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POINTS DE VUE

Au-delà de Gaza [Abdelwahab Meddeb, Benjamin Stora]
Reconstruire Gaza et relancer le processus de paix [Ban Ki-moon]
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> JUIN
_30 juin, Jérusalem. Le ministre israélien de la défense, Ehoud Barak, affirme, à l'issue de discussions avec l'émissaire américain au Proche-Orient, George Mitchell, qu'il est prématuré de dire si Israël pourrait déclarer un gel temporaire des constructions dans les colonies juives de Cisjordanie.
[Prié de dire si Israël proclamerait un gel temporaire des constructions, il a répondu : "Je crois que c'est un peu trop tôt pour le prédire. Nous étudions toutes les contributions positives qu'Israël peut faire pour relancer un important effort de paix".]
_29 juin, Genève. Six mois après la fin de l'opération militaire "Plomb durci" lancée par Israël dans la bande de Gaza, comment vivent les Gazaouis ? Dans un rapport publié à Genève, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) dresse des perspectives alarmantes, mettant en exergue le désespoir profond d'une population qui peine à survivre au quotidien.
Le rapport du CICR [pdf]
Pour Antoine Grand, chef de la délégation du CICR à Gaza, la solution passe d'abord par un règlement politique. "La crise [à Gaza] se manifeste à tous les niveaux, et d'abord sur le plan économique. Depuis l'embargo imposé par Israël [en juin 2007, à la suite de la prise de pouvoir du mouvement islamiste Hamas], il n'y a plus d'exportations et les importations ont été réduites de trois quarts. Elles ne concernent plus que les produits de première nécessité. Du coup, les personnes gravement malades ne reçoivent pas le traitement dont elles ont besoin.
"Parallèlement, les infrastructures se sont, elles aussi, détériorées, aucun matériel de construction n'étant autorisé à pénétrer à Gaza. On estime que trois à quatre mille habitations ont été détruites [pendant le conflit] et deux à trois mille partiellement détruites. Tout cela a entraîné une nette dégradation des conditions de vie. Et même si la population bénéficie d'une aide d'urgence, les 4,5 milliards d'euros qui ont été promis par la communauté internationale lors de la conférence de Charm el-Cheikh (Egypte), en mars dernier, sont, jusqu'ici, restés lettre morte". Le Monde, 29 juin 2009.
_26 juin, Trieste (Italie). Le Quartet pour le Moyen-Orient (Etats-Unis, Fédération de Russie, Nations unies et Union européenne), réuni à Trieste, se félicite de "l'engagement du Premier ministre [israélien] Netanyahu et du président [palestinien] Abbas en faveur de la solution des deux Etats".
"Une paix durable dans la région ne peut être fondée que sur un engagement durable à la reconnaissance mutuelle, et la protection contre la violence, l'incitation à la haine et le terrorisme; ainsi que la solution des deux Etats, sur la base des engagements et obligations préalables", indique la déclaration du Quartet.
[Le Quartet a également a souligné l'importance de la "conclusion d'accords de paix entre Israël et la Syrie et le Liban, de façon à renforcer mutuellement les efforts pour établir un Etat de Palestine", ainsi que de "la pleine normalisation des relations entre tous les Etats fondée sur l'Initiative arabe de paix".
Le Quartet a, en outre, exhorté le gouvernement israélien à geler toutes les activités de colonisation et à s'abstenir de provocations à Jérusalem Est, notamment par les évictions et démolitions de maisons. Il appelle aussi l'Autorité palestinienne à faire tous les efforts possibles pour améliorer l'ordre public et lutter contre la violence extrémiste.
Les Etats arabes sont, par ailleurs, appelés à prendre des mesures pour "reconnaître à Israël la place qui lui revient dans la région".]
_24 juin, Paris. Le président Nicolas Sarkozy demande à Israël, "le gel total" de la colonisation dans les territoires palestiniens, lors d'un entretien à l'Elysée avec le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou.
"Le président de la République a appelé Israël à prendre, sans attendre, toutes les mesures possibles pour encourager la confiance" avec les Palestiniens, "à commencer par le gel total des activités de colonisation, ainsi que l'amélioration décisive des accès et mouvements pour les populations civiles palestiniennes", indique la présidence française.
_21 juin, Jérusalem. Le projet de budget israélien prévoit 250 millions de dollars de crédits pour les colonies de Cisjordanie, indique la radio militaire.
Le projet de budget voté en première lecture par le Parlement pour les années 2009 et 2010 inclut officiellement des investissements d'un milliard de shekels (250 millions de dollars). Ces crédits sont notamment destinés à des investissements dans la construction de logements et le développement d'infrastructures, ajoute la radio.
_17 juin, Jérusalem. Des agences des Nations unies et des organisations non gouvernementales rassemblent leurs voix pour exprimer leur vive préoccupation quant à la poursuite du blocus imposé par Israël contre la bande de Gaza, depuis deux ans.
"Ces sanctions indiscriminées affectent la totalité de la population de 1,5 million de personnes, alors que les femmes, les enfants et les personnes âgées sont les premières victimes", indique un communiqué publié à Jérusalem.

_16 juin, Gaza. L'ancien président américain Jimmy Carter s’entretient avec le chef du gouvernement du Hamas Ismaïl Haniyeh à Gaza. Il dénonce le blocus israélien estimant que les Palestiniens sont traités comme des "animaux" et appelle à la fin de "toutes les violences" dont sont victimes les Palestiniens et les Israéliens.
Jimmy Carter s'est rendu sur des sites détruits par l'offensive israélienne de décembre/janvier 2009, visitant une école américaine détruite dans un raid aérien israélien. "Je suis venu à l'école américaine. Elle éduquait vos enfants, elle était financée par mon pays et je constate qu'elle a été délibérément détruite par des bombes larguées par des F-16 fabriqués dans mon pays. Je me sens en partie responsable pour ce qui s'est passé et tous les Américains et les Israéliens doivent avoir le même sentiment", déclare-t-il.
"Ce n'est pas bien de voir cette destruction, mais ce n'est pas bien non plus de voir des roquettes tomber sur Sdérot [en Israël]. Toute cette violence doit cesser", ajoute-t-il.
_14 juin, Tel-Aviv. Le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, appelle "les dirigeants palestiniens à reprendre immédiatement des discussions de paix sans conditions préalables", dans son premier discours de politique étrangère depuis les élections de février, prononcé à l'université Bar Ilan, près de Tel-Aviv. "Je dis aux Palestiniens[..] : nous voulons vivre à vos côtés en relations de bon voisinage", assure-t-il.
Il pose toutefois plusieurs "conditions préalables" à l'existence d'un Etat palestinien. Avant tout, il devra s'agir d'un Etat démilitarisé. Ensuite, "le problème des réfugiés doit être résolu hors des frontières d'Israël", explique-t-il, parce que "leur retour va à l'encontre du maintien d'Israël comme Etat juif".
Benyamin Nétanyahou exige "que les Palestiniens reconnaissent de façon sincère et publique qu'Israël est le pays du peuple juif". "Le coeur du conflit a toujours été le refus des Arabes d'accepter l'existence d'un Etat juif", ajoute-t-il, assurant que "les retraits qu'Israël a opérés dans le passé n'ont pas changé cette réalité".
Sur la question de la colonisation, le Premier ministre israélien exclu un gel des constructions dans les colonies existantes au nom de la "croissance naturelle", mais il "ne souhaite pas faire construire de nouvelles colonies ou confisquer des terres à cette fin".
_1er juin, Washington. Barack Obama déclare à la radio publique américaine NPR qu'il est nécessaire de faire preuve d'une certaine fermeté envers Israël au sujet de la création d'un Etat palestinien et de la colonisation dans les Territoires. Barack Obama, qui donnait une interview à a justifié cette fermeté par le fait que la tendance générale actuelle dans la région était "profondément négative" pour les intérêts israéliens et américains.
"Je ne pense pas que nous devions modifier le soutien ferme que les Etats-Unis apportent à Israël", souligne le président américain. Mais, "nous devons maintenir une foi constante dans la possibilité de négociations menant à la paix. Et, selon moi, cela nécessite une solution à deux Etats. Cela nécessite que de chaque côté, israélien et palestinien, on honore ses obligations".
"J'ai dit très clairement aux Israéliens, en privé et en public, qu'un gel de la colonisation, croissance naturelle incluse, fait partie de ces obligations", ajoute Barack Obama, signifiant par là qu'il rejette l'argument de l'accroissement démographique pour justifier une extension des colonies dans les Territoires palestiniens.
[Lorsque Barack Obama demande "le gel de la construction, y compris de jardins d'enfants [dans les colonies], il s'écarte des ententes conclues avec Israël par le président [George W.] Bush", a répliqué le ministre de l'Environnement Gilad Erdan, un proche du Premier ministre Benjamin Netanyahu.
"En 2004, M. Bush a indiqué dans une lettre que la construction pourrait continuer dans les grands blocs d'implantations en Judée-Samarie [Cisjordanie], et c'est en vertu de ce texte qu'Israël a ensuite évacué une vingtaine de colonies dans la bande de Gaza" en 2005, a-t-il poursuivi. "Les fonctionnaires du département d'Etat américain connaissent ces ententes", a-t-il insisté.]
> MAI
_28 mai, Washington. Barack Obama rappelle à Israël qu'il est favorable à la création d'un Etat palestinien et à la fin de la colonisation. "Je crois fermement à une solution à deux Etats", la Palestine coexistant avec Israël, déclare le président américain à l'issue de son premier entretien avec Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne.
[Mahmoud Abbas a remis au président américain un document contenant des idées pour la relance du processus de paix israélo-palestinien. "Ce document ne sort pas du cadre de la feuille de route et de l'Initiative de paix arabe. Il contient des idées pour la mise en place de mécanismes d'application de ces deux plans", a-t-il précisé.
L'Initiative de paix arabe, lancée par l'Arabie saoudite en 2002, prévoit une normalisation des relations entre les pays arabes et Israël en échange du retrait israélien des territoires arabes occupés depuis 1967 et la création d'un Etat palestinien.]
_27 mai, Washington. A la veille de la première rencontre entre le président Barack Obama et le leader palestinien Mahmoud Abbas, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton exprime la position de la nouvelle administration américaine sur la colonisation israélienne depuis l'arrivée au pouvoir de M. Obama en janvier.
"Le président a été très clair quand il a rencontré le Premier ministre Nétanyahou", le 18 mai, déclare Hillary Clinton. "Il veut la fin de la colonisation : pas de colonies, pas de postes avancés, pas d'exceptions liées à la croissance naturelle".
[Mark Regev, l'un des porte-parole du gouvernement israélien, a répondu que le sort des colonies existantes serait réglé par les négociations de paix, mais qu'en attendant, "les colonies devaient pouvoir continuer à exister".
121 colonies ont été établies en Cisjordanie depuis l’occupation du territoire en 1967. Environ 300'000 personnes y vivent; plus de 200'000 autres sont installées en périphérie de Jérusalem. Officiellement, aucune colonie n’a été créée depuis 1996.
Une centaine de colonies sauvages se sont installées en Cisjordanie. Le gouvernement veut légaliser celles établies avant février 2001 et en démateler une vingtaine créées depuis cette date.]
_25 mai, Paris. Nicolas Sarkozy rappelle, dans un entretien à l'agence de presse émiratie Wam, que la création d'un Etat palestinien "indépendant, moderne, démocratique et viable", constitue la "meilleure garantie de sécurité pour Israël" et que la colonisation en Cisjordanie doit cesser. "La vérité, c'est que personne aujourd'hui ne peut penser sérieusement que l'on réussira à construire la paix au Proche-Orient sans donner aux Palestiniens l'Etat auquel ils aspirent depuis si longtemps et auquel ils ont droit", déclare le président français.
[Nicolas Sarkozy, en déplacement à Abou Dhabi pour y inaugurer la première base militaire française permanente au Moyen-Orient, souligne que "la meilleure garantie de sécurité pour Israël, c'est qu'il faut que la colonisation cesse, parce qu'elle éloigne chaque jour un peu plus la possibilité de la paix". Toutefois, il ajoute qu'il ne transigera "jamais" avec "le droit d'Israël à vivre dans la sécurité et dans la tranquillité".]
_25 mai, Paris. Nicolas Sarkozy rappelle, dans un entretien à l'agence de presse émiratie Wam, que la création d'un Etat palestinien "indépendant, moderne, démocratique et viable", constitue la "meilleure garantie de sécurité pour Israël" et que la colonisation en Cisjordanie doit cesser. "La vérité, c'est que personne aujourd'hui ne peut penser sérieusement que l'on réussira à construire la paix au Proche-Orient sans donner aux Palestiniens l'Etat auquel ils aspirent depuis si longtemps et auquel ils ont droit", déclare le président français.
[Nicolas Sarkozy, en déplacement à Abou Dhabi pour y inaugurer la première base militaire française permanente au Moyen-Orient, souligne que "la meilleure garantie de sécurité pour Israël, c'est qu'il faut que la colonisation cesse, parce qu'elle éloigne chaque jour un peu plus la possibilité de la paix". Toutefois, il ajoute qu'il ne transigera "jamais" avec "le droit d'Israël à vivre dans la sécurité et dans la tranquillité".]
_24 mai, Jérusalem. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, évoque un "Etat palestinien", pour la première fois depuis son élection, tout en indiquant avoir des "réserves" à son propos, lors de la réunion hebdomadaire du cabinet.
Benjamin Netanyahu refuse en revanche d'apporter son soutien à une solution à deux Etats (israélien et palestinien vivant côte à côte), comme le prévoit la "Feuille de route", le plan de paix lancé en 2003 par le Quartet (Etats-Unis, UE, Russie, ONU) et accepté par Israël.
"Clairement, nous devons avoir certaines réserves concernant un Etat palestinien dans un accord sur le statut final" des territoires palestiniens, déclare-t-il. "Ces choses ont été clairement exprimées devant le président [américain Barack Obama] à Washington", ajoute Benjamin Netanyahu.
_22 mai, Gaza. Les restrictions imposées aux populations à Gaza avant et après le conflit de décembre 2008-janvier 2009 par Israël continuent de détériorer la situation sanitaire dans le territoire, selon l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA).
En raison du manque de nourriture adéquate, 30% des enfants de moins de 36 mois et 50% des femmes enceintes sont anémiques. Le taux de mortalité infantile est de 15 pour 1000 en Cisjordanie et de 25 pour 1000 à Gaza, ce qui est comparable à la Syrie, au Liban et à la Jordanie, mais bien supérieur au taux de 5 pour 1000 naissances vivantes en Israël.
21 mai, Jérusalem. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu assure que Jérusalem "restera pour toujours" la capitale unifiée d'Israël, lors d'une cérémonie marquant le 42e anniversaire de la conquête et de l'annexion du secteur oriental de la ville. "Jérusalem est la capitale d'Israël. Elle l'a toujours été, le restera pour toujours et ne sera jamais divisée".
["La déclaration faite par le Premier ministre israélien préjuge du statut final" de la ville, un des enjeux du conflit israélo-palestinien, a déclaré le porte-parole adjoint du ministère français des Affaires étrangères, Frédéric Desagneaux. "Or il appartient aux parties de parvenir à un accord final et général sur le statut définitif, qui mette fin au conflit".
"Dans son discours à la Knesset, le 23 juin 2008, le président de la République (Nicolas Sarkozy) avait rappelé qu'il ne peut y avoir de paix sans la reconnaissance de Jérusalem comme capitale de deux Etats et la garantie de la liberté d’accès aux Lieux Saints pour toutes les religions", a-t-il ajouté.]
_18 mai, Washington. Le président américain Barack Obama et le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou exposent au grand jour leurs divergences sur la paix au Proche-Orient et l'Iran.
Sans surprise, Barack Obama réaffirme son soutien à la création d'un Etat palestinien à l'issue d'un entretien avec le Premier ministre israélien. "Nous avons parlé des moyens de relancer des négociations sérieuses sur les questions d'Israël et des Palestiniens", déclare le président américain, ajoutant que la "solution à deux Etats" sert les intérêts des deux camps. Il rappelle également que la "feuille de route" de 2003 soutenue par les médiateurs internationaux fixe à Israël la nécessité de geler toute activité de colonisation dans les territoires palestiniens.
Benjamin Nétanyahou, opposé à la création d'un Etat palestinien, assure de son côté que son gouvernement peut "envisager un arrangement dans lequel Palestiniens et Israéliens vivent côte-à-côte dans la dignité, sécurité et la paix".
[L'objectif de créer un Etat palestinien avait été réaffirmé fin 2007 à Annapolis par le prédécesseur de Nétanyahou, Ehoud Olmert, et le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, réunis dans le Maryland par George Bush.
LES DECLARATIONS AMERICAINES. Barack Obama déclare le 5 mai 2009 : "Je suis un fervent partisan d'une solution à deux Etats. Je l'ai dit publiquement et je le redirai en privé".
Joe Biden, vice-président, assure le 5 mai : "Israël ne doit plus construire de nouvelles colonies, il doit démanteler les colonies sauvages, il doit permettre aux Palestiniens d'aller et venir librement".
James Jones, conseiller à la sécurité nationale, estime, le 10 mai :
"Il y a beaucoup de choses que l'on peut faire pour diminuer cette menace existentielle [iranienne, comme] travailler énergiquement en faveur d'une solution à deux Etats".]
_11 mai, New York. Mettant en garde contre le risque de stagnation au Moyen-Orient, Ban Ki-moon souhaite une relance du processus de paix avec comme prochaine étape une conférence internationale à Moscou.
"Je soutiens la convocation d'une conférence internationale à Moscou" sur le Moyen-Orient, déclare le secrétaire général des Nations unies. "J'attends aussi des pays arabes et des pays de la région qu'ils jouent un rôle positif concernant la situation interne des Palestiniens, en exhortant toutes les parties à rejeter la violence et l'acquisition d'armes et à se réunifier sous l'égide d'une seule autorité palestinienne attachée au principes de l'OLP et de l'Initiative arabe de paix elle-même".
Ban Ki-moon prévient que la situation pourrait facilement se détériorer si l'on ne donne pas l'impulsion nécessaire à brève échéance et souhaite la mise en place d’un processus régional, du côté palestinien, mais aussi entre Israël et la Syrie.
"La violence et le terrorisme n'apporteront pas aux Palestiniens leur Etat et la dignité et l'expansion des colonies et les barrages n'apporteront pas à Israël la sécurité ou la paix", estime-t-il.
[Ban Ki-moon, entendu par le Conseil de sécurité des Nations unies, a insisté sur la situation à Gaza, qualifiée de "complètement inacceptable". "Quatre mois après le conflit [...], on ne peut rien faire entrer de plus que de la nourriture et des médicaments à Gaza pour assister une population qui s'est trouvée au milieu d'une zone de guerre", a-t-il regretté.
Il a rappelé que 3’800 maisons et deux dispensaires ont été détruits [lors des combats] et que 34’000 maisons, 15 hôpitaux, 41 centres de santé et 282 écoles ont subi divers dommages.]
_8 mai, Genève. La Mission d'établissement des faits du Conseil des droits de l’homme sur les violations des droits de l'homme lors du récent conflit à Gaza a commencé ses travaux à Genève.
"Je voudrais souligner que notre enquête sera concentrée non pas sur des considérations politiques, mais sur une analyse objective et impartiale du respect par les parties au conflit de leurs obligations aux termes du droit international des droits de l'homme et humanitaire, notamment leur responsabilité d'assurer la protection des civils et des non-combattants", déclare le Juge Richard Goldstone, qui dirige cette mission composée de quatre membres.
[La Mission a pour mandat "d'enquêter sur toutes les violations du droit international humanitaire et des droits de l'homme commis à tout moment dans le contexte des opérations menées à Gaza entre le 27 décembre 2008 et le 18 janvier 2009, avant, pendant ou après". Elle a l'intention de visiter les zones affectées dans le sud d'Israël et les territoires palestiniens occupés, notamment Gaza et a requis la coopération du gouvernement israélien.
Richard Goldstone est un ancien membre de la Cour constitutionnelle d'Afrique du Sud et un ancien Procureur en chef du Tribunal pénal International pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) et du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).]
_6 mai, New York. "Les négociations israélo-palestiniennes doivent reprendre sur toutes les questions essentielles, sans exception, comme l'ont accepté les parties et comme l'a demandé la résolution 1850 du Conseil de sécurité", déclare Ban Ki-moon lors d’une rencontre avec le président israélien Shimon Peres au siège des Nations unies.
Pour le secrétaire général des Nations unies, les paramètres pour la paix restent inchangés : l'établissement de deux Etats vivant côte à côte dans la paix et la sécurité sur la base du principe de la terre pour la paix et d'une paix régionale juste et globale en accord avec les résolutions du Conseil de sécurité.
"L'initiative de paix arabe, à laquelle les membres de la Ligue des Etats arabes ont réaffirmé leur attachement lors de leur récent sommet à Doha, reste une part indispensable de ce processus", a-t-il ajouté.
_5 mai, New York. Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon a transmet au Conseil de sécurité un résumé du rapport de la commission d'enquête indépendante mise sur pied pour enquêter sur neuf incidents lors desquels les locaux des Nations unies dans la bande de Gaza avaient subi des bombardements ou des tirs, attribués pour la plupart à Israël et qui avaient fait des morts, des blessés et d'importants dégâts matériels.

_4 mai, Jérusalem. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu appelle à une "nouvelle" approche en vue de parvenir à la paix avec les Palestiniens, mais ne pas fait mention de l'objectif d'une solution à deux Etats (israélien et palestinien), prônée par la nouvelle administration du président américain Barack Obama.
S’exprimant devant l'Aipac (American Israel Public Affairs Comittee), un puissant groupe de pression pro-israélien aux Etats-Unis, Benjamin Netanyahu, assure que "cette nouvelle approche […] suit une triple voie vers la paix entre Israël et les Palestiniens : une voie politique, une voie sécuritaire et une voie économique".
"La voie politique, c'est que nous sommes prêts à reprendre les négociations de paix sans délai et sans pré-conditions, le plus tôt sera le mieux". La voie sécuritaire implique la poursuite des discussions réunissant le général américain Keith Dayton en coopération avec les Jordaniens et l'Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas, en vue de soutenir les forces de sécurité palestiniennes. Enfin, "la voie économique signifie que nous sommes prêts à travailler ensemble pour lever autant d'obstacles que possibles pour le développement de [...] l'économie palestinienne".
_1 mai, Genève. "A Gaza, l'humanité arrive derrière la politique. Un misérable flux de fournitures est ce que le monde a de mieux à offrir à des civils pris au piège d'une impasse politique", déclare le secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence des Nations unies, John Holmes.
"La reconstruction et l'assistance aux plus vulnérables doit passer du secondaire à la priorité", souligne-t-il. La protection, la nourriture, l'eau, les services de santé et les abris sont des besoins humains fondamentaux, pas des objets de marchandage, a-t-il insisté.
Selon John Holmes, près de 75% des 1,5 million d'habitants de Gaza ont besoin d'une assistance. "Mais, même les importations les plus essentielles sont sujettes à des limitations drastiques de la part des autorités israéliennes".
"Israël paraît considérer la ruine de centaines de milliers de vies et de moyens de subsistance comme le prix collectif à payer pour les civils de Gaza pour les actes de quelques uns d'entre eux", ajoute-t-il.
"Si Israël a la responsabilité première de cette terrible crise de la dignité humaine, le Hamas est aussi fautif pour les attaques inutiles et indiscriminées qu'il a perpétré et autorisé depuis si longtemps", fait-il encore observer.
_1er mai, New York [Nations unies]. Les Nations unies appellent Israël à geler les ordres de destruction de maisons arabes à Jérusalem-Est, affirmant que quelque 60’000 Palestiniens sont menacés de perdre leur logement si toutes les constructions non autorisées devaient être rasées.
L'Office pour la coordination des activités humanitaires (OCHA) affirme dans un rapport que seulement 13% de la superficie de Jérusalem-Est, occupée par Israël en 1967 avant d'être annexée, sont réservés par les autorités israéliennes à la construction palestinienne, "alors qu'un tiers de Jérusalem-Est annexée a été confisqué au profit de projets de colonisation où habitent plus de 195’000 colons israéliens".
[Quelque 2’000 constructions palestiniennes ont été détruites à Jérusalem-Est depuis 1967, dont plus de 670 entre 2000 et 2008, selon l’agence des Nations unies. La politique israélienne en matière de construction dans la ville "engendre un déficit de 1’100 logements par an dans les communautés palestiniennes de Jérusalem-est", assure l'OCHA.]
> AVRIL
_30 avril, Paris. Le Monde diplomatique propose dans son Atlas 2009 une carte virtuelle de la Cisjordanie l’Archipel de Palestine orientale. Toutes les zones annexées par Israël (comme Jérusalem) ou occupées par des colonies sont représentées par de l’eau. La carte a été établie à partir de documents fournis par le Bureau des Nations unies pour les Affaires humanitaires et par l’organisation non gouvernementale B’Tselem.
La carte du Monde diplomatique
["Résultat, les terres émergées forment une myriade d’îlots séparés les uns des autres : l’effet "bantoustan" est garanti, commente Christophe Ayad, dans Libération. Ce document illustre à quel point parler de continuité territoriale palestinienne est de plus en plus illusoire. Kalkiliya, Tulkarem ne sont plus rattachés au reste de la Cisjordanie que par une route. Les zones ionterdites à la construction sont ironiquement représentées sous la forme de "réserves naturelles" ou de "côte protégée".
Dans son commentaire, Le Monde diplomatique relève que "ce grignotage des terres palestiniennes met en danger la perspective de création d’un Etat palestinien indépendant", ajoutant : "cet archipel de la Palestine peut-il vraiment constituer la base d’un Etat ?"]
_23 avril, New York. Les conclusions des enquêtes internes de l'armée israélienne la disculpant de toute violation des lois internationales lors de la guerre de Gaza "sont dénuées de crédibilité", estime Human Rights Watch (HRW).
"Les conclusions de l'armée israélienne sur le comportement de ses forces à Gaza annoncées le 22 avril sont dénuées de crédibilité et confirment la nécessité d'une enquête internationale impartiale sur les violations présumées commises par Israël et par le Hamas", souligne l’organisation américaine de défense des droits de l’homme.
"Ces conclusions sont une apparente tentative de dissimuler des violations des lois de la guerre par les forces israéliennes à Gaza. Seule une enquête impartiale est susceptible d'apporter une mesure de réparation vis-à-vis des victimes".
[L'armée israélienne a été accusée par plusieurs organisations non gouvernementales (Ong) d'avoir violé les lois internationales durant son opération à Gaza.
Le Conseil des droits de l'homme des Nations unies a chargé l'ex-procureur du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie et pour le Rwanda, Richard Goldstone, d'enquêter sur "toutes les violations des droits de l'homme" présumées durant cette offensive. Israël a indiqué qu'il ne coopérerait pas.]
_22 avril, Tel-Aviv. L'armée israélienne publie les résultats d'enquêtes internes rejetant les accusations de violations des lois internationales pendant son opération militaire dans la bande de Gaza (27 décembre-18 janvier), qui a fait plus de 1’400 morts palestiniens, dont de nombreux civils. "Les Forces de défense israéliennes (Tsahal) ont agi en vertu du droit international et dans le respect de critères très élevés de professionnalisme et d'éthique", assure le général Dan Harel, chef d'état-major adjoint des armées.
Cinq enquêtes menées par l'armée ont montré que ses forces avaient "opéré en accord avec les lois internationales", selon un communiqué israélien. Les soldats "ont maintenu un haut niveau professionnel et moral" alors qu'ils faisaient face à un ennemi qui se positionnait délibérément dans des zones civiles.
Le communiqué souligne que "l'ennemi a piégé des maisons à l'aide d'explosifs, ouvert le feu depuis les écoles de ses propres enfants et utilisé sa propre population comme bouclier humain en profitant abusivement de l'engagement légal et éthique des forces israéliennes d'éviter de blesser des civils".
[Les enquêtes de l'armée israélienne "ont révélé un très petit nombre d'incidents au cours desquels des erreurs de renseignement ou opérationnelles ont eu lieu durant les combats", ajoute toutefois le communiqué israélien.
Le général Dan Harel a notamment cité parmi ces incidents un bombardement contre le quartier de Zeitoun, au sud de Gaza-ville, au cours duquel 21 personnes ont été tuées lorsque les soldats ont tiré par erreur contre une maison alors qu'ils visaient un site de stockage de munitions.
Le fait que l'armée ait mené ces enquêtes "prouve que les forces israéliennes sont parmi les armées les plus morales au monde" a, de son côté, déclaré le ministre israélien de la Défense Ehoud Barak.]
_21 avril, Washington. Evoquant le conflit israélo-palestinien, à l'issue d'entretiens avec le roi Abdallah II de Jordanie, Barack Obama "espère que dans les prochains mois, nous commencerons à voir des gestes de bonne volonté de toutes les parties".
[Les Etats-Unis ont annoncé les visites prochaines, probablement avant début juin, du Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, du président palestinien Mahmoud Abbas et du président égyptien Hosni Moubarak. "Le président discutera [...] des mesures que toutes les parties doivent prendre pour contribuer à la paix entre Israéliens et Palestiniens et entre Israël et les Etats arabes", a déclaré le porte-parole de la Maison Blanche.]
_20 avril, Jérusalem. Le Premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, se dit prêt à reprendre des négociations de paix avec les Palestiniens "sans condition préalable". "Nous considérons la reconnaissance d'Israël en tant qu'Etat du peuple juif comme un élément important du processus de paix", précise néanmoins un haut responsable israélien sous couvert de l'anonymat.
[Lors d'entretiens à Jérusalem avec l'émissaire spécial américain George Mitchell, Benjamin Nétanyahou avait réclamé des Palestiniens "qu'ils reconnaissent l'Etat d'Israël comme l'Etat du peuple juif". Le porte-parole du président palestinien, Mahmoud Abbas, avait rejeté cette exigence, la qualifiant d'"obstacle sur la voie de la paix et de la création de deux Etats".
"La politique des Etats-Unis se concentre sur une solution à deux Etats, un Etat palestinien et l'Etat juif d'Israël, coexistant en paix", avait de son côté déclaré George Mitchell.]
_12 avril, Rome. A l'occasion des célébrations de Pâques, Benoît XVI lance un appel en faveur de la paix au Proche-Orient et en Afrique. Dans son message au monde, prononcé de la place Saint-Pierre au Vatican, le chef de l'Eglise catholique demande des "efforts renouvelés, persévérants et sincères" pour le règlement du conflit israélo-palestinien. Le pape est attendu en Jordanie et en Israël, du 8 au 15 mai 2009.
"La difficile mais indispensable réconciliation, qui est la condition première en vue d'un avenir de sécurité commun et d'une cohabitation pacifique, ne pourra devenir réalité que moyennant des efforts renouvelés, persévérants et sincères pour le règlement du conflit israélo-palestinien", souligne-t-il.
_12 avril, Jérusalem. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu propose des discussions de paix au président palestinien Mahmoud Abbas, dans le premier échange téléphonique entre les deux dirigeants depuis le retour de la droite au pouvoir en Israël.
[L'initiative de l'appel est revenue au président de l'Autorité palestinienne qui "a téléphoné au Premier ministre pour lui présenter ses voeux à l'occasion de Pessah [la Pâque juive] et souligné la nécessité d'agir pour la paix", a rapporté un communiqué de la présidence israélienne du conseil, affirmant que "l'entretien avait été chaleureux et amical". "Le Premier ministre a rappelé la coopération et les discussions qui ont eu lieu entre eux dans le passé et il a noté son intention de recommencer à l'avenir afin de faire progresser la paix entre Israël et les Palestiniens", a ajouté le communiqué israélien.]
_12 avril, Jérusalem. Le ministre des Transports Israël Katz, proche du chef du gouvernement Benjamin Netanyahu, appelle à l'élimination du chef du Hezbollah libanais, Hassan Nasrallah. "Nasrallah mérite la mort et j'espère que ceux qui savent quoi faire de lui en Israël sauront agir et lui réserver le sort qui doit lui revenir".
[Israël Katz s'exprimait à la suite de l'annonce par le procureur général égyptien, Abdel Meguid Mahmoud, de l'arrestation de 49 personnes liées mouvement chiite libanais, soupçonnées de planifier des attaques en Egypte. Hassan Nasrallah a reconnu qu'un Libanais arrêté en Egypte était bien membre de son mouvement, mais qu'il s'y trouvait en "mission logistique" pour aider militairement les Palestiniens de Gaza dans leur lutte contre Israël mais pas pour déstabiliser l'Egypte.
"Nasrallah a admis que des membres de son organisation étaient impliqués dans la contrebande d'armes iraniennes vers la bande de Gaza pour attaquer Israël. Il s'agit d'un acte de guerre au plein sens du terme et Israël doit agir en conséquence et expliquer notamment dans le monde que le Hezbollah est une organisation terroriste qui doit être désarmée", a ajouté Israël Katz. "Aujourd'hui, l'Egypte doit comprendre que l'implication de l'Iran dans la bande de Gaza via le Hamas et le Hezbollah constitue une menace intérieure pour le régime égyptien".]
_3 avril, Genève. Le Conseil des droits de l'homme des Nations unies nomme Richard Goldstone, ancien procureur en chef des Tribunaux pénaux internationaux pour l'ex-Yougoslavie et le Rwanda, à la tête de la mission d'information indépendante chargée d'enquêter sur les violations des droits de l'homme et du droit humanitaire lors du récent conflit à Gaza entre Israël et le mouvement palestinien Hamas.

_1er avril, Jérusalem. Le nouveau ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, affirme qu'Israël n'est pas lié par les engagements de la conférence d'Annapolis (Etats-Unis), en novembre 2007, sur la création d'un Etat palestinien. "Il n'y a qu'un seul document qui nous lie et ce n'est pas la conférence d'Annapolis [...] seulement la Feuille de route", a déclare-t-il lors de la cérémonie de passation de pouvoir avec l'ancienne chef de la diplomatie israélienne, Tzipi Livni. "Le gouvernement israélien et la Knesset n'ont jamais adopté Annapolis", ajoute-t-il.
[La "Feuille de route" est un plan de paix élaboré par le Quartet international pour le Proche-Orient (Etats-Unis, Union européenne, Russie et Nations unies) et qui prévoit la création d'un Etat palestinien aux côtés d'Israël. Lancé à l'été 2003, ce plan est largement resté lettre morte depuis.
A Annapolis, le Premier ministre israélien, Ehoud Olmert, et le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, avaient convenu de relancer les négociations de paix pour parvenir à un accord sur Etat palestinien comme cela est prévu par la Feuille de route.
A la suite de ces déclarations, un responsable palestinien a qualifié Avigdor Lieberman d'"obstacle à la paix".]

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