Politique de protection de l’emploi







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L’Organisation internationale du travail adopte, en juin 1999, à Genève, une Convention et une Recommandation interdisant les pires formes de travail des enfants


La nouvelle Convention sur les pires formes de travail des enfants, adoptée le 17 juin 1999 à Genève, par la conférence de l'Organisation internationale du travail (OIT), s'applique à toutes les personnes de moins de 18 ans et exige que soient prises "des mesures immédiates et efficaces pour assurer l'interdiction et l'élimination des pires formes de travail des enfants, et ce de toute urgence". La Recommandation qui l'accompagne exhorte les Etats qui la ratifient à faire des pires formes de travail des enfants des infractions pénales et à prendre des sanctions pénales à l'encontre de ceux qui s'en rendent coupables.

SomaviaLa Convention et la Recommandation ont été adoptées respectivement par 415 et 382 voix, sans opposition ni abstention de l'un des 147 Etats présents à Genève. "Avec cette Convention, nous avons désormais les moyens de faire de l'éradication urgente des pires formes de travail des enfants une nouvelle cause mondiale", a déclaré M. Somavia, le directeur du Bureau international du travail (BIT). "Cette cause doit se traduire non par des mots, mais par des actes, non par des discours, mais par des politiques et des lois. A tous ceux qui exploitent les enfants, qui les réduisent en esclavage, qui les utilisent pour la prostitution, la pornographie ou la guerre, nous disons aujourd'hui : Ça suffit!"

M. Somavia a annoncé que le BIT va dans l'immédiat lancer une campagne mondiale de ratification - ratification nécessaire pour que la nouvelle Convention se traduise dans la législation et la pratique nationales. A cette campagne sera associé le Programme international pour l'abolition du travail des enfants (IPEC).

Bill Clinton : Offrir aux enfants le XXIe siècle qu'ils méritent

Clinton"C'est pour nos enfants un cadeau digne du millénaire" a déclaré Bill Clinton, qui est devenu le premier Président des Etats-Unis à s'adresser, à Genève, à la Conférence internationale du Travail. Il a promis qu'il soumettrait dès que possible la Convention au Sénat des Etats-Unis pour ratification.

"En donnant vie aux normes fondamentales du travail, [...], en mettant un terme aux pires formes de travail des enfants, a-t-il ajouté, nous offrirons à nos enfants le XXIème siècle qu'ils méritent".

Kofi Annan : une victoire pour les enfants partout dans le monde

Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies, a, pour sa part, déclaré que l'adoption de cette nouvelle convention "est une victoire pour les enfants partout dans le monde", "et en particulier pour les dizaines de millions d'entre eux qui travaillent, souvent dans des conditions dangereuses, à un âge où ils devraient être à l'école.

"Je ne doute pas, a-t-il ajouté, que les Etats vont rapidement ratifier cette Convention, et agir de manière à ce que les enfants soient enfin protégés de l'esclavage, de la conscription, de la prostitution et autres violations flagrantes de leurs droits."

250 millions d'enfants de 5 à 14 ans travaillent dans le monde

Le Bureau international du travail (BIT) estime à 250 millions le nombre d'enfants de 5 à 14 ans qui travaillent, rien que dans le monde en développement. La moitié à peu près travaillent à plein temps, tandis que les autres poursuivent tant bien que mal leur scolarité. Dans certains cas, près de 70 pour cent de ces enfants sont affectés à des travaux dangereux. Sur ce total de 250 millions d'enfants, quelque 50 ou 60 millions, âgés de 5 à 11 ans, travaillent dans des conditions qui peuvent être considérées comme dangereuses, compte tenu de leur âge et de leur vulnérabilité.

Sources : Organisation internationale du travail (OIT), Genève ; Département de l'information (DPI), Nations unies, New York, 17 juin 1999.Up