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AFGHANISTAN
_21 septembre, New York. Le commandant des forces internationales en Afghanistan, le général américain Stanley McChrystal, prévient que sans augmentation des moyens militaires dans ce pays, la coalition risquait d'y subir "un échec", dans un document secret révélé le "New York Times".
Faute de moyens supplémentaires, la coalition risque "un conflit plus long, plus de victimes, des coûts plus élevés et, au final, une érosion cruciale de soutien politique. Chacun de ces risques, à son tour, pourrait se traduire probablement par un échec de la mission", écrit le général McChrystal.
Le militaire estime aussi que "la faiblesse des institutions afghanes", la corruption, ainsi "que nos propres erreurs [...] ont donné très peu de raisons aux Afghans pour soutenir leur gouvernement". "Les insurgés ne peuvent pas nous battre militairement [...] mais nous pouvons nous battre nous-mêmes", écrit-il.
_8 septembre, Kaboul. Le chef de l'Etat afghan Hamed Karzai dispose de 54,1% des voix contre 28,3% à son principal rival Abdullah Abdullah, selon des résultats portant sur 91,6% des bureaux de vote. La Commission des plaintes annonce qu’elle dispose de "preuves évidentes et convaincantes" de fraudes dans au moins 600 bureaux de vote sur un total de 25’450.
_7 septembre, Paris. Le président afghan sortant Hamid Karzaï annonce son intention de lancer, s'il est réélu, un "dialogue de réconciliation nationale" avec les talibans "dans les cent premiers jours" de son éventuel nouveau mandat, dans un entretien publié par le quotidien "Le Figaro".
"C'est quelque chose que je vais faire dans ces cent premiers jours", précise-t-il, en ajoutant : "pas question d'un dialogue avec des talibans qui ne renonceraient pas à leurs liens avec Al-Qaïda, ou qui refuseraient de reconnaître la Constitution afghane".
"C'est quelque chose que l'Arabie Saoudite doit bien retenir", observe-t-il, en évoquant implicitement le rôle d'intermédiaire que joueraient les Saoudiens auprès des talibans. Il précise qu'il est prêt "dès demain" à accorder des sauf-conduits aux talibans pour qu'ils puissent venir négocier à Kaboul.
_4 septembre, Kaboul. Plus d’une centaine de personnes tuées dans
un bombardement de l'OTAN dans le nord de l'Afghanistan. Selon les autorités de la province de Kunduz, la plupart des morts sont des talibans. Néanmoins, "un petit nombre de victimes sont des civils, dont quelques enfants", annonce Mahbubullah Sayedi, le porte-parole du gouvernement de la province. Les victimes civiles (25, selon certaines estimations) "étaient venues chercher de l'essence gratuitement" dans ces camions-citernes.
Anders Fogh Rasmussen, le secrétaire général de l'OTAN, a promis une enquête "immédiate et complète" sur cette frappe aérienne visant deux camions-citernes d'essence. Les deux camions-citernes en question avaient été dérobés par les talibans dans la province de Kunduz.
[Plusieurs pays européens ont réclamé l'ouverture d'une enquête "sans attendre" et une révision de la stratégie de l'Otan. "Nous devons travailler avec les Afghans et non pas les bombarder. [...] C'est une grosse erreur. Il doit y avoir une enquête. Nous devons enquêter et dénoncer les responsabilités", a déclaré le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner.
"Il est très difficile d'accepter et de comprendre qu'on puisse larguer des bombes aussi rapidement. C'est une catastrophe, ce qui s'est passé, pour l'image aussi du monde que nous représentons ici", a souligné, de son côté, son homologue luxembourgeois, Jean Asselborn. "Il faut que les règles soient respectées. Larguer des bombes dans un pays où on est là pour protéger la population civile, c'est quelque chose qui doit être très exceptionnel et ce qui s'est passé hier, je ne peux pas l'accepter".]
_25 août, Kaboul. Le président afghan Hamid Karzaï recueille 41% et son principal rival, l'ancien ministre des Affaires étrangères, Abdullah Abdullah, 39%, après dépouillement d'un dixième des suffrages exprimés lors de la présidentielle, annonce le président de la commission électorale.
_23 août, Washington. L'Afghanistan est encore dans une situation vulnérable face à la menace d'insurgés qui tentent de reprendre en main le pays, et cette menace ne va pas disparaître de sitôt, déclare le chef de l'état-major interarmées, l'amiral Mike Mullen.
_21 août, New York. Le Conseil de sécurité des Nations unies salue la tenue de l'élection présidentielle et des élections aux conseils provinciaux le 20 août 2009 en Afghanistan. "Ils réitèrent l'importance de ces élections au moment où le pays, travaillant de concert avec d'autres membres de la communauté internationale, continue de faire des progrès vers la réalisation de ses objectifs, et ils félicitent le peuple afghan pour sa participation à ces élections historiques", affirme le Conseil dans une déclaration.
La déclaration condamne "les actes perpétrés par ceux qui ont cherché à faire taire la voix du peuple afghan en tentant de troubler les élections". "Les membres du Conseil condamnent les activités violentes et terroristes des Taliban, d'Al-Qaida et d'autres groupes extrémistes visant à déstabiliser le pays", ajoute-t-il.
[Outre le président sortant Hamid Karzai, qui se représentait, 40 autres candidats étaient en compétition dont l'ancien ministre des affaires étrangères Abdullah Abdullah, ainsi que deux femmes. Selon la presse, les violences dans le pays visant à intimider les électeurs auraient fait au moins 26 morts.]
_2 août, Londres. Les députés britanniques rendent public un rapport accablant sur la mission militaire internationale en Afghanistan. Après huit ans de présence dans le pays, les forces internationales, dirigées depuis 2003 par l'OTAN, sont loin d'avoir obtenu les résultats escomptés en raison notamment de "l'absence d'une stratégie cohérente basée sur les réalités de l'histoire, de la culture et de la politique de l'Afghanistan", assurent-ils. La commission des affaires étrangères de la Chambre des communes met notamment en cause "l'important manque de sensibilité culturelle" de certains militaires de la coalition, dont les dégâts "seront difficiles à réparer". Le rapport déplore également que l'effort de guerre ne soit pas mieux réparti entre les différents pays.
[A l'approche des élections présidentielle et provinciales du 20 août, l'Afghanistan connaît un regain de violences. Le 1er août, six soldats de l'OTAN - trois Américains, un Français et deux Canadiens - ont été tués. Un nouvel attentat, survenu le 3 août, a fait douze morts à Herat (ouest de l'Afghanistan).]
_8 juillet, New York. La violence contre les femmes en Afghanistan est en hausse et reste largement impunie, dénonce le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour ce pays, Kai Eide, à l'occasion de la présentation d'un rapport sur cette question.
"Les communautés en Afghanistan ne s'attaquent pas véritablement à la violence contre les femmes et cette situation risque de renvoyer le pays en arrière", souligne Kai Eide. "Le problème n'est pas que la violence contre les femmes soit tolérée. Elle ne l'est pas. Le problème, c'est que la violence contre les femmes n'est pas remise en cause ou condamnée. Et cela a des implications tant pour les innombrables victimes que pour le développement futur du pays", ajoute-t-il.
Le rapport [En anglais]
AFRIQUE
_31 septembre, Tripoli. Ouvrant un sommet de l’Union africaine (UA), le numéro un libyen Mouammar Kadhafi s’en prend à Israël, accusant l'Etat hébreu "d'être derrière tous les conflits en Afrique".
Israël est "derrière tous les conflits en Afrique", a proclamé en ouverture le colonel Kadhafi, qui a appelé à la fermeture de toutes les ambassades israéliennes sur le continent.
[Une trentaine de chefs d'Etat africains, dont le président soudanais Omar el-Béchir, ont assisté cette "session spéciale" consacrée aux guerres sur le continent et organisée à la veille des célébrations du 40e anniversaire de l'accession au pouvoir du président libyen. Outre Omar el-Béchir, poursuivi par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes au Darfour, le président du Zimbabwe Robert Mugabe était également présent. En revanche, les présidents sud-africain (Jacob Zuma), sénégalais (Abdoulaye Wade), nigérian (Umaru Yar'Adua) et ougandais (Yoweri Museveni) étaient absents.
_3 juillet, Syrte (Libye). Les dirigeants africains décident de ne "plus coopérer" avec la Cour pénale internationale (CPI), vilipendée par leur hôte Mouammar Kadhafi, pour arrêter le président soudanais Omar el-Béchir, qui est sous le coup, depuis mars 2009, d'un mandat d'arrêt de la CPI, pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour (ouest du Soudan).
Dans une résolution adoptée à la fin d'un sommet tenu en Libye, l'Union africaine (UA) reproche notamment au Conseil de sécurité des Nations unies de ne pas avoir répondu à se demande de suspension des poursuites contre Omar el-Béchir. En conséquence, il a été décidé que les Etats membres de l'UA "ne coopéreront pas" avec la CPI "dans l'arrestation et le transfert" de l'accusé, au nom de son immunité présidentielle.
[Les chefs d'Etat africains ont décidé de remplacer l'actuelle Commission de l'UA par une "Autorité" disposant d'un rôle de "coordination" en matière de "politique de défense commune". Il s'agit, selon les diplomates, d'une timide avancée vers les "Etats-Unis d'Afrique" dont Mouammar Kadhafi a fait son grand projet.]
_1er juillet, Paris. L’assassinat du président bissau-guinéen, Bernardo Joao "Nino" Vieira, en mars 2009, a porté à 31 le nombre de chefs d’Etat africains tués en quarante ans, rapporte l’"International Magazine". Selon Jean Ping, le président de la Commission de l’Union africaine (UA), cette moyenne approximative d’un chef d’Etat tué par an marque une "évolution politique régressive, inquiétante et qui appelle une réponse cohérente de la part des instances compétentes de notre Union".
ALGERIE
_20 août, Alger. Abdelaziz Bouteflika offre "la main tendue de l'Etat" aux islamistes armés pour qu'ils se rendent en échange du pardon, mais aussi sa fermeté à poursuivre la lutte contre le "terrorisme en déclin".
Le président algérien compte maintenir "les mesures de réconciliation nationale comme une des bases sous-tendant l'édification de la paix et de la stabilité dans le pays", déclare-t-il, à l'occasion de la célébration de la Journée nationale du moudjahid (combattant), selon l'agence APS.
"Il s'agit pour nous de réunir les conditions propices au développement en donnant une chance à ceux qui se sont égarés pour s'être trompés de repères religieux ou pour avoir été trompés par des mercenaires qui professent le crime organisé et la destruction de la société algérienne pour des raisons aussi abjectes que douteuses", ajoute-t-il.
ALLEMAGNE
_27 septembre, Berlin. Les électeurs allemands reconduisent à la chancellerie la conservatrice Angela Merkel, pour un nouveau mandat de quatre ans. Les conservateurs (CDU/CSU) et leurs alliés libéraux du FDP remportent une majorité confortable, avec 332 députés sur les 622 que comptera le Bundestag.
[Les sociaux-démocrates (SPD), qui gouvernaient avec Angela Merkel depuis quatre ans dans une "grande coalition" et dont le candidat à la chancellerie était le ministre des affaires étrangères sortant Frank-Walter Steinmeier, enregistrent leur plus bas score historique, à 23 %. Die Linke (gauche radicale), qui déborde le SPD sur sa gauche, fait pour sa part un bond de 8,7 % en 2005 à 11,9 %. Les Verts enregistrent un résultat record de 10,7 %, franchissant pour la première fois la barre des 10 %.]
_8 septembre, Berlin. Les députés allemands adoptent une loi qui réhabilite les quelque 30’000 "traîtres de guerre" condamnés sous le régime nazi, marquant ainsi l'aboutissement de décennies d'efforts.
[Les tribunaux militaires nazis ont prononcé quelque 30’000 condamnations à mort pour désertion ou trahison en temps de guerre, et environ 20’000 personnes ont été exécutées, selon les historiens. Quelque 100’000 personnes ont été condamnées à des peines d'emprisonnement.
Ces sentences ont été prononcées pour des cas de désertion, d'actes de résistance au régime, d'aide aux Juifs, et même pour de simples remarques critiques à l'égard des nazis formulées en privé et rapportées aux autorités. En 2002, le Parlement avait révoqué toutes les peines prononcées contre les déserteurs et objecteurs de conscience, mais pas celles contre les "traîtres de guerre".]
_3 juillet, Berlin. Le dernier grand procès d'un criminel nazi présumé, John Demjanjuk, 89 ans, devrait avoir lieu cet automne. D'origine ukrainienne, ce dernier est suspecté d'avoir participé au meurtre de 29’000 juifs, en 1943, en tant que gardien dans le camp d'extermination de Sobibor, en Pologne. L'accusé a été extradé en mai des Etats-Unis vers l'Allemagne.
[La défense de John Demjanjuk conteste tous les faits qui lui sont reprochés. Confondu avec "Ivan le terrible", l'homme qui dirigeait les installations de gazage de Treblinka, il avait déjà été jugé une première fois et condamné à mort en Israël en 1988, avant d'être acquitté.]
_2 juillet, Berlin. Un projet de loi qui réhabilite ceux qu'on appelait les "traîtres de guerre", présenté au Bundestag, la chambre basse du Parlement allemand. "Les éléments constituant la trahison de guerre se sont révélés être un instrument de la justice nazie, pour punir de manière arbitraire, par la peine de mort, presque tout comportement politique mal vu", peut-on lire dans le texte du projet.
Le projet de loi concerne non les déserteurs de la Wehrmacht, dont les condamnations ont été levées en 2002, mais de soldats qui ont pris part à une résistance politique : certains ont aidé des prisonniers de guerre ou des juifs, d'autres ont distribué des tracts pour appeler à la résistance ou vendu des armes sur le marché noir. Parmi eux figurent deux prisonniers de guerre français condamnés pour leurs contacts avec la Résistance française. Source : Le Monde, Paris.
AMERIQUE LATINE
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22 juillet, Bogota. La Fédération internationale des Ligues de droits de l’homme (FIDH) et l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) affirment que la situation des militants des droits de l’homme est "très inquiétante", en particulier dans cinq pays (Colombie, Cuba, Venezuela, Nicaragua et Pérou).
Selon Eric Sottas, secrétaire général de l’OMCT, les agressions visant les défenseurs des droits de l’homme ont augmenté. "En 2008, les militants ont été confrontés à une hostilité constante de la part des autorités" de ces pays, souligne-t-il, indiquant que l’OMCT et la FIDH s’inquiètent du nombre d’exécutions extrajudiciaires et de disparitions.
ANGLETERRE
_20 septembre, Londres. Alec Jeffreys, le père de l'empreinte génétique, prônait dans les années 1990 le fichage génétique généralisé de toute la population du Royaume-Uni. Mais, vingt-cinq ans après sa découverte, il se montre plus réservé sur les bases de données d'empreintes du gouvernement britannique.
Dans une interview à la BBC, il se prononce en faveur d'une modification de la loi qui permette d'effacer des registres les personnes qui ont été innocentées. "Il y a aujourd'hui 800’000 personnes dans nos bases de données qui sont totalement innocentes. C'est plus que l'ensemble des personnes fichées génétiquement en Allemagne ou en France", déclare-t-il. "Cela pose de graves problèmes de discrimination et de respect de la vie privée [...]. Ces personnes ne devraient tout simplement pas figurer dans ces bases de données".
[En décembre 2008, la Cour européenne a jugé que la conservation des empreintes génétiques de personnes innocentées était illégale, mais la loi britannique n'a pas encore été modifiée en ce sens.]
ARABIE SAOUDITE
_13 juillet, Riyad. L'Arabie saoudite annonce une nouvelle réglementation, assortie de peines de prison et d'amendes, pour lutter contre le trafic d'êtres humains, qui lui vaut depuis des années des critiques à l'étranger.
Le texte définit comme trafic d'êtres humains le fait de soumettre un subordonné à des violences sexuelles, au travail forcé, à la mendicité, à l'esclavage ou à des pratiques assimilées à l'esclavage, à l'asservissement, à l'ablation d'organes ou à des expériences médicales.
ARGENTINE
_20 août, Buenos Aires. L'ancien général Jorge Rafael Videla, reconnu coupable de violations des droits de l'homme durant la dictature militaire (1976-1983), sera à nouveau jugé pour la torture et le meurtre de 32 prisonniers politiques à Cordoba (centre du pays), annoncé le Centre d'information de la justice.
Agé de 83 ans, l'ex dictateur, dont le régime est responsable de la disparition de 30’000 personnes, selon des organisations des droits de l'homme, avait été condamné à la réclusion à perpétuité en 1985, puis amnistié en 1990 par l'ex-président Carlos Menem.
[Poursuivi pour plusieurs violations des droits de l'homme, dont des vols de bébés d'opposants, Videla avait été placé en arrêt domiciliaire pendant dix ans, de 1998 à 2008. Depuis octobre 2008, il est en détention dans une prison, située toutefois dans l'enceinte d'un régiment près de Buenos Aires.]
BIRMANIE
_18 septembre, New York. Ban Ki-moon salue la libération de quelques prisonniers politiques et renouvelle son appel à la libération de ceux qui sont toujours détenus, dont la chef de l'opposition Daw Aung San Suu Kyi.
Le secrétaire général des Nations unies "réitère son appel aux autorités du Myanmar à prendre des mesures supplémentaires pour libérer les prisonniers politiques restant, dont Daw Aung Suu Kyi, afin de pouvoir se diriger vers un processus national de réconciliation crédible et une transition démocratique".
_10 septembre, Bangkok. Les groupes français Total et américain Chevron enrichissent la junte birmane avec un projet gazier et pétrolier, et dissimulent les exactions commises par les forces de sécurité sur les populations locales, affirme l’organisation non gouvernementale américano-thaïlandaise "EarthRights International" (ERI).
L’Ong affirme, dans deux rapports distincts, que "le projet de gaz de Yadana de Total et Chevron a généré 4,83 milliards de dollars pour le régime birman". La très grande majorité de cet argent, assure l'organisation en citant des sources "confidentielles et crédibles", échappe au budget national et repose dans des banques basées à Singapour, l'Overseas Chinese Banking Corporation (OCBC) et le groupe DBS.
SUR LE WEB
EarthRights International
Total
[Total, quatrième groupe pétrolier mondial, est présent en Birmanie depuis 1992 sur le champ gazier de Yadana, dont il possède 31,24%. Chevron détient pour sa part 28% des parts de ce champ, qui représente 60% du volume des exportations de gaz de la Birmanie vers la Thaïlande. Les deux groupes se retrouvent régulièrement cités dès lors que sont évoquées des sanctions renforcées contre la junte birmane.
Dans une déclaration à l’Agence France-Presse (AFP), le directeur des relations extérieures de Total, Jean-François Lasalle, a précisé qu’une "première lecture [du rapport] nous a déjà permis d’identifier des inexactitudes, des amalgames, des imprécisions ou des interprétations erronées". Total se dit surpris "que ce rapport ne reconnaisse, à aucun moment, les bénéfices de notre présence, notamment dans les domaines de l’éducation et de la santé".
Pour sa part, le directeur général de Total, Christophe de Margerie, a exclu une nouvelle fois de se retirer de Birmanie, dans un entretien au quotidien "Le Parisien". "Le fait de partir ne fera pas plus respecter les droits de l'homme", assure-t-il. "Le règlement du problème birman ne passera pas par Total. C'est un problème politique qui dépasse largement l'entreprise".]
_12 août, Genève. Réagissant à la condamnation de la chef de l'opposition Aung San Suu Kyi par un tribunal birman, la haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, déplore "la persécution depuis près de 25 ans d'un dirigeant démocratiquement élu".
"Je suis gravement troublée par sa détention arbitraire et le fondement des accusations portées contre elle, alors qu'il s'agissait manifestement d'un événement hors de son contrôle", souligne Navi Pillay. La haut commissaire fustige également "l'incapacité du tribunal à examiner préalablement la légitimité de son assignation à résidence", alors que cette dernière avait été déjà prorogée au-delà de la limite prévue par le droit birman.
Un verdict inadmissible [Gordon Brown]
[Daw Aung San Suu Kyi, 64 ans, Prix Nobel de la Paix, a été condamnée le 11 août à trois ans de travaux forcés pour avoir violé les termes de son assignation à résidence, une condamnation qui a été rapidement commuée en une nouvelle assignation à résidence d'une durée de 18 mois.
Aung San Suu Kyi, chef de la Ligue nationale de la démocratie ayant remporté les élections en 1990, vient de passer cinq ans assignée à résidence. Alors que sa libération présumée était proche, un nouveau procès avait été ouvert en mai à son encontre concernant un incident au cours duquel un étranger avait réussi à pénétrer dans la maison où elle a été détenue au cours des 14 des 20 dernières années.
Navi Pillay s'est associée au secrétaire général des nations unies, Ban Ki-moon, dans son appel à la libération immédiate et sans conditions d'Aung San Suu Kyi et de tous les prisonniers politiques en Birmanie.
Elle a notamment cité le cas de deux candidats de la Ligue nationale pour la démocratie élus au parlement en 1990, arrêtés et condamnés à 15 ans de prison pour avoir exprimé leur préoccupation à Bam ki-moon sous la forme d'une lettre. Une telle condamnation impose une sentence très lourde pour avoir simplement exercé son droit à la liberté d'expression, affirme Navi Pillay.]
_4 juillet, Rangoon. La junte birmane met son veto à une entrevue entre le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, et l'opposante Aung San Suu Kyi - refus que Ban Ki-moon qualifie de "revers pour la communauté internationale".
[Ban Ki-moon, arrivé le 3 juillet en Birmanie pour une mission qu'il avait lui-même jugée "très difficile", espérait faire bouger les choses sur les plans politique et des libertés, au risque de voir son prestige terni en cas d'échec face aux généraux qui gouvernent le pays, un des plus fermés du monde.
Devant des diplomates à Rangoun, le secrétaire général des Nations unies a brossé le portrait de la Birmanie démocratique dont il souhaite l'avènement : "Je suis ici aujourd'hui pour vous dire : "Birmanie, tu n'es pas seule". Nous voulons travailler avec toi pour que tu sois un pays unifié, pacifique, prospère, démocratique et moderne". Mais, a-t-il ajouté, "le bilan de la Birmanie en matière de droits de l'Homme reste un sujet de grave préoccupation".]
CAMEROUN
_11 juillet, Douala. L'archevêque de Douala, le cardinal Christian Tumi, et quelque 20’000 personnes, manifestent contre l'avortement médicalisé et l'homosexualité. La manifestation a été organisée par l'Eglise catholique.
La marche était une protestation "contre la ratification par le Cameroun du protocole de Maputo", a déclaré l'abbé André Mbem, un responsable de l'archidiocèse de Douala, en référence à un texte sur les droits des femmes ratifié en mai par Yaoundé. Selon lui, ce texte "ouvrirait la voie à la légalisation de l'avortement et de l'homosexualité" interdits dans le pays.
[Fin juin, la Conférence épiscopale nationale avait dénoncé un article du protocole de Maputo, qui autorise le recours à "l'avortement médicalisé" dans certaines situations. Elle n'avait pas pris position sur l'homosexualité.
Au Cameroun, l'avortement est autorisé seulement en cas de viol ou lorsque la vie de la femme est en danger. La législation criminalise les pratiques homosexuelles, prévoyant des peines pouvant aller jusqu'à cinq ans de prison ferme.
Le 10 juin, à Genève, devant le Conseil des droits de l’homme, Joseph Dion Ngute, ministre délégué au ministère des Affaires étrangères du pays, avait déclaré que, en "l'état de la culture du Cameroun, l'homosexualité n'apparaît pas comme une valeur admise par la société", assurant qu'un Etat peut restreindre un droit ou une liberté "afin de satisfaire aux justes exigences de la morale, de l'ordre public et du bien-être général".]
CHINE
_4 août, Lausanne. Au premier jour de son passage à Lausanne, le dalaï-lama appelle la communauté internationale à faire la lumière sur les violences qui ont ensanglanté le Tibet en 2008.
Selon lui, plus de 200 personnes ont été tuées. Mais en fait, ce sont "sans doute plus de 1000 personnes" qui ont perdu la vie. Environ 4’000 Tibétains sont maintenus en prison, sans jugement et sans que l'on sache vraiment où ils sont, a déploré le chef spirituel des Tibétains.
Interrogé sur une résolution du conflit avec les Chinois, le dalaï-lama se montre partagé, mais relativement optimiste. "C'est une question de temps. La cause tibétaine est juste et morale, même si localement c'est sans espoir" avec une occupation qui dure depuis 60 ans.
_2 août, Pékin. 319 personnes soupçonnées d'être impliquées dans les émeutes ouïgoures du début juillet au Xinjiang sont détenues par la police, annonce l'agence officielle "Chine nouvelle". Ces arrestations ont été opérées à Urumqi, la capitale de la province, "ou dans d'autres régions du Xinjiang", à la suite de la diffusion, le 30 juillet, d'une liste, assortie de photos, de quinze suspects ouïgours, précise l'agence.
"Les suspects devront répondre d'accusations liées aux émeutes", qui ont fait officiellement 197 morts - pour l'essentiel des Chinois de l'ethnie majoritaire Han - et plus de 1’600 blessés, ajoute l’agence..
[Les autorités chinoises ne donnent pas le chiffre total de personnes arrêtées en liaison avec ces émeutes. Elles parlaient jusqu'ici de plus de 1’500 arrestations de personnes, dont aucune n'a été inculpée ou remise en liberté.]
_29 juillet, Pékin. Arrestation, à Pékin, de Xu Zhiyong, 36 ans, l'un des fondateurs de Gongmeng, l'organisation qui sert de plate-forme aux avocats des droits de l'homme et dont les autorités ont décrété la fermeture le 17 juillet.
"La mise au pas de Gongmeng est la dernière en date des représailles envers les avocats des droits de l'homme. Plus d'une vingtaine d'entre eux n'ont pas pu renouveler leur licence, fin mai, à la suite de pressions exercées par les autorités de tutelle sur les firmes qui les emploient, écrit Brice Pedroletti, dans Le Monde [2-3 août 2009]. L'enlèvement de militants par des équipes de la sécurité d'Etat est une autre méthode d'intimidation. Teng Biao, un des fondateurs de Gongmeng, fut ainsi enlevé en mars 2008.
"Avocat, professeur de droit à l'université des télécoms de Pékin, et représentant au Congrès du peuple de l'arrondissement de Haidian à Pékin (où il a été réélu en 2006 pour cinq ans), Xu Zhiyong était constamment sur le terrain, recueillant les témoignages de pétitionnaires rossés à l'hôpital. Ce partisan de la non-violence a également affronté les gardes de "prisons secrètes" où d'autres militants sont détenus, à Pékin".
_12 juillet, Istanbul. Plusieurs milliers de Turcs protestent, à l'appel d'un parti islamiste, pour dénoncer la répression chinoise dans la province autonome ouïgoure du Xinjiang. "Chine criminelle, libère le Turkestan oriental !", scandent les manifestants.
[Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a dénoncé les "atrocités" commises au Xinjiang, ainsi qu’une "forme de génocide, dans laquelle des centaines de personnes ont été tuées et plus d'un millier, blessées".
La presse chinoise a répliqué en rappelant à Ankara que les Turcs s'étaient, eux, rendu coupable d'un génocide contre les Arméniens, qu'ils réprimaient l'insurrection kurde du PKK. La Chine a dénoncé les "rêves" de l'idéologie "panturque".]
_8 juillet, New York. Dans les colonnes du Wall Street Journal Asia, la dissidente ouïgoure en exil, Rebiya Kadeer, affirme que 400 Ouïgours, des musulmans turcophones, sont morts à la suite "des tirs de la police et après avoir été battus" dans la capitale du Xinjiang, le 5 juillet. Elle cite des sources ouïgoures au sein du "Turkestan oriental", nom que les militants musulmans utilisent pour désigner cette région du nord-ouest de la Chine.
Selon la dirigeante du Congrès mondial ouïgour (CMO), les troubles s'étendent à d'autres zones du Xinjiang, notamment à Kashgar, dans l'extrême Ouest, où des informations non confirmées ont fait état de 100 morts. Elle dénonce des mesures sécuritaires visant les Ouïgours alors que, selon ses sources, "les autorités chinoises mènent des perquisitions maison après maison et arrêtent les hommes ouïgours".
Pourquoi les Ouïgours ne se sentent pas chinois [Didier Chaudet]
_8 juillet, Urumqi. Des dizaines de milliers de membres des forces de sécurité ont été déployés dans la ville pour prévenir toute nouvelle flambée de violence à Urumqi, après trois jours de troubles interethniques dans la capitale régionale du Xinjiang.
Leurs mouvements visent à séparer les Ouïghours, principale communauté musulmane de cette région de l'extrême nord-ouest de la Chine, des Hans, l'ethnie majoritaire dans le pays, afin d'éviter une répétition des violences.
_7 juillet, Genève. Navi Pillay se déclare alarmée par le grand nombre de victimes lors des émeutes d'Urumqi. "Il s'agit d'un nombre incroyablement élevé de morts et de blessés pour moins d'une journée d'émeutes", relève-t-elle. "C'est une tragédie de grande ampleur" ajoute la haut commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, qui demande que les personnes arrêtées soient traitées dans le respect des procédures et des droits fondamentaux protégés par la Chine.
Navi Pillay demande aux autorités chinoises de respecter le droit des manifestants à défiler de façon pacifique soit respecté. "Je reconnais que les autorités ont le devoir essentiel de maintenir l'ordre [...], mais il est vital que les autorités ne recourent à la force que si elle est absolument inévitable afin de protéger des vies humaines", souligne-t-elle.
_6 juillet, Pékin. Comme au Tibet en mars 2008, la Chine affronte une vague de graves troubles interethniques dans le nord-ouest du pays, le Xinjiang. Selon l’agence officielle Chine nouvelle, des émeutes à Urumqi, capitale régionale du Xinjiang, ont fait, le 5 juillet, 156 morts et 816 blessés. Plus de 1’400 personnes ont été arrêtées.
Les heurts interethniques sont réguliers dans cette région de vingt millions d'habitants, majoritairement musulmans, issus de différentes communautés ethniques (Ouïghours, Kazakhs, Kirghizes, Tadjikes, Ouzbeks, Mongols notamment).
[La Chine attribue la responsabilité des émeutes - qui ont visé les Hans, l'ethnie majoritaire dans le pays - à la dissidence ouïgoure en exil, et notamment au Congrès mondial ouïgour de Rebiya Kadeer, arrivée en mars 2005 aux Etats-Unis après une détention en Chine de presque six ans et son exil forcé par Pékin. L'organisation ouïgoure aurait incité à la violence avec des appels sur Internet à ses sympathisants pour qu'ils se montrent "plus braves" et "fassent quelque chose de gros".
Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a appelé à un respect du droit de manifestation. "Il s'agit d'un principe de base de la démocratie. Je renouvelle mon appel en ce sens à tous les pays du monde", a-t-il déclaré. "Toutes les différences d'opinion, internes ou internationales, doivent être réglées pacifiquement et par le dialogue".]
CONGO | REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE
_9 septembre, New York. Deux nouveaux rapports des Nations unies révèlent une série de violations des droits de l'homme commises fin 2008 à l'Est de la République démocratique du Congo (RDC) par les forces gouvernementales et la milice dénommée CNDP, y compris d'éventuels crimes de guerre et crimes contre l'humanité.
Selon la haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, ces deux rapports montrent l'urgente nécessité pour le gouvernement congolais et la communauté internationale de procéder aux "réformes essentielles" du système judiciaire et du secteur de la sécurité du pays.

_3 septembre, Genève. Le Conseil oecuménique des Eglises (COE) appelle ses Eglises membres à "condamner publiquement" comme étant un "péché" les violences sexuelles contre les femmes en République démocratique du Congo.
"En RDC, les crimes brutaux de violence sexuelle à l'égard des femmes ont massivement augmenté et sont devenus omniprésents dans le pays, particulièrement depuis le début des opérations militaires de janvier 2009", a déploré le Comité central du COE.
Dans une déclaration adoptée mercredi, le COE "demande instamment à toutes les parties au conflit armé de s'engager immédiatement à mettre fin à tous les actes de violence sexuelle contre les femmes et les jeunes filles en RDC". Il demande également au gouvernement de la RDC de "mettre fin à l'impunité dans les cas de viol et d'élaborer une stratégie efficace de lutte contre la violence sexuelle, en poursuivant en justice" ses auteurs.
"Des milliers de femmes et de jeunes filles ont subi le viol et l'esclavage sexuel forcé, [et sont] souvent, en outre, enrôlées de force dans l'armée", déplore encore le COE.
[Selon les Nations unies, au moins 200’000 femmes ont été violées dans la région du Sud-Kivu (est de la RDC) depuis 1996. Le Conseil oecuménique des Eglises, basé à Genève, réunit 349 Eglises protestantes, orthodoxes, anglicanes et autres, représentant plus de 560 millions de chrétiens. L'Eglise catholique ne fait pas partie de l'organisation.]
_16 juillet, Bruxelles. L’armée congolaise est responsable de milliers de viols demeurés impunis, selon un rapport publié à Bruxelles par Human Rights Watch (HRW). "Les violences sexuelles perpétrées par l'armée [le Sud-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo] demeurent généralisées", relève l’organisation non gouvernementale, qui s'est concentré sur les exactions des forces armées "régulières" (FARDC), et non sur celles des groupes rebelles qui utilisent eux aussi les viols comme arme de guerre pour terroriser, punir et contrôler les populations.
Les informations de Human Rights Watch
_10 juillet, New York [Nations unies]. Les opérations menées pour démanteler les groupes armés opérant dans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC) suscitent des inquiétudes, notamment quant à leur impact humanitaire sur les civils, déclare devant le Conseil de sécurité des Nations unies, le Représentant spécial du secrétaire général de l’organisation internationale en RDC, Alan Doss, estimant qu'il fallait aussi agir contre les auteurs de violences.
Les attaques menées en représailles par des combattants des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA) ont provoqué de nouveaux déplacements de civils et est à l'origine de violations graves des droits de l’homme par les groupes armés, a souligné le représentant spécial.

COREE DU NORD
_6 juillet, New York. Le Conseil de sécurité des Nations unies condamne les tirs de missiles nord-coréens effectués le 4 juillet en mer du Japon. L'ambassadeur de l'Ouganda, Ruhakana Rugunda, qui préside le Conseil en juillet, souligne que ces tirs, "constituent une violation des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies et représentent une menace pour la sécurité régionale et internationale".
[Le Conseil a réaffirmé que Pyongyang devait "se plier pleinement à ses obligations et aux résolutions correspondantes" et a appelé "toutes les parties à s'abstenir de toute action qui aggraverait la sécurité dans la région". Il a aussi exprimé l'engagement du Conseil envers une "solution pacifique, diplomatique et politique" et promis de "continuer à suivre de près la situation et à agir de manière appropriée en accord avec la charte des Nations unies".]
CUBA
_1er août, La Havane. "Nous sommes disposés à parler de tout, mais pas à brader notre système politique et social", déclare le président cubain Raul Castro devant l'Assemblée nationale cubaine.
Raul Castro, qui assume le pouvoir sur l'île depuis l'été 2006, reconnaît qu'il y avait eu "une atténuation de l'agression et de la rhétorique anti-cubaines de la part de l'administration" américaine depuis la prise de fonction de Barack Obama, en janvier 2009, mais refuse les réformes demandées par la secrétaire État américaine Hillary Clinton en échange d'une amélioration des relations. "Je dois dire, avec tout le respect dû à Mme Clinton, qu'on ne m'a pas élu président pour rétablir le capitalisme à Cuba, pas plus que pour abandonner la révolution", rappelle-t-il. "J'ai été élu pour défendre, maintenir et continuer de perfectionner le socialisme, et non pour le détruire".
ESPAGNE
_19 septembre, Madrid. Un juge d'instruction espagnol lance des mandats d'arrêt internationaux contre trois anciens gardes de camps de concentration nazis et les inculpe de complicité de crimes contre l'humanité et de génocide.
Les anciens SS visés par ces poursuites sont Johann Leprich, 85 ans, d'origine roumaine, ainsi que Anton Tittjung, 85 ans, et Josias Kumpf, 84 ans, tous deux d'origine yougoslave. Les deux premiers résideraient aux Etats-Unis et le troisième en Autriche. Ils sont visés par une plainte déposée en Espagne par des familles d'Espagnols déportés dans les camps de concentration nazis de Mauthausen, Sachsenhausen et Flossenbürg durant la Seconde Guerre mondiale.
EUROPE
_3 septembre, Strasbourg. Un appel en faveur de la création d'une "taxe Tobin verte" adopté par la commission du développement du Parlement européen grâce à une coalition "arc-en-ciel" (PS, Europe Ecologie, MoDem France, Gauche unitaire européenne).
Le texte adopté en commission, malgré l'opposition du groupe du Parti populaire européen (PPE, droite), appelle les Etats et la Commission européenne à défendre, en décembre, lors de la conférence de Copenhague sur le changement climatique, "la mise sur pied d'une taxe internationale sur les transactions financières dont les revenus seraient affectés aux besoins environnementaux des pays en développement".
[Les négociations internationales achoppent actuellement sur la question du financement de l'effort des pays en développement, dont le coût est évalué entre 50 et 135 milliards de dollars par an.]
HONDURAS
_4 juillet, Washington. L'Organisation des Etats Américains (OEA) exclu le Honduras de ses rangs et réaffirme son soutien au président hondurien déchu Manuel Zelaya, qui a annoncé sa ferme intention de rentrer dans son pays.
[L'exclusion du Honduras a été approuvée par 33 des 34 membres de l'OEA lors de l'Assemblée générale extraordinaire de l'organisation. C'est la première fois depuis 1962 et l'exclusion de l'île de Cuba de Fidel Castro pour adhésion au bloc sino-soviétique que l'OEA suspend l’un de ses membres.]
EUROPE
_8 septembre, Luxembourg. En raison des dangers que peuvent représenter les jeux en ligne, la Cour européenne de justice juge légitime la volonté d'un Etat d'interdire ces opérateurs. Saisie par un tribunal portugais, la Cour a tranché en faveur du monopole historique, la Santa Casa de Misericordia de Lisboa, aux dépens de la société Bwin, créée à Gibraltar.
Contre l'avis de Bwin et des opérateurs de jeux en ligne, les magistrats ont estimé que la législation portugaise constitue bel et bien une "restriction à la libre circulation des services", mais que celle-ci est "justifiée" par des raisons impérieuses d'"intérêt général", comme la "lutte contre la criminalité". L'arrêt de la Cour précise : "En effet, compte tenu de l'importance des sommes qu'ils permettent de collecter et des gains qu'ils peuvent offrir aux joueurs, ces jeux comportent des risques élevés de délits et de fraudes." Les magistrats relèvent que "les jeux de hasard accessibles par l'Internet comportent des risques de nature différente et d'une importance accrue par rapport aux marchés traditionnels de tels jeux en ce qui concerne d'éventuelles fraudes commises par les opérateurs contre les consommateurs".
Ce jugement "est une grande victoire pour les loteries nationales", selon l'Association des loteries européennes : "Les gouvernements peuvent interdire à des opérateurs commerciaux tels que Bwin de proposer des jeux en ligne à leurs citoyens, même si ces opérateurs sont basés et ont une licence dans un autre Etat membre de l'Union européenne", a estimé le président de l'association, Friedrich Stickler.
_14 juillet, Strasbourg. L'ancien Premier ministre polonais Jerzy Buzek, 69 ans, élu président du Parlement européen, devenant la première personnalité d'un pays de l'ex-bloc communiste à accéder à cette fonction, cinq ans après l'élargissement de l'Union européenne (UE) à l'Est.
Issu de la Plateforme civique de centre-droit du Premier ministre polonais Donald Tusk et présenté par les conservateurs, il a été élu à une très large majorité : 555 voix pour (sur 713 votants), 69 bulletins invalides et 89 votes en faveur de la candidate de la gauche communiste, la Suédoise Eva-Britt Svensson.
Jerzy Buzek succède au chrétien-démocrate allemand Hans-Gert Pöttering, à qui il a remis en remerciement une statuette de Sainte-Barbe, patronne des mineurs dans sa patrie de Silésie. Il est élu pour deux ans et demi, jusqu'au début de 2012. A cette date, il devrait être remplacé par un socialiste, probablement l'Allemand Martin Schulz, en vertu d'un accord de réciprocité entre les deux principaux groupes de l'institution.
GABON
_3 septembre, Libreville. Ali Bongo, fils de l'ancien président feu Omar Bongo, proclamé officiellement vainqueur de l'élection présidentielle du 30 août avec 41,73% des voix. Un résultat contesté par ses deux principaux rivaux de l'opposition.
Ali Bongo devance l'ancien ministre de l'Intérieur André Mba Obame (25,88% des suffrages) et l'opposant historique Pierre Mamboundou (25,22% des voix). A la sortie des bureaux de vote, les trois candidats s'étaient autoproclamés vainqueurs de l'élection présidentielle, scrutin à tour unique.
"Je suis et je serai toujours le président de toutes les Gabonaises et de tous les Gabonais. [...] Je suis et je serai toujours au service de tous sans exclusivité", a déclaré Ali Bongo dans un discours prononcé peu après l'annonce de sa victoire.
LES PRECEDENTES ELECTIONS PRESIDENTIELLES. 1961. Léon Mba, candidat unique à la présidence du Gabon.
Mars 1967. Alors que Léon Mba est hospitalisé à Paris, un simulacre d'élection donne 99,5 % des voix à un "ticket" où Omar Bongo (alors prénommé Albert-Bernard) est candidat à la vice-présidence. Moribond, Léon M'Ba prête serment à l'ambassade du Gabon en France avec Omar Bongo.
28 novembre. Mort de Léon Mba. Omar Bongo est président à 32 ans.
1968. Omar Bongo supprime le multipartisme et crée le Parti démocratique gabonais (PDG).
1993. Première élection présidentielle pluraliste. Omar Bongo
est déclaré élu avec 51,07 % des suffrages, contre 27,48 % au Père Paul Mba Abessole.
1998. Omar Bongo est proclamé élu avec 66,55 % des voix devant Pierre Mamboundou (16,54 %) et Paul Mba Abessole (13,41 %).
2005. Omar Bongo est proclamé élu avec 79,21 % des suffrages. L'opposant Pierre Mamboundou est crédité de 13,57 % des suffrages et Zacharie Myboto de 6,58 %.
GEORGIE
_30 septembre, Bruxelles. La Géorgie a bel et bien ouvert les hostilités, mais la Russie porte une part de responsabilité dans la genèse du conflit qui ébranla le Sud du Caucase au mois d'août 2008 : telle est la conclusion du rapport remis aux pays membres de l'Union européenne (UE) afin d'identifier les torts des deux parties dans cette guerre éclair.
Ce conflit s'était soldé par la défaite de la Géorgie et l'indépendance autoproclamée de ses deux régions séparatistes, l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud. D'après Heidi Tagliavini, la diplomate suisse qui a piloté les travaux de la commission indépendante mandatée par l'UE en 2008, "les deux côtés portent leur part de responsabilité".
[Le rapport réduit à néant les arguments avancés au début de la guerre par la Géorgie. Son président, Mikheïl Saakachvili, avait justifié l'intervention des troupes géorgiennes dans les régions séparatistes au motif d'une "invasion" par la Russie.
"Les hostilités ouvertes ont commencé par une opération militaire géorgienne de grande ampleur, dans la nuit du 7 au 8 août 2008", juge le rapport de la mission indépendante. "Il n'y avait pas d'offensive en cours de la part de la Russie avant le début de l'opération géorgienne", indiquent les enquêteurs, en dépit "de mouvements de volontaires et de mercenaires" observés dans la région.]
GUATEMALA
_4 septembre, New York. A l'occasion du deuxième anniversaire de la Commission internationale contre l'impunité au Guatemala (CICIG), Ban Ki-moon, réaffirme son plein appui et son appréciation des efforts déployés par la CICIG pour essayer de renforcer le secteur judiciaire et l'Etat de droit au Guatemala.
Le secrétaire général des Nations unies lance "un appel aux autorités politiques et judiciaires du Guatemala pour qu'elles s'engagent davantage dans le sens de l'accomplissement du mandat de la CICIG pendant les deux années à venir".
"La population du Guatemala mérite des institutions judiciaires dignes de confiance et qui puissent les protéger, et les Nations unies se réjouissent de pouvoir les aider, à travers la CICIG, pour qu'elles aillent dans ce sens", affirme Ban Ki-moon.
GUINEE
_28 septembre, Conakry. Journée sanglante dans la capitale guinéenne : tirs dans la foule, femmes violées, opposants tabassés… De nombreux témoignages soulignent la violence inouïe des militaires soutenant la junte au pouvoir depuis le 23 décembre 2008 qui écrasent dans le sang une manifestation de l'opposition dans un stade de Conakry. Le bilan officiel fait état de 87 morts, mais les opposants parlent d'au moins 157 morts
Plusieurs dirigeants politiques ont été passés à tabac lors du meeting pacifique qu'ils organisaient pour protester contre l'éventuelle candidature du capitaine putschiste, Moussa Dadis Camara, à l'élection présidentielle prévue pour le début de l'année 2010. "C'est une boucherie. Les bérets rouges [les troupes d'élite de l'armée] étaient venus avec la volonté de tuer, nous, les hommes politiques et les manifestants. C'est sans précédent", a témoigné l'ancien premier ministre (1996-1999) Sidya Touré, président de l'Union des forces républicaines (UFR), soigné dans une clinique "sous la garde de militaires", pour des contusions à la tête provoquées par un coup de crosse. Un autre ancien chef de gouvernement, Cellou Dallein Diallo, a été blessé aux côtes.
[Le capitaine Moussa Dadis Camara s'est emparé du pouvoir à la faveur d'un coup d'Etat en décembre 2008 après le décès du président Lasana Conté. Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a déploré l’usage excessif de la force contre les manifestants et appelé les forces de sécurité à la retenue. Ancienne puissance coloniale, la France a condamné "avec la plus grande fermeté" cette "répression violente" et les Etats-Unis se sont déclarés "profondément inquiets".
La haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a réclamé une enquête indépendante à la suite des informations faisant état de nombreux cas d'exécutions sommaires et autres violations des droits de l'homme commis par les forces de l'ordre en Guinée lors de la violente répression de la manifestation - une répression condamnée par le Conseil de sécurité des Nations unies.]
Le communiqué de Navi Pillay
INDE
_2 juillet, Delhi. L'article 337 du code pénal indien qui criminalise les rapports homosexuels entre adultes consentants constitue une "violation des droits fondamentaux" de la Constitution de l'Inde, estime l'arrêt de la Haute cour de Dehli.
La Haute cour de Delhi jugé que les rapports sexuels entre adultes consentants de même sexe ne doivent plus être considérés comme un crime en Inde. Pour la première fois, la justice indienne dénonce ainsi une législation héritée du colonisateur britannique qui interdit l'homosexualité en la considérant comme "contre nature".

ITALIE
_2 août, Rome. La pilule abortive RU 486 est une "fissure" dans la société italienne, et les médecins doivent s'y opposer en invoquant "l'objection de conscience", déclare le cardinal Angelo Bagnasco, président de la conférence épiscopale italienne.
Selon le cardinal, le RU 486, dont l'Agence italienne du médicament a décidé la commercialisation, conduira "à considérer l'avortement comme une méthode contraceptive", ce que la loi italienne sur l'interruption volontaire de grossesse (IVG) "exclut absolument".
JAPON
_30 août, Tokyo. Le Parti démocrate du Japon (centre) remporte une victoire écrasante aux élections législatives, mettant fin à 54 ans de règne quasi ininterrompu des conservateurs. Selon les estimations, il obtiendrait 306 sièges sur les 480 que compte la Chambre des députés.
Déjà majoritaire au Sénat, grâce à l'apport de deux autres partis d'opposition, les Démocrates vont désormais avoir un contrôle absolu sur le Parlement et la voie libre pour mener leur programme ambitieux de réformes sociales.
[En votant pour le changement, les Japonais ont voulu notamment sanctionner les excès de la politique libérale menée par le PLD au cours des dernières années, responsable selon eux de l'aggravation des disparités sociales, du chômage et de la précarité. "C'est la première fois que le chef de l'opposition conquiert le poste de Premier ministre en battant le parti au pouvoir dans les urnes depuis 1955, date où le PLD avait entamé son règne quasi ininterrompu de plus d'un demi-siècle sur le Japon", a commenté un professeur de science politique de l'Université des femmes de Doshita.]
_17 juillet, Genève. Le gouvernement japonais doit faire davantage pour lutter contre le trafic d'êtres humains alors que le Japon est un pays de destination pour les réseaux de prostitution, déclare l’experte des Nations unies sur le trafic des personnes, en particulier des femmes et des enfants, Joy Ngozi Ezeilo, à la fin d'une visite dans ce pays.
"Le trafic d'êtres humains concerne tous les pays du monde et le Japon est clairement touché en tant que pays de destination", remarque-t-elle. "Bien que le trafic de personnes destinées à la prostitution et d'autres formes d'exploitation sexuelle constitue la vaste majorité des cas enregistrés au Japon, le trafic de main d'oeuvre suscite aussi l'inquiétude".
Joy Ngozi Ezeilo relève que les traités internationaux pertinents ne sont toujours pas ratifiés par le Japon, que la procédure d'identification des victimes n'est pas claire et peut conduire à des erreurs, qu'il manque des refuges appropriés avec une assistance adéquate pour les victimes de trafic, et qu'il y a un manque de formation appropriée et de coordination au sein des responsables des forces de l'ordre.
LIBYE
_1er septembre, Tripoli. Ouverture des cérémonies organisées à l’occasion du 40e anniversaire d'une révolution qui vit en 1969 une poignée d'"officiers libres" renverser le vieux roi Idris.
Parmi les douze jeunes militaires qui mirent à bas la monarchie sans verser une goutte de sang, l'un d'entre eux, un lieutenant d'à peine 27 ans, Mouammar Kadhafi, allait rapidement s'imposer jusqu'à devenir le maître absolu du pays. Il l'est toujours.
Son bilan est accablant. Le fringant officier qui avait fait de l'Egyptien Nasser son modèle a échoué sur toute la ligne. Despote aujourd'hui vieillissant et pathétique, il règne sur un pays dépourvu de Constitution, où la démocratie est un vain mot, la justice un instrument au service du pouvoir, et la défense des droits de l'homme un slogan vide de sens. Economiquement, le constat n'est pas plus brillant. Assis sur les premières réserves d'hydrocarbures d'Afrique, le "Guide" a dilapidé la manne pétrolière par centaines de milliards de dollars en achats d'armes ou en projets pharaoniques. Editorial, Le Monde, Paris, 2septembre 2009.
MALI
_22 août, Bamako. 50'000 personnes manifestent, dans le stade de la capitale, contre le nouveau code de la famille malien, déclarant "maudire" le texte, présenté comme "une insulte au Coran". Sur des banderoles déployées, on peut lire entre autres : "La civilisation occidentale est un péché", "Non à ce code qui divise les Maliens".
[Depuis l’adoption, début août par les députés maliens, du nouveau code des personnes et de la famille accordant plus de droits aux femmes, celui-ci est rejeté par le Haut Conseil islamique du Mali. Parmi les articles qui suscitent l’opposition, celui qui fixe l’âge du mariage à 18 ans. Il était auparavant établi par la coutume à 13-14 ans.]
MAROC
_3 août, Rabat, Paris. Le police marocaine interdit et détruit quelque 100’000 exemplaires du magazine indépendant TelQuel, qui a l’occasion du dixième anniversaire de l’arrivée au pouvoir de Mohammed VI, publiait un "sondage national" et inédit sur la popularité du roi. Or, ce sondage donne les marocains favorables à 91% au monarque. Le porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication, Khalid Naciri, argue que "la monarchie ne peut être mise en équation, même par la voie d'un sondage".

_30 juillet, Rabat. Dans un discours à la nation, prononcé à l’occasion du 10e anniversaire de son accession au trône, le roi Mohammed VI s’engage à poursuivre sa politique de réforme et à dialoguer avec les Marocains "après avoir reçu les conclusions des larges consultations menées à ce propos". Il évoque notamment la nécessité d’une "réforme de la justice".
NIGERIA
_4 août, Genève. Navi Pillay exprime sa préoccupation concernant les violences et les souffrances endurées par les civils dans le nord du Nigéria après les attaques de la secte Boko Haram et appelle le gouvernement nigérian à assurer la sécurité tout en respectant les droits de l'homme.
Selon la presse, le bilan des récents affrontements dans le nord du Nigéria entre la police et la secte islamiste Boko Haram, également connue sous le nom de "talibans du Nigeria", dépasse les 700 morts. La haut commissaire des Nations unies aux droits de l’homme reconnaît que le gouvernement est confronté à une crise majeure avec des combats se déroulant au coeur des capitales des Etats. Elle souhaite toutefois que "le gouvernement fasse tous ses efforts pour assurer la sécurité en respectant pleinement la légalité et les droits de l'homme". Elle souligne que tout devrait être fait pour éviter des meurtres illégaux, des arrestations et détentions arbitraires" et appelle le gouvernement du Nigéria à enquêter sur tous les incidents et à poursuivre les responsables.
_31 juillet, Lagos. Le dirigeant du mouvement taliban Boko Haram, Mohammed Youssouf, tué après avoir été capturé à Maiduguri par l’armée nigériane.
Les affrontements entre les forces de l’ordre et les islamistes radicaux ont fait au moins 600 morts dans quatre Etats (Bauchi, Borno, Yobe et Kano).
_30 juillet, Lagos. Après plusieurs jours de violents combats, les forces de l'ordre mettent en fuite les islamistes radicaux de la secte des "talibans", à Maiduguri, dans le nord-est du pays. Deux cents musulmans radicaux ont été tués dans cette offensive, affirment les autorités, qui indiquent que, parmi eux, se trouvait le numéro deux du groupe islamiste, Abubakar Shekau.
Le mouvement des "talibans", sans lien direct avec Al-Qaïda, est composé d'étudiants en théologie en rupture de ban. Son insurrection contre les forces de sécurité nigérianes est destinée à nettoyer la société de l'"infidélité" et de l'"immoralité". En cinq jours, on dénombre
[Ces affrontements, qui ont eu lieu dans quatre états du Nigeria et ont fait au moins six cents victimes (islamistes et forces de l’ordre), émaillent l'histoire du pays depuis une dizaine d'années. La secte des "talibans" s'est formée après les attentats du 11 septembre. La dernière crise de cette envergure remonte à novembre 2008 où les combats avaient fait 200 morts selon les autorités - et 700 selon Human Rights Watch.]
POLOGNE
_8 septembre, Auschwitz. Des représentants des grandes religions mondiales, qui participent en Pologne à un congrès international et interreligieux sur la paix, rendent hommage aux victimes de l'ancien camp d’extermination où l'Allemagne nazie avait exterminé de 1940 à 1945 environ 1,1 million de personnes, dont un million de juifs.
[Organisé à l'initiative de Mgr Stanislaw Dziwisz, ancien ami et secrétaire personnel de Jean Paul II, et de la Communauté de Sant'Egidio, le congrès a réuni à Cracovie un millier de participants sut le thème de la paix dans le monde, 70 ans après le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.
_31 août, Varsovie. A la veille de sa visite en Pologne pour les commémorations du début de la Seconde Guerre mondiale, Vladimir Poutine condamne le pacte germano-soviétique de 1939. Mais, il blâme la France et la Grande-Bretagne pour leur entente avec Hitler à la fin du mois de septembre 1938 à Munich, dans un article publié par le quotidien polonais "Gazeta Wyborcza". Les accords de Munich abandonnaient à l'Allemagne les Sudètes, en Tchécoslovaquie, pour éviter une guerre.
Le Premier ministre russe revient aussi sur le massacre dit "de Katyn" par la police secrète soviétique de 22’000 officiers polonais, un crime que l'URSS avait longtemps attribué aux nazis et un évènement sur lequel Moscou et Varsovie s'opposent, la justice russe refusant de rouvrir l'enquête. "Ensemble, nous devons nous souvenir des victimes de ce crime", écrit-il, soulignant qu'il faut aussi ne pas oublier le "destin tragique des soldats russes prisonniers des Polonais pendant la guerre de 1920".
_1er septembre, Gdansk. Une cérémonie du souvenir a réuni les dirigeants polonais, des diplomates et anciens combattants, à 4h45, à Westerplatte, près de Gdansk. C'est l'heure précise à laquelle furent tirés, il y a 70 ans, les premiers coups de canon de la Seconde Guerre mondiale.
Le président polonais Lech Kaczynski rappelle que le 17 septembre 1939 "la Russie bolchevique avait planté un couteau dans le dos de la Pologne". Elle avait envahi ses territoires de l'est en vertu du pacte germano-soviétique Molotov-Ribbentrop.
"Nous sommes là pour rappeler qui dans cette guerre fut l'agresseur et qui fut la victime, car sans une mémoire honnête, ni l'Europe ni la Pologne ni le monde ne vivront jamais en sécurité", déclare le Premier ministre polonais Donald Tusk.
Le 1er septembre 1939, l'armée allemande passe la frontière avec la Pologne. C'est le début de la Seconde Guerre mondiale. Six millions de Polonais, dont trois millions de Juifs, seront massacrées, Varsovie sera rasée. Les pays occidentaux ne réagiront pas militairement. C'est en Pologne que les nazis installeront la plupart des camps de concentration et d'extermination des Juifs, comme, par exemple, le camp d'Auschwitz.
RUSSIE
_25 septembre, Moscou. La commission des Affaires étrangères de la Douma (Parlement) juge qu'une résolution des députés polonais appelant à reconnaître les crimes staliniens comme un génocide est un "sacrilège". La résolution polonaise appelle les Russes à reconnaître les crimes de Staline, dont l'exécution de quelque 22’000 officiers polonais à Katyn après l'invasion de la Pologne par l'Allemagne nazie et l'URSS, et estime que le système du goulag s'assimile à un génocide.
"Voir des "signes de génocide" dans les répressions staliniennes contre les militaires polonais, et oublier au passage les exploits des soldats soviétiques, qui ont sauvé tous les Polonais de la destruction en tant que "race inférieure" dans [les camps d'extermination] d'Auschwitz et Majdanek, est un sacrilège", note une lettre de la commission destinée aux députés polonais.
Le texte, signé du chef de la commission des Affaires étrangères de la Douma, Konstantin Kossatchev, reproche aussi à cette résolution de mettre "au même niveau" l'Union soviétique et l'Allemagne nazie, notamment sa politique d'"extermination de peuples entiers".
_20 septembre, Moscou. Avant sa visite d'Etat en Suisse, le président russe Dmitri Medvedev suggère, dans un entretien à plusieurs médias suisses dont le "Matin Dimanche", de créer "un lieu de rencontre universel où puissent se discuter et se trancher les problèmes de sécurité européens".
Ce lieu peut-être en Suisse - devrait être ouvert à tous, "membres de l'OTAN ou non, de l'Union européenne ou non", ou encore de la CEI (Communauté des Etats indépendants issue de l'ex-Union soviétique). Dmitri Medvedev relève qu'il existe déjà un tel lieu, l'Organisation pour la coopération et la sécurité en Europe (OSCE). Mais, il lui reproche de ne pas permettre de régler les questions liées à la sécurité et "de s'occuper de tâches à mon sens secondaire".
_11 août, Moscou. Zarema Sadoulaïeva, dirigeante d'une ONG russe basée en Tchétchénie, et son mari retrouvés morts après avoir été enlevés lundi à Grozny. Les ravisseurs ont pénétré dans les bureaux de l'ONG "Sauvons la génération" et ont emmené Zarema Sadoulaïeva et son mari "dans une direction inconnue, affirme Alexandre Tcherkassov, membre de l'ONG Memorial. Puis, ils sont revenus dans le bureau de l'ONG et ont pris le téléphone portable et la voiture du mari".
_16 juillet, Moscou. L'ONG Memorial, à laquelle collaborait Natalia Estemirova, met directement en cause dans ce meurtre le président tchétchène, Ramzan Kadirov, soutenu par le Kremlin.
"Je sais, je suis sûre de l'identité du coupable du meurtre de Natalia Estemirova, nous le connaissons tous son nom est Ramzan Kadirov", a déclaré dans un communiqué Oleg Orlov, le responsable de Memorial. Ramzam Kadirov "menaçait Natalia, l'insultait et la considérait comme une ennemie personnelle", a-t-il poursuivi. "Nous ne savons pas s'il a lui-même donné l'ordre ou si ses collaborateurs l'ont fait pour faire plaisir à leur chef", ajoute-t-il.
_15 juillet, Nazran [Ingouchie]. Une militante russe des droits de l’homme, Natalia Estemirova, 50 ans, qui travaillait pour l'ONG russe Memorial, enlevée et assassinée en Ingouchie. Elle avait dénoncé dernièrement une exécution arbitraire en Tchétchénie, ce qui avait déplu aux autorités locales pro-russes, a déclaré à l'Agence France-Presse (AFP) Alexandre Tcherkassov, de l'ONG Memorial.

[Natalia Estemirova était proche de la journaliste Anna Politkovskaïa, assassinée en 2006 à Moscou. Elle fut la première lauréate en 2007 du Prix Anna Politkovskaïa décerné à des militantes des droits de l'homme dans des zones de conflit. Elle s'est également vu décerner un prix du Parlement suédois et la médaille Robert Schuman du Parlement européen.]
SOMALIE
_10 juillet, Genève. Les graves violations des droits de l'homme et du droit humanitaire commises actuellement en Somalie pourraient constituer des crimes de guerre, déclare la haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Navi Pillay.
Les attaques contre les civils sont l'un des aspects majeurs des conflits qui frappent la Somalie depuis 1991. "Dans cette nouvelle vague d'attaques, il est clair que les civils, particulièrement les femmes et les enfants, sont les principales victimes de cette violence", estime-t-elle dans un communiqué. "Il est nécessaire de faire davantage pour protéger les civils. Les personnes déplacées et les défenseurs des droits de l'homme, les travailleurs humanitaires et les journalistes, sont parmi les plus exposés, et dans certains cas sont directement visés".

SOUDAN
_7 septembre, Khartoum. La journaliste soudanaise Loubna Ahmed al-Hussein, qui risquait 40 coups de fouet pour avoir porté un pantalon jugé "indécent", condamnée par la cour de Khartoum-Nord à verser une amende de 500 livres soudanaises (140 euros).
[Aussitôt incarcérée depuis à la suite de son refus de payer l'amende, Loubna Ahmed al-Hussein a été libérée le lendemain, le président de l'Union des journalistes soudanais, Moheddine Titawi, ayant réglé la somme.
Un porte-parole du Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR), Rupert Colville, a dénoncé "l'arrestation et la condamnation de Mme Hussein et des autres femmes représente une violation de l'article 14 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques auquel le Soudan a adhéré, ainsi que l'article 9 [...] sur les détentions arbitraires". Selon lui, le tribunal soudanais "ne définit pas ce que constitue un "habillement indécent" et laisse un large pouvoir discrétionnaire aux policiers, soulevant des inquiétudes concernant le caractère arbitraire des arrestations".]
_30 juillet, Khartoum. Une jeune Soudanaise, Loubna Ahmed Al-Hussein, journaliste et employée à la Mission des Nations unies au Soudan, pousuivie par la justice soudanaise pour s’être montrée en pantalon lors d’une réception dans un restaurant de Khartoum. Selon l’article 152 du code pénal, elle est passible d’une amende et de quarante coups de fouets.
["L’usage du fouet est contraire aux normes internationales", a rappelé, à New York, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, qui a exprimé sa "profonde préoccupation".]
SRI LANKA
_28 août, Genève. Philip Alston, Rapporteur spécial des Nations unies sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, appelle à une enquête indépendante d'urgence sur l'authenticité d'une vidéo montrant l'exécution extrajudiciaire de deux hommes nus par l'armée sri lankaise. "Ces images sont horribles et si elles sont authentiques elles révèleraient une grave violation du droit international".
"Je suis informé du fait que le gouvernement du Sri Lanka a catégoriquement nié les allégations. Cela rend une enquête indépendante d'autant plus importante. Si la position du gouvernement est validée, la communauté internationale pourra dormir sur ses deux oreilles et le gouvernement aura été disculpé", souligne l’expert des Nations unies, qui n’a jamais pu se rendre au Sri Lanka.
[En mai 2009, après une campagne militaire de plusieurs mois, l'armée sri lankaise a vaincu la rébellion des Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE) dans le nord du pays qui durait depuis 1983.]
TURQUIE
_7 septembre, Bruxelles. L'Europe doit se ressaisir, car à force de laisser le dossier des négociations avec la Turquie s'enliser, elle est en passe de perdre un partenaire précieux, assure la Commission indépendante sur la Turquie, qui rassemble plusieurs personnalités européennes, dont le prix Nobel de la paix 2008 et ancien président finlandais Martti Ahtissaari, l'ancien Premier ministre français Michel Rocard, et l'ancienne commissaire européenne Emma Bonino.
Le rapport de la commission indépendante
La Commission indépendante appelle à sortir du "cercle vicieux" apparu ces dernières années et dresse un réquisitoire sévère contre les politiques qui tiennent des discours hostiles à la Turquie à des fins électorales. Elle critique [sans les nommer] Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande, Angela Merkel, qui ont prôné un "partenariat privilégié" comme substitut à l'adhésion. C'est là "une excuse populiste", une formule vague dont personne n'a "réussi à expliquer" le contenu exact.
L'Europe a décidé, en décembre 2004, de lancer des négociations d'adhésion avec la Turquie. La Turquie s'est alignée en 2008 sur 109 des 124 déclarations communes de l'UE. Allié important, elle participe aux grandes missions européennes en Bosnie, au Kosovo et ses troupes sont présentes en Afghanistan. Sa politique régionale est décrite dans le rapport comme un atout important pour l'Europe si celle-ci veut réaliser ses ambitions extérieures. Source : "Le Monde".
VENEZUELA
_27 août, Paris. La récente promulgation d'une loi organique d'éducation renforçant le contrôle de l'Etat vénézuélien sur l'école et l'université inquiète de larges secteurs de l'opinion qui accusent le président Hugo Chavez de vouloir apparenter de plus en plus son régime au modèle cubain, écrit Jean-Pierre Langellier dans le quotidien Le Monde.
Le texte instaure le concept d'un "Etat enseignant" dont les nombreuses compétences - 44 au total - découlent de la "doctrine bolivarienne". Cette dernière, dont l'enseignement sera obligatoire dans tous les établissements, publics et privés, inspirera une partie des programmes, au service d'une "nouvelle culture politique fondamentale".
Plusieurs articles alarment particulièrement enseignants et étudiants. L'université ne contrôlera plus seule les admissions et les élections internes, ce qui représente une double menace pour son autonomie. Un rôle "pédagogique libérateur pour une nouvelle citoyenneté" sera exercé dans les écoles par les "conseils communaux", des associations de voisinage contrôlées par le pouvoir, et promues "agents d'éducation".
L'Etat contrôlera de plus près les carrières universitaires et pourra même dicter ses choix aux futurs diplômés, invités à travailler dans les secteurs stratégiques jugés "prioritaires " par "le plan de développement de la nation". […]
Sous prétexte de légiférer sur l'école, deux articles visent une autre cible : les médias. L'enseignement scolaire devra inclure "une analyse critique des moyens de communication"; les médias ne pourront publier des informations qui "terrorisent les enfants" ou "portent atteinte aux saines valeurs du peuple vénézuélien". Une interdiction aussi vague ouvre la voie à toutes les censures. […]
Le chef de l'Etat ne cache pas la dimension politique du nouveau texte. Cette loi, "libératrice", souligne-t-il, facilitera l'avènement "de la femme nouvelle, de l'homme nouveau, de la société socialiste". Source : Le Monde, Paris, 27 août 2009.
[Hugo Chavez a demandé à l'Assemblée nationale de se débarrasser, avant le 15 décembre 2009, de toute loi contraire aux "principes du socialisme".]
VATICAN
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26 septembre, Prague. Vingt ans après la chute du Rideau de Fer, le pape Benoît XVI rend grâce à Prague pour la disparition des régimes de l'époque communiste en Europe de l'Est. Il exhorte les Tchèques à redécouvrir leurs racines chrétiennes.
"Je m'unis à vous et à vos voisins en rendant grâce pour votre libération de ces régimes oppressifs", déclare le pape sur le tarmac de l'aéroport, au début d'une visite de trois jours en République tchèque. "Si l'effondrement du Mur de Berlin a marqué un tournant décisif dans l'histoire mondiale, il en fut plus encore ainsi pour les pays d'Europe centrale et de l'est, leur permettant de prendre la place qui leur revient dans le concert des nations en qualité d'acteurs souverains", ajoute-t-il.
_7 juillet, Rome. La mondialisation peut être une chance pour l'humanité, à condition qu'elle s'exerce selon les valeurs chrétiennes de justice, de charité et de vérité, et qu'elle soit encadrée par une "autorité politique" repensée. Tel est le message contenu dans l'encyclique sociale de Benoît XVI, Caritas in veritate [L'amour dans la vérité], la troisième de son pontificat, rendue publique par le Vatican.
L’Encyclique de Benoît XVI
Publié à la veille de la réunion des pays du G8 [Etats-Unis, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie, Canada et Russie] à Aquila (Italie), ce texte dresse le bilan de la globalisation économique et de l'interdépendance croissante entre les peuples. Le pape y prône l'avènement d'un "humanisme intégral", précisant qu'un "humanisme sans Dieu est inhumain", et défend une éthique économique.
LES ENCYCLIQUES SOCIALES. Rerum novarum. "Des choses nouvelles". Publiée par Léon XXIII en 1891, elle est le premier texte du genre et encourage le développement du syndicalisme chrétien.
Quadragesimo anno. "Dans la quarantième année". Quarante ans après Rerum novarum, Pie XI défend le principe de subsidiarité.
Populorum progressio. "Sur le développement des peuples". En 1967, Paul VI se penche pour la première fois sur les effets de la mondialisation naissante.
Centesimus annus. "Cent ans", en référence à Rerum novarum, Jean Paul II reconnaît les aspects positifs de l'économie de marché si elle vise au bien commun.