Bibliothèque Jeanne Hersch - Anthololgie de textes
ROUMANIE - 1er décembre 1918














Sommaire

__L’Assemblée nationale d'Alba Julia : Les grandes libertés démocratiques reconnues dans le nouvel Etat roumain


En 1918, alors que s'achevait la première guerre mondiale et que se désagrégeait l'Empire austro-hongrois, le mouvement national roumain put reprendre son essor. Les partis politiques - parti national roumain et aussi parti social-démocrate -, les Conseils roumains qui ont en charge l'administration territoriale et surtout le Conseil national roumain central se sont reconstitués, et ce dernier organisa à Alba Julia la grande assemblée du 1er décembre 1918. Lors de cette assemblée, où quelque cent mille personnes venues de Transylvanie donnèrent à la manifestation un caractère de plébiscite, la déclaration d'union, lue par Vasile Goldis, un des leaders du parti national roumain, fut acceptée et les principes fondamentaux d'une démocratie furent posés. Ceux-ci - la liberté des peuples cohabitants, la liberté confessionnelle, le suffrage universel pour les hommes et pour les femmes, la liberté d'expression, de presse, de réunion - seront confirmés dans la Constitution de 1923.

I. L'Assemblée nationale de tous les Roumains de Transylvanie, Banat et Pays hongrois, réunis par leurs représentants légaux à Alba Julia, le 1er décembre 1918, décrète l'union de tous ces Roumains et de tous leurs territoires à la Roumanie.

II. L'Assemblée nationale réserve aux territoires mentionnés l'autonomie provisoire jusqu'à réunion de la Constituante élue par suffrage universel.

III. Relativement à ce sujet, comme principes fondamentaux à la formation du nouvel Etat roumain, l'Assemblée nationale proclame:

1. La pleine liberté nationale pour tous les peuples cohabitants. Chaque population aura le droit de se réunir, s'administrer et juger dans sa propre langue par des personnes issues de ses rangs et chaque peuple aura le droit d'être représenté dans les corps législatifs et au gouvernement du pays proportionnellement au nombre de ses membres.

2. L'autorisation égale et la liberté totale confessionnelle pour toutes les confessions existantes dans l'Etat.

3. L'accomplissement parfait d'un régime démocratique dans les domaines de la vie publique. Le vote universel, direct, égal, secret, par communes, proportionnel pour les personnes des deux sexes ayant l'âge de 21 ans, à la représentation dans les communes, départements ou au parlement.

4. La liberté totale de la presse, d'association, de réunion, la libre diffusion de la pensée humaine. […]

IV. L'Assemblée nationale exprime le souhait que le Congrès de la paix réalise la communion des nations libres de manière que la liberté et la justice soient assurées pour toutes les nations grandes ou petites à la fois et que la guerre soit éliminée à l'avenir comme moyen de réglementation des rapports internationaux.

Source et traduction :
Ce document a été reproduit d'après les documents originaux: Conseil dirigeant, dossier 76, 1918, p. 2 (le fragment).

L'introduction a été préparée, et le texte a été sélectionné et traduit, par Filip Stanciu.
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