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AFGHANISTAN_17 février, Kaboul. Plus de 100 personnes tuées dans un attentat-suicide perpétré lors d'un spectacle de combat de chiens à Kandahar, au sud de l'Afghanistan. ANGLETERRE_9 février, Le Caire. "Les déclarations de Rowan Williams, l'archevêque de Canterbury, vont dans la bonne direction et ont un impact positif chez les musulmans", déclare l'adjoint de l'imam d'Al-Azhar, cheikh Abdel Fattah Allam, à l'agence égyptienne Mena. Selon cheikh Allam, les propos de l'archevêque, qui ont provoqué un tollé en Grande-Bretagne, "encouragent le dialogue entre les cultures et les civilisations dans un cadre de respect mutuel des religions". [De son côté, le directeur général du Conseil islamique mondial pour l'appel et le secours, basé au Caire, Taoufic al-Chérif, cité par Mena, a qualifié de "réalistes" les propos de l'archevêque. "Ils contribuent à résoudre les problèmes des minorités" dans les pays étrangers.] _7 février, Londres. Le révérend Rowan Williams, archevêque de Canterbury et chef des 77 millions d'anglicans dans le monde, vivement attaqué après ses déclarations qualifiant d'"inévitables" la reconnaissance et l'application en Grande-Bretagne de certaines dispositions de la charia, le droit coranique. Le prélat a expliqué, lors d'une interview sur la radio BBC 4, que des "arrangements constructifs" avec la loi islamique pouvaient être trouvés sur des sujets tels que le divorce ou des différends financiers. Selon l'archevêque, ces arrangements pourraient aider à améliorer la cohésion sociale dans le pays. Il a expliqué que la Grande-Bretagne "devait accepter le fait que certains citoyens ne se sentent pas concernés par le droit britannique". [Interrogé sur cette prise de position, le porte-parole du Premier ministre a répondu que Gordon Brown "considère que les lois britanniques doivent être fondées sur les valeurs britanniques". "Accepter certaines lois musulmanes dans le cadre des lois britanniques serait désastreux pour la nation", a estimé Lord George Carey, prédécesseur de Rowan Williams à la tête de l'Eglise anglicane.] AUSTRALIE_13 février, Sydney. Le Premier ministre, Kevin Rudd, ouvre la session parlementaire en présentant les excuses officielles de l'Australie aux Aborigènes et particulièrement à la "génération volée", ces enfants arrachés à leurs parents et confiés à des institutions ou des familles blanches. "Nous présentons nos excuses pour les lois et les politiques des Parlements et gouvernements successifs qui ont infligé une peine, une douleur et une perte profondes à nos compatriotes australiens, déclare-t-il. Aux mères et pères, aux frères et sœurs, pour avoir séparé des familles et des communautés, nous demandons pardon. Et pour l'atteinte à la dignité et l'humiliation infligées à un peuple fier de lui-même et de sa culture, nous demandons pardon." [La politique d'assimilation forcée, menée du début du XXe siècle jusqu'à la fin des années 1960, a concerné plusieurs dizaines de milliers d'enfants autochtones, en particulier ceux d'entre eux qui étaient métissés. Mais, ce n'est qu'en 1997, avec la publication du rapport "Bringing Them Home", que l'Australie a découvert l'ampleur du phénomène. La présentation d'excuses officielles est un pas symbolique vers la "réconciliation", un terme utilisé en Australie pour évoquer l'apaisement des relations entre les Aborigènes et la population blanche.] BIRMANIE_9 février, Rangoun. Le pouvoir birman annonce la tenue d'un référendum constitutionnel en mai 2008 et l'organisation d'élections multipartites en 2010. [La nouvelle constitution devrait à la chef de file de l'opposition, Aung San Suu Kyi, de se présenter au motif qu'elle a été mariée à un étranger (britannique, défunt).] _5 février, Genève, Le Rapporteur spécial du Conseil des droits de l'homme des Nations unies sur la situation des droits de l'homme en Birmanie, Paulo Sérgio Pinheiro, exprime sa "consternation" devant la poursuite des arrestations, détentions et condamnations de manifestants pacifiques, d'activistes politiques et de défenseurs des droits de l'homme dans le pays. [Quatre mois après la répression violente des manifestations pacifiques, qu'il avait déjà condamnée, Paulo Sérgio Pinheiro renouvelle son appel au gouvernement birman à prendre "toutes les mesures nécessaires" pour garantir la droit à la liberté d'expression et d'opinion, ainsi que celui de libre association, des personnes concernées. Il a également pressé les autorités d'assurer un traitement médical d'urgence aux détenus. _29 janvier, Rangoun. Le blogueur Nay Phone Latt, l'une des jeunes figures de la "rébellion safran", qui a opposé, fin septembre 2007, la junte birmane à un mouvement populaire mené par des moines bouddhistes, arrêté à Rangoun. CHINE_26 février, Pékin. La Chine est prête à reprendre le dialogue sur les droits de l'homme avec les Etats-Unis, annonce le ministre chinois des Affaires étrangères, Yang Jiechi, à l'issue d'un entretien avec la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, en visite en Chine. [La Chine a interrompu le dialogue sur les droits de l'homme en 2004 lorsque les Etats-Unis ont proposé une motion sur la situation des droits de l'homme en Chine, lors de la 60e session de la Commission des droits de l'homme des Nations unies.] _2 JANVIER, Paris. En 2007, la répression a touché les cyberdissidents, dont 65 sont détenus. "La Chine conserve son leadership dans cette course à la répression, avec 50 cyberdissidents derrière les barreaux", note l’organisation Reporters sans frontières (RSF)RSF. Au cours de l'année, au moins 2’676 sites Internet, dont une majorité de forums de discussions, ont été fermés ou suspendus. "La censure la plus forte a eu lieu avant et pendant le 17e Congrès du parti communiste chinois" lorsque "quelque 2’500 sites, blogs et forums ont été interdits en quelques semaines", précise l'organisation de journalistes. _1er janvier, Pékin. Entrée en vigueur, le 1er janvier, de la nouvelle loi sur le contrat de travail, après une série de scandales de licenciement de personnel, dans de nombreuses entreprises. L'article 98 de la loi adoptée en juin 2007 donne le droit au personnel présent depuis plus de 10 ans dans une entreprise de signer un contrat le protégeant d'un licenciement non motivé. ["La loi permet de protéger les droits des salariés, elle incite les entreprises à améliorer leur management et à assumer leur responsabilité sociale, à instaurer des relations harmonieuses entre les employeurs et leurs salariés", a déclaré le professeur Chang Kai, doyen de l'Institut de recherche sur les relations au travail de l'Université du peuple dePékin. COLOMBIE_1er mars, Bogota. L'armée colombienne annonce avoir tué en territoire équatorien, Raul Reyes, le numéro deux des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc). "C'est le coup le plus décisif jamais porté jusqu'à présent à ce groupe terroriste", affirme le ministre colombien de la Défense, Juan Manuel Santos. [Le ministère français des Affaires étrangères a déclaré que les autorités colombiennes "étaient au courant" que trois pays européens, la France, la Suisse et l'Espagne étaient en contact avec Raul Reyes pour faciliter la libération d'Ingrid Betancourt. "Les FARC sont une organisation terroriste [elles figurent sur la liste des organisations terroristes de l'Union européenne]", a reconnu la porte-parole du ministère, Pascale Andréani, devant la presse. "Mais dans le cadre de cette opération de facilitation, directement, indirectement, beaucoup de contacts étaient liés", a-t-elle ajouté.] CONGO | République démocratique_23 janvier, Goma [Nord Kivu]. L'ensemble des groupes armés congolais actifs au Nord- et au Sud-Kivu signent "un acte d'engagement" pour mettre fin aux combats qui ensanglantent ces régions depuis près de dix ans. Le texte, adopté à issue de la Conférence pour la paix, la sécurité et le développement dans le Nord et Sud Kivu, prévoit la démobilisation et de réinsertion des combattants. [C'est la première fois, depuis la fin de la dernière guerre en RDC (1998-2003), note l’Agence France-Presse, que les groupes armés de régions entières s'engagent collectivement et publiquement à un cessez-le-feu et à un désengagement progressif de leurs troupes sur le terrain. S'il est appliqué, cet accord entre les belligérants marquera la fin des violences qui continuent de déchirer les Kivu.] _2 janvier, New York. Le Nord-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo, a sombré, au cours de l'année 2007, dans un abîme humanitaire fait de combats, de viols, d'enrôlement forcé d'enfants et d'exactions qui ont, selon les Nations unies, contraint près de 437’000 personnes à fuir leurs villages. La dernière vague de violences, qui porte à 800’000 le nombre des déplacés dans la province, est due aux combats, qui ont culminé entre août et décembre 2007, entre les 25’000 hommes déployés par les Forces armées congolaises (FARDC) et les quelque 4 000 rebelles du général déchu Laurent Nkunda. [D'après les Nations unies, près de 240’000 autres personnes pourraient fuir dans les prochains mois, si rien n'est fait. Au cours des années précédentes, près de 400’000 Congolais avaient déjà pris la route, dans le Nord-Kivu, pour échapper aux rebelles hutus rwandais du FDLR (dont certains ont participé au génocide de 1994) et aux milices locales Maï-Maï.] CUBA_28 février, New York. Le ministre cubain des affaires étrangères, Felipe Pérez Roque, signe aux Nations unies les deux pactes internationaux liés à la Déclaration universelle des droits de l'homme : le Pacte international sur les droits économiques, sociaux et culturels et le Pacte international sur les droits politiques et civiques. _24 février, La Havane. Raul Castro, 76 ans, officiellement désigné chef de l'Etat cubain par le Parlement, en remplacement de son frère Fidel.
_19 février, La Havane. Fidel Castro annonce qu'il renonce à la présidence de Cuba, mettant un terme à près d'un demi-siècle de pouvoir sans partage, dans un "message à ses compatriotes" publié dans l'édition électronique de Granma, organe officiel du régime. EGYPTE_9 février, Le Caire. Le Haut tribunal administratif égyptien autorise samedi 12 coptes (chrétiens d'Egypte) convertis à l'islam à revenir officiellement à leur foi d'origine, dans un verdict qualifié d'"historique" par leur avocat. La cour a accepté que les plaignants puissent être présentés comme "chrétiens" sur leur pièce d'identité, et non plus comme "musulmans", comme c'était le cas à la suite de leur conversion à l'islam. ["C'est un verdict historique, une victoire de la liberté de la foi en Egypte, l'application de l'article 46 de la Constitution qui garantit la liberté de la foi de tous les citoyens", a déclaré à l'Agence France-Presse (AFP) l'avocat Ramses al-Naggar. ESPAGNE_9 février, Madrid. Le juge espagnol Baltazar Garzón suspens pour trois ans, prorogeables deux ans, l'activité de deux partis politiques basques l'Action nationaliste basque (ANV) et le Parti communiste des terres basques (PCTV) - accusés d'être des prête-noms pour Batasuna, vitrine politique de l'ETA, lui-même interdit depuis 2003. _19 décembre, Madrid. Après la Suède, le Portugal, la Slovénie, la Croatie ou la Hongrie, la justice espagnole vient à son tour d'inscrire la scientologie au registre légal des religions. Cette inscription, intervenue le 19 décembre 2007, fait suite à une décision de l'Audience nationale, la plus haute juridiction espagnole. [Ron Hubbard, auteur de science-fiction, a fondé l'Eglise de scientologie aux Etats-Unis dans les années 1950. La première église est enregistrée en 1954 à Los Angeles. Ron Hubbard développe le concept de dianétique, présenté comme une méthode d'éveil personnel. La scientologie se considère comme une religion non révélée, selon laquelle chaque homme travaille à son propre salut spirituel. Les scientologues affirment "opérer comme n'importe quel culte", et proposent des cérémonies de baptême, de mariage, l'ordination de ministres... La scientologie est assimilée dans plusieurs pays européens à un mouvement sectaire.] ETATS-UNIS_11 mars [Washington]. Les Etats-Unis retirent la Chine de leur liste des pires violateurs des droits de l'homme, sur laquelle ils ont ajouté la Syrie, le Soudan et l'Erythrée, tout en notant que le régime chinois continue à "harceler", "emprisonner" et "torturer". _13 février, Washington. Le Sénat américain se prononce en faveur de l'interdiction du "waterboarding", une méthode d'interrogatoire musclée qui simule la noyade pratiquée notamment par la CIA. Ce projet de loi, déjà approuvé par la Chambre des représentants (chambre basse du Congrès), a menacé d'user de son droit de veto contre ce projet. [Ce vote intervient après une polémique de deux semaines centrée sur la stimulation de noyade, une torture pratiquée par la CIA sur trois suspects terroristes en 2002 et 2003. Il intervient également après que l'administration Bush a annoncé ses projets de juger six prisonniers détenus dans le camp de Guantanamo, pour une éventuelle implication dans les attentats terroristes du 11 septembre 2001.] _12 janvier, Washington. A l'occasion du sixième anniversaire de l'arrivée des vingt premiers "ennemis combattants" au camp de Guantanamo - établi sur une base militaire américaine à Cuba -, les associations de défense des droits de l'homme font pression sur les candidats à l'élection présidentielle américaine pour qu'ils s'engagent à fermer Guantanamo et à interdire les prisons secrètes. "Il ne suffit pas de dire qu'ils sont contre la torture ou qu'ils vont fermer la prison. Il faut un plan précis", explique Josefina Salomon, d'Amnesty International. [Après avoir compté jusqu'à 680 détenus, Guantanamo en abrite encore 275, dont une centaine de Yéménites. Le Center for Constitutional Rights (CCR), qui mène depuis six ans la lutte contre les détentions extra-judiciaires, a lancé une pétition pour forcer les candidats à préciser leurs intentions. Jusqu'à présent, tous les candidats démocrates ont pris position pour la fermeture du camp.] _7 janvier, Trenton. L'Etat du New Jersey est devenu le premier Etat du nord des Etats-Unis à présenter ses excuses pour avoir pratiqué l'esclavage, après l'Alabama, le Maryland, la Caroline du Nord et la Virginie. [Le New Jersey comptait une des plus grandes populations d'esclaves dans les colonies du Nord et a été le dernier Etat à abolir l'esclavage dans le nord du pays en 1846. Il n'avait ratifié l'amendement interdisant l'esclavage qu'en janvier 1866, un mois être devenu une loi fédérale.] _4 janvier, Washington. L'Académie nationale des sciences américaine (NAS) et l'Institut de médecine (IOM) prennent une position très ferme contre les thèses créationnistes dans un ouvrage intitulé Science, evolution and creationism. [Outre-Atlantique, des groupes de pression religieux et les tenants de l'intelligent design, version plus élaborée du créationnisme, tentent d'imposer leurs vues dans les établissements scolaires. En 2005, à Dover (Pennsylvanie), un juge fédéral a conclu que l'enseignement du "dessein intelligent" était inconstitutionnel, car fondé sur des convictions religieuses et non pas sur la science.] EUROPE | Union européenne_1er janvier, Bruxelles. La Slovénie succède au Portugal à la tête de l'Union européenne (UE). Elle est ainsi le premier des 10 nouveaux Etats membres qui ont rejoint l'UE en 2004 à assurer, pour six mois, la présidence du Conseil de l'Union. FRANCE_28 mars, Paris. La Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) constate - dans un rapport remis au Premier ministre François Fillon - une baisse significative des actes à caractère raciste, xénophobe ou antisémite en 2007, mais une recrudescence des violences. _28 février, Lyon. La Cour d'appel de Lyon confirme la condamnation de Bruno Gollnisch à trois mois de prison avec sursis, et 5'000 euros d'amende, pour contestation de "l'existence de crimes contre l'humanité". Le numéro deux du Front national (FN) était poursuivi pour les propos qu'il avait tenus sur les chambres à gaz et la Shoah, le 11 octobre 2004, lors d'une conférence de presse à Lyon, au cours de laquelle il avait notamment demandé que la discussion "soit libre" sur le drame concentrationnaire, l'existence des chambres à gaz, et le nombre de morts.
_23 février, Compiègne. Un mémorial de l'internement et de la déportation inauguré sur le site du camp de Royallieu, où près de 45'000 personnes ont été internées pendant la Seconde Guerre mondiale. ["J'ai coupé au dernier départ et j'espère bien ne pas être du prochain. Je suis ici avec des gens très bien et gentils : communistes, gaullistes, royalistes, curés, nobles, paysans - c'est une salade extraordinaire." Ecrite par le poète Robert Desnos à sa compagne Youki, cette courte phrase semble résumer le quotidien du camp de concentration de Royallieu-Compiègne.] _18 janvier, Paris. Dans un discours de politique étrangère prononcé devant les ambassadeurs étrangers réunis à l'Elysée, Nicolas Sarkozy appelle à l’"unité" face au "défi d’Al-Qaida", évoquant la nécessité de lutter contre "l'extrémisme religieux". "Certains groupes [religieux] veulent imposer leur vision fondamentale, hégémonique, intolérante, déclare le président français. La forme la plus extrême est celle des réseaux terroristes globaux de type Al-Qaida, qui rêvent d'une confrontation Islam contre Occident pour mieux dicter leur loi à des peuples qui ne demandent pourtant qu'à vivre leur foi dans la paix". [Nicolas Sarkozy estime que "les conditions du retour du religieux dans la plupart de nos sociétés" constituaient, au côté du changement climatique, les "deux défis [qui] contribueront à structurer la société internationale du XXIe siècle, peut-être plus profondément que les idéologies au XXe siècle". Dénonçant le "refus de l'Autre", il souligne qu'"aujourd'hui, c'est sur le terrain religieux, avec la montée des fondamentalismes, que l'on voit apparaître la tentation de l'exclusion, de l'enfermement".] _14 janvier, Riyad. En visite en Arabie saoudite, Nicolas Sarkozy loue "Dieu qui n'asservit pas l'homme, mais qui le libère, Dieu qui est le rempart contre l'orgueil démesuré et la folie des hommes", exhortant les Saoudiens à "oeuvrer pour un islam ouvert, symbole d'ouverture d'esprit et de tolérance". Rappelant son respect pour "ceux qui croient au ciel", comme pour "ceux qui n'y croient pas athée, franc-maçon, rationaliste ", dans un royaume réputé pour la rigidité de sa lecture de l'islam, le président français présente sa "politique de civilisation" comme "une politique de la diversité, une politique qui fait du respect de la diversité des opinions, des cultures, des croyances, des religions un principe universel". "La diversité n'est pas une valeur occidentale, c'est une valeur commune à toute civilisation", ajoute-t-il.
[Le ministre de l'Education Xavier Darcos a confié à Hélène Waysbord-Loing, présidente de l'Association de la Maison d'Izieu, une mission chargée d'aider à l'application de la proposition de Nicolas Sarkozy.] _10 février, Paris. Le gouvernement apporte son "soutien" à l'ex-députée néerlandaise Ayaan Hirsi Ali, menacée de mort en raison de ses critiques de l'islam, mais ne s'engage pas sur sa demande de naturalisation française.
_7 février, Paris. Les députés adoptent, par 336 voix contre 52, le projet de loi autorisant la ratification du traité de Lisbonne modifiant le traité sur l'Union européenne (UE). Le Sénat s'est également prononcé en faveur du texte. [Le traité de Lisbonne a été signé le 13 décembre 2007 à Lisbonne. Pour entrer en vigueur, il doit être ratifié par les 27 Etats membres. La Hongrie a été le premier pays à ratifier le traité (en décembre 2007), suivie par Malte, la Slovénie (en janvier 2008) et la Roumanie, qui l'a ratifié le 4 février.] _6 février, Paris. Un fœtus né sans vie pourra désormais être déclaré à l'état civil, quel que soit son niveau de développement : c'est le sens d'un arrêt de principe rendu par la première chambre civile de la Cour de cassation.
_1er janvier, Paris. La loi instituant un droit au logement opposable, dite loi DALO, élaborée en urgence en deux mois et votée le 5 mars 2007 à l'unanimité par le Parlement, est entrée en vigueur le 1er janvier 2008. [La loi DALO a pour objectif de garantir une obligation de résultat en matière de logement et d'hébergement et de rendre l'Etat garant du droit au logement. Elle dépasse la simple proclamation du "droit à un logement décent et indépendant", déjà défini dans l'article 1 de la loi Besson du 31 mai 1990, pour garantir un droit fondamental que chaque personne peut faire valoir en justice lorsqu'il lui est porté atteinte. INDONESIE_27 janvier, Jakarta. Mort de l'ex-président indonésien Mohammed Suharto, instigateur d'un régime autoritaire et l'un des gouvernants les plus sanguinaires et les plus corrompus de la deuxième moitié du XXe siècle.
IRAN_6 février, Paris. "Le peuple iranien demande plus que la démocratie. Il veut la dignité humaine", déclare au quotidien Le Monde le président iranien Mahmoud Ahmadinejad. ISRAEL_24 février, Jérusalem. La ministre des Affaires étrangères, Tsipi Livni, annonce qu'Israël ne participera pas à la conférence contre le racisme, Durban II, prévue en janvier 2009. Intervenant lors du "forum global contre l'antisémitisme", organisé à Jérusalem, la ministre déclare qu'Israël ne considère pas Durban II comme légitime dans la mesure où cette réunion est une plateforme pour l'antisémitisme. "La participation à cette conférence légitimise la haine, l'extrémisme, et l'antisémitisme. Israël ne soutiendra pas ce genre de comportement", a-t-elle affirmé. [En 2001, Israël et les Etats-Unis avaient quitté la conférence Durban I après la tenue de propos antisémites et anti-Israël par plusieurs délégués. La conférence de 2009 sera présidée par l'Afrique du Sud. Tsipi Livni a appelé la communauté internationale à "boycotter" cette conférence. Le Canada a déjà annoncé son retrait de la conférence.] JAPON_31 janvier, Tokyo. Trois condamnés à mort ont été pendus annonce le ministère de la Justice. Il s'agit des premières exécutions capitales dans le pays en 2008. [Ces pendaisons portent à seize le nombre de condamnés à mort exécutés au Japon depuis le 25 décembre 2006. Le pays avait alors rompu un moratoire de facto de quinze mois, appliqué en raison des convictions abolitionnistes du ministre de la Justice de l'époque, l'avocat bouddhiste Seiken Sugiura.] KENYA_28 février, Nairobi. Le président kenyan Mwai Kibaki et l'opposant Raila Odinga signent un accord de gouvernement de "coalition" dans le cadre des négociations pour sortir le Kenya d'une grave crise post-électorale. [Les deux dirigeants kenyans rivaux, assis côte à côte à un bureau devant les services de la présidence, ont paraphé un document de plusieurs pages lors d'une cérémonie publique à Nairobi, en présence du médiateur de l'Union africaine (UA) Kofi Annan et du président de l'UA, Jakaya Kikwete. _25 février, Nairobi. Les violences politiques et ethniques qui ont ensanglanté le Kenya après la réélection contestée du président Mwai Kibaki, le 27 décembre, ont fait, selon un nouveau bilan de la police, plus de 1'500 morts au total. Un précédent bilan de sources policières faisait état de plus de 1'000 morts. [La grande majorité des victimes ont été tuées dans les semaines qui ont suivi l'élection. 300'000 personnes déplacées n'ont toujours pas pu regagner leur domicile.] _12 février, Nairobi. Le médiateur de la crise kenyane, Kofi Annan, annonce la création d'une commission indépendante chargée d'enquêter sur l'élection présidentielle contestée du 27 décembre 2007, au cours de laquelle avait été réélu le président sortant Mwai Kibaki. "Nous devons comprendre et savoir ce qui s'est passé durant l'élection présidentielle 2007". _4 février, Nairobi. Les négociateurs du gouvernement kényan et de l'opposition recommandent l'organisation de manifestations conjointes en faveur de la paix et la mise en place d'une "commission vérité, justice et réconciliation" - avec des juristes locaux et internationaux - pour sortir le pays de la crise.
[Les violences interethniques se propagent dans plusieurs villes du pays. Elles ont causé la mort d'un millier de personnes et contraint 250'000 autres à quitter leur lieu d'habitation. La vallée du Rift, la zone la plus fertile, la plus peuplée et la plus mélangée du Kenya, est particulièrement touchée par les agressions et les pillages, qui prennent l'aspect d'une épuration ethnique organisée. _31 janvier, Nairobi. Le meurtre d'un deuxième député de l'opposition, David Kimutai Too par un policier, déclenche des manifestations de colère et entraîne l'ajournement des pourparlers entamés pour trouver une solution à la crise. [Selon un officier de police, le meurtrier est probablement le petit ami de la femme et les enquêteurs privilégient la piste du "crime passionnel".] _30 janvier, New York. Le Conseil de sécurité des Nations unies déplore la poursuite des violences au Kenya et demandé aux dirigeants politiques du pays de "tout faire pour y mettre fin et pour rétablir le calme", indique l'ambassadeur de Libye, Giadalla Ettalhi.
_29 janvier, Paris. La guerre interethnique menace le Kenya, écrit Le Monde, qui relève que le cycle des violences et des représailles entre voisins devenus ennemis a rayé de la carte Mau Summit, une ville de la vallée du Rift.
_29 janvier, Nairobi. Melitus Were, un député de l'opposition (élu sous les couleurs du Mouvement démocratique Orange (ODM) de Raila Odinga), abattu à son domicile à Nairobi. [Le conseiller sur la prévention du génocide a rappelé les récentes déclarations de Louise Arbour, la haut commissaire aux droits de l'homme, qui avait souligné que "le gouvernement du Kenya devait respecter ses obligations aux termes du droit international dans sa réponse face aux manifestations, y compris en tenant la police pour responsable de ses actions".] _26 janvier, Nairobi. Le Kenya s'enfonce un peu plus dans la violence. La vallée du Rift est devenue l'épicentre des violences qui secouent le Kenya depuis un mois. Les heurts y ont fait 40 nouveaux morts, dont 14 personnes brûlées vives dans leur maison à Naivasha. Les 130 personnes tuées depuis le 24 janvier dans cette province portent à 900 le nombre de victimes des affrontements entre les membres des communautés kalenjin et luo et leurs voisins kikuyus. [Quatorze personnes, principalement du même groupe ethnique, ont été brûlées vives dans leur maison à Naivasha (90 km au nord-ouest de Nairobi), selon la police. "La police a eu des difficultés à entrer dans les maisons. Les policiers [...] ont trouvé des hommes, des femmes et des enfants qui étaient méconnaissables", a expliqué à l'Agence France-Presse (AFP) un commandant de la police. "Apparemment, les assaillants les ont enfermés et ont mis le feu" aux maisons, a-t-il ajouté.] _26 janvier, Nairobi. Le médiateur dans la crise kenyane, Kofi Annan, demande une enquête sur "les violations graves et systématiques" des droits de l'homme lors des violences post-électorales. "On ne peut pas autoriser l'impunité", souligne l’ex-secrétaire général des Nations unies, sans nommer un groupe en particulier.
_1er janvier, Nairobi. Au moins 35 personnes, dont des femmes et des enfants, brûlées vives dans l'incendie volontaire d'une église à Eldoret, à 300 km à l'ouest de Nairobi. [Dénonçant "une tuerie insensée", la Croix-Rouge kenyane a estimé qu'au moins 70'000 personnes avaient été déplacées dans l'ouest du pays, où des centaines de maisons et de huttes ont été incendiées.] KOSOVO_27 février, Berne. La Suisse reconnaît l'indépendance du Kosovo. "La clarification du statut du Kosovo est une condition pour la stabilité et le développement économique et politique de la région des Balkans occidentaux toute entière", déclare le président de la Confédération helvétique Pascal Couchepin devant la presse. _22 février, Moscou. Vladimir Poutine déplore la proclamation d'indépendance du Kosovo. "Le précédent du Kosovo est un précédent horrible. De facto, il fait voler en éclats tout le système des relations internationales existant". Evoquant les pays qui ont reconnu l'indépendance du Kosovo, le président russe estime que la situation aura "des conséquences imprévisibles". [Le représentant russe à l'OTAN, Dmitri Rogozine, a déclaré que la Russie se réservait le droit d'"utiliser la force" au cas où "l'Union européenne adopte une position unie ou que l'OTAN dépasse son mandat au Kosovo", car ces organisations "vont défier les Nations unies". "Nous allons alors, nous aussi, partir du fait que nous devons utiliser une force brutale qu'on appelle une force armée, pour qu'on nous respecte", a-t-il menacé.] _21 février, Belgrade. Une poignée d'opposants incendient plusieurs salles de l'ambassade des Etats-Unis, en marge du rassemblement contre l'indépendance du Kosovo, qui a réuni plus de 150'000 personnes. Le Premier ministre serbe, Vojislav Kostunica, assure que "la Serbie ne reconnaîtra jamais le Kosovo, [...] mais ne renoncera pas à son avenir de futur membre de l'Union européenne". [Des heurts ont eu lieu devant plusieurs ambassades de pays occidentaux, faisant 70 blessés dont 19 policiers. Des violences "totalement inacceptables" pour Javier Solana (UE) et "intolérables" pour les Etats-Unis.]
[En mars 2007, "après plus d'un an de pourparlers", constatant qu'il était devenu "évident que les parties n'étaient pas en mesure de s'entendre sur le statut futur du Kosovo", l'Envoyé spécial des Nations unies, Martti Ahtisaari, s'était prononcé en faveur d'un "futur Kosovo indépendant viable, durable et stable", dans un premier temps sous la supervision d'un Représentant civil international.] _18 février, Paris. Après les Etats-Unis, la France reconnaît officiellement l'indépendance du Kosovo. "J'ai l'honneur de vous informer que la France, en plein accord avec la déclaration de l'Union européenne et tirant les conséquences de la résolution adoptée par l'Assemblée du Kosovo le 17 février 2008, reconnaît dès à présent le Kosovo comme un Etat souverain et indépendant", écrit Nicolas Sarkozy, dans une lettre adressée à son homologue kosovar Fatmir Sejdiu. _18 février, Belgrade. Au lendemain de la proclamation de l'indépendance du Kosovo, la Serbie annonce avoir demandé à la justice d'inculper les trois principaux dirigeants du nouvel Etat pour avoir "organisé la proclamation d'un faux Etat sur le territoire serbe". [En 2007, la Serbie avait adopté une nouvelle Constitution qui précise, en préambule, que le Kosovo est une partie "inaliénable" de son territoire.] _18 février, Bruxelles. Les ministres des affaires étrangères de l'Union européenne (UE) adoptent à une déclaration très consensuelle, qui laisse libre de leur décision partisans et opposants de l'indépendance du Kosovo. Chaque pays de l'Union "décidera, selon ses pratiques nationales et les règles juridiques", de reconnaître ou non l'indépendance du nouvel Etat. [La déclaration commune ouvre la voie à l'annonce par plusieurs pays, dont la France, l'Allemagne, la Grande-Bretagne et l'Italie, de leur intention de reconnaître ce nouvel Etat issu de l'ex-Yougoslavie. Elle permet aussi aux six pays notoirement hostiles à cette indépendance, notamment Chypre, l'Espagne, la Grèce, la Bulgarie, la Roumanie et la Slovaquie, de ne pas l'entériner.] _18 février, Washington. Les Etats-Unis "reconnaissent formellement le Kosovo comme un Etat souverain et indépendant" annonce la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, dans un communiqué. _17 février, Moscou. La Russie demande aux Nations unies d'annuler la déclaration d'indépendance du Kosovo. "Nous attendons que la mission de l'ONU et les forces de l'OTAN présentes au Kosovo interviennent immédiatement pour mettre en oeuvre leur mandat [...] comprenant l'annulation de la décision des institutions autonomes de Pristina et pour prendre des mesures administratives énergiques à leur encontre. La décision des dirigeants du Kosovo crée un risque d'escalade de la tension et des violences inter-ethniques dans la province, et d'un nouveau conflit dans les Balkans", déclare le ministère des affaires étrangères russe dans un communiqué. [Les Etats-Unis et plusieurs pays européens (Allemagne, Italie, Grand-Bretagne, France) annoncent avoir "pris note" ou "pris acte" - de la déclaration d'indépendance du Kosovo. La Suisse demande aux autorités du Kosovo de s'engager à "protéger les droits de toutes les minorités". La reconnaissance du Kosovo par la Suisse ne se fera "qu'après consultations des commissions de politique étrangère", a déclaré le ministère des affaires étrangères.
[Des dizaines de milliers de Kosovars, habitants de la capitale ou venus de province, arborant le drapeau albanais aigle noir bicéphale sur fond rouge mêlé à celui des Etats-Unis, ont envahi les rues de Pristina, manifestant leur joie par des hourras et des cris "Indépendance", dans des concerts de klaxons et de pétards.
[Le ministre serbe des Affaires étrangères de la Serbie a plaidé contre toute déclaration d'indépendance unilatérale de la province du Kosovo. Il a réaffirmé que ce serait la "première fois dans l'Histoire" qu'une sécession ethnique recevrait l'assentiment de la communauté internationale. Il a aussi annoncé que la Serbie prendrait "toutes les mesures nécessaires", mais exclu à nouveau le recours à la force. _14 février, Belgrade. Le gouvernement serbe décide d'"annuler" à l'avance la proclamation d'indépendance du Kosovo prévue le 17 février. "Les actes et les activités des autorités intérimaires du Kosovo qui proclament l'indépendance unilatérale sont annulés [par le gouvernement serbe] parce qu'ils violent la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Serbie", indique un communiqué officie. _24 janvier, Bruxelles. Le Premier ministre du Kosovo, Hashim Thaci, estime que la proclamation de l'indépendance de cette province de Serbie est désormais "une question de jours". Il ne donne pas de date précise, se contentant d'indiquer que "le Kosovo est prêt". "Nous nous attendons à un soutien massif de la part des Etats-Unis et de l'Europe", ajoute-t-il, à l'issue d'entretiens avec Javier Solana, le chef de la diplomatie de l’Union européenne (UE), Dimitrij Rupel, le ministre des affaires étrangères de la Slovénie qui exerce la présidence de l'Union, et le commissaire à l'élargissement, Olli Rehn. LIBAN_28 mars, New York. La commission d'enquête des Nations unies chargée d'enquêter sur le meurtre de l'ancien premier ministre libanais Rafic Hariri annonce qu'un "réseau criminel", dont l'origine et les membres n'ont pas été rendus publics par souci de sécurité, est à l'origine de l'attentat. Ce "réseau d'individus a agi de concert pour commettre l'assassinat de Rafic Hariri, et [...] certains de ses membres sont liés à d'autres attentats couverts par le mandat de la commission", ajoute le rapport présenté au Conseil de sécurité. _14 février, Beyrouth. Le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah déclare "une guerre ouverte" à Israël qu'il accuse d'être derrière l'assassinat à Damas d'Imad Moughnieh, l'un des fondateurs de la branche armée du mouvement. Israël a nié toute implication dans l'attentat à la voiture piégée qui a coûté la vie à Imad Moughnieh. ["Sionistes, si vous voulez ce type de guerre ouverte, alors le monde entier doit entendre ceci : qu'une guerre ouverte soit !", a affirmé Hassan Nasrallah dans un discours prononcé lors des obsèques d'Imad Moughnieh, à Beyrouth. _12 février, Damas. Un homme clé des opérations militaires du Hezbollah libanais, Imad Moughnieh, recherché par Interpol et les Etats-Unis pour une sé |