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__L'Irak en proie à des affrontements qui opposent les communautés sunnites et chiites
OCTOBRE
_22 OCTOBRE. Dans une vidéo diffusée par la télévision Al-Jazira, Oussama ben Laden appelle ses "frères combattants en Irak" à unifier leurs rangs et à éviter toute division. Le chef d'Al-Qaïda demande aux insurgés de remplir leur "devoir" qui est "d'unifier les rangs afin d'en faire un seul, comme le veut Dieu".
"Mes frères, émirs [chefs] des groupes de moujahidine, les musulmans attendent que vous vous rassembliez sous une seule bannière pour faire valoir la justice [...]", ajoute-t-il.
_11 OCTOBRE. Dans son 11e rapport trimestriel sur la situation des droits de l'homme en Irak, où elle constate la prolongation de la violence et l'aggravation de la situation humanitaire, la Mission d'assistance des Nations unies pour l'Irak (Manui) dénonce les attaques contre les civils comme des crimes contre l'humanité.
"De telles attaques, systématiques et répandues sur la population civile, constituent des crimes contre l'humanité et violent le droit de la guerre, leurs auteurs sont susceptibles d'être poursuivis", indique le rapport.
Dans le cadre de l'application du Plan de sécurité de Bagdad, la Manui relève que les arrestations de suspects sont nombreuses, et les conditions de détention restent un sujet de préoccupation. La Mission des Nations unies s'inquiète enfin de la situation humanitaire des personnes déplacées qui doivent vivre sans une alimentation adéquate ni accès aux services de base. Ces déplacements, toujours plus nombreux, sont encouragés par la violence qui frappe aussi les civils, telle que les attaques-suicide, les enlèvements et les exécutions extrajudiciaires.
SEPTEMBRE
_21 SEPTEMBRE. Un rapport officiel américaine affirme que le gouvernement irakien est gangrené par la corruption avec la complicité des plus hautes autorités de l'Etat. Le document assure que les ministères irakiens sont sous la coupe de milices et de mafias.
Le manque de soutien des responsables politiques irakiens aux efforts d'assainissement de leur administration "a établi la corruption comme étant la norme du fonctionnement de plusieurs ministères", assure ce rapport présenté comme les résultats préliminaires d'une enquête de l'ambassade des Etats-Unis."Ce rapport analyse la capacité de l'Irak à mettre en oeuvre des lois anticorruption, indique le préambule du document. Pour l'heure, l'Irak est totalement incapable d'un respect même rudimentaire de ces lois".
_18 SEPTEMBRE. "Une sécurité et une stabilité améliorées ne sont pas suffisantes pour vaincre la rébellion" en Irak, indique un rapport du pentagone [Ministère américain de la défense] transmis au Congrès américain. "Des progrès politiques doivent aussi être accomplis pour renforcer et compléter les progrès pour sécuriser la population irakienne".
"Il y a eu peu de progrès politiques au niveau national en termes de lois votées et de mise en oeuvre de réforme", indique le rapport. "Les efforts [...] pour rechercher un consensus sont encore compliqués par les divisions confessionnelles et la violence qui exacerbe ces divisions".
_16 SEPTEMBRE. L'armée américaine affirme avoir arrêté un membre de la branche irakienne d'Al-Qaida responsable de la mort de cheikh Abdoul Sattar Abou Richa, chef tribal de la province d'Al-Anbar (ouest) et fidèle allié des Etats-Unis, tué le 13 septembre dans un attentat.
[Ce chef tribal respecté était le principal artisan des revers infligés depuis plusieurs mois à Al-Qaïda dans la région d'al-Anbar et de la nouvelle stratégie d'alliance de l’armée américaine avec les anciens insurgés sunnites.]
_16 SEPTEMBRE. En visite à Paris, le ministre irakien des affaires étrangères, Hoshyar Zebari, estime qu’un "retrait brutal [de l’armée américaine d’Irak] aurait des conséquences dévastatrices". "Nos forces n’ont pas encore atteint un niveau qui leur permette d’être autonomes. Par exemple, l’Irak n’a toujours pas de forces aériennes, il ne peut donc pas défendre son espace aérien. Compte tenu des pressions régionales, sans les forces en présence sur notre sol, nombreux auraient été nos voisins tentés d’y envoyer leurs troupes, au nord, à l’est, à l’ouest…
"Du fait des tensions politiques, communautaires et de la violence, un retrait brutal aurait des conséquences dévastatrices, une véritable guerre civile pourrait éclater. Dans un tel chaos, les réseaux terroristes, Al-Qaida, pourraient établir en Irak une base autrement plus pratique que l’Afghanistan, déclare-t-il au quotidien Le Monde.
"La reconstruction de nos forces est une question de temps, nous partons de zéro. Il y a des retards, mais la seule sortie possible pour les troupes américaines, c’est quand nous aurons assez d’hommes pour combler le vide".
Hoshyar Zebari se félicite du discours tenu le 13 septembre par George Bush. "Le président Bush a tenu un discours audacieux. Il a rappelé ses engagements, mais il a aussi ouvert pour la première fois la perspective d’un retrait graduel, en fonction de la situation sur le terrain. L’engagement le plus important a été que la présence américaine ira au-delà de sa présidence. Il y aura toujours des troupes américaines en Irak lorsqu’un nouveau président et une nouvelle administration s’installeront à Washington". Le Monde, Paris, 16-17 septembre 2007.
_15 SEPTEMBRE. La plus importante formation chiite d'Irak, le mouvement du jeune chef radical Moqtada Al-Sadr, annonce son retrait de la coalition parlementaire chiite au pouvoir, l'Alliance irakienne unifiée (UIA).
[L'UIA disposait au départ de 130 sièges sur 275 au Parlement irakien. Le départ des 32 députés du Mouvement Sadr va faire perdre la majorité absolue à cette coalition, qui ne comptera plus que deux partis - le parti Dawa du Premier ministre Nouri Al-Maliki, et le Conseil suprême islamique irakien (CSII) et 136 élus.]
_13 SEPTEMBRE. Dans sa 8e allocution télévisée depuis le début de la guerre en Irak, le 19 mars 2003, George Bush annonce une réduction des effectifs en Irak - la première en quatre ans - tout en prévoyant que l'armée américaine sera toujours dans ce pays lorsqu'un nouveau président s'installera à la Maison-Blanche en janvier 2009.
Irak, sans cap
[Le président américain a suivi les recommandations du général Petraeus, chef des forces américaines en Irak, en annonçant le repli d'au moins 21’500 hommes d'ici à l'été 2008. Dès septembre, 2’200 marines ne seront pas remplacés. Il n'a pas exclu d'autres retraits. "Plus grande sera notre réussite, plus grand sera le nombre de soldats américains qui pourront rentrer à la maison", a-t-il assuré.]
_10 SEPTEMBRE. Lors d'une audition devant deux commissions de la Chambre des représentants, à Washington, le général Petraeus, commandant des forces américaines en Irak, estime que les 30’000 soldats envoyés en renfort en Irak pourraient rentrer d'ici l'été 2008. Il propose en outre de ne pas remplacer les 4’000 hommes qui doivent rentrer en décembre, un engagement déjà annoncé par Robert Gates.
Le militaire américain affirme que les objectifs militaires qui ont motivé l'envoi de soldats supplémentaires depuis janvier ont été "largement atteints", bien que les progrès sur le plan de la sécurité soient "inégaux". C'est pourquoi il indique avoir recommandé au président Bush une réduction graduelle du niveau des troupes.
_5 SEPTEMBRE. Trois élus américains (démocrates), membres du groupe Out of Irak, déposent un projet de loi visant à cesser de financer l’entraînement des forces irakiennes. "Ce ne sont pas des forces de sécurité que nous entraînons, ce sont des factions. Comment être sûrs que nous ne mettons pas des armes dans les mains de nos futurs ennemis ? Dans le passé, Saddam Hussein et Oussama Ben Laden ont été soutenus par les Etats-Unis dans des circonstances très similaires", explique la représentante de la Californie, Maxine Waters. "Nous ne sommes pas seulement en train d’armer un côté contre un autre, ajoute Lynn Woolsey, autre représentante de la Californie. Nous armons les deux côtés contre nos propres troupes".
[Depuis 2003, les Etats-Unis ont dépensé 20 milliards de dollars pour l’armement et l’entraînement des Irakiens. Un rapport officiel a estimé à 190'000 le nombre d’armes dont l’armée américaine a perdu la trace.]
_4 SEPTEMBRE. La violence reste importante en Irak et peu de progrès ont été accomplis dans le domaine politique, selon un rapport établi par l'Organisme américain de contrôle de l'action gouvernementale (GAO) pour le Congrès américain.
"Bien que le plan de sécurité de Bagdad visait à réduire les violences religieuses, rien n'indique que la violence ait reculé", souligne David Walker, président du GAO."La moyenne des agressions contre les civils est restée inchangée de février à juillet 2007", en dépit des 30’000 soldats américains envoyés en renfort sur ordre du président.
_3 SEPTEMBRE. En visite surprise en Irak, sur la base d'Al-Assad, George Bush évoque un retrait de troupes américaines dans certaines régions. "Le général Petraeus [commandant des forces américaines en Irak[ et l'ambassadeur [des Etats-Unis à Bagdad] Crocker me disent que si les succès du type de ceux que nous observons se poursuivent, il sera possible de maintenir le même niveau de sécurité avec moins de forces américaines", déclare-t-il
Le président américain met en garde les membres du Congrès contre la tentation de tirer des conclusions hâtives. "L'Amérique n'abandonne pas ses amis, l'Amérique n'abandonnera pas le peuple irakien", assure-t-il.
AOUT
_16 AOUT. Après une série de défections, dont celle des ministres sunnites, le 1er août, le Premier ministre chiite Nouri al-Maliki annonce la formation d'un nouveau gouvernement formé des partis chiites et kurdes. La nouvelle alliance regroupe les deux grands partis kurdes, le parti Dawaa de M. Maliki, ainsi que le Conseil suprême islamique d'Irak, première formation chiite.
17 ministres sur 40 ont quitté ou boycotté le gouvernement d'union nationale de Nouri al-Maliki gouvernement paralysé depuis plusieurs mois par des querelles entre partis sunnites et chiites.
[L'ambassadeur des Etats-Unis à Bagdad, Ryan Crocker, a dit attendre peu de chose de ce nouveau gouvernement en l'absence d'une participation sunnite. Cette alliance n'est que "kurdo-chiite", a-t-il observé, alors que "les principaux problèmes auxquels le pays est confronté ne peuvent être résolus que par les chiites, les sunnites et les Kurdes".]
_13 AOUT. Au moins 400 personnes tuées et plus de 200 blessées dans quatre attentats aux camions piégés, qui explosent dans deux villages du nord du pays, près de la frontière syrienne. Les attentats visaient des membres de la secte kurde des yézidis, qui compte trois députés sur les 275 sièges du Parlement irakien. Ces derniers mois, les relations avec les communautés sunnites voisines se sont détériorées.
_10 AOUT. Dans une résolution présentée par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, le Conseil de sécurité proroge d'un an le mandat de la Mission des Nations unies en Irak (MANUI), qui était venu à expiration, malgré la persistance de l'insécurité dans le pays. Le représentant spécial des Nations unies en Irak et la MANUI devront, "si les circonstances le permettent", apporter "conseil, soutien et assistance" au gouvernement irakien dans de nombreux domaines, dont l'humanitaire, les droits de l'Homme et la question du retour des réfugiés.
Parallèlement, le texte souligne le "rôle important" joué par la force multinationale en Irak pour soutenir la Manui, notamment dans le domaine sécuritaire, et reconnaît que "la sécurité est essentielle" pour que la mission des Nations unies puisse s'acquitter de ses tâches.
La résolution du Conseil de sécurité [ 36 ko]
MAI
_5 JUIN. Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) souligne que la situation en Irak continue à se détériorer : plus de deux millions d'Irakiens se sont maintenant déplacés à l'intérieur de l'Irak et 2,2 millions d'autres sont accueillis dans les Etats voisins.
À l'intérieur de l'Irak, quelque 85% des personnes déplacées se trouvent dans les régions du centre et du sud. La plupart de ces déplacés sont originaires de Bagdad et des districts environnants. Depuis février 2006, environ 820’000 personnes ont été déplacées, notamment 15’000 Palestiniens qui n'ont nulle part où aller. Les gouvernorats à l'intérieur de l'Irak sont de plus en plus débordés pour faire face aux besoins des déplacés. Au moins 10 des 18 gouvernorats ont fermé leurs frontières ou restreignent l'accès aux nouveaux arrivants.
Le nombre d'Irakiens fuyant vers les pays voisins demeure élevé. Selon des statistiques gouvernementales, quelque 1,4 million d'Irakiens se trouvent actuellement en Syrie, plus de 750’000 en Jordanie, 80’000 en Egypte et quelque 200’000 dans la région du Golfe. La Syrie, à elle seule, reçoit chaque mois 30’000 Irakiens.
_17 MAI. Il n'y a pas une mais plusieurs guerres civiles en Irak, estime le centre de recherches britannique en relations internationales Chatham House, dans un rapport publié à Londres. L'Irak risque l'effondrement et l'éclatement, et la "normalisation" de la situation dans le pays ne peut pas être envisagée avant plusieurs années,
Alors que l'emploi de l'expression "guerre civile" a longtemps fait débat aux Etats-Unis, Gareth Stansfield, chercheur associé au centre et rédacteur du rapport, considère qu'"il n'y a pas une guerre civile, ou une insurrection, mais plusieurs guerres civiles et insurrections entre différentes communautés dans l'Irak d'aujourd'hui".
A tel point que "l'Irak est sur le point de devenir un Etat en déroute". Pire : les structures étatiques officielles ne représentent plus que l'une des nombreuses entités "quasi-étatiques" qui font la loi dans le pays, estime le chercheur. L'état de conflit permanent a été "intériorisé par la population au fur et à mesure que les identités se sont polarisées sur les facteurs sectaires et ethniques". D'où une "destruction de toute cohésion sociale".
_1er MAI. George W. Bush met son veto au texte de loi adopté par le Congrès [Chambre des représentants et Sénat] sur le financement de la guerre en Irak qui fixait le début du retrait des troupes américaines avant la fin de l'année. "Lancer un compte à rebours pour le retrait revient à lancer un compte à rebours pour l'échec et ce serait irresponsable", déclare le président américain, avant d'ajouter que ce retrait saperait le moral des Irakiens et encouragerait les assassins à travers tout le Moyen-Orient.
"Cela n'aurait aucun sens de dire à l'ennemi quand nous comptons nous retirer. Tous les terroristes marqueraient cette date sur leur calendrier avant de réunir leurs forces afin de renverser le gouvernement et prendre le contrôle de l'Irak", a-t-il poursuivi, accusant les démocrates du Congrès d'avoir voulu "substituer l'opinion de politiciens au jugement de nos commandants militaires".
[Ce départ programmé avait été incorporé par la majorité démocrate du Congrès dans une loi de finances débloquant 124 milliards de dollars pour la guerre en Irak et l'intervention militaire en Afghanistan. Le retrait des troupes aurait dû débuter entre le 1er juillet et le 31 octobre 2007, avec l'objectif de retirer l'ensemble des troupes de combat d'Irak à l'horizon de mars 2008.]
AVRIL
_25 AVRIL. La Mission d'assistance des Nations unies en Irak (Manui) dresse un tableau accablant de la situation dans le pays, contestant notamment les affirmations du gouvernement de Nouri Al-Maliki selon lesquelles la violence a baissé en Irak depuis le lancement, le 14 février, du "plan de sécurité" à Bagdad.
Dans un rapport couvrant la période allant du 1er janvier à la fin mars, la Manui déplore les manquements du gouvernement en matière de défense des droits de l'homme et de restauration de la loi et de l'ordre, tout en "admettant que d'énormes difficultés continuent d'entraver" les efforts officiels en la matière. Elle dresse enfin un tableau de la situation humanitaire qui rappelle à bien des égards les souffrances du peuple irakien du temps où, sous la dictature, le pays a été soumis à un embargo international extrêmement sévère durant douze ans.

_18 AVRIL. Bagdad frappée par cinq attentats, dans des zones à majorité chiite. L'attentat le plus meurtrier s'est produit dans un marché du centre-ville à Sadriya. L'explosion d'une voiture piégée a tué 140 personnes (dont beaucoup de femmes et d’enfants) et fait plus de 150 blessés. Sadriya est un quartier chiite, mais qui abrite également une importante communauté kurde. Ce marché, sur la rive est du Tigre, en reconstruction, avait déjà été la cible d'un attentat au camion piégé, le 3 février, qui avait fait 130 morts et 305 blessés.
Plus tôt dans la journée, un attentat à Sadr City, le grand quartier chiite situé à l'est de Bagdad, a visé un point de contrôle de l'armée. Il a tué 30 personnes et fait 45 blessés, selon un nouveau bilan annoncé par le ministère irakien de la défense. Trois autres attentats ont frappé la capitale irakienne. L'un d'eux a endommagé le centre hospitalier Abdul Majid, dans le quartier de Karradah, et tué 11 personnes.
[Au total, le bilan de ces cinq attentats s'élève à près de 200 morts et à plus de 200 blessés. C'est le bilan le plus lourd, depuis la fin officielle des combats par la coalition américano-britannique en mai 2003.]
_17 AVRIL. A l'occasion de la première conférence internationale consacrée à la situation humanitaire en Irak, tenue à Genève, les Nations unies demandent à la communauté internationale de se mobiliser concrètement en ouvrant ses portes aux réfugiés irakiens.
Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), qui préside cette rencontre, estime que 4 millions d'Irakiens ont fui leur domicile et qu'ils sont 8 millions (sur environ 29,5 millions) à nécessiter une aide humanitaire d'urgence. La situation des réfugiés est particulièrement critique, selon le HCR. Chaque mois, 50’000 personnes doivent quitter leur foyer alors que des pays comme la Syrie et la Jordanie, qui ont accueilli une grande majorité de ce flux depuis le début de la guerre, menacent de fermer leurs frontières.

MARS
_23 MARS. En 2006, les demandes d'asile déposées par des Irakiens dans les pays industrialisés ont augmenté de 77%, passant de 12’500 en 2005 à 22’200 en 2006, indique par l'agence des Nations unies pour les réfugiés. "Il faut remonter en 2002, l'année précédant la chute de l'ancien régime irakien, pour trouver les ressortissants iraquiens comme formant le plus grand groupe de demandeurs d'asile", souligne le Haut commissariat pour les réfugiés (HCR).
[Environ deux millions d'Irakiens se trouvent actuellement hors de leur pays dévasté par le conflit, principalement dans les pays voisins comme la Syrie (un million), la Jordanie (750’000), l'Egypte (80'000), le Liban (40'000) et la Turquie (5'000). Ces pays ne sont pas inclus dans les statistiquespubliées par le HCR.]
[La moitié des réfugiés irakiens ont fui en Syrie et en Jordanie. Dans le pays en guerre, les déplacés font partie d'une population en état d'"extrême vulnérabilité", relève le quotidien Le Monde.
"Ils sont les victimes oubliées du conflit irakien. Selon l'ONU, près de 4 millions d'Irakiens - sur une population estimée à 24 millions en 2003, année de l'invasion américano-britannique - ont été chassés de chez eux par les violences, et contraints, pour la moitié d'entre eux, de trouver refuge en Jordanie et en Syrie. Peu visibles, car ils se sont fondus dans les populations locales, "beaucoup de réfugiés irakiens font face à d'énormes besoins" dans les domaines de la santé, de l'éducation ou de l'alimentation, explique Peter Kessler, porte-parole à Londres du Haut commissariat pour les réfugiés (HCR) de l'ONU.
"Leur détresse est occultée par l'ampleur des violences en Irak. "Les pays européens vivent dans un déni lamentable du danger posé par la guerre en Irak, explique M. Kessler. Cette guerre ne prendra pas fin demain et elle va créer plus de réfugiés". L'ONU estime que "des dizaines de milliers" d'Irakiens s'exilent chaque mois. Le Monde, 21 mars 2007.]
FEVRIER
_17 FEVRIER. En visite inopinée en Irak, Condoleezza Rice se félicite des premiers résultats de l'opération de sécurité engagée à Bagdad et invite les Irakiens à profiter de ce "répit" dans les violences pour accélérer le processus de réconciliation.
"C'est un bon début pour eux", déclare la secrétaire d’Etat américaine, "le plan de sécurité de Bagdad commence à se développer, il importe de comprendre qu'il n'a pas été conçu pour un jour mais pour un certain temps".
_5 FEVRIER. Un rapport établi par les seize agences de renseignements américaines (National Intelligence Estimate, NIE), rendu public aux Etats-Unis, décrit une situation de plus en plus périlleuse en Irak, sur laquelle les Etats-Unis ont de moins en moins d'emprise, et qui a de fortes chances de se détériorer davantage.
Le rapport du NIE, intitulé "Perspectives pour un Irak stable : une voie ambitieuse", écrit que "la sécurité va continuer à se détériorer au cours des douze à dix-huit mois à venir, dans les mêmes proportions qu'à la fin 2006, [...] mais, même si le niveau de violence diminue, les dirigeants irakiens auront beaucoup de mal à forger une réelle réconciliation nationale, compte tenu des animosités sectaires qui contaminent la scène politique" et de l'attitude de la majorité chiite souhaitant conserver tout le pouvoir. Le rapport déplore "l'absence de dirigeants qui pourraient transcender les divisions" entre sunnites et chiites, le "refus des sunnites de se résigner à leur statut minoritaire" et la volonté des Kurdes de renforcer leur statut autonome.
_3 FEVRIER. Un camion piégé explose près d'un marché, dans le centre de Bagdad, faisant au moins 130 morts et 300 blessés. Il s'agit de l'attentat le plus meurtrier à Bagdad depuis le début de l'année et même du deuxième attentat le plus meurtrier en Irak en quatre ans de guerre.
[Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a dénoncé un "crime ignoble" qu'il a attribué aux "saddamistes" [partisans de Saddam Hussein] et "takfiris" [extrémistes sunnites], et renouvelé "son engagement à extirper le mal et ses racines" de l'Irak. Le porte-parole du gouvernement irakien, Ali Dabbagh a affirmé que "50% des terroristes qui commettent des attentats en Irak viennent de Syrie".]
Les attentats les plus meurtriers
JANVIER
_22 JANVIER. Le numéro deux d'Al-Qaïda,
Ayman al-Zawahiri défie le président américain
George W. Bush, après son annonce le 11 janvier
de l'envoi de renforts en Irak, lui demandant dans une vidéo
mise en ligne sur le site Internet de l'institut américain
Site - une organisation qui étudie et analyse les
réseaux d'activistes - d'envoyer toute son armée
pour qu'elle soit anéantie par les moudjahidins.
"Dans son dernier discours, Bush a dit, dans ses divagations,
qu'il allait envoyer 20'000 de ses soldats en Irak. Je lui demande
: pourquoi envoies-tu seulement 20'000 soldats ? Pourquoi n'envoies-tu
pas 50 ou 100'000?", déclare Zawahiri dans cet enregistrement
vidéo.
"Ne sais-tu pas que les chiens de l'Irak sont impatients
de dévorer les charognes de vos soldats ? Tu dois au contraire
envoyer toute ton armée pour qu'elle soit anéantie
par les mains des moudjahidins et que le monde entier soit débarrassé
de ta méchanceté. L'Irak, le pays du califat et
du djihad, est capable d'être un tombeau pour dix de tes
armées", assure-t-il.
[Le 11 janvier 2007, George Bush avait
annoncé la mobilisation de "plus de 20'000 soldats
américains" supplémentaires pour l'Irak, dont
la "vaste majorité" devraient être déployés
à Bagdad, un renfort destiné à éviter
un "effondrement" du pays.]
_16 JANVIER [Koweït]. La secrétaire d'Etat
américaine, Condoleezza Rice, les chefs de la diplomatie
du groupe dit des "6+2", c'est-à-dire les six
monarchies pétrolières du Conseil de coopération
du Golfe (Arabie saoudite, Koweït, Oman, Emirats arabes unis,
Bahrein et Qatar), ainsi que l'Egypte et la Jordanie, appellent,
dans une déclaration commune, à "la non-ingérence
dans les affaires intérieures irakiennes".
Cet appel vise à soustraire l'Irak aux affrontements
entre "des pouvoirs régionaux ou internationaux"
et au conflit ouvert entre les Etats-Unis et l'Iran.
_16 JANVIER. Dans un rapport publié le 16 janvier 2007, les Nations unies estiment à 34'452 le nombre total de civils tués au cours de violences en Irak, en 2006. Cela correspond à une moyenne de 94 civils tués par jour. Par ailleurs, le nombre de blessés sur l'année 2006 est estimé à 36'685. Ces statistiques sont collectées à partir des informations du ministère irakien de la santé et de l'institut médico-légal de Bagdad.
Selon ce rapport, réalisé par la Mission des Nations unies en Irak (Manui) au cours des mois de novembre et décembre 2006, 6'376 civils ont été tués, soit un chiffre supérieur d'environ 10 % à la moyenne sur l'année. Près de la moitié des violences recensées ont eu lieu à Bagdad, où 16'867 morts ont été dénombrés en 2006.


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