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2008-L'actualité des droits de l'homme dans le monde

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L'actualité des
droits de l'homme

 JEUX OLYMPIQUES 

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AFGHANISTAN

_17 février, Kaboul. Plus de 100 personnes tuées dans un attentat-suicide perpétré lors d'un spectacle de combat de chiens à Kandahar, au sud de l'Afghanistan.

ANGLETERRE

_9 février, Le Caire. "Les déclarations de Rowan Williams, l'archevêque de Canterbury, vont dans la bonne direction et ont un impact positif chez les musulmans", déclare l'adjoint de l'imam d'Al-Azhar, cheikh Abdel Fattah Allam, à l'agence égyptienne Mena. Selon cheikh Allam, les propos de l'archevêque, qui ont provoqué un tollé en Grande-Bretagne, "encouragent le dialogue entre les cultures et les civilisations dans un cadre de respect mutuel des religions".

"Al-Azhar [la plus haute institution de l'islam sunnite] salue tout ce qui est susceptible d'appuyer la coexistence pacifique entre les différentes confessions", souligne-t-il, estimant "nécessaire que chaque partie respecte la foi et les sentiments de l'autre".

[De son côté, le directeur général du Conseil islamique mondial pour l'appel et le secours, basé au Caire, Taoufic al-Chérif, cité par Mena, a qualifié de "réalistes" les propos de l'archevêque. "Ils contribuent à résoudre les problèmes des minorités" dans les pays étrangers.]

_7 février, Londres. Le révérend Rowan Williams, archevêque de Canterbury et chef des 77 millions d'anglicans dans le monde, vivement attaqué après ses déclarations qualifiant d'"inévitables" la reconnaissance et l'application en Grande-Bretagne de certaines dispositions de la charia, le droit coranique. Le prélat a expliqué, lors d'une interview sur la radio BBC 4, que des "arrangements constructifs" avec la loi islamique pouvaient être trouvés sur des sujets tels que le divorce ou des différends financiers. Selon l'archevêque, ces arrangements pourraient aider à améliorer la cohésion sociale dans le pays. Il a expliqué que la Grande-Bretagne "devait accepter le fait que certains citoyens ne se sentent pas concernés par le droit britannique".

Le révérend Williams déclare cependant être hostile aux sanctions sévères appliquées dans certains pays comme l'Arabie saoudite, où les meurtriers et les trafiquants de drogue sont décapités. "Aucune personne sensée ne souhaite voir dans ce pays ce type de cruauté, qui a parfois été associée à l'application du droit dans certains pays musulmans, les sanctions radicales, le traitement des femmes". L'archevêque précise qu'en tout état de cause, "la charia ne pourra prévaloir en Grande-Bretagne sur "les droits qui sont garantis aux citoyens en général".

[Interrogé sur cette prise de position, le porte-parole du Premier ministre a répondu que Gordon Brown "considère que les lois britanniques doivent être fondées sur les valeurs britanniques". "Accepter certaines lois musulmanes dans le cadre des lois britanniques serait désastreux pour la nation", a estimé Lord George Carey, prédécesseur de Rowan Williams à la tête de l'Eglise anglicane.]

AUSTRALIE

_13 février, Sydney. Le Premier ministre, Kevin Rudd, ouvre la session parlementaire en présentant les excuses officielles de l'Australie aux Aborigènes et particulièrement à la "génération volée", ces enfants arrachés à leurs parents et confiés à des institutions ou des familles blanches. "Nous présentons nos excuses pour les lois et les politiques des Parlements et gouvernements successifs qui ont infligé une peine, une douleur et une perte profondes à nos compatriotes australiens, déclare-t-il. Aux mères et pères, aux frères et sœurs, pour avoir séparé des familles et des communautés, nous demandons pardon. Et pour l'atteinte à la dignité et l'humiliation infligées à un peuple fier de lui-même et de sa culture, nous demandons pardon."

[La politique d'assimilation forcée, menée du début du XXe siècle jusqu'à la fin des années 1960, a concerné plusieurs dizaines de milliers d'enfants autochtones, en particulier ceux d'entre eux qui étaient métissés. Mais, ce n'est qu'en 1997, avec la publication du rapport "Bringing Them Home", que l'Australie a découvert l'ampleur du phénomène. La présentation d'excuses officielles est un pas symbolique vers la "réconciliation", un terme utilisé en Australie pour évoquer l'apaisement des relations entre les Aborigènes et la population blanche.]

BIRMANIE

_9 février, Rangoun. Le pouvoir birman annonce la tenue d'un référendum constitutionnel en mai 2008 et l'organisation d'élections multipartites en 2010.
Cette annonce, relayée par la télévision d'Etat, complète la "feuille de route" en sept points dévoilée en 2003 par les généraux en vue d'une transition dont la junte n'avait jusque-là jamais dévoilé le calendrier. "Nous avons réussi dans les secteurs économiques, sociaux, dans le rétablissement de la paix et de la stabilité", estiment les militaires birmans. "De ce fait, des élections multipartites, démocratiques se tiendront en 2010", précisent-ils, ajoutant : "Un référendum national se tiendra en mai 2008 pour ratifier le récent projet de Constitution".#

[La nouvelle constitution devrait à la chef de file de l'opposition, Aung San Suu Kyi, de se présenter au motif qu'elle a été mariée à un étranger (britannique, défunt).]

_5 février, Genève, Le Rapporteur spécial du Conseil des droits de l'homme des Nations unies sur la situation des droits de l'homme en Birmanie, Paulo Sérgio Pinheiro, exprime sa "consternation" devant la poursuite des arrestations, détentions et condamnations de manifestants pacifiques, d'activistes politiques et de défenseurs des droits de l'homme dans le pays.

"Des rapports soulèvent de "sérieuses inquiétudes" au sujet des conditions de santé de certains prisonniers, qui ont besoin de soins immédiats et de médicaments particuliers", déclare-t-il dans un communiqué publié à Genève.

[Quatre mois après la répression violente des manifestations pacifiques, qu'il avait déjà condamnée, Paulo Sérgio Pinheiro renouvelle son appel au gouvernement birman à prendre "toutes les mesures nécessaires" pour garantir la droit à la liberté d'expression et d'opinion, ainsi que celui de libre association, des personnes concernées. Il a également pressé les autorités d'assurer un traitement médical d'urgence aux détenus.

La Rapporteur indique que les poursuites engagées actuellement en Birmanie représentent un "abus flagrant" des droits des personnes à un procès juste, selon les normes internationalement reconnues.]

_29 janvier, Rangoun. Le blogueur Nay Phone Latt, l'une des jeunes figures de la "rébellion safran", qui a opposé, fin septembre 2007, la junte birmane à un mouvement populaire mené par des moines bouddhistes, arrêté à Rangoun.

CHINE

_26 février, Pékin. La Chine est prête à reprendre le dialogue sur les droits de l'homme avec les Etats-Unis, annonce le ministre chinois des Affaires étrangères, Yang Jiechi, à l'issue d'un entretien avec la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, en visite en Chine. 

"La Chine a la volonté de rester en contact avec les Etats-Unis dans tous les domaines. Nous sommes prêts à reprendre le dialogue sur les droits de l'Homme avec les Etats-Unis", déclare Yang Jiechi, qui souligne que le peuple chinois jouit de droits de l'homme étendus et de la liberté de croyance religieuse.  Il rappelle que son pays a la volonté d'échanger avec les Etats-Unis et avec d'autres pays en matière de droits de l'homme sur la base du respect mutuel, de l'égalité et de la non-ingérence dans les affaires intérieures des uns et des autres.

[La Chine a interrompu le dialogue sur les droits de l'homme en 2004 lorsque les Etats-Unis ont proposé une motion sur la situation des droits de l'homme en Chine, lors de la 60e session de la Commission des droits de l'homme des Nations unies.]

_2 JANVIER, Paris. En 2007, la répression a touché les cyberdissidents, dont 65 sont détenus. "La Chine conserve son leadership dans cette course à la répression, avec 50 cyberdissidents derrière les barreaux", note l’organisation Reporters sans frontières (RSF)RSF. Au cours de l'année, au moins 2’676 sites Internet, dont une majorité de forums de discussions, ont été fermés ou suspendus. "La censure la plus forte a eu lieu avant et pendant le 17e Congrès du parti communiste chinois" lorsque "quelque 2’500 sites, blogs et forums ont été interdits en quelques semaines", précise l'organisation de journalistes.

_1er janvier, Pékin. Entrée en vigueur, le 1er janvier, de la nouvelle loi sur le contrat de travail, après une série de scandales de licenciement de personnel, dans de nombreuses entreprises. L'article 98 de la loi adoptée en juin 2007 donne le droit au personnel présent depuis plus de 10 ans dans une entreprise de signer un contrat le protégeant d'un licenciement non motivé.

La loi demande aussi aux employeurs de verser une participation aux comptes de sécurité sociale de leurs salariés et de fixer des standards de salaire pour les employés en période d'essai et pour ceux qui effectuent des heures supplémentaires.

["La loi permet de protéger les droits des salariés, elle incite les entreprises à améliorer leur management et à assumer leur responsabilité sociale, à instaurer des relations harmonieuses  entre les employeurs et leurs salariés", a déclaré le professeur Chang Kai, doyen de l'Institut de recherche sur les relations au travail de l'Université du peuple dePékin.

En Chine, la population active comprend 760 millions de travailleurs. Parmi eux, 200 millions sont des migrants venus des campagnes. Le taux de chômage s'établit à 4,1 %. Le salaire minimum mensuel n'est pas uniforme. Il s'élevait, début 2007, à 810 Yuans (75 euros) à Shenzhen, à 780 yuans à Guangzhou, à 650 yuans à Dalian ou encore à 750 yuans à Shanghaï. A Pékin, dans la capitale chinoise, il n'atteint que 640 yuans.]#

COLOMBIE

_1er mars, Bogota. L'armée colombienne annonce avoir tué en territoire équatorien, Raul Reyes, le numéro deux des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc). "C'est le coup le plus décisif jamais porté jusqu'à présent à ce groupe terroriste", affirme le ministre colombien de la Défense, Juan Manuel Santos.

[Le ministère français des Affaires étrangères a déclaré que les autorités colombiennes "étaient au courant" que trois pays européens, la France, la Suisse et l'Espagne étaient en contact avec Raul Reyes pour faciliter la libération d'Ingrid Betancourt. "Les FARC sont une organisation terroriste [elles figurent sur la liste des organisations terroristes de l'Union européenne]", a reconnu la porte-parole du ministère, Pascale Andréani, devant la presse. "Mais dans le cadre de cette opération de facilitation, directement, indirectement, beaucoup de contacts étaient liés", a-t-elle ajouté.]

CONGO | République démocratique

_23 janvier, Goma [Nord Kivu]. L'ensemble des groupes armés congolais actifs au Nord- et au Sud-Kivu signent "un acte d'engagement" pour mettre fin aux combats qui ensanglantent ces régions depuis près de dix ans. Le texte, adopté à issue de la Conférence pour la paix, la sécurité et le développement dans le Nord et Sud Kivu, prévoit la démobilisation et de réinsertion des combattants.

Une d'amnistie devrait couvrir les "faits de guerre et insurrectionnels", mais pas les crimes de guerre, contre l'humanité ni de génocide, selon des sources diplomatiques. Par ailleurs, les conférenciers ont adopté à l'unanimité une résolution exigeant un "cessez-le-feu", le "démantèlement de tous les groupes armés [...] nationaux et étrangers" au Kivu, le "déploiement d'observateurs et de forces" onusiennes pour veiller au respect du cessez-le-feu et "sécuriser le retour des déplacés internes et des réfugiés", dont le nombre est évalué à plus d'un million.

[C'est la première fois, depuis la fin de la dernière guerre en RDC (1998-2003), note l’Agence France-Presse, que les groupes armés de régions entières s'engagent collectivement et publiquement à un cessez-le-feu et à un désengagement progressif de leurs troupes sur le terrain. S'il est appliqué, cet accord entre les belligérants marquera la fin des violences qui continuent de déchirer les Kivu.]

_2 janvier, New York. Le Nord-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo, a sombré, au cours de l'année 2007, dans un abîme humanitaire fait de combats, de viols, d'enrôlement forcé d'enfants et d'exactions qui ont, selon les Nations unies, contraint près de 437’000 personnes à fuir leurs villages. La dernière vague de violences, qui porte à 800’000 le nombre des déplacés dans la province, est due aux combats, qui ont culminé entre août et décembre 2007, entre les 25’000 hommes déployés par les Forces armées congolaises (FARDC) et les quelque 4 000 rebelles du général déchu Laurent Nkunda.

Selon le coordinateur des secours d'urgence des Nations unies, John Holmes, "cette crise n'est pas moins importante que celle du Darfour, ni moins lourde de conséquences inacceptables pour des millions d'innocents, et elle ne devrait pas faire l'objet d'une attention moindre de la part des grandes chancelleries du monde". Source : Le Monde, Paris.

[D'après les Nations unies, près de 240’000 autres personnes pourraient fuir dans les prochains mois, si rien n'est fait. Au cours des années précédentes, près de 400’000 Congolais avaient déjà pris la route, dans le Nord-Kivu, pour échapper aux rebelles hutus rwandais du FDLR (dont certains ont participé au génocide de 1994) et aux milices locales Maï-Maï.]

CUBA

_28 février, New York. Le ministre cubain des affaires étrangères, Felipe Pérez Roque, signe aux Nations unies les deux pactes internationaux liés à la Déclaration universelle des droits de l'homme : le Pacte international sur les droits économiques, sociaux et culturels et le Pacte international sur les droits politiques et civiques.

La signature des deux Pactes "formalise et réaffirme l'engagement de Cuba en faveur des droits protégés par ces deux instruments, que mon pays a respectés systématiquement depuis l'époque de la révolution cubaine en 1959", affirme-t-il. "La signature de ces deux accords résulte d'une décision souveraine du gouvernement cubain. Cuba n'a jamais agi et n'agira jamais sous la pression".

_24 février, La Havane. Raul Castro, 76 ans, officiellement désigné chef de l'Etat cubain par le Parlement, en remplacement de son frère Fidel.

[Dans son premier discours devant le Parlement, Raul Castro a déclaré qu'il "assumait la responsabilité" de la succession confiée par son frère Fidel, mais qu'il continuerait à le "consulter" pour les "décisions majeures".

Les pays occidentaux espèrent que le nouveau président démocratisera un régime monolithique, en commençant par la libération des quelque 240 prisonniers politiques. La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, évoquant "l'héritage de cinq décennies de tyrannie", a pressé Cuba "d'entamer un processus de changement démocratique pacifique".]

_19 février, La Havane. Fidel Castro annonce qu'il renonce à la présidence de Cuba, mettant un terme à près d'un demi-siècle de pouvoir sans partage, dans un "message à ses compatriotes" publié dans l'édition électronique de Granma, organe officiel du régime.
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"Je n'aspirerai ni n'accepterai - je répète - je n'aspirerai ni n'accepterai la charge de Président du Conseil d'Etat et de Commandant en chef", écrit le président cubain, âgé de 81 ans et éloigné du pouvoir depuis bientôt 19 mois par la maladie.

EGYPTE

_9 février, Le Caire. Le Haut tribunal administratif égyptien autorise samedi 12 coptes (chrétiens d'Egypte) convertis à l'islam à revenir officiellement à leur foi d'origine, dans un verdict qualifié d'"historique" par leur avocat. La cour a accepté que les plaignants puissent être présentés comme "chrétiens" sur leur pièce d'identité, et non plus comme "musulmans", comme c'était le cas à la suite de leur conversion à l'islam.

["C'est un verdict historique, une victoire de la liberté de la foi en Egypte, l'application de l'article 46 de la Constitution qui garantit la liberté de la foi de tous les citoyens", a déclaré à l'Agence France-Presse (AFP) l'avocat Ramses al-Naggar.

En Egypte, où la religion est mentionnée sur les documents officiels, les chrétiens se convertissant à l'islam le font souvent pour contourner les règles très strictes de l'Eglise copte concernant le divorce ou pour épouser une personne de confession musulmane. Les coptes représentent 6 à 10% des 76 millions d'Egyptiens et constituent la plus grande communauté chrétienne du Moyen-Orient.]

ESPAGNE

_9 février, Madrid. Le juge espagnol Baltazar Garzón suspens pour trois ans, prorogeables deux ans, l'activité de deux partis politiques basques – l'Action nationaliste basque (ANV) et le Parti communiste des terres basques (PCTV) - accusés d'être des prête-noms pour Batasuna, vitrine politique de l'ETA, lui-même interdit depuis 2003.

Le juge Garzón les accuse d'avoir été, au cours des trois dernières années, des "instruments politiques aux mains des dirigeants de Batasuna" et des "sources de financement pour ses dirigeants et pour les objectifs terroristes d'ETA-Batasuna".

_19 décembre, Madrid. Après la Suède, le Portugal, la Slovénie, la Croatie ou la Hongrie, la justice espagnole vient à son tour d'inscrire la scientologie au registre légal des religions. Cette inscription, intervenue le 19 décembre 2007, fait suite à une décision de l'Audience nationale, la plus haute juridiction espagnole.

Dans sa décision, datant du mois d'octobre 2007, l'Audience nationale estimait que le refus du gouvernement d'inscrire l'Eglise de scientologie au registre des religions ne respectait pas les règles de "neutralité et d'impartialité des Etats face aux croyances religieuses". Selon le tribunal, "aucun des documents présentés" par le mouvement ou par l'administration espagnole n'"a montré qu'il ne s'agit pas d'une entité religieuse ou avec des fins religieuses".

[Ron Hubbard, auteur de science-fiction, a fondé l'Eglise de scientologie aux Etats-Unis dans les années 1950. La première église est enregistrée en 1954 à Los Angeles. Ron Hubbard développe le concept de dianétique, présenté comme une méthode d'éveil personnel. La scientologie se considère comme une religion non révélée, selon laquelle chaque homme travaille à son propre salut spirituel. Les scientologues affirment "opérer comme n'importe quel culte", et proposent des cérémonies de baptême, de mariage, l'ordination de ministres... La scientologie est assimilée dans plusieurs pays européens à un mouvement sectaire.]#

ETATS-UNIS

_11 mars [Washington]. Les Etats-Unis retirent la Chine de leur liste des pires violateurs des droits de l'homme, sur laquelle ils ont ajouté la Syrie, le Soudan et l'Erythrée, tout en notant que le régime chinois continue à "harceler", "emprisonner" et "torturer".

Dans son rapport annuel sur les droits de l'homme, publié par le département d'Etat, Washington cite dix pays dans lesquels le pouvoir est resté en 2007 "concentré entre les mains de dirigeants n'ayant aucun compte à rendre" : la Corée du Nord, la Birmanie, l'Iran, la Syrie, le Zimbabwe, Cuba, le Bélarus, l'Ouzbékistan, l'Erythrée et le Soudan.

La Chine, qui figurait l'an dernier et en 2005 sur cette liste des "pires violateurs systématiques des droits de l'homme dans le monde", est reléguée en cette année de Jeux Olympiques au rang de "pays autoritaire en pleine réforme économique ayant vécu des changements sociaux rapides, mais n'ayant pas procédé à des réformes politiques et continuant à nier à ses citoyens les droits de l'homme et les libertés fondamentales basiques".

Le rapport souligne que le bilan du régime chinois en 2007 est resté "mauvais", faisant état de cas de torture et de contrôle abusif des naissances mais note que le gouvernement a procédé à "plusieurs réformes importantes", notamment l'examen par le Parlement chinois de certains aspects de la législation sur la peine de mort.

"Le gouvernement a continué à surveiller, harceler, détenir, arrêter et emprisonner des journalistes, des écrivains, des activistes et des avocats ainsi que leurs familles, qui cherchaient pour la plupart à exercer des droits prévus dans la loi", ajoute le rapport._28 février, Washington. Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie, et Linda Bilmes, professeur à Harvard, spécialiste des questions budgétaires, estiment que la guerre en Irak a déjà coûté 3000 milliards de dollars aux Etats-Unis, dans un livre intitulé The Three Trillion Dollar War : The True Cost of the Iraq Conflict (éditions W. W. Norton).

Selon les auteurs, le coût des opérations a déjà dépassé celui des douze ans de la guerre de Vietnam, et représente le double du coût de la guerre de Corée. Les Etats-Unis dépensent pour la guerre seize milliards de dollars par mois, soit l'équivalent du budget annuel des Nations unies. Joseph Stiglitz remarque que les Etats-Unis ne versent que 5 milliards de dollars pour l'aide au développement en Afrique. Cinq milliards de dollars, ce sont dix jours de combat de l'armée américaine en Irak, précise-t-il. Source: Le Monde.

_13 février, Washington. Le Sénat américain se prononce en faveur de l'interdiction du "waterboarding", une méthode d'interrogatoire musclée qui simule la noyade pratiquée notamment par la CIA. Ce projet de loi, déjà approuvé par la Chambre des représentants (chambre  basse du Congrès), a menacé d'user de son droit de veto contre ce projet. 

[Ce vote intervient après une polémique de deux semaines  centrée sur la stimulation de noyade, une torture pratiquée par la CIA sur trois suspects terroristes en 2002 et 2003. Il intervient également après que l'administration Bush a annoncé ses projets de juger six prisonniers détenus dans le camp de Guantanamo, pour une éventuelle implication dans les attentats terroristes du 11 septembre 2001.]

_12 janvier, Washington. A l'occasion du sixième anniversaire de l'arrivée des vingt premiers "ennemis combattants" au camp de Guantanamo - établi sur une base militaire américaine à Cuba -, les associations de défense des droits de l'homme font pression sur les candidats à l'élection présidentielle américaine pour qu'ils s'engagent à fermer Guantanamo et à interdire les prisons secrètes. "Il ne suffit pas de dire qu'ils sont contre la torture ou qu'ils vont fermer la prison. Il faut un plan précis", explique Josefina Salomon, d'Amnesty International.

          Plus d'info   Guantánamo, triste anniversaire par Geneviève Sevrin

[Après avoir compté jusqu'à 680 détenus, Guantanamo en abrite encore 275, dont une centaine de Yéménites. Le Center for Constitutional Rights (CCR), qui mène depuis six ans la lutte contre les détentions extra-judiciaires, a lancé une pétition pour forcer les candidats à préciser leurs intentions. Jusqu'à présent, tous les candidats démocrates ont pris position pour la fermeture du camp.]

_7 janvier, Trenton. L'Etat du New Jersey est devenu le premier Etat du nord des Etats-Unis à présenter ses excuses pour avoir pratiqué l'esclavage, après l'Alabama, le Maryland, la Caroline du Nord et la Virginie.

La résolution votée par l’Assemblée de l’Etat présente ses excuses "pour les torts infligés par l'esclavage et ses conséquences aux Etats-Unis". Elle établit qu'au New Jersey, "les vestiges de l'esclavage sont toujours présents pour les citoyens afro-américains, que ce soit à cause des organisations ouvertement racistes ou du racisme plus subtil rencontré dans le système de santé, dans la conclusion de contrat, ou l'achat de maison".

[Le New Jersey comptait une des plus grandes populations d'esclaves dans les colonies du Nord et a été le dernier Etat à abolir l'esclavage dans le nord du pays en 1846. Il n'avait ratifié l'amendement interdisant l'esclavage qu'en janvier 1866, un mois être devenu une loi fédérale.]

_4 janvier, Washington. L'Académie nationale des sciences américaine (NAS) et l'Institut de médecine (IOM) prennent une position très ferme contre les thèses créationnistes dans un ouvrage intitulé Science, evolution and creationism.

Rédigé par un comité scientifique dirigé par Francisco Ayala, biologiste à l'Université de Californie à Irvine, l'ouvrage brosse un panorama des nombreuses connaissances acquises dans ce domaine depuis 1999, date de sa précédente édition. "L'étude de l'évolution demeure à ce jour l'un des domaines scientifiques les plus actifs, les plus robustes et les plus utiles", écrivent les auteurs. Il est donc nécessaire qu'elle soit enseignée dans les écoles. Par ailleurs, "la science et la religion sont des voies différentes pour comprendre le monde", estiment les chercheurs. Il ne faut pas mélanger les genres, car "cela entretient la confusion, chez les étudiants, entre ce qui est scientifique et ce qui ne l'est pas". Source : Le Monde.

[Outre-Atlantique, des groupes de pression religieux et les tenants de l'intelligent design, version plus élaborée du créationnisme, tentent d'imposer leurs vues dans les établissements scolaires. En 2005, à Dover (Pennsylvanie), un juge fédéral a conclu que l'enseignement du "dessein intelligent" était inconstitutionnel, car fondé sur des convictions religieuses et non pas sur la science.]

EUROPE | Union européenne

_1er janvier, Bruxelles. La Slovénie succède au Portugal à la tête de l'Union européenne (UE). Elle est ainsi le premier des 10 nouveaux Etats membres qui ont rejoint l'UE en 2004 à assurer, pour six mois, la présidence du Conseil de l'Union.#

FRANCE

_28 mars, Paris. La Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) constate - dans un rapport remis au Premier ministre François Fillon - une baisse significative des actes à caractère raciste, xénophobe ou antisémite en 2007, mais une recrudescence des violences.

La CNCDH, qui reprend, comme chaque année, les chiffres du ministère de l'Intérieur, dénombre un total de 707 faits racistes, xénophobes et antisémites en 2007, contre 923 en 2006, soit une baisse de 23,5%. La commission constate cependant que les chiffres restent "plus élevés que ceux recensés au cours de la période 1990-2000".

_28 février, Lyon. La Cour d'appel de Lyon confirme la condamnation de Bruno Gollnisch à trois mois de prison avec sursis, et 5'000 euros d'amende, pour contestation de "l'existence de crimes contre l'humanité". Le numéro deux du Front national (FN) était poursuivi pour les propos qu'il avait tenus sur les chambres à gaz et la Shoah, le 11 octobre 2004, lors d'une conférence de presse à Lyon, au cours de laquelle il avait notamment demandé que la discussion "soit libre" sur le drame concentrationnaire, l'existence des chambres à gaz, et le nombre de morts.

Les juges d'appel ont confirmé intégralement les sanctions pénales prononcées par le tribunal de grande instance de Lyon, le 18 janvier 2007. Ces propos lui ont également valu une exclusion pour cinq ans de l'université Lyon III, où il enseigne le droit.

[Lors de sa conférence de presse au siège de son parti à Lyon en 2004, Bruno Gollnisch avait affirmé qu'"il n'y a plus aucun historien sérieux qui adhère intégralement aux conclusions du procès de Nuremberg", puis il avait poursuivi en demandant que les historiens puissent discuter "librement" de la Shoah.

Tout en se défendant d'être "l'apologiste des crimes indiscutables commis par le régime national-socialiste au cours de la Seconde Guerre mondiale", tout en admettant "les déportations pour raisons raciales", il avait revendiqué le droit "de discuter librement" du "drame concentrationnaire". "Je ne remets pas en cause l'existence des camps de concentration, mais sur le nombre effectifs de morts, sur les chambres à gaz, les historiens pourraient en discuter".]

_23 février, Compiègne. Un mémorial de l'internement et de la déportation inauguré sur le site du camp de Royallieu, où près de 45'000 personnes ont été internées pendant la Seconde Guerre mondiale.

Construite en 1913, la caserne de Royallieu avait été transformée en 1941 par la Wehrmacht "en camp de concentration permanent pour éléments ennemis actifs", puis en "camp de détention de police allemand". De 1942 à 1945, quelque 45'000 personnes, de nationalités, de religions, de conditions et d'opinions différentes ont transité par cette ancienne caserne, avant leur déportation vers l'Allemagne et la Pologne.

Un "mur des noms" restitue leur identité aux internés, dont le mémorial rend compte des conditions de vie à travers des enregistrements sonores, des lettres, des dessins, des gravures, des photos d'époque ou des films.

["J'ai coupé au dernier départ et j'espère bien ne pas être du prochain. Je suis ici avec des gens très bien et gentils : communistes, gaullistes, royalistes, curés, nobles, paysans - c'est une salade extraordinaire." Ecrite par le poète Robert Desnos à sa compagne Youki, cette courte phrase semble résumer le quotidien du camp de concentration de Royallieu-Compiègne.]

_18 janvier, Paris. Dans un discours de politique étrangère prononcé devant les ambassadeurs étrangers réunis à l'Elysée, Nicolas Sarkozy appelle à l’"unité" face au "défi d’Al-Qaida", évoquant la nécessité de lutter contre "l'extrémisme religieux".

"Certains groupes [religieux] veulent imposer leur vision fondamentale, hégémonique, intolérante, déclare le président français. La forme la plus extrême est celle des réseaux terroristes globaux de type Al-Qaida, qui rêvent d'une confrontation Islam contre Occident pour mieux dicter leur loi à des peuples qui ne demandent pourtant qu'à vivre leur foi dans la paix".

[Nicolas Sarkozy estime que "les conditions du retour du religieux dans la plupart de nos sociétés" constituaient, au côté du changement climatique, les "deux défis [qui] contribueront à structurer la société internationale du XXIe siècle, peut-être plus profondément que les idéologies au XXe siècle". Dénonçant le "refus de l'Autre", il souligne qu'"aujourd'hui, c'est sur le terrain religieux, avec la montée des fondamentalismes, que l'on voit apparaître la tentation de l'exclusion, de l'enfermement".]

_14 janvier, Riyad. En visite en Arabie saoudite, Nicolas Sarkozy loue "Dieu qui n'asservit pas l'homme, mais qui le libère, Dieu qui est le rempart contre l'orgueil démesuré et la folie des hommes", exhortant les Saoudiens à "oeuvrer pour un islam ouvert, symbole d'ouverture d'esprit et de tolérance".

Rappelant son respect pour "ceux qui croient au ciel", comme pour "ceux qui n'y croient pas – athée, franc-maçon, rationaliste –", dans un royaume réputé pour la rigidité de sa lecture de l'islam, le président français présente sa "politique de civilisation" comme "une politique de la diversité, une politique qui fait du respect de la diversité des opinions, des cultures, des croyances, des religions un principe universel". "La diversité n'est pas une valeur occidentale, c'est une valeur commune à toute civilisation", ajoute-t-il.

_13 février, Paris. Le président Nicolas Sarkozy annonce qu'il veut qu'à partir de la rentrée scolaire 2008 chaque élève de CM2 [dernière année de l'école primaire] se voie "confier la mémoire" d'un enfant français victime de la Shoah. "J'ai demandé au gouvernement, et plus particulièrement au ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos, de faire en sorte que, chaque année, à partir de la rentrée scolaire 2008, tous les enfants de CM2 se voient confier la mémoire d'un des 11'000 enfants français victimes de la Shoah", déclare Nicolas Sarkozy lors du dîner du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF).

"Les enfants de CM2 devront connaître le nom et l'existence d'un enfant mort dans la Shoah. Rien n'est plus intime que le nom et le prénom d'une personne. Rien n'est plus émouvant pour un enfant que l'histoire d'un enfant de son âge, qui avait les mêmes jeux, les mêmes joies et les mêmes espérances que lui", ajoute-t-il.

          Pus d'info

[Le ministre de l'Education Xavier Darcos a confié à Hélène Waysbord-Loing, présidente de l'Association de la Maison d'Izieu, une mission chargée d'aider à l'application de la proposition de Nicolas Sarkozy.]

_10 février, Paris. Le gouvernement apporte son "soutien" à l'ex-députée néerlandaise Ayaan Hirsi Ali, menacée de mort en raison de ses critiques de l'islam, mais ne s'engage pas sur sa demande de naturalisation française.
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"Nous sommes vos amis. La France éternelle, celle de 1789, de Hugo, de De Gaulle, vous a entendue", déclare la secrétaire d'Etat aux droits de l'homme Rama Yade, lors d'un meeting de solidarité organisé en présence de la Néerlandaise d'origine somalienne. "Nous réfléchissons à la manière de vous faire accéder à la France, à la naturalisation", ajoute-t-elle, avant de lire un message personnel du président Sarkozy.

Dans ce message, Nicolas Sarkozy fait part de sa détermination "à agir avec les Européens pour que se mette en place un fonds communautaire pour assurer la protection des personnes menacées", lorsque la France prendra la présidence de l'Union européenne (UE) au 2e semestre 2008.

[Ayaan Hirsi Ali, menacée de mort depuis l'assassinat en 2004 du réalisateur Théo Van Gogh, avec qui elle avait réalisé un film sur les femmes et l'islam, a vécu plusieurs années sous protection policière. En octobre 2007, les Pays-Bas ont cessé de financer sa protection puisque Ayaan Hirsi Ali vit depuis 2006 aux Etats-Unis.

Ayaan Hirsi Ali a répété la phrase prononcée par le candidat Sarkozy, avant l'élection présidentielle : "A chaque femme martyrisée dans le monde, je veux dire que la France offre sa protection en lui donnant la possibilité de devenir française". "Je serais honorée d'avoir la possibilité de devenir française", a-t-elle ajouté en français.]

_7 février, Paris. Les députés adoptent, par 336 voix contre 52, le projet de loi autorisant la ratification du traité de Lisbonne modifiant le traité sur l'Union européenne (UE). Le Sénat s'est également prononcé en faveur du texte.

[Le traité de Lisbonne a été signé le 13 décembre 2007 à Lisbonne. Pour entrer en vigueur, il doit être ratifié par les 27 Etats membres. La Hongrie a été le premier pays à ratifier le traité (en décembre 2007), suivie par Malte, la Slovénie (en janvier 2008) et la Roumanie, qui l'a ratifié le 4 février.]

_6 février, Paris. Un fœtus né sans vie pourra désormais être déclaré à l'état civil, quel que soit son niveau de développement : c'est le sens d'un arrêt de principe rendu par la première chambre civile de la Cour de cassation.

[Cette décision ne crée pas un "statut de l'embryon" qui remettrait en cause le droit à l'avortement : elle se contente de répondre aux parents de foetus mort-nés qui, depuis des années, tentent de faire reconnaître l'existence juridique de ces "enfants morts in utero", commente Ariane Chemin dans le quotidien Le Monde.

"Depuis 1993, lorsqu'un bébé décède avant que sa naissance soit déclarée à l'état civil, le code distingue deux cas. Les enfants qui sont nés "vivants et viable" peuvent être déclarés : l'officier d'état civil établit un acte de naissance et un acte de décès, l'inhumation ou la crémation de l'enfant deviennent dès lors obligatoires […].

En revanche, si l'enfant n'est pas viable ou s'il est mort-né, l'officier d'état civil se contente, depuis 1993, d'un acte d'"enfant sans vie" : inscrit sur les registres de décès, ce document énonce simplement les jour, heure et lieu de l'accouchement ainsi que les prénoms, noms, professions et domicile des parents. Ces règles ont été précisées par une circulaire de 2001 : s'appuyant sur des recommandations de l'Organisation mondiale de la santé datant de 1977, ce texte a estimé que cette notion d'"enfant sans vie" s'appliquait uniquement aux foetus considérés comme "viables", c'est-à-dire nés après 22 semaines d'aménorrhée ou pesant au moins 500 grammes".]#

[Nicolas Sarkozy s'est référé, dans ses propos, à la visite historique au Vatican, en novembre 2007, du roi Abdallah, et au discours de ce dernier lors du pèlerinage à La Mecque dans lequel il avait affirmé "qu'il y a dans toutes les religions, les croyances et les cultures, quelque chose d'universel qui permet à tous les hommes de se reconnaître comme faisant partie de l'humanité".

Ainsi que le relève Gilles Paris dans le quotidien Le Monde, Nicolas Sarkozy a "exhorté ses auditeurs à s'engager dans la voie choisie par "ceux qui œuvrent pour un islam ouvert, qui se souvient des siècles où il était le symbole de l'ouverture d'esprit et de la tolérance", et par "ceux qui s'efforcent de concilier le progrès et la tradition, de faire la synthèse entre l'identité profonde de l'islam et la modernité sans choquer la conscience des croyants".

"C'est ce que fait l'Arabie saoudite sous l'impulsion" du roi, a jugé le président français, en dépit de l'extrême timidité des réformes entreprises au cours des dernières années. "C'est ce que fait le président [Hosni] Moubarak en Egypte avec la sagesse qui est la sienne", a-t-il ajouté. "C'est ce que fait" le roi du Maroc, Mohammed VI, "quand il fait évoluer le droit des femmes", a-t-il conclu. Le Monde, 16 janvier 2007.]

_1er janvier, Paris. La loi instituant un droit au logement opposable, dite loi DALO, élaborée en urgence en deux mois et votée le 5 mars 2007 à l'unanimité par le Parlement, est entrée en vigueur le 1er janvier 2008.

[La loi DALO a pour objectif de garantir une obligation de résultat en matière de logement et d'hébergement et de rendre l'Etat garant du droit au logement. Elle dépasse la simple proclamation du "droit à un logement décent et indépendant", déjà défini dans l'article 1 de la loi Besson du 31 mai 1990, pour garantir un droit fondamental que chaque personne peut faire valoir en justice lorsqu'il lui est porté atteinte.

La loi s'adresse à"toute personne qui, résidant sur le territoire français de façon régulière, [...] n'est pas en mesure d'accéder [à un logement] par ses propres moyens ou de s'y maintenir". Elle concerne les demandeurs de logements sociaux qui, satisfaisant les conditions d'accès, n'ont reçu aucune proposition décente dans un délai fixé par arrêté préfectoral. Elle garantit également une solution à toute personne qui, sollicitant l'accueil dans une structure d'hébergement, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande.]

INDONESIE

_27 janvier, Jakarta. Mort de l'ex-président indonésien Mohammed Suharto, instigateur d'un régime autoritaire et l'un des gouvernants les plus sanguinaires et les plus corrompus de la deuxième moitié du XXe siècle.

[BILAN D'UNE DICTATURE. Haji Mohamed Suharto a gouverné d’une main de fer, pendant 32 ans, le quatrième pays le plus peuplé de la planète. Il avait quitté le pouvoir en mai 1998 sous la pression de manifestations, et est considéré comme le "père du développement" de l’Indonésie. Sous son régime de "l’Ordre nouveau", le pays est parvenu à subvenir à ses besoins en riz. Mais l’ex-général a également mené, au tournant des années 1965 et 1966, une féroce répression contre le parti communiste indonésien et ceux considérés comme ses alliés, qui a débouché sur le massacre de 500’000 à un million d’Indonésiens.

DROITS DE L'HOMME. 1965-1966 : environ un demi-million de morts dans la répression de "la subversion" (communistes, indépendantistes). Violences à grande échelle contre la communauté chinoise menantà la rupture des relations avec Pékin. 1975-1976 : invasion et annexion du Timor-Oriental (décolonisé par le Portugal en 1975). Bilan des violences estimé à 200'000 morts. 1976-2005 : environ 9'000 morts dans la province d'Atjeh (nord de Sumatra) au cours de la répression du mouvement armé GAM, indépendantiste.

# CORRUPTION. Abus de biens sociaux : au moins 15 milliards de dollars pour la famille élargie; au total, plus de 40 milliards de dollars ont "disparu" des finances publiques, selon l'ONG Transparency International. A l'hospitalisation de Suharto, le 4 janvier, l'Etat indonésien cherchait à récupérer par voie de justice 1,4 milliard de dollars auprès de la famille. L'hebdomadaire Time a été condamné, par une cour indonésienne, à 106 millions de dollars de dommages et intérêts pour diffamation, à ce sujet, envers Suharto et son clan, en septembre 2007. Source : Le Monde]

IRAN

_6 février, Paris. "Le peuple iranien demande plus que la démocratie. Il veut la dignité humaine", déclare au quotidien Le Monde le président iranien Mahmoud Ahmadinejad.

"Ce que demande le peuple iranien […] : c'est la dignité humaine. C'est une certaine place de l'homme dans l'univers. C'est la justice. C'est la pureté. C'est le refus de la domination. Et tout cela n'est possible qu'avec la croyance en Dieu. Et tout cela est plus haut que la démocratie. La démocratie n'est qu'une petite partie des acquis du peuple iranien. Le peuple iranien a ses racines dans l'Histoire. L'Iran a été le foyer de grandes civilisations mondiales. Ce n'est pas un peuple qui craint les tempêtes, le vent. Vous avez vu que huit ans de guerre [la guerre irano-irakienne de 1980 à 1988] ont rendu notre peuple encore plus avisé. Et le genre de boycottages, de sanctions, le genre de menaces dont nous faisons l'objet nous donnent encore plus de maturité. Sans aucun doute, l'Iran est actuellement une puissance mondiale. Il ne tire pas sa force de ses armes, mais de la vigueur de son influence culturelle".

ISRAEL

_24 février, Jérusalem. La ministre des Affaires étrangères, Tsipi Livni, annonce qu'Israël ne participera pas à la conférence contre le racisme, Durban II, prévue en janvier 2009.
Intervenant lors du "forum global contre l'antisémitisme", organisé à Jérusalem, la ministre déclare qu'Israël ne considère pas Durban II comme légitime dans la mesure où cette réunion est une plateforme pour l'antisémitisme. "La participation à cette conférence légitimise la haine, l'extrémisme, et l'antisémitisme. Israël ne soutiendra pas ce genre de comportement", a-t-elle affirmé.

[En 2001, Israël et les Etats-Unis avaient quitté la conférence Durban I après la tenue de propos antisémites et anti-Israël par plusieurs délégués.
La conférence de 2009 sera présidée par l'Afrique du Sud. Tsipi Livni a appelé la communauté internationale à "boycotter" cette conférence.

Le Canada a déjà annoncé son retrait de la conférence.]

JAPON

_31 janvier, Tokyo. Trois condamnés à mort ont été pendus annonce le ministère de la Justice. Il s'agit des premières exécutions capitales dans le pays en 2008.

[Ces pendaisons portent à seize le nombre de condamnés à mort exécutés au Japon depuis le 25 décembre 2006. Le pays avait alors rompu un moratoire de facto de quinze mois, appliqué en raison des convictions abolitionnistes du ministre de la Justice de l'époque, l'avocat bouddhiste Seiken Sugiura.]

KENYA

_28 février, Nairobi. Le président kenyan Mwai Kibaki et l'opposant Raila Odinga signent un accord de gouvernement de "coalition" dans le cadre des négociations pour sortir le Kenya d'une grave crise post-électorale.

[Les deux dirigeants kenyans rivaux, assis côte à côte à un bureau devant les services de la présidence, ont paraphé un document de plusieurs pages lors d'une cérémonie publique à Nairobi, en présence du médiateur de l'Union africaine (UA) Kofi Annan et du président de l'UA, Jakaya Kikwete.

Un peu plus tôt, Kofi Annan avait annoncé que le gouvernement et l'opposition étaient parvenus à un "accord de [gouvernement de] coalition" pour tenter de sortir d'une crise durant depuis deux mois.]

_25 février, Nairobi. Les violences politiques et ethniques qui ont ensanglanté le Kenya après la réélection contestée du président Mwai Kibaki, le 27 décembre, ont fait, selon un nouveau bilan de la police, plus de 1'500 morts au total. Un précédent bilan de sources policières faisait état de plus de 1'000 morts.

[La grande majorité des victimes ont été tuées dans les semaines qui ont suivi l'élection. 300'000 personnes déplacées n'ont toujours pas pu regagner leur domicile.]

_12 février, Nairobi. Le médiateur de la crise kenyane, Kofi Annan, annonce la création d'une commission indépendante chargée d'enquêter sur l'élection présidentielle contestée du 27 décembre 2007, au cours de laquelle avait été réélu le président sortant Mwai Kibaki. "Nous devons comprendre et savoir ce qui s'est passé durant l'élection présidentielle 2007".

_4 février, Nairobi. Les négociateurs du gouvernement kényan et de l'opposition recommandent l'organisation de manifestations conjointes en faveur de la paix et la mise en place d'une "commission vérité, justice et réconciliation" - avec des juristes locaux et internationaux - pour sortir le pays de la crise.

_3 février
, Nairobi. Les violences se poursuivent au Kenya, malgré l'accord de cessez-le-feu.

_1er février
, Nairobi. Signature d'une feuille de route censée mettre fin aux violences par le président Mwai Kibaki et l'opposant Raila Odinga.

_1er février
, Nairobi.  Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, se déclare extrêmement préoccupé et attristé par le niveau des violences civiles qui se poursuivent dans le pays. "Ces violences ont fait un nombre de victimes, de destructions, de déplacements et causé un niveau de souffrances intolérable".
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"La crise politique a manifestement fait ressortir des griefs historiques qui ont conduit à une spirale de violence et de représailles", relève Ban Ki-moon, ajoutant : "Le peuple et les dirigeants du Kenya, en particulier les leaders politiques, ont le devoir et la responsabilité de se réveiller et de renverser cette évolution tragique avant qu'elle n'escalade vers l'horreur des meurtres de masse et des ravages dont nous avons été témoins au cours de l'histoire récente".

_29 janvier, Addis-Abeba. Le président rwandais, Paul Kagamé, n'exclut pas que l'armée kényane prenne le pouvoir pour mettre fin à ce que les Etats-Unis qualifient d'"épuration ethnique". "L'urgence peut commander lorsqu'il s'agit d'arrêter des tueries en cours", déclare-t-il. "Je sais, précise-t-il, que ce n'est pas politiquement correct et bon que les généraux s'impliquent dans une telle situation politique. Mais, dans une situation où les institutions ont perdu le contrôle, semblable solution ne me choquerait pas outre mesure".

_29 janvier, Genève. Le gouvernment kenyan est incapable d'assurer la protection des civils, notamment celle des femmes menacées de violences sexuelles jusque dans les camps de déplacés, dénonce le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef).

"L'Etat a échoué dans sa tâche de protection: il semble que dans de nombreux endroits, il n'y a plus ni loi ni ordre et que des massacres à la machette se multiplient", déclare la porte-parole de l'Unicef à Genève, Véronique Taveau, s'alarmant particulièrement de l'aggravation des violences sexuelles.

"Ce qui se passe actuellement au Kenya est une véritable tragédie humanitaire, avec un impact terrible sur les enfants, les jeunes femmes et les femmes", ajoute-t-elle, soulignant que la protection des plus vulnérables est aussi importante que la distribution de l'aide humanitaire.

_31 janvier, Paris. Le Conseil de sécurité des Nations unies doit "agir" au Kenya, déclare le ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner. "Au nom de la responsabilité de protéger, il est urgent de venir en aide aux populations du Kenya. Le Conseil de sécurité des Nations unies doit se saisir de cette question et agir", affirme-t-il dans un communiqué.

"Des actes barbares sont commis, des populations civiles sont tuées dans des conditions atroces, des femmes et des enfants sont violés. Deux députés de l'opposition ont également été tués". […] "Nous redoutons que ces dérives ne fassent sombrer le Kenya dans un conflit meurtrier de caractère ethnique", ajoute le ministre en appelant à un" solution politique" de la crise qui "doit être rapide".

_31 janvier
, Addis Abeba. Ouverture du sommet des chefs d'Etat et de gouvernement des 53 Etats membres de l'Union africaine (UA). Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, appelle les acteurs de la crise kenyane à "calmer les violences et résoudre leurs différends par le dialogue et un processus politique".

Le président de la commission de l'UA, Alpha Oumar Konaré, estime que "toute l'urgence" au Kenya est d'"éteindre le feu". Il exhorte les protagonistes de la crise à "arrêter, arrêter, arrêter", sous peine de voir le Kenya "brûler". "On parle d'épuration ethnique, de génocide, nous ne pouvons pas nous croiser les bras",ajoute-t-il.

[Les violences interethniques se propagent dans plusieurs villes du pays. Elles ont causé la mort d'un millier de personnes et contraint 250'000 autres à quitter leur lieu d'habitation. La vallée du Rift, la zone la plus fertile, la plus peuplée et la plus mélangée du Kenya, est particulièrement touchée par les agressions et les pillages, qui prennent l'aspect d'une épuration ethnique organisée.

# Les membres de l'ethnie kikuyu, majoritaire au Kenya (21% de la population) qui, lors de l'élection présidentielle, ont soutenu le président Mwai Kibaki, comptent jusqu'à présent parmi les principales victimes des attaques perpétrées par des Kalenjin (4e groupe ethnique, 12% de la population, principalement installé dans la vallée du Rift).]

_31 janvier, Nairobi. Le meurtre d'un deuxième député de l'opposition, David Kimutai Too par un policier, déclenche des manifestations de colère et entraîne l'ajournement des pourparlers entamés pour trouver une solution à la crise.

[Selon un officier de police, le meurtrier est probablement le petit ami de la femme et les enquêteurs privilégient la piste du "crime passionnel".]

_30 janvier, New York. Le Conseil de sécurité des Nations unies déplore la poursuite des violences au Kenya et demandé aux dirigeants politiques du pays de "tout faire pour y mettre fin et pour rétablir le calme", indique l'ambassadeur de Libye, Giadalla Ettalhi.

[Le Conseil a "exprimé son soutien aux efforts du Groupe de personnalités éminentes, mené par l'ex-secrétaire général des nations unies Kofi Annan, pour tenter de résoudre la crise au Kenya", a ajouté l'ambassadeur libyen. Ses membres "se sont félicités de l'engagement d'un dialogue national sous la médiation de Kofi Annan et ont exhorté les deux partis à y participer pleinement et de façon constructive pour trouver une solution politique", a-t-il ajouté.]

_29 janvier, Paris. La guerre interethnique menace le Kenya, écrit Le Monde, qui relève que le cycle des violences et des représailles entre voisins devenus ennemis a rayé de la carte Mau Summit, une ville de la vallée du Rift.

[L'envoyé spécial du quotidien, Jean-Philippe Rémy, décrit l'attaque de Mau Summit, organisée par des Kalenjin visant des Kikuyu: "Comme des spectres, les habitants de Mau Summit errent sur les cendres de leur ville. Avant les élections du 27 décembre 2007, des convois de camions faisaient halte à ce carrefour planté sur la route de l'Ouganda pour passer la nuit et faire le plein à la station-service. Les paysans de la région venaient y partager une bière ou s'y faire prendre en photo dans le studio de la ville. […]

[Le 24 janvier], la ville a été rayée de la carte. Selon un plan d'autodestruction à l'oeuvre dans une partie de la vallée du Rift, vaste région fertile traversant le milieu du Kenya, des assaillants ont incendié et pillé les habitations. A Mau Summit, ils semblent avoir fait preuve d'une rage particulière. Dimanche 27 janvier, tout ce qui était inflammable finit de se consumer dans des amas noirâtres d'où émergent des pans de murs, des cheminées et des tôles tordues par la chaleur du brasier qu'il faut se hâter de récupérer avant que des pillards ne s'en emparent".]

_29 janvier, Nairobi. Melitus Were, un député de l'opposition (élu sous les couleurs du Mouvement démocratique Orange (ODM) de Raila Odinga), abattu à son domicile à Nairobi.

_28 janvier, New York. Le conseiller spécial des Nations unies pour la prévention du génocide, Francis Deng, se dit "profondément troublé par la situation au Kenya", appelant à mettre fin immédiatement au "cycle destructeur d'attaques et de représailles".

Francis Deng appelle les leaders nationaux et locaux de tous bords à demander l'arrêt des violences et des déclarations incitant à la violence. "Les leaders politiques et communautaires pourraient être tenus pour responsables des violations du droit international commis à leur instigation", souligne-t-il, les exhortant à "prendre leurs responsabilités pour protéger la vie des civils et prévenir les violences".#

[Le conseiller sur la prévention du génocide a rappelé les récentes déclarations de Louise Arbour, la haut commissaire aux droits de l'homme, qui avait souligné que "le gouvernement du Kenya devait respecter ses obligations aux termes du droit international dans sa réponse face aux manifestations, y compris en tenant la police pour responsable de ses actions".]

_26 janvier, Nairobi. Le Kenya s'enfonce un peu plus dans la violence. La vallée du Rift est devenue l'épicentre des violences qui secouent le Kenya depuis un mois. Les heurts y ont fait 40 nouveaux morts, dont 14 personnes brûlées vives dans leur maison à Naivasha. Les 130 personnes tuées depuis le 24 janvier dans cette province portent à 900 le nombre de victimes des affrontements entre les membres des communautés kalenjin et luo et leurs voisins kikuyus.

[Quatorze personnes, principalement du même groupe ethnique, ont été brûlées vives dans leur maison à Naivasha (90 km au nord-ouest de Nairobi), selon la police. "La police a eu des difficultés à entrer dans les maisons. Les policiers [...] ont trouvé des hommes, des femmes et des enfants qui étaient méconnaissables", a expliqué à l'Agence France-Presse (AFP) un commandant de la police. "Apparemment, les assaillants les ont enfermés et ont mis le feu" aux maisons, a-t-il ajouté.]

_26 janvier, Nairobi. Le médiateur dans la crise kenyane, Kofi Annan, demande une enquête sur "les violations graves et systématiques" des droits de l'homme lors des violences post-électorales. "On ne peut pas autoriser l'impunité", souligne l’ex-secrétaire général des Nations unies, sans nommer un groupe en particulier.

_25 janvier, New York. Les enfants, les adolescents et les femmes sont les premières victimes des attaques sexuelles au Kenya, déplore l’Unicef, l'agence des Nations unies pour l'enfance. "Bien qu'ils soient réticents à rapporter les attaques sexuelles, il est malheureusement évident qu'ils sont victimes d'abus sur fond de crise politique", affirme l’Unicef.

Selon l'agence, il apparaît que les femmes et les jeunes filles dans les camps de déplacés se voient contraints d'accepter des relations sexuelles en échange de nourriture, de protection ou de transport. "Les femmes, jeunes ou âgées, sont violées la nuit alors qu'elles se rendent aux latrines. Certains jeunes garçons également ont été victimes d'abus, même si la plupart du temps les victimes ne signalent pas ces attaques par crainte de représailles".

_25 janvier, Nairobi. Quinze personnes tuées dans la vallée du Rift (ouest), la région la plus fertile du pays, devenue l'épicentre des violences déclenchées par la contestation de la réélection du président Mwai Kibaki en décembre 2007. Le quotidien Le Monde consacre un reportage sur le "Rift ravagé par les luttes ethniques". Dans la région de Kipkelion, l’envoyé spécial du quotidien a pu observer la spirale des violences meurtrières qui prolonge et amplifie les troubles post-électoraux. Des membres du groupe des Kalenjin s’en prennent aux Kikuyu (ethnie du président Kibaki) et à leurs biens.

"Le long des pistes, les portes des commerces pillés claquent au vent. Sur les collines, les bâtiments incendiés semblent d'atroces caries. Chaque jour, des maisons brûlent, des habitants sont chassés ou tués. Dans la région de Kipkelion, au coeur de la vallée du Rift, la tourmente post-électorale kényane s'est muée en un ouragan qui menace d'emporter la raison d'une des régions les plus fertiles, les plus peuplées et les plus mélangées du Kenya.

"Non que la folie ou la rage aveugle règnent sur les violences. Assassinats et incendies sont sélectifs. Ils frappent en priorité les Kikuyu, membres du groupe ethnique du président Mwai Kibaki, réélu grâce à des fraudes le 30 décembre 2007. Les agresseurs, majoritairement leurs voisins, appartiennent au groupe des Kalenjin, vaste confédération ethnique ayant soutenu l'opposition.
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"Les troubles, comme dans tout le Kenya, ont commencé à l'annonce des résultats électoraux". Le Monde, Paris, 25 janvier 2008.

_1er janvier, Nairobi. Au moins 35 personnes, dont des femmes et des enfants, brûlées vives dans l'incendie volontaire d'une église à Eldoret, à 300 km à l'ouest de Nairobi.

[Dénonçant "une tuerie insensée", la Croix-Rouge kenyane a estimé qu'au moins 70'000 personnes avaient été déplacées dans l'ouest du pays, où des centaines de maisons et de huttes ont été incendiées.]

KOSOVO

_27 février, Berne. La Suisse reconnaît l'indépendance du Kosovo. "La clarification du statut du Kosovo est une condition pour la stabilité et le développement économique et politique de la région des Balkans occidentaux toute entière", déclare le président de la Confédération helvétique Pascal Couchepin devant la presse.

Cette reconnaissance va néanmoins de pair avec la "volonté de resserrer les relations étroites qu'il entretient avec la Serbie et renforcer la très bonne coopération" entre la Suisse et la Serbie et Belgrade, précise Pascal Couchepin.

_22 février, Moscou. Vladimir Poutine déplore la proclamation d'indépendance du Kosovo. "Le précédent du Kosovo est un précédent horrible. De facto, il fait voler en éclats tout le système des relations internationales existant". Evoquant les pays qui ont reconnu l'indépendance du Kosovo, le président russe estime que la situation aura "des conséquences imprévisibles".

[Le représentant russe à l'OTAN, Dmitri Rogozine, a déclaré que la Russie se réservait le droit d'"utiliser la force" au cas où "l'Union européenne adopte une position unie ou que l'OTAN dépasse son mandat au Kosovo", car ces organisations "vont défier les Nations unies". "Nous allons alors, nous aussi, partir du fait que nous devons utiliser une force brutale qu'on appelle une force armée, pour qu'on nous respecte", a-t-il menacé.]

_21 février, Belgrade. Une poignée d'opposants incendient plusieurs salles de l'ambassade des Etats-Unis, en marge du rassemblement contre l'indépendance du Kosovo, qui a réuni plus de 150'000 personnes. Le Premier ministre serbe, Vojislav Kostunica, assure que "la Serbie ne reconnaîtra jamais le Kosovo, [...] mais ne renoncera pas à son avenir de futur membre de l'Union européenne".

[Des heurts ont eu lieu devant plusieurs ambassades de pays occidentaux, faisant 70 blessés dont 19 policiers. Des violences "totalement inacceptables" pour Javier Solana (UE) et "intolérables" pour les Etats-Unis.]

_18 février, New York. Lors d'une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies sur le Kosovo, Ban Ki-moon confirme que le Secrétariat des Nations unies continuera d'opérer dans le cadre institué par la résolution 1244 de 1999, "à moins que le Conseil n'en décide autrement". "Dans l'attente des prochaines décisions du Conseil de sécurité, la MINUK [mission des Nations unies au Kosovo] continuera de considérer la résolution 1244 du Conseil de sécurité de 1999 comme le cadre légal d'exercice de son mandat, qu'elle continuera de mettre en oeuvre en tenant compte de l'évolution de la situation sur place", précise le secrétaire général des Nations unies.

Le Premier ministre du Kosovo, Hashim Thaci, réaffirme l'engagement du Kosovo envers la Proposition globale de Règlement portant statut du Kosovo de l'Envoyé spécial des Nations unies, Martti Ahtisaari.

[En mars 2007, "après plus d'un an de pourparlers", constatant qu'il était devenu "évident que les parties n'étaient pas en mesure de s'entendre sur le statut futur du Kosovo", l'Envoyé spécial des Nations unies, Martti Ahtisaari, s'était prononcé en faveur d'un "futur Kosovo indépendant viable, durable et stable", dans un premier temps sous la supervision d'un Représentant civil international.]

_18 février, Paris. Après les Etats-Unis, la France reconnaît officiellement l'indépendance du Kosovo. "J'ai l'honneur de vous informer que la France, en plein accord avec la déclaration de l'Union européenne et tirant les conséquences de la résolution adoptée par l'Assemblée du Kosovo le 17 février 2008, reconnaît dès à présent le Kosovo comme un Etat souverain et indépendant", écrit Nicolas Sarkozy, dans une lettre adressée à son homologue kosovar Fatmir Sejdiu.

_18 février, Belgrade. Au lendemain de la proclamation de l'indépendance du Kosovo, la Serbie annonce avoir demandé à la justice d'inculper les trois principaux dirigeants du nouvel Etat pour avoir "organisé la proclamation d'un faux Etat sur le territoire serbe".
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Le président Fatmir Sejdiu, le Premier ministre Hashim Thaçi et le président du Parlement Jakup Kraniqi "ont commis un acte criminel contre l'ordre constitutionnel et la sécurité de la Serbie", indique le ministère de l'intérieur serbe.

[En 2007, la Serbie avait adopté une nouvelle Constitution qui précise, en préambule, que le Kosovo est une partie "inaliénable" de son territoire.]

_18 février, Bruxelles. Les ministres des affaires étrangères de l'Union européenne (UE) adoptent à une déclaration très consensuelle, qui laisse libre de leur décision partisans et opposants de l'indépendance du Kosovo. Chaque pays de l'Union "décidera, selon ses pratiques nationales et les règles juridiques", de reconnaître ou non l'indépendance du nouvel Etat.

[La déclaration commune ouvre la voie à l'annonce par plusieurs pays, dont la France, l'Allemagne, la Grande-Bretagne et l'Italie, de leur intention de reconnaître ce nouvel Etat issu de l'ex-Yougoslavie. Elle permet aussi aux six pays notoirement hostiles à cette indépendance, notamment Chypre, l'Espagne, la Grèce, la Bulgarie, la Roumanie et la Slovaquie, de ne pas l'entériner.]

_18 février, Washington. Les Etats-Unis "reconnaissent formellement le Kosovo comme un Etat souverain et indépendant" annonce la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, dans un communiqué.

_17 février, Moscou. La Russie demande aux Nations unies d'annuler la déclaration d'indépendance du Kosovo. "Nous attendons que la mission de l'ONU et les forces de l'OTAN présentes au Kosovo interviennent immédiatement pour mettre en oeuvre leur mandat [...] comprenant l'annulation de la décision des institutions autonomes de Pristina et pour prendre des mesures administratives énergiques à leur encontre. La décision des dirigeants du Kosovo crée un risque d'escalade de la tension et des violences inter-ethniques dans la province, et d'un nouveau conflit dans les Balkans", déclare le ministère des affaires étrangères russe dans un communiqué.

[Les Etats-Unis et plusieurs pays européens (Allemagne, Italie, Grand-Bretagne, France) annoncent avoir "pris note" – ou "pris acte" - de la déclaration d'indépendance du Kosovo. La Suisse demande aux autorités du Kosovo de s'engager à "protéger les droits de toutes les minorités". La reconnaissance du Kosovo par la Suisse ne se fera "qu'après consultations des commissions de politique étrangère", a déclaré le ministère des affaires étrangères.

L'Albanie a salué la proclamation de l'indépendance du Kosovo et a annoncé considérer le 17 février comme le jour de "sa rennaissance", a déclaré le Premier ministre albanais Sali Berisha.]

_17 février, Pristina. Le Parlement, convoqué en session extraordinaire, proclame l'indépendance de cette ex-province du sud de la Serbie à majorité albanaise. "A partir de maintenant, le Kosovo a changé de position politique, nous sommes désormais un Etat indépendant, libre et souverain", déclare le président du Parlement Jakup Krasniqi, après le vote de la déclaration d'indépendance lue par le Premier ministre kosovar Hashim Thaçi.

Le président kosovar Fatmir Sejdiu demande alors officiellement "à tous les pays du monde de reconnaître" l'indépendance du Kosovo.#

          Plus d'info   La Déclaration d'indépendance

[Des dizaines de milliers de Kosovars, habitants de la capitale ou venus de province, arborant le drapeau albanais – aigle noir bicéphale sur fond rouge – mêlé à celui des Etats-Unis, ont envahi les rues de Pristina, manifestant leur joie par des hourras et des cris "Indépendance", dans des concerts de klaxons et de pétards.

La proclamation d'indépendance du Kosovo est la dernière étape en date dans le processus de démantèlement de la Yougoslavie de six Républiques de Tito. Depuis 1991, la Slovénie, la Croatie, la Macédoine, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro ont déclaré leur indépendance.]

_17 février, Belgrade. Avant la déclaration d'indépendance du Kosovo, la Serbie prévient qu'elle "ne reconnaîtrait jamais l'indépendance" de sa province sud. "La Serbie a réagi et réagira par tous les moyens pacifiques, diplomatiques et légaux pour annuler cet acte commis par les institutions du Kosovo", indique le président serbe Boris Tadic. "Pour les citoyens de Serbie, pour la Serbie, il n'y a pas et il n'y aura jamais d'Etat fantoche du Kosovo sur son territoire", déclare de son côté le Premier ministre nationaliste, Vojislav Kostunica.

_14 février
, New York. A l'issue d'une réunion à huis clos du Conseil de sécurité des Nations unies, en présence du ministre des Affaires étrangères de la Serbie, le président du Conseil fait un constat de blocage sur la question du statut du Kosovo.

Les positions ont été réitérées entre ceux qui estiment qu'il s'agit d'un cas unique et ceux, dont la Serbie, qui craignent qu'une déclaration de souveraineté unilatérale ne produise un mouvement international d'instabilité et de sécession.

[Le ministre serbe des Affaires étrangères de la Serbie a plaidé contre toute déclaration d'indépendance unilatérale de la province du Kosovo. Il a réaffirmé que ce serait la "première fois dans l'Histoire" qu'une sécession ethnique recevrait l'assentiment de la communauté internationale. Il a aussi annoncé que la Serbie prendrait "toutes les mesures nécessaires", mais exclu à nouveau le recours à la force.

Pour leur part, les représentants des Etats-Unis et du Royaume-Uni ont estimé que la situation du Kosovo était "unique" notamment parce qu'elle faisait l'objet d'un mandat du Conseil de sécurité. Ils ont aussi estimé que la question du statut ne trouvait pas d'aboutissement, "après une décennie » de tentatives et proposé de mettre en oeuvre le plan de l'Envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies, Martti Ahtisaari, qui proposait une "indépendance sous supervision internationale".]

_14 février, Belgrade. Le gouvernement serbe décide d'"annuler" à l'avance la proclamation d'indépendance du Kosovo prévue le 17 février. "Les actes et les activités des autorités intérimaires du Kosovo qui proclament l'indépendance unilatérale sont annulés [par le gouvernement serbe] parce qu'ils violent la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Serbie", indique un communiqué officie.

Cette décision "a une signification historique", déclare le Premier ministre nationaliste, Vojislav Kostunica. "C'est, une fois pour toutes, la décision de la Serbie de rejeter un Etat fictif sur son territoire", assure-t-il, qualifiant les leaders albanais du Kosovo de "terroristes reconnus".

_24 janvier, Bruxelles. Le Premier ministre du Kosovo, Hashim Thaci, estime que la proclamation de l'indépendance de cette province de Serbie est désormais "une question de jours". Il ne donne pas de date précise, se contentant d'indiquer que "le Kosovo est prêt". "Nous nous attendons à un soutien massif de la part des Etats-Unis et de l'Europe", ajoute-t-il, à l'issue d'entretiens avec Javier Solana, le chef de la diplomatie de l’Union européenne (UE), Dimitrij Rupel, le ministre des affaires étrangères de la Slovénie qui exerce la présidence de l'Union, et le commissaire à l'élargissement, Olli Rehn.#

LIBAN

_28 mars, New York. La commission d'enquête des Nations unies chargée d'enquêter sur le meurtre de l'ancien premier ministre libanais Rafic Hariri annonce qu'un "réseau criminel", dont l'origine et les membres n'ont pas été rendus publics par souci de sécurité, est à l'origine de l'attentat. Ce "réseau d'individus a agi de concert pour commettre l'assassinat de Rafic Hariri, et [...] certains de ses membres sont liés à d'autres attentats couverts par le mandat de la commission", ajoute le rapport présenté au Conseil de sécurité.

"Ce réseau Hariri existait avant l'attentat, il a surveillé Rafic Hariri avant l'assassinat [...], et au moins une partie de ce réseau a continué à exister et à être opérationnel après l'assassinat", précise la commission. L'existence de preuves liant ce réseau à l'attentat qui a coûté la vie à Rafic Hariri, en février 2005, a été confirmée, et l'instance internationale cherchera maintenant à recueillir "des preuves supplémentaires concernant ce réseau et sur l'étroitesse de ses liens avec les autres attentats".

_14 février, Beyrouth. Le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah déclare "une guerre ouverte" à Israël qu'il accuse d'être derrière l'assassinat à Damas d'Imad Moughnieh, l'un des fondateurs de la branche armée du mouvement. Israël a nié toute implication dans l'attentat à la voiture piégée qui a coûté la vie à Imad Moughnieh.

["Sionistes, si vous voulez ce type de guerre ouverte, alors le monde entier doit entendre ceci : qu'une guerre ouverte soit !", a affirmé Hassan Nasrallah dans un discours prononcé lors des obsèques d'Imad Moughnieh, à Beyrouth.

"Le Hezbollah est aujourd'hui tout à fait prêt à faire face à toute agression, toute guerre", a-t-il poursuivi. "Qu'ils m'écoutent attentivement. [...] Imad Moughnieh a laissé derrière lui des dizaines de milliers de combattants prêts au djihad", la guerre sainte, a lancé le chef du "Parti de Dieu", soutenu par Damas et Téhéran. "Le sang d'Imad Moughnieh contribuera à la disparition de l'Etat d'Israël", a-t-il lancé.]

_12 février, Damas. Un homme clé des opérations militaires du Hezbollah libanais, Imad Moughnieh, recherché par Interpol et les Etats-Unis pour une sé