>Traités internationaux |
__La prévention et la répression du crime de génocide, l'imprescriptibilité des crimes contre l'humanité
Pendant la seconde guerre mondiale, face aux crimes commis par les nazis contre des populations civiles, les représentants de neuf pays européens (dont René Cassin pour la France) demandent, "pour satisfaire les besoins de justice du monde civilisé", la "punition de ceux qui se révéleraient coupables ou responsables de ces crimes pour les avoir ordonnés, perpétrés, ou pour y avoir participé". La Déclaration de St-James, acceptée par dix-sept Etats dès octobre 1942, réclament que les "coupables ou responsables, quelle que soit leur nationalité, soient recherchés, remis à la justice et jugés, et que les sentences prononcées soient exécutées." La Conférence de Londres, réunie en 1945 à l'initiative des Etats-Unis, de la Grande Bretagne et de l'URSS, entérine un accord "concernant la poursuite et le châtiment des grands criminels de guerre des puissances européennes de l'Axe" et décide la création d'un tribunal militaire international - chargé de l'organisation du procès de Nuremberg. Trois catégories d'infractions seront désormais poursuivies :
Le procès de Nuremberg, du 14 novembre 1945 au 1er octobre 1946, jugea vingt et un criminels de guerre. Un tribunal militaire pour l'Extrême-Orient fit comparaître, jusqu'en novembre 1948, vingt-huit responsables japonais. Le crime contre l'humanité fut précisé par la résolution des Nations unies du 13 février 1946: c'est un crime commis en exécution d'un plan concerté visant à détruire une communauté dans son ensemble. La Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, adoptée le 9 décembre 1948, la veille du vote de la Déclaration universelle, reprend les caractéristiques du crime contre l'humanité pour définir le génocide - en temps de guerre comme en temps de paix. La convention retient "l'intention de détruire" (Art. 2) un groupe national, ethnique, racial ou religieux. Les tribunaux de l'Etat sur lequel l'acte a été commis, mais aussi une Cour criminelle internationale compétente, sont habilités à juger les auteurs de génocide. Lors de la Conférence de Rome, en juin - juillet 1998, tous les Etats - sauf les Etats-Unis, la Chine, la Libye et l'Irak - ont décidé la création d'une Cour pénale internationale. Cette cour n'entrera en fonction que lorsque soixante Etats auront ratifié son Statut. / 09.00 |