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AFGHANISTAN

_26 juin, New York. La production d'opium a atteint en 2007, pour la deuxième année consécutive, un "niveau record" en Afghanistan et menace d'enrayer les progrès "impressionnants" accomplis depuis la fin des années 1990 dans la lutte mondiale contre la drogue, affirme le rapport annuel de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC).

La production d'opium en Afghanistan (plus de 8’000 tonnes produites), qui alimente le trafic d'héroïne vers l'Europe, a représenté en 2007 plus de 92 % de la production mondiale et a presque doublé depuis 2005. Le pays est aussi "devenu un important producteur de résine de cannabis et dépasse peut-être même le Maroc".

["La lutte contre les drogues a donné des résultats considérables : l'héroïne, la cocaïne et les drogues synthétiques, malgré leurs effets ravageurs sur l'usager, n'ont pas eu de conséquences aussi graves que le tabac et l'alcool sur la santé publique", affirme le rapport de l’ONUDC. D'après le document, les drogues tuent environ 200’000 personnes par an, alors que le tabac tue 5 millions de personnes par an et l'alcool 2,5 millions de personnes par an.]

_15 mai, Genève. "Il faut empêcher les assassinats illégaux en Afghanistan", affirme le Rapporteur spécial des Nations unies sur les exécutions extrajudiciaires, Philip Alston, qui appelle le gouvernement afghan et la communauté internationale à renouveler leurs efforts pour éviter les "assassinats illégaux" - attaques suicides et les assassinats ciblés - dans le pays.

"Le fait qu’il y ait un conflit armé ne signifie pas qu’on puisse tolérer un large nombre d’assassinats de ce type", souligne Philip Alston, qui assure que "ni le gouvernement ni la communauté internationale ne font tout ce qui est en leur pouvoir afin de protéger le droit à la vie des Afghans".

Philip Alston dénonce les assassinats de civils perpétrés par les Talibans ou d’autres groupes antigouvernementaux. "Les Talibans sont responsables de la majorité des assassinats illégaux", affirme l'expert nommé par le Conseil des droits de l'homme.

AFRIQUE DU SUD

_28 juin, Washington. Nelson Mandela et le Congrès national africain (ANC) vont être retirés de la liste noire américaine du terrorisme. Après la Chambre des représentants en mai, le Sénat adopte une loi en ce sens, qui devrait être signée par le président George W. Bush avant les 90 ans de Nelson Mandela, héros de la lutte anti-apartheid et prix Nobel de la Paix, le 18 juillet.

["Aujourd'hui, les Etats-Unis ont enfin franchi une nouvelle étape pour effacer cette grande honte qui déshonore ce grand leader", a déclaré le sénateur John Kerry. La secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, avait appelé en avril une commission du Sénat à lever ces restrictions imposées, estimant "plutôt embarrassant" d'avoir à "intervenir personnellement pour autoriser l'entrée sur le territoire de [son] homologue sud-africain, sans parler du grand dirigeant Nelson Mandela".]

_25 mai, Johannesburg. Plus de 35'000 étrangers – pour la plupart des immigrés clandestins venus principalement du Mozambique et du Zimbabwe -, accusés de voler le travail des sud-africains, ont fui, depuis deux semaines, la flambée de violences xénophobes dans les townships d'Afrique du Sud, se réfugiant dans des camps de fortune, et des milliers d'autres ont quitté le pays, victimes de ce que la presse taxe de "nettoyage ethnique". Les violences ont fait au moins 50 morts.

[Dans un discours à la nation retransmis par les radios et la télévision, le président Thabo Mbeki a dénoncé "les actes honteux de quelques-uns" qui "ont terni le nom" de l'Afrique du Sud,. Estimant que"jamais depuis la naissance de notre démocratie (en 1994) nous n'avons vu une telle inhumanité", il a averti que si la xénophobie "prenait racine", elle risquait de replonger le pays "dans son passé de violence".

"Nettoyage ethnique à la sud-africaine", titre le "Sunday Independent", au-dessus de la photo d'une jeune Mozambicaine enveloppée dans une couverture. "Les voisins se transforment en tueurs, ceux que l'on croyait amis deviennent des ennemis". Le "Sunday Times" compare quant à lui les deux semaines de meurtres, viols, lynchages, incendies et pillages à un "état d'urgence".]

ALGERIE

_8 juin, Alger. Un double attentat à la bombe, revendiqué par Al-Qaida au Maghreb, fait 12 morts, dont un ingénieur français, dans la localité de Beni Amrane, située à environ 80 km à l'est d'Alger. L'ingénieur français, employé par l'entreprise Razel, en charge de travaux dans un tunnel ferroviaire au niveau de Lakhdaria (Palestro), et son chauffeur, ont été tués les premiers par l'explosion d'une bombe actionnée à distance.

[Huit militaires et deux secouristes de la protection civile qui leur portaient secours ont été tués, un quart d'heure plus tard, dans l'explosion d'une autre bombe.]

ALLEMAGNE

_25 avril, Berlin. Le Conseil central des juifs d'Allemagne se déclare favorable à la réédition, assortie de commentaires critiques, de Mein Kampf [Mon combat] d'Adolf Hitler.

Des historiens allemands appellent, de leur côté, à une réédition de l'ouvrage, avec annotations et explications. Ils expliquent qu'une présentation minutieuse par des experts replaçant "Mein Kampf" dans son contexte historique serait le meilleur des remparts contre les groupes d'extrême droite et néo-nazis qui pourraient chercher à utiliser le livre pour soutenir des idées racistes.

"Les légendes et les mythes liés à ce livre doivent être détruits une fois pour toute", souligne Hans-Christian Taeubrich, directeur du Centre de documentation sur le site des congrès du parti nazi à Nuremberg. Le directeur de l'Institut pour l'histoire contemporaine à Munich, Horst Moller, demande également que "Mein Kampf" soit annoté et republié.

[La propriété des droits d'auteur de ce livre – interdit en Allemagne depuis la fin de la guerre, mais circulant clandestinement – revient au gouvernement de Bavière jusqu'en 2015, soit le délai légal de 70 ans après la mort d'Adolf Hitler. Hitler s'est suicidé dans son bunker, à Berlin, le 30 avril 1945.]

ANGLETERRE

_18 juin, Londres. Après l'approbation de la Chambre des lords, le Royaume-Uni devient le dix-neuvième des 27 pays de l'Union européenne à ratifier le traité de Lisbonne.

BIRMANIE

_27 mai, Rangoun. La junte birmane prolonge d'un an l'assignation à résidence de Daw Aung Suu Kyi, 62 ans, qui dirige la Ligue nationale pour la démocratie (LND), principal parti d'opposition en Birmanie. Prix Nobel de la paix, Daw Aung Suu Kyi est maintenue en isolement depuis 2003 dans sa maison délabrée de Rangoun.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a déploré cette décision, tout en se disant disposé à poursuivre le dialogue avec le régime. Il estime que "plus tôt seront levées les restrictions imposées à Daw Aung San Suu Kyi et à d'autres figures politiques, et plus vite [la Birmanie] pourra progresser vers une réconciliation nationale, la restauration de la démocratie et le plein respect des droits de l'homme".

L'envoyé spécial de l'Union européenne (UE) pour la Birmanie, l'Italien Piero Fassino, a déclaré qu'il s'agissait d'une "décision d'autant plus inacceptable qu'elle viole même la durée maximum de cinq années prévue par les lois birmanes pour les assignations à résidence".

La France a exprimé sa "consternation", qualifiant la décision d'"arbitraire", dans une déclaration officielle. "Cette décision arbitraire va à l'encontre de tous les appels de la communauté internationale et notamment du Conseil de sécurité [des Nations unies] qui avait demandé la libération des prisonniers politiques et l'engagement d'un processus de démocratisation et de réconciliation nationale en Birmanie, qui assure le plein respect des droits de l'Homme", ont déclaré le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner et la secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme Rama Yade.

_26 mai
, Rangoun. Les autorités annoncent les résultats officiels du référendum sur la nouvelle constitution : 92,5% de oui avec un taux de participation de 98,1%.

[Le régime affirme que l’approbation de la Constitution ouvre la voie à des "élections multipartites" en 2010 et à un "éventuel transfert du pouvoir" aux civils. Une pure et simple "imposture" selon les opposants au régime, qui avaient appelé  à voter non, car selon eux, la nouvelle Constitution pérennise la mainmise sur le pouvoir des militaires, assurés par exemple d’occuper un quart des sièges au Parlement.]

_23 mai, Rangoun. A l'issue d'un entretien avec le chef de l'Etat, le général Than Shwe, Ban Ki-moon annonce que les autorités birmanes acceptent de recevoir une assistance internationale permettant de secourir les victimes du cyclone Nargis.

Than Shwe "a accepté d'autoriser l'entrée d'agents humanitaires internationaux dans les zones touchées [par le cyclone], quelle que soit leur nationalité", déclare le secrétaire général des Nations unies. "Il a montré de la flexibilité sur une question qui a constitué jusqu'à présent un obstacle à l'organisation d'une assistance internationale coordonnée et pleinement efficace. Il a aussi convenu que l'émission de visas devait être accélérée". L'aéroport de Yangon sera utilisé comme plaque-tournante pour l'aide internationale.

[Selon les Nations unies, la catastrophe a fait au moins 133'600 morts et disparus et 2,4 millions de sinistrés.]

_19 mai, Rangoon. Dix-sept jours après le passage du cyclone Nargis, qui a fait 133'600 morts et disparus, la Birmanie décrète trois jours de deuil national et donne son feu vert à ses voisins d'Asie du Sud-Est pour coordonner l'aide étrangère aux 2,4 millions de sinistrés.

Par crainte d'une "deuxième catastrophe" humanitaire pour ces rescapés, John Holmes, responsable des affaires humanitaires des Nations unies, s'est rendu dans des zones du delta de l'Irrawaddy dévastées par le cyclone, l'une des catastrophes naturelles les plus meurtrières de l'histoire récente.

_17 mai, New York et Londres. Les Occidentaux ont fustigé le refus de la Birmanie d'accepter une aide massive pour les deux millions de survivants du cyclone Nargis. "J'ai dit [...] qu'aujourd'hui les gens mouraient, plus uniquement du fait du cyclone, mais aussi du fait du refus par les autorités [birmanes] d'autoriser l'aide internationale", déclare l'ambassadeur de France auprès des Nations unies, Jean-Maurice Ripert. "Des dizaines de milliers de vies ont été perdues, des centaines de milliers pourraient l'être", prévient-il.

A Londres, le Premier ministre britannique Gordon Brown dénonce sur la BBC "une situation intolérable" et  appelle les autorités birmanes à cesser de filtrer l'aide étrangère au moment où la majorité des deux millions de rescapés manquent de tout.

[Dans une lettre à MM. Bush, Brown et Sarkozy, le prix Nobel de la paix Desmond Tutu en a appelé au Conseil de sécurité des Nations unies, accusant la Birmanie d'avoir "effectivement déclaré la guerre à sa propre population" et de "commettre des crimes contre l'humanité".]

_15 mai, New York. Evoquant la situation créée par le passage du cyclone Nargis, Ban Ki-moon assure qu'il "s'agit d'une crise purement humanitaire et j'ai assuré les délégations [des pays membres de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est-ASEAN] sur le fait que je vais essayer de diriger les efforts de façon purement et véritablement humanitaire".

”Mais, ajoute le secrétaire général des Nations unies, parallèlement d'autres [pays] se sont dits préoccupés de ce que si nous n'arrivons pas à répondre à cette crise de façon adéquate, c'est-à-dire en ayant accès aux populations dans le besoin, cette question deviendra inévitablement politique".

_15 mai, Paris. Le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner juge que le refus par la junte birmane de toute opération d'aide internationale massive se rapproche d'un "crime contre l'humanité".

"Nous sommes en train de passer de non-assistance à personne en danger à crime contre l'humanité. C'est inacceptable" déclare le ministre sur la chaîne de télévision publique France 2.

[Bernard Kouchner a plaidé à nouveau pour que les Nations unies reconnaissent dans cette situation la "responsabilité de protéger" de la communauté internationale, un concept qui répond au "droit d'ingérence humanitaire" dont il fut par le passé l'un des initiateurs. "Pour le moment cela a été refusé", a-t-il reconnu, en espérant que "ça évolue".]

_15 mai, New York. Les Nations unies vont organiser, en Asie, un sommet d'urgence consacré à la crise humanitaire en Birmanie. Face à la gravité de la situation humanitaire dans le sud du pays, un "sommet d'urgence va être convoqué par le secrétaire général des Nations unies avec plusieurs pays d'Asie et dans la région", annonce le Premier ministre britannique, Gordon Brown. La communauté internationale veut éviter une "deuxième catastrophe" en Birmanie et secourir la majorité des deux millions de survivants du cyclone.

[Deux semaines après la catastrophe, dont le bilan officiel a été porté à 43'318 morts et 27'838 disparus, la junte militaire birmane refuse toute opération d'aide internationale massive. Le bilan réel pourrait être beaucoup plus élevé : la Grande-Bretagne avance le chiffre de 200'000 morts.]

_12 mai, New York. Ban Ki-moon exprime sa "profonde préoccupation" et son "immense frustration" face aux entraves à l’accès humanitaire en Birmanie et à la lenteur à laquelle l’assistance parvient aux populations en conséquence. Le secrétaire général des Nations unies, qui fustige "la réponse d’une lenteur inacceptable face à la grave crise humanitaire" en Birmanie, appelle, "dans les termes les plus fermes, le gouvernement [birman] à donner la priorité à la vie de population". Il plaide pour une plus grande liberté d’accès au pays et dans le pays, déplorant que "le gouvernement continue à déplorer les visas à la plupart des agents humanitaires".

"Selon les propres chiffres du gouvernement, le nombre de décès se porte désormais à 31'938, outre 34'460 personnes portées disparues, mais les agences humanitaires internationales ont des estimations bien supérieures", rappelle Ban Ki-moon. "Nous sommes à un moment critique. Si nous n’apportons pas plus d’aide dans le pays – et très vite – nous faisons face à une épidémie de maladies infectieuses qui pourrait dépasser la crise actuelle".

_11 mai, Rangoun. La junte militaire birmane se félicite du "succès" de son référendum constitutionnel, en dépit des appels internationaux lui demandant de donner la priorité au sauvetage des quelque deux millions de sinistrés du cyclone Nargis, dont une bonne partie continue de survivre sans aucun accès à l'aide d'urgence.

"La tenue du référendum a été couronnée de succès dans l'ensemble du pays", à l'exception des 47 municipalités du district de Rangoun et du delta de l'Irrawaddy, dans le sud-ouest, où il a été reporté au 24 mai, affirme le quotidien officiel "New Light of Myanmar".

_10 mai, New York. Avant même le passage du typhon Nargis, la Birmanie était en proie à "une urgence humanitaire silencieuse" qui menaçait de "dégénérer en une crise majeure", causée par les décisions "désastreuses" d'un régime "sans pitié", incompétent et obsédé par sa survie, selon un document confidentiel des Nations unies dont le quotidien Le Monde a obtenu une copie. Rédigé par Charles Petrie, le plus haut responsable des Nations unies dans le pays durant plus de quatre ans, la répression des manifestations des bonzes, d'août à octobre 2007, avait exacerbé "la colère, la peur et le désespoir" d'une grande partie de la population, tandis que la junte militaire entrait dans "une période de plus grande réclusion".

Charles Petrie brosse le portrait d'un régime qui donne la priorité à la sécurité et à la construction des infrastructures "qui entraîne souvent des déplacements forcés, du travail forcé et des actions militaires hostiles prenant pour victime les civils". Mais, la junte "néglige les besoins les plus élémentaires de la population".
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Les décisions "cruciales" sont prises par les généraux Than Shwe et Maung Aye, qui ont "tendance à donner des instructions vagues et souvent de réaction émotionnelle" à une administration "militarisée", dont les agents ont peur de "faire remonter les mauvaises nouvelles". Cette "ignorance mutuellement stratégique" expliquerait "nombre de politiques économiques et sociales désastreuses", qui s'appuient sur des indicateurs statistiques faux.

Dans les zones de conflit le long de la frontière, note Charles Petrie, la situation est "encore pire" avec "des rapports faisant état d'un recours fréquent et systématique à la torture, aux exécutions extrajudiciaires, au viol, et à des formes de travail forcé extrêmement abusives".

_9 mai, Paris. Six jours après le passage du typhon Nargis, John Holmes, secrétaire général adjoint des Nations unies en charge des secours humanitaires, déclare qu'il "perd patience" face aux refus du régime birman d'ouvrir le pays. John Holmes espère que l'appel de fonds lancé par les Nations unies dépassera 100 millions de dollars.

"Les gens vivent dans des conditions très dangereuses, entourés d'eau, de corps en décomposition, sans nourriture, sans abri, très vulnérables aux maladies et aux épidémies : dysenterie, choléra, paludisme… C'est le plus grand risque. Par endroits, il y a tant de corps qu'ils polluent les accès à l'eau. C'est pourquoi l'Unicef travaille dur pour faire entrer des millions de tablettes de purification de l'eau. Les gens voudraient brûler les cadavres, mais ils manquent de carburant. Nous n'avons sans doute pas les moyens de disposer de ces corps, mais j'espère que l'armée birmane pourra le faire", déclare-t-il au quotidien Le Monde.

_8 mai, Rangoun. Le gouvernement birman annonce qu'il accepte l'aide humanitaire alimentaire et matérielle de la communauté internationale, mais qu'il refuse l'entrée sur son territoire de personnel humanitaire- et se chargeait d'acheminer lui-même cette aide vers les zones sinistrées.

"Actuellement, la Birmanie donne la priorité à la réception d'aide alimentaire d'urgence et fait d'immenses efforts pour la distribuer, avec ses propres ressources humaines, sur les zones sinistrées", indique un document publié dans le journal d'Etat "La nouvelle lumière de la Birmanie".

_8 mai, Paris. Les ministres des Affaires étrangères français et britannique, Bernard Kouchner et David Miliband, appellent les autorités birmanes à lever toutes les restrictions de distribution d'aide étrangère aux victimes du cyclone Nargis. "Tous les efforts doivent désormais converger vers le secours aux populations, y compris pour prévenir d'autres malheurs, en particulier les épidémies", écrivent-ils dans une tribune publiée par le quotidien Le Monde.

"Nous appelons les autorités birmanes à faciliter le travail des agences des Nations unies et des ONG dans cette tâche", ajoutent-ils. "Même face à l'urgence, même face à l'horreur, il nous faut compter avec les autorités birmanes, dont nous dépendons pour faciliter l'action de la communauté internationale".

        Plus d'info    L'appel de Bernard Kouchner et de David Miliband

_8 mai, New York. La chargée d'affaires américaine en Birmanie estime que le bilan des victimes du cyclone Nargis pourrait dépasser les 100'000 morts, dont 80'000 dans la seule localité de Labutta, à l'embouchure du delta de l'Irrawaddy. Selon la Fédération internationale de la Croix-Rouge, ces chiffres feraient de Nargis le cyclone le plus meurtrier depuis 1991.

_7 mai, New York [Nations unies] et Paris. Devant les réticences des autorités birmanes à laisser parvenir l'aide humanitaire, le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, évoque la possibilité de saisir le Conseil de sécurité des Nations unies – mais, la Chine et la Russie, dotées d'un droit de veto, s'y opposent, tandis que les Nations unies jugent plus constructif de poursuivre les négociations avec les autorités birmanes sans s'engager dans une "confrontation".

[Bernard Kouchner a invoqué le "droit d'ingérence humanitaire", qu'il a contribué à établir, pour proposer "une résolution qui impose le passage [de l'aide humanitaire] au gouvernement" birman, qui ne la laisse entrer qu'au compte-gouttes. En 2005, les Etats membres des Nations unies avaient apporté leur soutien à ce principe, rebaptisé "responsabilité de protéger".]

_7 mai, New York. Ban Ki-moon exhorte le gouvernement birman à "répondre à la profusion d'offres d'assistance et de solidarité en facilitant l'arrivée de travailleurs humanitaires"."Cela pourrait aider de manière significative le gouvernement à répondre à [la] tragédie" provoquée par le cyclone Nargis.

[Le secrétaire général des Nations unies a aussi demandé que "la fourniture d'assistance" reçoive toutes les autorisations nécessaires de la part des autorités birmanes.]#

_6 mai, Rangoun. Les autorités birmanes décident le maintien d'un référendum prévu le 10 mai sur une nouvelle constitution, sauf dans 47 localités affectées par le cyclone où il a été reporté au 24 mai. Le scrutin doit théoriquement ouvrir la voie à des élections multipartites à l'horizon 2010.

[Le parti de l'opposante birmane Aung San Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie, a jugé "totalement inacceptable" la tenue du scrutin, dénonçant un manque de "respect pour les difficultés auxquelles la population est confrontée avec la catastrophe" et affirmant "ne pas avoir vu d'aide efficace aux victimes".]

_6 mai, Rangoun. Plus de 22'000 personnes sont mortes en Birmanie lors du passage du cyclone Nargis, et au moins 41'000 autres sont portées disparues, annonce la télévision d'Etat, dans un nouveau bilan officiel.

[L'aide internationale sera accueillie favorablement, mais les équipes qui se rendront dans le pays "devront négocier avec le ministère des Affaires étrangères et les plus hautes instances" du régime, déclare le ministre de la Protection sociale, Maung Maung Swe.]

_5 mai, Rangoun. Le cyclone Nargis - qui s'est abattu les 3 et 4 mai sur plusieurs grandes régions de Birmanie - a fait plus de 15'000 morts, dont 10'000 dans la seule localité de Bogalay, quasiment rasée, selon les autorités birmanes. 30'000 personnes seraient portées disparues.

["Les Nations unies feront tout ce qu'elles pourront pour fournir une assistance d'urgence à la Birmanie", a assuré le secrétaire général, Ban Ki-moon. Le cyclone, qui venait du golfe du Bengale, a touché la côte sud-ouest de la Birmanie avec des vents allant de 190 à 240 km/h. Il a poursuivi sa progression vers l'est, causant des dégâts majeurs à Rangoun, ancienne capitale et première ville du pays. Sur l'île de Haingyi, à 200 km au sud-ouest de Rangoun, on compte 90'000 sans-abri. Au total, cinq régions ont été déclarées en état de catastrophe naturelle, notamment dans les zones reculées du delta de l'Irrawaddy, dans le sud-ouest du pays.

Selon un responsable des Nations unies, des centaines de milliers de Birmans sont privés d'abri et d'accès à l'eau potable.]

BRESIL

_18 avril, Brasilia. Devant la 30e conférence régionale de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, rejette tout lien entre le développement des biocarburants et l'inflation des prix des denrées alimentaires.

"Ne me dites pas, pour l'amour de Dieu, que la nourriture est chère à cause du biocarburant, lance-t-il. Elle est chère parce que le monde n'est pas préparé à voir des millions de Chinois, d'Indiens, d'Africains, de Brésiliens et de Latino-Américains manger trois fois par jour".

Pour le Brésil, la hausse des prix alimentaires résulte, pour l'essentiel, de l'augmentation du nombre des bouches à nourrir et de l'allongement moyen de la durée de la vie. "Les biocarburants ne sont pas les méchants qui menacent la sécurité alimentaire; au contraire, ils permettent de se libérer de la dépendance énergétique sans menacer la nourriture". Le Brésil est le deuxième producteur mondial d'éthanol, après les Etats-Unis, et le premier producteur d'alcool à partir de la canne à sucre.

CAMEROUN

_10 avril, Yaoundé. L'Assemblée nationale, largement dominée par le parti présidentiel, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), vote, par 157 voix pour et 5 contre, plusieurs projets d'amendements à la Constitution de 1996 qui ouvrent la voie à un nouveau septennat pour l'actuel chef de l'Etat, Paul Biya, âgé de 75 ans.

L'article 6 (alinéa 2) prévoit, dans sa nouvelle version, que le président est "rééligible" alors que, dans la précédente, le mandat était "renouvelable une fois". "C'est conforme aux normes internationales qui se pratiquent dans de vieilles démocraties comme la France et le Royaume-Uni. Cela garantit donc le soutien enthousiaste de tous les Camerounais de bonne foi", affirme l'un des responsables du parti présidentiel, Jean-Bernard Ndongo Essomba.

[Les autres modifications de la Constitution vont toutes dans le sens d'un affaiblissement du pouvoir de l'Assemblée nationale au profit du chef de l'Etat, dont un autre article officialise l'immunité à l'issue de son mandat. Quinze parlementaires appartenant au principal parti de l'opposition, le Front social-démocrate (SDF), ont quitté la salle, peu avant le scrutin, pour protester contre ce qu'ils ont appelé un "coup d'Etat constitutionnel".]#

CHILI

_25 mai, Santiago. Le juge chilien Victor Montiglio ordonne l'arrestation de 98 anciens agents de la Dina, la redoutable police secrète du général Augusto Pinochet, accusés de la mort de 119 opposants à la dictature militaire (1973-1990).

Les victimes, pour la plupart militants du Mouvement de gauche révolutionnaire (MIR), ont été assassinées en juillet 1975, au cours de l'opération "Colombo", après avoir été torturées. A l'époque, le régime militaire avait attribué ces décès à des règlements de comptes entre groupes de gauche chiliens ayant eu lieu en dehors du pays.

["Ces arrestations sont le résultat de trente-trois ans d'enquête", a précisé le juge Montiglio. Parmi les tortionnaires, militaires et civils, figure l'ancien chef de la Dina, le général Manuel Contreras.]

CHINE

_24 mai, Pékin. Pus de 80'000 personnes pourraient avoir péri dans le séisme qui a ravagé la province du Sichuan le 12 mai, affirme le Premier ministre chinois, Wen Jiabao. Selon Wen Jiabao, le séisme, le plus meurtrier en Chine depuis plus de 30 ans, a fait plus de 60'000 morts confirmés et le nombre de tués "pourrait grimper jusqu'à 70'000, 80'000 ou encore plus". Près de 30'000 personnes sont encore portées disparues et 300'000 autres blessées, précise-t-il.

_11 avril, Pékin. Un séisme, d'une magnitude de 7,8 sur l'échelle de Richter, fait au moins 12'000 morts dans la seule province chinoise du Sichuan (sud-ouest), où se trouve l'épicentre du tremblement de terre. Les informations officielles font en outre état de milliers de blessés.

Les provinces du
Gansu (nord-ouest), du Yunnan (sud-ouest), ainsi que la vaste municipalité de Chongqing (sud-ouest), ont aussi été touchées. La secousse a été ressentie à des milliers de kilomètres, comme à Shanghai et à Pékin.

[Ce séisme est le plus grave qu'ait connu la Chine depuis celui de Tangshan en 1976, qui avait fait 242'000 morts.]

_15 avril, Londres. Au moins 1'252 personnes condamnées à mort ont été exécutées dans le monde en 2007, dont un tiers en Chine, selon Amnesty International, qui précise cependant que le nombre est certainement plus élevé, de nombreuses exécutions étant effectuées sous le sceau du secret. En 2006, au moins 1'591 personnes avaient été exécutées dans 25 pays.

_8 avril, Pékin. Le Premier ministre australien Kevin Rudd évoque les problèmes "considérables" des droits de l'homme au Tibet, dans un discours devant des étudiants, au premier jour d'une visite en Chine.

"L'Australie, comme la plupart des pays, reconnaît la souveraineté de la Chine sur le Tibet, mais nous pensons qu'il est nécessaire de reconnaître qu'il y a des problèmes considérables de droits de l'homme", souligne-t-il, ajoutant: "L'actuelle situation au Tibet inquiète tous les Australiens. Nous reconnaissons qu'il est nécessaire pour toutes les parties d'éviter le silence et de trouver une solution à travers le dialogue".

COLOMBIE

_24 mai, Bogota. L'armée colombienne annonce la mort de Manuel Marulanda, le chef historique des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), déjà donné pour mort à au moins 17 reprises.

[Le chef des FARC, âgé de près de 80 ans et vétéran de la guérilla, serait décédé depuis près de deux mois."Via le renseignement militaire, nous avons appris que Pedro Antonio Marin, alias Manuel Marulanda ou Tirofijo ["en plein dans le mille"], le principal chef des FARC, était mort", indique un communiqué du ministère de la défense colombien publié samedi. Sa mort "est survenue le 26 mars à 18 h 30 et les circonstances de son décès ne sont pas encore confirmées".]

_13 mai, Bogota. Responsables de centaines de massacres et de milliers d'assassinats commis en Colombie par leurs milices d'extrême droite, quatorze anciens chefs des groupes paramilitaires colombiens extradés vers les Etats-Unis. Ils seront jugés à New York, Miami ou Washington pour trafic de cocaïne – ils encourent de lourdes peines de prison.

Salvatore Mancuso, Rodrigo Tovar dit "Jorge 40", Diego Murillo alias "Don Berna", Ramiro "Cuco" Vanoy et Hernan Giraldo, avaient été emprisonnés après avoir accepté de démobiliser leurs milices en échange des peines prévues par la loi "justice et paix" de 2005, qui plafonne à huit ans les peines de prison applicables aux repentis.

[Les paramilitaires "n'ont pas tenu parole", a expliqué le président péruvien Alvaro Uribe pour justifier la décision de les extrader. Les chefs des anciennes milices ont continué à diriger leurs activités mafieuses de leur cellule, ils ont refusé de coopérer avec la justice, d'avouer tous leurs crimes et de réparer leurs victimes. Ils ont donc perdu le bénéfice de la loi "justice et paix".

"L'espoir de connaître toute la vérité sur les atrocités commises par les paramilitaires et les complicités dont ils ont pu bénéficier au sein de la classe politique s'est évanoui", a estimé Ivan Cepeda, fils d'un sénateur assassiné.]

CONGO | République démocratique

_24 mai, Bruxelles. L'opposant congolais en exil Jean-Pierre Bemba arrêté par les autorités belges agissant dans le cadre d'un mandat d'arrêt délivré par la Cour pénale internationale (CPI). L'ancien chef de guerre de République démocratique du Congo (RDC), battu par Joseph Kabila à l'élection présidentielle de 2006, est accusé par la CPI d'implication dans des crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis en République centrafricaine (RCA) en 2002-2003.

"Jean-Pierre Bemba Gombo, président et commandant en chef du Mouvement de libération du Congo (MLC), serait pénalement responsable de quatre chefs de crimes de guerre et de deux chefs de crimes contre l'humanité commis sur le territoire de la République centrafricaine pendant la période allant du 25 octobre 2002 au 15 mars 2003", précise la CPI. Le mandat d'arrêt le visant n'avait pas été rendu public avant son arrestation.

COREE DU NORD

_23 avril, Paris. La famine serait de retour en Corée du Nord, pays nucléaire, indique le quotidien Le Monde. Dès avril, le Programme alimentaire mondial (PAM) a tiré le signal d'alarme, redoutant une nouvelle "tragédie humanitaire" en République populaire démocratique de Corée (RPDC).

Depuis le début du mois de juin, douze de ses experts enquêtent sur place dans une cinquantaine de localités : selon des organisations non gouvernementales (ONG) sud-coréennes, le pays s'achemine vers une situation tragique, si rien n'est fait pour l'enrayer. L'accord attendu sur la dénucléarisation pourrait accélérer la reprise de l'aide internationale.

ESPAGNE

_21 mai, Bordeaux. Javier Lopez Pena - dit Thierry -, considéré comme le numéro un du mouvement indépendantiste basque ETA, interpellé avec trois autres membres présumés de l’ETA à Bordeaux, au terme d’une opération menée conjointement par la police française et espagnole.

[Javier Lopez Pena aurait pris la direction de l’appareil politique de l’organisation clandestine en 2006. Il est soupçonné d’avoir été l’un des responsables, la même année, de l’attentat spectaculaire à l’aéroport de Madrid, qui avait causé la mort de deux personnes. Et par lequel l’ETA avait rompu son cessez-le-feu permanent décrété quelques mois auparavant.]

_8 mai, Madrid. Le gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero durcit la politique espagnole d'immigration - il décide d'allonger le délai maximum de rétention des étrangers en situation irrégulière, aujourd'hui de quarante jours. La directive européenne visant à harmoniser les normes applicables aux clandestins, qui doit être votée en juin 2008, autorise une durée de rétention de dix-huit mois.

[Le ministre espagnol de l'intérieur, Alfredo Pérez Rubalcaba, a fait valoir que le délai actuel est parfois trop court "pour identifier et rapatrier" les immigrants qui tentent d'entrer irrégulièrement en Espagne. "Si nous sommes laxistes avec l'immigration illégale, nous favoriserons les mafias et cette avalanche, personne ne l'arrêtera", a-t-il déclaré. Il a aussi mis en avant la nécessité de déjouer, par les rapatriements, "l'effet d'appel" sur les candidats à l'immigration.]

ETATS-UNIS

_28 juin, Washington. Nelson Mandela et le Congrès national africain (ANC) vont être retirés de la liste noire américaine du terrorisme. Après la Chambre des représentants en mai, le Sénat adopte une loi en ce sens, qui devrait être signée par le président George W. Bush avant les 90 ans de Nelson Mandela, héros de la lutte anti-apartheid et prix Nobel de la Paix, le 18 juillet.

["Aujourd'hui, les Etats-Unis ont enfin franchi une nouvelle étape pour effacer cette grande honte qui déshonore ce grand leader", a déclaré le sénateur John Kerry. La secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, avait appelé en avril une commission du Sénat à lever ces restrictions imposées, estimant "plutôt embarrassant" d'avoir à "intervenir personnellement pour autoriser l'entrée sur le territoire de [son] homologue sud-africain, sans parler du grand dirigeant Nelson Mandela".]

_26 juin, Washington. La Cour suprême américaine confirme que la Constitution garantit à chacun le droit de posséder une arme à feu et de s'en servir, notamment dans les cas d'autodéfense.

Par 5 voix contre 4, la plus haute juridiction du pays a confirmé l'invalidation d'une loi de la ville de Washington, la capitale du pays, qui interdisait depuis 1976 à ses habitants de posséder une arme de poing.

        Plus d'info

_18 juin, Washington. Les examens pratiqués sur onze anciens prisonniers de l'US Army, alors soupçonnés de terrorisme, ont révélé des affections durables dues à des sévices physiques et psychologiques relevant de la torture. Ces conclusions émanent d'un rapport de l'organisation américaine Chirurgiens pour les droits de l'homme.

Coups, sévices sexuels, isolement, privation de vêtements et maintien dans des positions douloureuses ont notamment été évoqués par les anciens détenus, dont sept disent avoir songé au suicide. "Les examens fournissent la preuve d'infractions à la législation interdisant la torture et de crimes de guerre commis par le personnel américain", souligne l'organisation, qui présente son rapport comme le document le plus détaillé - preuves médicales à l'appui - sur les sévices infligés par des militaires américains.

[Les mauvais traitements subis par des détenus irakiens aux mains de leurs geôliers américains d'Abou Ghraïb, révélés au grand jour par des vidéos diffusées en avril 2004, ont soulevé une vague d'indignation à travers le monde. De nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer les conditions de détention au centre pénitentiaire de Guantanamo, où sont rassemblés les terroristes présumés.]

_12 juin, Genève. La haut commissaire aux droits de l'homme, Louise Arbour, se félicite de la décision prise par la Cour suprême des Etats-Unis qui étend l'application de la Constitution des Etats-Unis aux détenus de la base américaine de Guantánamo à Cuba.

"La Cour suprême a envoyé un message d'une importance vitale qui indique que la protection que garantissent les droits de l'homme fondamentaux doit s'appliquer à ces individus et que des recours efficaces doivent être mis à leur disposition", estime Louise Arbour.

"Je salue le fait que la Cour ait reconnu que la sécurité et la liberté ne sont pas compromises, mais qu'elles peuvent être conciliées dans le cadre de l'application de la loi, et qu'il revient aux tribunaux d'appliquer cette dernière".

_12 juin
, Wahington. La Cour suprême des Etats-Unis remet en cause le fondement des décisions du président George Bush et du Congrès sur la conduite de la "guerre" antiterroriste. Saisie pour la 3e fois depuis 2004 de la question de la légalité des détentions à Guantanamo, la Cour estime que la Constitution garantit aux détenus de Guantanamo le droit de saisir la justice civile. Pour autant, ils ne retrouvent pas leur liberté : cette décision, la troisième de ce type, va à l'encontre des arguments du gouvernement sur le centre de détention de la base américaine à Cuba.

En 2004 et en 2006, la plus haute juridiction du pays avait déjà estimé que les prisonniers pouvaient saisir la justice fédérale en s'appuyant sur une procédure du droit anglo-saxon, l'habeas corpus. Mais, les juges de la Cour suprême s'étaient alors appuyés sur des textes de loi que le Congrès a modifiés depuis, empêchant les prisonniers de contester leur détention devant les tribunaux. Cette fois-ci, le président américain, George W. Bush, a indiqué qu'il appliquerait la décision prise par la Cour suprême américaine, même s'il la désapprouve.

Par cinq voix contre quatre, la Cour a estimé que même si Guantanamo est en territoire cubain, la base, qui abrite environ 270 prisonniers, fonctionne comme un territoire américain où certains droits inscrits dans la Constitution doivent être respectés. Pour William Neukom, président du barreau des avocats américains, cette décision "aide à restaurer la crédibilité des Etats-Unis comme héraut et modèle de l'Etat de droit à travers le monde".

_5 juin
, Base militaire américaine de Guantanamo [Cuba]. Ouverture, devant un tribunal militaire d'exception, du procès de cinq membres de l'organisation terroriste Al-Qaida accusés d'avoir organisé les attentats perpétrés aux Etats-Unis le 11 septembre 2001. Un juge militaire, le colonle Ralph Kohlmann, dirige les audiences. C'est leur première comparution publique depuis leurs arrestations, il y a cinq ou six ans. Avant leur transfert à Guantanamo, tous ont été détenus des années dans les prisons secrètes de la CIA.

Les cinq accusés, poursuivis pour "terrorisme, complot, meurtres, attentats" et d'autres motifs, répondent de 2'973 chefs d'accusation, correspondant au nombre des victimes des attentats.

Le "cerveau" présumé des attentats commis par Al-Qaida, Khaled Cheikh Mohammed, assure seul sa défense – comme ses quatre coaccusés : Walid Ben Attach, Ramzi Ben Al-Chaiba, Ali Abdul Aziz Ali et Moustafa Al-Hawsawi. Tous ont récusé l'assistance de leurs avocats. Vous risquez la peine capitale, a rappelé le juge à Khaled Cheikh Mohammed. "Oui, être un martyr, c'est ce que je souhaite depuis longtemps."

"On m'a fait dire beaucoup de choses", a clamé Khaled Cheikh Mohammed, évoquant les propos partiellement rendus publics où il revendique avoir préparé "de A à Z" le 11-Septembre. "Tout cela m'a été extorqué sous la torture, vous le savez très bien." L'armée américaine admet qu'il a été soumis à des séances de "waterboarding" [simulacre de noyade].

        Plus d'info

[Dans le "Wall Street Journal" du 4 juin, le vice-amiral Mark Buzby, commandant du camp de mai 2007 à mai 2008, a publié un article titré : "Guantanamo est vraiment une prison modèle". Un lieu qui, "contrairement à ce que dit l'opinion internationale, […] rendrait fier tout Américain". Le même jour, le ministre de la justice, Michael Mukasey, a assuré que les procès de Guantanamo se mèneraient "selon les meilleures traditions du système légal américain".

Il reste à Guantanamo 273 détenus sur les 775 suspects qui y ont été incarcérés; 195 attendent d'être transférés. Selon la justice militaire américaine, environ 80 cas seraient passibles de poursuites.

Les deux candidats à la Maison Blanche, John McCain et Barack Obama, se sont engagés à fermer ce centre de détention, très contesté internationalement.]

_20 mai, Washington. Les Etats-Unis sont "coincés" avec le centre de détention controversé de Guantanamo, à Cuba, en raison des incertitudes entourant le sort des terroristes présumés qui seraient libérés en cas de fermeture, déclare le secrétaire américain à la Défense Robert Gates.

"Nous avons environ 70 détenus que sommes prêts à renvoyer chez eux", mais "soit le gouvernement de leur pays ne les acceptera pas, soit nous craignons qu'il ne les laisse filer", souligne Robert Gates, en rappelant qu'un ancien détenu koweïtien de Guantanamo avait récemment commis un attentat suicide dans la ville irakienne de Mossoul. "Nous avons du mal à savoir ce que nous devons faire de ces 70 ou 80 [détenus] qu'on ne peut pas libérer mais qui ne seront pas jugés, et qui ne serons pas renvoyés chez eux".

[Quelque 800 terroristes présumés sont passés par le camp de Guantanamo ouvert après les attentats du 11 septembre 2001 pour regrouper des détenus internationaux soupçonnés de menacer la sécurité des Etats-Unis. 270 y sont toujours incarcérés.]

_27 avril, Washington. L'administration de George Bush a informé au Congrès que les agents du renseignement américain pouvaient, pour lutter contre le terrorisme, avoir recours à des méthodes d'interrogation interdites par les lois internationales, indiquent plusieurs médias américains.#

Le ministère de la justice a envoyé des lettres au Congrès faisant valoir cette interprétation juridique des Conventions de Genève, qui régissent le traitement des prisonniers de guerre. "Le fait qu'une action soit entreprise pour éviter un attentat, et non pour chercher à humilier ou abuser, serait acceptable aux yeux d'un observateur raisonnable chargé de mesurer de degré d'outrage commis", a assuré le ministère.

[Le président Bush avait opposé son veto, en mars, à un texte qui interdirait de facto à la CIA de recourir à des méthodes d'interrogatoire dénoncées par leurs détracteurs comme de la torture, telle la simulation de noyade.]

_16 avril, Washington. La Cour suprême américaine autorise la reprise des exécutions, suspendues depuis plus de 6 mois dans le pays, estimant que la méthode de l'injection mortelle était conforme à la Constitution.

"Les plaignants n'ont pas prouvé que le risque de souffrance liée à une mauvaise administration d'un protocole d'injection mortelle qu'ils reconnaissent humain, de même que le refus d'adopter des alternatives dont l'efficacité n'a pas été démontrée, constitue un châtiment cruel et inhabituel" interdit par le texte fondateur, écrit le président de la Cour, le juge John Roberts.

[Par 7 voix contre 2, la Cour a rejeté la requête de deux condamnés à mort du Kentucky (centre est) qui contestaient cette méthode utilisée dans la quasi-totalité des exécutions à travers le pays.]

_10 avril, Washington. Une "cellule" sur la torture a été installée à la Maison-Blanche, au printemps 2002, après l'arrestation des premiers suspects soupçonnés d'appartenir à Al-Qaida en Afghanistan, révèle la chaîne de télévision ABC.

Cette "cellule", chargée de déterminer la manière de mener les interrogatoires des suspects, était placée sous l'autorité de Condoleezza Rice, alors conseillère à la sécurité nationale du président George Bush. Elle réunissait, autour du vice-président Dick Cheney, quatre dirigeants qui, depuis, ont quitté leur poste : le secrétaire à la défense Donald Rumsfeld, le secrétaire d'Etat Colin Powell, le ministre de la justice John Ashcroft et le patron de la CIA George Tenet. C'est ce qu'affirme, à l'issue d'une enquête menée auprès d'anciens hauts responsables de l'administration.

Selon le Washington Post, ces six dirigeants, que le journal nomme "les conseillers en torture de la Maison-Blanche", sont entrés, lors de réunions secrètes, dans le détail des "techniques d'interrogatoire sévères". Ils ont "virtuellement chorégraphié" des interrogatoires, autorisant "les coups, la privation de sommeil et le simulacre de noyade, dit waterboarding ".

ETHIOPIE

_12 juin, New York. Human Rights Watch (HRW) publie un rapport dénonçant les "crimes de guerre" et les "crimes contre l'humanité" commis, selon elle, en 2007 en Ogaden, une vaste région semi désertique de l'Ethiopie.

L'association américaine de défense des droits de l'homme accuse l'armée éthiopienne d'avoir "exécuté au moins 150 civils, parfois en public", d'avoir détruit "des dizaines de villages", d'avoir détenu arbitrairement "des centaines de civils" soumis notamment au viol et à la torture dans sa traque des rebelles du Front national de libération de l'Ogaden (ONLF), un mouvement armé en lutte depuis 1984 pour obtenir la sécession de la zone.

EUROPE | Union européenne

_16 juin, Prague. Le très eurosceptique président tchèque Vaclav Klaus s' insurge contre "l'européanisme" de crtains milieux politiques et intellectuels. "Laissons les gens qui vivent sur le continent européen être Tchèques, Polonais, Italiens, Danois... et ne faisons pas d'eux des Européens. C'est un projet erroné", déclare-t-il dans un entretien avec le quotidien "Lidove Noviny ".

"La différence entre le Tchèque, le Polonais, l'Italien, le Danois et l'Européen est la même qu'entre la langue tchèque, polonaise, italienne et danoise et l'esperanto. L'européanisme est l'esperanto: une langue artificielle, morte", ajoute-t-il.

_13 juin, Dublin. Les Irlandais disent "non" à une large majorité (53,4% des voix, contre 46,6% de "oui"), au traité de Lisbonne, plongeant l'Union européenne (UE) dans une nouvelle crise, trois ans après le rejet du projet de Constitution par les Français et les Néerlandais, en 2005.

        Plus d'info         Plus d'info    Etat des ratifications du traité de Lisbonne

[Les pays membres de l'Union européenne se sont cependant pour la plupart dits décidés à aller de l'avant. Le traité de Lisbonne "n'est pas mort" et "les dirigeants européens devront décider lors du sommet européen des 19-20 juin comment continuer", ont affirmé le président de la Commission européenne José Manuel Barroso et le Premier ministre Slovène Janez Jansa, dont le pays préside l'UE. Mais, "il est clair que le traité n'entrera pas en vigueur au 1er janvier 2009", a toutefois souligné le premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker.

"Nous espérons que les autres Etats membres poursuivront le processus de ratification", ont ajouté le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel dans une déclaration commune.]

_5 juin, Luxembourg. Les 27 pays de l'Union européenne approuvent un projet de loi instaurant des règles communes pour l'expulsion des sans-papiers. La nouvelle législation, qui devra encore être avalisée par le Parlement européen, contraindra les autorités nationales à choisir entre légaliser le séjour des "sans-papiers" ou les expulser.

Le projet prévoit que le départ d'un sans-papiers, appelé : "éloignement", devra se faire sur une base volontaire. Mais, en cas de résistance, il pourra être forcé et obligatoirement assorti d'un bannissement du territoire de l'UE pendant cinq ans. Les enfants sont également concernés.

En cas d'expulsion forcée, les autorités pourront décider de la détention des clandestins pour une période maximale de six mois, pouvant dans certains cas être prolongée jusqu'à 18 mois, notamment en cas de risque de fuite ou de retards pour obtenir des pays tiers les documents nécessaires.

FRANCE

_22 juin, Paris. Les communautés musulmane et juive élisent leurs responsables religieux. Mohammed Moussaoui, 44 ans, vice-président du Rassemblement des musulmans de France (RMF), est élu président du Conseil du culte musulman (CFCM), tandis que la communauté juive désigne le Grand rabbin de la synagogue de la rue de la Victoire à Paris, Gilles Bernheim, Grand rabbin de France.

Le CFCM, créé en 2003, était présidé depuis son origine par le recteur Dalil Boubakeur de la Mosquée de Paris qui ne se représentait pas. "Il importe que désormais le CFCM se consacre effectivement aux grandes questions intéressant l'exercice du culte. La gestion effective et concrète des grands dossiers intéressant le culte musulman, qu'il s'agisse du pélerinage, de la viande hallal, des constructions de mosquées, est en effet de nature à fédérer tous nos compatriotes musulmans [...]. Vous savez pouvoir compter sur mon appui pour défendre votre droit à exprimer votre foi dans le cadre de la législation républicaine", écrit Michéle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur, dans le message adessé à Mohammed Moussaoui.

Gilles Bernheim, 56 ans, est agrégé de philosophie et auteur de plusieurs ouvrages dont le plus récent, "le rabbin et le cardinal" (Stock), a été écrit avec le cardinal Philippe Barbarin. Rabbin strictement orthodoxe, il est réputé homme d'ouverture et de dialogue.

[Il y a en France environ 5 millions de musulmans et entre 500’000 et 600’000 juifs, pratiquants ou pas.]

_22 mai, Paris. Le tribunal de grande instance de Lille a annulé un mariage en avril "pour erreur sur les qualités essentielles" de la conjointe car celle-ci avait menti sur sa virginité, indique la revue juridique Recueil Dalloz. Alors que sa fiancée lui avait affirmé qu'elle était chaste, une valeur essentielle pour l'époux, l'homme avait découvert le soir de leurs noces, le 8 juillet 2006, qu'elle ne l'était pas, et l'avait immédiatement annoncé à ses proches. Le père de l'époux avait alors ramené la jeune femme chez ses parents, estimant sa famille "déshonorée". Le mari, un ingénieur d'une trentaine d'années, avait décidé dès le lendemain de se séparer de son épouse et l'avait assignée en justice le 26 juillet 2006.

La décision du TGI de Lille s'appuie sur l'article 180 du code civil, qui stipule que "s'il y a eu erreur dans la personne, ou sur des qualités essentielles de la personne, l'autre époux peut demander la nullité du mariage" dans un délai de cinq ans. Le procureur de la République de Lille, Philippe Lemaire, affirme que le jugement est "conforme à la jurisprudence classique". Le problème de la virginité "focalise un peu le débat, mais la question, ce n'est pas la virginité, c'est la liaison qu'elle a eue avant et qui a été cachée. C'est le mensonge qui motive la décision du juge", souligne-t-il.

[Cette décision a suscité de vives réactions dans le monde politique et associatif. Interrogée sur France Inter, la philosophe Elisabeth Badinter s'est déclarée "ulcérée" par cette décision. L'épouse de l'ancien garde des sceaux Robert Badinter a déclaré avoir "honte" pour la justice française. L'association Ni putes ni soumises a évoqué de son côté une "régression", exprimant son amertume "de savoir qu'en France la virginité peut être considérée comme une "qualité essentielle" et a réclamé un changement législatif.

La secrétaire d'Etat au droit des femmes, Valérie Létard, a déclaré être "consternée de voir qu'aujourd'hui en France certaines dispositions du code civil conduisent, par l'interprétation qui peut en être faite, à une régression du statut de la femme". "Une telle décision est une atteinte à l'intégrité des femmes et une violation aux droits fondamentaux de tout individu", a-t-elle souligné, précisant  que "cette réalité est d'autant plus choquante que le gouvernement multiplie les mesures en faveur de l'égalité entre les hommes et les femmes".

La Chancellerie assure n'avoir "pas le souvenir" d'une annulation pour mensonge sur la virginité, même si les annulations pour mensonges sur "des éléments de personnalité" d'un des conjoints sont loin d'être rares. Parmi ces "erreurs" figurent essentiellement la découverte après le mariage que le conjoint est divorcé, qu'il a menti sur sa nationalité, qu'il fait l'objet d'une mesure de curatelle ou qu'il n'est pas apte à avoir des relations sexuelles normales.]

_22 mai, Paris. "La France a décidé de retirer immédiatement du service opérationnel la roquette M26", qui équipe les Lance-roquettes multiples (LRM) de l'artillerie, annoncent les ministres des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, et de la Défense, Hervé Morin.

[Cette annonce intervient alors que se déroule à Dublin (Irlande) une conférence internationale en vue de l'interdiction des armes à sous-munitions. Les deux ministres précisent d'ailleurs que la décision française, prise "avant même de connaître le texte définitif du traité", entend "contribuer à la dynamique qui est lancée". La position officielle de la France est en faveur de "l'interdiction de toutes les armes à sous-munitions définies comme inacceptables car causant des dommages humanitaires".]

_21 mai, Paris. La romancière bangladaise Talisma Nasreen, 46 ans, menacée de mort par des
islamistes, reçoit le "Prix Simone de Beauvoir pour la
liberté des femmes". Il lui a été remis par Rama Yade, secrétaire
d'Etat aux Affaires étrangères et aux droits de l'homme.

"C'est la France qui vous accueille aujourd'hui, celle de Voltaire, de Hugo, de Zola, de de Gaulle, de Simone de Beauvoir, de Césaire, cette France des écrivains engagés dans le combat toujours renouvelé pour la dignité et la liberté", déclare Rama Yade lors de la cérémonie au Quai d'Orsay.
 
Elle souligne qu'elle remet ce prix "au nom de tous les Français qui considèrent que la liberté d'expression ne peut avoir des limites que celles imposées par la loi, et que l'appel au meurtre est un crime".

[Après plusieurs années d'exil entre l'Europe et les Etats-Unis, Taslima Nasreen - accusée de blasphème par des extrémistes musulmans après la parution de son roman Lajja (La honte) - s'était installée en Inde en 2004. Elle avait demandé un permis de séjour, mais les autorités, inquiètes d'une réaction hostile des extrémistes musulmans indiens (sa tête a été mise à prix par un groupe islamiste indien : 9000 euros pour sa décapitation) ne lui accordent que des visas de six mois. Les fondamentalistes sont ulcérés par certains de ses livres (Brûlons les burqas ou Les femmes n'ont pas de patrie) qu'ils jugent être un appel à la révolte des femmes.

Le prix Simone de Beauvoir, créé à l'occasion du centenaire de la naissance de l'écrivain français, avait été attribué le 9 janvier 2008 conjointement à Taslima Nasreen et à l'ex-députée néerlandaise d'origine somalienne Ayaan Hirsi Ali, menacée de mort en raison de ses critiques de l'islam.]

_17 mai, Paris. La France compte demander aux Nations unies d'agir pour une "dépénalisation universelle de l'homosexualité", déclare la secrétaire d'Etat aux droits de l'homme, Rama Yade, à l'occasion de la journée internationale contre l'homophobie.

Rama Yade, qui recevait des associations luttant contre les discriminations fondées sur l'orientation sexuelle, a annoncé qu'elle avait présenté "le principe d'une initiative européenne appelant à la dépénalisation universelle de l'homosexualité, qui serait portée devant l'Assemblée générale des Nations unies" durant la présidence française de l'Union européenne, au second semestre 2008.

[Par ailleurs, l'organisation Human Rights Watch (HRW) a placé les présidents polonais et ougandais en tête de son palmarès des responsables mondiaux coupables de discrimination envers les homosexuels. Le président polonais Lech Kaczynski s'est prononcé publiquement contre la reconnaissance des unions homosexuelles et son homologue ougandais Yoweri Museveni incite ouvertement à la discrimination envers les homosexuels.]

_16 mai, Paris. La Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL), veut inscrire dans le préambule de la Constitution, qui rappelle les droits fondamentaux, la protection des données personnelles.

"Du lever au coucher, nous sommes tous plus ou moins soumis" à "un double traçage", déclare le président de la CNIL, Alex Türk : "un traçage dans l'espace", à travers le développement des systèmes de biométrie, de vidéosurveillance ou de géolocalisation, qui "met en cause la liberté d'aller et venir"; et "un traçage dans le temps", permis par les moteurs de recherche ou les réseaux sociaux sur Internet, qui "met en cause la liberté de pensée et d'expression". Alex Türk cite l'exemple de déclarations anciennes exhumées sur le réseau Internet qui "vous obligent de justifier à 50 ans ce que vous avez dit à 20 ans".

_15 mai
, Paris. Les députés adoptent, en première lecture, le projet de loi visant à protéger le secret des sources des journalistes dans des conditions jugées toutefois très insuffisantes aussi bien par l'opposition que par la profession. Le texte, présenté par la ministre de la justice, Rachida Dati, sera examiné par le Sénat en juin.

"La protection des sources est l'une des pierres angulaires de la liberté d'expression", déclare Rachida Dati. "Ce texte pose le principe de la protection des sources et encadre davantage l'intervention de l'autorité judiciaire", affirme-t-elle. "C'est un projet de loi qui est plus protecteur pour les journalistes, qui permet néanmoins une intervention encadrée de l'autorité judiciaire. C'est un projet de loi qui est équilibré".

La ministre de la justice fait valoir que le secret des sources des journalistes "ne peut pas être absolu", jugeant qu'il pouvait être "levé dans certaines conditions très encadrées". "Il doit y avoir un équilibre entre la protection des sources et ce que la Cour européenne des droits de l'homme appelle : "un impératif prépondérant d'intérêt public".

[Le Syndicat national des journalistes (SNJ) juge le texte "particulièrement insuffisant", estimant que "les dérogations au principe de protection du secret des sources sont insufisamment encadrées et imprécises".]

_12 mai, Paris. François Bayrou, président du MoDem (centre, opposition) annonce qu'il a l'intention de déposer un amendement dans le cadre de la réforme des institutions pour favoriser "l'indépendance des médias". "Le problème des institutions françaises, c'est que le pouvoir se teinte d'absolutisme", regrette-t-il.

Lors de la discussion sur la réforme des institutions, à partir du 20 mai à l'Assemblée, "je déposerai un amendement qui dira que, comme les partis politiques représentent le pluralisme et concourent à son expression, de la même manière, les médias concoururent à l'information pluraliste des citoyens et qu'il faut donc des règles d'indépendance", précise François Bayrou. Selon lui, "le poids médiatique est tel aujourd'hui qu'il faut garantir son indépendance".

        Plus d'info    L'AFP n'est pas un blog, par Christophe Beaudufe

[Le porte-parole de l'UMP (parti majoritaire), Frédéric Lefebvre, a saisi le Conseil supérieur de l’Agence France-Presse (AFP) – agence accusée de censurer certains des communiqués de son parti. Par ailleurs, le président Nicolas Sarkozy a reproché aux journaux "L’Express", "Marianne", "Le Parisien", "Le Journal du Dimanche" et l’Agence France-Presse de "s’attribuer la fonction d’opposition".

Frédéric Lefebvre a affirmé ne pas "reconnaître à une agence de presse une ligne éditoriale quand il s’agit de traiter un communiqué d’un parti politique".]

_10 mai, Paris. Nicolas Sarkozy annonce que la traite des Noirs, l'esclavage et leur  abolition, seront introduites dans les nouveaux programmes de l'école primaire en France, dès la rentrée prochaine.

Dans un discours prononcé aux cérémonies de la troisième journée nationale de commémoration des "mémoires de la traite négrière de l'esclavage et de leurs abolitions", le président français affirme également qu'un Centre national de ressources sur l'histoire de l'esclavage, voulu par les historiens, les écrivains et toute la communauté scientifique serait bientôt établi.
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          Plus d'info Le discours de Nicolas Sarkozy [ 105 ko]

[Nicolas Sarkozy a rappelé, dans son discours, le nécessaire respect de la dignité humaine. "En cette année de célébration du 60ème  anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme, la France doit défendre l'universalité des droits de l'homme face aux tentations relativistes auxquelles succombent certains, au nom de traditions historiques dévoyées. Au nom de traditions  culturelles caricaturées, au nom de traditions religieuses qui  n'ont jamais existé", a-t-il déclaré.

"Les droits de l'homme ne doivent pas être un privilège réservé aux plus riches. Ils sont la condition de l'émancipation du  développement", a-t-il ajouté.]

_7 mai, Paris. La phrase de Nicolas Sarkosy affirmant que "l’espace des libertés progresse" en Tunisie "fut maladroite", déclare le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kopuchner, sur la radio France Inter. "En dehors de cette phrase, oui, par rapport aux autres pays, en particulier dans la région, ça va bien mieux" en Tunisie, assure-t-il. "Mais, c’est insuffisant et il fallait le souligner". Il ajoute que les atteintes aux droits de l’homme en Tunisie sont "vraiment des péchés véniels comparés à l’état du monde".

"Il y a un gros livre de [l’organisation de défense des droits de l’homme] Human Rights Watch qui paraît tous les ans pour faire l’état des droits de l’homme dans le monde : la Tunisie n’y figure même plus", souligne-t-il encore.

          Plus d'info Le rapport 2008 de HRW sur la Tunisie [ 84 ko]

[Une affirmation démentie par Human Rights Watch (HRW)."La Tunisie figure bien dans le Rapport 2008 de HRW".]

_7 mai, Paris. Pour la cinquième année consécutive, la Ligue des droits de l’Homme (LDH) publie son rapport sur "L’état des droits de l’homme en France" [La Démocratie asphyxiée, La Découverte, 128 pp., 10 €].

En six chapitres précis et documentés, les militants de la LDH y dressent un tableau particulièrement alarmant des atteintes aux libertés et aux droits sociaux par la "République selon Sarkozy", alors que le Président fête son premier anniversaire à l’Elysée.

Pour le quotidien Libération, ils ont rédigé la synthèse de leur travail et livrent leurs conclusions.

        Plus d'info    Le rapport de la LDH

_6 mai, Paris. Le parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire pour "discrimination raciale et discrimination religieuse", à la suite des propos de Jean-Marie Le Pen qualifiant de nouveau les chambres à gaz de "détail" de la seconde guerre mondiale dans le magazine "Bretons".

[Jean-Marie Le Pen a déjà été condamné, il y a près de vingt ans, pour avoir tenu des propos similaires. Il avait alors été condamné à payer une amende de 1,2 million de francs (183'200 euros).]

_2 mai, Paris. La secrétaire d'Etat aux droits de l'homme, Rama Yade, se défend d'avoir "fait tapisserie" lors du voyage du président Nicolas Sarkozy en Tunisie et assure avoir discuté "sans tabou, de tous les sujets" avec les associations et les autorités tunisiennes.

"Je ne suis pas [allée en Tunisie] pour faire tapisserie", déclare Rama Yade sur la radio Europe 1. "Plutôt que parler, je préfère agir, et c'est ce que j'ai fait : j'ai eu un programme spécifique consacré exclusivement aux droits de l'homme", souligne-t-elle, rappelant qu'elle a rencontré le président de la Ligue tunisienne des droits de l'homme (LTDH), Me Mokhtar Trifi.

"J'ai aussi rencontré les autorités tunisiennes avec qui j'ai discuté de tous les sujets sans aucun tabou, sans aucune limite : torture, censure, peine de mort", assure-t-elle.

_30 avril, Paris. Dans un courrier adressé à la ministre de la justice, Rachida Dati, le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, plaide pour la mise en place d'un "pôle crimes de guerre" sur le modèle du pôle antiterroriste et du pôle financier, qui serait "chargé d'enquêter, instruire et poursuivre les infractions les plus graves au droit international humanitaire telles que le génocide, les crimes contre l'humanité, etc.".

Le projet serait constitué d'une équipe de trois juges d'instruction, d'enquêteurs, d'experts et d'interprètes et instruirait les affaires de crimes contre l'humanité et crimes de guerre. "Ce type d'affaires nécessite à l'évidence [...] une connaissance très approfondie, historique et géopolitique du contexte dans lequel ces crimes ont été commis, que seule la constitution d'une unité de juges d'instruction spécialisés devrait permettre", écrit le ministre.

[Le prêtre Wenceslas Munyeshyaka et l'ancien préfet Laurent Bucyibaruta, réfugiés en France, poursuivis pour génocide et crimes contre l'humanité, auraient dû être jugés par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), qui siège à Arusha. Mais, les Nations unies ont demandé au tribunal de clore les procès d'ici à 2010. Faute de pouvoir juger tous les accusés dans les temps impartis, le TPIR a renvoyé, en novembre 2007, ces deux affaires à la justice française. Une instruction avait déjà été ouverte, en France, contre les deux hommes pour leur participation présumée au génocide de 1994.

Plusieurs Etats de l'Union européenne, tels la Belgique, les Pays-Bas ou le Danemark, disposent déjà de leur propre "cellule crimes de guerre". Le Conseil de l'Union européenne avait voté, en 2003, la création d'un réseau européen dans l'objectif de ne pas faire de l'Europe une terre d'asile pour les criminels en fuite. Source: Le Monde, 27 mai 2008.]

_30 avril, Tunis, A l'occasion d'un discours devant des étudiants, Nicolas Sarkozy félicite le régime du président tunisien Ben Ali.

"Quel pays peut s'enorgueillir d'avoir autant avancé en un demi-siècle sur la voie du progrès, sur la voie de la tolérance et sur la voie de la raison ?", s'est interrogé le chef de l'Etat français, estimant que "c'est le grand mérite du président Ben Ali d'avoir continué sur cette voie sans se laisser décourager par les obstacles de toute sorte [...], sans se laisser intimider par le fondamentalisme qui est notre ennemi commun, sans se laisser intimider par l'obscurantisme, par les fanatiques".
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"Alors tout n'est pas parfait en Tunisie, certes", concède-t-il, ajoutant cependant que "tout n'est pas parfait en France non plus". "Beaucoup de choses restent à améliorer, c'est certain, et ce n'est pas faire preuve de faiblesse que de le dire".

_28 avril
, Tunis. Refusant de se poser "en donneur de leçons", Nicolas Sarkozy, en déplacement en Tunisie, rend hommage, en présence de la secrétaire d'Etat aux droits de l'homme, Rama Yade, aux efforts accomplis par le président Ben Ali en matière de droits de l'homme. "Aujourd'hui, l'espace des libertés progresse [en Tunisie]. Ce sont des signaux encourageants que je veux saluer".

Le président français a également rendu hommage à "la lutte déterminée contre le terrorisme" menée par le président tunisien, ajoutant : "Croyez bien que pour la France, la lutte contre le terrorisme engagée ici, c'est important. Car qui peut croire que si, demain [...], un régime de type taliban s'installait dans un de vos pays, au nord de l'Afrique, l'Europe et la France pourraient considérer qu'ils sont en sécurité ?"

Sous le titre "Mauvaise manière", le quotidien Le Monde note, dans son éditorial du 30 avril 2008 :

"C'est une contre-vérité. Aucune ONG, aucun observateur sérieux, tunisien ou étranger, ne peut porter un tel jugement. Dans un pays où le président s'installe au pouvoir à vie, fait tabasser par des voyous, emprisonner, voire torturer, ses opposants et ne tolère qu'une presse à son service, "l'espace de liberté" régresse. Personne ne demandait à M. Sarkozy de se poser, comme il l'a dit, en "donneur de leçons". Le chef de l'Etat aurait pu choisir le silence, qui eût été une forme de décence. Avec ce satisfecit décerné au régime Ben Ali, il fait une bien mauvaise manière aux courageux démocrates tunisiens.

"Pourquoi ? Probablement au nom de ce raisonnement : c'est Ben Ali ou les islamistes. Voilà qui ajouterait l'erreur d'analyse à la contre-vérité : l'islamisme se nourrit de la suppression de toute opposition, de toute vie démocratique; il fleurit sur le terreau de l'autocratie, quand la mosquée devient le seul espace de contestation. A Tunis ou ailleurs". Le Monde, 30 avril 2008.

_27 avril, Alger. Le "temps de la dénégation" des massacres perpétrés par la colonisation "est terminé", déclare l'ambassadeur de France en Algérie, Bernard Bajolet, à l'université du 8-Mai-1945 de Guelma.

A quelques jours de la commémoration de la répression le 8 mai 1945 d'une révolte algérienne, l'ambassadeur évoque d' "épouvantables massacres" perpétrés à Sétif, Guelma et Kherrata, ainsi que la "très lourde responsabilité des autorités françaises de l'époque dans ce déchaînement de folie meurtrière".

Ces massacres, qui ont fait entre 15'000 et 45'000 morts, selon les sources, "ont fait insulte aux principes fondateurs de la République française et marqué son histoire d'une tache indélébile". "Aussi durs que soient les faits, la France n'entend pas, n'entend plus, les occulter. Le temps de la dénégation est terminé", ajoute l'ambassadeur.

[Le 27 février 2005, à Sétif, le prédécesseur de Bernard Bajolet, Hubert Colin de La Verdière, avait qualifié ces mêmes événements de "tragédie inexcusable". La déclaration de Bernard Bajolet intervient cinq mois après le discours du président Nicolas Sarkozy à l'université de Constantine, dans lequel il avait évoqué "les fautes et les crimes du passé" colonial français en Algérie, qualifiés d'"impardonnables".]

        Plus d'info    Le discours de Bernard Bajolet

_25 avril, Paris. Dans le mensuel généraliste Bretons, diffusé en Bretagne et en région parisienne, Jean-Marie Le Pen, affirme à propos des chambres à gaz : "J’ai dit qu’elles étaient un détail de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale : ça me paraît tellement évident".

Dans un entretien publié par le journal, Le Pen rappelle le nombre de morts total de la Seconde Guerre mondiale, en avançant le chiffre de "50 millions de morts". Mais, le journaliste l’interrompt, lui disant que "le problème n’est pas de savoir le nombre [de morts], mais la manière dont ils ont été tués", et que l’on a "déporté des gens pour les amener dans des camps juste pour les faire tuer".

"Mais ça, c’est parce que vous croyez à ça. Je ne me sens pas obligé d’adhérer à cette vision-là. Je constate qu’à Auschwitz il y avait l’usine IG Farben, qu’il y avait 80’000 ouvriers qui y travaillaient. A ma connaissance, ceux-là n’ont pas été gazés en tout cas. Ni brûlés", répond le leader du Front national (FN).

Alors que le journaliste rétorque que des travaux d’historiens de toute sensibilité politique ont montré la réalité de la déportation à fin d’extermination, Le Pen répond : "Ce n’est pas le problème. Je n’ai pas contesté, j’ai dit que c’était un détail".#

[En 1987, c'est ce même terme de "détail" que Jean-Marie Le Pen avait utilisé pour la première fois, ce qui lui avait valu une condamnation judiciaire.]

_23 avril, Paris. Un projet de réforme constitutionnelle octroyant de nouveaux droits au Parlement et aux citoyens adopté en Conseil des ministres. Préparé par le comité présidé par l'ex-Premier ministre Edouard Balladur, ce texte crée un nouveau droit pour le chef de l'Etat, autorisé à parler devant le Parlement. D'autres prérogatives présidentielles sont en revanche encadrées comme les nominations. Un défenseur des droits du citoyens est créé.

Plusieurs mesures accroissent les pouvoirs du Parlement, comme notamment l'augmentation du nombre de commissions (6 à 8), le partage avec le gouvernement de l'ordre du jour, la possibilité de s'opposer à la procédure d'urgence ou le droit de résolution sur tous les sujets..

Le Sénat assure la représentation des collectivités territoriales "en tenant compte de leur population", indique le texte.

Le président voit son pouvoir de nomination encadré par une commission parlementaire chargée de donner son avis et ne préside plus le Conseil supérieur de la magistrature.

        Plus d'info Le projet de réforme constitutionnelle [ 112 ko]

_17 avril, Paris. Le directeur général de l'Unesco, Koïchiro Matsuura, rend hommage à Aimé Césaire, chantre de la"négritude", décédé à Fort-de-France, en Martinique, à l'âge de 94 ans. "D'Aimé Césaire, nous retiendrons la portée universelle de son appel à la dignité humaine, à la vigilance et à la responsabilité".

        Plus d'info    Dignité

["Chantre, avec le Sénégalais Léopold Sédar Senghor et le Guyanais Léon-Gontran Damas du concept de négritude, Aimé Césaire a consacré sa vie à la poésie et à la politique ", a ajouté Koïchiro Matsuura. "Depuis les années 1930, il a été de tous les combats contre le colonialisme et le racisme. L'Unesco perd aujourd'hui un de ses plus estimables amis".]

IRAN

_19 juin, Paris. Dans un entretien accordé au quotidien Le Monde, le vice-Premier ministre et ministre de la défense d'Israël, Ehoud Barak, souligne le danger que représentent à ses yeux, pour la sécurité internationale, les travaux nucléaires de l'Iran. Il appelle les Etats-Unis et l'Europe à une coopération plus étroite avec la Russie et la Chine, afin d'accroître la pression, en termes de sanctions, sur la République islamique.

Le Monde"Les Iraniens sont déterminés à continuer de défier le monde entier, à tricher, tromper et aller vers une capacité nucléaire militaire. Le rapport des services secrets américains était faux, point final, et je suis confiant : nous le démontrerons avec le temps. Il y a beaucoup à faire, à la fois en matière de sanctions sur les transactions financières et sur les capacités de raffinage. Cela devrait passer par des actions diplomatiques relevant du chapitre VII de la Charte de l'ONU. Mais, d'autres façons de ralentir l'effort [iranien] devraient être envisagées. Nous disons qu'aucune option ne devrait être retirée de la table. Cela nécessite une certaine préparation, une planification.

"L'Iran est un défi pour le monde entier. Je ne peux concevoir un ordre mondial stable si l'Iran est autorisé à devenir nucléaire. Non pas parce qu'il lâcherait immédiatement un engin nucléaire sur un voisin, mais parce que ce serait la fin de tout traité de non-prolifération".

_10 juin
, Téhéran. Un mineur iranien de 17 ans, Mohammad Hassan Zadeh, condamné pour le meurtre d'un enfant de dix ans en 2006, pendu dans la prison de Sanandaj (ouest), en contravention avec deux conventions des Nations unies signées par l'Iran.

        Plus d'info

_1er juin, Paris. Dans un entretien publié par le quotidien Le Monde, le nouveau chef du gouvernement russe, Vladimir Poutine, affirme que "rien n'indique" que l'Iran se prépare à acquérir la bombe atomique.

        Plus d'info

ISRAEL

_8 mai, Jérusalem. Israël célèbre son 60e Jour de l'Indépendance avec divers événements – dont une cérémonie d'allumage de torche au Mont Herzi à Jérusalem - organisés dans une sécurité renforcée, des organisations terroristes ayant menacé de  tenter de mener des attentats contre l'Etat hébreu.

La présidente de la Knesset [Parlement], Dalia Itzik, a indiqué, lors de la cérémonie du Mt Herzi, qu'Israël était confronté à d'énormes défis  sociaux. "Nous sommes les témoins de terribles manifestations de  violence, de mauvaises relations entre amis, entre un groupe ethnique et un autre, de notre traitement des minorités, les arabes, les druzes, les bédouins, les circassiens, et de la relation entre partis politiques", a-t-elle dit.

"Oui, il y a des failles, il y a encore beaucoup à faire. Mais, derrière ces failles se cache un pays magnifique", a-t-elle poursuivi. "Je le dis à tous les terroristes, nous voulons la paix, nous poursuivons la paix pour le destin de nos enfants et nous voulons aussi la paix pour vos enfants", a-t-elle encore dit, et d'ajouter : "nos enfants sont bien conscients des actes de guerre en cas de  besoin".

        Plus d'info La naissance de l'Etat d'Israël      Plus d'info 1967, l'autre date fondatrice

Israël a proclamé son indépendance le 14 mai 1948, la veille de l'expiration du mandat britannique dans l'ancienne Palestine avec  l'aval des Nations unies. Il célèbre traditionnellement le Jour de l'Indépendance selon le calendrier lunaire hébreu, qui tombe cette année le jeudi 8 mai.

Les Palestiniens, qui commémoraient la "Nakba", la "catastrophe" que fut pour eux la création de l'Etat juif, ont inauguré en Cisjordanie un "camp du retour" pour dire leur attachement aux terres dont leurs réfugiés ont été chassés par Israël lors de sa création, sur les trois-quarts de la Palestine historique.

ITALIE

_12 juin, Genève. Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) se félicite de l'approbation, par les associations du Conseil italien des journalistes d'un code de conduite sur les reportages relatifs aux problèmes d'asile et de migration.

Ce document, la "Charte de Rome", a été élaboré par l'Association des Journalistes italiens et la Fédération italienne de la Presse nationale, en collaboration avec le HCR. "La Charte de Rome fournira aux journalistes italiens des lignes directrices pour assurer que les informations sur les demandeurs d'asile, les réfugiés, les migrants et les victimes de trafics d'êtres humains soient exactes et impartiales", souligne le HCR.

[La Charte appelle aussi à ce que les problèmes de migration et d'asile soient inclus dans la formation des journalistes. Elle prévoit également la création d'un centre de supervision indépendant qui contrôlera la couverture des médias sur les demandeurs d'asile, les réfugiés et les migrants.

Le HCR espère que ce code éthique permettra une utilisation appropriée du vocabulaire et une protection adéquate pour tous ceux qui ont demandé et obtenu la protection de l'Italie, sans porter préjudice au droit d'informer. Le problème de l'immigration a fait l'objet de vifs débats ces derniers mois en Italie où il y a eu plusieurs cas d'attaques contre des étrangers.]

_17 mai, Gênes. Un millier de manifestants "laïques" défilent à Gênes, au moment où le pape Benoît XVI, en visite en Ligurie, affirme que la loi italienne sur l'avortement est une "blessure".

[Marta Vincenzi, maire de Gênes (centre gauche), a répliqué que l'action politique "ne se fixe pas pour objectif le bien absolu", mais "le bien collectif".]

KENYA

_13 avril, Nairobi. Le président kenyan Mwai Kibaki nomme le chef de l'opposition, Raila Odinga, au poste de Premier ministre. Raila Odinga sera à la tête d'un gouvernement de coalition qui sera chargé de régler la crise qui a secoué le pays après l'élection présidentielle du 27 décembre 2007, faisant près de 1'500 morts et 300'000 déplacés.

[Raila Odinga sera entouré de deux vice premiers ministres, Musalia Musavadi, de son parti le Mouvement démocratique orange, et Uhuru Kenyatta, représentant du camp présidentiel. Mwai Kibaki a indiqué que le nouveau gouvernement devrait s'attacher à "construire un nouveau Kenya".]#

KOSOVO

_15 juin, Pristina. La Constitution du Kosovo indépendant entre en vigueur, marquant le début d'une reconfiguration du pouvoir dans l'ancienne province serbe, dont la surveillance doit progressivement passer des Nations unies à l'Union européenne. "L'adoption de la Constitution représente le second moment historique le plus important pour le Kosovo après la proclamation de l'indépendance", le 17 février, déclare le président kosovar Fatmir Sejdiu, saluant cette nouvelle étape vers une souveraineté accrue pour les Kosovars albanais (plus de 90 % des quelque 2 millions d'habitants).

[Reprenant les grandes lignes d'un plan élaboré il y a deux ans par l'ancien président finlandais Martti Ahtisaari, la Constitution met les institutions kosovares sur la voie de la souveraineté. Elle définit le Kosovo comme une République parlementaire et un "Etat de tous ses citoyens" et stipule que "la République du Kosovo est un Etat laïc et neutre en matière de convictions religieuses", dont les langues officielles sont l'albanais et le serbe. Elle garantit que les droits des minorités, notamment de la communauté serbe, et prévoit un haut degré d'autonomie dans les régions du Kosovo où les Serbes sont majoritaires.]

LIBAN

_18 juin, Beyrouth. Le gouvernement libanais repousse la proposition israélienne d'ouvrir des négociations bilatérales. "La position connue du gouvernement (libanais) est qu'il n'y a pas lieu de négociations bilatérales entre Israël et le Liban [...]. Le Liban est attaché à l'Initiative de paix arabe qui appelle à une paix juste et globale", explique un communiqué libanais, qui rappelle que les points en suspens entre les deux pays - dont la question de la souveraineté sur le secteur des fermes de Chebaa aux confins du Liban, de la Syrie et d'Israël - font l'objet de résolutions internationales.

[L'initiative de paix arabe de 2002, relancée en mars 2007 à Riyad, prévoit une normalisation des relations entre les pays arabes et Israël en échange du retrait israélien des territoires arabes occupés depuis juin 1967, la création d'un Etat palestinien avec Jérusalem-Est pour capitale et un règlement de la question des réfugiés palestiniens.]

_25 mai, Beyrouth. Après 18 mois de crise politique, six mois de vacance à la tête de l'Etat et des violences meurtrières, le général Michel Sleimane, commandant en chef de l'armée depuis 1998, élu président de la République par le Parlement libanais.

[Promettant de défendre l'indépendance du pays, le 52e président a appelé les Libanais à mettre de côté leurs différences afin de tourner une page de leur histoire, et à l'unité.]

_21 mai, Doha [Qatar]. La médiation entreprise à Doha par le Premier ministre qatari cheikh Hamad ben Jassem Al-Thaniaboutit à un accord de sortie de crise entre les deux camps libanais.

        Plus d'info L'accord de Doha      Plus d'info Le Monde  La leçon de Doha

En vertu de cet accord, "les parties ont convenu que le président du Parlement convoquerait une session de la Chambre […] pour élire le candidat du consensus, Michel Sleimane, à la présidence de la République", a expliqué le dirigeant qatari. De plus, les deux camps s'entendent pour "interdire le recours aux armes et à la violence dans tout conflit, quels que soient les conflits ou les circonstances".

L'accord prévoit aussi la mise sur pied d'un gouvernement d'union nationale composé de 16 ministres de la majorité et de 11 de l'opposition. Trois seraient nommés par le président sur une base discrétionnaire.

_14 mai, Beyrouth. Le gouvernement libanais abroge les deux mesures prises à l'encontre du Hezbollah, qui avaient conduit aux affrontements intercommunautaires au Liban depuis la fin de la guerre civile dans ce pays en 1990.

Les mesures en question – la mise hors la loi du réseau privé de télécommunications du Hezbollah et le limogeage du responsable de la sécurité de l'aéroport international de Beyrouth, jugé proche du mouvement chiite – ont été annulées afin de préserver la paix civile et faciliter la médiation de la Ligue arabe, précise l'exécutif, dans un communiqué.

_11 mai
, Le Caire. "Au vu du danger de la situation au Liban, le Conseil des ministres [de la Ligue des Etats arabes] adresse un appel urgent à la fin immédiate des violences au Liban et dans d'autres régions", indiquent, dans un communiqué, les ministres des affaires étrangères de la Ligue, réunis au Caire, pour discuter de la situation au Liban.

_11 mai, Beyrouth. De nouveaux combats éclatent dans le nord du pays et dans plusieurs zones à majorité druze au sud-est de Beyrouth.

[Entre 42 et 49 personnes, selon les sources, ont été tuées depuis le 8 mai dans ces affrontements entre miliciens armés de l'opposition et partisans du gouvernement.]

_10 mai, Beyrouth. Le Hezbollah et ses alliés de l'opposition retirent leurs combattants des quartiers ouest de Beyrouth.  Pour obtenir ce retrait, l'armée, à qui le premier ministre s'en est remis pour rétablir "la paix civile", a annoncé qu'elle gelait les récentes décisions du gouvernement contre le Hezbollah, à l'origine des affrontements, qui ont fait au moins 42 morts.

_8 mai, New York. Le Hezbollah, qui conserve "une infra structure paramilitaire massive", constitue une "menace pour la paix et la sécurité régionales", déclare Terje Roed-Larsen, l'envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies. Dans une déclaration au Conseil de sécurité, le diplomate norvégien a trouvé "inquiétant de relever qu'au cours des récents affrontements des membres du Hezbollah portaient des armes dans des secteurs habités".

L'émissaire des Nations unies a par ailleurs été informé, par le gouvernement libanais, de "l'établissement par le Hezbollah, dans tout le pays, d'un réseau de communication sécurisé, en marge du système étatique", ainsi que d'un "système de caméras de surveillance à l'aéroport de Beyrouth".

"Ces développements conduisent un nombre croissant de Libanais à redouter que le Hezbollah soit en train de mettre en place des structures institutionnelles parallèles, distinctes de celles de l'Etat, et en compétition avec lui", ajoute-t-il.

_8 mai, Beyrouth. Après deux jours d'affrontements armés, le Hezbollah prend le contrôle de la totalité des quartiers ouest de la ville. Les combats ont fait onze morts et plusieurs dizaines de blessés.

_8 mai
, Beyrouth. Au moins sept morts et plusieurs dizaines ont été blessées dans des affrontements armés - les premiers du genre depuis la fin de la guerre civile en 1990 - entre l'opposition, menée par les militants chiites du Hezbollah, et les partisans de la majorité antisyrienne. Le Hezbollah bloque les voies d'accès conduisant à l'aéroport international.

Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, fustige la "déclaration de guerre" du gouvernement, accusé de vouloir détruire les infrastructures du parti chiite. "Notre réponse à cette déclaration de guerre est notre droit à [...] défendre la résistance", déclare-t-il. Le chef de la majorité parlementaire, le sunnite Saad Hariri, a appelé Hassan Nasrallah à mettre fin au "siège" de la capitale et à "retirer les hommes armés des rues".#

        Plus d'info Le Hezbollah et le Liban

[L'objectif du Hezbollah est de forcer le gouvernement à revenir sur deux décisions. La première concerne la destitution de l'officier responsable de la sécurité de l'aéroport, réputé proche du Hezbollah, Wafic Choucaïr, et son renvoi à son corps d'origine, l'armée. La seconde prévoit d'engager des poursuites judiciaires contre tout individu, parti ou organisme impliqué dans l'installation d'un réseau autonome de télécommunications par le Hezbollah dans plusieurs régions du pays. Le gouvernement considère que ce réseau, "illégal, porte atteinte à la souveraineté de l'Etat et aux finances publiques".]

_30 avril, New York. Robin Vincent prend ses fonctions de Greffier du Tribunal pour le Liban. Nommé par Ban Ki-moon, le 10 mars 2008, il est le premier fonctionnaire du Tribunal spécial à prendre ses fonctions.

"M. Vincent travaillera en étroite consultation avec le Comité de gestion du Tribunal spécial et le Secrétariat des Nations unies pour prendre les mesures nécessaires à la mise sur pied du Tribunal, dans les temps et conformément à la résolution 1757 (2007) du Conseil de sécurité", indique un communiqué publié à New York.

_8 avril, New York [Nations unies]. La Commission d'enquête sur l'assassinat de l'ex-Premier ministre libanais Rafik Hariri et les meurtres politiques connexes commis depuis confirme devant le Conseil de sécurité des Nations unies l'existence d'un réseau terroriste organisé impliqué dans plusieurs attentats.

"Sur la base de preuves, la Commission est en mesure d'affirmer [...] qu'un réseau d'individus a agi de concert pour commettre l'assassinat de Rafik Hariri et que ce réseau ou une partie de ce réseau est lié à certains des autres affaires dans le cadre du mandat de la Commission", déclare son chef, Daniel Bellemare, devant le Conseil.

[Ce "réseau Hariri" existait avant l'assassinat, "il a mené une opération de surveillance, il a opéré le jour de l'assassinat et il a continué au moins en partie, à opérer après cet attentat" qui a causé la mort de 22 autres personnes. Daniel Bellemare a rappelé que la création de la Commission d'enquête, en 2005, n'avait malheureusement pas eu d'effet dissuasif immédiat et que la série d'attaques politiques au Liban avait tué 55 personnes et fait plus de 420 blessés.

Par ailleurs, s'il a estimé qu'il était généralement préférable qu'un délai réduit sépare la création d'un Tribunal des premières incriminations, Daniel Bellemare a demandé plus de temps au Conseil de sécurité pour poursuivre l'enquête, requérant l'extension du mandat de la Commission au-delà de la date du 15 juin 2008.]

NATIONS UNIES

_30 juin, Genève. Louise Arbour quitte la tête du Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme, estimant que sa plus grande réussite avait été "d'avoir pu contribuer à la vision et à la cohésion qui ont émané du Haut Commissariat".

"Le Haut Commissariat a réussi sa plus grande expansion à ce jour, doublant son budget opérationnel et augmentant sa présence et son efficacité sur le terrain", déclare-t-elle, rappelant que le Haut Commissariat avait également étendu ses interventions thématiques, notamment en matière de droits de la femme, de droit économique, social et culturel, de respect de l'Etat de droit et de développement.

        Plus d'info

_29 mai, Bonn. Les membres de la conférence des Nations unies sur la destruction des ressources animales et végétales veulent créer un groupe d'experts à l'image du GIEC (Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat).

L'idée est de mettre en place un réseau d'experts qui puissent jouer un rôle d'interface entre les scientifiques et les politiques. "L'information scientifique sur la biodiversité est très éclatée. Il faut établir des synthèses qui fassent autorité", souligne Didier Babin, chercheur. La biodiversité recouvre en effet des enjeux nationaux, comme la surpêche ou la déforestation, mais ne fait l'objet d'aucune discussion commune entre les pays. Un "GIEC de la biodiversité" permettrait de "mieux organiser l'information de base et de voir les sujets émerger", explique-t-il.

[Le GIEC a reçu le prix Nobel de la paix en 2007, conjointement avec l'ancien vice-président américain Al Gore.]

_26 mai, Genève. Huit ans après la Conférence de Durban, en Afrique du Sud, les Nations unies ont choisi Genève pour la prochaine conférence sur le racisme – Durban II - qui se tiendra du 20 au 24 avril 2009 au Palais des Nations, le siège européen des Nations unies.

[En été 2001, la Conférence de Durban avait été marquée par de profondes divisions sur les questions de l'antisémitisme, du colonialisme et de l'esclavage. Les Etats-Unis et Israël avaient claqué la porte en protestant contre le ton anti-israélien de la réunion. La conférence s'était tenue dans le contexte de la seconde intifada dans les territoires occupés et s'était achevée à la veille des attentats du 11 septembre.]

_11 avril, New York.  Des solutions viables aux problèmes du changement climatique, du terrorisme et du développement durable ne peuvent plus être trouvées exclusivement dans le concept du pouvoir étatique, plaidé  le président de l'Assemblée générale des Nations unies, Srgjan Kerim, dans une tribune au quotidien britannique Al-Hayat.

Pour Srgjan Kerim, il faut une "nouvelle culture internationale" "fondée sur le bien-être de l'individu, dans le plein respect des droits de l'homme, de la sécurité humaine, du devoir de protéger et du développement durable".

        Plus d'info

NEPAL

_29 mai, Katmandou. Le drapeau royal de la dynastie des Shah qui régnait depuis deux cent quarante ans sur le Népal retiré du palais de Katmandou. Le roi Gyanendra dispose de quinze jours pour quitter son palais, qui doit devenir un musée.

["Vive la République", a titré - en français - le "Kathmandu Post". "Un espoir est né", assurait, pour sa part, l'"Himalayan Times". Le nouveau gouvernement népalais a fait savoir que le drapeau national serait désormais hissé à la place des armes royales.]

_28 mai, Katmandou. L'Assemblée constituante, dominée par les ex-rebelles maoïstes, abolit la monarchie – la seule monarchie hindouiste au monde – et proclame la République.

Cette décision constitue l'une des dispositions principales de l'accord de paix signé en 2006 entre les principaux partis politiques et les maoïstes mettant un terme à une guerre civile qui a fait au moins 13'000 morts.

Selon le texte voté par 560 membres de l'Assemblée constituante (seulement quatre contre), le Népal devient "un Etat indépendant, indivisible, souverain, laïque et une république démocratique".

[Le 10 avril 2008, les maoïstes avaient remporté une écrasante victoire aux élections législatives.]

PAKISTAN

_27 juin, Genève. De retour du Pakistan - où elle effectuait son dernier voyage officiel en tant que haut commissaire aux droits de l'homme -, Louise Arbour engage le gouvernement pakistanais à résoudre la crise judiciaire que connaît le pays dans le respect des droits de l'homme et en garantissant la sécurité de l'Etat.

"Un système judiciaire indépendant est la pierre angulaire de toute société démocratique", rappelle Louise Arbour, avertissant que la crise judiciaire que connaît actuellement le Pakistan "risque de paralyser les capacités du nouveau gouvernement". La crise tient à la composition de la Cour suprême, dont le président avait été renvoyé en 2007 par le gouvernement de Pervez Musharraf.

Louise Arbour a engagé les parties à trouver un consensus aussi tôt que possible, signalant toutefois que le rétablissement des juges qui siègent à la Cour ne devait en aucun cas en compromettre l'indépendance.

PARAGUAY

_20 avril, Asunción. Victoire historique de l'ex-évêque Fernando Lugo, candidat de la coalition de gauche, élu officiellement président du Paraguay, mettant ainsi fin à 61 ans d'hégémonie du Parti Colorado.

Premier président du Paraguay à n'être pas membre du Parti Colorado aux commandes du pays depuis 1947, Fernando Lugo prendra ses fonctions le 15 août 2008.

PEROU

_8 avril, Lima. Cinq militaires ont été reconnus coupables de l'assassinat de neuf étudiants et d'un professeur de l'université de La Cantuta, à Lima en 1992, durant le conflit opposant les forces armées à la guérilla maoïste du "Sentier lumineux".

Les inculpés faisaient partie d'un escadron de la mort connu sous le nom de "groupe Colina". Quatre d'entre eux ont été condamnés à quinze ans de prison. Le général Julio Salazar Monroe, ancien directeur des services secrets, a reçu la peine maximale, trente-cinq ans d'incarcération.#

POLOGNE

_17 juin, Auschwitz. Henryk Mandelbaum, l’un des derniers survivants du Sonderkommando d'Auschwitz-Birkenau, chargé par les nazis de vider les chambres à gaz et de brûler les corps, est décédé à l'âge de 85 ans.

Parmi les centaines de membres du Sonderkommando, seulement quelque 70 ont survécu à la guerre, selon le directeur du musée d'Auschwitz, mais Henryk Mandelbaum a été celui qui a le plus témoigné des atrocités dont il a été le témoin le plus direct, en particulier des massacres les plus intensifs de l’histoire du camp, quand 300.000 juifs hongrois furent assassinés en deux mois seulement.

Il avait figuré parmi les 32 survivants d'Auschwitz choisis pour rencontrer le pape Benoît XVI, le 28 juin 2006, et prier avec lui sur le "Mur des fusillés" d'Auschwitz I, la partie la plus ancienne du camp.

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RUSSIE

_12 juin, Strasbourg. La Russie condamnée par la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) pour des enlèvements et des disparitions de civils en Tchétchénie. Les juges de Strasbourg ont alloué 61’000 euros à la famille des frères Apti et Moussa Elmourzaev, enlevés par des hommes armés en uniforme à leur domicile de Martin Tchou, en Tchétchénie, en juillet 2002 et en janvier 2003. Selon la justice russe, les deux frères ont été enlevés par des inconnus.

La Cour a aussi condamné Moscou à 50’000 euros d'amende pour des faits similaires sur un autre civil tchétchène, Ramzan Koukouïev, disparu depuis son arrestation en mai 2001 à Tsa Vedeno.

[La Russie, régulièrement condamnée à Strasbourg pour des enlèvements de civils par l'armée pendant les deux guerres russo-tchétchènes (1994-1996 et 1999-2003), paye les amendes, mais se garde d'appliquer les recommandations de la Cour, dont la réforme est bloquée par le refus russe de signer le protocole 14, censé simplifier l'examen des plaintes. Environ 5’000 personnes sont portées disparues en Tchétchénie, selon les défenseurs des droits de l'homme.]

_7 mai, Moscou. Dans son premier discours de chef d'Etat, Dmitri Medvedev, investi lors d'une cérémonie au Kremlin, s'engage à défendre les libertés. Le nouveau président met l'accent sur la protection des droits de l'homme et des libertés, "valeurs principales de notre société".

[A 42 ans, Dmitri Medvedev devient le troisième président de la Russie après Boris Eltsine (1991-1999) et Vladimir Poutine (2000-2008). Juriste de formation, il attribue "une importance particulière au rôle fondamental de la loi". Il se dit prêt à lutter contre "le nihilisme juridique qui entrave gravement le développement moderne" de la société russe et contre la corruption, présente à tous les échelons. "La tâche la plus importante est le développement des libertés civiques et économiques, la création de nouvelles possibilités pour l'épanouissement personnel des citoyens, des citoyens libres et responsables".]

SAHARA OCCIDENTAL

_21 avril, New York. Entendu par le Conseil de sécurité, Peter van Walsum, le médiateur des Nations unies pour le conflit du Sahara occidental, déclare que l'indépendance du territoire annexé par le Maroc en 1975 n'est pas, à ses yeux, "un objectif atteignable". Dans son discours, obtenu par Le Monde, l'envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, affirme avoir conclu, dès janvier 2006, qu'en l'absence de "pression sur le Maroc pour qu'il abandonne sa revendication de souveraineté", un "Sahara occidental indépendant n'était pas une proposition réaliste".

Pour Philippe Bolopio, « Peter van Walsum juge nécessaire d'opérer un compromis entre la "réalité politique", favorable au Maroc, qui occupe le Sahara occidental, et "la légalité internationale" revendiquée par le Front Polisario. Céder au réalisme, au détriment d'une "légalité pure", n'est pas nécessairement une "capitulation", affirme le diplomate, qui invoque un "dilemme moral" lorsque "la vertu de la légalité internationale est soupesée au regard des conséquences de sa quête pour les conditions de vie véritables du peuple du Sahara occidental". Le Monde, 23 avril 2008.

[Peter van Walsum, nommé par les Nations unies en juillet 2005, en remplacement de l'ancien secrétaire d'Etat américain James Baker, estime que la reprise des négociations directes entre les parties, relancées voilà un an, à Manhasset, près de New York, "ne mène nulle part".]

SUISSE

_26 juin, Zurich. La Cour suprême du canton de Zurich condamne des parents somaliens à deux ans de prison avec sursis pour avoir fait exciser en 1996 leur fille alors âgée de 2 ans dans leur appartement de l’Oberland zurichois. Ils ont été reconnus coupables d’instigation à lésions corporelles graves. C’est le premier jugement rendu sur une excision effectuée en Suisse.

Les parents, qui ont fait valoir leur ignorance du droit suisse, ont renoncé à faire exciser leurs deux plus jeunes filles.

["En Suisse, les spécialistes ont peur de parler de l’excision", déplore Monika Hürlimann, coordinatrice chez Caritas Suisse, à Zurich, du Service de médiation pour la prévention contre l’excision des filles. C’est tragique, et c’est malheureusement une réalité. Beaucoup de personnes travaillant avec des migrants, et qui ont un rapport privilégié avec eux, ont sont restées à un faux romantisme culturel. Elles ont peur de discriminer des groupes ethniques déjà très stigmatisés en suisse. J’entends dire : "C’est leur culture, cela ne nous concerne pas…". C’est un dilemme classique dans les situations interculturelles. Mais, ici, la protection de l’enfant et les doits de la femme à l’intégrité corporelle doivent avoir la priorité absolue.

"Le thème passe pour tabou, ajoute-t-elle. Les réticences sont plus grandes chez les spécialistes en Suisse que chez les familles migrantes. On a peur d’aborder la question et de parler de sexualité, et encore plus avec des Africaines" !]

_11 juin, Fribourg. C'est une première en Suisse: une réfugiée somalienne condamnée par la justice fribourgeoise à six mois de prison avec sursis pour violation du devoir d'assistance et d'éducation envers sa demi-soeur, victime d'excision.

Installée en Suisse en tant que réfugiée, la femme de 50 ans avait fait venir l'enfant de sept ans à Fribourg en 1995 au titre du regroupement familial en la faisant passer pour sa fille. Six ans plus tard, elle avait confié l'adolescente à un tiers qui l'a conduite chez sa mère nomade en Somalie, où la jeune fille a subi une excision. Celle-ci a pu revenir en Suisse en 2006.

[Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), 100 à 140 millions de femmes et de jeunes filles ont subi des mutilations génitales. Et selon l'UNICEF, trois millions de nouvelles jeunes filles âgées de 4 à 12 ans sont excisées chaque année. Toujours selon les estimations de l'UNICEF, quelque 7'000 femmes ou filles excisées vivraient en Suisse. La plupart sont originaires de Somalie, d'Ethiopie et d'Erythrée.

En raison de l'immigration, l'excision se pratique aujourd'hui aussi sur le continent européen. Elle est notamment interdite en Autriche, en Belgique, en France, au Danemark, en Angleterre, en Norvège, en Espagne et en Suède.]

_5 juin, Genève. Les actes antisémites recensés pour l’année 2007 en Suisse romande montrent une nette diminution du nombre d’actes antisémites par rapport à l’année 2006, indique un rapport publié par la Coordination intercommunautaire contre l'antisémitisme et la diffamation (Cicad).

"Malgré la baisse constatée des actes commis en 2007, un certain antisémitisme latent reste toutefois présent au sein de la population suisse. L’expression de cet antisémitisme fluctue en fonction d’événements ou d’actualités liés à la politique nationale ou internationale.

"Les premiers éléments relatifs à l’année 2008 encouragent à la prudence. Le récent voyage de la Conseillère fédérale [ministre des Affaires étrangères] Micheline Calmy-Rey en Iran a servi de prétexte à nombre de dérapages antisémites".

          
Plus d'info Le rapport de la Cicad [ 730 ko]

1er juin
, Berne. Les Suisses rejettent une initiative populaire de l'Union démocratique du centre (UDC) visant à naturaliser les étrangers par un vote populaire communal. Cette pratique avait déjà cours dans plusieurs cantons, mais elle avait été invalidée par le tribunal fédéral helvétique, qui l'avait jugée anticonstitutionnelle.

Le projet a été rejeté par un peu moins de 64% des votants. Les 26 cantons de la Confédération, à l'exception de celui de Schwyz, ont voté majoritairement non.

["La netteté du résultat claque comme une gifle nationale, à peine amortie par le petit oui de Schwyz. C'est un clair désaveu sur la remise en cause des règles de l'Etat et sur la tentative grotesque de stigmatiser une nouvelle fois les étrangers, notamment les jeunes, livrés sans preuve à la vindicte. C'est aussi la première défaite depuis que Christoph Blocher [ancien conseiller fédéral] a repris en main la stratégie du parti. Pour un premier test, c'est plutôt mal parti. […]

"La hargne de l'UDC, son soupçon permanent contre les étrangers et son mépris des formes qui fondent une démocratie aussi complexe que la Suisse ont fini par exaspérer beaucoup de citoyens, y compris ses plus fidèles électeurs.[…]. Bien sûr, la défaite d'hier ne signifie pas l'effondrement du parti populiste, mais elle va laisser des traces dans les veines d'un parti monolithique. […] Les Suisses ont donné une leçon de démocratie; ils ne confondent pas rigueur avec irrespect des principes du droit". Le Temps, Genève, éditorial].

_19 avril, Berne. Intervenant lors de la conférence annuelle de la section suisse d'Amnesty International, la ministre suisse des Affaires étrangères, Micheline Calmy-Rey, affirme que la souveraineté des Etats ne doit pas empêcher la communauté internationale de faire entendre sa voix en cas de violation des droits de l'homme

        Plus d'info Le discours de Micheline Calmy-Rey [ 56 ko]

"Les droits [de l'homme] ne sont que lettre morte sans la volonté des Etats et des organisations internationales de les mettre réellement en oeuvre et de prendre des sanctions contre ceux qui les violent sans céder à des considérations d'opportunité politique ou économique", relève la ministre. "Là où un Etat et ses institutions ne sont manifestement plus en mesure de protéger la population dont il a la responsabilité, il faut que la communauté internationale se fasse entendre, en vertu du principe de la "responsabilité de protéger", adopté en 2005 par les Nations unies.

La responsable de la diplomatie helvétique reconnaît qu'il n'est "pas toujours facile pour les Etats de s'entendre sur des standards communs". Elle les appelle toutefois à avoir "le courage civique de montrer clairement où se trouve l'intérêt commun" et de forger des coalitions de pays pour "régler ensemble ces problèmes".

Ces coalitions doivent aussi inclure la société civile, et en particulier les Ong, relève encore la ministre. La Déclaration universelle des droits de l'homme "reconnaît expressément la coresponsabilité des personnes privées dans la mise en œuvre" des droits [de l'homme, assure-t-elle.

SYRIE

_26 mai, Damas. Des organisations de défense des droits de l'homme appellent les autorités syriennes à "révéler immédiatement le lieu de détention" de l'écrivain et opposant syrien Habib Saleh, arrêté début mai à Tartous dans le nord-ouest de la Syrie, et à le remettre en liberté.

"Habib Saleh a disparu le 7 mai [2008] après avoir été arrêté par des membres des services de sécurité alors qu'il se promenait dans le marché de Tartous. Son sort et son lieu de détention sont inconnus", affirment ces organisations, parmi lesquelles l'Organisation nationale des droits de l'homme en Syrie (ONDHS), la Ligue syrienne de défense des droits de l'homme (LSDDH) et l'Organisation des droits de l'homme en Syrie (ODHS).

TUNISIE

_26 juin, Paris. Le Comité pour le respect des libertés et des droits de l'homme en Tunisie (CRLDHT) et l'Association tunisienne de lutte contre la torture (ATLT) présentent les résultats d'une enquête détaillée démontrant, témoignages à l'appui, les effets de la loi antiterroriste votée par le Parlement tunisien en décembre 2003, à la suite des attentats du World Trade Center.

En l'absence d'une définition claire du terrorisme, souligne le rapport, cette loi "a légitimé et renforcé tout l'arsenal répressif déjà impressionnant" mis en place en Tunisie : détentions arbitraires, procès inéquitables, sévices corporels et sexuels, pratique systématique de la torture, conditions inhumaines d'incarcération...

La torture et les traitements "cruels et dégradants" sont utilisés "plus que jamais" contre "des milliers de personnes", pour la plupart jeunes, soupçonnées de participation à des activités "subversives" et/ou terroristes. Et cela, "en toute impunité".

Coups, décharges électriques, viol, suspension au plafond, positions dite de la "balançoire" ou du "poulet rôti", supplice de la baignoire... Les méthodes des agents de l'Etat, souvent au siège même du ministère de l'intérieur à Tunis, mais aussi dans les commissariats de police en province, ne sont pas des "bavures".

_23 juin, Londres. Amnesty International (AI) publie, sous le titre "Au nom de la sécurité : mauvais traitements courants en Tunisie", un rapport qui souligne que la loi antiterroriste permet au pouvoir d'"ériger en infraction pénale des activités d'opposition légitimes et pacifiques".

Quant aux hommages rendus par les autorités tunisiennes aux droits de l’homme, ils ne sont que des "proclamations de pure forme", destinées à présenter "une image positive" du pays, estime Amnesty. En réalité, les forces de sécurité tunisiennes "persistent à commettre des exactions" dans une impunité "quasi totale".

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_30 avril, Tunis, A l'occasion d'un discours devant des étudiants, Nicolas Sarkozy félicite le régime du président tunisien Ben Ali.

# "Quel pays peut s'enorgueillir d'avoir autant avancé en un demi-siècle sur la voie du progrès, sur la voie de la tolérance et sur la voie de la raison ?", s'est interrogé le chef de l'Etat français, estimant que "c'est le grand mérite du président Ben Ali d'avoir continué sur cette voie sans se laisser décourager par les obstacles de toute sorte [...], sans se laisser intimider par le fondamentalisme qui est notre ennemi commun, sans se laisser intimider par l'obscurantisme, par les fanatiques".

"Alors tout n'est pas parfait en Tunisie, certes", concède-t-il, ajoutant cependant que "tout n'est pas parfait en France non plus". "Beaucoup de choses restent à améliorer, c'est certain, et ce n'est pas faire preuve de faiblesse que de le dire".

_28 avril
, Tunis. Refusant de se poser "en donneur de leçons", Nicolas Sarkozy, en déplacement en Tunisie, rend hommage, en présence de la secrétaire d'Etat aux droits de l'homme, Rama Yade, aux efforts accomplis par le président Ben Ali en matière de droits de l'homme. "Aujourd'hui, l'espace des libertés progresse [en Tunisie]. Ce sont des signaux encourageants que je veux saluer".

Le président français a également rendu hommage à "la lutte déterminée contre le terrorisme" menée par le président tunisien, ajoutant : "Croyez bien que pour la France, la lutte contre le terrorisme engagée ici, c'est important. Car qui peut croire que si, demain [...], un régime de type taliban s'installait dans un de vos pays, au nord de l'Afrique, l'Europe et la France pourraient considérer qu'ils sont en sécurité ?"

Sous le titre "Mauvaise manière", le quotidien Le Monde note, dans son éditorial du 30 avril 2008 :

"C'est une contre-vérité. Aucune ONG, aucun observateur sérieux, tunisien ou étranger, ne peut porter un tel jugement. Dans un pays où le président s'installe au pouvoir à vie, fait tabasser par des voyous, emprisonner, voire torturer, ses opposants et ne tolère qu'une presse à son service, "l'espace de liberté" régresse. Personne ne demandait à M. Sarkozy de se poser, comme il l'a dit, en "donneur de leçons". Le chef de l'Etat aurait pu choisir le silence, qui eût été une forme de décence. Avec ce satisfecit décerné au régime Ben Ali, il fait une bien mauvaise manière aux courageux démocrates tunisiens.

"Pourquoi ? Probablement au nom de ce raisonnement : c'est Ben Ali ou les islamistes. Voilà qui ajouterait l'erreur d'analyse à la contre-vérité : l'islamisme se nourrit de la suppression de toute opposition, de toute vie démocratique; il fleurit sur le terreau de l'autocratie, quand la mosquée devient le seul espace de contestation. A Tunis ou ailleurs". Le Monde, 30 avril 2008.

TURQUIE

_5 juin, Istambul. La Cour constitutionnelle turque annule l'amendement adopté au Parlement le février 2008 et autorisant le port du foulard islamique dans les universités, le jugeant contraire au principe de laïcité. Les onze juges de la Cour, qui avaient été saisis par une formation d'opposition, se sont prononcés contre le texte, estimant qu'il enfreignait les dispositions de la loi fondamentale mentionnant le caractère laïque de la République de Turquie et qui sont "non amendables", selon le communiqué de la Cour.

[Au cours des débats parlementaires, en février, le Parti de la justice et du développement (AKP), au pouvoir depuis juillet 2002, avait fait valoir que l'interdiction du voile contrevenait à la liberté de conscience et au droit à l'éducation.

L'interdiction du foulard dans les universités avait été décrétée par la junte militaire issue du coup d'Etat en février 1980. La Cour constitutionnelle s'était déjà prononcée à deux reprises dans le passé contre le port du voile dans les universités. Le Conseil d'Etat turc et la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) s'étaient également prononcés en faveur du maintien de l'interdiction.]

_30 avril, Ankara. Le Parlement turc réforme - par 250 voix contre 65, malgré les vives critiques de l'opposition nationaliste, qui a accusé la majorité de n'avoir "aucun sens de l'identité" - un article très controversé de son code pénal, attentatoire, selon l'Union européenne (UE), à la liberté d'expression. Le délit d'insulte à "l'identité turque", contenu à l'article 301 du code pénal, est remplacé par une interdiction de critiquer "la nation turque".

[L'article 301 du code pénal turc avait été utilisé afin de poursuivre en justice des centaines d'écrivains, dont le Prix Nobel de littérature Orhan Pamuk, attaqué pour ses écrits sur le génocide arménien de 1915. Le texte prévoit que des poursuites ne pourront être engagées qu'avec l'accord du ministère de la justice. La peine maximale prévue est réduite de trois à deux ans de prison.]

VATICAN

_18 avril, New York. Benoît XVI plaide, devant l'Assemblée générale des Nations unies, en faveur d'une plus grande intervention des Etats dans la défense des droits de l'homme. "Tout Etat a le devoir primordial de protéger sa population contre les violations graves et répétées des droits de l'homme, de même que des conséquences de crises humanitaires liées à des causes naturelles ou provoquées par l'action de l'homme", déclare le pape, qui invite la communauté internationale à intervenir chaque fois que des populations sont menacées, affirmant qu'il ne s'agit pas d'ingérence.

Cette action, "dans la mesure où elle est respectueuse des principes qui fondent l'ordre international, ne devrait jamais être interprétée comme une coercition injustifiée ou une limitation de la souveraineté", précise-t-il. "A l'inverse, c'est l'indifférence ou la non-intervention qui cause de réels dommages".

         Plus d'info         Plus d'info   Le discours de Benoît XVI

[Benoît XVI s'exprimait pour la première fois devant l'assemblée générale des Nations unies, où il avait été précédé par Paul VI en 1965 et Jean Paul II, en 1979 et 1995. Accueilli par le secrétaire général Ban Ki-moon, le souverain pontif a été chaleureusement applaudi à l'issue de son discours.]
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ZIMBABWE

_29 juin, Harare. Seul candidat en lice, Robert Mugabe remporte l'élection présidentielle au Zimbabwe avec neuf suffrages sur dix, pour un nouveau mandat de cinq ans. Au total, le chef de l'Etat sortant a obtenu 2'150’269 suffrages, soit 90,2 % des suffrages exprimés, contre 233’000 à l'opposant Morgan Tsvangirai, qui s'était retiré du scrutin face aux violences. Moins de la moitié des 5,9 millions d'électeurs inscrits aux registres ont voté, avec une participation officielle de 42,37 %.

[La réélection du président sortant est "une farce complète" qui témoigne du "désespoir" du régime après sa défaite aux élections générales du 29 mars, a estimé l'opposition. Robert Mugabe a déclaré, lors de son discours d'investiture, qu'il était prêt à négocier avec l'opposition. "J'ai l'espoir que, bientôt, nous mènerons des consultations entre partis politiques de différentes opinions afin d'instaurer un dialogue sérieux qui tempère nos différends et débouche sur une ère d'unité et de coopération".

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a jugé que le résultat de l’élection "n’a pas reflété la réelle volonté du peuple zimbabwéen ni produit un résultat légitime". La secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice a appelé "la communauté internationale à agir avec fermeté" à l’égard du Zimbabwe afin de mettre un terme à la violence politique dans ce pays.

La Chine, qui dispose d’un veto au Conseil de sécurité des Nations unies, s’est dit opposée à des sanctions et souhaite que "les pays africains en particulier" jouent un rôle constructif dans la résolution de la crise zimbabwéenne. Pour le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, "Mugabe est complètement illégitime, c’est un homme qui n’est pas fréquentable".]

_27 juin, New York [Nations unies]. Le Conseil de sécurité des Nations unies estime que "les conditions d'une élection libre et équitable n'étaient pas réunies" à l'occasion du second tour de l'élection présidentielle au Zimbabwe et "regrette profondément qu'il ait eu lieu dans ces circonstances", déclare l'ambassadeur américain Zalmay Khalilzad.

[L'ambassadeur d'Afrique du Sud Dumisani Kumalo, dont le pays tente une médiation dans la crise politique au Zimbabwe, a empêché l'adoption d'un projet de déclaration beaucoup plus fort. Dans sa première version, la déclaration du Conseil, qui avait été rédigée par la Grande-Bretagne, stipulait que les résultats du premier tour "[devaient] être respectés" - ce qui revenait, en substance, à déclarer que l’élection du 27 juin était illégitime et que l’opposant Tsvangirai était le vrai président du Zimbabwe.]

_26 juin, Genève. Louise Arbour demande "justice et responsabilisation" en réaction à la campagne de violences politiques qui marque le processus électoral au Zimbabwe.

"De graves violations des droits de l'homme et l'impunité qui sont principalement attribuables aux groupes découlant du parti ZANU PF au pouvoir et, dans certains cas, du parti MDC, sont inacceptables et doivent cesser immédiatement. Les victimes et leur famille méritent la justice et ceux qui ont perpétré ces crimes doivent être tenus pour responsables", déclare la haut commissaire des Nations unies aux droits de l’homme.

Louise Arbour estime que la crise actuelle que connaît le Zimbabwe est une "perversion de la démocratie", précisant que le respect des droits fondamentaux et de l'état de droit sont au coeur de tout processus politique et démocratique sérieux.

_24 juin, Harare. Le président Mugabe maintient le second tour du scrutin présidentiel, le 27 juin, bien qu'il en soit désormais le seul candidat. "L'Occident peut crier tant qu'il veut, l'élection aura lieu", déclare-t-il.

[L'opposant Morgan Tsvangirai a appelé pour sa part les Nations unies à isoler son rival. "Nous demandons aux Nations unies d'aller plus loin que sa récente résolution, qui a condamné la violence au Zimbabwe, pour incorporer un isolement actif du dictateur Mugabe, écrit-il dans une tribune publiée par le "Guardian". Pour ce faire, nous avons besoin d'une force qui protège le peuple. Nous ne voulons pas d'un conflit armé, mais il faut pour le peuple du Zimbabwe que les paroles d'indignation des dirigeants de la planète soient soutenues par la droiture d'une force militaire".]

_23 juin, New York. Le Conseil de sécurité des Nations unies estime à l'unanimité de ses quinze membres, qu'il est "impossible" d'organiser des élections libres et équitables au Zimbabwe du fait des violences et des restrictions imposées à l'opposition. Cette déclaration non contraignante, notamment acceptée par l'Afrique du Sud, la Chine et la Russie, constitue la première intervention officielle du Conseil de sécurité dans la crise au Zimbabwe.

["Le Conseil de sécurité déplore que la campagne de violence et les restrictions imposées à l'opposition aient rendu impossible la tenue d'une élection libre et équitable le 27 juin", peut-on lire dans cette déclaration. Le Conseil condamne également "le comportement du gouvernement qui a dénié à ses opposants politiques le droit de faire librement campagne".]

_23 juin, New York. Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, demande aux autorités du Zimbabwe de ne pas procéder au deuxième tour des élections présidentielles qui doit avoir lieu le 27 juin.

"Il y a eu trop de violence et trop d'intimidation. Effectuée dans de telles conditions, l'élection manquerait de légitimité", estime-t-il, ajoutant : "Cette campagne faite de menaces et d'intimidations va à l'encontre de l'esprit démocratique. L'élection doit être reportée jusqu'à ce que des conditions adéquates soient en place".

_23 juin
, Harare. Le chef de l'opposition, Morgan Tsvangirai, qui était arrivé en tête du premier tour de l'élection présidentielle, le 29 mars, trouve refuge à l'ambassade des Pays-Bas après avoir annoncé qu'il ne participerait pas au second tour.

_22 juin, Harare. Morgan Tsvangirai, chef du Mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition) et candidat de l'opposition au second tour de l'élection présidentielle du 27 juin, se retire de la course à la présidentielle, estimant que les électeurs pourraient "risquer leur vie" en votant au second tour le 27 juin. Selon lui, le président Robert Mugabe "a déclaré la guerre" à l'opposition en affirmant que "seul Dieu" pouvait lui "retirer le pouvoir".

"Nous ne participerons plus à ce qui est une parodie de processus électoral, entachée de violence et illégitime", déclare Morgan Tsvangirai au cours d'une conférence de presse à Harare.

[Le Haut représentant de l'Union européenne pour la politique étrangère, Javier Solana, a qualifié l'élection de "simulacre de démocratie" et estimé dans un communiqué que le retrait de Tsvangirai, "au regard de la campagne de violence, d'obstruction et d'intimidation systématiques", était "intolérable".

Le président français Nicolas Sarkozy a de son côté déclaré, dans un communiqué, qu'il "tient pour responsable les autorités zimbabwéennes, qui ont délibérément choisi la voie de la violence pour bâillonner le peuple du Zimbabwe [...] Il condamne la campagne de violences et les très graves exactions perpétrées par le régime du Président Mugabe contre M. Tsvangirai, les partisans de l'opposition et le peuple zimbabwéen".

Plus mesuré, le président sud-africain Thabo Mbeki a appelé Mugabe et Tsvangirai au dialogue "pour trouver une solution aux défis qui se présente au Zimbabwe".]

_18 juin, New York. Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, se dit "profondément alarmé" par la situation au Zimbabwé, estimant que "les violences actuelles, les intimidations et les arrestations de dirigeants de l'opposition ne peuvent conduire à des élections crédibles".

A Washington, la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, déclare qu'il "est temps pour les leaders africains de dire au président Mugabe que le peuple du Zimbabwe mérite des élections libres et justes, qu'on ne peut pas intimider ses opposants ni les mettre en prison".

[Le Premier ministre kényan, Raila Odinga, a appelé au déploiement " d'une force internationale de maintien de la paix, de sorte que [...] de réelles élections puissent avoir lieu". Quant à Jacob Zuma, successeur probable du président Mbeki en Afrique du Sud et président du Congrès national africain (ANC), il a admis qu'il serait "difficile de tenir une élection libre dans les conditions actuelles".]

_14 juin, Harare. Le président Robert Mugabe assure que l'opposition ne dirigera jamais le pays de son vivant et qu'il est prêt à se battre, à moins de deux semaines du second tour du scrutin présidentiel.

"Que ce pays soit pris par des traîtres de notre vivant est impossible", déclare-t-il, pendant l'enterrement d'un ancien combattant de la guerre de libération des années 1970. "Nous sommes prêts à mourir pour ce pays et à partir en guerre pour lui", assure le président Mugabe, 84 ans, et au pouvoir depuis l'indépendance en 1980 de l'ex-Rhodésie du Sud britannique.

[L'expression "traître" désigne le principal parti d'opposition, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), accusé d'être au service de l'ancienne puissance coloniale, la Grande-Bretagne, soupçonnée de vouloir reprendre le contrôle du pays.]

_13 juin, Harare. A deux semaines du 2e tour de l'élection présidentielle, la pression s'accentue sur le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), le principal parti d'opposition au président Robert Mugabe. Tendai Biti, le secrétaire général du parti, a été arrêté et la police a annoncé qu'il serait inculpé pour trahison, un chef d'accusation passible de la peine de mort. Morgan Tsvangirai, le leader du mouvement, a été interpellé et retenu pendant plusieurs heures.

[Arrivé en tête au 1er tour avec près de 5 points d'avance, Morgan Tsvangirai est donné favori pour le scrutin du 27 juin, mais ses meetings sont régulièrement interdits, il n'a quasiment pas accès aux médias et plusieurs dizaines de ses partisans sont en prison.]

_10 juin, Harare. Le chef de l'opposition zimbabwéenne, Morgan Tsvangirai, déclare qu'il ne reconnaîtra pas la légitimité de Robert Mugabe, le président sortant, s'il se déclarait réélu au second tour de l'élection présidentielle. "Le pays a été témoin d'un coup d'Etat de facto et est aujourd'hui, dans les faits, dirigé par une junte militaire", affirme le chef du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) lors une conférence de presse à Harare. "L'illégitimité de ce régime sera confirmée si Mugabe se déclare gagnant" après le scrutin prévu le 27 juin.

"Notre peuple a été exposé à une brutalité financée par l'Etat", assure-t-il, évoquant "une campagne de terreur, notamment dans les zones rurales".

_5 juin
, Harare. "Un certain nombre d'ONG [organisations non gouvernementales] impliquées dans des opérations humanitaires contreviennent aux termes et conditions de leur enregistrement [auprès des autorités zimbabwéennes]. Je donne par conséquent instruction à toutes les ONG et organisations privées de suspendre la totalité de leurs opérations de terrain jusqu'à nouvel ordre", écrit le ministre du service public, du travail et de la sécurité sociale zimbawéen, Nicholas Goche, dans une directive gouvernementale publiée le 5 juin.

[Le gouvernement précise que les ONG souhaitant travailler au Zimbabwe allait devoir demander une nouvelle accréditation et promettre de ne pas se mêler de la politique du pays. "A l'heure actuelle, il n'y a aucune ONG. [...] Nous avons demandé à toutes les ONG de présenter une nouvelle demande [d'accréditation]", a déclaré à l'Agence France-Presse (AFP) le porte-parole du gouvernement, Bright Matonga."Elles se sont impliquées dans des activités politiques et se comportaient comme des partis politiques, alors qu'elles étaient supposées compléter les efforts du gouvernement [...]. Il est apparu qu'elles avaient dévié de leur travail ordinaire. Nous voulons donc qu'elles disent clairement quelles sont leurs intentions et qu'elles soient liées par ces déclarations", a-t-il ajouté.]

_3 juin, Rome. Présent à Rome pour la conférence internationale de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le président zimbabwéen, Robert Mugabe, défend sa réforme agraire et l'expulsion des fermiers blancs. "Il y avait trois cent mille familles sans terres qui sont désormais propriétaires. Auparavant, cette terre était détenue par quelque quatre mille fermiers, principalement d'origine britannique", explique-t-il.

_28 mai, Genève. Louise Arbour condamne les meurtres d'opposants politiques au Zimbabwe. La haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme condamne "fermement", dans un communiqué publié à Genève, ces assassinats, ainsi que la poursuite des harcèlements dont sont victimes les travailleurs d'Ong, les défenseurs des droits de l'homme et d'autres membres de la société civile.

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_24 mai, Harare. Six semaines après avoir quitté le Zimbabwe, Morgan Tsvangirai, rentre dans son pays, pour le second tour à haut risque de l'élection présidentielle qui l'opposera le 27 juin au chef de l'Etat sortant, Robert Mugabe.

[Le chef du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), principal parti de l'opposition avait différé son retour, à la suite d'informations faisant état d'un complot des services de renseignement de l'armée visant à l'assassiner. Le pouvoir avait rejeté cette allégation, la qualifiant d'"écran de fumée destinée aux médias étrangers".]

_3 mai, Washington. Le deuxième tour de l'élection présidentielle au Zimbabwe ne peut être crédible, à moins que les conditions soient réunies pour un scrutin libre et transparent, redoute Human Rights Watch.

"La répression sanglante de l'opposition par le parti au pouvoir laisse penser qu'un deuxième tour libre et transparent sera une farce tragique", déclare Georgette Gagnon, la directrice pour l'Afrique de l'organisation de défense des droits de l'homme, dans un communiqué de presse. "Les violences doivent prendre fin et un processus impartial doit être mis en place avant la tenue d'un nouveau scrutin".

_2 mai, Harare. L'opposition zimbabwéenne conteste les résultats de l'élection présidentielle du 29 mars qui lui ont été communiqués par la Commission électorale, estimant que son candidat Morgan Tsvangirai a la majorité absolue requise pour l'emporter au premier tour.

Selon les chiffres officiels, le chef du Mouvement pour un changement démocratique (MDC) aurait réuni 47,9% des suffrages contre 43,2% pour le président Robert Mugabe, au pouvoir depuis 1980. Un second tour sera donc nécessaire pour les départager. Le MDC soutient que Tsvangirai a remporté 50,3% des suffrages.

_27 avril, Genève. La haut commissaire aux droits de l'homme, Louise Arbour, se déclare "alarmée" par les informations faisant état de la poursuite des violences au Zimbabwe depuis l'élection présidentielle du 29 mars 2008. Ces actes de violence seraient le fait de différents groupes politiques, notamment ceux favorables au gouvernement en place.

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_18 avril, Harare. Le président Robert Mugabe se dit satisfait de son bilan en matière de droits de l'homme, affirmant que la démocratie n'a été établie dans son pays qu'à son arrivée au pouvoir, à l'indépendance, en 1980.

"Nous entendons les Britanniques dire qu'il n'y a pas de démocratie chez nous, que les gens sont opprimés, qu'il y a une dictature, pas de respect des droits de l'homme ou de l'Etat de droit", lance-t-il devant des milliers de partisans réunis pour le 28e anniversaire de l'indépendance dans un stade de la banlieue de Harare.

"Mais, c'est nous, et non pas les Britanniques, qui avons établi la démocratie basée sur la règle de "une personne, une voix", qui avons rejeté les discriminations sexuelles ou raciales et respecté les droits de l'homme", assure-t-il. "C'est nous qui avons apporté la démocratie à ce pays et c'est nous qui avons mis un terme à l'oppression qui existait ici".

_17 avril, Harare. A la veille du 28e anniversaire de l'indépendance de l'ex-Rhodésie du Sud britannique, le président Robert Mugabe brandi la menace d'une recolonisation du pays par le Royaume-Uni, accusant l'opposition de trahison et de complot avec Londres. "Nous ne devons pas [...] baisser la garde devant l'impérialisme britannique qui est en train de se tracer un chemin, subrepticement et clandestinement, dans notre société en essayant de nous diviser", déclare-t-il.

Le pouvoir dénonce régulièrement des ingérences de l'étranger, et particulièrement du Royaume-Uni, accusé de se servir du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) de Morgan Tsvangirai pour renverser Robert Mugabe et "recoloniser" le pays. "Il y a des conséquences inévitables lorsqu'on agit en traître", assure le ministre de la justice, Patrick Chinamasa.

[Dans un entretien à la BBC, Morgan Tsvangirai a déclaré que, "actuellement, des gens sont assassinés, des maisons brûlées, des enfants molestés et des femmes violées". Pour le leader de l'opposition, qui affirme avoir remporté l'élection présidentielle du 29 mars, seul le risque de poursuites pourra décourager les auteurs de ces violences. "Les Nations unies doivent mettre sur pied un tribunal pénal international, comme elles l'ont fait pour la Sierra Leone, la RDC ou d'autres pays." Il a également évoqué "une commission de justice et vérité" qu'il compte mettre en place s'il parvient au pouvoir.]#

_13 avril, Lusaka [Zambie]. Les dirigeants d'Afrique australe appellent à la publication "diligente" des résultats de l'élection présidentielle du 29 mars au Zimbabwe.

"Le sommet demande que l'autorité électorale au Zimbabwe fasse oeuvre de diligence dans la vérification et la publication des résultats" de la présidentielle, déclare le secrétaire général de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC, 14 pays), Tomaz Salomao, à l'issue d'une réunion convoquée dans le but de trouver une solution à la crise post-électorale au Zimbabwe.


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_DROIT A L'ALIMENTATION

_18 avril, Paris. Le directeur du Fonds monétaire international (FMI) Dominique Strauss-Kahn a estimé à propos de la crise alimentaire mondiale que "le pire est peut-être devant nous", et qu'il y a même "des risques de guerre".

Interrogé sur la radio Europe 1 sur les émeutes de la faim dans de nombreux pays, il a estimé que "lorsqu'il y a des situations aussi dramatiques, ça met en cause la démocratie dans les régimes" même si "parfois ce n'est pas de leur faute".

"Les populations, assez légitimement, se tournent vers leur gouvernement, les critiquent, font tomber des gouvernements démocratiquement élus [...]. Lorsque la tension va au-delà de la remise en cause de la démocratie, il y a des risques de guerre", a-t-il affirmé, observant que "l'Histoire est pleine de guerres qui se sont commencées à cause de problèmes de ce genre". "Malheureusement, le pire est peut-être devant nous", a-t-il jugé, "tout cela est extrêmement grave, il faut que la planète s'en saisisse".

_PEINE DE MORT

_15 avril, Londres. Au moins 1'252 personnes condamnées à mort ont été exécutées dans le monde en 2007, dont un tiers en Chine, selon Amnesty International, qui précise cependant que le nombre est certainement plus élevé, de nombreuses exécutions étant effectuées sous le sceau du secret. En 2006, au moins 1'591 personnes avaient été exécutées dans 25 pays.

"L'utilisation secrète de la peine capitale doit cesser", demande Amnesty International, qui ajoute que "de nombreux gouvernements affirment que les exécutions se déroulent avec le soutien du public. Les gens ont par conséquent le droit de savoir ce qui est fait en leur nom".

Parmi les pays qui appliquent la peine de mort, la Chine arrive largement en tête avec au moins 470 exécutions, un chiffre cependant en retrait de 10% par rapport aux peines de mort appliquées en 2006. En dehors de la Chine, selon l'organisation de défense des droits de l'homme, au moins 317 personnes ont été exécutées en Iran, au moins 143 en Arabie saoudite, au moins 135 au Pakistan et 42 aux Etats-Unis. Ces cinq pays concentrent près de 90% des exécutions connues.

_TRAITES

_3 mai, New York [Nations unies]. La Convention relative aux droits des personnes handicapées et son Protocole facultatif entre en vigueur – soit 30 jours après que les Nations unies ont reçu les vingt premières ratifications. L’Equateur a été le 20ème pays à ratifier le texte, le 3 avril. Les 25 Etats qui, à ce jour, ont ratifié la Convention sont les seuls à être tenus de respecter ses dispositions.

"La Convention ne crée pas de nouveaux droits pour les personnes handicapées mais elle clarifie les obligations légales des Etats quant à la promotion, la protection et la garantie de tous les droits fondamentaux pour les personnes handicapées", explique un communiqué publié à New York.

Le texte aborde en effet la question de l’accès, de l’inclusion, de la participation et de la non-discrimination. Il crée aussi le Comité sur les droits des personnes handicapées, un nouvel organe de contrôle du traité, chargé de surveiller sa mise en oeuvre.

Pour John Flanagan, du Service de la lutte antimines des Nations unies, la nouvelle Convention revêt une importante particulière pour les survivants d’accidents causés par des mines terrestres et des restes explosifs de guerre. "Trop souvent, les victimes de mines terrestres sont exclus de leur communauté", explique-t-il, comme les enfants blessés qui doivent quitter leur école.

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