williams et Mairead Corrigan Maguire, exhorte la communauté internationale à poursuivre la pression sur la junte birmane pour que la liberté et la démocratie soient rétablies dans le pays.
La lettre rappelle que la 7e lauréate en vie du Prix Nobel de la Paix, Aung San Suu Kyi, est détenue en Birmanie, où elle a passé près de 12 des 18 dernières années en prison ou assignée à résidence.
[En 100 ans d’histoire du Prix Nobel, 12 femmes ont obtenu le Prix Nobel de la Paix. Sept seulement sont encore en vie, dont Suu Kyi, lauréate en 1991.]
_24 octobre, New York. Paulo Sérgio Pinheiro, le Rapporteur spécial du Conseil des droits de l'homme sur la situation en Birmanie, déclare recevoir des rapports alarmants sur la situation des droits de l'homme dans le pays.
Si les chiffres et les informations disponibles sur les morts en détention, les cas de torture et les disparitions, sont insuffisants et diffèrent sensiblement, ils n'en requièrent pas moins une enquête précise et approfondie, car ils sont très préoccupants, souligne-t-il. Des sources fiables font état d’un usage excessif de la force de la part des corps de police nationale, et la présence à leurs côtés de groupes armés non-étatiques. Cependant, l’expert des Nations unies indique se trouver dans l'impossibilité de donner des chiffres exacts sur le nombre de personnes tuées, arrêtés, ni même détenues.
"Ce qui me dérange, c'est que la répression n'ait pas cessé", souligne-t-il. Or, "la fin de la violence de la part de la police et de l'armée ne représente que le commencement des avancées qui sont nécessaires de façon urgente", car "le point de départ est un vrai dialogue avec l'opposition".
_20 octobre, Paris. "Il n’y aura pas de changement [en Birmanie] sans l’armée", déclare au quotidien Le Monde, l’historien Thant Myint-U. Pour cet ancien fonctionnaire des Nations unies, la politique occidentale de sanctions contre le régime est contre-productive, alors que l'armée est la seule institution qui fonctionne en Birmanie. Il met en garde ceux qui prônent un "changement de régime" contre les risques d'anarchie, d'un scénario à l'irakienne.
Même l’opposante Aung San Suu Kyi, en résidence surveillé, "le reconnaît. Aucun scénario de changement sans l'armée ne tient debout, car c'est la seule institution qui empêche ce pays de s'effondrer. Après, il faut planifier, prévoir d'autres possibilités. Il y a une chose qu'on ne réalise pas, c'est à quel point ce pays est au bord de la désintégration sociale, à quel point sa décomposition s'est accélérée. On atteindra bientôt un stade où la crise sera tellement aiguë que tout scénario politique sera irréaliste. En Birmanie, on traverse des villes et des villages où, en dehors de l'armée, plus aucune institution ne fonctionne, ou alors dans un état d'extrême faiblesse. Il n'y a pas d'administration, la santé publique n'existe plus, l'éducation s'est écroulée, l'économie est exsangue".
__17 octobre, Rangoun. La junte birmane annonce qu'elle recherche encore des personnes ayant pris part aux manifestations de septembre, affirmant que près de 3’000 personnes ont été arrêtées, dont plusieurs centaines sont toujours détenus.
La déclaration officielle de la junte, publiée en "une" du journal The New Light of Myanmar, voix officielle du gouvernement, indique que "ceux qui ont mené, été impliqués et soutenu l'agitation qui a éclaté en septembre ont été convoqués et sont interrogés. […] Certains sont encore convoqués pour être interrogés et ceux qui doivent être relâchés le seront".
[Selon ce communiqué, 2’927 personnes ont été arrêtées et près de 500 sont encore détenues. Le dernier bilan diffusé par les autorités, le 8 octobre, faisait état de près de 2’100 arrestations.]
_16 octobre, Rangoun. Le régime birman affirme n'avoir aucune raison de "changer de direction" en dépit de toutes les actions internationales entreprises ou envisagées pour faire cesser la répression contre des opposants."Nous allons continuer. Il n'y a pas de raison de changer de direction", assure le quotidien officiel New Light of Myanmar, contrôlé par le régime, ajoutant : "Nous écarterons tous les obstacles qui seraient devant nous."
Le journal réaffirme qu'il n'y a pas de prisonniers politiques en Birmanie. "En réalité, il n'y a personne en prison pour des motifs politiques. S'y trouvent seulement ceux contre qui une action a été entreprise pour violation des lois existantes", affirme-t-il.
_15 octobre, Genève. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) demande à visiter les manifestants arrêtés et incarcérés en Birmanie pour avoir participé au mouvement de contestation du régime.
"Le CICR est profondément inquiet du sort des milliers de personnes qui auraient été arrêtées en relation avec les événements récents survenus au Myanmar [Birmanie]", déclare Pierre Krähenbühl, directeur des opérations du CICR. L'organisme voudrait pouvoir "évaluer leurs conditions de traitement et de détention" et les aider à entrer en contact avec leurs proches.
Le CICR n'est pas parvenu jusqu'ici à rétablir un dialogue significatif avec les généraux birmans, relève Pierre Krähenbühl, qui regrette que "les efforts [du CICR] n'aient pas encore produit de résultat tangible", mais se dit "déterminé à les poursuivre".

[En juin 2007, le Comité international de la Croix-Rouge avait déjà fermement dénoncé "les violations du droit international humanitaire commises à l'encontre des civils et des détenus par le gouvernement du Myanmar [Birmanie]".
_15 octobre, Bangkok. L'émissaire des Nations unies pour la Birmanie, Ibrahim Gambari, demande à la junte birmane de mettre fin immédiatement aux arrestations d'opposants, en particulier de dirigeants étudiants.
Dans des déclarations à la presse à Bangkok, première étape d'une tournée en Asie, l’expert des Nations unies qualifie "d'extrêmement troublantes" les informations sur la poursuite d'interpellations, d'interrogatoires et d'actes d'intimidation en Birmanie. "Ces actions doivent s'arrêter sur-le-champ", souligne-t-il, parce qu'elles "vont à l'encontre de l'esprit d'engagement mutuel entre les Nations unies et la Birmanie".
_11 octobre, New York. Le Conseil de sécurité des Nations unies adopte une déclaration qui "déplore vivement l’utilisation de la violence contre des manifestations pacifiques" et "souligne l’importance de la libération rapide de tous les prisonniers politiques et des autres détenus".
Le texte demande au gouvernement birman "d’oeuvrer avec toutes les parties concernées dans le sens de l’apaisement de la situation et d’une solution pacifique".
_11 octobre, New York. L'organisation Human Rights Watch (HRW) appelle le Conseil de sécurité des Nations unies à décréter un embargo sur les armes contre la Birmanie, et dénonce en particulier six pays fournissant en armements le régime militaire.

L'Inde et la Chine, mais aussi la Russie, Israël, la Corée du Sud et la Corée du Nord, sont pointés du doigt par HRW pour avoir livré des équipements utilisés par les militaires birmans afin de "commettre des abus" en matière des droits de l'homme, et ainsi "soutenir leur capacité à se maintenir au pouvoir", affirme l'organisation. Selon HRW, l'Inde apparaît, avec la Chine, comme l'un des principaux fournisseurs d'armements à la junte au pouvoir, avec notamment plusieurs livraisons, en 2007, d'avions et d'hélicoptères de surveillance. "Il est temps que le Conseil de sécurité mette fin à toutes les ventes d'armes à un gouvernement qui utilise la répression et la peur pour s'accrocher au pouvoir", estime Brad Adams, directeur pour l'Asie de HRW.
_4 octobre, Rangoun. La télévision d'Etat birmane annonce que le chef de la junte, le général en chef Than Shwe, pourrait s'entretenir personnellement avec Daw Aung San Suu Kyi, maintenue en isolement depuis 2003, si celle-ci abandonnait sa politique de "confrontation" et de soutien à la politique occidentale de "sanctions".
[Le 5 octobre, un porte-parole de la Ligue nationale pour la démocratie (LND, opposition) a indiqué à l'Agence France-Presse (AFP) qu'Aung San Suu Kyi pourrait examiner l'offre de face-à-face avec Than Shwe "sous un jour positif", mais que la décision finale appartenait à "La Dame" de Rangoun.]
_3 octobre, Paris. "Les bonzes birmans ont été les principales victimes de la répression qui a mis fin, au moins pour le moment, au mouvement de protestation populaire de septembre dans le pays, et qui semble avoir frappé les religieux bouddhistes à une échelle plus grande qu'il n'est d'abord apparu, selon des informations de diverses sources", indique le quotidien Le Monde.
Selon la BBC, 4’000 bonzes ont été arrêtés pendant et après les manifestations et plusieurs d'entre eux ont été tués. Ils seraient détenus dans un ancien champ de courses et un institut technologique, à Rangoun.
[La télévision birmane annonce que 2’093 personnes ont été arrêtées et 692 d'entre elles, jugées innocentes après interrogatoire, relâchées.]
_2 octobre, Genève. Le Conseil des droits de l'homme des Nations unies déplore la répression violente des manifestations pacifiques par les autorités birmanes et leur demande de libérer toutes les personnes arrêtées. La résolution présentée par l'Union européenne (UE) a été adoptée par consensus.

_2 octobre, Rangoun. L'Envoyé spécial des Nations unies pour la Birmanie, Ibrahim Gambari, rencontre le dirigeant du pays, le général en chef Than Shwe, à Nay Pyi Taw, la capitale administrative du pays.
[Ibrahim Gambari est rentré à Rangoun où il a rencontré pendant 45 minutes et pour la deuxième fois lors de ce voyage l'opposante et prix Nobel de la paix Daw Aung San Suu Kyi, qui est toujours en résidence surveillée.]
_2 octobre, Bruxelles. La Confédération syndicale internationale (CSI) a dressé la liste de onze entreprises multinationales accusées de "soutenir le régime brutal" de Birmanie, les appelant à se retirer de la Birmanie.
La liste de la CSI inclut "d'importantes multinationales, en affaires avec la Birmanie, dont Caterpillar (Etats-Unis), China National Petroleum Corporation et China National Offshore Oil Corporation (Chine), Daewoo International et Hyundai (Corée du Sud), Siemens (Allemagne), Gas Authority of India et ONGC Videsh Ltd (Inde), GlaxoSmithKline (Royaume-Uni), Swift (Belgique) et Total (France)".
_1er octobre, New York. Intervenant devant l’Assemblée générale des Nations unies, le ministre des affaires étrangères birman, U Nyan Win, se félicite d'un retour à la normale en Birmanie. ''Le personnel de sécurité a fait preuve de la plus grande retenue et n'est pas intervenu pendant près d'un mois. Cependant, lorsque la foule est devenue indisciplinée et provocatrice, [nous avons] été obligés de déclarer un couvre-feu. Par la suite, lorsque les manifestants ont ignoré leurs avertissements, [nous avons] dû agir et rétablir la situation'', affirme-t-il.

Le diplomate birman accuse "des opportunistes politiques" de vouloir provoquer une épreuve de force dans son pays, avec l'aide de pays étrangers, dans le but de tirer parti du chaos qui pourrait s'en suivre.
CHINE
_31 DECEMBRE. Comme le prévoyait la résolution 1769 du Conseil de sécurité des Nations unies, une mission "hybride" composée des forces des Nations unies et de l’Union africaine (UA) a pris le relais de la mission de l'Union africaine au Darfour (AMIS).
[Une fois déployée dans son intégralité, cette Mission conjointe des Nations unies et de l'Union africaine au Darfour (Minuad), la Minuad sera forte de 19’555 soldats et de plus de 6’432 policiers et personnels civils, ce qui en fera la plus grosse opération de maintien de la paix des Nations unies au monde. Mais, dans les faits, la Minuad ne démarre qu'avec quelque 9’000 personnes sur le terrain : les 7’000 soldats et 1’200 policiers de l'AMIS déjà en place et quelques soldats et policiers des Nations unies envoyés en renfort en 2007.]
_28 décembre, Pékin. Le militant chinois des droits de l'homme Hu Jia arrêté pour "subversion du pouvoir de l'Etat", révéle le réseau de défenseurs des droits de l'homme Chinese Human Rights Defenders (CHRD).
["Alors que la communauté internationale a les yeux tournés vers le Pakistan, la police politique chinoise en profite pour arrêter l'une des figures emblématiques du combat pacifique en faveur de la liberté d'expression en Chine", a dénoncé de son côté l'association Reporters sans frontières (RSF), qui demande aux gouvernements étrangers, et notamment à l'Union européenne, de "se mobiliser en faveur de Hu Jia". Le militant avait été récompensé le 5 décembre par un prix spécial décerné par RSF et s'était, à cette occasion, exprimé par webcam de la Chine.]
_21 octobre, Pékin. Fin du 17e congrès du Parti communiste chinois (PCC). Les 2’200 délégués participant au congrès ont fait inscrire dans la constitution du Parti, au même titre que la "pensée Mao Zedong", les notions d’"harmonie sociale" et de "développement scientifique" - qui vise à allier croissance, protection de l'environnement et égalité économique. Hu Jintao, 64 ans, perésident de la République, reconduit pour cinq ans à la tête du Parti communiste, est le quatrième dirigeant chinois à marquer de son empreinte la constitution du PCC, après Mao, Deng Xiaoping et Jiang Zemin.
Durant ce congrès, le président chinois a insisté sur la nécessité d'un "développement équilibré pour assurer une croissance saine et rapide" du géant asiatique, pays le plus peuplé au monde (1,3 milliard d'habitants) en passe de devenir la troisième économie de la planète.
[Jiang Zemin, 80 ans, présida au décollage de la Chine, à la fin des années 1990. "Il personnifia la vision d'une croissance à tous crins, au mépris des conséquences sociales et écologiques, écrit Bruno Philip, dans Le Monde. M. Hu a modifié le discours dans le but - théorique pour le moment - d'infléchir la trajectoire : l'actuel numéro un exalte désormais les vertus de l'"harmonie sociale", afin que les nécessités de la croissance économique cessent d'alimenter les disparités de revenus entre villes et campagnes et les répercussions sur l'environnement d'une Chine toujours plus assoiffée d'énergie. Il veut que soit inscrite dans les textes sa philosophie du "développement scientifique", qui revient, selon un diplomate étranger à Pékin, à "replacer l'individu au coeur du développement". C'est-à-dire à limiter l'impact social d'une croissance aveugle". Le Monde, 16 octobre 2007.]
_15 octobre, Pékin. Dans un discours prononcé à l’ouverture du 17e congrès du Parti communiste chinois (PCC), le président de la République populaire de Chine, Hu Jintao, met l'accent sur la nécessité de corriger les impacts sociaux négatifs de la croissance, promet de veiller à la défense de l'environnement et appelle à la poursuite de la lutte contre la corruption. Il affirme également souhaiter un "accord de paix" avec Taïwan, dont l'indépendance ne sera "jamais tolérée".
Hu Jintao, qui est aussi le secrétaire général du PCC, reconnaît que le décollage de la Chine s'est effectué au prix d'un "coût excessif pour nos ressources et notre environnement". "Le développement des villes et des campagnes et celui entre l'économie et la société demeure déséquilibré", souligne-t-il, assurant que "les schémas de développement doivent être changés de manière significative".
REPERES. 1921 : création du Parti communiste chinois (PCC) à Shanghaï |1949 : Mao Zedong proclame la République populaire de Chine à Pékin | 1976 : mort de Mao Zedong | 1982 : 12e congrès du PCC, qui entérine la politique de réforme engagée par Deng Xiaoping | 1989 : répression des manifestations pour la démocratie à Pékin | 1993 : Jiang Zemin devient président | 2002 : Hu Jintao est désigné secrétaire général du PCC | 2003 : Jiang Zemin se retire de la présidence au profit de Hu Jintao.
CONGO | République démocratique
_19 octobre, New York. La Représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies pour les enfants et les conflits armés, Radhika Coomaraswamy, se dit inquiète de l'escalade des recrutements forcés d'enfants et des violences sexuelles commis par les forces armées de Laurent Nkunda, du Front démocratique de libération du Rwanda (FDLR) et des milices alliées dans la province du Nord Kivu, en République démocratique du Congo.
"On estime à plusieurs centaines le nombre d'enfants dans les rangs des forces de Nkunda et plusieurs milliers risquent de s'y retrouver à tout moment", prévient-elle. Au cours des dernières semaines, de nombreux enfants ont fui leurs villages pour échapper aux tentatives de recrutement effectuées dans des écoles du Masisi.
COREE DU NORD
_4 octobre, Pyongyang. Le président sud-coréen, Roh Moo-hyun, et son homologue nord-coréen, Kim Jong-il, signent une "déclaration de paix et de prospérité" par laquelle ils annoncent que "les deux Corées entendent mettre fin à la situation d'antagonisme militaire dans la péninsule et coopérer pour appeler les nations concernées à signer une déclaration mettant fin à l'état de guerre". Les deux pays "partagent l'opinion qu'il faut passer de l'armistice à un régime de paix permanente dans la péninsule".
[Les deux dirigeants ont paraphé une "Déclaration pour le développement des relations intercoréennes, la paix et la prospérité" en huit points dans lequel les deux pays s'engagent à promouvoir la paix et la prospérité sur la péninsule divisée depuis plus de cinq décennies. La déclaration va plus loin que celle de juin 2000 en appelant les pays concernés à mettre fin à "l'état de guerre". Elle appelle la signature d'un acte de paix par "trois ou quatre chefs d'Etat" - une précision, indique Le Monde, qui implique l'éventuelle participation du chef de l'Etat sud-coréen en plus de ceux de la Chine, des Etats-Unis et de la Corée du Nord. La Corée du Sud n’est pas signataire de l’armistice de 1953 contrairement aux Etats-Unis (au nom des Nations unies), à la Chine et à la Corée du Nord.

En outre, la déclaration énumère plusieurs engagements de coopération entre les deux pays : la création d'un complexe industriel dans la région du port de Haeju (nord de la zone démilitarisée) ; la rénovation de la voie ferroviaire entre la ville de Kaesong et celle de Sinuiju (près de la frontière chinoise) et de l'autoroute Kaesong-Pyongyang, et la mise en service de la voie ferrée raccordant le Sud et le Nord à travers la zone démilitarisée.
La Corée du Nord a accepté de démanteler d'ici au 31 décembre 2007 son réacteur de Yongbyong et d'autres installations nucléaires en vertu d'un accord passé lors de pourparlers réunissant six pays (Etats-Unis, Russie, Chine, Japon, Corée du Nord, Corée du Sud) à Pékin.]
ESPAGNE
_10 novembre, Santiago. Une vive altercation entre le chef du gouvernement espagnol, José Luis Zapatero (socialiste), et le président vénézuélien Hugo Chavez marque la fin du Sommet ibéro-américain organisé au Chili.
[A quelques minutes de la clôture du sommet, Hugo Chavez a attaqué le prédécesseur de José Luis Zapatero, José Maria Aznar (conservateur), en ces termes : "un fasciste n'est pas humain, un serpent est plus humain qu'un fasciste". L'actuel chef du gouvernement espagnol a réclamé davantage de "respect" pour tout dirigeant élu démocratiquement.]
_31 octobre, Madrid. Le projet de loi sur la "mémoire historique" adopté par le Congrès des députés (Parlement) - 185 voix contre 137. Le texte le premier du genre en Espagne a pour objet la "réparation morale" et le rétablissement public de la mémoire des victimes de persécutions politiques, idéologiques ou religieuses durant la Guerre civile et la dictature de Francisco Franco.
La loi proclame "l'illégitimité" des tribunaux militaires - qui ont été à l'origine de quelque 50000 exécutions - et des jugements prononcés "pour des motifs politiques, idéologiques ou de croyances religieuses".
Les administrations centrales et locales devront favoriser la suppression des plaques, monuments, symboles liés au franquisme, encore présents dans de nombreuses communes. Mais un amendement permet à l'Eglise, dont les lieux de culte comportent très souvent des hommages à ceux qui sont "tombés pour Dieu et pour l'Espagne", d'échapper à cette obligation. L'Etat et les collectivités locales devront aider à la localisation des fosses où sont enterrés les fusillés.
[Le Parti populaire (PP, opposition) a voté contre le texte qui, selon lui, "rompt l'héritage qui a permis la transition [démocratique]" et tombe "dans la même erreur que le franquisme" en voulant "imposer une mémoire unique et officielle". En revanche, il s'est prononcé en faveur d'une disposition qui interdit l'exaltation du franquisme.]
_31 octobre, Madrid. La justice espagnole reconnaît coupables 21 des 28 accusés dans le procès des attentats du 11 mars 2004 à Madrid, qui ont fait 191 morts et 1’841 blessés. Les attentats avaient été revendiqués par Al-Qaida.
L'Espagnol José Emilio Suarez Trashorras et le Marocain Othman El-Gnaoui, qui ont fourni les explosifs, ainsi qu'un autre Marocain, Jamal Zougam, reconnu comme l'un des poseurs de bombes, ont été inculpés d'assassinats et de tentatives d'assassinats terroristes. Leurs peines ont été limitées à 40 ans de prison.
Deux autres accusés considérés comme des organisateurs des attentats, les Marocains Youssef Belhadj et Hassan Al-Haski, se voient infliger des peines inférieures à 20 ans de prison. Leur implication directe dans les attentats du 11 mars 2004 n'ayant pu être établie par le tribunal, ils sont condamnés seulement pour appartenance à un groupe terroriste. En revanche, la justice espagnole a acquitté, faute de preuves matérielles, Rabei Ousmane Sayed Ahmed, dit "Mohamed l'Egyptien", pourtant considéré comme un des cerveaux des attentats.
_28 octobre, Rome [Vatican]. Quelque 30’000 fidèles assistent à la plus grande messe de béatification de l'histoire de l'Eglise catholique, élevant au rang de "martyrs" de la guerre civile d’Espagne, tués par "haine de la foi", 498 religieux (dont 2 évêques et 24 prêtres), tués en 1936 et 1937, au début des affrontements qui déchirèrent l'Espagne après le soulèvement des "nationalistes" du général Francisco Franco contre le gouvernement de Front populaire.
Pour Benoît XVI, les 498 religieux étaient "exclusivement motivés par leur amour du Christ". Ce sont "des témoins héroïques de la foi qui ont payé de leur sang leur fidélité au Christ et à son Eglise", ajoute-t-il, avant de lancer un appel à la réconciliation : "Que leurs paroles de pardon envers leurs persécuteurs nous poussent à travailler inlassablement à la miséricorde, la réconciliation et la coexistence pacifique". Au total, 966 "martyrs" ont été honorés, puisque, sous Jean Paul II, 468 victimes de la guerre ont déjà été béatifiées, dont deux canonisées.
[La cérémonie a provoqué une polémique en Espagne, où le gouvernement espagnol s'apprête à faire adopter par le Parlement une loi réhabilitant la mémoire des victimes du franquisme. Selon les historiens, plusieurs milliers de religieux ont été tués par des sympathisants républicains, avant et pendant la guerre civile (1936-1939) qui fit plus de 500’000 morts dans les deux camps.]
La conférence des évêques d'Espagne, hostile au projet de loi du gouvernement, estime que "l'utilisation de la mémoire historique, guidée par une mentalité sélective, ouvre à nouveau les vieilles blessures de la guerre civile et ravive des sentiments qui paraissaient avoir été surmontés".
A gauche, et dans les associations qui luttent pour retrouver les corps des républicains enterrés dans des fosses communes, cette béatification de masse a fait l'effet d'une provocation. L'Association pour la recherche de la mémoire a affirmé que "l'Eglise va perdre une grande occasion de mener à bien un exercice de reconnaissance de son rôle durant la guerre civile et la dictature franquiste. Tant qu'elle assumera son rôle de victime et non de bourreau, elle continuera de contribuer à une culpabilité stérile et une utilisation partielle de son passé".]
ETATS-UNIS
_13 décembre, New York. L'Assemblée (chambre basse) du New Jersey adopte un projet de loi abolissant la peine de mort, faisant de cet Etat le premier des Etats-Unis à se prononcer en ce sens par un vote depuis plus de 40 ans.
[Cette décision a été accueillie par les associations de défense des droits de l'homme comme un pas vers la fin des exécutions aux Etats-Unis. "Pour la première fois en 40 ans les représentants élus d'un Etat américain important disent définitivement non à la peine capitale", a souligné David Fathi, directeur du département des Etats-Unis au sein de l'association des droits de l'homme Human Rights Watch. "C'est une indication de l'aversion croissante pour la peine de mort aux Etats-Unis", estime-t-il.]
_3 décembre, Washington. L’Iran a gelé son programme nucléaire militaire "à la fin de l’année 2003" et ne l’a pas réactivé, même si le pouvoir iranien "garde ouverte l’option militaire". Telles sont les conclusions du dernier rapport de la direction du Renseignement national américain, qui regroupe les seize principales agences de renseignement des Etats-Unis.
Le rapport estime que l’Iran, en cas de relance de son programme militaire, serait "très probablement incapable" de produire une bombe nucléaire avant 2009 ou 2010 - et, précise-t-il, cette capacité serait au mieux atteinte en 2015.
Points clés du rapport. Le Renseignement national considère avec "un haut degré de confiance" que "l'Iran a arrêté son programme d'armement nucléaire à la fin 2003". Il estime avec "un degré de confiance modéré qu'à la mi-2007, il n'avait pas été relancé".
L'arrêt de ce programme est dû "principalement à la pression internationale". Une "combinaison de menaces de surveillance internationale accrue et de pressions" et de mesures incitatives pousserait Téhéran à en maintenir l'arrêt.
L'Iran "est moins déterminé à développer des armes nucléaires que nous ne l'avions jugé depuis 2005", mais "garde [cette] option ouverte". Il "rencontre encore des problèmes techniques importants pour faire fonctionner" ses centrifugeuses d'uranium. Il "pourrait être capable de produire suffisamment d'uranium hautement enrichi pour [fabriquer] une bombe entre 2010 et 2015".
Point de vue : Un inquiétant rapport
[Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a qualifié de "victoire" la publication de ce rapport, y voyant une raison supplémentaire pour l’Iran de poursuivre ses activités nucléaires. "Il s'agit de la déclaration de la victoire du peuple iranien face aux grandes puissances".
Le directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique, Mohamed ElBaradeï, s’est dit soulagé par le rapport, estimant qu'il lui donnait raison. Ce rapport, qui contredit la thèse de l'administration américaine voulant que l'Iran construise la bombe atomique, "me fait pousser un soupir de soulagement parce qu'il est compatible avec notre évaluation".]
_17 octobre, Washington. Nucléaire iranien : George Bush se dit persuadé que l’Iran veut se doter de la bombe atomique. "Et je crois qu'il est dans l'intérêt du monde de les en empêcher, déclare-t-il. Voilà un dirigeant en Iran qui a annoncé qu'il veut détruire Israël. Alors je dis aux gens que s'ils ont envie d'éviter la Troisième Guerre mondiale, il semble qu'ils devraient s'intéresser à la manière d'empêcher [les Iraniens] d'avoir le savoir nécessaire pour fabriquer une arme nucléaire".
_17 octobre, Washington. Le président Bush et le Congrès américains rendent un hommage sans précédent au dalaï lama, passant outre aux protestations de la Chine pour honorer un "symbole universel de paix et de tolérance", selon les mots du président américain.
George Bush a remis au chef de l'Eglise tibétaine, revêtu de la robe safran et bordeaux des moines bouddhistes, la médaille d’or du Congrès, la récompense civile la plus prestigieuse, au cours d'une cérémonie sous la coupole du Capitole.
"Les Américains ne peuvent pas voir réprimer la liberté de religion et fermer les yeux ou se détourner. C'est pourquoi je continuerai à presser les dirigeants chinois d'accueillir le dalaï lama en Chine; ils se rendront compte que cet homme bon est aussi un homme de paix et de réconciliation", déclare George. Bush, qui avait auparavant reçu le leader tibétain à la Maison-Blanche.
[La Chine a vivement réagi à la visite aux Etats-Unis du dalaï-lama. "Le fait que le président américain [le] rencontre représente une sévère violation des normes de relations internationales", a déclaré, le 16 octobre, le ministre des affaires étrangères chinois, Yang Jiechi, avant même la rencontre entre George Bush et le chef de l'Eglise tibétaine. "Nous exprimons notre extrême insatisfaction et notre ferme opposition. Nous pressons les Etats-Unis d'annuler cette visite", a-t-il ajouté en remarquant que la Chine se sentait "blessée" de cette "interférence dans ses affaires intérieures".]
_10 octobre, Washington. La Commission des affaires étrangères de la Chambre américaine des représentants approuve, par 27 voix contre 21, une résolution qualifiant de "génocide" les massacres d'Arméniens par les Turcs en 1915. La résolution va être présentée devant la Chambre des représentants, en séance plénière, d'ici à la mi-novembre. Une résolution similaire est également présentée au Sénat.
Le président Bush avait averti, avant le vote, qu'une telle résolution ferait un "grand tort" aux relations avec la Turquie, important allié des Etats-Unis au sein de l'OTAN. Huit anciens secrétaires d'Etat avaient écrit à la présidente de la Chambre des représentants, la démocrate Nancy Pelosi, favorable à la résolution, pour s'opposer au texte en brandissant un risque de mise en danger de la sécurité nationale américaine.
[Le président turc, Abdullah Gül, a jugé le texte "inacceptable" et accusé les parlementaires américains d'avoir sacrifié de graves problèmes à "leurs petites manoeuvres". La Turquie rejette la position arménienne, soutenue par de nombreux historiens occidentaux, selon lesquels 1,5 million d'Arméniens ont été massacrés durant la Première Guerre mondiale.]
EUROPE
_12 novembre, Strasbourg. Selon la Commission des questions juridiques de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE), qui approuve un rapport de Dick Marty (Suisse), les procédures employées par le Conseil de Sécurité des Nations unies et l'Union européenne (UE) pour inscrire sur liste noire des personnes et des groupes soupçonnés d'avoir des liens avec le terrorisme sont "totalement arbitraires et sans crédibilité aucune". Elles doivent être revues de toute urgence dans un souci d'équité, indiquent les parlementaires.
[Il y a quelque 370 personnes dans le monde qui ont actuellement leurs avoirs gelés et qui ne peuvent voyager car elles ont été inscrites sur liste noire par le Conseil de Sécurité des Nations unies. Une soixantaine d'entités figureraient sur la liste noire de l'Union européenne. Cependant, selon le projet de résolution approuvé par la Commission, ces sanctions peuvent être imposées "sur la base de simples soupçons".
Une telle procédure est "indigne" d'institutions internationales comme les Nations unies et l'Union européenne et fragilise la légitimité de "sanctions ciblées" dans la lutte contre le terrorisme, soulignent les parlementaires. Or, les Etats qui sont contraints d'exécuter ces sanctions, risquent de violer les obligations qui leur incombent au titre de la Convention européenne des droits de l'homme.]
-6 novembre, Bruxelles. Les ministres de l'Intérieur et de la Justice de l’Union européenne (UE) approuvent l'entrée dans l'espace Schengen de huit pays d’Europe orientale et de Malte à partir du 21 décembre, ce qui permettra aux ressortissants de ces Etats de voyager sans passeport dans la plupart des pays de l'Union.
L'arrivée des Neuf - Slovaquie, Slovénie, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pologne, République tchèque et Malte- sera marquée par des cérémonies à plusieurs anciens postes frontières le 21 décembre. Dans les aéroports, les contrôles ne seront toutefois abolis que le 30 mars 2008.
_24 octobre, Strasbourg. A la suite de la ratification du traité par Chypre, la Convention du Conseil de l’Europe sur la lutte contre la traite des humains va entrer en vigueur le 1er février 2008.
Ce texte est un traité global axé essentiellement sur la protection des victimes de la traite et la sauvegarde de leurs droits. Elle s’applique à toutes formes de traites, quelles que soient les victimes et les formes d’exploitation.
_19 octobre, Lisbonne. Les 27 chefs d'Etat et de gouvernement des pays de l'Union européenne (UE), réunis à Lisbonne, parviennent à un accord sur un nouveau traité destiné à améliorer le fonctionnement de leurs institutions. Ce traité, qui réforme les traités antérieurs pour rendre l'Europe plus gouvernable, est le premier à avoir été négocié depuis que l'Europe, élargie en 2004 et 2007 aux pays d'Europe centrale, aux pays Baltes, à Malte et à Chypre, a atteint sa nouvelle dimension continentale.
 Europe, une étape
FRANCE
_20 décembre, Rome [Vatican]. Lors d’un discours prononcé à la basilique du Latran, lors de la prise de possession toute symbolique de son siège de "chanoine d'honneur", Nicolas Sarkozy propose d'enterrer la "guerre des deux France" (cléricale et révolutionnaire) et de réconcilier, pour de bon, la République laïque et l'Eglise catholique.
Le discours de Nicolas Sarkozy
[Le discours du Latran est, d'abord, une relecture de l'histoire de France à partir de ses "racines" chrétiennes, d'évidence inspirée par Henri Guaino et Max Gallo, qui faisaient partie de la délégation française à Rome, écrit Henri Tincq, dans le quotidien Le Monde. "Les racines de la France sont essentiellement chrétiennes, martèle M. Sarkozy. J'assume pleinement le passé de la France et ce lien particulier qui a si longtemps uni notre nation à l'Eglise.
Nicolas Sarkozy rappelle comme le christianisme a façonné la nation française, sa culture, son éthique, ses arts et cite Pascal, Bossuet, Péguy, Claudel, Bernanos, Mauriac, Maritain, Mounier, René Girard et des théologiens comme de Lubac et Congar.
Il ne craint pas d'évoquer les "souffrances" infligées au clergé par la loi de séparation de 1905 (expulsion des congrégations, querelle des inventaires). L'interprétation aujourd'hui consensuelle de la loi de séparation des Eglises et de l'Etat de 1905 relève, dit-il habilement, d'une "reconstruction rétrospective". Mais on ne bâtit pas l'avenir d'une nation en ressassant les "blessures du passé". Le Monde, Paris, 21 décembre 2007.]
_11 décembre, Paris. Mouammar Kadhafi contredit le président français sur la question des droits de l'homme. "Nous n'avons pas évoqué, moi et le président Sarkozy, ces sujets", assure-t-il, dans un entretien à la chaîne France 2.
[Nicolas Sarkozy a bien "parlé" des droits de l'homme avec son hôte lors d'un entretien lundi et du dîner officiel, a aussitôt répliqué le secrétaire général de la présidence, Claude Guéant, ajoutant : "J'en ai été témoin".]
11 décembre, Paris. Dans un discours prononcé au siège de l’Unesco, devant ses "frères africains immigrés", Mouammar Kadhafi s’en prend à l'attitude des pays européens, qui selon lui "font de la surenchère sur les droits de l'homme et nous interrogent sur le respect des droits de l'homme dans nos pays", alors que "les étrangers sont maltraités en Europe".
"Nous sommes l'objet d'injustices. Notre continent a été colonisé, nous avons été réduits en esclavage, déplacés dans des navires comme du bétail. Aujourd'hui nous travaillons dans le bâtiment, dans la construction de routes [...]. Après tout cela, nous sommes envoyés dans les banlieues et nos droits sont violés par les forces de police", déclare le dirigeant libyen, estimant qu'"avant de parler des droits de l'homme, il faut vérifier que les immigrés bénéficient chez vous de ces droits".
_10 décembre, Paris. A l’occasion du voyage à Paris de Mouammar Kadhafi, des organisations de défense des droits de l'homme tiennent à rappeler le degré de répression politique en Libye, et la fréquence de la torture dans ses prisons. Elles demandent aux autorités françaises de faire figurer les droits de l'homme au menu des discussions avec le chef de l’Etat libyen. Amnesty International qualifie la Libye de "dictature", tandis que Human Rights Watch (HRW) met en exergue les cas de disparitions de détenus.

LES REACTIONS DES ONG | Amnesty | FIDH | HRW |
Le ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner, et la secrétaire d'Etat aux droits de l'homme, Rama Yade, ont, eux aussi, vivement critiqué la venue en France de Mouammar Kadhafi, dans des interviews publiés respectivement par La Croix et Le Parisien.
Dans un entretien accordé au quotidien La Croix, Bernard Kouchner déclare : "Tous les militants, et donc moi-même, se souviennent que le président libyen fut un pourfendeur professionnel des droits de l'homme et [qu'il] se faisait le prosélyte d'un islam conquérant." Il ajoute :"Pas question d'oublier le nom des victimes qui lui furent imputées. Pas question d'oublier quoi que ce soit de leurs souffrances", même si "Kadhafi a abandonné les armes de destruction massive et renoncé pour son pays au terrorisme".
Dans une interview publiée par le quotidien Le Parisien, Rama Yade se déclare "dérangée" par la visite du colonel Kadhafi à Paris, le jour de l'anniversaire de l'adoption de la Déclaration universelle des droits de l'homme, le 10 décembre 1948. "La France ne doit pas recevoir ce baiser de la mort", dit-elle. Le président libyen "doit comprendre que notre pays n'est pas un paillasson sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s'essuyer les pieds du sang de ses forfaits".
[Nicolas Sarkozy a affirmé, le 10 décembre, avoir demandé au colonel Kadhafi "de progresser sur le chemin des droits de l'homme". "La France reçoit un chef d'Etat qui a renoncé définitivement à la possession de l'arme nucléaire, qui a décidé de rendre les stocks sous contrôle des organisations internationales, qui a choisi de renoncer définitivement au terrorisme et qui a choisi d'indemniser les victimes", a fait valoir le président français, ajoutant qu'il recevrait également "les associations de victimes".]
_5 décembre, Paris. Nicolas Sarkozy déclare que l'Etat français doit réparation aux anciens supplétifs musulmans de l'armée française durant la guerre d'Algérie, les harkis.
"Il est légitime et juste qu'ils reçoivent l'hommage solennel de la Nation car, pour les harkis aussi, si les accords [de paix] d'Evian ont scellé la fin des hostilités militaires, ils n'ont pas marqué la fin des souffrances", rappelle le chef de l'Etat, lors d'un discours à l'occasion de la journée d'hommage aux combattants morts pour la France pendant la guerre d'Algérie.
[Selon les historiens, entre 60’000 et 80’000 musulmans français ont été tués entre les accords d'Evian de mars 1962, qui mirent fin à la guerre proprement dite, et l'indépendance algérienne, en juillet 1962.]
_4 décembre, Constantine. Nicolas Sarkozy dénonce une nouvelle fois en Algérie le système colonial "injuste par nature", devant les étudiants de Constantine (est), et exhorte les Algériens à "regarder vers l'avenir".
"Beaucoup de ceux qui étaient venus s'installer en Algérie étaient de bonne foi. Ils étaient venus pour travailler et pour construire, sans l'intention d'asservir ni d'exploiter personne", déclare le président français dans un discours prononcé devant les étudiants de l'université Mentouri et en présence de son homologue algérien Abdelaziz Bouteflika.
"Mais le système colonial était injuste par nature et il ne pouvait être vécu autrement que comme une entreprise d'asservissement et d'exploitation", ajoute-t-il. "De part et d'autre, il y a eu des douleurs, des souffrances et des peines"

"Je n'oublie ni ceux qui sont tombés les armes à la main pour que le peuple algérien soit de nouveau un peuple libre ni les victimes d'une répression aveugle et brutale ni ceux qui ont été tués dans les attentats [...] ni ceux qui ont dû tout abandonner".
["Je ne suis pas venu nier le passé, mais je suis venu vous dire que le futur est plus important", a encore soulignéNicolas Sarkozy, qui s'est refusé à prononcer les excuses attendues côté algérien pour les crimes imputés à la France pendant la colonisation (1830-1962).
"Ce qui compte, c'est ce que nous allons accomplir ensemble, et ce que nous allons accomplir ensemble ne dépend que de nous. [...] Les fautes et les crimes du passé furent impardonnables. Mais, c'est sur notre capacité à conjurer l'intolérance, le fanatisme et le racisme qui préparent les crimes et les guerres de demain que nos enfants nous jugerons", a-t-il ajouté.
à Dans ce domaine, écrit Dominique Dhombres dans le quotidien Le Monde le président Sarkozy ne change donc pas de discours par rapport au candidat.
"Cette repentance permanente qui fait qu'il faudrait s'excuser de l'histoire de France touche parfois aux confins du ridicule", déclarait-il en décembre 2005. "On ne peut pas demander aux fils de s'excuser des fautes de leurs pères", disait-il en novembre 2006 lors d'une visite à Alger. "Les Français ne veulent pas de la repentance, ce dénigrement de la France, de ses valeurs et de son histoire, qui n'est rien d'autre qu'une forme de haine de soi", disait-il le 6 mars 2007 lors d'une réunion publique dans le Val-d'Oise. "Je veux qu'on arrête cette repentance systématique", répétait-il le 25 mars. Devenu président, dans un entretien accordé à des journaux algériens, il se disait, en juillet 2007, "pour une reconnaissance des faits, pas pour le repentir, qui est une notion religieuse et n'a pas sa place dans les relations d'Etat à Etat". Le Monde, Paris, 6 décembre 2007. Photo : Elysée].
_3 décembre, Alger. En déplacement en Algérie, Nicolas Sarkozy qualifie le système colonial français dans ce pays de "profondément injuste [et] contraire aux trois mots fondateurs de notre République : liberté, égalité, fraternité". Le président français se dit "convaincu depuis toujours que pour bâtir un avenir meilleur, on doit au contraire regarder le passé en face".
[Alors qu'une polémique sur le passé colonial de la France se poursuit en Algérie, Nicolas Sarkozy a également dit vouloir honorer "toutes les victimes" de la guerre d'indépendance (1954-1962). Sans les qualifier de "crimes de guerre" ou de "crimes contre l'humanité", il a reconnu que "des crimes terribles ont été commis tout au long d'une guerre d'indépendance qui a fait d'innombrables victimes des deux côtés".
Nicolas Sarkozy a jugé qu'il était temps de confier à des historiens algériens et français d'enquêter "ensemble" sur l'histoire tourmentée des deux pays, afin que "les générations à venir puissent, de chaque côté de la Méditerranée, jeter le même regard" sur ce passé et bâtir sur cette base un "avenir d'entente et de coopération". "C'est le travail de mémoire que je suis venu proposer au peuple algérien", a-t-il conclu. Photo, Elysée, Paris, 2007]
_15 novembre, Paris. Le Conseil constitutionnel, la plus haute juridiction française, valide, "sous certaines réserves", le recours aux tests ADN pour des candidats au regroupement familial dans le cadre de la loi sur la maîtrise de l'immigration du ministre Brice Hortefeux. Le Conseil a notamment estimé que la preuve de la filiation d'un enfant doit se faire selon les modalités du pays d'origine de la mère.
[L'article 13 de la loi, qui fixe les conditions dans lesquelles un demandeur de visa peut recourir à des tests ADN pour prouver une filiation maternelle, n'a pas "pour effet de créer un droit spécial réservé aux étrangers", a jugé le Conseil.

"La filiation de l'enfant étranger reste soumise à la loi personnelle de la mère étrangère", a-t-il rappelé. En clair, l'enfant d'une mère ghanéenne ou salvadorienne, par exemple, reste soumis à la loi du pays de sa mère. La preuve de sa filiation adoption ou autre se fait selon les modalités reconnues dans ce pays maternel. "Sous ces réserves, qui assurent l'égalité entre tous les modes d'établissement de la filiation, la loi" n'est pas contraire "au principe d'égalité", a souligné le Conseil.
Par ailleurs, l'article de la loi autorisant les statistiques ethniques a, lui, été censuré car contraire à la Constitution, qui prévoit "l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion".]
_7 novembre, New York [Nations unies]. Au cours d'une session de la 3e Commission de l'Assemblée générale des Nations unies, Doudou Diène, le rapporteur spécial du Conseil des droits de l’homme sur le racisme, la discrimination raciale et la xénophobie, s'en est prend au président français, Nicolas Sarkozy, dont le discours prononcé le 26 juillet 2007, à Dakar, s’inscrivait, selon lui, dans "une dynamique de légitimation du racisme".
Le discours de Dakar
_23 octobre, Tanger [Maroc]. Le président français Nicolas Sarkozy lance un "appel pressant et solennel [à] bâtir l'union de la Méditerranée […], le plus beau et le plus grand idéal humain […], au nom de nos enfants qui, un jour, nous demanderons compte de ce que nous avons fait".
Le discours de Nicolas Sarkozy
[Nicolas Sarkozy, qui a évoqué "un rêve de paix et de justice et non pas de conquête", "un grand rêve de civilisation", "un grand rêve capable de soulever le monde", a invité les chefs d'Etat des pays méditerranéens à tenir une réunion au sommet, en France, en juin 2008.]
_23 octobre, Paris. Le Parlement français adopte définitivement le projet de loi sur l'immigration dans sa version définitive. Les sénateurs ont entériné, par 185 voix contre 136, la version du texte mise au point par une commission mixte paritaire Assemblée-Sénat. Les députés avaient fait de même par 282 voix contre 235.
Les dispositions de la loi
[Le ministre de l'immigration Brice Hortefeux a dénoncé les "caricatures, les excès, les faux procès" dont l'amendement sur le recours aux tests ADN a fait, selon lui, l'objet. Le ministre défend une procédure qui, "entourée de garanties nécessaires au respect de la vie privée, donnera aux étrangers de bonne foi un droit nouveau qui leur permettra, s'ils le souhaitent, d'apporter un élément de preuve de leur filiation"."Il s'agit de cela et il ne s'agit que de cela".
Ce texte est la 5e loi sur l'immigration adoptée depuis 2002. Le Parti socialiste a annoncé son intention de saisir le Conseil constitutionnel sur la question des tests ADN.]
_20 septembre, Paris. Les députés français adoptent un projet de loi sur la maîtrise de l'immigration qui durcit les conditions du regroupement familial. Il autorise un candidat au regroupement familial à recourir aux tests ADN pour apporter un élément de preuve de sa filiation, s'il est originaire d'un pays "dans lequel l'état civil présente des carences" et "en cas d'inexistence de l'acte d'état civil" ou "de l'existence d'un doute sérieux sur l'authenticité de celui-ci". Le recours aux tests génétiques - effectué après consentement express du demandeur - est assorti d'une période expérimentale, jusqu'au 31 décembre 2010.
Ce premier projet de loi du ministre de l'Immigration Brice Hortefeux prévoit aussi la mise en place, dans le pays d'origine, d'une "évaluation de connaissance de la langue et des valeurs de la République".
Les principales dispositions de la loi
 Immigration et éthique
GRANDE-BRETAGNE
_6 novembre, Londres. Dans le discours du Trône prononcé par Elisabeth II devant la Chambre des lords [chambre haute], le Premier ministre Gordon Brown place la sécurité individuelle et collective, la lutte contre le réchauffement climatique, l'accès à la propriété, l'environnement et l'éducation au coeur de son premier programme législatif "destiné à créer des communautés plus fortes et à combattre le terrorisme".
[Le premier discours du Trône a été prononcé en 1536. Il ouvre la session parlementaire et symbolise la fiction selon laquelle seul le monarque peut demander à la Chambre des communes de légiférer pour un an. C'est le 56e discours du trône prononcé par la reine Elisabeth II.]
_1er octobre, Londres. L'association Islam is Peace, créée au lendemain des attentats du 7 juillet 2005 qui avaient fait 52 morts à Londres, lance une campagne d'affichage dans les transports en commun de la capitale britannique. Objectif : montrer la contribution positive de la communauté à la société britannique, qui compte 1,6 millions de musulmans pour 60 millions d'habitants d'après le dernier recensement de 2001.
Cette campagne, déclinée sur le thème : "Proud tout be a british muslim" [fier d'être un musulman britannique], doit "mettre l'accent sur la diversité et la contribution positive des musulmans britanniques" à la société, explique l'association, qui "condamne sans équivoque tout acte de terrorisme".
"Dans l'actuelle atmosphère de suspicion et de crainte à propos de l'islam et des musulmans britanniques, la vérité est souvent confondue avec les stéréotypes et les mensonges", explique Ifhat Shaheen-Smith, l'un des organisateurs de la campagne. "Les préjugés se sont ancrés et le sensationnalisme des médias a créé un climat de paranoïa. Il y a un besoin criant d'ouverture d'esprit, de compréhension mutuelle et d'un débat serein".
GRECE
_13 décembre, Athènes. La justice grecque condamne une figure de l’extrême droite, l’avocat Constantin Plevris, à 14 mois de prison avec sursis pour la publication d’un brûlot antisémite Les Juifs, toute la vérité quelque 1'400 pages de déni de l’Holocauste, d’apologie des nazis et de menaces contre les juifs, qualifiés d’"ennemis mortels" méritant "le peloton d’exécution". L’auteur a été reconnu coupable d’injure raciale et d’incitation à la haine et à la violence raciale.
IRAN
_3 décembre, Washington. L’Iran a gelé son programme nucléaire militaire "à la fin de l’année 2003" et ne l’a pas réactivé, même si le pouvoir iranien "garde ouverte l’option militaire". Telles sont les conclusions du dernier rapport de la direction du Renseignement national américain, qui regroupe les seize principales agences de renseignement des Etats-Unis.
Le rapport estime que l’Iran, en cas de relance de son programme militaire, serait "très probablement incapable" de produire une bombe nucléaire avant 2009 ou 2010 - et, précise-t-il, cette capacité serait au mieux atteinte en 2015.
Points clés du rapport. Le Renseignement national considère avec "un haut degré de confiance" que "l'Iran a arrêté son programme d'armement nucléaire à la fin 2003". Il estime avec "un degré de confiance modéré qu'à la mi-2007, il n'avait pas été relancé".
L'arrêt de ce programme est dû "principalement à la pression internationale". Une "combinaison de menaces de surveillance internationale accrue et de pressions" et de mesures incitatives pousserait Téhéran à en maintenir l'arrêt.
L'Iran "est moins déterminé à développer des armes nucléaires que nous ne l'avions jugé depuis 2005", mais "garde [cette] option ouverte". Il "rencontre encore des problèmes techniques importants pour faire fonctionner" ses centrifugeuses d'uranium. Il "pourrait être capable de produire suffisamment d'uranium hautement enrichi pour [fabriquer] une bombe entre 2010 et 2015".
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