>Textes fondateurs

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__Déclaration des droits du peuple travailleur et exploité
Russie, 16 janvier 1918
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Avec l'avènement de l'Union soviétique, en 1917, sur les décombres du régime tsariste, la priorité est donnée par le nouveau régime aux droits économiques et sociaux.
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LA DECLARATION / Extraits
Chapitre I
L'Assemblée constituante décrète
:
1. La Russie est proclamée République des
Soviets des députés ouvriers, soldats et paysans.
Tout le pouvoir au centre et dans les provinces appartient à
ces Soviets.
2. La République soviétique de Russie est
fondée sur la libre union des Nations libres, en tant que
fédération de Républiques soviétiques
nationales.
Chapitre 2
S'assignant comme tâche essentielle l'abolition de toute
exploitation de l'homme par l'homme, l'élimination totale
de la division de la société en classes, l'écrasement
impitoyable de la résistance des exploiteurs, l'organisation
socialiste de la société et la victoire du socialisme
dans tous les pays, l'Assemblée constituante décrète
en outre :
1. La propriété privée de la terre
est abolie. Toute la terre, avec tous les bâtiments, le
cheptel et autre matériel servant à la production
agricole, est déclarée patrimoine de tout le peuple
travailleur.
2. La loi soviétique sur le contrôle ouvrier
et le Conseil supérieur de l'économie nationale
est confirmée, en vue d'assurer le pouvoir du peuple travailleur
sur les exploiteurs et en tant que première mesure préparant
la remise complète des fabriques, usines, mines, chemins
de fer et autres moyens de production et de transport, en propriété
à l'Etat ouvrier et paysan.
3. La remise de toutes les banques en propriété
à l'Etat ouvrier et paysan est confirmée comme l'une
des conditions de l'affranchissement des masses laborieuses du
joug du capital.
4. Afin de supprimer les couches parasitaires de la société,
le service du travail obligatoire pour tous est institué.
5. Pour assurer la plénitude du pouvoir aux masses
laborieuses et éliminer toute possibilité de restauration
du pouvoir exploiteur, il est décrété l'armement
des travailleurs, la formation d'une Armée rouge socialiste
des ouvriers et des paysans et le désarmement complet des
classes possédantes.
Chapitre 3
1. Exprimant sa ferme volonté d'arracher l'humanité
aux griffes du capital financier et de l'impérialisme qui
ont inondé la terre de sang dans la guerre actuelle, la
plus criminelle qui ait été, l'Assemblée
constituante se rallie sans réserve à la politique
pratiquée par le pouvoir des Soviets : dénoncer
les traités secrets, organiser la fraternisation la plus
large avec les ouvriers et les paysans des armées actuellement
en guerre et obtenir, coûte que coûte, par des mesures
révolutionnaires, une paix démocratique entre les
peuples, sans annexions ni contributions de guerre, fondée
sur le droit des Nations à disposer librement d'elles-mêmes.
2. D'autre part, l'Assemblée constituante insiste
sur la rupture complète avec la politique barbare de la
civilisation bourgeoise qui a édifié la prospérité
des exploiteurs d'un petit nombre de Nations élues sur
l'asservissement de centaines de millions de travailleurs en Asie,
dans les colonies en général et dans les petits
pays.
L'Assemblée constituante salue la politique du Conseil
des commissaires du peuple qui a proclamé l'indépendance
complète de la Finlande, commencé le retrait des
troupes de la Perse et proclamé la liberté pour
l'Arménie de disposer d'elle-même.
3. L'Assemblée constituante considère comme un premier coup porté au capital bancaire et financier international la loi soviétique sur l'annulation des emprunts contractés par les gouvernements du tsar, des grands propriétaires fonciers et de la bourgeoisie; elle exprime la conviction que le pouvoir des Soviets marchera d'un pas ferme dans cette voie, jusqu'à la victoire complète de l'insurrection ouvrière internationale contre le joug du capital.
Chapitre 4
Elue sur la base de listes de partis établies avant
la Révolution d'Octobre, alors que le peuple ne pouvait
pas encore se dresser de toute sa masse contre les exploiteurs,
alors qu'il ne connaissait pas toute la force de la résistance
qu'ils opposeraient pour défendre leurs privilèges
de classe, alors qu'il n'avait pas encore entrepris pratiquement
l'édification de la société socialiste, l'Assemblée
constituante considérerait comme absolument erroné,
même du point de vue formel, de s'opposer au pouvoir des
Soviets.
Quant au fond, l'Assemblée constituante estime qu'aujourd'hui,
au moment de la lutte suprême du peuple contre ses exploiteurs,
ces derniers ne sauraient trouver place dans aucun des organes
du pouvoir. Le pouvoir doit appartenir tout entier et exclusivement
aux masses
laborieuses et à leur représentation plénipotentiaire
: les Soviets des députés ouvriers, soldats et paysans.
Apportant son soutien au pouvoir des Soviets et aux décrets
du Conseil des commissaires du peuple, l'Assemblée constituante
estime que sa mission se borne à établir les bases
fondamentales de la transformation socialiste de la société.
En même temps, soucieuse de créer une alliance vraiment libre et volontaire et, partant, d'autant plus étroite et solide, entre les classes laborieuses de toutes les Nations de Russie, l'Assemblée constituante borne sa tâche à l'établissement des principes fondamentaux d'une fédération des Républiques soviétiques de Russie, en laissant aux ouvriers et aux paysans de chaque Nation la liberté de décider en toute indépendance, dans leur propre congrès des Soviets investi de pleins pouvoirs, s'ils désirent participer au gouvernement fédéral et aux autres institutions fédérales soviétiques, et sous quelles conditions.
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