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2009-L'actualité des droits de l'homme dans le monde

:: LA LUTTE CONTRE LE TERRORISME - 2009

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LE TERRORISME  DANS LE MONDE

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_30 décembre, Kaboul. Huit agents de la CIA tués dans un attentat suicide commis sur une base militaire américaine dans l'est de l'Afghanistan, annonce un porte-parole du ministère américain de la défense (Pentagone). Le kamikaze est un officier de l'armée afghane qui a activé des explosifs qu'il portait sur lui. L'attentat, revendiqué par les talibans, a eu lieu sur la Base opérationnelle avancée Chapman, située dans la province de Khost, près de la frontière avec le Pakistan.

[Cinq Canadiens, quatre soldats et une journaliste, ont également trouvé la mort dans l'explosion d'une bombe au passage de leur véhicule blindé, à Kandahar, bastion des talibans dans le sud du pays. La journaliste tuée, premier reporter canadien mort en Afghanistan, est Michelle Lang du journal "Calgary Herald", dont c'était la première mission dans le pays.]

_28 décembre. Al-Qaida pour la péninsule Arabique (AQPA), branche de la nébuleuse terroriste retranchée au Yémen, revendique la tentative d'attentat sur le vol 253 de la Northwest Airlines, le 25 décembre. Qualifiant de "frère nigérian" Omar Farouk Abdulmutallab, maîtrisé à bord d'un avion alors qu'il tentait de faire détoner une poudre explosive, l'AQPA indique, selon le communiqué qui lui est attribué, que ce dernier "a utilisé une technique d'explosifs développée par les moudjahidins dans les ateliers d'Al-Qaida dans la péninsule arabique", concédant qu'une "erreur" a empêché l'explosion de l'avion, qui s'approchait de sa phase d'atterrissage.

Dans un discours retransmis de Hawaï, où il passe ses vacances, le président Barack Obama a promis de tout faire pour arrêter les responsables de la tentative d’attentat. "J’ai demandé […] de maintenir les pressions sur ceux qui chercheraient à attaquer notre pays. Nous n’avons pas encore toutes les réponses en ce qui concerne ce tout dernier attentat, mais ceux qui voudraient tuer des hommes, des femmes et des enfants innocents, peuvent être sûrs que les Etats-Unis feront beaucoup plus que simplement renforcer leurs défenses; il faut qu’ils sachent que nous continuerons à utiliser tous les aspects de notre puissance nationale pour perturber, démanteler et défaire les extrémistes violents qui nous menacent - qu’ils soient de l’Afghanistan ou du Pakistan, du Yémen ou de la Somalie, ou de n’importe où ailleurs où ils préparent leurs attaques contre les Etats-Unis".

Le 1er décembre, dévoilant ses projets pour l'Afghanistan, le président Barack Obama avait mentionné le Yémen dans la liste de pays "où Al-Qaida et ses alliés tentent de prendre pied", ajoutant que les Etats-Unis étaient prêts à travailler avec Sanaa pour lutter contre la nébuleuse djihadiste. Les forces de l'ordre yéménites, aidées par les services de renseignement américains, ont mené en décembre deux attaques aériennes contre des bases présumées d'Al-Qaida dans le pays.

_28 décembre, Karachi. Un attentat suicide à la bombe, qui visait une procession chiite à l'occasion des célébrations de l'Achoura marquant la mort de l'imam Hussein, petit-fils du prophète Mahomet, fait au moins 40 morts à Karachi. La bombe a explosé sur l'une des rues principales empruntées par la procession alors que des milliers de membres des forces de sécurité se trouvaient en état d'alerte.

Les agressions commises contre la minorité chiite sont fréquentes au Pakistan, pays à majorité sunnite. La veille, un attentat devant un centre de prières chiite avait fait cinq morts au Cachemire pakistanais.

_28 décembre. Al-Qaida dans la péninsule arabique revendique la tentative d'attentat sur le vol 253 Amsterdam-Detroit de la Northwest Airlines. Dans un communiqué diffusé sur Internet, le groupe explique qu'il voulait venger les attaques contre ses hommes perpétrées par les Etats-Unis au Yémenen décembre. Al-Qaida précise que Umar Farouk Abdulmutallab, l'auteur de l'attentat raté, "est passé à travers toutes les barrières de sécurité pour son opération, brisant le grand mythe du renseignement américain".

Le Nigérian âgé de 23 ans affirmait avoir été entraîné au Yémen par Al-Qaida, selon des responsables américains cités par les médias. Dans un discours prononcé de Hawaii, le président Barack Obama a promis de traquer sans relâche les responsables et de les faire répondre de leurs actes.

_25 décembre, Détroit. Un jeune Nigérian tente de déclencher un engin explosif ou incendiaire à bord d'un avion de ligne de la compagnie Northwest Airlines qui amorçait un atterrissage sur Detroit, dans le Michigan. Selon des témoins, cités dans la presse américaine, le jeune homme n'est parvenu qu'à s'infliger de sévères brûlures aux jambes avant d'être maîtrisé par des passagers et des membres d'équipage qui l'ont remis aux autorités après que l'avion s'est posé sans encombre, un peu avant 13 heures.

[Le jeune homme accusé d'avoir tenté de faire exploser un avion de la Northwest Airlines se nomme Umar Farouk Abdul Muttalab (ou Abdul Farouk Abdulmutallab). Il aurait prétendu agir sur instruction d'Al-Qaida. D'après plusieurs sources citées par la presse américaine, les Etats-Unis estimaient être confrontés à une "tentative d'acte terroriste" et avait donné pour instruction de renforcer les mesures de sécurité aériennes.]

_24 décembre, Yémen. Trente-quatre membres présumés d'Al-Qaida tués dans un raid aérien lancé par l'armée contre le lieu d'une réunion du réseau extrémiste dans une région montagneuse isolée dans la province de Chabwa, à 650 km à l'est de Sanaa (Yémen).

Le chef d'Al-Qaida dans la péninsule arabique, Nasser Al-Whaychi, était présent à la réunion, a indiqué une source des services de sécurité, affirmant que "des dirigeants du groupe, dont Saad Al-Fathani et Mohammad Ahmed Saleh Al-Oumir, figurent parmi les tués". Cette source n'a pas été en mesure de préciser le sort de Nasser Al-Whaychi. "Des Saoudiens et des Iraniens, présents à la réunion de Wadi Rafadh, figurent aussi parmi les tués".

Cette opération est intervenue une semaine après un premier raid de l'armée qui avait tué 30 personnes parmi les activistes d'Al-Qaida dans la province d'Abyane et qui avait donné lieu à l'arrestation de plus de 30 autres dans les rangs du réseau.

_17 décembre, New York. Le Conseil de sécurité des Nations unies décide de nommer un médiateur pour améliorer le traitement des demandes de radiation de la Liste des sanctions par le Comité concernant Al-Qaïda et les talibans.

Le Conseil charge par ailleurs le Comité de continuer d'examiner, conformément à ses directives, les demandes tendant à radier de la Liste le nom des membres d'Al-Qaïda ou des talibans ou d'associés d'Al-Qaïda, d'Oussama Ben Laden ou des talibans qui ne rempliraient plus les critères établis dans les résolutions pertinentes.

[L'Autriche, qui pilote actuellement la commission des sanctions du Conseil de sécurité contre Al-Qaïda et les talibans, a reçu une trentaine de plaintes provenant de personnes vivant en Turquie, au Pakistan, en Europe et aux Etats-Unis, protestant contre leur inscription sur la liste. De plus, 30 à 40 noms parmi les 488 que compte la liste sont ceux d'individus décédés.]

_6 décembre, Washington. Le secrétaire américain à la défense, Robert Gates, reconnaît que les Etats-Unis ne savent pas où se trouve le chef d'Al-Qaida, Oussama Ben Laden, et manquent d'informations fiables "depuis des années" pour le localiser.

[A la question de savoir si le Pakistan faisait suffisamment le nécessaire pour capturer Ben Laden , Robert Gates, qui s'exprimait dans l'émission télévisée d'ABC "This Week", a répondu : "On ne sait pas où Oussama se trouve. Si on le savait, on serait aller le chercher". Il n'a pas été en mesure de confirmer l'information selon laquelle un taliban détenu au Pakistan avait affirmé savoir où se trouvait Ben Laden début 2009.]

_30 novembre, Washington. Selon un rapport du Sénat, l’armée américaine aurait pu tuer ou capturer le chef d'Al-Qaida, Oussama Ben Laden, à Tora Bora, dans l'est de l'Afghanistan, en décembre 2001, quelques semaines seulement après les attentats du 11 septembre. Mais, toujours d'après ce rapport, l'administration Bush a choisi de ne pas pousser plus loin et permis sa fuite au Pakistan.

Le document affirme que le commandement américain, appliquant la stratégie du secrétaire à la Défense de l'époque Donald Rumsfeld, a refusé de donner les moyens aux troupes pour finaliser la capture du chef d'Al-Qaida, alors terré dans les grottes de Tora Bora. Trois mois après les attentats du 11 septembre, moins de 100 commandos américains étaient sur le terrain alors que du renfort était demandé pour traquer Ben Laden.

["Notre échec à conclure l'affaire représente une occasion perdue pour toujours qui a altéré le cours du conflit en Afghanistan et le terrorisme international, laissant le peuple américain plus vulnérable au terrorisme», tranche le rapport, dirigé par John Kerry, ancien candidat démocrate à la présidence en 2004. Huit ans plus tard, constate-t-il, Al-Qaida s'est reconstitué et Ben Laden a survécu pour inspirer une nouvelle génération d'extrémistes capables de frapper à partir de nombreux endroits.]

_21 novembre, Madrid. Philippe Bidart, chef historique du mouvement indépendantiste basque armé Iparretarrak (IK), estime que la "lutte armée" n'est plus "nécessaire", dans une déclaration à un media basque rapportée par l'agence Vasco Press. "Actuellement la lutte armée n'est pas nécessaire parce que nous poursuivons la lutte d'une autre manière avec les mêmes objectifs", indique la transcription en espagnol, effectuée par Vasco Press, d'une déclaration vidéo de Philippe Bidart au site internet du magazine Argia.

_28 octobre, Peshawar. Une voiture piégée explose au milieu d'un marché très fréquenté de Peshawar, dans le nord-ouest du Pakistan, faisant 105 morts, essentiellement des femmes et des enfants. Plus de 200 personnes ont également été blessées dans cet attentat qui a détruit une grande partie du marché de Mina Bazaar, dans la vieille ville.

[L'attentat n'a pas été revendiqué, mais il s'inscrit dans une vague d'attaques organisée par le Mouvement des talibans du Pakistan qui a fait deux cents morts pour le seul mois d'octobre. Ces attaques se sont intensifiées depuis le lancement d'une offensive de l'armée pakistanaise le 17 octobre contre les bastions talibans au Waziristan, le long de la frontière afghane.

Il est le plus meurtrier depuis les explosions qui avaient fait tué environ 150 personnes lors de la fête de bienvenue de Benazir Bhutto à Karachi en octobre 2007. L'ancienne Première ministre, de retour d'exil, avait été assassinée quelque temps après dans un autre attentat.]

_28 octobre, Kaboul. Neuf personnes, dont six employés étrangers des Nations unies et deux policiers, tuées dans un attentat perpétré par des kamikazes déguisés en agents des forces de l'ordre. L'attaque - revendiquée par les talibans comme la "première étape" de leur campagne de déstabilisation contre le scrutin présidentiel du 7 novembre - est la plus meurtrière ayant visé les Nations unies en Afghanistan depuis la chute du régime taliban en 2001.

[Le chef des Nations unies en Afghanistan, Kai Eide, a promis que ce nouveau coup de force des talibans ne dissuaderait pas les Nations unies de poursuivre leur mission dans ce pays. "Nous resterons engagés en Afghanistan", a assuré Kai Eide. Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a lui-même vivement condamné ce nouvel accès de violence contre les Nations unies, et a promis que l'oeuvre de l'Organisation se poursuivrait dans le pays.]

_25 octobre, Bagdad. Un double attentat-suicide contre des bâtiments officiels en plein coeur de Bagdad fait plus de 150 morts et 500 blessés, une attaque que le gouvernement impute à Al-Qaïda et "ses alliés" pour torpiller les élections prévues le 16 janvier 2010. Il s'agit du bilan le plus meurtrier depuis plus de deux ans en Irak, où quatre attentats visant une secte religieuse kurde avaient fait 400 morts dans la province de Ninive (nord) le 14 août 2007.

[Le chef de l'armée de terre irakienne, Ali Gheidan, avait mis en garde la veille contre le risque d'un regain de violence dans les prochains mois en raison des élections générales. Il s'était également dit préoccupé par les répercussions d'un éventuel report du scrutin.]

_25 septembre, Washington. Oussama ben Laden demande aux pays européens de retirer leurs troupes d'Afghanistan, dans un message audio, rapporte SITE, un centre américain de surveillance de sites islamistes.

"La justice réclame que vous mettiez fin à votre oppression et que vous retiriez vos troupes" d'Afghanistan, déclare le leader d'Al Qaeda dans ce message de près de cinq minutes posté sur des forums jihadistes. "Un homme intelligent ne perd pas son argent et ses fils pour une bande de criminels à Washington, et c'est une chose honteuse pour une personne d'appartenir à une coalition dont le commandant suprême n'a que faire de la vie humaine et bombarde intentionnellement des villageois", ajoute-t-il.

_20 septembre, New York. Trois hommes d'origine afghane arrêtés aux Etats-Unis dans le cadre d'une enquête sur un projet d'attentat présumé sur le sol américain. Le FBI [Service de renseignement] enquête également sur d'autres suspects "aux Etats-Unis, au Pakistan et ailleurs en rapport avec un complot pour faire exploser des bombes artisanales aux Etats-Unis", selon le Département de la Justice.

[Un chauffeur de bus de 24 ans, Najibullah Zazi, et son père Mohammed, 53 ans, tous deux d'origine afghane, ont été arrêtés dans le Colorado. Ahmad Wais Afzali, 37 ans, Afghan lui aussi, a été appréhendé à New York.]

_17 septembre, Djakarta. L'homme le plus recherché d'Indonésie, Noordin Top, 41 ans, tué au cours d'un raid mené, dans l'île de Java, par les forces anti-terroristes deux mois après un double-attentat suicide ayant fait neuf morts à Djakarta.

["C'est un revers important pour le terrorisme en Indonésie. Noordin Top était celui qui était le plus décidé à suivre la ligne d'Al-Qaïda", a estimé Sidney Jones, spécialiste de l'islam radical à l'International Crisis Group. "Mais il ne faut pas en déduire que le problème est résolu: il y a encore des militants en fuite et certains peuvent chercher à remplacer Noordin Top".

Expert en explosifs, le Malaisien était considéré comme l'un des "cerveaux" de la vague d'attentats attribués au réseau Jemaah Islamiyah ayant frappé l'Indonésie au début de la décennie. Le plus meurtrier avait tué 202 personnes, pour la plupart des touristes, sur l'île de Bali en 2002.]

_14 septembre, Londres. A l'issue de deux procès et d'années de procédure, le tribunal de Woolwich (sud-est de Londres) condamne à la prison à vie trois islamistes reconnus coupables d'avoir voulu faire exploser des avions au-dessus de l'Atlantique au moyen d'explosifs liquides en 2006, des attentats qui auraient été comparables au 11-septembre selon le juge.

Le tribunal a condamné à la prison à vie, assortie d'une peine de sûreté de 40 ans, Abdulla Ahmed Ali, 28 ans, considéré comme le cerveau de ce projet qui aurait pu faire des milliers de victimes. Assad Sarwar, 29 ans, et Tanvir Hussain, 28 ans, se sont également vus infliger la prison à vie, avec un minimum de 36 ans pour le premier et de 32 ans pour le second. Un quatrième homme, Umar Islam, 31 ans, a été condamné à la prison à vie avec une peine de sûreté de 22 ans.

Evoquant un complot "redoutable et grave", le juge Henriques a indiqué que les coupables avaient en leur possession suffisamment de substances pour "confectionner vingt bombes". "Ce complot aurait pu se comparer aux attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis".

_14 septembre. Un site internet utilisé habituellement par Al-Qaïda diffuse un document vidéo attribué à Oussama ben Laden. Dans ce document, Ben Laden y met en garde le peuple américain contre tout lien avec Israël. Il appelle le président américain à mettre fin aux guerres en Irak et en Afghanistan, sans quoi, "nous poursuivrons une guerre d'usure contre vous de toutes les façons possibles", menace le chef islamiste, dans ce que le site présente comme un "message au peuple américain".

Oussama Ben Laden affirme que c'est le soutien des Etats-Unis à Israël qui a conduit Al-Qaida à lancer les attaques du 11 septembre 2001. Les guerres en Irak et en Afghanistan ont été déclenchées par le lobby pro-israélien de la Maison Blanche et les défenseurs des intérêts des entreprises, et non par des militants islamistes, assure-t-il.

           Centre américain de recherche contre le terrorisme

[Dans le précédent document du chef d'Al-Qaïda, diffusé en juin 2009, Oussama ben Laden accusait les Etats-Unis d'avoir semé "les graines de la haine" chez les musulmans. Depuis les attentats du 11 septembre attribués à Al Qaïda, une soixantaine des messages ont été diffusés par Ben Laden et son adjoint, l'Egyptien Aymane al Zaouahri.]

_11 septembre, Islamabad. Le porte-parole des talibans de la vallée de Swat, dans le nord-ouest du Pakistan, capturé avec quatre autres commandants rebelles, annonce l'armée pakistanaise. Depuis plusieurs mois, elle mène une vaste offensive contre ces combattants islamistes liés à Al-Qaida.

_9 septembre, Paris. Le 11 septembre 2001 a marqué l'apogée du réseau d'Oussama Ben Laden, déclare au "Monde" Jean-Pierre Filiu, professeur associé à la chaire Moyen-Orient de Sciences Po, expert du djihadisme, qui publie, en octobre, "Les Neuf Vies d'Al-Qaida" (Ed. Fayard).

Jean-Pierre Filiu estime que la capacité opérationnelle [d’Al-Qaida] a beaucoup diminué. "Leur dernière grande opération programmée était, à l'été 2006, le complot dit "transatlantique" en Grande-Bretagne avec l'explosion prévue de plusieurs avions en vol vers l'Amérique du Nord. Il y a eu aussi une tentative d'un groupe ouzbek allié, l'Union du djihad islamique, qui avait recruté des militants convertis ou turcs en Allemagne.

"Enfin, Baitullah Mehsud, le chef, allié à Ben Laden, des talibans pakistanais (tué en août), avait également planifié, en janvier 2008, une série d'attaques dans le métro de Barcelone. Mehsud avait donné à des infiltrés pakistanais l'ordre de cette opération pour "punir l'Espagne" de son engagement en Afghanistan".

Jean-Pierre Filiu relève que l'invasion de l'Irak en 2003 a été "extrêmement profitable" au réseau Al-Qaida. "Avec l'Irak, on était au coeur du Moyen-Orient, proche de la "terre de la révélation", au coeur de ce qu'il y a de plus sacré dans l'islam. En Afghanistan, Al-Qaida est dans une situation paradoxale. Ils utilisent certes la bannière afghane dans leur rhétorique, mais ils sont à l'extrême marge du combat. Sur le terrain, ils rendent des services aux talibans, mais c'est surtout en échange de complicités au Pakistan. L'essentiel des forces d'Al-Qaida est là, pas en Afghanistan.

"La guerre dont Ben Laden ne cesse de parler, c'est celle du Pakistan. Son problème est que ce conflit-là n'intéresse pas beaucoup les cercles militants. C'est tout le paradoxe de cette guerre dans un pays où les Américains ne sont pas présents au sol". […]

"Ce qu'essaye de faire Ben Laden, c'est de mettre en place une religion alternative. Al-Qaida est une secte qui exclut, apostasie, condamne à mort. Elle a déclenché une guerre impitoyable contre les fondements de l'islam. Aucun de ses dirigeants ne possède de culture religieuse réelle. Pourtant, ils édictent des fatwas, s'autodésignent "cheikhs" sans aucun titre. Peu à peu, c'est une véritable doctrine d'infaillibilité djihadiste qui est mise en place. Pour eux, n'est bon musulman que celui qui pratique le djihad. C'est une religion postmoderne qui s'adresse non pas au groupe - ils ont toujours eu du mal à recruter des collectivités, des tribus ou des clans -, mais à l'individu. Des gens souvent en rupture de ban, du reste. Internet a là-dessus un impact délétère qui fonctionne comme un acide qui dissout les liens sociaux réels. […]

"Le mythe de l'"oumma virtuelle" [la communauté planétaire des croyants], qui n'a jamais existé que dans l'esprit de Ben Laden, s'effondrera avec sa disparition". Le Monde, propos recueillis par Patrice Claude, 9 septembre 2009.

_24 août, Islamabad. Treize hommes soupçonnés de préparer des attentats suicide contre des cibles "importantes" au cours de deux raids dans le centre et le sud du Pakistan. Selon les autorités pakistanaises, les suspects sont des membres du mouvement interdit Lashkar-e-Jhangvi, un groupe fondamentaliste musulman réputé lié à Al-Qaïda et dont la cible privilégiée est la minorité chiite, qui compose environ 20% de la population du Pakistan.

[Le Pakistan, pays allié des Etats-Unis dans leur "guerre contre le terrorisme", est en proie à une vague sans précédent d'attentats --suicide pour la plupart-- qui ont fait plus de 2’000 morts en deux ans, perpétrés essentiellement par les talibans liés à Al-Qaïda que l'armée combat dans le nord-ouest, frontalier avec l'Afghanistan.]

_19 août, Bagdad. Au moins 95 personnes tuées dans six explosions, dont deux attentats au camion piégé, au coeur de Bagdad. Près de 570 personnes ont été blessées dans ces attaques.

_9 août, Majorque. L’ETA défie le gouvernement espagnol en plaçant trois petites bombes dans des commerces de Palma de Majorque. Les bombes, de très faible puissance, ont explosé sans faire de victimes.

_9 aout, Madrid. L’ETA revendique plusieurs attentats, dont deux qui ont coûté la vie à deux gardes civils, d'une part, et à un inspecteur de police, qualifié de "tortionnaire", d'autre part.

Dans un communiqué envoyé au quotidien indépendantiste basque "Gara" - un canal habituel de communication du groupe armé - l'organisation séparatiste basque revendique l'attentat à la bombe-ventouse qui a tué l'inspecteur Eduardo Puelles le 19 juin dans la localité basque d'Arrigorriaga.

Elle affirme également être l'auteur d'un autre attentat à la bombe-ventouse, dans lequel deux gardes civils avaient trouvé la mort devant leur caserne de Palma, dans l'île de Majorque (Baléares) le 30 juillet.

_8 août
, Nouakchott. Un jeune Mauritanien se tue en actionnant une ceinture d'explosifs près de l'ambassade de France à Nouakchott, au passage deux gendarmes mobiles (légèrement blessés) affectés à la sécurité de l'ambassade qui faisaient leur jogging.

[Depuis deux ans, la Mauritanie, qui n'avait jamais connu d'attentat suicide jusqu'à ce jour, est la cible d'attaques de la branche maghrébine d'Al-Qaïda, implantée en Algérie, mais qui étend ses actions au Sahel. Pour le secrétaire d'Etat français à la coopération, Alain Joyandet, l'attentat visait la fermeté – soutenue par la France – du président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz contre Al-Qaïda.]

_8 août, Djakarta. L’homme le plus recherché d'Indonésie, Noordin Mohammed Top, suspecté d'être le cerveau du double attentat meurtrier de Djakarta en juillet 2008, aurait été tué lors d'un assaut de la police dans le centre de l'île de Java.

_6 août, Colombo. L’armée sri-lankaise annonce l'arrestation de Selvarajah Pathmanathan, présenté comme le nouveau chef des Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE).

Selvarajah Pathmanathan aurait été arrêté en Malaisie et ensuite été remis aux autorités sri-lankaises. Il aurait pris la tête de l'organisation terroriste après la mort de son fondateur et chef historique, Velupillai Prabhakaran, et la défaite des Tigres devant l'armée sri-lankaise, en mai 2009. Il était un des principaux dirigeants des Tigres à l'étranger, s'occupant de contrebande d'armes et des tunnels souterrains de l'organisation. Il faisait également l'objet de deux mandats d'arrêt internationaux.

_6 août
, Washington. Le chef des talibans pakistanais, Baïtullah Mehsud, aurait été tué au cours d'une frappe américaine, indique un responsable américain, ayant requis l'anonymat.

[Le chef des talibans pakistanais, Baitullah Mehsud, est mort en août après un tir de missile américain, a confirmé, le 25 août, à l'Agence France-Presse (AFP) un commandant taliban, Hakimullah Mehsud, qui s'est proclamé son successeur.

Baïtullah Mehsud était accusé d'être derrière la plupart des attentats-suicides qui ensanglantent le pays depuis juillet 2007 (environ 2’000 morts). Les Américains bombardent régulièrement le Waziristan du Sud, bastion du Mouvement des talibans du Pakistan (TTP) de Mehsud, qu'ils considèrent comme un relais clé d'Al-Qaida dans ces zones semi-autonomes.]

_4 août. Le numéro deux d’Al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri, s’en est violemment pris à la France pour son hostilité au voile islamique, rapporte le site web du Centre américain de surveillance de sites islamistes.

"La France prétend être un pays laïque alors que son coeur est plein de haine pour les musulmans", a répondu le chef d’Al-Qaïda à une question d’un site islamiste sur l’hostilité de la France au port du hijab. Il a affirmé que la France, durant son histoire, a "soutenu les juifs dans leurs efforts de prendre le contrôle de la Palestine" […], a combattu les Arabes en Algérie et a "fourni à Israël son réacteur nucléaire". "La France va payer pour tous ses crimes", a-t-il conclu.

_30 juillet, Majorque. Deux gardes civils tués par l'explosion d'une bombe placée sous leur véhicule devant leur caserne de Palmanova, sur l'île touristique de Majorque.

[A la veille du 50e anniversaire de la fondation d'ETA, les autorités espagnoles n’ont guère de doute quant à la paternité des attentats de Burgos et de Majorque. Le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, a attribué ces actes à l'organisation séparatiste basque et condamné "cette nouvelle bassesse avec beaucoup de douleur et beaucoup de rage".

Depuis la rupture de la trêve de 2006-2007, l'ETA a été affaiblie par des coups de filet à répétition des polices espagnole et française. L'organisation avait indiqué fin mai mener une réflexion "pour décider d'une stratégie politico-armée efficace", sans paraître prête à renoncer à la violence.]

_29 juillet, Madrid. Un véhicule piégé explose près d’une caserne de la Garde civile à Burgos, dans le nord du pays, détruisant une partie de la façade. Le souffle de l’explosion a légèrement blessé 64 personnes dont 22 femmes et six enfants.

[Le ministre de l'Intérieur, Alfredo Perez Rubalcaba, a attribué l’attentat à l’organisation séparatiste basque ETA. L'attaque coïncide avec l'anniversaire, le 31 juillet, des 50 ans de l'ETA, tenue responsable de la mort de 826 personnes en 41 ans d'attentats.]

_28 juillet, Rabat. Le Belgo-marocain Abdelkader Belliraj, 50 ans, accusé d'avoir dirigé un réseau terroriste de 35 membres au Maroc et à l'étranger, condamné à la prison à perpétuité par le tribunal antiterroriste de Salé (près de Rabat).

[Abdelkader Belliraj était soupçonné d'avoir dirigé un réseau d'islamistes radicaux et d'avoir commis six meurtres en Belgique à la fin des années 80 et au début des années 90, ce qu'il a nié catégoriquement. Il avait été arrêté le 18 février 2008 au Maroc avec plusieurs autres personnes, en possession d'"un important arsenal d'armes à feu".]

_17 juillet, Jakarta. Neuf personnes tuées et 41 autres blessées, dont 14 étrangers, dans deux attentats qui dévastent deux hôtels de luxe de Jakarta, l'hôtel Ritz Carlton et le Marriott, dont l'un avait déjà été visé par des terroristes en 2003.

[La capitale indonésienne n'avait pas été visée par des attentats depuis celui du 9 septembre 2004 qui avait provoqué la mort de dix personnes devant l'ambassade d'Australie. Un an plus tôt, le 5 août 2003, l'hôtel Marriott avait déjà été victime d'un attentat, qui avait tué 12 personnes.

Ce double attentat est "clairement lié" au groupe de Noordin Top, un islamiste radical tenu responsable de plusieurs actes terroristes perpétrés en Indonésie ces dernières années, selon un responsable de l'anti-terrorisme.

De nationalité malaisienne, Noordin Mohammed Top est l'un des principaux organisateurs des attentats meurtriers perpétrés par la Jemaah Islamiyah (JI) au début de la décennie, dont ceux de Bali (202 morts en 2002) et de l'hôtel Marriott de Jakarta (12 morts en 2003).]

_13 juillet, Sanaa [Yémen]. Six Yéménites accusés d'avoir perpétré des attentats au nom d'Al-Qaïda condamnés à mort par un tribunal de Sanaa, alors que 10 autres personnes, dont un Saoudien et quatre Syriens, écopent de peines de prison ferme.

[Le verdict a été accueilli par des contestations des condamnés, qui ont scandé "Allah Akhbar" ("Dieu est grand"). Ces 16 personnes étaient jugées depuis le 11 mars 2009 pour appartenance au réseau Al-Qaïda et pour avoir perpétré 13 attaques armées, dont certaines contre des intérêts occidentaux.]

_20 mai, New York. Quatre hommes arrêtés et inculpés pour avoir planifié des attaques terroristes contre des objectifs militaires et une synagogue à New York.

[Sous surveillance depuis 2008, ces natifs des Etats-Unis ont été arrêtés "sur accusation de complot visant à provoquer des explosions près d'une synagogue dans le quartier de Riverdale dans le Bronx, à New York, et à tirer sur des avions militaires stationnés sur la base de la garde nationale à l'aéroport de Stewart à Newburgh, New York, avec des missiles sol-air Stinger".]

_18 avril, Paris, Madrid. Les polices française et espagnole arrêtent le chef militaire présumé de l'organisation séparatiste basque espagnole ETA, Jurdan Martitegi, et huit autres membres présumés.

Jurdan Martitegi a été arrêté dans le village de Montauriol, dans le sud-ouest de la France, en compagnie de deux autres membres présumés de l'organisation - Alexander Uriarte Cuadrado et Gorka Azpitarte Rejado. Six autres membres présumés d'ETA ont été appréhendés dans les villes de Bilbao, Vitoria et Renteria, dans le nord du Pays basque espagnol.

[C'est la troisième arrestation d'un chef de l'appareil militaire de l'ETA, après Garikoïtz Aspiazu Rubina, alias "Txeroki" en novembre et Aitzol Iriondo "Gurbitz" son successeur, en décembre 2008, tous deux dans le sud-ouest de la France.]

_3 avril, Strasbourg. Barack Obama prévient les Européens qu'ils ne doivent pas s'attendre à ce que les Etats-Unis portent seuls le poids de la lutte contre le terrorisme.

La nouvelle stratégie américaine en Afghanistan "aura une composante militaire et l'Europe ne devrait pas s'attendre à ce que les Etats-Unis portent seuls ce fardeau", déclare le président américain à Strasbourg, lors des cérémonies commémorant le 60e anniversaire de l'Alliance atlantique (OTAN). "Parce que c'est un problème qui nous est commun. Et il nécessite un effort conjoint", ajoute-t-il, à propos du combat contre les talibans et leurs alliés d'Al-Qaïda.

[Pour Barack Obama, le réseau terroriste Al-Qaïda représente une menace plus grave pour l’Europe que pour les Etats-Unis. En raison de la proximité de ses bases arrières en Afghanistan et au Pakistan, "il est plus vraisemblable qu’Al-Qaïda lancera une grave attaque terroriste en Europe plutôt qu’aux Etats-Unis", souligne-t-il. "La France comprend que le fait qu’Al-Qaïda opère dans des sanctuaires qui peuvent être utilisés pour des attaques terroristes représente une menace pas seulement pour les Etats-Unis mais pour l’Europe", ajoute le président américain.]

_8 mars, Belfast. "Le terrorisme revient en Irlande", titre le quotidien le "Guardian", après la mort de deux soldats britanniques revendiquée par l'IRA-véritable, branche dissidente de l'Armée républicaine irlandaise (IRA) opposée au processus de paix.

Les deux militaires ont été tués dans une attaque à l'arme automatique qui a eu lieu à l'état-major du génie à Masserene, dans le comté d'Antrim, au nord-ouest de Belfast.

[Le chef du parti catholique Sinn Fein (la branche politique de l’ex-IRA), Gerry Adams, a condamné l'attentat. "L'attaque de la nuit dernière était une attaque contre le processus de paix", a-t-il déclaré. "Elle était injustifiée et contre-productive". Le Sinn Fein partage depuis le 8 mai 2007 le pouvoir avec le Parti unioniste démocrate (DUP/protestant) du Premier ministre nord-irlandais Peter Robinson, au sein du gouvernement régional.

L'Ulster a connu 30 ans de violences qui ont fait 3’500 morts environ de 1969 à 1998. Ces violences ont pris fin avec les accords de paix de 1998, dits du Vendredi saint. En 2007, une étape historique avait été franchie en Irlande du Nord avec l'installation d'un nouveau gouvernement partagé entre les ennemis d'hier, le protestant Ian Paisley et le catholique Martin McGuinness.]

_25 février, Bombay. La police indienne a inculpé de meurtre et de "déclenchement d'une guerre contre l'Inde" le seul auteur encore vivant des attentats à Bombay, en novembre 2008.

Le ressortissant pakistanais Mohammed Ajmal Amir Iman, connu également sous le nom de Kassab, "a été inculpé de meurtre, tentative de meurtre, dégâts à des biens publics, activités illégales et actes terroristes". Il a été également inculpé pour "avoir déclenché une guerre contre l'Inde".

[165 personnes avaient été tuées et 308 blessées quand dix hommes armés avaient attaqué plusieurs cibles à Bombay, la capitale économique de l'Inde. Les attentats avaient visé des hôtels de luxe, une gare ferroviaire, un café et un centre israélite, entre le 26 et le 29 novembre 2008. Neuf des agresseurs, soupçonnés d'appartenir au Lashkar-e-Taiba (LeT), mouvement basé au Pakistan, avaient été tués.]

_22 février, Le Caire. Une touriste française tuée et 25 autres personnes blessées dans un attentat près d'un café en bordure du souk Khan el-Khalili, au coeur du Caire historique, dans la première attaque terroriste contre des Occidentaux en Egypte depuis 2006.

[Le bazar de Khan al-Khalili, où convergent chaque jour des milliers de touristes, avait déjà été le théâtre d'un attentat en avril 2005, dans lequel deux touristes français et un Américain avaient été tués.]

_16 février, Genève. La Commission internationale de juristes (CIJ) publie un rapport qui critique les atteintes aux droits de l'homme et aux grands textes internationaux commises par les Etats au nom de la lutte contre le terrorisme.

Pendant trois ans, neuf juristes, dont Mary Robinson, ancienne présidente de l'Irlande et ex-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, ont ainsi rencontré des victimes de la lutte antiterroriste et des représentants associatifs et gouvernementaux dans plus de quarante pays.

Selon le rapport, plusieurs mesures adoptées par les Etats "sont illégales, voire contre-productives" au regard du droit international, et les "atteintes aux droits de l'homme ont été bien plus graves qu'on ne pouvait l'imaginer" depuis les attentats du 11-Septembre. Le CIJ estime ainsi que l'arsenal juridique qui existait avant cette date suffisait déjà pour lutter contre le terrorisme. Selon lui, plusieurs Etats, y compris en Occident, n'ont pas hésité à renier "les engagements qu'ils ont pris dans le cadre de traités", notamment en remettant en cause "l'interdiction de la torture et des traitements cruels, inhumains ou dégradants, les disparitions forcées et la garantie d'un procès équitable".

Le CIJ pointe les contradictions de l'ensemble des Etats démocratiques qui "participent aujourd'hui à l'érosion du droit international […] en se rendant complices de violations perpétrées par d'autres Etats ou en faisant montre de tolérance à leur égard". Source : Le Monde, Paris.

Mary Robinson, déplore les dérapages de l’antiterrorisme. "Le monde n’est pas devenu plus sûr, mais plus divisé", déplore-t-elle, résumant ainsi les sept ans de "guerre contre la terreur" initiée par les Etats-Unis au lendemain des attentats du 11 septembre 2001. "Pour justifier ces mesures, les gouvernements utilisent le même langage que les dictatures sud-américaines dans les années 70 et 80", assure Mary Robinson. L’ancienne présidente irlandaise évoque aussi l’exemple de l’Irlande du Nord dans les années 70 et de l’internement sans procès de membres du groupe armé de l’IRA : "La police elle-même a fini par reconnaître que cela avait produit un désastre total".

_12 février, Islamabad. Le Pakistan reconnaît, pour la première fois officiellement, que les attentats de Bombay - plus de cent morts en novembre 2008 - ont été "planifiés en partie" sur son territoire et annonce avoir lancé des poursuites contre huit des organisateurs présumés, dont six sont en détention. "Les faits se sont produits en Inde et le complot a été en partie ourdi au Pakistan", déclare Rehman Malik, directeur du ministère de l'Intérieur, qui a rang de ministre.

Une plainte a été officiellement enregistrée auprès de la police visant huit personnes, les "cerveaux et organisateurs" des attaques, dont "six ont été arrêtées" pour "complicité, complot et planification" des attaques de Bombay, a précisé Rehman Malik.

[L'Inde a qualifié de "positive" l'attitude du Pakistan, tout en appelant une nouvelle fois Islamabad à démanteler "l'infrastructure du terrorisme". New Delhi avait, après les faits, accusé le groupe islamiste interdit Lashkar-e-Taiba (LeT), basé au Pakistan, d'avoir organisé ces attaques.]

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